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Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

Un « Huis clos » brûlant au Théâtre de l’Atelier

"Huis clos" est une pièce en un seul acte, représentée pour la première fois en 1944, un an après la première des "Mouches". La pièce reprend certains éléments tragiques puisque l’intrigue est dominée par la notion de fatalité et de damnation. De plus, la pièce met en scène un trio dans lequel une personne est déjà de trop. En effet, les tragédies reposent souvent sur des relations triangulaires problématiques. Les personnages sont amenés à se dépouiller de toutes les convenances sociales et à construire des relations authentiques. Chacun devient le juge et le bourreau de l’autre. Comme dans "Les Mouches", la pièce interroge la notion de remords et de culpabilité.

Les Soeurs Bienaimé ou la fratrie mal en point

Pascale (Isabelle Gélinas) et sa sœur Michèle (Valérie Lemercier) ne se sont pas vues depuis vingt ans. Lorsque Pascale décide de quitter Paris et son mari pour venir s’installer dans la bergerie de leur enfance, les vieilles rancœurs refont surface. La grande sœur (Michèle), qui l’a élevée, s’est sentie abandonnée et voit d’un très mauvais œil son retour. Elle prend aussi conscience que la névrose familiale n’a pas épargné sa petite sœur. En compagnie de Rémi (Patrick Catalifo), un ami d’enfance toujours amoureux de Pascale, les deux sœurs vont se jauger, se provoquer et s’affronter.

La danse théâtre et organique de Crystal Pite de retour à Garnier : un enchantement

Crystal Pite monte aujourd’hui "Body and Soul" (Corps et âme) en trois actes pour 36 interprètes qui explore le thème de la dualité sous la forme de duos et duels à petite et grande échelle

Extra ! le récital déjanté de Cinq de cœur dans « Oh la belle vie »

Entre music-hall et théâtre, cinq chanteurs classiques soit deux sopranos, une alto, un ténor et un baryton jouent de leurs voix pour construire a cappella un show aussi surprenant que déjanté. A la manière des Frères Jacques, ils réinvente ce genre scénique mêlant comédie, humour et chant où le plateau devient leur terrain de jeux favori à partir de situations de la vie quotidienne qu’ils habillent de standards musicaux revisités et de sketchs abracadabrantesques !

« Avant la retraite », un huit clos sulfureux au Théâtre de la Porte Saint-Martin

L’œuvre de Thomas Bernhard brûle d’une rage dévastatrice et se débat à la fois contre et avec le poids d’une culture emprunte de traditions, de chaos et de contradictions. Une hargne propre à dénoncer une société mortifère, gangrénée par sa lâcheté collective, et qui s’efforçait de cacher son passé historique dans lequel elle s’était compromise. Attaquant violemment son Autriche natale et son histoire, Bernhard témoigne aussi de nos sociétés occidentales écrasées par le poids de la culture muséifiée et conformiste dont elles se servent comme expiation à leur médiocrité et à leur vide spirituel. Coincés dans la maison familiale, un frère et deux soeurs attendent que l’heure soit venue. L’heure de la retraite. L’heure de fêter l’anniversaire de Himmler, comme tous les ans. L’heure de pouvoir le faire au grand jour, à nouveau. Créée en 1979, Avant la retraite s’apparente à un exutoire destiné à se débarrasser des résidus nazis nichés dans les entrailles domestiques des sociétés allemandes et autrichiennes.

Top 10 Théâtre : le meilleur de l’année 2021

Comme pour chaque fin d’année et sa rétrospective, nous nous sommes livrés au classement traditionnel des 10 meilleures pièces de théâtre de l’année 2021. Le classement retenu s’attache à des écritures théâtrales nouvelles, singulières, audacieuses, revisitées ou plus intimes, portées par une qualité de jeu toujours extrême, pour un théâtre qui parle forcément de nous pour mieux parler des autres et donc du monde.

Au Français, un “Music-hall” qui swingue sous la parole intranquille de Lagarce

Les trois acteurs sont là, quelque part, dans la salle. Ils attendent un public qui, peut-être ne viendra pas. C’est l’histoire d’un énième recommencement, de trois personnes qui se livrent et tentent, une fois encore, de suspendre à jamais l’instant de la représentation, où tout devient encore possible. Et de là peut surgir la parole, son silence aussi ; la possibilité de dire comme de ne plus dire et que cela soit entendu.

Notre Sélection

« L’Art d’avoir toujours raison » : quand la novlangue prend le pouvoir

Le spectacle commence comme une conférence. Il finit comme un constat imparable. Dans "L’Art d’avoir toujours raison", Sébastien Valignat et Logan de Carvalho ont la bonne idée de transformer le théâtre en salle de formation pour candidats en campagne.