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Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

Catherine Frot et Vincent Dedienne : l’alliance parfaite

La Carpe et le Lapin. La Reine et le Fou. Tel est le postulat de cette union paradoxale ou comment la rencontre de deux personnes qui n'ont rien à faire ensemble peut révéler une vérité commune. L’un, l’autre, donc à l’abri d’une aisance de jeu à toute épreuve, se jouent de leurs différences, lesquelles vont imprimer avec humour et singularité, un imaginaire tour à tour surréaliste, mélancolique, nostalgique ou engagé pour une condition d’artiste libre et unique.

“Massacre” ou le double jeu introspectif et captif de Lluïsa Cunillé

On est saisi d’entrée par l’écriture hypnotique et captive de Lluïsa Cunillé qui ne nous lâche pas et le climat déroutant qu’elle fait naître à partir de situations concrètes et anodines qui sont autant d’indices semés par les protagonistes, révélateurs de non-dits et d’un sous texte à part entière.

Trahisons singulières sous le regard de Michel Fau

Trahisons reprend l’équation du théâtre bourgeois – le mari, la femme, l’amant –, mais la déconstruit grâce à son artifice narratif pour révéler l’essence, la profondeur et les méandres de ce lien.

Thomas Ostermeier et Edouard Louis : un duo de choc

Thomas Ostermeier, directeur de la Schaubühne, adapte à la scène "Histoire de la violence", le récit intime et politique d'Edouard Louis. Il en conserve la structure fragmentaire et polyphonique de la narration, articulée autour des différents points de vue et nombreuses voix que font naître cette agression entre ceux qui refusent d'y croire et ceux qui la commentent avec son lot de sous-entendus

La « Phèdre » sous haute tension de Brigitte Jaques-Wajeman

Brigitte Jaques-Wajeman convoque "Phèdre" et met en lumière avec l’exigence qu’on lui connait, la complexité de la figure tutélaire, confrontée à la brûlure de l’amour inavouable. Tragédie du secret, mais aussi de la nécessité d'en découdre par la décision de rompre le silence. Une héroïne sacrificielle par excellence dont le scandale de la passion incestueuse la renvoie à sa douleur, à sa frustration et à sa dévastation originelle.

PSY cause(s) 3, l’impayable cabinet psy de Josiane Pinson

PSY cause(s) 3, l'impayable cabinet psy de Josiane Pinson Josiane Pinson reprend son rôle de psy dans “PSY-Cause(s) 3”. On l'a retrouve toujours confrontée à...

WORKS ou les précipités dansants d’Emanuel Gat

Dans ce nouvel opus, Emanuel Gat s’attache à la singularité et à l’engagement des artistes qui l’accompagnent. Dix d’entre eux donnent à voir six courtes pièces qui sont autant de variations sur les recherches du chorégraphe mais qui portent, pour la plupart, le nom de leurs interprètes. Où le chorégraphe fait naître une cohabitation sensible des corps au sein du groupe, mêlant des fragments d’histoires et des impressions personnelles. Sur un plateau presque nu, l’émotion circule par le mouvement pur : duos et pièces de groupe se succèdent et se construisent parfois en temps réel, à partir de fragments et de dialogues.

Top 10 Opéra / Danse : le meilleur de l’année 2019

Après notre top 10 des pièces de théâtre pour l’année écoulée, place au top 10 Opéra / Danse qui consacre des surdoués de la scène opératique ou chorégraphique. Simon Stone qui, pour sa première mise en scène d’opéra, a fait sensation avec sa Traviata revisitée, prenant la tête du classement, sans oublier les valeurs sures : Krzysztof Warlikowski, Bob Wilson, Anne Teresa De Keersmaeker, Crystal Pite ou encore Thierry Malandain ainsi que Calixto Bieito et Wayne McGregor où chacun à sa manière témoigne d’un univers singulier et réinventé.

Notre Sélection

« La Jalousie » : le vertige bourgeois selon Michel Fau (succès, prolongations !)

Il y a chez Michel Fau un goût rare, presque aristocratique, pour la cruauté polie. Avec "La Jalousie" de Sacha Guitry, qu’il met en scène et interprète à la Michodière, il ne ressuscite pas le boulevard — il le transfigure. Là où d’autres n’auraient vu qu’un vaudeville poudré, Fau découvre une tragédie miniature, sertie dans un écrin d’or et de satin, où chaque sourire cache un gouffre.

La tragédie sans alibi par Eddy d’arango au théâtre de l’Odéon

Il faut d’abord accepter d’être déplacé. Non pas spécialement ému – l’émotion est trop simple, trop disponible –, mais déplacé, désaxé, presque délogé de sa place confortable de spectateur venu se replonger dans un classique. Car l’Œdipe Roi d’Eddy D’aranjo, présenté à l’Odéon, ne cherche pas à revisiter Sophocle. Il l’utilise comme une faille. Un point de rupture dans l’histoire du théâtre occidental, par lequel remonte, comme une eau noire, ce que la tragédie a toujours montré sans jamais vraiment le regarder : l’inceste, non comme mythe, mais comme système.