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Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

« Pelléas et Mélisande » : le clair-obscur poignant de Julie Duclos

Julie Duclos relève le défi de mettre en scène "Pelléas et Mélisande" et s’empare avec un geste fort, de la langue évocatrice de Maurice Maeterlinck (1862-1949), dont les personnages semblent toujours en proie à une force invisible.

Catherine Frot et Vincent Dedienne : l’alliance parfaite

La Carpe et le Lapin. La Reine et le Fou. Tel est le postulat de cette union paradoxale ou comment la rencontre de deux personnes qui n'ont rien à faire ensemble peut révéler une vérité commune. L’un, l’autre, donc à l’abri d’une aisance de jeu à toute épreuve, se jouent de leurs différences, lesquelles vont imprimer avec humour et singularité, un imaginaire tour à tour surréaliste, mélancolique, nostalgique ou engagé pour une condition d’artiste libre et unique.

“Massacre” ou le double jeu introspectif et captif de Lluïsa Cunillé

On est saisi d’entrée par l’écriture hypnotique et captive de Lluïsa Cunillé qui ne nous lâche pas et le climat déroutant qu’elle fait naître à partir de situations concrètes et anodines qui sont autant d’indices semés par les protagonistes, révélateurs de non-dits et d’un sous texte à part entière.

Trahisons singulières sous le regard de Michel Fau

Trahisons reprend l’équation du théâtre bourgeois – le mari, la femme, l’amant –, mais la déconstruit grâce à son artifice narratif pour révéler l’essence, la profondeur et les méandres de ce lien.

Thomas Ostermeier et Edouard Louis : un duo de choc

Thomas Ostermeier, directeur de la Schaubühne, adapte à la scène "Histoire de la violence", le récit intime et politique d'Edouard Louis. Il en conserve la structure fragmentaire et polyphonique de la narration, articulée autour des différents points de vue et nombreuses voix que font naître cette agression entre ceux qui refusent d'y croire et ceux qui la commentent avec son lot de sous-entendus

La « Phèdre » sous haute tension de Brigitte Jaques-Wajeman

Brigitte Jaques-Wajeman convoque "Phèdre" et met en lumière avec l’exigence qu’on lui connait, la complexité de la figure tutélaire, confrontée à la brûlure de l’amour inavouable. Tragédie du secret, mais aussi de la nécessité d'en découdre par la décision de rompre le silence. Une héroïne sacrificielle par excellence dont le scandale de la passion incestueuse la renvoie à sa douleur, à sa frustration et à sa dévastation originelle.

PSY cause(s) 3, l’impayable cabinet psy de Josiane Pinson

PSY cause(s) 3, l'impayable cabinet psy de Josiane Pinson Josiane Pinson reprend son rôle de psy dans “PSY-Cause(s) 3”. On l'a retrouve toujours confrontée à...

WORKS ou les précipités dansants d’Emanuel Gat

Dans ce nouvel opus, Emanuel Gat s’attache à la singularité et à l’engagement des artistes qui l’accompagnent. Dix d’entre eux donnent à voir six courtes pièces qui sont autant de variations sur les recherches du chorégraphe mais qui portent, pour la plupart, le nom de leurs interprètes. Où le chorégraphe fait naître une cohabitation sensible des corps au sein du groupe, mêlant des fragments d’histoires et des impressions personnelles. Sur un plateau presque nu, l’émotion circule par le mouvement pur : duos et pièces de groupe se succèdent et se construisent parfois en temps réel, à partir de fragments et de dialogues.

Notre Sélection

Chicago le musical : quand l’orchestre mène le jeu au Casino de Paris

Dans cette version française fidèle à la matrice de Bob Fosse, le spectacle choisit la ligne claire plutôt que la démesure : une esthétique noire et blanche, coupante comme un verdict, où chaque geste devient preuve, chaque silence une stratégie. Le minimalisme revendiqué — décors réduits, orchestre exposé, lumière rasante — n’est pas une économie mais une déclaration. Ici, tout repose sur la précision. Et elle est redoutable. Cette sobriété, déjà constitutive du spectacle, trouve au Casino de Paris un écrin presque paradoxal : une salle qui appelle le spectaculaire, mais où triomphe finalement l’art de la découpe.

Les nominations aux Molières 2026 comme autant de regards sur une scène bien vivante

La cérémonie, annoncée aux Folies Bergère et diffusée sur France 2, le 4 mai à 21h, promet une grand-messe entre divertissement et éclairage sur le théâtre vivant Alex Vizorek, de retour en maître de cérémonie, sera l'incarnation de ce fil rouge entre ironie tout aussi maîtrisée que surréaliste. Pour cette nouvelle édition 2026, ce sont 245 spectacles éligibles et 46 retenus.