Le Cercle des Illusionnistes, à la Pépinière Théâtre, une création d’Alexis Michalik

Cercle des illusionnistes

“Un foulard rouge est agité devant vos yeux. Il est plongé dans une main. La main s’ouvre, elle est vide. Vos cellules grises se mettent à travailler : où est passé le foulard ? Certains savent, d’autres cherchent, les derniers ne veulent pas savoir.”

Toute l’histoire commence (et se termine) en 1984, à Paris, sur fond de championnat d’Europe des Nations. Décembre (Mathieu Métral), jeune pickpocket du métro parisien, vole un sac à mains, mais sur la carte d’identité qu’il déniche à l’intérieur, il trouve sa propriétaire plutôt jolie, alors, il lui téléphone… Elle s’appelle Avril (Maud Baecker), curieuse coïncidence, et elle va certainement transformer sa vie. Le destin existe-t-il réellement ? Qu’est-ce que le véritable hasard ?  Peut-on croire en la magie ? Ah… la magie…

Crédits photo : Mirco Magliocca
Crédits photo : Mirco Magliocca

La « Maison de la Magie »

Vous êtes-vous déjà baladé sur le boulevard des italiens près de l’Opéra de Paris ? C’est ici que, au milieu du XIXème siècle, au 8 boulevard des italiens, le magicien Jean-Eugène Robert-Houdin ouvre sa « Maison de la Magie », le théâtre Robert-Houdin. Cet horloger, mécanicien, créateur d’automates et prestidigitateur fut le premier à donner un visage à l’art de la magie. Mais c’est aussi dans ce théâtre que, quelques années plus tard, le jeune George Méliès projettera ses premiers films… Et c’est à travers une narration absolument abracadabrante que l’on apprend comment Méliès, héritier d’un célébrissime fabricant de chaussures, va faire de sa passion pour la peinture, la photographie et l’art, une réalité, celle du cinéma.

Comme vous l’aurez certainement soulevé, les siècles se chevauchent dans cette pièce où l’on navigue des années 1800 à l’été 1984. Et difficile de résumer en quelques lignes combien ce spectacle regorge de références historiques, artistiques et littéraires. Mais si on connaît un peu le metteur en scène, on n’est pas forcément étonné par cet habile mélange des époques.

Crédits photo : Alejandro Guerrero
Crédits photo : Alejandro Guerrero

Prestidigitation

Dans cette pièce, comme c’était le cas dans la dernière création d’Alexis Michalik, Le porteur d’histoire, les récits se croisent et s’entremêlent, se nouent et se dénouent. On traverse les époques à une allure impressionnante, parfois même déroutante. Comme dans Le Porteur d’Histoire, ici l’histoire n’est que récit, à mi-chemin entre réalité et fiction. Car Michalik ne se contente pas de raconter les faits et de citer les dates, Non. Il les romance, les met en scène avec une ingéniosité incomparable en faisant de l’Histoire un véritable conte.

Les 6 acteurs (Arnaud Dupont, Jeanne Arènes, Mathieu Métréal, Vincent Joncquez, Maud Baecker, Michel Derville) se partagent plus d’une dizaine de rôles qui se succèdent à une vitesse fulgurante et qu’ils incarnent avec brio. Et comme dans un tour de prestidigitation, on ne voit que du feu à ce jeu de passe-passe entre les personnages.

Que dire d’autre que : cette pièce est un voyage. Un voyage à travers les siècles, à travers les genres, à travers les arts. Mais un voyage inoubliable, fascinant, abracadabrant.

Crédits photo : Mirco Magliocca
Crédits photo : Mirco Magliocca

 

Le cercle des illusionnistes
La Pépinière Théâtre
Du mardi au samedi 20h30
Dimanche 16h
http://www.theatrelapepiniere.com/

 

Charlotte Henry
Théâtrophile, je prends un malin plaisir à dénicher de petites merveilles dans les salles parisiennes. J'aime aussi la politique et les chats, mais ça, c'est une autre histoire...

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