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La confession manquée d’Arthur Dreyfus, « Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui » aux Editions P.O.L

Arthur Dreyfus © Hélène Bamberger P.O.L

Arthur Dreyfus, « Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui » aux Editions P.O.L

Mon Dieu quelle époque ! Il y a quelques mois apparaissait sur les tables des libraires un volumineux Journal dont le titre vaguement inspiré d’un roman de Mauriac semblait contenir toute l’ambition de son auteur : non seulement évoquer sans détour le quotidien de sa vie sexuelle mais révéler à travers elle l’état d’esprit d’une génération, d’une époque, voire d’un siècle. Arthur Dreyfus a-t-il réussi son pari ? D’un point de vue strictement littéraire, force est de constater que non. Après avoir parcouru d’un œil bienveillant les quelque deux mille trois cent quatre pages de cet interminable pensum, nous inclinons à penser que l’auteur peine à rivaliser avec son illustre prédécesseur tant son style de mirliton pêche par une accablante platitude, tant aussi sa manière élémentaire de raconter ne dépasse guère les prouesses d’un lycéen de seconde.

Or le style, disait l’autre, c’est l’homme. Quel genre d’homme est donc Arthur Dreyfus ? Disons que c’est un gay d’aujourd’hui, comme il vous est loisible d’en croiser chaque jour dans notre vaste métropole, un gay bourgeois et intelligent, nanti de diplômes et de privilèges, que rien ne distingue de son alter ego hétérosexuel, le bobo parisien dans la force de l’âge, plus soucieux du périmètre de son appartement et de son avancement social que des lendemains qui chantent. Rien ? Pas tout à fait cependant. C’est que notre garçon d’aujourd’hui, malgré son profil de gendre idéal, est habité par une tyrannique compulsion sexuelle qui vient bouleverser son quotidien et le soustraire bien malgré lui au destin de ses semblables.

Tel est bien le sujet du livre. Habité par le démon du sexe, Dreyfus voit son existence assez banale- existence dont nous ne savons pas grand-chose : que pense-t-il ? à quoi rêve-t-il ? a-t-il des opinions politiques ou religieuses ? – élevée au rang d’un road-movie pornographique qui l’emporte frénétiquement sur les sentiers de la baise où l’application Grindr fait office d’escale régulière. Bien malgré lui, disions-nous. Et c’est bien là que le bât blesse, que ce Journal sexuel s’avère si décevant, morne, conventionnel, et si peu gay au sens étymologique. C’est que notre auteur n’a rien d’un héros ou d’un martyr, d’un poète ou d’un voyou, il n’est qu’un homme ordinaire que la particularité de son économie psychique, l’épanchement de sa libido, précipitent à son insu dans les bas-fonds du sexe, sans qu’il ne parvienne jamais à extraire de ses incursions souterraines la moindre lumière, la moindre connaissance, sans que ne l’effleure jamais le moindre frisson charnel ou amoureux. Ordinaire, la sexualité de l’auteur l’est également au plus haut degré.

Derrière le voile de fumée d’une apparente transgression, Dreyfus apparait comme un fonctionnaire du stupre hanté par le fantasme de la normalité, s’attachant souvent aux formes les plus conventionnelles de la masculinité. Conformément à l’idéologie dominante des réseaux sociaux, jamais un partenaire n’est présenté autrement que par son âge, sa couleur de peau et ses attributs sexuels : « Son corps est musculeux, il a vingt ans, les cheveux extrêmement blonds, joli sexe, trou parfaitement lisse. » Au demeurant, à peine dégrisé de ses frasques libidinales, l’auteur ne manque pas de nous rappeler que s’il ne baise pas comme les autres il tient à penser comme tout le monde : « Je ne suis pas favorable à la pédophilie, je la réprouve… », etc. Quelle grisaille ! Quel vide ! Oui, répétons-le, à quelques exceptions près, sans doute vers la fin du livre où sourd de cette épaisse mélasse un début de clarté, jamais l’auteur ne s’interroge sur lui-même, ni sur l’autre, jamais il n’interrompt un instant sa frénésie sexuelle pour tenter de l’intégrer à un ensemble plus vaste, à une compréhension plus ample de son existence, en dépit d’ailleurs de sa fréquentation assidue du cabinet de l’analyste qu’il semble traiter avec la même versatilité que ses partenaires sexuels : « dans les jours qui suivent, conscient d’être véritablement malade, je me résous à trouver un autre analyste. » Oui, Arthur Dreyfus baise comme il vit, vit comme il baise, et baise comme il écrit : mal, vite et sans éclat.

Que conclure en définitive de cette confession ? Dans L’Homme sans gravité (2002), le psychanalyste Charles Melman avait prophétisé un bouleversement radical de la condition humaine consécutif à l’expansion de l’économie libérale, un effacement de l’ancien sujet hanté par le désir et la faute devant un individu errant, délesté de tout ce qui le rattachait autrefois à l’Histoire, la Loi et l’Utopie. Telle est, à nos yeux, la signification du Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui. Dans ces pages monotones, on retrouve l’individu sans destin, sans règles et sans attaches de nos sociétés actuelles ; l’individu qui ne pense rien, n’éprouve rien, ne regrette rien et ne s’oppose à rien ; que seule la tyrannie du besoin, confondu avec le désir, mène par le bout de son nez. En ce sens, Arthur Dreyfus a bien réussi son pari : son livre est générationnel. Mais s’agit-il encore d’un livre ? Ni œuvre, ni journal, ni document, cette compilation a plutôt valeur de symptôme. Symptôme d’une époque où la Société du spectacle incline à prendre des vessies pour des lanternes, imposant comme œuvre littéraire ce qui n’en possède que le nom. Nous apprenons que la vessie d’Arthur Dreyfus figure en bonne place sur la liste du Prix Médicis. Gageons que le jour de sa proclamation, elle explosera avec fracas à la face du jury.

Editions P.O.L
Date de parution : Mars 2021
Auteur : Arthur Dreyfus
Prix :
37 €

Fin de siècle, un film simple et beau sur les enjeux de notre époque, de Lucio Castro, en salles le 23 septembre 2020

Les premières minutes de Fin de siècle donnent le ton. Un silence assourdissant accompagne les déambulations d’un homme dans la ville qu’il arpente, il semble s’y ennuyer jusqu’au premier eye-contact avec un autre homme. Le film brosse un portrait de notre époque, entre les attentes vis-à-vis d’une relation amoureuse, les enjeux du couple au fur et à mesure que le temps avance et que la tentation d’aventures fugaces devient de plus en plus vivace. Fin de siècle montre aussi la force d’une famille toute dévouée à un petit enfant. Lucio Castro vise large avec de longues discussions faisant entrer dans l’esprit de personnages en quête d’eux-mêmes. C’est pudique et authentique, direct et émouvant avec une chronologie bouleversée par d’incessants allers retours temporels.

Le sentiment à l’épreuve du temps

Ocho (Juan Barberini) est un homme argentin parti en vacances à Barcelone pour faire le point dans un AirBnB. Il a pris la décision difficile mais nécessaire de faire une pause avec son compagnon après 20 ans de relation. Le fil de sa vie défile tout au long du film, entre résurgences de sa vie de couple passée devenue sans passion et la rencontre avec un homme déambulant dans la rue en bas de son appartement. Ce bel hidalgo se nomme Javi (Ramon Pujol) et les deux hommes se rapprochent très vite dans une passion toute animale, et ils discutent encore et encore pour permettre au spectateur d’en savoir un peu plus sur le pourquoi du comment. Car Ocho et Javi ne sont peut-être pas inconnus l’un pour l’autre. La connexion amoureuse et physique entre les deux hommes ouvre un univers large et étendu sur une longue durée, comme pour montrer l’évolution de chacun sur une si longue période, avec des priorités mouvantes et l’érosion des certitudes de la jeunesse à l’épreuve du temps. Le scénario non linéaire fait des bons en avant et des retours en arrière comme pour montrer qu’une relation a besoin de temps pour se construire, mais aussi de solitude pour se décoller de l’autre et mieux se retrouver. En englobant autant la sexualité que la famille et l’introspection, le réalisateur propose une réflexion qui interpelle par sa profondeur sur la société actuelle, loin de tout raccourci ou facilité.

Le film Fin de siècle a été présenté au Festival Chéries Chéris 2019 avec un certain succès que la sortie en salles le 23 septembre 2020 pourrait bien confirmer.

Synopsis: Un Argentin de New York et un Espagnol de Berlin se croisent une nuit à Barcelone. Ils n’étaient pas faits pour se rencontrer et pourtant… Après une nuit torride, ce qui semblait être une rencontre éphémère entre deux inconnus devient une relation épique s’étendant sur plusieurs décennies…

[MANGA] Alice au-delà des étoiles – Tome 1, de Kiko Urino (Glénat)

Alice au-delà des étoiles Tome 1 Kiko Urino Glénat[MANGA] Alice au-delà des étoiles – Tome 1, de Kiko Urino (Glénat)

Alice au-delà des étoiles ne ressemble à aucun autre manga de science-fiction. Là où le genre privilégie souvent l’action ou le spectacle, Kiko Urino choisit l’intime, l’obstination et la croissance humaine pour raconter l’histoire d’une jeune fille qui rêve de toucher les étoiles.

Alice est une collégienne intelligente mais perçue comme « semilingue » : ni vraiment japonaise ni vraiment étrangère, elle grandit entre deux langues et deux cultures, sans trouver pleinement sa place. Fille de parents japonais ayant grandi à l’étranger, elle se voit promettre par sa mère un destin hors du commun — devenir astronaute. Ce rêve, qu’elle s’approprie avec une détermination farouche, devient le fil conducteur d’un récit à la fois personnel et universel.

Ce premier tome pose les bases avec une efficacité remarquable. Kiko Urino ne cherche pas à impressionner par l’ambition visuelle ou les effets spectaculaires. Son trait, clair et expressif, accompagne une narration centrée sur le quotidien d’Alice : l’école, les amitiés qui se forment, les obstacles qui surgissent — et la façon dont cette jeune fille les affronte avec une énergie communicative. La dynamique entre Alice et son camarade de classe Syoko, sorte de rival-complice, est particulièrement bien trouvée : elle insuffle au récit une tension légère mais constante, qui maintient l’intérêt sans tomber dans le conflit artificiel.

Ce qui distingue Alice au-delà des étoiles, c’est son engagement thématique. Le manga aborde frontalement la question du bilinguisme, de l’identité culturelle et de la place que l’on s’accorde dans un monde qui aime les cases. Alice ne rentre dans aucune case, et c’est précisément ce qui la rend attachante. Son rêve d’astronaute n’est pas une échappatoire : c’est une affirmation. Devenir la première femme commandante de bord japonaise, c’est s’imposer dans un espace — celui des étoiles comme celui de la société — qui ne semblait pas lui être destiné.

Kiko Urino signe ici une œuvre qui porte un message fort sur la persévérance, l’appartenance et le dépassement de soi, sans jamais tomber dans la leçon de morale facile. Le récit avance avec fluidité, les personnages sont bien campés dès ce premier volume, et l’univers — ancré dans le Japon contemporain tout en gardant les yeux tournés vers le cosmos — offre un cadre original et stimulant.

Un premier tome qui convainc et qui donne résolument envie de suivre Alice dans son voyage vers les étoiles.

Résumé éditeur :

Sur le point d’entrer au collège, Alice est une jeune fille intelligente mais « semilingue » : née de parents japonais ayant grandi à l’étranger, elle ne maîtrise aucune des deux langues, que ce soit le japonais ou l’anglais. Commence pour la jeune Alice un parcours semé d’embûches. Mais sa mère lui a promis de l’aider à réaliser son rêve : devenir astronaute — et plus précisément, devenir la première astronaute japonaise commandante de vaisseau spatial, pour l’humanité.

📚 Fiche éditeur

Titre Alice au-delà des étoiles – Tome 1
Auteur Kiko Urino
Traducteur Djamel Rabahi
Éditeur Glénat Manga
Éditeur d’origine Shogakukan
Collection Seinen
Nombre de pages 208 pages
Format 133 × 181 mm
Date de parution 20 mai 2026
EAN 9782344073001
Prix 7,90 €

Adya et Otto van Rees, l’avant-garde en perpétuel mouvement

Adya et Otto van Rees, l’avant-garde en perpétuel mouvement
Adya van Rees-Dutilh, Dieu avertit, 1929
Broderie en laine • 190 × 234 cm • Coll. Textiel Museum, Tilburg • © Adagp, Paris, 2026

Dans les salles du Musée de Montmartre, les couleurs semblent arriver avant les œuvres. Elles flottent, avancent par vagues, par fractures, par éclats successifs, comme si tout le premier XXe siècle européen s’était dissous dans une même vibration picturale.

« Adya & Otto van Rees. Au cœur des avant-gardes » ne raconte pas seulement le parcours d’un couple d’artistes ; l’exposition donne à voir un art en état de mutation permanente, un art qui refuse obstinément de se fixer. Ici, chaque toile paraît quitter une esthétique au moment même où elle s’en empare.

Il y a chez Otto van Rees quelque chose d’un sismographe du modernisme. Le regard passe d’un héritage nabi à des audaces fauvistes, glisse vers des constructions cubistes avant de rejoindre des territoires proches de l’abstraction géométrique.

Mais cette traversée des styles n’a rien d’un catalogue académique des avant-gardes. Otto van Rees peint comme on traverse une frontière sans cesse mouvante. Ses tableaux gardent la trace du déplacement.

Une nature morte peut soudain devenir architecture mentale ; un portrait se fissure sous l’effet de la couleur ; un paysage semble déjà rêver sa disparition dans le signe pur.

Et puis surgit Adya van Rees, peut-être la véritable révélation de l’exposition. Son œuvre possède cette modernité rare qui paraît avoir attendu son époque pour être pleinement regardée.

Dans ses textiles, ses compositions décoratives, ses broderies abstraites, les lignes s’émancipent de toute fonction ornementale pour devenir rythme, pulsation, presque partition musicale.

Habiter la rupture

On pense parfois au Bauhaus, parfois à Sonia Delaunay, parfois même à certaines recherches contemporaines sur le motif et le geste féminin réhabilité. Pourtant Adya échappe à toutes les filiations trop simples. Elle invente une abstraction sensible, domestique et cosmique à la fois.

L’exposition a l’intelligence de ne jamais figer les artistes dans un récit héroïque des avant-gardes. Au contraire, elle montre combien ces mouvements furent poreux, mobiles, traversés de dialogues constants.

Le divisionnisme converse avec le cubisme, l’art décoratif avec la peinture de chevalet, l’intime avec l’expérimental. On voit les styles se contaminer les uns les autres, comme si la modernité n’était finalement qu’une immense circulation d’idées, de formes et de désirs.

On est saisi par l’incroyable contemporanéité de l’ensemble. Beaucoup de pièces semblent avoir été créées hier.

Certaines compositions textiles d’Adya pourraient dialoguer avec l’art conceptuel ou le design contemporain. Certains tableaux d’Otto possèdent cette fragmentation du regard que l’on retrouve aujourd’hui dans notre manière même de percevoir le monde : discontinue, accélérée, instable.

Le Musée de Montmartre transforme alors cette redécouverte historique en expérience presque physique. Les avant-gardes cessent d’y être des écoles successives soigneusement rangées dans les livres d’art.

Elles redeviennent une matière vivante, inquiète, électrique. Une façon d’inventer de nouvelles perceptions pour un siècle qui basculait déjà dans la vitesse, les ruptures et les métamorphoses.

« Au cœur des avant-gardes » réussit à montrer que la modernité ne naît pas seulement des grands manifestes ou des figures consacrées, mais aussi de ces artistes en circulation, de ces créateurs nomades qui ont fait de l’hybridation un territoire esthétique.

Chez Adya et Otto van Rees, les styles ne s’additionnent jamais. Ils explosent, se répondent, se réinventent. Et c’est précisément dans cette instabilité que leur œuvre trouve aujourd’hui sa jeunesse intacte.

Dates : du 20 mars au 13 septembre 2026 – Lieu : Musée Montmartre (Paris)

[BD] La Légende des Stryges – Tome 2 : Les Eaux du Chaos, de Corbeyran, Bègue & Fabbro (Delcourt)

[BD] La Légende des Stryges – Tome 2 : Les Eaux du Chaos, de Corbeyran, Bègue & Fabbro (Delcourt)

Couverture La Légende des Stryges Tome 2
Après sept ans d’absence depuis la fin du Chant des Stryges, Éric Corbeyran avait relancé en 2025 sa saga fantastique avec un diptyque ambitieux intitulé La Légende des Stryges. Le premier tome avait posé les bases d’un récit ancré dans la Belle Époque, mêlant occultisme, secrets d’État et créatures surnaturelles issues d’un passé trouble. Ce second et dernier volume, Les Eaux du Chaos, vient conclure.

Sardin et Bernat se retrouvent en Bavière, accueillis par un aristocrate versé dans l’occultisme qui met à leur disposition sa prodigieuse bibliothèque pour percer le mystère du liquide noir découvert dans les sarcophages des Stryges. Pendant ce temps, les ambitions militaires de l’empire germanique rôdent autour de cette substance, pressentant son potentiel dévastateur. Corbeyran entremêle habilement les fils narratifs — quête scientifique, intrigues politiques, révélations occultes — pour offrir un dénouement tendu et satisfaisant, fidèle à l’esprit de l’univers des Stryges.

Nicolas Bègue, au dessin, confirme dans ce second tome la réussite de sa prise en main de la franchise. Son trait travaillé, aux ambiances nocturnes et brumeuses, s’inscrit dans la continuité du travail fondateur de Richard Guérineau, tout en apportant sa propre sensibilité visuelle. Les décors bavarois et les scènes d’action bénéficient d’un soin particulier, renforçant l’immersion dans cette Europe fin de siècle si caractéristique de la série. La colorisation de Fabbro parachève l’ensemble avec des teintes mélancoliques parfaitement adaptées.

Cette conclusion du diptyque satisfera les amateurs de la saga, qui retrouveront avec plaisir l’univers sombre et fascinant des Stryges. Un album qui honore l’héritage tout en ouvrant des perspectives pour de futures aventures.

Extrait de la BD :

Couverture La Légende des Stryges Tome 2


couverture La Légende des Stryges T2 Résumé éditeur :

Conclusion du diptyque de La Légende des Stryges

Dans cette conclusion du diptyque de La Légende des Stryges, Sardin cherche à dévoiler la nature du liquide noir dans lequel baignaient les Stryges. Mais cette substance attise des convoitises bien au-delà de la recherche scientifique, et devient un enjeu de pouvoir au sommet de l’État. En Bavière, Sardin et Bernat sont accueillis par Kaspar von Harbow, aristocrate versé dans l’occultisme, qui les aide à étudier le liquide noir découvert dans les sarcophages des Stryges. Grâce à l’immense bibliothèque de leur hôte, Sardin tente d’en percer les mystères. Pendant ce temps, Sandor G. Weltman propose à l’empereur Guillaume de Prusse de transformer cette substance redoutable en arme de guerre.

Date de parution : 21 mai 2026
Auteurs : Éric Corbeyran (scénario), Nicolas Bègue (dessin) & Fabbro (couleurs)
Éditeur : Delcourt
Collection / Série : Machination – Fantastique / Occultisme
Format / Pages : Cartonné – 56 pages
Prix indicatif : 15,50 €

[BD] Mes Cop’s – BD audio, de Christophe Cazenove & Philippe Fenech (Bamboo Édition)

[BD] Mes Cop’s – BD audio, de Christophe Cazenove & Philippe Fenech (Bamboo Édition)

Couverture Mes Cop's BD audio
Depuis 2013, Mes Cop’s s’est imposée comme l’une des séries humoristiques incontournables du catalogue Bamboo Édition. En seize tomes, Christophe Cazenove (scénariste des Sisters et des Petits Mythos) et Philippe Fenech ont su capturer avec un regard tendre et espiègle la vie d’une bande de lycéennes aux caractères bien trempés, menées par la pétillante Jessica. La série, vendue à près d’un million d’exemplaires, franchit aujourd’hui une nouvelle étape en se réinventant sous un format inédit : la BD audio.

Cet album inaugural dans ce format propose une expérience de lecture immersive et originale. En scannant le QR code intégré à l’album, les lecteurs accèdent à une application gratuite qui enrichit les planches de bruitages, de musiques et de dialogues interprétés par des comédiens professionnels. L’humour visuel si caractéristique de la série se double ainsi d’une dimension sonore qui plonge dans l’atmosphère des aventures de Jessica et ses amies. Une façon inédite de savourer la BD, bien que cela puisse perturber au début !

Le trait de Philippe Fenech, dynamique et expressif, se prête parfaitement à cette hybridation. Les expressions outrancières des personnages, les situations absurdes et les gags bien ficelés de Cazenove trouvent dans la voix des acteurs une nouvelle résonance. Le concept de « BD à lirécouter » est astucieux et répond à une tendance forte : celle de l’audio, qui touche désormais toutes les formes culturelles. Bamboo Édition réussit ici à moderniser son offre sans trahir l’esprit potache et bienveillant qui fait le charme de la série depuis ses débuts.

Ce premier tome BD audio est une belle porte d’entrée pour ceux qui découvrent Jessica et sa bande, comme pour les fans de longue date qui retrouveront leurs personnages favoris sous un angle nouveau. Une expérience fraîche et amusante, idéale à partir de 7 ans.


couverture Mes Cop's BD audio Résumé éditeur :

La BD qui se lit… et s’écoute !

Prêts à retrouver Jessica et ses Cop’s comme vous ne les avez jamais vécues ? Cet album propose une expérience immersive où la lecture prend une toute nouvelle dimension. Il suffit de scanner le QR code avec votre smartphone pour accéder à une application gratuite et plonger au cœur de l’histoire. Bruitages, musiques et dialogues interprétés par des comédiens donnent vie à chaque scène et renforcent l’humour déjà culte de la série. Une façon inédite de savourer la BD… et de déclencher quelques fous rires, même en pleine salle d’étude !

Date de parution : 27 mai 2026
Auteurs : Christophe Cazenove (scénario) & Philippe Fenech (dessin)
Éditeur : Bamboo Édition
Collection / Série : Mes Cop’s – BD audio / Humour jeunesse
Format / Pages : Cartonné – 48 pages
Prix indicatif : 11,90 €

[BD] L’Évasion de Colditz – Tome 1, de Salva Rubio & Alejandro Gonzalez (Glénat)

L'Évasion de Colditz, couverture [BD] L’Évasion de Colditz – Tome 1, de Salva Rubio & Alejandro Gonzalez (Glénat)

Avec L’Évasion de Colditz, premier tome d’une nouvelle série historique signée par le scénariste Salva Rubio et le dessinateur Alejandro Gonzalez, les éditions Glénat s’attaquent à l’un des mythes les plus tenaces de la Seconde Guerre mondiale : Colditz, cette forteresse saxonne dont le IIIe Reich avait fait, sur le papier, la prison la mieux gardée d’Europe. Sortie le 20 mai 2026 dans la collection 24×32, cette bande dessinée historique remet en lumière une page rocambolesque du conflit, longtemps cantonnée à la culture britannique du POW story et restée largement absente des récits francophones.

Le château de Colditz, transformé en Oflag IV-C, abritait dès 1940 ces officiers alliés que les Allemands qualifiaient pudiquement d’ « incorrigibles » : autrement dit, ceux qui s’étaient déjà évadés d’autres camps. La propagande nazie en avait fait un symbole. Douves, paroi à pic de plusieurs dizaines de mètres, garnison surarmée : Colditz était officiellement inviolable. Dans les faits, la place forte détient le record paradoxal du plus grand nombre d’évasions réussies de tout le système concentrationnaire militaire allemand. C’est ce contraste, entre image de marque et réalité, qu’L’Évasion de Colditz entreprend de raconter, en s’appuyant sur des tentatives toutes attestées par les archives.

Le récit suit Gérard Bonaventure, pilote français engagé dans la Royal Air Force et capturé dès 1939. Évadé en série, il est envoyé en dernier recours derrière les murs de Colditz, où l’attend le lieutenant Wagner — un geôlier méthodique qui promet à chaque nouveau venu la même partie d’échecs : tenter sa chance pendant que lui fera tout pour la déjouer. Le sous-titre du tome, « Zugzwang », emprunté au lexique des échecs et désignant la position où chaque coup affaiblit le suivant, donne le ton : on est ici dans le duel psychologique où chaque tentative devient un acte politique de résistance.

À Colditz se côtoient Britanniques, Polonais, Hollandais, Belges et Français. Salva Rubio — par ailleurs scénariste du remarqué Photographe de Mauthausen et docteur en histoire — exploite cette mosaïque pour camper une véritable galerie de personnages, dont le capitaine Fournier, qui prend rapidement Bonaventure sous son aile. L’esprit du livre lorgne autant du côté de La Grande Évasion de John Sturges que de la mécanique horlogère d’une série comme Prison Break : tunnels improbables, planques, déguisements, ingénierie clandestine bricolée avec les moyens du bord. Mais l’auteur, fidèle à son sérieux documentaire, ne sacrifie jamais l’exactitude à l’effet : chaque dispositif présenté ici s’inspire d’une évasion réellement tentée — et parfois réussie — par les officiers prisonniers du château.

Côté graphique, Alejandro Gonzalez impose un style ample et coloré, héritage assumé de sa formation aux beaux-arts de Salamanque puis de son passage par le comic indépendant américain (Image, DC). Son trait précis sert aussi bien les vues d’ensemble de la forteresse au crépuscule que les mises en scène claustrophobes des coursives et des souterrains. La palette, dominée par des rouges sang et des ocres minéraux, n’esquive jamais le motif chargé — le drapeau à croix gammée occupe d’ailleurs la moitié de la couverture — mais l’utilise comme une présence oppressante plutôt que comme décor de plateau. Le grand format 24 × 32 cartonné met particulièrement bien en valeur ce travail de planches généreuses, déjà très cinématographiques, traduit avec finesse par Satya Daniel.

Premier opus d’un récit prévu en deux volets, L’Évasion de Colditz – Tome 1 : Zugzwang pose des fondations solides : sérieux historique, mise en scène nerveuse, personnages bien campés, ton qui sait alterner la tension et l’humour de connivence entre prisonniers. On le recommandera sans hésitation aux amateurs de bande dessinée historique exigeante, et tout particulièrement à celles et ceux qui auront apprécié Le Choc des tyrans ou la série Guerres secrètes de Philippe Richelle. Une chronique d’évasion qui, en filigrane, parle aussi de résistance morale — autrement dit de cette guerre-là qu’on continuait à mener, même quand toutes les autres armes vous avaient été retirées.

A lire !
L'Évasion de Colditz, couverture

L'Évasion de Colditz, couverture Résumé éditeur :

Comment s’évade-t-on de la prison la mieux gardée du IIIe Reich ?

Allemagne, 1939. Gérard Bonaventure, pilote français engagé dans la Royal Air Force, est capturé par les nazis. Connu pour s’être échappé de plusieurs camps de prisonniers, il est transféré cette fois vers un lieu dont personne ne s’évade : Colditz. Les nazis ont fait de ce château une prison inviolable ! Mais pour Bonaventure, la guerre ne s’arrête pas là. Il garde une mission en tête : voler de nouveau. Dans ce bastion perché sur un précipice, il va découvrir un monde à part : un lieu où l’honneur, la ruse et la volonté de s’évader deviennent les seules armes face à l’ennemi… Car dès son arrivée, le lieutenant Wagner lui lance un défi : tenter de s’échapper tandis que lui fera tout pour l’en empêcher. La joute mentale, entre stratégie, humour, tension et fraternité, ne fait que commencer. À Colditz, les nationalités se croisent. Quand Bonaventure rencontre le capitaine Fournier et le groupe des Français, l’ingéniosité de cette équipe va mettre à l’épreuve la réputation de Colditz. Ensemble, ils vont élaborer des plans à peine croyables, du plus simple au plus extravagant…

Date de parution : 20 mai 2026
Scénario : Salva Rubio
Dessin : Alejandro Gonzalez
Couleurs : Alejandro Gonzalez
Traduction : Satya Daniel
Éditeur : Glénat
Collection : 24×32
Format / Pages : 24 × 32 cm – 104 pages, couleurs
Prix indicatif : 19,00 €
EAN : 9782344062517

[BD] Les Reines de Sang – Irène de Byzance, l’Iconophile, Tome 2, de Corbeyran & Ippóliti (Delcourt)

[BD] Les Reines de Sang – Irène de Byzance, l’Iconophile, Tome 2, de Corbeyran & Ippóliti (Delcourt)

Couverture Reines de Sang Irène de Byzance T2 La collection « Les Reines de Sang » des éditions Delcourt s’est imposée comme une référence en matière de BD historique, donnant vie à des figures féminines exceptionnelles trop souvent reléguées dans l’ombre des grandes fresques historiques. Après Marie Stuart, Catherine de Médicis ou encore Aliénor d’Aquitaine, c’est la fascinante Irène de Byzance qui bénéficie d’un diptyque signé Éric Corbeyran, scénariste prolifique aux 450 albums, et de l’Argentin Gabriel Ippóliti, dont le style expressif s’est forgé entre illustration de presse et bande dessinée.

Ce second tome conclut le portrait de la première femme à avoir régné seule sur l’Empire byzantin, au VIIIe siècle. Irène navigue dans un monde d’intrigues où chaque alliance peut se retourner contre elle. Charlemagne rejette l’union projetée entre leurs enfants, le jeune Constantin se laisse influencer par son ambitieuse épouse Marie d’Arménie, et les fidèles conseillers peinent à maintenir la cohésion autour d’une impératrice que sa propre famille menace désormais de supplanter. Corbeyran tisse ainsi des fils narratifs multiples, rendant palpable la précarité permanente du pouvoir de cette femme hors du commun.

Ippóliti apporte à cet univers une dimension picturale remarquable. Ses illustrations convoquent l’or des mosaïques byzantines, la pourpre impériale et la gravité des palais de Constantinople avec une maîtrise qui tient autant de la peinture d’histoire que de la BD. Les visages, minutieusement travaillés, restituent la psychologie complexe de ces personnages déchirés entre loyauté, ambition et survie.

Ce tome 2 s’impose comme une conclusion digne d’un personnage qui méritait cette mise en lumière. Pour les amateurs de BD historique et les passionnés d’histoire médiévale, c’est un album à lire.

Extrait de la BD :

Couverture Reines de Sang Irène de Byzance T2


couverture Reines de Sang Irène de Byzance T2 Résumé éditeur :

Conclusion du diptyque sur la fascinante histoire d’Irène de Byzance

Conclusion du diptyque sur la fascinante histoire d’Irène de Byzance, première femme à régner seule sur l’Empire byzantin. De régente à impératrice, elle restaure le culte des icônes et gouverne sans relâche pour maintenir son pouvoir. L’histoire palpitante d’une Reine de sang, déterminée à défier les conventions et à se battre pour ses convictions dans un empire dominé par les hommes. Irène fait face à un revers diplomatique : Charlemagne rejette l’union prévue entre leurs enfants et conteste les décisions du concile de Nicée. Ignorant les conseils de Staurakios, l’impératrice désigne Marie d’Arménie comme épouse pour son fils Constantin. Mais la jeune femme, aussi charmante qu’ambitieuse, souffle à son mari l’idée de supplanter sa mère… Et si le plus grand danger venait de l’intérieur ?

Date de parution : 21 mai 2026
Auteurs : Éric Corbeyran (scénario) & Gabriel Ippóliti (dessin & couleurs)
Éditeur : Delcourt
Collection / Série : Les Reines de Sang – Histoire & Histoires
Format / Pages : Cartonné – 56 pages
Prix indicatif : 15,95 €

Daisy et Pobi – Le plus beau des gâteaux, de Nathalie Dargent & Hyun Kim (Éditions Milan)

Daisy et Pobi – Le plus beau des gâteaux, de Nathalie Dargent & Hyun Kim (Éditions Milan)

Couverture Daisy et Pobi Le plus beau des gâteaux
Les Éditions Milan lancent une nouvelle collection d’albums avec Daisy et Pobi, deux amies inséparables au graphisme inspiré de l’univers graphique coréen. Nathalie Dargent, auteure parisienne aux nombreux titres publiés chez Milan (notamment la série Les Inséparables), signe le texte de cette nouvelle aventure, illustrée par Hyun Kim, artiste dont le travail explore la nostalgie de l’enfance à travers un style kawaï empreint de fraîcheur et de spontanéité.

Dans cet album, Daisy prépare une fête avec son amie Pobi et décide d’aller chercher le plus beau gâteau chez Iris, la pâtissière de la forêt. Sur le chemin du retour, la gourmandise de leurs amis — Félix, Pluche, Basil — menace de faire disparaître le précieux gâteau avant même la fête. Qu’à cela ne tienne : Daisy et Pobi décident de cuisiner elles-mêmes leur propre pâtisserie. Un récit simple et lumineux sur la générosité, le partage et la joie de faire ensemble.

L’univers graphique de Hyun Kim est l’atout majeur de cet album. Ses illustrations débordantes de couleurs vives créent une atmosphère irrésistiblement joyeuse. Le graphisme kawaï, directement inspiré de l’univers coréen, apporte une touche de modernité et d’originalité qui distingue cette collection dans le paysage de l’édition jeunesse. Les personnages — Daisy la souris et Pobi le blaireau — sont immédiatement attachants, dotés de personnalités bien distinctes que l’on retrouvera au fil des prochains albums annoncés.

Un premier album de qualité pour cette nouvelle collection, idéal à partir de 3 ans pour découvrir des valeurs d’amitié et de partage dans un univers plein de douceur et de fantaisie.


couverture Daisy et Pobi Le plus beau des gâteaux Résumé éditeur :

Bienvenue dans le monde enchanté de Daisy et Pobi !

Daisy prépare une fête avec son amie Pobi, et qui dit fête, dit gâteau. Elle prend son vélo pour acheter un gâteau chez Iris, la pâtissière de la forêt. Elle choisit le plus gros et le plus beau gâteau, emballé dans une jolie boîte. Sur le chemin du retour, elle croise plusieurs amis : Félix, Pluche, Basil… et ils veulent tous goûter le magnifique gâteau. Si bien que, le soir venu, il n’en reste plus… Daisy et Pobi décident alors de cuisiner elles-mêmes un gâteau. Elles réunissent tous leurs amis, et même les fourmis, qui ont mangé la dernière part, sont là. Au milieu des confettis, la fête est très réussie !

Date de parution : 13 mai 2026
Auteurs : Nathalie Dargent (texte) & Hyun Kim (illustrations)
Éditeur : Éditions Milan
Collection / Série : Daisy et Pobi – Album jeunesse – Dès 3 ans
Format / Pages : 32 pages
Prix indicatif : 12,90 €

[BD] Les Âges d’Or de Donald – Tome 2, Collectif Disney (Glénat)

[BD] Les Âges d’Or de Donald – Tome 2, Collectif Disney (Glénat)

Couverture Les Âges d'Or de Donald Tome 2
Depuis sa création en 1934, Donald Duck est devenu l’un des personnages les plus aimés de l’univers Disney. Sous son béret et son costume de marin, ce canard colérique, vantard et malchanceux cache en réalité un cœur d’or : souffre-douleur de l’Oncle Picsou et de Gontran, il reste un père de substitution attentionné pour Riri, Fifi et Loulou, et un amoureux éperdu de la belle Daisy. Glénat poursuit avec ce second tome sa belle initiative de rassembler les récits incontournables du canard le plus célèbre de Disney sous les pinceaux des plus grands artistes de la maison.

Cette collection « Âges d’or » s’inscrit dans une tradition éprouvée des grandes anthologies de BD, qui permettent de redécouvrir des œuvres parfois introuvables ou oubliées dans une fabrication soignée. Le tome 2 couvre la période 1940-2001, convoquant des talents aussi variés que Carl Barks — le légendaire « Good Duck Artist » auteur de Donald et le trésor du pirate (1942) — et des dessinateurs européens comme Daan Jippes, Freddy Milton ou Lars Jensen & Flemming Andersen. Six récits complets qui illustrent l’extraordinaire longévité créative du personnage.

La diversité des styles graphiques rassemblés dans ce volume est l’un de ses atouts majeurs. Des lignes claires et dynamiques de l’école américaine aux influences européennes plus texturées, chaque planche témoigne d’une époque et d’une sensibilité artistique distincte. C’est aussi l’occasion de mesurer combien Donald a traversé les décennies sans vieillir, s’adaptant à des contextes narratifs très différents tout en conservant son caractère inimitable.

Un bel objet éditorial, accessible et généreux, idéal pour initier les plus jeunes à l’histoire du 9e art via un personnage qu’ils connaissent, et pour permettre aux adultes de savourer ou redécouvrir des classiques du canard hystérique.

Extrait de la BD :


planche Les Âges d'Or de Donald T2


couverture Les Âges d'Or de Donald T2Résumé éditeur :

Des histoires d’anthologie signées par les plus grands artistes Disney

Créé en 1934, colérique, vantard et malchanceux, le canard au béret et costume de marin s’est imposé dans le cœur des lecteurs depuis plus de 90 ans ! Préférant souvent son hamac au travail, souffre-douleur de son oncle Picsou et de son cousin Gontran, Donald, sous ses airs de canard mal embouché, est un vrai gentil dévoué à l’éducation de ses neveux et amoureux transi de la belle Daisy. Présentée dans une fabrication soignée de 200 pages, la collection des « Âges d’or de Donald » rassemble les récits incontournables du canard hystérique sous les pinceaux des plus grands artistes Disney : Carl Barks (Donald et le trésor du pirate – 1942 ; Sprint galactical – 1948 ; Perdus dans les Andes – 1949 ; Le Casque d’or – 1952), mais aussi de Daan Jippes & Freddy Milton (Rançon ou récompense ; 1980) et de Lars Jensen & Flemming Andersen (Gare au Gobbleur ! ; 2001). Avec 6 récits couvrant la période des années 1940 à 2001, ce deuxième volume réunit les folles aventures du canard le plus emblématique de l’univers Disney !

Date de parution : 13 mai 2026
Auteurs : Collectif Disney
Éditeur : Glénat
Collection / Série : Les Âges d’Or de Donald – Couleurs
Format / Pages : 208 pages – 20 x 27,3 cm
Prix indicatif : 19,00 €

[BD] Goldfish, de Brian Michael Bendis (Delcourt Contrebande)

[BD] Goldfish, de Brian Michael Bendis (Delcourt Contrebande)

Couverture Goldfish Brian Michael Bendis
Brian Michael Bendis est l’un des noms les plus importants du comics américain contemporain. Avant de révolutionner l’univers Marvel avec ses runs légendaires sur Daredevil, Ultimate Spider-Man ou Alias, il a d’abord imposé son style dans le domaine du roman graphique noir et urbain. Goldfish, troisième volet de sa trilogie indépendante après Torso et Jinx, est considéré par beaucoup comme son œuvre la plus sombre et la plus personnelle. 

David Gold — surnommé « Goldfish » — revient dans sa ville natale après des années d’absence. Un seul but : retrouver son fils. Mais la ville l’a changé et son ancien monde le rattrape : son ex-compagne règne désormais sur les bas-fonds, son meilleur ami est devenu inspecteur de police. Entre passé impossible à fuir et avenir qu’il veut construire, Goldfish est un homme en équilibre précaire, coincé dans le dilemme de tout bon protagoniste noir : peut-on vraiment changer ?

Bendis dessine lui-même ses histoires indépendantes, et son style graphique est immédiatement reconnaissable : un noir et blanc contrasté, un encrage expressif, des cadrages serrés qui servent brillamment le rythme haletant de ses récits. L’influence du film noir de Dashiell Hammett ou de Raymond Chandler est palpable, comme une ambiance de roman policier américain transposée en cases. La narration en voix off, les dialogues percutants et la construction dramatique témoignent du talent exceptionnel d’un auteur qui a forgé son art loin des grands studios.

Avec Goldfish, Delcourt Contrebande rend accessible au public francophone un classique du roman graphique américain indépendant, et l’occasion de comprendre d’où vient le Bendis qui a ensuite électrisé Marvel.


couverture Goldfish Bendis Résumé éditeur :

Après Torso et Jinx, le troisième volet des romans graphiques signés Brian Michael Bendis

Après des années d’absence, l’escroc David Gold — surnommé « Goldfish » — est de retour dans sa ville natale. Il est revenu pour une seule et unique raison : son fils. Cet énigmatique arnaqueur retrouve ses anciens repaires et découvre que son ex-compagne règne désormais sur les bas-fonds de la ville, tandis que son plus vieil ami (et ancien complice) est devenu inspecteur de police. Face à un destin aussi implacable, comment Goldfish pourra-t-il reconquérir le seul être qui compte encore pour lui ?

Date de parution : 13 mai 2026
Auteur : Brian Michael Bendis (scénario & dessin)
Éditeur : Delcourt
Collection / Série : Contrebande – Roman graphique
Format / Pages : Cartonné – 280 pages
Prix indicatif : 27,95 €

Le Petit Mouton de Ménilmontant, d’Aurélie Castex & Sharon Amanda Massey (Gautier-Languereau)

Le Petit Mouton de Ménilmontant, d’Aurélie Castex & Sharon Amanda Massey (Gautier-Languereau)

Couverture Le Petit Mouton de MénilmontantAurélie Castex est une figure bien connue du monde de la littérature jeunesse française. Illustratrice et autrice de nombreux albums et bandes dessinées documentaires pour la jeunesse (Terre Ferme, Les Nouveaux Venus, À la poursuite du déjeuner d’Odile…), elle met en images avec Le Petit Mouton de Ménilmontant un texte délicat et poétique de Sharon Amanda Massey, dans un style aquarellé non sans charme.

Sur le chemin de l’école, Léo rencontre un petit mouton qui danse différemment et l’invite à s’exprimer librement. Cette rencontre inattendue dans les rues de Paris devient le point de départ d’une promenade poétique à travers les quartiers colorés de Ménilmontant, au fil de laquelle Léo découvre la fantaisie qui sommeille en lui. L’album déroule un message essentiel : oser être soi-même, accepter sa singularité et trouver sa propre façon de danser dans le monde.

Aurélie Castex illustre avec talent ce texte en insufflant une atmosphère chaleureuse et fantaisiste. Son trait aquarellé capture habilement la lumière et la vie des rues parisiennes, créant un univers où le réel et le merveilleux coexistent naturellement. Les illustrations fourmillent de détails amusants qui invitent à l’observation et stimulent l’imagination des plus jeunes.

Ce duo artistique signe un album touchant, idéal pour aborder avec les enfants la question de la confiance en soi et de l’affirmation de son identité. Une balade poétique dans les rues de Paris, à partager en famille.

Extrait de l’album :

Planche Le Petit Mouton de Ménilmontant


couverture Le Petit Mouton de MénilmontantRésumé éditeur :

Une balade poétique et fantaisiste dans les rues de Paris pour apprendre à oser être soi-même.

Sur le chemin de l’école, Léo rencontre un petit mouton qui danse différemment et l’invite à s’exprimer librement. C’est le début d’une promenade poétique pour découvrir toute la fantaisie qui se cache en lui. Un duo artistique plein de grâce et d’imaginaire.

Date de parution : 13 mai 2026
Auteurs : Sharon Amanda Massey (texte) & Aurélie Castex (illustrations)
Éditeur : Gautier-Languereau
Collection / Série : Album jeunesse – Dès 3 ans
Format / Pages : 210 mm x 280 mm – 32 pages
Prix indicatif : 12,99 €

[BD] La Tour – Tome 3, de Jan Kounen, Omar Ladgham & Salvo (Glénat / Comix-Buro)

[BD] La Tour – Tome 3, de Jan Kounen, Omar Ladgham & Salvo (Glénat / Comix-Buro)

Couverture La Tour Tome 3La Tour est une série de science-fiction née d’une collaboration singulière entre Jan Kounen, réalisateur emblématique de Dobermann et Coco Chanel & Igor Stravinsky, et Omar Ladgham, scénariste et réalisateur aux multiples récompenses. Leur univers dystopique, mis en images par le dessinateur Salvo, forme depuis ses débuts un récit ambitieux et haletant sur l’avenir de l’humanité.

Nous sommes en 2072. Trente ans que la civilisation humaine survit à la verticale, depuis qu’une bactérie dévastatrice a décimé la quasi-totalité de la population mondiale. Dans ce troisième et dernier tome, les tensions atteignent leur paroxysme : Ingrid refuse d’intervenir après la disparition d’Aatami, tandis que Caem prépare une contre-révolution. Mais l’espoir surgit là où personne ne l’attendait : au cœur d’une forêt consciente, un jeune Intra immunisé contre la bactérie réapparaît, incarnant la promesse d’une nouvelle humanité. L’issue de ce face-à-face entre survie et effondrement se joue dans les dernières pages de cet opus conclusif.

Salvo déploie dans ce tome final un travail graphique toujours très apprécié. Ses planches allient des compositions architecturales vertigineuses — la Tour, cet édifice-monde qui a donné son nom à la série — à des moments d’une grande intimité émotionnelle. Le scénario de Ladgham et Kounen, dense et rythmé, offre un dénouement à la hauteur des enjeux posés depuis le début.

Ce tome 3 confirme que La Tour est une séries de SF inventive, au récit maîtrisé, qui offre un bon divertissement.

Extrait de la BD :

Couverture La Tour Tome 3


couverture La Tour T3Résumé éditeur :

Quand l’espoir renaît au creux de la forêt

2072. Cela fait 30 ans que l’Humanité vit à la verticale. Depuis qu’une bactérie a décimé la quasi-totalité de la civilisation, les survivants s’entassent pour se protéger d’une contamination mortelle. Dans ce microcosme divisé, les tensions entre les Anciens et la jeune génération, les Intras, atteignent leur paroxysme. Ingrid, très secouée par la disparition d’Aatami, refuse d’intervenir pour rétablir l’ordre, dans le même temps Caem prépare une « contre-révolution ». Pourtant un espoir subsiste : Aatami ! Alors que tout le monde le croyait mort, le jeune Intra réapparaît au cœur d’une forêt consciente, protégé par Marie, une I.A. aux motivations très ambiguës. Immunisé contre la bactérie, il incarne la promesse d’une nouvelle Humanité. Mais cette révélation fracture les alliances… Entre trahisons, manipulations et affrontements, la Tour devient le théâtre d’un combat ultime : survivre ou s’effondrer.

Date de parution : 13 mai 2026
Auteurs : Jan Kounen & Omar Ladgham (scénario) / Salvo (dessin & couleurs)
Éditeur : Glénat / Comix-Buro
Collection / Série : La Tour – Science-fiction
Format / Pages : Cartonné – 64 pages
Prix indicatif : 16,00 €

Sakamon Castle : Bienvenue à l’auberge (Glénat jeunesse)

Sakamon Castle : Bienvenue à l’auberge (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse viennent de sortir une nouvelle série BD : Sakamon Castle. Le premier tome : Bienvenue à l’auberge va enchanter nos lecteurs dès l’âge de 7 ans !
Cette BD raconte les aventures complètement déjantées de Sakamon, un drôle de “monstre” qui est en réalité… un sac de navets ensorcelé ! Il dirige une auberge magique et un peu chaotique où passent toutes sortes de créatures farfelues.
Dans cette auberge, rien ne se déroule normalement : Sakamon fait bêtise sur bêtise, Bloudiradi prépare des potions étranges, Maminosor cuisine des plats assez douteux, et les clients doivent survivre à ce service catastrophique !
Au fil des pages, on découvre un univers humoristique et absurde, peuplé de personnages attachants comme une sorcière dinosaure, un chien-nénuphar ou encore une grenouille stagiaire amoureuse du jardinier. Malgré son apparence “terrifiante”, Sakamon est surtout très mignon et maladroit.
Sakamon Castle est une BD drôle, pleine de gags, de créatures imaginaires et d’ambiance fantasy décalée, pensée pour les jeunes lecteurs.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2026
Auteur : Mathieu Lenourry
Illustrateur : Mathieu Lenourry
Editeur : Glénat jeunesse
Prix : 11 €

[Jeunesse] L’anniversaire de Mini-Loup – Spécial 35 ans !, de Philippe Matter (Hachette Enfants)

L'anniversaire de Mini-Loup – Spécial 35 ans !, de Philippe Matter, Hachette Enfants

Trente-cinq ans déjà ! Né en 1991 sous le crayon tendre et facétieux de Philippe Matter, le petit louveteau au pelage brun et au regard malicieux n’a pas pris une ride. Pour célébrer cet anniversaire mémorable, Hachette Enfants ressort l’un des titres emblématiques de la série, L’anniversaire de Mini-Loup, dans une édition spéciale anniversaire parée d’une couverture super brillante aux mille couleurs. Un cadeau pour les enfants, mais aussi un clin d’œil ému aux parents et grands-parents qui ont grandi avec ce héros lors de leurs propres soirées lecture.

Dans L’anniversaire de Mini-Loup, c’est jour de fête… enfin, en théorie. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Mini-Loup, mais quelque chose cloche : ses parents semblent affairés, presque distants, et ses amis – Anicet, Doudou, Mini-Pic et toute la joyeuse bande – sont étrangement introuvables. Mini-Loup tourne en rond, l’air un peu boudeur, persuadé que tout le monde a oublié son grand jour. Heureusement, en rentrant chez lui le soir, il découvre une superbe surprise : une fête d’anniversaire organisée en son honneur par tous ceux qu’il aime ! Mais chuuut, c’est une surprise…

On retrouve avec bonheur la patte graphique de Philippe Matter, ses aquarelles douces et chaleureuses, ses personnages expressifs et ce sens du détail qui invite l’enfant à scruter chaque page : un ballon qui s’envole, un cadeau caché derrière une porte, un gâteau monumental couronné de bougies. Les double-pages fourmillent de petites scènes drôles que les jeunes lecteurs adorent décrypter. La nouvelle couverture, ultra colorée et brillante, met particulièrement en valeur le motif de confettis multicolores qui célèbre dignement le ton festif de l’album.

Au-delà de l’aspect collector, c’est bien l’histoire qui touche : le mélange tendre et universel de la peur d’être oublié et de la joie de la surprise. Philippe Matter, créateur d’une série forte de plus de deux cents titres traduits dans une vingtaine de langues, a toujours su parler aux tout-petits avec une finesse rare. Dès 3 ans, les enfants comprennent les émotions de Mini-Loup, partagent sa déception passagère puis son émerveillement final. C’est exactement le genre d’album qu’on relit avec eux, encore et encore, au moment du coucher.

Cette édition Spécial 35 ans ! est une bien jolie occasion de (re)découvrir Mini-Loup, en famille. Que ce soit pour offrir le jour d’un anniversaire – le clin d’œil est tout trouvé – ou pour entrer dans la collection par sa porte la plus festive, ce nouvel opus a tout pour devenir un incontournable de la chambre des petits. À glisser sous le sapin, dans un sac d’école ou au fond d’un panier de naissance, en se rappelant que les meilleures histoires, comme les bons amis, savent traverser les années sans rien perdre de leur magie. Pour prolonger les ballades en jeunesse, on peut filer relire notre chronique de Hue Cocotte ! (Glénat Jeunesse), un autre album à déguster en famille. Plus d’infos sur la série côté éditeur : Mini-Loup chez Hachette Enfants.

A lire !!

Résumé éditeur : Une édition spéciale avec une couverture super brillante aux mille couleurs pour célébrer l’anniversaire de Mini-Loup ! Pour son anniversaire, ses parents sont tous occupés et ses amis sont introuvables… Heureusement, en rentrant chez lui le soir, il découvre une belle surprise : une fête d’anniversaire organisée en son honneur ! Mais chuuut c’est une surprise !

Date de sortie : 8 avril 2026
Auteur : Philippe Matter
Éditeur : Hachette Enfants
Format : 19 × 26 cm
Prix : 6,95 € TTC
EAN : 9782017347668
Public : dès 3 ans
Pages : 32

[Jeunesse] Un Caillou magique, de Béatrice Courtot & Éloïse Oger (Gautier-Languereau)

Un Caillou magique - couverture

Il suffit parfois d’un caillou ramassé au détour d’un chemin, lisse, scintillant, étrangement lourd dans la paume, pour qu’une journée d’enfance bascule du côté du merveilleux. C’est ce moment-là, infiniment fragile et précieux, que Un Caillou magique choisit de mettre en images et en mots. Signé par Béatrice Courtot au texte et illustré avec une grande tendresse par Éloïse Oger, l’album s’adresse aux lecteurs dès 3 ans.

Au cœur du récit, il y a Alba, une petite fille qui collectionne les cailloux. Pas n’importe lesquels : les plus brillants, les plus ronds, les plus secrets, ceux qui semblent garder en eux un éclat venu d’ailleurs. Chaque trouvaille est l’occasion d’un voyage minuscule, d’une rêverie qui prend racine dans le creux de sa main. Un Caillou magique raconte cette manière toute particulière qu’ont les enfants de transformer l’ordinaire en trésor, de prêter à un galet la mémoire d’un volcan, à un quartz la lumière d’une étoile, à un fragment de granit une histoire entière de rivières et de saisons.

Le texte de Béatrice Courtot épouse la cadence d’une comptine murmurée. La phrase est courte, ciselée, attentive à ce que l’enfant entende et goûte chaque mot. Aux pinceaux, Éloïse Oger déploie un univers visuel d’une chaleur immédiate. Sa technique mêle textures peintes à l’acrylique et finitions numériques, dans une palette qui sent bon la mousse, la terre et les après-midis d’été. Les cailloux d’Alba forment, page après page, une mosaïque vivante : chacun semble peint comme un petit personnage, avec ses veines, ses scintillements, sa personnalité propre. Le regard de l’enfant devient alors le nôtre, invité à scruter le sol, à se pencher, à ralentir.

Sur 32 pages au format généreux 215 × 250 mm, Un Caillou magique avance comme une promenade buissonnière. C’est un album qui appelle la lecture à voix haute, partagée sur le canapé ou sur l’herbe, où les images prennent leur temps et où les enfants reconnaissent leurs propres collections de trésors – plumes, coquillages, feuilles, brindilles. À l’heure où l’on s’inquiète, à raison, du rapport des plus petits à la nature, ce livre offre un antidote tendre. Il rappelle simplement que la beauté du monde tient parfois dans un caillou de rien du tout, à condition de prendre le temps de le regarder. On retrouve ici la sensibilité qui fait depuis longtemps la signature de la maison Gautier-Languereau. Pour prolonger la promenade, on pourra aussi (re)découvrir Un Grand Voyage, de Michael Rosen et Daniel Egnéus, autre belle parution maison qui partage ce goût pour les voyages intimes et l’imaginaire ouvert.

Résumé éditeur

La nature peut réserver bien des surprises ! Alba collectionne les cailloux et y découvre des trésors chargés d’histoires et de rêves… Une histoire poétique sur les merveilles qui nous entourent.

Date de parution : 29 avril 2026
Texte : Béatrice Courtot
Illustrations : Éloïse Oger
Éditeur : Gautier-Languereau
Format : 215 × 250 mm
Prix : 12,99 € TTC
EAN : 9782017737014
Public : dès 3 ans
Pages : 32 pages

[BD] Ce qu’il reste de toi et moi, de Lylian & Sophie Ruffieux (Soleil)

Couverture - Ce qu’il reste de toi et moi - Lylian / Sophie Ruffieux - Soleil [BD] Ce qu’il reste de toi et moi, de Lylian & Sophie Ruffieux (Soleil)

Avec Ce qu’il reste de toi et moi, Lylian (au scénario) et Sophie Ruffieux (au dessin comme à la couleur) signent un récit complet paru chez Soleil le 7 mai 2026. En 124 pages d’un format album généreux, le duo ausculte la lente érosion d’un couple ordinaire et donne à voir, sans pathos ni leçon de morale, ce qu’il subsiste d’une histoire d’amour quand les certitudes se sont dissoutes.

Armelle et Entso vivent ensemble depuis quinze ans. Un travail, des enfants, une petite maison en banlieue parisienne, des matins identiques aux précédents : le décor est posé d’emblée, et il est presque trop familier. Lui rentre tard, elle compose entre les cartables, les courses et les courriels. La passion fondatrice n’a pas disparu d’un coup ; elle s’est diluée dans la routine, recouverte par les listes du dimanche soir et les heures passées côte à côte à faire défiler un écran. Tout va bien, en somme — sauf que rien ne va plus vraiment.

Le déclencheur, lorsqu’il survient, n’a rien de spectaculaire. Au cours d’un moment intime, une conversation s’engage : un mot maladroit en appelle un autre, les reproches affleurent, la digue cède. Lylian sait à quel point une dispute conjugale tient de l’archéologie : on ne hurle pas pour ce qui se passe ici et maintenant, on hurle pour les années qu’on s’est tues. La crise éclate, donc, et avec elle l’évidence : Armelle et Entso ne se reconnaissent plus dans le couple qu’ils sont devenus. La séparation s’impose, fragile issue d’un naufrage que personne n’avait osé nommer.

Le pari de Ce qu’il reste de toi et moi n’est pas tant de raconter cette rupture que d’observer ce qu’il en demeure. Éloignés mais ensemble, comme l’écrit l’éditeur, les deux personnages vont apprendre à se réinventer, séparément puis l’un face à l’autre. Le scénariste évite les écueils du roman graphique de divorce : ni catharsis vengeresse, ni réconciliation factice, ni grand discours sur l’amour moderne. Il préfère la justesse des silences, les non-dits qui font tenir une famille debout, les fenêtres entrouvertes sur un peut-être. C’est là que la BD trouve sa résonance la plus universelle, en restant obstinément singulière.

Le dessin de Sophie Ruffieux, qui retrouve ici Lylian après leur précédente collaboration, accompagne ce mouvement avec une douceur attentive. Trait souple, gestuelle des corps, cadrages serrés sur les visages : la dessinatrice capte ces minérales variations qu’un dialogue ne saurait dire — un regard fuyant, une main qui hésite, l’épaule qui se détourne. Ses couleurs, qu’elle assure intégralement, jouent en demi-teintes : verts sourds des intérieurs nocturnes, rouges feutrés des petites colères, bleus pâles des matinées de séparation. L’ensemble tient autant du carnet de croquis sensible que de la chronique sociale, sans que jamais l’émotion ne déborde le cadre — une élégance graphique qui rend la lecture étonnamment apaisée.

Sans grand fracas, Ce qu’il reste de toi et moi propose un regard tendre et sans jugement sur ce que vivent, à un moment ou un autre, beaucoup de couples qu’on dit gentils. Lylian et Sophie Ruffieux n’écrivent pas une thèse sur l’amour ; ils tendent un miroir, à hauteur de canapé, et ce miroir-là est plus utile que cent essais conjugalistes. Un récit complet à recommander à toutes celles et ceux qui aiment quand la BD parle vrai. A lire !!

Couverture - Ce qu’il reste de toi et moi Résumé éditeur :

Armelle et Entso, l’histoire d’un couple qui a tout et rien pour être heureux.

Armelle et Entso sont en couple depuis 15 ans. Un travail, des enfants, une petite maison dans la banlieue parisienne. Les jours passent et se ressemblent pour ce gentil couple qui a tout et rien pour être heureux. Lors d’un moment intime, une conversation s’engage, les reproches pleuvent, la crise éclate. Fin de partie. De leur rencontre passionnée à la lassitude d’un quotidien rythmé par les enfants, le travail, la routine… leur couple s’effondre lentement, et la séparation devient la seule issue pour Armelle. Éloignés mais ensemble, Armelle et Entso vont explorer ce qu’il reste d’eux et peut-être se donner la chance de se rencontrer à nouveau. Une histoire singulière mais universelle.

Date de parution : 7 mai 2026
Scénario : Lylian
Dessin & couleurs : Sophie Ruffieux
Éditeur : Soleil
Collection : Quasar / Hors Collection
Format / Pages : 20,6 × 28,5 cm – 124 pages
Prix indicatif : 20,50 €
EAN : 9782302094963

[Jeunesse] La Brigade des gourmands détectives – Tome 01, de Maëlle Desard & Antonin Faure (Milan)

La Brigade des gourmands détectives Tome 1 - couverture

Une boulangerie de quartier, des vols mystérieux qui se multiplient et un trio de détectives juniors prêts à tout pour résoudre l’affaire : voilà le menu très alléchant de La Brigade des gourmands détectives Tome 1 – Trahison au pralisson, signé Maëlle Desard au texte et Antonin Faure aux illustrations, paru le 29 avril 2026 chez Milan dans la collection romans 9-12 ans. Première incursion en littérature jeunesse pour Maëlle Desard – autrice reconnue à la plume truculente, notamment pour la série Les Tribulations d’Esther Parmentier ou L’École de minuit chez Rageot –, ce premier opus ouvre une trilogie de cosy mystery jeunesse à l’humour décapant et à la gourmandise communicative.

Tout commence quand Corentin Dubattier, fils de la boulangère du coin, refuse soudain d’adresser la parole à Louis, son meilleur pote depuis toujours. Sous prétexte que Louis lui aurait piqué son carnet – qui est, en réalité, un journal intime que Corentin n’assume pas tout à fait –, la brouille est consommée, et c’est dur à digérer pour Louis. Décidé à comprendre, le voilà qui débarque chez son ex-copain. À la place, c’est Charlie, la grande sœur un peu bizarre de Corentin, qui l’accueille : elle lui annonce qu’on lui vole allégrement des mottes de beurre depuis quelque temps et qu’elle ne peut donc plus rien sculpter. Or, dans le même temps, les vols de gâteaux se multiplient à la boulangerie Dubattier. En bon détective junior, Louis se dit que toutes ces disparitions ne sont pas dues au hasard. Avec Charlie et Basil, le fils du bibliothécaire qui sait tout sur tout, il fonde alors la Brigade des gourmands détectives, sous le signe de la célèbre tarte au praliné de Madame Dubattier.

Maëlle Desard transpose ici sa plume pour les 9 ans et plus, avec ce qu’il faut d’humour, d’amitiés improbables et de chats à trois pattes pour faire mouche. Le cosy mystery, ce sous-genre du polar feutré où l’on mène l’enquête à hauteur de tartes et de tasses de thé plutôt que de scènes de crime, trouve dans cette boulangerie de quartier un terrain de jeu idéal. Le mystère reste à hauteur d’enfant – on parle ici de mottes de beurre disparues et de gâteaux volatilisés – mais il s’épaissit comme une bonne pâte à gâteau, et les indices s’accumulent au rythme des fournées. La Brigade des gourmands détectives joue ainsi sur deux tableaux : le plaisir d’une enquête bien ficelée, avec ses fausses pistes et ses retournements, et le plaisir tout simple de partager les gourmandises et les secrets d’une famille de boulangers attachants.

Sous la gourmandise et l’humour, le roman aborde aussi des thèmes qui parlent directement à ses jeunes lecteurs : l’amitié qui se brouille puis se retrouve, l’amour fraternel un peu rugueux mais bien réel, la difficulté d’assumer ce qui nous touche – Corentin et son journal intime –, ou ces parents qui ne s’entendent plus sans pour autant divorcer. Rien n’est appuyé : tout se glisse entre deux indices et une part de tarte, ce qui fait précisément la force de ce roman doux qui fait passer par mille émotions sans jamais sermonner. Aux illustrations, Antonin Faure – ancien graphiste de Gallimard Jeunesse, aujourd’hui illustrateur indépendant installé à La Rochelle – apporte un trait à la fois rond et malicieux, parfaitement accordé au ton de l’autrice. Ses planches rythment la lecture et offrent aux lecteurs intermédiaires de respirer entre deux chapitres, sans jamais infantiliser le propos.

Sur 208 pages au format poche, La Brigade des gourmands détectives se dévore comme une tarte au praliné un dimanche après-midi : on en redemande, et heureusement, deux autres tomes sont prévus pour prolonger le plaisir. Voilà un roman qui réconcilie celles et ceux qui aiment les enquêtes avec celles et ceux qui aiment les goûters, et qui donne furieusement envie aux 9-12 ans (comme à leurs parents) de pousser la porte de leur boulangerie de quartier – juste au cas où il faudrait y mener l’enquête. Pour prolonger les belles lectures jeunesse de ce printemps chez Milan, on (re)découvrira aussi avec plaisir Lumilane, de Manon Fargetton & Maud Begon, autre roman de la maison qui fait la part belle à l’imaginaire.

Résumé éditeur

Quand les vols de gâteaux se multiplient dans la boulangerie Dubattier et que le mystère s’épaissit comme une bonne pâte à gâteau, il n’y a qu’un groupe à appeler : la Brigade des gourmands détectives ! Du jour au lendemain, Corentin Dubattier ne veut plus parler à Louis, son meilleur pote depuis toujours. Sous prétexte qu’il lui aurait piqué son carnet, journal intime en vérité, mais Corentin n’assume pas… et ça, c’est dur à digérer pour Louis. Alors il se rend chez son ex-copain pour demander des explications. À la place, Charlie, sa grande sœur un peu bizarre, lui annonce qu’on lui vole allégrement des mottes de beurre depuis quelque temps et qu’elle ne peut plus rien sculpter. En bon détective junior, Louis se dit que toutes ces disparitions ne sont pas dues au hasard. Commencent alors une enquête et une aventure hautes en couleur pour Louis, Charlie et Basil (le fils du bibliothécaire qui sait tout sur tout), sous le signe de la célèbre tarte au praliné de Madame Dubattier. Un mystère à la boulangerie ? Vous pouvez appeler la Brigade des gourmands détectives !

Date de parution : 29 avril 2026
Texte : Maëlle Desard
Illustrations : Antonin Faure
Éditeur : Milan
Format : 208 pages
Prix : 12,79 € TTC
EAN : 9782408059477
Public : 9-12 ans

[BD] La Sorcière qui a changé le monde, de Jean-Yves Le Naour & Emilio van der Zuiden (Bamboo)

La sorcière qui a changé le monde, couverture [BD] La Sorcière qui a changé le monde, de Jean-Yves Le Naour & Emilio van der Zuiden (Bamboo)

Avec La Sorcière qui a changé le monde, l’historien Jean-Yves Le Naour et le dessinateur Emilio van der Zuiden ouvrent Le Grand Cirque du pouvoir, nouvelle collection de biographies politiques publiée chez Grand Angle / Bamboo. Premier portrait de cette galerie : Margaret Thatcher, fille d’épicier devenue cheffe du parti conservateur, propulsée à Downing Street en 1979 et bientôt rebaptisée la « Dame de fer » par toute une époque qu’elle s’apprête à secouer en profondeur.

Le pitch tient en quelques lignes mais ouvre dix années bouillonnantes : punks placés sur les murs de Londres, syndicats matés, guerre des Malouines, privatisations à la chaîne, divorce d’avec Bruxelles et lune de miel idéologique avec Reagan. La Sorcière qui a changé le monde ne s’arrête pas à la chronique politique : Le Naour s’attache aux ressorts intimes d’une ascension fulgurante – la grocer’s daughter de Grantham, la chimiste de formation, la députée pugnace, la stratège de communication. La Dame de fer fait marcher au pas ses collaborateurs et au bazooka ses adversaires, prévient l’éditeur. La BD montre comment cette manière, sans concession, a durablement reconfiguré la société britannique.

L’angle est celui du biopic politique documenté, fidèle à la méthode de Jean-Yves Le Naour, historien d’abord, scénariste ensuite. Spécialiste reconnu du XXe siècle (Première Guerre mondiale, Compagnons de la Libération, Charles de Gaulle), il choisit ici de quitter brièvement les tranchées pour s’attaquer à un autre tournant majeur du siècle : la révolution néolibérale des années 1980. La promesse n’est pas celle d’une hagiographie ni d’un pamphlet, mais d’une analyse en images des mécanismes du pouvoir thatchérien. Comment une femme parvient-elle à s’imposer au sommet d’un parti masculin et conservateur ? Comment transforme-t-elle l’état d’esprit d’un pays au point que ses successeurs travaillistes en hériteront sans tout démonter ? Le scénario assume cette ambivalence et restitue, au plus près des archives, ce que la révolution Thatcher continue d’irriguer aujourd’hui, jusque dans les politiques économiques européennes.

Côté dessin, Emilio van der Zuiden – révélé chez Paquet puis remarqué chez Grand Angle aux côtés de Stephen Desberg sur Aimer pour deux – livre un trait rond, expressif et théâtral, parfait pour un récit où la communication politique et la mise en scène des corps comptent autant que les chiffres du chômage. La couverture pose le ton, les planches le confirment. Ouvrant une collection ambitieuse promise à d’autres figures du XXe siècle politique, La Sorcière qui a changé le monde est un one-shot dense, au format album cartonné de soixante-douze pages. À recommander aux amateurs de bande dessinée historique exigeante, aux passionnés de politique britannique, et à tous ceux qui veulent comprendre comment, en quelques années, une « Dame de fer » a réécrit les règles du grand cirque du pouvoir.

La sorcière qui a changé le monde, couverture Résumé éditeur :

Margaret Thatcher, la femme la plus controversée du XXe siècle.

Plus qu’une biographie, La Sorcière qui a changé le monde est la chronique d’une révolution libérale qui continue encore aujourd’hui de nous influencer. Fille d’épicier devenue cheffe du parti conservateur, Margaret Thatcher accède au pouvoir en 1979 et engage une rupture radicale. Privatisations, affrontements avec les syndicats, guerre des Malouines, détestation de l’Europe, lune de miel avec Reagan : experte en communication, la Dame de fer fait marcher au pas ses collaborateurs et au bazooka ses adversaires. Détestée autant qu’admirée, Thatcher va bouleverser les codes du pouvoir et transformer durablement la société britannique, pour le meilleur et pour le pire.

Extrait de la BD :

La sorcière qui a changé le monde, extrait

Date de parution : 29 avril 2026
Scénario : Jean-Yves Le Naour
Dessin : Emilio van der Zuiden
Éditeur : Bamboo (Grand Angle)
Collection : Le Grand Cirque du pouvoir (tome 1)
Format / Pages : 72 pages
Prix indicatif : 16,90 €
EAN : 9791041113996

[ALBUM JEUNESSE] Le meilleur des grands frères, la tendresse et les tempêtes de la fratrie (Milan)

Le meilleur des grands frères de Ben Mantle [ALBUM JEUNESSE] Le meilleur des grands frères, la tendresse et les tempêtes de la fratrie (Milan)

Avec Le meilleur des grands frères, Ben Mantle signe un album jeunesse qui vise particulièrement juste. Sous ses dehors doux et colorés, le livre raconte une vérité très simple, mais essentielle : entre frères et sœurs, l’amour ne supprime ni les colères, ni les malentendus, ni ce besoin soudain de s’éloigner pour mieux se retrouver. Publié chez Milan, l’album s’adresse aux jeunes lecteurs dès 4 ans et compte 40 pages en format cartonné.

Le sujet est universel. Nano admire son grand frère Félix, veut tout partager avec lui et ne comprend pas tout de suite que l’autre puisse parfois réclamer un peu d’espace. Ben Mantle capte avec finesse cette mécanique affective de l’enfance : l’élan fusionnel, la frustration, la colère, puis ce retour progressif vers le lien. L’album ne moralise pas. Il montre. Et c’est précisément ce qui le rend juste, accessible et vraiment touchant.

Graphiquement, l’ouvrage s’inscrit dans un registre très lisible et chaleureux, avec des images expressives qui mettent immédiatement les émotions à hauteur d’enfant. Le trait de Ben Mantle, bien connu dans l’illustration jeunesse, accompagne ici un récit du quotidien transformé par l’imaginaire, entre cabanes, aventures partagées et petits drames domestiques. Le résultat est à la fois tendre, vivant et parlant pour toute la famille.

Un album qui fait mouche, on adore !

Résumé éditeur

Nano est rempli d’amour pour son grand frère Félix, qu’il trouve formidable. Ils partagent ensemble tant de choses. Mais quand Félix a besoin d’un peu d’air, Nano ne comprend pas et se fâche. Peu importe, il va jouer seul et construira sa cabane SEUL. Malheureusement, Nano n’est pas aidé par la météo, et son campement tourne au fiasco. Sa colère se retourne contre son grand frère, et Nano finit par se désoler, bouder… Mais quand Félix vient le chercher pour l’inviter à découvrir une nouvelle cabane, la relation et l’imagination des deux frères repartent de plus belle !

Date de parution 8 avril 2026
Auteur / illustrateur Ben Mantle
Éditeur Milan
Format Album cartonné
Pagination 40 pages
Prix 12,90 €

[BD] Assiégés – Orléans, de France Richemond, Laurent Vissière & Filippo Cenni (Delcourt)

Assiégés - Orléans, couverture [BD] Assiégés – Orléans, de France Richemond, Laurent Vissière & Filippo Cenni (Delcourt)

Avec Assiégés, Delcourt inaugure une nouvelle collection « Histoire & Histoires » ambitieuse : raconter la guerre au Moyen Âge à travers le quotidien des sièges les plus célèbres, vus par les yeux de ceux et celles qui les ont vécus de l’intérieur. Le coup d’envoi est donné par un épisode emblématique de la guerre de Cent Ans : le siège d’Orléans de 1428-1429, dont on connaît surtout l’issue victorieuse grâce à Jeanne d’Arc, mais qui aura en fait duré six longs mois. Avant la légende, il y a eu la faim, la peur, l’épuisement et l’inventivité d’une cité encerclée — c’est cette part d’ombre que la bande dessinée vient éclairer.

Assiégés prend le parti de la fiction historique exigeante. Au cœur du récit, le truculent capitaine La Hire, compagnon d’armes bien connu de Jeanne d’Arc, partage l’affiche avec maître Jehan, artisan-artilleur dont les canons s’avèrent vite incapables de répondre aux bombardes anglaises. Avec son apprenti Colas et sous le regard de Marguerite, son impossible amour, Jehan met au point une arme nouvelle, plus légère et plus précise : la coulevrine portative, ancêtre direct de l’arquebuse puis du fusil moderne. Cette intrigue de cape et de poudre permet de rendre tangibles les bouleversements techniques que le siège a réellement précipités.

Le sérieux historique de l’ensemble doit beaucoup à ses scénaristes. France Richemond, plume installée chez Delcourt, est titulaire d’une maîtrise d’histoire médiévale, d’un DEA d’histoire moderne et de deux cycles d’histoire de l’art à l’École du Louvre. On lui doit notamment Le Trône d’argile et, plus récemment, La Couronne de Verre, où elle s’attaque déjà au règne de Charles VII. À ses côtés, Laurent Vissière apporte la précision du chercheur : ancien élève de l’ENS Ulm et de l’École des chartes, professeur d’histoire médiévale à l’université d’Angers, il a consacré son habilitation à la vie quotidienne des villes assiégées au XVe siècle. Le sujet n’a donc rien d’un emprunt de circonstance : c’est son terrain de recherche.

À la mise en images, Filippo Cenni — Siennois né en 1975, diplômé d’archéologie médiévale — met sa formation au service du dessin. On le sait depuis ses biographies de Ghino di Tacco et de Gattamelata da Narni, puis ses contributions à la collection « Ils ont fait l’Histoire » chez Glénat (Saint Louis, Luther) ou à Actium aux côtés de Jean-Yves Delitte : son trait, presque didactique, se nourrit du réel. Armures, harnachements, machines de siège, fortifications de la ville-pont d’Orléans, brusques jaillissements d’éclats sur les murailles — chaque vignette se lit comme une reconstitution. La couleur et les grandes cases d’ensemble, généreuses, donnent au récit son souffle épique sans jamais sacrifier la justesse documentaire.

Ce premier opus pose aussi les bases d’une collection à suivre : Delcourt annonce d’autres sièges (Nancy, Beauvais, Rouen…), confiés à des dessinateurs différents — la promesse d’un panorama de la guerre médiévale relu par les vivres, les bourgeois et les artisans plutôt que par les seuls capitaines. À mi-chemin entre la chronique illustrée et la fresque romanesque, Assiégés s’inscrit dans la lignée des grandes séries historiques de Delcourt, avec cette ambition supplémentaire : rendre au siège ce qu’il a de quotidien, d’humain, presque de domestique.

Au final, le format cartonné de 128 pages, le grand 23,1 × 32 cm et le soin apporté à la couleur justifient pleinement le statut d’album-événement. À recommander aux amateurs de bande dessinée historique, aux passionnés de la guerre de Cent Ans, mais aussi à tous ceux qu’intrigue cette bascule technologique du XVe siècle où l’on commence à se battre debout, l’arme à l’épaule. Une porte d’entrée idéale pour (re)découvrir la résistance d’Orléans avant que la geste de Jeanne d’Arc n’en réécrive la fin.

A lire !!

Assiégés - Orléans, couverture Résumé éditeur :

Avec Assiégés, revivez le récit romancé de la guerre au Moyen Âge à travers le quotidien des sièges les plus célèbres vus par les yeux de ceux et celles qui les ont vécus de l’intérieur. Les auteurs allient avec passion les sources de l’époque pour faire vivre des récits aussi vrais que captivants.

Du siège d’Orléans, on connaît surtout la fin victorieuse avec Jeanne d’Arc. Mais ce siège a en fait duré six mois. Romancé mais historiquement exact, ce livre raconte la vie quotidienne des assiégés. Il a pour héros le truculent capitaine La Hire, maître Jehan, artilleur inventif, son apprenti Colas et Marguerite, son impossible amour. Une reconstitution du siège d’Orléans comme vous ne l’avez jamais vue.

Extrait de la BD :

Assiégés - Orléans, extrait

Date de parution : 30 avril 2026 Scénario : France Richemond & Laurent Vissière Dessin : Filippo Cenni Éditeur : Delcourt Collection : Histoire & Histoires Format / Pages : 23,1 × 32 cm – 128 pages Prix indicatif : 29,95 € EAN : 9782413022800

Anne Teresa De Keersmaeker et Solal Mariotte sous le ciel battant de Brel

Anne Teresa De Keersmaeker et Solal Mariotte sous le ciel battant de Brel
© Anne Van Aerschot

Anne Teresa De Keersmaeker et Solal Mariotte sous le ciel battant de Brel

Dans la pénombre nue du plateau, quelque chose d’emblée résiste au musée. Il aurait été si facile de transformer Jacques Brel en relique nationale, en bloc de nostalgie francophone livré aux trémolos convenus.

Or, avec ce spectacle « BREL », Anne Teresa De Keersmaeker et Solal Mariotte accomplissent exactement l’inverse. Ils désossent le monument pour retrouver le battement intérieur de la langue, sa nervure physique, son urgence presque animale. Ici, Brel n’est jamais illustré. Il circule dans les corps comme une fièvre rythmique.

Le plus étonnant dans cette proposition tient précisément à cette pudeur. Aucun folklore du grand Jacques, aucune théâtralité appuyée.

La chorégraphie travaille au contraire dans les interstices des chansons, dans leurs syncopes, leurs emballements, leurs effondrements soudains.

Chaque geste semble né d’une écoute organique du texte. Quand la voix de Jacques Brel s’emporte, les corps ne surjouent jamais la passion, ils en révèlent la mécanique secrète, cette façon qu’avait Brel de transformer une phrase en un vertige physique.

De Keersmaeker insuffle avec son écriture géométrique et circulaire une pulsation profondément humaine et Solal Mariotte apporte une densité terrienne, rugueuse, et électrique.

Quand Brel traverse les corps

Et c’est dans cette justesse du mouvement chorégraphique que tout se révèle. Le spectacle comprend que chez Brel le lyrisme n’est jamais décoratif. Il est traversé de fatigue, de colère sociale, de désir honteux, de solitude carnavalesque.

La danse épouse alors cette matière instable avec une intelligence rare. Un déplacement infime suffit parfois à faire surgir la mélancolie d’un vers. Un déséquilibre du bassin, une course interrompue, un regard qui se dérobe, et soudain tout Brel réapparaît : non pas la statue, mais l’homme qui brûle en direct dans sa propre langue.

La scénographie, volontairement dépouillée, laisse toute la place au souffle. Ce vide devient un espace d’écho où les chansons semblent revenir de très loin, comme des fantômes populaires traversant plusieurs générations de corps.

Et puis il y a Solal Mariotte, incandescent sans jamais chercher l’effet. Dans la chanson « Mathilde », il atteint une forme de vérité physique sidérante. Là où tant d’interprètes jouent l’hystérie de la chanson, lui en fait entendre l’épuisement intérieur, la catastrophe intime déjà en marche dans une fluidité et une légèreté impressionnantes.

Son corps semble traversé d’élans contradictoires, attiré vers l’avant puis brutalement retenu, comme si le désir lui-même devenait une force d’arrachement. Chaque rupture de rythme, chaque déséquilibre, chaque suspension répond au texte de Jacques Brel avec une précision presque douloureuse.

Mariotte ne danse pas « Mathilde », il paraît la recevoir de plein fouet. Il y a dans son interprétation une vulnérabilité nerveuse, une façon de laisser apparaître la fatigue, l’entêtement et la panique amoureuse qui donne soudain à la chanson une profondeur nouvelle.

Rarement un corps aura rendu avec une telle acuité ce mélange de panache et d’effondrement qui constitue le cœur même de Brel.

Anne Teresa De Keersmaeker magnétise par une présence d’une sobriété naturelle. Chez elle, rien ne cherche à séduire ou à imposer une virtuosité démonstrative.

Son interprétation repose au contraire sur une science du retrait, une manière de faire surgir l’émotion dans l’infime déplacement, dans la tension silencieuse d’un appui ou dans une simple traversée du plateau.

Face aux chansons de Jacques Brel, elle apporte une gravité presque minérale, enfantine, qui empêche constamment le spectacle de basculer dans l’emphase. Son corps semble écouter avant d’agir.

Cette qualité d’attention donne à la danse une profondeur méditative bouleversante. Là où Solal Mariotte travaille l’élan, l’accident et la brûlure, De Keersmaeker installe une temporalité plus intérieure, presque suspendue, comme si chaque geste portait la mémoire du temps.

Dans certaines séquences, elle paraît danser avec l’ombre même des chansons, laissant affleurer leur mélancolie nue sans jamais l’illustrer. C’est peut-être là que réside sa plus grande force d’interprète : parvenir à faire entendre le silence contenu dans la voix de Brel.

La pièce évite ainsi le piège du biopic chorégraphié pour atteindre quelque chose de plus abstrait et de plus bouleversant : une méditation sur ce que chanter veut dire physiquement.

Chez Brel, les mots halètent, trébuchent, s’acharnent. Rosas transforme cette énergie verbale en architecture mouvante.

Et puis il y a cette sensation rare d’assister à une œuvre qui écoute véritablement son matériau.

Tout semble avoir été secrètement composé depuis l’intérieur même des textes. Comme si la danse avait toujours existé dans ces chansons excessives, populaires et métaphysiques.

C’est là que le spectacle atteint sa grâce la plus profonde : dans cette manière de faire entendre Brel autrement, non plus seulement avec les sons, mais avec le souffle et la gravité des corps traversés.

 Dates : du 11 au 20 mai 2026  – Lieu : Théâtre de la Ville (Paris)
Concept, chorégraphie et danse : Anne Teresa De Keersmaeker, Solal Mariotte

Potiron et Petite Ourse : L’attrape-nuages (Glénat jeunesse)

Potiron et Petite Ourse : L’attrape-nuages (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat jeunessenous offre un album absolument délicieux :Potiron et Petite Ourse : L’attrape-nuages.
L’auteure, Juliette Vallery, nous embarque dans une histoire fabuleuse : il suffit de croire en ses rêves pour qu’ils se réalisent ! Que c’est beau ! Que c’est vrai !
Er les illustrations de Chloé Malard sont aussi douces, gaies et envoûtantes que le texte !
Petite Ourse veut voler et grâce à l’ingéniosité de Potiron, elle va y arriver !
Potiron et Petite Ourse : L’attrape-nuages est un album à offrir à nos jeunes lecteurs, dès leur plus jeune âge ! A lire, relire et contempler ! Notre coup de coeur !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2026
Auteur : Juliette Vallery
Illustrateur : Chloé Malard
Editeur : Glénat jeunesse
Prix : 12,90 €

La source dévoile son premier album, sortie le 15 mai chez L’atelier du Pélican / Absilone

La source est un duo violoncelle voix composé de Mélodie Orru et Pierre Le Bourgeois, ils sortent leur premier album le 15 mai 2026 chez L’atelier du Pélican / Absilone, véritable parenthèse de sérénité hors du tumulte bruyant du monde, la voix et le violoncelle dialoguent dans une épure qui ralentit la marche du monde et privilégie la beauté comme une source de résistance, au cœur de la nature.

Une sérénité exacerbée

La Source sort un album éponyme qui privilégie l’émotion aux artifices avec un duo voix violoncelle qui fait plonger au cœur de l’âme de l’auditeur. la voix de la chanteuse Mélodie Orru porte les textes, accompagnée par le violoncelle de Pierre Le Bourgeois, les 2 complices se sont frotté aux univers d’Arthur H, Nosfell, Daniel Darc et Philippe Decouflé pour façonner des accompagnements sensibles et organiques. Le résultat est une musique d’une intense intimité, un vrai discours de paix et d’harmonie avec l’altérité. Le fil conducteur de l’album est l’élément essentiel au déploiement de la vie, l’eau, présente sous des formes multiples, elle représente le mouvement, les liens entre les êtres et les étapes de la vie. Le titre J’aime l’eau résume bien la démarche, le bruit de l’eau, une voix douce, les pulsations du violoncelle, un morceau pur et poétique. Les 2 artistes choisissent le silence pour s’exprimer et définir leur identité. Le violoncelle quitte sa structure classique pour devenir basse ou guitare, la voix emporte l’auditeur et célèbre l’eau comme source de vie. Les morceaux portent par leurs mélodies pures et dénuées d’ornements superfétatoires, le silence entre les notes sont de la musique également et font partie du moment d’harmonie.

Le duo a choisi de s’éloigner des salles de spectacle habituelles pour évoluer dans des lieux atypiques, des lavoirs, des moulins ou des musées, des lieux où la sérénité peut s’exprimer totalement pour une expérience sensorielle totale.

Mon premier Cherche et trouve : Au pays des contes (Père Castor)

Mon premier Cherche et trouve : Au pays des contes (Père Castor)

Vous cherchez un livre un peu interactif avec votre enfant ?
Si possible en rapport avec les contes très classiques, comme Cendrillon, Blanche-Neige, les Trois Petits cochons…
Alors, n’hésitez pas : Mon premier Cherche et trouve : Au pays des contes vient de sortir ! Le jeune lecteur va aider Marcel le renard a trouvé le héros d’un conte, et beaucoup d’autres indices !
Les illustrations sont colorées et charmantes !
Mon premier Cherche et trouve : Au pays des contes va être un très joli moment de lecture avec votre tout-petit !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2026
Illustrateur : Nicolas Gouny
Editeur : Père Castor
Prix : 13,90 €

Le train de grands chemins (Môme)

Le train de grands chemins (Môme)

Les éditions Bayard jeunesse, dans la collection Môme, nous proposent un très joli album qui va nous faire voyager : Le train de grands chemins.
C’est l’histoire un peu folle d’une moutonne, Douce, qui part à l’aventure en empruntant le train vert. Elle ne sait pas trop où elle va, mais elle a envie de voyager… D’ailleurs, ce train va là où on le décide ! Elle va faire de jolies rencontres et découvrir des paysages féériques…
Les illustrations sont réalisées à l’aquarelle et sont juste sublimes !
Cette histoire est parfaitement adaptée aux jeunes lecteurs et vont leur permettre de rêver et de rire et d’inventer leur propre voyage !
Le train de grands chemins est un très bel album à offrir au plus grand nombre ! Dès l’âge de 3 ans !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2026
Auteur : Juliette Vallery
Illustrateur : Chloé Malard
Editeur : Bayard jeunesse
Prix : 13,90 €

« Sèvres, une passion Rothschild » : l’emblème d’un raffinement absolu

« Sèvres, une passion Rothschild » : l’emblème d’un raffinement absolu
Vase « à têtes d’éléphants », Manufacture de Sèvres , Attribué à Jean-Louis Morin (peintre), Vers 1760, Porcelaine tendre, Waddesdon Manor (© DR)

« Sèvres, une passion Rothschild » : l’emblème d’un raffinement absolu

À travers les vitrines feutrées de l’exposition « Sèvres, une passion Rothschild. De la Villa Ephrussi à Paris », la porcelaine cesse d’être un art décoratif pour devenir une cartographie d’une histoire en art majeur.

Chaque assiette, chaque vase, chaque service semble porter la trace d’une civilisation de l’œil où collectionner relevait moins de la possession que d’une forme de mise en scène du monde.

Ici, la manufacture de Sèvres dialogue avec l’obsession raffinée de la famille Rothschild, avec son goût du faste, du détail et de la survivance aristocratique. Le parcours compose alors une traversée presque romanesque du goût français, entre théâtre mondain et mélancolie patrimoniale.

L’exposition réussit surtout à éviter le piège de l’accumulation muséale. Elle ne transforme jamais ces pièces en simples trophées de vitrines. Au contraire, elle restitue leur pouvoir de fascination, leur sensualité matérielle, la manière dont la lumière glisse sur les émaux comme sur des pierres précieuses.

Les bleus profonds, les ors souverains, les motifs floraux d’une précision hallucinée racontent autant le triomphe technique de Sèvres qu’une certaine idée de l’Europe, celle qui croyait encore que la beauté pouvait organiser le réel.

Sèvres, la splendeur en art majeur

On se laisse porté par l’intelligence silencieuse de la scénographie. Elle avance par respirations, par échos, par rapprochements subtils entre les époques et les usages. La Villa Ephrussi apparaît alors comme plus qu’un décor ou un écrin mondain.

Elle devient un personnage fantomatique, une chambre de mémoire où l’objet d’art survit à ceux qui l’ont désiré. Derrière l’éclat des porcelaines affleure ainsi quelque chose de plus crépusculaire, presque proustien.

Une conscience du temps qui passe, de la fortune qui s’efface, des mondes qui se ferment doucement derrière leurs dorures.

Mais l’exposition touche aussi lorsqu’elle révèle la modernité paradoxale de ces collections. Car dans cette profusion de services précieux et de pièces d’apparat se lit déjà une forme de vertige contemporain. Celui d’une société fascinée par l’image d’elle-même, par la rareté, par la fabrication du prestige.

Les Rothschild collectionnaient Sèvres comme on construit aujourd’hui une identité visuelle. Avec le même mélange de puissance, de stratégie et de rêve. Il y a enfin dans cette exposition une leçon plus discrète, presque politique.

Elle rappelle que le luxe peut parfois être autre chose qu’un signe social. Une manière de résister à la brutalité du temps par la perfection du geste.

Face à ces porcelaines miraculeusement intactes, on comprend soudain que la fragilité n’est pas l’inverse de la puissance mais peut-être sa forme la plus troublante.

 Dates : du 17 avril au 26 juillet 2026 – Lieu : Galerie des Gobelins (Paris)

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