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La confession manquée d’Arthur Dreyfus, « Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui » aux Editions P.O.L

Arthur Dreyfus © Hélène Bamberger P.O.L

Arthur Dreyfus, « Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui » aux Editions P.O.L

Mon Dieu quelle époque ! Il y a quelques mois apparaissait sur les tables des libraires un volumineux Journal dont le titre vaguement inspiré d’un roman de Mauriac semblait contenir toute l’ambition de son auteur : non seulement évoquer sans détour le quotidien de sa vie sexuelle mais révéler à travers elle l’état d’esprit d’une génération, d’une époque, voire d’un siècle. Arthur Dreyfus a-t-il réussi son pari ? D’un point de vue strictement littéraire, force est de constater que non. Après avoir parcouru d’un œil bienveillant les quelque deux mille trois cent quatre pages de cet interminable pensum, nous inclinons à penser que l’auteur peine à rivaliser avec son illustre prédécesseur tant son style de mirliton pêche par une accablante platitude, tant aussi sa manière élémentaire de raconter ne dépasse guère les prouesses d’un lycéen de seconde.

Or le style, disait l’autre, c’est l’homme. Quel genre d’homme est donc Arthur Dreyfus ? Disons que c’est un gay d’aujourd’hui, comme il vous est loisible d’en croiser chaque jour dans notre vaste métropole, un gay bourgeois et intelligent, nanti de diplômes et de privilèges, que rien ne distingue de son alter ego hétérosexuel, le bobo parisien dans la force de l’âge, plus soucieux du périmètre de son appartement et de son avancement social que des lendemains qui chantent. Rien ? Pas tout à fait cependant. C’est que notre garçon d’aujourd’hui, malgré son profil de gendre idéal, est habité par une tyrannique compulsion sexuelle qui vient bouleverser son quotidien et le soustraire bien malgré lui au destin de ses semblables.

Tel est bien le sujet du livre. Habité par le démon du sexe, Dreyfus voit son existence assez banale- existence dont nous ne savons pas grand-chose : que pense-t-il ? à quoi rêve-t-il ? a-t-il des opinions politiques ou religieuses ? – élevée au rang d’un road-movie pornographique qui l’emporte frénétiquement sur les sentiers de la baise où l’application Grindr fait office d’escale régulière. Bien malgré lui, disions-nous. Et c’est bien là que le bât blesse, que ce Journal sexuel s’avère si décevant, morne, conventionnel, et si peu gay au sens étymologique. C’est que notre auteur n’a rien d’un héros ou d’un martyr, d’un poète ou d’un voyou, il n’est qu’un homme ordinaire que la particularité de son économie psychique, l’épanchement de sa libido, précipitent à son insu dans les bas-fonds du sexe, sans qu’il ne parvienne jamais à extraire de ses incursions souterraines la moindre lumière, la moindre connaissance, sans que ne l’effleure jamais le moindre frisson charnel ou amoureux. Ordinaire, la sexualité de l’auteur l’est également au plus haut degré.

Derrière le voile de fumée d’une apparente transgression, Dreyfus apparait comme un fonctionnaire du stupre hanté par le fantasme de la normalité, s’attachant souvent aux formes les plus conventionnelles de la masculinité. Conformément à l’idéologie dominante des réseaux sociaux, jamais un partenaire n’est présenté autrement que par son âge, sa couleur de peau et ses attributs sexuels : « Son corps est musculeux, il a vingt ans, les cheveux extrêmement blonds, joli sexe, trou parfaitement lisse. » Au demeurant, à peine dégrisé de ses frasques libidinales, l’auteur ne manque pas de nous rappeler que s’il ne baise pas comme les autres il tient à penser comme tout le monde : « Je ne suis pas favorable à la pédophilie, je la réprouve… », etc. Quelle grisaille ! Quel vide ! Oui, répétons-le, à quelques exceptions près, sans doute vers la fin du livre où sourd de cette épaisse mélasse un début de clarté, jamais l’auteur ne s’interroge sur lui-même, ni sur l’autre, jamais il n’interrompt un instant sa frénésie sexuelle pour tenter de l’intégrer à un ensemble plus vaste, à une compréhension plus ample de son existence, en dépit d’ailleurs de sa fréquentation assidue du cabinet de l’analyste qu’il semble traiter avec la même versatilité que ses partenaires sexuels : « dans les jours qui suivent, conscient d’être véritablement malade, je me résous à trouver un autre analyste. » Oui, Arthur Dreyfus baise comme il vit, vit comme il baise, et baise comme il écrit : mal, vite et sans éclat.

Que conclure en définitive de cette confession ? Dans L’Homme sans gravité (2002), le psychanalyste Charles Melman avait prophétisé un bouleversement radical de la condition humaine consécutif à l’expansion de l’économie libérale, un effacement de l’ancien sujet hanté par le désir et la faute devant un individu errant, délesté de tout ce qui le rattachait autrefois à l’Histoire, la Loi et l’Utopie. Telle est, à nos yeux, la signification du Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui. Dans ces pages monotones, on retrouve l’individu sans destin, sans règles et sans attaches de nos sociétés actuelles ; l’individu qui ne pense rien, n’éprouve rien, ne regrette rien et ne s’oppose à rien ; que seule la tyrannie du besoin, confondu avec le désir, mène par le bout de son nez. En ce sens, Arthur Dreyfus a bien réussi son pari : son livre est générationnel. Mais s’agit-il encore d’un livre ? Ni œuvre, ni journal, ni document, cette compilation a plutôt valeur de symptôme. Symptôme d’une époque où la Société du spectacle incline à prendre des vessies pour des lanternes, imposant comme œuvre littéraire ce qui n’en possède que le nom. Nous apprenons que la vessie d’Arthur Dreyfus figure en bonne place sur la liste du Prix Médicis. Gageons que le jour de sa proclamation, elle explosera avec fracas à la face du jury.

Editions P.O.L
Date de parution : Mars 2021
Auteur : Arthur Dreyfus
Prix :
37 €

Fin de siècle, un film simple et beau sur les enjeux de notre époque, de Lucio Castro, en salles le 23 septembre 2020

Les premières minutes de Fin de siècle donnent le ton. Un silence assourdissant accompagne les déambulations d’un homme dans la ville qu’il arpente, il semble s’y ennuyer jusqu’au premier eye-contact avec un autre homme. Le film brosse un portrait de notre époque, entre les attentes vis-à-vis d’une relation amoureuse, les enjeux du couple au fur et à mesure que le temps avance et que la tentation d’aventures fugaces devient de plus en plus vivace. Fin de siècle montre aussi la force d’une famille toute dévouée à un petit enfant. Lucio Castro vise large avec de longues discussions faisant entrer dans l’esprit de personnages en quête d’eux-mêmes. C’est pudique et authentique, direct et émouvant avec une chronologie bouleversée par d’incessants allers retours temporels.

Le sentiment à l’épreuve du temps

Ocho (Juan Barberini) est un homme argentin parti en vacances à Barcelone pour faire le point dans un AirBnB. Il a pris la décision difficile mais nécessaire de faire une pause avec son compagnon après 20 ans de relation. Le fil de sa vie défile tout au long du film, entre résurgences de sa vie de couple passée devenue sans passion et la rencontre avec un homme déambulant dans la rue en bas de son appartement. Ce bel hidalgo se nomme Javi (Ramon Pujol) et les deux hommes se rapprochent très vite dans une passion toute animale, et ils discutent encore et encore pour permettre au spectateur d’en savoir un peu plus sur le pourquoi du comment. Car Ocho et Javi ne sont peut-être pas inconnus l’un pour l’autre. La connexion amoureuse et physique entre les deux hommes ouvre un univers large et étendu sur une longue durée, comme pour montrer l’évolution de chacun sur une si longue période, avec des priorités mouvantes et l’érosion des certitudes de la jeunesse à l’épreuve du temps. Le scénario non linéaire fait des bons en avant et des retours en arrière comme pour montrer qu’une relation a besoin de temps pour se construire, mais aussi de solitude pour se décoller de l’autre et mieux se retrouver. En englobant autant la sexualité que la famille et l’introspection, le réalisateur propose une réflexion qui interpelle par sa profondeur sur la société actuelle, loin de tout raccourci ou facilité.

Le film Fin de siècle a été présenté au Festival Chéries Chéris 2019 avec un certain succès que la sortie en salles le 23 septembre 2020 pourrait bien confirmer.

Synopsis: Un Argentin de New York et un Espagnol de Berlin se croisent une nuit à Barcelone. Ils n’étaient pas faits pour se rencontrer et pourtant… Après une nuit torride, ce qui semblait être une rencontre éphémère entre deux inconnus devient une relation épique s’étendant sur plusieurs décennies…

J’avais 13 ans à Auschwitz, de Karine Sicard Bouvatier (La Martinière Jeunesse)

J’avais 13 ans à Auschwitz, de Karine Sicard Bouvatier (La Martinière Jeunesse)

Karine Sicard Bouvatier, photographe et auteure, nous présente son très beau livre : J’avais 13 ans à Auschwitz, qui est le fruit d’un très long travail auprès des rescapés de la Shoah.
Un livre tout à fait bouleversant. Un livre pour ne jamais oublier ! Un livre de transmission.
Un livre-témoignage de personnes qui ont vécu la Shoah quand ils étaient enfant ou adolescent.
Au début de chaque chapitre, l’auteure a pris en photo les rescapés des camps, avec à côté de lui, un enfant ou un ado du même âge au moment des faits tragiques. L’enfant devient une sorte de double visuel : il incarne l’enfant ou l’adolescent que le survivant était au moment des faits. Cette mise en parallèle rappelle que derrière l’adulte qui témoigne aujourd’hui se cache un enfant marqué par l’Histoire.
Ce qui marque particulièrement, c’est le contraste entre l’âge du narrateur et la violence de ce qu’il a traversé. L’innocence de l’enfance se heurte à la déshumanisation systématique des camps. Le texte met en lumière non seulement la souffrance physique — la faim, le froid, la peur constante — mais aussi la destruction psychologique et la perte prématurée de l’insouciance. Le regard d’un enfant rend le récit encore plus poignant : il raconte sans toujours comprendre, ce qui rend l’horreur d’autant plus saisissante.
Ce livre joue également un rôle fondamental de transmission. Il rappelle que derrière les chiffres et les manuels d’histoire se trouvent des vies brisées, des familles détruites, des enfances volées.
Plus de trente portraits européens sont exposés dans ce recueil. Ces témoignages s’adressent avant tout aux plus jeunes, pour que la mémoire continue et que l’Histoire ne soit jamais oubliée.
A la fin du livre, un cahier pédagogique est proposé aux lecteurs ; Il a été élaboré par le Mémorial de la Shoah et permettra au lecteur de découvrir les connaissances historiques pour bien comprendre ces paroles de survivants.
J’avais 13 ans à Auschwitz est un livre rédigé à l’attention des jeunes, mais il est à mettre entre toutes les mains ! C’est un livre à lire et relire pour ne jamais oublier l’Histoire.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Août 2025
Auteure et photographe : Karine Sicard Bouvatier
Editeur : La Martinière Jeunesse
Prix : 14,90 €

« La Jalousie » : le vertige bourgeois selon Michel Fau (succès, prolongations !)

« Jalousie » : le vertige bourgeois selon Michel Fau
Photo (©) Marcel Hartmann

« La Jalousie » : le vertige bourgeois selon Michel Fau (succès, prolongations !)

Il y a chez Michel Fau un goût rare, presque aristocratique, pour la cruauté polie. Avec « La Jalousie » de Sacha Guitry, qu’il met en scène et interprète à la Michodière, il ne ressuscite pas le boulevard — il le transfigure. Là où d’autres n’auraient vu qu’un vaudeville poudré, Fau découvre une tragédie miniature, sertie dans un écrin d’or et de satin, où chaque sourire cache un gouffre.

Sur scène, tout est beau, trop beau : les dorures, les étoffes, la diction au cordeau. Un décor de rêve où le doute s’invite comme un parfum entêtant. Fau, impeccable d’ironie glacée, taille dans le texte comme un chirurgien du soupçon : chaque réplique devient une arme blanche. Gwendoline Hamon, en épouse faussement tranquille, oppose une grâce nerveuse à son mari soupçonneur ; ensemble, ils dansent un pas de deux d’une cruauté tendre.

Car sous cette esthétique bourgeoise, on sent sourdre le malaise. Fau compose une atmosphère d’une précision troublante — comme si chaque coussin, chaque lueur, chaque ombre participait du mensonge. La beauté, ici, devient arme du crime. L’œil se perd dans les reflets, et le doute s’y installe comme un hôte invisible.

Michel Fau, magicien de l’ambiguïté

« La jalousie » n’est plus une crise conjugale : c’est un vertige bourgeois d’ambiguïté. Fau tire de Guitry tout ce qu’il a de plus actuel — la vanité, la peur, la comédie du couple.

Dans le rôle d’Albert Blondel, le mari rongé par le soupçon, Fau est magistral de retenue décalée. Il avance comme un chat dans une porcelaine d’émotions. Sa diction, tout en dentelle acérée, cisèle chaque mot comme une note de clavecin. On sent chez lui le plaisir du texte — mais aussi la peur de s’y brûler.

Ce mari jaloux n’est pas une caricature : c’est un homme qui tombe amoureux de son propre doute. Le comédien le joue avec une précision presque musicale : un trémolo dans la voix, un battement dans le regard, un rire qui s’étouffe trop vite. On rit, bien sûr — mais d’un rire inquiet, celui qu’on repousse quand la vérité nous frôle.

Face à lui, Gwendoline Hamon compose une Marthe d’une intelligence séductrice. Sa douceur n’est jamais soumission ; sa grâce, jamais passive. On croit voir la femme « innocente » de Guitry, puis soudain, une inflexion du regard, un léger sourire, et le spectateur doute à son tour. Hamon ne joue pas la victime du soupçon : elle en devient le miroir, la réplique subtile.

Elle incarne, avec une ironie feutrée, cette éternelle question du théâtre et du cœur : que vaut une vérité qu’on ne croit plus ? Alexis Moncorgé, impeccable de charme indolent, prête au rôle du confident un parfum de légèreté fausse : on devine que son rire n’est qu’un masque. Et Geneviève Casile (impériale), en observatrice avisée, donne à la pièce sa profondeur morale : la sagesse du témoin réconciliateur.

Fau a ce talent du détournement : il garde la forme du boulevard — les portes, les apartés, la galanterie — mais en inverse la gravité. Chaque tirade de Guitry, sous sa brillance, devient un échantillon de la folie ordinaire.

Le doute n’est pas ici une crise domestique : c’est une expérience de laboratoire. Le mari observe, interprète, déduit — comme un savant fou devant son microscope. Et la mise en scène, d’une fluidité rigoureuse, épouse ce mouvement : tout est chorégraphié, au millimètre, comme une danse des nerfs.

Esthétiquement, le spectacle frôle la perfection. Les costumes de David Belugou évoquent une élégance outrancière ; les lumières de Joël Fabing sculptent les visages comme des bustes d’albâtre. Chez Fau, l’œil est toujours aussi savant que l’oreille. On songe à un théâtre total, où chaque détail — un pli de robe, un éclat de voix — devient signifiant. Cette obsession du beau n’a rien d’ornemental : elle révèle le poison sous le vernis. Le sublime, chez Fau, n’est jamais gratuit ; il est amoral.

Fau ne modernise pas Guitry ; il le révèle. Il entend dans ses phrases, souvent jugées frivoles, une musique grave : celle de l’orgueil, de la peur et de la solitude. Et en ce sens, Fau et Guitry font la paire : même goût du masque, même fascination pour la vérité travestie, même dédain pour la vulgarité du pathos.

À la fin, quand tout vacille, on réalise que la jalousie n’est pas seulement un thème : c’est une satire sociale. Fau en fait un art du tremblement. Le spectateur sort de la salle un peu grisé, comme après un parfum trop fort. Il a ri, oui — mais son rire laisse un sillage amer. Car « La Jalousie » version Michel Fau, c’est du cristal fendu : brillant, dangereux et irrésistible.

 Dates : Depuis le 16 octobre 2025 – Lieu : Théâtre de la Michodière (Paris)
Mise en scène : Michel Fau

Prout de Mammouth (Sarbacane)

Prout de Mammouth (Sarbacane)

Les éditions Sarbacane, dans la collection sarbabb nous proposent un album pour tout-petit, très rigolo : Prout de Mammouth.
C’est un album entièrement cartonné, aux bouts arrondis qui va ravir petits et grands !
Les prouts ont toujours fait rire ! Et en lisant cet album, le lecteur va jouer à trouver la rime et à en inventer ! C’est un joli recueil de maximes qui peut s’apprendre par coeur, comme une chanson ! Les illustrations sont à la hauteur des prouts ! Publik’Art est fan !
Prout de Mammouth est un album à avoir dans toute bibliothèque ! Succès garanti !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2026
Auteur : Noé Carlain
Illustrateur : Anna Laura Cantone
Editeur : Sarbacane
Prix : 10,90 €

La tragédie sans alibi par Eddy d’arango au théâtre de l’Odéon

La tragédie sans alibi par Eddy d’arango au théâtre de l’Odéon
Œdipe roi – Eddy D’aranjo, Clémence Delille et Edith Biscaro © Simon Gosselin

La tragédie sans alibi par Eddy d’arango au théâtre de l’Odéon

Il faut d’abord accepter d’être déplacé. Non pas uniquement ému – l’émotion est trop simple, trop disponible –, mais déplacé, désaxé, presque délogé de sa place confortable de spectateur venu se replonger dans un classique.

Car l’Œdipe Roi d’Eddy D’aranjo d’après Sophocle, présenté à l’Odéon, ne cherche pas à revisiter la tragédie. Il l’utilise comme une faille. Un point de rupture dans l’histoire du théâtre occidental, par lequel remonte, comme une eau noire, ce que la tragédie a toujours montré sans jamais vraiment le regarder : l’inceste, non comme mythe, mais comme système.

On pourrait croire à une énième relecture contemporaine d’un monument antique. Il n’en est rien. D’aranjo ne revisite pas Sophocle : il l’accuse. Ou plutôt, il s’accuse avec lui.

Défaire le silence

Il interroge ce paradoxe inaugural : dès la naissance du théâtre, l’inceste est là, partout, et pourtant introuvable. Mythe sublime, catastrophe symbolique, matière à catharsis – mais jamais crime social massif, jamais domination concrète, jamais silence organisé.

Ce spectacle est une enquête. Et le mot n’est pas galvaudé. Comme « Œdipe », le metteur en scène avance à tâtons vers une vérité qu’il pressent insoutenable. Mais ici, l’oracle est remplacé par les archives, les statistiques, les récits, les silences familiaux.

La peste qui ravage Thèbes prend la forme d’un chiffre : des centaines de milliers d’enfants concernés. Et l’aveuglement n’est plus une punition divine, mais un mécanisme social, presque administratif.

La force du spectacle tient à cette hybridation radicale : performance, documentaire, autobiographie, méditation philosophique, fragments tragiques. On navigue sans cesse entre l’intime et le structurel.

Le « je » n’est jamais complaisant ; il est mis en crise. D’aranjo se place dans une position dangereuse : ni victime héroïsée, ni analyste surplombant. Il pense devant nous. Il doute devant nous. Il creuse sa propre histoire familiale comme on ouvrirait un sol instable, sans garantie de trouver autre chose qu’un vertige supplémentaire.

Il y a quelque chose de profondément anti-spectaculaire dans cette démarche. Le théâtre de témoignage est convoqué, puis immédiatement interrogé. À quelles conditions un récit peut-il être entendu ? Quelles émotions faut-il exhiber pour être cru ?

La pitié et la terreur – affects tragiques par excellence – sont suspendus, presque disséqués. Le spectacle refuse la sidération facile. Il préfère le trouble.

Scéniquement, le travail de Clémence Delille et d’Edith Biscaro (scénographie, costumes, lumière) installe un espace à la fois clinique et fragile, où la parole semble constamment menacée de disparition.

La vidéo, loin d’illustrer, introduit un régime de regard. Voir, ici, n’est jamais neutre. Qui regarde ? Qui a le droit de voir ? Qui a confisqué le savoir sur les corps ?

Dans la dernière partie, consacrée à la figure de la grand-mère, le spectacle bascule vers une zone plus incertaine, presque onirique. Le portrait n’est jamais vériste.

Il est traversé par l’imaginaire, assumé comme tel. Et ce refus de combler les trous par de fausses certitudes. L’énigme demeure.

Cette femme, écrasée par un ordre patriarcal, tentant de divorcer d’un mari violent, pratiquant des avortements clandestins, devient une figure à la fois singulière et collective. Elle incarne moins une vérité biographique qu’un manque historique : celui des vies empêchées.

Il y a chez D’aranjo une tension constante entre tragédie et politique. La tragédie suppose une fatalité. Le politique suppose une transformation possible. Le spectacle tient précisément dans cet écart.

Il reconnaît la dimension abyssale de certaines violences – leur transmission, leur opacité, leur puissance de destruction – tout en refusant d’en faire un destin indépassable. Le réalisme revendiqué n’est pas celui de la simple description, mais celui des possibles non advenus ou réalisés malgré tout .

Et dans cette traversée, il faut voir les comédiens non comme d’interprètes au service d’un texte, mais comme de corps exposés à une pensée en train de se faire.

Edith Biscaro, Clémence Delille, Marie Depoorter, Carine Goron, Volodia Piotrovitch d’Orlik et Eddy D’aranjo lui-même ne composent pas des personnages au sens classique : ils occupent des positions instables, glissent du récit à l’analyse, de l’adresse frontale à l’incarnation fragile. Il y a chez eux une retenue presque dangereuse – rien d’hystérisé, rien de démonstratif.

La parole circule comme un matériau sensible, parfois sec, parfois vacillant. Volodia Piotrovitch d’Orlik porte une pensée qui se cherche, sans posture professorale, dans une forme d’honnêteté intellectuelle désarmante. Carine Goron, face à la figure énigmatique de Jeanne, travaille le flou, l’inachevé, laissant affleurer une présence plus qu’un portrait.

Marie Depoorter engage son corps avec une précision calme, sans spectaculaire, dans des gestes qui déplacent profondément le regard. Quant à D’aranjo, il ne s’abrite jamais derrière la mise en scène : il s’expose, sobrement, dans une tension contenue.

Tous partagent cette qualité rare : ne pas chercher à convaincre, mais à tenir, ensemble, dans une zone de vérité instable où le théâtre cesse d’être performance pour devenir épreuve.

On sort de la salle sans catharsis nette. Mais avec cette réflexion puissante de penser, de pouvoir encore apprendre à mieux regarder. Ne pas détourner les yeux. Comprendre que le silence n’est pas absence de parole, mais organisation active de l’oubli. Ce qui frappe, au fond, c’est la cohérence éthique du projet.

Le spectacle ne prétend pas réparer. Il ne promet pas de guérir. Il ne se donne pas comme solution. Il accepte sa faiblesse – celle du théâtre face aux structures matérielles de domination – tout en revendiquant sa puissance spécifique : celle de la pensée incarnée, de la beauté inquiète, de la vérité risquée.

« Œdipe », chez Sophocle, se crève les yeux pour ne plus voir l’horreur qu’il a découverte. Ici, le geste est inverse. Il s’agit d’ouvrir les yeux – même si cela brûle. Même si cela ne résout rien. Peut-être surtout pour cela.

Eddy D’aranjo signe ici une œuvre dense, exigeante, percutante, qui ne cherche ni l’unanimité ni le confort moral. Un théâtre qui ne se contente pas de représenter le monde, mais qui interroge les conditions mêmes de sa représentation.

Un théâtre qui rappelle, avec une gravité sans emphase, que certaines vérités ne détruisent pas seulement les héros tragiques : elles ébranlent des sociétés toutes entières.

 Dates : du 7 au 22 février 2026 (3h40 avec un entracte) – Lieu : Berthier (Paris 17)
Texte et mise en scène : Eddy d’aranjo

[Comics] Night Eaters – Tome 02 : Ses petits faucheurs, de Marjorie Liu & Sana Takeda (Delcourt – Contrebande)


[COMICS] Night Eaters – Tome 02 : Ses petits faucheurs, de Marjorie Liu & Sana Takeda (Delcourt – Contrebande)

Night Eaters – Tome 02 : Ses petits faucheurs approfondit la trilogie horrifique et surnaturelle initiée avec le premier tome, mêlant dynamiques familiales et forces occultes dans une narration riche en rebondissements. Après avoir révélé la véritable nature de Milly et Billy, les auteurs Marjorie Liu (scénario) et Sana Takeda (dessin et couleurs) poursuivent l’exploration d’un monde paranormal vaste et inquiétant, où se conjuguent horreur, mystère et développement des pouvoirs des jeunes protagonistes. Le récit parvient à transformer une situation quotidienne en source de tension continue, tout en explorant les implications psychologiques et sociales de l’héritage surnaturel des personnages.

Dans ce deuxième volume, les jumeaux Milly et Billy apprennent à appréhender leurs capacités surnaturelles, tout en faisant face à une entité amnésique sans visage guidée par une étrange poupée. Cette progression narrative s’accompagne d’une montée en intensité des enjeux et des rencontres avec des forces plus anciennes et plus puissantes que celles découvertes jusque-là. On peut parfois être désorienté par le récit du fait de sa densité et la complexité des intrigues introduites, mais les auteurs maintiennent un équilibre entre l’horreur pure et la tension dramatique interne à la famille des protagonistes.

Graphiquement, Sana Takeda continue d’imposer un style visuel singulier, mêlant détails expressifs et jeux d’ombres, qui renforce l’atmosphère oppressante et mystérieuse de l’univers. Les planches alternent scènes d’action, moments d’introspection et manifestations fantastiques, créant une lecture immersive qui illustre avec force les thèmes de l’appartenance, de la peur et du surnaturel. Ce deuxième volume confirme la singularité de la série dans le paysage des comics horrifiques contemporains, tout en promettant un dénouement toujours plus intense dans le tome final.



Résumé éditeur :

Milly et Billy connaissent maintenant l’histoire insolite de leur famille et appréhendent peu à peu leurs capacités surnaturelles. Mais un esprit amnésique et sans visage guidée par une étrange poupée hante Milly, une seule question : qui est-elle ? Après la révélation à Milly et Billy Ting de leur véritable nature, les jumeaux ont commencé à explorer leurs pouvoirs. Ils savent maintenant qu’ils font partie d’un monde surnaturel plus vaste et que quelque chose ne va pas, mais alors pas du tout. Tandis qu’Ipo et Keon sont sollicités par la haute société démoniaque, les jumeaux découvrent qu’on ne traite pas avec le monde des esprits impunément…
Date de parution : 12 février 2026
Scénariste : Marjorie Liu
Dessin & couleurs : Sana Takeda
Éditeur : Delcourt – Contrebande
Collection / Série : Comics – Fantastique / Horreur
Format / Pages : Cartonné – env. 272 pages
Prix: 27,95 €

[BD] Amère, de Lucrèce Andreae (Delcourt – Encrages)

[BD] Amère, de Lucrèce Andreae (Delcourt – Encrages)

Avec Amère, Lucrèce Andreae livre un récit autobiographique volontairement clivant, qui prend le parti de la frontalité pour interroger la maternité contemporaine. L’album s’inscrit dans un discours qui démonte les injonctions modernes à la parentalité positive, au risque parfois de verser dans une généralisation qui divise autant qu’elle fédère. Certes, Amère ne cherche pas à plaire à tout le monde, et c’est précisément là que réside sa force… mais aussi ses limites.

Le récit repose sur un postulat clair : l’écart entre l’idéal éducatif théorisé et la réalité vécue est insupportable. Andreae expose ce décalage sans filtre, en accumulant situations d’épuisement, de frustration et de désillusion. Si cette approche est souvent jugée percutante, on ressent aussi un effet de saturation, où la répétition du malaise finit par lisser les nuances. La maternité apparaît alors comme une impasse presque systématique, un choix irréversible décrit sous un angle majoritairement négatif.

C’est d’ailleurs l’un des points qui cristallisent le débat critique autour de l’album : Amère propose moins une pluralité d’expériences qu’un point de vue très situé, revendiqué, mais peu contrebalancé. Là où l’on peut saluer un geste de libération de la parole, on peut aussi y voir un discours qui confond témoignage personnel et diagnostic générationnel. L’album ne cherche pas à réconcilier, mais à confronter — quitte à laisser peu d’espace au doute ou à la contradiction interne.

Graphiquement, le dessin expressif et nerveux accompagne efficacement cette posture. Le trait appuyé, presque agressif, renforce la sensation d’étouffement et d’urgence émotionnelle. Là encore, on note une certaine cohérence entre fond et forme, mais aussi un choix esthétique qui accentue la radicalité du propos, au détriment parfois de la respiration narrative. Amère s’impose ainsi comme une œuvre-discours : marquante, nécessaire pour certains, excessive pour d’autres, mais indéniablement impossible à ignorer.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Après une entrée remarquée dans le dessin animé et le roman graphique, Lucrèce Andreae partage son expérience de la maternité dans une autobiographie percutante, parfaite illustration du malaise de toute une génération.
Jeune, belle, talentueuse, elle a trouvé l’amour. Maintenant elle veut un bébé.Les enfants, c’est son truc, elle adore, elle connaît. Mais la sienne, sa merveille, sa perle, elle va lui offrir un rêve incarné. Elle n’est pas de celles qui gueulent sur leurs mioches, elle vise un idéal : le respect de l’enfant.Elle ne le sait pas encore : les enfants sont des plaies, et la maternité irréversible.
Date de parution : 12 février 2026
Auteure : Lucrèce Andreae (scénario, dessin & couleurs)
Éditeur : Delcourt – Encrages
Format / Pages : Cartonné – 240 pages
Prix indicatif : 27,95 €

Les Champagnes Chassenay d’Arce proposent une Cuvée Origine extra brut BIO à ne pas manquer (prix de vente à la cave: 33,50 euros)

Publik’Art publie régulièrement des articles pour rendre compte d’évènements et de dégustations de champagnes Chassenay d’Arce (dégustation au restaurant Philippe Excoffier, soirée dégustation au Sir Winston, dégustation du champagne Blanc de noirs. C’est aujourd’hui la Cuvée Origine extra brut BIO qui est dégustée pour un sentiment final qui reflète la qualité de ces champagnes.

Une belel cuvée bio

Chassenay d’Arce propose un champagne Bio issu de l’étroite collaboration entre les vignerons et leur Maison, qui tendent vers le plus grand respect possible de l’environnement. Le champagne est produit à une faible quantité avec des raisins issus de parcelles cultivées en agriculture biologique au cœur de la Côte des Bar. Pour la dégustation, on notre que le nez est franc et expressif avec une belle fraîcheur
et des arômes d’agrumes comme l’orange sanguine et le pomelo. L’attaque en bouche est franche avec des arômes de rhubarbe compotée et de petits fruits cuits. La finale en bouche reflète un bel équilibre amer et acidulé. Le champagne se déguste idéalement lors d’un apéritif dînatoire avec ou sans occasion spécifique. Il peut accompagner un tartare de Saint-Jacques aux agrumes ou le poulet rôti du dimanche. C’est un beau champagne à découvrir, proposé au tarif séduisant de 33,50 euros, une occasion à ne pas manquer.

Publireportage:

Fondée par cinq pionniers à Ville-sur-Arce en 1956, la Maison de champagne Chassenay d’Arce incarne un modèle coopératif fondé sur l’engagement collectif. Aujourd’hui, 130 familles et quatre générations de vignerons poursuivent cette aventure humaine. Chaque génération apporte son regard, son expérience et son énergie tout en respectant l’héritage des fondateurs. Cette continuité assure la cohérence et l’authenticité des champagnes de la Maison. Depuis sa création, le fonctionnement d’origine perdure dans un esprit de coopération et de solidarité. Les savoirs sont transmis avec soin, garantissant que chaque champagne reflète la qualité et le caractère du terroir. Au cœur de la Côte des Bar, le vignoble Chassenay d’Arce s’étend sur 315 hectares et 14 villages le long de la rivière l’Arce. Ce paysage singulier, où alternent vignes et forêts, offre un environnement préservé et une richesse géologique exceptionnelle. La diversité des cépages cultivés constitue une véritable force. Ainsi, le pinot noir domine naturellement, tandis que le chardonnay, le pinot meunier et le pinot blanc apportent des profils aromatiques variés. Nos vignerons pratiquent une culture raisonnée, attentive aux équilibres naturels et respectueuse des sols. Cette approche s’inscrit dans une volonté durable de préserver le vignoble pour les générations futures.

Soeurs de coeur, Lyra, Tome 3 (Casterman)

Soeurs de coeur, Lyra, Tome 3 (Casterman)

Les éditions Casterman nous proposent une série dont nous sommes fan : Soeurs de coeur, avec le Tome 3 : Lyra.
Souvenez-vous, le Tome 2, on l’avait adoré, était centré sur Mandoline. 

Le tome 3 entre encore davantage dans l’intimité de cette famille recomposée, assez incroyable, où la musique règne en maître. Les 4 soeurs sont toutes tellement différentes ! Et attachantes !
Ce tome 3 va se préoccuper de Lyra. Sans rien dire à personne elle prépare une très importante audition de flûte. Elle veut surtout impressionner son père, qui est un célèbre chef d’orchestre… Qui n’est jamais disponible… Son rêve serait que toute sa famille soit réunie le jour de son audition… Mais arrivera-t-elle à réunir ses parents, alors qu’ils sont séparés ? En plus, elle doit aussi gérer les amours de sa soeur… 
Soeurs de coeur, Lyra va captiver tous les lecteurs, filles ou garçons, dès l’âge de 9 ans ! Il vient tout juste de sortir !

On attend déjà avec impatience le tome 4, Clarinette ! Mais chaque tome peut se lire séparément !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2026
Auteur : Anne Loyer
Editeur : Casterman
Prix : 9,90 €

[Album jeunesse] Une petite clef d’or, de Fabrice Colin & Éric Puybaret (Gautier-Languereau – Les Histoires)


[Album jeunesse] Une petite clef d’or, de Fabrice Colin & Éric Puybaret (Gautier-Languereau – Les Histoires)

Une petite clef d’or emmène ses jeunes lecteurs dans une aventure hivernale pleine de charme et de rencontres étonnantes. Une héroïne inspirée de l’univers de la Comtesse de Ségur part à l’aventure grâce à un mystérieux télégramme qui la tire de Paris vers un voyage riche en surprises, émotions et personnages familiers. Publié fin octobre 2025 chez Gautier-Languereau dans la collection Les Histoires, cet album s’adresse aux enfants à partir d’environ 3 ans et séduira amateurs de récits illustrés classiques revisités. 

La narration met en scène un voyage enchanté à travers l’hiver, la forêt et le temps, rythmé par des rencontres avec des figures emblématiques ou imaginées de l’univers de la Comtesse – des amitiés anciennes, des retours inattendus et l’apparition d’une petite clef d’or qui semble porter le secret de quelque chose d’extraordinaire. L’album parvient à fusionner nostalgie et modernité, donnant une nouvelle vie aux personnages classiques en les intégrant dans une aventure chaleureuse et accessible aux jeunes lecteurs.

Graphiquement, Éric Puybaret propose des illustrations délicates, lumineuses et imprégnées d’une atmosphère hivernale douce et captivante. Les scènes de voyage en train, les bois enneigés et les portraits des différents protagonistes sont rendus avec une sensibilité qui flatte l’œil et invite à la rêverie. Le style visuel aide à renforcer l’aspect « conte intemporel » de l’histoire, tout en encourageant une lecture partagée entre enfants et adultes.

Extrait visuel / ambiance :



Résumé éditeur :

Un soir d’hiver, un mystérieux télégramme…
La comtesse doit quitter Paris en toute hâte. Un train l’attend, plein de surprises.

Un merveilleux voyage commence, qui traverse l’hiver, la forêt, et semble remonter le temps.
Des retrouvailles avec de chers amis, qui ont pour elle tant de cadeaux.
Dont une petite clef d’or.

Mais que peut-elle bien ouvrir ?

Jouer avec les Petites Filles modèles, dîner avec le Général Dourakine, échanger avec un Bon Petit diable…
Une promenade enchantée dans l’univers de la Comtesse de Ségur. :contentReference[oaicite:2]{index=2}

Date de parution : 29 octobre 2025
Auteurs : Fabrice Colin (texte) & Éric Puybaret (illustrations)
Éditeur : Gautier-Languereau – Les Histoires
Collection / Série : Album jeunesse / Conte illustré
Format / Pages : Relié – 40 pages
Prix : 15,95 €

[BD] Skara, chasseuse de monstres – Tome 01 : Les Portes d’Odin, de Jérôme Le Gris & Letizia Depedri (Glénat BD)


[BD] Skara, chasseuse de monstres – Tome 01 : Les Portes d’Odin, de Jérôme Le Gris & Letizia Depedri (Glénat BD)

Skara, chasseuse de monstres – Tome 01 : Les Portes d’Odin lance une nouvelle série jeunesse épique inspirée de la mythologie nordique* où une héroïne viking en quête de rédemption se retrouve au cœur d’une aventure fantastique peuplée de créatures maléfiques. Publié par Glénat BD en ce début février 2026 dans la collection jeunesse, cet album de Jérôme Le Gris:(scénario) et Letizia Depedri (dessin et couleurs) mêle action, humour et tons de saga nordique tout en proposant une héroïne forte et pleine de caractère.

Dans cette première aventure, Skara est une jeune viking dotée du don du Loup, une capacité divine rare qui fait d’elle une guerrière redoutable malgré son jeune âge. Après la mort tragique de sa mère aux mains de pillards, Skara, submergée par la colère, met le feu à un temple sacré d’Odin, ouvrant par accident les portes entre les Neuf Royaumes et libérant ainsi sur Midgard des monstres venus des mondes inférieurs. Pour réparer sa faute, elle devra chasser ces créatures maléfiques, guidée par une déesse du destin qui lui impose une quête à la fois dangereuse et initiatique. 

L’énergie narrative de ce premier volume combine habilement le souffle d’une épopée nordique avec une touche moderne et accessible. L’héroïne, forte mais marquée par ses contradictions (colérique, déterminée, indomptable), est un personnage auquel les lecteurs jeunes et adolescents peuvent s’identifier, notamment parce qu’elle ne suit pas les stéréotypes habituels de l’héroïne lisse et sans défaut. L’univers foisonnant — peuplé de dieux, de monstres et d’alliés inattendus comme le prêtre Bojan ou la sorcière Rùna — promet une série riche en rebondissements et en confrontations spectaculaires. 

Graphiquement, les illustrations de Letizia Depedri sont dynamiques, colorées et détaillées, accompagnant parfaitement le ton aventureux du récit. Les scènes de combat, les paysages mythologiques et l’expression des émotions des personnages sont traités avec une chaleur visuelle qui équilibre l’aspect sombre de l’imaginaire fantastique. Ce premier tome pose des bases solides pour une saga qui saura séduire les amateurs de fantasy nordique tout en restant accessible aux lecteurs plus jeunes, notamment grâce à son humour et à son rythme soutenu. 

Extrait visuel / ambiance :



Résumé éditeur :

Skara est une jeune viking qui a reçu à la naissance un talent rare et divin : le don du Loup. Ce don fait d’elle une redoutable guerrière pouvant tenir tête à n’importe qui malgré son jeune âge ! Après la mort de sa mère – tuée par des pillards – Skara, emportée par la colère et le désespoir, incendie accidentellement un temple sacré d’Odin. Le brasier ravageur ouvre alors les portes entre les Neuf Royaumes et libère sur Midgard des monstruosités venues des mondes inférieurs. Venant visiter Skara dans ses rêves, Urd, la déesse tisseuse du Destin, lui explique que le seul moyen de réparer sa faute est de chasser elle-même ces créatures maléfiques. Alors seulement, Odin pourra lui pardonner. Accompagnée de Bojan, un jeune prêtre russe peu dégourdi, et de la sulfureuse sorcière Rùna, la jeune viking se lance alors dans une aventure digne des grandes sagas nordiques !
Date de parution : 04 février 2026
Auteurs : Jérôme Le Gris (scénario) & Letizia Depedri (dessin & couleurs)
Éditeur : Glénat BD
Collection / Série : BD – Jeunesse / Fantastique & Aventure
Format / Pages : Cartonné – 56 pages
Prix : 12,00 € (papier) / 6,99 € (numérique)

Une belle dégustation du Champagne Vaucelle Terre Nacrée

Publik’Art a déjà dégusté les Champagnes Vaucelle (dégustation au restaurant L’évadé, Dégustation des cuvées Terre Natale et Les Vallons) et cette nouvelle occasion est une belle confirmation. Cette Cuvée Terre Nacrée 100% Chardonnay est un très beau champagne.

Des champagnes gourmands

Ce champagne est un assemblage de différentes parcelles du domaine notamment «La Loge» et «Les Faucillières». Proposé au prix public de 38 euros, le champagne propose un nez aérien avec des touches de fruits blancs comme la pêche de vigne. La bouche est désaltérante avec
des bulles très fines, on peut sentir des notes très florales comme l’acacia, et aussi brioché voire mielleuse. En bouche, le champagne est vif et minéral, il accompagne idéalement des plats à base de poissons ou un plateau de fruits de mer.

Publireportage:

Notre histoire est une rencontre entre la Mer de l’époque Jurassique qui donna naissance à des terroirs et des Hommes qui ont su les préserver et les pérenniser. Thomas en a fait ses jardins où la vigne s’épanouit par le travail du vigneron et sa conscience de n’être qu’un passeur d’Histoire. C’est la conscience de l’héritage pour en faire la transmission. La rose des vents donnait aux marins le cap à suivre pour les amener à découvrir de nouveaux horizons et en faire des aventuriers tout comme la nature la donne au vigneron qui saura l’écouter. Son vignoble s’étend sur différentes petites vallées qui en champenois se nomme VAUCELLE où résonne le travail de la vigne ainsi est né notre champagne et ses cuvées. Aujourd’hui, la Maison Thomas Cheurlin reste un acteur familial et indépendant, gérée par les descendants de la lignée dont Thomas Cheurlin. Elle se distingue par son engagement envers des pratiques respectueuses de l’environnement, favorisant une viticulture durable (certification HVE et VDC). Les champagnes sont élaborés à partir des cépages traditionnels champenois : le Pinot Noir, le Chardonnay et aussi une part de Blanc Vrai (Pinot Blanc), l’un des cépages rares. L’idée principale est toujours de produire des champagnes authentiques, mettant en avant la richesse du terroir de la Côte des Bar.

Compte avec nous, un mini livre pour tout-petit (Glénat jeunesse)

Compte avec nous, un mini livre pour tout-petit (Glénat jeunesse)

Publik’Art vous a déjà fait découvrir cette super collection des éditions Glénat jeunesse, très joliment illustrée, pour tout-petits : collection Mini, avec Ma maman à moi.

Aujourd’hui, on va compléter la collection avec Compte avec nous. C’est un très joli album, mini, entièrement cartonné, à trous, de tout petit format, parfaitement adapté aux tout-petits.
Le petit va compter des animaux, à chaque page, jusqu’à 10. Mais il aura droit aussi à une vraie histoire à chaque page !
Et toujours dans la même collection, le tout-petit va découvrir aussi : Mon papa à moi. Dans cet album, toujours à trou, le lecteur va découvrir tous les merveilleux moments passés avec papa.

Et pour compléter la collection des minis livres, à découpes, Sur la grosse pomme, se trouve une chenille. Et la chenille passe de fruit en fruit jusqu’à ce que …


Publik’Art est fan de cette super mini collection ! Alors, n’hésitez plus à compléter votre bibliothèque avec ou à offrir comme cadeau de naissance !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Janvier 2026
Auteur : Carlo Alberto Michelini
Illustrateur : Giovanna Mantegazza
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 4,90 €

[Album jeunesse] Rock’n ouah ouah, de Sally Barns & Anil Tortop (Gautier-Languereau / Les Histoires)


[Album jeunesse] Rock’n ouah ouah, de Sally Barns & Anil Tortop (Gautier-Languereau / Les Histoires)

Rock ’n ouah ouah est un album jeunesse énergique et plein de fantaisie qui met en scène des chiens musiciens attachants déterminés à réaliser leur rêve de devenir des stars de la scène. Publié le 15 octobre 2025 par Gautier-Languereau dans la collection Les Histoires, cet album de Sally Barns (texte) et Anil Tortop (illustrations) se place du côté joyeux et décalé de la littérature jeunesse, avec un humour accessible aux tout-petits et une dynamique narrative rythmée pour captiver leur attention. 

Une histoire simple avec beaucoup de rythme, de couleurs et de vitalité. Les protagonistes — Sarah, Léon, Boris et Ted — forment les Beugleurs, un groupe de musiciens toutou-fantastiques dont les tentatives de monter sur scène donnent lieu à des situations drôles et imprévues. L’histoire fonctionne bien comme une introduction ludique à la musique et à la scène pour les jeunes enfants, tout en véhiculant un message positif sur la persévérance et l’amitié, même lorsque “rien ne se passe comme prévu”. 

Graphiquement, Anil Tortop propose des illustrations pleines de vie avec des personnages expressifs et des animaux anthropomorphes qui séduisent les petits lecteurs. Les couleurs vives et les compositions dynamiques renforcent l’aspect festif et musical de l’aventure, tout en rendant l’album agréable à feuilleter pour les adultes qui lisent à haute voix. Cet équilibre entre attrait visuel et lecture participative permette à l’album de faire vivre un moment de partage entre parents, enseignants et enfants. 

Extrait visuel / ambiance :



Résumé éditeur :

Sarah, Léon, Boris et Ted sont des musciens toutou-fantastiques.
Ensemble, ils forment les Beugleurs.
Leur rêve ? Devenir des stars !

Quand ils ont enfin la chance de monter sur scène, rien ne se passe comme prévu.
Réussiront-ils à assurer le show ?

Date de parution : 15 octobre 2025
Auteurs : Sally Barns (texte) & Anil Tortop (illustrations)
Éditeur : Gautier-Languereau – Les Histoires
Collection / Série : Album jeunesse / Aventure & Musique
Format / Pages : Relié – env. 40 pages
Prix : 14,00 €

La stratégie du repos, de Anaïs Gauthier (Editions Eyrolles)

La stratégie du repos, de Anaïs Gauthier (Editions Eyrolles)

Aujourd’hui, nous vivons tous à 100 à l’heure, et hyper connectés ! Anaïs Gauthier nous propose un livre qui va nous faire du bien : La stratégie du repos.
Nous ne savons plus ce que veut dire le mot « repos ». Il n’appartient pas à notre langage courant !
Même les enfants ne savent plus se reposer… Ils sont sans cesse en activité !
Nous sommes tous pris dans un engrenage infernal et Anaïs Gauthier nous incite à vivre à un autre rythme. A vivre avec tous nos sens. A mieux écouter et connaître notre corps et ses besoins fondamentaux. Ce livre n’est pas un livre scientifique, au contraire, il est à la portée de tous, au plus près de la nature. L’auteure explique comment faire, quoi faire, et à quel moment faire, de façon que notre corps puisse se régénérer. De façon naturelle, presque instinctive. Il faut apprendre à prendre soin de soi, pour se sentir mieux au quotidien… Loin de tout !
Au fil des années, nous nous sommes déconnectés de la nature : « L’isolement et la montée de l’individualisme nous ont extraits de notre élément naturel. » p 42
« Le repos n’est pas un luxe. C’est un besoin essentiel chez presque tous les êtres vivants et particulièrement pour notre espèce… » P97
« Vous autoriser à vous régénérer est un acte d’amour. C’est peut-être ce qui le rend si difficile, nous n’avons pas appris à nous aimer. » P140
Publik’Art est fan de La stratégie du repos ! Il est grand temps de prendre le temps de … L’auteure nous donne des pistes et des exercices à faire, pour arriver à se reposer … vraiment ! Une très chouette leçon d’écologie personnelle, pour apprendre à vivre en harmonie avec soi-même !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : janvier 2026
Auteur : Anais Gauthier
Editeur : Editions Eyrolles
Prix : 19 €

[BD] Les Reines de Sang – Rani Lakshmi Bai – La Séditionnaire – Tome 03 (Delcourt – Hors Collection)

[BD] Les Reines de Sang – Rani Lakshmi Bai – La Séditionnaire – Tome 03 (Delcourt – Hors Collection)

Les Reines de Sang – Rani Lakshmi Bai – La Séditionnaire – Tome 03 conclut avec intensité une des sagas historiques les plus remarquées pour sa capacité à allier narration documentée et récit graphique vivant. Cette série, qui met en scène des figures féminines puissantes et souvent méconnues, concilie rigueur historique, souffle épique et construction de personnage. Dans ce troisième volume, l’énergie narrative se renforce pour accompagner l’ascension et les combats de Rani Lakshmi Bai, figure emblématique de la résistance au colonialisme britannique.

Les auteurs proposent une approche pédagogique et vivante de l’histoire, qui plonge le lecteur au cœur de l’Inde du XIXᵉ siècle tout en développant des arcs dramatiques forts et attractifs. Dans ce 3e tome, les enjeux politiques, sociaux et personnels s’entremêlent : la reine guerrière fait face à des défis toujours plus cruciaux, tandis que les décisions qu’elle prend ont des répercussions à grande échelle.

Graphiquement, l’album se distingue par un travail soigné sur les décors, les costumes et l’expression des émotions des personnages. Le dessin offre une lecture fluide et dynamique, où chaque planche renforce la dimension épique du récit. On apprécie la continuité stylistique forte depuis les volumes précédents, avec un soin particulier apporté aux scènes d’action et aux moments d’émotion qui jalonnent le parcours de Rani Lakshmi Bai et de ses alliés.

A lire !

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Alors que les Anglais poursuivent leur avancée en Inde, une résistance s’organise. Rani Lakshmi Bai, reine du Royaume de Jhansi, devient la figure de proue d’une sédition qui embrase toute la région. Courageuse, déterminée et prête à tout pour défendre son peuple et son trône, elle incarne l’esprit d’une révolte qui bouleverse les fondations d’un empire en pleine expansion. Ce troisième tome de la série à grand spectacle raconte son combat, ses alliances, ses doutes et ses victoires, dans une fresque historique vibrante et puissante.
Date de parution : 22 janvier 2026
Auteur : Simona Mogavino ,
Arnaud Delalande (scénario) Carlos Gomez (dessin) Luca Saponti ( couleur)
Éditeur : Delcourt – Hors Collection
Collection / Série : BD – Histoire / Biographique
Format / Pages : Cartonné – env. 63 pages
Prix : 16,50 €

La Maison Pichon Père et Fils propose un vin rouge Cote Rôtie Promesse 2023 plein de vigueur (prix de vente en ligne: 55 euros) 

Le Côté Rôtie Promesse de la Maison Pichon Père & Fils est un digne représentant du savoir faire d’un domaine souvent évoqué sur Publik’Art (Cornas Allégorie, Crozes Hermitage blanc, Viognier). Vin d’assemblage avec 97% de Syrah et 3% de Viognier, le vin se distingue à l’œil par sa belle robe violette. Le nez est expressif avec des touches de pivoine, de violette, de fruits rouges et de poivre noir avec également des notes mentholées. La bouche porte sur le fruit, cerise burlat et prune. La finale longue souligne des tannins fins. Le vin se déguste idéalement avec une bavette de Bœuf, une épaule d’agneau, du canard sauce au poivre vert, une côte de veau aux morilles, de la dinde farcie aux marrons et du comté. Le prix de vente en ligne de 55 euros démontre bien la qualité d’un vin à déguster avec un diner copieux et gourmand.

Publireportage:
Le sens de l’accueil, ça ne s’invente pas, ça se vit au quotidien. Lorsque la famille Pichon décide de déménager sa cave, elle imagine un lieu contemporain, élégant et ouvert sur le monde. Un espace convivial qui permette à tout passionné, particulier ou professionnel, de venir échanger, goûter les vins du domaine, visiter les chais et comprendre les subtilités des différents terroirs. Il y aura toujours un membre de la famille pour vous faire vivre de purs moments de bonheur et de belles émotions un verre à la main, en toute simplicité. Consciente qu’il existe une demande croissante du public pour la culture du vin et les visites de vignoble, la famille Pichon s’est également engagée dans un grand projet d’œnotourisme au lieu-dit « Chanson » qui verra le jours en 2025. Ils mettent en lumière un héritage de la fin du XIXème siècle qui voyait les premiers trains de touristes débarquer à Ampuis pour visiter les caves et s’ébahir devant les premières pancartes accrochées aux parcelles portant les noms des vignerons propriétaires. Ils imaginent un lieu transversal pour déguster, se restaurer, visiter, appréhender les subtilités de la région.

[Manga] Printemps bleu – Édition prestige, de Taiyo Matsumoto (Delcourt / Seinen Tonkam)


[Manga] Printemps bleu – Édition prestige, de Taiyo Matsumoto (Delcourt / Seinen Tonkam)

Printemps bleu – Édition prestige propose une réédition de l’une des œuvres de jeunesse les plus singulières de Taiyo Matsumoto, maître du manga alternatif. Publié le 29 janvier 2026 par Delcourt / Tonkam, ce volume regroupe sept nouvelles indépendantes, toutes empreintes d’une esthétique reconnaissable et d’une capacité à explorer la violence urbaine, la désillusion et le malaise social à travers le prisme de la jeunesse.

Dans cette édition prestige, le lecteur découvre l’une des premières explorations thématiques de Matsumoto : une humanité en crise, des adolescents perdus dans un environnement urbain dur et souvent incompréhensible. L’auteur mêle des instants d’une poésie sombre à des scènes de violence et de désillusion sociale, créant un contraste puissant entre l’apparente banalité des situations et la profondeur émotionnelle de ses protagonistes. Matsumoto a la capacité de saisir une forme de malaise existentiel à travers des récits courts, ce qui rend la lecture à la fois immersive et dérangeante.

Les sept nouvelles qui composent Printemps bleu n’ont pas de personnages récurrents, mais toutes partagent une même sensibilité : l’errance, la difficulté de trouver sa place et le reflet d’une société malade à travers des regards adolescents. Cette approche narrative, à la fois fragmentée et cohérente, est saluée pour sa liberté formelle et sa capacité à provoquer chez le lecteur une réflexion plus large sur l’identité, la société et la poésie de l’étrange. Cette œuvre préfigure des thèmes que Matsumoto développera plus tard dans ses séries majeures, tout en gardant un ton plus cru et expérimental.

Graphiquement, l’album présente le style unique de Matsumoto : un trait expressif, parfois déformé, qui donne à ses personnages et à leurs environnements une présence instable mais intense. Ce style visuel accompagne judicieusement les récits courts et déphasés, renforçant l’impression de malaise et d’intensité émotionnelle. L’édition prestige, avec sa présentation soignée, offre une lecture confortable qui met en valeur le travail graphique et narratif original de Matsumoto.

Extrait du manga :


Résumé éditeur :

Publié une première fois en 1993 par les éditions Tonkam, retrouvez Printemps bleu en édition prestige ! Printemps bleu comporte sept nouvelles. Chacune possède des protagonistes différents, jeunes garçons, adolescents, voyous… mais tous retranscrivent la même violence urbaine, les mêmes désillusions, et surtout le même mal être d’une société malade. Cette fascination pour l’étrangeté, la folie, sont de nouveau mélangées à la poésie morbide du maître Matsumoto.
Date de parution : 29 janvier 2026
Auteur : Taiyo Matsumoto (scénario & dessin)
Éditeur : Delcourt – Seinen Tonkam
Collection / Série : Manga – Seinen / Drame & Société
Format / Pages : Broché – env. 211 pages
Prix : 19,99 €

[Album jeunesse] Belle et le Monstre, d’Alexis Bruchon (Gautier-Languereau / Les Histoires)


Belle et le Monstre, d’Alexis Bruchon (Gautier-Languereau / Les Histoires)

Belle et le Monstre est une réécriture moderne et poétique du conte classique La Belle et la Bête, imaginée par Alexis Bruchon, qui transpose l’histoire dans un univers doux-amer au cœur des pins méditerranéens. Publié en album chez Gautier-Languereau (collection Les Histoires), ce livre illustré s’adresse à un jeune public à partir de 6 ans, tout en proposant une approche narrative et visuelle qui parle aussi aux lecteurs plus âgés attirés par les contes revisités et les illustrations sensibles. 

Dans cette version, Belle n’est pas une simple villageoise, mais une pianiste au cœur vaillant qui se lance dans une aventure initiatique pour sauver son père disparu. Là où l’histoire traditionnelle met l’accent sur la transformation et l’amour, la réécriture de Bruchon met davantage l’accent sur la quête personnelle, le courage et le renversement des conventions du conte. L’album parvient à mêler tendresse narrative, illustrations délicates et attention à la psychologie des personnages, créant ainsi une lecture qui reste émotionnellement riche malgré sa simplicité apparente.

Graphiquement, l’ouvrage se caractérise par un style illustratif qui allie finesse et expressivité : les scènes de nature, les émotions des personnages, et la représentation du monstre marin sont toutes pensées pour susciter à la fois curiosité et empathie chez le lecteur. La dimension visuelle renforce le ton onirique de l’histoire, faisant de l’album une vraie expérience sensorielle, au-delà d’une simple lecture narrative.

Extrait visuel / ambiance :



Résumé éditeur :

Il était une fois, Belle, une pianiste au cœur vaillant.
Pour sauver son père, mystérieusement disparu,
elle n’hésite pas à conclure un marché avec un monstre marin.
Belle ne retrouvera sa liberté
que lorsque le Monstre aura terminé de peindre son portrait.

LE GRAND CLASSIQUE DE LA BELLE ET LA BÊTE RÉINVENTÉ SOUS LES PINS MÉDITERRANÉENS. 

Date de parution : 05 novembre 2025
Auteur : Alexis Bruchon (texte & illustration)
Éditeur : Gautier-Languereau – Les Histoires
Collection / Série : Album jeunesse / Conte réinventé
Format / Pages : Relié – 32 pages
Prix indicatif : 15,95 €

[BD] La Bête du nord – La Cité des mensonges, d’Oscar Martin & Leonel Alexis Castellani (Delcourt)


[BD] La Bête du nord – La Cité des mensonges, d’Oscar Martin & Leonel Alexis Castellani (Delcourt)

La Bête du nord – La Cité des mensonges s’inscrit dans la droite lignée de l’héroïc-fantasy musclée façon Conan : une aventure complète où un barbare légendaire, encore loin d’être roi, se retrouve mêlé à une mission qui s’annonce simple mais se révèle être bien plus sombre et complexe. Comme un hommage énergique aux récits barbares classiques, l’album offre une interprétation libre qui met l’accent sur l’action brute, les complots et l’ambiance de ville frontière infestée de brigands. L’histoire se déroule dans une cité aux rues étroites et fétides, où les alliances et les trahisons rythment chaque tournant de la quête.

Le personnage central, un guerrier solitaire épuisé par ses précédentes aventures, arrive dans une ville en pleine guerre de gangs. Ce qui semblait être un contrat facile – sauver la fille d’un chef de clan enlevée par un rival – se transforme rapidement en une conspiration mortelle. Si la trame narrative est attendue pour ce genre de récit (on sait assez vite que Conan triomphera), on reconnaît l’efficacité de la mise en scène et la cohérence de l’univers qui ne renie rien de son héritage sword-and-sorcery.

Graphiquement, l’album séduit par une mise en case dynamique où la sauvagerie des combats et l’atmosphère de la cité frontière se lisent clairement. Le trait de Leonel Alexis Castellani, associé à la narration d’Oscar Martin, explore à la fois la violence des affrontements et les décors oppressants, renforçant le sentiment d’une aventure à la fois épique et viscérale. Une lecture fluide qui plaira aux amateurs d’héroïc-fantasy “classique” tout en restant accessible à un public plus large grâce à son rythme soutenu.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Dans cette aventure inédite, le Cimmérien qui n’est pas encore roi accepte une mission simple : délivrer la fille d’un chef de clan enlevée par un rival. Mais dans les ruelles fétides de Hud-hund Engaun, les apparences sont trompeuses… Épuisé par ses aventures, un puissant barbare arrive dans une ville frontalière en proie aux brigands de la pire espèce. Engagé pour sauver la fille d’un chef de gang au milieu d’une guerre de territoires, le guerrier solitaire pense accepter un contrat facile. Il se jette dans une conspiration mortelle. Plongé malgré lui dans ce nid de vipères, la “Bête du Nord” va devoir rappeler à ces criminels ce qu’est la véritable sauvagerie. :contentReference[oaicite:0]{index=0}
Date de parution : 29 janvier 2026
Auteurs : Oscar Martin (scénario) & Leonel Alexis Castellani (dessin & couleurs)
Éditeur : Delcourt
Collection / Série : BD – Héroïc-Fantasy / Aventure
Format / Pages : Cartonné – env. 80 pages
Prix : 16,50 €

[BD] Druuna – Au commencement – Partie 3 : Diabolicus Morbus, de Marco Cannavò, Andrea Iula & Corrado Roi (d’après Paolo Eleuteri Serpieri) (Glénat)


[BD] Druuna – Au commencement – Partie 3 : Diabolicus Morbus, de Marco Cannavò, Andrea Iula & Corrado Roi (d’après Paolo Eleuteri Serpieri) (Glénat)

Druuna – Au commencement – Partie 3 : Diabolicus Morbus clôt une prélogie ambitieuse qui revisite l’univers post-apocalyptique et érotico-horrifique de Druuna. Aux côtés de l’héroïne culte imaginée par Paolo Eleuteri Serpieri, les auteurs Marco Cannavò (scénario), Andrea Iula et Corrado Roi (dessin) livrent une conclusion qui joue pleinement la carte de l’hybridation des genres : science-fiction sombre, horreur viscérale et érotisme explicite se combinent dans une narration qui ne ménage ni le lecteur ni son héroïne — un cocktail délibérément déstabilisant.

Dans ce troisième volet, Druuna poursuit sa descente vers les Enfers pour récupérer la conscience de Demetra et affronter une intelligence artificielle tyrannique nommée ALPHA. On note une évolution marquée vers le fantastique et un usage soutenu de motifs horrifiques qui renforcent l’atmosphère oppressante de cet univers dystopique. On peut apprécier l’audace visuelle et narrative, bien que l’on ressent parfois une répétition des éléments sensoriels (violence, sexe, visions cauchemardesques) qui peuvent fatiguer sur l’ensemble de la trilogie. Quoi qu’il en soit, l’ensemble se ressent comme une œuvre qui revendique sa singularité et son public averti.

Graphiquement, l’association des styles de Iula et Roi est à saluer pour sa capacité à traduire l’étrangeté du monde de Druuna : des décors apocalyptiques aux formes organiques saturées en passant par des scènes intimistes chargées d’une sensualité brute. Le dessin, parfois très cru, est au service d’une mise en scène qui nie la pudeur pour mieux plonger dans l’inconfort et l’intensité.

Une expérience à faire.

Résumé éditeur :

Avant Morbus Gravis : la conclusion d’une épopée horrifico-érotique L’aventure de Druuna se poursuit vers l’Enfer pour récupérer la conscience de Demetra. Afin de sauver les derniers humains survivants des guerres, de la pollution, des épidémies et de la tyrannie d’une intelligence artificielle connue sous le nom d’ALPHA, l’héroïne est prête à affronter de nombreux démons aux pulsions… très humaines.Avec ce troisième et dernier volume, le scénariste Marco Cannavò conclut le récit à deux voix consacré aux origines de l’incroyable monde dystopique et post-apocalyptique créé par Paolo Eleuteri Serpieri en 1985, toujours épaulé par les deux dessinateurs Andrea Iula (qui se consacre à l’histoire de Druuna elle-même) et Corrado Roi (qui prend en charge l’histoire de son ancêtre Demetra), dont l’amour pour le trait et l’univers original se ressent à chaque page.

Un mélange science-fiction, horreur et sexe est toujours aussi détonant !

Date de parution : 4 février 2026
Auteurs : Marco Cannavò (scénario), Andrea Iula & Corrado Roi (dessin & couleurs), d’après Paolo Eleuteri Serpieri
Éditeur : Glénat BD
Collection / Série : BD – Science-fiction / Horreur / Public averti
Format / Pages : Cartonné – 80 pages
Prix : 16,00 €

Un « Eugène Onéguine » à hauteur d’âme à l’Opéra Garnier

Un "Eugène Onéguine" à hauteur d’âme à l'Opéra Garnier
Photo Guergana Damianova/OnP

Un « Eugène Onéguine » à hauteur d’âme à l’Opéra Garnier

Il y a, dans l’ « Eugène Onéguine » mis en scène par Ralph Fiennes, une élégance qui frappe d’emblée. Rien ici ne cherche à forcer le sens ni à tordre l’œuvre pour l’actualiser à coups de concepts revisités.

Le metteur en scène avance à pas feutrés, presque en lecteur amoureux, préférant écouter Tchaïkovski et Pouchkine plutôt que leur répondre. Cette modestie apparente est précisément ce qui donne à la proposition sa force.

Le plateau, d’une épure totale, déroule un paysage mental plus qu’un décor narratif : quelques bouleaux, la neige qui tombe comme un souvenir persistant, et cette lumière qui semble venir de la mémoire elle-même.

On pourrait craindre le déjà-vu, mais Fiennes évite le piège du pittoresque en investissant chaque scène d’une tension intérieure et sensorielle.

Son vrai geste de metteur en scène d’une inspiration aussi littéraire que cinématographique, est avant tout humain. Tout se joue dans le sensoriel, les regards, les silences, les corps qui hésitent.

Une mélancolie slave à l’oeuvre

Fiennes y excelle : il filme presque le théâtre, cherchant ce qui affleure entre les mots, ce que la musique seule ne peut dire.

Face à elle, Onéguine n’est ni monstre ni simple dandy cynique. Il est cet homme trop lucide trop tôt, incapable de croire à ce qui lui est offert, et condamné à le comprendre trop tard.

La relation avec Lenski, traitée avec une délicatesse presque douloureuse, donne au duel une violence d’autant plus insoutenable qu’elle paraît absurde. Rien n’est surligné, tout est inexorable.

Dans la fosse, l’orchestre dirigé par Semyon Bychkov est guidé par la scène. La direction musicale épouse à merveille les élans et les replis du drame, laissant la partition se déployer sans lourdeur, avec une ferveur maîtrisée, presque fraternelle.

On sent une écoute mutuelle entre plateau et pupitre, une circulation dense qui donne à l’ensemble une cohérence rare.

La distribution, dépourvue de clinquant inutile, sert l’œuvre avec intelligence. Les voix semblent choisies pour ce qu’elles racontent plus que pour ce qu’elles impressionnent.

Tatiana (Ruzan Mantashyan) lumineuse sans affectation, déploie un soprano finement ciselé, à la ligne souple et à la projection maîtrisée, capable de passer de la ferveur adolescente à la noblesse intérieure sans jamais durcir le timbre.

Son chant semble toujours naître d’une nécessité intérieure, porté par une diction soignée qui rend chaque inflexion expressive.

Lenski (Bogdan Volkov) d’une sensibilité à fleur de peau impressionne, capable de suspendre le temps avant la catastrophe : autant de choix qui renforcent l’émotion sans jamais la forcer.

Bouleversant de sincérité, il offre une incarnation vocale d’une grande intensité poétique : le phrasé est long, habité, et la couleur du timbre, chaleureuse et solaire, enveloppe l’air d’adieu d’une mélancolie presque suspendue.

Quant à Onéguine (Boris Pinkhasovich) loin de toute froideur monolithique, il impose une voix au grain dense, élégamment contenue, où les élans retenus disent plus que les éclats.

Autour de ce trio central, les rôles secondaires se distinguent par leur précision et leur engagement, contribuant à cette impression précieuse d’un ensemble soudé, au service du drame plutôt que de la démonstration vocale.

C’est dans cette haute tenue collective, faite d’écoute et de respiration commune, que la musique de Tchaïkovski trouve ici l’un de ses plus beaux prolongements scéniques.

Les costumes et les mouvements chorégraphiques complètent cet univers avec un sens aigu de la mesure. Rien n’est décoratif pour le plaisir de l’être : tout participe à cette impression de beauté fragile, comme si l’opéra entier était construit sur le fil du souvenir et sa remémoration.

Cet Eugène Onéguine ne cherche pas à réinventer l’œuvre, et c’est précisément ce qui le rend précieux. Ralph Fiennes signe une mise en scène subtile et inspirée, qui croit encore que la sobriété, lorsqu’elle est habitée, se révèle profondément bouleversante.

Dates : du 26 janvier au 27 février 2026 et sur France TV le 9 février à 19h55 en directLieu : Opéra Garnier (Paris)
Mise en scène : Ralph Fiennes

L’ile au Trésor à la Folie Théâtre, un grand moment de rire à découvrir en famille

A la Folie Théâtre propose une adaptation haute en couleurs du classique de Robert Louis Stevenson publié en 1881 et qui n’a pas pris une ride en 2026. La mise en scène de Nicolas Desnoues place 2 comédiens (Geoffrey Lopez, Lucas Siri, Martin Protais et Nicolas Desnoues en alternance) qui multiplient les rôles pendant 50 minutes de spectacle menés tambour battant. L’humour est constant et les comédiens semblent s’amuser autant que les spectateurs de tous âges. Les costumes valsent et l’histoire plonge l’audience au cœur des caraïbes pour des aventures qui ne s’arrêtent jamais. Les péripéties s’enchainent sans trêve et les plus jeunes ont la yeux remplis d’étoiles alors que les parents sont contents de l’aventure. Le spectacle est dédié à toute la famille pour un voyage qui donne envie de voguer sur les flots pour une odyssée pleine d’action! Encore une réussite dans un théâtre où se jouent actuellement Pom Pom Pommes et Marlaguette pour les familles, à découvrir également.

Synopsis: Larguez les amarres et venez vivre une épopée palpitante qui revisite le célèbre roman d’aventure L’Île au trésor de Robert Louis Stevenson.

Lorsqu’un mystérieux étranger du nom de Billy Bones a poussé la porte de son auberge, le jeune Jim Hawkins ne s’attendait pas à être entraîné dans une incroyable chasse au trésor.
Mais le voilà embarqué pour les Caraïbes, à la recherche du légendaire trésor du redoutable pirate Flint.
Préparez-vous à hisser les voiles et à affronter les flots dans cette folle quête où le courage et l’amitié seront vos plus précieux alliés. Que l’aventure commence !

Bon à savoir : des effets stroboscopiques ont lieu pendant le spectacle.

Détails:

Du mercredi 7 janvier au dimanche 8 mars 2026.
A 14h30, les mercredis, les samedis et dimanches.
Pendant les vacances scolaires du lundi 23 février au dimanche 8 mars : tous les jours à 14h30.

[Comics] Hérétique, de Robbie Morrison & Charlie Adlard (Delcourt – Contrebande)


[BD] Hérétique, de Robbie Morrison & Charlie Adlard (Delcourt – Contrebande)

Hérétique est un thriller historique sombre et ésotérique, mêlant enquête, horreur et soupçons mystiques dans l’Europe du XVIᵉ siècle. Publié le 22 janvier 2026 par Delcourt dans sa collection Contrebande, cet album complet signé Robbie Morrison (scénario) et le fameux Charlie Adlard (dessin et couleurs) revisite avec intensité une époque où dogmes religieux, sciences naissantes et peurs collectives s’entrechoquent.

L’histoire se déroule à Anvers en 1529, où une série de meurtres rituels secoue la ville et attire l’attention de l’Inquisition. Le redoutable Bernard Eymerich charge Cornelius Agrippa, érudit, médecin, chevalier et occultiste, d’enquêter sur ces crimes. Avec l’aide de son jeune élève Johann Weyer, Agrippa devra naviguer entre superstitions, intrigues politiques et forces obscures, dans un contexte où toute divergence de pensée peut valoir le bûcher. 

Ce récit complet se veut à la fois intelligent et angoissant : avec des accents de Nom de la Rose ou de Sherlock Holmes médiéval, Hérétique explore les tensions entre foi et raison à travers une atmosphère lourde, où science et croyance s’affrontent sans concession. 

Graphiquement, Charlie Adlard délivre un travail puissant et texturé, qui capture autant la pesanteur des ruelles d’Anvers que la violence latente des scènes de confrontation. Son style, riche en contrastes et en détails, renforce l’immersion dans cet univers à la fois historique et inquiétant. 

Un récit original à découvrir !

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Un magnifique RÉCIT COMPLET par ROBBIE MORRISON & CHARLIE ADLARD au format album, justifié par la beauté des pages de Charlie. La meilleure façon de le décrire ? Le croisement parfait entre Sherlock Holmes et Le Nom de la rose.
Ce thriller historique aux accents d’horreur et de surnaturel se concentre sur la relation entre le docteur, chevalier, avocat, occultiste, philosophe et magicien Cornelius Agrippa et son jeune élève Johann Weyer alors qu’ils enquêtent sur une horrible série de meurtres à Anvers au XVIe siècle.
Date de parution : 22 janvier 2026
Auteurs : Robbie Morrison (scénario) & Charlie Adlard (dessin & couleurs)
Éditeur : Delcourt – Contrebande
Collection / Série : BD – Thriller historique / Fantastique
Format / Pages : Cartonné
Prix indicatif : 19,50 €

[BD] Golgotha – Tome 02 : Cyriacus, de Alcante, Laurent-Frédéric Bollée & Enrique Breccia (Soleil)


[BD] Golgotha – Tome 02 : Cyriacus, de Alcante, Laurent-Frédéric Bollée & Enrique Breccia (Soleil)

Golgotha – Tome 02 : Cyriacus poursuit avec l’épopée de Golgotha, une série mêlant aventures, mythes, trahisons et enjeux puissants dans un cadre antique revisité. Publié le 29 janvier 2026 chez Soleil, ce deuxième volume signé Alcante, Laurent-Frédéric Bollée (scénario) et Enrique Breccia (dessin), accompagné de Sébastien Gérard à la couleur, développe un récit complexe où les destins personnels se heurtent aux forces historiques et surnaturelles. 

Dans ce nouvel opus, Lucius — désormais appelé Marcus —, gladiateur déchu de Pompéi et amputé, s’est façonné une nouvelle vie comme ouvrier sur le chantier du Colisée. Là, il rencontre Cyriacus, un jeune sculpteur qui lui forge un bras artificiel… et qui n’est autre que son propre fils. Leur relation, empreinte de tension et de sentiments refoulés, est rapidement mise à l’épreuve lorsqu’un marché cruel est imposé à Marcus : éliminer Al-Azar, un homme immortel, dans sa forteresse de Golgotha. 

La narration de Cyriacus mêle habilement drame familial, action foisonnante et enjeux mystiques. Les auteurs exploitent les contradictions du protagoniste — entre vengeance, rédemption et paternité — pour tisser une intrigue humaine intense dans un univers qui n’épargne ni ses héros ni ses lecteurs.

Sur le plan graphique, Enrique Breccia offre des planches puissantes, où chaque décor monumental et chaque combat respire l’énergie dramatique, renforcée par les contrastes de couleurs assurés par Sébastien Gérard. Le style visuel signature du dessinateur accentue l’atmosphère baroque et parfois brutale de cette fresque épique. 

On ne peut que regretter que cette mini-série ne trouve pas de suite avec un troisième tome qui ne verra jamais le jour.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Le destin d’un gladiateur déchu de Pompéi, devenu manchot et sous la coupe d’une riche et cruelle famille de la ville, son parcours le mènera de Rome jusqu’en Haute-Égypte à la recherche d’un certain Al-Azar, un homme immortel… En fuite de Pompéi, Lucius se fait désormais appeler Marcus et devient ouvrier sur le chantier du Colisée. Il y fait la connaissance d’un jeune sculpteur, Cyriacus, qui lui fabrique un bras articiel et n’est autre que son fils ! Hélas, ce dernier veut retrouver ses parents adoptifs… S’ensuit un terrible affrontement dans le monument en construction et un marché imposé à Marcus : tuer Al-Azar dans sa forteresse de Golgotha !
Date de parution : 29 janvier 2026
Auteurs : Alcante & Laurent-Frédéric Bollée (scénario), Enrique Breccia (dessin), Sébastien Gérard (couleurs)
Éditeur : Soleil
Collection / Série : BD – Fantastique / Aventure
Format / Pages : Cartonné – env. 96 pages
Prix indicatif :15,95 €

Le chanteur electro-pop Be My Wife a donné un inoubliable concert punk pop à la Galerie Au Roi

L’EP To deliver a feeling a fait une forte impression chez Publik’Art, l’interview de Federico Nessi alias Be my wife a confirmé le grand bien que l’on en pensait de sa musique et de l’homme, le concert à la Galerie Au Roi a achevé de nous convaincre, les chansons sont prenantes, l’ambiance était délicieusement punk, presque gothique. Après l’EP et les clips, ce concert a marqué une nouvelle étape, et quelque chose nous dit qu’on n’a pas encore tout vu!

Un concert tout en mystère

L’artiste a coloré sa chevelure en bleu et a peint son visage pour un aspect de masque sépulcral particulièrement réussi. Armé de sa guitare et accompagné de boites à rythme, il a fait face à la foule pour une prestation tout en conviction. Au chant et à l’instrumentation, il est resté concentré sur la foule, n’hésitant pas à multiplier les postures pour une chorégraphie ensorcelante. Le concert a donné lieu à un light show onirique pour parer la salle d’atours de crypte mérovingienne. Tous les morceaux du EP ont été interprétés notamment Me Cuesta, Another light, Radically Sealed, Who you are, les retours de la foule ont été enthousiastes, la voix du chanteur ressemble parfois à celle d’un ténor, parfois à celle d’un baryton avec des graves très chauds et puissants. L’heure de spectacle a captivé l’audience et confirmé que le concept imaginé par Federico tient plus que debout, les clips étaient déjà le fruit d’une imagination créatrice très vive, le concert a confirmé qu’il suit une route passionnante. La foule se tenait à quelques mètres du chanteur pour un effet immersif saisissant, la conceptrice événements & projets Anna Dotigny était à la manœuvre et le résultat était hypnotisant. De quoi donner envie de réécouter les morceaux du EP de Be my wife avec toujours autant de plaisir.

On attend avec impatience la suite des aventures de Federico Nessi, alias Be my wife, pour voir comment il pourra continuer à toujours nous surprendre un peu plus;

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