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La confession manquée d’Arthur Dreyfus, « Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui » aux Editions P.O.L

Arthur Dreyfus © Hélène Bamberger P.O.L

Arthur Dreyfus, « Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui » aux Editions P.O.L

Mon Dieu quelle époque ! Il y a quelques mois apparaissait sur les tables des libraires un volumineux Journal dont le titre vaguement inspiré d’un roman de Mauriac semblait contenir toute l’ambition de son auteur : non seulement évoquer sans détour le quotidien de sa vie sexuelle mais révéler à travers elle l’état d’esprit d’une génération, d’une époque, voire d’un siècle. Arthur Dreyfus a-t-il réussi son pari ? D’un point de vue strictement littéraire, force est de constater que non. Après avoir parcouru d’un œil bienveillant les quelque deux mille trois cent quatre pages de cet interminable pensum, nous inclinons à penser que l’auteur peine à rivaliser avec son illustre prédécesseur tant son style de mirliton pêche par une accablante platitude, tant aussi sa manière élémentaire de raconter ne dépasse guère les prouesses d’un lycéen de seconde.

Or le style, disait l’autre, c’est l’homme. Quel genre d’homme est donc Arthur Dreyfus ? Disons que c’est un gay d’aujourd’hui, comme il vous est loisible d’en croiser chaque jour dans notre vaste métropole, un gay bourgeois et intelligent, nanti de diplômes et de privilèges, que rien ne distingue de son alter ego hétérosexuel, le bobo parisien dans la force de l’âge, plus soucieux du périmètre de son appartement et de son avancement social que des lendemains qui chantent. Rien ? Pas tout à fait cependant. C’est que notre garçon d’aujourd’hui, malgré son profil de gendre idéal, est habité par une tyrannique compulsion sexuelle qui vient bouleverser son quotidien et le soustraire bien malgré lui au destin de ses semblables.

Tel est bien le sujet du livre. Habité par le démon du sexe, Dreyfus voit son existence assez banale- existence dont nous ne savons pas grand-chose : que pense-t-il ? à quoi rêve-t-il ? a-t-il des opinions politiques ou religieuses ? – élevée au rang d’un road-movie pornographique qui l’emporte frénétiquement sur les sentiers de la baise où l’application Grindr fait office d’escale régulière. Bien malgré lui, disions-nous. Et c’est bien là que le bât blesse, que ce Journal sexuel s’avère si décevant, morne, conventionnel, et si peu gay au sens étymologique. C’est que notre auteur n’a rien d’un héros ou d’un martyr, d’un poète ou d’un voyou, il n’est qu’un homme ordinaire que la particularité de son économie psychique, l’épanchement de sa libido, précipitent à son insu dans les bas-fonds du sexe, sans qu’il ne parvienne jamais à extraire de ses incursions souterraines la moindre lumière, la moindre connaissance, sans que ne l’effleure jamais le moindre frisson charnel ou amoureux. Ordinaire, la sexualité de l’auteur l’est également au plus haut degré.

Derrière le voile de fumée d’une apparente transgression, Dreyfus apparait comme un fonctionnaire du stupre hanté par le fantasme de la normalité, s’attachant souvent aux formes les plus conventionnelles de la masculinité. Conformément à l’idéologie dominante des réseaux sociaux, jamais un partenaire n’est présenté autrement que par son âge, sa couleur de peau et ses attributs sexuels : « Son corps est musculeux, il a vingt ans, les cheveux extrêmement blonds, joli sexe, trou parfaitement lisse. » Au demeurant, à peine dégrisé de ses frasques libidinales, l’auteur ne manque pas de nous rappeler que s’il ne baise pas comme les autres il tient à penser comme tout le monde : « Je ne suis pas favorable à la pédophilie, je la réprouve… », etc. Quelle grisaille ! Quel vide ! Oui, répétons-le, à quelques exceptions près, sans doute vers la fin du livre où sourd de cette épaisse mélasse un début de clarté, jamais l’auteur ne s’interroge sur lui-même, ni sur l’autre, jamais il n’interrompt un instant sa frénésie sexuelle pour tenter de l’intégrer à un ensemble plus vaste, à une compréhension plus ample de son existence, en dépit d’ailleurs de sa fréquentation assidue du cabinet de l’analyste qu’il semble traiter avec la même versatilité que ses partenaires sexuels : « dans les jours qui suivent, conscient d’être véritablement malade, je me résous à trouver un autre analyste. » Oui, Arthur Dreyfus baise comme il vit, vit comme il baise, et baise comme il écrit : mal, vite et sans éclat.

Que conclure en définitive de cette confession ? Dans L’Homme sans gravité (2002), le psychanalyste Charles Melman avait prophétisé un bouleversement radical de la condition humaine consécutif à l’expansion de l’économie libérale, un effacement de l’ancien sujet hanté par le désir et la faute devant un individu errant, délesté de tout ce qui le rattachait autrefois à l’Histoire, la Loi et l’Utopie. Telle est, à nos yeux, la signification du Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui. Dans ces pages monotones, on retrouve l’individu sans destin, sans règles et sans attaches de nos sociétés actuelles ; l’individu qui ne pense rien, n’éprouve rien, ne regrette rien et ne s’oppose à rien ; que seule la tyrannie du besoin, confondu avec le désir, mène par le bout de son nez. En ce sens, Arthur Dreyfus a bien réussi son pari : son livre est générationnel. Mais s’agit-il encore d’un livre ? Ni œuvre, ni journal, ni document, cette compilation a plutôt valeur de symptôme. Symptôme d’une époque où la Société du spectacle incline à prendre des vessies pour des lanternes, imposant comme œuvre littéraire ce qui n’en possède que le nom. Nous apprenons que la vessie d’Arthur Dreyfus figure en bonne place sur la liste du Prix Médicis. Gageons que le jour de sa proclamation, elle explosera avec fracas à la face du jury.

Editions P.O.L
Date de parution : Mars 2021
Auteur : Arthur Dreyfus
Prix :
37 €

Fin de siècle, un film simple et beau sur les enjeux de notre époque, de Lucio Castro, en salles le 23 septembre 2020

Les premières minutes de Fin de siècle donnent le ton. Un silence assourdissant accompagne les déambulations d’un homme dans la ville qu’il arpente, il semble s’y ennuyer jusqu’au premier eye-contact avec un autre homme. Le film brosse un portrait de notre époque, entre les attentes vis-à-vis d’une relation amoureuse, les enjeux du couple au fur et à mesure que le temps avance et que la tentation d’aventures fugaces devient de plus en plus vivace. Fin de siècle montre aussi la force d’une famille toute dévouée à un petit enfant. Lucio Castro vise large avec de longues discussions faisant entrer dans l’esprit de personnages en quête d’eux-mêmes. C’est pudique et authentique, direct et émouvant avec une chronologie bouleversée par d’incessants allers retours temporels.

Le sentiment à l’épreuve du temps

Ocho (Juan Barberini) est un homme argentin parti en vacances à Barcelone pour faire le point dans un AirBnB. Il a pris la décision difficile mais nécessaire de faire une pause avec son compagnon après 20 ans de relation. Le fil de sa vie défile tout au long du film, entre résurgences de sa vie de couple passée devenue sans passion et la rencontre avec un homme déambulant dans la rue en bas de son appartement. Ce bel hidalgo se nomme Javi (Ramon Pujol) et les deux hommes se rapprochent très vite dans une passion toute animale, et ils discutent encore et encore pour permettre au spectateur d’en savoir un peu plus sur le pourquoi du comment. Car Ocho et Javi ne sont peut-être pas inconnus l’un pour l’autre. La connexion amoureuse et physique entre les deux hommes ouvre un univers large et étendu sur une longue durée, comme pour montrer l’évolution de chacun sur une si longue période, avec des priorités mouvantes et l’érosion des certitudes de la jeunesse à l’épreuve du temps. Le scénario non linéaire fait des bons en avant et des retours en arrière comme pour montrer qu’une relation a besoin de temps pour se construire, mais aussi de solitude pour se décoller de l’autre et mieux se retrouver. En englobant autant la sexualité que la famille et l’introspection, le réalisateur propose une réflexion qui interpelle par sa profondeur sur la société actuelle, loin de tout raccourci ou facilité.

Le film Fin de siècle a été présenté au Festival Chéries Chéris 2019 avec un certain succès que la sortie en salles le 23 septembre 2020 pourrait bien confirmer.

Synopsis: Un Argentin de New York et un Espagnol de Berlin se croisent une nuit à Barcelone. Ils n’étaient pas faits pour se rencontrer et pourtant… Après une nuit torride, ce qui semblait être une rencontre éphémère entre deux inconnus devient une relation épique s’étendant sur plusieurs décennies…

[Jeunesse] Maîtresse Cabane, de Christine Beigel et Christine Davenier (Gautier-Languereau)

Maîtresse Cabane — couverture[Jeunesse] Maîtresse Cabane, de Christine Beigel et Christine Davenier (Gautier-Languereau)

Découvrez les super-pouvoirs d’une maîtresse pas comme les autres ! Une déclaration d’amour aux maîtresses et aux maîtres, tout en douceur et en tendresse.

Maîtresse Cabane n’est pas une maîtresse comme les autres. Douce comme un ours, maligne comme une pieuvre, parfois dragon et souvent fée… Elle devine les secrets, soigne les bobos et réussit même les gâteaux ! Et ce que l’on préfère, c’est quand elle nous lit des histoires.

En quelques pages, Christine Beigel trousse un portrait malicieux de ces enseignantes et enseignants qui font bien plus que faire la classe : ils abritent, consolent, émerveillent. Le titre dit tout — une maîtresse-cabane, refuge où l’on grandit à l’abri. Les aquarelles vives et virevoltantes de Christine Davenier, complice de longue date de la littérature jeunesse, donnent à cet album de 32 pages une énergie joyeuse qui fera mouche à la lecture du soir comme en classe.

Paru le 17 juin, juste avant la fin de l’année scolaire, l’album tombe à point nommé : voilà le cadeau idéal à glisser entre les mains d’une maîtresse que l’on quitte à regret — ou à lire dès 3 ans pour apprivoiser la rentrée qui approche. Un album tendre et poétique.

Découvrez la fiche complète chez Gautier-Languereau. Retrouvez toutes nos chroniques dans la rubrique Album jeunesse. A lire !!

Maîtresse Cabane

Résumé éditeur

Découvrez les super-pouvoirs d’une maîtresse pas comme les autres ! Une déclaration d’amour aux maîtresses et aux maîtres, tout en douceur et en tendresse.

📚 Fiche éditeur

Texte Christine Beigel
Illustrations Christine Davenier
Éditeur Gautier-Languereau
Date de sortie 17 juin 2026
Prix 12,99 € TTC
EAN 9782017348238
Pagination 32 pages
Format 218 x 270 mm
Âge dès 3 ans

[Manga] Oldman, tome 2 (fin), de Chang Sheng (Glénat)

Oldman — couverture[Manga] Oldman, tome 2 (fin), de Chang Sheng (Glénat)

Quand la magie transcende le temps, la vie et la mort. Le manhua de Chang Sheng conclut en deux volumes copieux une passionnante histoire de magie et de vengeance.

Traqués par la couronne, Oldman et ses compagnons tentent d’échapper à l’armée de Hammer lancée à leurs trousses. Mais alors qu’ils ont presque réussi à semer leurs assaillants, Hammer provoque Rebecca : la guerrière amputée va devoir affronter son pire ennemi dans un duel brutal qui décidera du sort des rebelles. Pendant ce temps, la Reine, toujours obsédée par la jeunesse éternelle, prépare un plan machiavélique pour s’emparer de la magie temporelle d’Oldman. Il est temps pour le vieux magicien d’affronter cette reine tyrannique et de récupérer les années de vie qui lui ont été volées. S’il veut jouer son plus beau coup, il devra revenir là où tout a commencé…

Dans un pays lointain règne une Reine sur laquelle le temps n’a pas de prise ; au fond de ses geôles croupit Billy Oldman, vieux magicien accusé de trahison qui, derrière ses tours de passe-passe, cache une vérité tragique. Un destin auquel semble lié le secret de l’éternelle jouvence de la souveraine… L’heure est venue de rendre des comptes.

Après Yan et Baby, le talent du Taïwanais Chang Sheng s’illustre dans un thriller d’époque teinté de mystères, de surréalisme et de magie, qui vient convoquer le suspense des meilleures œuvres de Naoki Urasawa. Une mise en scène au cordeau, 440 pages dévorées d’une traite : cette histoire complète en deux volumes est une très belle surprise seinen.

Découvrez la fiche complète chez Glénat Manga. Retrouvez également notre chronique du tome 1 d’Oldman, ainsi que toutes nos chroniques dans la rubrique Manga.

Oldman

Résumé éditeur

Quand la magie transcende le temps, la vie et la mort. Le manhua de Chang Sheng conclut en deux volumes copieux une passionnante histoire de magie et de vengeance.

📚 Fiche éditeur

Auteur Chang Sheng
Éditeur Glénat
Collection Seinen
Date de sortie 1er juillet 2026
Prix 15,95 €
EAN 9782344071748
Pagination 440 pages
Format 14,5 x 21 cm

Au Lucernaire, la Soprano Anne Baquet chante au Paradis et ravit le public

Le Lucernaire redonne l’occasion à la soprano Anne Baquet de d’illustrer brillamment sur la scène du Paradis avec un tour de chant dans la lignée de ses magnifiques prestations précédentes (Soprano en liberté en 2017, Come Bach en 2024, ABC d’AIRS en 2018). Cette fois elle met à l’honneur des créations arrangées par Jérôme Charles et François Rauber en s’accompagnent d’un piano expert (Damien Nédonchelle ce fameux soir). Les airs sont notamment tirés de Bach, Prévert ou Chopin et les paroles sont truculentes en diable, de quoi rire et sourire devant un spectacle d’une énergie folle. Les fans de la soprano seront comblés, ceux qui la découvriront seront ravis par une découverte humaine et artistique pleine d’une exubérance rare. Le spectacle débute avec un parachute non métaphorique qui éblouit le public, il y a des chants majoritairement en français mais également en anglais (dont un Ticket to ride pas piqué des vers).

Le spectacle se poursuit jusqu’au 23 aout pour un moment de musique qui met la voix et le piano à l’honneur, le tout dans une délicieuse atmosphère tempérée et climatisée, impossible de dire non!

Synopsis:

Après avoir présenté « ABCd’airs » et « Come Bach » au Lucernaire, Anne Baquet prend le chemin du Paradis avec un nouveau piano-voix inédit. Elle pense immédiatement à de nouvelles rencontres entre auteurs et compositeurs. Autant de créations qui s’entoureront cette fois de reprises  qui bercent notre inconscient collectif, qu’elles soient issues du classique, de la pop, du jazz ou de la chanson. C’est ainsi que cohabitent de manière farfelue, poétique ou surréaliste, Juliette, Bach, François Morel, Chopin, Moustaki, Prévert, Rachmaninov, Marie-Paule Belle, Thierry Escaich, Victor Haïm, Charles Gounod, Isabelle Mayereau… En route pour un voyage insolite !

Inclassable et pétillante, la soprano Anne Baquet chante au Paradis.

Détails:

Du Mercredi au samedi à 19h| le Dimanche à 15h30

Du 17 juin au 23 août 2026, salle Paradis

[Manga] The Regalia of the Underdog, tome 2, de Shinachiku (Glénat)

The Regalia of the Underdog — couverture[Manga] The Regalia of the Underdog, tome 2, de Shinachiku (Glénat)

Le prince des nuls poursuit son ascension ! Le shonen de Shinachiku continue de suivre Tarte, garçon hautain né avec tout… et bien décidé à devenir roi.

Tarte est un garçon hautain né avec tout. Après avoir essuyé sa première défaite, il réalise qu’il n’est qu’un « corniaud », mais se relève, bien décidé à devenir roi. Les épreuves ne se font toutefois que commencer : silencieusement, la menace de chasseurs de candidats se précise, mettant à mal sa motivation même.

Pour qui aurait manqué le début : richesse, pouvoir, talents… Tarte est né avec tout. Son objectif : le Test de Sélection du Roi, le Tessère. Mais le jour de la fin de leur scolarité, Figo, le fils d’un forgeron — un « roturier » aux yeux de Tarte — le provoque en duel ! Il ne s’agit pourtant que du premier pas pour le garçon pourri par la vie : voici venue l’heure du retour de bâton.

Avec Tarte Aupoir Croqmonsieur (le nom à lui seul vaut le détour), Shinachiku a trouvé un héros aussi attachant que peu commun : persuadé d’être livré à lui-même quand tout lui a été donné, obligé de se confronter à la réalité. Bourrée d’humour et de fantaisie, cette série vous prouvera qu’une naissance avec une cuillère d’argent dans la bouche n’immunise contre rien — et que le premier pas pour affronter son destin, on le puise dans ses ressources intérieures. Un shonen d’apprentissage à l’ironie réjouissante.

Découvrez la fiche complète chez Glénat Manga. Retrouvez toutes nos chroniques dans la rubrique Manga. A lire !

 

 

The Regalia of the Underdog

Résumé éditeur

Le prince des nuls poursuit son ascension ! Le shonen de Shinachiku continue de suivre Tarte, garçon hautain né avec tout… et bien décidé à devenir roi.

📚 Fiche éditeur

Auteur Shinachiku
Éditeur Glénat
Collection Shonen
Date de sortie 1er juillet 2026
Prix 7,90 €
EAN 9782344075500
Pagination 192 pages
Format 13 x 18 cm

Matisse 1941 – 1954 au Grand Palais : l’ultime métamorphose (derniers jours)

Matisse 1941 – 1954 au Grand Palais : l’ultime métamorphose
Henri Matisse, Intérieur rouge, nature morte sur table bleue, 1947, 
Huile sur toile, 116 x 89 cm, 
Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, Düsseldorf 
 (© BPK, Berlin, Dist. GrandPalaisRmn / Walter Klein)

Matisse 1941 – 1954 au Grand Palais : l’ultime métamorphose

Il y a chez Henri Matisse, dans ces années tardives, quelque chose qui ressemble moins à un crépuscule qu’à une insurrection lente de la lumière.

L’exposition présentée au Grand Palais ne raconte pas une fin mais un recommencement, une seconde naissance arrachée à la maladie, au retrait, à l’immobilité forcée.

À partir de 1941, l’artiste ne peint plus seulement, il découpe dans la couleur comme on entaille le réel pour y faire entrer la lumière.

Matisse, la couleur jusqu’à l’extrême

Ce parcours ample, traversé de plus de trois cents œuvres, déploie un atelier mental en expansion constante, où chaque forme semble chercher son point d’équilibre entre l’élan et l’abandon.

On y voit un peintre qui refuse de céder, qui déplace la peinture elle-même vers autre chose, une forme de danse fixée dans l’espace. Les gouaches découpées ne sont pas un aboutissement décoratif, elles sont une radicalité.

Elles simplifient jusqu’à l’os, mais cet os vibre, saturé de couleur, tendu comme une note tenue trop longtemps.

On est saisi par cette tension entre l’économie du geste et l’ampleur du monde convoqué. Les Nus bleus, La Tristesse du roi, les fragments de Jazz ou les compositions pour la chapelle de Vence ne sont pas des œuvres tardives, au sens affaibli du terme, mais des formes souveraines, débarrassées du superflu.

Matisse ne résume pas son œuvre, il la brûle. Il en garde la braise essentielle. Dans cette réduction, il y a une expansion. Dans cette immobilité, une énergie presque scandaleuse.

La scénographie accompagne ce mouvement sans jamais le figer. Elle recompose l’atelier comme un organisme vivant, un espace où les formes migrent, se déplacent, se répondent. On circule dans un jardin sans sol, un jardin suspendu où les couleurs tiennent lieu de racines.

Salle après salle, le regard apprend à appréhender autrement, à accepter que la ligne ne contourne plus la couleur mais qu’elle naisse en elle, qu’elle en soit l’incision directe.

Parmi les jalons qui scandent cette traversée, certaines œuvres surgissent comme des évidences ultimes, presque des condensés d’existence. Nu bleu II impose sa silhouette découpée dans un bleu profond, bloc de chair devenu signe, présence aussi dense qu’un silence.

Dans Intérieur rouge, Henri Matisse organise un face-à-face presque orageux entre deux régimes de couleur, le rouge saturé qui engloutit l’espace et le bleu qui tente d’y poser une île fragile.

La table n’est plus un support mais une vibration, un plan instable où les objets semblent flotter, pris dans une tension entre apparition et dissolution. Tout vacille, mais rien ne cède. Matisse ne décrit plus un intérieur, il le met en état d’incandescence.

Avec La Tristesse du roi, Matisse orchestre une scène intérieure où la couleur se fait musique, où les formes, disjointes en apparence, composent une mélancolie souveraine. Les planches de Jazz, notamment Icare, déploient une mythologie intime, un théâtre d’ombres vives où la chute devient illumination.

Les grandes compositions comme Polynésie, la mer ouvrent quant à elles un horizon sans perspective, une mer mentale où flottent des formes libres, presque respirantes.

Et puis il y a la chapelle du Rosaire de Vence, aboutissement total, où peinture, lumière et espace fusionnent en un seul geste, ultime transfiguration d’un artiste qui, jusqu’au bout, aura cherché à faire tenir le monde dans la pureté d’un découpage.

Ce qui demeure, au sortir de l’exposition, n’est pas une rétrospective mais une sensation physique. Celle d’avoir approché une œuvre qui, au bord de sa disparition, choisit paradoxalement l’intensité maximale.

Matisse, ici, n’adoucit rien. Il tranche, il découpe, il simplifie jusqu’à atteindre une forme de joie unique, presque minérale. Une joie sans anecdote, sans récit, qui tient toute entière dans la persistance d’une couleur posée contre le vide.

 Dates : du 24 mars au 26 juillet 2026 – Lieu : Grand Palais (Paris)

[Manga] Sakamoto Days, tome 22, de Yuto Suzuki (Glénat)

Sakamoto Days — couverture[Manga] Sakamoto Days, tome 22, de Yuto Suzuki (Glénat)

Votre épicier est un assassin légendaire ! Le hit de Yuto Suzuki continue de mêler action déchaînée et comédie familiale, avec un tome 22 sous haute tension.

L’impitoyable Tenkyu n’hésite pas à brutaliser l’oracle Atari, pourtant sans défense. Écœuré par la cruauté de son adversaire et tremblant de colère, Shin est prêt à tout pour protéger ceux qui lui sont chers, quitte à transgresser le règlement de la supérette Sakamoto… Quelqu’un saura-t-il retenir sa main avant qu’il ne commette l’irréparable ?!

Pour les retardataires : Taro Sakamoto est un assassin légendaire, le meilleur d’entre tous, craint par tous les gangsters, adulé par ses pairs. Mais un beau jour, il tombe amoureux. S’ensuivent retraite, mariage, paternité… et prise de poids. Sakamoto est aujourd’hui patron d’une petite épicerie de quartier et coule des jours heureux avec sa famille. Mais lorsque son passé le rattrape sous les traits de Shin, jeune assassin télépathe, Sakamoto reprend du service… et malgré son apparence, il est toujours aussi charismatique lorsqu’il passe à l’action !

Première série d’un jeune prodige du manga, publiée sur Weekly Shōnen Jump — le magazine qui a propulsé les séries stars comme Dragon Ball, One Piece, My Hero Academia, Demon Slayer ou Dr.Stone —, Sakamoto Days est déjà l’un des hits de la Shueisha. Cette série à la fois graphique, badass et hilarante confirme tome après tome : action, émotion et fous rires garantis !

Découvrez la fiche complète chez Glénat Manga. Retrouvez toutes nos chroniques dans la rubrique Manga. A lire !!

Sakamoto Days

Résumé éditeur

Votre épicier est un assassin légendaire ! Le hit de Yuto Suzuki continue de mêler action déchaînée et comédie familiale, avec un tome 22 sous haute tension.

📚 Fiche éditeur

Auteur Yuto Suzuki
Éditeur Glénat
Collection Shonen
Date de sortie 1er juillet 2026
Prix 7,20 €
EAN 9782344068649
Pagination 192 pages
Format 11,5 x 18 cm

Une pièce de théâtre complètement folle avec La dame de chez Maxim au Lucernaire

Le Lucernaire ne recule devant rien pour dépoussiérer Georges Feydeau et en offrir une adaptation moderne la plus virevoltante possible. Après Le Dindon et Le fil à la patte, c’est au tour de La dame de chez Maxim de se voir offrir un sérum de jeunesse mis en scène par les indispensables Florence Le Corre et Philippe Person. La troupe du Collectif Paradis formée par des anciens élèves de l’Ecole d’art dramatique du Lucernaire est à la manœuvre pour un tourbillon d’actions, de quiproquos et d’audace. Impossible d’éviter le point de côté tant les éclats de rire s’enchainent quasiment sans discontinuer pendant 1h30 de frénésie comique. Certains pensent que Feydeau est aujourd’hui daté et vieux jeu, voici la preuve que c’est aucunement le cas quand une jeune troupe de comédiens et de comédiennes s’en donnent à cœur joie pour s’amuser et divertir en flirtant avec la ligne rouge de la grivoiserie sans jamais la franchir mais sans jamais se priver non plus de somptueux double sens.

11 personnages évoluent sur scène dans un spectacle d’une densité folle qui ne dure pourtant qu’1h35. Les personnages de la Môme Crevette et du couple Petypon tiennent la dragée haute à une galerie d’intervenants tous au même niveau pour une intrigue à apprécier jusqu’au 30 aout, un immanquable de l’été théâtral parisien.

Synopsis:

Le docteur Petypon a passé la nuit chez Maxim avec son ami Mongicourt. Ce dernier le retrouve endormi… à midi ! De la chambre sort la Môme Crevette, danseuse du Moulin-Rouge. Le général Petypon, l’oncle, arrive, prend la Môme pour l’épouse du docteur qui ne nie pas et invite son neveu au mariage de la nièce Clémentine, dans son château en Touraine. Petypon est donc contraint d’emmener la Môme en guise de femme. Quant à sa (vraie) épouse, Gabrielle, elle reçoit tardivement la lettre qui annonce le mariage et part à son tour pour la Touraine… suivie par Mongicourt. Tous se retrouvent au château : Quiproquos en pièce montée !

Une môme-crevette, un général, un mari, un ami, une épouse, une chorale, une fanfare, des pompiers : ciel, mon Feydeau !

Détails:

Du Mercredi au samedi à 20h30 | le Dimanche 17h

Du 27 mai au 30 août 2026, Théâtre Noir

[BD] Dust to Dust, de Phil Bram & J.G. Jones (Delcourt)

[BD] Dust to Dust, de Phil Bram & J.G. Jones (Delcourt)

Certains albums ne se lisent pas vraiment : on les traverse, dents serrées, comme on marche contre le vent en gardant la bouche close pour ne pas avaler le sable. Dust to Dust, sorti le 2 juillet 2026 chez Delcourt dans la collection Contrebande, est de ceux-là. Écrit par Phil Bram et entièrement dessiné par J.G. Jones — oui, le Jones de Wanted (avec Mark Millar) et de Final Crisis (avec Grant Morrison) —, ce récit complet nous emmène dans l’Oklahoma de 1930, sur des terres où la Grande Dépression et le Dust Bowl frappent en même temps. Là, dans une bourgade exsangue, un shérif rongé par le remords et une photojournaliste venue de l’Est se retrouvent face à un tueur en série dont personne, en haut, ne veut reconnaître l’existence.

New Hope, Oklahoma : une ville qui s’accroche

Tout démarre avec les Olsen, qu’on découvre calcinés dans leur automobile, sur cette route de Californie qu’ils avaient prise pour échapper à la misère. New Hope, ce petit bourg agricole du sud-ouest, vit sous cloche depuis des mois déjà : plus de récoltes à cause de la sécheresse, des maisons que le sable finit par ensevelir, des fermiers qui plient bagage les uns après les autres. Le maire Hillard, notable soucieux de ne pas voir sa ville se dépeupler davantage, se passerait bien d’une affaire de meurtre par-dessus le marché. Le shérif Meadows, lui, n’a pas ce confort-là. Une vieille faute le hante — une gamine qu’il n’a pas su protéger, et qui en est morte — et s’il tient encore debout, c’est de justesse ; mais il refuse de fermer les yeux. Sarah l’accompagne : photojournaliste envoyée par un magazine de la côte Est, elle trimballe son appareil comme un fardeau, persuadée que chaque cliché arrache un bout de vérité à cette Amérique qu’on aimerait mieux ne pas regarder. Et rôde autour d’eux une présence dont on ne saura pas longtemps si elle est humaine ou d’un autre ordre, qui s’en prend à ceux qui ont eu leur part dans la ruine de la ville. Sur cette trame policière assez classique, Bram vient greffer un arrière-plan historique où chacun, à sa manière, porte la question de la faute collective.

Un thriller qui serre la gorge, dans un monde qui s’écroule

S’il fallait retenir une qualité à Dust to Dust, ce serait celle-ci : le livre ne choisit jamais tout à fait entre le polar et la fresque documentaire. Phil Bram tisse les deux sans se presser. L’enquête progresse au ralenti, coupée de veillées, de départs, de repas où personne ne parle, dans des cuisines aux vitres bouchées par des linges mouillés. Le racisme qui couve, les notables qui font la loi, la peur du lendemain qui impose le silence : tout cela circule dans le récit sans jamais l’étouffer sous le discours. Meadows n’a rien du justicier de cinéma, et son enquête ressemble davantage à une errance qu’à une traque méthodique. Sarah, elle, regarde de l’extérieur sans jamais jouer les sauveuses — ses photos ne rachèteront personne, sauf peut-être elle-même. Quant au tueur, lorsqu’il finit par se montrer, il n’a pas le visage qu’on lui prêtait, et c’est là que l’album trouve ses pages les plus troublantes.

J.G. Jones, ou l’art d’ensabler la lumière

Ce sont les couleurs qui sautent aux yeux d’abord. J.G. Jones assure lui-même la totalité du dessin et de la mise en couleurs, et son choix ne fait pas dans la demi-mesure : des aquarelles où dominent le sépia, l’ocre et la terre de Sienne, baignées d’une lumière qu’un rideau de poussière semble toujours voiler. On connaissait déjà son ultra-réalisme, sur Wanted comme sur les couvertures de 52, mais il pousse ici le souci du détail encore plus loin. Chaque planche tient du tableau : les visages burinés par le vent, les carrosseries mangées par le sable, les églises de bois que le soleil a délavées, et ces silhouettes minuscules englouties par les murailles brunes qui montent à l’horizon. Il privilégie les grandes cases, presque des plans de cinéma, et des splash pages où le décor prend le dessus sur l’action ; c’est particulièrement fort quand une tempête surgit au milieu d’un dialogue et vient tout avaler d’un coup. Un autre aurait joué sur le contraste ; Jones, lui, mise sur la continuité des tons — la même poussière se dépose sur les indices et sur les regrets. À ce titre, Dust to Dust s’inscrit dans la lignée de ces romans graphiques où la lumière, à elle seule, raconte une civilisation à bout.

Un one-shot qui compte pour la collection Contrebande

Dans une année qui n’a pourtant pas manqué de récits plantés dans l’Amérique rurale — de 1949 signé Dustin Weaver aux westerns de Chris Condon —, Dust to Dust se hisse parmi les grands one-shots de l’été. L’objet, déjà, vaut le détour : 208 pages en album cartonné grand format (213 × 323 mm), un papier qui rend justice aux sépias de J.G. Jones, et un prix de 22,50 € franchement raisonnable vu l’ambition graphique. Le scénario, c’est vrai, ne réinvente pas grand-chose qu’on n’ait lu ailleurs, et l’on pourra reprocher au duo deux ou trois figures un peu convenues — le maire pourri, une révélation finale que certains verront venir dès la moitié du livre. Mais tout tient, porté par la force de l’atmosphère et par cette façon si particulière qu’a Jones de peindre la Grande Dépression comme s’il en revenait. On referme Dust to Dust la gorge sèche, avec l’impression d’avoir marché des heures sous un soleil de plomb, les yeux rivés sur cette Amérique qui se cherche encore et n’en finit pas de régler ses vieilles ardoises.

📖 Résumé de l’éditeur

Ce récit complet se déroule pendant la Grande Dépression aux USA, au cours du Dust Bowl, une catastrophe météorologique et écologique qui traversa le sud des États-Unis dans les années 1930. Alors que d’immenses tempêtes de poussière se lèvent, la petite ville de New Hope en Oklahoma fait face à une mystérieuse présence, celle d’un terrifiant tueur en série. J.G. Jones et Phil Bram nous concoctent un récit obsédant qui prend aux tripes porté par le sublime dessin ultra réaliste de J.G. Jones.

📚 Fiche éditeur

Scénario Phil Bram
Dessin & couleurs J.G. Jones
Éditeur Delcourt — collection Contrebande
Date de sortie 2 juillet 2026
Prix 22,50 €
EAN 9782413090489
Pagination 208 pages
Format Album cartonné, 231 × 308 mm, couleurs

[BD Jeunesse] Le Voisin grognon, de Josephine Mark (Aventuriers d’Ailleurs)

Le Voisin grognon — couverture[BD Jeunesse] Le Voisin grognon, de Josephine Mark (Aventuriers d’Ailleurs)

Pas si simple, l’amitié ! Adaptée du roman d’Annette Pehnt et Jutta Bauer, cette BD jeunesse de l’Allemande Josephine Mark raconte avec humour l’apprivoisement d’un voisin bougon.

Tout se passait bien… jusqu’à l’arrivée d’un nouveau voisin. Il n’entretient pas son jardin, il creuse des trous et reste cloîtré chez lui sans jamais pointer le bout de son nez. Mais sa voisine, la pétillante Elle Tinegueli, entend bien faire sa connaissance. Elle décide donc d’organiser une petite fête de bienvenue… La gentillesse de Tinegueli suffira-t-elle à apprivoiser ce voisin qui ne fait que grogner ?

Née en 1981, graphiste indépendante, Josephine Mark s’est imposée en quelques albums comme l’une des voix les plus drôles et touchantes de la BD jeunesse allemande : prix Max und Moritz de la meilleure BD jeunesse pour Voyage de malade, adaptation remarquée de Der Barbeiß… C’est précisément cette adaptation que les Aventuriers d’Ailleurs nous offrent ici en français.

En 72 pages menées tambour battant, Le Voisin grognon parle aux enfants de la différence, de la solitude et de cette vérité toute simple : derrière chaque grognement se cache souvent quelqu’un qui n’attend qu’une main tendue. Le dessin rond et expressif, la mécanique comique et la tendresse du propos en font une lecture idéale dès l’école primaire.

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Le Voisin grognon

Résumé éditeur

Pas si simple, l’amitié ! Adaptée du roman d’Annette Pehnt et Jutta Bauer, cette BD jeunesse de l’Allemande Josephine Mark raconte avec humour l’apprivoisement d’un voisin bougon.

📚 Fiche éditeur

Auteur Josephine Mark
D’après Annette Pehnt et Jutta Bauer
Éditeur Aventuriers d’Ailleurs
Date de sortie 1er juillet 2026
Prix 17,90 €
EAN 9782386041174
Pagination 96 pages
Format 219 x 294 mm, histoire complète

[Manga] Astro Royale, tome 4, de Ken Wakui (Glénat)

Astro Royale — couverture[Manga] Astro Royale, tome 4, de Ken Wakui (Glénat)

Yakuzas, météorites et super-pouvoirs ! Après Tokyo Revengers, Ken Wakui poursuit sa saga déjantée où pègre et cosmos se percutent — littéralement.

Hibaru et ses compagnons sont arrivés sur la plateforme zéro, dans la baie de Tokyo, afin de percer les secrets du minerai de l’aube gardés par le bureau numéro 6. Mais Himuro leur avait emboîté le pas et débarque sur la plateforme, forces de l’ordre contre yakuzas, à chacun ses motivations pour se battre dans la série de duels qui commence !

Rappel des faits pour ceux qui prendraient le train en marche : Kongo Yotsurugi, chef du clan Yotsurugi — un groupe de yakuzas d’Asakusa — est décédé. Hibaru, son unique enfant biologique, se retrouve dans un conflit pour la succession du clan avec ses frères et sœurs adoptifs. C’est alors qu’à la suite d’une pluie de météorites, les gens voient s’éveiller en eux un mystérieux pouvoir appelé « astro »…

Avec Astro Royale, on retrouve tous les éléments qui ont fait le succès de Ken Wakui — personnages charismatiques, affrontements bouleversants, victoires d’exception et dénouements en apothéose — avec en outre un univers totalement différent et ravagé. Un shonen généreux et nerveux, dont ce quatrième tome lance une série de duels qui promet.

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Astro Royale

Résumé éditeur

Yakuzas, météorites et super-pouvoirs ! Après Tokyo Revengers, Ken Wakui poursuit sa saga déjantée où pègre et cosmos se percutent — littéralement.

📚 Fiche éditeur

Auteur Ken Wakui
Éditeur Glénat
Collection Shonen
Date de sortie 1er juillet 2026
Prix 7,20 €
EAN 9782344071472
Pagination 192 pages
Format 11,5 x 18 cm

[Manga] Les Noces des lucioles, tome 8, d’Oreco Tachibana (Glénat)

Les Noces des lucioles — couverture[Manga] Les Noces des lucioles, tome 8, d’Oreco Tachibana (Glénat)

Assassin creepy cute… Le shojo+ d’Oreco Tachibana poursuit sa romance vénéneuse entre une héroïne au destin compté et l’assassin qu’elle doit épouser.

Jube, le père de Satoko, débarque sur Tennyojima et s’attaque à Shinpei. Les soldats de la famille Kirigaya ouvrent le feu sur Mitsueda, venu en renfort avec ses hommes, et le criblent de balles. Alors que Satoko assiste impuissante à la scène, de nombreuses personnes sont grièvement blessées, ou pire. Profondément meurtrie par les événements, Satoko va devoir passer ses journées alitée. Mais un soutien inattendu pourrait bien se profiler à l’horizon…

Pour mémoire : en pleine ère Meiji, Satoko Kirigaya n’a qu’un seul souhait — se marier pour l’honneur de sa famille et ce, même si ses jours sont comptés. Mais alors qu’un assassin tente de la tuer, elle lui propose de l’épouser ! Une proposition qui pourrait bien se retourner contre elle…

Avec ce titre, Oreco Tachibana prouve combien elle maîtrise le shojo et les relations tortueuses. Outre le prestigieux prix Kono Manga des lectrices (9e place), Les Noces des lucioles a également reçu le grand prix « Minna ga Erabu!! Denshi Comic Taisho 2024 », et réussit l’exploit d’avoir dépassé le million d’exemplaires vendus au Japon en à peine trois volumes. Une série addictive, avec une héroïne bien décidée à survivre à l’assassin qu’elle doit épouser — et ce huitième tome, le plus sombre à ce jour, ne dément pas la formule.

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Les Noces des lucioles

Résumé éditeur

Assassin creepy cute… Le shojo+ d’Oreco Tachibana poursuit sa romance vénéneuse entre une héroïne au destin compté et l’assassin qu’elle doit épouser.

📚 Fiche éditeur

Autrice Oreco Tachibana
Éditeur Glénat
Collection Shojo+
Date de sortie 1er juillet 2026
Prix 7,90 €
EAN 9782344073179
Pagination 192 pages
Format 13 x 18 cm

« 1,2,3 Poquelin », le rire en état d’insurrection à la Carrière de Boulbon (Festival d’Avignon)

« 1,2,3 Poquelin », le rire en état d'insurrection à la Carrière de Boulbon (Festival d’Avignon)
1,2,3 Poquelin, tg Stan 2026 © Christophe Raynaud de Lage/Festival d’Avignon

« 1,2,3 Poquelin », le rire en état d’insurrection à la Carrière de Boulbon (Festival d’Avignon)

Il faut parfois des artistes venus d’ailleurs pour nous rappeler que Molière n’est pas un patrimoine mais un incendie. À force de le sanctuariser, la France l’a parfois trop momifié.

tg STAN, lui, le rend à son désordre. À sa férocité. À son rire qui mord avant de consoler. Dans l’écrin brut de la Carrière de Boulbon, où la roche semble porter la mémoire des siècles, le collectif flamand ne célèbre pas un anniversaire de plus.

Il ouvre un chantier. Un vaste chantier de démolition joyeuse où les certitudes tombent les unes après les autres.

Car « 1,2,3 Poquelin » ne raconte rien. Ou plutôt il raconte l’essentiel : l’éternel retour de nos bassesses. Avec Le Malade imaginaire, Le Médecin malgré lui, Les Femmes savantes, L’Avare ou Le Mariage forcé qui ferraille aussi avec Les Égotistes, pièce attribuée au dramaturge à titre posthume, tg Stan s’en donne à cœur joie.

Les personnages changent de costume, de sexe parfois, de voix, mais jamais de nature. Toujours les mêmes appétits. Toujours les mêmes lâchetés. Toujours cette comédie humaine qui, sous le masque du rire, laisse apparaître une grimace inquiétante.

Chez tg STAN, le théâtre refuse obstinément de devenir une machine bien huilée. Il respire. Il trébuche. Il improvise l’illusion de l’improvisation.

Les acteurs entrent avant leur tour, oublient ostensiblement un accessoire, commentent une réplique, s’observent, s’amusent de leurs propres accidents.

Rien n’est caché parce que tout repose sur un pacte de confiance absolu avec le spectateur. Cette fragilité revendiquée devient une force de subversion.

À l’heure où des mises en scène peuvent s’abriter derrière la technologie ou les concepts, tg STAN ose encore croire que le théâtre naît d’abord d’un regard échangé et d’un souffle partagé.

Cette confiance est bouleversante. Elle donne au spectacle une vibration que rien ne semble pouvoir figer. Les répliques ne tombent jamais comme des sentences apprises mais comme des pensées qui surgissent à l’instant même où elles sont dites.

Poquelin ou l’art du désordre

Les alexandrins perdent leur raideur scolaire pour retrouver une oralité presque insolente. Molière cesse d’être récité, il est vécu. Et, miracle suprême, il redevient dangereux.

Danger politique d’abord. Parce que sous les grimaces des médecins charlatans, des maris tyranniques, des dévots manipulateurs et des pères cupides apparaît une société qui ressemble furieusement à la nôtre.

tg STAN ne plaque aucun discours contemporain sur les textes. Il n’en a pas besoin. Molière avait déjà tout vu.

L’arrogance des puissants, le commerce des corps, l’hypocrisie des vertueux, le patriarcat érigé en ordre naturel, le règne de l’argent comme unique morale : quatre siècles plus tard, la farce continue. Nous avons seulement changé les costumes.

Et puis il y a Boulbon. Impossible de dissocier le spectacle de cette cathédrale de pierre où les falaises semblent assister, impassibles, à la parade des vivants.

Face à cette masse minérale qui survivra à toutes les civilisations, les personnages de Molière apparaissent soudain minuscules, ridicules, presque pathétiques. Ils s’agitent pour quelques héritages, quelques titres, quelques chimères de pouvoir pendant que la roche, elle, demeure.

Cette confrontation silencieuse entre l’éphémère du théâtre et l’éternité du paysage donne au spectacle une profondeur inattendue. Le rire se charge d’une gravité presque métaphysique.

Ce qui fascine surtout, c’est cette manière qu’a tg STAN de faire tomber toutes les hiérarchies. Plus de premiers rôles. Plus de vedettes. Plus de personnages principaux. Seulement une troupe.

Une véritable troupe, au sens presque archaïque du terme, où chacun porte le texte de l’autre comme on porterait un ami fatigué. À une époque dominée par les ego et les signatures, cette intelligence collective relève presque du geste politique.

On pourrait chercher des imperfections. Quelques longueurs, des digressions, des flottements assumés.

Mais ces respirations appartiennent à la nature même du projet. tg STAN refuse le théâtre calibré, celui qui verrouille chaque silence et chronomètre chaque émotion.

Ici, le temps demeure vivant. Il s’étire, bifurque, surprend. Il ressemble à la vie davantage qu’à un spectacle.

Au fond, « 1,2,3 Poquelin » ne cherche jamais à démontrer que Molière est moderne. Cette formule paresseuse appartient aux dossiers pédagogiques.

Il accomplit beaucoup mieux : il montre que nous ne sommes pas encore sortis de Molière. Nous habitons toujours ses monstres.

Nous continuons d’épouser ses ridicules avec une constance presque admirable.En quittant ce spectacle, une impression persiste. Celle d’avoir vu un théâtre débarrassé de toute volonté de séduire, de toute démonstration d’intelligence, de toute révérence culturelle.

Un théâtre qui joue parce qu’il ne sait pas faire autrement. Un théâtre qui préfère le risque à la perfection, le désordre à la virtuosité, la vie à sa représentation.

C’est là, finalement, la plus belle fidélité rendue à Poquelin : ne jamais transformer son œuvre en relique. Continuer à la laisser rire de nous. Et constater, avec un léger frisson, que ce rire-là n’a décidément rien perdu de son pouvoir de nuisance.

Dates : du 13 au 25 juillet 2026 et sur France tv – Lieu : Carrière de Boulbon (Festival d’Avignon)
 Conception : tg Stan

[Manga] La Guilde marchande de Pandémonia T3, de Kachou Hashimoto (Glénat Manga)

La Guilde marchande de Pandémonia tome 3 - couverture[Manga] La Guilde marchande de Pandémonia, T3, de Kachou Hashimoto (Glénat Manga)

Difficile de ranger La Guilde marchande de Pandémonia dans la grande étagère shōnen. Pas de tournoi, pas d’arc d’entraînement, pas de pierre angulaire posée sur le dépassement de soi à coups de poings. Kachou Hashimoto a choisi un autre terrain, et ce troisième tome confirme qu’elle compte y rester un moment.

Glénat avait annoncé la série en quatre volumes. On arrive donc à l’avant-dernier, et ça se sent dans le rythme. Lucciola Lunatica et Astros Anima reviennent de l’épisode du bateau fantôme un peu plus aguerris, un peu plus marqués, et la guilde des marchands qu’on découvrait au tome 1 sort de son rôle d’élément curieux pour devenir le moteur du récit. L’autrice multiplie les contrées visitées, croise les figures classiques de la fantasy occidentale (démons sous contrat, monstres-clients, magie tarifée à la ligne) et rappelle qu’on peut entrer dans un donjon sans dégainer.

Ce qu’on échange ici, ce sont des biens, des informations, parfois un service rendu, plus rarement des coups. Le combat reste possible mais il devient l’option B, presque la solution paresseuse. Hashimoto en fait un parti pris narratif assumé : chaque rencontre se transforme en négociation, et chaque négociation devient un mini-récit avec son arc, son retournement, sa morale. On pense forcément à Spice & Wolf pour le couple marchand sur les chemins de campagne, et à Frieren pour cette manière de regarder l’univers fantasy avec un pas de côté. Mais la comparaison s’arrête vite : Pandémonia garde un tempo nettement plus shōnen, plus rapide, plus tourné vers le découpage d’action quand il le faut.

Lucciola reste la pièce centrale du tome. Hashimoto continue de creuser ce personnage qui pourrait facilement basculer dans le cliché de la vendeuse débrouillarde au sourire facile, et qui s’en sort par la nuance. Le tome 3 lui offre deux ou trois moments où elle refuse l’arrangement le plus rentable, et c’est dans ces refus qu’elle prend de l’épaisseur. Astros Anima, lui, sert de contrepoint plus instinctif, parfois maladroit, jamais ridicule. Le duo fonctionne, sans la mécanique horripilante du faire-valoir qu’on traîne dans tant de shōnen.

Côté dessin, Hashimoto reste fidèle à son trait précis, un peu raide sur les figures humaines, beaucoup plus libre dès qu’il s’agit de croquer un démon ou un décor de marché. Les pleines pages sur les contrées sont particulièrement réussies, avec un soin du détail qui rappelle les vieux jeux de rôle papier. Les scènes d’échange, plus statiques sur le papier, sont rythmées par un découpage habile : les bulles découpent le temps de la négociation comme un duel l’aurait fait dans un autre titre. C’est probablement là que l’autrice est la plus inventive, et c’est ce qu’on retient une fois le volume refermé.

À mi-parcours de la série, on commence aussi à voir poindre la fin. Quatre tomes, c’est court pour un shōnen, et le format se ressent : Hashimoto avance vite, plante moins de pistes secondaires, ferme déjà des arcs ouverts au tome précédent. C’est plutôt agréable. On a l’impression d’un récit pensé d’un bloc, pas d’une série étirée par contrat éditorial. Reste à voir comment l’autrice clôturera tout ça l’an prochain.

En attendant, ce troisième volume tient ses promesses : un shōnen marchand, un univers qui s’ouvre encore un peu, et un duo qu’on suit avec plaisir. À 7,20 € le tome, c’est probablement l’une des entrées les plus solides du catalogue Glénat shōnen 2026.

Si vous avez manqué le début

Pandémonia, ce sont ces terres où humains et monstres se croisent et s’affrontent dans une économie où la loi du plus fort fait office de cours légal. Lucciola Lunatica, héroïne tête brûlée, y survivait à l’instinct jusqu’à sa rencontre avec Bikis Draco, membre d’une guilde dont elle ignorait l’existence : celle des marchands qui commercent avec les monstres plutôt que de les combattre, découverte dans le tome 1. Le tome 2 l’embarquait sur un bateau fantôme et resserrait son lien avec Astros Anima ; le tome 3 prolonge cette dynamique en élargissant la carte.

📖 Résumé de l’éditeur

Ouvrons la route commerciale défendue !! Reprenons le second siège de la guilde perdu 10 ans auparavant !! Après avoir percé le mystère du bateau fantôme, Lucciola et ses amis sont parvenus à passer un accord avec le kraken. Toutefois, Lucciola s’en veut d’avoir joué avec la vie de ses camarades. Elle se promet alors de tout faire pour ne plus jamais les exposer au danger. Pour mener à bien son plan d’une Pandémonia en paix, Lucciola va devoir trouver son « arme » de négociante bien à elle !!

 

📚 Fiche éditeur

Auteur Kachou Hashimoto
Éditeur Glénat Manga
Collection Shōnen
Date de sortie 17 juin 2026
Prix 7,20 €
EAN 9782344077185
Pagination 192 pages
Format Broché souple, 11,5 × 18 cm
Série Prévue en 4 tomes

[Manga] Rave – Édition originale, tome 14, de Hiro Mashima (Glénat)

Rave – Édition originale — couverture

[Manga] Rave – Édition originale, tome 14, de Hiro Mashima (Glénat)

La première œuvre de l’auteur de Fairy Tail dans une édition enfin conforme aux attentes des fans : Rave poursuit sa réédition en volumes doubles grand format.

Hardner, porteur du pouvoir « Anastasis », est immortel ! Il souhaite restaurer le Leben Ring, fusionner avec l’Endless invoqué grâce au sceptre de l’espace et du temps, et ainsi devenir un dieu !! En apprenant que l’Endless ne possédait pas l’aetherion, Hardner ordonne aux Six Guards de lui ramener Elie !! S’il s’empare du pouvoir d’Elie, les Enfers seront anéantis !! Pour protéger leur monde natal, Let et Julia décident de combattre respectivement Hardner et le chef des Six Guards… Ils sont même résolus à y laisser leur vie s’il le faut !!

Pour resituer : par le passé eut lieu une grande guerre entre les Rave, les pierres sacrées, et les Dark Bring, les pierres maléfiques. La bataille finale se conclut par une effroyable explosion appelée Overdrive. Les Rave se dispersèrent à travers le monde et les Dark Bring ne firent plus parler d’eux… Cinquante ans plus tard, les Dark Bring sont ramenés sur le devant de la scène par Demon Card, une organisation de criminels. Le monde est sur le point de basculer dans les ténèbres. Haru, un jeune garçon qui habite sur l’île Garage, est désormais le seul à pouvoir utiliser le pouvoir des Rave : le voilà choisi pour devenir le sauveur tant attendu — et il va nous en faire la démonstration !

Rave est la première série emblématique de Hiro Mashima, celle qui l’a définitivement ancré dans le panthéon des auteurs de shonen à succès. Afin de proposer une version plus conforme aux attentes des lectrices et lecteurs actuels, la série revient donc sous la forme de volumes doubles en grand format : 352 pages de pur shonen d’aventure, pour (re)découvrir les racines de Fairy Tail et d’Edens Zero.

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Rave – Édition originale

Résumé éditeur

La première œuvre de l’auteur de Fairy Tail dans une édition enfin conforme aux attentes des fans : Rave poursuit sa réédition en volumes doubles grand format.

📚 Fiche éditeur

Auteur Hiro Mashima
Éditeur Glénat
Collection Shonen
Date de sortie 1er juillet 2026
Prix 14,95 €
EAN 9782344060544
Pagination 352 pages
Format 14,5 x 21 cm, grand format double

[BD] Sous un magnolia en fleurs et autres souvenirs du passé, de Golo Zhao (Glénat)

[BD] Sous un magnolia en fleurs et autres souvenirs du passé, de Golo Zhao (Glénat)

Un recueil plein de délicatesse et de poésie… Golo Zhao revient avec de nouvelles histoires graphiques courtes, entre souvenirs du passé et déambulations contemplatives.

Après La plus belle couleur du monde et Un dernier soir à Pékin, Golo Zhao revient avec un recueil d’histoires courtes, des nouvelles graphiques dont il a seul le secret, aidé de son sens raffiné de la dramaturgie. Que ce soit une rencontre un jour de pluie (Rainy day, 2016), des retrouvailles entre amis (Little forest, 2015), un coucher de soleil à la gare routière (Bus station, 2013)… on y vit la beauté de moments suspendus.

Ces histoires inédites qui couvrent plus d’une dizaine d’années de production n’ont jamais été publiées en France ni réunies en recueil. Elles nous donnent à voir une nouvelle facette de l’artiste : celle de brèves déambulations poétiques qui racontent des tranches de vie oniriques et romantiques — le lien, un souvenir, ou le rapport de l’homme à la nature.

Dessinateur chinois né en 1984, diplômé de l’Académie des beaux-arts de Guangzhou et de l’Académie cinématographique de Beijing, Golo Zhao a reçu en France un accueil chaleureux dès La Balade de Yaya, puis avec Au gré du vent (Pika Graphic), Le Monde de Zhou Zhou (Casterman) ou Entre ciel et terre (Cambourakis), sans oublier le Prix des Écoles à Angoulême 2012 pour sa série jeunesse. Ces 368 pages en couleurs, à savourer un chapitre à la fois, confirment qu’il est l’un des poètes graphiques les plus singuliers de sa génération.

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Sous un magnolia en fleurs et autres souvenirs du passé

Résumé éditeur

Un recueil plein de délicatesse et de poésie… Golo Zhao revient avec de nouvelles histoires graphiques courtes, entre souvenirs du passé et déambulations contemplatives.

📚 Fiche éditeur

Auteur, dessin & couleurs Golo Zhao
Éditeur Glénat
Date de sortie 1er juillet 2026
Prix 25,00 €
EAN 9782344071786
Pagination 368 pages
Format 17 x 24 cm, couleurs, one-shot

Dégustation du Saint-Joseph rouge Clos Chanson 2023 de la Maison Pichon, un vin rouge vrai et entier

La Maison Pichon dévoile son nouveau St-Joseph rouge, le Saint-Joseph Clos Chanson 2023. A l’œil, la robe est d’apparence d’un beau rubis. Le nez est fruité avec des notes de fruits rouges comme le cassis, avec en plus du réglisse minéral. La bouche est ample, harmonieuse entre matière et fruits, gourmande et longue, la finale est saline, très fin et élégant. L’attaque est franche avec un bel equilibre. Notes de cassis, fruits noirs et épices. Le vin se déguste idéalement en accompagnement de terrines, du bœuf grillé, des brochettes d’agneau, un pigeon, de la caille aux raisins. Le prix de vente de 31 euros est en rapport avec la qualité du vin, à découvrir absolument, et toujours avec modération.  Le domaine connait une production de 180 000 bouteilles vendues et présentes également chez des cavistes et dans des restaurants dont de nombreux restaurants étoilés français. Les vins sont également distribués dans plus de 30 pays dans le monde.

Publireportage: En bref: La Maison Pichon, une aventure familiale à Chavanay : la Maison Christophe Pichon est devenue un incontournable, collectionnant les plus grands terroirs et les appellations prestigieuses sur un peu plus de 30 hectares. C’est une histoire de famille qui partage la passion de la Syrah et du Viognier pour produire des vins haut de gamme. Les vins sont le reflet d’un savoir-faire transmis de génération en génération, combinant tradition et innovation pour sublimer chaque millésime. Corentin et Christophe Pichon élargissent encore la gamme, proposant régulièrement de nouvelles cuvées.

Christophe agrandit la surface du domaine au rythme d’opportunités d’achats de parcelles et de la reprise des vignes de Philippe qui prend sa retraite en 2000. Sa vision est résolument moderne et son engagement dans la vie du vignoble est totale. Il prend des responsabilités au syndicat agricole et viticole de Chavanay, devient président de l’AOC Condrieu de 2003 à 2022 et pèse de toute son expérience aujourd’hui avec pour objectif de faire classer le vignoble du Rhône au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Travailleur aguerri, Christophe est partout, à la vigne, à la cave, dans les salons avec Isabelle pour faire connaître ses vins aux amateurs et aux professionnels. Un rythme digne des travaux d’Hercule nourri par une passion sincère, une appétence pour communiquer son enthousiasme, fédérer ses pairs et faire de la « politique ».

Cette faculté à échanger et à transmettre a sans aucun doute permis aux enfants d’Isabelle et Christophe de trouver une place au domaine de façon naturelle. Conscients que l’évolution d’un domaine doit se nourrir de nouvelles idées, ils ont fait en sorte de faciliter l’arrivée de Corentin et de lui laisser la liberté d’exprimer sa vision du vin. Christophe est devenu le liant essentiel du domaine, celui qui va permettre à chaque membre de l’équipe de travailler dans les meilleures conditions possibles. Un chef d’orchestre, qui accompagne d’un œil bienveillant ce modèle de domaine familial.

[Manga] Dragon Ball Full Color – Freezer, tome 1, d’Akira Toriyama (Glénat)

Dragon Ball Full Color – Freezer — couverture[Manga] Dragon Ball Full Color – Freezer, tome 1, d’Akira Toriyama (Glénat)

Après le monde, la galaxie ! L’arc mythique de Freezer débarque dans l’édition Full Color : le chef-d’œuvre d’Akira Toriyama comme vous ne l’avez (peut-être) jamais lu.

Alors qu’ils arrivent sur Namek, Krilin, Son Gohan et Bulma découvrent un espace calme où il semble faire bon vivre. Ils ne sont malheureusement pas les premiers arrivés… Pire, la planète est la proie de criminels qui n’accordent aucun prix à la vie ! La quête des dragon balls prend une tournure bien dangereuse…

Au programme de ce premier tome de 248 pages : l’aventure spatiale, Namek, l’arrivée du Super Saiyan et l’adversaire le plus retors de toute la saga. Car Freezer, c’est le grand méchant absolu du shonen, celui contre lequel tous les vilains suivants seront mesurés — et l’arc Namek reste, quarante ans après, un sommet de tension dramatique.

L’intérêt de cette édition Full Color, au format plus grand (14,5 x 21 cm), est évident : la mise en couleur d’origine japonaise redonne un éclat saisissant au trait de Toriyama, dont chaque case respire. Pour les collectionneurs comme pour une nouvelle génération de lecteurs qui découvrirait la série après la disparition du maître, c’est une porte d’entrée idéale dans l’un des récits fondateurs du manga moderne. Indispensable, tout simplement.

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Dragon Ball Full Color – Freezer

Résumé éditeur

Après le monde, la galaxie ! L’arc mythique de Freezer débarque dans l’édition Full Color : le chef-d’œuvre d’Akira Toriyama comme vous ne l’avez (peut-être) jamais lu.

📚 Fiche éditeur

Auteur Akira Toriyama
Éditeur Glénat
Collection Shonen
Date de sortie 1er juillet 2026
Prix 14,95 €
EAN 9782344075333
Pagination 248 pages
Format 14,5 x 21 cm, couleurs

[Manga] Berserk, tome 43, de Kentaro Miura – Studio Gaga (Glénat)

Berserk — couverture[Manga] Berserk, tome 43, de Kentaro Miura – Studio Gaga (Glénat)

« Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance… » Le seinen culte de Kentaro Miura, poursuivi par le Studio Gaga, entame un nouvel arc : l’exil en Orient.

Sur Elf Helm, face à Griffith, Guts s’abandonne à la colère et brandit son épée géante. Cependant, sa frappe ne porte pas : son ennemi s’éloigne avec ses compagnons et enlève même Casca ! Désespéré, Guts embarque avec les siens pour la poursuivre dans les eaux territoriales kushanes, tandis que l’île est en train de s’effondrer. À leur insu, leur vaisseau pénètre dans un nouveau continent… Début d’un nouvel arc, « l’exil en Orient » !

Guts est un guerrier solitaire à l’épée démesurée, marqué par un terrible passé. Il parcourt le monde en semant la mort sur son passage. Un jour, il vient en aide à Puck, un elfe facétieux et volubile qui décide de l’accompagner dans son voyage. Traqué par des forces obscures et terrifiantes qui ne lui laissent aucun répit, Guts tente de devenir maître de son destin pour regagner sa liberté et accomplir sa vengeance…

Avec son univers graphique travaillé et apocalyptique, sa violence et la gravité de ses thématiques, Berserk est une œuvre qui n’a rien à envier aux sagas emblématiques telles que Game of Thrones, Conan le Cimmérien ou encore Le Cycle d’Elric. Prépublié au Japon depuis 1989, le seinen culte de dark fantasy se maintient dans les meilleures ventes avec 7 millions d’exemplaires vendus en France et plus de 50 millions dans le monde. Kentaro Miura étant décédé, c’est désormais son meilleur ami Koji Mori, épaulé par le Studio Gaga, qui prend sa succession — au fait de toutes les péripéties à venir. À noter : ce tome 43 est proposé en deux versions, l’édition classique et une édition limitée cartonnée avec une dédicace exclusive de Kentaro Miura, dans un coffret présentoir.

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Berserk

Résumé éditeur

« Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance… » Le seinen culte de Kentaro Miura, poursuivi par le Studio Gaga, entame un nouvel arc : l’exil en Orient.

📚 Fiche éditeur

Auteur Kentaro Miura – Studio Gaga
Éditeur Glénat
Collection Seinen
Date de sortie 1er juillet 2026
Prix 7,20 € (édition classique)
EAN 9782344074879
Pagination 208 pages
Format 13 x 18 cm

[Jeunesse] Même les p’tits monstres vont à l’école, de Céline Claire et Florence Guittard (Gautier-Languereau)

Même les p'tits monstres vont à l'école — couverture[Jeunesse] Même les p’tits monstres vont à l’école, de Céline Claire et Florence Guittard (Gautier-Languereau)

Un album rassurant pour apprivoiser la première rentrée, avec humour et fantaisie.

Sur le chemin de l’école, une ribambelle de petites créatures s’imagine en futurs écoliers. Mais la maîtresse va-t-elle les accepter ? Le petit dragon qui crache du feu, la créature à tentacules, le monstre poilu au cartable trop grand : tous se posent les mêmes questions que nos enfants à l’approche du grand jour.

C’est toute la malice de cet album signé Céline Claire : déplacer les angoisses de la première rentrée sur des petits monstres hauts en couleur, pour mieux les désamorcer. Serai-je accepté comme je suis ? Est-ce que je saurai faire ? La maîtresse sera-t-elle gentille ? Autant d’inquiétudes universelles, traitées ici avec humour et tendresse, sans jamais dramatiser.

Les illustrations de Florence Guittard, peuplées de créatures plus attachantes qu’effrayantes, font le reste : on referme ces 32 pages avec le sourire, et l’envie — presque — d’être à septembre. Paru le 17 juin, l’album arrive à point pour être lu et relu tout l’été aux enfants qui feront leur première rentrée. Un album tendre et malicieux, à glisser dans toutes les familles où l’école approche à grands pas, dès 3 ans.

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Même les p'tits monstres vont à l'école

Résumé éditeur

Un album rassurant pour apprivoiser la première rentrée, avec humour et fantaisie.

📚 Fiche éditeur

Texte Céline Claire
Illustrations Florence Guittard
Éditeur Gautier-Languereau
Date de sortie 17 juin 2026
Prix 12,99 € TTC
EAN 9782017331087
Pagination 32 pages
Format 253 x 255 mm
Âge dès 3 ans

[BD] Équation à une inconnue, de Frédéric Peynet (Grand Angle)

[BD] Équation à une inconnue, de Frédéric Peynet (Grand Angle)

Il y a des scènes qui accrochent d’entrée. Celle-ci se passe au bord d’une piscine municipale, à Cyvette, quelque part en Bourgogne. Un adolescent enlève ses lunettes pour nager. Une voix l’apostrophe. Sans montures, il ne distingue qu’une forme claire, un contre-jour, une silhouette qui lui dit qu’elle l’aime. Elle est appelée par ses copines. Elle repart. Frédéric Peynet ouvre son nouvel album sur cette image — 104 pages parues le 1er juillet 2026 dans la collection Grand Angle chez Bamboo — et tout le reste tient dans la même équation : reconnaître, vingt-cinq ans après, une voix jamais vraiment vue. Peynet signe ici son premier scénario chez Grand Angle, lui que les lecteurs connaissaient au dessin, chez Soleil ou Dargaud. Le geste est intime. L’album serait tiré d’une histoire qui lui est arrivée pour de vrai.

Une déclaration sans visage

Olivier a désormais quarante et quelques années. Chauffeur de taxi à Paris. Sa vie est un peu défaite — un fils dont il ne voit plus grand-chose, une routine de plaques et de radios grésillantes. La proposition arrive par hasard : une cliente descendue du train à Bordeaux à ramener en urgence en Bourgogne, sa compagne va accoucher. Sept heures de route. Sur le retour, un détour, un mur mal négocié, la voiture accrochée. Olivier se retrouve bloqué à Cyvette, ce village qu’il avait quitté à dix-huit ans, la veille précisément du jour où l’inconnue de la piscine lui a dit qu’elle l’aimait. Peynet installe la mécanique du récit sans forcer. Une villégiature imposée, quelques rencontres au bistrot, et le souvenir remonte. Rien n’est brutal ; tout s’enchaîne. Le scénariste rompu qu’il est sait laisser l’accident produire son propre récit — c’est presque un tour de main d’artisan.

Une bande de village pour équation impossible

Ce qui fait tenir l’album, c’est la petite communauté que Peynet dispose autour de son personnage. Des copains de collège, un journaliste local trop bavard, un commerçant qui n’écoute qu’à moitié, un maire dont le physique tient à la fois de Jean Lassalle et d’Eddy Mitchell — la description est trop drôle pour ne pas exister. Quand Olivier finit par raconter son histoire un soir, autour d’un verre, la bande décide de retrouver l’inconnue. Article dans le journal du canton. Banderole tirée par un Cessna. Méthodes délirantes qui font sourire sans jamais tourner à la farce. Peynet tient l’équilibre : ses seconds rôles sont parfois lourdauds, souvent bienveillants, jamais réduits à des silhouettes. Chacun trimballe son parcours, ses casseroles, sa manière de meubler la vie de province. Le récit s’installe dans ce chœur en équilibre instable qui, à force, devient touchant. On referme certaines cases avec le sourire un peu bête d’un lecteur qui reconnaît quelque chose.

Un trait qui regarde à travers les lunettes

Peynet n’a jamais caché son trait réaliste, hérité d’une carrière de dessinateur qui a promené sa plume entre chanson française, mythologie et adaptations littéraires. Ici, il l’accorde à un récit de gens ordinaires, et cela lui va bien. Les découpages sont classiques, sans coquetteries — cases sagement alignées, quelques pleines pages pour respirer. C’est dans le rendu des visages que ça se joue. Un froncement d’yeux, une lèvre qui se pince, un sourire qui hésite : les personnages parlent autant par leur expression que par les phylactères. La scène d’ouverture, cadrée depuis les yeux d’Olivier myope, est un petit exercice de mise en scène. Le monde y devient une aquarelle floue, taches de couleur suspendues dans l’eau chlorée, et l’on comprend en une case pourquoi il n’oubliera jamais cette voix sans savoir à qui la coller. La colorisation, signée elle aussi Peynet, tire vers des tons chauds et un peu passés qui installent tout de suite un climat de fin d’été.

Ce que l’on emporte en refermant l’album

Le grand risque d’un pitch pareil, c’était la romance à ficelles apparentes — cette fabrique où l’on sait dès la page dix qui aura embrassé qui à la page quatre-vingt-dix. Peynet dribble le piège. Il laisse Olivier faire des détours, les copains parler dans le vide, les fausses pistes s’ouvrir. La quête de l’inconnue devient presque un prétexte : ce qui compte, c’est le retour d’Olivier à ses attaches et à ses fils cassés. Un ex-fils, un copain qu’on n’avait pas revu depuis vingt-cinq ans, un souvenir tellement mince qu’il fallait bien tout un village pour le rendre consistant. On referme l’album avec ce mélange rare — le plaisir d’une histoire douce et une pointe d’insatisfaction tenace sur les moments qu’on n’a pas su saisir. Peynet, scénariste et dessinateur, rejoint discrètement la petite famille des auteurs qui font tenir la BD franco-belge sur un ton mineur, tout près de la vie. Un livre à lire en terrasse, quelque part en fin de journée, avec des cigales en fond.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Equation a une inconnue Frederic Peynet Grand Angle

L’amour est aveugle… mais parfois, il est juste myope. À 18 ans, Olivier reçoit une déclaration d’amour au bord d’une piscine. Sans ses lunettes, il ne distingue qu’une silhouette… avant qu’elle ne disparaisse. Vingt-six ans plus tard, devenu chauffeur de taxi, il ignore toujours l’identité de cette inconnue sans nom ni visage. Le souvenir, lui, persiste. Une idée improbable s’impose : la retrouver. Mais comment identifier, presque trente ans après, une femme dont on n’a entendu que la voix ? L’équation est posée.

📚 Fiche éditeur

Scénario, dessin, couleurs Frédéric Peynet
Éditeur Bamboo Édition — collection Grand Angle
Date de sortie 1er juillet 2026
Prix 19,90 €
EAN 9791041107773
Pagination 104 pages
Format Album cartonné, 221 × 300 mm, couleurs
Genre Intimiste, romance, one-shot

« 8 soirs par semaine » : la fragile obstination du théâtre

« 8 soirs par semaine » : la fragile obstination du théâtre
© Christophe Martin

« 8 soirs par semaine » : la fragile obstination du théâtre

Sous l’apparente simplicité d’une lecture musicale, Vincent Dedienne, Camille Chamoux et Léopoldine HH inventent un objet théâtral d’une rare délicatesse, où les éclats du rire révèlent moins une mécanique comique qu’une manière obstinée de tenir debout face à la langueur parfois de se produire.

Le théâtre s’y raconte depuis ses coulisses, loin des lumières flatteuses de la rampe.

Les kilomètres avalés, les hôtels interchangeables, les salles anonymes, les attentes interminables, les doutes qui s’invitent avant chaque lever de rideau composent une géographie intime où l’artiste cesse d’être une figure publique pour redevenir un être traversé par ses fragilités.

Ce qui pourrait n’être qu’une succession d’anecdotes devient peu à peu une méditation sur la solitude, le désir de jouer et cette étrange vocation qui pousse à recommencer, soir après soir, malgré la lassitude.

Les coulisses de l’éphémère

Vincent Dedienne et Camille Chamoux se répondent comme deux écrivains qui auraient troqué le papier contre le plateau.

Leur complicité ne repose jamais sur le cabotinage mais sur une écoute constante, une précision de l’adresse, un art du contretemps qui fait naître le rire là où l’on attendait le silence.

Ils excellent à transformer les minuscules humiliations de la tournée en petites épopées burlesques, sans jamais céder à l’autodérision complaisante.

Derrière leurs traits d’esprit perce une mélancolie discrète, presque pudique, qui donne à chaque phrase une profondeur inattendue.

Le spectacle trouve alors son véritable sujet : non pas raconter le quotidien d’un comédien, mais interroger ce qui pousse des êtres à offrir leur vulnérabilité à des inconnus.

La scène apparaît comme un refuge autant qu’une épreuve. Chaque représentation devient un pacte fragile avec le public, une tentative renouvelée d’abolir, le temps d’une soirée, la distance entre ceux qui regardent et ceux qui jouent.

Et le rire fuse avec cette précision de funambule qui caractérise les grands interprètes. Dedienne possède cette élégance mélancolique qui transforme la moindre anecdote en littérature orale.

Chez lui, l’ironie n’est jamais un masque mais une manière de tenir le désespoir à distance. Camille Chamoux lui répond avec une intelligence du rythme qui refuse toute démonstration.

Son humour est celui des survivantes : il ne cherche pas la saillie mais la vérité. Ensemble, ils composent une partition où chaque silence compte autant que chaque éclat de rire.

Dans cette partition à trois voix, Léopoldine HH n’est jamais un simple accompagnement musical. Elle en constitue le souffle secret.

Ses interventions suspendent le temps, ouvrent des clairières poétiques au milieu des confidences et déposent sur les mots une douceur qui n’efface jamais leur gravité.

Sa voix, tantôt fragile, tantôt lumineuse, prolonge les silences autant qu’elle éclaire les blessures.

Les chansons, inspirées de l’univers d’Anne Sylvestre, ne viennent pas illustrer le récit : elles en deviennent la mémoire sensible, comme si elles recueillaient ce que les mots hésitent encore à avouer.

Chaque apparition musicale agit ainsi comme une respiration où l’émotion cesse d’être dite pour être simplement ressentie. La mise en scène revendique une sobriété presque ascétique.

Quelques chaises, un espace ouvert, le ciel des Tuileries pour plafond : rien ne détourne de l’essentiel. Ce dépouillement n’est pas une économie de moyens mais une esthétique de la confiance.

Confiance dans le texte, dans les interprètes, dans l’intelligence du spectateur. « 8 soirs par semaine » rappelle que deux voix complices peuvent suffire à faire surgir des paysages entiers.

Mais le spectacle pointe aussi un théâtre aujourd’hui menacé de toutes parts : celui qui sillonne les territoires, qui accepte les longs trajets, les salles parfois clairsemées, les économies fragiles, tout en continuant de croire que la rencontre avec un public demeure une nécessité plutôt qu’un marché.

Sans jamais tomber dans le manifeste, Chamoux et Dedienne esquissent le portrait d’une décentralisation théâtrale héroïque dans sa modestie, où la passion survit à la précarité avec une obstination presque déraisonnable.

Un spectacle qui dit aussi avec une infinie justesse que le rire est souvent la plus élégante des formes de résistance.

Et derrière son apparente légèreté, « 8 soirs par semaine » célèbre les artisans du vivant, ces passeurs d’émotions qui acceptent l’usure des routes pour quelques instants partagés.

Dates : du 15 au 17 juillet 2026 – Lieu : Festival Paris l’été (Paris)
 Texte et Mise en scène : Camille Chamoux, Vincent Dedienne, Léopoldine HH

[Jeunesse] Narvalinou, de Matilda Rose & Tim Budgen (Hachette Enfants)

[Jeunesse] Narvalinou, de Matilda Rose & Tim Budgen (Hachette Enfants)

L’animalerie de Mme Pim continue d’ouvrir ses portes, et Hachette Enfants continue d’enrichir son petit zoo magique. Après Carlinou, Teckelinou et les autres, voici venu le tour de Narvalinou : narval miniature, corne torsadée, regard mouillé. C’est l’un des derniers compagnons en date de la collection, et il arrive auréolé d’un atout marketing évident, la popularité galopante du narval dans les chambres d’enfants.

Phénomène curieux d’ailleurs. Il y a quelques années, le narval n’existait pour personne hors des documentaires arctiques. Sa cousinerie visuelle avec la licorne a fini par lui ouvrir les portes du rayon jeunesse : peluches, gourdes, papeterie scolaire, papier-cadeau. Hachette saisit la vague sans en faire un calcul trop appuyé. La créature s’insère plutôt naturellement dans la cohérence de la série, qui carbure depuis le départ aux petits êtres mignons à pouvoir surnaturel.

L’argument narratif tient en une phrase : la petite sirène Émilie hérite d’un narval enchanté capable de faire scintiller tout ce qu’il touche, et le duo va devoir surmonter ensemble une peur qui les bloque. Matilda Rose ne complique pas l’affaire, et c’est très bien comme ça. Le format premier âge n’a que faire des arabesques scénaristiques. Il demande un cadre clair, un enjeu lisible, une résolution douce. La morale, presque silencieuse, passe par les images plus que par le texte.

Tim Budgen continue de signer la partie graphique avec sa palette pastel et ses textures cotonneuses. On retrouve sa façon caractéristique de poser les volumes, ses yeux ronds comme des billes, ses sourires bombés. Le passage sous l’eau lui donne un nouveau terrain de jeu : reflets turquoise, lumière oblique, queues de sirènes qui ondulent au fond des cases. Quelques pleines pages méritent qu’on s’y arrête une demi-minute avec l’enfant. Ce sont ces moments où l’album bascule du livre qu’on tourne au livre qu’on regarde.

Le format carré 21 × 21 reste calibré pour les petites mains, et la pagination, trente-deux pages sans surplus, colle au rythme d’une lecture du soir. À 8,95 €, on touche au prix d’appel typique de la série, ce qui en fait un cadeau facile à offrir, un titre qu’on attrape sans trop réfléchir à la caisse d’une librairie de quartier ou d’une grande surface culturelle. Le positionnement éditorial est limpide : un titre, un animal, un petit drame émotionnel résolu, et hop.

Faut-il s’en plaindre ? Pas vraiment. La série remplit son office sans embrouiller personne. Elle offre aux parents un outil simple pour aborder une peur d’enfance, celle du noir, de l’eau, des autres ou de soi, sans appuyer ni théoriser. Les 3-5 ans aiment les rituels narratifs, et celui-ci en est un. Narvalinou ne réinventera pas l’album jeunesse mais il s’inscrit honnêtement dans une collection qui sait à qui elle parle, et qui le lui rend bien.

Une bonne pioche pour un anniversaire, ou pour étoffer la pile d’histoires du soir.

📇 FICHE ÉDITEUR

Texte Matilda Rose
Illustrations Tim Budgen
Éditeur Hachette Enfants
Série L’Animalerie magique
Date de sortie 13 mai 2026
Prix 8,95 € TTC
Pagination 32 pages
Format 21 × 21 cm
Public Dès 3 ans
EAN 9782017350682

Résumé de l’éditeur

Je te présente Narvalinou, la petite narval qui a le pouvoir de faire scintiller tout ce qu’elle touche ! Sa petite maîtresse, la sirène Emilie s’amuse beaucoup avec la magie de Narvalinou. Mais tout le monde dans la Crique du Corail veut utiliser son pouvoir. Narvalinou parviendra-t-elle à lui faire comprendre que le partage est la clé de l’amitié ? Une histoire amusante et pleine de paillettes pour apprendre à partager.

[BD] L’Odyssée T1 – Ulysse, de Maxe L’Hermenier & Thomas Labourot (Nootilus – Bamboo Édition)

Couverture L'Odyssée T1 Ulysse Maxe L'Hermenier Thomas Labourot Nootilus [BD] L’Odyssée, T1 – Ulysse, de Maxe L’Hermenier & Thomas Labourot (Nootilus – Bamboo Édition)

Il y a des lancements qui ressemblent à des déclarations d’intention. Pour inaugurer Nootilus, son nouveau label consacré aux grands classiques de la littérature, Bamboo Édition ne pouvait choisir récit plus fondateur : L’Odyssée. Adaptée par Maxe L’Hermenier et dessinée par Thomas Labourot, l’épopée d’Homère s’ouvre avec ce premier tome, Ulysse, paru le 8 juillet 2026 — une semaine à peine avant l’arrivée sur les écrans de la version de Christopher Nolan. Le calendrier est habile, mais l’album ne se réduit pas à cette opportunité : il pose la première pierre d’un projet éditorial ambitieux, transmettre les œuvres intemporelles aux lecteurs d’aujourd’hui, et retrouve dans le voyage du roi d’Ithaque ce qui en fait, trois millénaires plus tard, une machine à récits inusable.

Ulysse, un héros aux mille ruses raconté à hauteur de lecteur

La guerre de Troie est terminée depuis longtemps, et pourtant Ulysse erre toujours sur les mers, ballotté par les tempêtes et la rancune tenace de Poséidon. Cyclope monstrueux, enchanteresses redoutables, chant mortel des sirènes : chaque escale le rapproche autant du danger que d’Ithaque, où l’attendent Pénélope et Télémaque — et où les prétendants, eux, ne l’attendent pas : ils envahissent le palais et menacent son trône. Maxe L’Hermenier assume une lecture limpide de l’épopée : dans l’entretien qui accompagne la sortie de l’album, il la décrit comme le premier shōnen de l’Histoire, ou presque — un héros charismatique, une succession d’épreuves, des monstres, une quête du retour. La comparaison n’a rien d’une coquetterie : elle dit exactement le ton de cette adaptation, qui se place à hauteur de lecteur sans jamais le prendre de haut, refusant aussi bien le langage académique que la simplification à outrance. Le découpage en deux tomes, calqué sur la respiration du texte original, laisse les grandes étapes du voyage exister pleinement et ménage une vraie attente narrative.

Planche intérieure L'Odyssée T1 Ulysse L'Hermenier Labourot Nootilus

Nootilus, ou comment transmettre les classiques sans les figer

Ce premier album est aussi un manifeste. Nootilus, dont L’Hermenier prend la direction, veut jeter un pont entre culture classique et narration contemporaine, à destination des collégiens et des lycéens comme de leurs enseignants. Le scénariste n’est pas un inconnu dans la maison : il collabore avec Bamboo depuis 2014, où il a notamment adapté La Belle et la Bête et créé la série Isaline avec Yllya. Sa ligne éditoriale tient en une formule : « transmettre les classiques sans les figer ». Concrètement, l’adaptation revendique un équilibre délicat — accessible sans être simpliste, exigeante sans être hermétique —, pensée pour que celui qui découvre Homère par la bande dessinée puisse ensuite dialoguer avec celui qui a lu le texte, avec des repères communs. Les prochaines adaptations du label seront dévoilées début 2027 ; le choix inaugural, lui, donne le ton et place la barre haut.

Labourot, des yeux de gamin et un crayon d’adulte

Au dessin, Thomas Labourot joue une partition qu’il attendait de longue date. Né à Reims en 1977, passé par l’heroic fantasy (Troll, Le Grimoire du Petit Peuple), la science-fiction (Les Chroniques de Sillage), l’humour (Les Geeks) ou le polar (Détectives), il confesse un attachement d’enfance à cette histoire, découverte en parallèle d’Ulysse 31. Et cela se voit à chaque page. Son Poséidon est une montagne d’écume et de colère, trident au poing ; la chouette d’Athéna traverse le ciel comme un éclat de soleil ; l’Olympe baigne dans des nuits constellées aux allures de space opera — clin d’œil, qui sait, à la série animée de son enfance. Le trait est vif, le découpage ample, et les couleurs, qu’il signe également, glissent des turquoises marines aux ors du couchant. On est loin de l’illustration sage qui guette parfois les adaptations patrimoniales : ça bouge, ça déferle, ça vit.

Planche intérieure L'Odyssée T1 Ulysse L'Hermenier Labourot Nootilus

Une odyssée dans l’air du temps

Reste le contexte, qui n’a rien d’anecdotique. En paraissant le 8 juillet, l’album a devancé d’une semaine l’adaptation cinématographique de Christopher Nolan, attendue comme l’un des événements de l’été. Loin d’être un simple produit d’accompagnement, cette version dessinée joue une carte complémentaire : là où le blockbuster impressionne, elle déplie, éclaire et donne envie de lire. Dans une production jeunesse saturée de mythologie, la proposition se distingue par sa clarté d’intention et son sérieux d’exécution. Tout n’est pas encore joué : Charybde, Scylla et le grand règlement de comptes d’Ithaque attendent le second tome, à qui il reviendra de confirmer l’essai. Mais ce premier volet remplit exactement son office — faire (re)découvrir l’épopée sans peine et avec un plaisir constant. On referme l’album pressé de reprendre la mer !

À lire aussi : Un Chant de Noël, de L’Hermenier et Labourot (Jungle Pépites) et Les Gendarmes, l’album du film (Bamboo Édition).

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture L'Odyssée T1 Ulysse Maxe L'Hermenier Thomas Labourot Nootilus

Pour rentrer chez lui, il devra défier les dieux. La guerre de Troie est terminée depuis longtemps. Pourtant, Ulysse erre encore sur les mers, victime de la colère des dieux. Entre tempêtes, monstres redoutables et îles mystérieuses, chaque escale le rapproche autant du danger que de son destin. Mais rien ne pourra lui faire oublier sa promesse : retrouver sa femme et son fils.

📚 Fiche éditeur

Scénario Maxe L’Hermenier
Dessin & couleurs Thomas Labourot
Éditeur Bamboo Édition – label Nootilus
Date de sortie 8 juillet 2026
Prix 16,90 €
EAN 9791041120604
Pagination 64 pages
Format Album cartonné, 225 × 299 mm, couleurs

[Manga] Fool Night T11, de Kasumi Yasuda (Glénat)

[Manga] Fool Night, T11, de Kasumi Yasuda (Glénat)

Il y a des mangas qui prennent leur temps pour installer leur monde, et Kasumi Yasuda appartient à cette catégorie rare des mangakas capables de tenir la distance sans lâcher leur intuition première. Avec ce onzième volume de Fool Night paru le 17 juin 2026 chez Glénat dans la collection Seinen, la mangaka poursuit sa méditation post-apocalyptique amorcée en 2021, celle d’une humanité privée de soleil qui monnaie ses derniers souffles contre une transformation en arbre. À ce stade de la série — les précédents tomes ayant largement défriché la mécanique du monde et scellé le destin de plusieurs protagonistes — le T11 opère un basculement attendu vers les origines de la catastrophe, tout en resserrant la focale sur Toshiro Kirisu, dont la mue végétale n’est plus tout à fait un choix.

Cent ans après le nuage

Fool Night prend place un siècle après l’apparition d’un phénomène nommé Sekki : un immense nuage sans forme qui a recouvert le ciel, éteint la photosynthèse et plongé le monde dans une pénombre glacée. Faute d’arbres pour produire de l’oxygène, l’humanité survit dans des cités engourdies grâce à un procédé mis au point par les autorités, la transfluoration, qui autorise un candidat volontaire à se transformer, en quelques années à peine, en végétal producteur d’air. En échange, la famille du transfluoré reçoit une compensation financière. Autour de ce dispositif d’une glaçante logique économique, Yasuda a bâti depuis dix tomes une chronique désenchantée du renoncement. Le T11 poursuit l’enquête sur ce qui a réellement causé l’apparition du Sekki, piste que la mangaka distille depuis plusieurs arcs sans jamais céder à la révélation facile. On y trouvera moins de coups d’éclat que d’obstinée circulation de personnages devenus familiers, ce qui n’ôte rien à la densité de l’ensemble.

Toshiro, entre l’humain et l’arbre

Ce qui frappe dans ce tome, c’est la lente altération du protagoniste. Toshiro n’est plus le jeune homme fébrile qui signait son contrat au premier volume : il est devenu un corps en dérive, dont les bras se couvrent d’écorce, dont les gestes se ralentissent et dont la mémoire, parfois, chancelle. Yasuda refuse le pathos, préférant montrer la métamorphose sous l’angle d’une intériorité qui se retire — choix narratif audacieux pour un seinen, qui accepte de tenir son personnage principal à distance sans jamais rompre le lien affectif tissé avec le lectorat. Autour de lui, les figures récurrentes de la série continuent leur ronde, et certains arcs laissés en suspens depuis les tomes 8 et 9 trouvent ici des amorces de résolution.

L’écriture botanique de Yasuda

Le trait est, à ce stade de la série, parfaitement identifiable. Kasumi Yasuda dessine des visages étroits, des regards flottants, des silhouettes minces, et ses arrière-plans végétaux relèvent d’une méticulosité proche de la planche botanique : nervures des feuilles, veines du bois, textures d’écorce. Les scènes urbaines, elles, jouent d’une lumière basse et grise qui contamine la page, rappelant l’atmosphère de L’Homme sans talent de Yoshiharu Tsuge autant que certaines fictions climatiques contemporaines. Le noir et blanc, souvent trempé dans le gris, épouse la logique d’un monde sans soleil : peu de contrastes tranchés, beaucoup de dégradés, un usage économe des trames. Le découpage privilégie les cases larges et les temps morts, quitte à ralentir la lecture pour mieux la faire pénétrer. C’est cette écriture patiente, presque méditative, qui a séduit Sui Ishida (Tokyo Ghoul) et Shuzo Oshimi (Les Fleurs du mal), tous deux fervents défenseurs de la série au Japon.

Le pari d’un seinen sur la durée

Récompensé du prix Daruma du meilleur manga à suspense lors de Japan Expo 2023, Fool Night occupe une place singulière dans le paysage éditorial français : celle d’un seinen exigeant, plus proche de la science-fiction douce que du thriller, qui refuse les recettes du succès rapide. Sur onze tomes, Yasuda n’a jamais tenté le sprint spectaculaire ; elle avance à hauteur d’homme, avec la conviction que l’inquiétude climatique et la question du sacrifice individuel méritent mieux qu’un traitement pyrotechnique. Le pari est risqué : sur la longueur, une partie du public a pu décrocher, et le rythme paisible du récit peut désarçonner. Mais il paye. Ce T11 ne convertira sans doute aucun lecteur qui aurait décroché aux tomes précédents, et n’est pas non plus le point d’entrée idéal — mieux vaut recommencer par le premier volume. Aux fidèles, en revanche, il confirme que Glénat a eu raison de miser durablement sur ce titre. On referme l’album en attendant la suite.

📖 Résumé de l’éditeur

Cent ans après l’apparition du mystérieux nuage Sekki, l’humanité vit dans un monde où plus rien ne pousse. Pour produire l’oxygène nécessaire à la survie de tous, un procédé a vu le jour : la transfluoration, qui transforme des humains volontaires en arbres. Toshiro Kirisu poursuit sa lente métamorphose, tandis que la vérité sur les origines de la catastrophe se dessine peu à peu.

📚 Fiche éditeur

Auteur Kasumi Yasuda
Éditeur Glénat
Collection Seinen
Date de sortie 17 juin 2026
Prix 7,90 €
EAN 9782344074862
Pagination 192 pages
Format Souple, 130 × 180 mm, noir et blanc

Dupont, nouvel album Pensées vagabondes, disponible chez Baboo Music

L’artiste Dupont a commencé par publier le premier extrait Des kilomètres d’enfer, puis a suivi le 19 juin son nouvel album Pensées Vagabondes sur le label Baboo Music. Il a fallu un long cheminement artistique et personnel pour aboutir aux 7 morceaux pleins d’une belle sincérité, non sans poésie et émotions vraies. Le ton se situe entre folk, rock et chanson française pour partager de beaux textes qui soulignent les errances, mais aussi les doutes, avec parfois des espoirs qui subsistent et des rencontres qui les concrétisent.

De la chanson française en majesté

L’album Pensées vagabondes a été enregistré à Astaffort dans les studios Baboo Music avec Esthen Dehut à la direction artistique. L’artiste s’est fait accompagner par elle dans la réalisation de ce 3e projet discographique et s’est entouré d’une belle brochette de collaborateurs, Denis Benarrosh à la batterie, Nicolas Fizman à la basse, Nicolas Auger aux claviers et Freddy Koella aux guitares. Le single Des kilomètres d’enfer appuyait sur une belle veine rock remplie d’énergie brute et immédiate parfaitement orchestrée. L’auteur-compositeur-interprète québécois a connu un parcours singulier, JC Dupont se laisse porter par des influences folk-rock nord-américaines auxquelles il ajoute une belle sensibilité francophone assumée et d’irrésistibles touches de country contemporaine, Pensées Vagabondes contient 7 morceaux qui mettent l’humain au centre de tout, avec le meilleur et souvent le plus émouvant.

Les textes sont beaux et profonds, comme pour le très puissant En amour avec lui, les mélodies demandent plusieurs réécoutes pour bien apprécier l’émotion dégagée par les histoires racontées. Pensées Vagabondes est une belle invitation à un voyage musical tout en sincérité, vivement une rencontre prochaine ou un concert peut être à venir pour en savoir plus sur cet artiste au grand cœur et à la belle émotion contenue qui ne demande qu’à déborder.

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