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La confession manquée d’Arthur Dreyfus, « Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui » aux Editions P.O.L

Arthur Dreyfus © Hélène Bamberger P.O.L

Arthur Dreyfus, « Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui » aux Editions P.O.L

Mon Dieu quelle époque ! Il y a quelques mois apparaissait sur les tables des libraires un volumineux Journal dont le titre vaguement inspiré d’un roman de Mauriac semblait contenir toute l’ambition de son auteur : non seulement évoquer sans détour le quotidien de sa vie sexuelle mais révéler à travers elle l’état d’esprit d’une génération, d’une époque, voire d’un siècle. Arthur Dreyfus a-t-il réussi son pari ? D’un point de vue strictement littéraire, force est de constater que non. Après avoir parcouru d’un œil bienveillant les quelque deux mille trois cent quatre pages de cet interminable pensum, nous inclinons à penser que l’auteur peine à rivaliser avec son illustre prédécesseur tant son style de mirliton pêche par une accablante platitude, tant aussi sa manière élémentaire de raconter ne dépasse guère les prouesses d’un lycéen de seconde.

Or le style, disait l’autre, c’est l’homme. Quel genre d’homme est donc Arthur Dreyfus ? Disons que c’est un gay d’aujourd’hui, comme il vous est loisible d’en croiser chaque jour dans notre vaste métropole, un gay bourgeois et intelligent, nanti de diplômes et de privilèges, que rien ne distingue de son alter ego hétérosexuel, le bobo parisien dans la force de l’âge, plus soucieux du périmètre de son appartement et de son avancement social que des lendemains qui chantent. Rien ? Pas tout à fait cependant. C’est que notre garçon d’aujourd’hui, malgré son profil de gendre idéal, est habité par une tyrannique compulsion sexuelle qui vient bouleverser son quotidien et le soustraire bien malgré lui au destin de ses semblables.

Tel est bien le sujet du livre. Habité par le démon du sexe, Dreyfus voit son existence assez banale- existence dont nous ne savons pas grand-chose : que pense-t-il ? à quoi rêve-t-il ? a-t-il des opinions politiques ou religieuses ? – élevée au rang d’un road-movie pornographique qui l’emporte frénétiquement sur les sentiers de la baise où l’application Grindr fait office d’escale régulière. Bien malgré lui, disions-nous. Et c’est bien là que le bât blesse, que ce Journal sexuel s’avère si décevant, morne, conventionnel, et si peu gay au sens étymologique. C’est que notre auteur n’a rien d’un héros ou d’un martyr, d’un poète ou d’un voyou, il n’est qu’un homme ordinaire que la particularité de son économie psychique, l’épanchement de sa libido, précipitent à son insu dans les bas-fonds du sexe, sans qu’il ne parvienne jamais à extraire de ses incursions souterraines la moindre lumière, la moindre connaissance, sans que ne l’effleure jamais le moindre frisson charnel ou amoureux. Ordinaire, la sexualité de l’auteur l’est également au plus haut degré.

Derrière le voile de fumée d’une apparente transgression, Dreyfus apparait comme un fonctionnaire du stupre hanté par le fantasme de la normalité, s’attachant souvent aux formes les plus conventionnelles de la masculinité. Conformément à l’idéologie dominante des réseaux sociaux, jamais un partenaire n’est présenté autrement que par son âge, sa couleur de peau et ses attributs sexuels : « Son corps est musculeux, il a vingt ans, les cheveux extrêmement blonds, joli sexe, trou parfaitement lisse. » Au demeurant, à peine dégrisé de ses frasques libidinales, l’auteur ne manque pas de nous rappeler que s’il ne baise pas comme les autres il tient à penser comme tout le monde : « Je ne suis pas favorable à la pédophilie, je la réprouve… », etc. Quelle grisaille ! Quel vide ! Oui, répétons-le, à quelques exceptions près, sans doute vers la fin du livre où sourd de cette épaisse mélasse un début de clarté, jamais l’auteur ne s’interroge sur lui-même, ni sur l’autre, jamais il n’interrompt un instant sa frénésie sexuelle pour tenter de l’intégrer à un ensemble plus vaste, à une compréhension plus ample de son existence, en dépit d’ailleurs de sa fréquentation assidue du cabinet de l’analyste qu’il semble traiter avec la même versatilité que ses partenaires sexuels : « dans les jours qui suivent, conscient d’être véritablement malade, je me résous à trouver un autre analyste. » Oui, Arthur Dreyfus baise comme il vit, vit comme il baise, et baise comme il écrit : mal, vite et sans éclat.

Que conclure en définitive de cette confession ? Dans L’Homme sans gravité (2002), le psychanalyste Charles Melman avait prophétisé un bouleversement radical de la condition humaine consécutif à l’expansion de l’économie libérale, un effacement de l’ancien sujet hanté par le désir et la faute devant un individu errant, délesté de tout ce qui le rattachait autrefois à l’Histoire, la Loi et l’Utopie. Telle est, à nos yeux, la signification du Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui. Dans ces pages monotones, on retrouve l’individu sans destin, sans règles et sans attaches de nos sociétés actuelles ; l’individu qui ne pense rien, n’éprouve rien, ne regrette rien et ne s’oppose à rien ; que seule la tyrannie du besoin, confondu avec le désir, mène par le bout de son nez. En ce sens, Arthur Dreyfus a bien réussi son pari : son livre est générationnel. Mais s’agit-il encore d’un livre ? Ni œuvre, ni journal, ni document, cette compilation a plutôt valeur de symptôme. Symptôme d’une époque où la Société du spectacle incline à prendre des vessies pour des lanternes, imposant comme œuvre littéraire ce qui n’en possède que le nom. Nous apprenons que la vessie d’Arthur Dreyfus figure en bonne place sur la liste du Prix Médicis. Gageons que le jour de sa proclamation, elle explosera avec fracas à la face du jury.

Editions P.O.L
Date de parution : Mars 2021
Auteur : Arthur Dreyfus
Prix :
37 €

Fin de siècle, un film simple et beau sur les enjeux de notre époque, de Lucio Castro, en salles le 23 septembre 2020

Les premières minutes de Fin de siècle donnent le ton. Un silence assourdissant accompagne les déambulations d’un homme dans la ville qu’il arpente, il semble s’y ennuyer jusqu’au premier eye-contact avec un autre homme. Le film brosse un portrait de notre époque, entre les attentes vis-à-vis d’une relation amoureuse, les enjeux du couple au fur et à mesure que le temps avance et que la tentation d’aventures fugaces devient de plus en plus vivace. Fin de siècle montre aussi la force d’une famille toute dévouée à un petit enfant. Lucio Castro vise large avec de longues discussions faisant entrer dans l’esprit de personnages en quête d’eux-mêmes. C’est pudique et authentique, direct et émouvant avec une chronologie bouleversée par d’incessants allers retours temporels.

Le sentiment à l’épreuve du temps

Ocho (Juan Barberini) est un homme argentin parti en vacances à Barcelone pour faire le point dans un AirBnB. Il a pris la décision difficile mais nécessaire de faire une pause avec son compagnon après 20 ans de relation. Le fil de sa vie défile tout au long du film, entre résurgences de sa vie de couple passée devenue sans passion et la rencontre avec un homme déambulant dans la rue en bas de son appartement. Ce bel hidalgo se nomme Javi (Ramon Pujol) et les deux hommes se rapprochent très vite dans une passion toute animale, et ils discutent encore et encore pour permettre au spectateur d’en savoir un peu plus sur le pourquoi du comment. Car Ocho et Javi ne sont peut-être pas inconnus l’un pour l’autre. La connexion amoureuse et physique entre les deux hommes ouvre un univers large et étendu sur une longue durée, comme pour montrer l’évolution de chacun sur une si longue période, avec des priorités mouvantes et l’érosion des certitudes de la jeunesse à l’épreuve du temps. Le scénario non linéaire fait des bons en avant et des retours en arrière comme pour montrer qu’une relation a besoin de temps pour se construire, mais aussi de solitude pour se décoller de l’autre et mieux se retrouver. En englobant autant la sexualité que la famille et l’introspection, le réalisateur propose une réflexion qui interpelle par sa profondeur sur la société actuelle, loin de tout raccourci ou facilité.

Le film Fin de siècle a été présenté au Festival Chéries Chéris 2019 avec un certain succès que la sortie en salles le 23 septembre 2020 pourrait bien confirmer.

Synopsis: Un Argentin de New York et un Espagnol de Berlin se croisent une nuit à Barcelone. Ils n’étaient pas faits pour se rencontrer et pourtant… Après une nuit torride, ce qui semblait être une rencontre éphémère entre deux inconnus devient une relation épique s’étendant sur plusieurs décennies…

Sortie du nouvel album de Mathieu Lippé « La Magnificence des choses « , disponible chez InTempo musique

L’artiste canadien Mathieu Lippé multiplie les casquettes, poète, slameur, auteur, compositeur et musicien, son nouvel album montre facilement à quel point il est doué. Il revêt tous ses morceaux d’une double dimension poétique et musicale pour une belle plongée dans le réel. son nouveau projet La magnificence des choses qui renaissent lui permet d’explorer de nouveaux horizons musicaux avec avec une approche plus proche du rap, du slam et de la nouvelle chanson française à texte. Les rythmes percutants se mélangent à des mélodies envoûtantes pour créer un univers sonore original et rythmé. L’artiste alterne  humour, poésie, conte, improvisation, rap, slam et chansons pour un résultat plein d’énergie et de créativité. Sa passion des textes et les mots souligne la beauté des choses les plus éphémères et pourtant les plus précieuses dans un cycle infiniment répété comme celui de la nature. Son nouvel album La Magnificence des choses qui renaissent manie avec talent le spoken word poétique dans une belle musicalité. Conteur, slamer, chanteur, Mathieu Lippé est un auteur et compositeur brillant tout droit arrivé du Québec. Les chansons font plonger dans les méandres de notre époque, avec des thématiques qui touchent en plein cœur comme la surconsommation, la polarisation des idées, la marchandisation de la peur et l’illusion du confort. Il aborde également des thèmes très personnels et plus essentiels comme le souffle, la présence, l’amour, la nature, la conscience ou cette force silencieuse ancrée en chacun de nous. La langue est foisonnante avec des images naturelles qui deviennent les symboles d’une conscience vivante. Mathieu Lippé multiplie les références philosophiques et sociales pour faire ressentir et faire réfléchir. La chanson francophone côtoie le slam, le spoken word, le rap poétique, la pop pour un résultat saisissant de vérité. Cet album est une vraie belle surprise, avec peut être la possibilité d’une rencontre en concert pour en savoir plus sur cet artiste plein de talent.

 

Toi et moi, Forever, Tome 2 de la BD de Pacco (Casterman)

Toi et moi, Forever, Tome 2 de la BD de Pacco (Casterman)

Les éditions Casterman nous proposent le Tome 2 de la BD de Pacco: Toi et moi, Forever. Le 1er tome a eu un énorme succès et c’est pourquoi Pacco nous livre son tome 2, entièrement en couleurs !

Cette BD, pour adultes, est une jolie déclaration d’amour au quotidien. Et si l’amour se cachait justement dans les petites choses de tous les jours ? Un regard complice, une manie qui nous fait sourire, une petite dispute pour trois fois rien ou ces instants où l’on se comprend sans même avoir besoin de parler…

Avec Toi & Moi – Forever, Pacco croque la vie de couple avec humour, tendresse et beaucoup de justesse. À travers une succession de gags, il met en scène ces petits moments familiers dans lesquels chacun peut se reconnaître. Un regard amusé sur les relations amoureuses, leurs imperfections et cette complicité qui rend chaque histoire unique.

Le dessin en couleurs apporte encore plus de charme à cet album, qui nous fait sourire autant qu’il nous attendrit. Pourquoi on aime ? Parce que cette BD nous rappelle que l’amour n’est pas toujours une grande déclaration romantique : c’est aussi rire ensemble, accepter les petites manies de l’autre et continuer à se choisir, jour après jour, toujours avec humour !

Une lecture légère, drôle et touchante, à savourer seul pour sourire… ou à partager à deux pour rire de soi-même ! Ou à offrir à son amoureux, ou amoureuse !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Octobre 2026

Auteur : Pacco

Illustrateur : Pacco

Editeur : Casterman

Prix : 14,95 €

À la Comédie-Française, Julie Duclos signe un « Ruy Blas » incisif

À la Comédie-Française, Julie Duclos signe un "Ruy Blas" incisif et envoutant
Photo Christophe Raynaud de Lage/Coll. Comédie-Française

À la Comédie-Française, Julie Duclos signe un « Ruy Blas » incisif

On retrouve avec Victor Hugo cette colère qui ne se résigne jamais. Une manière de regarder les puissants comme on observe une mécanique malade, avec la rage de celui qui sait que le monde pourrait être autrement.

Dans « Ruy Blas », un valet aime une reine, les grands d’Espagne se vautrent dans leurs privilèges et un homme qui n’était rien se révèle soudain plus digne que ceux qui prétendent gouverner.

L’intrigue a les fastes du drame romantique, mais son cœur bat ailleurs. Dans cette blessure ancienne, toujours ouverte, qui sépare les hommes selon leur naissance et condamne les plus lucides à regarder les portes se refermer devant eux.

À la Comédie-Française, Julie Duclos s’empare de ce monument sans révérence excessive ni volonté de dépoussiérage à tout prix. Elle en retrouve le nerf, les contradictions, les emballements. Son « Ruy Blas » n’est pas une pièce d’époque que l’on viendrait admirer sous vitrine.

C’est un monde qui se dérègle sous nos yeux, une société qui court à sa perte en continuant de célébrer ses propres privilèges. Et l’on se surprend à reconnaître, derrière les dentelles de la cour espagnole, quelque chose de notre présent. Le théâtre de Hugo a décidément la mémoire longue.

Dès les premières images, le décor de Matthieu Sampeur impose sa matière brute, minérale, presque hostile. Les murs semblent retenir les secrets, les ambitions et les humiliations.

Rien de décoratif dans cet espace où les corps paraissent assignés à leur place avant même d’avoir parlé. Les costumes de Caroline Tavernier et les lumières de Dominique Bruguière accompagnent cette esthétique de la retenue, qui refuse le pittoresque pour mieux faire surgir la violence des rapports humains.

La mise en scène avance avec une remarquable fluidité, laissant aux alexandrins leur respiration, leur nervosité, leurs brusques échappées lyriques.

Hugo ne se récite pas ici comme une relique littéraire. Sa langue circule, mord, ironise, s’enflamme, passe de la confidence amoureuse à la satire sociale avec une liberté réjouissante.

Julie Duclos retrouve ce qui fait la richesse du dramaturge : son refus des frontières étanches entre le sublime et le grotesque, le rire et les larmes, la poésie et la politique. La représentation ne sacralise pas Hugo. Elle lui rend sa vitalité, sa démesure, son insolence.

Elle laisse le texte accomplir ce travail. Les alexandrins retrouvent leur souplesse, leurs fulgurances, leur insolence.

Le sublime côtoie donc le grotesque, la déclaration d’amour frôle la satire, le rire se retourne en grimace. C’est là que le spectacle prend toute sa saveur. Dans cette manière de ne jamais réduire le drame romantique à sa seule grandeur, de laisser la farce contaminer la tragédie et la poésie fissurer les certitudes.

Car les ministres de « Ruy Blas » sont de magnifiques spécimens d’une espèce qui traverse les siècles sans jamais se mettre en danger d’extinction.

Ils s’agitent, se disputent, se partagent les richesses du royaume avec l’appétit de propriétaires convaincus que le monde leur est dû. La scène où ils marchandent les territoires avec une désinvolture obscène fait mouche.

Le grotesque devient politique. L’avidité, spectacle. Et le rire, soudain, a quelque chose de mauvais. Il ressemble à celui que l’on étouffe lorsqu’on reconnaît trop bien les travers que l’on croyait réservés aux livres d’histoire.

Stéphane Varupenne, la grandeur fragile d’un homme debout

Au centre de cette mécanique implacable, Stéphane Varupenne compose un « Ruy Blas » d’une humanité bouleversante. Ni héros statufié ni martyr désigné d’avance, son personnage avance avec une ferveur inquiète, une dignité qui n’exclut ni les failles ni les emportements.

Sous les habits empruntés du grand monde, il demeure cet homme qui n’a jamais cessé de mesurer la distance entre ce qu’il est et ce qu’on l’autorise à devenir. Sa passion pour la reine ouvre une brèche dans l’ordre social, mais c’est aussi son sens de la justice qui le distingue de ceux auxquels il est momentanément assimilé.

Varupenne donne à cette ascension une intensité intérieure, faisant sentir à chaque instant la fragilité de l’édifice. On ne se hisse pas impunément au sommet lorsque le monde est construit pour vous maintenir au-dessous.

Face à lui, Thierry Hancisse campe un Don Salluste dont la cruauté n’a rien d’une simple méchanceté de convention. Il y a chez ce grand seigneur humilié une rage froide, une volonté de destruction qui tient autant à l’orgueil blessé qu’à la défense d’un ordre social dont il demeure l’un des bénéficiaires.

Le comédien installe une inquiétante souveraineté du mal, celle d’un homme qui préfère ruiner le royaume plutôt que consentir à perdre sa place. Sa confrontation avec « Ruy Blas » dessine ainsi une lutte de classes à visage humain, où la violence des structures se double de la cruauté des destins individuels.

Morgane Real prête à la reine une sensibilité retenue, une solitude qui fissure progressivement la majesté de façade. Prisonnière de son rang autant que de son mariage, elle découvre en « Ruy Blas » une présence qui échappe aux conventions de la cour.

Leur amour demeure suspendu entre l’impossible et le nécessaire, entre le désir d’abolir les barrières et la conscience tragique de leur solidité. Ce n’est pas seulement une passion interdite que raconte Hugo, mais la rencontre de deux êtres que tout sépare et que leur commune solitude rapproche.

Dans les marges de ce drame, Sébastien Pouderoux apporte à Don César de Bazan une fantaisie libertaire bienvenue. Aristocrate ruiné, réfractaire aux calculs et aux ambitions de ses semblables, il oppose aux stratégies de Don Salluste une insolence qui fait du rire une forme de résistance.

Laurent Stocker, en Don Guritan, déploie quant à lui un sens du comique et du décalage qui rappelle combien Hugo aimait faire trébucher la tragédie sur les extravagances du monde. Ces respirations ne détournent jamais la pièce de son axe. Elles lui rendent au contraire son relief, son imprévisibilité, son formidable appétit de théâtre.

Hugo, le rêve après la colère

Le geste le plus audacieux de Julie Duclos survient lorsque le célèbre réquisitoire de « Ruy Blas » contre les ministres corrompus cède la place à un plaidoyer de Victor Hugo pour une Europe fraternelle, écrit plusieurs décennies après la pièce.

Le déplacement change la perspective. Après la dénonciation, l’horizon. Après le constat de la faillite, la tentative de penser un avenir commun.

Stéphane Varupenne porte cette parole avec une ferveur qui échappe au simple exercice oratoire. Le théâtre devient tribune, mais une tribune traversée par le doute.

Car il ne suffit pas de nommer les coupables pour réparer le monde. Encore faut-il imaginer ce qui pourrait lui succéder. C’est dans cet écart entre la lucidité et l’espérance que Julie Duclos frappe juste et fort.

Hugo n’est pas seulement un contempteur des puissants. Il est aussi un homme qui refuse de considérer l’injustice comme une fatalité. Cette ouverture vers l’utopie donne au spectacle sa véritable profondeur.

Elle empêche la satire de se refermer sur elle-même, le désenchantement de devenir une posture. Mais elle rend aussi plus douloureuse la trajectoire de « Ruy Blas ».

Car le héros peut bien se montrer à la hauteur de sa fonction, aimer avec sincérité, agir avec droiture, il demeure prisonnier d’un monde qui ne lui pardonne pas d’avoir franchi la frontière invisible de sa naissance.

Julie Duclos accompagne cette tragédie sans chercher à en forcer l’émotion. Elle laisse aux mots le temps de se déposer, aux visages celui de se fissurer. Un sobriété qui permet à l’humanité des personnages de surgir au milieu des rouages sociaux qui les broient.

La mort de « Ruy Blas » n’est donc pas seulement celle d’un amoureux malheureux. Elle signe l’échec d’une promesse. Celle d’un homme qui aura cru qu’il était possible de changer les règles sans être détruit par ceux qui les ont écrites.

Il reste de cette chute une émotion sourde, presque une honte. Celle de voir un monde préférer sacrifier un homme juste plutôt que de consentir à sa propre transformation.

Avec ce « Ruy Blas », Julie Duclos fait entendre Hugo sans le momifier, lui rend sa colère sans sacrifier sa tendresse, sa grandeur sans oublier son humour.

La Comédie-Française résonne alors de ce théâtre où les idées ont des corps, où la politique se joue dans les regards et les silences, où les vers les plus célèbres ne sont jamais aussi puissants que lorsqu’ils cessent d’être des monuments pour redevenir des blessures.

Le valet aura traversé les palais sans parvenir à renverser leur ordre. Mais quelque chose demeure, après lui, qui ressemble à une insoumission. La révolte n’a pas toujours besoin de triompher pour laisser une trace.

Il lui suffit parfois de révéler, dans toute sa nudité, l’indécence du monde qu’elle affronte.

Dates : Du 15 octobre 2026 au 27 janvier 2027 et en direct au cinéma Pathé Live le 3 décembre 2026 à 20H10  – Lieu : Comédie-Française (Paris)
 Mise en scène : Julie Duclos

Mes petites boutiques : Mes cosy coloriages (Glénat Jeunesse)

Mes petites boutiques : Mes cosy coloriages (Glénat Jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent dans la collection, Mes cosy coloriages : Mes petites boutiques.

Voilà un joli coffret à offrir à nos petites têtes blondes. Il se présente avec d’un côté cinq feutres, à deux pointes, et de l’autre, un cahier de coloriage sur le thème des petites boutiques. C’est très joliment dessiné et maintenant il va falloir colorier ces petites boutiques du fromager, du fleuriste, de l’épicerie, du bazar…

De très jolis moments de détentes en perspective ! Un atelier idéal pour occuper les enfants de façon ludique tout en perfectionnant leur motricité fine. Le papier est de très belle qualité et les feutres ne transpercent pas le papier.

Dans la même collection, vous trouverez un coffret sur le thème de Noël : Mon petit Noël, avec des feutres, toujours à deux pointes, mais de couleurs différentes du coffret des Petites boutiques. Chaque coloriage est sur le thème de Noël.

Grâce à ces cahiers de coloriages, les enfants vont vivre des moments très cosy…

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Octobre 2026

Auteur : Angelina De Sol

Illustrateur : Angelina De Sol

Editeur : Glénat Jeunesse

Prix : 9,95 €

L’appel de la nature sauvage (Editions Sarbacane)

L’appel de la nature sauvage (Editions Sarbacane)

Les éditions Sarbacane nous propose un très joli album, de Lionel Tarchala  : L’appel de la nature sauvage. L’auteur est également le dessinateur de cet album : c’est sublime ! Il dessine au trait en traditionnel. Dans L’appel de la nature sauvage, l’auteur nous entraîne dans une aventure aussi drôle que rocambolesque, aux côtés d’une joyeuse bande d’animaux bien décidés à retrouver leur liberté. Une nuit, lassés de tourner en rond dans leurs enclos, une dizaine de pensionnaires du zoo décident de s’évader pour rejoindre la mystérieuse Nature Sauvage, dont ils rêvent sans vraiment savoir à quoi elle ressemble.

Mais une fois les grilles franchies, ils découvrent un monde extérieur qu’ils n’imaginaient pas du tout comme cela ! À la place des grands espaces verdoyants espérés, les fugitifs découvrent une ville grise, bruyante et peu accueillante. Déboussolés, ils tentent de se fondre dans ce monde inconnu, multipliant les péripéties et les situations loufoques. Leur quête prend alors une tournure inattendue lorsqu’ils découvrent, dans un musée, un magnifique paysage de nature luxuriante. Et si le monde dont ils rêvent existait vraiment, quelque part, au-delà de la ville ? Aidés par un petit rat des villes, les animaux reprennent leur route, plus déterminés que jamais à trouver leur petit coin de paradis.

Avec son récit rythmé, ses personnages hauts en couleur et ses illustrations pleines de malice, Lionel Tarchala signe un album pétillant qui fait la part belle à l’aventure, à l’entraide et au désir de liberté. Derrière l’humour et les péripéties se dessine une réflexion sensible sur la place des animaux dans notre monde et sur notre rapport à la nature. Car cette nature sauvage tant recherchée n’est-elle pas aussi un espace où l’on peut vivre librement, en harmonie avec son environnement ?

L’appel de la nature sauvage invite petits et grands à réfléchir tout en s’amusant, et nous rappelle combien il est précieux de préserver les espaces naturels qui nous entourent. Une véritable ode à la liberté et à la nature, à partager dès le plus jeune âge !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Septembre 2026

Auteur : Lionel Tarchala

Illustrateur : Lionel Tarchala

Editeur : Sarbacane

Prix : 15,50 €

Michel Fau, diva jusqu’au naufrage

Michel Fau, diva jusqu’au naufrage
© Christophe Martin

Michel Fau, diva jusqu’au naufrage

Il est des divas qui ne meurent jamais. Elles s’effondrent, vacillent, s’étranglent dans leurs aigus, mais continuent de régner, drapées dans leurs oripeaux de gloire et leurs rêves de grandeur.

Michel Fau, souverain de l’outrance et esthète de la décadence, retrouve les fastes du travestissement dans un récital délicieusement déglingué où le mauvais goût devient un art et le naufrage une apothéose.

Avec « Concert très chic », le comédien et metteur en scène orchestre la déroute d’une cantatrice en fin de règne, flanquée d’un ténor à l’ego non dissimulé et d’un pianiste chargé de sauver les meubles. Autant dire une mission impossible.

Quand le mauvais goût touche au sublime

La diva, c’est lui. Michel Fau, évidemment, qui s’empare de cette créature extravagante avec une gourmandise presque obscène.

Sous les faux cils, les bijoux et les parures scintillantes, derrière les poses altières et les minauderies assassines, se dessine une vieille gloire qui s’accroche désespérément à son piédestal.

Le vibrato s’affole, les aigus se dérobent, la voix se fissure. Qu’importe ! La catastrophe est annoncée, mais l’illusion doit continuer. Chez cette reine déchue, l’amour-propre survit à toutes les hécatombes vocales.

Il y a quelque chose de pathétique dans cette obstination à vouloir briller encore, et quelque chose d’irrésistiblement drôle dans la manière dont Michel Fau transforme chaque défaillance en numéro de haute voltige comique.

Car l’acteur possède ce don rare de faire du ridicule une esthétique. Il ne se contente pas de caricaturer la diva, il en épouse les extravagances, les caprices et les désordres intimes.

Il compose un monstre de vanité et de fragilité, une apparition aussi grotesque que fascinante, dont chaque geste semble proclamer que le monde entier devrait s’arrêter pour écouter ses derniers éclats.

Le personnage est une ruine en représentation, une créature qui préfère l’effondrement spectaculaire à la disparition dans l’indifférence. Le kitsch, ici, n’est pas un accident de parcours. C’est une religion, avec ses rites, ses grimaces et ses oracles en strass.

Face à cette souveraine des naufrages, Philippe Talbot campe un ténor dont l’assurance confine à l’arrogance. La jeunesse, la vaillance et la maîtrise vocale opposent leur insolente santé aux défaillances de la diva.

Le contraste fait merveille. Là où Michel Fau cultive l’accident, Philippe Talbot déploie les ressources d’un véritable chanteur lyrique, capable de faire entendre la beauté du chant au milieu de ce champ de ruines.

Sa présence donne au spectacle un contrepoint indispensable : le rire naît aussi de cette confrontation entre la virtuosité musicale et la faillite théâtrale, entre le sérieux du répertoire et le plaisir de le voir joyeusement malmené.

Le ténor tente de maintenir les apparences, mais la diva, elle, n’a plus rien à perdre. Et c’est précisément là que le spectacle commence à dérailler avec le plus de panache.

Au piano, Martin Surot accompagne cette cérémonie du désastre avec le flegme de celui qui a compris depuis longtemps que toute tentative de rétablir l’ordre serait vaine.

Dans ce trio, chacun joue sa partition : la diva s’accroche à sa légende, le ténor défend son prestige, le pianiste encaisse.

Le récital se mue en duel de vanités, en petite comédie humaine où la musique sert autant à exalter les ego qu’à révéler leur vacuité.

Michel Fau convoque les grands airs du répertoire lyrique, de Ravel à Bizet, avant de faire dégringoler le cérémonial vers les territoires beaucoup moins nobles de la variété.

Le passage du sublime au trivial constitue l’un des ressorts les plus réjouissants de cette entreprise de démolition.

La culture savante perd soudain son apparat, la chanson populaire s’invite dans le sanctuaire et les hiérarchies musicales prennent un sérieux coup dans l’aile.

Quand surgit Jeanne Mas ou le souvenir d’un tube populaire, le récital quitte les sommets de l’art lyrique pour s’abandonner aux délices du kitsch.

Le détournement ne cherche pas tant à moquer les œuvres qu’à dynamiter les postures de ceux qui les entourent.

Car derrière les paillettes, « Concert très chic » cultive une ambiguïté plus intéressante qu’il n’y paraît.

À force de vouloir exhiber la catastrophe, le spectacle finit par interroger notre fascination pour les artistes qui refusent de renoncer.

Pourquoi faudrait-il disparaître lorsque la voix décline ? Pourquoi la virtuosité devrait-elle demeurer la seule mesure du talent ? Et si le ridicule était, parfois, une manière de résister à l’effacement ?

Sous ses dehors de pochade décadente, le récital esquisse le portrait d’une créature condamnée à jouer jusqu’au bout le rôle qui lui a donné sa gloire.

La diva ne sait plus chanter comme autrefois, mais elle sait encore entrer en scène.

C’est là sa dernière victoire. Et puis Michle Fau possède ce sens du détail qui tue, du geste déplacé, de la grimace qui fait basculer l’élégance dans l’abîme.

Ses extravagances ne relèvent jamais du simple déguisement : elles composent un monde où la confusion flirte avec la monstruosité, où le raffinement se confond avec la vulgarité, où l’art ne survit qu’en acceptant de se regarder sombrer.

« Avec Concert très chic », Michel Fau signe ainsi un divertissement musical aussi décadent que réjouissant, porté par l’énergie insolente de Philippe Talbot et la complicité imperturbable de Martin Surot.

Une cérémonie des adieux où l’on rit de la diva autant qu’on admire son obstination à rester debout.

Car il faut bien reconnaître à cette reine du naufrage une qualité essentielle : elle sait faire de sa chute un spectacle.

Et lorsque le rideau menace de tomber, elle ajuste ses bijoux, redresse son menton et salue. Le public peut rire. La diva, elle, n’a jamais douté de son génie. Nous, non plus !

Dates : du 12 octobre au 28 décembre – Lieu : Théâtre des Bouffes Parisiens (Paris)
 Mise en scène : Michel Fau

Mésange (Glénat jeunesse)

Mésange (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un très bel album à la fois poétique et philosophique, avec de très jolies illustrations : Mésange. Il vient tout juste de sortir !

Il y a des histoires qui parlent tout doucement au cœur… Mésange est de celles-là. Ecrit et illustré par Clément Lefèvre, cet album nous invite à suivre le chemin d’une petite mésange qui grandit, rêve d’ailleurs et apprend à prendre son envol. Une histoire délicate sur l’amour, la liberté et ce lien précieux qui unit un parent à son enfant. On imagine qu’Ours a recueilli Mésange alors qu’elle n’était encore qu’un oisillon. Il l’a élevée avec amour, bien au chaud dans sa grande barbe, en veillant sur elle comme sur son propre enfant.

Mais Mésange grandit… Ses ailes deviennent plus fortes et son envie de découvrir le monde se fait de plus en plus grande. Pour Ours, qui aimerait tant la garder près de lui, la perspective de la voir partir est difficile à accepter.

Pourtant, portée par ses rêves et sa curiosité, Mésange finit par partir et s’envoler vers de nouveaux horizons. Ours est vraiment très triste. Au fil de ses voyages, Mésange envoie des lettres à son papa, accompagnées de graines récoltées dans les contrées qu’elle découvre. Ours les plante dans son jardin et, peu à peu, voit fleurir bien plus que des plantes : il retrouve lui aussi le goût de l’aventure.

À travers son duo attachant, ses paysages naturels et la symbolique du voyage et des graines, l’album invite à prendre le temps de ressentir. La nature accompagne les émotions des personnages et devient le reflet de leur évolution.

Cet album nous rappelle une chose essentielle : aimer quelqu’un, ce n’est pas le garder près de soi à tout prix, mais lui donner la confiance nécessaire pour s’envoler. C’est vrai pour les animaux mais aussi pour les humains !

Mésange va toucher autant les enfants curieux de découvrir le monde que les adultes qui apprennent à les laisser grandir. Une jolie invitation à parler de liberté, de confiance et de ces liens qui restent forts, même lorsque chacun prend son propre chemin.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Octobre 2026

Auteur : Clément Lefèvre

Illustrateur : Clément Lefèvre

Editeur : Glénat Jeunesse

Prix : 14,90 €

Dans la forêt des géants (Milan)

Dans la forêt des géants (Milan)

Les éditions Milan nous proposent un très bel album, centré sur la nature : Dans la forêt des géants.

Avec Dans la forêt des géants, Meg Fleming et Chuck Groenink nous invitent à une promenade extraordinaire au cœur d’une forêt de séquoias majestueux. Guidés par un petit groupe d’enfants curieux et intrépides, les jeunes lecteurs partent à la découverte d’un univers où chaque détail devient une aventure et chaque instant une occasion de s’émerveiller. C’est un album tout en douceur qui célèbre la beauté de la nature, le plaisir d’explorer et cette merveilleuse capacité qu’ont les enfants à transformer une simple balade en une grande expédition.

Au fil des pages, la forêt se dévoile comme un monde vivant, immense et fascinant. Pour augmenter cet effet d’immensité, le livre va se lire, par moments, à la verticale. Les enfants lèvent les yeux vers les arbres gigantesques, observent les fougères, s’approchent de la rivière, admirent le vol d’un faucon et explorent un passage naturel. Ils prennent le temps de s’arrêter devant ce que les adultes ne remarquent pas toujours. Ici, nul besoin d’une aventure extraordinaire : la nature elle-même est une aventure !

Les illustrations de Chuck Groenink occupent une place essentielle dans cette expérience de lecture : des arbres monumentaux qui donnent le vertige et invitent à lever les yeux, une lumière douce et chaleureuse qui traverse les feuillages avec des détails délicats : mousse, trèfles, pierres brillantes, oiseaux et petits habitants de la forêt.

Les images de cet album, Dans la forêt des géants, ne servent pas uniquement à illustrer le texte : elles invitent à prendre le temps de regarder, à s’attarder sur les détails et à imaginer ce qui se cache au détour du chemin. Vraiment un très bel album !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Septembre 2026

Auteur : Meg Fleming

Illustrateur : Chuck Groenink

Editeur : Milan

Prix : 13,90 €

Le Groupe, d’Isabelle Lagarrigue (Editions Récamier)

Le Groupe, d’Isabelle Lagarrigue (Editions Récamier)

Isabelle Lagarrigue, avec son roman, Le Groupe, nous livre une histoire totalement bouleversante. On termine le livre, et on est, nous aussi, simples lecteurs, complètement transformés en découvrant un univers qu’on n’imaginait pas…

Le Groupe est un roman psychologique et profondément humain qui aborde un sujet difficile : comment continuer à vivre lorsqu’on a causé la mort de quelqu’un sans l’avoir voulu ?

À travers un groupe de parole réuni sur un campus californien, Isabelle Lagarrigue explore la culpabilité, la honte, le regard des autres et la possibilité de se reconstruire après un événement irréversible. Le roman nous invite à nous intéresser à une catégorie de personnes dont la souffrance est souvent oubliée : celles qui ont provoqué un drame accidentellement, parfois alors qu’elles étaient encore des enfants. Non coupables, mais responsables ?

L’histoire se déroule sur le campus de l’Université de Californie à Santa Barbara, aux États-Unis. Un programme expérimental y accueille de jeunes adultes qui ont provoqué la mort d’une personne sans intention de la tuer. En anglais, on les appelle les « accidental killers ».

Ces personnes ont un point commun : leur vie a basculé lorsqu’elles étaient très jeunes, à l’âge de quatre, six ou huit ans. Un geste, une seconde d’inattention ou un accident a entraîné des conséquences dramatiques. Alors que les années ont passé, elles continuent à vivre avec le poids de ce qui s’est produit.

Trois jeunes adultes participent au programme : Janice, Lexie et Aaron. Ils ne réagissent pas de la même manière à leur histoire. Chacun a développé sa propre façon de se protéger, de dissimuler sa souffrance ou de continuer à avancer. De continuer à vivre. À leurs côtés se trouve Ava, une jeune Franco-Américaine qui étudie la psychologie. Elle quitte la France pour rejoindre cette expérience, officiellement afin d’observer et d’analyser le dispositif d’écoute. Les séances sont encadrées par Cornell, un psychologue à la fois bienveillant et énigmatique. Au fil des rencontres, les participants ont un peu moins de mal à parler de ce qu’ils ont vécu. Mais c’est long, même très long avant d’y arriver. Les silences deviennent moins étanches, les émotions affleurent et les récits personnels révèlent des blessures bien plus profondes que ne le laisseraient supposer les faits eux-mêmes. Même si la personne n’a en réalité aucun souvenir de ce qui s’est passé, car cela a eu lieu dans la toute petite enfance !

Mais Ava n’est pas seulement une observatrice extérieure. Au fur et à mesure qu’elle écoute les autres, ses propres motivations et ses propres zones d’ombre prennent de l’importance. Le groupe devient alors un lieu où chacun est amené à regarder en face ce qu’il a longtemps tenté de fuir. La question n’est plus seulement de savoir ce qui s’est passé, mais de comprendre comment vivre après, lorsque l’on ne peut ni revenir en arrière ni réparer complètement les conséquences de ses actes.

L’autrice s’est inspiré de faits réels pour écrire son roman. C’est presque un témoignage de ces personnes qui n’étaient pas responsables de leurs actes, mais qui en paient les conséquences, chaque jour. Comment continuer à vivre avec tant de culpabilité ?

Le Groupe est un livre qui devrait être lu par tout le monde ! Car nous sommes tous susceptibles d’être un jour un accidental killer ! C’est poignant de vérité ! Quand on sait que 11% des parents ont déjà oublié un enfant dans leur voiture… Heureusement, tous ne se terminent pas de façon dramatique. Mais c’est juste pour bien comprendre que ça peut vraiment arriver à chacun d’entre nous ! Personne n’est à l’abri d’un tel accident… Notre coup de coeur !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2026

Auteur : Isabelle Lagarrigue

Editeur : Editions Récamier

Prix : 20,90 €

Philippe Decouflé danse avec les ombres de Murakami

Philippe Decouflé danse avec les ombres de Murakami
© Takahiro Watanabe

Philippe Decouflé danse avec les ombres de Murakami

Avec « La Fin des temps », Haruki Murakami avait imaginé une vertigineuse machine à brouiller les frontières entre le réel et le rêve, la conscience et ses zones d’ombre, l’humain et son inquiétante étrangeté.

Philippe Decouflé s’empare de ce monument d’imaginaire pour en faire une traversée scénique où les corps, les images et les lumières tentent de donner une forme à l’insaisissable.

Un pari fou, forcément, dont le chorégraphe tire un spectacle d’une beauté plastique et sensorielle indéniable, quitte à laisser parfois le spectateur sur le seuil de son propre mystère.

Deux mondes, deux récits, deux manières de perdre pied. D’un côté, un informaticien plongé dans une guerre souterraine autour du contrôle de l’information. De l’autre, une cité close, étrange royaume aux contours incertains, où un homme privé de son ombre se consacre à la lecture des rêves enfermés dans des crânes de licornes.

Entre ces deux univers, Murakami fait circuler ses obsessions, dissèque l’identité, ausculte la mémoire et interroge cette part de nous-mêmes que la raison ne parvient jamais tout à fait à domestiquer.

Adapter une telle matière sans en réduire les sortilèges à une mécanique narrative relevait de la gageure. Decouflé choisit de ne pas enfermer l’écrivain japonais dans une illustration littérale, mais de faire du plateau un territoire mouvant, un espace mental où l’étrangeté devient langage.

Le labyrinthe des ombres

Le spectacle, porté par une troupe japonaise de comédiens et de danseurs, avance ainsi dans un clair-obscur savamment orchestré. Les décors se déplacent, les perspectives se dérobent, les espaces se recomposent avec une fluidité presque insolente.

Une muraille de tissu dessine une cité qui semble moins bâtie que rêvée. Une porte sépare les mondes, mais rien ne garantit qu’elle ne soit pas aussi le passage vers soi-même. Les architectures flottent, les lignes vacillent, les frontières se dissolvent.

Decouflé retrouve ici ce qui fait la singularité de son imaginaire : une façon de faire mentir la pesanteur, de détraquer les perceptions, de transformer une contrainte matérielle en apparition poétique.

La scène devient un théâtre de métamorphoses. Les couleurs surgissent, le noir et blanc découpe les silhouettes, les projections ouvrent des échappées dans l’espace. Les images ne décorent pas le récit, elles en deviennent la substance même.

Tout semble susceptible de basculer dans l’instant, comme si la réalité n’était qu’un décor provisoire que l’on pourrait déplacer à la faveur d’un changement de lumière.

Cette virtuosité visuelle, jamais tout à fait rassurante, épouse les méandres de Murakami sans chercher à les rationaliser. Le merveilleux n’y est pas une consolation, mais une manière plus troublante d’approcher le monde.

Et puis il y a les corps. Les danseurs traversent le plateau comme des créatures échappées d’un bestiaire mental. Les licornes apparaissent dans une étrangeté gracile, à la fois cocasses et fascinantes, tandis que les mouvements collectifs donnent aux transformations scéniques leur impulsion organique.

La danse ne vient pas simplement aérer une narration touffue : elle en révèle les soubresauts, les fractures, les zones de silence. Là où les mots tentent de reconstituer une logique, les corps acceptent de s’abandonner à l’incohérence apparente des rêves.

Ils glissent, se dédoublent, se répondent, incarnent cette inquiétante dissociation de l’être que Murakami place au cœur de son récit. La musique d’Umitaro Abe enveloppe cette fantasmagorie d’une présence délicate.

Les nappes sonores installent une tension sourde, bientôt troublée par les mélodies du piano jouées en direct. Rien ne vient brutalement dissiper le mystère. Au contraire, les sons semblent flotter dans un espace où le temps lui-même aurait perdu ses repères.

Le spectacle gagne alors une qualité hypnotique, une suspension qui tient moins de l’évasion que de l’égarement volontaire. On ne regarde plus seulement une histoire se dérouler : on se laisse absorber par ses mouvements souterrains.

Tatsuya Fujiwara incarne cette figure dédoublée, cet homme dont l’identité se fissure à mesure que les mondes se rapprochent. Autour de lui, les interprètes composent une humanité instable, peuplée de présences énigmatiques et de figures qui semblent surgir autant de la mémoire que de la fiction.

Les images fascinent, les situations intriguent, mais le fil narratif se dérobe par endroits, laissant le spectateur libre de ses interprétations, parfois au prix d’une certaine distance émotionnelle.

C’est là que se joue l’ambivalence de cette « Fin des temps ». Decouflé possède l’art rare de faire naître des images qui semblent n’appartenir qu’à lui, et son sens de l’illusion trouve dans l’univers de Murakami un terrain d’élection.

Mais le pouvoir de fascination ne suffit pas toujours à restituer la profondeur philosophique d’un récit où la perte de soi engage bien davantage qu’un jeu de miroirs.

Derrière les licornes, les murailles et les paysages mentaux, il y a cette question plus sombre : que reste-t-il de nous lorsque nous sommes séparés de notre mémoire, de notre histoire, de cette ombre qui atteste que nous sommes encore vivants ?

La beauté scénique en approche les contours sans toujours en faire sentir la brûlure. Reste un spectacle singulier, ambitieux dans son inventivité, qui préfère l’enchantement à la démonstration et le trouble à l’explication.

Philippe Decouflé ne prétend pas résoudre l’énigme de Murakami. Il en prélève des éclats, des visions, des apparitions qu’il assemble en une fresque mouvante, à la lisière du théâtre, de la danse et du rêve.

Au bout du voyage, la fin des temps ressemble moins à une apocalypse qu’à une lente disparition des certitudes. Les images s’effacent, les ombres persistent.

Et l’on comprend que le véritable vertige n’est pas de franchir les frontières entre les mondes, mais de découvrir que celles qui nous séparent de nous-mêmes sont les plus difficiles à percer.

Dates : du 16 au 21 octobre 2026 – Lieu : Théâtre du Chatelet (Paris)
 Mise en scène : Philippe Decouflé

[BD] Le Phare, anthologie collective (Astrolabe)

Couverture Le Phare anthologie Astrolabe Bilquis Evely [BD] Le Phare, anthologie collective (Astrolabe)

Huit duos, huit récits, un seul motif : le phare. Les éditions Astrolabe, lancées cette année sur une ligne de bande dessinée de genre et de création internationale, réunissent seize auteurs appariés autour d’un thème commun et d’un genre imposé. Vincent Brugeas et Jorge Corona, Brian Azzarello et Julien Motteler, Dan Watters et Sylvain Repos, Kid Toussaint et Filipe Andrade, James Tynion IV et Yannick Corboz, Serge Lehman et Richard Blake, Mattson Tomlin et Merwan, Ram V et Frederik Peeters se partagent les 96 pages de ce recueil publié le 16 octobre 2026 à 22,90 €, sous une couverture de Bilquis Evely.

Le Phare : un thème, huit genres

Chaque duo travaille sur le même thème, le phare, dans un genre différent. On y trouve de la magie avec Brugeas et Corona, du postapocalyptique avec Watters et Repos, du polar avec Kid Toussaint et Filipe Andrade, de la fantasy avec Lehman et Blake, de la science-fiction spatiale avec Tomlin et Merwan, du fantastique avec Tynion IV et Corboz, et un récit entre plusieurs dimensions avec Ram V et Peeters.

Azzarello et Motteler ont choisi de raconter l’absence du phare, et leur histoire est l’une des plus originales du recueil. La variété des genres évite toute répétition.

Un recueil pour présenter l’éditeur

Ce livre sert aussi à présenter les éditions Astrolabe et leur goût pour la bande dessinée de genre, française et internationale.

Avec 96 pages pour huit récits, chaque histoire est courte. Les meilleures se concentrent sur une situation ou une image forte. Celles qui veulent raconter une intrigue complète paraissent résumées. Comme dans tout recueil collectif, la qualité est inégale. On aurait aimé une préface pour expliquer le projet.

Huit dessinateurs, huit styles

Les huit dessinateurs ont des styles très différents, et c’est l’un des plaisirs du recueil. On passe d’un dessin nerveux à un dessin posé, de couleurs douces à des contrastes marqués. L’ensemble manque un peu d’unité. La couverture de Bilquis Evely est très belle.

Faut-il lire Le Phare ?

Le recueil s’adresse aux lecteurs de bande dessinée de genre, curieux de découvrir un nouvel éditeur et des auteurs variés. Quelques récits sont très réussis et la diversité des styles est agréable. La qualité est inégale et les histoires sont courtes. À 22,90 € pour 96 pages, le prix est un peu élevé.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Le Phare anthologie Astrolabe Bilquis Evely

Une initiative éditoriale inédite, réunissant seize grands noms de la bande dessinée internationale actuelle, mobilisés en duo autour d’un thème et d’un (mauvais) genre. Créées par une équipe d’éditeurs chevronnés, les éditions Astrolabe se sont lancées cette année, avec comme ligne d’horizon la bande dessinée de genre et la création internationale. Parmi les différents projets qui dessinent les contours de la maison, la figure du phare s’est imposée comme motif esthétique et narratif, guidant éditeurs et auteurs, au point d’incarner, au fil des mois, ce qui se rapprocherait le plus d’un manifeste créatif des éditions Astrolabe. […] Huit récits pour une anthologie pensée comme le journal de bord d’une nouvelle aventure éditoriale, magnifiée par la couverture de la dessinatrice brésilienne Bilquis Evely.

📚 Fiche éditeur

Auteurs Collectif — 16 auteurs en 8 duos
Sommaire Le Phare de la source (Vincent Brugeas & Jorge Corona) · L’Éclat de Judas (Brian Azzarello & Julien Motteler) · La Nuit des Lampyres (Dan Watters & Sylvain Repos) · Phare Noir (Kid Toussaint & Filipe Andrade) · Le Phare (James Tynion IV & Yannick Corboz) · Le Seigneur des airs (Serge Lehman & Richard Blake) · Dernière Lueur (Mattson Tomlin & Merwan) · Preservation (Ram V & Frederik Peeters)
Couverture Bilquis Evely
Éditeur Astrolabe
Date de sortie 16 octobre 2026
Prix 22,90 €
EAN 9782488807012
Pagination 96 pages

[COMICS] L’Homme invisible, de James Tynion IV & Dani (Urban Comics)

Couverture L'Homme invisible James Tynion IV Dani Urban Comics Universal Monsters [COMICS] L’Homme invisible, de James Tynion IV & Dani (Urban Comics)

Jack Griffin a toujours eu le sentiment d’être invisible aux yeux de son entourage. Quand une expérience scientifique lui offre de l’être pour de bon, plus personne ne peut se mettre en travers de son chemin — pas même la femme qu’il aime. Le livre raconte sa descente dans la folie, à mesure que son humanité s’efface en même temps que son corps. James Tynion IV au scénario et Dani au dessin signent ce volume de la série Universal Monsters, publié par Urban Comics le 16 octobre 2026 dans la collection Grand Format Urban, 120 pages à 20,50 €.

L’Homme invisible : Jack Griffin et son désir de revanche

Avant même l’expérience, Jack Griffin se sentait ignoré de tous. En devenant réellement invisible, il laisse libre cours à son ressentiment. Le récit s’intéresse à ce qu’il était déjà plus qu’à l’expérience elle-même.

Le livre modernise l’histoire. Il garde le nom, l’invisibilité et la folie, et fait de Griffin un personnage sadique, que le récit ne cherche jamais à rendre sympathique.

Un récit court et tendu

Le volume réunit quatre épisodes et avance vite : l’expérience, l’euphorie, puis la perte de contrôle. La tension ne retombe pas.

Les personnages secondaires sont peu développés, en particulier la femme que Griffin dit aimer. Un dossier complète le volume et compare la bande dessinée au film d’origine.

Le dessin de Dani

Le dessin de Dani est rugueux, avec un encrage épais et des ombres très noires. Les couleurs sont peu nombreuses, dans des tons de rose, de brun et de bordeaux, et rappellent les vieilles affiches de cinéma. Ce style convient bien à une histoire d’horreur.

Faut-il lire L’Homme invisible ?

L’album s’adresse aux lecteurs d’horreur et aux amateurs de la collection Universal Monsters, et il se lit sans connaître les autres titres. L’idée de départ est bonne, le récit est efficace et le graphisme a de la personnalité. Les personnages secondaires manquent d’épaisseur. Il coûte 20,50 € pour 120 pages.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture L'Homme invisible James Tynion IV Dani Urban Comics Universal Monsters

Jack Griffin a toujours eu l’impression d’être invisible aux yeux de son entourage… mais lorsqu’une expérience scientifique révolutionnaire lui offre vraiment la possibilité de concrétiser son rêve d’invisibilité, personne, pas même la femme qu’il aime, ne pourra se mettre en travers de son chemin. Assistez à la descente légendaire de Griffin dans la folie, tandis que son humanité s’efface peu à peu et que le monstre qui sommeille en lui se révèle, ne laissant place qu’à… l’Homme Invisible !

📚 Fiche éditeur

Scénario James Tynion IV
Dessin Dani
Éditeur Urban Comics
Collection Grand Format Urban — série Universal Monsters
Contenu VO Universal Monsters: The Invisible Man #1-4
Date de sortie 16 octobre 2026
Prix 20,50 €
EAN 9791026856511
Pagination 120 pages

[COMICS] La Fille d’octobre T1, de Matthew Dow Smith (Delcourt – Contrebande)

Couverture La Fille d'octobre T1 Matthew Dow Smith Delcourt Contrebande [COMICS] La Fille d’octobre, T1, de Matthew Dow Smith (Delcourt – Contrebande)

Automne Ackerman a grandi en croyant aux fées, à la magie et aux princesses capables de terrasser des dragons. À dix-huit ans, son quotidien tient dans un emploi de serveuse au café de sa petite ville, loin des rêves de son enfance. Un soir, dans la ruelle derrière le café, elle croise Barnaby, son ami imaginaire, et tout bascule. Matthew Dow Smith signe seul ce premier tome d’une trilogie — scénario, dessin et couleurs —, publié par Delcourt le 15 octobre 2026 dans la collection Contrebande, 192 pages à 18,50 €.

La Fille d’octobre : Automne Ackerman et le retour de Barnaby

Le récit commence par le quotidien d’Automne : une petite ville, un café, peu de perspectives. Il prend le temps d’installer cette vie étroite avant de faire entrer le merveilleux. Quand Barnaby réapparaît, le lecteur comprend ce que son absence représentait.

Automne raconte elle-même son histoire, avec un ton un peu désabusé. Elle revient sur ce qu’elle croyait enfant, et le livre se demande ce que l’on perd en grandissant.

Entre conte et réalité

L’album mêle un décor contemporain très ordinaire et des créatures de conte, fées et ogres. Pendant une bonne partie du volume, on ne sait pas si Automne voit vraiment ces choses ou si elle les imagine.

Ce premier tome d’une trilogie installe surtout une atmosphère, et l’histoire avance peu. Certains passages se répètent, et la fin ouvre sur la suite sans rien conclure.

Le dessin de Matthew Dow Smith

Le dessin de Matthew Dow Smith a un trait fin et fragile, avec des couleurs douces et peu contrastées. Cette ambiance cotonneuse convient bien à un récit sur les souvenirs. Elle varie peu et devient un peu monotone sur la longueur.

Faut-il lire La Fille d’octobre T1 ?

L’album s’adresse aux lecteurs qui aiment la fantasy intimiste et les récits sur le passage à l’âge adulte. La voix d’Automne est attachante et le dessin a du charme. L’histoire avance lentement, et il faudra lire la suite pour se faire un avis complet. Il coûte 18,50 € pour 192 pages.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture La Fille d'octobre T1 Matthew Dow Smith Delcourt Contrebande

Premier tome d’une trilogie, La Fille d’octobre est un récit initiatique, plein de mélancolie, dans lequel on trouve des fées, des ogres et de la magie ainsi que des ambiances que les fans de Miss Peregrine et les Enfants particuliers — le roman de Ransom Riggs — ne désapprouveront pas. Automne Ackerman est une jeune fille qui a grandi en croyant aux fées, à la magie et aux princesses capables de terrasser des dragons. Mais Automne vient d’avoir dix-huit ans, et elle se demande si son job de serveuse au café de sa petite ville est tout ce que son avenir peut lui offrir. Un soir, dans la ruelle derrière le café, elle rencontre Barnaby, son ami imaginaire d’enfance. Et le monde d’Automne bascule.

📚 Fiche éditeur

Scénario, dessin et couleurs Matthew Dow Smith
Éditeur Delcourt
Collection Contrebande
Date de sortie 15 octobre 2026
Prix 18,50 €
EAN 9782413096139
Pagination 192 pages
Format Album cartonné, 175 × 240 mm, couleurs

[BD] Insuline – La Rançon d’un miracle, de Lisa Sanchis (Delcourt – Encrages)

Couverture Insuline La Rançon d'un miracle Lisa Sanchis Delcourt Encrages [BD] Insuline – La Rançon d’un miracle, de Lisa Sanchis (Delcourt – Encrages)

En 2017, Alec, jeune diabétique américain, meurt quelques jours après avoir renoncé à acheter son insuline, devenue hors de prix. Cent ans plus tôt, Elizabeth, onze ans, atteinte d’un diabète de type 1, est condamnée : la seule « solution » consiste à l’affamer pour retarder sa mort. À Toronto, au même moment, Frederick Banting, médecin jeune et inexpérimenté, s’acharne à trouver un traitement, aussitôt convoité par l’industrie pharmaceutique. Lisa Sanchis signe seule ce récit complet — scénario, dessin et couleurs —, publié par Delcourt le 15 octobre 2026 dans la collection Encrages, 176 pages à 23,75 €, avec une postface de Bertrand Burgalat.

Insuline : trois histoires à un siècle d’écart

Le livre alterne entre deux époques. Dans les années 1920, une enfant est condamnée par le diabète et un médecin cherche un traitement. En 2017, un jeune homme meurt parce qu’il ne peut pas payer ce traitement, pourtant disponible près de chez lui.

Les deux époques sont présentées côte à côte dès le début. Le régime de famine imposé à Elizabeth et le renoncement d’Alec se répondent. Le propos est démonstratif, mais très clair.

Frederick Banting, Elizabeth et la découverte de l’insuline

La partie historique est la plus réussie. On y voit un médecin têtu, un travail de laboratoire difficile et l’intérêt rapide des industriels pour ce nouveau produit. Les explications médicales sont précises et faciles à suivre.

La partie contemporaine est plus inégale. L’histoire d’Alec est racontée avec retenue. Les explications sur les brevets, les intermédiaires et les assurances prennent beaucoup de place et ralentissent le récit. La postface de Bertrand Burgalat complète le propos.

Le dessin de Lisa Sanchis

Le dessin de Lisa Sanchis est simple et net, avec des couleurs franches en aplats. Chaque époque a sa gamme de couleurs, ce qui aide à suivre le récit. Ce style sobre garde une certaine distance avec un sujet grave. Il est très lisible et un peu sage.

Faut-il lire Insuline – La Rançon d’un miracle ?

L’album s’adresse aux lecteurs de bande dessinée documentaire, aux personnes concernées par le diabète et à ceux qui s’intéressent au prix des médicaments. Il explique bien son sujet et sa construction est efficace. Quelques passages explicatifs sont longs. Il coûte 23,75 € pour 176 pages.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Insuline La Rançon d'un miracle Lisa Sanchis Delcourt Encrages

Le nouvel album de Lisa Sanchis raconte l’histoire du traitement du diabète, de la découverte de l’insuline en 1922 — qui sauve des millions de malades d’une mort certaine — à une réalité révoltante : aujourd’hui, de nombreux patients meurent faute de pouvoir se payer cette hormone vitale, au cœur d’enjeux économiques qui en limitent l’accès. En 2017, Alec, jeune diabétique américain, meurt quelques jours après avoir renoncé à acheter son insuline, devenue hors de prix. Cent ans plus tôt, Elizabeth, 11 ans, atteinte d’un diabète de type 1, est condamnée : la seule « solution » consiste à l’affamer pour retarder sa mort. À Toronto, au même moment, Frederick Banting, jeune médecin têtu et inexpérimenté, s’acharne à trouver un traitement — rapidement convoité par l’industrie pharmaceutique.

📚 Fiche éditeur

Scénario, dessin et couleurs Lisa Sanchis
Postface Bertrand Burgalat
Éditeur Delcourt
Collection Encrages
Date de sortie 15 octobre 2026
Prix 23,75 €
EAN 9782413082156
Pagination 176 pages
Format Album cartonné, 204 × 267 mm, couleurs

Chapeau pointu et fête d’enfer (Glénat jeunesse)

Chapeau pointu et fête d’enfer (Glénat jeunesse)

Imaginez une petite sorcière, une fête costumée et une drôle de méprise… Bienvenue dans l’univers plein d’humour de Chapeau pointu et fête d’enfer, un album de Fabi Santiago publié aux éditions Glénat Jeunesse. Emma est invitée à une fête d’Halloween. Déguisée en sorcière, elle se met en route, mais un petit incident va bouleverser ses plans : elle se retrouve à la mauvaise fête ! Pourtant, rien ne semble l’inquiéter…

Au fil des pages, Emma rencontre des loups-garous, des squelettes et des sorcières occupées à préparer d’étranges potions. Pour les lecteurs, les indices s’accumulent : quelque chose ne tourne vraiment pas rond ! Mais Emma, elle, continue de croire que tout le monde porte simplement un déguisement… Mais elle continue à chercher sa maman…

C’est un album malicieux qui joue avec les apparences, les quiproquos et le décalage entre ce que comprend l’héroïne et ce que découvre le lecteur.

On aime cet album pour son ambiance délicieusement frissonnante et son humour plein de surprises. Il invite les enfants à observer les illustrations, à repérer les indices et à anticiper la suite de l’histoire.

C’est une lecture idéale pour partager un moment complice autour d’Halloween, rire des situations inattendues et frissonner juste ce qu’il faut ! Un chapeau pointu, des monstres à tous les coins de page et une fête complètement folle : tous les ingrédients sont réunis pour une aventure aussi drôle qu’enchantée !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Septembre 2026

Auteur : Fabi Santiago

Illustrateur : Fabi Santiago

Editeur : Glénat Jeunesse

Prix : 13,50 €

Moineau et moi, petite musique des émotions (Casterman)

Moineau et moi, petite musique des émotions (Casterman)

Publié aux éditions Casterman, Moineau et moi, est écrit et très joliment illustré par Anne Herbauts ; c‘est un album jeunesse, poétique qui nous invite à découvrir le monde merveilleux de nos émotions. Au fil des pages, un petit moineau devient notre compagnon. Tantôt joyeux, espiègle, bougon ou peureux, il nous aide à explorer ce qui se passe à l’intérieur de nous. Comme la météo change au-dehors, nos émotions évoluent elles aussi au gré des jours et des événements.

À travers des poèmes délicats et des illustrations sensibles, cet album évoque la joie, la tristesse, la colère, la peur, le courage ou encore la sérénité. Il nous rappelle que toutes les émotions ont leur place et qu’il est important de les reconnaître, de les accueillir et de les partager. Cette histoire se lit aussi comme une musique intérieure, où les mots et les sons se rencontrent pour donner vie aux sentiments.

Moineau et moi est une belle invitation à mettre des mots sur ce que l’on ressent, à mieux se connaître et à comprendre les autres. C’est un livre tendre et poétique qui ouvre la porte aux échanges entre petits et grands.

Un album tout en douceur, pour écouter les émotions, apprivoiser ses sentiments et laisser chanter son cœur. Cet album a été adapté du podcast de France musique Les Emotions : petite musique du dedans, des poèmes écrits par Anne Herbauts et mis en musique par l’Orchestre National de France et l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Un QR code se trouve à la fin de l’album pour écouter les épisodes du podcast.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Octobre 2026

Auteur : Anne Herbauts

Illustrateur : Anne Herbauts

Editeur : Casterman

Prix : 17,90 €

[ALBUM JEUNESSE] On appelle ça la magie, de Fabrice Colin & Alessandra Canu (Gautier-Languereau)

Couverture On appelle ça la magie Fabrice Colin Alessandra Canu Gautier-Languereau [ALBUM JEUNESSE] On appelle ça la magie, de Fabrice Colin & Alessandra Canu (Gautier-Languereau)

Juliette part passer ses vacances loin de chez elle et ne se doute de rien. Ce qui l’attend : une ville qui ne dort jamais, une tante fort étrange, un chat fascinant, un corbeau qui a réponse à tout, et un vieux secret qui semble se cacher juste derrière le monde ordinaire. Le livre y ajoute un bois menacé par un maire obstiné, le Bois Sacré, et des sorcières décidées à le sauver. Fabrice Colin signe le texte, Alessandra Canu les illustrations de cet album grand format publié par Gautier-Languereau le 14 octobre 2026 dans la collection Les Histoires, 40 pages, à partir de 6 ans.

On appelle ça la magie : Juliette, sa tante et la ville qui ne dort jamais

Juliette est confiée pour les vacances à une tante qu’elle connaît mal. Elle découvre une maison, une ville et une tante un peu étranges. L’album installe d’abord cette étrangeté, puis fait entrer la magie.

L’histoire prend ensuite un tour concret : le Bois Sacré est menacé par un maire obstiné, et la tante, sorcière elle-même, réunit ses amies et ses animaux bavards pour le sauver. La magie sert à protéger un lieu que tout le monde partage, et l’album parle ainsi d’écologie sans faire la leçon.

Le texte de Fabrice Colin

Le texte de Fabrice Colin pose un univers en quelques phrases et laisse des zones de mystère. Il fait confiance au lecteur pour relier les éléments.

Pour un enfant de six ans, les phrases sont longues et plusieurs éléments étranges ne sont pas expliqués. Une lecture accompagnée est préférable. Le ton reste espiègle et jamais effrayant. La fin arrive un peu vite.

Les illustrations d’Alessandra Canu

Les illustrations d’Alessandra Canu ressemblent à des peintures, dans des tons de nuit bleus et gris éclairés par des lumières dorées. La ville et le ciel occupent une grande place et les personnages y paraissent tout petits. L’ambiance est belle et varie peu d’une page à l’autre.

Faut-il lire On appelle ça la magie ?

L’album s’adresse aux enfants de six à neuf ans, accompagnés pour les premières lectures. L’histoire est originale, le texte est soigné et les images sont très belles. Les phrases sont exigeantes pour l’âge annoncé et la fin est rapide.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture On appelle ça la magie Fabrice Colin Alessandra Canu Gautier-Languereau

Quand Juliette part passer les vacances loin de chez elle, elle est loin d’imaginer ce qui l’attend. Une ville qui ne dort jamais, une tata fort étrange, un chat fascinant, un corbeau qui a réponse à tout, et bien d’autres mystères encore. Un vieux secret semble se cacher juste derrière le monde ordinaire. Il se pourrait bien qu’on appelle ça la magie.

📚 Fiche éditeur

Texte Fabrice Colin
Illustrations Alessandra Canu
Éditeur Gautier-Languereau
Collection Les Histoires
Date de sortie 14 octobre 2026
Prix 14,95 €
EAN 9782017371243
Pagination 40 pages
Format Album, 252 × 309 mm, couleurs
Âge dès 6 ans

[ALBUM JEUNESSE] Petit Jean et le Géant, de Bernard Villiot & Chevalier Gambette (Gautier-Languereau)

Couverture Petit Jean et le Géant Bernard Villiot Chevalier Gambette Gautier-Languereau [ALBUM JEUNESSE] Petit Jean et le Géant, de Bernard Villiot & Chevalier Gambette (Gautier-Languereau)

Un géant maladroit et un garçon malheureux se rencontrent dans un pays imaginaire et décident de ne plus être seuls. De cette alliance naissent le plaisir du jeu et celui de partager, malgré ce qui les sépare. Bernard Villiot signe le texte, Chevalier Gambette les illustrations de cet album grand format publié par Gautier-Languereau le 14 octobre 2026 dans la collection Les Histoires, 40 pages à 15 €, à partir de 4 ans.

Petit Jean et le Géant : deux solitaires qui se rencontrent

L’histoire repose sur une idée simple, qu’un enfant de quatre ans comprend facilement : l’un est immense et maladroit, l’autre est petit et triste, et tous les deux sont seuls. Leur rencontre leur donne l’occasion de jouer ensemble, et c’est par le jeu que les choses s’arrangent.

La différence entre les deux personnages se voit dans leur taille. Le texte ne fait pas la leçon et laisse l’enfant comprendre par lui-même.

Le texte de Bernard Villiot

Le texte est écrit comme un conte, avec un rythme régulier et des formules qui reviennent. Il est fait pour être lu à voix haute.

Le vocabulaire est riche pour cet âge. Un enfant de quatre ans y trouvera des mots nouveaux, et la présence d’un adulte est utile pour les premières lectures. Avec ses 40 pages, l’album se lit en une fois le soir.

Les illustrations de Chevalier Gambette

Les illustrations de Chevalier Gambette sont douces, dans des tons de vert, d’ocre et de rose pâle. Le grand format met bien en valeur la différence de taille entre le géant et le garçon. L’ensemble est très calme, y compris dans les moments d’inquiétude.

Faut-il lire Petit Jean et le Géant ?

L’album s’adresse aux enfants de quatre à sept ans, accompagnés pour les premières lectures. Le ton est juste, le texte est bien écrit et les images sont belles. On aurait aimé un peu plus de contraste dans les moments de tension. Il coûte 15 € pour 40 pages en grand format.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Petit Jean et le Géant Bernard Villiot Chevalier Gambette Gautier-Languereau

Une rencontre inattendue entre deux êtres différents, qui transforme la solitude en force. Une fable sensible et universelle. Un Géant maladroit et Petit Jean, un garçon malheureux, s’unissent pour déjouer la solitude. Ensemble, ils découvrent le plaisir du jeu et le bonheur de partager malgré leurs différences.

📚 Fiche éditeur

Texte Bernard Villiot
Illustrations Chevalier Gambette (Tristan Gion)
Éditeur Gautier-Languereau
Collection Les Histoires
Date de sortie 14 octobre 2026
Prix 15,00 €
EAN 9782017371182
Pagination 40 pages
Format Album, 238 × 340 mm, couleurs
Âge dès 4 ans

[BD] Les Âges d’or de Picsou T3, par un collectif Disney (Glénat)

Couverture Les Âges d'or de Picsou T3 Collectif Disney Glénat [BD] Les Âges d’or de Picsou, T3, par un collectif Disney (Glénat)

Le troisième volume de cette collection patrimoniale rassemble sept récits couvrant trente ans, de 1955 à 1980. On y trouve trois histoires de Carl Barks — La Course au lemming (1955), Le Roi de la rivière d’or et Mystérieux Naufrages (1958) —, puis Le Roi des violons par Bob Gregory, Tony Strobl et John Liggerra (1959), Picsou et le sage de Ulah-Ulah par Romano Scarpa et Rodolfo Cimino (1959), Tel est prisme qui croyait prendre par Rodolfo Cimino et Massimo De Vita (1970) et La Rose du Klondike par Brian Claxton, Edele Kenner et Vicar (1980). Glénat publie l’ensemble le 14 octobre 2026, 208 pages à 19 €, dans une traduction de Philippe Touboul et Laurent Laget.

Les Âges d’or de Picsou T3 : trente ans d’histoires

La collection propose une sélection d’histoires marquantes de Picsou. Ce troisième tome couvre une période large, avec des récits américains des années 1950, des récits italiens et une histoire de 1980.

Les trois histoires de Carl Barks montrent Picsou tel qu’il a été imaginé : avare, colérique et prêt à traverser la planète pour une idée fixe. Les récits italiens vont davantage vers l’aventure exotique et les gags. La dernière histoire revient au Klondike et aux souvenirs.

Planche intérieure Les Âges d'or de Picsou T3 Collectif Disney Glénat

Une anthologie accessible

Le volume réunit sept histoires complètes, qui se lisent séparément. Pour un jeune lecteur qui découvre Picsou et son univers, c’est une bonne entrée en matière.

On aurait aimé quelques pages de présentation pour expliquer d’où viennent ces histoires et pourquoi elles ont été choisies. La qualité est inégale, et les histoires de Carl Barks sont nettement au-dessus des autres.

Le dessin et les couleurs

Le dessin reste dans le style Disney classique, net et lisible, avec des différences visibles entre les auteurs américains et italiens. Les couleurs ont été refaites, vives et modernes, ce qui est agréable mais gomme un peu les différences d’époque.

Planche intérieure Les Âges d'or de Picsou T3 Collectif Disney Glénat

Faut-il lire Les Âges d’or de Picsou T3 ?

Le volume s’adresse aux familles, aux jeunes lecteurs et aux amateurs de bandes dessinées Disney. Le sommaire est varié et les histoires de Carl Barks sont excellentes. Il manque une présentation des récits. À 19 € pour 208 pages, le prix est très correct.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Les Âges d'or de Picsou T3 Collectif Disney Glénat

3 grandes collections pour 3 grands personnages ! Créé par Carl Barks en 1947, Picsou, le canard le plus riche du monde qui aime à plonger dans son coffre-fort rempli de pièces d’or, s’est imposé comme un des personnages emblématiques de l’univers Disney. Pingre et colérique, son nom est même passé dans le langage courant ! Aux prises avec Flairsou, Gripsou, Miss Tick ou les Rapetou, souvent accompagné de Donald et de ses 3 neveux, Picsou est le héros de ce que beaucoup considèrent comme les plus belles histoires de l’univers Disney. Présentée dans une fabrication soignée, la collection des Âges d’or de Picsou rassemble les récits incontournables du canard à l’avarice légendaire sous les pinceaux des plus grands artistes Disney.

📚 Fiche éditeur

Auteurs Collectif Disney (Carl Barks, Bob Gregory, Tony Strobl, John Liggerra, Romano Scarpa, Rodolfo Cimino, Massimo De Vita, Brian Claxton, Edele Kenner, Vicar)
Traduction Philippe Touboul, Laurent Laget
Éditeur Glénat Disney
Collection Les Âges d’or de Disney
Date de sortie 14 octobre 2026
Prix 19,00 €
EAN 9782344075210
Pagination 208 pages
Format 202 × 276 mm, couleurs

[BD] Pour seul cortège, d’Alfred, d’après Laurent Gaudé (Delcourt)

Couverture Pour seul cortège Alfred Laurent Gaudé Delcourt [BD] Pour seul cortège, d’Alfred, d’après Laurent Gaudé (Delcourt)

Alexandre s’écroule à Babylone, terrassé par la fièvre, et ses généraux se disputent déjà l’héritage autour de son lit. Un messager remonte des confins de l’Inde vers la ville. Une jeune femme de sang royal, cachée dans un temple, est ramenée auprès de l’homme qui a vaincu son père. Alfred signe seul — scénario, dessin et couleurs — l’adaptation du roman de Laurent Gaudé, 280 pages qui paraissent chez Delcourt dans la collection Mirages le 22 octobre 2026.

Pour seul cortège : la mort d’Alexandre et la curée

Le roman de Gaudé, paru en 2013, n’est pas un roman historique et l’album ne le traite pas comme tel. Le point de départ est un fait attesté — Ptolémée attaque le cortège funéraire d’Alexandre pour s’emparer de sa dépouille et la ramener en Égypte — mais le livre s’installe ailleurs, dans le temps suspendu de l’agonie et dans la trajectoire de ceux qui gravitent autour.

Trois lignes courent en parallèle : le mourant, le messager qui traverse l’espace, la captive qu’on tire de sa retraite. Elles ne se rejoignent pas de la manière qu’on attendrait, et c’est ce décalage qui fait la structure. L’album avance par voix plutôt que par scènes, et il demande au lecteur d’accepter ce régime dès les premières pages.

Planche intérieure Pour seul cortège Alfred Laurent Gaudé Delcourt

Deux cent quatre-vingts pages pour une épopée

Le format est exceptionnel pour Alfred, et le livre en tire le meilleur parti. Le roman de Gaudé est court mais porte des durées longues, des marches, des plaines, des silences ; il fallait de la place pour les traduire en images sans les résumer. L’album se donne cette place et n’a pas peur des pages qui ne font qu’installer.

C’est aussi ce qui le rend exigeant. Ce n’est pas un livre qu’on lit distraitement : le récit privilégie la sensation et la voix sur l’action, les repères chronologiques sont lâches, et plusieurs séquences demandent à être relues pour situer qui parle. Le lecteur qui cherche une biographie d’Alexandre se trompera de livre. Celui qui accepte l’épopée y trouvera l’un des ouvrages les plus ambitieux de cette rentrée.

Le dessin d’Alfred : un trait libre et l’aquarelle

Alfred travaille ici plus librement que dans aucun de ses albums précédents. Le trait est nerveux, presque tremblé, cerné d’un encrage épais et volontairement irrégulier ; la couleur est transparente et déborde les contours sans chercher à les respecter. On est du côté de la peinture et de l’esquisse, très loin du réalisme de bande dessinée historique.

La gamme est restreinte et construite sur une opposition simple entre un bleu profond et un orangé chaud, avec beaucoup de blanc laissé en réserve. Ce blanc a une fonction narrative autant que plastique : il isole, il ralentit, il donne aux figures l’espace scénique que le livre revendique. La mise en page est très variable, alternant les pleines pages sans case et les planches en gaufrier serré. C’est superbe, et c’est parfois difficile : la lisibilité passe après l’atmosphère, et quelques séquences se paient d’un moment d’hésitation.

Planche intérieure Pour seul cortège Alfred Laurent Gaudé Delcourt

Faut-il lire Pour seul cortège ?

Oui. C’est l’un des plus beaux albums de cette rentrée et un coup de cœur de la rédaction. Il s’adresse aux lecteurs de roman graphique adulte, à ceux qui suivent Alfred depuis Castelmaure, et aux lecteurs de Gaudé curieux de voir son texte passer à l’image. Le récit refuse la narration linéaire et le dessin met l’atmosphère avant la lisibilité, mais l’effort demandé est largement récompensé. Vingt-neuf euros quatre-vingt-quinze pour deux cent quatre-vingts pages dans ce format et avec ce travail : le prix est cohérent.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Pour seul cortège Alfred Laurent Gaudé Delcourt

Alexandre se meurt et son empire se fracasse. Alfred adapte Gaudé et le résultat est flamboyant. Ensemble, ils embrassent le mythe dans un livre fiévreux, épique, inoubliable. Soudain, Alexandre s’écroule, terrassé par la fièvre. Ses généraux se pressent autour de lui et, déjà, se disputent l’héritage. Des confins de l’Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d’un temple éloigné où elle s’est cachée du monde, on tire une jeune femme de sang royal, que le destin appelle auprès de celui qui a vaincu son père.

📚 Fiche éditeur

Scénario, dessin et couleurs Alfred
D’après le roman de Laurent Gaudé
Éditeur Delcourt, collection Mirages
Date de sortie 22 octobre 2026
Prix 29,95 €
EAN 9782413040095
Pagination 280 pages
Format Album cartonné, 220 × 290 mm, couleurs

L’ours d’à côté (Glénat Jeunesse)

L’ours d’à côté (Glénat Jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un très bel album illustré, avec de multiples détails, dans la collection « Préambules » : L’ours d’à côté.

L’Ours d’à côté est un album jeunesse qui nous plonge dans un univers plein de douceur et de tendresse. Avec son titre intrigant, il invite les jeunes lecteurs à découvrir une histoire autour de la rencontre, du voisinage et de la découverte de l’autre. Tillo vit en pleine nature, seule, mais entourée d’animaux. Mais un jour, ils entendent un drôle de bruit…

À travers la nature, ce livre est l’occasion de s’évader, de laisser place à son imagination et de réfléchir à l’importance des relations avec ceux qui nous entourent. C’est une belle invitation à la curiosité, au partage et à l’ouverture aux autres. Et tout se passe au coeur de la nature qui est si belle !

L’Ours d’à côté est un album qui attire l’attention et qui donne envie de découvrir ce qui se cache derrière la porte du voisin. Une lecture qui promet un joli moment d’évasion à partager en famille !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution :  septembre 2026

Auteur : Quitterie Simon

Illustrateur : Maurèen Poignonec

Editeur : Glénat Jeunesse

Prix : 12,90 €

Rafael Pavarotti, la couleur en manifeste

Rafael Pavarotti, la couleur en manifeste
Rafael Pavarotti — Nyaueth Riam pour Bottega Veneta par Matthieu Blazy British Vogue, septembre 2022 (© Rafael Pavarotti)

Rafael Pavarotti, la couleur en manifeste

La couleur n’habille pas les images de Rafael Pavarotti, elle les électrise, les incendie. Au Musée des Arts décoratifs, le photographe brésilien transforme la photographie de mode en un théâtre de la démesure où les corps s’imposent, les étoffes flamboyent et les visages semblent défier l’objectif autant que le monde

Du rose fuchsia au vert acide, du rouge incandescent au jaune solaire, chaque image convoque une déflagration chromatique qui fait de la beauté une affaire de présence, de puissance et de regard.

Né en Amazonie, Rafael Pavarotti a grandi dans un univers où les couleurs ne connaissent guère la discrétion. Les paysages de son enfance, les femmes de sa famille et les objets aux teintes vives qui peuplaient le quotidien ont laissé leur empreinte sur une œuvre immédiatement reconnaissable.

Chez lui, la couleur possède une mémoire, une température, presque une chair. Elle enveloppe les corps, les découpe dans l’espace, les arrache à la neutralité glacée des studios photographiques.

Il y a quelque chose de végétal, de sensuel et de radical dans cette manière de faire surgir les silhouettes d’un univers saturé, comme si la forêt amazonienne avait contaminé les pages des plus grands magazines de mode.

L’art de faire éclater le cadre

Plus de deux cents photographies composent cette traversée d’un univers visuel qui a conquis les couvertures de magazines internationaux et les grandes maisons de couture.

Rihanna, Beyoncé, Harry Styles, figures familières d’une culture mondialisée, deviennent sous son objectif les protagonistes d’une mythologie contemporaine. Mais la célébrité n’est ici qu’un point d’entrée.

On est saisi par la manière dont Pavarotti construit ses images, dans une tension permanente entre sophistication et extravagance, rigueur de la composition et exubérance des couleurs.

Les vêtements cessent d’être de simples accessoires du désir. Ils deviennent architecture, sculpture, parfois armure. Les silhouettes s’allongent, les coiffures prennent des proportions presque irréelles, les étoffes se hérissent ou se déploient comme des organismes autonomes.

Un fond monochrome suffit à transformer un portrait en apparition. Un jeu de lumière fait d’un visage une sculpture vivante.

La photographie de mode retrouve ici quelque chose de son ambition première : inventer des mondes plutôt que reproduire le réel, faire de l’artifice une forme de vérité.

Le spectaculaire est partout, assumé jusqu’à l’insolence. Pourtant, derrière le vernis impeccable, les compositions ménagent une place singulière aux regards. Les modèles ne sont pas de simples supports pour les vêtements, encore moins les figurants anonymes d’un rêve marchand.

Ils occupent l’image, la dominent, lui donnent sa véritable gravité. Chez Pavarotti, le corps noir n’est plus relégué aux marges d’un imaginaire de la mode longtemps façonné par des canons étroits.

Il devient le centre, la mesure et parfois le défi lancé à toute une histoire de la représentation. Cette conquête du cadre n’a rien d’anodin.

En photographiant des mannequins noirs avec une telle ampleur plastique, en faisant de leurs visages et de leurs silhouettes les protagonistes d’images destinées aux plus grandes vitrines de la culture populaire, le photographe déplace les lignes d’un univers qui a longtemps distribué inégalement la visibilité.

La couverture du Vogue britannique réunissant neuf mannequins noires en 2022 demeure, à cet égard, un moment emblématique. La mode, dans ce qu’elle possède de plus spectaculaire, devient aussi un terrain où se rejouent les questions de représentation, de pouvoir et de légitimité.

L’un des intérêts de l’exposition tient précisément au dialogue noué entre ces images contemporaines et les photographies conservées dans les collections du musée.

Les archives rappellent que les corps noirs ont une histoire dans la photographie de mode, mais aussi que leur présence dans les pages des magazines n’a jamais été une évidence.

Le rapprochement fait affleurer ce que les images les plus séduisantes pourraient dissimuler : derrière l’éclat d’une couverture, il y a aussi une conquête du regard. Pavarotti ne sépare jamais complètement cette dimension de la recherche esthétique.

Ses photographies revendiquent le droit à l’excès, à la sophistication, à une beauté qui ne demande aucune permission.

Les carnets préparatoires et les différentes étapes de création présentés dans le parcours révèlent d’ailleurs combien cet apparent débordement repose sur une construction minutieuse.

Rien n’est laissé au hasard. Les volumes, les textures, les postures et les couleurs obéissent à une véritable grammaire visuelle.

C’est lorsque le modèle semble excéder le rôle que lui assigne la composition, que Pavarotti touche le plus juste.

La photographie cesse d’être une démonstration de style pour devenir une rencontre. Une manière de rendre à ceux que l’on regarde le pouvoir de nous regarder en retour.

Sous les couleurs les plus éclatantes, Rafael Pavarotti affirme son geste le plus politique : faire de la beauté non plus un privilège distribué par les autres, mais une puissance que l’on s’approprie. La couleur devient alors bien davantage qu’un signe de reconnaissance.

Elle est une affirmation, presque une insurrection. Une façon de ne plus accepter de rester dans l’ombre.

 Dates : du 2 octobre 2026 au 2 octobre 2027 – Lieu : Musée des Arts Décoratifs (Paris)

[BD] Koralia T1 – Le Lac des eaux vertes, de Jean-Luc Masbou (Delcourt – Terres de Légendes)

Couverture Koralia T1 Le Lac des eaux vertes Jean-Luc Masbou Delcourt Terres de Légendes [BD] Koralia, T1 – Le Lac des eaux vertes, de Jean-Luc Masbou (Delcourt – Terres de Légendes)

Une bande d’aventuriers part récupérer auprès des orques un trésor volé. L’affaire tourne à l’incident diplomatique, et les membres de cette troupe dépareillée se retrouvent parias, poursuivis par toutes les races qui peuplent ce monde — y compris les leurs. Jean-Luc Masbou signe ce premier tome, avec Alain Ayroles au storyboard et aux dialogues, premier volet d’une série annoncée en quatre albums. Delcourt le publie le 8 octobre 2026 dans sa collection Terres de Légendes, 48 pages à 15,50 €.

Koralia T1 : une mission qui tourne à l’incident diplomatique

Une bande d’aventuriers part récupérer un trésor volé chez les orques. L’affaire tourne à l’incident diplomatique et les héros deviennent des fugitifs.

La troupe réunit des représentants de différents peuples, et chacun est poursuivi par les siens. Les 48 pages servent surtout à présenter ce monde, ses peuples et la situation des héros. Le tome s’arrête quand l’aventure commence vraiment.

Une fantasy pleine d’humour

L’album reprend les codes de la fantasy et du jeu de rôle, avec des orques, des nains, des auberges et des tavernes, et les traite sur le ton de la comédie d’aventure. Les dialogues sont vifs et drôles, et donnent son rythme au livre.

Les personnages sont nombreux et certains restent encore peu développés. L’humour est constant et laisse peu de place à l’inquiétude.

Le dessin de Jean-Luc Masbou

Jean-Luc Masbou dessine des visages caricaturaux dans des décors très détaillés. Les pages sont denses, avec beaucoup de cases, et demandent une lecture attentive. Les couleurs chaudes sont belles, et le passage du gris à la couleur au début de l’album est très réussi.

Faut-il lire Koralia T1 ?

L’album s’adresse aux amateurs de fantasy d’aventure et de comédie. L’idée de départ est amusante, les dialogues sont réussis et le dessin est généreux. C’est un premier tome de présentation, qui donne envie de connaître la suite. Il coûte 15,50 € pour 48 pages en grand format.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Koralia T1 Le Lac des eaux vertes Jean-Luc Masbou Delcourt Terres de Légendes

De Cape et de Crocs reste une des meilleures séries de bande dessinée publiée à ce jour. La reformation de ses deux célèbres auteurs est une excellente nouvelle. Place à un univers « Donjons et Dragons » désopilant et enthousiasmant. Une bande d’aventuriers partie pour récupérer auprès des orques un trésor volé va provoquer un incident diplomatique qui fera des membres de cette bande hétéroclite des parias ! Ils vont être poursuivis par toutes les races existantes qui vivent dans ce monde et dont ils font partie. Place à la « communauté de l’anneau » la plus improbable du monde.

📚 Fiche éditeur

Scénario, dessin et couleurs Jean-Luc Masbou
Storyboard et dialogues Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou
Éditeur Delcourt
Collection Terres de Légendes
Date de sortie 8 octobre 2026
Prix 15,50 €
EAN 9782413086789
Pagination 48 pages
Format Album cartonné, 233 × 322 mm, couleurs

[COMICS] Warm Fusion, de Scott Hoffman, Sam Stewart & Alberto Ponticelli (Delcourt – Contrebande)

Couverture Warm Fusion Scott Hoffman Alberto Ponticelli Lee Loughridge Delcourt Contrebande [COMICS] Warm Fusion, de Scott Hoffman & Alberto Ponticelli (Delcourt – Contrebande)

Un attentat a provoqué une vague de radiations sur New York. Une mégacorporation de biotechnologie promet depuis de réparer les corps abîmés grâce à la « Warm Fusion », une technologie censée remplacer les prothèses et soigner les mutations. Pendant que l’innovation suscite tous les espoirs, une série de meurtres atroces frappe les bordels des quartiers pauvres. Vin Young, escort-girl dont le corps porte les stigmates de ces mutations, s’associe à Jarrod Hannover, l’inspecteur chargé de l’affaire. Scott Hoffman et Sam Stewart au scénario, Alberto Ponticelli au dessin et Lee Loughridge aux couleurs signent ce récit complet, publié par Delcourt le 8 octobre 2026 dans la collection Contrebande, 160 pages à 22,50 €.

Warm Fusion : Vin Young, Jarrod Hannover et les victimes des quartiers pauvres

La technologie censée réparer les corps ne profite pas à ceux qui en ont le plus besoin, et ce sont eux que l’on retrouve assassinés. Vin Young, dont le corps porte les traces des mutations, et l’inspecteur Jarrod Hannover enquêtent ensemble, chacun pour ses raisons.

L’enquête remonte jusqu’aux dirigeants de la mégacorporation, avec le scientifique Nicholas Fleischer, son alter ego Mr. Barnaby et une créature tenue secrète. Le schéma est classique pour un polar d’anticipation, mais la dimension sociale est bien rendue : ces disparitions n’intéressent personne.

Polar, horreur et science-fiction

Le livre mélange polar, horreur corporelle et science-fiction. Il parle des dérives du transhumanisme, de la recherche biomédicale et du pouvoir des grandes entreprises.

En 160 pages, le récit doit mener une enquête, décrire une société et amener une révélation scientifique. La fin va vite. Fleischer est un méchant assez convenu, et son alter ego aurait mérité plus de place.

Le dessin d’Alberto Ponticelli et les couleurs de Lee Loughridge

Le dessin d’Alberto Ponticelli est rugueux, avec un encrage épais et beaucoup de noir. Les couleurs de Lee Loughridge, sombres avec des touches de rose, de violet et de bleu vif, donnent une forte identité à l’album. L’ambiance nocturne est presque constante.

Faut-il lire Warm Fusion ?

L’album s’adresse à un public adulte, amateur de polar d’anticipation et d’horreur, car la violence y est explicite. L’idée de départ est forte, le duo d’enquêteurs fonctionne et le graphisme a de la personnalité. La fin est rapide et le méchant manque de surprise. Il coûte 22,50 € pour 160 pages.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Warm Fusion Scott Hoffman Alberto Ponticelli Lee Loughridge Delcourt Contrebande

Le musicien Scott Hoffman (connu sous le nom de Babydaddy en tant que membre fondateur du groupe Scissor Sisters), s’associe à l’artiste Alberto Ponticelli (Frankenstein, Goodnight Paradise, Sam & Twitch) pour un thriller de science-fiction aux ambiances proches de Blade Runner, qui repousse les limites de l’horreur. Après une série de meurtres dans les bordels de la ville, Vin Young, une escort-girl — qui fait partie de cette génération de victimes difformes — traque un ou des tueurs. Elle fait équipe avec Jarrod Hannover, le seul policier chargé de l’enquête. Leurs investigations les mènent jusqu’à une mégacorporation de la biotech, qui développe la « Fusion Chaude », une technologie destinée à remplacer les prothèses. Ils font face à un scientifique sociopathe et une créature qu’il a développée en secret.

📚 Fiche éditeur

Scénario Scott Hoffman, Sam Stewart
Dessin Alberto Ponticelli
Couleurs Lee Loughridge
Éditeur Delcourt
Collection Contrebande
Date de sortie 8 octobre 2026
Prix 22,50 €
EAN 9782413096610
Pagination 160 pages
Format Album cartonné, 225 × 288 mm, couleurs

[BD] Loumi T2 – Stagiaire de la République, de Guillaume Meurice & Loïc Senan (Delcourt Jeunesse)

Couverture Loumi T2 Stagiaire de la République Guillaume Meurice Loïc Senan Delcourt Jeunesse [BD] Loumi, T2 – Stagiaire de la République, de Guillaume Meurice & Loïc Senan (Delcourt Jeunesse)

Loumi a une question et elle ne la lâche pas : si l’école enseigne « liberté, égalité, fraternité », pourquoi laisse-t-on encore des gens dormir dehors ? Elle lance l’alerte sur les réseaux sociaux et se retrouve, sans l’avoir vraiment cherché, stagiaire dans le cabinet d’un député. Guillaume Meurice au scénario, Loïc Senan au dessin et Cyril Jegou aux couleurs signent ce deuxième tome, paru chez Delcourt Jeunesse le 8 octobre 2026, 48 pages cartonnées à 11,50 €.

Loumi stagiaire : l’Assemblée nationale vue de l’intérieur

Loumi est une collégienne en colère contre les injustices, et elle se retrouve en stage dans le cabinet d’un député. L’album lui fait découvrir l’Assemblée nationale, le travail d’un cabinet parlementaire, la fabrication de la loi et le vocabulaire de la vie politique. Les explications arrivent au fil de ses questions.

Loumi voulait comprendre pourquoi des gens dorment encore dehors. Elle trouve des procédures, des arbitrages et des éléments de langage. L’album montre cet écart sans apporter de réponse toute faite.

Un album qui prend position

Stagiaire de la République part d’une indignation et regarde les institutions à travers elle. Le ton est satirique et la caricature des usages politiques est franche. Le lecteur comprend vite de quel côté se situe le récit.

La partie pédagogique est solide et jamais condescendante, et un lecteur de dix ans apprend vraiment comment une loi se fabrique. Le parti pris est parfois appuyé, et certaines répliques parleront plus aux adultes qu’aux enfants. L’album reste utilisable en classe ou à la maison pour ce qu’il explique.

Le dessin de Loïc Senan et les couleurs de Cyril Jegou

Loïc Senan dessine dans un style cartoon, avec des personnages très expressifs et des décors simples. Les pages contiennent beaucoup de cases et de dialogues, et sont parfois chargées pour un jeune lecteur. Les couleurs vives de Cyril Jegou donnent de l’énergie à l’ensemble.

Faut-il lire Loumi T2 ?

Ce tome se lit sans connaître le premier et s’adresse aux lecteurs à partir de neuf ou dix ans, de préférence avec un adulte pour en discuter. Il explique bien les institutions et son héroïne est attachante. Il faut accepter un album engagé et des pages denses. Il coûte 11,50 €.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Loumi T2 Stagiaire de la République Guillaume Meurice Loïc Senan Delcourt Jeunesse

Quand Guillaume Meurice imagine une nouvelle série humoristique et tout public, il crée une héroïne qui veut changer le monde. Dans sa deuxième aventure, Loumi effectue, un peu malgré elle, un stage dans le cabinet d’un député et découvre les coulisses de la vie politique… Mais pourquoi, alors qu’à l’école on apprend « liberté, égalité, fraternité », on laisse encore des gens vivre dehors dans la misère ? Loumi lance un cri d’alerte sur les réseaux sociaux, et se retrouve, malgré elle, à faire un stage dans le cabinet d’un député. Une bonne occasion pour notre héroïne en colère contre le monde tel qu’il est de comprendre notre démocratie, de découvrir l’Assemblée nationale, la rhétorique, les lois, et bien d’autres notions politiques.

📚 Fiche éditeur

Scénario Guillaume Meurice
Dessin Loïc Senan
Couleurs Cyril Jegou
Éditeur Delcourt
Collection Jeunesse
Date de sortie 8 octobre 2026
Prix 11,50 €
EAN 9782413092254
Pagination 48 pages
Format Album cartonné, 226 × 298 mm, couleurs

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