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Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

« Faust » le deal parfait de Tobias Kratzer avec le diable !

L’opéra de Gounod revisité par le metteur en scène allemand Tobias Kratzer est une réussite totale. On y retrouve le vieux Faust en quête de jeunesse éternelle, mais celui-ci (le ténor français Benjamin Bernheim) en appelle à Satan (Christian Van Horn) par lassitude de payer des call-girls. Il vend donc son âme au diable dans l’espoir de gagner l’amour d’une Marguerite (la soprano Ermonela Jaho) qui danse en boîte de nuit ou se retrouve dans le métro. Une relecture qui fait écho à la relecture du Faust de Goethe par Charles Gounod, qui ancre les raisons de la vente de son âme au diable dans la recherche de l'amour et de la jeunesse plutôt que dans la volonté de connaissance dans l'esprit faustien allemand.

« Les Quatre Saisons » selon Anne Teresa de Keersmaeker et Radouan Mriziga

Figure majeure de la danse contemporaine, Anne Teresa De Keersmaeker nourrit depuis quarante ans un rapport intense à la musique. En collaboration avec Radouan Mriziga, elle entreprend d’explorer "Les Quatre Saisons de Vivaldi". Partageant un même intérêt pour l’observation de la nature, la géométrie et l’abstraction incarnée, les deux chorégraphes reviennent à la structure même de la célèbre partition musicale, et aux émotions qu’elle convoque. Une réussite.

Noémie Lvovsky et Yvan Attal : un duo de choc au Festival de Ramatuelle

Sébastien Thiéry, comédien, est aussi auteur de pièces de théâtre où son écriture féroce, désopilante et affranchie de toute morale, cohabite avec la comédie de boulevard, n’hésitant pas à déstabiliser le spectateur. Un as en la matière qui n’a pas son pareil pour démasquer et se moquer avec la perfidie qu’on lui connait de la folie et de l’hypocrisie d’une époque toujours plus déréglée et désincarnée. Aujourd’hui, c’est à un couple de bobos parfaits (enfin presque !) qu’il s’attaque en questionnant l’épineuse question de la transparence au sein du couple. Tout un programme...

« Outsider » : l’envolée chorégraphique de Rachid Ouramdane

Rachid Ouramdane est un habitué des projets à la croisée des disciplines qui aime explorer de nouveaux territoires, sensoriels comme imaginaires, et repousser les limites du chorégraphique. Avec "Outsider", le chorégraphe mêle quatre sportifs de l’extrême aux fugues des 21 danseurs et danseuses du Ballet du Grand-Théâtre de Genève, où s'explorent les thèmes de la fragilité, du risque et du dépassement.

Denis Lavant et Frédéric Leidgens, deux phénix au bord du vide dans une « Fin de partie » magistrale, sont de retour ...

"Rien n'est plus drôle que le malheur, [...] c'est la chose la plus comique [...] mais c'est toujours la même chose [...]. C'est comme la bonne histoire qu'on nous raconte [...] nous la trouvons bonne mais nous n'en rions plus". Voilà, tout est dit, Samuel Beckett transcende sa propre noirceur par l’humour implacable de la dérision inscrite en filigrane dans les plis du langage et une humanité au bord du vide. Clov (Denis Lavant), Hamm (Frédéric Leidgens), Nagg (Peter Bonke) et Nell (Claudine Delvaux) - pauvres rescapés de la vie - continuent à réinventer le jeu de l'humanité. Et ils résistent. Inexorablement. Pour continuer à exister, ils remplissent le temps des mots qui les émeuvent, les font s’insurger ou se taire. Ils vaquent à leurs occupations. Le monde s'est effondré mais eux comme si de rien n'était, ils continuent. “Fin de partie”, pièce mémorable de Samuel Beckett, où la tragédie métaphysique du désespoir est portée à son paroxysme.

Notre Sélection

« L’Art d’avoir toujours raison » : quand la novlangue prend le pouvoir

Le spectacle commence comme une conférence. Il finit comme un constat imparable. Dans "L’Art d’avoir toujours raison", Sébastien Valignat et Logan de Carvalho ont la bonne idée de transformer le théâtre en salle de formation pour candidats en campagne.