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Jean-Marie Périer : « les belles années » ou le vertige de la jeunesse

 

Jean-Marie Périer : "les belles années" ou le vertige de la jeunesse
Brigitte Bardot et Sylvie Vartan, Rome, décembre 1967. - © Jean Marie Périer / Christie’s

Jean-Marie Périer : « les belles années » ou le vertige de la jeunesse

Chez Christie’s, Jean-Marie Périer ne ressuscite pas les sixties : il les remet en mouvement.

Ses photographies ont cette insolence des images qui semblent avoir compris avant tout le monde que la jeunesse allait devenir une révolution.

Beatles, Rolling Stones, Françoise Hardy, Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Brigitte Bardot… autant d’icônes que Périer surprend avant qu’elles ne deviennent définitivement des mythes.

Son oeil est là : photographier les stars sans jamais les enfermer dans leur statut de stars. Il y a chez lui du glamour, de la mode, des décors savamment composés, mais aussi quelque chose de beaucoup plus fragile.

Sans nostalgie 

Un regard qui s’échappe, un sourire qui se dérobe, une posture soudain moins assurée. Derrière l’icône, l’être humain affleure. Périer photographie une époque qui apprend à se regarder.

La couleur explose, les vêtements deviennent manifeste, les corps s’émancipent, la musique change de volume et la photographie accompagne cette métamorphose.

Ses images ont quelque chose de cinématographique : on y entre comme dans une scène de film, avec l’impression que quelque chose va immédiatement se produire.

Et puis il y a cette légèreté, cette élégance jamais vraiment sérieuse, qui distingue son regard de celui du photographe de mode ou du portraitiste officiel.

Périer aime les stars, mais il aime surtout ce qu’elles racontent de leur époque. Il comprend que Johnny, Hardy ou les Stones ne sont pas seulement des artistes : ils sont les égéries d’un monde nouveau.

L’exposition aurait pu sombrer dans la nostalgie, cette maladie contemporaine qui transforme chaque décennie passée en paradis perdu. Il n’en est rien.

Les images du photographe résistent au musée comme elles résistaient déjà au temps. Elles sont trop vivantes, trop pop, trop insolentes pour devenir de simples souvenirs.

« Les belles années » sont moins celles d’un âge d’or que celles d’un vertige : celui d’une jeunesse qui ne savait pas encore qu’elle allait devenir légendaire.

Périer, lui, l’avait compris. Et c’est pourquoi, derrière le glamour et les paillettes, ses photographies racontent quelque chose de beaucoup plus universel : cet instant fugitif où l’on croit que le monde nous appartient encore.

Chez lui, le passé n’est jamais tout à fait passé. Il continue de sourire, de danser, de poser devant l’objectif.

Et surtout, il nous rappelle avec une élégance délicieusement cruelle que la jeunesse, elle, n’a jamais été aussi belle que lorsqu’elle ignorait qu’elle allait disparaître.

 Date : jusqu’au 28 août 2026 – Lieu : Christie’s (Paris)

NOS NOTES ...
Intérêt
Amaury Jacquet
Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.
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