[Jeunesse] Narvalinou, de Matilda Rose & Tim Budgen (Hachette Enfants)
L’animalerie de Mme Pim continue d’ouvrir ses portes, et Hachette Enfants continue d’enrichir son petit zoo magique. Après Carlinou, Teckelinou et les autres, voici venu le tour de Narvalinou : narval miniature, corne torsadée, regard mouillé. C’est l’un des derniers compagnons en date de la collection, et il arrive auréolé d’un atout marketing évident, la popularité galopante du narval dans les chambres d’enfants.
Phénomène curieux d’ailleurs. Il y a quelques années, le narval n’existait pour personne hors des documentaires arctiques. Sa cousinerie visuelle avec la licorne a fini par lui ouvrir les portes du rayon jeunesse : peluches, gourdes, papeterie scolaire, papier-cadeau. Hachette saisit la vague sans en faire un calcul trop appuyé. La créature s’insère plutôt naturellement dans la cohérence de la série, qui carbure depuis le départ aux petits êtres mignons à pouvoir surnaturel.
L’argument narratif tient en une phrase : la petite sirène Émilie hérite d’un narval enchanté capable de faire scintiller tout ce qu’il touche, et le duo va devoir surmonter ensemble une peur qui les bloque. Matilda Rose ne complique pas l’affaire, et c’est très bien comme ça. Le format premier âge n’a que faire des arabesques scénaristiques. Il demande un cadre clair, un enjeu lisible, une résolution douce. La morale, presque silencieuse, passe par les images plus que par le texte.
Tim Budgen continue de signer la partie graphique avec sa palette pastel et ses textures cotonneuses. On retrouve sa façon caractéristique de poser les volumes, ses yeux ronds comme des billes, ses sourires bombés. Le passage sous l’eau lui donne un nouveau terrain de jeu : reflets turquoise, lumière oblique, queues de sirènes qui ondulent au fond des cases. Quelques pleines pages méritent qu’on s’y arrête une demi-minute avec l’enfant. Ce sont ces moments où l’album bascule du livre qu’on tourne au livre qu’on regarde.

Le format carré 21 × 21 reste calibré pour les petites mains, et la pagination, trente-deux pages sans surplus, colle au rythme d’une lecture du soir. À 8,95 €, on touche au prix d’appel typique de la série, ce qui en fait un cadeau facile à offrir, un titre qu’on attrape sans trop réfléchir à la caisse d’une librairie de quartier ou d’une grande surface culturelle. Le positionnement éditorial est limpide : un titre, un animal, un petit drame émotionnel résolu, et hop.
Faut-il s’en plaindre ? Pas vraiment. La série remplit son office sans embrouiller personne. Elle offre aux parents un outil simple pour aborder une peur d’enfance, celle du noir, de l’eau, des autres ou de soi, sans appuyer ni théoriser. Les 3-5 ans aiment les rituels narratifs, et celui-ci en est un. Narvalinou ne réinventera pas l’album jeunesse mais il s’inscrit honnêtement dans une collection qui sait à qui elle parle, et qui le lui rend bien.
Une bonne pioche pour un anniversaire, ou pour étoffer la pile d’histoires du soir.
📇 FICHE ÉDITEUR
| Texte | Matilda Rose |
| Illustrations | Tim Budgen |
| Éditeur | Hachette Enfants |
| Série | L’Animalerie magique |
| Date de sortie | 13 mai 2026 |
| Prix | 8,95 € TTC |
| Pagination | 32 pages |
| Format | 21 × 21 cm |
| Public | Dès 3 ans |
| EAN | 9782017350682 |
Résumé de l’éditeur
Je te présente Narvalinou, la petite narval qui a le pouvoir de faire scintiller tout ce qu’elle touche ! Sa petite maîtresse, la sirène Emilie s’amuse beaucoup avec la magie de Narvalinou. Mais tout le monde dans la Crique du Corail veut utiliser son pouvoir. Narvalinou parviendra-t-elle à lui faire comprendre que le partage est la clé de l’amitié ? Une histoire amusante et pleine de paillettes pour apprendre à partager.




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