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Mustangs, Le rêve de nell, Tome 1 (Flammarion jeunesse)

Mustangs, Le rêve de Nell, Tome 1 (Flammarion jeunesse)

Les éditions Flammarion jeunesse nous proposent une nouvelle série centré sur les chevaux : Mustangs.
Le premier tome, qui vient de sortir, Le rêve de Nell, nous tient en haleine ! Nell est en France, un peu déracinée. Elle a laissé ses chevaux sauvages en Amérique.
Mais un jour, son rêve devient réalité : des mustangs arrivent aux écuries du Bois des Renards. Elle fait la rencontre de Smoke, un étalon pas comme les autres… Arrivera-t-elle à le comprendre ?
Mustangs, Le rêve de Nell est une série centrée sur le bien-être des animaux, qui va plaire à tous les jeunes qui aiment les chevaux !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2025
Auteur : Charlotte Bousquet
Illustrateur : Camille Fourcade
Editeur : Flammarion jeunesse  
Prix : 12,90 €

Un grand moment de théâtre avec une adaptation énergique et désopilante des Fourberies de Scapin au Lucernaire

Le Lucernaire réinvite la Compagnie l’Eternel Eté pour une nouvelle série de représentations des Fourberies de Scapin après celles déjà universellement acclamées de 2017. Même énergie débordante, même appropriation parfaite du texte, même scène mémorable des coups de bâton, la troupe ne ménage pas ses efforts pour faire revivre l’œuvre du grand Jean-Baptiste Poquelin alias Molière. Le spectacle est musclé, les acrobaties se multiplient, le public en redemande.

Molière revisité avec passion

La mise en scène d’Emmanuel Besnault est une démonstration totale de maitrise. Les 4 comédiens et la comédiennes traversent constamment le plateau avec rythme et dextérité, échangeant les répliques sans effort apparent, ce qui laisse imaginer l’énergie déployée pour faire oublier l’implication physique nécessaire, un comédien a fini d’ailleurs complètement trempé de sueur suite à sa prestation habitée. La maitrise du texte est parfaite et les déclamations alternent avec des intermèdes musicaux accompagnés de guitare et de percussions. Les fans du film Gouttes d’eau sur pierres brulantes de François Ozon ont notamment reconnu la version espagnole du chatoyant Tanze Samba mit mir allemand de Tony Holiday. L’intrigue tourne autour de mariages arrangés et d’unions secrètes, les parents du XVIIIe siècle forçaient leurs enfants à des unions arrangées, mais Scapin est là pour sauver la mise à Octave et Hyacinte, et Léandre et Zerbinette, pour faire triompher l’amour au prix de manigances finement orchestrées. C’est un sans faute pour les comédiens et comédiennes. Matthieu Brugot (ou Lionel Sautet) interprète alternativement et avec talent Léandre et Géronte, Jason Marcelin-Gabriel (ou Thomas Bernier) est un Silvestre guitariste valet d’Octave, Juliette Castro (ou Mélanie Le Duc) est Hyacinte ou Zerbinette, Valentin Fruitier (ou Antoine Richard) est un Octave ou Géronte investi, Emmanuel Besnault revêt quant à lui le costume d’un Scapin truculent et imperturbable de confiance en lui. Les automatismes de la troupe sont évidents, créant une complicité visible et des clins d’œil qui n’échappent pas au public.

Cette nouvelle adaptation de Molière (Le Bourgeois Gentilhomme est également joué actuellement) est un feu d’artifices de rires et de bonne humeur, une pièce à ne pas manquer au Lucernaire, visible jusqu’au 25 mai 2025.

Synopsis:

QUE DIABLE ALLAIT-IL FAIRE DANS CETTE GALÈRE ?

Les deux amis Octave et Léandre ont chacun épousé une jeune femme de naissance inconnue dont ils étaient tombés follement amoureux. Et cela sans le consentement de leur père ! Scapin, valet rusé et généreux, reprend du service pour faire triompher la jeunesse et l’amour véritable.

Succès, reprise ! 450e représentation ! Une troupe de cinq comédiens et musiciens s’empare d’une des comédies les plus drôles de Molière dans un rythme endiablé inspiré de la comédie italienne.

Détails:

Du 2 avril 2025 au 25 mai 2025 au Théâtre Noir

Mardi > samedi 20h | Dimanche 17h

Décide ou décède, un livre de Karine Van Cayzeele (Editions Azoé)

Décide ou décède, un livre de Karine Van Cayzeele (Editions Azoé)

Karine Van Cayzeele nous offre un livre bouleversant : Décide ou décède. Il s’agit d’une autofiction où de très nombreux thèmes sont abordés.

On peut vraiment imaginer que tout ce qui est écrit dans ce livre relève plus de la réalité que de la fiction… Hélas !

Karine Van Cayzeele n’est pas juste une auteure. Elle a d’abord travaillé dans la publicité, puis elle est devenue thérapeute, comme la narratrice, photographe et conférencière.
Elle a connu le pire, comme le meilleur. Mais dans son livre, elle parle souvent du pire… Elle a connu la violence sexuelle, avec l’Autre (il ne devrait même pas mériter une majuscule), son beau-père, ses difficultés scolaires, ses relations avec sa mère, la maladie de sa mère, son homosexualité, l’abandon de son vrai père, son burn-out…

Tout ! Elle raconte tout ! Mais avec une forme de pudeur incroyable, une dignité digne d’une grande dame. Une plume de poète. Et en même temps, une plume d’une guerrière !
Décide ou décède est un livre marquant, poétique et profond. Un très beau premier livre. Décide ou décède a été adapté au théâtre. Le spectacle a eu lieu à Aix en Provence, le 4 et le 5 avril ! La mise en scène est signée Elsa Romano.

Publik’Art a découvert cette maison d’édition indépendante, aixoise, les éditions Azoé.

En forme d’arabesque, la ligne éditoriale des éditions Azoé donne vie à des coups de cœur d’écriture, d’illustrations, de photographies, de souvenirs, de témoignages et de poésie, pour partager le plaisir de la création littéraire et sa concrétisation en livres-objets sensibles. Sa philosophie repose sur l’élan collaboratif des autrices et des auteurs qui choisissent de s’engager en faveur de l’édition indépendante.

Fidèle à son credo écologique, les livres sont imprimés et fabriqués en France avec soin et selon les normes environnementales

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : juin 2024
Auteur : Karine Van Cayzeele
Editeur : Editions Azoé
Prix : 20 €

Si j’étais… (Milan)

Si j’étais… (Milan)

Les éditions Milan nous proposent une aventure extraordinaire avec le très bel album : Si j’étais….

Cet album est en fait un livre-jeu. Il va stimuler l’imagination de nos petits et favoriser leur créativité.
Si j’étais un animal, je serais…
Si j’étais un goûter, je serais…
Si j’étais un trésor, je serais…
Les illustrations sont rigolotes et très colorées !
L’album, entièrement cartonné, est de petit format carré et tient bien dans les petites mains de nos tout-petits.
Si j’étais… est un très joli album à offrir sans plus tarder !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2025
Auteur : Tristan Mory
Illustrateur : Tristan Mory
Editeur  : Milan
Prix : 10,90 €

Un bel hommage aux Femen avec le film Oxana

Peu connue dans nos contrées, Oksana Chatchko était une artiste peintre, militante, activiste féministe et anarchiste ukrainienne. Elle et ses amies ont créé le groupe Femen en 2008 et multiplié les actions contre le gouvernement ukrainien. La réalisatrice Charlène Favier propose un biopic librement inspiré de l’histoire vraie de la jeune femme qui a obtenu le statut de réfugiée politique en France.

La liberté brimée

Un documentaire avait déjà été réalisé sur Oksana Chatchko, Je suis femen en 2014 d’Alain Margot. Le film Oxana ne se contente pas de raconter la naissance du mouvement Femen, il dresse surtout le portrait de sa cofondatrice Oksana Chatchko. Fille d’ouvriers orthodoxe, peintre d’icônes religieuses, icône de la résistance face au patriarcat, elle a vécu une existence courte mais intense. Le film n’aborde pas les circonstances de sa mort, a priori par suicide, à l’âge de 31 ans à Paris. Si le film suit une narration assez linéaire, il se permet des apartés un peu surréalistes pour faire décoller le film et le projeter dans une dimension quasi onirique. Le film alterne entre 2 époques pour des voyages temporels qui donnent de l’épaisseur au scénario, entre 2008 à la période activiste en Ukraine et sur l’éclosion du mouvement Femen, et le temps où l’héroïne chercher à devenir réfugiée politique en France en 2018. La jeune actrice Albina Korzh interprète Oxana de manière tout à fait convaincante pour une belle plongée historique, entre activisme en Ukraine et école des Beaux-Arts en France. Le film se concentre également sur la répression policière et les violences subies face à des femmes dénudées et bien décidées à se faire entendre par tous les moyens.

Le film est visible en salles depuis le 16 avril, le bon moment pour le découvrir.

Synopsis: Ukraine, 2008. La jeune Oxana et son groupe d’amies multiplient les actions, slogans peints sur le corps et couronnes de fleurs dans les cheveux, contre un gouvernement arbitraire et corrompu. C’est la naissance d’un des mouvements les plus importants du XXIe siècle : FEMEN. Réfugiée politique, artiste, activiste, Oxana franchira les frontières et militera sans relâche pour les droits des femmes et la liberté, jusqu’à risquer sa propre vie.

Poli Papoli, le super livre de la politesse (Casterman)

Poli Papoli, le super livre de la politesse (Casterman)

Les éditions Casterman nous proposent un très bel album, centré sur la politesse : Poli Papoli.

Cet album nous rappelle les règles élémentaires de la politesse. Sur chaque double page, est raconté une histoire : d’un côté un petit enfant bien élevé, Poli, et de l’autre un petit enfant qui n’en fait qu’à sa tête, Papoli.
L’auteure caricature volontairement les traits de chaque enfant, de façon à ce que le lecteur reconnaisse qui est poli et qui n’est pas poli. C’est drôle et empli de bon sens. 20 tableaux de la vie quotidienne sont illustrés, avec gaieté et couleurs : dans la chambre, à la salle de bain, aux toilettes, à table, dans l’attente d’un cadeau, à un anniversaire, à l’école…
Poli Papoli est le super livre de la politesse à raconter aux enfants dès le plus jeune âge.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2025
Auteur : Élisabeth Brami
Illustrateur : Marie Paruit
Editeur  : Casterman
Prix : 14,95 €

Beck, des palmiers dans l’espace aux éditions Playlist Society, sortie le 24 avril 2025

Les éditions Playlist Society font revivre la jeunesse de ceux qui ont connu les années 90. Loin d’être aussi populaire que les grosses machines grunge de l’époque, Beck a su creuser un petit trou plein de musique et d’idées. Révélé à beaucoup avec le tube loser en 1993, il démontrait par là même sa capacité pour évoluer dans la marge, avec un style fait de bric et de brac, assez jouissif et palpitant. La scène rock indépendante en a fait son porte étendards, il l’a accepté avec dédain tout en cherchant à le pas perdre sa liberté, et donc sa folie propre. Aux côtés de Nirvana ou Soundgarden, il symbolise une époque nonchalante, une sorte de voyage dans l’espace temps, de quoi rajeunir d’un coup à la lecture des mots de Pauline Guedj.

Synopsis: Los Angeles, 1993. Le label indépendant Bong Load publie « Loser », un morceau hybride, aux paroles absurdes, combinant rap, blues et country. Le titre deviendra un succès planétaire, qui placera au centre de la scène rock indépendante son créateur : Beck. D’apparence nonchalante, adepte des mélanges les plus fous, Beck s’affirme comme un musicien versatile puisant son inspiration autant dans le folk et les classiques du blues, que dans l’art contemporain et ses performances. En quatorze albums, Beck a développé un style à part dans l’industrie musicale, alliant technologies de pointe et artisanat, chanson et hip hop, le tout parsemé de collaborations variées avec les Dust Brothers, Nigel Godrich, Charlotte Gainsbourg, Pharrell Williams ou encore Thurston Moore.

Beck, des palmiers dans l’espace est une exploration des multiples facettes de l’artiste à l’aune d’une réflexion sur sa ville natale : Los Angeles. Enfant des quartiers déshérités de la ville, Beck n’a cessé d’insuffler à ses morceaux une analyse fine des réalités sociologiques de la cité.

Pauline Guedj est anthropologue et journaliste, maîtresse de conférences à l’Université Lumière Lyon 2 et affiliée au laboratoire d’anthropologie des enjeux contemporains. Elle est notamment l’autrice de Louis Malle, Regards sur l’Amérique (Ovadia, 2020) et de Steven Soderbergh, anatomie des fluides (Playlist Society, 2021).

Editeur: Playlist Society

Auteur: Pauline Guedj

Nombre de pages / Prix: 160 pages / 17 euros

Les apprenties, une BD poétique et surréaliste aux éditions FRMK

Comme souvent aux éditions FRMK, le trait est beau, les dialogues sont rares et le lecteur se laisse guider avec plaisir. La BD est chiche en mots mais pas en idées. L’auteure Zoé Jusseret propose un roman graphique féministe et dystopique avec Les Apprenties. La bande dessinée sans dialogue oriente le lecteur par la force des dessins dans un récit qui suit les aventures de 2 petites filles. Elles font une découverte macabre qui va être le point de départ d’une histoire loin d’être enfantine, traitant de thèmes lourds de sens tels que le rapport à la mort, le consumérisme, le pétromasculinisme, la destruction de l’environnement et les problématiques féministes. Le livre parle de comment prendre soin des autres et de l’environnement, dans un récit onirique qui transporte et fascine.

Synopsis: Oserez-vous lire Les Apprenties ? Dans un monde dominé par des hommes-machines asservissant les femmes depuis la nuit des temps, nous suivons deux fillettes qui s’apprêtent à entrer en clandestinité et en résistance. Il faudra nous cacher, donner une sépulture aux mortes, laisser parler notre rage…

Les Apprenties de Zoé Jusseret est en librairies depuis le 14 mars.

La découverte du danger qui les guette, puis de leur pouvoir, nous mène de l’émerveillement à l’effroi, puis à la volupté de la destruction…  Les Apprenties change de ton, réserve des surprises et des moments de contemplation, comme l’a relevé Marion Fayolle : 

 » On pourrait se laisser avoir, s’imaginer entrer dans un album jeunesse aux couleurs pastels et délicates, aux dessins naïfs habités par deux fillettes sages, petites poupées inoffensives. Mais très vite, le trait se désinhibe, l’image sort de son corset et se rebelle en même temps que les jeunes filles. On se laisse emporter par cette fable comme par le sommeil, on passe d’une métamorphose à une autre, on vit avec les morts, on chemine dans un univers qui refuse les diktats, celui du texte, du sens et de la norme. On s’accroche au fil rouge : le rouge de la nappe à carreaux, celui qui coule entre les cuisses et colore les culottes, celui qui tache le papier en dessinant des fleurs, ou celui qui jaillit des géantes pour renverser, dans ses vagues, le monde gris des hommes-machines et des pylônes d’acier. « 

Une exposition inédite Gabrielle Münter au Musée d’art moderne de Paris

Le Musée d’art Moderne de Paris dévoile une rétrospective inédite en France consacrée à l’artiste allemande Gabriele Münter (1877-1962) contemporaine d’Henri Matisse lui aussi à l’honneur au MAM avec l’exposition Matisse et Marguerite. Co-fondatrice du Cercle munichois du Cavalier Bleu (Blaue Reiter), Gabriele Münter fut une femme artiste majeure du courant de l’expressionnisme allemand. Elle a officié pendant plus de 6 décennies pour une œuvre à découvrir.

Une femme artiste prestigieuse

Gabrielle Münter connut très bien le peintre russe Kandinsky qu’elle côtoya lors du séjour munichois de ce dernier entre 1903 et 1914. Tous deux représentaient la modernité la plus flamboyante avec l’utilisation de nombreuses techniques pour des oeuvres foisonnantes. Le MAM continue de creuser le mouvement des expositions consacrées aux artistes féminines et l’exposition Gabrielle Münter fait suite à celles dédiées à Sonia Delaunay en 2014-2015, Paula Modersohn-Becker en 2016 et Anna-Eva Bergman en 2023. Celle qui fut une pionnière de l’Art moderne débuta sa carrière à Paris et elle exposa pour la première fois en 1907 au Salon des Indépendants. Ce sont pas moins de 170 œuvres qui sont exposées avec des peintures, des gravures, des photographies et de la broderie. Le parcours chronologique détaille l’œuvre de Gabriele Münter avec un foisonnement impressionnant. Le style de l’artiste a connu des évolutions tout au long de sa carrière, débutant avec des touches et des couleurs très impressionnistes pour se diriger vers l’expressionnisme à l’orée du XXe siècle. Les couleurs sont devenues plus appliquées, en aplat, avec des formes simplifiées, délimitées par des contours noirs très voyants et non points invisibilisés. Les compositions sont simplifiées à l’extrême, sans ombres ni perspective, réduites à une surface en 2 dimensions. Ce qui fut un vrai renouveau formel à l’époque s’inscrivit dans un mouvement plus général qui marqua l’histoire de l’art. Cette quête de synthèse couplée à d’une volonté de s’émanciper du modèle de la nature fait prévaloir l’expression d’un sentiment intérieur. Peintre de plein air, elle s’ingénia à représenter des paysages qui furent une source d’inspiration constante. La nature morte et le portrait furent également des genres qu’elle pratiqua à des nombreuses reprises.

L’exposition au MAM permet de découvrir une artiste mal connue en France dans un parcours vaste et instructif.

Sortie en DVD du film documentaire engagé Dahomey

Dahomey est un film documentaire franco-sénégalais-béninois réalisé par Mati Diop et sorti en 2024. Il a remporté l’Ours d’or à la Berlinale 2024 et retrace la rapatriement par le Bénin en 2021 de 26 trésors royaux, datant de l’ancien royaume du Dahomey, détenus par la France depuis l’époque coloniale.

Un documentaire éclairant

Ours d’or à Berlin, Dahomey se veut un témoignage sur la volonté d’un pays de récupérer une partie de son patrimoine immémorial. L’heure de film montre tour à tour un débat entre étudiants et images de la manœuvre de rapatriement pour éclairer les propos du film. Car la restitution par la France d’objets culturels au Bénin ( ex Dahomey ), si elle constitue une victoire en soi, est un geste jugé comme foncièrement insuffisant, surtout de la part d’un pays dont l’influence en Afrique est clairement déclinante. Certains propos soulignent une vraie rancœur vis-à-vis de la France, de quoi permettre une réflexion sur l’après colonialisme et toutes les blessures qu’elle a suscitées, car quelques trésors rendus sur des milliers volés par l’armée coloniale française en 1892, il y a de quoi s’interroger. Dahomey est le deuxième long-métrage de Mati Diop, auréolé de l’Ours d’or à Berlin en 2024, après avoir remporté le Grand Prix à Cannes, il y a 5ans, avec son premier film intitulé Atlantiques.  Mati Diop a l’idée intéressante de faire parler la 26ᵉ statue du lot rendu, elle qui a quitté le musée du Quai Branly pour le Bénin. La deuxième partie du film se concentre sur le débat entre étudiants béninois avec le constat que cette restitution a un vrai sens politique, car elle est liée à la notion de mémoire.

Le film dure à peine 1 h 10, de quoi attiser la réflexion sur un sujet d’une brulante actualité.

Synopsis: Novembre 2021, vingt-six trésors royaux du Dahomey s’apprêtent à quitter Paris pour être rapatriés vers leur terre d’origine, devenue le Bénin. Avec plusieurs milliers d’autres, ces œuvres furent pillées lors de l’invasion des troupes coloniales françaises en 1892. Mais comment vivre le retour de ces ancêtres dans un pays qui a dû se construire et composer avec leur absence ? Tandis que l’âme des œuvres se libère, le débat fait rage parmi les étudiants de l’université d’Abomey Calavi.

« Helikopter » et « Licht » : Dans l’œil du cyclone chorégraphique de Preljocaj

« Helikopter » et « Licht » : Dans l’œil du cyclone chorégraphique de Preljocav
« Licht », nouvelle création d’Angelin Preljocaj sur une bande-son de Laurent Garnier. (© Yang WANG)

« Helikopter » et « Licht » : Dans l’œil du cyclone chorégraphique de Preljocaj

Il est des spectacles qui ne se contentent pas d’occuper l’espace, mais qui cherchent aussi à le transformer, le bousculer, l’ouvrir à d’autres dimensions. « Helikopter/Licht » d’Angelin Preljocaj appartient à cette catégorie, où la danse devient une expérience sensorielle et singulière.

Dès les premiers instants de « Helikopter », une pièce créée en 2001 et que le chorégraphe reprend, la scène vibre sous l’impulsion tellurique de Karlheinz Stockhausen. Les six danseurs, véritables propulseurs humains, tracent des trajectoires précises, presque chirurgicales, sur un sol animé de projections vidéo signées Holger Förterer. Ici, la chorégraphie ne cherche pas à illustrer la musique, mais à s’y confronter, à la défier, à la modeler dans l’essence et la matière même du mouvement.

Car face au tumulte mécanique venu du ciel, qui semble vouloir les écraser, les danseurs résistent. Dans une chorégraphie où les danseurs bien ancrés au sol flirtent avec la perte de repères, les corps se plient et se contorsionnent entre menace et suspension.

Danser, tanguer corps et âmes

Dans une dynamique tout aussi discontinue qu’aérienne, les mouvements robotiques et saccadés se heurtent et se confrontent aux variations de la musique et à sa tonalité tonitruante.

Preljocaj, fidèle à son goût du défi, ose donc l’impossible : donner corps et âmes à une partition réputée injouable pour la danse.

Il en insuffle un vocabulaire d’une densité rare, où chaque impulsion, chaque repli, chaque extension semble répondre à la violence et à l’urgence brute du quatuor de Stockhausen.

Les danseurs, en état d’alerte permanent, incarnent une tension entre l’organique et le machinique, entre l’humain et la technologie. Le tout aux prises avec un rituel contemporain où la vibration devient langage pour s’accorder au tempo des corps dont les limites sont sans cesse repoussées.

Puis s’enchaîne « Licht », dernière création du chorégraphe pour le Théâtre de la Ville, qui résonne alors comme une éclaircie après la tempête. Sur une musique électro de Laurent Garnier, la lumière s’infiltre, les corps s’ouvrent, la scénographie s’illumine.

Preljocaj instaure une utopie lumineuse, comme une réponse à la noirceur d’une époque, où la danse devient métaphore d’une humanité en quête de sens, de lien, de transcendance. La gestuelle, plus ample, plus collective, célèbre la possibilité d’une île, en somme d’une prise de conscience et d’un nouvel ordre plus juste, plus tolérant, plus inclusif.

Le chorégraphe explore ici l’idée de paradis dans une fin solaire où la pulsion de vie bat son plein. Les paroles d’une chanson des Korgis résonne : « I need your loving like the sunshine », « j’ai besoin de ton amour comme du soleil ».

Douze danseurs investissent l’espace en solo ou duos, où leurs mouvements dans une vague de corps se chargent d’une plénitude retrouvée. Séparés sur terre, tous se retrouvent enlacés, nus et heureux au paradis, dans une scène qui pourrait tout droit sortir d’un conte des mille et une nuit.

En ligne de front ou bras et jambes surgissant de découpes circulaires en fond de scène, l’art de la géométrie – plus que jamais maîtrisé par Preljocaj, devient une source d’harmonie. La douceur et l’abandon des corps au début de la pièce cède alors la place à une écriture symbolique plus incisive et plus tenue.

Ce diptyque, d’une cohérence dramaturgique exigeante, témoigne de la capacité de Preljocaj à réinventer sans cesse son langage, à puiser dans la radicalité musicale pour inventer des formes inédites. Il y a, dans « Helikopter/Licht », cette volonté de faire dialoguer l’ombre et la lumière, la peur et l’espérance, le chaos et l’harmonie, dans une fluidité et une musicalité parfaite.

Un spectacle qui, à l’instar d’un vol d’hélicoptère traversant la nuit, laisse derrière lui une traînée de lumière, fugace mais tenace dans l’imaginaire du spectateur.

 Dates : du 10 avril au 3 mai 2025 – Lieu : Théâtre de la Ville (Paris)
Chorégraphe : Angelin Preljocaj

Avez-vous vu Lulu la tortue ? (Glénat Jeunesse)

Avez-vous vu Lulu la tortue ? (Glénat Jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un superbe album jeunesse : Avez-vous vu Lulu la tortue ?
ce n’est pas un album ordinaire ! il est merveilleusement écrit et illustré par Eglantine Ceulemans, avec 29 flaps et une couverture à découpe, juste sublime ! Les volets à soulever sont un pur régal qui va enchanter nos petits !
Rosie et Philémon ont perdu leur tortue, Lulu. Ils la cherchent partout. Pas de Lulu dans leur superbe jardin. Ils vont frapper chez leurs voisins : Madame Pinceau, madame Poilpartout, monsieur Guétapan…
Les lecteurs découvrent les différentes maisons qui toutes sont remplies de trésors ! Mille détails enchantent l’imagination de nos lecteurs ! Un album qui peut se lire tout seul !
Avez-vous vu Lulu la tortue ? est vraiment un très chouette album à offrir dès l’âge de 4 ans ! Notre coup de coeur ! Il sort aujourd’hui !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 16 avril 2025
Auteur : Eglantine Ceulemans
Illustrateur : Eglantine Ceulemans
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 15,90 €

ArtDéco dévoile son nouvel album A Présent, sortie le 04 avril chez Active One / Remark Music / SMK Music

ArtDéco trouve une place à part dans le paysage musical français. Artiste à fleur de peau, il use et abuse de guitares énervées pour proposer une poésie romantique qui touche l’auditeur et sa personnalité attire une belle communauté de fans. Les 2 EP’s précédents Mélancolie future et Espoirs du passé datent de 2022 et ont fait marqué des points à l’artiste, son premier album A présent sort enfin pour finir de l’imposer comme un songwriter majeur de la scène hexagonale actuelle.

Des chansons marquantes

L’album A présent s’ouvre sur le morceau À nouveau avec Antoine Essertier (Vianney, Keziah Jones, Daran) à la réalisation comme pour le reste de l’album. Constitué de mélodies entêtantes portées par une belle ambiance rock, l’album met en avant une belle écriture à la beauté vénéneuse que la voix du chanteur porte avec maestria. ArtDéco creuse le sillon de son style très personnel en le poussant encore un peu plus loin. Pas avare en performances live habitées (150 concerts en 3 ans quand même), ArtDéco espère passer un cap pour toucher un public plus nombreux. L’artiste se réclame de Calogero, U2 et Alain Souchon, le choix est osé mais très cohérent. Le rock est omniprésent, avec un art de l’écriture et des sonorités entre rock, new wave et indie music. Pour information, ArtDéco a affiché complet au Café de la Danse et aux Etoiles à Paris. En 2024, il a été repéré par Remark Records & SMK Music (Jean-Jacques Goldman, Vanessa Paradis, Christine & the Queen) qui l’accompagnent depuis en édition. C’est à cette époque que son clip Ne m’oubliez pas a été diffusé en national sur FIP. De quoi découvrir une voix puissante et immédiatement reconnaissable, lui qui est également multi-instrumentiste. Il a été remarqué pour sa reprise des Moulins de mon cœur de Michel Legrand avec à la clé près de 4 millions de vues cumulées en quelques mois.

À présent sort le 4 avril 2025 sur toutes les plateformes, en CD et en vinyle. Une tournée est annoncée, restez à l’écoute!

Ca commence par une fleur (Glénat Jeunesse)

Ca commence par une fleur (Glénat Jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un album documentaire pour les enfants, dès 5 ans : Ca commence par une fleur.
La couverture de l’album est superbe avec une découpe sur la fleur ! L’album va raconter le cycle d’une fleur : le pissenlit. Fleur que l’on traite souvent de « mauvaise herbe », alors que c’est juste une merveille de la nature !
Le pissenlit est une plante à fleurs qui produit des graines. Le vent fait voyager les graines, ce qui permet leur reproduction. « Les capitules du pissenlit se referment la nuit. Les fleurons du pissenlit produisent du nectar et du pollen. »

Savez-vous que le pissenlit est excellent pour la santé ? Car tout se mange : « elles contiennent beaucoup de vitamines. »

Savez-vous que le pissenlit est une plante anémophile ?

Avec Ca commence par une fleur, vous saurez tout sur le pissenlit ! Et vous découvrirez de jolies illustrations pour mieux comprendre la nature qui nous entoure.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2025
Auteur : Mary Auld
Illustrateur : Dawn Cooper
Editeur  : Glénat Jeunesse
Prix : 10,90 €

A la poursuite du déjeuner d’Odile (Glénat jeunesse)

A la poursuite du déjeuner d’Odile (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent l’aventure d’une mouette, Odile : A la poursuite du déjeuner d’Odile.
Odile est donc une mouette. Elle a faim ! Elle repère un maquereau dans la mer et s’apprête à plonger pour l’attraper. Mais le pêcheur sera plus rapide qu’elle !
Qu’à cela ne tienne, elle va suivre le bateau du pêcheur, pour récupérer son déjeuner !
Mais là encore, la mouette verra le maquereau filer devant ses yeux…
Mais la course poursuite n’est pas finie !

Le lecteur va comprendre ainsi toutes les étapes qui existent entre le jour où le poisson est pêché et le jour où il se retrouve dans notre assiette !
Les illustrations à l’aquarelle sont très chouettes, avec de multiples détails !

A la poursuite du déjeuner d’Odile est un très bel album à la fois récréatif et pédagogique !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2025
Auteur : Aurélie Castex
Illustrateur : Aurélie Castex
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 13,50 €

Guiz dévoile son nouvel album Utopia, sortie le 11 avril chez Salut Ô Production

Guiz a longtemps officié au sein du célèbre groupe Tryo, auteur de nombreuses chansons dont certains passées à la postérité comme L’Hymne de nos campagnes, Toi et moi ou La main verte. Il se lance pour la toute première fois en solo pour un projet très personnel et des textes à son image, poétique et sans concession. Le message d’Utopia transmet un message limpide, la vie est belle, elle vaut le coup d’être vécue et il ne faut jamais se décourager. Guiz prône l’union pour aller au-delà des différences et retrouver les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Guiz participe à de nombreux projets collectifs et privilégie autant que possible le travail créatif en groupe. Pour ce premier album, Guiz s’est entouré d’amis comme le musicien, guitariste et chanteur Martin Laumond qui l’a accompagné lors de la dernière tournée de Tryo pendant 3 ans. Manu Eveno qui a passé 25 ans dans le groupe est également de la partie et met à profit ses talents d’arrangeur et de guitariste. Ordoeuvre montre également ses talents de scratcheur qu’il échafaude dans les mondes de la musique électronique et du jazz. L’artiste sénégalaise Mariaa Siga est accompagnée du groupe TeKeMat pour chanter sur le titre Comme il est. Autres invités de marque, le duo Mike et Riké de Sinsémilia intervient sur le titre Débrancher et les multi-instrumentistes Gérôme Briard et Raphaël Charpentier sont aussi de la fête. Guiz s’est bien fait accompagner pour accoucher d’un album rempli d’optimisme et qui insiste avec poésie sur l’importance de défendre aussi bien l’Homme que la Nature. L’artiste s’est inspiré de sa famille, de ses lectures, de l’amour et de l’état politique actuel du monde pour permettre la réflexion chez l’auditeur.

Sortie du documentaire élogieux Il était une fois Michel Legrand en DVD le 11 avril 2025

Michel Legrand fut un compositeur de musique de film pléthorique et inspiré. De formation classique, il s’abreuva à la source de grands compositeurs pour accoucher de morceaux rentrés à la postérité. En 75 ans de carrière, il fut reconnu pour son apport majeur à la musique et au cinéma, et fut récompensé de 3 oscars. Le documentaire retrace son existence et sa carrière avec entretiens et images de films agrémentées de ses inoubliables mélodies. Il côtoya de grands réalisateurs, de grands musiciens, de grands acteurs et de grandes actrices, une sorte d’existence rêvée, ce que montre très bien ce documentaire rythmé et foisonnant. Disparu en 2019, le compositeur et musicien fut un fanatique de jazz et un chanteur acclamé. Il eut quand même Nadia Boulanger et remporta plusieurs premiers prix. En France avec Agnès Varda et Jacques Demy, aux Etats-Unis avec notamment L’affaire Thomas Crown qu’il monta lui-même pour accorder le film à sa musique, Michel Legrand connut de nombreuses aventures cinématographiques, ce que le documentaire montre parfaitement. Oscars, Golden Globes, Grammys, la reconnaissance fut totale de son vivant, et il reste aujourd’hui un héritage musical que le documentaire raconte avec humour et clairvoyance.

Synopsis: La Musique, c’est la vie ». Michel Legrand entre au Conservatoire de Paris à l’âge de 10 ans et s’impose très vite comme un surdoué. 3 Oscars et 75 ans plus tard, il se produit pour la première fois à la Philharmonie de Paris devant un public conquis. De la chanson jusqu’au Cinéma, ce véritable virtuose n’a jamais cessé de repousser les frontières de son art, collaborant avec des légendes comme Miles Davis, Jacques Demy, Charles Aznavour, Barbra Streisand ou encore Natalie Dessay. Son énergie infinie en fait l’un des compositeurs les plus acclamés du siècle, dont les mélodies flamboyantes continuent de nous enchanter.

Des corps à l’œuvre et à l’épreuve dans Boléro / Busk / Strong pour une virtuosité en partage

Des corps à l’œuvre et à l’épreuve dans Boléro / Busk / Strong pour un sommet virtuosité
Ballet du Grand Théâtre de Genève : Boléro / Busk / Strong (© Gregory Batardon)

Des corps à l’œuvre et à l’épreuve dans Boléro / Busk / Strong pour une virtuosité en partage

Le Ballet du Grand Théâtre de Genève est à l’honneur au théâtre du Châtelet avec un triptyque détonnant, alliant les visions singulières de quatre chorégraphes : Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet avec Boléro, Aszure Barton et Sharon Eyal pour Busk et Strong.

Chacune de ces pièces, tout en partageant un même espace scénique, s’affirme avec une identité propre, révélant les multiples facettes de la danse contemporaine et son exploration aussi sensorielle que visuelle.

Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet rompent avec le principe du cercle dans le « Boléro » où les onze interprètes forment sur le plateau une sorte de constellation d’étoiles en perpétuel mouvement qui tournent autour d’elles-mêmes.

Les danseurs, alignés comme des notes sur une portée musicale, se déplacent en une ondulation hypnotique amplifiée par un miroir géant en fond de scène qui dédouble leurs mouvements. La scénographie, inspirée des souvenirs d’enfance de Marina Abramović, mêle images de neige télévisuelle et lumières stroboscopiques, créant une ambiance psychédélique.

Une exigence physique 

La répétition, essence même de l’œuvre, devient une danse de l’obsession, où les danseurs s’unissent et se détachent, créant une effusion palpable qui habite chaque mouvement.

La fluidité des gestes, agrémentée de moments de pause, souligne la montée en puissance de la musique, transformant la scène en un véritable crescendo visuel et sensoriel propices aux entrelacs où la frontière entre vie et mort, réalité et illusion, s’estompe.

En contraste, « Busk » d’Aszure Barton nous plonge dans une atmosphère plus instinctive et sauvage.

L’épuisement comme langage 

Les mouvements sont organiques, presque primitifs, et évoquent une interaction plurielle entre les danseurs et la musique. Les corps s’élancent, se heurtent et se rencontrent, comme si l’on assistait à une explosion de la vie elle-même et sa connexion humaine. La musique, pulsante et rythmée, propulse les danseurs tous au diapason, dans un tourbillon d’énergie, où chaque interprète s’imprègne du souffle collectif.

Avec « Strong », Sharon Eyal, explore une fois encore le sillon de son langage hypnotique et impressionne d’intensité.

Sous le beat implacable qu’impose le crescendo techno de Ori Lichtik, la chorégraphie développe une danse robotique et impose un quasi rituel tribal où chaque muscle devient une incantation, chaque respiration un mantra.

La chorégraphie, fidèle à l’ADN Eyal – ces saccades mécanisées, ces torsions qui font chavirer le bassin –, joue la carte de la répétition obsessionnelle. Le tout pour une danse à l’unisson impétueuse, nerveuse, et sophistiquée.

On y retrouve le vocabulaire de la chorégraphe : la marche en demi-pointe, fluide et menaçante, les hanches oscillantes telles des pendules folles, les épaules secouées par un spasme intérieur.

Sous haute tension, la danse sculpte chaque impulsion, chaque torsion, chaque contraction. Avec une maîtrise sans failles, les danseurs gainés de noir, portés par une physicalité extrême, accompagnent sans relâche la mécanique du groupe et son ordre bousculé lorsque l’un d’entre eux s’en désolidarise pour un autre trip mental.

Cette alchimie entre rigueur minimaliste et transition organique fait de « Strong » un objet chorégraphique inclassable – ni tout à fait performance, ni tout à fait rituel, mais archipel de corps en état de survie créative. Du grand art !

 Dates : du 10 au 13 avril 2025 – Lieu : Théâtre du Châtelet (Paris)
Chorégraphes : Sidi Larbi Cherkaoui / Damien Jalet / Aszure Barton / Sharon Eyal

Sortie de l’éblouissant biopic Limonov en DVD le 9 avril 2025

Le dernier film du réalisateur Kirill Serebrennikov (les chefs d’œuvre La fièvre de Petrov et Leto, c’est lui) est un biopic sorti en décembre 2024 adaptant l’ouvrage d’Emmanuel Carrère intitulé Limonov. Le film est une nouvelle démonstration de la virtuosité du réalisateur pour la mise en scène et l’inventivité du style. Conclure qu’il réserve toujours autant de surprises film après film est une évidence.

Une odyssée existentielle

Limonov la ballade retrace sur plus de 50 ans la vie du poète et dissident russe Edouard Limonov, mais pas seulement. Il a été également tour à tour truand à Kharkov, poète à Moscou, sans-abri puis domestique à New York, écrivain et journaliste à Paris, milicien pro-serbe pendant la guerre de Bosnie, dissident puis prisonnier politique dans l’ex-URSS et empêché d’être candidat à l’élection présidentielle russe de 2012. Une existence tout sauf banale. Mort en 2020, il laisse l’image d’un homme à la psychologie torturée, toujours en quête de nouvelles aventures pour enfin se trouver. Le film s’abreuve à la source du Nouvel Hollywood avec des références très explicites, notamment à Taxi Driver ou Midnight Cowboy avec cette reconstitution flamboyante du New York des années 70. Le film est une suite de premières expériences, notamment amoureuses, pour une première moitié de film digne d’un roller coaster émotionnel, ce que la deuxième heure peine à reproduire quand le réalisateur s’attarde plus longuement sur l’épisode ultra-nationaliste d’Eddie, avec des longs délayages sur son opposition à Poutine ou bien son incarcération. La période plus anarchiste est plus rondement menée que l’aspect purement politique et réactionnaire de ses dernières années. Ce qui rend les 2h45 un peu indigestes sur la fin, même s’il faut bien reconnaitre que Limonov est truffé de très bonnes idées de mise en scène, le tout dans une énergie punk assez réjouissante qui rappelle Leto. La narration est ponctuée de belles ellipse temporelles, et que dire des choix esthétiques très recherchés. Le film est porté par un Ben Wishaw au sommet de son art, totalement investi dans son rôle.


Si le personnage Limonov revêt une psychologie assez contestable, il fascine et remplit tout le film de son exubérance, parfaitement retranscrite par un réalisateur toujours autant à l’aise dans l’outrance narrative, ce qui fait de son film un incontournable à découvrir absolument.

Synopsis: Militant révolutionnaire, dandy, voyou, majordome ou sans abri, il fut tout à la fois un poète enragé et belliqueux, un agitateur politique et le romancier de sa propre grandeur. La vie d’Edouard Limonov, telle une traînée de soufre, est une ballade à travers les rues agitées de Moscou et les gratte-ciels de New-York, des ruelles de Paris au coeur des geôles de Sibérie pendant la seconde moitié du XXe siècle.

Madame Stavisky, de Antoine Billot (Gallimard)

Madame Stavisky, de Antoine Billot (Gallimard)

Antoine Billot nous dresse un portrait étonnant de Madame Stavisky.

Qui connaît l’histoire d’un des plus célèbres escrocs du début du XX siècle, Alexandre Stavisky, dit Sacha ?

Un homme, un financier, qui a détourné des millions, est poursuivi pour fraude, et a des relations dans tous les milieux, y compris dans celui de la police, de la presse et de la justice.

Mais Antoine Billot va davantage s’intéresser à sa femme, Arlette. Une femme qui a eu une vie en avance sur son temps.

Hélas, elle n’a pas connu que du bon dans sa vie. Sa vie de toute jeune fille est massacrée par son beau-père, qu’elle surnomme le Gigolo. Elle en gardera des cicatrices à vie.

Elle fuit le domicile de sa mère très jeune, et va rencontrer Romualdo Mora. Un artiste. Elle va poser pour lui. Arlette a besoin d’argent. Alors, elle pose encore et encore… Jusqu’au jour où… Elle a dix-huit ans. Lui, en a trente de plus ! Il est très gentil avec elle. Il l’aime. Et elle ? Il la présente à Coco Chanel. Et sa vie va prendre un tout autre tournant. Car, Arlette est vraiment très belle. Ca va être sa force dans la vie mais aussi son drame.

Elle va prendre des décisions qui sont carrément choquantes… Surtout à son époque. Arlette aime le luxe, l’argent et la vie de palace ! Elle ne s’encombre de rien… et surtout pas d’enfant.

Elle va être servie ! Avec Sacha, Alexandre Stavisky, elle connaîtra la vie sans limite ! Et profitera de tout sans se poser la moindre question sur le fait d’être aussi riche ! C’est une évidence pour elle. Jusqu’au jour où…

La seule chose qui manque dans ce roman, ce sont des photos ! Alors, faites comme nous, aller rechercher des photos d’Arlette, et admirez-la ! Elle était juste sublime !

Madame Stavisky, de Antoine Billot est un roman qui nous raconte toute une époque, à travers la vie d’une femme, qui n’avait peur de rien car elle avait connu le pire, sans que les autres le sachent…

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 10 avril 2025
Auteur : Antoine Billot
Editeur : Gallimard
Prix : 20,50€

« L’Argent de la vieille » les rend tous fous !

"L'Argent de la vieille" les rend tous fous !
L’Argent de la vieille, Théâtre Libre (© Louis Josse / JMD Production)

« L’Argent de la vieille » les rend tous fous !

Après avoir interprété Joan Crawford dans une évocation de sa rivalité légendaire avec Bette Davis (Michel Fau) sur fond de haine, de rancœur et de jalousie, Amanda Lear est de retour pour une reprise exceptionnelle, de l’adaptation revue et corrigée de l’Argent de la vieille, toujours aussi guignolesque que vacharde !

Elle y incarne une milliardaire décomplexée, manipulatrice et cynique, assortie de Georges (Olivier Pages) – ex-amant et peintre raté devenu son homme à tout faire.

Un rôle taillé sur mesure où la richissime héritière du haut de son mépris affronte un couple (Marie Parouty et Atmen Kelif) aussi fauché que fourbe, qui tente désespérément de se refaire à l’occasion de parties de cartes. Leur fille (Jeanne Perrin), plus revancharde qu’elle n’en a l’air, n’est autre que la bonne de la vieille.

Money, Money…

Si la pièce se joue à l’envi des rapports de classe à l’abri de répliques assassines, d’attitudes belliqueuses, de calculs propres à chaque clan, de faux rebondissements, de rêves de grandeur et d’illusions, elle oppose aussi la cruauté de ceux qui ont tout à la veulerie de ceux qui n’ont rien.

Car tous les protagonistes ici en prennent pour leur grade où leur statut social est renvoyé dos à dos : La vieille, dans un orgueil vampirique et un désir obsessionnel de les plumer, est prête à tout pour gagner la partie tandis que les pauvres, sans foi ni loi, n’ont plus aucune limite pour rafler la mise.

Amanda Lear, théâtrale à souhait, est époustouflante en Tatie Danielle pourrie par le fric. Elle joue à merveille cette femme rosse, condescendante et inébranlable. Le couple (Marie Parouty et Atmen Kelif) n’est pas en reste dont les manigances se révèlent aussi hasardeuses que vaines.

Quant à Anastasia, la bonne, elle est interprétée par l’excellente Jeanne Perrin, où son humiliation n’aura d’égale que sa revanche radicale. Sans oublier Oliver Pages, parfait dans le rôle du majordome, vieux beau alcoolique qui sait se montrer indispensable et un tantinet intéressé.

Dates : du 3 au 27 avril 2025 – Lieu : Théâtre Libre (Paris)
Mise en scène : Raymond Acquaviva

Sortie du film La nuit des maléfices en Edition Limitée Collector Combo Blu-ray DVD (Rimini Editions)

La nuit des maléfices, The Blood on Satan’s Claw en VO, est un film d’horreur britannique sorti en 1971 réédité en édition collector par Rimini. Films de sorcellerie malaisant, il s’articule autour de la découverte d’un cadavre qui ravive un culte de Satan pratiqué par des adolescents. La nuit des maléfices frappe les habitants d’un petit village de la campagne anglaise du XVIIe siècle et se concentre sur un retour aux pratiques de sorcellerie avec tous les ingrédients habituels, chasse aux sorcières, emprunte de Satan, peau prélevée et purification, le tout dans un emballement assez jouissif qui se clôture dans un final en apnée! Un duo principal anime le film avec l’actrice Linda Hayden qyu interprète un personnage de perverse) et Wendy Padbury qui elle représente l’innocente créature abimée par les pratiques humaines déviantes. L’usage de la nudité est quelque peu excessif, surtout pour la première, mais on est dans le ton avec beaucoup de violence et de perversion, pour une atmosphère malsaine assez choquante. Certains y verront un film proche de ce que proposait la célèbre Hammer, le réalisateur Piers Haggard s’en donne à coeur joie et rappelle l’autre film d’épouvante britannique The Wicker Man dans une atmosphère de campagne rustique et rude de l’ancienne Angleterre matinée de surnaturel et d’érotisme. Le cliamx du film tient dans une scène de viol collectif très malaisante.Bref, un film des années 70 qui se détache du lot, de l’horreur certes un peu datée, à la limite du kitch, mais c’est le concept, et c’est réussi dans le genre.

Synopsis: Au XVIIème siècle, dans un petit village anglais, se produisent plusieurs évènements que les habitants ne peuvent s’expliquer. Disparitions, mystérieuses visions et étranges cérémonies mènent bientôt les villageois à la panique…

La randonnée des géants de pierre (Glénat Jeunesse)

La randonnée des géants de pierre (Glénat Jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un très bel album, merveilleusement illustré à l’aquarelle : La randonnée des géants de pierre.
Gabrielle connait la montagne depuis toute petite ! Elle profite des beaux paysages que lui offre la montagne. Elle la connait par coeur ! Elle se baigne dans les lacs, fait des randonnées, et ne cesse d’admirer la nature, la faune comme la flore. Gabrielle est consciente de cette immense beauté et en plus, la nature lui confie un secret chaque nuit… Un spectacle inouï !
Le texte comme les images sont sublimement riches. Le jeune lecteur pourra poser des questions sur des termes qu’il ne connait pas, comme : oréades, le son des clarines, ancolies…
Un enrichissement empreint d’écologie et de respect !
La randonnée des géants de pierre est une vraie pépite ! A lire, relire et admirer ! Notre coup de coeur !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2025
Auteurs : Céline Person, Juliette Lagrange
Illustrateur : Céline Person, Juliette Lagrange
Editeur  : Glénat Jeunesse
Prix : 14,50 €

Une adaptation de Bérénice digne du Français au Théâtre du Vieux Colombier

Le Théâtre du Vieux Colombier met à l’honneur Bérénice, le classique en 5 actes de Racine représenté pour la première fois en 1670 et adapté ici dans une version modernisée et épurée essentiellement portée par le jeu impeccable des sociétaires de la Comédie Française. Diction impeccable, voix habitées, le texte est respecté à l’extrême pour un effet magistral sur une audience subjuguée. La tragédie se résume parfaitement dans les mots de Racine lui-même: Titus, qui aimait passionnément Bérénice, et qui même, à ce qu’on croyait, lui avait promis de l’épouser, la renvoya de Rome, malgré lui et malgré elle, dès les premiers jours de son empire. Tout est dit.

Une adaptation impeccable

Les 4 rôles de la pièce sont tenus par Jérémy Lopez (l’empereur de Rome, Titus), Suliane Brahim (Bérénice, reine de Palestine), Alexandre Pavloff (confident de Titus) et Clotilde de Bayser (Phénice, confidente de Bérénice), tous parfaits dans leurs rôles. Les prestations sont physique, les voix passent du murmure psalmodié au cri déchirant en un éclair pour un savoir faire confirmé. Mention spéciale à Jérémy Lopez à la voix digne d’une grande voix de doublage, profonde, ensorcelante, difficile de croire qu’il était à l’affiche des comédies légères Si on chantait ou Radin, mais le grand écart est parfaitement assumé. Il donne à son personnage une belle profondeur, lui déchiré entre les contraintes politiques et son amour pour Bérénice. Suliane Brahim (apparue dans les films La nuée et Je verrai toujours vos visages) arbore une belle fragilité pour un personnage sacrifié sur l’autel de la raison d’état. Les 2 confidents Alexandre Pavloff et Clotilde de Bayser donnent la réplique avec art pour donner de l’épaisseur à la tragédie, avec des accents parfois comiques pour le premier et tragiques pour la seconde. Tous les 4 évoluent dans une mise en scène d’une grande sobriété, pas de fantaisie, des écrans sur l’arrière scène figurent la pluie qui éclabousse des carreaux ou un paysage antique. Les effets de lumière sont minimaux, rien ne semble devoir perturber l’attention du public sur les comédiens et comédiennes. Pas d’effet de manche scénique inutile, si ce n’est des es longs manteaux volontairement anachroniques pour les comédiens (et dignes de Van Helsing).

Les 2 heures de spectacle passent dans un souffle, Titus et Bérénice forment un couple tragique aux sentiments placés sous l’entonnoir. La pièce est à découvrir jusqu’au 11 mai pour apprécier l’art de l’alexandrin de Racine, porté ici à son paroxysme par des interprètes rompus à l’exercice.

Synopsis:

Figure majeure du théâtre flamand, Guy Cassiers choisit Racine pour sa deuxième mise en scène à la Comédie-Française, après Dostoïevski dont il a adapté « Les Démons » Salle Richelieu en 2022.

Bérénice ouvre de multiples voies de réflexion à cet artiste dont le théâtre interroge l’histoire européenne, la prégnance des discours politiques en portant une attention particulière à la dimension humaine que la littérature recèle. La tragédie de Racine lui offre une intrigue réduite à sa plus simple expression, concentrée sur la déroute des sentiments.

Devenu empereur de Rome à la mort de son père, Titus doit revenir (ou pas) sur sa promesse de mariage faite à Bérénice car le Sénat réfute toute union avec une reine étrangère. Guy Cassiers oppose une Bérénice forte à la lâcheté de Titus et de son ami Antiochus, également épris d’elle. Ce sont deux hommes de pouvoir qui se présentent en victime de la situation.

Ainsi, cette pièce, créée à la Comédie-Française en 1680, est représentée dans une forme des plus novatrices, signant l’alliance d’un grand classicisme dans le texte et d’une remarquable modernité visuelle. Reconnu pour sa maîtrise des technologies de l’image et leur imbrication dans les enjeux dramaturgiques, Guy Cassiers imagine le lieu de l’intrigue, une « antichambre où le temps semble suspendu », en évolution permanente selon les états psychiques des personnages. En choisissant de faire interpréter Titus et Antiochus par un seul acteur, comme leurs confidents respectifs, il plonge la scène dans le désordre des perceptions. L’entièreté du plateau est rendue à la fantasmagorie, en premier lieu celle de Bérénice perdant toute emprise sur la réalité.

Détails:

Du 26 mars au 11 mai 2025, Mardi 19h, Dimanche 15h, du mercredi au samedi à 20h30

Kicca & Oscar Marchioni dévoilent leur nouvel album Alegre Me Siento, sortie le 11 avril 2025 chez Inouie Distribution / Crital Publishing

Le duo est assez unique. Kicca est une chanteuse avec une vraie voix reconnaissable entre mille, sa voix est pleine d’une force incandescente, avec un timbre incomparable. Oscar l’accompagne au piano avec un vrai style fluide et délié, autant dire que la combinaison des deux permet à leur disque Alegre me siento d’atteindre des sommets rarement atteints.

Une musique unique

Alegre me siento est l’œuvre conjointe du duo, ils l’ont écrit ensemble et ils se situent vraiment bien loin de la production musicale actuelle. Voilà 20 ans que les 2 artistes travaillent ensemble, depuis 2004, ils ont déjà créé 6 albums et pour ce 7e, Kicca imagine les mélodies et Oscar réfléchir aux harmonies. Pour ce nouvel album, ils ont utilisé plusieurs influences musicales, classique, jazz, soul et chanson italienne pour créer une musique multiple et variée, avec une voix puissante et un piano au diapason. Dans un style épuré, sans artifices superflus, les 2 complices ont composé un album alternant entre puissance et délicatesse pour un univers sonore riche et passionnant rempli d’une vraie émotion. Le clip du premier extrait Alegre me siento raconte l’histoire d’une migrante mexicaine décidée à s’en sortir coute que coute, les arrangements sont minimalistes pour exprimer des sentiments profonds. Les morceaux puissants sont nombreux, comme Stop and Go aux accents ska, la balade reggae Ie Nun Te Reggae Chiu ou Ultimo Caffè qui imagine l’éclosion de sentiments amoureux. Les textes écrits par Kicca abordent des sujets d’actualité, les inégalités sociales, les relations humaines et les sentiments profonds. La chanteuse chante avant tout la joie de vivre et la résistance au fatalisme. Kicca et Oscar Marchioni seront en concert le 13 mai 2025 au Son de la Terre à Paris pour une release party très attendue avant d’autres rendez-vous, le 8 juin au 38Riv Jazz Club et le 6 août au Festival Jazz au Phare sur l’Île de Ré.

Kicca et Oscar Marchioni livrent un album qui transcende les styles dans un album gorgé de pépites musicales, une vraie démonstration de leur savoir faire musical, artistique et humaniste.

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