Camille pétille, Dans la cour des grands (Glénat Jeunesse)
Les éditions Glénat nous proposent un album bande dessinée avec les fabuleuses histoires de Camille. Voilà le tome 1 : Camille pétille, dans la cour des grands.
De septembre jusqu’à la rentrée prochaine, nous allons découvrir la vie quotidienne de Camille. Sa famille, tout d’abord, mais aussi ses amis. Et surtout, les nombreuses bêtises ou blagues de Camille ! Camille est une petite fille qui ne s’arrête jamais ! Soit de parler, soit de penser, soit de bouger !
Une bande dessinée rigolote, joliment illustrée, qui va bien faire rire nos enfants ! La vérité sort de la bouche de Camille ! Sous toutes ses formes !
Camille pétille, Dans la cour des grandsest à mettre entre toutes les mains, dès l’âge de raison !
Tata, le dernier roman de Valérie Perrin (Albin Michel)
Publik’Art vous avait fait découvrir Valérie Perrin, en pleine crise de la Covid,a vec son roman : Changer l’eau des fleurs, notre coup de cœur. Aujourd’hui, Valérie Perrin nous offre une surprenante histoire familiale : Tata.
Comme toujours avec cette auteure, impossible de raconter l’histoire de son livre de plus de 600 pages !
Tata, c’est l’histoire de a tante Colette d’Agnès, une femme qu’elle n’a d’ailleurs jamais appelée Tata ! La sœur de son père.
Colette est une femme ordinaire. Cordonnière de son métier, dans un petit village, Gueugnon, en Bourgogne. Tout le village la connaît, Colette Septembre ! Elle est la plus grande supporter de l’équipe de foot de Gueugnon !
Et dès la première page, le ton est donné. Idem pour la page de couverture ! Colette est morte deux fois ! La première fois en 2007 et la seconde fois en 2010 ! Sa nièce, Agnès, n’y comprend plus rien ! Agnès a toujours été proche de sa tante. Une chose est sûre : elle l’a enterrée en 2007 et ne l’a ensuite plus jamais revue. Normal puisqu’elle était morte ! Il est évident que ce n’est pas pensable cette histoire de « remourir » !
Agnès va mener son enquête tout au long des 634 pages. Et quand le lecteur arrive à la fin de l’histoire, il n’a qu’une envie, c’est que cela ne s’arrête pas !
Il est vrai que quelquefois, le lecteur est un peu perdu au milieu de tous ces personnages ! Colette vivait seule, mais en réalité beaucoup de personnes gravitaient autour d’elle ! C’était une « grande » personne !
On ne sait si l’auteure s’est identifiée à Agnès, cinéaste de métier, et de renom. Mais il est évident qu’elle connaît bien ce milieu ! Peut-être qu’un jour, son mari, Claude Lelouch, en fera un film ? Excellent scénario, à rebondissements multiples !
Son style est captivant et les analyses psychologiques de ses personnages sont tout simplement époustouflantes. Les secrets de famille, les non-dits, les amours cachés, les intrigues, les blessures de l’enfance, les vengeances, les viols, les agressions… tout est parfaitement bien entremêlé ! C’est à la fois un thriller et une passionnante saga familiale.
Tata va vous captiver de la première à la dernière page ! Prévoyez du temps !
Ce qui attire l’œil du cinéphile indubitablement à la lecture du programme du 46e Festival Cinémed est l’omniprésence d’œuvre datant du XXIe siècle, allant clairement à contre courant de son essence même, soit une ôde au glorieux patrimoine du 7e Art méditerranéen à travers ses maestros Fellini, Chahine, Gatlif ou Saura. Un coup de vent digne des plus belles rafales du sirocco, et rendu possible grâce à la présence de nos étoiles contemporaines : l’insaisissable Alba Rohrwacher, l’inclassable Reda Kateb, mais aussi le perfectionniste Rodrigo Sorogoyen. Tous les 3 sont des têtes de gondole dans leur domaine.
Alba, véritable diamant brut sculpté sous nos yeux par les plus grands.
L’italienne illustre parfaitement la bonne santé d’un cinéma d’auteur transalpin protéiforme qui sait passer du rire aux larmes en un claquement de doigt sous les caméras virtuoses de Nanni Moretti, Luca Guadagnino, Chloé Mazlo ou tout simplement sa sœur, Alice.
Le plus charismatique d’entre tous sera au Cinemed : Reda Kateb !
Reda Kateb n’est pas en reste en étant tout simplement l’acteur français préféré de bons nombres de vos serviteurs chez Publik’Art. Une réputation forgée à la sueur d’un travail de titan monstre effectué aux quatre coins du cinéma hexagonal. Ses performances hors normes dans tous les genres possibles ou presque devraient suffire à vous faire monter dans le train et ne plus en descendre. Je vous cite pelle-mêle Hippocrate, Omar la Fraise, Django ou encore le trop sous-estimé, Les promesses. Petite séance coup de coeur, ne le loupez pas dans l’unique réalisation de Ryan Gosling : Lost River, véritable cauchemar éveillé entre Lynch et NRW. Il présentera au Cinemed son 1er film en tant que réalisateur : Sur un fil.
Maestro Sorogoyen nous dévoilera ses nouveaux projets.
Et que dire du retour de Rodrigo Sorogoyen, pour la 3e fois sur les terres montpelliéraines, mais cette fois sans bébé à défendre. Un pur et dur hommage à cet exceptionnel réalisateur qui en quelques années est passé du statut d’espoir à celui de chef de file des metteurs en scène du vieux continent. Une occasion unique de revisionner son œuvre déjà bien fournie, et surtout d’entrer dans le cerveau de ce génie, véritable roi du polar psychologique. Un immanquable, vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous aura pas prévenu.
Le feu sacré du nouveau cinéma Marocain consumera le Corum durant une semaine.
Passé ces 3 grands noms, le Cinémed rend également hommage à cette nouvelle vague marocaine à l’énergie folle et communicative. On vous en avait parlé sur X (Twitter) avec grand enthousiasme d’Ismael El Iraki et son fantastique Burning Casablanca. Ce sera l’occasion d’échanger avec lui et bien d’autres autour de ce cinéma définitivement bien vivant et créatif.
Les régaleurs d’ARTUS hanteront une nouvelle fois les 2e parties de soirée montpelliéraine.
Côté avant-premières, nous verrons le retour des géants Robert Guédiguian ou Costa-Gavras, sans oublié le nouveau film de l’ultra plébiscité réalisateur de Pacifiction : Albert Serra. Et que dire de ces soirées ARTUS consacré au cinéma bis de qualité, avec la Trilogie du Vice de Sergio Martino, si ce n’est que Cinémed reste le festival qui gâte le plus l’amateur de 7e Art sous toutes ses formes.
Nouveau voyage onirique prévu aux côtés du Pinocchio de Luigi Comencini.
Evidemment, Cinémed ne serait pas ce qu’il est sans une rétrospective digne de ce nom, ici, celle consacrée à l’immense Luigi Comencini, cinéaste indéfinissable et papa de chef d’œuvres intemporels tel que Les aventures de Pinocchio ou encore L’incompris. D’ailleurs les réjouissances de cette 46e édition commencera par un Easter Eggs, à savoir la soirée d’ouverture consacrée à … sa fille FrancescaComencini, qui y présentera son nouveau film en avant-première, rendant hommage à … son père.
Une nouvelle boucle méditerranéenne bouclée du 18 au 26 octobre 2024 !
Je découvre avec les autocollants : C’est Noël ! (Père Castor)
Les éditions du Père Castor nous proposent un cahier d’activités pour les tout-petits autour du thème de Noël : Je découvre avec les autocollants : C’est Noël !
Les autocollants sont de grosse taille pour permettre aux petites mains de les manipuler facilement.
L’enfant doit déjà bien observer la scène avant de la compléter avec les autocollants à placer à la bonne place. Il pourra ensuite aborder le dénombrement en répondant, à chaque page, combien il y a de lutins, de rennes, de chiens, d’étoiles…
Les illustrations sont naïves et gaies.
Voilà un cahier d’activités, cherche et trouve, à la portée des enfants dès l’âge de 3 ans.
Je découvre avec les autocollants : C’est Noël sort aujourd’hui ! Une belle idée de cadeau pour préparer Noël !
Parallèlement, les éditions Glénat jeunesse proposent un Cahier d’activités autour de l’œuvre de Caillebotte. Pour célébrer le 130 ème anniversaire de la mort du peintre. Non seulement, le jeune lecteur va découvrir ce très grand artiste, impressionniste, mais il pourra également compléter quelques œuvres. Et s’exercer à quelques figures de graphisme. Ou de mode ! On découvre l’artiste dans son cadre, sa famille, son quartier, ses amis, son goût pour la mode… Avec de très belles illustrations ! Cahier d’activités Caillebotte s’adresse aux enfants dès l’âge de 7 ans, mais pourrait également se lire à 15 ans ! Ou plus ! Une petite merveille qui a été réalisée en coédition avec le Musée d’Orsay !
Dissidente met en avant la condition fragile d’ouvriers émigrés qui doivent subir toutes les avanies sans broncher. Ariane travaille comme traductrice dans une usine agricole qui traite le maïs. Elle accueille des ouvriers guatémaltèques embauchés pour traiter les résidus de maïs qui menacent à chaque instant de bloquer les machines. Salaires bas, barrière de la langue, cadences infernales, le quotidien ressemble à un long purgatoire. Devant le peu de considération des employeurs, Ariane se range du côté des ouvriers alors qu’une colère sourde se met à gronder. Le film montre son combat pour faire respecter les droits des travailleurs et les différencier ainsi d’esclaves modernes. Le film suit le cheminement des humeurs et la montée des tensions, les rancœurs et les règlements de compte au cœur d’une ville industrielle très éloignée des paysages de carte postale. Le film se suit comme un thriller social où le destin des ouvriers est l’enjeu de rivalités et d’oppositions. Quand l’un d’eux voit son estomac perforé suite à l’abus de prises de médicaments sans ordonnance, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Ariane est démissionnée de force mais elle revient en tant que défenseuse des droits des opprimés. Seule contre tous, elle se bat et mène un combat qui lui tient à cœur. Tourné au Canada, sous-titré pour comprendre le canadien et l’espagnol, le film a tout d’un drame moderne, tendu et prenant, avec une actrice principale très convaincante et concernée dans ce combat des faibles contre les forts, des exploités contre les exploitants.
Synopsis: À Richelieu, ville industrielle du Québec, Ariane est embauchée dans une usine en tant que traductrice. Elle se rend rapidement compte des conditions de travail déplorables imposées aux ouvriers guatémaltèques. Tiraillée, elle entreprend à ses risques et périls une résistance quotidienne pour lutter contre l’exploitation dont ils sont victimes.
A la recherche du plaisir perdu, de Gabrielle Lazure (Editions Héloïse d’Ormesson)
Gabrielle Lazure n’a pas froid aux yeux en écrivant son dernier livre : A la recherche du plaisir perdu. Avant d’être auteure, Gabrielle Lazure, québécoise, était actrice. Une chose est sûre, c’est une femme très bien dans son corps ! Une belle soixantenaire !
C’est l’histoire d’une femme, Nancy, qui aurait passé l’âge des amours… Elle a plus de soixante ans, bien sûr ménopausée depuis longtemps, mais elle n’a pas dit son dernier mot quant à l’amour ! Elle s’ennuie avec son mari et a envie de sentir son corps vibrer comme à ses vingt ans !
Elle va se lancer dans des aventures extra-conjugales, en exacerbant son désir et celui des hommes qu’elle rencontre ! Rien ne va l’arrêter !
Ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains ! Le style est direct, voire souvent cru ! L’auteure ne s’encombre pas de faux-semblants ! Le ton est volontairement libertin, sans tabou, sans barrière… Plein de vie !
Il est temps de regarder la femme de soixante ans autrement que comme un vieux croûton !
A la recherche du plaisir perduest un livre qui redonne du plaisir aux femmes d’un certain âge ! En tout cas, l’auteure fait tout pour leur redonner une certaine « jeunesse » et une joie de vivre ! Ce n’est pas parce qu’on est « vieux » qu’on n’a plus le droit de jouir !
Le Lucernaire sait y faire pour respecter le texte de Molière tout en le rendant des plus actuels. C’est avec la troupe issue de l’école d’art dramatique du Lucernaire que l’intrigue bien connue de Jean-Baptiste Poquelin est mise en scène avec fougue et dynamisme par les biens connus Florence Le Corre et Philippe Person. Le résultat est éblouissant de dynamisme, l’énergie déployée sur scène force le respect.
Molière aurait adoré cette adaptation
Effets visuels, musique rock, comique de répétition (les « sans dot » et « ma belle » resteront longtemps gravés dans l’esprit des spectateurs) et prouesse des comédiens/comédiennes donnent une dimension vertigineuse à un texte du XVIIe siècle qui revit littéralement. La critique des classes dominantes est rendue très féroce sur la scène du Théâtre Noir du Lucernaire. Le magot est conservé dans une cassette rouge et le bien connu Harpagon est bien disposé à ne pas le partager. Plus de circulation de l’argent ni de ruissellement, l’argent devient une obsession, presque une maladie et personne ne peut en recevoir la moindre piécette. Le père tout puissant dirige sa maisonnée d’une main de fer et décide sans vergogne des unions de ses progénitures. Le système patriarcal devient une tyrannie dirigée par un monarque fou et avare. Mais ses enfants sont bien décidés à ne pas se laisser faire et ils refusent de se soumettre. Les enfants s’allient au personnel domestique pour fomenter un putsch et refuser un destin malheureux à force de manigances et de subterfuges. Le rythme de la pièce est fou, le dynamisme omniprésent. Tous les comédiens et comédiennes sont au diapason de la mise en scène maligne et comique. Tous rentrent et sortent de scène comme d’un moulin et leur duplicité est soulignée par leurs apparition via l’embrasure d’une porte qui créée une connivence avec le public dans le dos d’Harpagon. Le texte est respecté à la lettre alors que toute la troupe s’en donne à coeur joie pour faire exulter la prose de Molière. Le décor très moderne tranche avec l’époque de la pièce, pas de classicisme et beaucoup de clins d’oeil concourent au succès de la pièce auprès d’un public enthousiasmé.
Les jeunes comédiens et comédiennes donnent le meilleur d’eux-mêmes et sont promis à de belles carrières s’ils continuent sur cette lancée.
Synopsis: L’ARGENT NE FAIT PAS LE BONHEUR
Harpagon est riche, veuf, père mais surtout malade d’avarice. Cette obsession le conduit à faire vivre un enfer à son entourage. Grâce à ses économies et à son activité d’usurier, il s’est constitué un trésor qu’il a caché au fond du jardin. La présence de ce trésor finit de le rendre fou : si quelqu’un trouvait la cassette et la dérobait ? Sa maladie le conduit même à vouloir faire marier sa fille sans dot et à chercher pour lui-même une union avantageuse financièrement. Pas de chance : son fils Cléante a des vues sur la même jeune femme, Marianne. Heureusement les ruses des uns, les intrigues des autres, permettront un happy end inespéré.
De l’argent, du pouvoir, de l’amour… Trop d’intrigues !
[BD] L’Ombre des Lumières, tome 2 : par le scénariste des Indes Fourbes (Delcourt)
Récit historique basé sur les correspondances d’un certain Chevalier de Saint Sauveur, L’Ombre des Lumières met en scène un personnage libertin aussi haut en couleur que machiavélique du XVIIIe siècle dans la Cour de France. Dans ce second tome, l’homme fuit ses dettes en compagnie de son Iroquois et de son fidèle valet, direction la forêt du Canada ou de la Nouvelle France ! Et même là-bas, Saint-Sauveur va se dépasser en manipulations pour tenter de se refaire.
Sur un scénario d’Alain Ayroles, qui avait livré le chef d’œuvre des Indes Fourbes en 2019, L’ombre des Lumières poursuit son aventure épistolaire, ponctuée par les échanges reçus ou émis par Saint-Sauveur et ses proches. L’idée est originale et amusante à suivre mais la narration en est aussi impactée et ralentie. Le dessin de Richard Guérineau est quant à lui plaisant à parcourir, sans parvenir à provoquer réellement l’émoi.
Il n’en demeure pas moins que ce second album de L’ombre des Lumièresne manque pas d’intérêt malgré l’absence de l’effet de surprise du premier tome. Gageons que le troisième épisode conclura cette histoire avec panache.
Extrait du tome 1 :
Résumé de l’éditeur :
Ayroles et Guérineau continuent de peindre avec panache l’effarant portrait d’un libertin du XVIIIe siècle. Péripéties et manigances se poursuivent dans les contrées exotiques de la Nouvelle-France, où le sauvage n’est pas celui que l’on croit. Flanqué de l’Iroquois Adario et de son valet philosophe, Saint-Sauveur débarque en Nouvelle-France, où un nouveau pari va lui permettre de déployer ses funestes talents. Mais on ne joue pas impunément avec les cœurs, et les machinations du libertin vont tourner à la catastrophe. Troquant ses bas de soie contre des jambières de daim, le chevalier va devoir courir les bois et bannir ses préjugés : les Sauvages ont de l’esprit !
Date de parution : le 2 octobre 2024 Auteurs : Alain Ayroles (Scénario) et Richard Guérineau (Dessin) Genre : Récit épistolaire, Histoire, Romance
Etre garçon, La masculinité à contre-courant (Editions du Ricochet)
Publik’Art vous avait fait découvrir Naître fille, d’Alice Dussutour. Une petite pépite.
Aujourd’hui, c’est au tour des garçons avec l’album de Karim Ouaffi et Mikankey : Etre garçon, La masculinité à contre-courant.
Dans cet album, l’auteur aborde tous les sujets se rapportant à la masculinité. On y trouvera de beaux textes, des explications claires mais aussi des bandes dessinées très chouettes. Un style qui ne peut que plaire. Tous les thèmes y sont abordés sans tabou, avec pudeur et avec une grande ouverture d’esprit : les émotions, l’amour, l’homosexualité, les violences, le rapport au corps, la sexualité, le harcèlement, la pornographie, le consentement, la transidentité, le féminisme, la masculinité positive.
Que l’on soit fille ou garçon, l’adolescence est une période difficile où le corps évolue à toute vitesse. Pas si facile de pouvoir le gérer et de gérer ses émotions qui sont souvent contradictoires. Pas facile de comprendre ce corps en pleine évolution. Pas facile de l’accepter.
Etre garçon, La masculinité à contre-courantest un livre qui explique tout, avec les bons mots, sans jugement, et qui va permettre à certains de se sentir mieux dans leur peau et de s’épanouir loin des clichés d’autrefois ! Sans oublier la justesse des mots et la délicatesse des sentiments. Respect ! A mettre entre toutes les mains des jeunes adolescents !
Le Théâtre des Champs-Elysées propose une soirée exceptionnelle avec le premier récital parisien de Paul Ji, jeune pianiste franco-américain prometteur, qu’il a choisi de consacrer à Chopin. Encore peu connu, Paul Ji est certainement une des futures étoiles du piano classique mondial et sa renommée commence déjà à faire du bruit. Son programme Chopin promet des étincelles au TCE le samedi 19 octobre, une belle occasion d’aller l’écouter et l’admirer sur la scène prestigieuse de l’avenue Montaigne à Paris. Le pianiste a adressé ce message en prévision de ce grand moment de piano: Le programme que j’ai choisi pour mon 1er récital au Théâtre des Champs-Elysées, vous emmène sur le chemin précieux d’une promenade avec Chopin, allant de la monumentale Troisième Sonate aux 24 Préludes, où chaque pièce est irremplaçable et irréplicable. Ces œuvres ne cessent de me questionner. Qu’est-ce le compositeur a voulu transmettre comme émotion ? L’affliction ? La nostalgie ? Ou est-ce un espoir profond ? Les mots me manquent parfois lorsque j’essaie d’expliquer ce que je ressens quand j’interprète ces pièces. Ce que je peux dire avec certitude est que la musique de Chopin nous parle directement au cœur. Sa musique est raffinée mais déborde de passion, elle respire la consolation mais enflamme l’esprit avec un bonheur idyllique. Elle porte une noblesse sophistiquée, mais est aussi pleine de simplicité rustique. Quelle que soit l’émotion, comme le disait Arthur Rubinstein, « la musique de Chopin me ramène chez moi« . J’espère que cette promenade vous ramènera chez vous.
Le jeune franco-américain Paul Ji, est un nouveau venu plus que prometteur dans le circuit international des pianistes. Il s’est formé pendant 10 ans auprès de Qin Yingming (lauréat Long Thibaud 1981) et a étudié à l’Ecole Normale de Paris auprès de Jean-Bernard Pommier. Lauréat du concours « American protégé » de Carnegie Hall en 2012, il remporte le Concours International Steinway à sept reprises entre 2010 et 2018 et est ainsi choisi pour se produire, en tant que représentant de la France au Festival de musique de Steinway à la Laeiszhalle de Hambourg. La même année, il joue à la Philharmonie de Berlin après avoir remporté le Grand Prix Berlin Rising Stars et au festival de musique d’Annecy. Repéré en tant que lauréat de l’émission « Prodiges » en 2019 (il a alors tout juste 15 ans), il publie son premier album chez Warner. Récompensé lors de plusieurs concours internationaux aux Etats-Unis et en Europe, il entame une carrière professionnelle de récitaliste sur plusieurs grandes scènes prestigieuses. Pour son premier rendez-vous au Théâtre des Champs-Elysées, il a choisi un programme tout Chopin, un compositeur qu’il sert avec élégance et noblesse.
Le Lucernaire profite d’un cycle Truffaut dans ses salles de cinéma pour invoquer le grand réalisateur à travers ses échanges épistolaires. Car il a beaucoup écrit à une époque où les réseaux sociaux n’étaient encore qu’un doux rêve. Pour féliciter, échanger ou pousser des coups de gueule, rien ne valait la feuille de papier griffonnée et adressée à son destinataire. La pièce voit David Nathanson accompagné d’un pianiste (sur qui il ne faut pas tirer!) enchainer les tirades, dans le ton exact des missives. Tantôt flatteur, souvent râleur, l’homme invectivait dans un langage toujours châtié, parfois pas très correct, il n’avait pas de limites. Car Truffaut était un passionné, il s’emportait ou s’enthousiasmait avec excès et sincérité. Et l’homme était un auteur, un vrai, bourreau de travail et toujours en mouvement. Pour le figurer, le comédien bouge beaucoup et mime les expressions de celui qui n’arrêtait pas d’écrire. A Jean-Luc Godart, à Alain Souchon, à Alfred Hitchcock, les interlocuteurs sont divers et variés, les spectateurs peuvent deviner les époques des lettres en les rapprochant des titres des films invoqués. Fahrenheit 451, l’amour en fuite, les 400 coups, et comme le pianiste s’inspire des airs des films, le contexte est tout brossé. Les fans de cinéma sont ravis de cette plongée dans un monde d’images et d’idées pour lesquelles le réalisateur se passionnait, parfois avec grandiloquence, toujours avec sincérité. L’heure de spectacle passe dans un souffle tant son contenu est passionnant. La mise en scène de Judith d’Aleazzo et David Nathanson concourt à installer un rythme qui ne perd jamais en intensité, les mots sont beaux, ils sont prenants, impossible de les sortir de son esprit une fois la pièce finie dans une belle salve d’applaudissements.
Le cinéma du Lucernaire organise un hommage à François Truffaut du 16 au 27 octobre avec à l’affiche trois de ses plus beaux films Les 400 coups, Jules et Jim et Fahrenheit 451.
Synopsis:
UNE VIE EN TOUTES LETTRES
Truffaut-Correspondance est un spectacle impressionniste, un portrait en creux du cinéaste où s’exprime par petites touches et à travers un choix de lettres éminemment subjectif ce qui, chez lui, nous bouleverse et nous remue. On y parle enfance (beaucoup), cinéma (un peu), politique (parfois) et surtout de ce qui nous construit et fait de nous des humains pétris de contradiction. Il faut dire et entendre Truffaut pour se rendre compte à quel point, l’homme est auteur autant que cinéaste.
Truffaut-Correspondance, c’est « notre » Truffaut, celui qui nous parle, celui qui , raconte une époque, un homme et au final un peu du monde qui nous entoure.
Des lettres sublimes qui racontent la vie d’un cinéaste passionné et d’un homme d’une intégrité absolue.
Le Lucernaire propose à Patrick Chesnais d’ouvrir son coeur sur scène avec des lettres d’excuses qui sont autant d’occasions de revenir sur sa vie et ses proches avec moult anecdotes croustillantes ou émouvantes. Le comédien déambule plus d’une heure durant en captant l’attention grâce à un charisme souvent vu à la télé ou au cinéma. Il déclame une dizaine de lettre d’excuses et revient sur les grands moments de sa vie. Sa jeunesse, son premier amour Juliette, sa mamie La Garenne, la mort, il adresse ses sentiments à un public qui l’écoute avec beaucoup d’attention souvent et des rires parfois. Car le comédien sait y faire pour multiplier les coups d’éclat, tout en nuances, pour emmener le public avec lui sur le chemin de sa vie. Un écran derrière lui montre quelques photos, Patrick Chesnais jeune, son petit-fils, rien de trop, juste assez pour illustrer ses propos. S’il s’aide de pense-bêtes, ses mots ne semblent jamais lus à la légère, il pèse leur importance et multiplie les effets oratoires pour captiver le public. Le comédien se met à nu en s’excusant platement, finement, drôlement ou passionnément. Il le dit lui-même, il arrive à un âge où il ne faut plus perdre de temps, et mieux vaut décharger sa conscience que de l’alourdir inutilement. Le moment de théâtre passe comme dans un souffle tant le comédien sait y faire pour peser ses mots et les offrir avec sincérité à ceux venus pour l’entendre. Il varie les positions, assis ou debout au pupitre dans une mise en scène imaginée par sa fille Emilie Chesnais pour un dynamisme en accord avec le rythme d’élocution de son père, parfait comme tout bon comédien sait y faire. La pièce se joue jusqu’au 10 novembre, à peine un mois pour en profiter.
Synopsis:
PATRICK CHESNAIS SEUL EN SCÈNE FAIT SES EXCUSES
« Le genre épistolaire est à la fois spectaculaire et intime, et, comme au music-hall, j’y fais se succéder avec irrévérence le tragique et le burlesque, ce qui est depuis toujours mon terrain de jeux préféré. » Patrick Chesnais
Dans ses lettres d’excuses à des proches, des amis, mais aussi à des institutions, à des lieux et même à la vie, Patrick Chesnais déploie avec verve et humour, toutes les variations de l’art de s’excuser. Ou pas.
Un délice de sagesse, d’irrévérence et de drôlerie !
Les éditions Glénat Jeunesse nous proposent un très joli album qui va plaire à nos charmantes têtes blondes… ou brunes : L’attaque du pirate shampoing.
Si l’heure du shampoing est un passage difficile pour votre enfant, alors, cet album est fait pour vous.
Publik’Art vous conseille fortement de lire cette jolie histoire de pirate shampoing qui va détourner l’angoisse de votre enfant face à son propre shampoing ! Le sien sera forcément moins pénible que cette attaque terrible ! Avec des détails croustillants de pirate !
Et puis, ensuite, il aura droit à son gros câlin !
L’attaque du pirate shampoingest un chouette album, aux illustrations gaies et colorées, à offrir dès l’âge de 3 ans !
La Compagnie Deux Croches Rondes propose un Opéra et Théâtre pour enfants dès 1 an à l’Aktéon Théâtre avec La Princesse à la puce. L’histoire de Princesse, chatte d’appartement qui tombe accidentellement par la fenêtre et découvre les animaux du dehors est un beau prétexte pour faire découvrir aux tout petits le répertoire lyrique français avec un florilège d’airs d’Opéra qui raviront les plus jeunes ainsi que leurs parents. Avec un décor évolutif imaginé par la metteur en scène et chanteuse lyrique Sarah Bloch, la soprano féline raconte une histoire d’ouverture au monde et sur les autres. Le samedi 5 octobre, c’était la soprano Inès Berlet qui s’exerçait avec sa tenue grise moulante et sa grâce de chatte d’appartement. Pendant un peu plus de 35 minutes, elle a captivé l’auditoire en alternant narration et chansons devant un public conquis, même si évidemment pas toujours très attentif. Mais le pari a été réussi, les enfants se sont très vite passionnés pour cette histoire de félin qui découvre colibri, poisson, tortue et chat de gouttière dans une belle fable prônant le vivre ensemble et l’entraide universelle. Les tours de chant démontraient l’expérience de l’interprète concentrée sur sa prestation et qui aurait pu installer une plus grande interactivité avec les plus petits pour mieux capter leur attention dès le départ, au risque cependant d’une plus grande dissipation à gérer, elle s’en est quand même très bien tirée dans un contexte forcément pas toujours facile. Ceci dit, les chants étaient merveilleusement bien interprétés et personne n’a rien eu à redire sur la qualité de ce beau moment d’Opéra pour toute la famille, une belle prouesse.
Synopsis: Princesse, une chatte d’appartement vaniteuse et coquette, tombe accidentellement par la fenêtre. Coincée dans le jardin où tout l’effraie, elle doit réussir à se faire aider des autres animaux, qu’elle dédaigne d’habitude. En suivant les aventures et les nouvelles amitiés de Princesse, les enfants découvrent la voix lyrique et les grands compositeurs français comme Bizet, Gounod, Fauré, Debussy, Berlioz…
Cette BD est un monument à ne pas manquer. L’auteur Michaël Olbrechts y raconte l’histoire vraie du couple Friedrich et Dore Strauch bien décidé à quitter la civilisation toute prête à subir les affres du nazisme à l’orée des années 30. Ils s’installent sur l’île de Floreana au coeur de l’archipel des Galapagos, loin de tout, avec tout à construire et à organiser pour vivre au lieu de survivre. Lui est un médecin rescapé de la grande guerre et féru de Nietzsche. Elle est fascinée par son charisme et décidée à tenter l’aventure, non sans mal, elle qui est malade de la Sclérose en Plaques. Mais le couple de RobinsonCrusoé se retrouve vite rattrapé par la civilisation quand s’installent d’abord un couple, puis un trio infernal décidé à construire un palace. Cette histoire vraie est racontée avec art par un auteur qui multiplie les détails et les péripéties. Avanies climatiques, batailles d’egos, luttes de pouvoir, il n’est pas trop de 6 habitants pour faire plonger une communauté dans un enfer dont peu réchapperont. L’auteur raconte à la fin du livre les vrais évènements dont il s’est inspiré pour son histoire qui mélange flashbacks et déroulé romanesque. Quitter la civilisation semble avoir un prix, les personnages vont le payer au prix fort, le mythe de l’Übermensch a du plomb dans l’aile, rares sont les simples humains qui peuvent se hisser à ce niveau de sagesse. Les personnages sont décrits pour cerner leurs caractères, leurs ambitions et leurs limites, des limites qui les feront tous se confronter dans une lutte sans merci. Un très grand moment de lecture, un de plus aux éditions La Boite à Bulles.
Synopsis: Fuyant la société, Friedrich et Dore s’installent sur l’île inhabitée de Floreana. Rejoints par de nouveaux venus, ils se retrouvent pris dans un huis-clos burlesque et macabre.
Quand ils débarquent sur Floreana en 1929, Friedrich Ritter et Dore Strauch pensent avoir trouvé l’endroit idéal pour passer leur vie. Inhabitée et dôtée d’une faune et une flore extraordinaire, l’île a des allures d’Eden pour ce médecin fanatique de Nietzche et son ancienne patiente qui ont choisi de vivre isolé de la société des Hommes. Pourtant, l’idylle sera de courte durée. Ayant eu vent de leur entreprise, et attiré par ce mode de vie si singulier, la famille Wittmer rejoint l’île en 1932. Malgré un accueil glacial, chacun poursuit sa vie paisiblement et de son côté. Mais c’est à l’arrivée d’une autoproclamée Baronne et de ses deux amants que les choses se gâtent vraiment… Lutte pour le contrôle l’île, jalousie entre « voisins », disparitions mystérieuses, l’île de Floreana, si paisible jusque-là, devient le théâtre d’une comédie aussi étrange que macabre. Michaël Olbrechts revient sur la mystérieuse et authentique « Affaire des Galapagos » dans un huis-clos à ciel-ouvert palpitant. « Avec ses couleurs vives et son dessin puissant, Michaël Olbrechts réussit à montrer le désir qui a le plus marqué l’histoire de l’humanité : l’autonomie et l’expansion. À lire absolument. » Aimée de Jongh
[BD] Les Navigateurs, thriller fantastique de Serge Lehman et Stéphane De Caneva
Passé maître dans l’art de l’écriture de scénarios ésotériques, notamment avec L’Homme Gribouillé, Serge Lehman remet le couvert avec un nouvel objet non identifié : Les Navigateurs. Un très bel album, avec une reliure en tissu flatteuse qui renferme les illustrations raffinées, en noir et blanc, de Stéphane de Caneva.
L’histoire des Navigateurs débute par une disparition soudaine, dans un cri effroyable qui vient déchirer une sombre nuit. Il s’agit de Neige, une amie d’enfance de Max, Arthur et Sébastien. Le trio va remuer ciel et terre pour tenter de la retrouver alors qu’ils sont persuadés qu’elle a basculé dans un autre monde, matérialisé par une fresque sur un mur où la jeune femme apparaît désormais…
Construit comme un thriller, Les Navigateurs sombre peu à peu dans un récit fantastico-ésotérique qui exige un peu de lâcher prise de la part du lecteur. Ce que permet un dessin maîtrisé, au trait incisif et réaliste. Un vrai atout pour cet album fleuve. On s’y perd bien volontiers.
Les Navigateurs proposent donc une expérience originale et plutôt réussie ! A lire !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Après 20 ans d’exil, Neige Agopian retrouve à Paris ses trois amis d’enfance. Mais presque aussitôt, elle disparaît. Les garçons enquêtent et se confrontent aux mystérieux « Navigateurs ».
Expatriée depuis 20 ans, Neige Agopian décide de rentrer à Paris et de renouer avec ses amis d’enfance, Max, Arthur et Sébastien. Mais après quelques jours, elle disparaît dans des conditions étranges. Les garçons mènent l’enquête et se confrontent à un triple mystère : une légende urbaine, une énigme artistique, et un fabuleux monde perdu sur lequel veillent, depuis toujours, les « Navigateurs ».
Date de parution : le 2 octobre 2024 Auteurs : Serge Lehman (Scénario) et Stéphane De Caneva (Dessin) Genre : Thriller, ésotérisme
Le Con de Minuit, L’histoire vraie de Gérard de Suresnes (Denoël)
Thibault Raisse dans son dernier livre, Le Con de Minuit, nous raconte l’histoire vraie de Gérard de Suresnes.
Gérard est un homme pas tout à fait comme tout le monde.
Nous sommes dans les années 90, un homme, Gérard, intervenait souvent sur Fun Radio, dans l’émission de Max. C’était une émission qui avait lieu tard le soir, 22h et durait une bonne partie de la nuit. Essentiellement suivie par des jeunes, avec le transistor caché sous leurs draps !
Un jour, Max propose à Gérard de venir au studio participer directement à son émission. Puis peu à peu, devant son immense succès, il lui laisse carrément son fauteuil et à charge à lui d’animer l’émission. Le succès est là ! Les jeunes sont de plus en plus nombreux à suivre en direct cette émission « Star System ». Mais en réalité ils se moquent de Gérard sans que celui-ci ne s’en rende compte. Gérard est un gars issu de la rue, un SDF. Un ancien routier. Il a son propre langage, est particulièrement inculte et s’emporte très facilement. Et c’est cela qui amuse les auditeurs. Se moquer de Gérard et tout faire pour le faire sortir de ses gonds !
A l’antenne, il lit aussi les poèmes qu’il écrit !
Max est ravi ! Il a trouvé une perle ! Non seulement il vient tous les jeudis soir assurer son émission, mais en plus, il n’a pas de contrat ! Il le fait gratuitement…
Au fil des mois, Gérard va réussir à toucher une petite indemnité… Il a été animateur de cette émission durant cinq ans !
Il va, grâce à l’émission, trouver sa fiancée ! On se demande d’ailleurs comment c’est possible de vivre avec Gérard ! N’oublions pas que l’alcool est sa plus fidèle compagne depuis des années…
Si Thibault Raisse, journaliste indépendant, revient sur cette histoire vraie, c’est aussi pour réhabiliter cet homme qui a été tant moqué, tant ridiculisé et tant exploité. Une sorte d’hommage lui est rendu avec ce livre. Hélas, il est trop tard pour Gérard…
Le Con de Minuit, L’histoire vraie de Gérard de Suresnes qui ressemble fort à la pièce de théâtre : Un dîner de cons. Sauf que cette histoire-là, elle est authentique !
Le Musée d’Orsay propose une très belle exposition autour de Gustave Caillebotte (1848-1894). Pour qui est sensible à la peinture du peintre Impressionniste, l’exposition est un vrai plaisir. Avec ses peintures nettes comme des photographies, il offre un témoignage saisissant de ce que fut la révolution industrielle à Paris. Intérieurs, extérieurs, mais surtout des personnages masculins nonchalants, tout remplis de leur assurance de riches rentiers désinvoltes à la fin du XIXe siècle. Le parcours thématique fait plonger dans une époque où la lutte des classes n’était pas un vain mot.
Une exposition immanquable
Le titre de l’exposition présentée au musée d’Orsay à l’automne 2024 met les pieds dans le plat. Peindre les hommes souligne que Caillebotte a très peu peint de femmes hormis son amie Charlotte Berthier avec qui il vécut sans jamais se marier ni avoir d’enfants. Les figures masculines et les portraits d’hommes sont légion au milieu des grandes avenues parisiennes échafaudées par le baron Hausmann, quartier huppé où il vécut longtemps, d’abord avec sa famille puis avec son frère avant de quitter Paris pour le petit Gennevilliers. Son œuvre très variée est assez pléthorique si on prend en considération sa disparition à l’âge assez précoce de 45 ans. Le peintre a vécu une époque charnière où la modernité s’est installée dans les paysages urbains. Désireux de produire un art vrai et neuf, Caillebotte a pris pour sujet la vie réelle sans envisager de reproduire des sujets classiques ou anciens. Il a ouvert les yeux sur son environnement immédiat avec une prédilection pour le Paris d’Haussmann et les villégiatures des environs de la capitale. Il a souvent croqué les hommes de son entourage immédiat comme ses frères, ses amis et le personnel travaillant pour sa famille. Héritier à la situation financière plutôt confortable, le peintre n’a jamais cherché à mépriser ses semblables, cherchant dans la peinture la manière de représenter de manière très réaliste des figures nouvelles comme l’ouvrier urbain, l’homme au balcon, le sportif ou encore l’homme nu dans l’intimité de sa toilette.
À une époque où la figure virile s’imposait avec des hommes en uniforme et la gloire militaire constamment représentée, Caillebotte questionne dans son œuvre l’ordre social et sexuel pour une peinture d’une profonde modernité. A noter que l’acquisition récente de 2 peintures majeures de Caillebotte par le J. Paul Getty Museum (Jeune homme à sa fenêtre) et le musée d’Orsay (Partie de bateau), et la présence du chef-d’œuvre de l’artiste, Rue de Paris, temps de pluie, prêté par l’Art Institute of Chicago donnent à cette exposition composée d’environ 70 œuvres (dont des tableaux de figures de Caillebotte, des pastels, dessins, photographies et documents) des atours historiques.
Détails: Cet évènement est organisé l’année du 130e anniversaire de la mort de l’artiste (1894), qui correspond également à la date du legs de son incroyable collection de peintures impressionnistes à l’État. Pour célébrer cet évènement, l’ensemble des œuvres du legs sera présenté temporairement dans une des salles du parcours permanent du musée, faisant revivre l’ouverture de la « salle Caillebotte » au musée du Luxembourg en 1897. Cet évènement s’inscrit dans la continuité des nombreuses expositions qui, depuis la grande rétrospective de 1994-1995 (Paris, Chicago), ont permis de redécouvrir la figure Gustave Caillebotte (1848-1894) et de mettre en lumière certaines facettes de son œuvre : la période de Yerres, les liens entre sa peinture et la photographie, sa passion pour l’art des jardins, etc.
Cette exposition sera présentée au J. Paul Getty Museum, Los Angeles du 25 février au 25 mai 2025 et à l’Art Institute of Chicago du 29 juin au 5 octobre 2025.
Quel temps de chien, un album jeunesse (Glénat Jeunesse)
Les éditions Glénat Jeunesse nous propose un album qui va ravir nos petits : Quel temps de chien !
Kiki, le héros de l’album, vit dans la maison de Mémère. Et franchement il a une vie incroyable, Kiki ! Mais aujourd’hui il pleut et Mémère veut sortir quand même. Et ça, il n’aime pas, Kiki ! Et il déteste mettre son manteau !
Dans la rue, il rencontre d’autres chiens qui ont, eux aussi, un manteau ! Ils ont tous l’air ridicules !
Les illustrations sont géniales ! Et l’histoire est rigolote !
Quel temps de chienest un album qui a du chien, empli d’humour ! On kiffe grave !
Peu savent que beaucoup d’abbayes ont été transformées en prison après la révolution française. La plus grande abbaye cistercienne de France jouxte désormais un centre pénitentiaire où sont enfermés des détenus pour des peines plus ou moins longues. Le réalisateur Eric Lebel interroge des détenus de l’abbaye et de la prison pour des réflexion qui se font miroir. Même vocabulaire, même enfermement, même quête de soi-même pour trouver sa voie et la paix intérieure. Le documentaire se regarde avec intérêt, les images sont belles, les réflexions sont profondes, le spectateur attend de voir comment vont évoluer les détenus enfermés, certains doivent sortir, d’autres sortent, des solutions existent pour travailler et gagner de l’argent, d’autres prennent des cours pour préparer leur réinsertion. Il y a une vie entre les murs des prisons, des hauts, des bas, des prises de conscience, le tout avec comme toile de fond une abbaye ancestrale et des paysages verts et luxuriants. Les prisons placées en plein cœur de la nature, le principe est propice à la paix des consciences, loin du tumulte bruyant des villes. Pour information, désormais sans détenus, la maison centrale de Clairvaux attend encore une reconversion prochaine, les occupants ont été déplacés dans d’autres centres pénitentiaires et les lieux sont vides, mais les questions demeurent, comment faire son examen de conscience derrière des murs avec des restrictions de liberté qui peuvent rendre encore plus asociaux et incapables de vivre dans une société capitaliste.
Synopsis: Reclus par la contrainte, les détenus, ou par choix, les moines, ils vivent ou ont vécu à Clairvaux, ancienne abbaye devenue prison à la Révolution, fermée en mai 2023. En rencontrant les « longues-peines » de la centrale, le personnel de la pénitentiaire, mais aussi les moines de Cîteaux, Éric Lebel avec À L’OMBRE DE L’ABBAYE DE CLAIRVAUX invite à une réflexion profonde et sensible sur la liberté.
Mon atlas des animaux, un album pour tout-petit (Père Castor)
Les éditions du Père Castor nous proposent un très bel album, entièrement cartonné, de très belle qualité et joliment illustré, pour nos tout-petits : Mon atlas des animaux.
Non seulement le tout-petit va découvrir un atlas mais aussi les différents animaux qui peuplent notre planète. Plus d’une centaine : en Europe, en Amérique, en Afrique, en Asie, en Océanie et en Antarctique !
Et l’auteure de cet album est la très appréciée Adeline Ruel ! Le jeune lecteur va apprendre la géographie et la science ! Il va pouvoir soulever une vingtaine de rabats qui à chaque fois dévoile des connaissances sur l’animal. Une mine d’informations qui passionnera petits et grands !
C’est pour cela que Mon atlas des animaux peut se lire sans limite d’âge ! Une petite pépite !
Holly (révélation Cathalina Geraerts) est une adolescente comme les autres. Discrète, renfermée, elle n’a que peu d’amis et est surtout victime de harcèlement continuel, de quoi lui faire broyer du noir et faire chuter ses résultats scolaires. Une catastrophe dans son école coute la vie à des nombreux camarades. C’est au même moment qu’elle se rend compte qu’elle a une vraie capacité à apporter du réconfort aux gens lorsqu’elle intègre une équipe de bénévoles dans une association à but humanitaire. Sa vie change du tout au tout, de personne invisible, elle devient le centre de l’attention, jusqu’à toucher certains excès quand des personnes souhaitent la rémunérer pour ses services. Le film est tout empli d’une langueur étrange, entre fantastique et peinture sociale. Sont-ce bien des pouvoirs que la jeune fille détient ou bien une hypersensibilité qui lui fait toucher ses semblables au plus profond d’eux? Le déroulé du film multiplie les turpitudes, son don devient une sorte de malédiction dont elle ne peut se défaire. La jeune fille qui croyait pouvoir améliorer son existence devient victime de ses travers. Le film passé quelque peu inaperçu lors de sa sortie en salles le 6 mai sort en DVD pour une vraie belle découverte cinématographique réalisée par Fien Troch. Si le rythme est quelque peu lent, le fond de l’opus touche au cœur avec ses questionnements liés à l’adolescence et à l’affirmation de soi, et comme la musique est très apaisante, avec notamment une reprise du classique de Frankie goes to HollywoodThe Power of Love, le film mérite un visionnage.
Synopsis: Holly est perçue comme une fille étrange par ses camarades de classe jusqu’au jour où se révèle son don de soulager les gens de leur chagrin. Dès lors, son énergie cathartique est recherchée par tous. Mais la frontière entre aide et abus va bientôt s’estomper. Sainte ou sorcière? Le destin étonnant d’une héroïne sanctifiée malgré elle.
« Le ciel de Nantes » ou l’art et la manière de Christophe Honoré, sur France 4
Il y a 20 ans déjà, Christophe Honoré s’était lancé dans l’écriture d’un long-métrage sur sa famille, qui n’avait pas abouti. Trop vampirique sans doute cette branche maternelle issue de la classe populaire.
Aujourd’hui, dans une salle de cinéma d’une autre époque, là où la scène devient le lieu magnifique d’un film impossible, porté par un art scénique et une désinvolture qui n’appartiennent qu’à lui, Christophe Honoré convoque les siens pour raconter et chanter leur histoire.
Il mêle théâtre et cinéma qui focalisent l’emprise du temps et sa distanciation, entre réel et fiction, offrant une voix décomplexée et intense à sept membres emblématiques de cette lignée (sur trois générations) que les drames personnels mais aussi l’Histoire n’ont pas épargnée.
Il pleut sur Nantes. Dès le lever de rideau, les notes de la chanson de Barbara plantent le décor : l’histoire se passe dans la ville qui a donné son titre à la pièce. Cette saga familiale commence par un épisode lointain, le 16 septembre 1943, jour où une pluie de bombes s’abat sur Nantes. Les bâtiments explosent, les corps sont déchiquetés, les vies se brisent.
Cinéma Paradiso
Tous les protagonistes sont là (les vivants comme les morts) pour refaire le match, régler leurs compte, ou simplement saupoudrer l’ambiance (ou la plomber) de quelques regrets, quelques secrets.
Il y a là Mémé Kiki (incroyable Marlène Saldana), la grand-mère maternelle de l’auteur, la patronne, la boussole. Marie-Do, la mère du cinéaste jouée par son frère Christophe Honoré, sa tante adorée Claudie dont il a confié le rôle à son actrice fétiche Chiara Mastroianni, ses oncles Roger (Stéphane Roger) et Jacques (Jean-Charles Clichet), le père Puig, grand-père espagnol, séducteur et redoutable (Harrison Arévalo), banni de la famille.
Ces oncles, tantes et grands-parents un peu, beaucoup, barrés qu’Honoré a follement aimés et presque tous disparus. Et comment raconter cette histoire sans trahir les intéressés ? Comment faire de cette complexité humaine une matière théâtrale ? Où s’esquisse une famille violente et aimante, traumatisante et attirante à la fois.
Beaucoup d’éclat et d’impétuosité
Tout au long de la pièce, le futur cinéaste s’interroge et laisse les personnages commenter ou contester la façon dont le scénario les représente. Les comédiens, à la fois membres de la famille et interprètes de ce film imaginaire, livrent tour à tour leur vérité sur cette histoire commune que chaque membre assume et revendique avec beaucoup d’éclat et d’impétuosité.
Une authenticité qui laisse aussi toute sa place à la dérision et au décalage des situations remémorées qui, par delà le rire qu’elles provoquent, n’en sont pas moins empreintes de gravité. Ils en jouent les scènes, en discutent les plans, les dialogues et autres accompagnements musicaux (Spacer de Sheila, Joe Dassin, Julio Iglesias, Keith Jarret, Haydn) sans oublier quelques pas de danse libérateurs.
Un clan où les fêlures, les non-dits, les destins contrariés, et les drames intimes secouent les personnages et ravivent les blessures enfouies.
Sous le ciel de Nantes, il y a de la violence mais aussi de la tendresse, des rires et des actes manqués, un désir fou d’aimer envers et contre tout.
La troupe est incandescente, Marlène Saldana dans le rôle d’Odette s’impose naturellement en cheftaine sûre de son fait et à la ténacité inébranlable. Chiara Mastroianni, à fleur de peau, qui joue Claudie, la tante dépressive au destin brisé, est bouleversante d’intensité aux prises avec une vie inaccomplie. Marie-Do, veuve à 40 ans, (la mère du cinéaste) est interprétée par son frère Julien Honoré dans une composition fantasque, tandis qu’Harrison Arévalo (Puig, le mari banni), Jean-Charles Clichet et Stéphane Roger (les deux fils irréconciliables) offrent une partition de choc. Quand à Christophe Honoré, il est incarné par Youssouf Abi-Ayad au jeu solaire et magnétique. Bravo !
Date : Le 29 septembre 2024 sur France 4 à 21.00h Création et Mise en scène : Christophe Honoré
« Faust » le deal parfait de Tobias Kratzer avec le diable !
L’opéra de Charles Gounod revisité par le metteur en scène allemand Tobias Kratzer est de retour à Bastille. On y retrouve le vieux Faust en quête de jeunesse éternelle, où celui-ci (le ténor Pene Pati) en appelle à Satan (Alex Esposito) car il n’en peut plus de devoir solliciter des call-girls pour des soirées tarifées. Il vend donc son âme au diable dans l’espoir de gagner l’amour d’une Marguerite (la soprano Amina Edris) qui danse ici en boîte de nuit ou se retrouve encore dans le métro parisien.
Le spectacle s’ouvre sur un Faust vieillissant et désabusé dans un grand appartement haussmannien. Méphistophélès et une horde de démons lui apparaissent et lui proposent de réaliser son vœu le plus cher, retrouver sa jeunesse. Faust pactise ainsi avec le Diable pour le meilleur et pour le pire !
Un pacte aux prises entre le bien et le mal
Ainsi rajeuni, Faust part conquérir le cœur de Marguerite, assisté par Méphisto qui lui donne tous les moyens de combler la jeune femme. Mais c’est sans compter sur la rivalité du jeune Siebel, lui aussi épris de Marguerite, et du frère de cette dernière, Valentin. Marguerite ne peut résister au pouvoir de Faust, mais découvre peu à peu qu’elle est également en train d’y perdre son âme…
Une vision qui fait écho à la relecture du Faust de Goethe par Charles Gounod, qui ancre les raisons de la vente de son âme au diable dans la recherche de l’amour et de la jeunesse plutôt que dans la volonté de connaissance dans l’esprit faustien allemand.
Inventive et cinématographique, la mise en scène de Tobias Kratzer se déploie à l’envi sur la scène et jusque dans les airs ! avec des effets spéciaux, de la vidéo en direct et des décors somptueux qui servent d’écrans géants. Autant de procédés qui sont au service de la dramaturgie sans jamais dénaturer le sens de l’œuvre qui se trouve transposer dans le Paris d’aujourd’hui, tout autant réaliste que fantasmé.
Digne d’une série télévisée, le spectateur passe ainsi de surprise en surprise dans un récit faustien cohérent de bout en bout, aux personnages bien campés, où l’on passe allègrement du centre haussmannien cossu à la dureté d’une cité bétonnée qui voit les affres de la passion se confronter au danger.
Cet opus revisité offre ainsi de belles inventions comme celles notamment qui permettent de montrer les pouvoirs de Méphisto (lorsqu’il vole avec Faust dans le ciel de Paris), de reconstituer des décors inattendus (une rame de métro, une boîte de nuit, un cabinet de gynécologie), ou encore de créer, dans un imaginaire épique tout droit sorti d’un western, cette séquence de Faust et Méphistophélès qui traversent au galop les quartiers de Paris sur des montures volées à deux gendarmettes de la Garde républicaine.
Le plateau vocal est quant à lui idéal emmené par le ténor Pene Pati (Faust) dont la voix céleste et chaude se pare des soubresauts exaltés et emportés de son personnage, aux prises entre le bien et le mal. Le baryton Alex Esposito, en Méphistophélès servi par six démons qui exécutent ses méfaits, n’est pas en reste où son timbre charpenté et sa stature volubile en font un personnage aussi intriguant que déterminé. Quant à Amina Edris, la soprano, dans le rôle de marguerite, sa voix au grain mélodique porte à fleur de peau les tourments de la passion maudite.
Dates : du 26 septembre au 18 octobre 2024 Lieu : Opéra Bastille (Paris) Metteur en scène : Tobias Kratzer