J’avais lu le livre La dernière leçon et à l’époque j’avais trouvé ça terriblement osé. Parler ainsi ouvertement de la mort, en avoir une approche « humaine » et non angoissée m’avait procuré un sentiment de soulagement. On ressent les réactions profondes des personnes, chacune en fonction de son psychisme. On les voit ainsi évoluer. Dans le film, on ne vit pas du tout la même chose.
Ce film nous rappelle notre humble condition de mortel…
La fille, Diane, remarquablement interprétée par Sandrine Bonnaire, est tout d’abord ulcérée par la décision de sa mère Madeleine, Marthe Villalonga, de se donner la mort. Elle ne la comprend pas. Elle a 92 ans, soit, mais elle n’est pas malade, a tous ses enfants et petits-enfants autour d’elle. Alors, pourquoi partir ? Puis peu à peu en voyant les difficultés que rencontrent sa mère, au quotidien, ses souffrances, Diane entre en « fusion » avec sa mère. Elle la sent, la ressent un peu comme si elle était devenue son bébé. Pas besoin de se parler. Un seul regard suffit. Bien sûr, on s’attache à cette jolie vieille dame, très digne et très jolie, mais je dirai que le film repose davantage sur le rôle de Sandrine Bonnaire. Elle est tout simplement incroyable de justesse et de réalisme. Elle ne fait pas dans le mélo, même si parfois, elle nous fait pleurer. Elle garde son humour, son côté vivant l’emporte sur le côté sordide de la chose. Car c’est quand même un film qui est centré sur la mort. Et sans ces nombreux passages rigolos, on ne le supporterait pas. La présence du petit-fils de Madeleine, Max, Grégoire Montana-Haroche, aide les « vieux » à accepter les vérités très crues de cette jeune génération.
Ce film nous rappelle notre humble condition de mortel que, dans nos sociétés nous oublions trop souvent. On vit comme si nous étions éternels. C’est tellement plus facile !
Le livre offrait davantage de réflexions que le film. Et je pense qu’il est presque nécessaire de le lire, après avoir vu le film, pour ressentir toutes les dimensions que Noëlle Châtelet a voulu nous faire partager. D’autant plus qu’elle vient d’écrire : Suite à la dernière leçon que Publik’Art va bientôt chroniquer !
Un film à voir pour continuer à ouvrir le débat sur la fin de vie, sur la possibilité de mourir dans la dignité, de mourir « debout ». La mère de Noëlle, Mireille Jospin, était engagée avec l’Association ADMD (Association du Droit de mourir dans la dignité), contre l’acharnement thérapeutique et militait pour un droit à une aide active à mourir. Elle a choisi sa mort, comme elle avait choisi sa vie. Dignement. Un film à voir, assurément. Sans angoisse et avec beaucoup d’interrogations.