Dans Suite à la dernière leçon, on ne comprend pas du tout où veut nous emmener Noëlle Châtelet. Quel a été son objectif en écrivant ce livre ? En clair, quel est l’intérêt d’un tel livre ? En fait, l’auteure nous raconte en détails le déroulement du film de Pascale Pouzadoux. L’adaptation du livre est racontée par les menus détails. Mais cela ne nous passionne pas vraiment ! On comprend mieux pourquoi dans le film on parle d’une famille fictive car en fait, dans la famille Jospin, le frère n’a jamais eu de réactions violentes vis à vis de sa mère. Mais c’était évident que pour le film, il fallait avoir des opposants à la décision de la mère de mettre fin à ses jours. Sinon, le film perdait beaucoup de son intérêt. Mais ce fut un réel problème pour Noëlle Châtelet.
Mais nous, lecteurs, on finit par la connaître par cœur son histoire !
Dans Suite à la dernière leçon, Noëlle Châtelet nous confie souvent son désarroi devant l’adaptation que fait Pascale Pouzadoux de son livre. Mais elle nous dit combien les actrices principales sont remarquables. En fait, à travers ce film et ce second livre, Noëlle continue à faire revivre sa mère. Parler d’elle lui fait du bien et en quelque sorte la maintient en vie. On veut bien la croire ! Mais en même temps, Noëlle est assez contradictoire car elle dit souvent qu’elle a déjà fait son deuil, et depuis longtemps, avant même la mort de sa mère.
Mais nous, lecteurs, on finit par la connaître par cœur son histoire ! On comprend bien ses réactions lorsqu’elle lit le scénario du film mais cela ne nous passionne guère.
Une lecture , écrit-elle, avec des instants d’intense jubilation, mais aussi des mouvements de recul face à l’étrangeté du récit où sont contées des anecdotes si éloignées de ma propre histoire que je peine à m’y retrouver . p.41.
Mais que nous importent ses sentiments ? Il en est de même lorsqu’elle parle de Pierre, le frère de Diane, dans le film : Il est si peu crédible, à mes yeux, si peu semblable à la réalité de ma fratrie. p.44 Elle parle de trahison. Elle cherche en permanence sa place au milieu du film. Mais pourquoi donc aurait-elle une place ? C’est la place de Pascale Pouzadoux, la réalisatrice, pas la sienne.
Ensuite elle va, tout au long du livre, nous citer quelques exemples de personnes qui ont décidé volontairement de mettre fin à leurs jours : les époux Cazes, dans une chambre de l’hotel Lutetia, à Paris, p.60, le jeune Tom de 27 ans, malade, qui s’est pendu pour ne plus supporter ses traitements qui le faisaient trop souffrir, p 178, l’affaire Vincent Lambert, p.87… Mais nous les connaissons presque toutes, ces histoires. Elles sont, hélas, très tristes, mais n’apportent rien de nouveau à la situation juridique en France.
On peut comprendre que cette adaptation du film fut très éprouvante pour Noëlle et que pour y remédier, elle a, dès le début du tournage, eut l’idée d’écrire un livre pour raconter dans les moindres détails ses ressentis et rétablir sa vérité !
Une grosse déception pour nous car son histoire, on la connaît et ce dernier livre ne nous apporte rien quant au combat qu’avait eu sa mère sur le droit à mourir dans la dignité. Aucune nouvelle réflexion qui puisse nous faire avancer sur le chemin de l’acceptation de la mort choisie par les personnes en fin de vie. Dommage.