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FIPA 2016 : 2 films excellents : Ne m’abandonne pas et Après le brouillard, une histoire de résilience

Ne m’abandonne pas, un film de Xavier Durringer
Extrait du Film « Ne m’abandonne pas » de Xavier Durringer © Scarlett Productions-France Television

Ne m’abandonne pas, un film de Xavier Durringer

Xavier Durringer réalise un film qu’il faudrait montrer à tous les jeunes adolescents ! Ne m’abandonne pas est l’histoire d’une jeune fille de 17 ans, brillante, intelligente, et jolie. Mais un jour, sa vie va basculer car elle va rencontrer un jeune homme qui va se radicaliser et partir en Syrie. Il entraine Chama dans sa folie et veut qu’elle vienne le rejoindre pour faire le Djihad. Chama est rebelle, entière, et extrême comme on peut l’être à l’adolescence. Ses parents sont prévenus par le père du jeune homme, Marc Lavoine, et ils vont tout tenter pour l’empêcher de partir. Un film choquant, excessivement violent et dur. Mais vrai. Hélas, tellement vrai.

Les acteurs sont tous étonnants, mais surtout la jeune Chama, interprétée par Lina Elarabi. Un film à voir et à montrer à nos enfants. Un film que vous pourrez voir sur France 2 le 3 février. A ne pas louper !

Après le brouillard, une histoire de résilience, un film de Luis Ortas
© Cinética – 13 Productions

Après le brouillard, une histoire de résilience, un film de Luis Ortas

Luis Ortas s’intéresse à la vie de Siegfried Meir qui a été l’un des rares enfants à être revenu des camps d’Auschwitz. Il y perdra ses parents mais il y trouvera un homme de vingt ans son ainé qui va le prendre sous son aile. Il va devenir son père adoptif et sera sa seule référence tout au long de sa vie. Il sera aussi la seule personne qui le comprendra vraiment. Ensuite sa vie ne fut pas banale et chaque étape va nous être expliquée de façon très claire par Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et grand spécialiste de la résilience. Grâce à lui, nous allons comprendre comment Siegfried a pu réagir et s’en sortir malgré les terribles souffrances qu’il a vécues. La mémoire traumatique a ses secrets et le corps humain, son cerveau est fait de telle façon qu’il peut échapper à trop de douleurs.

Siegfried Meir est un très bel exemple de résilience. Malgré toutes les horreurs qu’il a connues, il est resté debout, fort, et combattant, toute sa vie. Avec une énergie incroyable, jusqu’au jour où il a perdu son père adoptif, celui qui l’avait sauvé des camps…

Un très beau film à voir et disponible en DVD.

Commander le DVD ici.

Après le brouillard. Une histoire de résilience… par fondationshoah

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Astérix le Papyrus de César : une BD de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad (Editions Albert René)

Astérix le Papyrus de CésarAstérix le Papyrus de César : une BD de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad (Editions Albert René)

Depuis 1959, les aventures d’Astérix le Gaulois ravissent petits et grands dans une farandole d’aventures burlesques. 36 albums n’ont pas eu raison de l’amour de tout un pays pour ces irréductibles gaulois querelleurs et mangeurs de sangliers. Uderzo et Goscinny ont fait naitre le mythe du petit village d’Armorique qui résiste encore et toujours à l’envahisseur comme une référence nostalgique à un esprit gaulois fantasmé.

Ce sont maintenant Jean-Yves Ferri et Didier Conrad qui assurent le scénario et le dessin pour la seconde fois après Astérix chez les Pictes. En tentant de coller au plus près de l’esprit de leurs ainés, ils veulent bien faire, peut être un peu trop, y parviennent souvent mais ne convainquent pas complètement. Mais qui le pourrait vraiment ?

Les répliques de Jules César sont un vrai fil rouge des aventures d’Astérix. Les réparties tirées de la langue morte de l’avenir fleurissent à longueur d’ouvrages. Tu Quoque Fili, Alea Jacta Est, Veni vidi vici, l’empereur romain s’auto-référence constamment. La référence aux fameux commentaires remonte au Bouclier Arverne, cet excellent épisode où personne ne peut (ou ne veut?) situer exactement Alésia (alias Alegia). Les auteurs ont le nez creux en ressuscitant cette histoire de commentaires liée au célébrissime et véridique ouvrage Commentaires sur la Guerre des Gaules (De bello gallico). La référence historique est très chic et situe nos gaulois dans une perspective historique truculente. Car César décide d’éluder l’épisode de la résistance armoricaine dans son ouvrage, ce qui a le don d’exaspérer ce cher Abraracourcix. S’en suit une énième vadrouille d’Astérix accompagné des intemporels Obélix, Panoramix et Idéfix afin de sauvegarder leur histoire en la gravant dans des récits druidiques oraux.

Jean-Yves Ferri n’hésite pas à user et abuser des jeux de mots et autres calembours comme Goscinny avant lui. Chaque situation s’accompagne invariablement d’une référence très second degré. A l’ère des hautes technologies et d’Internet, les suffixes en -ix sont liés à la plus pure actualité connectée. Le scénario très bien trouvé sert de prétexte à une débauche de références que les fans s’amuseront à retrouver pendant de longues minutes. A l’instar de cette truculente référence trouvée seulement l’été dernier dans Astérix aux Jeux Olympiques (le nom des auteurs gravé en grec dans un édifice athénien), le jeu de pistes vaut parce qu’il est suffisamment complexe pour faire chauffer les neurones. Et n’est pas Goscinny qui veut.

Retoucher sans trahir, belle performance de Conrad.

Ferri multiplie les situations comiques mais le second degré reste assez léger. Une drolatique immédiateté fait sourire le lecteur mais sans l’impressionner durablement. Là où Astérix en Corse, Astérix chez les Belges ou Asterix et les Goths se relisent des dizaines de fois avec toujours ce plaisir coupable et ce secret espoir de tomber sur une boutade jamais vraiment saisie, Le Papyrus de César divertit simplement et se contente de faire passer un très agréable moment. Ce qui est déjà très bien et bien mieux que la catastrophe industrielle Le ciel lui tombe sur la tête très bien vendue mais guère enthousiasmante. Goscinny avait mis la barre tellement haut qu’il serait bien utopique d’imaginer des bulles aussi subtilement polysémiques.

Le dessin de Conrad reste fidèle à la patte d’Uderzo, avec quelques postures inédites dans leur modernité. L’essentiel est préservé, Obélix est toujours aussi enrobé, la barbe de Panoramix continue d’épousseter le sol et les porteurs d’Abraracourcix sont toujours aussi dépareillés. Le dessin imprime même un rythme dans l’action, renouvelant la touche monolithique du glorieux ainé. Retoucher sans trahir, belle performance de Conrad.

Restent un respect scrupuleux de l’esprit des origines, avec ces incessantes querelles entre Ordralfabétix et Cétautaumatix, Agecanonix sévèrement cornaqué par sa ravissante mais jalouse épouse, la très rude Bonemine jamais à court d’une saillie vengeresse contre son flemmard de mari. C’est un vrai plaisir de retrouver ce petit village gaulois, inaltéré et toujours aussi sympathique. Le Papyrus de César respecte les codes, actualise les références et conserve cet immuable esprit bon enfant refusant tout excès de langage. Un ton toujours aussi fleur bleu mais tellement sympathique qu’on en voudrait aux auteurs de ne pas le conserver.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Astérix et Obélix entrent de plain-pied dans l’ère du numérix. Ce trente-sixième album revient à la source de ce qui a bâti la légende des irréductibles gaulois car Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, en dignes successeurs d’Uderzo et Goscinny, posent comme leitmotiv de leur intrigue la finesse d’esprit et la multiplication des malentendus. Les jeux de mot fusent, les références pleuvent, les gags s’enchaînent à la vitesse d’un cheval romain au galop. Les nouveaux rois du multimédia sont brocardés comme ils le méritent. Astérix, Obélix et César tiennent une forme olympix.

Date de parution : le 22 octobre 2015
Auteurs : Jean-Yves Ferri (scénario) et Didier Conrad (dessin)
Genre : Humour, Aventure
Editeur : Les Editions Albert René
Prix : 9,95 € (44 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Promouvoir et Bang Gang, une histoire d’intolérance moderne

Bang Gang - Marylin Lima
Marylin Lima dans Gang Bang, illustration de ©Lodi Marasescu

Promouvoir et Bang Gang, une histoire d’intolérance moderne

Après avoir essuyé les morceaux de dindes et de marrons du coins de la bouche, les catho-réac’ de l’association Promouvoir, pourtant rassasiés, cherchent à casser du film. Et ils ont trouvé Bang Gang à se mettre sous la dent. Le film d’Eva Husson peint une fresque magnifique où les corps de jeunes s’entrelacent et s’épousent, découvrant le sexe, la drogue, l’alcool. C’est cru. C’est certain. Mais putain qu’est ce que c’est bien !

André Bonnet doit préférer la cuisse bien cuite, bien enveloppée dans des torchons, à la sauce frustration. Bang Gang ne passe pas pour Promouvoir. D’après Le Canard Enchaîné, Bonnet aurait demandé au CNC d’étudier davantage le cas Husson, de bien revérifier si les poitrines et les pénis (sans doute acteurs principaux pour Bonnet) n’étaient pas en train de danser sur un vieil air de musique pornographique. Aujourd’hui interdit aux moins de 12 ans, on suppose un moins de 18 souhaité. Peut-être même une interdiction aux moins de 25, ou 42, ou 59, ou 99, ou pas avant le bicentenaire. Le désir le plus profond de Promouvoir c’est de ne plus avoir de culs et de boules sur les grands écrans. Lançons des procédures et censurons, en fête, et avec piété !

Le problème dans le cas des films en ligne de mire de nos amis Promouvoir, c’est la tranche d’âge interdite. Un petit gars de 12 ans ne peut pas aller voir Love de Noé. Quand son père lui a dit que la sortie cinoche pour aller voir ce film, ou Bang Gang, il était très triste – « Oh non, moi qui voulais voir des culs ». Il ne faut absolument pas alimenter la photothèque érotique des petits ! Et c’est vrai que c’est en allant voir de bons films au cinéma que ça se passe.

Il est certain qu’on bande plus sur la beauté d’un film que sur ses constituants érotiques. Si il souhaite alimenter sa caverne d’images pour ses rêveries solitaires, en quelques clics il trouve de quoi faire le plein sur Internet. Et en bon chrétien, il trouvera surement une sextape éducative racontant comment le petit Jésus aurait été conçu.

L’Art dérange. Et c’est bien normal. Mais prendre le temps et l’énergie de casser les pieds de Noé, Husson, et d’autres, à quoi est-ce que ça rime ? Prendre le temps et l’énergie de matraquer des choses qui ne vous atteignent pas personnellement, à quoi est-ce que ça rime ?

Dire qu’il ne faut pas aller voir ce film c’est dire que Promouvoir ne veut pas qu’on aille voir ce film. La paraphrase parle d’elle même. Ce qui est un réel souci dans l’histoire, c’est que Promouvoir tend à la restriction de nos libertés. Trouver un moyen de censurer le film – on parle bien de censure – c’est empiéter sur les libertés individuelles de chacun. Ce n’est pas simplement la suppression de la possibilité d’aller voir le film quand on est ado et qu’on aime le cinéma, c’est bien pire que cela. C’est l’ablation de la liberté de décider d’aller voir quelque chose, ou pas. Même le refus est réquisitionné.

À suivre.

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bang gangLes faubourgs aisés d’une ville sur la côte atlantique. George, jolie jeune fille de 16 ans, tombe amoureuse d’Alex.
Pour attirer son attention, elle lance un jeu collectif où sa bande d’amis va découvrir, tester et repousser les limites de leur sexualité. Au milieu des scandales et de l’effondrement de leur système de valeurs, chacun gère cette période intense de manière radicalement différente.

Sortie : le 13 janvier 2016
Durée : 1h38
Réalisateur : Eva Husson

Avec :  Finnegan Oldfield, Marilyn Lima, Daisy Broom & Lorenzo Lefebvre
Genre : drame

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La Folle Journée de Nantes et en région (édition 2016)

La folle journée

La Folle Journée de Nantes et en région (édition 2016)

Un festival chaque année renouvelé avec une programmation différente et des concerts à prix réduit, une sorte de rêve de fan de musique classique. La Folle Journée de Nantes le réalise tous les ans depuis 1995. Dédiée à un compositeur, une période de la musique ou un thème, la Folle Journée se tient sur 3 jours à Nantes début février et en région des Pays de la Loire le dernier Weekend de janvier. Le thème 2016 est La Nature, beau programme avec des concerts absolument incroyables. Retour sur 3 jours de concerts à Challans du 29 au 31 janvier 2016.

Je me souviens avec émotion de ma première Folle Journée en 2009. Devant son énorme succès, le festival s’est étendu aux Pays de la Loire en 2002 pour faire profiter à un public de plus en plus large des interprètes présents. Bach, son oeuvre, son empreinte sur la musique toute entière, le thème était tout à fait indiqué. Que ce soit mon compositeur favori n’était pas pour rien dans mon enthousiasme initial. Boulimique de musique, j’enchainais les concerts pour finir avec une prestation ébouriffante de percussions caraibéennes reprenant les thèmes ultra connus de Bach à l’aide de récipients métalliques frappés avec des baguettes, une expérience inoubliable. Suivront 6 autres festivals. Le grand Chopin et ses renversantes avalanches mélodiques en 2010, Les Titans alias les grands compositeurs romantiques en 2011 de Schubert à Brahms, Le sacre Russe en 2012 avec des compositeurs russes aussi monstrueux que Tchaikovsky et Prokofiev, L’heure exquise et l’influence espagnole sur la musique française en 2013 de Ravel à Debussy, la musique aux Etats-Unis au 20e siècle en 2014 avec notamment Gershwin et Barber. Je fis faux bond en 2015 manquant les Passions de l’âme et du Coeur. Me restent des moments inoubliables comme ces concertos de Brahms et Tchaikovsky interprétés par la regrettée Brigitte Engerer, ces nombreux récitals de piano majestueux et cette profusion de découvertes ébouriffantes.

Oui, car je ne pars pas de la Folle Journée sans mon lot d’enregistrements de grandes compositions jouées par les plus grands interprètes. J’ai pu découvrir ou creuser la musique russe, la musique américaine et les romantiques. De quoi se forger une solide culture musicale avec l’intime conviction de ne pouvoir échapper à des nouvelles découvertes année après année. 2016 n’y a pas fait exception, je suis reparti de Vendée avec des notes plein la tête et des souvenirs grisants. La Folle Journée est un festival pointu mélangeant interprètes mondialement connus, débutants éclairés et orchestres talentueux. La philosophie du festival tient dans l’accès pour tous à la musique de qualité. Les tarifs vont de 4 à 14 euros la place, de quoi apprécier les grands interprètes à petits prix. Une logique populaire dans le meilleur sens du terme pour faire profiter la multitude des fulgurances de Beethoven, de la passion de Chopin et de la profondeur de Tchaikovsky. J’applaudis des deux mains, c’est la fin d’un élitisme stérile et la perpétuation des sentiments les plus nobles.

Virtuose et ludique, ce carnaval en devient irrésistible.

Mon programme 2016 fut plus léger qu’à l’habitude. Premier concert samedi 30 avec le trio Karénine (violon, violoncelle, piano) accompagné d’un violon alto et d’une contrebasse. Avec la célébrissime composition de Schubert La Truite, le festival commençait sur les chapeaux de roue. Des interprètes jeunes et talentueux ont fait honneur au grand Franz avec une passion et une précision dantesques. La Truite n’est pas qu’un air très connu mais bien 5 mouvements qui ravissent connaisseurs comme néophytes. Une ovation méritée conclut cette belle prestation. Le soir venu, le pianiste François-Frédéric Guy fit palpiter de plaisir le coeur de l’assistance avec 2 sonates de Beethoven magnifiquement offertes. La sonate n°14 est universellement connue par son surnom : Clair de Lune. Un premier mouvement qui ferait fondre le plus insensible des icebergs s’ouvre avec deux autres mouvements conclus par un final tigresque. Je ne les connaissais pas, c’est une des très belle découverte du Festival. La sonate n°15 Pastorale complète ce grand moment de piano. Je ne connaissais pas ce pianiste, me voilà informé de sa très grande qualité, il me tarde de revoir un de ses récitals à Paris.

Le programme de dimanche ne fut pas moins marquant. Le violon d’Annabelle Berthomé-Reynolds et le piano d’Eve Beroux ravirent l’audience avec la Sonate de la pluie de Brahms et la sonate Le Printemps de Beethoven. Intensité et sensibilité agrémentèrent ce grand moment de musique. Puis les immensément célèbres solistes siamois Claire Désert et Emmanuel Strosser, accompagnés par l’ensemble Folle Journée Camerata conclurent en beauté ce weekend de musique. Les fans de Walt Disney se souviennent de cette scène de Fantasia où Mickey en apprenti sorcier assoupi laisse un balais envouté noyer une salle entière. La musique de Paul Dukas L’apprenti sorcier est reliée pour l’éternité à cette scène, ravissant d’autant les spectateurs de l’interprétation des 2 pianistes. Le final se compose de l’intégralité du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns. Et quel moment ! Les parties L’aquarium, Le cygne et Finale en sont les plus connues, mais il faut voir les interprètes s’amuser des symboliques animalières (Kangourous, Volière, Fossiles) pour le plus grand plaisir du public. Virtuose et ludique, ce carnaval en devient irrésistible. De quoi écouter Saint-Saëns inlassablement pendant les 3 prochaines semaines.

Un moment toujours aussi inimitable que ce festival de musique ouvert à tous et composé des interprètes les plus talentueux. Nantes accueillera le Festival le weekend prochain, peut être reste-t-il des places pour que vous puissiez en profiter et faire des découvertes. A vous de jouer!

De l’amour en Autistan, un livre de Josef Schovanec (Plon)

De l’amour en Autistan
©PHOTOPQR/LA PROVENCE ; Josef Schovanec, personne avec autisme, diplomé de Sciences Politiques, docteur en philosophie et polyglotte, auteur de l’ouvrage « Je suis à l’Est », livre témoignage de sa vie. Il est l’invité de l’association Chrysalide qui s’occupe de l’insertion d’handicapés dans le milieu professionnel et sportif. (MaxPPP TagID: maxpeopleworld807990.jpg) [Photo via MaxPPP]


De l’amour en Autistan

Josef Schovanec nous fait entrer dans son monde, celui des gens autistes. De l’amour en Autistan n’est pas vraiment un roman, mais plutôt une succession d’histoires vraies, vécues par d’autres autistes. A travers le livre, on arrive à communiquer avec le monde intérieur des personnes choisies par l’auteur. Choix très varié puisque on côtoiera des personnes réelles comme Sonia, qui reçut la médaille Fields des mathématiques, l’équivalent du Prix Nobel (qui n’existe pas en mathématique). Sixte-Henri, le latiniste, Gabriel, Debbie, Jessica, le Pr Gesenius, bref, les héros du roman de Josef Schovanec. Amour physique, amour du savoir, des savoirs, amour des livres… Avec souvent des dons exceptionnels !

Le secret de l’amour, c’est de découvrir l’autre, avec ses différences et ses particularités.

Josef Schovanec écrit remarquablement bien avec un langage très soutenu, souvent avec beaucoup d’humour et même un certain sens de la moquerie. A travers ses héros on découvre les douleurs des autistes, et surtout leur immense difficulté à se trouver face aux autres, avec une vie intérieure très riche. Parfois, ils ne se sentent bien qu’isolés du reste du monde. Sonia préfère coucher dans son bureau que dans sa chambre d’étudiante pour éviter de sortir et de faire ainsi des rencontres. Le monde autiste est un monde dans lequel il est difficile d’avoir ses repères, un peu comme le livre de Josef Schovanec. Il est important que nous comprenions davantage certaines réactions des autistes de façon à ne pas les terroriser. Et ce livre est truffé de détails qui peuvent nous mettre sur la bonne voie, en route vers l’Autistan ! L’auteur clame la notion de différence et le besoin que doit avoir la société d’avoir des gens différents, des personnes bizarres, des personnes pas comme tout le monde. C’est la vraie richesse de toute société. Pour lui, le secret de l’amour, c’est de découvrir l’autre, avec ses différences et ses particularités. Belle parole universelle !

Extrait p.79 :

M’apprêtant à l’issue d’une longue séance de pénible labeur à rejoindre les bras de Morphée, je rangeais mes ouvrages, opération dont la longueur n’ets étrangère ni à leur nombre, ni aux mouvements malhabiles de mes mains. Recherchant d’un regard perdu autant la lune dans le ciel que ce point indéfinissable où l’œil s’abîme avant de sombrer dans un sommeil réparateur, je vis au contraire, à mon vif étonnement, au-dessus de la charmille du jardin, un quadrilatère lumineux déchirer la bâtisse opposée, dont l’éclat inusité était dû à l’oubli de qui de coutume en tirait les rideaux. Intrigué par le spectacle, je vis alors la silhouette d’une jeune personne du sexe, dont les charmes passaient l’entendement.

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De l’amour en Autistan, un livre de Josef Schovanec

De l’Amour en Autistan, Josef SCHOVANEC

Saltimbanque de la différence, amoureux des langues et des cultures, Josef Schovanec nous entraîne dans un nouveau voyage, peut-être le plus surprenant et le plus déroutant qui soit pour une personne autiste : l’amour !

Avec Sonia, Gabriel, Debbie et d’autres, ses héros de l’étrange qui pourtant vivent parmi nous, se réenchante un monde trop normal dont on pensait avoir fait le tour. Par leurs songes et leurs liens, leurs singularités, leurs passions et leurs échecs, ils nous incitent à un voyage au bout de nous-mêmes sur les routes lointaines d’Autistan.
Avec poésie, humour et pudeur, Josef Schovanec nous parle d’amour comme cet aveugle de naissance qui, mieux que nul autre, lui décrivit un soir d’hiver la couleur rouge. Et, tissant cent faits réels, porte au langage un pays qui lui est propre : celui de l’autisme.

Date de parution : le 12 novembre 2015
Auteur : Josef Schovanec
EditeurEdition Plon
Prix : 17,90 € (223 pages)
Acheter sur : Amazon

Résultats concours : The Rebels of Tijuana, 5 vinyles gagnés

The Rebels of Tijuana
Résultats du concours :The Rebels of Tijuana

Vous avez été 3013 participants au concours. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants sont :

Géraldine Bourdache, Marion Desfrennes, Sébastien Clarisse, Isabelle Arker et Marie-Charles Cornu

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Résultats concours : Jane got a gun, 10 places de ciné gagnées


Jane Got a GunRésultats du concours : Jane got a gun

Vous avez été 3462 participants au concours. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants de 2 places de ciné sont les suivants :

Denis Vanwalscappel, Malika Hamidi, Valérie Don Delpech, Viratry Soulith et François Olivier

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Much Loved, un film de Nabil Ayouch

Much Loved, un film de Nabil Ayouch
© Virginie Surd

Much Loved, un film de Nabil Ayouch

Nabil Ayouch nous fait découvrir le Maroc sous un angle assez spécial : celui de la prostitution. Much Loved raconte la vie de trois filles prostituées, à Marrakech. Une quatrième viendra compléter le clan. A travers elles, on voit le Maroc la nuit, les rues de Marrakech plus ou moins éclairées et plus ou moins dangereuses. Le Maroc comme on ne le connaît pas.

Le film montre la vérité, de façon très crue et vulgaire.

Saïd est à la fois leur chauffeur, et leur homme à tout faire, qui veille sur elles. Et elles en ont besoin car inutile de vous dire, qu’en tant que prostituées, elles en voient de toutes les couleurs. Maltraitance, alcool, drogue, violences, tout est là ! Nabil Ayouch s’attendait à un accueil mitigé dans son propre pays mais pas à ce que son film soit interdit au Maroc ! Et c’est pourtant ce qui se passa. Much Loved a été interdit pour incitation à la prostitution. Montrer des femmes marocaines capables de vivre comme n’importe quelle prostituée européenne ? Impossible ! Les Saoudiens, les Européens ou même les marocains sont leurs clients d’un soir. La problématique est posée : quelle est la place de la femme dans la société marocaine ? Much Loved est avant tout un film de femmes.

Triste vie que celle-là, choisie ou non. Tristes mœurs. Mais aucun jugement. Juste des faits. Le film montre la vérité, de façon très crue et vulgaire. Il est vrai. Mais avec beaucoup de dignité. Le film reste beau, avec des photos incroyables. On voit Marrakech à travers les yeux d’un marocain et non d’un touriste. Les actrices absolument inouïes. Surtout Loubna Abidar, nominée aux César pour la meilleure actrice, mais aussi, depuis la sortie du film, menacée de mort dans son pays.

Aucune actrice n’est professionnelle. Ce qu’elles font, elles le font avec leur cœur et avec leur corps. Au début du film, on reste choqué et au fil des minutes, on s’attache à elles. Vraiment. Elles se donnent entièrement à la caméra tout en l’oubliant !

Much Loved a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2015 où il a eu 4 nominations.

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Much Loved, un film de Nabil Ayouch
Interdit aux moins de 12 ans

Marrakech, aujourd’hui. Noha, Randa, Soukaina et Hlima vivent d’amours tarifées. Ce sont des prostituées, des objets de désir. Vivantes et complices, dignes et émancipées, elles surmontent au quotidien la violence d’une société qui les utilise tout en les condamnant.
Sortie DVD : le 22 février 2016
Durée : 1h44
Réalisateur : Nabil Ayouch
Avec : Loubna Abidar, Asmaa Lazrak, Halima Karaouane
Genre : Drame
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Scènes de la vie conjugale : la mise à nu du couple saisissante de Nicolas Liautard

Scènes de la vie conjugale : la mise à nu du couple saisissante de Nicolas Liautard

Scènes de la vie conjugale : la mise à nu du couple saisissante de Nicolas Liautard

En 1973, Ingmar Bergman écrit et réalise en quelques mois la série TV Scènes de la vie conjugale. Sa caméra explore la relation d’un couple, sur vingt ans, qui va brutalement se déchirer. La série sera suivie avec passion par des millions de téléspectateurs avant de devenir un film culte.

Nicolas Liautard a choisi ce matériau pour nous replonger dans les méandres de la conjugalité à la fois singulière et universelle qui oscillent sans cesse entre la communion fragile et la solitude totale. En prise direct avec le jeu et une vérité puisée dans le vécu des comédiens tous excellents, le spectateur se confronte à un miroir de lui même aussi intime que bouleversant.

Mariés depuis dix ans, Johan et Marianne vivent heureux avec leurs  filles. Tous les deux ont un métier. Elle est avocate, lui universitaire. Entre eux, c’est la routine habituelle des journées ordinaires où le quotidien impose ses règles.

[…] un tableau extrêmement précis du couple […]

Johan qui s’ennuie, réagit avec humour et un peu de lassitude. Marianne, en manque de confiance, se montre vulnérable en se posant mille questions et veut toujours bien faire. Lors d’un dîner, ils assistent à la violente dispute d’un couple d’amis qui va remettre en cause leur relation de couple, en apparence solide.

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Les faux semblants commencent alors à s’éroder, ne laissant place qu’aux tensions latentes qui sous-tendaient leur couple. Un soir Johan annonce sans management qu’il a rencontré une étudiante et qu’il a décidé de la rejoindre pour un nouveau départ. Si Marianne paraît détruite aux prises avec les ruines de son mariage, elle va finir par se reconstruire et révéler sa véritable personnalité.

Et c’est à ce cheminement passionnant en passant par son questionnement sur une longue période, auquel nous assistons. Où à travers une radiographie de la relation, sont disséqués le sentiment amoureux, le va-et-vient du désir, l’influence du temps qui passe, les compromis et les lâchetés de la vie à deux.

[…] Anne Cantineau et Fabrice Pierre sont renversants de naturel […]

Avec une grande justesse, la pièce rend compte de l’individualité de l’autre avec ses envies, ses contradictions, son rapport à la solitude et à soi. Et c’est un tableau extrêmement précis du couple, sa  construction, son évolution jusqu’à son émancipation auquel nous prenons part.

Bergman cristallise aussi les masques que l’on porte et qui se superposent dans le but de se mentir à soi-même et de se renier afin de se conformer au modèle social dont la critique rappelle le théâtre des plus grands dramaturges scandinaves, comme Strindberg ou Ibsen.

A l’abri d’un dispositif bi-frontal et d’images vidéo qui nous plongent ici et maintenant au cœur d’un appartement, le spectateur traque les moindres soubresauts de la relation entre amour et désamour, affrontement et rapprochement, trouble et apaisement.

Cet espace vivant ne rend que plus percutants les rapports de force qui se font jour entre Marianne et Johan où Anne Cantineau et Fabrice Pierre sont renversants de naturel, d’intensité et d’humanité. Bravo.

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Dates : du 22 janvier au 14 février 2016 l Lieu La Colline – théâtre national (Paris)
Metteur en scène : Nicolas Liautard

Les chatouilles : une danse de la colère drôle et bouleversante

leschatouilles

Emotion et légèreté sur une danse de la colère  

L’histoire insolite d’Odette, une jeune danseuse dont l’enfance a été volée et qui se bat pour se reconstruire. A travers une galerie de personnages entre rires et émotions, les mots et la danse s’entremêlent et permettent à Andréa Bescond de transporter le spectateur dans un grand huit émotionnel dont il ne sortira pas indemne.
C’est une pièce émouvante, qui aborde un sujet difficile mais tout en légèreté. Un coup de coeur du off d’Avignon 2014, et désormais un coup de coeur de la rédaction.

Dates :  Jusqu’au 27 février
Lieu : Théâtre du Petit Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Eric Métayer
Avec : Andréa Bescond

C’est l’histoire d’Odette que nous raconte Andréa Bescond. Odette est une petite fille qui adore dessiner et se rêve danseuse étoile. D’ailleurs, elle s’appelle Odette, comme le cygne blanc du lac des Cygnes. Jusqu’à ses huit ans, cette petite fille aime la vie. Jusqu’à ce qu’un jour, on vienne lui voler son innocence.

Une pièce puissante par sa manière d’aborder un sujet dur avec humour

C’est une pièce sur le viol, mais dans laquelle le thème est abordé avec pudeur. Une pièce puissante par sa manière d’aborder un sujet dur, mais avec beaucoup d’humour. Le mot « viol » n’apparaîtra que dans les dernières minutes du spectacle.

Andréa Bescond réalise une performance hors du commun en campant une dizaine de personnages à la fois : Odette (jeune et plus âgée), sa mère et son père, sa professeur de danse, les élèves de l’école de danse, la psychologue, etc. Et même avec rien qu’une chaise pour décor, on y croit. En plus d’un jeu d’acteur épatant, elle ponctue son histoire de séquences chorégraphiées, donnant à cette pièce un charme hors norme. Avec elle, on vit les années d’une danseuse qui fera le tour du monde avec des comédies musicales comme Roméo et Juliette ou les Dix commandements. Il y a des airs de Black Swann là-dedans, sauf qu’Odette n’ira jamais, elle, à l’Opéra de Paris. Trop de névroses peut-être, trop de cicatrices. La déchirure de son enfance, qu’elle soigne tant bien que mal par la pratique acharnée de la danse, la poursuit. Elle arpente les clubs, fait la fête en permanence, se rassure avec de la drogue dure. Mais dans son histoire (qu’elle raconte dans le spectacle à une psychologue), il y a surtout beaucoup de rires, d’espoir et de passion : sa « danse de la colère », faite de soubresauts épileptiques, parlera d’ailleurs d’elle-même.

Derrière cette pièce, il y a un grand moment de théâtre, de musique, de danse et d’émotion. A voir absolument.

Teaser de la pièce 

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L’Académie des arts et techniques du Cinéma rend hommage à Jacques Rivette

Jacques Rivette

Jacques Rivette

Jacques Rivette s’en est allé.

Comme ses illustres complices François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol ou Éric Rohmer avec qui il a initié la Nouvelle Vague, Jacques Rivette débute sa carrière comme critique avant de s’aventurer sur les plateaux de cinéma. Stagiaire sur « French cancan » réalisé par celui qu’il a toujours qualifié comme l’un de ses maîtres, Jean Renoir, il se lance en 1958 dans son premier long métrage avec « Paris nous appartient ». Il rencontrera le succès dès son second film, « Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot » en 1967, pourtant d’abord interdit par la censure.

Grand passionné d’art dramatique et du cinéma qu’il explore et expérimente sous toutes ses formes, Jacques Rivette nous a par la suite offert des œuvres fleuves, comme « L’Amour fou » et ses quatre heures et douze minutes, ou « Out 1 », expérience incroyable de plus de 12 heures.

Qualifié parfois de marginal, d’hors norme, il s’évertuait à chaque réalisation – trente au total – à tester, créer et réinventer le 7ème Art. Il était aussi d’une grande fidélité à l’encontre de ses acteurs et actrices, à commencer par sa muse Bulle Ogier et sa productrice Martine Marignac, mais aussi Jane Birkin, Michel Piccoli, Sandrine Bonnaire ou encore Emmanuelle Béart, avec qui il tourna « La Belle Noiseuse », Grand Prix du Festival de Cannes en 1991.

Avec sa disparition à l’âge de 87 ans, le cinéma français et sa Nouvelle Vague se retrouvent orphelins de l’un de ses derniers monstres sacrés.

Alain Terzian, Président

Suzanne Simonin, la religieuse de Diderot :

Vidéo Jaws : ils dévalent des énormes murs d’eau en surf… et ça fait parfois mal !

wipeout

Vidéo Jaws : ils dévalent des énormes murs d’eau en surf… et ça fait parfois mal !

C’est une session de surf assez monumentale qui a été filmée le 27 janvier dernier à Jaws, l’un des spots les plus renommés au monde, au large de Peahi sur l’île de Maui, dans l’archipel de Hawaï. L’hiver est réputé comme étant une des saisons les plus généreuses en terme de grosses vagues. Mais là, on est vraiment sur quelque chose d’énorme. La vidéo montre des surfeurs pros (J.O.B., Francisco Porcella, Kai Lenny, Nic Lamb…) prendre les plus grosses vagues allant parfois se briser littéralement les os contre ces monstres de la nature. Très impressionnant.

Big and Mean- Jaws strikes again! January 27, 2016 by Xensr from Xensr on Vimeo.

Coup de chaud, le film glaçant de Raphaël Jacoulot en DVD

Coup de Chaud
Coup de chaud : Photo Karim Leklou © TS Productions

Coup de chaud, le film glaçant de Raphaël Jacoulot en DVD

Réalisé par  Raphaël Jacoulot, Coup de chaud  est un angoissant huis clos à ciel ouvert inspiré d’une histoire vraie. Sous la chaleur étouffante d’un été caniculaire, les habitants d’un petit village ont du mal à faire face ; surtout les exploitants agricoles qui se retrouvent sans eau pour leurs terres. Le maire du village décide, avec le conseil municipal, de financer l’acquisition d’une pompe pour utiliser l’eau de l’étang de la commune. A peine installée, la pompe à eau disparait.

Les nerfs à vifs, les habitants suspectent Josef Bousou, fils de ferrailleurs, d’avoir commis le méfait. Le jeune homme, mentalement diminué, n’a de cesse de trainer partout, de harceler les habitants, d’entrer chez eux sans prévenir et de voler tous les objets métalliques à portée de main. La disparition de la pompe à eau fait l’effet d’une bombe. Et lorsque Josef Bousou agresse une habitante chez elle, c’est l’acte de trop. Le village tout entier veut sa peau, veut le bannir, l’assigner à résidence, l’exclure de la communauté. Et cela ne va pas trainer, Josef Bousou va être retrouvé mort chez lui.

[U]n délire paranoïaque collectif et contagieux qui happe le spectateur.

Hystériques, les villageois sombrent dans un délire paranoïaque collectif et contagieux qui happe le spectateur. Un Coup de chaud qui aboutit à un drame, mis en perspective dans une mise en scène anxiogène et habile. Le personnage de Josef Bousou, interprété par le talentueux Karim Leklou, est proprement effrayant. Différent, il dégage une animosité sauvage fébrilement retenue que l’on sent prête à exploser à tout moment, dans un déchainement de violence. La peur d’un dérapage habite le village tout entier, qui s’acharne sur cet homme frappé par une misère affective propice à une circonvolution vicieuse, sinon macabre.

Oppressant, Coup de chaud ne manque pas d’interpeller. Ce personnage au comportement marginal est devenu le bouc-émissaire d’un village sous tension. Et pourtant, en tant que spectateur, on éprouve ce même sentiment coupable et irrésistible de ressentiment à l’encontre de Bousou. Sa différence et son comportement attisent la colère des habitants. Et on partage largement cette colère. C’est donc avec d’autant plus de force que l’on assiste à un épilogue dramatique. Avec un goût amer, on se dit qu’ils sont allés trop loin et on rembobine pour tenter de comprendre comment avons-nous pu être embrigadés de la sorte. Raphaël Jacoulot aura réussi son pari : donner un sacré Coup de chaud à tout le monde avec une histoire glaçante.

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Coup de Chaud en DVD

Au coeur d’un été caniculaire, dans un petit village à la tranquillité apparente, le quotidien des habitants est perturbé par Josef Bousou. Fils de ferrailleurs, semeur de troubles, il est désigné par les villageois comme étant la source principale de tous leurs maux jusqu’au jour où il est retrouvé sans vie dans la cour de la maison familiale…

Sortie DVD : le 27 janvier 2016
Durée : 01h42
Réalisateur : Raphaël Jacoulot
Avec : Jean-Pierre Darroussin, Grégory Gadebois, Karim Leklou
Genre : Policier
Prix : 19,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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La Belle Saison, le film de Catherine Corsini en DVD

La Belle Saison DVD
La Belle saison : Photo Cécile de France, Izïa Higelin – ©CHAZ productions

La Belle Saison, le film de Catherine Corsini en DVD

Avec La Belle saison, la réalisatrice Catherine Corsini a frôlé la nomination aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger mais on lui a préféré le film Mustang de Deniz Gamze Ergüven. Le film a tout de même été retenu pour concourir aux César dans la catégorie de la meilleure actrice pour Cécile de France. Récemment sorti en DVD, on a pu le visionner et se forger un avis.

C’est au coeur de l’été de la France de Pompidou que débute notre histoire. Delphine, interprétée avec brio par Izïa Higelin, aide son père aux travaux agricoles de l’exploitation familiale. Son temps libre, elle le passe à flirter avec une autre jeune fille du village. Mais les études l’emmènent à la capitale. Sur les bancs de la faculté, elle fait la rencontre d’un groupe de féministes déterminé à se battre pour l’égalité des sexes, encore loin d’être d’actualité (des droits sociaux à la dérive mais aussi l’IVG qui n’arrivera qu’en 1975 avec la loi Veil). De nombreux combats à mener parmi lesquels celui des homosexuels que l’on envoie en hospitalisation pour des traitements à hautes doses d’électrochoc. Une lobotomie légale destinée à guérir de cette « grave maladie ».
Dans ce contexte, qui paraît arriéré à notre époque mais que Catherine Corsini évoque sans lourdeur et toujours au second plan, Delphine tombe sous le charme d’une activiste du mouvement féministe et parisienne jusqu’au bout des ongles : Carole, jouée par Cécile de France. Carole est pourtant en couple de longue date avec un homme charmant. Mais l’amour ne l’entendra pas de cette oreille.

Un film éblouissant de délicatesse et de sincérité.

Les deux jeunes femmes vont rapidement basculer dans une passion incandescente, envahies par un amour sincère, prêtes à tordre le cou à tous les interdits. Pourtant, le retour prématuré de Delphine dans sa ferme familiale va tout bousculer. Loin du relatif anonymat de Paris, pas question d’afficher sa préférence sexuelle. Dans ce petit village où l’attend son voisin désigné comme son futur mari par ses parents, Delphine va vivre sa tempête intérieure. Nous sommes à nouveau à La Belle saison mais cette année, Carole va jouer les amies de faculté venue se ressourcer à la campagne, chez Delphine.

Ecrit avec une plume particulièrement juste et plutôt raffinée, le scénario de La Belle saison met en scène un amour sincère et universel, dont la force se révèle aussi destructrice que solaire. Ces deux jeunes femmes s’aiment à s’en consumer les chairs. La réalisatrice ne manque d’ailleurs pas une occasion de chorégraphier cette romance dans des danses nuptiales à répétition, comme autant de gourmandises sensuelles qui peuvent alourdir le transit narratif. Pourtant, La Belle saison semble portée par une irrésistible énergie qui transforme nos coeurs à tendance hermétique en de petites choses sensibles.

Les deux actrices partagent avec ardeur et grande justesse tout ce qui anime la vie du couple qu’elles forment à l’écran. Un jeu fusionnel où Izïa Higelin est vraiment l’égale de Cécile de France.

La Belle saison surprend en tout. Un film éblouissant de délicatesse et de sincérité.

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La Belle Saison DVD

1971. Delphine, fille de paysans, monte à Paris pour s’émanciper du carcan familial et gagner son indépendance financière. Carole est parisienne. En couple avec Manuel, elle vit activement les débuts du féminisme. Lorsque Delphine et Carole se rencontrent, leur histoire d’amour fait basculer leurs vies.

Sortie DVD : le 19 janvier 2016
Durée : 01h45
Réalisateur : Catherine Corsini
Avec : Cécile de France, Izïa Higelin, Noémie Lvovsky, Kévin Azaïs, Laetitia Dosch
Genre : romance
Prix : 19,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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Yin et le dragon, tome 1 : une BD de Richard Marazano et Yao Xu (Rue de Sèvres)

Yin et le dragonYin et le dragon, tome 1 : une BD de Richard Marazano et Yao Xu (Rue de Sèvres)

Ce premier tome du triptyque Yin et le dragon est une très belle découverte, proposée par le scénariste Richard Marazano et le dessinateur Yao Xu.
S’adressant principalement aux enfants, cette histoire nous décrit la relation forte liant un grand-père pêcheur, et sa petite-fille orpheline, Yin. Ces deux personnages sont très unis. Lui ne peut jamais rien lui refuser, et, elle, en profite pour faire bêtises sur bêtises. Une nuit, alors que le grand-père est en train de pêcher, un dragon doré se retrouve pris au piège dans ses filets. Au même moment, un bateau militaire en route vers Shangaï aperçoit cette lumière vive et tire. Le dragon est blessé. La petite fille, qui s’était caché dans le bateau, conjure son grand-père de le ramener chez eux pour le soigner. Et l’on découvre alors la relation qui est en train de naître entre cet enfant et la créature imaginaire. Les dessins de Yao Xu nous plongent dans l’univers du manga. En lisant ce livre, on retrouve l’atmosphère d’un film d’animation asiatique. On regrette néanmoins, la fin de la bande-dessinée, qui même si elle doit amener une suite, aurait pu être au moins un point-virgule.

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Shanghai 1937. L’armée impériale japonaise a fait main basse sur une large partie de la côte chinoise. En ces temps de tristesse, la menace de l’antique prophétie plane, celle de l’invincible dragon noir Gongong qui doit venir anéantir les hommes quand le désespoir et la haine règneront. Yin, petite fille d’une dizaine d’année est élevée par son grand-père pêcheur, Liu. Un soir, alors que Liu sort en mer, Yin se faufile sur le bateau. Soudain une bête puissante se débat dans ses filets : un dragon d’or, blessé, que Yin convint son grand-père de cacher et de soigner… Une décision qui les emmènera bien plus loin qu’ils ne le pensaient.

Date de parution : le 20 janvier 2016
Auteurs : Richard Marazano (scénario) et Yao Xu (dessin)
Genre : Aventure, jeunesse
Editeur : Rue de Sèvres
Prix : 14 € (64 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Expérimenter, film laboratoire de Michael Almerevda 

Experimenter
Expérimenter : Photo Winona Ryder © Septième Factory

Expérimenter, film laboratoire de Michael Almerevda

Ce n’est pas grâce à Expérimenter que Stanley Milgram restera à jamais à la postérité. C’est surtout pour son expérience prouvant par l’exemple les mécanismes de la soumission à l’autorité, autrement connue sous le nom d’Expérience de Milgram.

Profondément controversée et à la limite de l’immoralité, elle démontre que le tout à chacun peut suivre sans rechigner des directives aboutissant à la souffrance d’autrui. De quoi creuser la compréhension des mécanismes menant aux tragédies génocidaires et la négation par tant de quidams de l’être humain. Mais Milgram eut aussi une existence, éclairée par le réalisateur Michael Almerevda dans ce biopic oscillant entre drame et documentaire.

Considéré comme un des psychologues les plus importants du 20e siècle, Stanley Milgram a sans cesse expérimenté la validité pratique de théories jusque là réfutées ou acceptées par la seule force de la pensée avec les biais que l’on imagine. Ainsi, il était communément admis qu’un être humain normal n’accepterait jamais de faire du mal à son prochain sans raison valable et sans motif de haine, de coercition ou de représailles. Peut être faut-il être soi-même mentalement déviant ou masochiste pour imaginer une expérience mettant à mal ce postulat. Interprété par le placide et débonnaire Peter Sarsgaard, Stanley Milgram agit avec les humains comme avec des souris blanches. Sans enthousiasme ni pulsion sadique apparente, il observe et prend des notes. Pour des conclusions révolutionnaires.

Imaginez deux individus rémunérés pour participer à une expérience. L’un d’eux est choisi comme enseignant, le second comme élève. Le premier doit vérifier la bonne mémorisation par le second d’associations de mots simples. Pour toute réponse erronée, le premier doit envoyer des décharges électriques croissantes au second, de 5 à 450 volts. Un homme en blouse blanche supervise l’expérience et doit vérifier l’exacte application par les 2 cobayes du protocole de l’expérience : pas de contacts physiques, l’enseignant doit seul parler à l’élève via un micro, l’élève ne doit pas communiquer avec l’enseignant. L’objectif avoué de l’expérience est de vérifier la correcte mémorisation par l’élève des associations de mots et l’impact des décharges électriques sur ses capacités de mémorisation.

Réflexion passionnante et même crispante.

Là où les penseurs assènent avec un ton péremptoire qu’aucun être humain n’infligerait de souffrance à son prochain sans motif valable, Milgram observe qu’entre 60 et 80% des enseignants de l’expérience vont jusqu’à 450 volts pour suivre le protocole. En maugréant et en rechignant devant les cris de souffrance entendus à travers la paroi les séparant de l’élève cobaye, mais en appliquant tout de même le protocole de l’expérience jusqu’au bout. La controverse soulevée par le film est simple : cette expérience est-elle simplement cruelle ou vicieuse ou prouve-t-elle l’aveuglement de l’être humain lambda et par là même sa soumission totale à une autorité ? Enseignée depuis à la grande majorité des étudiants du monde entier, l’expérience a vu la publication de ses résultats contestée et a essuyé une levée de boucliers sans précédent. Chacun peut juger si l’expérience introduit un biais, l’enseignant étant sciemment trompé sur l’objectif réel de l’expérience. Ce biais est-il simplement trompeur ou bien révélateur ?

Réflexion passionnante et même crispante. Car elle amène à se poser la question pour son cas personnel. Serais-je moi-même trompé sur les objectifs réels de l’expérience ? Infligerais-je des décharges de 450 volts potentiellement mortelles à un autre être humain ? Milgram a défrayé la chronique et Peter Sarsgaard prête ses traits joviaux mais figés à un Stanley Milgram bloqué professionnellement par la controverse. Son épouse est jouée par Wynona Rider, dévouée et flegmatique comme un bloc de ciment. D’autres expériences sont montrées à l’écran celle celle du « Petit monde« , démontrant par l’exemple que tout être humain n’est pas à plus de 5 ou 6 personnes de distance de n’importe quelle autre personne dans le monde.

Dans Expérimenter, Peter Sarsgaard prend à témoin le spectateur en s’adressant directement à lui, le mettant dans la confidence et le prenant donc à témoin de ses objectifs expérimentaux réels. Les décors sont bien souvent factices, comme sur une scène de théâtre, l’important se constituant des acteurs au premier plan et non pas au contexte. Le film devient une pièce de theatre, ou une salle de laboratoire. Film somme toute intéressant et sans prétention mais qui pose la question qui tue : Milgram n’a-t-il pas outrepassé ses prérogatives scientifiques en forçant des cobayes à causer des souffrances ? Quelle est la différence entre lui et un docteur Mabuse disséquant ses patients vivants ? L’intérêt scientifique justifie-t-il toutes les extrémités ? Passionnantes questions auxquelles je vous laisserai répondre…

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ExperimenterEn 1961, à l’Université de Yale, le professeur de psychologie Stanley Milgram conduit une expérience sur la question de la soumission à l’autorité qui deviendra la célèbre « Expérience de Milgram ». Très vite les résultats de ses recherches et les méthodes employées dérangent et déclenchent une vive polémique. Dénigré par certains,admiré par d’autres, le scientifique affronte la tourmente.

Sortie : le 27 janvier 2016
Durée : 1h37
Réalisateur : Michael Almereyda
Avec :  Peter Sarsgaard, Winona Ryder, Jim Gaffigan
Genre : Biopic, Drame

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Taxi Téréran, un film de Jafar Panahi (DVD)

©Jafar Panahi Film Productions
©Jafar Panahi Film Productions

Taxi Téréran, un film de Jafar Panahi

Jafar Panahi a été interdit de réaliser des films depuis 2010 avec également une interdiction de sortie du territoire. Mais depuis son procès, Jafar continue à réaliser des films, dans des conditions souvent extrêmement difficiles et dangereuses. Taxi Téhéran est son 3ème film (The accordion en 2010 et Ceci n’est pas un film en 2011). Jafar Panahi décide de faire un film entièrement tourné dans son taxi où il tient le rôle principal et s’occupe également de la caméra. Il remarque que les gens parlent davantage dans un taxi que dehors dans la rue. Il a donc l’idée d’installer une caméra, voire même plusieurs dans son taxi et gère tout depuis son taxi.

Dans son taxi, Jafar Panahi nous dépeint la société dans laquelle il vit.

Jafar Panahi brave encore une fois l’interdit et nous offre un film incroyable avec Taxi Téhéran. Tout est dit, tout est montré alors que tout lui est interdit. On se retrouve au cœur de la ville de Téhéran, en toute discrétion. On sent le réalisateur sous pression et très inquiet de filmer malgré les interdictions qui planent sur lui. Jafar Panahi résiste encore et encore, de façon subtile. Les acteurs sont tous des amis ou des connaissances et aucun n’est professionnel. Pour ne pas les mettre en danger, le réalisateur n’a pas mis de générique de fin à son film (voir Allo ciné).

Dans son taxi, on fera la connaissance de Omid, vendeur de DVD, de l’avocate Nasrin Sotoudeh, réellement avocate, de la petite Hana qui doit réaliser un court-métrage sans braver les interdits dictés par la maîtresse. Tout doit être visible. Dans son taxi, Jafar Panahi nous dépeint la société dans laquelle il vit, ou plutôt, il essaie de vivre. Ou de survivre.

Taxi Téhéran a été sélectionné pour la Berlinale 2015, hélas en l’absence du réalisateur. Jafar Panahi est arrivé à faire sortir son film d’Iran, résiste. Pour lui l’important est que son film soit vu par le plus grand nombre. Et aujourd’hui Jafar Panahi doit être le plus heureux des hommes car son film, Taxi Téhéran est non seulement plébiscité mais nominé pour les César 2016, dans la catégorie Meilleur film étranger. On lui souhaite bonne chance et longue vie ! Et même s’il ne pourra jamais nous lire, on lui envoie toutes nos félicitations pour ses chefs-d’œuvre.

Un mois après la sortie du film de Jafar, Publik’Art a vu et aimé : Une femme iranienne, un film de Negar Azarbayjani, en mai 2015. Histoire qui se passe presque tout le temps dans un taxi ! Deux films qui nous permettent de mieux comprendre la vie des iraniens…

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Taxi Téréran, un film de Jafar Panahi Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion…

Sortie : le 18 août 2015
Durée : 1h26
Réalisateur : Jafar Panahi

Genre : Drame, comédie

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Chocolat, le grand film de Roschdy Zem

Chocolat film
Chocolat : Photo James Thiérrée, Omar Sy – © Julian Torres / Mandarin Cinéma – Gaumont

Chocolat, le grand film de Roschdy Zem

Personnage oublié de l’Histoire, Chocolat est le nom d’artiste de Rafael Padilla, premier homme noir à se produire sur scène en France au début du siècle dernier. Librement inspiré de sa vie, le film réalisé par Roschdy Zem fait le récit de l’ascension fulgurante du clown Chocolat et de son précieux acolyte Footit avant une violente séparation.

Né dans une famille africaine réduite en esclavage jusqu’à Cuba, Chocolat est vendu à huit ans près de Bilbao d’où il s’échappe six ans plus tard. Il vivra de petits boulots avant de faire la rencontre qui changera sa vie : celle de George Footit, clown blanc connu et expérimenté. C’est lui qui va percevoir dans Chocolat tout son potentiel et lui proposer de créer un véritable duo. C’est la naissance du clown blanc tyrannique et et de l’auguste souffre-douleur qui tend les fesses et / ou les joues, pour faire rire l’assistance. Un couple quelque peu exotique et hors du commun qui séduit immédiatement un public curieux et nombreux.
Dans ChocolatRoschdy Zem, que nous avons rencontré à Montpellier, raconte avant tout l’histoire de ce couple : « C’est une histoire d’amour. Un couple qui s’aime… C’est difficile de s’aimer. » Du coup de foudre au déchirement, Footit et Chocolat vont tout connaître et tout vivre. Ce qui ne rend que plus violente la descente aux enfers réservée à Chocolat.

A la manière d’une fable, le scénario de Cyril Gely irradie d’abord l’histoire d’une lumière enchanteresse et naïve avant que des premiers nuages ne viennent assombrir le ciel de l’horizon et finir par plonger Chocolat dans un abîme sans fond. Un peu comme le sourire d’un clown s’efface et épouse peu à peu des lignes inverses, la conscience de Chocolat s’éveille avec le succès et lui rend son quotidien impossible.

Un grand film pour de grands acteurs.

Esthétique et soignée, la mise en scène de Roschdy Zem installe une harmonie parfaite. Véritable voyage à la Belle époque, des belles façades de cirque, des décors aux costumes, tout est là pour nous faire rêver ! Le film offre même de véritables scènes de spectacle de cirque imaginées par James Thierrée (par ailleurs interprète de Footit), qui n’a pas à rougir de son grand-père Charlie Chaplin (si,si).

Spécialement écrit pour Omar Sy, qui interprète Chocolat, le film se révèle à la hauteur du charisme de l’acteur qui endosse son costume dans une illusion de facilité déconcertante. Avec son habituelle décontraction à l’écran, Omar Sy joue avec brio dans un rôle qu’il est à notre avis le seul à pouvoir interpréter en France, comme s’il était l’alter-ego de Chocolat à notre époque. Et tandis que la légende Omar Sy continue de s’écrire, le film offre une très belle révélation au grand public : James Thierrée. L’acteur est Footit, à la fois très technique et profondément touchant. Le duo fait des miracles durant toute une première partie alchimique qui n’épargne pas le spectateur de bouffées d’émotions joyeuses et dramatiques. Noyau du film, la magie qui émane du couple transforme cette belle histoire en chef d’œuvre.

Roschdy Zem confiait ce matin avoir voulu « faire un film accessible et populaire » en évitant de se perdre dans les nombreuses questions qu’il sous-tend malgré leur actualité (politiques ou sociales). Avec Chocolat, l’acteur-réalisateur ne signe pourtant pas seulement un film grand public, il signe surtout un grand film pour de grands acteurs.

EDIT : on peut encore citer le livre de Gérard Noirel qui a contribué à faire sortir Chocolat  de l’ombre et a inspiré le film. Vous pouvez le retrouver aux éditions Bayard sous le titre Chocolat, clown nègre. L’histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française (V. les commentaires).

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chocolat filmDu cirque au théâtre, de l’anonymat à la gloire, l’incroyable destin du clown Chocolat, premier artiste noir de la scène française. Le duo inédit qu’il forme avec Footit, va rencontrer un immense succès populaire dans le Paris de la Belle époque avant que la célébrité, l’argent facile, le jeu et les discriminations n’usent leur amitié et la carrière de Chocolat. Le film retrace l’histoire de cet artiste hors du commun.

Sortie : le 3 février 2016
Durée : 1h50
Réalisateur : Roschdy Zem
Avec : Omar Sy, James Thierrée, Clotilde Hesme, Olivier Gourmet, Frédéric Pierrot, Olivier Rabourdin, Noemie Lvovsky, Bruno et Denis Podalydès.
Genre : Comédie, drame, biopic

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Le jour où j’ai rencontré Franz Liszt, de et avec Pascal Amoyel, au Théâtre Le Ranelagh

Le jour où j'ai rencontré Franz Liszt

Le jour où j’ai rencontré Franz Liszt, de et avec Pascal Amoyel, au Théâtre Le Ranelagh

Pascal Amoyel s’attaque à un monument de la musique universelle dans une pièce de théâtre trépidante et émouvante. Le jour où j’ai rencontré Franz Liszt mêle souvenirs personnels du pianiste et réminiscences de l’existence d’un des plus grands compositeurs de l’histoire du piano. Mais sait-on vraiment qui était ce contemporain de Beethoven et de Chopin ? Son talent a traversé l’Europe entière et ses compositions continuent à hanter les musiciens de toutes générations. Pascal Amoyel ouvre les portes d’un monde secret au son de son envoutant instrument.

Pour ceux qui l’ignorent, Pascal Amoyel remporta la Victoire de la musique 2005 dans la catégorie « Révélation soliste instrumental de l’année« . Et ses interprétations pianistiques ne laissent aucun doute. Avant d’être un conteur, il est un pianiste accompli à la sensibilité étonnante. Il débute son voyage musical par une anecdote personnelle. Il découvrit Franz Liszt dès son plus jeune âge, point de départ d’une passion qui ne fit que s’amplifier depuis. Pascal Amoyel fait partager son amour immodéré pour le pianiste et compositeur hongrois sans se ménager 1h20 durant. Il enchaine les mimiques et les faciès comiques dans une farandole burlesque devant un public conquis. Un piano demi-queue lui sert de compagnon de voyage pour une plongée onirique dans l’univers de Franz Liszt.

Liszt (…) fera révolutionner l’art du clavier.

Et quelle existence! Cornaqué par un père violoncelliste, le petit Franz interprète Mozart à 7 ans devant des nobles éberlués par la précocité du jeune prodige. Le soutien financier acquis, Liszt peut se perfectionner au contact des meilleurs professeurs d’Europe. Sa présentation à Beethoven à l’âge de 10 ans est une confirmation, le maitre l’adoube dans un enthousiasme à la mesure du talent de son cadet. Si les portes du conservatoire de Paris lui restent fermées pour d’obscures raisons, son apprentissage le fait connaitre d’un public toujours plus nombreux. La carrière de Liszt lui fera révolutionner l’art du clavier. Premier concertiste de l’histoire, il propose des récitals avec une position du piano alors révolutionnaire, le clavier disposé afin que les doigts soient visibles. Incroyable de penser qu’une autre règle eusse pu jamais exister…

Pascal Amoyel lui fait rencontrer d’autres musiciens de son temps. L’épisode avec cet immigré polonais force le respect. Peut-on imaginer Liszt et Chopin dans la même pièce, plaisanter et échanger leurs impressions ? Lorsqu’il interprète le Nocturne n°1 en Si mineur de Chopin, on imagine la stupéfaction de Liszt devant le talent de son contemporain.
Commencé sur un ton pédagogique et ludique, la pièce devient plus dramatique tandis que la vie de Liszt avance. Pas de mort prématurée comme Schumann à 46 ans, Schubert à 31 ans ou Chopin à 39 ans. Liszt met un point final à sa carrière de concertiste à 35 ans pour mener une vie recluse exclusivement dédiée à la composition et à la contemplation, en lien avec ses aspirations initiales à la prêtrise. Je suis toujours éberlué de voir qu’entre 1809 et 1811 sont nés Schumann, Mendelssohn, Chopin et Liszt. En pleines guerres napoléoniennes dans une Europe en conflit perpétuel. 4 des plus grands compositeurs de piano de tous les temps… stupéfiant !

Pascal Amoyel pioche dans des compositions du 20e siècle pour signifier la postérité du génial pianiste hongrois. Les influences sur Rachmaninov, Ravel, Schönberg ou Oscar Peterson sont manifestes quand il met en regard ses morceaux et ceux de ses suiveurs. La musique de film lui doit également une fière chandelle et les mythes l’entourant remontent jusqu’à nous. Le morceau Lisztomania du groupe Phoenix rend hommage aux réactions extatiques de femmes s’évanouissant pendant les prestations de Liszt. Dans un récent classement des meilleurs pianistes de tous les temps selon les plus illustres pianistes actuels, Rachmaninov et Horowitz étaient cités maintes fois. Evgeny Kissin cita Liszt, preuve de l’emprise de son oeuvre et de sa réputation malgré l’absence d’enregistrements.

L’émotion est saisissante quand le pianiste se plonge dans des oeuvres techniques et sensibles, profondes et apaisantes.

En pianiste accompli, Pascal Amoyel gratifie l’audience de morceaux du répertoire de la musique universelle. La marche turque de Mozart jouée par Liszt à 7 ans, le 8e prélude du Clavier bien tempéré de Bach que Liszt maitrisait entièrement à 10 ans, l’allegretto de la 7e Symphonie de Beethoven en hommage au maitre, le Nocturne n°1 de Chopin comme rappel de l’émotion ressentie à la découverte de son collègue polonais. Les compositions de Liszt se suivent dans un concert imaginaire aux tonalités tantôt nerveuses tantôt émouvantes. L’émotion est saisissante quand le pianiste se plonge dans des oeuvres techniques et sensibles, profondes et apaisantes.

Je me souviens d’une pièce récente dédiée à Maurice Ravel au théâtre Aktéon, avec des scènes de la vie du compositeur français et des oeuvres jouées à la sono. Un grand souvenir mais je me rends compte qu’il manquait l’essentiel. Des oeuvres jouées sur scène.. Pour un plaisir total et une salle en extase devant les talents de conteur et de pianiste de Pascal Amoyel. Narrateur, instrumentiste, il joue en parlant, parle en jouant, c’est admirable de décontraction et de virtuosité. Une pièce à voir absolument. Elle est jouée jusqu’au 27 mars, il est temps pour vous de prendre des places pour ressentir la même euphorie devant une pièce magique.

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Dates : jusqu’au 27 mars 2016 l Lieu : Au Théâtre Le Ranelagh (Paris)
Metteur en scène et pianiste : Pascal Amoyel

Le journal d’Anne Franck, une BD de Ozanam et Nadji (Soleil)

Le Journal d'Anne Frank Le journal d’Anne Franck,  une BD de Ozanam et Nadji (Soleil)

Qui ne connaît pas le journal d’Anne Franck, récit quotidien d’une jeune adolescente juive se cachant pendant deux années de la menace allemande. Le scénariste Ozanam nous livre ici cette histoire poignante avec une très juste sincérité. Pas d’ornements, juste des propos rapportés, mais tout cela est tellement puissant. Nous ne pouvons arrêter sa lecture. Nous sommes avec Anne, dans l’Annexe, où se joue les scènes quotidiennes de huit personnes recluses. Ne pouvant sortir, cherchant à être oubliés du monde extérieur, nous percevons les inquiétudes et l’ennui. La vie essaie de continuer, Anne étudie avec ferveur et elle écrit. Pour elle, c’est une période difficile, car c’est celle de l’adolescente, de l’insoumission. Elle devient femme, mais sans pouvoir le vivre.
Les dessins de Nadji ne sont pas des plus démonstratifs, mais ils sont très justes par rapport à l’ambiance que l’on ressent. Les couleurs, plutôt sombres, nous conditionnent à cet enfermement forcé. Ozanam a voulu rendre le roman accessible à tous. Le pari est plus que réussi. A la fin, une frise explicative nous livre les destins de chacune des personnes de ce récit. C’est glaçant, mais tellement nécessaire pour que l’Histoire n’oublie pas.
A mettre entre toutes les mains, y compris celles des adolescents !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

L’adaptation fidèle du journal intime d’Anne Frank, un best-seller mondial. Un roman graphique tout en émotion. Le jour de ses 13 ans, Anne reçoit en cadeau un cahier dont elle fait aussitôt son journal intime. Jeune juive allemande exilée au Pays-Bas, la jeune fille va raconter son quotidien, ses émois d’adolescente, la fuite, la cache, la peur…
Publié par son père Otto deux ans après la fin de la guerre, Le Journal d’Anne Frank sera traduit en plus de 70 langues et vendu à plus de 30 millions d’exemplaires.

Date de parution : le 27 janvier 2016
Auteurs : Ozanam (scénario) et Nadji  (dessin)
Genre : Adaptation BD
Editeur : Soleil
Prix : 17,95 € (144 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

FIPA 2016 : retour sur 2 films primés, FIPA d’Or pour Marie Baümer, et pour Alexander Balanescu et Ariel Sommer

Brief an mein Leben

Brief an mein Leben, un film de d’Urs Egger

Urs Egger réalise un très beau film avec Brief an mein Leben. C’est une fiction mais sans doute très proche de la réalité. Hélas, nous n’avons pas rencontré le réalisateur. C’est l’histoire d’une jeune femme, océanographe, très brillante, qui donne des conférences à travers le monde et qui court sans cesse. Elle jongle entre sa vie intense côté professionnelle, sa compagne, côté vie privée et ses visites à l’hôpital où sa mère est mourante. Toni est ce que l’on appelle une « super woman », jusqu’au jour où son corps craque. Elle se retrouve alors en hôpital psychiatrique, et suit une thérapie pour essayer de se remettre de son burn-out. On la voit sur le long chemin de la guérison, en présence d’autres personnes aussi atteintes de troubles psychiques. Pas de mélo, pas de voyeurisme, juste la réalité de la complexité de la nature humaine et du respect que chacun doit porter à son corps et son esprit. Peu à peu Toni va lâcher prise et s’apaiser…

Le film est remarquablement bien fait, hyper réaliste, et merveilleusement interprétée par la ravissante Marie Baümer qui a bien mérité son FIPA d’Or de la meilleure interprétation féminine. C’était d’ailleurs la seule primée qui fut très heureuse de le recevoir, son FIPA d’or, vraiment émue et hyper contente. Elle faisait vraiment plaisir à voir !

Un très beau film à voir absolument !

 

The Scandalous Lady W

The Scandalous Lady W

David Eldridge et Hallie Rubenhold réalisent un très beau film avec The Scandalous Lady W. C’est l’histoire vraie de cette femme Lady Worsley qui en 1781, voulait vivre comme une femme libre, comme une femme moderne, disait-elle. Lady Worsley, très fortunée, est mariée à un aristocrate de haut rang qui a une drôle de façon de traiter sa femme. Mais peu importe, à l’époque les femmes étaient la propriété de leur mari et leur devaient obéissance. C’est ce que fit Lady W. Elle accepta des situations intolérables, juste parce qu’elle aimait son mari. Jusqu’au jour où elle décida de fuir avec son bel amant, le Capitaine Bisset. Le mari trompé lui fit un procès qui fut un des plus grands scandales de l’histoire du XVIIIè siècle. Car Lady W ne s’est pas dégonflée et a ouvertement expliqué, preuves à l’appui, les comportements sexuels, déviants et pervers, de son mari. La situation s’est retournée contre lui mais ce n’est pas pour autant que la vie de Lady W fut plus aisée… Une incroyable histoire de femme très en avance sur son temps qui aurait dû vivre au XXè siècle pour être heureuse !

La musique est sublime et tant mieux si le film a reçu le FIPA d’or et a justement récompensé Alexander Balanescu et Ariel Sommer. Les costumes sont aussi remarquables et l’interprétation aussi. Surtout Lady W, interprétée par Natalie Dormer ! A voir sur nos écrans…

 

Nominations pour les César 2016

Nominations César 2016

La 41e cérémonie des César se déroulera le 26 février à Paris. © Régis Duvignau/REUTERS

Nominations des César 2016

L’artiste qui se verra remettre le César d’Honneur est Michael Douglas. « Son exceptionnelle carrière l’a amené sur une diversité de films allant de « Wall Street » d’Oliver Stone à « The Game » de David Fincher ou encore « Basic Instinct » et « Ma Vie avec Liberace » de Steven Soderbergh. »
La 41e Cérémonie des César aura lieu le 26 février à 21h au Théâtre du Châtelet, et sera diffusée en clair, en direct et en exclusivité sur Canal+.

Nominations :
Meilleur film :
Dheepan
Fatima
La loi du marché
Marguerite
Mon roi
Mustang
La tête haute
Trois souvenirs de ma jeunesse

Meilleur premier film :
L’affaire SK1
Mustang
Ni le ciel ni la terre
Nous trois ou rien

Meilleur scénario :
Dheepan
Marguerite
Mustang
La tête haute
Trois souvenirs de ma jeunesse

Meilleur film étranger :
Birdman
Le fils de Saul
Je suis mort mais j’ai des amis
Mia madre
Taxi Téhéran
Le tout nouveau testament
Youth

Meilleure actrice :
Loubna Abidar dans Much Loved
Emmanuelle Bercot dans Mon roi
Cécile de France dans La belle saison
Catherine Deneuve dans La tête haute
Catherine Frot dans Marguerite
Isabelle Huppert dans Valley of love
Soria Zeroual dans Fatima

Meilleur acteur :
Jean-Pierre Bacri dans La vie très privée de Monsieur Sim
Vincent Cassel dans Mon Roi
François Damiens dans Les Cowboys
Gérard Depardieu dans Valley of Love
Antonythasan Jesuthasan dans Deephan
Vincent Lindon dans La loi du marché
Fabrice Luchini dans L’hermine

Pour connaître toutes les nominations, cliquer ici.

Tous les films surlignés en bleu ont été chroniqués par Publik’Art. Il vous suffit de cliquer dessus pour en découvrir le contenu.

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La tête haute, un film de Emmanuelle Bercot (DVD)

La tête haute, un film de Emmanuelle Bercot
La tête haute, un film de Emmanuelle Bercot

La tête haute, un film de Emmanuelle Bercot

Emmanuelle Bercot raconte la vie de Malony dans son film La tête haute. Et elle n’est pas banale sa vie. Dès le début du film, le ton est donné : Malony a 6 ans et sa mère l’abandonne dans le bureau du juge pour enfants car elle craque avec cet enfant. Elle n’arrive pas à s’en sortir, il est insupportable. Ensuite, très vite Malony devient adolescent et on va suivre son parcours éducatif. On va le retrouver aussi souvent, voire très souvent chez Madame le Juge des enfants. Malony, le fabuleux regard de Rod Paradot, enchaine les bêtises, les vols, les violences, les crises… Malony est de plus en plus violent et incontrôlable. Sa relation avec « sa juge », la remarquable Catherine Deneuve, devient peu à peu déterminante pour lui.

La tête haute reste un film positif malgré la violence.

Malony est confié à un éducateur, Benoît Magimel. Si ce film ne nous apporte pas grand chose, il est néanmoins extraordinaire pour toutes les personnes qui voudraient devenir éducateur spécialisé. En effet, Emmanuelle Bercot dévoile le vrai métier, véritablement éprouvant et qui demande une énergie considérable, d’éducateur réservé aux enfants difficiles. Une véritable vocation. La tête haute devrait faire partie du programme d’enseignement à cette spécialité si dure et si peu reconnue. Les étudiants sauraient s’ils se sentent capables d’affronter de telles situations, avec autant de violence à leurs égards. Ce serait d’autant plus important que ce métier est, hélas, encore trop mal reconnu dans notre société.

Un très bon casting, un jeu justement interprété par la plupart des acteurs. Même si la mère, Sara Forestier, en rajoute sans doute un peu trop, complètement immature et irresponsable. Ses crises de nerfs finissent par nous fatiguer… On n’envie pas Malony de l’avoir comme mère.

La tête haute reste un film positif puisque le jeune Malony, à la fin du film, a la tête haute, comme vous pouvez vous en douter. Il fut le film d’ouverture au Festival de Cannes 2015 (hors compétition).

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La tête haute, un film de Emmanuelle Bercot (DVD)

La tête haute, un film de Emmanuelle Bercot

Le parcours éducatif de Malony, de six à dix-huit ans, qu’une juge des enfants et un éducateur tentent inlassablement de sauver.

Sortie DVD : le 30 septembre 2015
Durée : 2h
Réalisateur : Emmanuelle Bercot
Avec : Catherine Deneuve, Rod Paradot, Benoît Magimel
Genre : Drame

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The Big Short, aux sources d’un krach financier planétaire

The Big Short le casse du siècle
The Big Short : le Casse du siècle : Photo Hamish Linklater, Jeffry Griffin, Jeremy Strong, Rafe Spall, Ryan Gosling ©Paramount Pictures. All Rights Reserved

The Big Short, aux sources d’un krach financier planétaire

En course pour les Oscars dans rien de moins que la catégorie reine de meilleur film, The Big Short mérite que l’on revienne sur ce qui fait son intérêt. Un casting 3 étoiles, un rythme trépidant, un humour cynique et un éclairage sans concessions sur une crise majeure. Celle qui a mis à terre l’économie mondiale en 2007.

Plutôt que de n’éclairer les consciences que de quelques spectateurs perdus devant un documentaire technico-abscons, Adam McKay choisit la satire et l’humour débridé pour accrocher l’attention. Pas sûr que cela suffise pour alerter sur l’impunité d’un monde de la finance sans véritable garde fou, mais cela produit un film délicieusement inimitable.

La crise des supprimes a ébranlé le monde de la finance en 2007. Rire d’une crise financière qui a mis à terre des millions de particuliers piégés par une soudaine et irréversible hausse des taux d’intérêts ? Les jetant à la rue et leur faisant perdre maisons et biens matériels ? Y-a-t-il meilleur moyen pour éveiller les consciences et aborder un sujet certes rébarbatif mais pourtant fort instructif sur l’opacité d’un monde financier qui joue le sort du monde dans ce qui ressemble à une partie de dés ? The Big Short réussit le pari fou de faire toucher du doigt les mécanismes d’un monde d’argent et de pouvoir que beaucoup ignorent. De ceux que les professionnels concernés préféreraient garder mystérieux pour ne pas attirer l’attention. Gagner des millions éveille autant la curiosité que la méfiance. The Big Short explique pourquoi les enjeux et les confortables primes ont créé un système pourri et corrompu.

[Un] film (…) immensément drôle

Pour débuter, un bémol. J’avoue quelques connaissances financières issues d’un parcours professionnel aux consonances régulièrement financières. A la projection presse en novembre dernier, nous étions 2 à rire aux éclats, le reste de l’assistance souriant aimablement. Le film est-il trop ésotérique pour toucher une vaste audience ? Comment rire devant un film qui vous perd en route en s’enfonçant dans une logique complexe et inaccessible ? Je n’ai pas vraiment de réponse à la question. Le film est immensément drôle car il décortique astucieusement les mécanismes ayant aboutis à la crise financière. Avec une tonne d’humour et le très gros feutre pour bien surligner ce qui a cloché. Hormis cette nuance initiale, le film est parfait en tous points.

Le montage de The Big Short est un modèle du genre. Adoptant des incrustations à l’écran très tendances avec des définitions, des symboles ou des commentaires, le film joue la pédagogie à fond. Une présentation d’abord financièrement littérale est répétée plusieurs fois avec des mots différents et des niveaux de lecture simplifiés. Quand l’acteur suppose comme un clin d’oeil au spectateur qu’il est certainement perdu, il invoque une tierce personne pour reformuler son propos. Et quel plaisir de voir Margot Robbie dans son bain ou Selena Gomez à la table d’un casino parler finance en toute décontraction. Comme si le sujet était simple comme bonjour. Pour convaincre qu’avec un peu d’attention il est possible de comprendre ce qu’il s’est vraiment passé. Car la compréhension est la première étape de la condamnation de ceux qui ont provoqué la crise.

Le titre français du film est « Le casse du siècle« . Aguicheur mais faux. The Big Short n’est pas une variante d’Ocean’s eleven et les personnages ne sont pas des braqueurs. Ils travaillent tous dans la finance et devinent avant tout le monde qu’une chute des valeurs est inévitable. Et ils parient contre le marché, imaginant qu’ils peuvent se faire une bonne dose de dollars le jour où le marché se retournera. Ce qui semble inéluctable est accueilli avec mépris et arrogance par ceux qui se remplissent quotidiennement les poches en amont de la crise. Ne dit-on pas « Quand le bâtiment va, tout va » ? L’immobilier aux Etats-Unis au début des années 2000 était une mine d’or. Les banques prêtaient à tout va à des particuliers prêts à acheter 2 voire 3 maisons pour profiter de l’euphorie. Sans être correctement informés qu’un taux variable peut doubler voire tripler le montant des remboursements pour finalement les ruiner en cas de retournement du marché… et patatras.

[U]n festival pétaradant de mimiques, de réparties et de situations ubuesques.

Les financiers sont incarnés par la crème des acteurs hollywoodiens actuels. Visez plutôt. Le bô gosse en chef Ryan Gosling, l’acteur radical prêt à perdre 30 kilos pour un rôle Christian Bale, le bô boss des années 90 et 2000 Brad Pitt et l’acteur comique qui creuse le sillon de la comédie dramatique depuis Foxcatcher : Steve Carrell. Une dream team qui donne une vraie valeur au film. Car ils rivalisent d’expressions drolatiques pendant 2h10. Et le fameux documentaire barbant sur un sujet financier devient un festival pétaradant de mimiques, de réparties et de situations ubuesques. Car si les protagonistes se sont grassement enrichis une fois la crise advenue et sur le dos d’un système aveugle et uniquement motivé par l’argent, ils frôlent la banqueroute avant que le marché ne se retourne. La fin leur donne raison mais ils auraient pu être les héros d’un film sur les nigauds de Wall Street…

Les acteurs jouent à des niveaux différents de narration. Ryan Gosling incarne le narrateur cynique et ouvertement imbu de lui-même. Suffisamment intelligent pour flairer le filon et tellement arrogant qu’il fait rire et emporte l’adhésion. Il regarde la caméra, et donc le spectateur, en roulant des mécaniques. Un vrai pourri assumé. Christian Bale est un médecin reconverti dans l’analyse stratégique, à la limite de l’autisme et fan de Hard Rock. Le voir écouter Master of Puppets ou Eye of the Beholder de Metallica en pianotant sur son clavier a tout du plaisir coupable. Steve Carrell est un hystérique touché par un drame familial, Brad Pitt est un ancien trader. Et ils forment une horde d’individualistes marginaux. Il faut voir le film pour épier leurs expressions, c’est du très haut niveau.

Janvier et février sont la saison des récompenses. Après les Golden Globes et avant les Oscars, les Producers Guild Awards 2016 ont distingué The Big Short comme film de l’année. Péripétie ? Quand l’on sait que le vainqueur des Oscars depuis 8 ans est immanquablement le film qui a remporté la récompense aux PGA, cela donne à réfléchir. The Big Short mérite-t-il la récompense suprême ? Je dirais que oui tant le film est fin et intelligent, en plus d’être drôle. Car le film pose le problème de telle manière que le spectateur ne peut que se demander s’il n’aurait pas lui-même tenté de profiter de la situation. Pour s’enrichir avant que le marché ne se retourne ou de s’enrichir une fois le marché effondré. Dans les deux cas, le doute persiste. L’enrichissement est-il critiquable si le système le permet effrontément ? La question finale est donc : comment un tel système d’inégalités est-il possible ? Vaste sujet qui nécessiterait au moins quelques autres films pour apporter une réponse convaincante… en attendant, The Big Short est un vrai plaisir de cinéma qu’il vous faut découvrir absolument.

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The Big Short le casse du siècle Wall Street. 2005. Profitant de l’aveuglement généralisé des grosses banques, des medias et du gouvernement, quatre outsiders anticipent l’explosion de la bulle financière et mettent au point… le casse du siècle ! Michael Burry, Mark Baum, Jared Vennett et Ben Rickert : des personnages visionnaires et hors du commun qui vont parier contre les banques … et tenter de rafler la mise !

Sortie : le 23 décembre 2015
Durée : 2h11
Réalisateur : Adam McKay
Avec :  Brad Pitt, Christian Bale, Ryan Gosling et Steve Carell
Genre : Drame, comédie, biopic

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Salafistes, un film à boycotter de François Margolin et Lemine Ould Sale

Salafistes, un film de François Margolin et Lemine Ould Sale
Photo – Salafistes, film de François Margolin et Lemine Ould Sale

Salafistes, un film de François Margolin et Lemine Ould Salem

Salafistes, un film de François Margolin et Lemine Ould Salem, sort aujourd’hui dans nos salles obscures. Un film qui fait polémique et tant mieux ! Un film odieux qui fait l’apologie du terrorisme et montre toutes les horreurs que font les salafistes au Mali, en Irak, en Algérie, en Tunisie et en Mauritanie entre 2012 et 2015. Publik’Art était présent à la projection de la version intégrale sans aucune coupure, au FIPA 2016, la semaine dernière. Version insupportable. Depuis, quelques passages ont été coupés (celle de la vidéo amateur où on voyait l’exécution du policier, Ahmed Merabet, sur le trottoir le 7 janvier 2015, et le passage où l’on voit, en direct un voleur qui se fait couper la main), mais l’horreur reste, les maltraitances et les crimes sont montrés.

[D]avantage un film de propagande qu’un documentaire

La caméra est au cœur des djihadistes, leur donne la parole et enregistre leurs commentaires ignobles sur les attentats qu’ils ont faits en France. Jamais une voix off explicative pour rétablir la vérité. Ce film qui aurait dû les montrer et faire une mise en garde contre les fous de la charia, ressemble davantage à une apologie du terrorisme : regardez les terroristes en face, ce sont eux les plus forts. C’est davantage un film de propagande qu’un documentaire. Même si les réalisateurs disent avoir risqué leur vie pour faire ce film. Ca ne se sent pas, ça ne se voit pas et on imagine le marché qu’ils ont dû faire avec ces criminels. Sinon, comment seraient-ils encore en vie ? Pourquoi n’ont-ils rien expliqué, aucune voix off tout au long du documentaire ?

Aujourd’hui, à l’instant, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a décidé d’interdire ce film aux mineurs, chose qui n’était pas arrivée depuis 2002, pour un documentaire sur les maisons closes. Cette interdiction est grave et excessivement rare car réservé aux films qui portent atteinte à la dignité humaine.

Cela n’est, hélas, pas suffisant à mes yeux. Ce film aurait dû être tout simplement interdit. Comment donner la parole à nos meurtriers ? Comment leur accorder notre écoute à eux qui nous ont anéantis, détruits des familles entières ? Et dont aujourd’hui encore, nous sommes tous traumatisés.

C’est tout simplement une honte. Et je suis, personnellement, contente que tant de personnes se mobilisent pour cette sortie, plutôt contre cette sortie nationale. Même si nous sommes en démocratie, il y a des limites que nous ne devons pas dépasser, ne serait-ce que par respect à nos nombreuses victimes.

Pour être franche, j’ai vu Salafistes à Biarritz, mais je suis partie après 30mn de visionnage, trouvant insupportable d’être prise en otage par les salafistes et de devoir, à nouveau, subir leurs atrocités. J’espère que nombre d’entre vous boycotteront tout simplement ce film qui n’a pas sa place dans notre monde. C’est pour cette raison que Publik’Art ne donnera aucune info sur ce film, ni de bande annonce.

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