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Résultats concours Christelle Chollet, 8 places à Bobino, gagnées

christelle chollet
Résultats du concours : Christelle Chollet

Vous avez été près de 1600 participants au concours. Merci de votre excellente participation. Les 4 heureux gagnants de 2 places de spectacle, le 28 janvier, sont :

Olivier Runavot, Céline Bourdin, Sabine Coudert et Typhnaie Anquetil

 Les gagnants des places gagnées en province seront directement contactés par notre partenaire. Notre partenaire vous enverra directement un mail pour vous donner les formalités pour récupérer vos places.

Très bon spectacle à tous !

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

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Ritournelle, un manga de Aoi Ikebe (Komikku)

Ritournelle

Ritournelle, un manga de Aoi Ikebe (Komikku)

Ritournelle est une intégrale qui nous plonge dans l’univers mystérieux d’un couvent de jeunes femmes. On y ressent l’atmosphère singulière du culte, des non-dits et des interdits. Les sœurs s’occupent de l’éducation des jeunes orphelines qui ont été recueillies dans le sanctuaire en leur inculquant les valeurs religieuses, notamment celle de ne pas céder à la tentation masculine. Très peu de texte dans ce manga, mais suffisamment pour que l’on entende les souffrances de ces femmes qui font une croix sur leurs désirs profonds. Le dessin de Aoi Ikebe est léger, diffus avec parfois quelques touches de rouge qui viennent appuyer la narration. C’est un récit hors du temps et des pays. Un monde à part. Découverte littéraire agréable, mais manquant d’aboutissement à notre goût.

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Plusieurs enfants orphelins vivent dans un monastère sous la protection de plusieurs soeurs. Le monde, elles ne le connaissent que très peu puisqu’elles se rendent en ville une fois tous les 7 ans. Pourtant, soeur Maruena ne peut oublier un homme qu’elle a rencontré il y a longtemps et son coeur oscille depuis entre amour et foi. Amila, la petite protégé de soeur Maruena suit son enseignement inconditionnellement. Pourtant lors d’une de ces fameuses excursions en ville, leurs routes se sépareront. Maruena trahira dieu et épousera un homme et Amila se dévouera à dieu.

Date de parution : le 25 novembre 2015
Auteur : Aoi Ikebe (scénario et dessin)
Genre : contemplatif
Editeur : Komikku
Prix : 18,00 € (224 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

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Les Premiers les Derniers, un film de Bouli Lanners

Les Premiers les Derniers, un film de Bouli Lanners
Les Premiers, les Derniers : Photo Bouli Lanners ©Kris Dewitte

Les Premiers les Derniers, un film de Bouli Lanners

Bouli Lanners réalise avec Les Premiers, les Derniers, son 4ème long métrage. Cette fois-ci, il est réalisateur, scénariste et encore acteur principal de son film. Rien que le titre est évocateur et donne une dimension spirituelle au film, avec des références bibliques. Dimension discrète mais réelle. Jésus serait-il de retour sur Terre avant la fin du monde annoncé ? En attendant la réponse, nous, on a vu en vrai Bouli Lanners , à Bayonne, lors de son avant-première.

Bouli Lanners réalise une sorte de western avec ses propres codes. Il tourne le film en pleine Beauce, perdue au milieu de nulle part ! Décor entièrement naturel et malgré la pauvreté du lieu, avec un réel sentiment de fin du monde, les photos sont sublimes ! Bouli joue le rôle de Gilou. Gilou est un grand gaillard qui n’a pas peur des mots. Il semble très costaud, mais dans le fond, c’est un être fragile, comme son cœur. Lors de notre rencontre, Bouli Lanners nous a révélé beaucoup de secrets de tournage mais il ne nous a nullement dit qu’il avait eu réellement des problèmes cardiaques avant le tournage et avait dû être opéré (AlloCine). Il a bien fait car on aurait pleuré ! Car on l’aime bien cet homme !

Le réalisateur est plein d’humour et son film aussi.

Bouli nous a avoué être très près du personnage qu’il incarne, Gilou, inséparable de Cochise, Albert Dupontel. Les deux meilleurs amis depuis toujours. L’histoire du film est centrée sur la recherche d’un téléphone volé qu’ils doivent à tout prix retrouvé. Bien sûr, le téléphone n’est qu’un prétexte. Le message du réalisateur est assez sombre, même s’il se défend en disant que c’est le film le plus optimiste qu’il ait fait ! Avec une musique qu’il a lui-même composée avec Pascal Humbert, au fin fond du Pays Basque, à Mauléon très exactement ! Très belle musique qui a nourri l’écriture de Bouli Lanners.

Peut-être sommes-nous les Derniers hommes. Et le petit couple Esther-Willy seraient les Premiers ? Couple de toute pureté. Pureté absolue, pourrait-on dire. Celle des Premiers. Les Premiers les Derniers est un très beau film, très original, avec de nombreuses références esthétiques, références à la peinture surréaliste et aussi à la propre peinture de Bouli. Tout dans son film s’explique. Mais pas besoin de comprendre tout ce qui se cache derrière les images, c’est un film qui se ressent de l’intérieur !

Le casting est très impressionnant et donne aussi la tonalité du film : Michaël Lonsdale, Philippe Rebbot, Albert Dupontel, Suzanne Clément, David Murgia et Bouli Lanners et son chien Gibus ! Le réalisateur est plein d’humour et son film aussi. Même si la violence est présente, elle ne fait que passer. C’est une sorte d’humour à froid, dit-il. Un film, Les Premiers les Derniers, avec une très belle dimension humaine et une sorte de quête spirituelle. Un film qui ressemble à son réalisateur, très vrai.

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Dans une plaine infinie balayée par le vent, Cochise et Gilou, deux inséparables chasseurs de prime, sont à la recherche d’un téléphone volé au contenu sensible. Leur chemin va croiser celui d’Esther et Willy, un couple en cavale.
Et si c’était la fin du monde ? Dans cette petite ville perdue où tout le monde échoue, retrouveront-ils ce que la nature humaine a de meilleur ? Ce sont peut-être les derniers hommes, mais ils ne sont pas très différents des premiers.

Sortie : 27 janvier 2016
Durée : 1h38
Réalisateur : Bouli Lanners
Avec : Albert Dupontel, Bouli Lanners, Suzanne Clément
Genre : Drame

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La bulle, un conte philosophique pour enfant de Timothée de Fombelle et Eloïse Scherrer (Gallimard Jeunesse)

La bulle

La bulle, un conte philosophique pour enfant de Timothée de Fombelle et Eloïse Scherrer (Gallimard Jeunesse)

Comment faire face à ses plus grandes peurs. Voilà tout le sujet de ce conte pour enfant. Une jeune fille vit depuis toujours avec un sombre nuage au-dessus de sa tête reliée à elle sans qu’elle ne puisse s’en défaire. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive… Le dessin est très sombre, agressif pour cette première partie du récit, où l’atmosphère est très lourd, pesant. Puis, l’enfant parvient à pénétrer ce nuage et à faire face à ses terreurs. De-là, le dessin s’éclaircit, le ton s’adoucit, et l’on respire de nouveau. La fin sonne comme un adage, une maxime, que les enfants devront garder en tête pour combattre les évènements difficiles de leur vie. Timothée de Fombelle nous livre avec La Bulle un conte philosophique intéressant pour les enfants déjà en âge de raison (plus petits, ils ne comprendraient pas). Néanmoins, on regrettera que l’auteur et la dessinatrice aient choisi d’associer nos peurs avec une sorte de chaos dépressif, donnant l’impression que la vie soit difficile, voire insupportable lorsque l’on est en proie à des pensées négatives. Au contraire, la vie est ainsi et l’enfant doit savoir faire face en toute quiétude à cela.
Concernant ce premier essai d’Eloïse Scherrer dans la catégorie jeunesse, on admirera son très beau très de crayon, en lui proposant d’y mettre un peu plus de gaieté la prochaine fois.

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Misha ne savait pas quand c’était apparu. Depuis qu’elle était toute petite, ça ne l’avait jamais quittée. C’était là. Et personne ne s’en rendait compte… Une aventure intérieure et fantastique écrite par Timothée de Fombelle («Tobie Lolness», «Vango», «Le Livre de Perle»), somptueusement illustrée par Éloïse Scherrer.

Date de parution : le 15 octobre 2015
Auteur : Timothée de Fombelle (scénario) et Éloïse Scherrer (dessin)
Genre : jeunesse
Editeur : Gallimard Jeunesse
Prix : 14,50 € (44 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

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Résultats concours : Les saisons, 5 places de ciné et 2 beaux livres gagnés

Les Saisons
Résultats du concours : Les saisons

Vous avez été près de 4298 participants au concours. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants d’1 place de ciné sont les suivants :

Bruno Cam, Christine Lecloux, Mourad Ghezal, Florian Caillou et Gary Poulain.

Les 2 heureux gagnants du très beau livre sont :

Gabrielle Guiffard et Daniel Youf

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Spotlight, film rigoureux mais limité de Tom McCarty

Spotlight
Spotlight – Michael Keaton et Rachel McAdams dans Spotlight ©Kerry Hayes / Open Road Films

Spotlight, film rigoureux mais limité de Tom McCarty

Entouré d’un buzz tout hollywoodien et nommé à cinq reprises aux Oscars 2016, Spotlight revient sur un scandale majeur révélé par les équipes du journal The Boston Globe au début des années 2000. Travail d’enquêteurs, chausse trappes, tentatives d’étouffer l’affaire, force de caractère, les moindres détails sont abordés avec rigueur et intelligence. La révélation au grand jour d’un secret de polichinelle en plein coeur de l’église catholique bostonienne sert de canevas à un film d’investigation sérieux mais finalement limité. Explications.

L’arrivée d’un nouveau rédacteur en chef au Boston Globe donne l’impulsion nécessaire pour relancer une enquête sur les témoignages d’adultes abusés par les membres du clergé. Au fur et à mesure des recherches, les quelques cas connus se révèlent être l’arbre qui cache la forêt. L’équipe Spotlight chargée de l’enquête n’imaginait pas l’ampleur du phénomène.

Le film de Tom McCarty suit les pérégrinations de l’équipe d’enquêteur du Boston Globe pendant deux heures. Et quels enquêteurs! Les acteurs choisis pour le film donnent une épaisseur à ce qui n’aurait pu être qu’un film d’investigation de plus. Certains sont d’ailleurs à juste titre nommés aux OscarsMark Ruffalo mène avec talent une carrière bicéphale entre blockbusters bankable (Hulk dans Avengers, Insaisissables) et films d’auteur plus confidentiels (FoxcatcherDaddy cool, New York Melody). Rachel McAdams a gagné ses galons de star avec des prestations remarquées (A la merveille, True Detective saison 2, La rage au ventre, Un homme très recherché). Michael Keaton est revenu à l’affiche après son rôle marquant dans Birdman. John Slattery quitte ses habits de Roger Sterling dans Mad Men pour s’essayer au grand écran. Des têtes d’affiches bien connues qui donnent une ampleur particulière à Spotlight, le faisant quitter les habits de film rêche pour un vrai moment de cinéma.

Du début à la fin, Spotlight insiste sur l’impossibilité pour l’équipe d’enquêteurs de ne pas s’impliquer émotionnellement dans l’enquête. Ce qui débute comme une enquête lambda évolue très vite vers un dossier choc aux ramifications sociales complexes. Ce ne sont pas quelques membres isolés du clergé qui sont mis en cause, mais plusieurs dizaines, avec un nombre potentiel incalculable de victimes. Pour évoquer cette situation entre ubuesque et tragique, Tom McCarthy fait preuve d’une sobriété totale. Absence d’effets visuels tape à l’oeil, musique discrète. Sans les artifices habituels, Spotlight met le focus sur les acteurs et leurs expressions. L’économie de moyens est au diapason du sérieux du sujet évoqué. Pour une atmosphère paranoïaque et pesante.

[Spotlight] n’est ni original ni inoubliable.

Spotlight rappelle évidemment l’éternel Les Hommes du Président, le film est d’ailleurs évoqué comme un clin d’oeil. Les pressions politiques et sociales pour garder le sujet sous le tapis ne manquent pas. En plein coeur de l’Amérique catholique, l’église est partout et s’investit dans toutes les strates de la société. La portée sociale du scandale potentiel n’effraie pas des journalistes obnubilés par la quête de vérité. Et c’est ce qui relativise un peu la portée du film. Les journalistes sont en croisade pour une juste cause. Et le film ne s’élève qu’assez peu de cette dimension d’obnubilation grandissante. Les journalistes vivent pour leur dossier, ne pensent plus qu’à ça. Et quand survient le 11 septembre, on sent une déception chez ceux qui doivent changer de sujet pour coller à l’actualité. Peut être auraient-ils du devenir flics ou détectives… 

Difficile de sortir de ce canevas autocentré, certes passionnant mais finalement limité pour donner au film plus d’ampleur au delà de l’investigation. Reste cette question centrale : comment l’organigramme du clergé a-t-il pu continuer à faire officier ses curés tout en connaissant leurs condamnables agissements ? Question clé quelque peu éludée au profit des constats. Des passages sur le fonctionnement opaque d’une organisation assez secrète auraient apporté une dimension plus pertinente. Le film devient une quête de personnes et ne s’élève jamais vraiment à la dimension sociétale, au delà du dégout et des réactions outrées. 

Un Spotlight soutenu par la presse pour son travail exemplaire d’investigations. Mais le film n’est ni original ni inoubliable. Un moment de cinéma passionnant mais pas un monument vers lequel revenir avec envie. Pas une déception, juste un bon moment de cinéma. Je reverrais Les Hommes du Président volontiers pour les prestations habitées d’Hoffmann et Redford, mais pas sûr de vouloir revenir sur Spotlight. C’est toute la limite du film.

L’info en plus : Spotlight est nommé aux Oscars 2016 dans les catégories Meilleur film, meilleure mise en scène, meilleur scénario, meilleur second rôle masculin (Mark Ruffalo) et meilleur second rôle féminin (Rachel McAdams).

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Spotlight

Adapté de faits réels, Spotlight retrace la fascinante enquête du Boston Globe – couronnée par le prix Pulitzer – qui a mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Eglise Catholique. Une équipe de journalistes d’investigation, baptisée Spotlight, a enquêté pendant 12 mois sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde. L’enquête révèlera que L’Eglise Catholique a protégé pendant des décennies les personnalités religieuses, juridiques et politiques les plus en vue de Boston, et déclenchera par la suite une vague de révélations dans le monde entier.

Sortie : le 27 janvier 2016
Durée : 2h08
Réalisateur : Tom McCarthy
Avec : Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams
Genre : Thriller, drame

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Kings of War : le couronnement d’Ivo van Hove

Kings of War : le courronement de Ivo van Hove

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Kings of War : le couronnement d’Ivo van Hove

Kings of War est une compilation d’Henri V, Henri VI et Richard III de William Shakespeare où à travers leurs destins respectifs, Ivo van Hove scrute leur leadership confronté à une instabilité politique et de guerre. Et nous offre une puissante immersion au coeur du pouvoir guidé par le tempérament de ces trois gouvernants et la conception qu’ils se fond de leur règne, différente en fonction de leur caractère, ambition ou influence politique, et de la réalité d’un royaume noyauté par les intrigues, rébellions et machinations de toutes sortes.

Le tout est servi par une mise en scène magistrale au geste éblouissant où se rejoignent à l’unisson la forme, le fond et des acteurs virtuoses.

Avec Henri V, nous suivons un roi inexpérimenté qui après une jeunesse mouvementée et une accession précoce au trône, s’impose comme un visionnaire capable d’allier flair et intuition politique, et trouve son destin dans la guerre contre la France.

[…] une mise en scène magistrale au geste éblouissant […]

Il réussit non seulement à conserver la fidélité des anglais en temps de guerre, mais aussi à faire preuve de respect dans son rapport à l’ennemi. Car pour lui, la monarchie est une mission, son leadership un modèle de responsabilité.

Lorsque Henri VI lui succède, contrairement à son père, il est un monarque dépourvu de sens politique qui ne perçoit pas les intérêts divergents de la cour d’Angleterre. Animé par une foi chrétienne profonde, il entend régner selon les normes et les valeurs morales les plus hautes mais son personnage laisse clairement transparaître qu’un idéal noble ne garantit pas un règne stable et conquérant. En l’absence de charisme, il devient très vite le pantin de sa femme Margareta et des différentes factions de la cour qui réclament toujours davantage de pouvoir. Dépourvu de l’instinct du survivant et de l’ambition du politicien puissant, il se laisse évincer du trône avant d’être assassiné.

Kings of War : le couronnement de Ivo van Hove

Richard III, enfin, est l’incarnation du mal absolu. Il détruit sans scrupules la paix fragile issue de la guerre des Deux-Roses. Mégalomane, son seul but est d’assurer son pouvoir à n’importe quel prix. Le traumatisme de l’absence d’amour et le désir ardent de reconnaissance motivent toutes les visées de ce grand manipulateur et assassin. La monarchie en tant que mission étant évacuée, tout comme les hautes valeurs morales d’Henri VI. S’affirme seule la monarchie comme jugement d’une dette extraordinaire où Richard III veut faire payer le monde pour l’injustice qui lui a été faite.

Ces « rois de guerre », comme les appelle Ivo van Hove, sont dépeints jusque dans leur intimité. Hommes de chair et de sang saisis dans les soubresauts d’une histoire pleine de bruit et de fureur, ils affrontent sous une pression extrême des situations de crise qui révèlent alors la part d’ombre qui sommeille en eux ainsi que l’enjeu poursuivi entre intérêt national et vanité personnelle.

L’intrigue, construite comme une série TV, ne faiblit jamais et déploie sur scène un dispositif inventif et ingénieux : 14 comédiens, un contre-ténor, 5 musiciens et une utilisation ­efficace de la vidéo, avec gros plans et montages cinématographiques qui accompagnent méthodiquement le sacre, le règne et la chute des souverains.

[…] l’intrigue ne faiblit jamais […]

Le décor s’apparente à un bunker qui constitue le centre de commandement où se prennent les décisions royales, mais où se superposent en vidéos sur un écran des couloirs labyrinthiques qui représentent la face cachée du pouvoir. Des images défilent et témoignent en direct des renversement d’alliances, des trahisons, des compromissions, des meurtres sur fond d’opportunisme et de rivalité pour le trône.

Shakespeare nous livre le chaos du monde où l’ordre suprême régi par le divin fait place à un dessein individualiste porteur de toutes les convoitises, les manipulations et de tous les reniements que restitue avec force et synergie ce portrait croisé des trois hommes.

Scène finale saisissante qui voit un Richard III plongé dans le noir, dépossédé de toute emprise, seul face aux fantômes de ses victimes qui reviennent à jamais le hanter.


bande-annonce MK2 Kings of War 2 par Theatre_de_Chaillot

Dates : du 22 au 31 janvier 2016 l Lieu Théâtre National de Chaillot (Paris)
Metteur en scène : Ivo van Hove

Résultats concours : Antoine Elie, 10 places de spectacle gagnées


Résultats du concours : Antoine Elie

Vous avez été près de 600 participants au concours. Merci de votre participation. Les 5 heureux gagnants de 2 places de spectacle sont les suivants :

Anastasia Goyer, Alexis Colin, Cristina Dias, Nathalie Roussey et Igor Zamanski

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Soy Cuba, film mythique de Mikhail Kalatozov

Soy Cuba
Soy Cuba – Photo ©MK2 Diffusion

Soy Cuba, film mythique de Mikhail Kalatozov

Film mythique de l’histoire du cinéma, Soy Cuba est aussi difficile à trouver que le fut le premier film de Kubrick Fear and Desire pendant 50 ans. Tourné en 1963, il est mal accueilli à sa sortie, tombé dans l’oubli et redécouvert en 1992. Le parrainage enthousiaste de Martin Scorsese et Francis Ford Coppola contribue à promouvoir sa diffusion et à le faire connaitre. Mais pourquoi tant d’engouement pour un film soviético-cubain de 1964 en noir et blanc sans presqu’aucun dialogue ? Les raisons de s’extasier ne manquent pas et constituent un vrai bonheur de cinéma.

Les cinéphiles le savent bien, feu le cinéma soviétique est une mine d’or de films révolutionnaires et de réalisateurs légendaires. Le cuirassé Potemkine par Serguei Eisenstein, les films d’Andrei Tarkovski et donc Mikail Kalatozov. Peu se souviennent que Kalatozov obtint la Palme d’Or au festival de Cannes en 1958 pour Quand passent les cigognes. Auréolé de sa prestigieuse récompense, il s’attaque à un sujet de la plus chaude actualité et veut raconter la révolution castriste, la fuite du dictateur corrompu Fulgencio Batista et l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro. Les liens entre Cuba et l’URSS sont teintés de communisme hardcore et de lutte commune contre l’impérialisme yankee. Kalatozov imagine une fresque à la gloire du leader cubain mais de nombreuses difficultés techniques et scénaristiques le font vite déchanter. Il revoit ses ambitions à la baisse et élabore son film sur des visions de la vie quotidienne cubaine.

[L]es scènes clés s’enchainent comme autant des prouesses techniques ininterrompues.

Soy Cuba regroupe 4 histoires distinctes, chacune symbolique des changements qu’ont connu le pays en 1959. Le premier épisode se situe aux derniers temps de l’époque de Batista. Les nuits cubaines voient les riches occidentaux abuser de l’ambiance chaude et festive de l’ile au détriment des locaux impuissants. Le second épisode voit un paysan laborieux, heureux de sa récolte de canne à sucre, exproprié sans vergogne par une firme américaine. Le troisième épisode suit un étudiant castriste s’aveugler dans la radicalité de la voie révolutionnaire. Le dernier épisode a pour héros un paysan d’abord réticent à l’engagement armé rejoindre la lutte suite au bombardement de sa maison, jusqu’à la victoire finale. Les 4 histoires particulières sont autant métaphoriques que limpides sur l’état d’exaspération d’une île livrée aux inégalités au profit d’une minorité. Loin de la grande fresque prévue initialement, dédiée à la révolution cubaine avec Castro et Che Guevara en guest stars, Kalatozov s’intéresse à l’humain, ses souffrances et ses espoirs.

Si je devais un jour tourner un film, j’aimerais qu’il ressemble à Soy Cuba. Des majestueux plans séquences font la légende du film. La caméra virevolte de longues minutes autour de scènes à l’impact démultiplié grâce à l’art prodigieux du chef opérateur. Et le rendu est rien de moins qu’impressionnant. Scène d’émeute à La Havane, paysan qui brule sa maison en signe de désespérance, riches occidentaux qui ripaillent dans des hôtels somptueux, funérailles populaires grandioses, les scènes clés s’enchainent comme autant des prouesses techniques ininterrompues. Sans effets spéciaux du 21e siècle ni gadgets technologiques. On se demande par quelle magie Kalatozov réussit à tourner ses scènes majestueuses en décor naturel. Les travellings sont fluides et spectaculaires, comme cette caméra qui passe du toit de l’hôtel aux eaux de la piscine en un long mouvement continu. Je n’ai jamais vu aucune autre image similaire dans un autre film. Bien que d’une durée de 2h20, le film passe dans un souffle, laissant le spectateur éberlué devant tant de scènes somptueuses. Kalatozov semble s’affranchir des lois de la pesanteur et se mouvoir comme un oiseau dans le ciel. Et comme le film s’affranchit également des conventions scénaristiques habituelles, Soy Cuba devient un OVNI cinématographique.

[Une] oeuvre monumentale aux yeux des cinéphiles du monde entier.

Baigné dans un noir et blanc lumineux et onirique, Soy Cuba brille de mille feux dans une lumière surnaturelle. Ce soleil qui resplendirait dans un film couleur est omniprésent dans ce noir et blanc tropical. Ajouté à la musique cubaine enfiévrée, l’ambiance est à la moiteur et les notes remplacent les mots. « Soy Cuba » est répété par une voix de femme à l’ouverture de chaque épisode, comme un mantra symbolisant la vigueur des habitants de l’île. Quasi film muet, Soy Cuba laisse la parole aux regards et aux actes. L’acte révolutionnaire est tragique, fruit des vexations et de la longue histoire colonialiste de l’île. Depuis l’arrivée des américains à la fin du 19e siècle pour chasser l’occupant espagnol, les rêves de liberté n’ont cessé d’être bafoués. La BD Une histoire populaire de l’empire américain d’Howard Zinn dépeint cette main tendue par l’Oncle Sam pour évacuer l’occupant avant que de ne le remplacer manu militari. Batista n’est qu’un pantin aux mains des impérialistes pillant les ressources de l’île. Kalatozov célèbre la nature impétueuse des cubains, comme un hommage de l’URSS à son allié cubain.

Une fois le film terminé, une seule envie étreint le spectateur : regarder à nouveau Soy Cuba et ressentir une nouvelle fois l’émotion esthétique de ces scènes aux frontières du réel. Soy Cuba devrait être projeté dans tous les cinémas pour exposer cette oeuvre monumentale aux yeux des cinéphiles du monde entier. Un vrai choc que ce film. De ceux qui éclaircissent l’horizon et ravissent l’imagination.

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Soy Cuba A travers quatre histoires qui renforcent l’idéal communiste face à la mainmise du capitalisme, Soy Cuba dépeint la lente évolution de Cuba du régime de Batista jusqu’à la révolution castriste.
Pedro travaille dans les champs de cannes à sucre. Au moment d’une récolte qui s’annonce fructueuse, le propriétaire des terres lui annonce que sa maison et des terres ont été vendues à une société américaine…
A l’université de La Havane, Enrique fait partie d’un jeune groupe d’opposants au régime de Batista. Il s’apprête à assassiner un policier, mais au moment fatidique, le courage lui fait défaut…
Dans la Sierra Maestra, Mario et sa famille vivent pauvrement. Après avoir accueilli un jeune soldat luttant aux côtés de Castro, Mario et sa famille sont bombardés sans raison apparente par les forces aériennes de Batista…

Dernière sortie : le 16 juillet 2003
Durée : 2h20
Réalisateur : Mikhail Kalatozov
Avec : Luz Maria Collazo, José Gallardo, Raul Garcia (3)
Genre : Drame

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MI-5 infiltration, une bonne surprise pour un film d’espionnage (en DVD)

MI-5 Infiltration

MI-5 infiltration, une bonne surprise pour un film d’espionnage (en DVD)

Tout est réuni dans MI-5 infiltration pour passer un bon moment. L’adaptation de la série à succès Spooks dans sa version originale arrive à nous captiver malgré un scénario qui pourrait paraître un peu trop classique. L’histoire est celle d’un complot qui viserait à faire tomber la cellule anti-terroriste anglaise, avec en héros Harry Pearce très bien interprété par Peter Firth au côté de Will holloway qui joue Kit Harington, le sauveur  dans le film. Ce qui est agréable c’est qu’il n’y a point d’histoire d’amour, ce qui centre bien le film sur l’intrigue et l’action. La fin est presque surprenante, mais n’en disons pas plus.

L’atmosphère du film manque un peu d’adrénaline. Même si Will Holloway avoue avoir réalisé lui-même toutes les scènes d’action, on ne trouvera que très peu de cascades sensationnelles. On reste donc dans le domaine du réaliste, loin d’un James Bond, ou d’un Fast and Furious.
Parfois, tout de même on se perd dans les méandres du scénario, mais ce n’est pas le plus important. Le jeu des acteurs étant plutôt bon, on ne s’en plaindra pas. C’est donc une relative bonne surprise, agréable pour un dimanche après-midi pluvieux.

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MI-5 Infiltration

Quand le dangereux terroriste Adem Qasim échappe à la garde des services secrets du MI-5 lors d’un banal transfert, le célèbre agent Harry Pearce, à la tête de l’unité antiterroriste, est accusé. Un scandale jamais vu dans l’histoire du MI-5. Alors que la suspicion grandit et que l’on recherche d’éventuelles complicités au plus haut sommet du pouvoir, l’espion déchu Will Holloway est la seule personne à pouvoir reconstituer le puzzle. La traque commence…

Sortie DVD : le 6 janvier 2016
Durée : 01h44
Réalisateur : Bharat Nalluri
Avec : Kit Harington, Tuppence Middleton, Elyes Gabel, Jennifer Ehle, Lara Pulver
Genre : film d’espionage
Prix : 12,99 € (DVD) / 15,99 € (BR)
Acheter : sur Amazon

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Vidéo : Eric et Ramzy font le show à l’avant-première de La Tour 2 contrôle infernale !

Vidéo : Eric et Ramzy font le show à l’avant-première de La Tour 2 contrôle infernale !

Quatorze ans après La Tour Montparnasse infernale, Eric et Ramzy préparent la sortie d’un prequel totalement gogol: La Tour 2 contrôle infernale. On a assisté à l’une de leurs nombreuses avant-premières lors de leur passage à Montpellier et le moins que l’on puisse dire, c’est que le duo d’humoriste a de la « gogolerie » à revendre ! Ils ont fait le show près d’un quart d’heure devant un public conquis ! Toujours aussi drôles, Eric et Ramzy semblent nés pour les performances live. Espérons qu’ils remontent un nouveau spectacle un de ces jours ! Quant à La Tour 2 contrôle infernale, on vous en dit plus sur nos impressions dans quelques jours. En attendant, amusez-vous avec cette petite vidéo fort sympathique !

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La tour 2 contrôle infernale

Octobre 1981.
Ernest Krakenkrick et Bachir Bouzouk sont deux brillants pilotes de l’armée française. Suite à une malencontreuse erreur au cours d’un test de centrifugeuse, ils perdent une partie de leur potentiel intellectuel. L’armée voulant les garder dans l’aviation, on leur trouve un poste de bagagistes à Orly Ouest. Et là …
La genèse des aventures de nos deux laveurs de carreaux de La Tour Montparnasse Infernale.

Sortie : le 10 février 2016
Durée : 1h28
Réalisateurs : Eric Judor
Avec :  Eric Judor, Ramzy Bedia, Marina Foïs, Philippe Katerine
Genre : Comédie

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Astrid Bromure, tome 2 : une BD de Fabrice Parme (Rue de Sèvres)

Astrid Bromure Astrid Bromure, tome 2 : une BD de Fabrice Parme (Rue de Sèvres)

Fabrice Parme (Le Roi Catastrophe, Les enfants du Nil, OVNI) nous livre ici le deuxième volume (après Comment dézinguer la petite souris) de son héroïne Astrid Bromure, qui cette fois-ci devra faire face au plus grand cauchemar des enfants : les fantômes.
L’histoire en deux mots, c’est une petite fille de très bonne famille qui désire être scolarisée dans un illustre établissement. Mais le problème, c’est que la légende voudrait qu’il soit hanté ! Astrid Bromure, en internat, doit donc s’accommoder de ses craintes tout en faisant sa place au milieu des autres enfants.
Le récit tient en haleine le lecteur, les dessins sont très agréables, et les personnages amusants. Tous les enfants devraient prendre un immense plaisir à suivre les péripéties de l’héroïne (tout comme moi !), et on espère donc que la série continue encore longtemps.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Astrid en a assez de s’ennuyer dans le grand manoir vide de ses parents… elle réussit à les convaincre de l’inscrire au manoir de Canterville. À elle les nouvelles copines, les joies de l’internat, et surtout la chambre partagée avec des jumelles qui n’ont pas froid aux yeux, Gladys et Rebecca. Seul hic, la légende dit que Canterville est truffé de fantômes, ce qui ne rassure pas du tout Astrid ! En plus d’apprendre à atomiser les fantômes, elle va devoir comprendre ce qu’elle est prête à faire ou non pour être populaire.

Date de parution : le 6 janvier 2016
Auteur : Fabrice Parme (scénario et dessin)
Genre : Humour, jeunesse
Editeur : Rue de Sèvres
Prix : 10,50 € (50 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

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Danish Girl, un beau film de Tom Hooper

Danish Girl
Danish Girl : Photo Alicia Vikander, Eddie Redmayne ©Universal Pictures Germany

Danish Girl, un film de Tom Hooper

Grand moment de cinéma avec Danish Girl. Quelques inévitables longueurs n’empêchent pas l’émotion de constamment affleurer dans l’histoire vraie de la première opération afin qu’un homme s’accorde avec sa nature profonde de femme. Le jeu tout en pudeur d’Eddie Redmayne rayonne aux côtés d’une Alicia Vikander plus belle que jamais.

Eddie Redmayne a digéré depuis longtemps la recette à Oscars. Une transformation physique complète est nécessaire pour émouvoir l’académie et remporter les suffrages. Sa prestation ébouriffante dans Une merveilleuse histoire du temps avait suscité l’adhésion. Matthew McConeughey dans Dallas Buyers Club avait bluffé son monde en cowboy maigrissime, Léo a retenu la leçon pour The Revenant, Oscar en vue. A moins d’un retournement de situation, Eddie ne fera pas le doublé comme Tom Hanks avant lui. Mais dans Danish GirlEddie joue avec une justesse incroyable le premier travesti (presque) transgenre de l’histoire.

Les différentes étapes de sa prise de conscience sont remarquablement retranscrites à l’écran. Le trouble initial se transforme en frayeur devant la pression sociale. Puis vient l’inévitable inclinaison vers sa nature profonde et le laisser allé. La femme qui sommeille en lui s’éveille au détour d’un jeu initié par son épouse. Alicia Vikander, en plus d’être complètement craquante, joue une femme moderne décidée à percer dans la peinture. Eddie est le peintre réputé Einar Wegener et son épouse Gerda vit dans son ombre. Au fur et à mesure que l’homme s’efface devant son double Lili Elbe, Gerda trouve son style avec son mari transformé en femme comme modèle.

L’inévitable question se pose: la femme accepte-t-elle le dédoublement de son mari car cela sert son art et sa notoriété, combien même sa fierté de femme s’en trouverait taillée en fiches ? Gerda Wegener et Einar Wegener sont mari et femme mais elle ne remet en cause son mari que timidement. Peintres de formation, c’est au détour d’une pose pour un tableau de son épouse qu’Einar doit revêtir des habits féminins… avec le trouble que la suite de l’histoire laisse imaginer. La femme soutiendra son mari, malgré la perte de l’homme aimé et une amitié qui ne remplacera pas totalement l’amour perdu.

Les deux acteurs se livrent totalement (…)

L’histoire vraie de Lili Elbe marque les débuts de la chirurgie dans le domaine de la modification physique. A l’instar de l’excellente série The Knick, les tâtonnements chirurgicaux sont fatalement mal maitrisés. Le chirurgien ne s’en cache pas, avouant ses doutes sur la réussite de l’opération. Le très fragile et androgyne Eddie Redmayne passe naturellement de l’homme légèrement efféminé à la femme épanouie, même en l’absence d’un corps en adéquation avec son esprit. Ses postures, ses regards, ses sourires, il incarne Lili avec justesse et pudeur. Si la très belle Alicia Vikander donne de sa personne, Eddie Redmayne se fond dans le rôle au détour de scènes de nu émouvantes. La masculinité de la femme complète la féminité de l’homme.

J’insiste deux secondes sur la prestation convaincante d’Alicia Vikander. Presque un crush. Je me souviens de Cameron Diaz à l’époque de The Mask, Penelope Cruz dans Volver, Olga Kurylenko dans A la Merveille, ces actrices m’avaient hypnotisé, transporté. Alicia fait de même, une vraie révélation. Ca sent l’Oscar… Elle multiplie les mimiques et les faciès, se meut avec grâce et donne vie à Gerda avec classe et élégance. Dans Danish Girl, les deux acteurs se livrent totalement, ils s’imprègnent de leurs rôles et les incarnent avec force et conviction. Si le réalisateur Tom Hooper (Le discours d’un roi) pêche par un classicisme un peu trop appuyé, des longueurs un peu ennuyeuses et un peu trop de violons, le film ne perd que peu en profondeur. Ce Danish Girl est un grand moment d’émotion cinématographique.

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Danish_GirlThe Danish Girl retrace la remarquable histoire d’amour de Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, l’artiste danoise connue comme la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. Le mariage et le travail de Lili et Gerda évoluent alors qu’ils s’embarquent sur les territoires encore inconnus du transgenre.

Sortie : le 20 janvier 2016
Durée : 2h00
Réalisateur : Tom Hooper
Avec : Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Ben Whishaw
Genre : Drame, Biopic

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FIPA 2016 : Palmarès complet des films primés

FIPA 2016

PALMARÈS DU 29e FESTIVAL INTERNATIONAL DE PROGRAMMES AUDIOVISUELS
FICTION :
FIPA D’OR :
Birthday
de
Roger Michell

FIPA D’OR
DE LA MEILLEURE
INTERPRÉTATION FÉMININE
DANS UNE FICTION :
Marie Baümer
pour le rôle de «Toni »
dans Brief an mein Leben
d’Urs Egger

FIPA D’OR
DE LA MEILLEURE
INTERPRÉTATION MASCULINE
DANS UNE FICTION : Nicolas Rojas
pour le rôle de «Daniel Zamudio» dans : Zamudio, perdidos en la noche de Juan Ignacio Sabatini et Rony Goldschmied

FIPA D’OR
DU
MEILLEUR SCÉNARIO
DE FICTION :
Viktor Oszkár Nagy et Petra Szöcs
pour
Hivatal de Viktor Oszkár Nagy

FIPA D’OR
DE LA MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE
POUR UNE FICTION :
Alexander Balanescu et Ariel Sommer pour
The Scandalous Lady W
de David Eldridge et Hallie Rubenhold

SÉRIES

FIPA D’OR :
Historia de un clan
de Sebastián Ortega

FIPA D’OR DE LA
MEILLEURE
INTERPRÉTATION FÉMININE
DANS UNE SERIE
Steinunn Ólína
Þorsteinsdóttir
pour le rôle de
« Gabríela »
dans CASE
de Andri Óttarsson et Þorleifur Örn
Arnarson

FIPA D’OR
DE LA
MEILLEURE
INTERPRÉTATION MASCULINE
DANS UNE SERIE :
Stellan Skarsgård
pour le rôle de «John River» dans
River d’Abi Morgan

FIPA D’OR
DU
MEILLEUR SCÉNARIO DE SERIE :
Lior Raz, Avi Issacharoff, Moshe Zonder, Michal Aviram, Asaf Beiser et Leora Kamenetzky
pour Fauda
de Lior Raz et Avi Issacharoff

FIPA D’OR
DE LA
MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE
POUR UNE SERIE :
Luis Ortega et Daniel Melingo
pour Historia de un clan
de Sebastián Ortega

DOCUMENTAIRE
DE CRÉATION

FIPA D’OR :
Le Siège
De Rémy Ourdan et Patrick Chauvel

GRAND
REPORTAGE ET INVESTIGATION

FIPA D’OR :
La Bataille de Florange
de Jean-Claude Poirson

MUSIQUE ET SPECTACLE

FIPA D’OR :
Zpověď zapomenutého
de Petr Vaclav

SMART FIPA

FIPA D’OR :
WEI or Die de
Simon Bouisson

PRIX
HACKATHON
DU SMART FIPA

Mnémésis, développé par l’équipe Pharmakon.

PRIX MICHEL MITRANI

Dans la section Jeune Création :

Vue de l’esprit de Sébastien Simon et Forest Ian Etsler

Mention spéciale attribuée à :

Villeneuve d’Agathe Poche

PRIX DU JURY DES JEUNES EUROPÉENS

Dans la catégorie Grand Reportage et Investigation :

Burden of Peace de Joey Boink

EUROFIPA D’HONNEUR 2016

Dan FRANCK

PRIX TÉLÉRAMA 2016

Loro di Napoli de Pierfrancesco Li Donni

PRIX DU PUBLIC 2016

Corée, nos soldats oubliés de Cédric Condon et Jean-Yves Le Naour

Pour en savoir plus, cliquez sur FIPA 2016

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Le retour du désert ou la traversée réussie d’Arnaud Meunier

Le retour du déset ou la traversée réussie d'Arnaud Meunier

Le retour du désert ou la traversée réussie d’Arnaud Meunier

Dans cette comédie qui mêle étroitement l’intime et la grande histoire, le grand poète de la scène que fût Bernard-Marie Koltès mêle ses thèmes de prédilection : la solitude, l’opprobre, le combat entre les sexes et entre les âges, la notion d’identité, la critique sociale. Une écriture fluide, musicale, parfois triviale mais jamais quotidienne, qui nous entraîne dans un jeu trouble où le comique et le tragique se rejoignent avec allégresse.

Et pour porter cette pièce avec laquelle Koltès disait vouloir faire rire et, en même temps, inquiéter quelque peu, la mise en scène limpide d’Arnaud Meunier parvient à faire corps avec le texte et sa résonnance polyphonique.

Un frère, une sœur se retrouvent après une séparation de quinze années, dans la maison de famille, quelque part en France, alors que la guerre d’Algérie connaît un paroxysme. Mathilde et Adrien reprennent, en se revoyant, l’implacable dispute qui les oppose depuis l’enfance. Autour d’eux, femmes, enfants, amis et serviteurs de là-bas leur servent de pions dans leur combat fratricide. Un combat qui finit par ressembler à une déclaration d’amour contrariée.

[…] un jeu trouble […]

Un affrontement qui n’est autre que la métaphore de la relation entre la France et l’Algérie. Où l’accueil d’Adrien à Mathilde, revenue réclamer son bien, sa terre, s’apparente à celui d’un colon.

Le retour du désert ou la traversée réussie d'Arnaud Meunier

© S. Barcet

Une plongée aussi au cœur de la province française des années 60 avec ses individus (des notables sûrs d’eux, fiers de leurs traditions) et leurs sociabilités de classe (entre-soi, petits arrangements entre amis, préparation nocturne d’attentats OAS).

La maison entourée de hauts murs se vit comme une enceinte pour mieux se barricader où chacun perçoit l’autre comme une menace, et où l’extérieur est un espace de dangers non-identifiés.

La crise identitaire taraude également les personnages avec des scènes mémorables comme celles d’Aziz qui, dans un grand monologue, se revendique un couillon, ou celle encore du parachutiste noir invoquant des frontières qui bougent tandis que Mathilde se demande où est sa patrie.

[…] les secrets enfouis d’une bourgeoisie déliquescente […]

Elle témoigne du prélude à la chute existentielle de la maison à laquelle nous assistons, fissurée par les non-dits, les secrets du passé, les lâchetés successives qui explosent et perturbent le quotidien des retrouvailles des deux branches de cette fratrie divisée par les événements historiques et sociologiques qui apparaissent en filagramme.

Le retour du désert ou la traversée réussie d'Arnaud Meunier

© S. Barcet

Il y a, dans Le Retour au désert, un fils qui rêve de partir, un autre qui veut s’envoler, une femme disparue étrangement et qui revient hanter la maison familiale, un parachutiste noir tombé du ciel qui enfantera mystérieusement, le tout colorant la pièce d’une  dimension onirique et fantastique.

Avec un humour noir et dans une langue très rythmée, Le retour au désert lève le voile sur les secrets enfouis d’une bourgeoisie déliquescente et sur la mémoire interdite de notre histoire collective et coloniale, au moment où l’Europe affronte le retour des nationalismes et dont l’écho du dramaturge n’en est que plus salutaire.

Treize comédiens accompagne cette étrange histoire, emmenés par le duo de choc que forme Catherine Hiegel (Mathilde) et Didier Bezace (Adrien).

Comédienne dotée d’un vrai tempérament, aussi à l’aise dans un registre comique que tragique, Catherine Hiegel dans un jeu intense et rude se montre parfaite avec son personnage entier tandis que Didier Bezace campe un partenaire aussi truculent que pathétique.

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Dates : du 20 au 31 janvier 2016 l Lieu Théâtre de la Ville (Paris)
Metteur en scène : Arnaud Meunier

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Les Tuche 2, film-surenchère d’Olivier Baroux

Les Tuche 2
Les Tuche 2 – Le rêve américain : Photo Claire Nadeau, Jean-Paul Rouve, Pierre Lottin, Sarah Stern, Theo Fernandez – © Eskwad / Pathé – Vero Boncompagni

Les Tuche 2, film-surenchère d’Olivier Baroux

Les Tuche 2 signe le retour en salle des plus célèbres gagnants de l’Euroloterie. Une famille un peu spéciale, aussi beauf que plouc mais terriblement à l’aise dans sa nouvelle vie de millionnaire. Jamais avare de gags, cette comédie populaire d’Olivier Baroux  (1,5 millions d’entrées pour le premier volet) propose cette fois un voyage outre-Atlantique dans Le rêve américain.

Le pitch est simple : coin-coin, le petit cadet [d’exception] de la famille est parti faire de brillantes études aux Etats-Unis. Dans la perspective de son anniversaire, toute la famille décide de débarquer pour lui faire la surprise. Direction Los Angeles ! Quelques heures d’avion et la famille réalise un premier rêve : voyager en camping car pour une mini-traversée du Far West. Arrivés à destination ils découvrent un petit hic ? Coin-coin a caché ses origines modestes et a fait croire à ses amis que son père était chirurgien esthétique, propriétaire de cliniques. Mais Les Tuche c’est une belle famille unie et solidaire qui décide de jouer le jeu, même si pour eux, l’homme n’est pas fait pour travailler.

Film à sketchs avant tout, Les Tuche 2 est un bon prétexte pour une petite partie de rigolade.

L’équipe du film s’offre donc une petite virée sympathique jusqu’à Vegas où ils prennent possession des lieux et embrassent une vie bling bling loin de leur ville de Bouzolles. Un scénario qui ne va pas chercher midi à quatorze heures. Simpliste, il n’en demeure pas moins divertissant grâce à une première partie très bien calibrée en terme d’humour. C’est parfois bien lourd et excessif, comme l’usage à l’extrême d’un comique de répétition, mais ça fonctionne bien. Les personnages sont toujours aussi exubérants et improbables ; c’est ce qui fait sans doute le succès des Tuche. Campés par une équipe d’acteurs qui percutent – Jean-Paul Rouve et Isabelle Nanty en tête – ils offrent un panel bien curieux mais charmant aux spectateurs.

Film à sketchs avant tout, Les Tuche 2 est un bon prétexte pour une petite partie de rigolade bien qu’elle ne tienne pas la durée. Car l’essentiel de l’intrigue s’essouffle d’elle-même après que la famille a décidé de s’installer. Le film se met à patiner et a bien du mal à nous faire rire. On glisse dans du premier degré téléphoné et sans intérêt malgré la présence de quelques idées bien trouvées qui amènent un peu d’exotisme.

Mais gageons que ces quelques défauts n’empêcheront pas Les Tuche 2 de rencontrer un succès similaire au premier volet, autrement dit un petit carton.

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Les Tuche 2

À l’occasion de l’anniversaire de « coin-coin », le benjamin de la fratrie, la famille Tuche part le retrouver aux États-Unis : les choses ne vont pas se passer comme prévu, mais alors pas du tout.

Sortie : le 3 février 2016
Durée : 1h34
Réalisateurs : Olivier Baroux
Avec : Isabelle Nanty, Claire Nadeau, Jean-Paul Rouve, Pierre Lottin, Sarah Stern, Theo Fernandez
Genre : Comédie

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Qui a peur de Virginia Woolf ? pièce d’Edward Albee mise en scène par Alain Françon

Qui a peur de Virginia wolf

Qui a peur de Virginia Woolf ? pièce d’Edward Albee mise en scène par Alain Françon

Un intérieur bourgeois épuré à l’extrême accueille les spectateurs. Un grand mur blanc, un canapé de cuir, un escalier rouge. Aucun signe ostentatoire, le salon ressemble à un grenier abandonné depuis longtemps. Un vieux couple déboule sur scène avec force et fracas. George et Martha vitupèrent et s’invectivent à une heure avancée de la nuit. Ils ont quitté une réception arrosée et attendent un autre couple, Nick et Honey, pour prolonger la soirée. Les 4 personnages vont  apprendre à se connaitre, se jauger, partager des confidences, se tester et se blesser.

[Entre] perversité malsaine et révélations fracassantes.

Qui a peur de Virginia Woolf ? est une pièce de théâtre avant d’être un célèbre film. Le titre est une variation de la comptine imaginée par Walt Disney dans Les 3 Petits Cochons « Who’s afraid of the Big Bad Wolf ?« , Qui a peur du grand méchant Loup ? Transformé en mantra enfantin, ce refrain est tout aussi rassurant qu’inquiétant, comme si une ombre hostile rodait autour de la scène. Mike Nichols a réalisé l’opus multi-oscarisé avec les deux monstres sacrés du cinéma Liz Taylor et Richard Burton. Alourdie de 10 kilos pour le rôle et imbibée d’alcool, Elizabeth Taylor reçut un second Oscar pour sa prestation de marâtre sonore et belliqueuse. Couple à l’écran comme à la ville, Burton et Taylor menèrent une relation d’attirance répulsion avec plusieurs mariages et divorces. Parfaits pour le rôle.

Le jeu mené par les deux couples mêle perversité malsaine et révélations fracassantes. Le contexte d’un cocktail mondain sert de point de départ à une quasi psychanalyse de groupe. En version agressive, pleine d’une hostilité cathartique. La fragile apparence initiale de superficialité sociale se fissure sous les coups de boutoir d’un vieux couple aigri et spectaculaire. Injures et piques constantes semblent un fonctionnement rien de moins que normal après 23 ans de mariage. Mais là où tout couple normalement constitué fuirait ce contexte tendu et brutal, Nick et Honey s’installent, se laissent doucement alcooliser et se mêlent à la lutte.

Qui a peur de Virginia Woolf ?

Les spectateurs sont pris à témoin d’apartés moins intimistes qu’il n’y parait. Les confessions deviendront des révélations fracassantes qui abimeront chacun des convives. La pudeur s’efface devant un déballage d’attaques et de griefs proprement improbable dans la vraie vie. La confusion est théâtrale, les schémas psychologiques sont mis à nu. Quelques recherches personnelles font apparaitre qu’Edward Albee était lui-même adopté et rejeté par sa famille d’accueil suite à la révélation de son homosexualité. Terreau fertile pour inventer des personnages névrosés et dénués de toute pudeur. Quand les masques tombent et que les vérités se font jour, le spectateur ne peut qu’échafauder ses théories personnelles.

[U]n foisonnement psychologique, quasi psychanalytique.

Rien ne semble a priori plus différent que ce vieux couple malveillant et le jeune couple baigné de douceur. Les liens qui se nouent révèlent une plus profonde proximité, les révélations dévoilent d’improbables points communs, les schémas psychologiques sont d’une troublante similitude. Les hommes tous les deux professeurs d’université, les femmes toutes deux crispées par un rapport complexe à la maternité, les vexations se font miroir, George et Martha pourraient être l’inéluctable futur de Nick et Honey. Des psychiatres dans la salle pourraient interpréter les comportements au delà du simple concept d’effritement du couple retenu ensemble par le ciment de la confrontation.

Les comportements paranoïaques, sado masochistes ou schizophréniques sont l’autre face d’une réalité plus pragmatique. Le jeune couple excite les réflexes conflictuels qui sont l’essence même du vieux couple. Car les griefs sont tangibles et non pas seulement fruits de l’imagination. Les ambitions déçues de l’épouse dans son mari incapable de prendre l’ampleur attendue dans l’université dirigée par son père, l’incapacité à engendrer l’enfant tant désiré, les motifs sont nombreux et bien réels. Une question se pose : cette soirée tardive est-elle la première du genre ou une énième variation d’un même jeu ? Répétée inlassablement, cette mise en scène servirait d’exutoire à l’insatisfaction de leurs existences respectives. Une question centrale reste celle de l’enfant. Maintes fois évoqué, il n’apparait jamais et devient le noeud central de la lutte. En se souvenant que l’auteur est un enfant à la fois adopté et rejeté, on comprend mieux l’ampleur de l’intrigue. Réel ou inventé, l’enfant est un incontournable des querelles.

Qui a peur de Virginia Woolf ?

Au Théâtre de l’Oeuvre, les acteurs sont prodigieux. Dominique Valadié et Wladimir Yordanoff donnent vie à l’intensité des sentiments. Julia Faure et Pierre-François Garel incarnent tout à tour la pureté et l’agitation avec conviction. Des acteurs fourbus à l’issue de deux heures de représentation tendues et habitées. Les répliques enchainées à toute vitesse par Wladimir Yordanoff dans une élocution claire et parfaite forcent le respect. Le décor simple et dépouillé met en avant les personnages sans parasiter leurs prestations. Comme si la scène incarnait une instance psychique livrée aux pulsions et à la passion. Me reste l’image de cet escalier rouge, symbolique du jeu de faux semblants et des non-dits, accès à l’inconscient ou au surmoi.

Les scènes de disputes et de colère prennent habituellement les devants dans les critiques lues sur le net. J’y vois surtout un foisonnement psychologique, quasi psychanalytique. Un psy dans la salle se régalerait devant les comportements ouvertement outranciers. Ce qui ne se montre habituellement pas au grand jour et reste dans le secret des intérieurs est dévoilé. Le trait est appuyé, l’exagération en devient fascinante, le spectateur devient voyeur, forcément inconfortable mais irrésistiblement captivé. De quoi donner envie de recommander cette pièce phare de la rentrée théâtrale !

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Dates : jusqu’au 3 avril 2016 l Lieu : Au Théâtre de l’Oeuvre (Paris)
Metteur en scène : Alain Françon l Avec : Dominique Valadié, Wladimir Yordanoff, Julia Faure, Pierre-François Garel

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FIPA 2016 : films vus par Publik’Art : de Belgique au Mexique en passant par le Japon et le Pakistan

La nuit leur appartient : l’aventure Depardieu-Graffin, un film de Jean-Marc Panis

La nuit leur appartient : l’aventure Depardieu-Graffin, un film de Jean-Marc Panis

Philippe Graffin est un grand violoniste de Bruxelles, professeur au conservatoire de Bruxelles. Il a décidé de réaliser un spectacle peu ordinaire : faire un concert sur des poèmes de Baudelaire, ou des chansons de Barbara, ou Borges, lus par un acteur. Et pour lire ces poèmes, il a demandé à Gérard Depardieu de tenir ce rôle. Deux univers se rencontrent et la mayonnaise prend jusqu’au moment où ça dérape un peu. Mais comme Depardieu est un monstre, personne ne lui en veut… Une belle réalisation et une belle musique.

Margarita, un film documentaire de Bruno Santamaria

Margarita, un film documentaire de Bruno Santamaria

Bruno Santamaria connaît depuis de nombreuses années Margarita et a réalisé ce film sur elle pour montrer tout simplement ce qu’était la vie d’une SDF. Aucun scénario n’a été écrit. Tout était improvisé. Margarita dévoile surtout la relation de cette femme SDF avec Bruno, tout jeune réalisateur. Bruno connaît parfaitement la vie de Margarita et on la voit jeune, tournant dans un film. On ne sait pas pourquoi elle s’est retrouvée dans la rue et l’important pour Bruno était de montrer Margarita telle qu’elle est aujourd’hui, avec beaucoup de pudeur et sans aucun jugement. Aujourd’hui Margarita vit sa vie comme une situation d’échec par rapport au reste du monde. Elle vit dans la peur perpétuelle de l’agression. Un beau film mexicain, réalisé avec beaucoup de pudeur et d’empathie, sans tomber dans le misérabilisme. Un film très digne.

Applause, un film de Kana Miyadokoro et Madoka Hada

Applause, un film de Kana Miyadokoro et Madoka Hada

Le film japonais de Kana Miyadokoro et Madoka Hada s’intéresse à une troupe de théâtre pas ordinaire : le Saitama Gold Theater, dirigé par le célèbre metteur en scène, Yukio Ninagawa. La moyenne d’âge de ces acteurs est de 75 ans, tous des amateurs. Ils se démènent comme de vrais acteurs et arrivent à jouer avec une énergie incroyable malgré leur âge et leurs difficultés physiques. Ils se sont même produit à Paris, où ils ont fait un triomphe. Le tournage a duré trois mois et les acteurs ont tous retrouvé une joie de vivre grâce à leur troupe. Film empli d’énergie positive et d’optimisme face à la vieillesse inéluctable pour tous !

The woman who joined the Taliban, un film de Kai Lawrence

The woman who joined the Taliban, un film de Kai Lawrence

Kai Lawrence raconte l’histoire vraie, et dramatique, de Beverley Giesbrecht qui s’est convertie à l’Islam. Elle est partie presque du jour au lendemain du Canada pour aller tourner un film dans les zones tribales, au Pakistan et en Afghanistan, pour approcher au plus près les femmes des talibans. Elle voulait être parmi eux et défendre leurs causes, se sentant importante au milieu d’eux. Elle pensait aussi gagner beaucoup d’argent en faisant un film unique. Mais la situation s’est inversée et elle a été prise pour un espion de la CIA… Fin tragique pour cette femme.

Salafistes, un film de François Margolin et Lemine Ould Salem

Salafistes, un film de François Margolin et Lemine Ould Salem

Ce film, grand reportage, pose problème déjà pour sa diffusion au FIPA. Il semblerait qu’il ait failli ne pas être visionné hier soir, au Colisée, n’ayant pas obtenu toutes les autorisations… Et cet après-midi, au Casino, la présentation du réalisateur a été houleuse, furieux que le FIPA interdise son film aux moins de 18 ans, et que certaines images soient censurées… Mais rien n’a été censuré.

Salafistes donnent la parole aux salafistes, aux jihadistes, que ce soit au Mali, en Mauritanie ou en Tunisie. Les images sont réelles et certaines sont véritablement insoutenables. Leurs discours sont aussi extrêmes que leurs actes. On n’a pas besoin de ce film pour comprendre leur monstruosité.

Pourquoi donner la parole à de tels monstres qui détruisent nos vies ?

Sortie prévue au cinéma le 27 janvier 2016.

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Les chevaliers blancs, film maladroit de Joachim Lafosse

Les Chevaliers blancs
Les Chevaliers blancs : Photo Vincent Lindon – ©Fabrizio Maltese – Versus Productions – Les films du Worso

Les chevaliers blancs, film maladroit de Joachim Lafosse

Le film de Joachim Lafosse Les Chevaliers Blancs adapte et romance l’histoire rocambolesque de l’Arche de Zoé. Souvenez-vous, cette ONG, sous couvert d’aide aux enfants orphelins et d’aide humanitaire, a fait la une des journaux en 2007. Vincent Lindon et Louise Bourgoin se glissent dans les rôles ambivalents des responsables de l’organisation. Ni documentaire ni film à charge, le film n’ose pas le parti pris et navigue dans une incertitude malsaine. En louvoyant entre grands sentiments et manières de voyous, les personnages n’appellent aucune empathie et questionnent sur l’objectif du film…

Les bras cassés de l’humanitaire

Petit flashback. Les forces de police tchadiennes appréhendent tous les membres de l’organisation L’Arche de Zoé en octobre 2007 tandis qu’ils s’apprêtent à embarquer 103 enfants pour les amener en France. La justice du Tchad condamne les responsables à 8 ans de travaux forcés au motif de « tentative d’enlèvement de mineurs tenant à compromettre leur état civil, faux et usage de faux en écriture publique et grivèlerie« . Pour résumer, nous sommes en plein kidnapping. Sous couvert de motifs louables, l’Arche de Zoé se livrait à du pur « néocolonialisme compassionnel« . Vouloir faire le bien au dépens des autres est tout bonnement condamnable lorsque l’hypocrisie et la dissimulation sont les instruments utilisés pour tromper la population.

Le film louvoie entre angélisme occidental et mensonges éhontés.

Le film louvoie entre angélisme occidental et mensonges éhontés. Les acteurs Vincent Lindon, Louise Bourgouin et Valérie Donzelli accentuent l’impression de bonne volonté malsaine de croisés des temps modernes. Avec une bonne conscience schizophrénique, ils semblent croire de tout leur coeur en leur mission humanitaire, sans aucune prise de recul ni remise en cause. Le spectateur est pris à témoin de leurs contradictions. Ils serrent très forts des chtis enfants dans leurs bras et bombardent allègrement l’instant d’après. Avec l’alibi de la sincérité, ils adoptent des comportements rien de moins que criminels.

A contrario, des membres de l’organisation se désolidarisent de cette mission aux enjeux flous et à la forte potentialité de pétage dans la tronche. Sans vraiment dire non à la mascarade ni l’empêcher, le personnel médical et un Bob Denard local (excellent Reda Kateb, comme toujours) sauvent leurs miches. Le personnel convaincu de la justesse de sa mission fait peine à voir. Et là se pose la question du propos du film. Quel est l’objectif du réalisateur ? Souligner l’ambivalence des comportements ? Eclairer sur les motivations ? Stigmatiser ou trouver des circonstances atténuantes ? Ce flou permanent contribue à rendre le film extrêmement bancal.

Vincent Lindon a reçu un prix mérité au dernier festival de Cannes pour sa prestation triste à pleurer dans La Loi du Marché. Son regard de chien battu faisait merveille dans un contexte de misère sociale et de déchéance humaine face aux crocs acérés et indifférents de la machine capitaliste. Le revoir dans ce rôle de justicier occidental entretient le doute sur le personnage. Mène-t-il sa mission pour l’argent ? Pour des familles occidentales désireuses d’avoir un enfant ? Pour se racheter de fautes passées ? Son système mental n’est que partiellement éclairé et voir Lindon dans le rôle entretient la controverse. Car je vois mal l’acteur incarner sciemment un escroc à l’écran. Il doit donc croire en l’humanité du personnage. Or le personnage ne vaut pas mieux que la dernière des crapules. Doute…

Au final, le film se finit comme la vraie histoire. Appréhendés, les membres de Move for Kids sont embarqués manu militari. Sans même protester, ils semblent savoir que leur coup de poker vient d’échouer. Tout ça pour ça ? Comme s’ils savaient que l’issue serait forcément désastreuse. Comme un aveu de culpabilité. Et une fois de plus, le spectateur se demande. Que va-t-il advenir des enfants, vraies victimes de l’histoire ? Mais le film passe ce détail sous silence, confirmant la très grande maladresse du film. J’ai quitté la salle quelque peu dépité par un énième exemple de la faiblesse du cinéma français actuel…

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Les Chevaliers BlancsJacques Arnault, président de l’ONG « Move for kids », a convaincu des familles françaises en mal d’adoption de financer une opération d’exfiltration d’orphelins d’un pays d’Afrique dévasté par la guerre. Entouré d’une équipe de bénévoles dévoués à sa cause, il a un mois pour trouver 300 enfants en bas âge et les ramener en France. Mais pour réussir, il doit persuader ses interlocuteurs africains et les chefs de village qu’il va installer un orphelinat et assurer un avenir sur place à ces jeunes victimes de guerre, dissimulant le but ultime de son expédition…

Sortie : le 20 janvier 2016
Durée : 1h47
Réalisateur : Joachim Lafosse
Avec :  Vincent Lindon et Louise Bourgoin
Genre : Drame

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FIPA 2016 : La sociologue et l’ourson, un film de Etienne Chaillou et Mathias Théry

La sociologue et l'ourson
© Quark / Universcience / Cinaps TV – 2015

La sociologue et l’ourson, un film de Etienne Chaillou et Mathias Théry

Mathias Théry nous présente son film portant sur les nombreux débats à propos du mariage pour tous. Son film a été réalisé pendant les débats, de septembre 2012 à mai 2013. C’est un documentaire et tous les débats ont réellement eu lieu. La mise en scène se fait avec des marionnettes, idées très sympa et qui permet d’alléger le débat. Le personnage principal n’est autre que la mère de Mathias, elle-même sociologue très impliquée dans ce combat du mariage pour tous. Elle nous explique l’évolution de notre société, de la notion même de mariage, en remontant à ses propres arrières-grands-parents.

Un film qui est à la fois intime et en même temps possède une dimension nationale fondamentale. Un film qui fait partie de l’Histoire, de notre Histoire de France.

Une totale réussite !  La sociologue et l’ourson est très original de par sa forme, avec un contenu à la portée de tous. Il va sans doute permettre à certains de se repositionner par rapport à l’évolution évidente de nos sociétés. Et mieux comprendre les nouvelles Lois.

Ce film documentaire fait partie de la sélection du Prix du Public, car il n’est pas en compétition. Peut-être sera-t-il couronné à la fin du Festival ?

Réalisation : Etienne Chaillou & Mathias Théry
Image, son & montage : Etienne Chaillou & Mathias Théry
Durée : 78min Format 16/9 – HD
Ce film a obtenu le Fonds d’Aide à l’Innovation Audiovisuelle du CNC

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FIPA 2016 : remise de l’Eurofipa d’Honneur à Dan Franck pour : Les aventuriers de l’art moderne

Les aventuriers de l'art moderne

Dan Franck : Les aventuriers de l’art moderne

Didier Decoin, Président du FIPA, remet l’Eurofipa d’Honneur à Dan Franck pour sa carrière exceptionnelle aussi bien dans le monde littéraire que dans celui de l’audiovisuel. Nous nous souvenons tous de son excellent livre, La séparation, qui a d’ailleurs obtenu le Prix Renaudot en 1991. Dan Franck, nous dit Didier Decoin, est un artiste engagé, un « dévoreur de politique et de social ». Dan Franck est aussi un scénariste engagé qui crée « des fictions politiques plus vraies que vraies » ! Aux compliments, Dan Franck répond avec beaucoup de modestie et d’humour. Il nous livre avoir beaucoup galéré les dix premières années de sa vie d’écrivain. Et puis, enfin, il fut reconnu. Les aventuriers de l’art moderne est sa toute dernière œuvre cinématographique. Nous découvrons, ce soir, l’épisode 2. Le 1er épisode fut visionné sur Arte en décembre et reçut un excellent accueil. Nous suivons les grands artistes de l’art moderne, comme Picasso, Max Jacob, Apollinaire, Matisse… de 1906 à 1916… C’est à la fois un documentaire sur l’art, mais sous forme d’animations diverses, d’images d’archives, ou de papiers découpés qui reconstituent des tableaux. Un film à la fois très original, très créatif et chargé de vérités très intimes sur nos grands artistes. Une totale réussite réalisée par Amélie Harrault, Pauline Gaillard et Valérie Loiseleux. Le scénario est donc de Dan Franck. Et la musique de Pierre Adenot. Disponible en DVD.

Episode 1 :

Episode 2 :

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Bourse du Talent 2015 – Un recadrage

Bourse du Talent 2015

Bourse du Talent 2015 – Un recadrage

La société aujourd’hui a besoin d’un recadrage. Quoi de mieux que des photographes pour recadrer les choses ? Que faut-il recadrer ? Les choses. Les choses du grand Monde.

Chaque année, la BNF de Paris offre la possibilité à de jeunes photographes de proposer leur travail. Organisé par Photographie.com, Picto, Nikon et Initiatives, l’événement a pour dessein de promouvoir les jeunes objectifs brillants et prometteurs. Que ce soit dans l’esthétique pur, ou bien dans ce qui ressemble à un langage de reportage, le cru de cette année avait un objectif commun, et je ne parle pas d’appareil cette fois-ci, celui de faire ressortir la marge et le corps. Les travaux de cette année montrent l’entrelacement de la chair et de l’autour.

La marge et le corps ; le corps et la marge.

Ce qui est le plus frappant dans les images présentées dans le couloir de la BNF, c’est la place du corps dans le cadre de vie de celui qui habite le corps. On voit des mineurs roumains, fiers et fidèles de leur gouffre noir, en osmose avec les murs de fond devant lesquels ils posent pour le canon photographique du jeune artiste. On voit ces enfants, le sourire jusqu’aux oreilles, embrasser les courants d’eau qui naviguent près de chez-eux. On voit ces familles détruites pleurant sur la tombe d’un parent mort pour avoir vécu dans un pays mortifère. En somme, on voit ce qu’on ne voit pas ailleurs.

Il ne faut pas jeter la pierre aux grands médiateurs d’images d’aujourd’hui. Il est bien évident que dans le reportage, ce genre d’image ne se vendrait pas. Faute à l’artiste ! Bien sûr. « Car ce qui frappe ici, dit Bruno Racine, le président de la BNF, c’est bien l’impression d’être face à des travaux au long cours, documentés, mûris. Ils font émerger ce que l’actualité médiatique tend à recouvrir… »

Le photographe tout jeune est en immersion. Contrairement à cette course à l’image, qui est bien trop rapide et trop souvent, ne généralisons pas non plus, factuelle. Le photographe ici présenté dans le couloir de la BNF, a pris le temps. Il est dans l’immersion. Il prend le temps de prendre le temps. Il ne déclenche l’objectif qu’après avoir compris ce qu’il se passait là-bas.

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Monde cherche recadrage.

L’œil jeune propre à chaque jeune photographe, indépendant ou expérimenté, se pose de manière assez particulière sur les choses du Monde. Il observe le sujet et son terrain de subjectivité. Autrement dit, il cherche à voir comment le sujet se comporte dans ce qui l’entoure. Plus encore, il cherche à voir comment le corps danse dans les espaces dans lesquels il vit. Il y a par exemple le travail de Michel Slomka, la palme de cette édition 2015. Son travail intitulé « Srebrenica, le retour à la terre », étalé de 2010 à 2015, retrace le parcours des familles musulmanes, décimées par les Serbes de Bosnie en 1995, qui décident de revenir sur les lieux où le mal triompha. On y voit des mères pleurant des pères, des fils. On y voit des lieux, pourtant familiers et conviviaux, troués de balles d’armes de l’enfer. Ces lieux, ce furent des maisons.

 Karolin Klueppel
 Karolin Klueppel

Dans la série « Mädchenland » la lauréate Karolin Klueppel navigue sur les terres indiennes et portraitise les jeunes filles et les femmes dans leur quotidien indien. L’Inde n’est pas nécessairement friand de la grande joie et de la grande liberté du sexe au féminin. La beauté du reportage de Karolin Klueppel est de faire valoir la femme qui vit dans un milieu où, trop souvent, l’oppression machiste et sexiste est gagnante. Il y a quelque chose d’angélique, de doucement doux, et d’incroyablement divin dans le regard d’une part de celle qui prend la photo, et d’autre part, dans le regard de celle qui est photographiée. Il y a quelque chose d’intimiste. Ces femmes ont laissé rentrer la photographe dans ce qu’il y a de plus intime chez elle, un brin de vie, un brin de temps, où elles sont femmes. Le travail de Karolin Klueppel est remarquable. D’une grâce folle, elle fige l’incandescence d’une naturelle perfection.

Le recadrage. Toute la magie d’un photographe est de pouvoir recadrer un mouvement vif. Toute la magie d’un photographe est de pouvoir recadrer un morceau de vie. Et quand le travail est bien fait, le cadre rectangulaire d’une photo laisse à croire que l’entièreté d’un moment se retrouve encrée et ancrée dans celui-ci.

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Judith, une pièce écrite et mise en scène par Cédric Lavie

Judith, une pièce écrite et mise en scène par Cédric Lavie

Judith, une pièce écrite et mise en scène par Cédric Lavie

Allemagne, 1960. Chaque année depuis 15 ans, 5 amis se retrouvent pour partager un moment de légèreté. Rires et discussions fusent. Contrairement aux années précédentes, Isaac insiste pour recevoir ses convives dans une maison perdue dans les bois. Joseph vit un divorce tourmenté, David enchaine les conquêtes féminines, Moise est un rabbin toujours en retard sauf avec Dieu, Pierre est le seul goy de la bande. Les verres se remplissent jusqu’à ce qu’Isaac ne propose une variation inédite à leurs rencontres. L’évocation des années de déportation va chambouler le déroulement intangible de leur rendez vous et ressusciter le souvenir de Judith

Judith débute comme une pièce insouciante. L’ordonnancement de la réunion suit un cours rien de moins qu’habituel. Le rabbin arrive en retard, les amis échangent sur leurs situations respectives avec piques truculentes et réparties inconséquentes. Le rendez vous est immuable car chacun peut s’y livrer en toute honnêteté et retrouver le soutien d’amis indéfectibles. Le spectateur se laisse tranquillement endormir par cette ambiance de joyeuse agape. De multiples références à la judaïté attire toute de même l’attention. 1960, soit 15 ans après la fin du deuxième conflit mondial, la proximité temporelle ne laisse que peu de doutes sur les difficiles épreuves traversées par les personnages. La vie a repris ses droits, les terribles évènements semblent renvoyés dans le passé.

Un vrai moment de theatre à visée humaniste.

Mais ne nous y trompons pas, la pièce n’est pas un simple divertissement et l’expérience de la Shoah est au coeur de l’intrigue. Isaac fait ressurgir violemment un passé que chacun souhaiterait depuis longtemps digéré. Mais la plus cruelle abjection reste toujours sur l’estomac et sa simple évocation en fait ressortir les détails les plus sordides. La pesanteur s’installe inéluctablement et la gravité remplace l’allégresse. Cédric Lavie surprend par cette dichotomie dramatique. Des personnages apparemment quelconques deviennent des survivants miraculeux pas si honnêtes que ça. Derrière les apparences les plus ordinaires, chacun a une histoire à raconter, et les perspectives se brouillent. L’invocation des souvenirs amène la tourmente et les partis pris philosophiques.

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©Hadrien Jauny

Sujet tragique souvent abordé au cinéma ou dans la littérature, la Shoah ne cesse de se faire questionner sur ce qui fait l’homme. Les Bienvaillantes creusait la question de la dilution de la responsabilité personnelle qu’Hannah Arendt avait fait surgir dans son concept philosophique de « Banalité du mal« . Les plus ordinaires individus peuvent se transformer en bourreaux par l’entremise d’une dépersonnalisation finalement et scandaleusement banale. Le film Hannah Arendt de 2012 montrait la prise de conscience par la philosophe de cette réalité certes ignominieuse mais rien de moins que triviale. Kate Winslet dans The Reader personnifiait un personnage simple et limité, ancienne gardienne de camp dépassée par l’ampleur des évènements. Quoi faire d’autre qu’obéir aux ordres dans un contexte militaire et procédurier ? Que ce soit dans un KG ou dans un régiment, le respect de la discipline est une même obligation, par delà les scrupules humanistes…

Judith interroge sur ce qui fait la différence entre tortionnaires et victimes. La frontière n’est-elle pas plus ténue qu’il n’y parait ? Le struggle for life devient plus littéral que jamais dans un contexte de quasi famine, amenant des comportements criminels que l’environnement explique sans justifier. Mais je m’emporte et pourrais philosopher sur le sujet encore et encore. Il ne vous reste qu’à aller voir cette pièce au drame poignant et aux rebondissements surprenants. Un vrai moment de theatre à visée humaniste.

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Dates :  A 20 au 25 janvier 2016
Lieu : Théâtre Adyar, 4 square Rapp, 75007 Paris
Metteur en scène : Cédric Lavie
Avec : Michel Albertini, Nikolaï Arutene, Yves Penay, Philippe Pierrard, Laurent Sao, Jan Oliver Schroeder
Plus d’infos sur : http://www.judithlapiece.com/

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Lauréat du Prix Ricard S.A Live Music 2016 : I Am Stramgram, de Vincent Jouffroy

Prix Ricard S.A Live Music 2016 : I Am Stramgram

Prix Ricard S.A Live Music 2016 : I Am Stramgram, de Vincent Jouffroy

 

Ricard S.A Live Music est heureux d’annoncer le nom de son Lauréat 2016 : I Am Stramgram, inclassable projet de Vincent Jouffroy. Il succède à Two Bunnies in Love (2014), Fuzeta (2015) et bénéficiera d’un dispositif d’accompagnement unique en France.
I Am Stramgram s’est finalement imposé comme une évidence pour le jury composé de 12 professionnels de la filière musicale.
Le Lauréat du Prix Ricard S.A Live Music 2016 a convaincu le jury grâce au refrain entêtant de Eaten Alive, titre inédit joué lors de la session live, enregistrée par Rod Maurice et Romain Della Valle au Rocher de Palmer à Bordeaux..
Avec plus de 350 000 votants et 1 095 groupes inscrits, cette édition 2016 prouve que le Prix Ricard S.A Live Music a acquis le statut de véritable pépinière artistique.

Legend, film bancal pour deux Tom Hardy qui impressionnent

Legend
Legend : Tom Hardy – ©StudioCanal

Legend, film bancal pour deux Tom Hardy qui impressionnent

Après son retour détonnant dans Mad Max : Fury Road, Tom Hardy s’offre le luxe des deux rôles principaux de Legend. Se donnant la réplique à lui-même, il incarne les célèbres frères Kray, mafieux londoniens, objets de fantasmes et de mystères. Un jeu d’acteur impressionnant, du séducteur au schizophrène, mais insuffisant à porter seul un film bardé de défauts.

« C’est l’histoire d’un schizophrène paranoïaque qui rentre dans un bar » annonce Reggie Kray lorsque son frère Ronnie entre dans le QG de la bande mafieuse concurrente de la leur. S’ensuit un règlement de comptes à coups de poings et de marteau bien sentis sur un fond de jazz : les frères Kray tendent à dominer Londres et ils le font savoir. Quelques belles scènes de baston de cet acabit parsèment Legend, le situant dans la lignée d’un bon film de mafieux, agrémenté de la présence de Chazz Palminteri (Usual suspects, Les Hommes de l’ombre, Mafia blues, Modern family). Ajouter à cela la vie nocturne londonienne des années 50-60, ses ruelles obscures et désertes en contraste avec le faste des casinos des quartiers riches, et vous obtenez quelques bons moments.

Pourtant, il manque rythme et narration resserrée pour être à la hauteur des plus grands. La composition boiteuse fait s’essouffler le récit, où les scènes d’action se ressemblent souvent. Si l’histoire des frères Kray est fascinante – deux vies destinées à construire leur empire à coup de poing, de menaces et de corruption – le film ne sait où se placer et tente d’insérer tous les ingrédients attendus (population protégée puis apeurée, scènes d’enquête, de négociations, argent qui coule à flots…) en une succession de scènes décousues.

Une présence qui crève l’écran.

Reggie, raisonné et diplomate, cache son potentiel de boxeur derrière une surface d’homme d’affaire propriétaire de casino. Ronnie, direct et ouvertement gangster, est aussi fou qu’il est dangereux. Le contraste entre les jumeaux est d’autant plus intéressant qu’il est joué par le même Tom Hardy, épaissi et pourvu de talonnettes pour jouer Ronnie. Une présence qui crève l’écran mais qui laisse peu de place aux rôles secondaires, déjà pauvres. Mis à part deux bras droits, ils sont vite esquissés : le flic de Scotland Yard est fade, de même que son enquête. Même Ronnie reste flou. Si les scènes où sa schizophrénie prend son ampleur sont réussies, le mystère reste entier sur sa provenance, sur le passé du personnage et sur ses sentiments.

L’originalité était de donner à voir ce monde de gangsters à travers le prisme de Frances, la femme de Reggie. De l’amour fou, enivré par l’argent facile, au désespoir de ne jamais pouvoir vivre un jour une vie rangé avec son mari, elle reste tristement incolore. Reggie, prend conscience, trop tard, qu’il l’aimait vraiment, dans une scène de mélo aux traits forcés.
Si les frères Kray sont incontestablement une Legend, le film, lui, se laisse vite oublier mais nous rappelle, si l’on en doutait, l’excellence de Tom Hardy.

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Legend

Londres, les années 60. Les jumeaux Reggie et Ronnie Kray, célèbres gangsters du Royaume-Uni, règnent en maîtres sur la capitale anglaise. À la tête d’une mafia impitoyable, leur influence paraît sans limites. Pourtant, lorsque la femme de Reggie incite son mari à s’éloigner du business, la chute des frères Kray semble inévitable…

Sortie : le 20 janvier 2016
Durée : 2h11
Réalisateur : Brian Helgeland
Avec : Tom Hardy, Emily Browning, David Thewlis
Genre : Policier, biopic

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