La Maison Tellier : nouvel album « Avalanche » dans les bacs le 29 janvier 2016
Grande nouvelle, La Maison Tellier s’apprête à sortir son cinquième album, Avalanche ! Découvrez dès maintenant le titre Amazone extrait de ce nouvel album qu’on adore !
Communiqué de presse :
Dès le premier titre La Maison Tellier donne le ton de ce nouvel album : Cinq est le numéro parfait. Cinq musiciens à l’heure de leur cinquième album : « Chaque nouvel album est le plus important, mais celui-ci, c’est un disque où on s’est révélés, frottés à nous-mêmes. Le disque qui nous intéressait, pas celui qu’on pouvait attendre de nous. » confie Yannick, le chanteur-auteur de La Maison Tellier. Et le groupe n’y est pas allé par quatre chemins. « Sitôt le disque live (Beauté partout) achevé, il y a eu un frémissement, de nouvelles envies. Comme une sorte d’urgence, un besoin de s’y remettre là, maintenant, en se consacrant uniquement à nos chansons. ». Alors Yannick s’est plongé en apnée dans les mots des futures chansons. Des mots comme autant de kerns sur ce nouveau chemin. L’album précédent glorifiait le combat pour la beauté. Celui-ci témoigne d’une quête. Une quête vers la joie. Comme certains sont en quête de la foi. Une quête semée d’embûches, de doutes et d’angoisses (J’ai rêvé d’avalanches, Haut, bas, fragile). De questions sans réponses (Où sont les hommes ?). Une quête où la musique et l’amitié tiennent lieu d’armes fatales (5 est le numéro parfait). Où l’amour (En toutes choses, Beautiful Again), les femmes (Amazone) et la fête (23h59) viennent aider nos 5 Chevaliers de la Table Ronde à s’approcher du Graal.
C’est donc avec son calepin plein d’encre de notes griffonnées et de ratures que Yannick était parti s’isoler dans le Massif Central, à la fin de l’été 2014, en compagnie de Sébastien, le guitariste, pour une évasion studieuse et une première phase de composition en duo. S’ensuivra une semaine de cristallisation à la fin de l’hiver, à Essaouira cette fois, avec leur batteur Hyacinthe, avant que Morgan et Frédéric (basse et cuivres) n’échafaudent les projets d’arrangements de ce cinquième album. Une vraie opération commando, menée avec méthode et rigueur, pour conserver la spontanéité et la fraîcheur des nouvelles énergies. Mais il manquait quelqu’un dans ce dispositif : « Parfois, lorsqu’on compose à cinq, les forces peuvent s’annuler. Après dix ans de travail en vase clos, nous avons compris qu’il fallait nous mettre entre les mains d’un réalisateur pour faire le tri dans toutes nos idées, éviter de nous perdre et dégager la cohérence sonore de notre musique. Quelqu’un qui puisse à la fois extraire le meilleur de nous-mêmes, porter un regard extérieur et proposer de nouvelles couleurs musicales. » explique Yannick. Yann Arnaud sera celui-là : un accoucheur, une boussole, une lanterne au bout du tunnel qui dessine le chemin esthétique. C’est au début de l’été parmi les murs chargés de fantômes du studio de La Frette, au milieu d’instruments et consoles vintage et dans un cadre acoustique unique, que La Maison Tellier et Yann Arnaud vont créer leur zone de partage. « La confiance s’est installée très rapidement. Yann a une culture musicale complémentaire de la nôtre, il a amené ses idées de sons, débloqué certains morceaux jusqu’ici bancals comme Où sont les hommes ? et Garçon manqué. Il m’a amené vers un côté plus crooner que je n’aurais osé explorer seul. Je m’accordais enfin le droit de clamer mon amour de Bashung ou Manset. » L’alchimie prendra définitivement forme au studio Mélodium de Montreuil. Le cinquième album de La Maison Tellier sera « Avalanche ».
Un recueil de musique cinématique, alternant les plans séquences mélancoliques (Amazone, En toutes choses, Où sont les hommes ?, Taros), les rodéos pop propulsés à la rythmique (J’ai rêvé d’avalanches, Beautiful Again) et des scènes d’intérieurs au ciel électronique (Quelqu’un d’autre, Haut, bas, fragile). Murs de son clair. Si les arrangements envoient des clins d’oeil discrets aux influences de toujours (John Barry, Ennio Morricone ou Calexico) les claviers de Julien Noël recentrent le propos, encore un peu plus loin des cowboys. « Afin que l’on redevienne / Des Indiens, des Indiennes », les guitares ont perdu leur côté poilu et les cuivres ont gagné en discrétion dans des interventions pointillistes. La courbe est subtile, mais le virage très net : toujours plus d’épure. Une élégance presque classique, presque romantique. Un disque d’une violence douce où l’écriture interroge l’intime. Alors osons : si Arcade Fire voulait un jour chanter en français et dans le creux de notre oreille, il se rebaptiserait
La Maison Tellier.
[vc_text_separator title= »PLUS DE MUSIQUE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
The Affair ou chronique d’une liaison dangereuse (DVD)
La saison 1 de The Affair, largement plébiscitée par la critique s’annonçait comme étant une série palpitante. Quelle ne fût donc pas ma déception !
Le scénario est bon. Un écrivain, père de 4 enfants, marié, qui trompe sa femme avec une inconnue, elle aussi mariée (c’est plus croustillant !) qu’il a rencontrée au cours de ses vacances dans la maison familiale. Jusque là tout va bien. Les histoires d’adultère ça fait toujours bien sur le papier ; les scènes d’amour sont loin d’être coupées et tout est fait pour faire battre le cœur des téléspectateurs. Vont-ils être découverts ? Quel est leur avenir ensemble ? Je vous passe les « je t’aime » « moi, non plus », les tests de grossesse, et conflits familiaux. Cela ressemble un peu trop à un feuilleton du lundi après-midi sur une chaîne publique, mais soit, passons. Le point intéressant, qui mérite pour le coup d’être vu, c’est l’enquête sous-jacente. On comprend au fur-et-à-mesure des épisodes qu’un événement grave est arrivé. Un inspecteur interroge alternativement les deux héros de l’histoire : Noah et Alison, et au travers des questions qui sont posées, toute la rétrospective sur l’histoire d’amour est retracée. Habilement, le réalisateur, dans chaque épisode, présente d’abord le point de vue de Noah, puis celui d’Alison. On voit donc les scènes deux fois, selon le point de vue de l’homme, puis de la femme. On trouve alors parfois que le temps est un peu long. Le film est tout en retenue. La double-version donne encore plus l’impression que le temps stagne, et on finit par s’ennuyer.
Concernant le jeu des acteurs, Dominic West et Ruth Wilson sont plutôt justes dans le jeu sensuel et tourmenté qui les unit. Mention spéciale aux époux trompés, Maura Tierney (Golden Globe) et Joshua Jackson qui ont a mon sens plus de relief malgré leur second rôle.
Quel avenir pour cette série ? Une saison 2 a déjà été réalisée et une saison 3 signée. Elles apporteront sûrement les réponses que l’on attend à l’intrigue policière. Les personnages principaux devraient révéler davantage leur côté obscur, ce qui peut devenir plus vivant et palpitant. On demande donc à voir, mais sans aucune attente particulière.
Un beau jour, au début de l’été, Noah, un homme marié et père dévoué de quatre enfants, fait la rencontre d’Alison, une femme mariée elle aussi, qui pleure la mort récente de son enfant. Dès le premier regard échangé, le coup de coeur est instantané et partagé. Commence alors une relation adultérine qui détruira leurs mariages respectifs et aura des conséquences dramatiques pour chacun des membres de leurs familles…
SortieDVD : le 2 décembre 2015 Durée : 10 épisodes de 52 min. Créateurs : Sarah Treem, Hagai Levi Avec : Dominic West, Ruth Wilson, Maura Tierney Genre : drame, romance Prix : 29,99 € (DVD) Acheter : sur Amazon
Quatre sœurs tome 3, une BD de Cati Baur d’après Malika Ferdjoukh (Rue de Sèvres)
Le tome 3 de Quatre Sœurs nous amène à Vill’Hervé, où se joue les scènes quotidiennes d’une famille de jeunes femmes seules dont les parents sont décédés. Pour réussir à payer leurs traites, elles décident de louer une chambre dans leur grande maison à un bel inconnu nommé Tancrède. Vous imaginez bien qu’un homme mystérieux au milieu de jeunes demoiselles, amène forcément une multitude de rebondissements. Cette BD est très agréable à lire, mais au-delà des histoires légères, on est plus touché par les correspondances d’un des personnages avec une femme condamnée par un cancer agressif. S’adressant plus particulièrement à un public féminin, elle peut indifféremment intéresser les jeunes adolescentes ou les femmes plus mûres. Le dessin de Cati Baur (J’arrête de fumer,Vacances) est très fin, avec des tons pastels, très doux. A lire pendant ses vacances pour passer un bon moment, comme tout bon roman (cette tétralogie est d’ailleurs adaptée du roman éponyme de Malika Ferdjoukh) !
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Le printemps, saison du renouveau, des amours et des primeurs, éclate dans toute sa splendeur à tous les étages de la Vill’Hervé. Renouveau ? Oui. Harry et Désirée, les petits cousins, viennent passer des vacances au grand air. Charlie, à sec, s’est résignée à louer la chambre des parents. Le locataire s’appelle Tancrède, il est jeune, célibataire, drôle, fabricant d’odeurs bizarres. Et beau. Primeurs ? Trop. On retrouve des poireaux nouveaux partout, dans la soupe, coincés dans un cadre de tableau et même dans le pot d’échappement de la voiture de Tancrède. Toujours lui. Amours ? Hélas. Tancrède sème le trouble et récolte la tempête dans le coeur de Charlie. Bettina se languit du très très moche et si splendide Merlin. Enid fait des confidences. Geneviève se tait. Et Mycroft, le rat, tombe amoureux à son tour…
Date de parution : le 6 janvier 2016 Auteur : Malika Ferdjoukh (scénario, oeuvre originale) et Cati Baur (scénario et dessin)
Au nom de l’ordre et de la morale, un film documentaire de Bruno Joucla
Voilà un documentaire qui va en surprendre plus d’un ! On n’imagine pas du tout le passé de la Suisse, de 1940 à 1980. Ce qui s’est passé en Suisse est absolument épouvantable. Nombre de filles-mères ont été emprisonnées dans des prisons, uniquement parce qu’elles étaient enceintes et non mariées. Ou des enfants ont été placés dans des centres de rééducation parce qu’on jugeait leurs parents inaptes à leur éducation. Maisons terribles où seul le châtiment était de rigueur. Sans jugement, sans procédures judiciaires, les enfants étaient enfermées pour de nombreuses années. Des familles entières furent détruites au nom de l’ordre public. Des enfants, par milliers, furent maltraités et marqués au fer rouge. Des jeunes filles ont été stérilisées de force, on leur a enlevé leur bébé, de force, ou elles ont dû avorter de force.
Les personnes interviewées, d’une soixantaine d’années, sont encore traumatisées par le passé qu’ils ont vécu au nom de la soi-disant morale suisse. Bruno Joucla réalise un film-choc où l’on découvre le passé de la Suisse, passé qu’ils préfèrent oublier. Toutes les images d’archives font peur et montrent l’horreur du conformisme et d’une certaine morale religieuse. La Suisse, souvent montrée en exemple, cache un passé aussi douloureux qu’extrême.
Félvilág, un film de Attila Szasz
Félvilág est inspirée d’une histoire vraie, datant de 1914. Le film raconte l’histoire d’une jeune courtisane, Elsa, retrouvée morte, étranglée, dans le Danube. Le film retrace ses quatre derniers jours. Elsa a une gouvernante, qui est une ancienne amie, et un amant très riche qui l’entretient. Une jeune servante, ravissante, est embauchée, et découvre petit à petit les relations des adultes qui l’entourent. Pas toujours jolies, jolies… Passion, sexe, argent, tout est réuni pour faire de Félvilág un très bon film.
Le scénariste, Norbert Köbli, nous présente son film, qui est une véritable tragédie au sens classique. Unité de temps, de lieu, d’action. L’histoire se passe à Budapest, ville emplie de fantômes avec une histoire très lourde. L’histoire est vraie, le fameux architecte Max a réellement existé et ses pratiques sexuelles auraient été beaucoup plus violentes que dans le film. Elsa avait aussi de drôles de rapport avec les hommes et aurait été à l’origine de quelques suicides d’hommes qu’elle aurait éconduits.
Félvilág, un excellent film qui mêle fiction et réalité et qui nous fait découvrir la vie tumultueuse d’Elsa et de Budapest ! Avec de très bons acteurs !
[vc_text_separator title= »NOS DERNIERS FILMS COUPS DE COEUR » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Paris-Willouby, un film de Quentin Reynaud et Arthur Delaire
Paris-Willouby est le premier long-métrage de Quentin Reynaud (beau-fils de Guy Marchand)et Arthur Delaire, jeune duo d’auteurs qui signent la réalisation comme le scénario. Avec une belle affiche qui fait largement penser à Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Faris, le film fait d’ambitieuses promesses. Le casting annonce d’ailleurs un bon moment de cinéma en compagnie de Stéphane de Groodt, Isabelle Carré ou encore Alex Lutz. Pourtant, on a bien du mal à identifier clairement ce que raconte le film. Tentons un bref récapitulatif.
Paris-Willouby met en scène une famille recomposée ancrée dans une architecture caricaturale. Une famille parisienne où les deux parents ont chacun un enfant non commun et un enfant commun (ce qui fait trois enfants, vous suivez ?). Le frère (Alex Lutz) de la mère (Isabelle Carré) squatte la maison en éternel adolescent tandis que les deux ainés ont tendance à la fuir. Le grand-père maternel, que plus personne ne fréquentait, vient à succomber. Toute la famille décide d’aller à Willouby pour ses funérailles. Point de chute d’un road movie à l’esthétisme automnal qui trouve sa ponctuation dans d’étranges apparitions bovines, quelques mésaventures mécaniques, des remises en questions professionnelles et des engueulades familiales. Une comédie dramatique qui, sur le papier, semble plutôt classique voire indifférente.
Malheureusement, la magie n’opère pas. Les dialogues manquent de vigueur et de réalisme. Les personnages, sans doute trop nombreux, manquent de relief. Difficile pour le spectateur de débarquer dans une telle famille et de s’approprier chacun de ses membres. On ne ressent pas d’attachement, l’ambiance est molle, on ne rit qu’à de très rares occasions. Vraiment trop bancal, le scénario pâtit de l’absence d’intention claire. Une intrigue mieux lisible offrirait des perspectives et donc des surprises. Dans Paris-Willouby, même les grosses disputes n’ont pas de saveur.
[U]ne écriture fragile aux intentions mal canalisées.
La réalisation pourtant soignée profite d’une belle lumière dans les forêts effeuillées par l’automne. Habité par un onirisme sensible recherché par les réalisateurs, le film s’oublie dans quelques rêveries étranges qui ne manquent pas d’épaissir le brouillard de l’histoire. Difficile alors d’apprécier les performances des acteurs. Stéphane de Groodtmontre une facette beaucoup plus posée et délicate mais sans plus. Alex Lutzest très loin de Catherine (dans Catherine et Liliane) mais son rôle ne lui permet pas d’en faire des tonnes. Isabelle Carré est fidèle à elle-même, toujours naturelle. Mais c’est surtout la petite Aminthe Audiard (de la grande famille Audiard) qui étonne avec son grand regard et sa fulgurante sincérité de jeu. Quel dommage que le scénario n’exploite pas ces potentiels à disposition !
Paris-Willouby souffre d’une écriture fragile aux intentions mal canalisées. Le film s’enlise dans des archétypes surannés et impressions de « déjà-vu » à répétition comme dans une compilation abîmée par des transitions hasardeuses. L’alchimie est la grande absente de ce film dont on se demande comment un financement et un tel casting ont pu être possibles.
Un premier essai dont on aurait pu se dispenser. Gageons que les jeunes réalisateurs trouveront de quoi rebondir pour la réalisation de projets futurs en confiant, peut-être, l’écriture du scénario à de plus expérimentés.
Les Guilby Lacourt forment une famille recomposée typique de notre époque. Entre père, belle-mère, petite sœur, frère, demi-sœur, ou encore demi-oncle, ils ont parfois du mal à s’y retrouver ! Un soir, ils apprennent la mort d’un grand-père avec qui ils ont coupé les ponts depuis une dizaine d’années. Fatalement voués à cohabiter le temps d’un long voyage pour se rendre à son enterrement, ils vont tous très vite devoir s’adapter au concept du « vivre ensemble » dans l’espace exigu de la voiture familiale. Pour le meilleur et pour le pire !
Sortie : le 20 janvier 2016 Durée : 1h23 Réalisateurs : Quentin Reynaud, Arthur Delaire Avec : Stéphane De Groodt, Alex Lutz, Aminthe Audiard, Isabelle Carré, Joséphine Japy, Solal Forte Genre : Comédie dramatique
[vc_text_separator title= »NOS DERNIERS FILMS COUPS DE COEUR » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Le testament de Marie, un livre de Colm Toibin (Robert Laffont)
Colm Toibin est un auteur irlandais, connu et reconnu dans le monde entier. Son écriture se caractérise par une puissance du langage et une intensité des émotions. Dans Le testament de Marie, il nous livre son interprétation d’une histoire mondialement connue. Cette réécriture est novatrice, car elle a le mérite de donner la parole à un des personnages centraux, mais qui paradoxalement n’a jamais été mis en avant et écouté, ce personnage n’est autre que Marie.
L’auteur ne nous dépeint pas Marie comme une « sainte » ou bien encore comme une idole. Mais au contraire, elle nous est présentée comme une femme et une mère meurtrie par la perte de son fils.
Le livre n’est qu’un long monologue intérieur de cette mère, qui nous livre ses souvenirs, ses sentiments vis-à-vis de la tragédie que va vivre son fils. Celle-ci souhaite enfin parler et donner sa vérité en dépit des hommes qui veulent la faire taire. Cette femme dérange car elle veut remettre en question l’image de son fils créée par ses compagnons.
Le testament de Marie, est un roman court, seulement 121 pages, mais celles-ci sont chargées en émotions qui happent le lecteur pour le laisser à la fin désarçonné face au combat de cette femme.
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Ils sont deux à la surveiller, à l’interroger pour lui faire dire ce qu’elle n’a pas vu. Ils dressent de son fils un portrait dans lequel elle ne le reconnaît pas et veulent bâtir autour de sa crucifixion une légende qu’elle refuse. Seule, à l’écart du monde, dans un lieu protégé, elle tente de s’opposer au mythe que les anciens compagnons de son fils sont en train de forger. Lentement, elle extirpe de sa mémoire le souvenir de cet enfant qu’elle a vu changer. En cette époque agitée, prompte aux enthousiasmes comme aux sévères rejets, son fils s’est entouré d’une cour de jeunes fauteurs de trouble infligeant leur morgue et leurs mauvaises manières partout ou ils passent. Peu à peu, ils manipulent le plus charismatique d’entre eux, érigent autour de lui la fable d’un être exceptionnel, capable de rappeler Lazare du monde des morts et de changer l’eau en vin. Et quand, politiquement, le moment est venu d’imposer leur pouvoir, ils abattent leur dernière carte : ils envoient leur jeune chef à la crucifixion et le proclament fils de Dieu. Puis ils traquent ceux qui pourraient s’opposer à leur version de la vérité. Notamment Marie, sa mère. Mais elle, elle a fui devant cette image détestable de son fils, elle n’a pas assisté à son supplice, ne l’a pas recueilli à sa descente de croix. À aucun moment elle n’a souscrit à cette vérité qui n’en est pas une.
Date de parution : le 20 août 2015 Auteur : Colm TÓIBÍN (traduit par Anna GIBSON) Editeur : Robert Laffont Prix : 14 € (126 pages) Achetersur : Amazon
Intégrale de Ravel au piano par Bertrand Chamayou au Théâtre des Champs Elysées (75)
Haut lieu des concerts pianistiques parisiens, le Théâtre des Champs Elysées (TCE) accueillait Bertrand Chamayou le mardi 19 janvier pour un marathon Ravel. Trois heures consacrées au grand compositeur français, de quoi réviser ses classiques et apprécier le toucher tout en délicatesse d’un des plus grands représentants actuels du piano français. Le plaisir ressenti fut à la hauteur de l’enjeu de la soirée, vertigineux.
Le TCE, son style monumental furieusement Art Déco et sa légende. Les plus grands chefs d’orchestre y ont officié et les sifflets accueillant la représentation du Sacre du Printemps de Stravinsky en 1913 semble encore résonner et hanter les lieux. Sa renommée internationale attire les plus grands pianistes actuels pour des récitals à coup sûrs magiques. Pour cette saison 2015/2016, Gregory Sokolov et Christian Zacharias ont enchanté le public de leur technique parfaite. Nikolaï Lugansky et Lang Lang sont attendus prochainement. Boris Berezovky et Alexandre Tharaud sont des habitués. Je ne parle que des pianistes déjà cérémonieusement écoutés au TCE, salle ancrée dans le parcours international de stars du clavier qui gratifient bien souvent la ville lumière d’une seule et unique représentation. Les places s’arrachent dès leur mise en vente au tout début juillet de chaque année. Les prévoyants font leur budget et récoltent tous leurs précieux sésames d’un coup afin de ne rater aucun spectacle. Porte étendard de l’art pianistique parisien, le TCE n’a guère plus de concurrence depuis l’arrêt des concerts classiques à la Salle Pleyel. Raison de plus pour s’y rendre afin d’admirer les solistes renommés qui s’y produisent.
Parmi les pianistes français mondialement applaudis, Bertrand Chamayou bénéficie d’une notoriété grandissante. Lauréat en 2006 des Victoires de la musique classique dans la catégorie « révélation soliste instrumental de l’année« , il ne cesse de se produire en soliste ou accompagné pour finalement remporter le prix « meilleur soliste instrumental de l’année » en 2011. Une sorte de consécration pour ce musicien fortement imprégné de l’oeuvre des compositeurs romantiques. Connu et reconnu pour ses enregistrements de Franz Liszt, Franz Schubert et Mendelssohn, le pianiste s’attaque maintenant au monument français de la musique classique Maurice Ravel. Universellement connu pour un célèbrissime Boléro qui fait la joie des musiques d’ascenseur et des publicités télévisuelles, Ravel était avant tout un compositeur pour piano.
[U]n des évènements musicaux parisiens majeurs de la saison (…)
L’influence de la musique pour piano de Ravel sur la musique contemporaine est incontestable. Au même titre que son concurrent mais néanmoins confrère Debussy, Ravel a ouvert la musique classique à d’autres horizons. La liberté de ses compositions, ses ruptures rythmiques et la technique extrême de ses arrangements en ont fait un orfèvre du son au succès éblouissant de son vivant. En explorant de nouvelles contrées pianistiques, Ravel a poussé la perfection formelle de son oeuvre au delà des frontières antérieures. Il suffit d’écouter des compositeurs avant et après Ravel pour comprendre son influence sur la composition musicale toute entière. Preuve ultime, la musique de Ravel apparait régulièrement dans les productions cinématographiques. Une scène de danse dans The Dark Knight Rises avec la « Pavane pour une infante défunte » (There’s a storm coming, mister Wayne), cette même Pavane au détour d’un couloir dans le théâtre de Birdman, le Boléro dans Les uns et les autres de Lelouch, Ravel est partout au cinéma.
En se frottant à Ravel pendant pas moins de 3 heures et 2 entractes, Bertrand Chamayou créée pas moins qu’un des évènements musicaux parisiens majeurs de la saison. Et dès les premières notes de Jeux d’eau, le public comprend que le temps va se rétrécir et passer dans un souffle. Le rythme dansant et sautillant imprimé par le pianiste fait virevolter les notes de Ravel. La technique est parfaite, le toucher est alternativement léger et grave, le son n’est pas uniforme et suit une douce mélodie interprétée avec maestria. La Pavane suit un rythme inhabituel et quasi inédit. Régulièrement interprétée avec une langueur extrême, Bertrand Chamayou lui imprime un rythme plus enlevé et marqué par des accords de fin de parties puissants et même nerveux. Habitué à me prélasser dans les silences entre les notes, je m’en trouve privé et monte dans le train de la locomotive Chamayou. Inhabituelle mais non pas désagréable, cette interprétation atypique accentue la singularité du pianiste par rapport à ses contemporains.
La première partie du concert se clôt avec des Miroirs oniriques qui font s’envoler des spectateurs magnétisés par l’extrême précision de Bertrand Chamayou. Il semble s’amuser avec les envolées lyriques finales du morceau. Les applaudissements qui clôturent le premier volet sont à la hauteur de la prestation. Après quelques pas bienvenus pour se dégourdir des jambes comprimées dans le minuscule espace alloué par la très dense salle de concert, le récital reprend avec une composition de piano que j’affectionne particulièrement. Le Menuet Antique ravit mon ouïe par son interprétation puissante et sensible à la fois. Bertrand Chamayou maintient un rythme musclé mais pas pressé. Les notes sont délicatement détachées, pas de bouillie sonore, c’est clair et limpide. Je fonds. La Sonatine me ravit également, elle si souvent entendue à domicile sous les doigts de fée de ma collaboratrice pianiste. Chamayou imprime là aussi un rythme à la fois vigoureux et délié. La seconde partie se finit avec un Gaspard de la nuit d’abord profond puis aux sonorités jazzy que Ravel n’aurait pas reniées.
Le second entracte voit quelques spectateurs quitter la salle. Plus de 2 heures sont passées, les moins endurants crient grâce et préfèrent retrouver le froid polaire des rues parisiennes. Des Valses nobles et sentimentales enlevées accueillent le troisième volet du concert conclu par un Tombeau de Couperin étincelant. Un tonnerre d’applaudissement final accueille les dernières notes, c’est la folie dans la salle. Bertrand Chamayou a fait honneur aux lieux et à ses glorieux ainés. Il s’inscrit nettement parmi les pianistes majeurs de notre époque. Plusieurs concerts sont prévus en France en 2016, vous les trouverez dans le lien ci-dessous. L’occasion de vous rendre compte par vous mêmes de la finesse de son toucher et de l’élégance de son jeu.. Pianiste jamais encore entendu en live, Bertrand Chamayou m’a conquis et nul doute que je le reverrai prochainement pour d’autres grands moments pianistiques!
Pour finir et pour information, Nikolaï Lugansky et Lang Lang se produisent prochainement au TCE. Le premier est mon pianiste préféré de tout l’univers et le second m’avait très agréablement surpris en 2015 par l’allégresse communicative de sa prestation. Le Saint Petersbourg Ballet Theatre vient également nous rendre visite les 24 et 25 février prochains pour un Lac des Cygnes que j’attends émouvant. Pour les avoir vus en 2015 dans le Roméo et Juliette de Prokofiev, je ne peux que les recommander. A vos réservations!
Film d’ouverture du FIPA 2016 : Beatbox, boom bap autour du monde.
La cérémonie d’ouverture du FIPA 2016 fut simple et sobre. Didier Decoin, en tant que Président du FIPA, nous a présenté cette 29ème édition. Cette année, le FIPA fait un focus sur l’Espagne, nommée Capitale de la Culture européenne, en 2016. Didier Decoin pense que « la sélection des films réalise un scanner de notre monde actuel, monde mouvementé ». Ici, au FIPA, règne l’égalité entre tous.
Ils ont visionné près de 1400 films pour en sélectionner plus de 130. François Sauvagnarques, Délégué Général, nous parle du FIPA tout en numérique ! Chaque année un peu plus révolutionnaire, le FIPA.
Après nous avoir présenté les différents jurys, c’est le réalisateur, Pascal Tessaud, qui nous parle de son film sélectionné pour le film d’ouverture : Beatbox, boom bap autour du monde.
Un film très original sur les Beatbox. Si vous ne connaissez pas ce genre de musique, ce n’est pas grave. Maël Gayaud, Alem de son nom de scène, va vous entrainer dans son monde musical. Il a fait la surprise, à la fin de la projection du film, de venir sur scène, nous faire une démonstration de son art. Le public était complètement conquis et en aurait bien redemandé ! Mais notre champion du monde de Beatbox n’a fait qu’une courte apparition ! Un art absolument incroyable ! Et quelle bonne idée de donner « la parole » à ces jeunes !
Le feu vert est donné pour un merveilleux Festival, dans la bonne ambiance, en musique et en toute fraternité ! Alors, bon Festival à tous !
Un voyage inédit aux quatre coins de la planète Beatbox, ou “boîte à rythmes humaine”, avec les artistes qui font vibrer la scène internationale d’hier et d’aujourd’hui : Rahzel et Kenny Muhammad, à New York, ou Flashbox, Alem et BMG, en France, jusqu’aux championnats du monde de Berlin. Un art vocal détonnant aux racines ancestrales, qui consiste à imiter des instruments par la voix et par des bruits de bouche, donnant lieu à d’impressionnantes “batailles”.
Pour une expérience du Beatbox, découvrez Beatbox Maker, en compétition au Smart Fipa.
Petite vidéo faite par moi-même lors de la cérémonie d’ouverture à Biarritz : Maël Gayaud, alias Alem, champion du monde de Beatbox :
[vc_text_separator title= »NOS DERNIERS FILMS COUPS DE COEUR » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Les 8 Salopards, film le plus abouti de Quentin Tarantino
Et si le western était le genre filmique qui correspondait le mieux au cinéma de Quentin Tarantino ? On le sait depuis son tout premier long métrage, Reservoir Dogs, le surdoué américain adore le duel, les dialogues, le suspens et par dessus tout, le jeu d’acteur. Pulp Fiction et Kill Bill, que beaucoup considèrent comme ses meilleures oeuvres, possèdent beaucoup de codes inhérents au genre, le diptyque de la Mariée allant jusqu’à allier la simplicité de son scénario à la virtuosité mesquine qui entoure l’esprit de vengeance qui colle aux bottes et aux Stetsons du grand Ouest.
Huitième réalisation de Tarantino, Les 8 salopards semble être la quintessence de son cinéma, son âge de maturité, sa Madeleine de Proust. Le bonhomme se veut moins éparpillé, toujours aussi fendard, moins grand-guignolesque (quoique), plus ramassé et précis. Pour cela, il s’entoure de la fine fleur de son cinéma : Kurt Russell, Tim Roth, Samuel L.Jackson, Michael Madsen, tous de sacrées gueules d’acteur devenus des acteurs sacrés pour toute une génération cinéphile des années 80-90. Ces derniers sont comme des poissons dans l’eau, ne semblent avoir pris aucune ride ou presque et se retrouvent aussi affutés que lors de leurs plus belles heures Hollywoodiennes. Ils sont tous prêts pour le huis clos terrible que leur a concocté Quentin « Agatha Christie » Tarantino.
Un jeu de massacre d’une efficacité démentielle (…)
Un jeu de massacre d’une efficacité démentielle qui rappelle à quel point le réalisateur adore les jeux de piste, de suspens et de tension. On se rappelle encore avec quelle efficacité dévastatrice, le quasi-inconnu Autrichien Christoph Waltz avait fait son entrée dans le panthéon des bad guys, lors d’un face à face intenable en huis-clos avec Denis Ménochet en introduction d’Inglourious Basterds. Verbeux et crispant à souhait. Cette séquence peut d’ailleurs se voir comme une répétition des 8 salopards tant Tarantino va pousser à l’extrême ce processus pendant les 2h45 du film.
Si certains y verront un long maniérisme sans fin, poseur, grossier et machiste (Qu’est ce qu’elle ramasse la pauvre Jennifer Jason Leigh ! Elle n’a pas fait le voyage pour rien comme dirait l’autre), d’autres ne pourront que jubiler devant ce spectacle gargantuesque et minimaliste à la fois. Terminé les grands espaces après un quart d’heure de film – et encore on était loin de la canicule de l’Arizona – avec ces montagnes du Wyoming et son blizzard contraignant deux chasseurs de prime à faire escale dans la gargote du coin. Eux ce sont Russell et Jackson, aussi vifs et acérés qu’à leurs 20 ans. Amers, sarcastiques, méfiants et bourrus, ils pourraient parfaitement être les arrières grand-parents des gangsters de Reservoir Dogs. Le contexte historique en plus.
Celui-ci est d’une redoutable efficacité pour mettre un bon coup de projecteur sur le personnage de Samuel L.Jackson, sans le rôle du Black de service. Sauf que cette fois, suivant la pente amorcée par Django Unchained, le Black est au coeur de tous les sujets qui fâchent post Guerre de Sécession. L’occasion pour le cinéaste de régler quelques comptes avec son confrère Spike Lee autour de l’emploi du mot « Nigger », terme plutôt tabou outre-Atlantique. Le face à face verbal entre Jackson et Bruce Dern, parfait en ex-général des Sudistes, est d’ailleurs le moment le plus délicieux du film de par sa grossièreté, son rythme, son jeu de regard et évidemment son côté politiquement incorrect poussé au maximum. Du pur et dur Tarantino.
[S]on film le plus maitrisé et équilibré (…)
On rigole à gorge déployée avant de se crisper quand les détonations fusent quelques instants plus tard. Ce serait presque une recette de spaghetti. On parle de western évidemment, malgré les teintes rougeâtres donc se parent régulièrement les murs et visages de nos personnages. Oui, on a l’impression d’être aux plus belles heures du western à la Sergio Leone. Même si le débit mitraillette de Jackson contraste avec le mutisme charismatique de Eastwood, le résultat est le même : scène d’exposition hilarante et tordue succède à duel sans merci. Le tout souligné par la magnifique partition à la fois sombre et onirique de maestro Ennio Morricone, dont, fait extraordinaire, c’est la première participation à une BO de Tarantino, et ce malgré l’emprunt régulier de musique pour ses films précédents.
Vous l’aurez donc compris, ce huitième long-métrage de Quentin Tarantino apparait définitivement comme son film le plus maitrisé et équilibré, que ce soit sur le plan scénaristique, visuel, le jeu d’acteurs et le rythme malgré ses longueurs. Les partitions aussi virtuoses sont devenues tellement rares dans le paysage audiovisuel américain qu’on ne peut que saluer une telle performance. Il offre ainsi la part belle à toute une brochette d’oubliés du cinéma, ainsi qu’à d’éternels seconds couteaux (Le meilleur rôle de Samuel L.Jackson, de loin, et la renaissance de Jennifer Jason Leigh), sans oublier le wannabe Walton Goggins, scandaleusement démentiel en sorte de petite teigne croisement entre Joe Dalton et Tuco. Boudé par les Oscars, l’enfant terrible d’Hollywood continue ainsi son chemin entre irrévérence sourde et maestria artistique pour le plus grand bonheur des amoureux d’un cinéma qui claque.
Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où ils sont accueillis par quatre personnages énigmatiques : le confédéré, le mexicain, le cowboy et le court-sur-pattes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, l’auberge va abriter une série de tromperies et de trahisons. L’un de ces huit salopards n’est pas celui qu’il prétend être ; il y a fort à parier que tout le monde ne sortira pas vivant de l’auberge de Minnie…
Sortie : le 6 janvier 2016 Durée : 2h47 Réalisateur : Quentin Tarantino Avec : Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Walton Goggins, Demian Bichir, Michael Madsen, Tim Roth, Bruce Dern Genre : Western
[vc_text_separator title= »NOS DERNIERS FILMS COUPS DE COEUR » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Traces revient à Paris le temps de présenter leur cocktail vitaminé d’acrobaties, poétique et explosif, drôle et censé. L’une des plus fameuses compagnies de cirque du monde revient à Paris avec le phénomène Traces, consacré parmi les 10 meilleurs spectacles par le Time en 2011. En 10 ans de succès à travers le monde, Traces a visité 200 villes dans 25 pays et a été acclamé par près d’un million de spectateurs.
Dates : du 3 février au 23 avril 2016 Lieu : Bobino (Paris) Metteur en scène : Avec : Collectif les 7 doigts de la main
Pierre et Anna sont séparés. Elle se sent trahie. Il se sent persécuté. Ils sont en guerre et pourtant ils doivent se mettre d’accord pour organiser la vie de leur enfant de trois ans. Une médiation familiale doit leur permettre de renouer un dialogue pacifique et de s’entendre. La médiation aboutira-t-elle alors que les deux médiatrices s’opposent, elles aussi, sur la manière dont elles doivent conduire la médiation ? Une histoire de séparation qui aborde avec beaucoup d’humour un sujet moderne et actuel. Une pièce incontournable de la rentrée théâtrale !
Dates : Jusqu’au 17 juillet 2016 Lieu : Théâtre de Poche (Paris) Metteur en scène : Julien Boisselier Avec : Julien Boisselier, Raphaëlline Goupilleau, Chloé Lambert, Ophélia Kolb
Sous les lumières, on aperçoit deux visages. Celui de Pierre (Julien Boisselier), perturbé et celui d’Anna (Chloé Lambert) bouleversé. Les deux vont vivre leur première séance de médiation familiale, une solution proposée aux couples souhaitant se séparer pour régler leurs conflits et aboutir à un consensus sur l’organisation de cette séparation. Aux manettes de cette médiation, Isabelle (Raphaëline Goupilleau) et Jeanne (Ophélia Korb), deux personnages légèrement névrosées et qui ont, elles aussi, des conflits à régler.
Une pièce intelligente et pleine d’humanité, dramatique et comique à la fois.
C’est une pièce intelligente et pleine d’humanité, dramatique et comique à la fois. Dans l’histoire, il y a Pierre le fanatique de dinosaures persuadé qu’il va mettre au point l’invention du siècle avec une application sur l’ère du crétacé. Anna, elle, est angoissée en permanence et dramatise toute situation. Sous les yeux (personnifiés) de leur fils de trois ans Archimède, les deux vont laver leur linge sale en public et se retrouver dans les situations les plus cocasses. De leur situation dramatique, on rigole beaucoup. Les deux médiatrices vont leur faire vivre un enfer, et vice-versa. C’est avec énormément d’humour que l’auteur aborde ce sujet dont elle a elle-même fait l’expérience et été « étonnée par les potentialités comiques et dramatiques d’un tel cadre« . Devant un tableau lumineux sur lequel les médiatrices vont inscrire les mots-clés de la médiation, les personnages changent de visage, de point de vue. Derrière le dragueur trompeur et menteur, il y a un père attachant. Et derrière la psychorigide hypocondriaque, il y a une mère amoureuse. Et dans l’exercice de l’impartialité, les médiatrices vont elles-aussi dévoiler leurs sentiments et leurs secrets.
Une pièce originale en cette rentrée théâtrale, à voir absolument !
[vc_text_separator title= »NOS PIECES ET SPECTACLES COUPS DE COEUR » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Michel Tournier est mort, hier, à 91 ans. Qui n’a pas lu au moins un livre de ce grand écrivain, reconnu par tous comme un grand talent, dès la parution de son premier roman, Vendredi ou les limbes du Pacifique ?
Pourtant Michel Tournier n’a écrit que neuf romans, pour adultes et enfants. Ce qui est très peu dans la carrière d’un écrivain. Il faut dire qu’il a commencé à 42 ans, avec Vendredi ou les limbes du pacifique, qui a obtenu le Grand Prix du roman de l’Académie Française en 1967, et qui sera réécrit pour devenir le fameux roman que tout le monde a lu et même étudié au Collège : Vendredi ou la Vie sauvage, publié en 1971. Il s’est arrêté d’écrire il y a une vingtaine d’années. En 1970, il obtient le Prix Goncourt avec Le Roi des aulnes. Il devient membre de l’Académie Goncourt en 1972.
Il n’écrivait plus mais faisait de multiples conférences et s’il ne parcourait plus le monde, il passait une grande partie de son temps en conférences dans les écoles où on étudie ses œuvres depuis toujours. Il voulait transmettre sa passion de la lecture.
Michel Tournier vivait à Choisel où il s’était installé depuis plus de 50 ans. Il est mort chez lui, entouré de ses proches. Le monde littéraire est en deuil. La France est en deuil. Elle a perdu un Grand Homme.
Daho, L’homme qui chante, une BD de David Chauvel et Alfred (Delcourt)
Daho, L’homme qui chante est une petite lucarne ouverte sur l’intimité d’Etienne Daho. Le chanteur raccourcit son habituelle distance protectrice pour se livrer pudiquement à travers la plume de David Chauvel (Alexandre, L’épopée, Black Mary, Le Poisson-clown, Soul Man, WW2.2) et d’Alfred. La réalisation de son dernier album Les chansons de l’innocence retrouvée sert de fil rouge à un récit introspectif où les réflexions personnelles se mêlent aux commentaires éclairants de ses collaborateurs proches et moins proches. Pas d’avalanche inconsidérée de détails, juste des confidences délicatement distillées et soulignées par un dessin finement elliptique.
Figure de la scène Pop française depuis son premier album Mythomane en 1981, Etienne Daho a sorti pas moins de 13 albums gorgés d’hymnes de la chanson française. 35 ans de carrière méritent bien un petit clin d’oeil, surtout quand ce laps de temps correspond presque exactement à la durée de ma vie martienne. Né le 14 janvier 1956 (bon anniversaire avec un peu de retard!), Daho émerge au milieu de la scène rock rennaise à la fin des années 70. Le filet de voix fragile, la tessiture grave, les délicates harmonies et la poésie des textes l’imposent rapidement à un public devenu passionné et fidèle. Un récent concert à Rock en Seine toute fin aout 2015 m’a confirmé l’évidence. Etienne Daho donne sans compter quand il s’agit de partager des émotions pures. Réarrangements des classiques, ajout de morceaux plus récents, le concert fut un moment phare du festival. Je me souviens d’une pelouse diskönoir de monde et de chansons reprises à tue tête par une foule conquise.
La composition et l’enregistrement des chansons de l’innocence retrouvée sont analysés pas à pas par ceux qui l’ont fait. Musiciens, équipe de production, équipe technique, tous sont mis à contribution pour donner des accents de vérité au récit. Les petites habitudes, la magie du tâtonnement, l’immédiate convivialité que le chanteur installe avec ses collaborateurs, des détails habituellement éludés sont ici livrés et dévoilent des pans entiers de sa personnalité. Les attractions (désastres?) avec Londres, la vie en tournée monacale et l’année écoulée entre l’édition du disque et la tournée promotionnelle sont les grandes étapes d’un récit apaisé et mélancolique. Presque content de ne pas m’être plongé plus tôt dans le dernier album, j’ai pu mêler écoute et lecture pour découvrir sa substance. Il est des rendez vous, pas de coïncidences…
« [Un] récit […] d’une limpidité étonnante »
D’aucuns analyseront cette volonté d’épanchement comme une élégante manière de confesser les raisons de cette tournée Diskönoir décalée de plusieurs mois. L’intense fatigue physique ressentie suite à une longue convalescence s’exprime avec des dessins simples et des explications directes. Dans un monde réévolué, Etienne Daho a pris le soin de ne pas tricher et de rencontrer son public en pleine possession de ses moyens. Comme libéré d’un poids pesant, il semble en complète adéquation avec son intemporelle sincérité. S’il revient aussi peu que possible sur cette abracadabrante rumeur de sa mort en 1996, il égrène surtout le fil de ses albums et leur place dans sa vie. De La Notte La Notte à L’invitation en passant par Paris Ailleurs, la BD donne envie de découvrir (ou redécouvrir) sa discographie.
Une fois les 140 pages avalées me vient cette réflexion. David Chauvel et Alfred semblent laisser la plume à un chanteur qui se livre à un récit quasi autobiographique. A qui s’adresse Etienne Daho ? Ses fans boiront ses commentaires aussi religieusement qu’ils écoutent chacun de ses nouveaux albums. Les débutants en Etienne Daho préfèreront passer par la case écoute des albums avant de côtoyer de si près un chanteur encore inconnu. Les contempteurs ne se donneront pas la peine de creuser le sillon d’un chanteur qu’ils méprisent. J’en oublie que ce n’est pas Daho qui guide l’ouvrage, c’est une BD sur Daho avec quelques incursions du chanteur. Les frontières sont floutées et il faut de nombreux passages sur les innombrables qualités du chanteur pour se souvenir. Les hommages continuels sont autant de rappels que le discours ne peut être que très policé pour faire le tour sans encombres de sa personnalité publique. Mais le Daho privé reste insondable et insondé. Toujours ce besoin d’auto-protection… Si les auteurs semblent se départir de tout recul, cela touche vraisemblablement à leurs visées. Il s’approchent si près du chanteur qu’ils sont comme fascinés et oublient le regard critique.
Un petit mot, justement, sur les auteurs, je ne voudrais pas donner l’impression de m’échouer avec plaisir sur les cotes Dahoiennes tel un Ulysse irrésistiblement attiré par son chant de sirène. Le récit est d’une limpidité étonnante, simplifiant au maximum l’élaboration somme toute fastidieuse d’un album pour n’en laisser qu’une impression persistante de fluidité. Le dessin me rappelle les bulles de Berberian, avec une ligne claire et une économie de détails. Si ce sont les auteurs qui ont d’abord approché le chanteur, la rencontre ne semble pas du tout fortuite. Le naturel de ce bel équipage enchante le lecteur fan de Daho. Comme tous les ouvrages quasi hagiographiques, la connaissance préalable du sujet est un atout mais non pas une nécessité. Laissez vous guider pour mieux redécouvrir et apprécier le chanteur.
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
« Nous souhaitons faire un livre atypique, passionné, différent, beau, tout simplement, autour d’un artiste qui nous émeut et nous passionne. » Ainsi se termine le mail envoyé par les auteurs, en septembre 2012, au manager d’Étienne Daho. Ils ignorent alors que de Londres à Paris puis sur les routes de France, ils vont suivre l’artiste pendant deux ans et demi et raconter comment on fait un disque, depuis son écriture jusqu’à la fin de la tournée.
Date de parution : le 21 octobre 2015 Auteurs : David Chauvel (scénario) et Alfred (scénario et dessin) Genre : Biopic Editeur : Delcourt Prix : 18,95 € (140 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Dans le cadre de la ligne de programmation « Conversations » de Donostia / San Sebastián 2016, Capitale Européenne de la Culture, nous vous convions à participer au Bal de la Belle et la Bête qui se déroulera au Teatro Victoria Eugenia de Donostia / San Sebastián, le Samedi 6 février.
Sous l’égide du maître à danser, Arnaud Mahouy accompagné des danseurs du Malandain Ballet Biarritz, vous célèbrerez de manière originale et conviviale « le danser ensemble » en étant invité à passer la frontière entre la salle et la scène, et vivre le spectacle d’un point de vue inédit.
Après un premier échauffement et l’apprentissage de phrases chorégraphiques, vous pourrez vous exprimer pleinement dans une ambiance festive et vivre une expérience inédite sur la scène du Théâtre Victoria Eugenia de Donostia/San Sebastián en compagnie de l’ensemble de nos danseurs.
Informations pratiques :
Attention : places limitées ! (80 personnes max.)
Nous vous proposons deux sessions de Bal : 17h et 20h
Durée : environ 1h20
Age minimum : 9 ans
Dress code : Noir et or (munissez-vous de vêtements et chaussures confortables pour danser)
Gratuit sur inscription dans la limite des places disponibles : malandainballet.com/bal
29ème édition du FIPA 2016 : 130 films présentés à Biarritz
Le FIPA, Festival International de Programmes Audiovisuels, démarre ce soir à Biarrtitz avec une cérémonie d’ouverture exceptionnelle. Le FIPA aura lieu du 19 au 24 janvier, ouvert à tous, professionnels et non professionnels. Les séances de projection se répartiront entre le Casino municipal, le Bellevue, la Gare du Midi, le cinéma Le Royal, le Colisée et la médiathèque. 130 films présentés dont 70 en compétition. C’est l’écrivain Didier Decoin qui préside cette 29ème édition.
Ce soir, soirée d’ouverture à la Gare du Midi, à 19h30, suivie de la projection de Beatbox, boom bap autour du monde, en présence du réalisateur Pascal Tessaud et du Beatboxeur Mael Gayaud.
Héros sur canapé, La deuxième séance : une BD de Wandrille et co (Vraoum!)
Wandrille et ses amis (TEBO, Guillaume Long, Pochep, James, NOB … Et des dizaines d’autres encore) nous livrent ici le deuxième volet de Héros sur Canapé, qui avait été chroniqué sur Publik’Art. C’est avec beaucoup d’humour et un peu plus de sérieux que dans le premier opus (fiches d’introduction sur le test du Rorschach, le ça, le moi et le surmoi), de nombreux personnages réels ou virtuels se confient sur le divan d’un psy.
Toutes les planches ne sont pas drôles, mais on parcourt avec plaisir les pages à la recherche de notre héros préféré, pour voir à quelle sauce il sera mangé.
On retrouve, malgré la diversité des auteurs, une certaine unité dans le dessin et la blague. A découvrir dans les librairies les plus audacieuses !
Mention spéciale pour le prix du meilleur album 2015 de BD psychanalytique autoproclamé.
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Comment penser que des mecs qui rendent la justice avec cape et collant puissent ne rien avoir à dire à un psy ? C’était l’idée de départ de la Psychanalyse des Héros… 10 opus plus tard, bien d’autres héros ont été soumis à analyse : les héros d’aventure, de Star Wars, les Mickey, les héros de l’antiquité…
Plusieurs dessinateurs talentueux se sont relayés pour illustrer les délires de Wandrille. Le tome 1 était un recueil du best-of des psy du héros, plus une cinquantaine d’inédits parus sur tumblr, ce tome 2 est uniquement composé d’inédits parus sur le tumblr. Particularité dans ce tome : un mini-Freud explique au profane les concepts de base de la psychanalyse, dans des planches de BD humoristiques : Qu’est-ce que le test de Rorschach, le transfert, le complexe d’œdipe. Pour sortir de là plus calé qu’on y est rentré !
On y retrouve : Optimus Prime, les Tortues Ninja, Où est Charlie, Judge Dredd, Breaking Bad, DocteurWho, les Barbapapa, Les Moomins, Winnie l’ourson, Bioman, Musclor, les chevaliers du Zodiaque, Little Nemo, Serge Gainsbourg, Olive et Tom, Street fighters 2, Terminator, Godzilla, Daft Punk, Picasso, les Angry Birds …
Et au dessin, les meilleurs : TEBO, Guillaume Long, POCHEP, James, NOB, Fred Salsedo, CED, Gilles Rochier, PAKA, Guillaume Aventurin, MIG, Fabrice Giband, Jean-Luc Cornette, Pierrot, Julie Gore, Matt Dunhill, Stéphane Hirlemann.
Date de parution : le 25 novembre 2015 Auteurs : Wandrille & co. (scénario et dessin) Genre : Humour Editeur : Vraoum! Prix : 16 € (112 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Par de très belles illustrations, Camille Garoche nous livre dans Fox’s Garden un conte philosophique qui s’adressera principalement aux enfants dont l’imagination débordante donnera un sens à ce récit sans parole. Les parents seront tout autant ravis de découvrir les secrets de création, qui sont expliqués à la fin de l’ouvrage (découpage, photos et réalisation de maquettes). L’histoire est néanmoins très simple et s’adresse donc à un très jeune public. On attend donc de voir si l’auteur pourra subtilement combiner son grand talent d’illustratrice avec une histoire un peu plus aboutie dans une prochaine BD.
Par une froide nuit d’hiver, une renarde cherche désespérément un abri pour mettre au monde ses petits… Les premiers flocons font leur apparition. Chassé tour à tour par les habitants du village, l’animal sauvage finit par se réfugier dans une serre, au fond d’un jardin… Depuis la fenêtre de sa chambre, un petit garçon l’aperçoit et décide de lui apporter son aide. Trouvera-t-elle une idée singulière pour le remercier ?… Cette histoire sans textes, source de belles valeurs – générosité, entraide, échange – propose une lecture visuelle incitant à une exploration différente. Teintées de magie et de féérie, les illustrations prennent vie, tout en délicatesse, et s’animent au fil des pages.
De l’émotion pure.
Date de parution : le 25 novembre 2015 Auteur : Camille Garoche (scénario et dessin) Genre : Jeunesse Editeur : Soleil Prix : 12,99 € (24 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Carol est une adaptation du roman de Patricia Highsmith, publié en 1952 et qui connut un énorme succès à l’époque, surtout auprès des homosexuels. L’auteur avait utilisé un pseudonyme, Claire Morgan, pour éviter tout scandale. Son livre raconte, en fait, sa propre histoire, une relation homosexuelle qu’elle a eue avec une femme plus âgée qu’elle et qui du coup, a perdu la garde de son enfant.
Carol, le film de Todd Haynes raconte donc cette relation, qu’à l’époque on qualifiait de totalement anormale. L’histoire se situe en 1953, et très vite, on sent l’attirance de ces deux femmes : Therese et Carol. On imagine mais on ne ressent pas grand chose. C’est même plutôt glaçant… Bizarre pour une histoire d’amour, non ?
Une très belle adaptation mais au final une interprétation qui n’est pas explosive.
Carol est une merveille de reconstitution des années 50. Que ce soit au niveau des décors, des costumes, de l’ambiance, des mentalités, de la musique, tout y est ! On est projeté plus de 60 ans en arrière, comme par miracle. Difficile pour nous d’imaginer le scandale que provoquait toute relation homosexuelle. Du coup, la première partie du film semble longue, terriblement lente et ennuyeuse. Il ne se passe pas grand chose, juste des regards entre ces deux femmes totalement différentes.
Bien sûr, Cate Blanchett est prodigieuse d’élégance, de beauté mais en même temps tellement coincée et froide, alors que Rooney Mara est beaucoup plus naturelle. Rooney Mara a obtenu le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 2015. Et elles sont toutes les deux nominées pour les Oscars.
Une très belle adaptation mais au final une interprétation qui n’est pas explosive. Un beau film, avec une belle musique, des beaux costumes certes, mais un film complètement démodé, sans émotion en quelque sorte. Une période d’après-guerre où l’homosexualité était considérée comme une maladie. Mais là où le sujet aurait été intéressant à développer, il est juste abordé quelques secondes. Pas non plus de passion dévorante, pas de folies corporelles, juste des scènes bien filmées où l’on ne montre rien, comme des tableaux exposés à une belle lumière. Personnellement, je n’ai rien ressenti, et quel dommage ! Mais pourquoi donc tant de récompenses pour ce film ? Et tant de critiques dithyrambiques ?
Dans le New York des années 1950, Therese, jeune employée d’un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d’une cliente distinguée, Carol, femme séduisante, prisonnière d’un mariage peu heureux. À l’étincelle de la première rencontre succède rapidement un sentiment plus profond. Les deux femmes se retrouvent bientôt prises au piège entre les conventions et leur attirance mutuelle.
Relation cheap, une BD de Elosterv et Davy Mourier (Declourt)
– Elosterv au sujet de Davy : « C’est l’humain le plus fort de l’Univers. »
– Davy au sujet d’Elosterv : « C’est son album de la maturité, (…) un chef d’œuvre de bon goût et de réflexion ».
Voilà qui résume bien cette belle rencontre. Dans Relation Cheap, le geek – également acteur et animateur sur NoLife – Davy Mourier (la Petite Mort, 41€ pour une poignée de psychotropes, le dernier homme sur terre, 50 francs pour tout et Karaté Boy) nous amuse avec la blogueuse au style kawaï Elosterv (La Psychanalyse du héros d’aventure) dans un récit hybride réalisé à quatre mains. Les deux auteurs qui mettent en scène leur relation virtuelle. Des conversations par écrans interposés, entrecoupées d’histoires courtes, avant une rencontre « IRL » (In Real Life). Les personnages y sont très attachants, on se prend rapidement au jeu. On attend autant qu’eux la réception de nouvelles planches. On aurait presque envie d’actualiser sa boîte mail, pour aller plus vite. Ce qui est fort, c’est que ce sont plusieurs BD dans une même BD. Différents styles graphiques sont utilisés pour illustrer avec humour leur relation particulière. Excellent concept de BD, alors on en redemande !
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Depuis Internet, c’est bien plus facile d’aller sur YouPorn mais ça n’a pas rendu les rapports amoureux plus simples ! Une relation à travers des écrans plats est-elle vouée à rester platonique ? Faire le même métier, ça permet de choper plus vite ? Davy et Elosterv donnent leurs réponses dans une BD sur eux, sur les relations virtuelles et « IRL » et sur l’amour un peu foireux qui finit mal (en général).
Date de parution : le 13 janvier 2016 Auteurs : Davy Mourier et Elosterv (scénario et dessin) Genre : Humour Editeur : Delcourt Prix : 15,50 € (96 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Jappeloup, tome 1 : une BD de Durand, L’hermenier et Penco Sechi (Jungle)
Quelle déception pour cette BD jeunesse reprenant la célèbre histoire du cheval Jappeloup et de son illustre écuyer, Pierre Durand. Permettez-moi de parler en tant que modeste écuyère et ancienne adolescente collectionnant les posters de chevaux dans sa chambre, qui j’en suis sûre aurait adoré recevoir cette bande-dessinée. Mais voilà, au delà du fait que j’ai grandi, et que je ne suis peut-être plus aussi bohème, je suis attristée de voir que cette belle histoire ne soit pas si bien mise en valeur. Les dessins sont très grossiers, surtout ceux des chevaux (et Dieu seul sait comme c’est important pour une bd équestre les dessins des montures). Les couleurs peu flatteuses. Ayant apprécié l’adaptation au cinéma (et ce n’est pas que grace à Guillaume Canet) je ne comprends pas l’auteur qui a tant survolé l’histoire. Un bon point néanmoins pour les planches insérées à la fin. Un tome 2 est annoncé, il faudra qu’il soit meilleur pour séduire !
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Comme tous les garçons de son âge Pierre est un jeune écolier, fan de football. Un jour, alors qu’il dispute un match avec ses amis, le ballon atterrit dans une prairie plus loin. Le jeune Pierre part alors à la recherche du ballon sans se douter qu’il va faire la plus belle rencontre de sa vie… Celle de Jappeloup ! À eux deux, ils marqueront à jamais l’histoire du sport équestre. Mais avant de rêver de médailles, ils devront d’abord apprendre à se connaître, se faire confiance et relever les premiers défis qui vont se dresser sur leurs routes.
Date de parution : le 4 novembre 2015 Auteurs : Durand, L’hermenier et Penco Sechi Genre : Adaptation d’une histoire vraie Editeur : Jungle Prix : 10,60 € (48 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Asier Altuna est un réalisateur basque, du Pays Basque sud, côté Espagne. Le cinéma L’Atalante l’a reçu pour son avant-première où Publik’Art a eu la chance de le découvrir. Son film, Amama n’est pas un film autobiographique, dit-il, mais tout ce qu’il raconte se rapproche de la réalité, de ce qu’il a connu. Il a lui-même vécu à la campagne jusqu’à ses vingt ans. Amama , film basque sous-titré en français, est une fiction, mais en réalité c’est presque un documentaire sur le monde rural d’aujourd’hui, au Pays Basque Sud. Ce film signe-t-il la fin d’une époque, celle du monde paysan ? Amama est centré sur la vie d’une famille, à la campagne. La grand-mère, Amama, les parents et leurs trois enfants. Mais surtout sur leur ferme, en plein cœur du magnifique Pays Basque espagnol. Avant d’entrer dans l’histoire de cette famille, Asier Altuna nous filme son pays de façon sublime. Les photographies y sont superbes de légèreté alors que l’ambiance du film est souvent plombante.
L’intérêt du film réside dans les non-dits. Tout passe par les regards ou les gestes.
Les trois enfants de Tomas ne veulent pas rester à la ferme. Le fils qui devait hériter de cette lourde tâche s’en va en ville. Reste Amaia, leur fille. Mais les relations avec son père vont empirer et Amaia ne va pas se laisser faire. Elle va quitter la ferme, ses parents et son Amama qu’elle adore. Elle va, enfin, pouvoir consacrer sa vie à l’art, étant profondément artiste. Mais cela ne va pas se faire sans heurts.
L’intérêt du film réside dans les non-dits. Tout passe par les regards ou les gestes. Très peu de paroles. Tomas agit, et ne discute pas. La communication, ce n’est pas son truc. Et ce, depuis toujours. Son père lui a appris à travailler la terre, c’est sa seule raison de vivre. On sent la douleur de cet homme face aux réactions de ses enfants qui fuient les uns après les autres, le travail de la ferme. Son univers à lui s’effondre.
Le réalisateur, Asier Altuna, met très bien en évidence ce conflit de générations. Aujourd’hui, nous dit Asier, chaque jour une ferme disparaît définitivement. Le monde rural meurt. Qui va cultiver la terre ? Qui va ramasser les pommes ? Les jeunes ne veulent plus de cette vie-là. Avec ce film, c’est une page de l’histoire du monde rural basque qui se tourne. Le film est lent, volontairement. Empli de silences intenses. Beaucoup de poésie et de profondeur en ressortent. Film authentique. Bien sûr, c’est un film basque, sur le Pays Basque, mais il pourrait tout à fait être tourné en France où l’on rencontre les mêmes problèmes dans le monde rural.
Amama est merveilleusement interprétée par Amparo Badiola, une femme très élégante de 84 ans qui n’avait jamais fait de cinéma. Elle ne parle guère mais quels regards ! Amaia, la jeune fille rebelle artiste, est jouée par Iraia Elias, ravissante et excellente, et déjà nominée au Goya 2016 de la meilleure actrice.
Amama rencontre un franc succès dans tout le Pays Basque et a été couronné au festival de San Sebastian ! A chaque avant-première, les cinémas font salle pleine ! Une jolie façon de découvrir le Pays Basque profond, le cœur du Pays Basque ! Longue vie à Amama !
Dans une famille du Pays basque rural, Amaia est la benjamine de trois frères et sœurs. Un conflit de génération éclate quand Gaizka, l’aîné sensé reprendre la ferme, décide de partir à l’étranger. Sous les yeux de sa grand-mère impassible, Amaia se heurte à l’inflexibilité de son père qui ne vit que par les traditions et le rythme immuable des travaux des champs. Impossibles à concilier, leurs visions de la vie trop éloignées les séparent.
Sortie : le 20 janvier 2016 Durée : 1h43 Réalisateur : Asier Altuna Avec : Iraia Elias, Kandido Uranga, Klara Badiola, Ander Lipus, Manu Uranga, Amparo Badiola y Nagore Aranburu… Genre : Drame VO (euskara) STF
[vc_text_separator title= »NOS DERNIERS FILMS COUPS DE COEUR » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
La France se relève doucement des attentats qui ont eu lieu sur son territoire. L’esprit du 11 janvier a été conçu au printemps 2015, après les atrocités commises au début de cette même année et son écriture s’est terminée la veille des attaques du 13 Novembre dernier. SergeLehman (Metropolis, L’Oeil de la Nuit, La Brigade chimérique, Masqué…) nous livre une véritable enquête « mythologique » comme il l’appelle sur les coïncidences, plus que troublantes, survenues début janvier 2015. Au-delà des simples supputations, c’est une véritable revue de presse qui est exposée. Les allusions historiques sont nombreuses et les dessins en noir et blanc, signés Gess (Carmen Mc Callum, L’Oeil de la Nuit), représentent les différents protagonistes avec un réalisme étonnant.
Nous sommes plongés au cœur de la réflexion de l’auteur, derrière son bureau. Nous vivons avec lui cette recherche du sens à donner aux traumatismes profonds que les Français ont vécus. L’Esprit du 11 janvier nous donne l’espoir que la vie a repris, mais différemment. Cette BD est un véritable bijou de littérature que l’on peut lire et relire, tant son fond est très profond. A se procurer absolument !
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
C’est à une rêverie que nous convient Serge Lehman et Gess dans ce retour sur les attentats qui ont frappé la France. Mais aussi une enquête sur les petits faits étranges qui ont scandé la tragédie : coïncidences, thèmes qui se répondent, personnages dédoublés, signes du ciel, etc. Les auteurs explorent, par jeu autant que par refus de céder au désespoir, la possibilité d’un miracle que personne n’aurait vu.
Date de parution : le 6 janvier 2016 Auteurs : Serge Lehman (scénario) et Gess (dessin) Genre : Société, documentaire Editeur : Delcourt Prix : 9,95 € (80 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Visiblement, cette petite fille ne sait pas du tout ce que peut être de la neige. Lorsque son père lui explique ce qu’il a vu par la fenêtre, sa réaction est étonnante et ne manque pas de faire rire ses parents ! Une vidéo à partager avec toute la famille.
Qui ne dit mot, une BD de Stéphane de Groodt et Grégory Panaccione (Delcourt)
Grosse déception avec Qui ne dit mot. Cette bande-dessinée qui s’annonçait très drôle sur le papier, de part son titre, sa préface mais aussi son scénariste : l’humoriste, chroniqueur et acteur, également roi des calembours, Stéphane de Groodt. Si sa réputation n’est plus à faire, malheureusement, le loufoque ne prend pas. On y croit à un moment, on se laisse rapidement emporté dans son délire et puis, plus rien. Les dessins de Grégory Panaccione sont justes, mais il n’en ressort rien d’autre dans ce contexte (ce qui était loin d’être le cas sur Un Océan d’amour). Dommage !
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
John est très en retard pour son rendez-vous. Changement d’heure, voisins pénibles, embouteillages, taxi lourdingue. le monde entier semble s’être ligué contre lui et la journée se révèle difficile, « trop » pleine de surprises, pour ne pas dire étrange. Tous ces obstacles sont-ils vraiment le fruit du hasard ? Découvrez un récit riche en rebondissements à l’humour absurde unique et débridé !
Date de parution : le 4 novembre 2015 Auteurs : Stéphane de Groodt (scénario) et Grégory Panaccione (dessin) Genre : Humour Editeur : Delcourt Prix : 17,95 € (144 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Après le succès public et critique d’Henry VI, saga de dix-huit heures, Thomas Jolly revient avec Richard III dont il prend les traits et conclut la trilogie pour l’inscrire dans un dernier sursaut de noire politique où l’esthétique gothique accompagne la marche du mal.
Richard III consacre la figure emblématique d’un homme honni, meurtri par l’absence d’amour et un handicap physique qui nourrissent chez lui un ressentiment face à sa naissance maudite.
Mais la pièce déploie aussi la tragédie d’un homme rusé et diabolique qui utilise sa rancœur comme une arme et instrumentalise les divisions au sein du royaume pour s’emparer du trône. Shakespeare à travers cette fresque démoniaque traite donc de la question du pouvoir et de son ascension aux prises avec des stratégies de séduction et de manipulation. Où le prétendant pour accéder au trône devient la figure du mal absolu au service d’une ambition tyrannique et sanglante qui interroge également la force rhétorique du langage et de sa machination, capables d’asseoir un dessein.
Et dans cette fuite en avant se lit aussi l’imaginaire déjà grotesque de Shakespeare et son goût pour une théâtralité exacerbée. Car Richard use de tous les artifices du théâtre à l’instar de Thomas Jolly et de ces faisceaux lumineux qui tournoiement sur la scène, éblouissent les spectateurs, et sculptent l’espace au gré de la déshumanisation qui s’installe, des rebondissements et de la mort qui rôde.
[…] Des scènes fortes égrènent le spectacle […]
La Famille d’York vient de conquérir le royaume d’Angleterre. Henri VI a été tué, Edouard IV règne. Son frère, Richard de Gloucester, monstre difforme et mal aimé supporte mal cette paix qui s’installe. il en sera donc le trouble-fête vénéneux et tragique. Il entame une sanguinaire marche au trône en faisant assassiner son frère Clarence, puis, son autre frère, le roi lui-même.
Dès lors, plus rien ne l’arrêtera pour se débarrasser de tous les gêneurs – ennemis comme amis -, avec beaucoup de facilité, là où l’ horreur de Richard III n’est pas que Richard, mais le résultat d’un processus collectif qui prend aussi ses racines dans sa lignée déjà fratricide.
Thomas Jolly est un Richard III omniprésent. Un soleil noir aussi brûlant que maléfique où entre difformité et mégalomanie, séduction et manipulation, il fait de sa conquête du pouvoir une damnation assumée.
La mise en scène de Thomas Jolly dans un parti-pris aux codes visuels très référéncés et une ambiance pop/rock joue à merveille la carte Shakespearienne avec ses différents degrés de théâtralité qui oscillent entre réalité et fiction, tragédie et bouffonnerie, focalisant des scènes aussi tragiques, clownesques que puissantes. Le tout porté par une direction d’acteurs homogène.
[…] un soleil noir aussi brûlant que maléfique […]
Des scènes fortes égrènent le spectacle à l’instar du couronnement de Richard III qui prend des allures de concert rock digne d’un meeting politique où la manipulation du peuple est portée à son paroxysme ou celle encore qui voit tel un clip vidéo les fantômes et les remords assaillirent le roi.
A partir d’une aire de jeu à ciel ouvert propre au théâtre élisabéthain, encadrée par des échafaudages métalliques et l’utilisation de la musique, de la lumière, elle est un écrin tonitruant à ce théâtre de bruit, de sang et de fureur.