Les figures de l’ombre au prisme de l’histoire

Les figures de l'ombre
Les figures de l’ombre, film de Theodore Melfi, Copyright 2016 Twentieth Century Fox

Les figures de l’ombre au prisme de l’histoire

Mieux valait tard que jamais! Toujours à l’affiche dans de nombreux cinémas hexagonaux depuis sa sortie sur les écrans le 8 mars dernier, Les figures de l’ombre a connu un beau succès en salle avec plus de 500 000 entrées. Les retardataires ont toujours l’occasion de se rattraper pour découvrir l’histoire vraie de 3 scientifiques afro-américaines au rôle prépondérant dans l’envoi du premier américain dans l’espace. A une époque où la ségrégation traçait une ligne de démarcation indélébile entre noirs et blancs, les 3 génies des sciences ont vaincu les préjugés par la force de leurs caractères et de leurs neurones.

Une histoire vraie

Si Hollywood aime à adapter des histoires vraies pour mettre en lumière des destins exceptionnels, les sciences ne sont pas forcément un domaine souvent mis en valeur. A tort semble-t-il à en juger par l’émotion qui se dégage des Figures de l’ombre. L’étoffe des héros révèle les arcanes de la conquête spatiale du point de vue américain et Un homme d’exception se concentre sur le destin tortueux du mathématicien John Nash atteint de schizophrénie, mais peu de films se focalisent généralement sur les sciences. Les figures de l’ombre tente le pari en y adjoignant une dimension sociale. En présentant le destin de 3 femmes noires scientifiques confrontées aux multiples barrières d’une Amérique ségrégationniste et rétrograde dans les années 60, le film montre leurs forces de caractère pour s’imposer au milieu de scientifiques très majoritairement hommes et blancs. Au sein d’un projet collectif visant à réaliser l’impossible, à savoir mettre un homme sur orbite et le faire revenir sans encombres, elles y trouvent une place que la société leur refuse. Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monae interprètent ces 3 têtes brulées décidées à s’imposer par l’exemple. Parce qu’elles sont aussi douées (voire plus) que beaucoup de leur homologues, elles parviennent à gagner leur place à la NASA.

Du cinéma classique et attachant

Chacune d’elles a ses traits de caractère bien particuliers et parvient à briser les préjugés. Avec la même ressemblance dans cette manière de clouer le bec de leurs interlocuteurs grâce à leurs capacités intellectuelles et le recours à la logique la plus simple. Le réalisateur Théodore Melfi met en exergue avec un didactisme éloquent l’évolution des regards sur celles qui vont contribuer à l’envoi de John Glenn autour de la terre. Bien que formellement assez classique et linéaire, le film monte crescendo tant dans l’intensité que dans l’émotion. Les actrices n’y sont pas pour rien, avec en primes des rôles secondaires tenus par des Kevin Costner, Kirsten Dunst et Mahershala Ali qui ne dépareillent pas. Bien que d’une durée légèrement trop longue (plus de 2 heures!), Les figures de l’ombre entraine l’adhésion d’une salle qui a applaudi le film avec un bel enthousiasme. Surtout que les photos des 3 personnages réels apparaissent à la fin du film pour bien insister sur l’authenticité d’une histoire qui valait bien une adaptation cinématographique! Surtout que les péripéties de l’astronaute sont suivies par une population américaine toute entière vissée devant la télévision, pour un projet collectif qui se révèle par delà les distinctions de genres ou de couleurs.

Les figures de l’ombre révèle des destins hors du commun dans un traitement sobre et truculent à la fois. Difficile de rester de marbre sur des parcours qui ont contribué à faire évoluer la place tant des femmes que des noirs dans les sociétés occidentales!

SYNOPSIS ET INFOS

Les figures de l'ombre
Les figures de l’ombre

Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn.
Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.

Sortie : le 8 mars 2017
Durée : 2h06
Réalisateur : Theodore Melfi
Avec : Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe
Genre : Drame, Biopic

BANDE ANNONCE

Note
originalité
Mise en scène
Réalisation
Jeu des acteurs
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

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