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Life aux croisées de 2001, Gravity et Alien

Life
Life, film de Daniel Espinosa, Copyright 2017 Sony Pictures Releasing GmbH

Life aux croisées de 2001, Gravity et Alien

Ne nous voilons pas la face. Ce Life rappelle énormément de précédents films ayant préparé le terrain et beaucoup le taxeront de copiteur sans vergogne. Pourtant ce film de science fiction, certes pas novateur pour un sou, peut se prévaloir d’une réalisation impeccable, d’un casting de prestige et d’une intrigue dénuée de ce qui constitue depuis trop longtemps les blockbusters hollywoodiens. Ici, pas de scènes d’action superfétatoires ni d’effets spéciaux phagocytant l’intrigue jusqu’à la rendre secondaire, le film insiste sur la tension psychologique de personnages confrontés à une situation inédite. Et c’est plutôt bien fichu.

Dans l’espace, personne ne vous entendra hurler…

Oui, le pitch du film rappelle fortement Alien. Une entité extraterrestre dépèce les membres d’équipage les uns après les autres pour survivre et reprendre le contrôle de son environnement. Extrêmement véloce et intelligente, la bébête est très peu bavarde et préfère l’éviscération aux longs palabres inutiles. Pourtant, le film tente tout d’abord d’apporter un semblant de poésie avec quelques premiers plans rappelant fortement 2001, l’odyssée de l’espace. Musique, photographie, de nombreux éléments du début du film plongent l’ISS en orbite autour de la terre dans un univers onirique et glacé où aucune menace ne pointe à l’horizon. Puis le module revient de Mars et tout se bouscule. L’organisme microscopique d’abord amical croit jusqu’à mettre en péril le fragile équilibre de la station internationale et menacer l’humanité entière. L’action prend le pas sur la réflexion, l’effroi tiraillera certains spectateurs pour un survivor movie qui louche du côté de Gravity.

Un casting 3 étoiles

Life ne marquera pas l’histoire du cinéma et pourtant un trio de têtes d’affiches hante le film. Certains se demanderont si un cachet mirifique n’a pas convaincu Ryan Reynolds pour ses 20 minutes d’apparition. Jake Gyllenhaal et Rebecca Ferguson ont la chance d’apparaitre plus longtemps avec leurs questionnements incessants. Comme souvent dans ce genre de film, l’équipage semble toujours et immanquablement choisir la mauvaise solution. D’où dégats collatéraux et tension permanente. Surtout que Jake se met volontairement en retrait, faisant preuve d’une sobriété surprenante eu égard à ses prestations récentes et marquantes (au hasard La Rage au Ventre, Nightcall ou Enemy). Il la joue collectif et pourquoi pas. Depuis son apparition remarquée avec sa belle robe jaune dans Mission: Impossible Rogue Nation, Rebecca Ferguson est réapparue dans La fille du train (en blonde!) et devient une tête d’affiche récurrente. Et tant mieux diront certains. Au final, peu de dialogues à partir du deuxième tiers du film et une action prédominante avant une fin de film digne des habituels twists hollywoodiens. 

Life ne casse pas trois pattes à un canard mais ravira les fans de films moins abracadabrantesques que beaucoup d’opus actuels. Le ton se veut hyper réaliste et très crédible. Pas de super héros à l’horizon, ouf, ça fait du bien…

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Life
Life

À bord de la Station Spatiale Internationale, les six membres d’équipage font l’une des plus importantes découvertes de l’histoire de l’humanité : la toute première preuve d’une vie extraterrestre sur Mars. Alors qu’ils approfondissent leurs recherches, leurs expériences vont avoir des conséquences inattendues, et la forme de vie révélée va s’avérer bien plus intelligente que ce qu’ils pensaient…

Sortie : le 19 avril 201è
Durée : 1h44
Réalisateur : Daniel Espinosa
Avec : Jake Gyllenhaal, Ryan Reynolds, Rebecca Ferguson
Genre :  Science fiction, Thriller

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Résultats concours : Les Initiés, 10 places de ciné gagnées

Les initiés
Les initiés © Pyramide Distribution

Résultats concours : Les Initiés, 10 places de ciné gagnées

Vous avez été 2000 participants au concours Les Initiés. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants sont les suivants :

Isabelle Colin, Edouard Tallec, Camille Lalut, Alain Michaud et Myriam Delille

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Résultats concours : Sous le même toit, 10 places de ciné gagnées

Sous le même toit
Sous le même toit © Roger Arpajou / 2016 – EuropaCorp – TF1 Films Production

Résultats concours : Sous le même toit, 10 places de ciné gagnées

Vous avez été 2698 participants au concours Sous le même toit. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants sont les suivants :

Antoine Prieur, Alexis Catelain, Lucienne Tommasini, Vanessa Gressier et Stéphanie Girerd

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Un Cessez-le-feu foisonnant et onirique, actuellement au cinéma

Cessez-le-feu
Cessez-le-feu, film de Emmanuel Courcol, Copyright Christophe Mazodier / Polaris Film Production

Un Cessez-le-feu foisonnant et onirique, actuellement au cinéma

Cessez-le-feu surprend en mélangeant les niveaux de lecture tout au long d’un film aux airs de roman fleuve. Le héros George (Romain Duris) en est le personnage central et tous les protagonistes gravitent autour de lui. Le frère Marcel (Grégory Gadebois) blessé dans son âme lors du premier conflit mondial, l’infirmière (Céline Salette) séduite par le ténébreux aventurier, la mère taiseuse en retrait, le truculent acolyte Diofo au coeur du continent noir, tous attendent de sa part les réponses à des questions qui ne cessent de les tarauder. Entre France nostalgique et souvenirs d’Afrique, le film chemine avec délicatesse entre les vérités cachées et les atermoiements passifs pour un moment de cinéma tortueux et hypnotique.

Un rôle en or

Romain Duris porte véritablement le film sur ses épaules. Rares sont les scènes où il n’apparait pas, avec son personnage tentant de retrouver sa place dans une vie modifiée à jamais par les affres de la guerre. Cessez-le-feu offre un éclairage envoutant sur les suites d’un conflit qui a marqué une génération entière et tous ceux qui en sont revenus. Invalides, aventuriers et ébranlés ne cessent de se croiser, montrant l’empreinte de la guerre sur les années qui l’ont suivie. En décidant de couper les ponts pendant 4 ans, George pense pouvoir repartir à zéro mais il lui faudra revenir pour clôturer définitivement les comptes de ses souvenirs douloureux. Mémoire et aspirations ne cessent de s’affronter dans un récit mélangeant flash backs et rencontres pour révéler parcimonieusement les mystères d’un parcours tortueux. Les personnages secondaires interprétés par une belle galerie d’acteurs et actrices densifient un scénario déjà bien dense pour une impression de foisonnement assez jouissive.

Un premier film fascinant

Emmanuel Courcol passe à la réalisation après un certain nombre de scénarios marquants. Mademoiselle, Boomerang et Welcome font partie de ses faits d’armes principaux et ce premier film confirme son art du récit dispersé et lancinant. Le parcours de vie d’un personnage blessé par la guerre ne se fait pas sans hésitations et retournements. Un Romain Duris à l’épaisse toison et à la barbe galopante incarne une sorte de clochard céleste désireux de retrouver le chemin de son destin. Les regards fixes alternent avec une attitude de trompe-la-mort revenu de tout qui interroge sur la force nécessaire pour se relever d’épreuves terribles qui en laisseraient plus d’un sur le carreau. Le film suit son cours entre longues plages de calmes et coups de tonnerre pour une découverte d’un destin semblable à tant d’autres dans les années 20.

Cessez-le-feu détonne dans le paysage cinématographique hexagonal en proposant un film à tiroirs, non linéaire et presque onirique. Une vraie réussite à découvrir actuellement dans les salles de cinéma!

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Cessez-le-feu
Cessez-le-feu

1923. Georges, héros de 14 fuyant son passé, mène depuis quatre ans une vie nomade et aventureuse en Afrique lorsqu’il décide de rentrer en France. Il y retrouve sa mère et son frère Marcel, invalide de guerre muré dans le silence. Peinant à retrouver une place dans cet Après-guerre où la vie a continué sans lui, il fait la rencontre d’Hélène, professeure de langue des signes avec qui il noue une relation tourmentée…

Sortie : le 19 avril 2017
Durée : 1h43
Réalisateur : Emmanuel Courcol
Avec : Romain Duris, Céline Sallette, Grégory Gadebois
Genre : Drame

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Rafales de rires et d’émotion au Lucernaire avec Quand souffle le vent du nord

Quand souffle le vent du nord
Quand souffle le vent du nord, mise en scène de Judith Wille, Théâtre Le Lucernaire

Rafales de rires et d’émotion au Lucernaire avec Quand souffle le vent du nord

Quand Emmy adresse par erreur un mail à Léo en croyant se désabonner d’un magazine, la réponse polie mais agacée du célibataire la titille suffisamment pour lui donner envie d’avoir le dernier mot. L’incident marque le début de confessions internet de plus en plus intimes et croustillantes, jusqu’à la naissance inopinée de sentiments. Tel une déclinaison moderne de Marivaux, Quand souffle le vent du nord montre la faculté de chacun à se prendre au jeu de l’amour et du hasard, même et surtout derrière un écran d’ordinateur. Les deux comédiens portent sur leurs épaules la narration et les effets comiques de la pièce pour un moment de théâtre attendrissant tant l’empathie le dispute à la sensibilité.

Une love story par inadvertance

L’auteur autrichien Daniel Glattauer s’est fait une spécialité des historiettes douces amères aux personnages ordinaires confrontés à des situations insolites. Léo (Stéphane Duclot) a une tête de prof de maths tandis qu’Emmy (Caroline Rochefort) pétille de spontanéité. Leurs existences réglées comme du papier à musique voient une lucarne s’ouvrir quand chacun répond encore et encore aux mails de l’autre. Jusqu’à installer une intimité virtuelle avec son correspondant sans pouvoir s’arrêter d’échanger. Ce qui débute par accident devient une addiction jusqu’à la tentation de la rencontre, avec toutes les ambiguïtés liées. La scène du Lucernaire voit les deux comédiens déambuler dans des intérieurs sommairement représentés par des simili meubles IKEA malléables à l’envie. Leurs dispositions changent entre chaque scène en même temps que des morceaux équivoques se font entendre. Sunny, It’s not unusual, Ce n’est rien, l’évolution des tempéraments intérieurs se se fait en musique tandis que la perspective d’une première rencontre se rapproche dangereusement…

Une comédie d’actualité

Le sérieux délicatement compassé de l’un tranche avec l’accent chantant de la seconde dans des échanges qui en disent long sur notre époque. Traduit en français en 2010, Gut gegen Nordwind évoque autant la solitude contemporaine que le désir inexpugnable de liberté individuelle. Cachés derrière leurs écrans, les protagonistes communiquent dans un anonymat de plus en plus battu en brèche par l’envie très humaine de se dévoiler. L’humour et les différentes tonalités de conversation n’ont pas toujours la même signification à l’écrit, générant les équivoques et une séduction de plus en plus explicite. La pièce interroge sur les nouveaux médias et leur place dans nos existences. Les spectateurs suivent ces échanges jusqu’à se demander comment Roméo et Juliette auraient agi à la place de Léo et Emmy. Se seraient-ils rencontrés? Est-ce vraiment souhaitable quand chacun doit arranger son existence réelle avec des rencontres virtuelles jusqu’à mettre en danger ses proches? L’existence virtuelle peut-elle se substituer à la réalité, est-ce seulement possible?

Le ton léger de Quand souffle le vent du nord tranche avec les questionnements bien sérieux que la pièce fait naitre. L’alliance des deux comédiens fait merveille pour un moment de théâtre qui fait mouche et ravit un public conquis.

Dates :  du 12 avril au 28 mai 2017, du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 15h
Lieu : Le Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Judith Wille
Avec : Caroline Rochefort, Stéphane Duclot

Le documentaire A voix haute – la force de la parole fait plus que forcer le respect

A voix haute
A voix haute, film de Stéphane De Freitas et Ladj Ly,Copyright Mars Films

Le documentaire A voix haute – la force de la parole fait plus que forcer le respect

Le documentaire A voix haute s’attaque aux préjugés habituellement attachés à la banlieue et fait plonger dans une classe de préparation à un concours d’éloquence. Tous les élèves sont issus d’une université de Saint Denis, ville défavorablement présentée par des médias qui préfèrent souvent la facilité à la subtilité. Pendant plus d’1h30, des jeunes d’une vingtaine d’années s’escriment avec la langue de Molière pour proposer des textes émouvants, percutants, convaincants et séduire le jury du concours Eloquentia. Après la préparation avec des experts venus du droit, du théâtre ou de la musique, c’est le grand oral et les épreuves à élimination directe. L’entrain des élèves et des professeurs produit un rayon de soleil qui donne envie de croire en leurs qualités et en leur détermination.

Simplicité et émotion

A voix haute propose une immersion dans tous ces destins en train de se former. Leïla, Elhadj, Eddy et les autres suivent des cursus de psychologie, de lettres modernes ou de communication à l’université de Saint Denis et ont postulé au concours Eloquentia. Au delà de leur art de la tchatche et de la vanne facile, ils doivent savoir manier les ficelles de l’éloquence pour emporter l’adhésion et convaincre. Si les rires sont légions, ils doivent progresser dans le maniement de la rhétorique, avec une parfaite articulation et une utilisation parfaite des rythmes de la voix. Le déroulement des cours les voit s’affronter dans des joutes aux sujets aussi divers que variés dans le seul but de briller et de faire étalage de leur éloquence. Il faut voir ces jeunes adultes progresser et s’investir dans un concours qui pourrait leur permettre de passer un cap et de s’ouvrir au monde de la parole. Car l’art de parler devient une arme quand il permet de s’affirmer et de trouver sa place dans le monde des adultes.

Une porte vers un nouveau monde

Le jury final compte quelques personnalités bien connues comme Edouard Baer et Leila Bekhti pour bien montrer que le concours Eloquentia a gagné en visibilité et en renommée. C’est devant eux que les finalistes doivent jouter pour un sujet qui n’est qu’un prétexte à leurs talents oratoires. Tous issus de cette banlieue diverse et variée, non pas située dans un autre monde à des milliers de kilomètres, c’est un environnement tout proche aux talents cachés mais existants. Ce documentaire en montre quelques uns de ses représentants les plus brillants en faisant découvrir des destins exceptionnels. Comme Elhadj obligé de vivre dans la rue après l’incendie de son HLM et sorti de la précarité à force de caractère et de volonté. Une dizaine de destins particuliers est mise en exergue tout du long d’un documentaire qui fascine en montrant un univers mal connu mais trépidant de vie et d’envie.

A voix haute avait été diffusé le mardi 15 novembre 2016 dans l’émission Infrarouge de France 2. Il est maintenant visible au cinéma pour le plus grand plaisir de spectateurs subjugués par leur envie de vivre.

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A voix haute
A voix haute

Chaque année à l’Université de Saint-Denis se déroule le concours « Eloquentia », qui vise à élire « le meilleur orateur du 93 ». Des étudiants de cette université issus de tout cursus, décident d’y participer et s’y préparent grâce à des professionnels (avocats, slameurs, metteurs en scène…) qui leur enseignent le difficile exercice de la prise de parole en public. Au fil des semaines, ils vont apprendre les ressorts subtils de la rhétorique, et vont s’affirmer, se révéler aux autres, et surtout à eux-mêmes. Munis de ces armes, Leïla, Elhadj, Eddy et les autres, s’affrontent et tentent de remporter ce concours pour devenir « le meilleur orateur du 93 ».

Sortie : le 12 avril 2017
Durée : 1h39
Réalisateur : Stéphane De Freitas et Ladj Ly
Avec : Acteurs inconnus
Genre : Documentaire

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Résultats Concours : 5 CD de Voodoo Story gagnés

Voodoo Story

Résultats Concours : 5 CD de Voodoo Story gagnés

Vous avez été 2372 participants au concours Voodoo Story. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants sont les suivants :

Stéphanie Denoyelle, Sandra Roque Sintra, François leaument, Sébastien Fuchs et Romain Cardon

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Et les mouettes… étaient indifférentes ! une histoire d’amour inconditionnelle (Editions Assyelle)

Et les mouettes… étaient indifférentes !Et les mouettes… étaient indifférentes ! une histoire d’amour inconditionnelle (Editions Assyelle)

Le roman de Joëlle Lagesse, Et les mouettes… étaient indifférentes ! nous plonge dans les années 60. Au cœur de ce roman, une jeune femme de trente-cinq ans, mariée, qui réalise un voyage d’un mois sur un paquebot.

Le fil conducteur du roman

Joëlle Lagesse nous raconte l’histoire d’une femme, mère de famille de deux enfants, et mariée à Gilles. Jusqu’à la dernière page, on ne connaitra pas son nom. Juste la première lettre de son prénom. A l’époque, les voyages se faisaient en bateau. Tous les deux, ils veulent se rendre en Europe. Ils quittent donc l’Océan Indien, contournant le cap de Bonne Espérance, et faisant de nombreuses haltes dans des ports. Ce n’est pas vraiment une croisière, mais dans le fond, les passagers vivent « coincés » sur un bateau durant plusieurs jours. Chacun va s’adapter comme il peut à cette nouvelle vie.
Cette jeune femme va vivre plusieurs semaines sur ce paquebot, comme elle n’a jamais vécu. De jour en jour, elle va se rendre compte qu’elle fait « semblant » avec son mari, qu’elle se forge une attitude qui n’est pas celle qu’elle ressent au fond d’elle. Elle rencontre le médecin de bord, un bel homme avec qui elle discute de façon amicale. Puis, elle se rend compte qu’elle attend ces moments de discussion de façon de plus en plus impatiente.

Style intimiste et vrai

Joëlle Lagesse nous dresse un très beau portrait de jeune femme mariée, prise en otage par les codes que la société lui impose. Elle ne fait rien de mal avec son médecin, juste discuter, mais même cela, elle pense qu’elle n’en a pas le droit. Elle est mariée. Un jour, on la cherche partout sur le bateau. Elle est introuvable. Sans dévoiler la cause de cette disparition, cette femme va vivre l’enfer alors qu’elle n’est coupable de rien. Son mari lui rend alors la vie insupportable.

L’amour vrai

L’auteur nous embarque dans une histoire où l’on voyage et en même temps, on suit l’Histoire de chaque pays traversé, et en France, les évènements de mai 68. Le voyage intime de cette femme est relaté aussi dans son journal intime. On la sent très malheureuse, prise entre son mari qu’elle n’aime plus et son ami médecin qu’elle connaît si peu mais qui fait battre son cœur. L’analyse de ses sentiments est fine et remarquablement écrite.

Ce roman se lit d’une traite, très agréablement. On imagine bien la mentalité de l’époque et le dilemme que vit cette femme. Le suspense est là et on craint le pire au fil des pages…
Vraiment un très bon moment de lecture !

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Et les mouettes… étaient indifférentes !L’action de ce récit sentimental se situe, à la fin des années 60, en grande partie sur un paquebot qui reliait à cette époque les îles du sud-ouest de l’océan Indien à l’Europe.

« Ce n’était pas encore la mode des croisières. C’était encore le temps des lignes maritimes assurant le transport de passagers pouvant se permettre de prendre du temps pour arriver à destination. Ces déplacements lents étaient, par eux-mêmes, des sortes de vacances… Sur un bateau, on vit comme en parenthèse du monde et surtout de sa propre existence…»

Dans l’espace délimité du paquebot, au cours d’une croisière, parallèlement au long itinéraire du voyage lui-même, qui contourne le cap de Bonne Espérance, une jeune femme va faire un voyage au fond d’elle-même, inattendu et perturbateur. Sur un fond historico-géographique, réel et très bien documenté, un drame émotionnel se déroule, dont l’intensité va aller crescendo, pour devenir presque palpable.

Ecrit d’une belle plume, fluide et élégante, ce roman, alternant simple narration et journal de bord, est touchant de vérité et de sincérité. Le suspense est bien entretenu. C’est aussi un précieux témoignage des modes de vie et des comportements qui ont précédé mai 68.

Date de parution : septembre 2016
Auteur : Joëlle Lagesse
Editeur : Editions Assyelle
Prix : 18 € (236 pages)
Acheter sur : Amazon

Langueur et représailles dans le formellement sublime The Young Lady

The Young Lady
The Young Lady, film de William Oldroyd, Copyright KMBO

Langueur et représailles dans le formellement sublime The Young Lady

La jeune Katherine (Florence Pugh) est au coeur d’un mariage d’intérêt entre deux familles de l’Angleterre rurale du XIXe siècle. Son avis n’est pas requis lorsqu’elle s’unit à l’héritier de la famille Lester sans amour et sans joie. La candide jouvencelle se retrouve au coeur d’une demeure avec des gens qui ne la connaissent pas et tiennent à la faire se conformer à une vie solitaire et silencieuse. Le début du film tient de la peinture d’époque sans artifices avec un rythme spectral et une absence quasi totale d’intrigue. Mais quand les hommes de la maison partent en voyages d’affaires, la vie reprend ses droits par l’entremise d’un palefrenier aussi séduisant que benêt. William Oldroyd adapte pour son premier film La Lady Macbeth du district de Mtsensk de Nikolaï Leskov dans un ravissement visuel qui accompagne une histoire de passion et de vindicte retorse.

Une belle peinture d’époque

Plusieurs manières d’appréhender The Young Lady. L’esthète du cinéma léché et formellement construit se rappellera les films d’époque aux reproductions tout aussi patiemment échafaudées que celle de William Oldroyd. Les Duellistes de Ridley Scott et Barry Lindon de Stanley Kubrick sont les glorieux ainés d’un film aux images sublimes d’une nature omniprésente et majestueuse. Métaphore de la liberté tant espérée et ravie à l’héroïne, ces images tranchent avec des intérieurs anxiogènes et claustrophobiques. Car Katherine est comme gardée prisonnière dans la demeure froide et lugubre d’une famille de marchands aux moeurs rustres et sombres. Les extérieurs foisonnants tranchent avec des intérieurs à la limite du film d’horreur. Les paroles sont aussi rares que les rires sont absents et l’héroïne se prépare à une longue vie de mortifications muettes. Pourtant la jeune femme n’est pas dénuée d’ambition et de jugeote, ce que montre bien la seconde partie du film. La passion pour un séduisant palefrenier lui fait envisager une véritable vendetta contre ceux qui se mettent en travers de son chemin.

Une femme sans scrupules

La jeune ingénue se change alors en machine à éliminer ses adversaires dans un enchainement aussi tragique qu’irrémédiable. Sans jamais céder aux sirènes de l’action ou de l’artifice, le réalisateur conserve son rythme langoureux pour accumuler les surprises dans la même ambiance ouatée et vaporeuse. La forme du film conserve son éblouissement formel avec ces plans symétriques tout droits hérités de Stanley Kubrick. Et surtout le réalisateur venu du monde du théâtre place le film à hauteur de femme, n’hésitant pas à couper les autres personnages pour mettre l’héroïne au centre de l’action. Certains y verront une ode féministe à une époque où cette philosophie était encore un doux fantasme. L’absence de tête d’affiche connue donne un petit air de téléfilm à ce Young  Lady classieux et surprenant porté par le rayonnement de son inflexible héroïne.

Annoncé comme un des chocs cinéma de ce début d’année, The Young Lady ne déçoit pas. La beauté des plans s’additionne à la lente accumulation de coups de théâtre pour un film fascinant dans son cheminement et ses partis pris.

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The Young Lady
The Young Lady

1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible.

Sortie : le 12 avril 2017
Durée : 1h29
Réalisateur : William Oldroyd
Avec : Florence PughCosmo Jarvis, Paul Hilton
Genre : Drame, Historique, Romance

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https://youtu.be/097eOaeAuq0

Kobane Calling (éditions Cambourakis), une BD témoignage pleine d’humour sur le conflit irako-syrien

Kobane calling
Kobane calling

Kobane Calling (éditions Cambourakis), une BD témoignage pleine d’humour sur le conflit irako-syrien

272 pages sur l’inextricable situation actuelle en Syrie et en Irak, n’importe qui rechignerait à avaler un volume d’une telle ampleur de peur de s’y perdre et surtout de lâcher prise en cours de route. Sauf que l’auteur italien Zerocalcare mélange si adroitement humour et émotion que la lecture vire rapidement au plaisir comique sans possibilité de lâcher l’ouvrage avant la dernière page. Le héros part à Kobane en plein territoire kurde coincé entre la Turquie voisine et les monstres de Daesh pour un témoignage troublant d’authenticité. Entre la prise de conscience des risques d’abord inconsciemment minimisés et de la réalité de la résistance kurde, c’est un monde nouveau qui s’ouvre à un auteur au regard jusque là entravé par des oeillères occidentales édifiées par des médias simplificateurs et surtout calomniateurs. Pour un bijou de bande dessinée à découvrir au plus vite!

Un sujet terrible

Le héros se définit dès le départ comme un individu lambda perdu dans une banlieue italienne et très peu ouvert sur le monde. Mais quand la proposition de faire une BD sur la vie des kurdes en résistance contre Daesh lui échoit, il n’hésite pas une seconde et décide de partir. Sans prendre conscience des enjeux et surtout des risques qu’il va devoir affronter. Toute la BD Kobane calling louvoie entre un second degré rafraichissant tout autant qu’humoristique et le choc de la réalité avec ces cimetières, ces exactions et une épée de Damoclès qui semble éternellement placée au dessus des têtes des protagonistes.  Pour un constat troublant: les petits occidentaux que nous sommes vivons non loin de terrains de guerres où disparaissent chaque jour combattants et populations dans des scénarios aussi variés qu’effroyables. Certains pages occupent l’esprit quelques minutes tant les chocs sont légion. Comme quand cet habitant raconte l’utilisation par Daesh des cages petites et grandes abandonnées dans les ruines  ou qu’un protagoniste explique que les occidentaux pourraient annihiler le monstre islamiste en quelques jours s’ils le voulaient vraiment.

Un héros si proche de nous au coeur du conflit

Calcare voyage avec son omniprésent second degré qui lui font imaginer des scénarios et amis imaginaires à l’humour irrésistible. Difficile de ne pas rire aux éclats à la lecture de certaines pages tandis que d’autres serrent le cou dans un véritable flot d’émotions. Kobane calling mélange témoignages véridiques et impressions désopilantes dans un déluge de pages au dessin juché entre comics et planches réalistes. Les traits sont variés et s’adaptent à la diversité des environnements dans un foisonnement visuel qui hypnotise tout du long. Quant au scénario, il tient en haleine pour un témoignage qui s’éloigne des récits habituels transparents et formatés pour un coup d’oeil plus qu’approfondi sur tout ce que les médias ne disent jamais. La BD a tout pour devenir un véritable must entre le documentaire et le témoignage.

Recommandé par un libraire passionné de BD, Kobane calling est un véritable choc visuel à découvrir au plus vite. Le dessin et le scénario d’un sujet poignant qui mélange humour et émotion dans un exposé limpide sur un conflit aussi absurde que tant d’autres…

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Envoyé par l’Internationale (le Courrier International italien), Zerocalcare part aux confins de la Turquie, de l’Irak et du Kurdistan syrien pour rejoindre la ville de Kobané, à la rencontre de l’armée des femmes kurdes, en lutte contre l’avancée de l’État islamique. À partir de ce voyage, Zerocalcare livre un reportage d’une sincérité poignante, un témoignage indispensable et bouleversant qui s’efforce de retranscrire la complexité et les contradictions d’une guerre si souvent simplifiée par les médias internationaux et le discours politique. Le tout avec l’inimitable ton, extrêmement drôle et touchant, le langage et l’univers d’un auteur qui sait interpréter comme personne, le quotidien, les craintes et les aspirations de sa génération.

Date de parution : le 7 septembre 2016
Scénariste(s) : Zerocalcare
Dessinateur(s) : Zerocalcare
Genre : Humour, Témoignage
Editeur : Cambourakis
Prix : 23 € (272 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Le nouvel album de Bertrand Burgalat Les Choses qu’on ne peut dire à personne sort le 19 mai 2017

Bertrand Burgalat
Bertrand Burgalat, Les choses qu’on ne peut dire à personne

Le nouvel album de Bertrand Burgalat Les Choses qu’on ne peut dire à personne dans les bacs le 19 mai 2017

Le producteur, musicien, compositeur, arrangeur et chanteur français Bertrand Burgalat revient le 19 mai prochain avec un nouvel album intitulé Les choses qu’on ne peut dire à personne. Il continue à situer ses 19 compositions dans un trou spatiotemporel iconoclaste et désincarné, entre sixties acidulées et seventies psychédéliques. Les morceaux sans paroles utilisent autant des instruments surprenants que des guitares pop tandis que les paroles mélangent les rimes surréalistes à une ambiance délicieusement surannée.

Un sillon rétro entre sixties et seventies

Bertrand Burgalat est surtout connu pour avoir produit des artistes rétros comme April March ou mis sous les projecteurs le groupe AS Dragon. Pourtant il aime toujours autant taquiner le micro. Depuis la fondation de son label Tricatel en 1995, Bertrand Burgalat s’est toujours intéressé aux artistes inclassables et aux projets hors normes comme le montrent par exemple ses projets avec Michel Houellebecq et Valérie Lemercier.  Certains l’auront connu dès 2000 avec l’album The Sssound of Mmmusic pour une confirmation en 2001 avec Bertrand Burgalat meets A.S. Dragon. Le chanteur/producteur revient avec des compositions instrumentales furieusement rétros et ses comptines surréalistes pour une écoute loin des standards commerciaux actuels formatés. Tricatel a ses fans et tous connaissent le niveau de qualité du bonhomme, toujours aussi exigeant dans l’art de délivrer des compositions entre dépouillement et production au cordeau. Bertrand Burgalat est un concept sans âge, qui se déguste comme du bon vin. Il invoque Rachmaninov dans Ultradevotion, les vents fous et chauds dans Le Zéphyr, les lièvres de Pâques dans Diagonale du vide et les jouets d’un banquier d’affaires dans Son et Lumières. L’auditeur voguera entre écriture automatique et cadavre exquis tant l’auteur cherche à s’affranchir de la norme ambiante pour retrouver la musicalité poétique d’antan.

Musique d’ambiance ou musique d’ascenseur?

Les contempteurs d’un des rares producteurs français surnageant dans l’univers précaire et exigeant de la musique française de qualité rapprocheront ses compositions de musique d’ascenseur, voire de easy listening. Sans savoir que le paradoxe temporel est voulu, voire recherché. La musique est un sujet trop léger pour toujours se prendre au sérieux. Burgalat chante doucement, jusqu’à presque susurrer ses paroles, avec des arrangements classieux et des mélodies qui privilégient l’épure à l’accumulation. Pas de guitares saturées ni d’overdubs, le son est clair, voir cristallin. Jusqu’à invoquer le temps qui passe et la peur de la fin de plus en plus proche avec un Que restera-t-il de nous, de moi? interrogateur. Et quand il évoque la tour Coeur Défense située dans le bien connu quartier d’affaires, c’est pour évoquer l’Arc de Triomphe, comme pour conjurer l’aube géométrique de tours sans âmes. Derrière la réalité bien présente se cachent les rêves et la brume, bien moins discernables et heureusement toujours aussi mystérieux.

Le nouvel album de Bertrand Burgalat se découvre avec un vrai plaisir tant l’animal sait brasser les influences pour en faire une belle synthèse et livrer ses propres déclinaisons personnelles dans un beau moment de découverte musicale. Qui rappelle tant de choses et sait pourtant rester unique. Vivement le 19 mai!

Un extrait!

Maman a tort, un film de Marc Fitoussi en DVD

Maman a tort
Maman a tort, film de Marc Fitoussi

Maman a tort, un film de Marc Fitoussi en DVD 

Sorti le 9 novembre 2016, Maman a tort plonge une mère et sa fille dans les affres de la machine capitaliste. Cadre autodidacte parvenue à un poste à responsabilités dans une boite d’assurances, Cyrielle (Emilie Dequenne) propose à sa fille de réaliser son stage en entreprise dans sa structure pendant son année de 3e afin qu’elle ne se retrouve pas le bec dans l’eau. Mais la jeune Anouk (Jeanne Jestin) découvre un monde d’apparences et d’hypocrisie où les faux sourires cachent un profond malaise où la loi du plus fort fonctionne à plein. Sous des feux airs de petite chronique sociale décomplexée, Maman a tort aborde des sujets de société qui font sens et interrogent sur la vie de nos contemporains.

Un film doux amer

La jeune Anouk bénéficie d’un caractère aussi retors qu’interrogateur. Ne prenant rien pour argent comptant, elle fouine dans les affaires professionnelles de sa mère pour découvrir un comportement plus près de celui du voyou que d’une employée modèle. Le film la fait aller de surprises en surprises tandis qu’elle manoeuvre habilement pour ne pas se laisser traiter comme une jeunette sans jugeote. Le film interroge sur le comportement de tous ces cadres qui acceptent de ne pas poser de questions au détriment de leurs semblables. Maman a tort suit un faux rythme qui monte crescendo pour un constat final. Les compromis sont inévitables pour concilier vie personnelle et vie professionnelle. Le film met le doigt sur des sujets cruciaux, et les collègues lourdingues comme celle jouée par Camille Chamoux sont légion dans toutes les entreprises de l’hexagone.

Une dure vie de jeune fille

A 14 ans, la jeune Anouk vit avec des parents séparés et une vrai problème d’insertion parmi les jeunes de son âge. Elle découvre l’amour et souhaite réaliser ses rêves. Entre une copine légèrement mythomane et une tension omniprésente dans sa petite existence, Anouk choisit de ne pas se laisser faire en s’affirmant face à tous ces interlocuteurs. Ses regards désabusés et son attitude nonchalante montrent bien un ras le bol existentiel que beaucoup relient automatiquement à son statut d’adolescente. Entre l’intrigue professionnelle et ses tourments personnels, le film part sur les rails de l’initiation pour une aventure qui rappellera des souvenirs à beaucoup.

Maman a tort propose une réflexion sociale qui cache bien son jeu. Le film est-il le reflet de la réalité sociale de 2016/2017? C’est fort probable et ça interroge sur notre société…

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Maman a tort
Maman a tort

Connaît-on vraiment ses parents? Anouk, 14 ans, découvre brutalement un autre visage de sa mère, à la faveur de l’incontournable stage d’observation de troisième qu’elle effectue dans la compagnie d’assurances où celle-ci travaille. Une semaine d’immersion dans le monde adulte de l’entreprise, avec ses petits arrangements et ses grandes lâchetés, qui bientôt scelle son jeune destin.
Entre parcours initiatique, fêlure et premières responsabilités assumées, une forme d’adieu à l’enfance.

Sortie DVD : le 5 avril 2017
Durée : 01h50
Réalisateur : Marc Fitoussi
Avec : Jeanne Jestin,,Emilie Dequenne, Camille Chamoux
Genre : voir fiche allociné
Prix : 14,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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Noma au Japon raconte une histoire de passion et de dévotion

Noma au Japon, documentaire de Maurice Dekkers, Copyright Urban Distribution

Noma au Japon raconte une histoire de passion et de dévotion

René Redzkepi a pris son temps pour devenir un des chefs les plus renommés de la planète gastronomique. En ouvrant son restaurant Noma à Copenhague 2004, s’imaginait-il le voir sacré meilleur restaurant du monde en 2010, 2011, 2012 et 2014? Devenu aussi célèbre qu’une rock star et craignant de tomber dans la facilité, il a initié une aventure aussi dangereuse qu’exaltante en délocalisant son équipe au Japon pour une résidence de deux mois au Mandarin Oriental de Tokyo. Noma au Japon raconte cette aventure extraordinaire avec un luxe de détails et l’explication in vivo de ce qu’est l’exigence de perfection. Au risque d’en faire parfois un peu trop dans la ferveur.

Une philosophie culinaire

L’intérêt du documentaire consiste en cette plongée en apnée dans une équipe de restaurant entièrement dévouée à son chef et à l’exigence de la plus parfaite perfection culinaire. Du chef aux commis, tous partagent la même vision et doivent se mettre au diapason pour offrir le meilleur à des clients venus gouter le meilleur et rien de moins. Attendu au tournant comme le loup blanc croisé avec le dahuRené Redzkepi ne ménage personne et, sans aller jusqu’à fouetter son équipe, on sent dans son regard la ferveur du génie passionné. En fureteur avisé, le chef veut surprendre, créer l’accord parfait et inattendu, marquer la gastronomie d’une empreinte jamais goutée auparavant. Autour de lui, une escouade de jeunes passionnés l’accompagne, et là les sentiments ressentis sont divers. Car le cuisinier star tient une posture de quasi gourou mystique qui se rapproche plus du leader maximo que du manager. Il a toujours raison et personne n’ose le contredire. Plutôt normal dans une cuisine, certes, mais le rendu cinégénique est plutôt ambivalent. Tout le monde fait du sport, mange sainement, il y a parfois une impression sectaire qui se dégage du film.

Un challenge excitant

Le challenge initié par René Redzkepi d’inventer un menu spécial Tokyo occupe la majeure partie du film. Nouveaux gouts, nouvelles présentations, innovation permanente, l’équipe ne compte pas ses heures pour arrivés fin prêt le jour J. Le chef visite toute l’île pour dénicher les saveurs les plus surprenantes et une harmonisation finale qui donne envie de gouter. La caméra colle au train de seconds au taquet pour accompagner le chef dans ce challenge. Le stress est palpable mais aussi la passion. Pour de jeunes cuisiniers au début de leur carrière, cette aventure marquera certainement leur carrière et leur CV. Le restaurant Noma de Copenhague rouvrira prochainement dans un nouveau lieu, avec une nouvelle décor mais toujours la même exigence. De quoi donner envie d’y aller faire un tour pour découvrir ce dont son capables ces toqués de cuisine.

Tenant parfois du panégyrique pour un chef bigger than life, Noma au Japon se regarde comme un thriller avec tout de même un bémol de taille. Le film parle de nourriture, de cuisine, de gastronomie. Trois fois rien finalement sauf pour cette équipe de passionnés complètement mordus d’innovation culinaire.

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Noma au Japon
Noma au Japon

Janvier 2015. Le NOMA vient de recevoir pour la 4ème fois le titre de meilleur restaurant du monde. Le chef, René Redzepi, décide de fermer son restaurant de Copenhague pour ouvrir une résidence de deux mois à Tokyo, au Japon. Le but : proposer un menu exceptionnel de quatorze plats spécialement conçus pour l’occasion. René Redzepi et sa brigade ont six semaines pour créer de toutes pièces un menu unique et novateur en harmonie avec la culture japonaise, avec des produits et des saveurs qu’ils ne connaissent pas. Une course contre la montre s’engage.

Sortie : le 26 avril 2017
Durée : 1h23
Réalisateur : Maurice Dekkers
Avec : Equipe du Noma
Genre : Documentaire

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Résultats concours : Corporate, 10 places de ciné gagnées

Corporate
Corporate © Claire Nicol

Résultats concours : Corporate, 10 places de ciné gagnées

Vous avez été 2834 participants au concours Corporate. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants sont les suivants :

Florian Delsante, Franck Gatellier, Bilel Hadjbenali, Perrine Lopez et jean-Claude Gouillon

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Biopigs ou le retour des trublions du plateau : Sophie Perez et Xavier Boussiron

Biopigs ou les trublions du plateau : Sophie Perez et Xavier Boussiron
© Biopigs / Crédit photo : Ph. Lebruman

Biopigs ou le retour des trublions du plateau : Sophie Perez et Xavier Boussiron 

Fondée il y a plus de dix-huit ans, la compagnie du Zerep s’amuse à exploser les codes classiques du théâtre. Leur premier spectacle, Mais où est donc passée Esther Williams ? était basé sur une méthode originale pour apprendre à nager… sans eau. Ils l’ont présenté dans une piscine parisienne à sec, avec des comédiens recrutés à l’ANPE. C’était en 1998.

Depuis, l’esprit de cette troupe désespérément libre et sans limite, fondée par Sophie Perez (Zerep en verlan), rejointe quelques années plus tard par Xavier Boussiron (musicien, dramaturge et plasticien), n’a guère changé. Les douze pièces et multiples performances proposées par ces joyeux lurons de comédiens aussi à l’ouest qu’investis en témoignent. On se souvient notamment de leur Oncle Gourdin en 2011 et leurs petits lutins persiffleurs qui maltraitaient à l’envi les faiseurs de théâtre, égratignant au passage Jean Vilar ou encore Olivier Py.

Biopigs, leur nouvelle création part du principe que, dans tout spectacle, la fin est plus importante que le début !  À l’aide d’un panel d’exemples puisés aux grandes heures de notre théâtre, qu’il soit classique ou contemporain, reconnaissable ou pas,  Biopigs est donc conçu comme la succession de fin de spectacle que focalisent à renfort d’égo dégoulinant ou failles narcissiques, les saluts faussement improvisés et la réception des applaudissements.

No limit

Le jeu de massacre commence avec la scène finale de Don Juan où la voix du Commandeur émane de la gueule difforme d’un monstre marin, positionnée sur le coté du plateau et qui accompagne d’une léthargie ravageuse tout le spectacle. Il se poursuit, entre autres, par une parodie de Clôture de l’amour – pièce culte du théâtre subventionné – et ses deux interprètes chuintant, coiffés de plumes d’indien sur la tête. Ou encore par un numéro  survolté de Stéphane Roger dont la prise d’assaut du piano fait lourdement écho à la chorégraphie et ses danseurs qui roulent sur le plateau.

Le tout est estampillé de l’humour provocateur et référencé de Sophie Perez et Xavier Boussiron dans une énergie aussi furieuse que généreuse.

A l’abri d’une esthétique baroque et outrancière qui renvoie à l’envers du décor où acteurs et objets de scène ne constituent qu’un tout protéiforme, la compagnie du Zerep éprouve pour mieux s’en moquer mais aussi les revisiter, les formes de la représentation théâtrale. Un geste salutaire.

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Dates : du 11 au 23 avril 2017 l Lieu Au Théâtre du Rond-Point (Paris)
Conception et scénographie : Sophie Perez et Xavier Boussiron

Résultats concours : A voix haute, 10 places de ciné gagnées

A voix haute

Résultats concours : A voix haute, 10 places de ciné gagnées

Vous avez été 3176 participants au concours A voix haute. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants sont les suivants :

Florence Ferret, Warren Hohl, Marina Antunez, Françoise Chenet et Philippe Sannajust

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Telle mère, telle fille, un film stupide pour les Nuls

Telle mère, telle fille
Telle mère, telle fille © Gaumont Distribution

Telle mère, telle fille, un film stupide pour les Nuls

Telle mère, telle fille : une histoire à laquelle on ne croit pas, mais vraiment pas du tout ! Décidément, en ce moment, le cinéma français se consacre aux femmes, mais mal ! Sage-femme nous a horriblement déçus et maintenant ce dernier film de Noémie Saglio ne vaut guère mieux !

Si la femme est au cœur du film Telle mère, telle fille, elle n’est pas vraiment à son avantage ! Juliette Binoche, qui est la mère de Camille Cottin, a un rôle totalement absurde ! Le scénario est bête et tellement énorme qu’il ne nous fait même pas rire ! Et pourtant ce sont, encore une fois, de bonnes actrices ! Avec un Lambert Wilson qui sonne faux mais qui est toujours aussi charmant ! Comme quoi de bons acteurs ne font pas forcément un bon film…

Telle mère, telle fille, un film débile à éviter !

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Inséparables, Avril et sa mère Mado ne peuvent pourtant pas être plus différentes. Avril, 30 ans, est mariée, salariée et organisée à l’inverse de sa mère, éternelle ado insouciante et délurée qui vit aux crochets de sa fille depuis son divorce. Mais quand les deux femmes se retrouvent enceintes en même temps et sous le même toit, le clash est inévitable. Parce que si Mado, en pleine crise de jeunisme, n’est pas prête à être grand-mère, Avril, quant à elle, a bien du mal à imaginer sa mère… mère !

Date de sortie: le 29 mars 2017
Durée : inconnue
Réalisateur : Noémie Saglio
Avec : Juliette Binoche, Camille Cottin, Lambert Wilson

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Résultats concours : C’est beau la vie quand on y pense, 10 places de ciné gagnées

C'est beau la vie quand on y pense
C’est beau la vie quand on y pense © Arnaud Borrel

Résultats concours : C’est beau la vie quand on y pense, 10 places de ciné gagnées

Vous avez été 3196 participants au concours C’est beau la vie quand on y pense. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants sont les suivants :

Anne Blanc, Sylvie Gay, Nicolas Mouron, Sylvain Brouillard et Sonia Jolly

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Sage-femme, un film sans aucun intérêt

Sage-femme
Sage-femme © Michael Crotto

Sage-femme, un film sans aucun intérêt

Si le titre du dernier film de Martin Provost a un titre alléchant, Sage-femme, son contenu l’est beaucoup moins !
De sage-femme, il en sera peu question. Juste quelques minutes au début du film… Hélas !

L’histoire n’est pas du tout passionnante. Béatrice, Catherine Deneuve, l’ancienne maitresse du père de Claire, réapparait dans la vie de Claire, Catherine Frot, 30 ans après ! Les deux femmes ne s’aiment pas. On ne comprend qu’à la fin du film le pourquoi du comment. Mais franchement, guère de suspens. Tout sonne faux chez ces deux actrices remarquables ! Le comble ! C’est tout de même incroyable qu’avec ces deux génies, le film ne ressemble à rien, quand même ! Et quel dommage que le métier de sage-femme ne soit pas mieux exploité !

Une énorme déception donc ! Un film à ne pas aller voir !

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Sage-femmeClaire est la droiture même. Sage-femme, elle a voué sa vie aux autres. Déjà préoccupée par la fermeture prochaine de sa maternité, elle voit sa vie bouleversée par le retour de Béatrice, ancienne maîtresse de son père disparu, femme fantasque et égoïste, son exacte opposée.

Sortie : le 22 mars 2016
Durée : 1h57
Réalisateur : Martin Provost
Avec : Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet
Genre : Drame

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Les années Solex ou l’adolescence dans les années 70 (Héloïse d’Ormesson)

Emmanuelle de Boysson

Les années Solex ou l’adolescence dans les années 70 (Héloïse d’Ormesson)

Emmanuelle de Boysson nous replonge dans les années 70 juste après mai 68. Les années Solex raconte l’adolescence d’une jeune fille de « bonne famille ».

Histoire centrée sur Juliette

Au début du roman, Juliette a 14 ans. C’est davantage une petite fille qu’une ado. Elle est jeune, naïve et innocente. Mais elle commence à se découvrir, et à s’émanciper ! Grâce à sa cousine Camille, très en avance sur son âge, Juliette va aller de découvertes en découvertes ! Elle va tomber amoureuse de Patrice, qui lui, est en pleine crise d’ado. On sent Emmanuelle de Boysson très nostalgique de cette époque ! La musique de l’époque, la pop music, les vêtements, pantalons pattes d’éléphant, loden, mais aussi les journaux comme « Salut les copains » et les livres à la mode à l’époque, les rallyes, sans oublier le fameux Solex, synonyme de liberté ! Tout est dit dans ce roman ! Juliette tombe sur un garçon révolté contre le système. Et cela intrigue Juliette qui est très « encadrée » par sa famille, et surtout très surveillée.

Petit retour en arrière

Toutes ces descriptions sont agréables à lire. On peut juste regretter que l’histoire de Juliette qui écrit son carnet intime, ne nous tienne pas en haleine. Les années Solex se lit très facilement et agréablement, mais ne marquera pas vraiment nos mémoires. Si Juliette a envie de se révolter comme Patrice, elle regarde ses actions de loin. Elle est attirée par lui et en même temps elle en a un peu peur. On retrouve toutes les contradictions de l’adolescence. Juliette, prête à tout, oui, mais… A la fois entière et engagée, rêveuse et enfantine.

Les années Solex de Emmanuelle de Boysson est aussi frais que la jeune Juliette, et garde son côté des années 70, à la fois complètement fun, et totalement démodé ! Un roman charmant à découvrir avec plaisir !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Les années SolexAlsace, 1969. Lors d’un séjour chez ses grands-parents, avec Camille, sa cousine dévergondée, Juliette rencontre Patrice, adolescent rebelle dont elle tombe follement amoureuse. Leurs vacances riment avec insouciance, s’y mêlent les dernières notes de l’enfance que l’on voudrait ne jamais oublier. Pourtant, dès la rentrée, Juliette doit choisir entre son désir d’émancipation et les codes étriqués de son milieu. Cette idylle ne restera-t-elle qu’une belle échappée ?
Hymne à la fureur de vivre, Les Années Solex célèbre l’âge de tous les possibles. Pantalons pattes d’eph, foulards indiens, musique pop… autant d’évocations délicieusement nostalgiques qui ressuscitent une génération avide de liberté.

Également disponible en version numérique.

Date de parution : le 2 février 2017
Auteur : Emmanuelle de Boysson
Editeur : Editions Héloïse d’Ormesson
Prix : 18 € (224 pages)
Acheter sur : Amazon

Résultats concours : Power Rangers, 10 places de ciné gagnées

Power Rangers

Résultats concours : Power Rangers, 10 places de ciné gagnées

Vous avez été 2036 participants au concours Power Rangers. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants sont :

Sophie Lapouge, Sylvain Henon, Chris Bolteau, Vincent Duflot et Daniel Piccoli

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

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Vu du pont : la blessure tragique d’Arthur Miller en tournée à Caluire

Vu du pont : la blessure tragique d'Arthur Miller

Vu du pont : la blessure tragique d’Arthur Miller en tournée à Caluire.

Le théâtre d’Arthur Miller est travaillé par une tension constante entre l’intime et le social qui voit à partir d’un destin personnel aux prises avec un enjeu collectif, des rapports de force s’affronter et embrasser des questions sociales, politiques et morales.

Dates : Du 11 au 15 avril 2017
Lieu Au Radiant-Bellevue
Metteur en scène : Ivo van Hove

[vc_custom_heading text= »Notre avis sur cette pièce : » font_container= »tag:h5|text_align:left|color:%23337ebf » google_fonts= »font_family:Lobster%3Aregular|font_style:400%20regular%3A400%3Anormal »]

Après avoir monté les « Les Damnés » de Visconti avec la troupe du Français et The FountainheadIvo van Hove est en tournée à Caluire avec « Vu du pont », succès public et critique présenté la saison dernière aux Ateliers Berthier Odéon-Théâtre le l’Europe à Paris, dans une mise en scène aussi acérée que percutante.

[…] Un spectacle puissant pour un geste à la fois esthétique et dramaturgique […]

Eddie Carbone, docker de Brooklyn est malheureux en couple avec Béatrice, sa femme, et inconsciemment amoureux de Catherine, leur nièce qu’ils ont élevé depuis l’enfance.

Il travaille honnêtement pour s’en sortir mais évolue dans une microsociété d’immigrants italiens qui a pour règle les lois de son pays d’origine où le code de l’honneur et de la vengeance priment sur la justice. Où toute transgression conduit au rejet définitif de la communauté et à la perte d’identité.

Son destin bascule avec l’arrivée de cousins siciliens qui ont décidé d’émigrer aux États-Unis afin d’y trouver du travail et, peut-être, d’y refaire leur vie.

Le plus jeune des deux frères adore chanter, mais le bruit risque d’alerter les voisins « Il faudra que tu te taises, Rodolfo ».

Très vite, Catherine succombe à son charme et Eddie ne le supporte pas. La jalousie l’envahit, le dévore. Il cherche à comprendre, se débat, et met en garde sa nièce contre un mariage qui permettrait très facilement à son prétendant d’obtenir automatiquement la nationalité américaine.

Autour de lui, les différents acteurs du drame sont témoins de son malaise et tentent de le raisonner. Mais le « mal » implacable devient de plus en plus insupportable, et c’est en homme aveuglé mais déterminé qu’Eddy décidera de commettre l’irréparable, jusqu’à en perdre la vie.

L’histoire d’Eddie nous est racontée par un narrateur, l’avocat Alfieri, témoin du drame, lequel accompagne épisodiquement, tel un chœur antique, la perdition et se place, en fonction de la trame narrative, autour du dispositif, très judicieux, en tri-frontal conçu par Ivo van Hove et Jan Versweyveld, son décorateur.

La pièce, aux résonances actuelles, traite des difficultés rencontrées par les immigrants contraints de s’adapter à un monde nouveau, des clandestins et de leur exploitation, le tout à travers un fait divers qui casse le rêve américain et se charge des ressorts de la tragédie grecque sur fond de trahison et de chute sacrificielle.

Et loin de tout jugement, Arthur Miller creuse la complexité et l’ambivalence des tourments d’Eddie, confronté au sentiment trouble qu’il éprouve pour sa nièce et à son statut de déraciné.

Telle une arène qui configure à la fois le dehors et le dedans, le décor se compose essentiellement d’un rectangle blanc, encadré de parois en plexiglas, dont l’abstraction glaçante et intemporelle imprime le couperet de la tragédie, délestée de tout naturalisme, portée par un jeu physique et minimaliste, évitant toute connotation mélodramatique.

Il est surmonté de gradins d’où le public, captif, observe transi les protagonistes et scrute au plus près les lignes de tension de la dramaturgie parfaitement séquencées à l’abri d’une direction d’acteurs qui impressionne, ponctuées du Requiem de Fauré, et  d’images marquantes dont Ivo van Hove a le secret pour un final d’anthologie.

[…] un fait divers qui casse le rêve américain et se charge des ressorts de la tragédie grecque […]

La distribution (Nicolas Avinée, Pierre Berriau, Frédéric Borie, Pauline Cheviller, Alain fromager, Laurent Papot, Caroline Proust) au diapason est emmenée par un Charles Berling à son meilleur, où les questionnements d’Eddie face à lui même et aux autres lui valent une composition prenante, là où son vertige intérieur nous hypnotise.

Un spectacle puissant pour un geste à la fois esthétique et dramaturgique.

L’entorse enthousiasme sur la scène des Feux de la Rampe

L'entorse
L’entorse, pièce de Andras Fenris, Hélène Laurca et Alain Hauperpin, Les Feux de la Rampe

L’entorse enthousiasme sur la scène des Feux de la Rampe

Quand le postulat de départ d’une pièce consiste à plonger une famille imaginaire dans les serres d’une émission de télé-réalité, le pire est à craindre. Vu le triste spectacle que sont devenus tous ces programmes télévisuels sans plus de profondeur qu’une boite de conserve noyée dans l’océan Atlantique, le concept peut rebuter et effrayer. Et pourtant! L’entorse échappe aux turpitudes habituelles de la mode actuelle de la télé poubelle en insufflant une bonne dose de bienveillance et d’humour. Sans violence, ni vulgarité, ni raccourcis aussi faciles à enlever qu’une bretelle de soutien-gorge, la pièce surfe sur des personnages livrés à eux mêmes et à leurs semblables pour une bonne séance d’introspection, en humour et en chansons.

Une pièce plus subtile qu’il n’y parait

5 personnages sont accueillis sur une scène changée en plateau de télévision. Tous les attributs de la maitresse de cérémonie caricaturale sont de sortie : de hautes semelles compensées une perruque rousse choucroutée, une robe bleue piquante et une fâcheuse manie à se trémousser sur la musique dispensée par un guitariste disposé près de la scène. Les principes sont expliqués dans une longue introduction. Les protagonistes devront comprendre les liens qui les unissent pour surmonter les écueils qui pavent leurs existences respectives. Les 5 comédiens interprètent chacun une différente facette de l’âme humaine tourmentée. L’aveugle, l’amie indiscrète, l’ami secret, la jeunette immature, la mère névrosée, de nombreux travers humains sont représentés dans une fausse émission télé-réalité sans pudeur ni compromis. Les spectateurs assistent à un déballage qui ne verse pourtant jamais dans le scabreux. L’intérêt est de sonder avant tout l’âme humaine plutôt que de dévoiler des détails par trop grossiers.

Une ambiance entre séance de psy et confessions intimes

Au fur et à mesure de la pièce, de multiples scénettes permettent de mieux cerner les zones d’ombres de personnages a priori renfermés et droits dans leurs convictions. Quand les masques tombent, l’humour côtoie le dramatique. Comédiennes et comédiens offrent des performances réjouissantes tant ils incarnent des personnages figés qui vont peu à peu se dérider. Car la pièce est, au final, fort drôle et divertissante, les tours de chant s’enchainent tandis que les masques tombent pour un dénouement dans la plus pure bienveillance. Pas de mauvais sentiments ni de vengeances tortueuses sur la scène des Feux de la Rampe et les bravo finaux complimentent des scénaristes qui ont su redonner leurs lettres de noblesse à un concept de télé réalité tombé bien bas sur les chaines hexagonales. Les péripéties présentées parleront à tout le monde avec une bonne dose d’inventivité et de dynamisme pour ne jamais perdre de vue des protagonistes aux oeillères enfin décollées.

L’entorse offre son lot de surprises dramatiques et désopilantes pour un vrai moment de théâtre réjouissant. La salle a fait un triomphe final mérité pour une pièce à la sincérité surprenante!

Dates :  du 2 avril au 26 juin
Lieu : Les Feux de la Rampe (Paris)
Metteur en scène : Andras Fenris, Hélène Lurca, Alain Hauperpin
Avec : Andras Fenris, Hélène Lurca, Alain Hauperpin

Ikarie XB1, première sortie en salles françaises d’un monument de la SF de 1963

Ikarie XB1
Ikarie XB1, film de Jindrich Polák

Ikarie XB1, première sortie en salles françaises d’un monument de la SF de 1963

Tant de légendes ont circulé sur ce film tchèque réalisé en 1963 que pouvoir enfin le visionner en salles en 2017 tient du miracle. Considéré comme une influence majeure du 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick sorti en 1968, Ikarie XB1 est surtout une adaptation d’un roman de l’auteur polonais Stanislas Lem, à l’origine des Solaris de Tarkovski (1972) et Soderbergh (2002), soit un écrivain majeur de la SF contemporaine. Réalisé à une époque où la conquête spatiale opposait les Etats-Unis et l’URSS dans la course vers la lune, Ikarie XB1 a les défauts de ses qualités. Ambitieux et précurseur à sa sortie bien que n’ayant pas vraiment rencontré son public, le film devenu culte subit quelque peu l’outrage du temps qui passe, tant scénaristiquement que graphiquement en restant un tant soit peu figé dans son époque. Reste une expérience cinématographique non sans charmes qui invoque une époque où le bloc de l’Est savait offrir une alternative crédible et créative à Hollywood.

Un film sur l’inconnu intersidéral

Le scénario anticipe une conquête spatiale partie bien plus loin que notre lune voisine avec des camarades d’Europe de l’Est partis vers la constellation Alpha du Centaure en 2163 pour trouver une hypothétique forme de vie extraterrestre. Le voyage de 28 mois subit forcément les lois de la relativité générale, faisant passer dans le même temps 15 ans sur la terre. Le film propose une esthétique spatiale froide, voire glacée, qui préfigure le 2001 de Kubrick, avec tout de même un bémol, l’absence de vrais problèmes de gravité sur la station spatiale. L’équipage va devoir faire face à des difficultés imprévues, la première étant l’impact sur les organismes et les esprits d’un long voyage vers une destination située à 4,367 années lumière de notre système solaire. Le rythme lent du film rappelle les incunables d’époque, en premier lieu le Planète Interdite sorti en 1956. Palabres et plans fixes tranchent avec la profusion épileptique des films de SF du XXIe siècle. Les effets spéciaux ont quelque peu vieilli et insistent sur l’homme beaucoup plus que sur l’action. La deuxième difficulté tient à l’apparition d’une maladie à bord qui interroge sur la place de l’homme dans l’espace. Les grandes étendues vides de l’immensité spatiale sont-elles vraiment faites pour être traversés par l’être humain? L’atmosphère terrestre le protège des rayons cosmiques, ce qui n’est plus le cas une fois sorti de la carapace protectrice du vaisseau. D’où brûlures, souffrances et questionnement.

Tant de choses à découvrir

Enfin, le scénario ajoute une dimension presque magique avec l’apparition d’un vaisseau inconnu sur le chemin d’Ikarie XB1. Cet évènement interroge sur les mystères de l’espace temps et la petitesse de l’homme face à l’inconnu. Les scientifiques devisent longuement sur ces 3 écueils pendant que le vaisseau fait route avec un bruit d’aspirateur, rappelant la série Cosmos 1999 alors que tout le monde sait bien que l’absence d’oxygène dans l’espace empêche la propagation de tout bruit. Les caractères se dévoilent, les doutes aussi et surtout les questionnements sur le bien fondé d’une telle expédition. Le film privilégie l’ultra réalisme malgré les quelques écueils scientifiques pour susciter des interrogations sur l’avenir de l’espèce humaine. Rappelant qu’il fut un temps où la seule limite semblait le bout de l’univers, interrogeant sur le devenir de notre civilisation devenue très (trop?) terre à terre et dénuée de toute ambition spatiale. Comme si la fin de la confrontation Est/Ouest avait mis fin à toute velléité cosmogonique pour l’homme.

Ikarie XB1 est une curiosité qui ne manque pas d’intérêt. Le cinéma tchèque a pris les devants très tôt pour livrer un film passionnant même si daté. A découvrir en salles dès mercredi.

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Ikarie XB1
Ikarie XB1

Pendant la seconde moitié du XXIIème siècle, à bord du vaisseau spatial Ikarie XB 1, un équipage se dirige vers la constellation Alpha du Centaure afin d’y trouver une nouvelle forme de vie extraterrestre. Si le voyage ne dure que 28 mois, 15 ans auront passé sur terre au moment où la mission parviendra à destination. Au cours de ce voyage, une quarantaine de scientifiques de tous pays apprennent à vivre ensemble et doivent faire face à quelques péripéties, telles que la rencontre avec un appareil spatial du XXème siècle, l’instabilité mentale d’un des passagers ou l’apparition de symptômes liés à une « étoile noire » radioactive.

Sortie : le 19 avril 2017
Durée : 1h28
Réalisateur :  Jindrich Polák
Avec : Zdenek Stepanek, Radovan Lukavsky, Dana Medricka
Genre : Science-fiction

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Emprise ou comment l’amour se transforme en cauchemar (JC Lattès)

Valérie Gans
Valérie Gans

Emprise ou comment l’amour se transforme en cauchemar (JC Lattès)

Valérie Gans nous emmène très loin dans son dernier roman : Emprise. Un roman passionnant, d’actualité qui place la femme au cœur de la vie !

Une histoire banale mais pas si banale…

Son héroïne Claire, est une jeune parisienne de 29 ans comme des milliers d’autres. Jusqu’au jour où elle rencontre l’homme de sa vie. Mark s’immisce dans sa vie de façon inattendue et entière. Et la vie de Claire va en être totalement bouleversée, quasiment du jour au lendemain. Elle aime Mark plus que tout et pour lui, elle est prête à tout, même tout quitter et le suivre en Arabie saoudite. Alors qu’elle était très heureuse et bien entourée à Paris.

La vie en Arabie saoudite

L’originalité du livre de Valérie Gans, Emprise, réside dans le fait qu’elle connaît très bien l’Arabie saoudite et ses coutumes, y ayant elle-même vécu en trois ans. Tous les détails du quotidien, les descriptions des lieux, les us et coutumes des Saoudiens, tout est très proche de la réalité. Rien de raciste dans les nombreuses descriptions qui y sont faites et surtout dans toutes les révélations écrites sur la place de la femme là-bas. L’auteure ne fait que mettre l’accent sur des faits qui nous paraissent, à nous occidentaux, complètement déments. Même si nous le savons déjà, lire cette histoire est bouleversant. Tout est tellement plausible qu’on le lit d’une traite en se demandant jusqu’où Claire va aller. Jusqu’où Claire va-t-elle supporter les traitements de son mari ? Jusqu’où va aller son enfermement ? Les femmes Saoudiennes sont privées de tout. Tout leur est interdit : de conduire, de sortir, interdit d’aller au restaurant, interdit de prendre la parole en public, et obligées de sortir entièrement couverte de leur « abaya » et de leur voile.

Un hommage aux femmes

En quelque sorte ce livre est un bel hommage rendu aux femmes du Monde entier. Et surtout aux femmes qui ne sont pas libres dans leur pays, qui sont souvent maltraitées, humiliées, bafouées, et qui tentent de survivre malgré tout.
Après avoir lu ce livre, Emprise, les femmes « libres » vont encore davantage apprécier leur liberté qu’elles n’évaluent même plus. Ici c’est comme une évidence et là-bas, tout est un problème. Aucune notion de liberté.
Valérie Gans a une plume juste, émouvante sans jamais tomber dans le mélo. On espère, juste nous simples lecteurs, que la vie de l’auteure ne fut pas du tout ressemblante à celle de Claire, en Arabie saoudite.
Une histoire de femmes, écrite par une femme mais qui est destinée aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Le style de Valérie Gans est très agréable à lire et du coup Emprise se lit d’une seule traite ! C’est vraiment un livre à découvrir absolument !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Claire a vingt-neuf ans, styliste free-lance, célibataire endurcie, tout change lorsqu’elle rencontre Mark, un beau gosse charmeur qui lutte pour se faire un prénom face à une mère aussi célèbre que castratrice.
Elle qui ne voulait pas d’un homme chez elle le voit s’installer au bout de quelques semaines, et, pourtant farouchement opposée au mariage, au bout de quelques mois, la voilà mariée.
Plus encore, elle lâche tout – sa vie, ses amies, sa famille, son chat qu’elle adore et son métier – pour suivre Mark en Arabie saoudite, où il est missionné par l’Institut Pasteur pour ouvrir un laboratoire. Arrivée à Riyad, elle est à la fois séduite par l’Orient et déroutée par toutes les contraintes imposées aux femmes. Elle doit sortir entièrement voilée, ne peut pas conduire, ni se déplacer à vélo, ni s’arrêter au Starbucks pour prendre un café… l’endroit est interdit aux femmes.
Commence alors pour Claire une longue descente aux enfers. Forcée de se soumettre à ces nouvelles règles, elle va peu à peu perdre sa combativité et son identité. De son côté, frustré par un métier qui ne tient pas ses promesses et qui le met une fois encore face à ses échecs, Mark devient de plus en plus méprisant et violent.
Ce n’est qu’après avoir frôlé la mort que Claire prendra la fuite grâce à la complicité d’une amie saoudienne aussi croyante que résignée.
Une histoire d’amour, de soumission, de résilience, de sublimation et d’amitié, dans un monde qui n’aime pas assez les femmes et s’évertue à les dévaloriser.

Date de parution : le 29 mars 2017
Auteur : Valérie Gans
Editeur : JC Lattès
Prix : 19 € (320 pages)
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