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Qu’as-tu fait à la guerre, Papa, une pochade guerrière à découvrir en Blu-Ray le 21 mai (Rimini éditions)

Le grand réalisateur Blake Edwards (Diamants sur Canapé, La panthère rose, The Party) a réalisé une army comedie au bon milieu du second conflit mondial. Le résultat est une critique acerbe de l’armée, de l’embrigadement armé et du supposé héroïsme guerrier entretenu par l’imagerie officielle.

Une pochage guerrière

James Coburn incarne le supposé héros de cette histoire de guerre où les tambours et les trompettes retentissent dans le générique, où les chefs donnent des ordres abrupts mais où les soldats vont faire semblant de faire la guerre devant des groupies fort dévêtues et admiratives. Le ton est à la pochade, bien loin des images du Jour le plus long ou du Soldat Ryan. Le réalisateur s’est associé au scénariste William Peter Blatty pour imaginer cette sorte de guerre à la guerre, sans victimes mais pas sans gags. Les chutes se multiplient, les jeux effrontés se succèdent, et si les soldats s’étaient en fait bien amusés au lien de s’entretuer, c’est ce qu’imagine ce film un peu daté mais fort rafraichissant dans sa désinvolture continuelle vis-à-vis de l’imagerie officielle. Le compositeur Henri Mancini est une fois de plus à la baguette après L’Extravagant Monsieur Cory (1957), The Pink Panther (1963) et A Shot in the Dark (1964).

Le film se déroule en Italie avec une ribambelle de donzelles langoureuses et pulpeuses, prétextes à des pochades humoristiques qui rythment tout le film pas sérieux pour un sou. Les soldats font semblant de se battre, et ça fait du bien.

Synopsis: Eté 1943, le capitaine américain Cash reçoit l’ordre de ses supérieurs d’envahir le village de Valerno en Sicile. Les habitants acceptent de se rendre à condition de pouvoir célébrer le soir même la fête annuelle du vin… Les Américains et les Italiens vont alors s’unir pour une journée et nuit sous le signe des femmes et de l’alcool. Les choses se gâtent quand les avions allemands et américains prennent pour des émeutes ce qui s’avère être des combats de rues mis en scène par les capitaines Cash et Oppo, pour la tranquillité des habitants.

Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde au Théâtre de la Contrescarpe jusqu’au 16 juin pour 30 représentations exceptionnelles

Le Théâtre de la Contrescarpe reprend pour 30 dates exceptionnelles cette pièce déjà jouée en 2019. Elliot Jenicot reprend le rôle de l’illustre compositeur de pièces aussi connue que les Gymnopédies ou les Gnossiennes. Anaïs Yazit interprète une infirmière aux contours flous au sein d’une institution psychiatrique. Forte en références à la vie de l’homme, la pièce plonge peu à peu dans la fiction pour une intrigue surprenante de bout en bout, entre biographie fantasmée et liberté assumée.

Du théâtre augmenté

La scène est entourée à droite et à gauche par des murs blancs immaculés, le fond de la scène est tapissé d’un écran lui aussi blanc mais sur lequel s’articulent des animations en noir et blanc au fur et à mesure du déroulement des échanges. Un décompte se fait comme pour le décollage d’une fusée vers les étoiles. L’infirmière Anna vient visiter un patient un peu spécial, censément né en 1866 et mort en 1925 d’une cirrhose du foie suite à une vie d’abus alcooliques. Les 2 personnages, Erik Satie et Anna brettent à fleuret moucheté et entrechoquent les unités usuelles de temps et d’espace. Ils parlent du XXe siècle, du XIVe siècle, ils se perdent en références variées pour voir peu à peu l’infirmière d’abord droite dans ses bottes divaguer d’abord imperceptiblement et puis plus franchement. Un numéro de danse en duo, des anecdotes croustillantes sur les rencontres faites par le compositeur durant sa vie avec d’illustres contemporains comme Cocteau, Ravel ou Debussy, des digressions sur la consommation d’alcool excessive de l’homme perpétuellement désargenté et niché dans une maison à Arcueil dépourvue d’eau, de gaz et d’électricité, il est d’abord au centre du récit. Et puis le centre de gravité de la pièce dévie, est-il vraiment Satie? Est-elle vraiment infirmière? La comédienne se met joliment (et littéralement) à nu dans un numéro tout en clair obscur, elle simplement recouverte de tulle tandis qu’elle divague pour la première fois. Et la pièce révèle le secret de personnages aux caractères plus surprenants et à l’histoire tragique. L’1h20 de la pièce passe comme dans un rêve, l’émotion est palpable, les comédiens sont habités, les spectateurs sont subjugués. La musique est omniprésente pour envelopper le moment de théâtre dans le coton d’esprits perturbés et blessés par la vie.

Nul doute que les 30 représentations seront aussi prises d’assaut que celle du 16 mai car la pièce tient à un fil ténu et s’entoure d’une sensibilité émouvante. Comédien et comédienne font vivre un vrai moment d’enchantement à un public qui en redemande. La fantaisie du compositeur côtoie l’art de Laetitia Gonzalbes pour l’écriture et la mise en scène pour un résultat qui subjugue.

Synopsis:

Erik Satie fut un compositeur hors norme. Avant-gardiste virtuose, il composa des musiques aujourd’hui jouées dans le monde entier, telles les célébrissimes Gymnopédies.

En homme libre, il fit de sa vie un véritable roman, avec humour et légèreté, et fut l’ami des grands artistes de son époque : Debussy, Cocteau, Picasso, Ravel…
« Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » conte la vie de cet homme original, à travers une fiction pleine d’ironie, surprenante, musicale, esthétique… à l’image du compositeur.
Ancien pensionnaire de la Comédie Française, Elliot Jenicot compose ici un magnifique duo avec la jeune et talentueuse Anaïs Yazit.

Détails:

Jusqu’au 16 JUIN
• MERCREDIS, JEUDIS, VENDREDIS à 21h

• SAMEDIS à 20h
• DIMANCHES à 18h30

Un silence, une ambiance de thriller psychologique retors à découvrir en DVD le 21 mai

Un silence est déjà le 10e film de Joachim Lafosse, l’occasion pour lui d’ausculter un couple face à des circonstances troubles et particulières. Daniel Auteuil interprète François Schaar, un célèbre avocat confronté à un passé trouble. Car il est miné par un passé de pédophile, il s’est apparemment amendé et s’est soigné mais le doute ressurgit quand un de ses enfants décide de l’attaquer en justice. La mère et épouse Astrid Schaar se retrouve en porte-à-faux, elle qui a toujours soutenu son mari pour l’aider à sortir la tête hors de l’eau. Mais alors que leur plus jeune fils adoptif traverse une période compliquée, les évènements se précipitent et le passé refait surface. Le film est tendu et précipite le spectateur dans un contexte malaisant et perturbant, entre déni et sentiment de honte.

Un film compliqué

Le réalisateur Joachim Lafosse s’est inspiré d’une véritable affaire, l’affaire Hissel avec l’avocat Victor Hissel mis en cause en 2007 pour détention d’images pédopornographiques. Celui qui fut l’ancien avocat de familles de victimes de Marc Dutroux a été condamné à 10 mois de prison ferme. Quant au fils Hissel, Romain, il a poignardé et blessé gravement son père à plusieurs reprises en 2009. Ce contexte a été repris pour un scénario qui met le spectateur mal à l’aise car mis lui-même en porte-à-faux face à cet avocat qui voit peut être des tendances enfouies remonter à la surface à la faveur d’une affaire sur laquelle il travaille. Est-il toujours le même homme malade, lui qui se débat pour donner l’image d’un homme guéri de ses mauvaises tendances? Daniel Auteuil joue ce personnage trouble, le rôle n’est pas simple mais il le revêt avec talent pour figurer toutes les contradictions d’un homme submergé par la honte et usant de tous les moyens pour cacher qui il est vraiment. Quand ses enfants se retournent contre lui, sa femme se met elle-même à douter et ses mécanismes de défense volent en éclat. Et quand la police vient perquisitionner sa maison pour trouver des images dans les différents ordinateurs, le ton monte encore d’un cran. Dans une ambiance ultra réaliste, Daniel Auteuil et Emmanuelle Devos se retrouvent après leur expérience précédente dans un autre drame glaçant inspiré d’un évènement véridique sordide, L’Adversaire. Tourné à Metz, le film montre l’existence d’une famille bourgeoise de province confrontée à une existence cabossée. Malgré des conditions de vie plutôt privilégiées, aucun des membres de la famille ne trouve le repos et la tranquillité, car le silence a miné les fondements de cette famille.

Un silence est un film qui ne peut pas laisser indifférent sur un sujet pas simple. Sa sortie en DVD le 21 mai sera l’occasion de le découvrir pour ceux qui ne l’ont pas vu au cinéma.

Synopsis: Silencieuse depuis 25 ans, Astrid la femme d’un célèbre avocat voit son équilibre familial s’effondrer lorsque ses enfants se mettent en quête de justice.

Prudents et sereins, un album intelligent avec rabats (Glénat Jeunesse)

Prudents et sereins, un album intelligent avec rabats (Glénat Jeunesse)

Les éditions Glénat Jeunesse nous propose une belle collection de documentaires consacrée aux Sciences de la Vie et de la terre, Le monde qui m’entoure. Publik’Art vous a déjà fait découvrir le superbe album : Ca vit, ça pousse.

Prudents et sereins est un très bel album illustré, entièrement cartonné avec plus de 60 volets à soulever, dans la même collection, Le monde qui m’entoure.
Cet album aborde le quotidien des enfants.
Comment vivre en toute sécurité, à la maison, ou dehors.

Etre bien dans sa tête. A chaque rabat, le lecteur trouvera une solution en cas de mal être. Comment gérer ses émotions.
Etre bien dans son corps. Un esprit sain dans un corps sain !
Apprendre à naviguer sur Internet. Sans danger.
Prendre soin de soi mais aussi des autres. Le droit de dire non !
Respecter sa maison avec quelques règles simples.
Et respecter la nature, par exemple, la plage !

Prudents et sereins est un album très pédagogique. Ces jolies illustrations permettent au jeune lecteur de comprendre tout seul la situation. Il sera ravi d’ouvrir tous ces volets. Mais il sera surtout content qu’un adulte le lise avec lui ! Dès l’âge de 3 ans !

Acheter dans une librairie indépendante

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mai 2024
Auteur : Rose McDermott
Illustrateur : Ana Sanfelippo
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 13,90 €

Thomas Cousin dévoile son nouvel EP L’île déserte, sortie le 29 avril

Le chanteur, guitariste et compositeur Thomas Cousin dévoile son nouvel album annoncé par me single du même nom. Voix grave, ambiance pop proche d’un trip hop actualisé, textes poétiques, les chansons sont hypnotiques et parlent en filigrane de la situation actuelle désenchantée.

De la pop française en majesté

Le premier album de Thomas Cousin est paru en 2021 avec Debbie et Moi, un album qui n’a pas laissé indifférent les fans de chanson française dans la droite lignée de Jacques Brel et Georges Brassens, ou plus près de nous de Gaëtan Roussel et Saez. C’est sa propre intimité que dévoile Thomas Cousin, avec des mots vrais et crus arrangés avec gout et composés avec sincérité. Le EP propose 7 titres comme des vignettes intitulées Pas de nom d’artistes, La gifle, Quelquefois le mistral ou La rue en duo avec Evan Braci du groupe Une touche d’optimisme. Les chansons ont toutes déjà fait l’objet de sorties en single avec des clips à admirer sur Youtube. Le maxi L’île déserte propose également 3 nouvelles chansons, inclus la chanson titre. Le titre L’île déserte parle de préoccupations environnementales face au danger fatal qui nous guette de plus en plus. La gifle mêle sonorités hip-hop et paroles droites et directes, tout pour interpeller. Quelque fois le mistral se joue au piano, délicatement, coloré de nostalgie et véritable hymne pour la Provence natale du chanteur, Le duo La rue avec l’accordéon de Evan Braci mélange chaleur et introspection. Pas de nom d’artiste plonge directement dans des sonorités plus rock. Des murs appelle à briser le carcan de la routine et de l’apathie pour se réaliser vraiment

Le nouvel album est vraiment à vif, désireux de toucher au foie et de faire réfléchir, une belle tentative de bousculer le landernau de la chanson française! Comme le dit Thomas Cousin, Parait qu’y a plus d’île déserte de coin de ciel bleu, parait qu’y a plus de soleil, cela reste à vérifier lors d’une prochaine prestation live! Le disque L’île Déserte est disponible sur toutes les plateformes de streaming depuis le 29 avril 2024 pour une écoute qui enchante.

La vie rêvée d’un papillon, après le livre et le film, la BD parue éditions la Boite à Bulles le 16 mai 2024

Tout le monde connait le film avec Steve McQueen en Henri Charrière, enfermé dans les cageots de Cayenne en Guyane, victime des pires sévices mais désireux de s’en échapper coute que coute. Papillon est son surnom, du fait de son tatouage sur la poitrine, et son caractère est inflexible. Les dessins faits à l’encre de Chine en noir et blanc sont incroyables, il alternent avec de non moins magnifiques planches en couleur réalisées sur papier marron, avec des blancs, des bleus et des couleurs qui tranchent avec la matière première. L’ami d’Henri, Louis, ressemble beaucoup à l’acteur qui l’interprète dans le film de 1973, Dustin Hoffman. Riche et avec son magot caché dans le derrière, il monnaye la protection d’Henri pour échapper à un inévitable assassinat crapuleux destiné à mettre la main sur son argent. L’histoire est connue, des conditions hostiles, une chaleur torride, des gardiens très peu capables d’humanité, des maladies foudroyantes, l’endroit est un danger permanent et très peu en réchappent. A force d’obstination, Papillon s’est enfui et il a fait un livre de son histoire pas banale. La BD est formellement magnifique et se lit avec avidité. Contrairement au film, la BD raconte l’après évasion et la résolution à écrire son histoire, de quoi ouvrir le récit et aller au delà des cellules du bagne pour gouter un peu la saveur de la liberté en compagnie d’Henri Charrière, jusqu’à l’évocation du succès littéraire, foudroyant. Les tournées mondiales et la reconnaissance publique, jusqu’à la rencontre avec la jet set, Johnny Halliday, John Lennon, et le revers public, les critiques remettant en doute sa sincérité… inévitables. Le récit est beau, une BD à lire absolument! La fin est lapidaire, Henri Charrière décédera le jour de l’avant-première du film Papillon. Il avait 66 ans. La boucle était bouclée.

Synopsis:

Papillon a été un livre puis un film au succès planétaire… mais qui était vraiment Henri Charrière, cet ancien bagnard devenu célèbre en faisant le récit épique de sa vie ?

Dans les années 1930, Henri Charrière dit « Papillon » est envoyé à perpétuité au bagne de Guyane. Il s’évade enfin au bout de treize ans d’enfer. Il s’installe à Caracas et vit de combines tout en racontant le récit plus ou moins fantasmé de sa vie à tous ceux qu’il rencontre. Dans les années 50, il monte une boîte de nuit et devient un homme localement influent. Un tremblement de terre lui fait tout perdre. Désœuvré, il apprend le succès littéraire d’Albertine Sarrazin avec « L’Astragale », un récit d’évasion. D’une traite, il écrit « Papillon », envoie le manuscrit à l’éditeur Robert Laffont qui l’édite. Papillon devient un phénomène éditorial avec plus de 15 millions d’exemplaires vendus. Le succès est mondial, Henri Charrière a la planète entière pour public.

Son livre est adapté au cinéma avec Steve McQueen et Dustin Hoffman en têtes d’affiche. Le film sort à New York le lendemain de sa mort… Une biographie d’Henri Charrière pour raconter l’homme derrière le mythe qu’il s’est lui-même construit…

Editeur: La Boite à Bulles

Auteur: Sylvère Denné, Sophie Ladame

Nombre de pages / Prix: 128 pages, 22 euros

ROQYA, un film moderne de sorcellerie à découvrir en salles le 15 mai 2024

Un peu de culture générale pour commencer. La Roqya est une utilisation de la parole divine propre à l’Islam. Elle fait partie d’un corps large de la médecine islamique appelée médecine prophétique. C’est un ensemble de méthodes spirituelles qui consisteraient selon ses adeptes à guérir des maladies occultes, comme la possession, par la récitation de versets coraniques. Le réalisateur Saïd Belktibia est un passionné de cinéma de genre, il se souvient avoir été persuadé qu’il était possédé par un djinn (un démon) quand il était jeune avec sa mère qui lui marmonnait des incantations. Il a également souhaité explorer le thème de la violence engendrée par internet et les réseaux sociaux. L’idée d’une chasse aux sorcières modernisée est apparue rapidement pour servir de cadre à un film très tendu.

Une sorcellerie toujours présente

Saïd Belktibia et le scénariste Louis Pénicaut ont imaginé un scénario autour du concept d’ubérisation de la sorcellerie. Le personnage de Nour interprété par Golshifteh Farahani porte le récit en jouant une femme qui refuse de se soumettre et qui se retrouve à tort accusée de sorcellerie parce que son indépendance dérange. C’est surtout une mère qui veut sauver son fils. Nour est une femme de la deuxième ou troisième génération d’immigrés et qui essaie de se construire, entre coutumes, religions et modernité d’un monde ultra capitaliste et masculin. L’ésotérisme est un business qui rapporte, alors elle dérange, jusqu’à se croire possédée, se croyant une sorcière. L’actrice a très vite intéressé le réalisateur car elle se bat pour certaines valeurs, le rôle a d’ailleurs été écrit pour elle. Alors quand elle a accepté le rôle, le rêve est un peu devenu réalité. Le film a été écrit dans une logique de crescendo d’énergie dans une longue fuite en avant. D’où l’action omniprésente et ce ton de thriller qui entretient l’attention tout du long. Le personnage de Nour craint pour sa vie et se bat constamment pour sa survie. Ce premier long métrage de Saïd Belktibia démontre un vrai savoir faire en mélangeant action et profondeur du propos, faisant penser au cinéma du réalisateur coréen Kim Jee-woon, de quoi passer un bon moment de divertissement avec de vraies idées derrière. Le tournage n’a pas été facile, avec de nombreuses nuits blanches et froides.

Roqya ne s’inspire pas d’une histoire vraie mais différents récits réels et dramatiques ont servi de base au film, dont l’histoire d’une jeune femme amoureuse, dont la relation s’était terminée et qui l’a très mal vécu.

Synopsis: Nour vit de contrebande d’animaux exotiques pour des guérisseurs. Lorsqu’une consultation dérape, elle est accusée de sorcellerie. Pourchassée par les habitants du quartier et séparée de son fils, elle se lance alors dans une course effrénée pour le sauver. La traque commence…

Ça vit, ça pousse, un album avec rabats (Glénat Jeunesse)

Ça vit, ça pousse, un album avec rabats (Glénat Jeunesse)

Les éditions Glénat Jeunesse nous propose une belle collection de documentaires consacrée aux Sciences de la Vie et de la terre, Le monde qui m’entoure. Ça vit, ça pousse est un très bel album illustré, entièrement cartonné avec plus de 60 volets à soulever.
C’est à la fois un joli album, très riche en commentaires et très pédagogique. Le jeune lecteur va découvrir les merveilles que recèlent la nature.

Les informations vont étonner les lecteurs, grands et petits !

Savez-vous que les scientifiques estiment que 20 millions d’espèces différentes existent sur la Terre mais qu’on n’en a inventoriées que 2 millions !

C’est le printemps et on voit des fleurs partout ! A partir d’une graine, tout est possible ! Et grâce à ces graines, on se régale !
Connaissez-vous le rôle déterminant des arbres ? Nos poumons verts ?

Le jeune lecteur va également découvrir la naissance des animaux : l’oisillon, les têtards, le papillon, la libellule, le poulain… Également la vie des animaux sauvages, dans la savane, ou des animaux marins.

Ça vit, ça pousse est un album qui dévoile notre Planète sous tous ses aspects, tellement riche et belle. De très belles illustrations et de nombreux rabats qui cachent des beaux secrets sur notre Terre !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mai 2024
Auteur : Ruth Martin
Illustrateur : Juliana Oakley
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 13,90 €

Les tortues, une love story très moderne, sortie en salles le 15 mai

Un vieux couple vit dans un appartement de Bruxelles. Henri (Olivier Gourmet) et Thom (Dave Johns) sont mariés et leur vie a pris une langueur doucereuse qui leur convient. Mais quand Henri prend sa retraite de policier, quelque chose twiste dans son esprit, comme une prise de conscience que le temps passe et que le laisser aller ne lui suffit plus. Thom ne comprend pas et tente de récupérer son mari, quitte à demander lui-même le divorce.

Une love story moderne

Ce film de séparation surprend par son ton mélancolique et tendre, le couple a bien plus de temps derrière lui que devant et se trouve à la croisée des chemins. Les interminables palabres et querelles font revivre les souvenirs et l’histoire commune. Le policier consciencieux et l’ancien DJ ont fait les compromis nécessaires à la bonne marche de leur relation, Henri ne peut plus continuer, alors il s’inscrit sur des sites de rencontre et met ses distances, il prend même un chien alors que Thom est allergique à l’espère canine. Le long déroulé des tentatives de se réconcilier laisse finalement place à la résignation. L’intérêt du film réside dans l’universalité de la situation, un amour qui se délite, rien de bien commun. La force de l’histoire ne pèse pas grand chose quand il semble que le moment est venu de continuer sa route seul. La résolution d’Henri met Thom au supplice, ses tentatives de récupérer son mari sont vaines. Et si l’amour résidait dans le retour de la liberté, loin des règles du mariage qui pourraient ressembler à un carcan insupportable?

Les tortues est un film bien dans son époque, le couple, le mariage, les envies de liberté, ces notions ont pourtant toujours existé. Le film est à découvrir le 15 mai en salles.

Synopsis: Henri et Thom vivent ensemble à Bruxelles et filent le parfait amour depuis 35 ans, enfin en apparence. Depuis qu’Henri a pris sa retraite de policier, rien ne va plus. Ses journées sont fades et interminables, ses sentiments s’estompent et leur maison est devenue un vrai champ de bataille. Toujours amoureux, Thom est prêt à tout pour raviver la flamme et sauver leur couple, quitte à demander lui-même le divorce…

La « Pastorale » de Beethoven dans les pas de Thierry Malandain, à (re)voir sur Mezzo

La « Pastorale » de Beethoven dans les pas de Thierry Malandain
La Pastorale-ph.Olivier Houeix

La « Pastorale » de Beethoven dans les pas de Thierry Malandain, à (re)voir sur Mezzo 

Thierry Malandain embarque pas moins de vingt-deux danseurs dans cette traversée aux aires d’odyssée enivrante. Alliant habilement le vocabulaire classique et les compositions contemporaines, il nous offre un ballet aussi enlevé que saisissant.

Ce spectacle que nous avions vu au Théâtre National de Chaillot l’hiver dernier est diffusé sur la chaîne Mezzo, le mardi 14 mai 2024 à 21h35. 

Avec « La Pastorale« , le chorégraphe donne corps à la Sixième Symphonie de Beethoven. Une création initiée à l’occasion du deux cent-cinquantième anniversaire du célèbre compositeur allemand où Malandain mêle la 6e symphonie aux motifs des Ruines d’Athènes et de la Cantate op. 112 pour une traversée au plus près des désirs d’harmonie, de nature et de spiritualité qui imprègnent l’œuvre.

Une danse investie

Thierry Malandain connait bien Ludwig van Beethoven : après Les Créatures (d’après Les Créatures de Prométhée) et Silhouette (d’après le troisième mouvement de la Sonate n°30, Op.109), c’est la troisième fois qu’il s’attaque à une œuvre du compositeur.

Une alchimie qui lie ainsi la musique abstraite de l’un à la danse tellurique de l’autre. Où les pulsation des corps aux accents tribaux ainsi que des duos hypnotiques, martèlent et cisèlent la poursuite d’un d’idéal porteuse d’élan et d’onirisme.

La partition traduit l’emportement du compositeur pour cette alliance vitale entre l’être et la nature. Empreinte d’imagerie et de scènes bucoliques, on peut y voir en filigrane les sentiers fleuris de la pastorale antique, l’innocence des premiers temps. Beethoven y ressuscite l’Arcadie de l’âge d’or : « terre de bergers où l’on vivait heureux d’amour ».

Tableaux saisissants que ces figures collectives ou plus intimistes où les corps dans un rituel originel ou plus lyrique, impriment la quête d’une communauté humaine en devenir. D’une maîtrise totale, les danseurs s’emparent avec brio de cette danse investie aux échos libérateurs.

La dernière frontière, une BD d’aventure trépidante aux éditions Kalopsia

Les éditions Kapopsia lancent une nouvelle série d’aventure dénommée La dernière frontière. Le jeune héros James est entrainé dans la lutte pour l’indépendance de l’Ecosse, obligé de fuir son pays pour échapper au courroux du capitaine anglais Flint. Direction les Amériques pour vivre de nouvelles aventures de l’autre côté de l’océan atlantique. Les traits sont réalistes, quelques planches coquines font explicitement penser à du Manara soft et le tout se lit avec intérêt. C’est rythmé, parfois un peu compliqué à suivre mais loin d’être désagréable. De quoi attendre impatience le tome 2 pour connaitre la suite des aventures de James aux Amériques!

Synopsis:

1746 AD. Les Highlands écossais.

Le temps de la révolution, le soulèvement des patriotes écossais contre l’usurpateur anglais. Les Ecossais, menés par le Prince Stuart, perdent face à l’armée anglaise à la bataille de Culloden. C’est le début de la chasse aux rebelles écossais et des représailles sur les villages et fermes d’Ecosse.

Les jeunes amants James et Katrina se retrouvent entraînés dans ce chaos ! Modoc, l’oncle de James, a tué un jeune officier anglais pour sauver Katrina avant la bataille. L’officier était le plus jeune frère du capitaine anglais Flint ! Modoc ayant survécu au massacre, il prend James avec lui pour fuir la punition des Anglais et naviguer vers le Nouveau Monde ! Hélas, sans Katrina.

Neuf ans plus tard, nous retrouvons James et Modoc sur le territoire de la Nouvelle-France. Ils sont désormais trappeurs et éclaireurs, vivant de la chasse et de la traite de fourrures.

James et Modoc se retrouve embarqués dans la guerre de sept ans opposant les Français et les Indiens en sauvant une femme française mystérieuse des Iroquois. Elle est en mission secrète et elle les engage comme scouts et gardes du corps pendant le voyage qui la ramènera à son fort français.

Pendant ce temps, le célèbre capitaine Flint débarque sur le territoire britannique du Nouveau-Monde. Il est déterminé à retrouver l’homme qui a tué son frère…

Editeur: Kalopsia

Auteur: Boris Talijancic

Nombre de pages / Prix: 64 pages / 16,90 euros

2 dégustations remarquables pour célébrer les 20 ans des vins de Valençay

L’appellation de Loire Valençay fête ses vins en grandes pompes. C’est la seule appellation de Loire à reposer uniquement sur des silex pour des vins de grande qualité et à petit prix à déguster. 2 cuvées ont été dégustées, l’appellation Gibault en rosé et le domaine Roy en blanc, avec modération et avec intérêt.

AOP Valençay Symphony, vin blanc (8 euros au domaine)

Ce vin du Val de Loire, Touraine, est composé des cépages Sauvignon Blanc pour 90% et Chardonnay pour 10%. A l’œil, le vin arbore une couleur jaune pâle limpide avec des reflets verts brillants. Au nez, l’intensité d’agrumes se révèle avec des senteurs de fleurs d’acacias. En bouche, l’attaque est franche, avec un milieu de bouche souple. On retrouve les arômes de pamplemousse et de citron avant une finale sur le végétal (feuillage). Ce vin blanc sec se déguste idéalement avec des fruits de mer, des poissons mais aussi du fromage de chèvre tel que le Valençay. Le vin doit être servir à 10°C et il peut se garder 3 ans. Une très belle découverte que ce vin blanc qui donne envie de creuser un peu plus l’appellation Valençay en blanc.

Valençay Rosé Gibault

Le Valençay Gibault rosé est issu des mêmes cépages que pour les vins rouges, avec l’ajout du Pineau d’Aunis à hauteur de 30% maximum. Ce vin est un grand compagnon des tables les plu raffinées comme celles de partage. Poissons, viandes, et même cuisine végétale, les possibilités d’accord sont nombreuses.

Publireportage:

L’histoire du vignoble est plus que millénaire. Des écrits datant de 965 mentionnent déjà la présence de vignes à Valençay. Le Prince de Talleyrand, ministre des Affaires étrangères de Napoléon Bonaparte et fin gourmet, possédait lui-même une vigne à proximité de son Château de Valençay. Aujourd’hui dénommée « le Clos du Château », cette parcelle, située au cœur de Valençay, a été réhabilitée par les vignerons en 1992. Aujourd’hui, l’appellation Valençay compte une vingtaine de producteurs et une cave coopérative, produisant 11153 hl de vins sur 219 ha de vignes. Antonin Carême et le Prince de Talleyrand ont laissé leur empreinte dans l’histoire de cette région, à la fois en matière de gastronomie et de viticulture.

Dynah a dévoilé son premier album en français L’eau monte, sortie le 26 avril 2024 (Musigamy)

Dynah dévoile son premier album L’eau monte aux tonalités très électro-pop mais à l’ambiance belle et bien française, entre mélancolie et énergie, avec beaucoup de sensibilité et des textes revendicateurs.

Un album doux amer

Accompagnée par le producteur et compositeur Nicolas Gueguen, Dynah s’inscrit pleinement dans l’époque actuelle en faisant vibrer son petit filet de voix dans des arrangements musicaux plus musclés, comme sur le très hypnotique Ton nom. Les textes font ressentir un portrait tout en sensibilité et en introspection. Car L’eau monte, alors silence, la chanteuse livre ses sentiments sur cette époque où le calme semble régner, mais peut être pas pour longtemps. Les chansons s’enchainent dans un déroulé cohérent, Dynah se livre comme sur la Fille à coquille, elle aimerait bien rire plus fort et faire le clown dehors, mais ce n’est pas si facile. La chanteuse s’inscrit dans un mouvement où les femmes expriment leurs aspirations sans ambages. Les mélodies sont variées, sans retenue mais sans vraiment de lâcher prise, la pudeur tient tête à la folie, la danse est revendiquée mais sans oublier de regarder avec les yeux ouverts les dérives du monde. Une pointe de R’n’B, beaucoup de textes à message, l’album s’écoute comme un programme des possibilités grandioses de ce monde où les barrières sont hélas encore trop nombreuses. Dynah n’en est pas à son coup d’essai avec cet premier album en français. Auparavant, la chanteuse a sorti un premier album en anglais en se faisant appeler Melody Linhart avant d’apparaitre dans le groupe rock Why Elephant. Ce nouveau projet musical a été réalisé en mélangeant sa voix fluette à une musique plus intense pour un équilibre instable qui séduit et fait passer des messages. L’influence pop anglo-saxonne est indéniable avec une belle écriture surgie du cœur et des tripes.

En se mettant au centre de ses textes, Dynah se livre et interroge sur des thèmes très féminins, dans ce monde qui évolue chaque jour. La chanteuse s’entoure sur scène de Manon Iattoni aux chœurs et aux percussions et de la grooveuse Kahina Ouali aux claviers et aux chœurs. Vivement sa découverte en live!

Nicolas Réal dévoile son nouvel album Saint Romain, sortie le 19 avril 2024 (depot214 Records)

Le premier album du chanteur Nicolas Réal, Gommettes, est sorti en 2022, le second Saint Romain est apparu le 19 avril 2024, de quoi confirmer son amour pour la pop des années Stephen Eicher, Jean-Jacques Goldman, Alain Bashung et Michel Berger, des racines eighties qui ont bercé son enfance (et peut être aussi la notre). La voix est bondissante, la guitare est groovy, de quoi se laisser aller à une écoute empreinte de nostalgie acidulée.

De la pop qui fait du bien

Nicolas Réal n’est pas un nouveau venu, il sait y faire pour s’auto analyser en chansons et en autodérision. L’album Saint Romain est l’occasion pour lui de replonger dans ses souvenirs adolescents à Rouen. L’album a été enregistré chez le studio bruxellois de l’ICP, là où Alain Souchon, Renaud et Michel Polnareff se sont également mis à l’ouvrage, avant un mastering de Chab et des arrangements de Gary Celnik. Les chansons revisitent son existence, à commencer avec le premier extrait Pandy Box pour évoquer une romance hivernale à Paris dans les rues froides enneigées de la ville. Né à Nice, il s’est mis rapidement à la musique, en se servant d’un synthétiseur pour se faire l’oreille avant de dompter une guitare. Installé maintenant à Bruxelles, il continue à creuser sa passion musicale tout se lançant dans l’entreprenariat en lançant Taleo Consulting, dont les bureaux déserts ont servi de studio pendant le fameux confinement de 2020. C’est là où le premier album Gommettes est né, véritable ode à l’enfance, le second Saint Romain continue dans une même ode nostalgique avec l’invocation se souvenirs personnels remplis de mélancolie et d’humour. Les 13 titres sont marqués par des mélodies qui s’incrustent dans l’esprit, le premier extrait Pandy Box est très rythmé avec sa guitare rythmique groovy, Strip tease sur Mars est plus langoureux avec ses sonorités légèrement électro, Masqué invoque des airs révolus avec sa touche très eighties. La reprise de Tous les cris les SOS avec Lucie Valentine confirme l’inspiration des années 80 pour un morceau langoureux qui incite à la réécoute. Autre collaboration, cette fois avec sa jeune fille Inès (oui, 8 ans), pour le très mignon Où est-je? pour un morceau gentiment enfantin et mélancolique. Paranormal fait penser à cette époque où la chanson française se la jouait french lover. Si l’inspiration est très personnelle, les thèmes abordés touchent à l’universel, comme pour rassurer l’auditeur, les doutes sont partagés, les rêves sont permis, il ne faut pas se laisser abattre et il faut continuer d’avancer.

Le ton de l’album est rempli d’empathie, les sentiments sont privilégiés, adieu les idées grises et la vulgarité. La chanson française est capable de poésie et d’odes rassurantes, Nicolas Réal le prouve avec talent.

Un jour fille, une histoire vraie à découvrir en salles le 8 mai

Le réalisateur Jean-Claude Monod a découvert l’histoire d’Anne Grandjean pour une vraie surprise car les personnes intersexes existent et représentent 1,7% de la population. Il a souhaité porter cette histoire sur grand écran en rapportant une histoire située au XVIIIe siècle mais d’une brulante actualité.

Une histoire vraie surprenante

D’abord un peu de science avec une description trouvée sur le site internet de l’OHCHR. Les personnes intersexes naissent avec des caractéristiques sexuelles (tels que l’anatomie sexuelle, les organes reproducteurs, le fonctionnement hormonal ou le modèle chromosomique) qui ne correspondent pas aux définitions classiques de la masculinité ou de la féminité. Les experts estiment que jusqu’à 1,7 % de la population naît avec des caractéristiques intersexuelles. Le réalisateur se souvient de la rapide évocation faite par Michel Foucault dans un cours au Collège de France en évoquant Les Anormaux. Il a cherché et trouvé le Mémoire de l’avocat qui a plaidé en 1765 pour Anne Grandjean en reconstituant sa vie. L’histoire est surprenante car les personnes intersexes ne sont que rarement évoquées dans l’espace public. Elles sont souvent pourvues d’organes masculin et féminin, avec le choix très personnel de privilégier une identité ou l’autre. Dans un temps où le pouvoir religieux décide de ce qui est possible ou pas, Anne Grandjean se trouve à porte à faux car elle ou il a un prénom de femme alors qu’il ou elle est surtout attirée par les femmes. Un prêtre l’enjoint de devenir homme pour rentrer dans une normalité qui le (et non plus la) conduirait à une union légitime avec une femme. Mais le passé le rattrape et le conduit à un procès retentissant. Le film interroge sur cette histoire particulière qui interroge sur soi et sur la vision de l’homme et de la femme. Le casting est fouillé avec François Berléand, Isild Le Besco et André Marcon en têtes d’affiche, et une Marie Toscan très convaincantes dans le rôle titre.

Un Jour Fille est un film qui pose le sujet de l’identité sexuelle à travers un cas réel qui a défrayé la chronique au XVIIIe siècle. Le film sort sur grand écran le 8 mai pour une séance vraiment surprenante.

Synopsis: XVIIIe siècle. Anne, grandie fille, doit « changer d’habit » en raison de son attirance pour les femmes. Devenue homme, il se marie, et vit une grande histoire d’amour avec sa nouvelle épouse jusqu’à ce que son passé le rattrape…L’histoire vraie et bouleversante d’Anne Grandjean née intersexe, et de son procès retentissant, qui interroge encore aujourd’hui toutes nos certitudes…

Toutes les couleurs du monde, une belle peinture d’une société nigériane bloquée par ses vieux démons, sortie en salles le 8 mai

Toutes les couleurs du monde filme la ville de Lagos au Nigéria avec un vrai savoir faire. La langueur du quotidien inonde le film avec des scènes muettes et des moments d’action éparpillés tout au long d’une intrigue qui rappelle l’oscarisé Moonlight. Le héros est taiseux, il se cherche, il vit dans un minuscule appartement d’où il sort rarement, surtout quand il décide de cesser son travail de livreur. La ville est chamarrée, colorée, la chaleur est palpable, jusqu’à se poser des questions sur la réclusion (volontaire?) du héros. Car le héros Bambino (surnommé Bambi) a beau vivre seul, il côtoie quelques personnages secondaires, le silence de son espace vital est perturbé par des cris venus de l’extérieur, de la musique, des preuves que la vie continue en dehors. Si la vie semble s’être arrêtée, cela se passe uniquement chez lui, là la vie et son esprit se sont mis à l’arrêt. Une voisine lui demande de l’argent ou lui apporte à manger, un couple se dispute à proximité, les péripéties densifient le film pour augmenter le propos principal. Car le spectateur apprend au bout d’un certain temps que Bambino est gay, ce qui n’est pas sans danger au Nigéria, son enfermement devient alors une sorte de protection dans l’esprit des spectateurs. Le réalisateur Babatunde Apalowo échafaude une histoire qui traite aussi bien de l’homosexualité que de la place de la femme dans la société, forcément secondaire. Le sujet est aussi rare que tabou. Les risques sont nombreux pour la communauté homosexuelle, agressions, tensions, Bambi prend le risque de s’assumer, refusant de céder même si cela se fait au prix de sa liberté de mouvement. Le film est pesant, parfois un peu terne mais il faut attendre la fin pour en comprendre toute sa densité.

Synopsis: Bambino s’est installé dans sa vie de célibataire. Il a un revenu stable grâce à son emploi de chauffeur-livreur à Lagos, et il est apprécié par son voisinage qu’il aide dès qu’il le peut. Alors que les avances de sa voisine le laissent froid, Bambino rencontre le charismatique Bawa, un photographe, qui provoque quelque chose en lui…

Jeunesse, mon amour, un beau film sur une génération en train de se construire, sortie en salles le 8 mai 2024

Les personnages du film Jeunesse, mon amour sont des amis de lycée qui se retrouvent tous ensemble quelques années après la fin de leur aventure scolaire commune. Originaires des banlieue, ils passent leur temps à tchatcher et à s’envoyer des scuds à la figure en toute décontraction. En toute décontraction? Il se trouve que certaines réflexions se révèlent souvent à double sens et révèlent des choses trop longtemps cachées. Liens distendus, rancœurs trop longtemps tues, anciennes amours jamais vraiment oubliées, blessures mal cicatrisées, le barbecue d’abord très convivial se change en terrain miné quand les protagonistes partent faire une promenade dans le bois tout proche et que le chien de l’un d’eux se perd inexplicablement. Les langues se délient, les invectives fusent, les coups sont à 2 doigts de pleuvoir, les confessions se font plus précises. Le film est une belle tentative de brosser le portrait d’une génération sur le point d’assumer sa maturité et de devenir adulte. Les jeunes personnages du film sont les reflets d’une génération, black blanc beur, loin de ce que les médias ont l’habitude de montrer de manière plus cloisonnée et beaucoup moins mélangée. Les origines ne représentent pas grand chose quand la cohabitation sur les bancs de l’école a créé des liens qui résistent au temps qui passe, le film montre une tranche de vie très prenante aux airs de thriller / comédie romantique / film générationnel. La caméra alterne entre les ralentis, les travellings et les plans rapprochés pour figurer des sentiments contradictoires. Quant aux jeunes acteurs, ils insufflent une belle énergie à ce film qui se regarde avec intérêt. Petit mais costaud.

Synopsis: Après plusieurs années, un groupe de jeunes adultes se retrouve. L’époque du lycée est révolue, mais les amis tentent d’en raviver l’esprit et les liens. Lors de cet après-midi hors du temps, où les souvenirs et non-dits refont surface, chacun prend conscience de ce qui a changé.

Amours à la finlandaise, une autre façon d’envisager l’amour, sortie en DVD le 7 mai 2024

La réalisatrice Selma Vilhunen a tenté de montrer que la relation monogame n’est pas la seule manière d’envisager le couple. Au delà des sentiments et de la peur d’être abandonné, il est possible de vivre une relation multiple pour répondre à ses besoins. Le film montre 4 caractères très humains et faillibles, Juulia, Matias, Enni et Miska qui vivent cet amour à la finlandaise pour sortir d’un carcan et trouver dans le polyamour une manière de s’accomplir.

Une problématique complexe

Le film met en abîme notre perception de l’amour dans la sphère privée et publique. Est-il possible de vivre une relation multiple sans être montré du doigt et sans risquer des conflits apparemment inévitables. Le polyamour est peut-être une solution adaptée à certains, sous certaines conditions. Le film place les 2 personnages principaux dans des contextes professionnels particuliers. Lui est par exemple pasteur dans une église réformée, il essaye de vivre dans le respect des traditions chrétiennes mais ce n’est pas si évident pour lui. Le polyamour permet-il la confiance dans l’autre, sans tensions en cas de recherche d’un ailleurs? Cet amour non exclusif semble aller de pair avec une liberté et d’équité dans les choix, mais encore faut-il le vivre pour en être certain, chacun jugera à l’aune de ses capacités propres. Le film aborde aussi la question de l’enfant dont la venue remet beaucoup de certitudes en cause. Amour à la finlandaise interroge avec beaucoup de pudeur sur la notion d’être par rapport à soi et à autrui, pas des choses anodines en matière d’amour. Il est difficile de ne pas tomber rapidement dans le jugement et dans le poids du regard des autres. Les 4 acteurs principaux, Alma PöystiEero MilonoffOona Airola et Pietu Wikström sont des acteurs très connus en Finlande, moins de par chez nous. Le film traite du sujet du polyamour avec beaucoup d’humour et une sacrée dose de légèreté pour ne pas tomber dans la gravité constante, même s’il y a des moments forcément plus crispants, surtout quand survient la peur de l’abandon

Amours à la finlandaise tente de créer un espace de liberté et d’exploration, et pourquoi pas, il faut savoir s’ouvrir aux nouvelles expériences, au moins au cinéma.

Synopsis: Julia découvre que son mari a une liaison. Pour sauver leur mariage, elle lui propose d’expérimenter le polyamour et d’inventer les nouvelles règles de leur vie conjugale. Un champ des possibles amoureux s’ouvre alors à eux…

Un grand feu mythologique allumé sur la scène du Théâtre des Champs Elysées avec La Walkyrie le samedi 4 mai 2024

Le grand œuvre de Richard Wagner se nomme Der Ring des Nibelungen (L’Anneau du Nibelung en français). Ce cycle de quatre opéras a été inspiré par la mythologie germanique et nordique, avec ses dieux, ses héros et ses tragédies. La Walkyrie est le second volet de la tétralogie, après le prologue L’Or du Rhin (et sa célèbre Ouverture), avant Siegfried et la conclusion Le Crépuscule des Dieux. Il a fallu 30 ans à Wagner pour venir à bout d’un classique qui l’a fait rentrer dans la légende de la musique universelle. Un festival lui est dédié chaque année à Bayreuth et les fanatiques sont nombreux, même si Woody Allen disait non sans humour « quand j’écoute trop Wagner, j’ai envie d’envahir la Pologne« . Les plus de 4 heures de spectacle (avec 2 entractes) sont d’une intensité folle, les péripéties abondent, ce que plusieurs écrans avec les sous-titres en français et en anglais permettent de suivre avec délectation. Car évidemment les chants sont en allemand et les personnages nombreux. Le héros Siegmund est recueilli par Hundling mais ce dernier le provoque en duel car son épouse Sieglinde est en réalité la sœur et aimée de Siegmund. La déesse du mariage Fricka ordonne au père des jumeaux incestueux Wotan de priver Siegmund de la protection magique de la Walkyrie Brünnhilde lors de son combat, mais celle-ci d’abord docile finit pat désobéir et Wotan doit transpercer lui-même Siegmund de sa lance avant de condamner Brünnhilde à un long sommeil jusqu’à ce qu’un intrépide héros ne vienne braver les flammes qui l’enserrent pour la réveiller. Si l’argument est complexe et date d’un autre temps héroïque, son développement musical laisse libre cours à de véritables incendies soniques, l’orchestre du Rotterdams Philharmonisch Orkest dirigé pour l’occasion par le tempétueux Yannick Nézet-Séguin enflamme littéralement la salle du TCE. Les 3 actes de l’Opéra rivalisent de puissance et de fureur avec des musiciens gagnés par la puissance de l’œuvre et des interprètes tout bonnement éblouissants. 2 couples forment le nœud de l’intrigue. Le couple formé par le héros Siegmund (très investi ténor Stanislas de Barbeyrac) et sa sœur aimée (voire incestueuse) Sieglinde (enchanteresse soprano Elza van den Heever), le Dieu suprême de la mythologie des peuples germaniques Wotan (trépidant baryton Brian Mulligan) et sa Walkyrie préférée Brünnhilde (puissante soprano Tamara Wilson). Les duos sont nombreux et tétanisent le public par leur puissance. A leurs côtés, une distribution de haut vol les accompagne pour un spectacle fort en voix. 4 heures mais pas un moment de répit dans un Opéra qui a fait déclencher des torrents d’applaudissement et de hourras à chaque entracte. Les connaisseurs reconnaitront là l’inspiration principale de Tolkien pour son Seigneur des Anneaux, les meilleurs vins se font aux meilleures vignes, la preuve est faite que Wagner reste d’une étonnante vitalité malgré les mœurs remodelées de notre temps qui ne doivent cependant pas perturber la puissance musicale de cette œuvre charnière de la musique universelle.

Synopsis:

Deuxième des quatre drames lyriques qui constituent L’Anneau du Nibelung, La Walkyrie représente l’apothéose du drame musical romantique et Richard Wagner y livre ses pages les plus embrasées. Dès les premières notes, l’orchestre emporte tout sur son passage. Tempête, inceste, colère divine, passion irrépressible : tout semble déjà en germe dans ces mesures agitées qui annoncent le destin tortueux des héros. Puis vient le temps du récit, ici prodigieusement lyrique et magnifiquement humain. C’est sans conteste l’immersion idéale dans l’univers foisonnant de Richard Wagner qui signe là certaines de ses pages les plus enflammées et les plus poignantes. Yannick Nézet-Seguin à la tête de l’Orchestre de Rotterdam poursuit son cycle Wagner en version de concert, nous offrant notamment à cette occasion le premier Sigmund de Stanislas de Barbeyrac.

Production Théâtre des Champs-Elysées
Avec le soutien de la Délégation générale du Québec à Paris
France Musique diffuse ce concert le 15 juin à 20h

Chasse gardée, une pochade rigolote à découvrir en DVD, BRD/VOD le 3 mai

Les 2 réalisateurs Antonin Fourlon et Frédéric Forestier ont rebondi sur les évènements récents du confinement pour imaginer cette histoire de famille parisienne s’installant à la campagne pour y trouver paix et sérénité. Car si de nombreux parisiens ont quitté la capitale pour en fuir les inconvénients, un certain nombre en sont revenus. Le film montre gentiment du doigt les défauts de chacun dans une histoire assez simple mais menée tambour battant.

Chacun en prend pour son grade

Le film part d’un constat simple, la capitale accumule les complications. Voisins bruyants, circulation infernale, appartements riquiquis pour des prix très élevés. L’envie de grands espaces et de grand air en a convaincu plus d’un, surtout lorsque l’impossibilité de sortir de chez soi pendant le confinement finissait par vous rendre marteau. Le couple du film avec leur enfant saute sur l’occasion lorsqu’une maison de campagne immense nichée dans un parc également immense leur fait de l’œil. Mais les apparences cachent souvent des désagréments insoupçonnés comme ils vont bientôt s’en rendre compte. Car les parisiens sont souvent perçus comme des gros nigauds incapables de discerner ce qui leur pend tout simplement au nez. Leur maison de rêve se révèle être sur le parcours de chasseurs locaux bien décidés à ne pas changer leurs habitudes. Menés par un Didier Bourdon fidèle à lui-même, ils vont mener la vie dure aux parigauds inconscients des réalités locales, car la chasse est un art séculaire que rien ne doit perturber. Le film se moque de tout le monde sans distinction, chacun en prend pour son grade. Les bobos parisiens comme les chasseurs sont gentiment caricaturés pour un moment de rire qui a rassemblé 2 millions de spectateurs en salles. Mais la maxime reste profondément positive, il faut accepter les différences et vivre en bonne intelligence en faisant des compromis. Le couple de parisiens formé de Simon et Adelaïde (Camille Lou et Hakim Jemili) est d’abord gentiment inadapté à la vie campagnarde, eux qui se font rouler dans la farine par l’agent immobilier Chantal Ladesou. Le beau-père Gaspard (Thierry Lhermitte) jette gentiment de l’huile sur le feu, lui qui appelle à la résistance agressive quand la conciliation serait de mise. Alors les plus anciens s’en souviennent, les Inconnus avaient commis en 1991 un sketch irrésistible sur les chasseurs, Didier Bourdon y fait un clin d’œil qui fait plaisir, quittant dans ce film le terrain de la caricature pour proposer un personnage authentique lui-aussi assez croustillant.

La comédie est sympathique, le moment est convivial, les travers de chacun sont dépeints avec empathie et le vivre-ensemble reste la vraie maxime du film. Aucune raison de ne pas succomber à cette bonne comédie de saison.

Synopsis: Dans un village sans histoire, une maison de rêve en pleine nature est à vendre. Pour Simon et Adelaïde, à l’étroit dans leur appartement parisien avec leurs deux enfants, c’est l’occasion idéale de faire le grand saut et de quitter l’enfer de la ville. Mais le rêve se transforme rapidement en cauchemar quand ils réalisent que leurs si sympathiques voisins utilisent leur jardin… comme terrain de chasse !

Kamas dévoile son nouvel album Désaxée, sortie le 29 mars 2024 (Kuroneko)

Kamas, c’est Anne Cammas, une chanteuse vraiment originale sur la scène musicale française. Son nouvel album Désaxée est sorti le i 29 mars 2024 chez Kuroneko avec des chansons nostalgiques oscillant entre souvenirs et sensations troubles.

Un vrai travail d’écriture

Kamas écrit et chante ses textes, puisant son inspiration chez d’illustres devancières comme Barbara, Patti Smith ou Billie Holiday. Déjà à la barre de 2 albums sortis sous le nom de Kamas et les Corbeaux (Linda avec Olivier Lagodski et Nicolas Puaux en 2008 et Salon avec Nicolas Puaux et Jérôme Castel en 2011), Désaxée est son troisième album et elle s’y livre sous toutes les facettes. L’album louvoie entre rock et pop, se voulant toujours différent pour déboussoler l’auditeur et montrer la complexité d’univers de la chanteuse, transformant sa voix entre sonorités rock et vocalises en liberté. L’énergie est bien présente, ce que les textes en français soulignent sans honte pour raconter des histories de femmes aux sentiments divers, tantôt désabusées, tantôt séduisantes et aimantes. Julien Pouletaud est à la barre de la réalisation de l’album et des arrangements dans les 11 titres d’un album résolument tourné vers l’humain. Les passions (Tout en bataille), la folie (Désaxée), l’amour (Des Hivers et des Printemps), l’album permet de pénétrer la psyché d’une artiste sans concessions.

Une belle histoire de France oubliée avec Fileuses de soie aux éditions La Boite à Bulles, sortie le 2 mai 2024

Au tournant du XXe siècle, la France rurale reforge d’usines familiales, notamment pour produire et utiliser les vers à soie, avec des ateliers, des ouvrières et des pensionnats où elles étaient entassées dans des conditions proches du bagne, avec horaires démentiels, blessures à répétition et amendes de rigueur en cas d’indiscipline. La BD raconte une histoire de rébellion et de prise de conscience des hypocrisies liées aux supposées différences de classe. Car si les parfois très jeunes recrues courbent souvent l’échine pour amasser un maigre pécule en prévision de la dot de mariage, certaines commencent à bouger les lignes, notamment celles qui ont été confrontées très jeunes aux blessures liées à l’injustice du monde. Femmes défigurées, enfants à la mère violée, femmes en fuite suite à un meurtre perpétré dans des conditions d’autodéfense, les histoires sont différentes mais rassemblent des meurtries de la vie. La BD se déroule au sein d’une usine de vers à soie sur la pente descendante avec une famille en fin de règne. La BD se lit avec un intérêt non dissimulé, les pages enchainent les péripéties et donnent une idée assez précise des conditions de vie pour ceux qui n’avaient rien. C’est un grand moment de lecture, montrant bien les iniquités du monde et l’hypocrisie qui règne au profit des possédants et au détriment des forces de travail obligées de se taire et d’endurer. Un grand moment de BD!

Synopsis: Une filature menacée par la concurrence étrangère, un fils honni qui ressurgit, des orphelines asservies… un vent de changement souffle sur l’usine-pensionnat Bouscaret.

Drôme provençale, 1910. La filature familiale de Louis Bouscaret fait depuis peu face à une concurrence croissante venant de l’étranger. Son usine-pensionnat, qui recueille les orphelines et filles abandonnées de la région, bénéficie de leur travail acharné en échange d’une « éducation » assurée par la sévère sœur Agnès. Henriette, une nouvelle arrivante au visage à demi-caché derrière une mèche, rêve de dessiner un jour ses propres robes.

Les rangs des ouvrières – éreintées par des journées à rallonge et par la sévérité de sœur Agnès – sont peu à peu gagnés par le désordre lorsque l’une d’elle est touchée par une pneumonie.

Pendant ce temps, chez les Bouscaret réapparaît Hyppolite, le cadet des enfants qui traîne avec lui le lourd secret familial. Mais lorsque le fils honni et la travailleuse révoltée se rencontrent, débute une idylle impossible dans laquelle prend racine des envies de subversion.

Tour à tour arrivées par convoi, Rose, une toute jeune pensionnaire de 14 ans, puis Suzanne, fille de bonne famille ayant fui un mariage arrangé, rejoignent bientôt l’entourage d’Henriette. Elles s’unissent face à l’oppression, animées par un même besoin d’émancipation.

Editeur: La Boite à Bulles

Auteur: Sylviane Corgiat, Bruno Lecigne, Jean-Côme

Nombre de pages / Prix: 144 pages, 24 euros

Ici Brazza de Antoine Boutet, un documentaire éclairant sur un nouveau quartier érigé à Bordeaux, sortie VOD et DVD

Brazza est un quartier situé sur la rive droite de Bordeaux. Le nom vient de Pierre Savorgnan de Brazza, célèbre commissaire-général du gouvernement français en Afrique centrale au XIXe siècle. La rive gauche de la Garonne a vu la ville se développer historiquement avec ses quais pour l’importation des fruits en provenance des colonies françaises, il y a eu aussi des installations industrielles devenues des friches. Ce qui étaient auparavant des usines d’engrais chimiques et des chemins de fer abandonnés recouvraient des sols pollués, des eaux stagnantes, de la boue verdâtre, des squats et des camps de fortune. Le réalisateur Antoine Boutet montre l’évolution du terrain, ce qu’il contenait auparavant, des ruines et des camps avant que n’apparaissent des panneaux annonçant la transformation du terrain vague de 53 hectares en projet immobilier pour accueillir plus de 5000 habitants dans 4950 logements, avec des équipements publics, des écoles, un gymnase… Le film montre l’intervention des policiers pour expulser manu militari les occupants restants, les bulldozers qui détruisent les bâtiments et les grues qui prennent position sur le terrain pour ériger le quartier éco-responsable souhaité par la municipalité. Les reliquats du passé doivent laisser place à un nouveau quartier d’avenir, d’où l’adage « du passé faisons table rase ». Le réalisateur a passé plusieurs années pour filmer ce qui existait avant et ce qui a pris la place du terrain vague. Les images dessinées par ordinateur laissent entrevoir un quartier presque parfait avec ses personnages souriants qui font du vélo et poussent des poussettes. Entre la promesse d’un quartier mixte et ce qu’il sera vraiment, il faudra encore un autre documentaire pour vérifier si les promesses ont bien été tenues.

Synopsis: Ici Brazza, tout un programme : une zone en friche vit ses dernières heures. 53 hectares à bâtir pour un vaste projet immobilier dans l’air du temps. Chronique d’un terrain vague en transformation, le film scrute l’annonce d’un « nouvel art de vivre » dans la réalité brute du terrain.

La Walkyrie de Richard Wagner au Théâtre des Champs-Elysées le samedi 4 mai à 18h

Le Théâtre des Champs Elysées propose la mise en scène de la célèbre Walkyrie de Richard Wagner dont le film Apocalypse Now a contribué à l’énorme notoriété avec l’utilisation de la Chevauchée des Walkyries. 2e des 4 drames lyriques qui composent l’œuvre titanesque L’anneau du Nibelung, la première eut lieu en 1870 au théâtre national de la cour à Munich, à la demande de Louis II de Bavière, contre la volonté de Wagner. Le livret a été rédigé par Richard Wagner entre 1851 et 1853 et la musique composée entre 1854 et 1856. Le livret contient de très nombreuses références aux mythologies germanique et nordique qui sont à la base de son inspiration pour le Ring. De nombreux leitmotivs jalonnent le livret, avec l’existence de petits motifs conducteurs courts déterminant les caractères de chacun des personnages et qui réapparaissant à chacune de leurs apparitions. Cet opéra est considéré comme le plus lyrique et le plus humain des 4 journées de la Tétralogie. Yannick Nézet-Seguin dirigera le Rotterdams Philharmonisch Orkest et ce sera le premier Sigmund pour Stanislas de Barbeyrac avec cette prestation dans La Walkyrie.

Synopsis:

Deuxième des quatre drames lyriques qui constituent L’Anneau du Nibelung, La Walkyrie représente l’apothéose du drame musical romantique et Richard Wagner y livre ses pages les plus embrasées. Dès les premières notes, l’orchestre emporte tout sur son passage. Tempête, inceste, colère divine, passion irrépressible : tout semble déjà en germe dans ces mesures agitées qui annoncent le destin tortueux des héros. Puis vient le temps du récit, ici prodigieusement lyrique et magnifiquement humain. C’est sans conteste l’immersion idéale dans l’univers foisonnant de Richard Wagner qui signe là certaines de ses pages les plus enflammées et les plus poignantes. Yannick Nézet-Seguin à la tête de l’Orchestre de Rotterdam poursuit son cycle Wagner en version de concert, nous offrant notamment à cette occasion le premier Sigmund de Stanislas de Barbeyrac.

Production Théâtre des Champs-Elysées
Avec le soutien de la Délégation générale du Québec à Paris
France Musique diffuse ce concert le 15 juin à 20h

Tentacules, un classique de l’horreur sorti en 1977, réédité par Rimini édition en combo Blu-Ray + DVD le 3 mai 2024

En 1977, Les dents de la mer a changé le paysage cinématographique depuis 2 ans et pour toujours avec l’avènement du blockbuster à grand spectacle et des films qui se basent sur des animaux déchainés pour faire frissonner les foules. C’est le grec Ovidio G. Assonitis qui est à barre de ce film au casting surprenant et au déroulé fidèle à ce cinéma de genre. Un poulpe sème la terreur sur les plages américaines mais un ami de la faune marine aidé de 2 orques va intervenir pour la plus grande joie des estivants, au prix cependant de quelques victimes marquantes.

Un film entre Amérique et Europe

Ovidio G. Assonitis a d’abord caché les origines européennes du film pour maximiser ses chances au box-office US. Les extérieurs ont été tournés en Californie et le metteur en scène a américanisé son nom en le changeant en Oliver Hellman. De plus, il a densifié le casting avec une majorité d’acteurs américains. Bo Hopkins (un des plus jeunes membres de La horde sauvage et grand second rôle dans des séries US), Claude Atkins (Rio Bravo), Shelley Winters (L’aventure du Poséidon) et surtout John Huston (grand réalisateur pour notamment Le Trésor de la Sierra Madre et acteur à ses heures) et Henry Fonda (qu’on ne présente plus, acteur notamment dans le film 12 hommes en colère) apparaissent dans des rôles divers, John Huston en journaliste bourru, Fonda en industriel aux intentions floues, ils habitent le film par leur charisme au milieu d’une intrigue assez classique. Des incidents surviennent sur différents sites de la côte californienne d’abord sans explications, et puis la vérité surgit, un céphalopode géant s’en prend aux humains par la faute d’ondes radios et électromagnétiques qui le perturbent. Habituellement plutôt paisible, la bébête se change en prédateur féroce. Les restes humains déchiquetés sont très marqués années 70, les effets spéciaux sont un peu datés mais le film fonctionne par sa tension croissante. Le genre aventure maritime et horreur fonctionne bien et préfigura beaucoup d’autres films similaires (Tintorera, Piranhas, Barracuda) qui marquèrent également l’histoire du cinéma d’horreur. Tentacules reste une copie made in Cinecitta par son style de production, impossible donc d’éviter les clichés habituels, avec ces baigneurs aspirés sous l’eau en vue subjective et ces images secouées dans tous les sens pour figurer la tension. Quant aux enfants, c’est vraiment une autre époque, ils sont en première ligne et disparaissent les uns après les autres, difficile à imaginer dans le cinéma actuel aseptisé.

Le film fleure bon les années 70 et se regarde avec plaisir, un peu comme un plaisir coupable mais tout à fait réconfortant.

Synopsis: Ocean Beach est une station balnéaire américaine, tranquille et familiale. Tout bascule lorsqu’un bébé et un marin disparaissent. Quelques heures plus tard, leurs corps sont retrouvés atrocement mutilés. L’enquête mettra à jour l’existence d’une créature gigantesque et monstrueuse, cachée au fond de l’océan.

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