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« Exit Above », dans les pas du blues et d’Anne Teresa De Keersmaeker

"Exit Above" où dans les pas du blues et d'Anne Teresa De Keersmaeker
Photo Anne Van Aerschot

« Exit Above », dans les pas du blues et d’Anne Teresa De Keersmaeker

Avec cette création « Exit Above » de retour à Paris, d’après La Tempête de Shakespeare, la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker initie une danse à l’énergie explosive où les ressorts se puisent à l’inspiration mélancolique du blues et d’un sursaut pour la planète.

Entre jaillissement et rupture déconstruite, la pièce se développe en variations électriques et amples, où chaque danseur est à la fois soliste, à l’abri de sa propre chorégraphie, et un élément collectif, relié avec les autres, dans un élan circulatoire et communicatif.

Une danse pulsatrice

Au sol, des figures géométriques colorées avec lesquelles Anne Teresa De Keersmaeker impulse depuis toujours sa danse à l’abri de marches effrénées, de courses folles, d’arrêts sur image pour fixer le public droit dans les yeux. Les danseurs courent, se cherchent, s’immobilisent, puis bondissent à nouveau.

Ici l’écriture originelle de la chorégraphe s’hybride et flirte avec le vocabulaire de la danse urbaine. Les corps des interprètent s’irriguent de la musique et de ses pulsations évocatrices qui, dans une spirale sans cesse renouvelée, se font écho.

Ils nous embarquent dans une traversée jubilatoire et combattive qui invite, dans un élan de résistance et de questionnements, à la célébration, à la consolation, et au dépassement après la tempête.

Le tout est servi par la bande-son de Jean-Marie Aerts, la voix cristalline de Meskerem Mees et la guitare de Carlos Garbin.

Dates : du 31 mars au 1 avril 2025 – Lieu : Le Centquatre (Paris)
Chorégraphe : Anne Teresa De Keersmaeker

« Coup Fatal » : Une symphonie baroque et congolaise, où la sape devient acte de résistance

"Coup Fatal" : Une symphonie baroque et congolaise, où la sape devient acte de résistance
Coup Fatal, un concert chorégraphié et orchestré par Fabrizio Cassol, Alain Platel & Rodriguez Vangama © Zoé Aubry

« Coup Fatal » : Une symphonie baroque et congolaise, où la sape devient acte de résistance

Alain Platel, figure emblématique du théâtre chorégraphique, nous fait nous sentir vivants avec « Coup Fatal », une œuvre solaire et jubilatoire qui transcende les frontières artistiques et culturelles.

Dans ce spectacle, présenté comme un hymne à la joie, Platel s’associe à Fabrizio Cassol, Rodriguez Vangama et le contre-ténor Serge Kakudji, pour orchestrer une fusion audacieuse entre musique baroque et rythmes congolais. Loin de ses créations souvent empreintes de mélancolie, Platel nous entraîne ici dans une fête exubérante où la musique, la danse et le théâtre dialoguent avec une énergie impérieuse.

Deux hommes s’avancent sur scène. Ils s’interpellent par instruments interposés, engagent un dialogue musical intense et enflammé. L’un tient une guitare électrique à double manche, l’autre un likembe. À cet appel à la danse, au partage, à la désobéissance, répondent immédiatement une dizaine d’autres musiciens et chanteurs qui débarquent alors, brandissant au-dessus de leur tête des chaises aux couleurs du ciel de Kinshasa. Le round peut alors commencer et plus rien ne pourra l’arrêter.

Un impétueuse effervescence sonore et visuelle

La réussite de « Coup Fatal » réside dans ce métissage subtil où Bach, Haendel, Gluck ou encore Monteverdi se mêlent aux pulsations africaines, portées par des instruments traditionnels tels que le balafon ou le likembe. Le tout propice aux envolées électriques et au déploiement des arias baroques, dans une impétueuse effervescence sonore et visuelle, qui électrisent et magnétisent toute la scène.

Cette rencontre improbable est soutenue par l’interprétation en live de l’orchestre constitué de douze musiciens et danseurs venus de Kinshasa. Chaque note résonne alors comme un pont entre deux mondes, entre l’Europe baroque et l’ébullition culturelle africaine.

La mise en scène dépouillée – des rideaux de perles et des chaises en plastique bleu – fait la part belle aux artistes et à leur folie communicative, pour s’éclater dans une explosion de sons et de mouvements dansés parfaitement exécutés.

Au cœur de cette célébration musicale et sensorielle se trouve la figure des « sapeurs », ces dandys congolais dont l’extravagance vestimentaire devient un acte de résistance face à l’adversité.

Dans un final éclatant et une élégance unique, les interprètes défilent sapés comme des Dieux, offrant un véritable festival coloré et sans frontière, où se revendique fièrement sa liberté et son appartenance. Un moment, empreint d’humour et d’humanité, illustrant parfaitement la capacité de Platel à mêler tendresse et ironie dans une ode aussi résiliante que festive.

 Dates : du 28 mars au 5 avril 2025 – Lieu : Théâtre du Rond-Point (Paris)
Mise en scène : Alain Platel

Mademoiselle Spencer, de Christine Orban (Albin Michel)

Mademoiselle Spencer, de Christine Orban (Albin Michel)

Christine Orban a écrit ce roman à la 1ère personne en donnant la parole à Diana. Elle a vu la pièce d’Arthur Schnitzler, Mademoiselle Else, au théâtre Montparnasse et a vu une ressemblance évidente entre Diana et Else. Deux destins uniques.

A travers, Mademoiselle Spencer, on suit Diana depuis son adolescence, moment clé où elle fut choisie comme future femme du Prince de Galles. On la voit évoluer, devenir femme, se plier aux conventions du Palais. Diana nous livre ses tourments, ses questions, ses failles, ses rêves et ses désillusions quant à son mari, le Prince Charles. Camilla est sans cesse présente et jamais, Diana ne se sent bien ! Et pourtant, elle semble vraiment l’aimer son mari, Diana. Mais lui, jamais il n’a pu oublier Camilla. A-t-il seulement aimer Diana ?

Ce livre est écrit à la 1ère personne. Le narrateur est Diana. Il faut dire qu’elle était une telle célébrité, que tout le monde savait tout sur elle ! Et comme Diana a même fait une déclaration devant les caméras de la BBC, dévoilant tout sur sa vie, Christine Orban ne fait qu’écrire ce que Diana a révélé tout haut au plus grand nombre. Elle était si malheureuse.

Mademoiselle Spencer est un livre qui montre que devenir princesse n’est pas forcément le plus beau rêve à réaliser ! Il sort aujourd’hui !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 26 mars 2025
Auteur : Christine Orban
Editeur : Albin Michel
Prix : 19,90 €

« Bate Fado », le fado endiablé et percutant à l’Opéra de Limoges

Bate Fado, le fado endiablée et percutant
Photo © José Caldeira

« Bate Fado », le fado endiablé et percutant à l’Opéra de Limoges

Les Portugais Jonas & Lander font revivre la danse fado dans un concert percussif et hautement expressif, flirtant avec le flamenco, les claquettes et les danses urbaines transgressives.

Avec « Bate Fado », ils ressuscitent le fado batido, version dansée du chant lusitanien inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2011. Sensuelle en diable, cette danse altière, insolente et indomptable, avait été jugée indécente par la morale du début du XXe siècle, la condamnant à une disparition silencieuse.

La danse du fado 

Dans cette réhabilitation contemporaine, emmenée par quatre danseurs et danseuses, trois musiciens et un chanteur de fado (Jonas lui-même), le fado se chante, se clame et se danse.

Sur scène, les interprètes à l’énergie flamboyante frappent des pieds et varient les cadences comme pour mieux nous rappeler les figures oubliées du passé et célébrer avec fracas ce retour aux sources, dans un précipité dansé aussi séculaire qu’actuel.

Les sons et les mouvements s’imbriquent alors en un ballet survolté où avec virtuosité et effervescence, les deux chorégraphes revisitent cette mémoire oubliée.

La danse est indissociable de la musique, où dans un dialogue permanent avec les voix, les percussions et les guitares, le fado se réinvente. Propice aux figures qui s’entrechoquent et aux corps libérés, la performance se part de la voix enivrante et déchirante de Jonas.

Et dans cette traversée, les artistes passent avec aisance de l’humour à l’absurde, du poétique à l’onirique, sans jamais perdre de vue l’intention politique qui émerge aussi en filagramme. Car le spectacle réussit à briser l’image du fadista masculin dominant, insufflant une liberté physique débridée à cet art ancestral qui évoque tout autant l’image traditionnelle de l’homme fadiste que les figures de Fassbinder, subvertissant la tradition musicale comme les identités de genre.

Entre musiciens et danseurs, hommes et femmes, les rôles sont sans cesse redistribués. Le groupe imprime une étonnante modernité qui fait la part belle à une ivresse joyeuse du mouvement où dissimulé derrière la mélancolie exacerbée, le fado se révèle ici une danse viscérale, engagée, et subversive.

 Date : 26 mars 2025 – Lieu : Opéra de Limoges
Chorégraphie et composition musicale : Jonas & Lander

La guerre de Jeanne (Flammarion jeunesse)

La guerre de Jeanne (Flammarion jeunesse)

La guerre de Jeanne est un livre à lire dès l’âge de 10 ans. Il est tout simplement extraordinaire.
Jeanne découvre la Seconde Guerre mondiale au Collège, en 3ème. Elle fait partie du programme. Jeanne est élève de 3ème et elle va découvrir les horreurs de cette guerre. Impossible pour elle de continuer à vivre sa vie, comme si de rien n’était. Elle a besoin de comprendre pourquoi cette guerre a eu lieu. Comment des hommes ont pu tuer d’autres hommes, de façon aussi inhumaines et cruelles.
Jeanne a un meilleur ami, Sidoine. Il est en 4ème dans un autre collège, depuis qu’il a déménagé. Mais il reste toujours le meilleur ami de Jeanne. Avec lui, elle se sent mieux. Il est à l’écoute, même s’il a des problèmes d’audition !  
Jeanne va demander la permission à ses parents de ne plus aller au Collège durant la semaine, pour pouvoir faire ses recherches à la Bibliothèque. Et elle nous raconte de qu’elle y découvre sur cetet Seconde Guerre mondiale.
Chaque lecteur de La guerre de Jeanne n’oubliera jamais ce livre, bouleversant, un livre qui nous dit surtout de ne jamais oublier notre passé, nos ancêtres, notre Histoire. Notre devoir de mémoire doit rester intact tout au long des années, comme un hommage rendu à toutes ces personnes mortes, qui ne devaient pas mourir.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2025
Auteur : Kochka
Illustrateur : Ronan Badel
Editeur  : Flammarion
Prix : 13€

Le silence est à nous, de Coline Pierré (Flammarion)

Le silence est à nous, de Coline Pierré (Flammarion)

Coline Pierré écrit depuis longtemps des livres pour la jeunesse. Dans son dernier livre, Le silence est à nous, elle a choisi d’écrire un roman en vers libres. Sans doute pour donner davantage de poids aux mots, davantage de poésie aussi. De révolte sûrement. Mais aussi pour donner de la place au silence…

Le silence est à nous raconte l’histoire de Léonora. Mais elle préfère se faire appeler Léo… Juste parce que Léo ne la met pas dans un cadre, Léo sonne la liberté… « La vraie raison c’est que Léo c’est un répit, un sursis de genre… » P30

Sa meilleure amie, Aïssa est passionnée de théâtre, de danse, matières où elle excelle !

Et puis, un jour, au collège, elle est témoin d’une agression sexuelle. Elle a tout vu. Elle connaît la victime, Maryam et ce type qui la brutalise. Au lieu de réagir, elle fuit, tout doucement… Et elle se tait… Incapable de réagir. Incapable de bouger… Et cela la hante jusqu’au jour où elle décide de parler à Maryam… Et de réveiller les consciences… C’ets compliqué ! Elle a promis à Maryam de ne rien dire à personne. Du coup, elle ment à sa meilleure amie… Cette situation l’emprisonne chaque jour un peu plus…

Et, puis un jour, elles décident que leur arme à toutes et à tous va être le silence. Un silence lourd, pesant… Un silence qui va parler à tout le monde !
Une grève du silence au collège ! Une forme de révolte, de révolution… Une jolie façon de ne plus accepter l’inacceptable !

Le silence est à nous est un très beau roman qui va parler à de très nombreux jeunes. Il s’adresse à une génération qui n’a, hélas, pas souvent droit à la parole ! Un roman fort, véhiculant des vérités fondamentales.


Livre conseillé à partir de 13 ans.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2025
Auteur : Coline Pierré
Illustrateur : Manon Bucciarelli
Editeur : Flammarion
Prix : 19,90 €

Sortie du film à charge I am Gitmo le 26 mars 2025 sur les mesures coercitives post-11 septembre

De l’eau a coulé sous les ponts depuis les évènements funestes du 1 septembre 2001 (24 ans quand même), et tout le monde le sait, les Etats-Unis ont frappé fort pour punir les prétendus auteurs des attaques sur le sol américain. Les images ont fait le tour du monde et tout le monde se souvient de l’endroit et du moment où il a découvert ces images. Alors tout a été entrepris et une bonne poignée d’innocents a du probablement supporter des tortures accablantes sous prétexte que tout était permis pour venger les victimes. Le film est supporté par Amnesty International, et on comprend pourquoi. Le protagoniste principal Gamel est emmené, interrogé, tortuté et va certainement passer le reste de sa vie en détention. Est-il coupable? Est-il lié aux attentats? Il est en tous cas emmené loin d’Afghanistan pour être emmené à Guantanamo alias Gitmo. Le film n’élude aucun détail sur les souffrances physiques et psychologiques auxquelles le personnage doit faire face. Acculé, contraint au manque de sommeil, il tient bon et refuse d’avouer un crime qu’il n’a pas commis malgré les incessantes pressions. Le film est (un peu trop) long et montre le système carcéral américain sous tous les angles. Militaires qui ne laissent aucun répit, prisonniers contraints à l’isolement, affamés et privés de sommeil, installations insalubres, le film se regarde comme un documentaire éprouvant. Le monde entier a détourné le regard alors que des familles entières étaient touchées par la politique vengeresse du gouvernement américain, censé représenter la démocratie. Mais tout est justifiable avec de bons arguments détournés en sa faveur, la preuve en est…

Synopsis:

Durant la guerre contre le terrorisme déclenchée après le 11 septembre, Gamel est emmené de chez lui en Afghanistan, amené à la base aérienne de Bagram, puis à Guantanamo, Cuba pour être interrogé et torturé. Sa liberté dépend de John, un interrogateur militaire, chargé de son dossier.

Émilie Charriot en résonance singulière et intense avec « L’Amante anglaise »

Émilie Chariot en résonance singulière et intense avec "L’Amante anglaise"
Dominique Reymond dans « L’Amante anglaise » mise en scène par Émilie Charriot (© Sebastien Agnetti)

Émilie Charriot en résonance singulière et intense avec « L’Amante anglaise »

Avec « L’Amante anglaise », Marguerite Duras revisite un meurtre qui a eu lieu à la fin des années 1940. Par le biais d’un double interrogatoire, d’un double dialogue, elle creuse l’idée du mystère, de l’incompréhension, de la perdition d’une âme, au regard de l’acte criminel.

Et elle nous place face à une énigme que l’on essaie de comprendre. Elle use d’une forme de suspens, tout en déployant les grandes thématiques de son écriture, comme la folie et l’amour, qui sont les deux pierres angulaires de « L’Amante anglaise ».

Le 8 avril 1949 on découvre en France, dans un wagon de marchandise, un morceau de corps humain. Dans les jours qui suivent, en France et ailleurs, dans d’autres trains de marchandises, on continue à découvrir d’autres morceaux de ce même corps. Puis ça s’arrête. Une seule chose manque : la tête. On ne la retrouvera jamais. Grâce à ce que l’on appelle le recoupement ferroviaire l’enquête permet de découvrir que tous les trains qui ont transporté les morceaux de ce corps sont passés à Viorne, dans l’Essonne.

Très vite, l’enquête mène à une femme, Claire Amélie Lannes, 51 ans, ressortissante de Viorne depuis 20 ans et marié à Pierre Lannes. Dès qu’elle se trouve en face de la police, Claire Lannes avoue son crime. Elle dit avoir assassiné sa cousine Marie-Thérèse Bousquet, sourde et muette. Malgré son évidente bonne volonté tout au long du procès, Claire Lannes ne réussira jamais à donner d’explications à son geste.

Le théâtre de « L’Amante anglaise » est construit sous forme de deux interviews. Celle de Pierre et de Claire, l’un après l’autre. Et il ne se passe rien, ou presque. Si ce n’est ce face à face qui imprime une attention extrême à ce qui se dit et ne se dit pas. Car un secret est là, lourd, qui ne nous lâche pas.

Un trio implacable

Une personne (Nicolas Bouchaud) donc pose des questions, l’autre (Laurent Poitrenaux) essaie de répondre. Ce questionneur, dont on ne sait qui il est, interroge sans jamais chercher à juger, tout entier tendu dans la volonté obsessionnelle de comprendre, d’être dans la tête de l’autre, avec une puissance et une impérieuse nécessité.

Il questionne tout d’abord, Pierre que Duras décrit dans une interview comme la quintessence du petit bourgeois haïssable mais qui existe malgré tout et en dépit de la volonté de son autrice, Pierre qui répond avec pragmatisme aux questions qu’on lui pose, puis Claire elle-même. Claire (Dominique Reymond) est de bonne volonté. Elle aussi cherche à comprendre. Mais elle n’expliquera jamais son geste où dans cette proposition singulière, possédée par une intériorité fébrile, elle est déterminée et maîtresse de son destin, assumant pleinement son acte comme une forme de révolte face à un vécu pesant et qui met en lumière la violence latente dans les relations intimes, tout en évitant tout jugement moral.

Un trio implacable où s’explore l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus sombre, de plus inconnu et de plus vertigineux. Mais c’est aussi le portrait d’un couple dans l’impasse, le récit d’une femme délaissée. Une histoire d’amour qui n’a pas résisté à l’usure du temps, aux renoncements et à la recherche d’absolu, si propre à l’œuvre « durassienne ».

Loin de tout lyrisme, formalisme abstrait ou métaphysique, le texte déploie un style concret, précis, épuré, proche du réel et de l’humain, infiniment moderne. Duras dissèque sans relâche les deux protagonistes de façon presque clinique, où l’écriture fait loupe. Elle s’appuie sur la figure de l’interrogateur qui déploie une parole proactive, tentant de dévoiler les racines possibles du crime. Par ses questions, tout ressurgit, le passé, les non-dits, dans un rythme musical, haletant.

La forme dramatique donne l’illusion d’une enquête. Mais quand tout s’éclaircit, tout se dérobe aussi. L’écriture se trouve alors ponctuée de béances, de lapsus poétiques qui brouillent les certitudes. La menthe anglaise, plante qui pousse dans le jardin du couple, devient « L’Amante anglaise », nous plongeant dans un imaginaire transfiguré. Le chemin vers la vérité demeure impénétrable et irréconciliable.

Les personnages ne parlent pas tous la même langue et à travers le rôle de Claire Lannes, Marguerite Duras nous fait entrer dans une zone trouble, insécure, à la lisière d’un enfermement intérieur et de sa folie insondable.

La mise en scène d’Émilie Charriot instaure un rythme et une énergie nouvelle, presque palpable, qui parvient à disséquer habilement les failles du couple et à ausculter la psyché complexe des personnages, en évitant le poids du tragique.

Elle opte pour une scénographie épurée, presque abstraite, qui recentre toute l’attention sur les dialogues, leur interaction et les silences. Ce choix reflète une volonté de ne pas alourdir la noirceur inhérente à l’œuvre, mais plutôt de laisser vibrer les tensions humaines sous-jacentes.

Émilie Charriot instaure une tonalité réaliste et une direction d’acteurs dynamique, notamment avec des interventions hors cadre et des interactions avec le public, comme l’ouverture où Nicolas Bouchaud interpelle la salle avec une chanson des Stranglers et un fait divers, créant un contraste saisissant entre réalité et fiction dramaturgique.

Ses choix notamment en termes d’éclairage et de spatialité (Yves Godin) structurent l’espace, renforçant le sentiment d’immersion et de passion mortifère contenue dans la pièce, tout en lui insufflant une intensité à la fois aérienne et au scalpel, où les mots sont des flèches tirées sur les personnages.

Dominique Reymond, dans le rôle de Claire Lannes, incarne avec brio, cette femme énigmatique, oscillante entre opacité et détermination. Elle parvient à rendre concret, ardent, le trouble de son personnage, nous laissant constamment dans le doute quant à ses motivations et à sa santé mentale. Laurent Poitrenaux qui joue Pierre Lannes, est un mari à la fois oppressant et absent, dont la parole distante résonne comme un écho vide dans l’espace scénique. Quant à Nicolas Bouchaud (l’interrogateur), il porte haut cette puissance ravageuse en quête d’une vérité impossible et inaudible.

 Dates : du 21 mars au 13 avril 2025 – Lieu : Odéon – Berthier 17ème (Paris)
Mise en scène : Emilie Charriot

Un classique de l’Opéra à découvrir avec les représentations du très intense Werther au Théâtre des Champs Elysées

Quand Goethe publie son roman épistolaire Les souffrances du jeune Werther en 1774, il préfigure la grande période romantique à venir dans la 2e moitié du XIXe siècle non encore éclos. Musique, littérature, poésie, toute l’époque était empreinte de ce sentiment amoureux absolu et déchirant. La légende raconte que nombre suicides ont répondu au phénomène littéraire racontant une histoire d’amour impossible entre la belle et mariée Charlotte et le ténébreux Werther. Dans cette mise en scène au Théâtre des Champs Elysées (encore 5 représentations!) la très talentueuse et acclamée mezzo-soprano Marina Viotti est Charlotte (la Habanera de Carmen pendant la prestation metal de Gojira aux JO de Paris 2024, c’était elle) et le ténor franco-suisse Benjamin Bernheim interprète un Werther accablé par des sentiments contraires aux codes de son époque. Dans une mise en scène (excessivement?) minimaliste au mono-décor constitué d’un unique mur et d’une ouverture sur une (mystérieuse?) salle à manger, toute la place à laisser aux performances lyriques avec une distribution au diapason de l’oeuvre. Quand Massenet adapte plus d’un siècle plus tard le texte de Goethe, le romantisme bat son plein, l’amour est forcément absolu et l’intransigeance des sentiments passe pour de la dictature. Les passages marquants abondent (Mon âme a reconnu votre âme, Les larmes qu’on ne pleure pas dans notre âme retombent toutes) et la musique orchestrée par Marc Leroy-Calatayud avec l’orchestre Les Siècles transcrit avec talent la musique de Massenet, quitte à parfois recouvrir de son des paroles des ténors. Le résultat tient du miracle, l’intensité prend aux tripes, le coeur tressaille, la mezzo-soprano est éblouissante, le ténor est acclamé pendant le célèbre passage du printemps (Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps), la salle est transportée. Et comme le spectacle dure moins de 3h, l’attention de l’audience n’a pas le temps de diminuer dans le bel écrin du TCE. Le drame lyrique est une splendeur et nul doute que les quelques imperfections seront gommées au fur et à mesure de encore 5 dates restantes. Si quelques incompréhensibles huées ont parasité la salve d’applaudissement finale (réaction puérile à la scénographie certes sommaire mais dans le ton du spectacle), un sentiment de plaisir immense persiste longtemps après la clôture du spectacle, et c’est bien l’essentiel, confirmant la place centrale du TCE dans le monde lyrique parisien.

Synopsis: On le sait depuis longtemps… Les histoires d’amour à l’opéra ne sont pas toujours heureuses. Lorsque Goethe publia ses Souffrances du jeune Werther, l’histoire de Charlotte et de son prétendant connut un succès tel qu’elle provoqua ce que l’on appela la « fièvre werthérienne », causant les suicides de jeunes gens prêts à tout pour imiter les héros romanesques. Plus d’un siècle plus tard, en plein romantisme français, Massenet s’inspira de l’histoire de cet amour impossible et signa avec elle son œuvre majeure. Tout en utilisant les ressources du grand orchestre symphonique, il crée une atmosphère intime et pénétrante dont la meilleure illustration est sans nul doute le magnifique air « Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps… »… véritable « tube » du plus sensible des opéras de Massenet. Benjamin Bernheim et Marina Viotti seront les amants malheureux de la soirée entourés d’interprètes français bien connus du public de l’avenue Montaigne (Jean-Sébastien Bou, Marc Scoffoni, Rodolphe Briand) rejoints par Sandra Hamaoui et Yuri Kissin. En fosse, Les Siècles dans un répertoire que les musiciens pratiquent avec un bonheur « historique ».

Coproduction Théâtre des Champs-Elysées | Teatro alla Scala
En partenariat avec france.tv
France Musique enregistre cet opéra

Dates de représentations:

25 / 28 / 31 mars

3 / 6 avril

L’artiste féministe Sylvie Burger perpétue son projet Womankind pour dévoiler le nouvel album Womanpower of love, sortie le 21 mars 2025 chez Inouie Distribution

Le projet Womankind a été créé en 2019 par la chanteuse franco-suisse, auteure et compositrice Sylvie Burger pour proposer une musique pleine d’énergie et de pop, avec des influences soul et latines. Sylvie Burger manie l’humour avec art en multipliant les jeux de mots. La musique est remplie de liberté pour raconter des histoires chantées en français, en anglais et en espagnol.

De l’amour en barre

Le parcours de Sylvie Burger est assez singulier. L’auteure-compositrice-interprète a multiplié les aventures dans da musique et dans la vie. L’album Womanpower of Love célèbre la femme et promeut les œuvres d’art comme force d’amour et de résilience. Le premier extrait de l’album Mon Ex en Provence a vu son clip tourné en Provence avec en invité Carton, chanteur de Raoul Petite. Le premier album Kind of love est sorti en 2023 et si le nom Womankind signifie espèce de femme, il signifie surtout assumer sa condition féminine et pousse à la fierté d’être femme. Le projet franco-suisse est international et se veut très féminin et avant tout humaniste. Sylvie Burger est née en Suisse au sein d’une famille très atypique avec un père inventeur de l’instinctothérapie et a grandit dans une communauté. A 5 ans, sa famille est partie pour le Congo pour trouver des fruits exotiques à bas prix. Mais un drame a assombri le projet, son petit frère de 2 ans est mort et a été enterré dans la brousse. Sa vie a été une suite de péripéties, avec une noyade, un emprisonnement au Mexique et l’artiste s’assume maintenant pour pousser ses ambitions en musique. L’album est tout empreint de sonorités latines chaudes portées par des textes à la fois sensibles et drôles, l’univers de l’artiste se rapproche de celui d’une autre outsider, Cesaria Evora et ça fonctionne très bien. Les jeux de mots se multiplient pour le résultat d’un humour jamais forcé et toujours sincère.

Les chansons Petit Frère, La Reine de Grambois, Cosmic Cosma (hommage à Pierre Richard avec son fils Olivier Defays en guest au sax ténor et à la flute), Aime-moi Mens-moi, Apaga la luz et Rappelle-toi sont des grands moments à découvrir sur l’album dès le 21 mars.

Dates de concerts :

31 mars 2025 – Maison de l’Amérique Latine – Paris (75)
16 juin 2025 – NEW MORNING – Paris (75)
Juin 2025 : Romania Tour – Bucarest – Brasov – Timisoara – Sibiu – Târgu-Mures
Du 07 au 25 juillet : Festival Off d’Avignon

Histoires pour vivre ensemble (Flammarion jeunesse)

Histoires pour vivre ensemble (Flammarion jeunesse)

Les éditions Flammarion jeunesse nous proposent un recueil incroyable : Histoires pour vivre ensemble, aux illustrations rigolotes. C’est un livre qui va faire partir des « fondamentaux » ! Et qui pourrait être utilisé à l’école comme au Collège, en Cours d’Éducation civique.

Dans la classe de Madame Angèle, comme dans la plupart des classes, les élèves sont d’origines diverses. Ils sont tous différents, ont des envies différentes, des passions différentes, des religions différentes. Et pourtant ils arrivent à bien vivre ensemble !

L’auteur, Pierre Gemme, aborde des thèmes fondamentaux en partant d’une histoire assez banale. Par exemple pour aborder le thème de l’égalité entre les garçons et les filles, est-ce que les filles seraient cap de construire une cabane ? et les garçons de jouer à l’élastique ?

A la fin de l’histoire, le lecteur lira une page verte où l’auteur aborde en profondeur chaque thème. Pour ce chapitre-là, l’auteur nous présentera Olympe de Gouges, célèbre féministe, et définira le terme de parité.

Chaque thème sera abordé de la même manière : la solidarité, les élections, le racisme, les religions… Vingt thèmes sont approfondis de façon à comprendre comment fonctionne notre société et comment apprendre à mieux vivre ensemble. Vivre

Histoires pour vivre ensemble est un formidable outil pédagogique au service des élèves mais également des professeurs !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 19 mars 2025
Auteur : Pierre Gemme
Illustrateur : Jules
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 12,90 €

La sieste, Jeannette la vie du bon côté (Milan)

La sieste, Jeannette la vie du bon côté (Milan)

Les éditions Milan nous proposent une série réservée aux tout-petits : Jeannette – la vie du bon côté. Cette fois-ci, il est question de : La sieste.
C’est le moment de la sieste mais Sergio ne peut pas s’endormir, il a oublié son doudou. Comment faire ? Jeannette va tout faire pour que Sergio trouve un doudou à son goût… Et tous les copains aussi !
La sieste est un joli album, aux illustrations colorées, et aide à voir la vie du bon côté ! A offrir dès l’âge de 2 ans !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2025
Auteur : Émilie Chazerand
Illustrateur : Anna Guillet
Editeur  : Milan
Prix : 10,90 €

Sortie en DVD et Blu-Ray du film écologique et émouvant Sauvages le 18 mars 2025

Sauvages est un bijou de film d’animation au propos écologique qui plaira à toute la famille par son contenu pédagogique. Le film dénonce l’exploitation alarmante des ressources naturelles de l’île de Bornéo, ce sur quoi des ONG comme WWF ne cesse d’alerter. Dans une animation rappelant le précédant film du réalisateur Ma vie de courgette, l’importance de préserver la nature et l’écosystème est rappelée avec force et intelligence contre les visées sans vergogne du grand capital.

Un film pour toute la famille

Les peuples autochtones sont mis en avant, gardiens de leur environnement et respectueux de leur habitat naturel. Face à eux, de grandes industries destructrices qui abattent les arbres et chassent les animaux sauvages. Le combat idéologique concerne tout le monde, le pot de terre tente de résister au pot de fer supporté par les autorités, avec les pots de vin que l’on imagine derrière. L’utilisation de la stop motion est idéale pour montrer ce combat à forte tonalité symbolique et a priori inégal, à l’opposée des images de synthèse des productions américaines plus normées. Le film a tout de l’œuvre artisanale, en lien avec le message communiqué avec humour et émotion.

La chanson finale de Daniel Balavoine, Tous les cris les S.O.S, résonne avec une profondeur émotionnelle pour clôturer le film avec puissance et beauté.

Synopsis: À Bornéo, en bordure de la forêt tropicale, Kéria recueille un bébé orang-outan trouvé dans la plantation de palmiers à huile où travaille son père. Au même moment Selaï, son jeune cousin, vient trouver refuge chez eux pour échapper au conflit qui oppose sa famille nomade aux compagnies forestières. Ensemble, Kéria, Selaï et le bébé singe baptisé Oshi vont braver tous les obstacles pour lutter contre la destruction de la forêt ancestrale, plus que jamais menacée.

Tout le monde aime Clara, de David Foenkinos (Gallimard)

Tout le monde aime Clara, de David Foenkinos (Gallimard)

Quand on commence à lire Tout le monde aime Clara, on ne s’arrête plus ! Encore une fois, l’auteur, David Foenkinos, sait capter notre attention ! De façon incroyable, improbable même ! C’est son vingtième roman !

Nous aussi, on aime Clara ! Qui peut ne pas aimer Clara ?
L’auteur aborde de très nombreux sujets, à travers ce livre.

Clara est victime d’un très grave accident de voiture, et restera huit mois dans le coma. Ses parents, divorcés, vont veiller sur elle sans arrêt durant ces huit mois… Leurs retrouvailles n’étaient pas pensables, avant l’accident de leur fille…

En fait, si on s’intéresse un peu à l’auteur, on apprend que lui aussi a vécu au même âge que Clara, un grave traumatisme. Il a été opéré du cœur et a passé des mois à l’hôpital… Mais quand il a écrit Tout le monde aime Clara, il dit n’avoir jamais pensé à ce qu’il a lui-même vécu !
Il dit que cette maladie avait exacerbé sa sensibilité et lui avait sûrement donner le goût de la littérature, le goût de l’écriture. Son rapport à la beauté a lui aussi complètement changé.

Quant à Clara, elle se réveille au bout de ce long coma avec un don unique, celui de la voyance. Clara se découvre sous un nouveau jour, avec de nouvelles facultés… Une nouvelle Clara qu’elle va devoir apprivoiser…

Dans ce livre, le lecteur découvre les autres passions de l’auteur : son côté mystique, sa passion pour l’astrologie, la numérologie, l’ésotérisme… C’est la première fois que David Foenkinos nous partage ses connaissances dans ces domaines très particuliers.

Clara a non seulement des sensations, une sensibilité hors du commun, mais elle va comprendre les autres, les aider et va souvent bouleverser leur vie… Elle est toute jeune mais en réalité, elle n’a pas d’âge et a l’impression d’avoir déjà vécu plusieurs vies… Le père de Clara, Alexis va suivre des ateliers d’écriture, une fois que Clara sera sortie du coma. Son professeur, Eric Ruprez, est un personnage très discret et assez fantasque. Personne ne sait rien sur lui… Sauf Clara ! Et bien sûr, le lecteur est passionné par ce personnage unique, lui aussi ! Un écrivain, en plus ! Tous les ingrédients sont réunis pour passionner le lecteur ! Sans oublier les histoires d’amour qui sont au centre de leurs vies et les nombreuses références littéraires !

Encore une fois, le lecteur n’a pas envie que la fin approche… Pas envie de quitter Clara, Eric et Alexis… Car il est incontestable que Tout le monde aime Clara !

Tout le monde aime Clara nous permet d’entrer dans l’intimité de chaque personnage, avec discrétion et amour ! Soyons à l’écoute des signes de la Vie ! On ne sait jamais…

Publik’Art aime David Foenkinos ! Merci David et bravo ! Vous nous avez régalés ! Un vrai coup de coeur !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2025
Auteur : David Foenkinos
Editeur : Gallimard
Prix : 20 €

Les animaux et nous : Comment vivre ensemble en ville ? (Casterman)

Les animaux et nous : Comment vivre ensemble en ville ? (Casterman)

Les éditions Casterman nous proposent un album illustré, très chouettes illustrations, tout à fait étonnant : Les animaux et nous : Comment vivre ensemble en ville ?

Les auteurs, Didier Baraud et Christian Demilly, sont partis à la découverte des nombreuses espèces d’animaux qui habitent en ville. En partant du Moyen-Âge où toutes sortes d’animaux vivent dans les rues et jouent un rôle souvent primordial à la survie de l’homme.
Dans cet album, on découvre des détails surprenants sur les animaux. Savez-vous que les perruches, que l’on trouve si belles, envahissent les villes, en Europe. « Elles s’approprient une grande partie des espaces et de la nourriture des autres espèces ».

La nature repart toujours, la flore comme la faune ! Par exemple à Tchernobyl, des chercheurs ont constaté que la zone irradiée était envahie par la faune et que de nombreux animaux sauvages y avaient élu domicile : des sangliers, des ours, des renards, des loups, des lynx… Incroyable mais vrai !

Si on a peur de certains animaux, on ne connaît pas leur utilité ! « Quand les nuisibles nettoient les villes » !

Mais certains animaux sont vraiment nuisibles, soit envers l’homme, soit envers d’autres animaux. L’animal le plus dangereux pour l’homme serait le moustique ! Les moustiques provoquent la mort d’un million de personnes ! Et d’autres animaux nous transmettent, hélas, des maladies…

Les animaux et nous : Comment vivre ensemble en ville est un album documentaire passionnant qui met l’accent sur la fragilité de notre équilibre vital, sur nos conditions de vie et sur notre santé tout en se préoccupant du sort des animaux qui vivent près de nous… Un très beau documentaire !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : mars 2025
Auteurs : Didier Baraud et Christian Demilly
Illustrateur : Romain Taszek
Editeur : Casterman
Prix : 16,95 €

Le drame lyrique Werther de Jules Massenet au Théâtre des Champs Elysées du 22 mars au 6 avril

Le Théâtre des Champs Elysées met en scène le drame lyrique en 4 actes et 5 tableaux de Jules Massenet inspiré du roman épistolaire de GoetheLes Souffrances du jeune Werther. Le spectacle a été représenté pour la première fois en France à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1893. L’action se déroule sur 3 saisons (été, automne, hiver) à Wetzlar, en Hesse dans les années 1780. Et cerise sur le gâteau, ce sera nuls autres que les déjà fameux Benjamin Bernheim et Marina Viotti qui interprèteront Werther et Charlotte devant une salle conquise d’avance. Le ténor et la mezzo-soprano ont déjà démontré maintes fois leur art lyrique. ils reviendront dans une mise en scène de Christof Loy attendue par tous les aficionados. C’est le moment de réserver votre place!

Synopsis: On le sait depuis longtemps… Les histoires d’amour à l’opéra ne sont pas toujours heureuses. Lorsque Goethe publia ses Souffrances du jeune Werther, l’histoire de Charlotte et de son prétendant connut un succès tel qu’elle provoqua ce que l’on appela la « fièvre werthérienne », causant les suicides de jeunes gens prêts à tout pour imiter les héros romanesques. Plus d’un siècle plus tard, en plein romantisme français, Massenet s’inspira de l’histoire de cet amour impossible et signa avec elle son œuvre majeure. Tout en utilisant les ressources du grand orchestre symphonique, il crée une atmosphère intime et pénétrante dont la meilleure illustration est sans nul doute le magnifique air « Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps… »… véritable « tube » du plus sensible des opéras de Massenet. Benjamin Bernheim et Marina Viotti seront les amants malheureux de la soirée entourés d’interprètes français bien connus du public de l’avenue Montaigne (Jean-Sébastien Bou, Marc Scoffoni, Rodolphe Briand) rejoints par Sandra Hamaoui et Yuri Kissin. En fosse, Les Siècles dans un répertoire que les musiciens pratiquent avec un bonheur « historique ».

Coproduction Théâtre des Champs-Elysées | Teatro alla Scala
En partenariat avec france.tv
France Musique enregistre cet opéra

Petite Casbah : Sur les toits d’Alger (Bayard Jeunesse)

Petite Casbah : Sur les toits d’Alger (Bayard Jeunesse)

Les éditions Bayard Jeunesse nous proposent une nouvelle série BD qui est en fait l’adaptation de la série animée sur France TV, écrite par Alice Zeniter et Alice Carré : Petite Casbah.
Le tome 1 vient de sortir : Sur les toits d’Alger.

Nous sommes en 1955, à Alger. C’est le début des conflits. L’Algérie est encore une colonie française…

Khadija vient d’arriver chez son frère, Malek, à Alger. C’est la première fois qu’elle voit Alger. Elle habite au bled… Mais très vite, rien ne se passe comme prévu. So n grand frère va être arrêté par la police, française, et emprisonné car il aidait une vieille dame qui avait été bousculée par un policier. Le policier l’ayant traité de « bicot », Malek le gifle. Du coup, il va être emprisonné. Tout va devenir très compliqué pour la petite Khadija. Heureusement, elle va être aidée par les amis de Malek, qui vivent dans la rue et se réfugient sur les toits de la Casbah…

Cette réalité historique porte sur un conflit qui est encore aujourd’hui tabou. A la fin de l’album, le lecteur trouvera un dossier documentaire qui explique le contexte et les enjeux de l’histoire.

Parallèlement à cette BD, un livre documentaire, de Laura Orban et Sylvain Pattieu, est sorti le 12 mars chez Bayard Jeunesse : Petite Casbah.

La BD, Petite Casbah, avec le tome 1 : Sur les toits d’Alger est passionnant et les illustrations sont juste superbes ! Il est à découvrir sans tarder ! On attend avec impatience la suite !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 12 mars 2025
Auteur : Capucine Lewalle
Illustrateur : Audrey Simon
Editeur : Bayard Jeunesse
Prix : 10,50 €

Sortie du slasher La Tour du Diable en DVD le 13 mars (Rimini Editions)

Le film britannique La tour du diable réalisé par Jim O’Connolly est sorti initialement en 1972, époque où la Hammer était quelque peu en train de passer de mode face à la nouvelle vague foisonnante du Giallo. Les titres de l’époque issus de la vénérable institution sont donc très dans l’air de leur temps et respectent tous les codes du cinéma horrifique british. Île lugubre, brouillard, phare abandonné, le contexte est posé pour une belle dose d’adrénaline. Tourné presqu’entièrement en studio, le film rappelle les us et coutumes des années 60 avec quelques plans extérieurs en sus. L’atmosphère est inévitablement un peu kitsch mais aussi assez prenante. A une époque de libération des moeurs au triple galop, les corps dévêtus pullulent et quelques scènes un peu gore visent clairement à choquer le chaland, du moins pour l’époque, les effets spéciaux ont fait quelques progrès depuis. En 1972, les slashers étaient encore nouveaux et les codes n’étaient pas encore établis, le film impose quelques motifs qui vont connaitre de nombreux suiveurs par la suite. Certains protagonistes semblent chercher à se faire sciemment trucider, au premier titre ceux qui se laissent aller à des ébats sans se soucier du contexte mortifère. Les moyens de se faire trucider sont légion, couteau, pics, défenestration, étranglement, il y en a pour tous les gouts, de quoi créer une belle liste d’héritiers du genre. Si le film est devenu assez confidentiel de nos jours, il a marqué l’évènement du genre slasher avec des thèmes devenus récurrents comme la folie ou le lieu isolé. Le scénario déroule un double fil, même si un des 2 récits prend rapidement le pas sur l’autre. Le film est aujourd’hui un témoignage de son époque, un peu vieilli, un peu kitsch, mais surtout rempli d’un charme surrané qui en fera sursauter quelques uns.

Synopsis: Deux pêcheurs accostent sur une petite île et découvrent les corps atrocement mutilés de trois adolescents. La seule survivante, Penny, est dans un état second. Internée dans un institut spécialisé, elle va livrer aux enquêteurs un étrange récit.

La petite fille blanche, de Tony Birch (Ciels australs)

La petite fille blanche, de Tony Birch (Ciels australs)

Synchronique Editions est une petite maison d’édition indépendante fondée par Benoît Labayle, en 2008, à Paris. En octobre 2023, ils ont ouvert une librairie, Le rêve du papillon, à Paris, avec un rayon réservé à la littérature australienne. La collection Ciels australs est consacrée aux auteurs australiens et aborigènes.

Tony Birch a écrit, La petite fille blanche. C’est un auteur connu en Australie. A travers son récit on découvre l’histoire de ce pays, l’histoire terrible des aborigènes mais aussi leur difficultés à vivre voire à survivre.
Odette Brown vit à la campagne. Sa fille part du jour au lendemain, lui laissant sa petite fille. Sissy n’a alors qu’un an. Et Odette ne recevra plus jamais de nouvelles de sa fille. Elle va élever sa petite-fille plus ou moins dans la clandestinité. Sinon, elle sait que sa petite-fille, aborigène à la peau claire, lui sera enlevée.

Et puis, un jour, un nouveau policier arrive en ville. Il va tout faire pour faire régner la loi…

Alors, Odette, elle, va tout faire pour retrouver sa fille et ne pas perdre sa petite-fille !

A travers son histoire terrible, on découvre les conditions de vie lamentables des aborigènes, entièrement privés de liberté et maltraités.

La petite fille blanche a reçu le « Prix des écrivains indigènes » au prestigieux New South Wales Premier’s Literary Awards. Assurément La petite fille blanche est un livre à lire !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2025
Auteur : TONY BIRCH
Editeur : Ciels australs
Prix : 22 €

Je découvre avec les autocollants : Vive Pâques ! (Père Castor)

Je découvre avec les autocollants : Vive Pâques ! (Père Castor)

Publik’Art est fan de cette collection : « Je découvre avec … ». Les jeunes lecteurs se sont régalés avec Les animaux !

Et aujourd’hui, les éditions du Père Castor nous proposent un cahier d’activités centré sur Pâques : Vive Pâques !
Plus de 150 autocollants pour découvrir la magie de Pâques ! Les illustrations sont très colorées, très volontairement naïves avec de multiples détails.
Le jeune lecteur va aborder des notions de dénombrement, compléter des petites histoires, jouer au « cherche et trouve »… Et ainsi bien préparer Pâques !
Je découvre avec les autocollants : Vive Pâques est un cahier d’activités, qui sort aujourd’hui, et qui va plaire à nos petits bouts, assurément !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 12 mars 2025
Auteur : Emma Munro Smith
Illustrateur : Jayne Scholfield
Editeur : Père Castor
Prix : 5,95 €

So Floyd, le meilleur groupe de reprise de Pink Floyd de retour pour une tournée 2025 éblouissante à travers toute la France

Déjà admiré à de nombreuses reprises, le groupe So Floyd est de retour pour une tournée 2025 à la hauteur des tournées triomphales 2024 et 2023. Les fans ne peuvent que se pâmer au milieu d’une salle archi comble, tous les classiques sont de sortie. Le concert débute sur un Sorrow tellurique puis un Learning to fly aérien et majestueux. Puis vient l’heure du premier classique, High Hopes, seul extrait de The Division Bell, acclamé comme il se doit. Quand le tic tac d’une horloge retentit, l’audience est en délire, c’est le moment de Time en particulier et The Dark Side of the Moon en général. Le solo de guitare est une splendeur avant que ne se fassent entendre The Great Gig in the Sky, Money, Us and Them, Brain Damage et Eclipse. Les puristes remarqueront que l’ordre des chansons de l’album n’est pas respecté mais personne ne s’en plaint, le saxophone, le piano, les choristes, tout le monde livre une prestation au diapason. Enfin vient l’heure de l’album Whish you were here avec le classique Shine on you crazy diamond et Have a cigar tandis que le morceau titre est gardé pour plus tard. Le chanteur se change pour chaque morceau emblématique, camisole de force pour Brain Damage, chapeau melon et valise sur Us en them, costume à ampoule comme un clin d’œil A Momentary lapse of reason sur Shine on, et surtout manteau de cuir fasciste et lunettes noires quand The Wall retentit avec l’intro mythique et rythmique de In the flesh? Les choristes sont en tenue paramilitaire, les drapeaux ciglés des célèbres marteaux défilent sur l’écran circulaire, l’imagerie dictatoriale fait toujours son petit effet. Le héros Pink a beau hurler que le mur est trop haut, il sombre dans un délire hyper graphique et abyssal. Hey you, Young Lust, Another Brick in the Wall part 2 et Part 3, Run like hell, c’est du délire. Le groupe connait ses partitions sur le bout des ongles et tous les interprètes donnent du cœur à l’ouvrage, basse, 2 batteries, 2 guitares, le public n’en perd pas une miette et s’abreuve à la source du Floyd. D’abord sagement assis, les spectateurs se lèvent à la moitié du concert pour participer activement aux hourras et aux ovations. Puis vient le moment des éternels rappels, l’émouvant Wish you were here à la guitare sèche devant un mur de portables allumés et la folie Comfortably Numb avec sa mise en scène flamboyante. So Floyd a fait plus que remplir le contrat, c’est un triomphe. Les dates de concert sont disponibles sur le site pour d’autres grands moments floydiens en perspective à travers toute la France.

Synopsis:

Deux heures de spectacle pour un hommage troublant qui promet un bond dans le temps et une approche originale de l’œuvre du plus grand groupe des années 70 !

La tendresse des autres, de Sophie Tal Men (Albin Michel)

La tendresse des autres, de Sophie Tal Men (Albin Michel)

Publik’Art a toujours apprécié les romans de Sophie Tal Men :
Entre les doigts coule le sable, De battre la chamade et, Les cœurs silencieux.

Et aujourd’hui, La tendresse des autres. Ce livre parle encore d’humanité, de courage, d’amour et de tendresse.

C’est l’histoire d’une famille où un jour tout a basculé. D’une seconde à l’autre, leur vie a basculé dans l’enfer. Mais c’est surtout l’histoire d’une maman. Une maman qui ne cesse de culpabiliser car elle n’a pas accompagné son fils, ce jour-là, et l’a laissé partir seul en trottinette à son entrainement. Et justement, Thibault, dix ans, a eu un accident…
Mickaël, le papa, Lucie, la maman, et Camille, la petite sœur. Tous ont été aussi des victimes de l’accident de Thibault. Tous ont réagi différemment à cette terrible épreuve.
La plume de Sophie Tal Men est toujours si juste. Elle arrive à nous faire partager toute la charge mentale de Lucie, la maman de Thibault, qui le porte sans cesse à bout de bras. Elle va arrêter de travailler pour pouvoir s’occuper uniquement de son fils et faire face à toutes ces difficultés, devenir son coach, son psy, son instit, et sa maman ! Un parcours semé d’embûches, de douleurs, de pleurs et d’incompréhension.
L’auteure fait parler Thibault, le premier concerné, d’une façon si humaine et touchante. Pas de mélo, juste du vrai ! Elle étudie aussi très bien la différence de réaction entre le père, qui ne dit rien, et la mère qui a besoin de mettre des mots sur des maux. Ce n’est pas parce que le père ne dit rien qu’il ne souffre pas… Le couple semble ne plus se comprendre… Tout est tellement dur à vivre ! Tout seul, on n’y arrive pas, mais à plusieurs, tout est possible !
La tendresse des autres de Sophie Tal Men est réellement un livre plein de tendresse, plein de vie. Un livre qui donne de la force pour aller de l’avant !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 5 Mars 2025
Auteur : Sophie Tal Men
Editeur : Albin Michel
Prix : 20,90 €

Formidable spectacle pour tout la famille avec Le pirate Augustin au Lucernaire et son périple fabuleux dans les Indes

Le Lucernaire gâte les enfants avec le spectacle Augustin Pirate des Indes. Beaucoup se souviendront du précédent spectacle Augustin Pirate du nouveau monde déjà au Lucernaire en 2024 et à l’immense succès public. Le comédien Tullio Cipriano donne de sa personne une heure durant pour raconter un voyage tout en aventures avec au programme pirates, baleines, Ourang Outans et découvertes de senteurs exotiques comme la muscade, le clou de girofle et la cannelle. Le public tape dans les mains, les enfants rient, les parents applaudissent, aucune baisse de rythme dans ce spectacle total. Le comédien virevolte, chante, raconte des histoires et multiplie les personnages surprenants pour le plus grand plaisir de l’audience. Impossible de s’ennuyer devant une narration pleine de surprises et de péripéties, l’auteur Marc Wolters a ravi tout le monde avec cette histoire d’explorateurs aventuriers et de Maharadjas pleine d’inventivité et d’enseignements qu’aucun enfant n’est prêt d’oublier avec sa bonne dose d’humour et d’autodérision. L’auteur signe à la fin la BD du même nom pour un beau souvenir de ce moment tout simplement magique, enfants et parents en redemandaient! Avec ce comédien super investi, athlétique et charmeur, impossible de passer à côté!

Synopsis:

UNE AVENTURE OLFACTIVE DE SAINT-MALO À PONDICHÉRY

À partir de 3 ans 

Après Augustin Pirate du nouveau monde, découvrez le nouvel épisode des aventures du facétieux pirate chasseur d’épices.

Comme plus de 100 000 moussaillons avant vous, débusquez en famille, le trésor d’épices du Maharadja de Pondichéry !
Augustin et son équipage (les enfants du public) vont traverser l’océan Indien à dos de baleine à bosse, parcourir la jungle javanaise en compagnie d’orangs outans affectueux, et entrer par effraction dans un palais de bonbons…
Évitant les tigres féroces et les perroquets bavards, notre fier équipage retrouvera-t-il les épices de la Princesse Daria ? Le public pourra les sentir en direct grâce à d’ingénieux drapeaux parfumés !

Un voyage instructif, tonitruant, festif, interactif, plein d’invention et de bonne humeur. 

Détails:

Mercredis et samedis 15h | Dimanche 11h

Du 5 mars au 27 juillet 2025 au Théâtre Noir

Les petits mots du cœur, un livre animé à partager (Glénat Jeunesse)

Les petits mots du cœur, un livre animé à partager (Glénat Jeunesse)

Samantha Sweeney nous offre un magnifique album jeunesse : Les petits mots du cœur. Pour une fois, le lecteur va devenir acteur à part entière de son livre.
Il va pouvoir remplir son livre, lui confier ses secrets, et ses dessins… A chaque page, des surprises seront à découvrir !

Le jeune lecteur va d’abord choisir à qui il va écrire des petits mots doux. Sans doute à une personne qu’il aime le plus au monde ! Et au fil des pages, au fil des jours, il va réaliser des chefs-d ’œuvres qu’il pourra garder toute sa vie dans son beau livre !

Les petits mots du cœur est un très chouette album à offrir à vos charmantes petites têtes blondes, brunes ou rousses… Notre coup de coeur !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2025
Auteur : Samantha Sweeney
Illustrateur : Samantha Sweeney
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 14,90 €

« Pelléas et Mélisande » : le clair-obscur puissant de Wajdi Mouawad à l’opéra Bastille

« Pelléas et Mélisande » : le clair-obscur puissant de Wajdi Mouawad à l’opéra Bastille
Huw Montague Rendall & Sabine Devieilhe – Pelléas et Mélisande par Wajdi Mouawad (© Benoîte Fanton / Opéra national de Paris)

« Pelléas et Mélisande » : le clair-obscur puissant de Wajdi Mouawad à l’opéra Bastille

Wajdi Mouawad, l’homme des grandes épopées théâtrales, le tisserand des silences et des fracas, s’attaque à l’opéra « Pelléas et Mélisande » de Maurice Maeterlinck, porté par la musique sensorielle de Claude Debussy. Un choix audacieux, presque une évidence pour celui qui a fait des non-dits et des blessures invisibles la matière première de son art.

Mais ici, dans ce chef-d’œuvre symboliste où les mots sont des ombres et les sentiments des abîmes, Mouawad se confronte à une partition scénique aussi exigeante que la partition musicale. Et le résultat est un spectacle fascinant au plus près de la dimension allégorique, onirique et ténébreuse de l’œuvre.

L’intrigue est celle d’un amour impossible qui s’inspire de la légende médiévale de Tristan et Iseult. Lors d’une partie de chasse, Golaud, prince au royaume imaginaire d’Allemonde, se perd dans la forêt et rencontre Mélisande en pleurs au bord d’une fontaine. Il décide de la prendre pour femme et rentre dans son domaine sans ne rien connaitre de son passé.

Mélisande y rencontre Pelléas, le demi-frère de Golaud et très vite ils tombent amoureux, alors que le pays s’enlise dans les conflits et s’obscurcit à mesure que la vie du père de Pelléas s’amenuise dans une chambre du château. Geneviève, mère des deux princes, et Arkel, souverain d’Allemonde, pressentent le malheur qui plane, impuissants.

Golaud, s’apercevant du lien qui réunit les deux jeunes amants, se consume peu à peu dans la jalousie tandis que son fils, Yniold, né d’un premier lit, devient le témoin et le complice de sa souffrance. Rongé par le désespoir et la rage, il tue son frère Pelléas et blesse grièvement Mélisande qui s’éteindra, emportant avec elle ses lourds secrets, sans que Golaud ne parvienne à établir la vérité des sentiments qui l’unissaient à Pelléas.

Une inquiétante et vertigineuse étrangeté 

Dès les premières notes, l’univers de Mouawad s’impose : un espace épuré, presque minéral, où la lumière joue un rôle central. Les décors sobres mais puissants à partir d’un plateau ingénieux, séquencé sur plusieurs niveaux, offrent d’entrée des jeux de miroir entre l’intérieur et l’extérieur, et dessinent – entre le visible et l’invisible – un château, une nature qui n’en finissent pas de se décomposer, reflet des âmes des protagonistes et de leurs tréfonds.

Les jeux d’ombre et de clair-obscur créent une atmosphère de rêve éveillé, où chaque détail semble chargé de sens. Mouawad utilise l’espace comme un langage qui ouvre ou délimite la perspective et embrasse à merveille le conte métaphysique.

À l’abri de personnages qui sont aux prises avec les éléments naturels, opaques du Royaume d’Allemonde, où leur inconscient en est le miroir trouble et réfléchissant. Et là, où le rapport amoureux se joue dans le silence et l’interdit, Mouawad installe une captivante étrangeté, aussi poétique que troublante, qui voit les personnages aux prises entre un appel intérieur plus fort qu’eux et une réalité contrariée de leur destin qui les habite.

D’une sophistication extrême en osmose parfaite avec l’essence du conte, il orchestre une scénographie toute en fluidité où la vidéo et le théâtre se confondent, au service d’un imaginaire foisonnant de l’œuvre et de ses échos vertigineux, rappelant que le symboliste belge a toujours cherché à voir le monde par-delà les apparences.

Sur le plateau se cristallise un climat crépusculaire et envoûtant dans un environnement et un monde intérieur au bord du gouffre. De ces paysages naturels et immersifs, entre l’ici et l’ailleurs, en passant par le personnage de Mélisande dont on ne sait rien, si ce n’est qu’elle a connu des souffrances insondables, la mise en scène se charge du drame énigmatique empreint de mystères, de secrètes motivations et de passion inaccomplie.

La distribution n’est pas en reste avec des performances qui restent gravées dans la mémoire. Sabine Devieilhe, la soprano, dans le rôle de Mélisande, incarne avec une grâce éthérée cette femme-enfant à la fragilité de porcelaine. Sa voix claire et ses aigus frémissants, associés à une présence scénique lumineuse, font d’elle une apparition presque surnaturelle.

Le baryton Huw Montague Rendall, en Pelléas, incarne un amoureux candide tandis que Gordon Bintner, en Golaud, impressionne par sa puissance dramatique et sa capacité à habiter cet homme à la mélancolie fiévreuse et brisé par la jalousie.

Quant à l’orchestre, emmené par Antonello Manacorda, il sacralise avec force et subtilité la polyphonie si propre au livret tout comme l’emprise hypnotique du drame intemporel.

 Dates : du 28 février au 27 mars 2025 – Lieu : Opéra Bastille (Paris)
Mise en scène : Wajdi Mouawad

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