Le retour de Sherlock : Oh Mary !

Sherlock série saison 4 avec Bénédict Cumberbatch
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Le retour de Sherlock : Oh Mary !

Enfin ! Un an d’attente depuis que l’épisode spécial, The abominable bride, fut diffusé et trois ans depuis la dernière saison ! Une autre série que Sherlock aurait périclité mais le célèbre détective est dans nos petits papiers.

Diffusé sur la BBC dimanche 1er janvier 2017, le premier épisode de la saison 4, The six Thatchers, a rassemblé 8,1 millions de téléspectateurs devant leur petit écran anglais. Le meilleur score d’audience en cette froide soirée.

La saison 3 s’était achevée par le meurtre de Charles Augustus Magnussen, magnat de la presse et maître chanteur. Notre sociopathe préféré l’avait tué à défaut de pouvoir jouer une meilleure carte. Evidemment, on ne tue pas impunément, il devait donc partir pour une mission sans retour (traduction : dangereusement mortelle). Mais Moriarty, même mort, n’en finit pas de taquiner Sherlock Holmes et la nation anglaise. Retour à Londres. Un nouveau jeu commence.

Sherlock : du problème d’être génial

The six Thatchers est inspiré d’une nouvelle d’Arthur Conan Doyle, The six Napoleons. L’intrigue initiale est basée sur le même principe : une série de bustes identiques retrouvés cassés avec des meurtres collatéraux. Dans sa modernité, la série a préféré des bustes de la Dame de fer plutôt que de Napoléon 1er.

Si la police s’attarde sur les meurtres, Sherlock Holmes préfère enquêter sur les bustes. Il flaire quelque chose… Un jeu ? Moriarty peut-être ? Dans son enquête, il n’embarque plus seulement John Watson mais la femme du docteur et ancienne espionne, Mary.  Mais d’indices en bagarre, Sherlock Holmes va se rendre compte de son erreur. Moriarty n’est pas au centre du jeu, c’est Mary !

Sherlock est une série géniale – complexe, très bien scénarisée, intelligente, drôle – mais le problème avec les séries de cette envergure, c’est que les sommets atteints, on y reste parfois mais on y retombe souvent. Ce nouvel épisode est bon mais décevant au regard des précédents. Pourquoi ?

Chaque fin de saison doit se finir en apothéose et, plus les saisons avancent, plus celui-ci doit être grandiose. La saison 4 étant potentiellement la dernière, il faut donc préparer un dénouement final explosif et somptueux ! Cet épisode est comme une offrande sacrifiée à ce futur dénouement. Sur un plateau d’argent légèrement bling-bling, il nous sert : une perte tragique, la rupture entre Sherlock Holmes  et John Watson et l’éclosion ingérable de sentiments chez notre sociopathe. Le reste, c’est-à-dire le cœur de l’intrigue, ce n’est « que du divertissement », un beau décor.

Sherlock saison 4 The six Thatchers
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Spoilers !!

Mary se fait rattraper par son passé peu recommandable d’espionne-mercenaire. Elle décède. Fin de l’épisode. Et Sherlock souffre. Sherlock, l’imperturbable sans-cœur, va voir un psychologue pour surmonter cette situation et ses émotions. Il faut dire qu’il n’a pas l’habitude d’en avoir. Pour rajouter une couche de mièvreries, Mary lui a laissé une cassette post-mortem pour lui demander de « sauver John » au cas où elle mourrait. C’est plus de sentiments en un épisode qu’il n’y en a eu dans les dix derniers. Un peu trop peut-être. C’est étrange de voir son héros devenir humain. Finalement, n’avions-nous pas pris plaisir à sa cruelle indifférence ?

Exploiter le passé mystérieux de Mary est une excellente base. Un personnage aussi important mérite quelques éclaircissements, l’épisode risquait d’être captivant. Intéressante sans être captivante, l’histoire de Mary est déballée pièce par pièce jusqu’à la fin… jusqu’à SA fin. Pourquoi approfondir son personnage si c’est pour le faire mourir ensuite ? L’épisode semble vain. Ou, du moins, Mary apparait comme un moyen pour la série d’arriver à ses fins. Elle n’était qu’un objet jeté après utilisation !

Un autre bémol est cette impression diffuse que les scénaristes ont pensé cet épisode pour qu’il réponde aux attentes des spectateurs et fans de la série plutôt que pour leur plaisir propre. Autrement dit, il faut d’abord se faire plaisir en travaillant et ensuite, éventuellement, travailler pour le plaisir des autres !

Sherlock saison 4 The six Thatchers
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#WeLoveSherlock

Ces quelques petits défauts énoncés, bouder le retour du détective serait très rabat-joie. L’intrigue est toujours aussi complexe et bien ficelée. Sherlock Holmes est toujours aussi horripilant et sa science de la déduction laisse toujours bouche bée.

Et, bien sûr, il y a Bénédict Cumberbatch qui joue sa partition à merveille – as usual – c’est un délice de le voir à l’écran. Accompagnée de l’éternel John Watson que Martin Freeman s’est remarquablement approprié. Un casting ne fait pas une série et pourtant, ils incarnent si brillamment leur personnage qu’on ne pourrait envisager personne d’autre à leur place. Coup de chapeau donc aux comédiens. Et double coups de chapeau à la double casquette très bien portée de Mark Gatiss qui, en plus de camper Mycroft Holmes, a scénarisé The six Thatchers (ainsi que quelque autres dans les saisons précédentes).

Le prochain épisode est diffusé sur la BBC dimanche 8 janvier.

BANDE ANNONCE

Note
Originalité
Scénario
Jeu des acteurs
Réalisation
Olivia Bugault
Fraîchement débarquée sur Publik'art en cette année 2016, Olivia goûte bien trop la littérature, le cinéma et le théâtre ... bref la culture ! pour ne pas s'en mêler par la plume. Ainsi elle vous livre ses analyses sans oublier au passage de saluer bien bas chaque artiste que la critique soit bonne ou mauvaise.

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