Accueil Blog Page 200

Résultats concours : Résultats concours : Olli Mäki, 3 DVD gagnés, 3 DVD gagnés

Olli Maki
Olli Maki Kuokkasen Kuvaamo ©Camino Filmverleih

Résultats concours : Olli Mäki, 3 DVD gagnés

Vous avez été 1864 participants au concours Olli Mäki. Merci de votre excellente participation. Les 3 heureux gagnants sont les suivants :

Mari Bichero, Thierry Pere et Stéphane Danon.

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

L’Opéra ou l’envers du décor des 2 grands opéras parisiens

L'Opéra
L’Opéra, Film de Jean-Stéphane Bron, Copyright Fidelio pour Le Cercle noir

L’Opéra ou l’envers du décor des 2 grands opéras parisiens

L’Opéra Garnier et l’Opéra Bastille sont deux énormes mastodontes, difficiles à manoeuvrer et à faire vivre. Pour s’en convaincre, le film L’Opéra propose une plongée asphyxiante et passionnante dans un petit monde pénétré de centaines de petites fourmis toutes affairées à leurs tâches particulières. Du tout puissant directeur général Stéphane Lissner jusqu’aux femmes de ménage en passant par les chanteurs, danseuses ou musiciens en herbe, ce sont des dizaines de portraits qui sont brossés, avec des survols éclairants et des scènes destinées à marquer durablement le spectateur. Si les aspects administratifs dévoilent les turpitudes inhérentes à un établissement public pénétré par des syndicats belliqueux, les aspects artistiques gagnent toute leur place et impriment les esprits longtemps après la séance.

Des scènes oniriques

Tout comme le récent Relève: Historie d’une Création, L’Opéra situe ses séquences lors du passage aussi rapide que marquant de Benjamin Millepied en tant que directeur de la danse de l’Opéra National de Paris de novembre 2014 à février 2016. Si les raisons du désamour entre l’administration et le chorégraphe sont plus ou moins éludées, voire passées sous silence, tout le reste du fonctionnement est picoré à doses comptées. Avec des images souvent saisissantes tant les protagonistes offrent des regards disparates sur la vie backstage. C’est ce ténor russe transi d’admiration devant une expérience si longtemps espérée, c’est ces membres du choeur qui acceptent les exigences les plus ardues tout en faisant entendre leurs voix (et leurs exaspération) selon les moments, ce sont ces élèves de CM2 qui s’essayent à l’Allegretto de la 7e symphonie de Beethoven du haut de leurs 10 ans, les images montrent les régisseurs en train d’entonner joyeusement les airs de l’Opéra Moise et Aaron et surtout ce sont ces danseuses qui quittent la scène le sourire aux lèvres, sans efforts apparents, pour haleter une fois les coulisses rejoints dans une dichotomie flagrante entre l’apparence de la scène et les efforts (les sacrifices?) consentis pour arriver à ce qui se rapproche de la perfection. Le film enchaine les scènes comme un kaléidoscope proche du quotidien d’un établissement constamment sur le fil du rasoir.

Un héros très discret

Le vrai héros du film est rien de moins que Stéphane Lissner, directeur omniprésent, souvent taiseux mais à la volonté de fer. Décrit comiquement comme Dieu perché au 8e étage de l’Opéra Bastille, il démontre un flegme de chaque instant et un a propos impressionnant. Que ce soit en compagnie du président François Hollande, au lendemain des douloureux attentats du Bataclan ou dans le public des Opéras, il impose sa stature et sa sérénité pour manoeuvre tant bien que mal la montgolfière culturelle. En donnant l’exemple, il insuffle une énergie à tous les collaborateurs pour une impression inégalable: chacun s’escrime, à son niveau, comme autant de maillons indispensables pour la réussite collective de l’entreprise. L’Opéra devient un challenge quotidien, presque inhumain et pourtant reconnu à travers toue la planète.

L’Opéra est un documentaire qui mélange l’ordinaire et le merveilleux, le laborieux et la grâce, les répétitions et les prestations. Pour une évidence finale: que d’efforts sont nécessaires pour aboutir à quelques heures de magie. Le jeu en vaut-il la chandelle? Il semble que oui, mille fois oui!

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
L'Opéra
L’Opéra

Une saison dans les coulisses de L’Opéra de Paris. Passant de la danse à la musique, tour à tour ironique, léger et cruel, l’Opéra met en scène des passions humaines, et raconte des tranches de vie, au coeur d’une des plus prestigieuses institutions lyriques du monde.

Sortie : le 5 avril 2017
Durée : 1h50
Réalisateur : Jean-Stéphane Bron
Avec : Acteurs inconnus
Genre : Documentaire

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Novembre, ou les années 30 aux Etats-Unis (Belfond)

Josephine Johnson

Novembre, ou les années 30 aux Etats-Unis (Belfond)

Josephine Johnson a reçu le Prix Pulitzer en 1935 pour ce premier roman : Novembre. Il vient d’être réédité par les Editions Belfond. L’auteur y décrit la vie d’une famille qui possède une ferme, des terres et fait partie de la classe moyenne américaine.

Le scénario 

La famille Haldmarne vit au milieu de nulle part, possède des bêtes, des terres cultivables et trois filles : Kerrin, Margot et Merle. C’est Margot qui nous raconte l’histoire de sa famille. Ils ne se parlent pas beaucoup dans cette famille. Beaucoup de non-dits. On ressent les choses plus qu’on ne les partage. Et dès le début du livre, l’ambiance est pesante, trouble.

Portrait d’une époque

Non seulement Josephine Johnson nous confie la vie de cette famille d’agriculteurs, mais aussi celle de toute une époque. C’est la Grande Dépression. La misère s’installe inexorablement. En plus des difficultés financières que la famille Haldmarne rencontre, malgré leurs travaux, il y a en plus la terrible sécheresse qui sévit depuis plus de quatre ans. Le climat est terrible, sec et brulant. Ils vivent des évènements qu’ils ne peuvent maitriser. Et en plus, leur fille Kerrin a un problème. On ne sait pas trop lequel et tout au long du livre, on sent que la tension monte et que cette Kerrin nous réserve bien des surprises…

Si ce livre date des années 30, il n’en est pas moins fabuleux ! Les Editions Belfond viennent de le rééditer, à notre plus grand bonheur !
Novembre, un livre troublant, à la fois beau et profond tout en étant profondément révélateur de toute une Histoire.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Novembre. À présent je revois d’un seul coup nos vies durant les années passées. Cet automne est à la fois une fin et un commencement, et les jours naguère brouillés par ce qui était trop proche et trop familier sont clairs, étrangers à mes yeux.

Consacré par le prix Pulitzer en 1935, ce premier roman écrit par une jeune femme de vingt-quatre ans est immédiatement salué par la critique comme une oeuvre majeure de la Grande Dépression. D’une maturité et d’une profondeur renversantes, Novembre dépeint dans une langue aussi poétique que musicale l’explosion d’une fratrie de trois soeurs plongée dans la misère, qui voit son destin inexorablement basculer dans la tragédie. Le tableau poignant d’une famille de la middle class américaine dans un pays ravagé par la crise.
Un classique du genre à redécouvrir absolument !

Date de parution : le 16 mars 2017
Auteur : Josephine Johnson
Editeur : Belfond
Prix : 14 € (192 pages)
Acheter sur : Amazon

Endless, premier album ambitieux et cosmique du duo électronique Tale of US

Tale of UsEndless, premier album ambitieux et cosmique du duo électronique Tale of US

Endless, premier album ambitieux et cosmique du duo électronique Tale of US

Davantage habitué aux dancefloors et ambiances des clubs, à partir desquels il a construit sa réputation, Tale Of Us, le duo électronique italien qui rassemble Matteo Milleri et Carmine Conte, avait surpris ses nombreux fans en février dernier. L’annonce de la publication de son tout premier LP sous le label Deutsche Grammophon, habituellement réservé à la musique classique, avait en effet tout pour déconcerter. Endless est sorti le vendredi 31 mars dernier.
Cette association a priori audacieuse parait déjà moins incongrue quand on apprend que les deux compères, ayant fui Milan pour les nuits berlinoises en 2009, ont grandi entourés par la musique classique et sont notamment fans du compositeur de musique « post-minimaliste » Max Richter (produit lui-même par le même label) ou encore du compositeur italien Ludovico Einaudi. « Le choix s’est porté tout naturellement sur Deutsche Grammophon. La musique classique joue un rôle important dans notre vie et elle nous semble avoir actuellement le vent en poupe. » nous apprenaient-ils sur le site du label il y a peu. (voir ici)
Cette union est définitivement moins surprenante lorsqu’à l’écoute de Endless, les morceaux de l’album se développent précieusement comme autant de compositions mixant sonorités et instruments classiques (subtiles touches de piano, cordes) à des textures électroniques ambient. Le tout formant une expérience auditive et émotionnelle aux frontières peu définies, mais ne dépareillant en rien avec l’expérience d’écoute d’une œuvre plus classique.

Bien loin de la techno house dont le duo est familier, les compositions proposées par Tale of Us procèdent ici comme autant de pièces aux harmonies résonnantes échouées au large de galaxies encore inexplorées. Elles portent une grande finesse, semblable à la prudence et à la précaution d’explorateurs ne souhaitant pas lever le voile d’un coup sur leurs aventures, mais agissant par petite touche de peur de tout dévoiler, et craignant même la portée de leurs propres découvertes. Sur le très beau morceau Distante (sur la toile depuis 2014 et que le duo a décidé d’inclure dans ce nouveau projet) le piano explore timidement, avance en funambule entre de lourdes lames électro. L’œuvre, dans son intégralité, invite à méditer à de nouveaux horizons étoilés, loin du terre-à-terre. Même si elles contiennent dans le même temps une certaine introspection pleine de pudeur et parfois propice à la répétition de mêmes boucles sonores qui peut parfois nous faire nous impatienter, comme sur le morceau Ricordi.
En performance live, Tale of Us prend encore une autre dimension en s’associant au media artist italien Davide Quayola dont les œuvres visuelles lient ces compositions musicales lunaires à l’image, en proposant une expérience graphique immersive autour de créations retravaillant les œuvres de peintres impressionnistes.
Alors que l’actualité spatiale nous apprend l’existence de plus en plus certaine d’exoplanètes, écouter Endless de Tale Of Us c’est se retrouver quelque peu travaillé par ce sentiment de contingence face à l’immensité. Avec un gout d’inexploré en tête, mais la certitude d’avoir goûté de près ou de loin à une nouvelle phase de l’exploration.

Endless, premier album de Tale of Us, paru le 31 mars dernier sous le label Deutsche Grammophon

Tale of US est annoncé dans la programmation de plusieurs festivals estivaux tels que Solidays (23-25 juin à l’Hippodrome de Longchamp Paris), Garorock (30 juin – 2 Juillet à Marmande), La Route du Rock (17-20 août à Saint-Malo)

Voltaire / Rousseau, le duel des Titans au Théâtre de Poche Montparnasse

Voltaire / Rousseau
Voltaire / Rousseau, mise en scène de Jean-Luc Moreau et Jean-François Prévand, Théâtre de Poche MontparnasseVoltaire / Rousseau

Voltaire / Rousseau, le duel des Titans au Théâtre de Poche Montparnasse

Quand Jean-Jacques Rousseau se déplace jusque chez son ami Voltaire, sa visite n’a rien d’amicale. Il veut le passer à la question pour savoir si ce dernier est à l’origine d’un pamphlet acide sur les moeurs de son acolyte philosophe. Les amabilités initiales laissent vite place à des échanges à bâtons rompus avec deux comédiens truculents en diable. L’athéisme raisonné de l’un se fracasse sur le romantisme exacerbé de l’autre pour une joute oratoire truculente qui fait gravir les sommets de la pensée.

Un duel au soleil de la pensée

Rousseau et Voltaire incarnent aux yeux de tous l’esprit des Lumières. Opposés sur bien des points, ils cohabitent dans une image d’épinal commune qui résume à elle seule un siècle de pensée pré-révolutionnaire. Un Voltaire de 71 ans reçoit un Rousseau de 53 ans mais leurs âges respectables ne les rend pas pour autant assagis et apaisés. La colère continue de les habiter, de manière plus florentine chez Voltaire, totalement extravertie chez Rousseau. L’objet de leur rencontre tient en ce pamphlet de 6 pages intitulé Le Sentiment des citoyens où un auteur anonyme révèle publiquement l’abandon des enfants de Rousseau. Cette histoire authentique marque pour le philosophe le début d’une année d’errance et l’auteur/comédien Jean-François Prévand imagine un règlement de comptes sous forme de résumé philosophique de leurs pensées. Car loin de se résumer à un interrogatoire / contre interrogatoire, la pièce visite les moeurs et jugements de deux hommes entiers pourchassés leurs vies durant à cause de leurs thèses novatrices et jugées dangereuses par leurs contemporains. Mais Voltaire ne supporte pas que son acolyte se pose en pédagogue dans son livre Émile tandis qu’il abandonne ses 5 enfants.

Un formidable numéro d’acteurs

Jean-François Prévand et Jean-Luc Moreau font des merveilles en philosophes légèrement atrabilaires et figés dans leurs convictions. Voltaire se drape dans son intelligence piquante et envoie incessamment des fléchettes empoisonnées à un Rousseau plus entier et colérique. Leur passe d’armes subjugue par la délicatesse des propos échangés. La langue française devient un art quand 2 philosophes illustres s’affrontent à coups de répliques ouatées dans une véritable querelle de clochers. Les comédiens démontrent leur talent avec ce mano a mano jubilatoire. Les rares explosions verbales ne trahissent pas l’extrême raffinement de penseurs qui ne se laissaient pas aller à la vulgarité. Quoique Voltaire utilisât parfois un langage plus vert pour exprimer le fond de sa pensée, comme une volontaire anicroche à ses belles manières. Les propos abordent des pans variés de leurs pensées jusqu’au dénouement final, attendu et jubilatoire. Voltaire est-il l’auteur du pamphlet? Il faudra voir la pièce pour le savoir!

Voltaire / Rousseau invoque les esprits d’auteurs marquants du siècle des Lumières. Pour un festival de bons mots et de répliques drolatiques. Un vrai plaisir de l’esprit en somme, à découvrir au Théâtre de Poche Montparnasse!

Dates :  du 21 mars au 1er Juillet 2017, Du mardi au samedi 19h
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Jean-François Prévand
Avec : Jean-François Prévand, Jean-Luc Moreau

Je suis Voltaire ravive la flamme révolutionnaire au Théâtre de l’Epée de Bois

Je suis Voltaire
Je suis Voltaire, mise en scène de Laurence Février, Théâtre de l’Epée de Bois

Je suis Voltaire ravive la flamme révolutionnaire au Théâtre de l’Epée de Bois

6 personnages cherchent Voltaire dans une pièce de théâtre philosophique et de la plus brulante actualité. Qui était donc François-Marie Arouet, alias Voltaire, écrivain et philosophe primordial du XVIIIe siècle qui a préfiguré la révolution française. Décédé un an avant la prise de la Bastille, il a apposé son nom sur des pamphlets appelant à la raison et à la critique du fanatisme religieux. Son Traité sur la tolérance sert de fil rouge à une intrigue coupée en deux, d’abord consacrée à son égérie Emilie du Châtelet avant d’aborder l’actualité du fanatisme dans notre société moderne. Une pièce qui subjugue tant les comédiens semblent habités par leurs rôles pour un propos frappant de clairvoyance.

Un homme connu et oublié à la fois

Si le nom de Voltaire est connu de tous, peu connaissent son existence. Qui se souvient de la chasse aux sorcières dont il fut victime, lui faisant craindre d’être brulé vif par une foule en colère? Ses écrits à la fois philosophiques et sarcastiques prenaient pour cible l’ignorance humaine et le jeu des puissants pour conserver le peuple loin de livres considérés comme dangereux pour la sureté publique. Bourreau de travail et avide des plaisirs mondains, Voltaire vécut une longue passion avec la truculente Emilie du Châtelet. Considérée comme la première femme scientifique de France à une époque où le rôle de la femme ne s’éloignait guère de l’éducation des enfants et de la tenue du foyer domestique, elle traduisit l’oeuvre révolutionnaire de Newton en français pour informer sur sa découverte incroyable de la gravité. La première partie de la pièce se concentre sur une femme d’exception à grands renforts d’anecdotes drolatiques. Une journaliste d’investigation interprétée par la metteur en scène Laurence Février interroge la femme libre et volontaire de Voltaire. A ses côtés, l’archange Ezechiel (Véronique Gallet) fait le pied de grue. Mais jamais le philosophe n’apparait, toujours évoqué et absent à la fois.

Une réflexion sur l’actualité de son oeuvre

La seconde partie voit un professeur autodidacte interroger une jeune fanatisée toute disposée à propager les idées de Daech. Pour un double rappel sur la triste actualité de l’oeuvre du vénérable philosophe. Car le XVIIIe siècle fut le théâtre d’abominations sous l’impulsion d’une justice toute dévouée aux thèses rigides de l’inquisition. Les affaires Calas et du Chevalier de la Barre rappellent les pires extrémités de ce que l’être humain peut être capable de faire sur l’autel de l’ignorance. Impossible de sortir de la magnifique salle du Théâtre de l’Epée de Bois sans avoir des tirades en tête ne faisant pas douter de l’importance de la pièce à l’heure actuelle. Le rappel à la raison est omniprésent et donne envie de redécouvrir une oeuvre apposée après les attentats de janvier sur un autel improvisé, au milieu des fleurs et des bougies, comme un rappel, un appel à la mémoire. Voltaire le soulignait si bien: Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères ! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes. La Chimène Compagnie s’en donne à coeur pour perpétuer l’enseignement d’un auteur qui a marqué son siècle et devrait garder la même aura aujourd’hui.

Une pièce iconoclaste qui subjugue tout du long avec son rappel sur l’importance de la raison. Ne pas croire que le texte et son auteur soient datés, ils n’ont jamais semblé plus proches de nous…

Dates :  du 22 mars au 9 avril
Lieu : Théâtre de l’Epée de Bois (Paris)
Metteur en scène : Laurence Février
Avec : Moussa Kobzili, Laurence Février,  Véronique Gallet, Elena Canosa, Catherine Le Hénan, Henri Gruvman

Stupéfiante exposition Olga Picasso au Musée Picasso Paris

Olga Picasso
Olga Picasso, Musée Picasso Paris, du 21 mars au 3 septembre 2017

Stupéfiante exposition Olga Picasso au Musée Picasso Paris

Aborder l’oeuvre pléthorique de Pablo Picasso requiert de l’endurance et de la persévérance. Car le maitre espagnol qui dessinait déjà comme Raphael à l’âge de 12 ans avant de passer sa vie à apprendre à dessiner comme un enfant, en plus d’être un bourreau de travail, a révolutionné l’approche picturale du monde. Son empreinte sur la postérité reste inégalée et peu de courants de la peinture du XXe siècle ont échappé à son emprise. Le Musée Picasso Paris propose une exposition unique et passionnante retraçant la relation privilégiée entre le minotaure et la danseuse russe Olga Khokhlova. Celle qui deviendra sa première épouse en 1918 n’a cessé d’apparaître dans une multitude de toiles aux thématiques diverses et variées entre 1917 et 1935. Le Musée Picasso Paris agence les toiles et pièces d’archives dans un parcours autant chronologique que thématique. Une excellente manière d’appréhender un artiste inclassable via un sillon majeur de son oeuvre.

Une rencontre inopinée et féconde

En 1917, Picasso est déjà un artiste reconnu, à la cote appréciable et aux revenus croissants.  Après la période de vaches maigres du Bateau Lavoir dans le Montmartre du début du XXe siècle, l’homme a déjà révolutionné la peinture avec sa période cubiste et ses oeuvres influencées par l’art africain. Echappant à la mobilisation lors de la Première Guerre Mondiale du fait qu’il appartient à un pays non belligérant, il se rend à Rome en 1917 pour travailler au décor du ballet Parade de Léonide Massine et des Ballets russes de Serge de Daighilev sur une musique d’Erik Satie. Il y fait la rencontre d’Igor Stravinsky mais surtout de la danseuse russe Olga Kholkhova. Le coup de foudre immédiat et mutuel aboutira au mariage en 1918 avec rien de moins que CocteauMax Jacob et Apollinaire comme témoins. Olga Picasso ne fut pas qu’un modèle parmi tant d’autres, elle fut une muse, un électron tournant autour de l’atome Pablo et la compagne de sa période surréaliste. L’exposition souligne la relation unique et fusionnelle entre la mère du premier enfant de Picasso, Paul et celui qui ne va cesser d’innover tout au long de sa vie.

Un héritage enchanté

Les oeuvres disposées dans un parcours hypnotique alternent avec des photos et des films témoignant du bonheur vécu par le couple. Entre Paris et la côté méditerranéenne, Pablo et Olga vont aller de découvertes en découvertes. Subjugué par la beauté slave mélancolique de sa gracieuse danseuse, Pablo ne cesse de la représenter encore et encore. Mais le pantagruélique andalou à l’appétit carnassier finira par se séparer d’Olga en 1935 (sans jamais divorcer). Dès 1926, sa rencontre avec Marie-Thérèse Walter marque la fin de la période dorée et les représentations picturales d’Olga montreront l’acrimonie croissante entre les deux époux, la transformant en monstre immonde et difforme. Les multiples explications écrites agrémentent l’exposition d’éclaircissements permettant de multiplier les regards sur une période légendaire de sa carrière de peintre. Voir évoluer le couple et son enfant dans les films en noir et blanc crée une immédiate proximité qui émerveille tout autant que les toiles magistrales exposées au sein d’un musée déjà bien garni.

L’exposition Olga Picasso propose un regard différent sur une oeuvre marquante. L’homme Picasso est disséqué dans ses passions et ses atermoiements avec à ses côtés cette femme qui ne reverra jamais sa famille après son départ de Russie pendant la révolution russe. Une exposition magistrale à ne pas manquer.

Dates : du 21 mars au 3 septembre 2017
Lieu : Musée Picasso Paris
Entrée : 12,50 €

[vc_text_separator title= »GALERIE PHOTOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Olga Picasso
Olga Picasso

Olga Picasso

Olga Picasso
Olga Picasso

Olga Picasso
Olga Picasso

Theeb, la naissance d’un chef, un très beau western indien

Theeb, la naissance d'un chef
Theeb, la naissance d’un chef © Laith Al-Majali

Theeb, la naissance d’un chef, un très beau western indien

Naji Abu Nowar réalise son premier long métrage avec Theeb, la naissance d’un chef. C’est l’histoire des Bédouins durant la 1ère Guerre Mondiale, pendant l’occupation britannique. Theeb est un jeune garçon, superbe, qui ne veut pas quitter son frère, Hussein. Or ce dernier doit accompagner un anglais à la recherche d’un puits. Hussein s’en va dans le désert, sans se rendre compte que son petit frère le suit à distance. Quand il s’en rend compte, il est déjà trop loin du campement. Il va donc faire la traversée du désert sur le chameau de son frère et affronter tous les dangers.
Le film est époustouflant de beauté ! Les images du désert, et de la vallée de Wadi Rum, au Sud de la Jordanie, et ce petit garçon transpercent l’écran. Theeb appartient vraiment à la dernière tribu nomade existante. Theeb veut dire « loup » en langue bédouine.
Le scénario est simple et les dialogues encore plus car ils sont presque inexistants. Seule l’ambiance pèse… On ne comprend pas vraiment qui est cet anglais, ce qu’il veut exactement, mais on reste fasciné par cet environnement. Et le puits au milieu de ce désert prend toute la place. Ce n’est qu’à la fin du film que tout prend sens.
Les acteurs sont presque tous non-professionnels et sont tout simplement excellents !
Theeb a été nominé pour les Oscars 2016 dans la catégorie Meilleur film étranger. Même si le film peut nous paraître très lent, il reste un beau film à voir avec des paysages sublimes.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Péninsule Arabique, 1916, sous l’occupation britannique.Dans un campement bédouin, au coeur du désert, le jeune Theeb, 10 ans, vit avec son grand frère Hussein, qui lui transmet les traditions ancestrales. Une nuit, un officier britannique s’invite dans la communauté : Hussein accepte de le guider à la recherche d’un puits, sur la route de la Mecque. Mais Theeb refuse de se séparer de son frère et décide de les suivre à distance…

Sortie en DVD : le 4 avril 2016
Durée : 1h40
Réalisateur : Naji Abu Nowar
Avec : Jacir Eid, Hassan Mutlag, Hussein Salameh
Genre : Drame, Aventure

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Résultats concours : L’Odyssée, 1 BR et 2 DVD gagnés

Résultats concours : L’Odyssée, 1 BR et 2 DVD gagnés

Vous avez été 3346 participants au concours L’Odyssée. Merci de votre excellente participation. L’heureuse gagnante d’un Blu-ray est : Nathalie Andrieu

Les deux gagnants d’un DVD sont : Francis Ehrhardt et Claudio Venturo

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

La danse à l’honneur durant le Festival À Corps à Poitiers

Festival À Corps, du 7 au 14 avril 2017, Poitiers, Théâtre Auditorium

Rendez-vous incontournable des amateurs de danse contemporaine, le festival À Corps réunit cette année quelques-unes des têtes d’affiches les plus plébiscitées. Durant près d’une semaine, spectacles professionnels, créations amateurs et manifestations incongrues se succèdent, faisant ainsi du théâtre de Poitiers un lieu d’ébullition créative. Pas question toutefois de distinguer les pros des amateurs : tout se mélange et s’imbrique, donnant à chacun la possibilité de mettre son corps en avant. Comme l’écrit Jérôme Lecardeur, directeur du théâtre auditorium de Poitiers, «Artistes de tout le pays et de notre ville, solos et pièces de groupes, pièces d’amateurs et de professionnels, expériences sensorielles et artistiques, rendez-vous dans l’espace public ou dans les salles de spectacle, rencontres- débats ou juste pour voir, ateliers, discussions ou fêtes. »

Parmi les rendez-vous immanquables de cette édition, Jérôme Bel vient présenter Gala, un spectacle dont la distribution évolue au grès des villes dans laquelle il se produit. À chacune des représentations, le chorégraphe constitue un nouveau groupe de danseurs amateurs dont le spectateur aura l’émotion de découvrir les premiers pas sur scène. Jean-Luc Verna se propose quant à lui de retracer 200 ans d’histoire de l’art et 50 ans d’histoire du rock grâce à 75 tableaux vivants reconstitués sur scène (Uccello, uccellacci & The Birds). Toujours dans la thématique rock, Fanny de Chaillé invite les spectateurs à une Gonzo Conférence durant laquelle elle racontera ses amours spectaculaires – rock et théâtre – sous l’égide de Lester Bangs, maître du Gonzo, journalisme subversif né dans les années 70. Avec Conjurer la peur, Gaëlle Bourges poursuit sa mise en danse éclairante de l’histoire de l’art grâce à une réflexion autour de la fresque Les Effets du bon et du mauvais gouvernement, peinte par Lorenzetti en 1338 dans le palais communal de Sienne. La chorégraphe s’inspire ainsi des postures représentées sur la fresque pour interroger notre rapport à la culture et à l’Histoire. Véritable laboratoire de recherches artistiques, À Corps propose également à ses spectateurs des expériences hors du commun. Dans Blind d’Erwan Keravec, le spectateur est invité à se faire bander les yeux afin d’assister à un concert chorégraphié mêlant percussions, saxophones, contrebasse et… cornemuse. Une émouvante danse du son et des sens qui propose au spectateur d’expérimenter autrement la musique. Les amateurs de curiosité et d’expériences immersives peuvent également participer à Embrassement, une performance au cours de laquelle Jean-Luc Verna fait entrer qui le désire pour un embrassement dans le silence. Après un échange de regards, il se met nu. Chacun est libre de se déshabiller ou non. L’étreinte dure 30 secondes ou plus.


De nombreux autres évènements viennent également ponctuer cette semaine de festival, parmi lesquels un échauffement public auquel tout le monde est invité à participer, ou encore des massages sonores dispensés par des étudiants en masso-kinésithérapie. Enfin, c’est en musique que se terminera le festival, avec le DJ set endiablé de Kiddy Smile. Les corps se lâchent au grès des beats de Kiddy Smile tandis que les esprits attendent déjà avec impatience la prochaine édition…

Lieu :
TAP – Théâtre Auditorium de Poitiers
6 rue de la Marne – Poitiers
T. : +33 (0)5 49 39 29 29
Du lundi au vendredi de 11h à 19h, le samedi de 14h à 18h (sauf vacances scolaires)

Plus d’infos sur http://festivalacorps.com/

Billetterie : Vente des billets à l’avance au TAP ou sur le lieu de représentation 1h avant le début du spectacle.

La fille qui lisait dans le métro, un bel hommage aux livres (Denoël)

Christine Féret-Fleury copyright Madeleine Féret-Fleury
Christine Féret-Fleury copyright Madeleine Féret-Fleury

La fille qui lisait dans le métro, un bel hommage aux livres (Denoël)

Christine Féret-Fleury aime les livres et nous fait partager sa passion à travers son dernier livre : La fille qui lisait dans le métro.
L’histoire est facile à lire. Juliette habite Paris et passe beaucoup de temps dans les transports, principalement dans le métro. Elle aime observer les gens et même essayer de lire les livres que les gens sont en train de lire. Elle est davantage intéressée par ce qui se passe dans les livres que ce qui se passe autour d’elle. Un jour, elle décide de changer ses habitudes et du coup, sa vie va s’en trouver transformer ! Grâce à une rencontre et aux livres, Juliette va vivre sa vie tout autrement !
On peut regretter que le livre soit si court et ne fasse que citer des livres, sans vraiment d’analyse personnelle plus approfondie.
La fille qui lisait dans le métro reste un livre agréable et facile à lire même dans le métro !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Que vous aimiez lire dans votre bain ou par-dessus l’épaule de votre voisin, laisser votre roman dans un wagon de métro ou l’offrir à votre meilleure amie, partager vos lectures en famille ou seulement à deux, que vous collectionniez les marque-pages, les éditions rares ou les «poches» d’occasion, alors ce livre est fait pour vous…

Juliette prend le métro tous les jours à la même heure. La ligne 6, le métro aérien. Ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est observer, autour d’elle, ceux qui lisent. La vieille dame, le collectionneur d’éditions rares, l’étudiante en mathématiques, la jeune fille qui pleure à la page 247. Elle les regarde avec curiosité et tendresse, comme si leurs lectures, leurs passions, la diversité de leurs existences pouvaient donner de la couleur à la sienne, si monotone, si prévisible.
Jusqu’au jour où Juliette décide de descendre deux stations avant son arrêt habituel, et de se rendre à son travail en coupant par une rue inconnue ; un pas de côté qui va changer toute sa vie.

Date de parution : le 9 mars 2017
Auteur : Christine Féret-Fleury
Editeur : Denoël
Prix : 17,90 € (176 pages)
Acheter sur : Amazon

Chroniques douces amères de l’Espagne contemporaine dans Le monde à tes pieds (La Boîte à bulles)

Le monde à tes pieds
Le monde à tes pieds, BD de Nadar, Editions La Boîte à Bulles

Chroniques douces amères de l’Espagne contemporaine dans Le monde à tes pieds (La Boîte à bulles)

Trois histoires d’aujourd’hui racontent la dure réalité subie par les jeunes espagnols. Trop ou trop peu diplômés, les jeunes d’une génération toute entière rencontrent ls mêmes difficultés et la précarité. Pourtant ils doivent bien faire des choix de vie pour ne pas subir les affres du déclassement. Le dessin hyper réaliste de Nadar raconte des destins contrariés et la rage ressentie face à l’injustice sociale actuelle. Comme si la fatalité devait accabler tous ceux qui rêvent juste de vivre leur vie et de s’accomplir, comme leurs parents avant eux. A qui la faute? Le pensum final donne à réfléchir sur la situation économique actuelle et les perspectives proposés par les gouvernants… La BD de Nadar donne sérieusement à réfléchir via un scénario prenant comme un thriller.

Une BD ultra réaliste

Les destins de Carlos, David et Sara en disent long sur le monde occidental actuel. L’accumulation de diplômes ne garantit plus d’échapper au déclassement et à la précarité. Le point commun aux 3 histoires consiste en cet immense désenchantement face aux enseignements délivrés par la société. Car la dichotomie entre les diplômes proposés et les attentes du monde économique creuse un gouffre qui ne fait que s’élargir années après années. A qui profite le crime? Les héros surdiplômés rencontrent des difficultés similaires à ceux qui n’ont pas de diplômes. Les scénarios proposés par Nadar se lisent d’une traite tant la tension le dispute aux espoirs déçus. Le lecteur dévore l’ouvrage à toute vitesse pour savoir comment se dirigeront ces scènes de vie proposées avec un dessin très graphique et réaliste.

Pas de faux semblants dans une BD aux allures de pamphlet social renvoyant aux manifestations récentes des Anonymous. Le monde occidental suit-il la meilleure route possible pour ses ouailles? A lire Le monde à tes pieds, on peut sérieusement en douter…

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Chronique de l’Espagne contemporaine en trois chapitres, Le Monde à tes pieds se penche sur le malaise de trois existences. Celle de Carlos — ingénieur surdiplômé contraint d’émigrer en Estonie au détriment de son couple — de David — chômeur depuis 4 ans et dont la seule opportunité financière devient une femme mûre en mal d’amour — et de Sara — promise à un brillant avenir mais finalement devenue une démarcheuse téléphonique  aux ressources insuffisantes… Ils ne se connaissent pas mais partagent le même mal-être, les mêmes ressentiments, les mêmes vies éclaboussées par l’échec. Chacun se bat à sa façon contre une société en pleine crise économique où joindre les deux bouts passe avant la recherche du bonheur personnel. Incarnations d’une génération sacrifiée à qui l’on a fait miroiter un futur radieux, Carlos, David, Sara — et tous les autres — cherchent leur place et cet avenir fait d’opulence et de joie qu’on leur avait promis. Un triptyque chargé d’intensité et d’émotions qui dessine le portrait lucide d’un mal-être social.

Date de parution : Mars 2017
Scénariste(s) : Nadar
Dessinateur(s) : Nadar
Genre : Chroniques sociales
Editeur : La Boîte à bulles
Prix : 14,95 € (96 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Le monde à tes pieds
Le monde à tes pieds

Le monde à tes pieds
Le monde à tes pieds

Le monde à tes pieds
Le monde à tes pieds

Le monde à tes pieds
Le monde à tes pieds

Corporate met le doigt sur le bobo capitaliste

Corporate
Corporate, Nicolas Silhol, Copyright Claire Nicol

Corporate met le doigt sur le bobo capitaliste

Corporate part du principe simpliste mais de plus en plus répandu dans le cinéma que l’entreprise est un monde comme les autres, avec ses règles tacites, son jargon dénué de sentiments et sa logique capitaliste. Quand l’argent prime sur tout le reste, les considérations humaines ne trouvent plus leur place et sont balayées sous le tapis. L’héroïne interprétée par Céline Salette l’accepte jusqu’à une remise en cause qui bouleversera autant son univers que son entreprise. Ce thriller social lève le voile sur les modifications profondes subies par la société dans le monde capitaliste contemporain. Si le film suit un cheminement somme toute simpliste et linéaire, la logique sous-jacente n’est pas sans intérêt.

Une logique capitaliste sous le feu des projecteurs

Etre Corporate dans le jargon contemporain, c’est placer sa boite tout en haut de ses priorités personnelles. Au-dessus de la vie personnelle et familiale, au-dessus de ses scrupules et surtout au-dessus de toute morale. La hiérarchie l’a bien compris et n’exige rien de moins de ses employés. Emilie Tesson-Hansen a été recrutée pour faire partir sans licenciements le plus d’employé possible. Mais le jour où une de ces victimes modernes et silencieuses décide de se suicider par défenestration dans l’enceinte même de son entreprise, la jeune employée ambitieuse couvée par sa hiérarchie voit ses certitudes remises en cause. Le film suit un cheminement prévisible, avec réaction outrée du boss interprété par Lambert Wilson, encouragement tacite de ce collègue joué par Stéphane de Groodt et aide de l’inspecteur du travail joué par Violaine Fumeau. L’héroïne se retrouve au centre d’un jeu de pouvoirs où interviennent également les syndicats, les collègues discrédités et le mari qui ne comprend pas la situation. Corporate simplifie le déroulé pour un objectif clair et sans détours: simplifier la logique capitaliste actuelle où l’humain se retrouve rabaissé au statut de quantité négligeable. Efficacité, rapidité et et rentabilité sont devenus les mots clés d’entreprises qui ne veulent plus s’embarrasser de détails jugés secondaires.

Un film reflet de la société

La situation décrite par le film a eu lieu récemment chez France Télécom, La Poste ou les Hopitaux parisiens et le suicide sur le lieu de travail est loin d’être un fantasme imaginaire. Et le film insiste bien sur le poids de la hiérarchie dans le processus de destruction psychologique vécu par les salariés. L’organisation pyramidale fait retomber la pression depuis le haut jusqu’en bas et si aucun échelon ne fait tampon, l’échelon final se prend tout sur le coin du bec. Lambert Wilson a beau la jouer cool et décontracté avec son petit col roulé et son jean, il fait partie de l’organisation et applique les directives à la lettre. Corporate se transforme petit à petit en thriller quand l’héroïne décide de contre attaquer. Ni les pressions ni les doutes n’auront raison de ses résolutions pour un résultat final qui fait plaisir même s’il parait quelque peu illusoire. Qui sacrifierait aujourd’hui sa carrière et sa famille sur l’autel de la morale?

Corporate fascine par son déroulé trépidant et réaliste. Le film décrit par le menu la logique capitaliste moderne pour une remise en cause qui fera réfléchir.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Corporate
Corporate

Emilie Tesson-Hansen est une jeune et brillante responsable des Ressources Humaines, une « killeuse ». Suite à un drame dans son entreprise, une enquête est ouverte. Elle se retrouve en première ligne. Elle doit faire face à la pression de l’inspectrice du travail, mais aussi à sa hiérarchie qui menace de se retourner contre elle. Emilie est bien décidée à sauver sa peau. Jusqu’où restera-t-elle corporate ?

Sortie : le 5 avril 2017
Durée : 1h35
Réalisateur : Nicolas Silhol
Avec : Céline Sallette, Lambert Wilson, Stéphane De Groodt
Genre : Thriller, Drame

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Parfaites ou la quête de la perfection

Parfaites
Parfaites, film de Jérémie Battaglia, Copyright M2 Distribution

Parfaites ou la quête de la perfection

Le sport de compétition est un monde sans pitié où un seul concurrent monte sur la plus haute marche du podium. Et la différence se fait sur un détail, un centième de seconde ou un moment d’inattention. Parfaites montre le réalisateur Jérémie Battaglia suivre l’équipe féminine canadienne de natation synchronisée dans ses préparatifs journaliers et incessants pour atteindre le niveau des équipes chinoises ou russes. Les longues et intenses journées d’entrainement s’enchainent dans un rythme infernal et les organismes sont mis à rude épreuve pour un seul objectif: devenir parfaites.

L’harassante vie de sportive de haut niveau

L’objectif du documentaire se résume en trois lettres Rio. Jérémie Battaglia partage pendant de longs mois la vie de ces jeunes femmes qui ne reculent devant aucun sacrifice pour aguerrir leur corps à coups d’entrainements répétitifs et de répétitions incessantes. Si elles réalisent toutes ce qu’aucun être humain normalement constitué ne pourrait faire sans briser son corps ou se noyer dans le piscine, ce n’est jamais suffisant. Car le Canada n’existe pour ainsi dire pas sur la carte de la natation synchronisée et toutes les savent très bien, elles veulent pourtant faire mentir la fatalité. Le jury est composé d’hommes et de femmes qui notent les équipes compétitrices, avec des données factuelles mais également beaucoup de feeling. Et ni la capitaine Marie-Lou Morin ni aucune équipe ne peuvent empêcher un membre du collège des votants de privilégier une nation forte. L’abnégation le dispute à la volonté et chaque jeune fille souhaite donner le meilleur d’elle-même pour atteindre son rêve. Parfaites est une belle leçon de vie avec ces jeunes femmes que l’on aimerait voir gagner pour récompenser ces jeunesses volées et ces longues heures passées à travailler.

Un documentaire tout en émotion

Des entretiens se mêlent à ces images d’entrainement et de petits bobos. Il faut entendre cette nageuse énumérer toutes ces blessures accumulées au fil des ans. Et les images d’exercices inlassablement répétés s’enchainent aux images de compétitions. Avec ce constat. Les canadiennes sont toutes extrêmement douées mais comment rivaliser avec des chinoises ou russes toutes parfaitement synchronisées sans qu’un orteil ne dépasse? La discipline militaire de ces nations laisse songeur et fait imaginer les quantités de brimades et de vexations subies pour arriver à de tels résultats. Le jeu en vaut-il la chandelle? Les canadiennes, mêmes souvent restées au pied du podium vivent leur passion à fond et il est impossible de ne pas applaudir à la fin devant tant de courage face à des conditions si contraires. Les qualifications pour les jeux de Rio les voient de dépasser et donner le meilleur d’elles mêmes. Mais même les néophytes en conviendront, les russes et chinoises sont plus que parfaites, comment rivaliser… Et si l’important n’était finalement pas de tout donner pour se réaliser?

Parfaites est un documentaire qui lève le voile sur un monde fait de secrets et de compromis. Les sourires des nageuses cachent les mois entiers passés à se concentrer toutes ensemble dans une même direction. Une belle leçon de vie que ce documentaire!

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Parfaites
Parfaites

Qui n’a jamais eu de préjugés méprisants sur la natation synchronisée ? Ridiculisée et ignorée, cette discipline sportive souffre de sa mauvaise réputation. Pourtant, derrière les paillettes et les sourires se cache un sport où se mélange le culte de la beauté et de la performance ainsi que des exigences athlétiques qui dépassent les limites de l’imaginable. PARFAITES retrace le parcours émouvant et inspirant de Claudia, Marie-Lou et toute l’équipe nationale canadienne qui les mènera jusqu’aux qualifications olympiques à Rio de Janeiro. Face aux nombreux sacrifices à faire et aux défis à relever, réussiront-elles à concrétiser leur rêve ? Et à quel prix ?

Sortie : le 5 avril 2017
Durée : 1h16
Réalisateur : Jérémie Battaglia
Avec : Marie-Lou Morin, l’équipe canadienne féminine de natation synchronisée
Genre : Documentaire

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Une nouvelle programmation démentielle et culottée pour l’EMF – Electrobeach 2017

Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram
Night Pink Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia

Electrobeach 2017, un line up entre éclectisme et puissance.

Depuis une édition 2015 d’anthologie, qui avait vu, le festival organisé au Barcarès, rivaliser avec la programmation des Ultra, voir titiller celui de Tomorrowland, l’EMF s’est installé de manière irrésistible dans le paysage des événements incontournables de l’été. Une reconnaissance à la fois populaire, où 176 000 fêtards se sont croisés l’an dernier, éthique, via le bouche à oreille enthousiaste des djs, et récompensée en étant élu pour la deuxième fois consécutive, meilleur festival mainstream en France. Fort de ce succès, et avec l’envie de maintenir le niveau d’exigence d’Electrobeach, ainsi que celui de conquérir de nouveaux territoires, son directeur, Silvain Berreteaga, vous a concocté 3 jours qui risquent de rester dans les annales.

Jour 1 / Deadmau5, Eric Prydz, Tiësto : feu d’artifice de légendes pour débuter.

Cela fait déjà quelques semaines que l’on savait que Electrobeach avait réussi un coup de maître en dénichant la plus grosse souris de la musique électronique, alias Joël Zimmerman, plus connu sous le pseudonyme de Deadmau5. Une prouesse assez extraordinaire quand on sait que cette souris promène chez nous, en France, une vraie réputation de Jerry, l’insaisissable amie de Tom.

Who’s gonna catch the mau5 ?

Quasiment aucune date dans l’hexagone en 10 ans d’une carrière où il aura été élu de nombreuses fois dj de l’année sur la plateforme Beatport. Véritable icône aux tracks légendaires, aux tenus excentriques et aux sets ravageurs, Deadmau5 sera à coup sûr LE highlight de cet EMF 2017. A ses côtés ce soir là, nombreux seront les festivaliers qui rêveront d’un B2B de folie avec son pote, Eric Prydz, aussi connu sous les pseudos Pryda ou Cirez D, comme à Tomorrowland, l’an dernier. Ils sont programmés le même soir, tous les espoirs restent permis donc. Prydz, qui revient pour la deuxième année consécutive, promènera dans tous les cas ses lasers et ses morceaux dévastateurs face au Lydia. Et ça, on adhère. Tout comme le retour du maestro, Tiësto, inoxydable mélomane, véritable référence avec ses labels Musical Freedom et le nouveau venu plus deep, AFTR:HRS. Toujours souriant, énergique et créatif, le plaisir de revoir ce géant sera encore et pour longtemps au rendez-vous. A leurs côtés, on notera le retour des piles blondes, Nervo ou encore, les premières de Nora en Pure et Yall sur la Beach Stage.

Jour 2 / Un vrai 14 juillet à l’EMF : Solveig, Tchami, Malaa, Club Cheval & … a BIG french surprise.

C’est une tendance qui avait émergé l’an dernier déjà où une pléiade de djs français avaient joué, drapeau au vent, pour le 14 juillet, jour de Fête Nationale en France, dans le contexte compliqué que l’on sait (Nice …), mais tous unis. Hormis la superstar trance, Armin Van Buuren, toutes les têtes d’affiche de ce jour seront français sur la Main Stage. Martin Solveig, sera encore une fois dans la place(s) avec ses hits qui sentent le soleil, et son VJing toujours acidulé et pimpant. Deux petits nouveaux de l’excellente team Pardon My French, Tchami et Malaa, imposeront aux festivaliers une future house et quelques sessions de bass, trap, à l’image de leur mentor, DJ Snake. Avec de véritables tempêtes de basses comme étendards, les deux lascars risquent d’en surprendre plus d’un, on prend le pari. Un pari osé, c’est aussi celui de placer les surdoués de la nouvelle French Touch, Club Cheval, sur le devant de la scène. Une electro pop clean, smooth, offrant des faux airs des premiers EPs de Daft Punk, voilà la promesse de ce quatuor ultra-talentueux. Ne pas oublier, ce jour, les trublions Shapov et TroyBoi entre autres, et surtout, la BIG surprise, dernier artiste non dévoilé et frenchy, qui selon son placement alphabétique, laisse fantasmer du DJ Snake, du David Guetta, voir le rêve ultime Daft Punk. Faites vos jeux !

Don Diablo, retour vers la Future (House).

Jour 3 / La promesse de puissance : Yellow Claw, Don Diablo, Afrojack & KSHMR.

Les festivaliers de l’an dernier doivent encore avoir l’oreille qui tremble et les yeux qui brillent après le closing exceptionnel de DJ Snake. Offrir le dernier set au duo démentiel Yellow Claw, c’est la promesse d’obtenir un feu d’artifice de basses et une déflagration de flashs stroboscopiques dans la face qui nous anesthésiera la cornée et la rétine jusqu’à la prochaine édition. Pour succéder au dieu serpent, beaucoup avait misé sur Skrillex ou Diplo ou leur Jack Ü, pour retrouver cet electro si particulière alliant hardcore, pop bass, trap ou moombahton, c’était oublié l’une des références du milieu : les lunaires Yellow Motherf*cking Claw.

Yellow Claw, fêtes des mères en prévision.

A leurs côtés, les djs stars EDM, Afrojack et KSHMR ne resteront pas de marbre. Tous deux réputés pour leurs sets violents et mélodieux à la fois, ils sont tout simplement ceux dont la hype a été la plus haute au récent Ultra Music Festival de Miami. Ajoutons à cela, l’empereur de la Future House, genre le plus plébiscité ces dernières années, j’ai nommé Don Diablo, et on obtiendra un dernier jour qui s’annonce dantesque à l’EMF. Quand on lit certaines réactions sur les réseaux sociaux par rapport à la promesse d’un tel line up, on se dit que le festivalier français parait bien exigeant…

En bonus : Une Techno Stage de malade !

Vous pensiez venir à un gros festival EDM, vous allez réviser votre jugement sur l’EMF. Rien de moins que The Martinez Bros en B2B avec Seth Troxler, Apollonia, Marc Romboy, Dominik Eulberg, Oxia, Agoria, D’julz, Nicolas Masseyeff ou encore l’incroyable live de Stephan Bodzin, voilà le programme assez démentiel que nous fournira pendant 3 jours la Techno Stage d’Electrobeach. Huge !

Préventes : Electrobeach Tickets

https://www.youtube.com/watch?v=VUMvRmihcSo

 

Les cyborgs font grise mine dans l’adaptation de Ghost in the Shell

Ghost in the Shell
Ghost in the Shell, film de Rupert Sanders, Copyright Paramount Pictures

Les cyborgs font grise mine dans l’adaptation de Ghost in the Shell

Quand un grand studio hollywoodien comme la Paramount décide d’adapter le manga futuriste et culte Ghost in the Shell, plusieurs choix s’offrent à lui. Soit il respecte l’esprit cyberpunk philosophique, retors et passionnant de l’original, soit il tente une variation enrichie et au moins équivalente au niveau qualité pour une expérience différente et tout aussi approfondie. Mais quand il se contente de livrer un énième film d’action linéaire et sans surprises, le déchirement ne peut être qu’au rendez-vous. Surtout que Scarlett Johansson ne dessert pas la mâchoire de tout le film avec un service minimum déniché dans ses nombreuses interprétations récentes de Black Widow chez les cousins Avengers. Si la polémique sur le choix d’une actrice américaine pour interpréter un personnage japonais avait déjà fait assez de mal en amont, le résultat ne fait qu’envenimer la polémique.

Un film culte appauvri dans sa variation hollywoodienne

Commençons par le positif. Le graphisme de Ghost in the Shell et les effets spéciaux sont assez éblouissants. A mi-chemin entre Blade Runner et le 5e élément, le film accumule les néons outrageux et les écrans publicitaires omniprésents pour immiscer le spectateur dans un univers futuriste tout à fait réussi. Voilà pour le positif. Pour ce qui est du scénario, le film pioche au compte-gouttes dans le manga original et le fait qu’il défigure l’intrigue complexe en la simplifiant à l’extrême ne choquerait pas si le résultat proposait une variation enivrante. Mais force est de constater que l’esprit du manga est considérablement appauvri voire racorni, annihilant toute perspective de noeud au cerveau et de réflexion prolongée. Le manga offrait déjà des gunfights récurrents au milieu d’une plongée absconse dans l’avenir dans l’humanité, mais tout en insistant sur la question de la cohabitation avec des cyborgs devenus presque aussi humains que les humains, jusqu’à l’impossibilité apparente de s’en différencier. Les dangers d’un système internet global étaient pointés du doigt dans une réflexion approfondie et novatrice, du moins pour l’époque. En bon film américain, cette adaptation insiste sur le vol de la vie humaine sans jamais s’élever bien plus haut qu’un sentimentalisme de carton.

Un film d’action lambda

Etait-on en droit d’attendre bien plus qu’un film d’action? Oui, certainement. Car le résultat ne marquera pas l’histoire du film futuriste, se contentant d’amasser le plus de dollars possibles grâce à une intrigue simple et efficace. L’annonce de l’adaptation du manga laissait apparaitre quelques craintes qui se révèlent finalement tout à fait fondées. Les différents niveaux de lecture du manga japonais sont simplifiés à l’extrême, éludés par la machine à laver hollywoodienne. Difficile d’aller plus loin tant la réflexion est minimale. Takeshi Kitano fait une apparition conforme à sa longue filmographie de personnages atrabilaires et solitaires. Pilou Asbaek figure le coéquipier du Major avec l’économie d’expressions attachée à son personnage de Batou mais sans la profondeur de ses interprétations récentes dans A War ou Highjacking. Juliette Binoche fait une apparition sommaire et Michael Pitt joue les utilités. Casting international et il pourtant manque une évidente touche un peu plus japonaise. Alors que le cinéma devrait figurer la diversité de notre monde, il se contente hélas bien trop souvent de se complaire dans un ethnocentrisme bien mal venu. Et c’est bien dommage. Voir les japonais obligés de parler anglais dans un film se passant au japon, c’est un comble…

Ghost in the Shell est un raté quasi complet, ne réussissant ni à rendre hommage au manga original ni à l’augmenter par un scénario au moins aussi approfondi. Un film à découvrir en DVD pendant une soirée de pluie pendant l’hiver. Et encore.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Ghost in the Shell
Ghost in the Shell

Dans un futur proche, le Major est unique en son genre: humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on la lui a volée. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres.

Sortie : le 29 mars 2017
Durée : 1h47
Réalisateur : Rupert Sanders
Avec : Scarlett Johansson, Takeshi Kitano, Pilou Asbaek
Genre : Action, Science-fiction

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Les légendes Richie Hawtin et Sven Väth seront les têtes d’affiche de Family Piknik 2017

Family Piknik
La folie sous Sven Vath. ©Jean-Marie Siousarram

Le Festival Family Piknik dévoile ses têtes d’affiche dont Richie Hawtin, Loco Dice et Sven Väth.

Family Piknik, le petit festival qui monte, monte …

Petit par la capacité d’accueil originelle (qui était déjà là à St Jean de Védas ?), maousse par sa programmation (Michael MayerGui Boratto ou Marc Romboy étaient déjà là au tout début), le festival Family Piknik s’est progressivement implanté dans l’environnement musical du sud de France. Créé et porté par Christophe Gimenez, plus connu sous le pseudo de Tom Pooks par les amoureux de la Villa Rouge, ce festival est né de son envie de fédérer les amoureux de la musique électronique, et de la fête en général, autour d’une belle journée estivale comme la région de Montpellier en produit par centaine chaque année. La gratuité pour les moins de 14 ans, tout comme pour les plus de 55 ans, démontre que le « Family » n’est pas qu’un sobriquet. S’inspirant des festivals canadiens et allemands qui se déroulent sur le même principe d’une journée pleine, Christophe a su transmettre sa bonne humeur légendaire aux milliers de personnes venues danser, boire, manger, voir même siester (si, si), le tout sous la crème de la crème de la musique électronique actuelle. Citons pêle-même Maceo Plex, Dubfire, AdriatiqueStephan BodzinSolomun ou encore Joseph Capriati. Petit mais costaud !

3 têtes d’affiche hors norme en 2017

Ludovic Rambaud dévoile la nouvelle identité visuelle de Family Piknik. ©Jean-Marie Siousarram

Difficile de faire mieux vous pensez ? Family Piknik répond avec ses 3 nouvelles têtes d’affiche: Richie HawtinLoco Dice et Sven VäthHawtin rien de moins que la légende vivante de la techno minimale. Créateur de la plateforme la plus utilisée par les DJs pour acheter leurs morceaux, Beatport, manager du label M_Nus qui a lancé une pléthore d’artistes électroniques pointus et surtout auteur du plus gros track techno de tous les temps Spastik sous le pseudo de Plastikman. A ses côtés, « Papa » Sven Väth reviendra pour un dj set de 4 heures (!). Autre pionnier de la techno comme Hawtin, boss de l’immense label Cocoon, il a été complètement conquis par le public de Family Piknik l’an dernier. « Il n’avait plus connu une telle ferveur populaire et festive depuis très longtemps », nous rapporte Tom Pooks. « C’est lui qui a insisté pour revenir et a recommandé le festival à d’autres djs. » Le voici exaucé. Le troisième headliner de cette édition n’est pas le moins méritant. Loco Dice est considéré par beaucoup comme le meilleur dj tech house de la planète, tout simplement. Comme les deux premiers cités, il a sa résidence hebdomadaire à Ibiza pendant la saison estivale, et ce depuis de longues années. Ses sets sont réputés lancinants, entêtants et dévastateurs.

Suite du line up, réorganisation et écologie

Comme depuis ses débuts, le festival aime à promouvoir des djs qui pour la plupart ne tardent pas à exploser derrière. Cette année, Third SonOliver SchoriesWhyt NoizRaxon et Cuartero régaleront les fêtards aux côtés du vétéran Josh Wink et son son si particulier et envoûtant. Déjà beaucoup de promesses alors qu’il reste encore 9 artistes à annoncer d’ici un mois et la communication officielle de Family Piknik. L’objectif affiché est d’atteindre les 10 000 festivaliers. Pour se faire, une tournée On Road to Family Piknik est organisée et fera escale à Paris, Barcelone, Toulouse ou encore le 30 juin, à la Villa Rouge avec Adriatique. Sans oublier, un tarif très concurrentiel pour un tel line up (35€ en prévente).

Toujours organisé dans le cadre verdoyant du parc Montcalm (pour la dernière année   ?), le festival subira quelques retouches au niveau de sa disposition. Le but étant d’améliorer la fluidité du site entre les deux scènes, ainsi que d’assurer une sécurité optimale, comme nous le rappelle Ludovic Rambaud, l’un des piliers du festival et coordinateur. La première scène sera donc mise plus sur le côté, de même que le bar central, afin de faire place nette. Un partenariat avec Rescue Ocean, des jeunes entrepreneurs motivés de la région, permettra de collecter un maximum de déchets et de limiter l’impact des festivaliers sur l’environnement (confettis biodégradables, cendriers de poche, poubelles festives). Autre nouveauté notable, un système Cashless fera son apparition comme sur d’autres festivals avec un système de paiement électronique à l’aide d’une puce rechargeable placée sur un bracelet. C’est aussi ça le Family spirit !

En attendant l’annonce complète du line up, l’édition 2017 s’annonce encore plus flamboyante pour Family Piknik. Un festival qui se veut à la fois innovant, exigent, universel et durable.

Les préventes sont exclusivement sur : Family Ticket

(Retrouvez la chronique de l’édition précédente : Family Piknik 2016)

https://www.youtube.com/watch?v=EVhaeLuKDd4

Résultats concours : Telle mère, telle fille, 20 places de ciné gagnées

Telle mère, telle fille
Telle mère, telle fille © Gaumont Distribution

Résultats concours : Telle mère, telle fille, 20 places de ciné gagnées

Vous avez été 3863 participants au concours Telle mère, telle fille. Merci de votre excellente participation. Les 10 heureux gagnants sont les suivants :

Rémy Rafert, Jean-Michel Maury, Jacques Vogel, Isabelle Colin, Chrystelle Jaminais, Micheline Alasseur, Françoise Caly, Christophe Le Mineur, Françoise Veillet et Elise Baverel

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Un beau moment d’émotion avec Le cri des anges au Théâtre Essaïon

Le Cri des Anges
Le Cri des Anges, mise en scène de Jean Barlerin, Théâtre Essaïon

Un beau moment d’émotion avec Le cri des anges au Théâtre Essaïon

La pièce débute tel un conte de fée moderne. Ally rencontre Hugo lors d’une soirée, presque par inadvertance et sans connaitre les impacts sur le reste de sa vie. Sans le savoir, elle va fondre pour ce quidam qui a su toucher son coeur. Mais la love story fait long feu lorsqu’un accident aussi inopiné que violent fait tomber Hugo en état de mort cérébrale. Le Cri des Anges raconte la tentative désespérée de la survivante pour surmonter le deuil et tenter de vivre par delà le drame. L’émotion monte crescendo dans une mise en scène épurée rythmée par le texte poignant d’Amélie Cornu et la musique originale de Nicolas Dessenne.

Un seul en scène attachant

L’heure et quart de spectacle voit Amélie Cornu raconter sans discontinuer la croix qu’est devenue son existence suite à l’accident de son compagnon. La rencontre initiale est réduite à l’essentiel, le crush est plus suggéré que véritablement expliqué pour laisser deviner l’insouciance d’un évènement vécu comme un songe. Puis survient l’inexplicable, aux raisons pudiquement passées sous silence pour se concentrer tout du long sur les réactions d’Ally. Comment réagir quand l’intolérable s’immisce inexplicablement dans votre vie? Il n’y a pas de manuel de survie et l’héroïne emprunte un chemin intérieur tumultueux pour trouver la lumière au fond de l’obscurité. Amélie Cornu soliloque seule en scène, exprimant une intériorité faite d’émotion et de résignation. Les rares moments de dialogue la voient prendre la pose pour figurer ses interlocuteurs à coups de regards en biais ou de mains dans les cheveux. L’histoire pesante est rythmée par des saynètes introduites de notes délicates au piano rappelant Philip Glass ou Erik Satie. Leur délicatesse souligne le tumulte intérieur d’une héroïne perdue dans un océan d’incompréhension.

Une variation émouvante sur le deuil

Si le cinéma a souvent abordé la question épineuse du deuil et du souvenir (La Chambre du Fils, La Délicatesse…), ce thème est moins abordé au théâtre. Pourtant, la performance et le texte d’Amélie Cornu communiquent une complexité très humaine qui illustre les hauts et les bas d’un personnage bien obligé de vivre. Rien n’est caché de son trouble intérieur et de ses tentatives pour récupérer un élan vital brisé avec l’immobilité forcée de son compagnon. La comédienne insuffle un énorme courant d’empathie pour ce personnage perdu qui doit retrouver son chemin malgré les coups de blues continuels. La solitude l’accompagne seule dans des tourments présentés avec justesse et délicatesse. Beaucoup se poseront la question de la possible part d’expérience personnelle relatée sur scène, augmentant d’autant l’émotion ressentie devant une pièce interprétée avec puissance et conviction.

Le Cri des Anges aborde un sujet grave sans verser dans le pathos futile. L’émotion affleure sans cesse pour un spectacle qui interpelle et bouscule au Théâtre Essaïon.

Dates :  du 10 mars au 28 mai, tous les mercredi à 19h45
Lieu : Théâtre Essaïon (Paris)
Metteur en scène : Jean Barlerin
Avec : Amélie Cornu

[/v

Molières 2017, et le maître de cérémonie est…Nicolas Bedos

Molières 2017, et le maître de cérémonie est...Nicolas Bedos

Molières 2017, et le maître de cérémonie estNicolas Bedos

Les Molières, sous l’égide du président de l’association, Jean-Marc Dumontet, retransmis sur France 2 le 29 mai 2017, donneront lieu comme l’année dernière à la captation en direct d’une pièce de théâtre en début de soirée. La pièce dont le choix n’a pas encore été révélé, sera suivie de la remise en léger différé des prix à partir de 22h30.

Cette 29e cérémonie, enregistrée depuis le théâtre des Folies-Bergère, retrouvera cette année Nicolas Bedos en maître de cérémonie.

Placée donc sous le regard décomplexé, provocateur et en roue libre de l’humoriste qui lui a redonné toutes ses lettres de noblesse, la soirée se veut avant tout une grande fête du théâtre et en faveur de la création théâtrale et de tous ses contributeurs.

Dix-neuf Molières seront décernés, récompensant Théâtre public et Théâtre privé.

Dans la catégorie des prix d’interprétation dans un spectacle du théâtre public, sont nommés les deux comédiens qui ont marqué cette saison : Elsa Lepoivre et Denis Podalydès pour leur descente aux enfers vertigineuse dans la pièce Les Damnés jouée à la Comédie-Française, mise en scène par Ivo van Hove, et qui récolte pas moins de six nomination dont celle notamment du Molière du Théâtre public. Bigre l’ovni théâtral vu, supporté et approuvé par Publik’Art, est nommé dans la catégorie Molière du Théâtre privé et Molière de la Comédie.

Le Molière du meilleur acteur d’un spectacle de théâtre privé se disputera entre Pierre Arditi (Le Cas Sneijder) que nous avons beaucoup aimé actuellement donné au théâtre de l’Atelier, Jean-Pierre Bacri (Les Femmes savantes), Jean-Pierre Bouvier (La Version Browning) et Guillaume de Tonquédec (La Garçonnière). Coté femmes s’affronteront Béatrice Agenin (La Louve), Catherine Arditi (Ensemble), Clémentine Célarié (Darius) et Cristiana Reali (M’man).

Molières 2017 – liste complète des nominations

Molière du Théâtre privé

Bigre de Pierre Guillois, Agathe L’Huillier, Olivier Martin-Salvan – Théâtre Tristan Bernard

Edmond d’Alexis Michalik – Théâtre du Palais-Royal

La Garçonnière de Billy Wilder et IAL Diamond, adaptation Gérald Sibleyras, Judith Elmaleh, mise en scène de José Paul – Théâtre de Paris

Les Femmes Savantes de Molière, mise en scène Catherine Hiegel – Théâtre de la Porte Saint-Maritn

Molière du Théâtre public

Karamazov d’après Dostoïevsli, mise en scène Jean Bellorini – TGP de Saint-Denis

Les Damnés  de Visconti, mise en scène d’Ivo van Hove – Comédie Française

La Grenouille avait raison de James Thierrée cie du Hanneton

Les enfants du Silence de Mark Medoff mise en scène Anne-Marie Etienne / Théâtre du Vieux Colombier – Comédie-Française

Molière de la Comédie

Bigre de Pierre Guillois, Agathe L’Huillier, Olivier Martin-Salvan – Théâtre Tristan Bernard

Edmond d’Alexis Michalik – Théâtre du Palais-Royal

La Garçonnière de Billy Wilder et IAL Diamond, adaptation Gérald Sibleyras, Judith Elmaleh, mise en scène de José Paul – Théâtre de Paris

Silence, on tourne ! de Patrick Haudecoeur et Gérald Sibleyras mise en scène Patrick Haudecoeur – théâtre Fontaine

Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre privé

Pierre Arditi  pour Le Cas Sneijder

Jean-Pierre Bacri pour Les Femmes savantes

Jean-Pierre Bouvier pour La Version Browning

Guillaume de Tonquédec pour La Garçonnière

Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre privé

Béatrice Agevin pour La Louve

Catherine Arditi pour Ensemble

Clémentine Célarié pour Darius

Cristiana Reali pour M’man

Molière du comédien dans un spectacle du Théâtre public

Patrick Catalifo pour Timon d’Athènes

Philippe Caubère pour Le Bac 68

Laurent Natrella pour Les enfants du Silence

Denis Podalydès  pour Les Damnés

Molière de la comédienne dans un spectacle de Théâtre public

Romane Bohringer pour La Cantatrice Chauve

Isabelle Carré pour Honneur à notre élue

Françoise Gillard pour Les Enfants du silence

Elsa Lepoivre  pour Les Damnés

Molière du Comédien dans un second rôle

Jean-Paul Bordes dans Vient de paraître

Jacques Fontanel dans La Garçonnière

Pierre Forest dans Edmond

Gilles Privat dans le Temps et la Chambre

Didier Sandre  dans Les Damnés

Molière de la Comédienne dans un second rôle

Evelyne Buyle dans Les Femmes Savantes

Ludivine de Chastenet dans Politiquement Correct

Anne Loiret  dans Avant de s’envoler

Dominique Valadié dans Le Temps et la Chambre

Florence Viala dans le Petit-Maître Corrigé

Molière de la Révélation féminine

Anna Cervinka dans Les Enfants du Silence de Mark Medoff mise en scène Anne-Marie Étienne / Théâtre du Vieux Colombier – Comédie-Française

Hélène Degy dans La Peur de Zweig, mise en scène Elodie Menant

Delphine Depardieu dans Le Dernier Baiser de Mozart d’Alain Teulié mise en scène Raphaëlle Cambray

Mélodie Richard  dans La Mouette de Tchkhov, mise en scène Thomas Ostermeier

Molière de la Révélation masculine

Fabio Marra dans Ensemble

Christophe Montenez  dans Les Damnés de Visconti, mise en scène d’Ivo van Hove

Matthieu Sampeur  dans La Mouette de Tchekhov, mise en scène Thomas Ostermeier

Guillaume Sentou dans Edmond d’Alexis Michalik

Molière de l’auteur francophone vivant

Nasser Djemaï pour Vertiges

Salomé Lelouch pour Politiquement Correct

Alexis Michalik pour Edmond

Marie Ndiaye pour Honneur à notre élue

Pierre Notte  pour C’est Noël tant pis

Gérard Watkins pour Scènes de violences conjugales

Molière du Metteur en scène d’un spectacle de Théâtre public

Jean Bellorini pour Karamazov

Julien Gosselin pour 2666

James Thierrée pour La Grenouille avait raison

Ivo van Hove  pour Les Damnés

Molière du Metteur en scène d’un spectacle de Théâtre privé

Pierre Guillois  pour Bigre

Catherine Hiegel pour Les Femmes Savantes

Alexis Michalik pour Edmond

José Paul pour La Garçonnière

Molière de la Création visuelle

Edmond d’Alexis Michalik – Théâtre du Palais-Royal – décor: Juliette Azzoprdi, costumes: Marion Rebmann, lumière: Arnaud Jung

La Garçonnière de Billy Wilder et IAL Diamond, adaptation Gérald Sibleyras, Judith Elmaleh, mise en scène de José Paul – Théâtre de Paris – décor: Edouard Laug, costumes: Brigitte Faur-Perdigou, lumière: Laurent Béal

La grenouille avait raison – scénographie: James Thierrée, costumes: Pscaline Chavanne, lumières: Alex Hardellet et James Thierrée

Les Damnés de Visconti – mise en scène Ivo van Hove – scénographie: Jan Versweyveld et Roal Van Berckelaer, costumes: An D’Huys, lumière: Jan Versweyveld et François Thouret

Molière du spectacle musical

Ivo Livi ou le destin d’Yves Montand

Les Sea Girls

Oliver Twist, le musical

Traviata

Molière de l’humour

Dany Boon

François-Xavier Demaison

Gaspard Proust

Vincent Dedienne

Molière du jeune public

Dormir 100 ans de Pauline Bureau

L’après-midi d’un foehn de Phia Ménard

Le Bossu de Notre Dame mise en scène Olivier Soliveres

Les Fourberies de Scapin mise en scène Jean-Philippe Daguerre

Molière seul/e en scène

L’Asticot de Shakespeare avec Clémence Massart

Réparer les vivants  avec Emmanuel Noblet

Venise n’est pas en Italie avec Thomas Solivérès

L’Esprit de contradiction avec Camille Chamoux

Le Horla fait tressaillir au Théâtre Michel

Le Horla,
Le Horla, Mise en scène de Slimane Kacioui, Théâtre Miche

Le Horla fait tressaillir au Théâtre Michel

Un homme est peu à peu submergé par la folie alors qu’il croit être tombé sous la coupe d’une créature invisible dénommée le Horla. La nouvelle de Maupassant publiée en 1886 est adaptée sur la scène du Théâtre Michel pour un seul en scène exaltant. Le comédien Florent Aumaitre captive l’audience par son charisme habité et sa gestuelle de plus en plus agitée. L’économie de moyens de la mise en scène de  Slimane Kacioui le laisse capter toute la lumière pour un numéro de soliste qui interroge sur la raison de ce qui ressemble à une crise de démence schizophrénique. Le drame côtoie l’angoisse dans une pièce qui interpelle sur la fragilité humaine.

Un classique de la folie humaine

A l’instar de l’Amok de Stefan Zweig, le Horla de Maupassant semble trouver ses racines dans les terres tropicales lointaines. Le héros anonyme d’abord nonchalant voit son trouble apparaitre tandis qu’il croise un 3 mats venu du Brésil amarré sur la Seine. Il mène une vie insouciante dans son immense demeure normande aux côtés de ses servants et s’agite de plus en plus au fur et à mesure de la pièce. D’aucuns penseront que l’indolence d’une existence de rentier inconséquent a pu atteindre ce célibataire sans histoires et sans ambitions. D’autres se souviendront que Maupassant souffrait lui-même d’hallucinations suite à une syphilis l’ayant mené à une tentative de suicide en 1892. Florent Aumaitre incarne ce quidam bouleversé par ce qu’il croit être une présence invisible le poursuivant inlassablement. Bien que non attaqué ou mis en danger, le personnage ne supporte pas ce qu’il considère comme une intrusion dans son territoire intime.

Un intense seul en scène 

Le comédien déambule seul en scène pendant 1h20 de spectacle qui prend les spectateurs aux tripes. Les traits de son visage d’abord placides laissent peu à peu apparaitre la terreur de celui qui se croit victime d’un envoutement. Sa diction parfaite varie les intonations et les rythmes pour  susciter la démence croissante. Le regard d’abord guilleret figure graduellement l’incapacité à se défaire d’un double qu’il ne peut voir mais que tout son être ressent comme une agression. Une carafe d’eau qui se vide pendant la nuit, les pages d’un livre qui se tournent toutes seules, il semble subir une présence invisible et oppressante qui fait dérailler son esprit. Jeux de lumière et musiques ponctuelles s’ajoutent aux simples chaise et tréteaux disposés sur scène par un Slimane Kacioui qui laisse toute la place au comédien et au texte de Maupassant. Nul besoin d’artifices pour rendre hommage à un ouvrage phare sur la folie humaine, découvert générations après générations par des cohortes d’adolescents subjugués par le récit d’un être qui se délite peu à peu.

Le Horla impressionne par l’art de son comédien d’insuffler une folie communicative sur la scène du Théâtre Michel. Quand la salve d’applaudissements finaux retentit, il est difficile de croire qu’il puisse revenir à la vie réelle en un instant sans passer par un long moment d’atterrissage. De quoi donner envie de repenser à une pièce qui bouscule, à découvrir avant le 6 mai prochain!

Dates : Du 29/03/2017 au 06/05/2017, les mardis et mercredis à 19h
Lieu : Théâtre Michel (Paris)
Metteur en scène : Slimane Kacioui
Avec : Florent Aumaitre

Les Indésirables, très beaux portraits de femmes emprisonnées (Flammarion)

Diane Ducret
Diane Ducret

Les Indésirables, très beaux portraits de femmes emprisonnées (Flammarion)

Diane Ducret, comme toujours, s’intéresse aux femmes dans son dernier livre : Les Indésirables ! Des femmes hors-normes. Publik’Art avait déjà été passionné par son livre Femmes de dictateurs (Editeur Perrin). Cette fois-ci, Diane Ducret nous dresse des portraits de femmes emprisonnées, en mai 1940, dans des camps français.

L’histoire méconnue de ces femmes

Si Diane Ducret dit bien que ce n’est pas une histoire vraie, elle écrit que son livre est inspiré de plusieurs histoires qui ont eu vraiment lieu. Il est tout à fait vrai qu’en mai 40, l’Etat français a fait interner toutes les femmes étrangères qui s’étaient exilées en France, de peur du danger éventuel qu’elles représentaient. Des juives, des allemandes, des polonaises… Toutes les femmes qui avaient fui le nazisme, qui étaient célibataires, sans enfants, ont été regroupées, par la police française, au Vélodrome d’hiver avant d’être emprisonnées au camp de Gurs, dans les Pyrénées. Environ cinq mille femmes internées. Ce sont elles les Indésirables, celles qui ont eu le courage de fuir Hitler et de venir se réfugier en France.

Au milieu de l’horreur, une amitié extraordinaire

Lise a trente ans, juive, sans enfant, fiancée à Louis. Et Eva, proche de la quarantaine, est allemande. Mais elle a fui l’Allemagne, sa famille et Hitler. Lise et Eva vont s’aider, dès les premières minutes au Veld’Hiv. Et depuis, leur amitié ne fera que croître malgré les conditions horribles de leur détention. Vivre, survivre et continuer à aimer malgré tout.

La lutte des femmes

Lise et Eva, et toutes les femmes du baraquement 25, vont lutter pour sauvegarder leur féminité. Elles sont nombreuses à ne pas vouloir se laisser-aller, à coûte que coûte rester vivante et rester « femme ». Que ce soit des intellectuelles, des bourgeoises, ou de simples femmes, la solidarité bat son plein ! Ensemble, elles combattent contre le froid, la peur, les bêtes, la saleté, la faim, la maladie, la mort. Dans le même camp, se trouvent des espagnols emprisonnés pour avoir osé combattre Franco. Ces hommes vont d’une certaine façon leur sauver la vie, ne serait-ce qu’en les admirant, qu’en les regardant, à travers les barbelés. Au milieu de nulle part, elles vont faire vivre leur Cabaret bleu !

Une page d’Histoire dévoilée

Diacre Ducret a toujours le don de nous faire partager ce qu’elle sait de notre Histoire. Elle écrit tellement bien que l’on pourrait penser qu’elle a elle-même vécu ces situations dans les moindres détails. On imagine l’immense travail de recherche qu’elle a dû accomplir. Qu’elle soit belle ou atroce, Diacre Ducret nous renvoie à la figure notre Histoire. Dans Les Indésirables, l’Histoire est laide, très laide. Et c’est l’Etat français qui est en cause. Pas uniquement Hitler. Et ce que l’auteur décrit fait froid dans le dos. Une page de l’Histoire que l’on ne connaissait pas…

« Le froid a pris tôt cette année, et même à l’intérieur de la baraque, les lèvres deviennent bleues. On compte cet hiver-là plus de morts à Gurs qu’à Buchenwald. » p.269

Ne pas oublier le passé, jamais. Et en connaître toujours davantage pour mieux appréhender le présent.  Ne pas oublier ces femmes qui ont lutté pour vivre, pour survivre, dans notre pays.

Les Indésirables est un livre à lire absolument. Merci à Diane Ducret de nous faire partager toutes ses connaissances et de nous les transmettre sous forme de roman qui se lit avec passion et qui nous marque à jamais.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Eva et Lisa, deux amies jugées indésirables, sont internées par l’Etat français dans un camp au beau milieu des Pyrénées. Recréant un cabaret, elles chantent et dansent l’amour et la liberté en allemand, en yiddish et en français. ©Electre 2016

Date de parution : le 1er mars 2017
Auteur : Diane Ducret
Editeur : Flammarion
Prix : 19,90 € (320 pages)
Acheter sur : Amazon

Les figures de l’ombre au prisme de l’histoire

Les figures de l'ombre
Les figures de l’ombre, film de Theodore Melfi, Copyright 2016 Twentieth Century Fox

Les figures de l’ombre au prisme de l’histoire

Mieux valait tard que jamais! Toujours à l’affiche dans de nombreux cinémas hexagonaux depuis sa sortie sur les écrans le 8 mars dernier, Les figures de l’ombre a connu un beau succès en salle avec plus de 500 000 entrées. Les retardataires ont toujours l’occasion de se rattraper pour découvrir l’histoire vraie de 3 scientifiques afro-américaines au rôle prépondérant dans l’envoi du premier américain dans l’espace. A une époque où la ségrégation traçait une ligne de démarcation indélébile entre noirs et blancs, les 3 génies des sciences ont vaincu les préjugés par la force de leurs caractères et de leurs neurones.

Une histoire vraie

Si Hollywood aime à adapter des histoires vraies pour mettre en lumière des destins exceptionnels, les sciences ne sont pas forcément un domaine souvent mis en valeur. A tort semble-t-il à en juger par l’émotion qui se dégage des Figures de l’ombre. L’étoffe des héros révèle les arcanes de la conquête spatiale du point de vue américain et Un homme d’exception se concentre sur le destin tortueux du mathématicien John Nash atteint de schizophrénie, mais peu de films se focalisent généralement sur les sciences. Les figures de l’ombre tente le pari en y adjoignant une dimension sociale. En présentant le destin de 3 femmes noires scientifiques confrontées aux multiples barrières d’une Amérique ségrégationniste et rétrograde dans les années 60, le film montre leurs forces de caractère pour s’imposer au milieu de scientifiques très majoritairement hommes et blancs. Au sein d’un projet collectif visant à réaliser l’impossible, à savoir mettre un homme sur orbite et le faire revenir sans encombres, elles y trouvent une place que la société leur refuse. Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monae interprètent ces 3 têtes brulées décidées à s’imposer par l’exemple. Parce qu’elles sont aussi douées (voire plus) que beaucoup de leur homologues, elles parviennent à gagner leur place à la NASA.

Du cinéma classique et attachant

Chacune d’elles a ses traits de caractère bien particuliers et parvient à briser les préjugés. Avec la même ressemblance dans cette manière de clouer le bec de leurs interlocuteurs grâce à leurs capacités intellectuelles et le recours à la logique la plus simple. Le réalisateur Théodore Melfi met en exergue avec un didactisme éloquent l’évolution des regards sur celles qui vont contribuer à l’envoi de John Glenn autour de la terre. Bien que formellement assez classique et linéaire, le film monte crescendo tant dans l’intensité que dans l’émotion. Les actrices n’y sont pas pour rien, avec en primes des rôles secondaires tenus par des Kevin Costner, Kirsten Dunst et Mahershala Ali qui ne dépareillent pas. Bien que d’une durée légèrement trop longue (plus de 2 heures!), Les figures de l’ombre entraine l’adhésion d’une salle qui a applaudi le film avec un bel enthousiasme. Surtout que les photos des 3 personnages réels apparaissent à la fin du film pour bien insister sur l’authenticité d’une histoire qui valait bien une adaptation cinématographique! Surtout que les péripéties de l’astronaute sont suivies par une population américaine toute entière vissée devant la télévision, pour un projet collectif qui se révèle par delà les distinctions de genres ou de couleurs.

Les figures de l’ombre révèle des destins hors du commun dans un traitement sobre et truculent à la fois. Difficile de rester de marbre sur des parcours qui ont contribué à faire évoluer la place tant des femmes que des noirs dans les sociétés occidentales!

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Les figures de l'ombre
Les figures de l’ombre

Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn.
Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.

Sortie : le 8 mars 2017
Durée : 2h06
Réalisateur : Theodore Melfi
Avec : Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe
Genre : Drame, Biopic

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

De plus belle, une Foresti grave à l’écran

De plus belle F.Foresti
De plus belle F.Foresti © StudioCanal

De plus belle, une Foresti grave à l’écran

Anne-Gaëlle Daval réalise un film sur la femme avec De plus belle. Florence Foresti porte le film sur ses épaules, un film de femme écrit pour les femmes.

Aucune originalité du scénario

Si le scénario ne révèle aucune surprise, il est tout à fait probable. L’histoire est simple. Lucie se pensait guérie d’un cancer du sein. Quoiqu’elle n’ait toujours pas de cheveux, Lucie se sent en forme. Il lui manque juste un mec. Et voilà, que comme par magie, le beau Clovis (Mathieu Kassovitz) s’intéresse à elle. Sans trop savoir pourquoi, il persiste alors que Lucie ne lui laisse aucune chance. Bref, on n’y croit pas du tout à leur histoire…

Un espoir de bien-être pour toutes

L’intérêt du film réside, sans aucun doute, aux leçons de danse de Dalila, interprétée magistralement par Nicole Garcia. Elle redonne l’estime de soi, la confiance en soi aux femmes abîmées par la maladie. De très beaux moments de femmes !

Anne-Gaëlle Daval n’a pas choisi la facilité avec ce thème de cancer du sein. Si Florence Foresti joue merveilleusement bien, on la préfère quand même comme humoriste. La voir triste et malade ne nous plait pas vraiment…
De plus belle, un film émouvant, certes, mais que ne nous marquera pas vraiment. Dommage !

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Lucie est guérie, sa maladie est presque un lointain souvenir. Sa famille la pousse à aller de l’avant, vivre, voir du monde…
C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Clovis, charmant… charmeur… et terriblement arrogant. Intrigué par sa franchise et sa répartie, Clovis va tout faire pour séduire Lucie, qui n’a pourtant aucune envie de se laisser faire.
Au contact de Dalila, prof de danse haute en couleur, Lucie va réapprendre à aimer, à s’aimer, pour devenir enfin la femme qu’elle n’a jamais su être. Pour sa mère, pour sa fille, pour Clovis…

Sortie : le 8 mars 2017
Durée : 1h38
Réalisateur : Anne-Gaëlle Daval
Avec : Florence Foresti, Mathieu Kassovitz, Nicole Garcia
Genre : Comédie Dramatique

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Moi, Daniel Blake de Ken Loach, Palme d’Or 2016, sort en DVD

©Le Pacte

Moi, Daniel Blake de Ken Loach, Palme d’Or 2016, sort en DVD

Le destin du dénommé Daniel Blake vaut bien plus que cette réputation de n’être qu’une Palme d’Or surprise. Il nous avait promis de tout arrêter après le très réussi Jimmy’s Hall, énième coup de caméra sur l’histoire récente de sa Grande-Bretagne à travers l’activisme irlandais, Ken Loach nous revient pourtant plus clairvoyant que jamais. Ce retour à la réalisation, il le doit au retour des Conservateurs à la tête de son pays. Pourfendeur des petites frappes et des « sans-dents » tout au long de sa filmographie, ce nouveau long métrage est un modèle de satyre sociale contemporaine. Loach n’aura pas volé sa deuxième Palme d’Or avec cette photographie sans concession de l’Angleterre d’aujourd’hui.

Comment ne pas être touché et remué au plus profond de soit face au destin de ce quasi-sexagénaire privé de tous ses doigts face à l’incompétence généralisée de l’administration. Comme souvent avec le duo Ken Loach – Paul Laverty, son scénariste attitré, tout se joue dans ces détails d’un quotidien apparemment banal avant que la spirale infernale de la précarité grignote le reste. Dès les premières minutes et ce coup de fil en voix off, tout est mis en place et le restera de manière implacable. Et ce malgré le côté complètement ubuesque de la situation. Daniel Blake fait face à un mur administratif sans nom précis, mais aux multiples visages prêtant le renoncement. Face à ce tourbillon implacable, Loach parsème son chemin d’espoir, de liberté et d’humour. Mais, aussi et surtout, de dignité comme souvent.

Nous sommes tous Daniel Blake

La dignité et l’entraide sont les deux leitmotiv principaux du cinéma de Loach, encore plus ici. On les retrouve dans la rencontre entre Daniel et Katie, jeune mère de famille à la situation encore plus précaire. Les ravages de la crise sont partout dans Moi, Daniel Blake, et Ken Loach pointe régulièrement du doigt avec subtilité le cannibalisme du capitalisme financier, faisant peser le poids de la dette sur les plus vulnérables. Pour l’illustrer, le cinéaste n’y va pas par quatre chemins en multipliant les scènes et répliques chocs, sans pour autant tomber dans la revendication politique ou autre.

Les acteurs quasi-inconnus, Dave Johns et Hayley Squires, livrent une partition très juste sans jouer la carte lacrymale qui serait presque trop évidente. L’incrédulité, la résilience et la bonne humeur qu’ils partagent tout du long est très communicative, vu

©Le Pacte

l’universalité des thèmes abordés. Loach fait de chacun d’entre nous un Daniel Blake en puissance. Et c’est  sans doute pour cela que George Miller et son jury lui a offert cette Palme d’Or.

En bonus : 

Deux bonus qui valent leur pesant de cacahuètes avec notamment deux scènes coupées assez caustiques dont on devine qu’elles ont dû être jugées trop légère pour le rythme du film. Le supplément le plus intéressant est évidemment la quasi-demi heure que nous accorde Ken Loach himself pour décrypter son film. Une interview précieuse du double Palmé cannois où il se permet même l’audace de poursuivre le message à charge de son film contre le système économique actuel.

Publik’Art avait déjà chroniqué ce film au moment de sa sortie sur nos écrans : cliquer ici.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Daniel Blake vient de subir une attaque cardiaque assez sévère qui l’empêche de reprendre le travail. Catastrophe supplémentaire, sa pension d’invalidité lui est anormalement refusée. La vie de ce quinquagénaire bascule alors dans un non-sens coincé entre absurdité administrative, fossé économique et injustice sociale. Tant bien que mal, Daniel continue son petit bonhomme de chemin dans la dure vie londonienne. 

Sortie DVD : le 1er mars 2017
Durée : 01h41
Réalisateur : Ken Loach
Avec : Dave Johns, Hayley Squires, Brianna Shann, Dylan McKiernan
Genre : Comédie dramatique
Prix : 19,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

A LIRE