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Extases Tome 1 (Casterman), des confessions intimes interdites aux moins de 18 ans

Extases
Extases, BD de Jean-Louis Tripp, Castermansterman

Extases Tome 1 (Casterman), des confessions intimes interdites aux moins de 18 ans

Jean-Louis Tripp se raconte sous un angle profondément intime dans une BD à ne pas mettre entre toutes les mains. Le co-auteur du fameux Magasin Général avec Régis Loisel retrace le cours de sa vie avec un focus sans fard ni trompettes sur sa vie sexuelle. Du petit garçon timide jusqu’à l’adulte aux pulsions constantes en passant par l’adolescent aux hormones en feu, c’est un témoignage sincère qui se dévoile sous les yeux du lecteur intrigué par tant de détails dans le dessin et le scénario. La confession accumule les scènes d’ébats, dans tous les sens, sans justifications ni contrition. L’impudeur est assumée et finalement assez réjouissante. L’auteur accompagne ses souvenirs de commentaires personnels pour prendre régulièrement un peu de hauteur. Avec tout de même le constat que la BD parle surtout et avant tout de sexe, il ne faut pas le nier! Une BD pour public averti, donc!

Un biopic classé X

Extases annonce la couleur dès le titre. La jouissance sexuelle est un fil rouge qui serpente tout au long de l’existence de Jean-Louis Tripp. L’auteur se raconte en permanence et décrit un parcours sexuel fait de découvertes intenses et répétées, avec un regard tendre sur ce qu’il a été et ce qu’il est devenu. Si la description des expériences  tient une part prépondérante avec une profusion de détails plus intimes les uns que les autres, l’auteur confronte en permanence les idées qui passent dans son petit esprit et le rapport à l’autre. Les tabous sociétaux, la morale judéo-chrétienne, l’envie de découverte et le rapport à l’intégrité de l’autre sont des thématiques charnières qui élèvent souvent le débat au delà des simples parties de jambes en l’air. Avec le constat que l’auteur n’est ni un succube ni un prédateur sexuel, seulement quelqu’un qui assume parfaitement sa sexualité jusqu’à n’avoir aucun problème à l’exposer au grand jour. En espérant que les autres personnages racontés dans la bande dessinée aient bien été consultés avant d’être détaillés si complètement au fil des pages. Car le dessin colle si parfaitement au scénario que rien n’est jamais caché. Ni organes génitaux, ni expériences habituellement couvertes par un quelconque tabou social. Le coït ne connait pas de limites pour un personnage qui se décrit lui-même comme un grand romantique. Car Jean-Louis Tripp accompagne ses descriptions de commentaires sur ses sentiments, sa psychologie, les dangers de la jalousie et ses émotions. Loin d’être simplement un manuel de kamasutra pour les nuls, Extases met en abime son personnage pour mieux le cerner. Avec un doute tout de même sur sa parfaite objectivité…

Un parcours de vie sous un angle très explicite

Le petit Jean-Louis est élevé dans une famille aimante et communiste avant de faire ses études et de s’orienter vers le dessin en rentrant chez Metal Hurlant. Voilà pour le contexte général. La question existentielle est réduite à sa portion congrue avec un regard surtout anthropologique sur la question sexuelle. Une société qui cache sous le tapis toutes les possibilités que décrit ici l’auteur condamnera certainement cet étalage d’anecdotes intimes. Pourtant, les lecteurs masculins ne pourront s’empêcher de repenser à leurs propres expériences pour constater que la question du sexe est universelle, simplement naturelle et obnubile très souvent le tout à chacun. Les limites conscientes et inconscientes sont personnelles et l’important reste avant tout de respecter l’autre. Les détails des dessins sont toujours explicites et les commentaires souvent éclairants. Si un sentiment de trop plein peut apparaitre au bout de 272 pages qui tournent quasi exclusivement autour du phallus de l’auteur, il n’empêche pas de penser que loin d’être simplement impudique, cette BD tente surtout d’offrir un angle de vue sur notre société. Il n’est pas interdit de penser non plus que l’auteur en fait parfois un peu trop, il est possible aussi de penser que la lecture est souvent tout aussi truculente que chatoyante.

Une BD très explicite à ne pas mettre entre toutes les mains, avec un contenu intelligemment présenté comme un témoignage personnel sur une vision de la sexualité. Non pas forcément universelle, mais aussi ludique et philosophique.

 

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Et si le dernier continent à explorer était celui de l’intime ? 
Les relations amoureuses, les pratiques sexuelles, les émotions, les sensations, les sentiments, comme autant de territoires à arpenter à cartographier…
C’est le parti pris d’Extases, la série autobiographique de Jean-Louis Tripp. Du petit détail trivial au sublime, du physiologique au métaphysique, de la jalousie qui consume à l’échangisme joyeux, toutes les facettes qui façonnent la sexualité sont évoquées.

Date de parution : 6 Septembre 2017
Scénariste(s) : Jean-Louis Tripp
Dessinateur(s) : Jean-Louis Tripp
Genre : Biopics, Erotique

Editeur : Casterman
Prix : 22 € (272 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

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Les Particules élémentaires ou la fusion réussie entre Houellebecq et Gosselin

les-particules-elementaires_7_credits-simon-gosselin-1024x682© Simon Gosselin

Odéon-Théâtre de l’Europe du 12 septembre au 1 octobre 2017

Julien Gosselin revient avec son adaptation enivrante des particules élémentaires de Michel Houellebecq qui fut la révélation du Festival d’Avignon en 2013. Son inspiration et sa maîtrise du plateau (vidéo en direct, musique live, lumières, adresse face public) se font le prolongement composite et sensible d’une écriture passant du poétique à l’ironie, du social au philosophique, du désenchantement à l’utopie. Une traversée aussi saisissante que poignante.

Une vaste pelouse rectangulaire est livrée aux riffs de la musique électro-rock comme au siège des 10 comédiens (tous excellents) où dans un élan de corps et de mots, ils sont à la fois narrateurs, personnages, musiciens, commentateurs d’une prose aussi crépusculaire que clairvoyante pour décrypter sur près de 50 ans la désintégration sulfureuse du modèle occidental.

« Cette pièce est avant tout l’histoire d’un homme, qui vécut la plus grande partie de sa vie en Europe occidentale, durant la seconde moitié du XXe siècle. Généralement seul, il fut cependant, de loin en loin, en relation avec d’autres hommes. Il vécut en des temps malheureux et troublés. Le pays qui lui avait donné naissance basculait lentement, mais inéluctablement, dans la zone économique des pays moyen-pauvres ; fréquemment guettés par la misère, les hommes de sa génération passèrent en outre leur vie dans la solitude et l’amertume. Les sentiments d’amour, de tendresse et de fraternité humaine avaient dans une large mesure disparu ; dans leurs rapports mutuels ses contemporains faisaient le plus souvent preuve d’indifférence, voire de cruauté« .

Publié en 1998, le roman raconte le destin croisé de deux demi-frères, nés de parents soixante-huitards irresponsables, que tout oppose à l’exception d’une grande misère affective.

Deux anti-héros donc qui s’apparentent aux deux versants de l’ultra moderne solitude.

les-particules-elementaires_2_credits-simon-gosselin-1024x682En physique, chaque particule élémentaire se double d’une antiparticule identique. À Bruno, professeur de français au lycée, solitaire, désabusé et obsédé sexuel, correspond son demi-frère Michel. Un savant réservé, d’un implacable déterminisme, qui, en réponse à la vaine quête de plaisir de son frère et de notre monde, cherche à faire de l’humanité à travers ses recherches moléculaires une espèce immortelle, reproductible par clonage.

les-particules-elementaires_1_credits-simon-gosselin-1024x682Le tout prend la forme d’une grande épopée – souvent drôle, toujours passionnante – désenchantée et mélancolique sur fond de questionnement dévastateur de l’héritage de mai 68 et de ses idées libertaires.

Elle interroge aussi avec force à travers différents modes de temporalité et de narration, la tyrannie de l’individualisme, du jeunisme et de la violence d’un système hyper productiviste qui aboutissent à la dégénérescence d’une civilisation. Âmes solitaires errant dans un vide existentiel et qui s’inventent une fausse liberté où à l’instar de particules élémentaires, elles interagissent entre-elles sans jamais pouvoir se relier.

Une vaste pelouse rectangulaire est livrée aux riffs de la musique électro-rock comme au siège des 10 comédiens (tous excellents) où dans un élan de corps et de mots, ils sont à la fois narrateurs, personnages, musiciens, commentateurs d’une prose aussi crépusculaire que clairvoyante pour décrypter sur près de 50 ans la désintégration sulfureuse du modèle occidental.

Un constat toutefois non dénué d’espoir car le spectacle est dédié à l’homme dont la condition demeure profondément dérisoire, immanquablement pathétique mais sensiblement humaine.

Exposition Le Jardin Secret des Hansen / la collection Ordrupgaard au Musée Jacquemart André

Le Jardin Secret des Hansen
Le Jardin Secret des Hansen, Musée Jacquemart André

Exposition Le Jardin Secret des Hansen / la collection Ordrupgaard au Musée Jacquemart André

Pour la première fois, les plus belles pièces de la collection Ordrupgaard sont réunies à Paris dans une exposition dense et flamboyante visible au Musée Jacquemart André jusqu’au 22 janvier 2018. Des oeuvres représentatives de l’impressionnisme et du post-impressionnisme de la seconde moitié du XIXe siècle sont agencées dans un parcours qui accumule les pièces rares. Entre Monet, Pissarro, Degas, Cézanne et Gauguin, les admirateurs des impressionnistes ne pourront qu’être comblés face au spectacle offert par l’exposition Le Jardin Secret des Hansen.

Une collection rare

Riche responsable d’une fructueuse compagnie d’assurances dans le Danemark de la fin du XIXe siècle, Wilhelm Hansen s’est passionné très tôt pour l’art en général et l’art français en particulier. Il se fixa comme défi d’acquérir exactement 12 oeuvres par peintre pour un panorama complet de leur art. Associé avec d’autres entrepreneurs, il parvint à échafauder une collection unique qu’il installa dans le manoir d’Ordrupgaard légué depuis à l’état danois. L’exposition actuelle au Musée Jacquemart André surprend par la très grande qualité des oeuvres réunies. La première salle fait la part belle à Corot et Monet. Le second désigna le premier comme le seul maitre, comme preuve de l’influence majeur de son art sur toute l’école impressionniste. Les paysages se dévoilent, avec par exemple le Pont de Waterloo peint par Monet et le Moulin à Vent par Corot. La deuxième salle de l’exposition révèle des Pissarro de toute beauté, avec ces petites touches de peinture créant une ambiance ensoleillée étourdissante de beauté.

Un choix de peintures qui force le respect

La troisième salle confirme l’art du collectionneur pour dénicher les oeuvres les plus emblématiques des périodes impressionniste et post-impressionniste. Manet, Redon, Gauguin et Matisse sont réunis dans une même salle pour une sensation onirique immédiate sur le visiteur. Voir ces 4 peintre réunis donne le vertige. Et ce n’est pas fini. Degas, Courbet, Renoir et Cézanne occupent les autres salles jusqu’au choc final Gauguin. Toutes les toiles sont disponibles pour des photos souvenirs, sauf celle de Matisse pas encore libre de droit. Les admirateurs les plus férus d’impressionnisme pourront se faire une belle collection de clichés souvenirs grâce à un parcours que beaucoup connaissent déjà dans le dédale des salles du Musée jacquemart André. Le constat est évident, le couple Hansen avait beaucoup de gout et d’argent pour parvenir à réunir tant d’oeuvres magistrales. Les commentaires disséminés tout au long de l’exposition éclairent sur l’art de chacun des peintres, avec des citations qui interpellent et des anecdotes mémorables.

Une exposition Le Jardin Secret des Hansen à découvrir absolument au Musée Jacquemart André pour se confronter à des oeuvres moins visibles qu’habituellement dans l’écrin du musée parisien. L’impressionnisme est à l’honneur pour une étape décisive  franchie avec maestria dans l’histoire de l’art universel.

Dates : du 15 septembre 2017 au 22 janviers 2018
Lieu : Musée Jacquemart André (Paris)
Entrée : 13,5 €

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Le Jardin Secret des Hansen
Le Jardin Secret des Hansen

Le Jardin Secret des Hansen
Le Jardin Secret des Hansen

Le Jardin Secret des Hansen
Le Jardin Secret des Hansen

Le Jardin Secret des Hansen
Le Jardin Secret des Hansen

Max et la grande illusion, ou le vieil homme et l’enfant (Belfond)

Emanuel Bergmann
Emanuel Bergmann © Philipp Rohner/Diogenes Verlag

Max et la grande illusion, le vieil homme et l’enfant (Belfond)

Emanuel Bergmann nous fait vivre deux histoires parallèles avec Max et la grande illusion, son premier roman qui est une vraie réussite. Deux personnages différents, deux siècles d’Histoire.

Deux époques bien différentes

D’une part celle de Mosche, fils de rabbin qui perd sa mère alors qu’il n’a que huit ans. Sa vie change de visage le jour où il assiste à un cirque. Il part à sa recherche pour retrouver la belle Julia, l’assistante de l’Homme demi-lune, au cœur du spectacle. Pour lui, une nouvelle vie s’annonce ! On est à Prague en 1934.
D’autre part, on découvre la vie de Max, 11 ans qui habite à Los Angeles. Ses parents viennent de divorcer et sa vie s’effondre. Par hasard, il tombe sur un disque du Grand Zabbatini, un magicien qui peut tout faire. Il part alors à sa recherche dans l’espoir d’avoir la formule magique qui réconciliera ses parents. Il ne supporte pas du tout leur séparation. On est à Los Angeles, en 2007.

Scénario original

Vu les dates et les endroits, aucune chance que les deux personnages principaux ne se rencontrent ! Et c’est là la richesse du roman ! Un auteur peut tout ! Et la vie du grand Zabbatini n’est pas aussi brillante qu’elle le fut un certain temps. Il est vieux, à la rue… Mais le hasard fait bien les choses et une nouvelle fois, une rencontre va transformer sa vie.
Si la première moitié du livre est légère, il n’en est rien de la suite. La vie de Moshe Goldenhirsch va virer au cauchemar, arrêté par la gestapo, il va vivre l’enfer dans des camps de concentration. Emanuel Bergmann nous plonge dans les atrocités de la guerre. Une page d’Histoire qu’on ne doit jamais oublier.

Max et la grande illusion est un livre empli d’humanité, avec le récit de deux vies qui n’ont aucun point commun. L’amitié de l’enfant et du vieillard en est d’autant plus émouvante. Max croit aux pouvoirs magiques du magicien. C’est le charme de l’enfance qui est à l’honneur ! Un vrai régal ! Même si ce n’est qu’un roman, Emanuel Bergmann aborde des thèmes fondamentaux de la vie, comme l’amour, la vieillesse, la mort, un peu comme dans un conte, sur un réel fond historique bouleversant.
Max et la grande illusion un très beau livre de cette rentrée littéraire qui ne peut pas vous laisser indifférent !

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Max et la grande illusion Audacieux et original, un premier roman qui nous entraîne dans un voyage rocambolesque, du Prague des années trente au Los Angeles de nos jours. Histoire d’une amitié improbable entre un enfant aux rêves plein la tête et un vieil homme perdu, une oeuvre lumineuse, pleine d’émotion, de drôlerie et d’une irrésistible tendresse.
Avant d’être un vieillard cynique et désabusé, Mosche, fils du rabbin Goldenhirsch, était le Grand Zabbatini, un illusionniste de génie. Ah, ça, il fallait le voir envoûter les foules sur les plus prestigieuses scènes européennes ! Les grands de ce monde comme les petites gens, tous, même le chancelier Hitler, se pressaient à ses spectacles.
Et puis il y eut la guerre, les camps, la honte, la fuite, l’oubli. Et Mosche coule désormais des jours mornes dans une maison de retraite miteuse à Los Angeles.

Ce qu’il ignore, c’est que quelqu’un le cherche.

Depuis que ses parents lui ont annoncé leur intention de divorcer, Max, dix ans, a le coeur brisé. L’espoir renaît le jour où il tombe sur un vieux vinyle. Sur la pochette, un drôle de personnage et un titre intrigant, Le Sortilège de l’amour éternel. La voilà, la solution ! S’il parvient à reproduire le tour, ses parents se réconcilieront. Max n’a bientôt plus qu’une idée en tête : retrouver ce magicien, le Grand Zabbatini…

Date de parution : le 7 septembre 2017
Auteur : Emanuel Bergmann
Editeur : Belfond
Prix : 22,50 € (352 pages)
Acheter sur : Amazon

Une riche exposition Monet collectionneur au Musée Marmottan Monet

Monet collectionneur
Monet collectionneur, Musée Marmottan Monet

Une riche exposition Monet collectionneur au Musée Marmottan Monet

Le Musée Marmottan Monet réunit pour la première fois la collection privée d’oeuvres réunies par l’illustre peintre au cours de sa riche carrière. Car si les visiteurs peuvent déjà contempler certaines oeuvres dans sa demeure de Giverny, la liste exacte a été perdue depuis déjà longtemps. Un travail acharné a permis de reconstituer une collection à la richesse incroyable. Manet, Renoir, Cézanne, Pissarro, Morisot, Rodin, ce sont des oeuvres de contemporains eux aussi illustres qui ont été reçues en cadeau ou acquises par un Monet sûr de ses choix.

 

Une collection totalement inédite

C’est à un véritable tour de force que s’est livré le Musée Marmottan Monet. La piste de la collection privée de Claude Monet avait en effet été perdue suite à un malheureux incendie en 1940 qui avait réduit en cendres l’inventaire exact des oeuvres réunies par le peintre. Mais un recoupement minutieux d’informations a abouti à cette exposition qui fait revivre Claude Monet à travers sa collection privée, celle qu’il conservait jalousement à l’abri des regards pour une découverte fastueuse en 2017. Le parcours de l’exposition accumule les surprises grâce aux dons des musées internationaux et de prestigieuses collections particulières. Ce sont d’abord des portraits d’un peintre de 25 ans qui montrent un Claude Monet glabre à l’épaisse toison capillaire. Il changera définitivement d’apparence en se faisant pousser une épaisse barbe si caractéristique avec des cheveux coupés courts. Une oeuvre inachevée de Manet illustre les relations compliquées entre les 2 peintres avec le visage de Monet réduit à l’état de spectre. Puis le parcours de l’exposition s’attache à montrer les rapports particuliers entre Monet et ses contemporains. Car Claude Monet a côtoyé aussi bien Auguste Renoir que Berthe Morisot, il a même fait un prêt à Camille Pissarro pour l’achat de sa maison d’Eragny.

Une visite soue le signe de la surprise

Les dons d’oeuvres ont vite laissé place à des achats considérables tandis que la fortune de Claude Monet croissait exponentiellement. Devenu un incontournable de l’école impressionniste jusqu’à en devenir l’illustre étendard, il put mandater ses amis collectionneurs, au premier chef Paul Durand-Ruel, pour sillonner les salles des ventes et se livrer à des acquisitions onéreuses. La Baigneuse assise d’Auguste Renoir, les Paysannes plantant des rames de Camille Pissarro ou une nature morte de Paul Cézanne montrent bien le gout du peintre pour l’art de ses contemporains. Cette reconnaissance mutuelle laisse songeur a posteriori tant les noms de tous ces artistes se sont inscrit depuis dans le patrimoine de l’art universel. La visite doit se faire lentement pour admirer le mieux possible des oeuvres réunies ensemble pour la première fois depuis bien longtemps.

Le Musée Marmottan Monet débute ce jeudi 14 septembre l’exposition Monet collectionneur et se tiendra jusqu’au 14 janvier 2018. L’occasion d’aller redécouvrir cette école impressionniste qui a marqué de son empreinte l’histoire de l’art jusqu’à l’avènement des révolutions du XXe siècle.

Dates : du 14 septembre 2017 au 14 janvier 2018
Lieu : Musée Marmottan Monet (Paris)
Entrée : 11 €

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Monet collectionneur
Monet collectionneur

Monet collectionneur
Monet collectionneur

Monet collectionneur
Monet collectionneur

Monet collectionneur

De la science fiction pop allégorique avec Epiphania (Casterman)

Epiphania
Epiphania, BD de Ludovic Debeurme, Casterman

De la science fiction pop allégorique avec Epiphania (Casterman)

Casterman publie Epiphania, une BD de science fiction aux puissants accents métaphoriques. L’apparition d’êtres humains d’un nouveau genre fait ressortir le meilleur et le pire de l’homme dans une intrigue qui met dos à dos humanité et chimères bientôt pourchassées par les plus intégristes. A l’exemple des la série cinématographiques X-Men, les mixbodies mélangent caractéristiques humaines et spécificité animales voire mythologiques avec des capacités physiques bien supérieures à la normale. Ludovic Debeurme réalise le dessin et le scénario d’une bande dessinées à l’esthétique très pop destinée à évoluer sur 3 tomes pour imaginer la possibilité d’une cohabitation.

Une mise en abime de notre société actuelle

Epiphania débute sur une grave crise de couple entre David Novera et son amie qui se posent des questions sur la pérennité de leur binôme, sans parler de la pertinence d’avoir des enfants. A la faveur d’un Love training camp, ils envisagent d’aborder les questions qui fâchent avec d’autres couples comme eux à la croisée des chemins, sous l’égide d’un psychanalyste expert. Mais la tragédie pointe très vite quand l’île est submergée par l’océan et les participants décimés. La BD quitte alors le simple contexte réaliste d’un David seul survivant devant continué à vivre pour insérer une bonne dose de science fiction. Car au même moment sortent de terre de petits êtres à l’origine inconnue et à l’apparence humaine, mais pas que. Tels des petits champignons issus du centre de la terre, ils poussent et revêtent des signes distinctifs bien particuliers. Ce point de départ très original laisse imaginer une bande dessinée qui pourrait partir dans tous les sens. Ludovic Debeurme choisit d’abord de développer une intrigue au plus proche de la réalité, avec la question de l’insertion de ces êtres différents dans une société un peu effrayée par leur existence. Le héros David lui-même va pouvoir laisser libre cours à son instinct paternel en prenant sous son aile ce qui ressemble à un Faune qu’il va dénommer Kojika.

Une BD qui interroge sur nous-même

La fête chrétienne de l’épiphanie est censée célébrer la venue du messie qui reçoit la visite et l’hommage des rois mages. Ce même messie qui est finalement crucifié. La métaphore n’est pas loin dans le choix du titre de la série, ce que confirme la couverture du premier album aux forts accents théologiques. Ludovic Debeurme n’y va pas par 4 chemins pour imaginer une humanité confrontée à ses démons. Xénophobie, chasse aux sorcières et choc des civilisations apparaissent en filigrane dans une BD qui interpelle et interroge sur nous-mêmes. A l’heure où un président américain clivant excite les divergences dans un contexte mondial tendu, Epiphania tente le pari de la symbolique lourde de sens. A contrario, le héros David ressemble à monsieur tout le monde malgré son look un peu baba et son métier de guitariste rock. Les questions qu’il se pose renvoient à nous mêmes avec une quête de sens qui l’anime tout du long. Et quand le petit Koji devient grand, l’accentuation de ses caractéristiques physiques exacerbe les tensions avec ses semblables.

Une série qui débute fort avec une mise en route qui multiplie les questions ouvertes. D’où viennent ces êtres issus de la terre? Comment pourront-ils cohabiter avec l’humanité? Vivement le second tome prévu en janvier 2018!

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Une fiction haletante, basée sur les grandes problématiques sociétales actuelles. La Terre, menacée par l’espèce humaine, a créé son armée : les « Epiphanians .

Date de parution : Septembre 2017
Scénariste(s) : Ludovic Debeurme
Dessinateur(s) : Ludovic Debeurme
Genre : Anticipation, Science Fiction

Editeur : Casterman
Prix : 22 € (120 pages)
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Epiphania
Epiphania

Epiphania
Epiphania

Epiphania
Epiphania

Epiphania
Epiphania

Les Linh Tho, immigrés de force, Mémoires de Viet Kieu (éditions La Boîte à Bulles)

Les Linh Tho, immigrés de force, Mémoires de Viet Kieu
Les Linh Tho, immigrés de force, Mémoires de Viet Kieu, BD de Clément Baloup et Pierre Daum, Editions La Boîte à Bulles

Les Linh Tho, immigrés de force, Mémoires de Viet Kieu (éditions La Boîte à Bulles)

La Boîte à Bulles publie une BD enquête surprenante sur ces milliers d’indochinois immigrés de force en France entre 1939 et le début des années 40. En 2004, le journaliste Pierre Daum découvre par hasard une histoire complètement oubliée de ses contemporains et mène l’enquête pour connaitre l’ampleur de ce scandale colonialiste. La bande dessinée Immigrés de force rend compte grâce au dessin si caractéristique de Clément Baloup des témoignages minutieusement recueillis dans 56 pages qui démontrent une fois de plus la capacité d’oubli des êtres humains quand la vérité est trop dérangeante pour être entretenue et propagée.

Une histoire inconnue

Le point de départ de l’enquête de Pierre Daum est totalement fortuit. Parti couvrir le conflit provoqué par la fermeture imminente de l’usine Lustucru d’Arles, son regard est subrepticement attiré par une photographie montrant ce qui ressemble à un asiatique en train de recueillir du riz dans une rizière de Camargue. Posée sur Musée du riz, la photo l’interpelle. De fil en aiguille, c’est tout un pan oublié de l’histoire qui se fait jour. Et pour corroborer ses doutes, il a besoin de témoins, de moins en moins nombreux compte tenu du temps qui passe. Un premier témoignage lève le voile sur une vérité cachée depuis plus de 60 ans. La France colonialiste occupante de l’Indochine devenue depuis le Vietnam a volontairement organisé la déportation forcée de plus de 20 000 vietnamiens pour approvisionner les usines françaises en main d’oeuvre servile et gratuite. Déportés de force, arrachés à leur famille et exilés loin de leur pays, ces pauvres hères ont du s’échiner dans des emplois manuels harassants et, pour beaucoup, refaire leur vie dans un pays inconnu à tendance raciste. Clément Baloup a mis en bulles l’histoire dénichée par le journaliste pour un nouveau tome des Mémoire du Viet Kieu qui subjugue tout du long.

La mémoire oubliée

Pierre Daum remarque bien vite que les témoignages recueillis entre France et Vietnam émergent d’un long oubli volontaire, les victimes de la déportation préférant souvent passer sous silence cette période ingrate de leur vie. La démarche de Pierre Daum a permis d’exhumer une mémoire oubliée tout en pointant du doigt les contradictions du pays des droits de l’homme. Car la France elle-même a préféré taire cet aspect peu reluisant de son histoire colonialiste tandis que les descendants d’exploitants agricoles ou industriels ne tiennent pas à voir leurs ancêtres taxés d’esclavagistes. La démarche exploitante n’est pas nouvelle, il est même à considérer qu’elle doit exister un peu partout dans le monde de nos jours. Mais là où les exploités acceptent souvent des conditions de travail iniques contre des salaires de misères, les indochinois déportés avaient été, pour leur très grade majorité, enlevés manu militari par la puissance occupante. Les surprises s’accumulent pages après pages et donnent à la bande dessinée des accents de pénitence à un pays qui a commis ce qui se rapproche de crimes passés sous silence.

Le récit de Clément Baloup et Pierre Daum se dévore avec un impact immédiat sur le lecteur. L’adage dit que ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire; Après la défaite de Dien Bien Phu en 1954, c’est à une amnésie collective que s’est astreinte la France. Cette bande dessinée contribue à rétablir une vérité oubliée pour retrouver la mémoire.

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Mars 2004, Camargue. Alors qu’il couvre le conflit provoqué par la fermeture annoncée de l’usine Lustucru d’Arles, Pierre Daum, journaliste, découvre que cette usine ne fabrique pas seulement des pâtes : elle conditionne également le riz cultivé par des producteurs locaux. Il décide alors de se renseigner sur les conséquences de cette fermeture pour ces petits producteurs. A l’occasion de ses recherches, il visite un Musée du riz où certaines photos l’interpellent : des Vietnamiens seraient venus planter du riz en Camargue pendant la Seconde Guerre Mondiale ? Pourquoi ce fait est-il si peu connu ? Il entame alors une enquête minutieuse pour retrouver des témoins de cette époque, susceptibles de lui en dire davantage. Il découvre que 20.000 travailleurs indochinois ont été forcés dans les années 1940 à venir travailler en métropole pour “participer à l’effort de guerre”… Une enquête prenante entre deux continents, qui s’attache à un pan volontairement oublié de l’Histoire. Un Hors Série émouvant et sensible des Mémoires de Viet-Kieu.

Date de parution : Septembre 2017
Scénariste(s) : Clément Baloup, Pierre Daum
Dessinateur(s) : Clément Baloup
Genre : Historique

Editeur : La Boîte à Bulles
Prix : 14 € (56 pages)
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Les Linh Tho, immigrés de force, Mémoires de Viet Kieu
Les Linh Tho, immigrés de force, Mémoires de Viet Kieu

Les Linh Tho, immigrés de force, Mémoires de Viet Kieu
Les Linh Tho, immigrés de force, Mémoires de Viet Kieu

Les Linh Tho, immigrés de force, Mémoires de Viet Kieu
Les Linh Tho, immigrés de force, Mémoires de Viet Kieu

Les Linh Tho, immigrés de force, Mémoires de Viet Kieu
Les Linh Tho, immigrés de force, Mémoires de Viet Kieu

Qui ne dit mot consent, un terrible huis-clos (Mercure de France)

Alma Brami
Alma Brami

Qui ne dit mot consent, un terrible huis-clos (Mercure de France)

Alma Brami nous livre son dernier roman, le septième, Qui ne dit mot consent. On pourrait croire que le titre est suffisamment explicite. Mais en fait, non ! On ne peut imaginer le terrible huis clos dans lequel nous plonge l’auteur.

Des mots qui font mal

Quand vous lisez la première phrase, vous ne comprenez pas vraiment tout ce qu’elle sous-entend : « Sabine aurait aimé que mon mari ne soit qu’à elle. »
Par l’analyse grammaticale de la phrase, vous savez que Sabine, le sujet, aime « mon mari », COD, qu’elle ne veut qu’à elle. Mais le problème est que le COD est un mari ! Donc, un homme marié ! Et qui parle ? La femme du fameux mari !
Bon, ça y est, vous avez compris ? Emilie est marié avec Bernard. Ils ont deux enfants. Sabine est une des maîtresses de Bernard. Car Bernard a plusieurs maîtresses, bien entendu. Et il les ramène toutes chez lui, c’est-à-dire, chez eux, dans leur maison à la campagne. En fait, il les présente toujours comme de « nouvelles amies » pour Maman ! Et Emilie ne dit rien à la grande exaspération de sa fille. Elle subit les extravagances de son mari qui lui assure n’aimer qu’elle. Emilie aime son mari, inconditionnellement. Et elle endure ses folies adultérines, sans rien dire, ou presque rien. De peur de le perdre complètement.

Histoire tout à fait probable

Il disparaît d’une heure à l’autre et quelquefois pendant plusieurs jours. « J’ai besoin de faire le point, de me recentrer » assure-t-il. p.68

« Après Elsa, je pensais que ce serait fini. Mais à chaque début d’hiver, j’avais droit au cérémonial de la bouteille jetée à la mer, et de la nouvelle amie pour Maman. » p.74

Le huis clos terrible qui se passe sous nos yeux nous plonge dans un abîme sans fonds. La plume d’Alma Brami est d’une finesse et en même temps d’une lourdeur qui nous met mal à l’aise. Ses nombreuses répétitions quant aux discours de Bernard et ses actes qui s’enchaînent de façon malsaine et inéluctable renforcent ce sentiment désagréable d’extrême perversion. Jusqu’où ira Emilie ? Cette question on se la pose davantage que jusqu’où ira Bernard ? Car à la limite, Bernard, le grand manipulateur, on préfèrerait l’oublier, qu’il n’existe pas. Et Emilie, on se met tellement à sa place. On voudrait tellement la sauver… On aimerait tellement qu’elle réagisse… On repense au titre terrible et si bien choisi : Qui ne dit mot consent.

« Mon mari me rapportait ses proies, comme un chat victorieux qui dépose aux pieds de son maître un oiseau, un lézard ou un mulot. » p.75

L’adultère est une chose mais ce que décrit Alma Brami est tout autre. Il faut lire ce roman pour plonger au cœur de la complexité de l’âme d’une femme amoureuse et en même temps au centre de violences conjugales que l’on espère peu communes. Un seul conseil : commencez ce livre en ayant du temps devant vous. Une fois commencé, vous ne pourrez plus le lâcher !
Qui ne dit mot consent : un véritable coup de cœur ! Un livre choc !

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Qui ne dit mot consent Émilie et Bernard vivent à la campagne avec leurs deux enfants. Pour quitter la ville, Bernard a parlé de qualité de vie, d’épanouissement et d’air pur ; Émilie a suivi docilement, abandonnant derrière elle parents et amis. Pour le confort de sa femme, Bernard a eu une idée brillante : il a recruté par petite annonce une amie pour Émilie ! Depuis, les « amies » se succèdent, auprès d’Émilie comme dans le lit de Bernard. Sabine, Elsa, Odile, Aurélie… toutes interchangeables, et renvoyées aussitôt que Bernard se lasse… et trouve refuge auprès de sa petite femme adorée ! Vue de l’extérieur, la situation peut sembler cocasse ; mais dans l’intimité, Émilie souffre et perd pied… Comment exprimer sa colère et retrouver sa dignité ?

Sur le ton tragi-comique qui caractérise son oeuvre, Alma Brami nous entraîne au coeur d’une famille bien étrange. Oscillant entre le réalisme et le conte, elle dresse le portrait émouvant d’une femme meurtrie pour qui le couple est devenu un piège.

Date de parution : le 24 août 2017
Auteur : Alma Brami
Editeur : Mercure de France
Prix : 16,80 € (168 pages)
Acheter sur : Amazon

Les Fantômes de Ermo, tome 1 (Editions La Boîte à Bulles), une BD qui se dévore

Les Fantômes de Ermo
Les Fantômes de lmormo, dessin et scénario de Bruno Loth, Editions La Boîte à Bulles

Les Fantômes de Ermo, tome 1 (Editions La Boîte à Bulles), une BD qui se dévore

Bruno Loth raconte la guerre d’Espagne en 1936 avec des personnages de fiction qui traversent la grande histoire et cotoient les figures marquantes de la lutte anarchiste contre les nationalistes de Franco. En dotant le jeune Ermo de pouvoirs fantastiques, l’auteur introduit un peu de magie dans le récit tragique d’un combat inégal entre l’utopie communiste et la froideur fasciste. Le dessin de Bruno Loth rappelle les premières oeuvres d’Enki Bilal et font écho aux précédentes bandes dessinées du dessinateur scénariste Mémoires d’un ouvrier et John Bost un précurseur, avec toujours ce ton humaniste et bienveillant si révélateur.

Un garçon pas comme les autres

Ermo est un orphelin qui rappellera à beaucoup le dessin animé Rémi sans famille. Débrouillard et futé, il jouit d’un pouvoir particulier qui le rend si spécial. En choisissant de suivre une caravane d’artistes, ils le mèneront au plus près de l’actualité de 1936 en Espagne. La lutte pour le pouvoir oppose anarchistes et nationalistes commence à faire rage et Ermo va rencontrer certaines des figures de la lutte dans un récit qui accumule les péripéties. Personnages héroïques et crapules se côtoient avec un manichéisme qui montre la très forte affinité du dessinateur scénariste avec l’humanisme exacerbé des idées anarchistes décrites dans le récit. Les 160 pages de la bande dessinée se suivent comme une aventure extraordinaire d’un enfant pris dans le torrent de l’histoire. Sa place perd peu à peu en importance pour laisser au premier plan le combat de ceux qui rêvaient à un monde meilleur mais que la dure réalité fasciste allaient vite rattraper. L’incursion de la magie donne des airs de conte à une histoire pourtant très proche de la réalité. Les traits du dessinateur marient détails, précisions et grotesque dans une sarabande de références.

Le récit des aventures d’Ermo se lit avidement que le volume est avalé très rapidement. Heureusement, un tome 2 est prévu et permettra de retrouver notre jeune héros au coeur de la tragédie espagnole.

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Orphelin des rues rêvant d’aventures et d’horizons lointains, Ermo rejoint, à l’été 1936, la troupe du magicien Sidi Oadin qui parcourt l’Espagne en roulotte. Le jeune garçon ne se doute pas que ce voyage s’avèrera plus mouvementé et dangereux que prévu car le pays bascule peu à peu dans la guerre civile. À peine arrivés dans une première ville en Andalousie, Ermo et ses compagnons se retrouvent confrontés à la montée en puissance du fascisme qui cherche à renverser le pouvoir en place. Il faudra à Ermo du courage, de l’inventivité et l’aide – effective ou fantasmée ? – de ses défunts parents pour tirer la troupe de ce mauvais pas. Malgré tout, l’Histoire s’est mise en marche avec ses sanglants dégâts collatéraux. Bien vite, le petit groupe rejoint les factions anarchistes et la colonne du célèbre Durruti pour défendre la cause du peuple espagnol. Ainsi, de Barcelone à Saragosse, hommes et femmes espagnols s’entraident et résistent tant bien que mal, tandis que le jeune Ermo tente de conserver son innocence… Un album qui offre un regard éclairé sur la Guerre Civile espagnole – en particulier sur le rôle joué par les anarchistes, et qui est aussi un récit initiatique universel, au discours profondément humaniste.

Date de parution : Août 2017
Scénariste(s) : Bruno Loth
Dessinateur(s) : Bruno Loth
Genre : Historique

Editeur : La Boîte à Bulles
Prix : 25 € (160 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Les Fantômes de Ermo
Les Fantômes de Ermo

Les Fantômes de Ermo
Les Fantômes de Ermo

Les Fantômes de Ermo
Les Fantômes de Ermo

Les Fantômes de Ermo
Les Fantômes de Ermo

[TEST] Écouteurs Bluetooth AUKEY

[vc_text_separator title= »LES ECOUTEURS BLUETOOTH AUKEY » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Le fabriquant de produits électroniques AUKEY nous l’a déjà démontré avec ses enceintes bluetooth, il sait proposer des produits de qualité lorsqu’il s’agit de son. Rentrée rimant avec transports en commun pour bon nombre d’entre nous, on s’est cette fois intéressé à leurs écouteurs et casques bluetooth.

[vc_text_separator title= »NOTRE AVIS SUR LES ECOUTEURS BLUETOOTH AUKEY » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Les plus :

Bluetooth, of course

L’avantage d’un casque bluetooth… c’est qu’il est bluetooth, évidemment ! Et de ce côté là, les trois produits testés démocratisent tous cette technologie : les écouteurs EPB-24, les écouteurs EP-B21 et le casque EP-B26. Le jumelage se fait en moins d’une minute. Oui, mais encore faut-il qu’ils soient bluetooth assez longtemps pour en profiter comme on l’entend. Et justement, l’autonomie est plutôt bonne.

Une autonomie et un son au rendez-vous

La qualité du son est de bonne facture pour la gamme. Cela grâce à la technologie APTX qui permet de transmettre des données plus complètes (réduit la perte de données) plus rapidement. De même, à l’usage l’autonomie des écouteurs s’est à chaque révélé performante (8 à 10 heures d’utilisation pour le casque EP-B24 et jusqu’à 24 heures pour le casque EP-B21.

Conception ergonomique et légère

La conception de ces trois produits a fait l’essentiel en aboutissant à des produits très légers (presque trop) mais également bien pensés. On apprécie notamment les écouteurs aimantés (EP-B24 ou EP-B21) qui permettent de les mettre autour du coup en « circuit fermé », ce qui est plutôt pratique pour éviter de les perdre (on les porte alors comme un collier). Le casque EP-B26 se plie quant à lui convenablement.

Ce dernier propose un petit plus avec un micro intégré pour la fonctionnalité kit main libre. Très appréciable. On regrette qu’il ne soit pas présent sur les deux autres modèles.

LE(S) MOINS :

L’absence de micro sur les modèles « écouteurs »

AUKEY n’a pas intégré de micro sur les modèles écouteurs. Seul le casque en est pourvu ce qui est dommage pour ceux qui sont plus à l’aise avec le port d’écouteurs.

Conclusion :

De prix toujours attractifs (on note d’ailleurs une palette de prix resserrée autour de 20 euros), ces écouteurs et casque AUKEY font le job ! A tester soi-même !

Home de Fien Troch sur les écrans le 13 septembre 2017

réali

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Home de Fien Troch sur les écrans le 13 septembre 2017

La réalisatrice belge Fien Troch place sa caméra à hauteur d’adolescents dans un film qui semble d’abord se diriger dans les traces de Larry Clarke avant de prendre son propre envol. L’ennui engendre la tentation de l’excès loin du regard des adultes dans une autonomie illusoire qui n’apporte aucun enthousiasme si ce n’est celui de faire ses propres expériences. Puis une histoire se met en marche avec comme protagonistes principaux trois jeunes garçons aux difficultés qui dépassent de loin celles de leur classe d’âge. La dramaturgie monte crescendo avec le parti pris d’une certaine surenchère dans le trash, avec une ligne rouge qui obsède les jeunes adolescents. Un film qui aurait pu se contenter de la peinture d’une classe d’âge désenchantée mais qui sait mettre en place un scénario qui le fait aller bien au-delà

Au-delà de l’intempérance de l’adolescence

Home débute avec un constat redondant dans le cinéma actuel. Les adolescents sont confrontés à toutes les tentations que leur exposent des médias sans limites. L’innocence n’est plus de mise quand tout est (trop) facilement accessible via internet ou la télévision sans le filtre des adultes pour protéger et prévenir. Les jeunes gens se testent, expérimentent, se mettent au défi de grandir encore plus vite avec comme écueil un rapport à l’autre biaisé. Là où le film aurait facilement pu filer vers un trash bon teint à la Larry Clarke, la réalisatrice Fien Troch choisit de mettre en place un vrai scénario de film, loin de se contenter de seulement décrire d’une adolescence morose. 3 adolescents sont mis en avant avec des parcours de vie qui brouillent les frontières entre fiction et réalité. Kevin (Sebastian Van Dun) sort de prison et tente de rattraper le fil de son âge loin de la violence qui lui tend les bras. John (Mistral Guidotti) se débat avec une mère désaxée qui lui fait mener la vie dure. Sammy (Loïc Bellemans) voit l’échec scolaire lui tendre les bras et la motivation l’abandonner pour y remédier. Ces 3 anti-héros tentent de trouver du positif dans leurs parcours de vie compliqués mais c’est le drame qui se présente à eux.

Une réalité sans tabou

La caméra de la réalisatrice se raccroche le plus possible à la réalité, suivant les personnages dans leur quotidien, via l’écran de leurs téléphones ou à la manière d’une caméra cachée. La liberté la plus totale semble donnée aux jeunes acteurs pour figurer une adolescence faite de doutes et de désillusions. La limite sociale des tabous les plus élémentaires est allègrement franchie pour une intrigue qui heurte le spectateur par la facilité du passage à l’acte. La violence est l’exutoire le plus immédiat autant que le plus accessible, danger qui tend les bras à ces adolescents en manque de repères. Les rapports sociaux sont empreints d’une méfiance qui tranche avec le mythe de l’ami éternel à qui on peut tout pardonner. Chaque adolescent devra choisir son parcours de vie et faire ses propres choix. Et c’est exactement là que le film de Fien Troch touche à l’admirable, offrant une porte de sortie, comme une rédemption pour ceux qui ont la force de devenir adulte.

Un film qui bouscule par son fragile équilibre entre damnation et rédemption. Sur les écrans ce 13 septembre, cet Home a ce léger parfum de souffre qui intrigue mais il va au-delà de la polémique pour offrir un portrait d’adolescents tout à fait cinématographique. A découvrir.

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Home
Home

Kevin, 17 ans, sort de prison. Pour prendre un nouveau départ, il s’installe chez sa tante et se lie d’amitié avec son cousin et ses amis. Ce nouvel équilibre le sauvera-t-il de la délinquance ? Confiance, complicité et trahison se succèdent jusqu’à ce qu’un évènement inattendu bouleverse à jamais le quotidien de ces adolescents.

Sortie : le 13 septembre 2017
Durée : 1h43
Réalisatrice : Fien Troch
Avec : Sebastian Van Dun, Mistral Guidotti, Loïc Bellemans
Genre : Drame

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https://www.youtube.com/watch?v=bqQXpn3EQw0

Surprenante exposition David Hockney au Centre Pompidou

Exposition David Hockney
Exposition David Hockney, Centre Pompidou

Surprenante exposition David Hockney au Centre Pompidou

Le Centre Pompidou célèbre avec éclat les 80 ans de David Hockney en lui consacrant une rétrospective aussi richement dotée que captivante. Les 160 oeuvres présentées associent livres, dessins, installations vidéos, photographies et tableaux qui retracent les 60 ans d’une carrière débutée à l’école d’art de Bradford et devenue une référence mondiale dans l’art moderne et contemporain. Aucun besoin d’être expert en art plastique pour s’extasier devant la prodigalité d’une oeuvre multiple.

 

Un artiste total

Peintre, dessinateur, graveur, décorateur et photographe britannique, David Hockney est devenu une figure majeure du mouvement pop art dans les années 1960 avant de se diriger vers l’hyperréalisme et de nombreux autres styles. Si ses piscines californiennes baignées de soleil restent certainement ses oeuvres les plus emblématiques, il ne faut pas croire que son travail se résume à ces tableaux iconiques. Les toiles correspondant aux années de formation montrent une multitude d’inspirations. Le jeune élève de l’école d’art de Bradford montre très tôt des qualités de dessinateur qui dépassent de loin celles de ses camarades. Il s’essaye à la peinture réaliste socialiste, montrant un quotidien fait de grisaille et de labeur. Son passage au Royal College of Art de Londres le voit découvrir stupéfait Dubuffet, Bacon et l’expressionnisme abstrait américain. Puis c’est le choc Picasso lors d’une exposition londonienne en 1960. Cette rencontre le convainc d’abroger les limites de style. Ce qui aboutira à un hédonisme plastique avec une exaltation constante de la couleur et de la lumière.

Un parcours foisonnant

L’exposition du Centre Pompidou allie exhaustivité et dépouillement. Les salles se suivent avec une économie de toiles dans chacune d’elles. L’essentiel est présenté sans outrance pour ne pas surcharger le regard du visiteur qui peut se concentrer sur chaque oeuvre. Les premières salles présentent les jeunes années à la recherche d’un style avant de s’ouvrir aux paradis californiens, au flirt avec l’abstraction et aux portraits. La visite permet d’appréhender complètement le parcours de l’artiste et de prendre conscience de l’abondance des styles abordés. David Hockney s’est essayé à la photo, à la vidéo et aux nouvelles technologies. Ce qui explique la toujours très grande actualité d’un artiste qui ne cesse de creuser son art pour constamment se renouveler.

L’exposition du Centre Pompidou offre un large panorama sur une oeuvre multiple qui a marqué l’art du XXe siècle avant de se diffuser vers le XXIe siècle. Artiste toujours moderne et à la pointe des possibilités techniques offertes par les nouvelles technologies, David Hockney voit son oeuvre célébrée dans une rétrospective à découvrir absolument.

Dates : du 21 juin au 23 octobre 2017
Lieu : Centre Pompidou (Paris)
Entrée : 14 €

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Emouvante Mère Teresa ombre et lumière au Lucernaire

Mère Teresa
Mère Teresa, mise en scène de Pascal Vitiello, Théâtre Le Lucernaire

Emouvante Mère Teresa ombre et lumière au Lucernaire

Si l’image publique de Mère Teresa a marqué l’histoire du 20e siècle et inspiré l’humanité par son exemple de dévouement total, peu peuvent se targuer de véritablement connaitre celle qui a dédié sa vie aux plus pauvres parmi les pauvres. Le Lucernaire invite à un seul en scène hypnotique avec une Catherine Salviat habitée au centre de la scène. Elle invoque l’esprit de celle qui fut canonisée en 2016 par le Pape François et ouvre rien de moins qu’une lucarne de lumière sur l’audience pour un moment de théâtre envoutant.

Une vie au service des autres

Née en 1910 au coeur de l’Empire Ottoman dans ce qui allait devenir bien plus tard l’Albanie, Anjezë Gonxhe Bojaxhiu dédia sa vie entière à aider les autres. Catherine Salviat suit le fil d’une existence unique pour en faire ressortir les jalons essentiels. Car ce petit bout de femme est issu de l’anonymat le plus complet et rien ne la prédestinait à devenir une icône de générosité aux yeux du monde entier. L’appel de la foi allié à une volonté de fer lui firent soulever des montagnes tout au long d’un siècle de souffrance où elle devint un symbole de résilience et de charité. Le seul en scène se veut d’un dépouillement extrême avec son décor de draps tendus et cet emblématique sari blanc aux bordures bleues posé sur scène. La comédienne arpente les planches doucement, relatant le destin d’une femme exceptionnelle. De son entrée dans l’ordre missionnaire des sœurs de Notre-Dame de Lorette jusqu’à l’obtention du prix Nobel de la paix en 1979 en passant par la fondation de sa propre congrégation en 1950, c’est à une vie de défis qu’est dédiée cette pièce. Car il suffit d’un regard vers la photo qui illustre la pièce pour se poser cette question. Comment ce petit bout de femme a-t-il pu être à l’origine de 610 missions dans 123 pays avec des orphelinats, des écoles, des hospices et des maisons d’accueil pour les nécessiteux?

Une pièce rare

L’objectif de la pièce n’est pas du tout le prosélytisme religieux, car celle qui eut sa dose de contempteurs toute sa vie durant se contentait d’agir là où la plupart se contentaient de parler. Le discours de la comédienne aboutit surtout au constat qu’à force de volonté acharnée, n’importe qui peut réaliser des choses extraordinaires. La sociétaire de la Comédie Française prend les oripeaux de la simplicité pour mettre l’exact niveau attendu de sincérité et d’égard dans sa voix et son attitude. Elle ne cherche ni à convaincre ni à imposer quoique ce soit, elle relate simplement une vie faite de grands bonheurs et de doutes récurrents avec comme de l’affection et du respect dans la voix. Si elle prête par moments ses traits à la sainte, c’est pour relater des épisodes d’une vie bien remplie plus que pour véritablement l’incarner physiquement. L’exceptionnel redescend à hauteur de femme avec la belle maxime que rien n’est irréalisable pour qui se donne la peine d’y croire et de se retrousser les manches.

La pièce Mère Teresa Ombre et Lumière émeut par la sincérité du propos et la force transmise par la comédienne pour un exemple de femme parvenue à réaliser son destin en mettant sa vie au service des autres.

Dates :  du 23 aout au 4 novembre à 19h du mardi au samedi
Lieu : Le Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Pascal Vitiello
Avec : Catherine Salviat

Comment vivre en héros, ou l’acceptation de notre simple vie de mortel (Gallimard)

Fabrice Humbert

Comment vivre en héros, ou l’acceptation de notre simple vie de mortel (Gallimard)

Le dernier livre de Fabrice Humbert ne peut que nous interpeller. Comment vivre en héros quand on est un homme tout à fait normal ? Est-ce seulement possible dans notre vie qui n’a rien d’héroïque ?

On est tous un peu Tristan

Fabrice Humbert décrit parfaitement la société dans laquelle nous vivons. Et son héros n’a rien d’un héros. Tristan Rivière sait qu’il n’est pas un héros. Pourtant il aimerait tellement l’être. Il pense que son père est un héros, héros de la résistance. Sans trop savoir ce qu’il a fait, il sait que son père est un héros. Et son père veut que son fils, Tristan, soit digne de lui, donc un héros. Un jour, Tristan aurait pu montrer aux yeux de tous qu’il avait la graine d’un héros. Son prof de boxe se fait tabasser sous ses yeux. Et Tristan au lieu de le défendre, va fuir. Il va s’en vouloir ensuite durant dix ans. Jusqu’au jour où il va vraiment devenir un héros en trente-huit secondes, sans réfléchir.

Une vie somme toute banale

Ce qui est impressionnant dans le roman de Fabrice Humbert est la terrible ressemblance avec nos vies. Au fond, rien ne prédestinait Tristan pour faire les études qu’il a choisies. Mais il y est arrivé. Son mariage est le pur fruit du hasard. Il existant une probabilité quasi nulle de rencontrer la femme qui deviendra son épouse. Ensuite, sa vie est une suite d’évènements comme il nous en arrive à tous. A-t-il vraiment décidé de ses choix ? Sa vie file à toute vitesse. « Bouffé » par ses réunions, ses engagements, il s’éloigne de sa famille… Sa vie tourne à toute vitesse… Il est droit, honnête et se sent mieux le jour où il va voir son prof de boxe qui s’était fait massacrer sous ses yeux…
Et puis, comme tout le monde, il devient un peu moins intègre, un peu plus attiré par la tentation de découvrir autre chose… Et comme tout le monde, il va tomber dans tous les pièges que lui tend la vie. Et ses choix ne seront plus de bons choix. Et quand il le comprendra ce sera trop tard…

La vie, ses pièges

La vie de Tristan défile sous nos yeux, avec ses succès et ses défaites. Et toujours une excellente analyse de la société dans laquelle nous vivons. C’est pourquoi ce livre ne peut que tous nous atteindre, nous qui vivons sans doute la plupart du temps, sans se rendre compte que notre vie, et celle de nos proches, est un trésor.
L’âme pure, le héros des temps modernes, existe-t-il encore en chacun de nous ? Peut-il seulement exister ?
Comment vivre en héros, un très beau roman qui nous démontre que nous ne sommes pas toujours conscients de nos engagements et de nos actes. La complexité de l’homme réside en cette inconscience que nous avons tous et que nous ne maîtrisons pas.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Comment vivre en héros Tristan Rivière a été élevé par son père, ouvrier et militant communiste, dans l’idée qu’il devait être un héros. Malheureusement, à l’âge de seize ans, à la première occasion qui lui est accordée de prouver son courage, il s’enfuit.
Après dix années de remords et d’humiliation, Tristan se retrouve dans un train au moment où une jeune femme est agressée par une bande. Et la peur d’autrefois l’envahit. Va-t-il enfin se montrer à la hauteur ? Suivant sa réaction, sa vie prendra des directions entièrement différentes…
Roman des vies possibles, de ces moments qui décident d’une existence, interrogation aussi sur le couple et la constance de l’amour, Comment vivre en héros? décrit de façon ironique et tragique le rêve de l’héroïsme et de la pureté dans les sociétés modernes.

Date de parution : le 17 août 2017
Auteur : Fabrice Humbert
Editeur : Gallimard
Prix : 21,50 € (416 pages)
Acheter sur : Amazon

[TEST] Les Diffuseurs d’Huiles Essentielles AUKEY

[vc_text_separator title= »LES DIFFUSEURS AUKEY » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Tandis que la brume de rentrée vient envahir nos petits cerveaux ramollis par l’été, on vous propose ce petit test de diffuseurs d’Huiles Essentielles qui va vous permettre de faire de la brume intérieure votre alliée !

[vc_text_separator title= »NOTRE AVIS SUR LES DIFFUSEURS AUKEY » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Les plus :

Le monde des huiles essentielles à portée de nez

Les trois modèles que nous avons testé sont des produits proposés par AUKEY : le diffuseur 100ml, son équivalent que l’on appellera l’humidificateur 100ml bien qu’il comprenne les mêmes fonctions, et le diffuseur 500ml. Ces trois diffuseurs d’Huiles Essentielles sont la solution pour parfumer votre intérieur d’une multitudes d’arômes (ils sont très nombreux sur le marché). De quoi apporter de la Zenitude à votre environnement mais aussi à vous-même.

Un objet plutôt design et peu encombrant

Les modèles testés sont fabriqués dans des matériaux plutôt sommaires mais qui demeurent efficaces à l’usage (plastiques et verres) mais surtout de dimensions passe-partout. On peut poser ces petits objets quasiment partout (bureau, table de chevet…) et leur design AUKEY apportera une petit touche de déco sympathique à votre mobilier.

Des fonctionnalités variables

Plus vous monterez en gamme (et en capacité / contenance), plus les fonctionnalités se démultiplieront. Les différents modes de diffusion intermittents sont calibrés sur des périodes de 1h à 6h (selon les modèles) et autorisent aussi une diffusion continue (l’appareil se coupe quand il n’y a plus d’eau dans le réservoir). De même, l’intensité de la brume peut également être réglée pour le modèle en 500ml. Un détail intéressant les jours où le temps est froid et sec (permet de lutter contre l’électricité statique ambiante).

Le petit truc en plus est la fonctionnalité lumineuse, avec la possibilité de programmer jusqu’à 7 couleurs différentes.

LE(S) MOINS :

Prise secteur indispensable

Le seul inconvénient de ces diffuseurs est la nécessité de les installer près d’une prise secteur. Cela diminue leur portabilité et c’est bien dommage.

Conclusion :

Ces trois diffuseurs restent très abordables et technologiquement compétitifs.

Cézanne révélé avec l’exposition Portraits de Cézanne au Musée d’Orsay

Portraits de Cézanne
Portraits de Cézanne, Musée d’Orsay

Cézanne révélé avec l’exposition Portraits de Cézanne au Musée d’Orsay

Le Musée d’Orsay réunit des tableaux de Paul Cézanne tous exclusivement orientés vers le portrait. Pas de natures mortes ou de paysages, juste des visages et des figures, présentés en lien avec la longue vie artistique de celui que son père destinait à la voie juridique. L’évolution de la technique picturale est patente, jusqu’à une épure qui préfigure le cubisme de Picasso et Matisse. Le parcours se veut chronologique, avec des thématiques fortes. Autoportraits et portraits de son épouse Hortense née Fiquet sont nombreux et illustrent les rapports parfois compliqués entre le peintre et son entourage.

Un peintre central dans l’histoire de la peinture

Si la postérité ne cesse de rendre hommage au natif d’Aix-en-Provence, cela s’explique probablement par une technique éprouvée et révolutionnaire à laquelle chacun s’attache encore aujourd’hui à reconnaitre la singularité. Si les paysages reviennent souvent dans les exemples généralement référencés, les portraits sont moins évoqués. Et pourtant le peintre en réalisa plus de 200 dans son millier d’œuvres, avec des grandes thématiques. Lui-même en premier lieu, le visage plus ou moins fermé et l’air généralement bougon. Celle qui devint tardivement son épouse pose également avec des regards souvent absents qui tranchent avec sa patience légendaire pour permettre pendant des heures à son compagnon d’achever ses oeuvres. Quant aux tiers, ils illustrent parfaitement la place centrale du peintre dans la vie culturelle de son époque. Emile Zola et amis impressionnistes apparaissent ainsi régulièrement dans ses toiles, posant docilement pour des tableaux passés à la postérité.

Une exposition avant tout pédagogique

La balade dans les différentes salles de l’exposition rend parfaitement compte de l’évolution de la technique picturale de Cézanne. Celui que Matisse comme Picasso désignèrent comme notre père à tous imprima une marque tellement forte dans l’histoire de la peinture occidentale que nombreux sont ceux qui s’y réfèrent encore aujourd’hui comme un jalon de l’histoire de la peinture, achevant la révolution impressionniste jusqu’à échafauder une passerelle vers la suite. Fauvisme, cubisme et art moderne en émergeront à l’orée du XXe siècle. A noter qu’un évènement très spécial aura exceptionnellement lieu autour de cette exposition. Intitulé Curieuse nocturne, il se tiendra le jeudi 21 septembre de 18h30 à 23h en se penchant sur l’exposition avec des conférenciers accompagnant les visiteurs pour narrer sa jeunesse parisienne jusqu’à son exil provençal pour découvrir intimement les plus beaux portraits et autoportraits de l’artiste. D’autres évènement sont également prévus comme une exposition De Mantes au Musée d’Orsay Au fil de l’image, un concert de la Maison Tellier ou une sélection de portraits des étudiants de l’Ecole du Louvre. D’autres happenings sont également à la carte. L’évènement sera gratuit pour les -26 ans (ressortissants ou résidents de l’UE) et les autres devront s’acquitter de la modique somme de 9 euros. Plus d’informations sur le site du Musée d’Orsay. De quoi passer une soirée enchantée sous me signe de Paul Cézanne.

Dates : du 13 juin au 24 septembre 2017
Lieu : Musée d’Orsay
Entrée : 13,70 €

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Portraits de Cézanne
Portraits de Cézanne

Portraits de Cézanne
Portraits de Cézanne

Portraits de Cézanne
Portraits de Cézanne

 

 

 

 

 

La vengeance du pardon, quatre nouvelles redoutables (Albin Michel)

Eric-Emmanuel Schmitt
Eric-Emmanuel Schmitt

La vengeance du pardon, quatre nouvelles redoutables (Albin Michel)

Eric-Emmanuel Schmitt nous révèle avec La vengeance du pardon, cette fois-ci, quatre histoires uniques. Toutes tournées autour des sentiments humains, pas vraiment réjouissants ! Chacune a sa morale…

Scénarios originaux et palpitants

La première histoire, Les sœurs Barbarin (94 pages), est centrée sur la vie de jumelles, Lily et Moïsette, durant quatre-vingts ans ! Ce sont des vraies jumelles, parfaitement identiques. Mais si apparemment ce sont les mêmes, dans leur tête, elles n’ont guère de point commun. Moïsette est jalouse de son ainée, de trente minutes, depuis sa naissance. Il faut dire que Lily est parfaite et toujours prête à pardonner les misères que lui fait subir sa sœur. Jusqu’où ira Moïsette avec sa sœur ? L’analyse psychologique de Moïsette est tellement excellente, qu’on lit cette histoire à toute vitesse en se demandant jusqu’où l’auteur veut nous emmener. A coup sûr sur un terrain très glissant…
La seconde histoire, Mademoiselle Butterfly (97 pages), raconte l’histoire d’un homme très riche, William Golden, directeur d’une célèbre banque. Dès le début de l’histoire, on apprend que cette banque est en très grosse difficulté par la faute de trois employés, dont le fils de William. Ensuite, l’auteur nous parle de William au moment de son adolescence ; Il a 17 ans, il part en vacances en montagne, dans les Alpes, avec son groupe d’amis, les Aigles. Et bêtement, William va dire oui à un pari lancé par ses amis : coucher une fois avec la jeune fille, voisine de leur maison, très jolie mais un peu simplette, Mandine. Cette histoire est celle qui nous aura le plus marqués. Beaucoup de messages y sont envoyés par le biais de cette fameuse rencontre avec Mandine. Une rencontre qui sera déterminante pour William mais qui ne l’apprendra que plusieurs années plus tard… Mandine, la simple d’esprit, donne une très belle leçon d’amour inconditionnel…
Les deux autres histoires sont un peu plus courtes. Tout d’abord, La vengeance du pardon (78 pages) et Dessine-moi un avion (74 pages).
La vengeance du pardon est une bien singulière histoire avec une morale tout aussi surprenante. Elise a perdu son enfant unique, Laure, violée et tuée par Sam Louis. Ce criminel, elle le voit en prison à Paris depuis deux ans. Il vient d’être transféré en Alsace. Du coup, Elise déménage et s’installe près de la nouvelle prison. Au début, on ne comprend pas du tout où veut en venir Elise avec cet homme qui a tué sa fille. Elle-même ne le sait pas vraiment. Il est complètement inhumain, ce n’est pas un homme, il en a juste l’apparence. Ils finissent par s’apprivoiser mutuellement… Relations malsaines, perverses ? Ce n’est qu’à la toute fin de l’histoire, que la clé du mystère est dévoilée…
Quant à la dernière histoire, elle reprend l’histoire du Petit Prince de Saint-Exupéry avec la rencontre d’un vieillard et d’une petite fille qui lui demande de lui dessiner un avion. Pas par hasard mais parce qu’elle sait qu’il est aviateur… Et lui, au fil de l’histoire qu’il lit à la petite Daphné, va se découvrir aussi assassin…

Amour et pardon

Publik’Art n’aime pas trop les romans composés de nouvelles ; chaque nouvelle pourrait faire l’objet d’un livre ! Surtout les deux premières nouvelles, absolument captivantes. Elles tournent toutes autour du pardon, mais de façon tellement différente ! Certaines font peur, d’autres non. Eric-Emmanuel Schmitt met l’accent à travers ces nouvelles, des sentiments humains très forts, comme l’amour mais aussi et surtout la haine. L’homme est-il naturellement bon ou plutôt mauvais ? La nature humaine n’est pas forcément celle que l’on croit. L’important est de l’accepter, de la comprendre et ensuite de pardonner… Toujours avec amour… Pardonner à l’autre ou se pardonner. L’écriture de Eric-Emmanuel Schmitt est toujours brillante, avec un vocabulaire pointilleux et laisse planer un suspens à travers chacune de ses phrases… Ce livre, La vengeance du pardon, se lit avec beaucoup de plaisir et à toute vitesse avec toute l’ambiguïté du pardon et toute la beauté de l’amour. Mais c’est un livre à garder : à lire et à relire pour en puiser tous les messages.

Quelques extraits :

– Si je l’aime, je lui pardonne.
–  Si tu lui pardonnes, tu ne t’aimes pas, tu ne te respectes pas.
– – Mais c’est bien ça, aimer. Vouloir que l’autre soit heureux. Faire passer l’autre avant soi. P.82

En amour, le mérite réside dans celui qui aime, pas dans celui qui est aimé.

P. 200

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La vengeance du pardon Quatre destins, quatre histoires où Eric-Emmanuel Schmitt, avec un redoutable sens du suspens psycho- logique, explore les sentiments les plus violents et les plus secrets qui gouvernent nos existences.
Comment retrouver notre part d’humanité quand la vie nous a entraîné dans l’envie, la perversion, l’indifférence et le crime ?

Date de parution : le 1er septembre 2017
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Editeur : Albin Michel
Prix : 21,50 € (336 pages)
Acheter sur : Amazon

Les éditions Playlist Society exaltent la culture populaire

Génération Propaganda
Génération Propaganda, livre de Benoit Marchisio, Editions Playlist Society

Les éditions Playlist Society exaltent la culture populaire

Il est souvent ardu de trouver des collections qui parviennent à creuser des sujets culturels sans avoir à parcourir moins de 500 pages. L’éditeur Playlist Society démontre sans mal que la richesse des informations peut aller de pair avec la concision sans perdre pour autant dans le niveau de détails. 9 ouvrages sont pour l’instant disponibles aux formats papiers et numériques avec des essais, des monographies et des cartographies de mouvements, dédiés à la musique, au cinéma et à la littérature. Quelques uns ont été dévorés cet été avec le constat d’une abondance d’informations propre à ravir n’importe quel amateur de culture.

Les territoires interdits de Tobe Hooper de Dominique Legrand

La disparition récente de Tobe Hooper donne à l’ouvrage de Dominique Legrand de forts accents d’actualité. Le réalisateur américain a écrit les tables de la loi du film d’horreur avec son Massacre à la Tronçonneuse réalisé en 1974. Car loin de se contenter d’exalter l’horreur dans un aspect simplement gore et effrayant, Tobe Hooper a toujours voulu le revêtir des oripeaux de la critique avec toujours comme cible principale cette société américaine si schizophrénique. Souvent réduit à ce seul film, le réalisateur a pourtant réalisé d’autres opus comme Poltergeist en 1982 ou Mortuary en 2005 avec toujours ce style si particulier et cette incessante visée politique. L’ouvrage de 144 pages offre un tour d’horizon fouillé et didactique sur une oeuvre unique à redécouvrir à l’aune de cette ambition philosophique qui lui donne tout son cachet.

Swans et le dépassement de soi, de Benjamin Fogel

Entre analyse musicale et récit historique, Benjamin Fogel revient sur la carrière mouvementé d’un groupe fondateur de la New Wave, Swans. Si peu le connaissent aussi bien qu’un Sonic Youth bien plus médiatisé, l’ouvrage propose une plongée riche en anecdotes et explications dans une étape passionnante de l’histoire de la musique contemporaine. De quoi donner envie de découvrir ou redécouvrir un groupe fascinant par son exigence et sa singularité.

Génération Propaganda de Benoit Marchisio

Qui connait la société Propaganda? Benoit Marchisio revient sur sa place centrale dans l’émergence dans les années 80 d’artistes et de moyens d’expression ayant durablement influencé la culture populaire américaine. En 160 pages, ce sont Guns’n’Roses, Madonna, Michael Jackson, la culture clip et les blockbusters qui sont passés en revue avec l’évidence d’une influence notable sur notre époque actuelle. Comment une société a-t-elle pu autant influencer une génération entière, c’est exactement ce qu’expose Benoit Marchisio dans un récit riche en références et en analyses.

Les révolutions de Mad Men, de Damien Leblanc

Qui n’a pas suivi avec délectation les 7 saisons de la série Mad Men à la télévision? Les aventures de Don Draper à partir des années 50 et jusqu’aux années 70 ont passionné les foules et fait accumuler des dizaines de récompenses aux concepteurs d’une série révolutionnaire. Si les ouvrages pullulent sur le sujet, peu abordent en si peu de pages (136!) la quintessence de ce qui rend Mad Men unique. Son acuité dans l’analyse des évolutions d’une société, que ce soit au niveau des moeurs ou des rapports homme/femme ne laisse de faire réfléchir, faisant penser que cette série est bien plus qu’un simple divertissement télévisuel.

Ces 4 ouvrages donnent une idée assez préciser de l’exigence de la collection publiée chez Playlist Society. De quoi vous donner envie d’aller rendre visite à votre libraire de quartier pour dévorer vous aussi les différents ouvrages proposés!

 

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Date de parution : 2016/2017
Auteurs :  Benoit Marchisio, Benjamin Fogel, Damien Leblanc, Dominique Legrand
Editeur : Playlist Society
Prix : 14 € ou 16 € (moins de 200 pages)
Acheter sur : Amazon

Playlist Society
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Eblouissante et tragique BD Cyparis, le prisonnier de Saint Pierre (Editions La Boîte à Bulles)

Cyparis
Cyparis, BD de Lucas Vallerie, Editions La Boîte à Bulles

Eblouissante et tragique BD Cyparis, le prisonnier de Saint Pierre (Editions La Boîte à Bulles)

Lucas Vallerie entreprend le récit d’une catastrophe qui a marquée l’histoire par l’ampleur de son bilan. A travers le destin de quelques protagonistes, le souvenir de la ville de Saint Pierre est invoqué ainsi que celui des 30 000 personnes qui ont périt suite à l’éruption de la Montagne Pelée. Colons blancs et locaux cohabitent dans une sorte de paradis où les habitants rivalisent de truculence au milieu des joutes de pouvoir et de gouvernants incapables de prendre la mesure du drame qui se prépare. Cyparis est le personnage principal, ouvrier agricole qui devient un des seuls survivants de la catastrophe. Lucas Vallerie est au dessin et au scénario pour une BD qui impressionne par sa riche documentation et la tension entretenue jusqu’au bout.

Un pan oublié de l’histoire

Quand la jeune nièce d’un notable de Saint Pierre débarque en Martinique, elle n’imagine pas le cours que va prendre son destin. Subjuguée par la beauté de la ville et sa luxuriance, elle visite les lieux et se fait happer par son ambiance légère et colorée. Locaux et coloniaux cohabitent dans un intérêt mutuel bien compris. Aux immigrés blancs la richesse, aux indigènes la joie de vivre. A l’ombre de la Montagne Pelée, Saint Pierre et ses habitants prospèrent. Mais c’est sans compter sur l’implacabilité d’une nature aveugle. La BD se déroule au rythme de la terre qui tremble et des signes avant coureurs du drame à venir. Les scientifiques ont beau alerter les autorités, l’imminence des élections occupe tous les esprits. Du 1er avril au 8 mai 1902, rien n’y fait, ni les pluies de cendres, ni les coulées de boues ni la terre qui tremble ne décident à une évacuation des habitants. Lucas Vallerie insiste sur l’aveuglement collectif et l’absence de tout principe de précaution. Dans sa prison, Cyparis assiste impuissant à la disparition d’une ville entière et de ses habitants. Sorte de BD catastrophe, Cyparis, le prisonnier de Saint Pierre fait froid dans le dos.

Une BD à lire absolument

Par la précision de son dessin et son panorama historique, cette BD est tout bonnement impressionnante. Sa lecture suscite l’émoi et l’émotion avec ces destins brisés par un évènement équivalent à un Pompéi moderne. Les préoccupations quotidiennes et les luttes intestines semblent bien futiles quand tout s’achève sous la cendre. Lucas Vallerie fait réfléchir sur l’insignifiance de la vie humaine face à une nature imprévisible. Le lecteur aimerait dire aux personnages de fuir mais rien n’y fait. L’histoire s’est achevée avec une hécatombe collective que la BD invoque comme un souvenir à garder à l’esprit.

Cyparis, le prisonnier de Saint Pierre est une des BD’s de la rentrée à lire absolument. Un moment d’histoire éprouvant mais ô combien nécessaire.

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Ah, la Martinique ! Saint Pierre, son jardin botanique, son port, son marché et ses rues pittoresques, sa végétation luxuriante, sa montagne Pelée… À l’aube du XXe siècle, les Occidentaux de tous horizons se pressent sur les côtes de cette colonie française pleine de charmes et d’avenir. Mais au printemps 1902, ce n’est pas l’exquis parfum du rhum et des plantes exotiques qu’exhale l’île au fleurs mais celui, nauséabond, du soufre. Et que dire des inquiétantes fumerolles qui s’échappent du sommet de la montagne Pelée ? Mais le maire et le gouverneur ont plus important à faire : préparer les élections législatives ! Et peu importe les signes envoyés par la montagne… Tandis que toute la ville est en émoi, Louis-Auguste Cyparis, condamné au cachot, attend impatiemment que l’on veuille bien le libérer. Il ne sait pas encore que cette cellule étriquée lui sauvera la vie et fera de sa destinée une légende… Un pan marquant de l’histoire de la Martinique magnifiquement mis en images et en couleur… Un premier album absolument superbe et maîtrisé !

Date de parution : Septembre 2017
Scénariste(s) : Lucas Vallerie
Dessinateur(s) : Lucas Vallerie
Genre : Historique
Editeur : La Boite à Bulles
Prix : 32 € (256 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Oualou en Algérie, entre humour et devoir de mémoire (La Boîte à Bulles)

Oualou en Algérie
Oualou en Algérie, dessin de Lounis Dahmani, Scénario de Gyps, Editions la Boite à Bulles


Oualou en Algérie, entre humour et devoir de mémoire (La Boîte à Bulles)

Un nouveau détective de choc débarque dans le monde de la BD. Il se prénomme Nadir Oualou et il a tout du personnage désinvolte à qui on la fait pas. Le dessin clair de Lounis Dahmani illustre avec élégance les aventures algériennes d’un héros décidé à remonter le fil du temps dans un pays qui a connu une crise majeure pendant les années 90. Les exactions du FIS sont restées dans toutes les mémoires et l’enquête exhume un passé douloureux, avec un mélange détonnant d’humour et de lucidité.

Un pays tiraillé entre mémoire et pardon

Le personnage de Nadir Oualou hésite à retourner en Algérie et le lecteur comprend vite pourquoi. Méconnaissant totalement les codes du pays, il risque de s’y perdre sans réussir à détricoter les fils d’une enquête aussi compliquée qu’il l’appréhendait. Un peu comme Jack Palmer dans L’enquête Corse, il lui faut apprendre à manier la ruse pour retrouver la trace de la fille de Nicole Benamou. Mariée à un algérien, elle a du abandonner son pays d’adoption et sa fille quand la menace du FIS s’est faite trop présente dans les années 90. Elle cherche maintenant à la retrouver et il faudra toute la persévérance du détective pour y parvenir. La BD utilise la toile de fond d’un pays encore marqué par les années 90 pour montrer la réalité sans fard. La menace islamiste ne date pas d’hier et avait déjà tissé sa toile de l’autre côté de la Méditerranée, entre répulsion et attraction au sein d’une population profondément divisée. Mais loin d’être trop ardue, la lecture se veut avant tout plaisante avec un humour omniprésent mettant à distance les horreurs commises par le biais d’un dessin ludique et d’un scénario à tiroirs. Le héros profondément empathique ne juge ni ne critique un pays dont il est issu même s’il se définit avant tout comme français, « comme Zidane ».

Des références omniprésentes à la culture BD

Les 64 pages de la BD se dévorent grâce au rythme soutenu qu’entretient le scénariste Gyps. Entre les incessantes découvertes réalisées par Nadir et son cousin, le regard sans concession sur un pays en plein clivage religieux et les références incessantes à la culture BD, le lecteur ne s’ennuie pas. Mention spéciale aux 4 affreux jojos dérivés des frères Dalton dans Lucky Luke. Le format de la BD emprunte au format belge, le dessin également, loin de la culture manga actuelle. Les plus jeunes retrouveront le dynamisme des BD’s contemporaines, les plus anciens s’amuseront des références de leur jeune âge. Car le scénariste Gyps joue autant avec les codes de la société algérienne  qu’avec le savoir faire de la bande dessinée.

L’intrigue mélange histoire réelle et fiction pour un résultat convaincant qui laisse à penser que le personnage de Nadir pourrait bien devenir récurrent aux éditions La Boîte à Bulles. C’est tout le bien que l’on peut lui souhaiter!

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Nadir Oualou, détective privé en banlieue parisienne, est français, « comme Zidane ». Très France black blanc beur, il donnerait tout pour éviter de devoir retourner au bled… jusqu’à ce qu’une cliente se présente avec une demande qu’il ne peut refuser : Nicole Benamou, ex-épouse de Said Benamou, un ancien membre du Front Islamique du Salut qui sévissait lors des guerres civiles de 1990, cherche à retrouver sa fille dont on l’a séparée il y a plusieurs années. Et pour cela, elle est prête à payer cher… Mais pour ce faire, Oualou devra retourner au pays, et affronter ses peurs… et sa famille ! Commence alors une enquête en « territoire hostile » : Oualou a pour tout indice une adresse et beaucoup d’incertitudes. D’autant qu’il lui faudra reconstituer le parcours de Saïd, durant la «guerre civile» et ses excès de tout bord. Et affronter les sinistres frères Batata, version algérienne des frères Dalton. Une enquête pleine d‘humour et de clins d’oeil, qui mêle avec talent stéréotypes et différences culturelles, à l’instar de L’Enquête Corse de René Pétillon.

Date de parution : Août 2017
Scénariste(s) : Gyps
Dessinateur(s) : Lounis Dahmani
Genre : Humour
Editeur : La Boîte à Bulles
Prix : 15 € (64 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Oualou en Algérie
Oualou en Algérie

Oualou en Algérie
Oualou en Algérie

Oualou en Algérie
Oualou en Algérie

Oualou en Algérie
Oualou en Algérie

Et soudain la liberté, ou les combats de toute une vie de femmes (Les Escales)

Caroline Laurent

Et soudain la liberté, ou les combats de toute une vie de femmes (Les Escales)

Evelyne Pisier voulait écrire l’histoire de sa mère, Paula Caucanas, décédée en 1988, par suicide. Il semblerait qu’Evelyne soit aller voir son éditrice, Caroline Laurent, pour lui exposer son projet. Très vite elles sont devenues amies, malgré la grande différence d’âge. Caroline a tout juste vingt-huit ans et Evelyne, soixante-seize. Peu importe, elles se comprennent, même à demi-mots. Mais leur rêve ne pourra pas se réaliser, Evelyne est décédée en février 2017. C’est alors que Caroline décide de prendre la plume pour « finir » ce roman…

Un très bel hommage

Evelyne confie à Caroline toute la trame de son livre, toutes les anecdotes, tout ce qu’elle veut révéler dans son roman sur sa mère et sur elle-même. Mais à travers leurs vies, Evelyne veut surtout raconter le passé : du temps des colonies, la vie en Indochine avec l’invasion japonaise, ensuite, Nouméa, puis Cuba où elle rencontrera de façon très intime Fidel Castro. Mai 68 en France, son combat révolutionnaire, puis féministe, ses hautes études de Droit, son premier mariage avec Bernard Kouchner (qui n’est pas cité dans le livre)… Et surtout à travers ses récits, Evelyne dévoile le combat de la femme de sa vie, de sa mère, pour l’égalité homme-femme, pour la libéralisation sexuelle, le doit à l’avortement. Sa mère va la pousser à faire des études, de plus en plus difficiles, pour arriver au plus haut niveau et ne pas faire comme elle… Pour gagner sa liberté et ne rien devoir à personne et surtout pas à un homme.

Une page d’Histoire

Le livre, Et soudain la liberté, est très bien écrit. Caroline Laurent donne ses propres impressions entre les chapitres. Jamais sûre d’être dans le bon chemin… La seule chose qui est un peu déconcertante, c’est la forme du roman. C’est un roman avec des noms fictifs, mais en fait, tout ce qui est écrit s’est réellement passé, nous précise-t-elle. Il aurait été plus simple d’utiliser les vrais prénoms… Et soudain la liberté est centrée sur la femme qu’a été Paula Caucanas mais dans le fond surtout à la femme qu’elle a façonnée, sa fille Evelyne.
On reste un peu sur notre faim, car de la vie récente d’Evelyne, on n’en apprendra rien. Il ne s’agit que du passé lointain… Une façon de préserver son mari, ses enfants et petits-enfants. Sans doute… Et puis, c’est un roman ! Absolument pas une biographie…

En lisant ce livre, on a l’impression qu’Evelyne voulait l’écrire pour rendre hommage à sa mère et peut-être tenter de comprendre sa vie, son suicide et parallèlement, Caroline Laurent, elle, a repris la plume d’Evelyne pour finaliser son projet et en quelque sorte rendre hommage à son amie.
Paula Caucanas, Evelyne Pisier et Caroline Laurent restent des femmes hors du commun avec une volonté farouche d’arriver à leurs buts et d’obtenir une forme de liberté, une liberté de femme du XX et XXI siècle. Un grand bravo à Caroline Laurent qui a eu le courage et la force de reprendre le flambeau

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Et soudain la liberté Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu’au jour où elle lit Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C’est la naissance d’une conscience, le début de la liberté.
De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l’avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s’ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n’a qu’un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu’elle y fera la rencontre d’un certain Fidel Castro…

Et soudain, la liberté, c’est aussi l’histoire d’un roman qui s’écrit dans le silence, tâtonne parfois, affronte le vide. Le portrait d’une rencontre entre Evelyne Pisier et son éditrice, Caroline Laurent – un coup de foudre amical, plus fou que la fiction. Tout aurait pu s’arrêter en février 2017, au décès d’Evelyne. Rien ne s’arrêtera : par-delà la mort, une promesse les unit.

Date de parution : le 31 août 2017
Auteur : Evelyne Pisier & Caroline Laurent
Editeur : Les Escales
Prix : 19,90 € (448 pages)
Acheter sur : Amazon

La Vallée du Diable, BD d’Anthony Pastor (Casterman)

La Vallée du diable
La Vallée du diable, BD de Anthony Pastor

La Vallée du Diable, BD d’Anthony Pastor (Casterman)

Après Le Sentier des reines, Anthony Pastor propose un nouveau récit d’aventure en nous emmenant cette fois dans La Vallée du diable, en Nouvelle-Calédonie. Les décors enneigés de la Savoie ont été abandonnés par Blanca, Florentin, Pauline et Arpin, qui trouvent refuge sur des terres arides, théâtre d’un drame annoncé.

Dotant ses personnages d’une authentique profondeur, Anthony Pastor excelle dans l’art de la mise en scène. Il instaure ainsi dans La Vallée du diable une atmosphère pesante à l’instar de la chaleur étouffante qui hante les pages d’un récit où le mystère est toujours intelligemment cultivé.

La Vallée du Diable ou la force brute de Pastor

Du caractère. De la puissance. Presque de l’âpreté. C’est un méli mélo de sentiments qui nous saute à la figure à chaque vignette offerte par Anthony Pastor. Dans son habit de dessinateur, il semble laisser libre court à ses crayons. Les personnages naissent avec beaucoup de reliefs dans un semblant de chaos qui noircit ses planches. Un style qui reflète à la perfection le propos de l’histoire : la douleur, la torture de la frustration qui mène à la folie meurtrière.

On ne sort pas indemne de La Vallée du Diable. À découvrir sans tarder.

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Nouvelle-Calédonie, 1925. Loin de leur Savoir natale, qu’ils ont fuie aux lendemains de la guerre, Blanca, Florentin, Pauline et Arpin ont fini par s’établir aux Antipodes. Mais cette nouvelle vie dans les colonies ne satisfait pas leur rêve de justice sociale et de liberté. Et, alors que l’air se fait de plus en plus irrespirable, l’heure des règlements de comptes est venue.

Date de parution : le 30 août 2017
Scénariste(s) : Anthony Pastor
Dessinateur(s) : Anthony Pastor
Genre : Récit d’aventure, thriller
Editeur : Casterman
Prix : 20 € (128 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

La tanche, un roman choc, dérangeant (Belfond)

Inge Schilperoord
Inge Schilperoord

La tanche, un roman choc, dérangeant (Belfond)

Inge Schilperoord est hollandaise, journaliste et auteure. Elle est également psychologue judiciaire. Dans le cadre de son travail, Inge Schilperoord a côtoyé de nombreux pédophiles et son expérience va lui être indispensable à l’écriture de son livre. La tanche est son premier roman, couronné aux Pays Bas du Bronze Owl, meilleur premier roman de l’année.

Scénario très original

Inge Schilperoord nous tient en haleine de la première à la dernière page. Elle nous raconte l’histoire de Jonathan qui vient d’être libéré, faute de preuves. Très vite on comprend que Jonathan a violé une petite fille, sans rentrer dans les détails de l’histoire.  Il est sorti de prison, faute de preuves. Jonathan a commencé une thérapie en prison et il sait qu’il a de fortes chances de récidives. Il doit travailler sur lui et se faire aider pour se soigner.

Tout au long du livre, on vit avec Jonathan, avec ce qui se passe dans sa tête et dans son corps. On découvre toutes les pulsions auxquelles il doit faire face. Son combat contre l’horreur, contre lui-même. Jonathan vit seul avec sa mère. Il essaie d’être bon, de faire en sorte d’être le plus normal possible. Il écrit les tâches qu’il doit accomplir au quotidien et essaie de s’y tenir. Sortir le chien, aller travailler, aider sa mère, nourrir le poisson, la tanche. Tout ça paraît facile à faire, mais pas pour Jonathan. Et la petite fille de la maison d’à côté, Elke, va lui compliquer considérablement sa vie quotidienne. Cette petite est seule toute la journée, ses parents sont séparés et sa mère travaille au café. Du coup, Elke vient voir souvent Jonathan car elle adore les animaux, le chien d’abord et puis le poisson qu’ils ont pêché ensemble et qui est mal en point. Et aussi Jonathan, elle l’aime bien.

Un monde innommable

Inge Schilperoord analyse avec de nombreux détails le monde dans lequel vit Jonathan. C’est sans doute la première fois qu’un auteur entre ainsi dans l’esprit et le corps d’un pédophile. Si Jonathan souffre de multiples façons, tout au long du livre, le lecteur se rend compte dans quel monde il est enfermé. C’est absolument terrifiant, à mille lieux de notre vie. Le livre est très bien écrit, à la portée de tous et en même temps, Inge Schilperoord nous éclaire sur les processus psychiques mis en place chez un pédophile. Des pulsions immaîtrisables. On ne va pas pour autant excuser le pédophile, mais sans doute ce livre va-t-il nous apporter un nouveau regard face à ce monde que l’on préfèrerait ne pas exister.
La tanche, un livre qui nous marquera, à jamais.

Inge Schilperoord sera à Paris pour rencontrer ses lecteurs le 25 septembre 2017, à 19h, à la Maison de la Poésie. Pour vous inscrire, cliquez ici.

Quelques extraits :

Le juge avait conclu qu’il avait abusé d’elle. Mais, pour sa part, il avait plutôt l’impression qu’une chose immense, incommensurable, une chose indicible extérieure à lui-même avait abusé de lui. Extrait p.124

[…] Et maintenant il aurait aimé concevoir, d’une manière ou d’une autre, quelque chose, peu importe quoi, qui aurait fait peser sur elle aussi une part de culpabilité dans cette histoire. Si seulement il avait pu trouver comment la rendre coupable également.[…] p.196

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Couronné par le Bronze Owl, nommé cinq fois livre de l’année par la presse, finaliste des plus grands prix littéraires, un premier roman qui a semé le trouble aux Pays-Bas en s’attaquant à un sujet tabou : entrer dans la tête d’un homme en lutte contre lui-même et contre ses pulsions pédophiles. Sombre et captivante, une lecture choc et pourtant nécessaire.
En cette étouffante journée d’été, Jonathan sort de prison. Dans le bus qui le ramène chez sa mère, il se répète ce que lui a dit le psychologue : ce n’est pas lui qui est mauvais, ce sont ses actes. Et s’il parvient à organiser rigoureusement ses journées, il sera un homme meilleur.
Jonathan se le promet. Il va s’occuper de sa mère asthmatique, retourner travailler à l’usine de poissons, promener le chien, aller à la pêche. Il restera seul, il ne parlera à personne, il va s’occuper les mains, l’esprit, tout faire pour ne pas replonger.

Car il le sait, s’il a été libéré, faute de preuves, le psy a parlé d’un taux de récidive de 80 %. Il ne doit pas se laisser déborder à nouveau.

Or, dans ce quartier en démolition où vit sa mère, vivent aussi une jeune femme et sa fillette…

Date de parution : le 17 août 2017
Auteur : Inge Schilperoord
Editeur : Belfond
Prix : 21 € (224 pages)
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La tresse, ou le coup de cœur de Publik’Art (Grasset)

Laetitia Colombani

La tresse, ou le coup de cœur de Publik’Art (Grasset)

Laetitia Colombani est réalisatrice, actrice, scénariste et auteure française. La tresse est son premier roman. Un roman qui s’est fait immédiatement remarquer dans le monde littéraire ! Il a été vendu dans seize pays dans le Monde avant même sa sortie en France !

La femme au centre

Au cœur du roman de Laetitia Colombani, règnent trois femmes, Smita, Giulia et Sarah. Aucun point commun entre elles si ce n’est qu’elles sont femmes. Trois femmes, de trois continents différents, l’Inde, la Sicile et le Canada. L’auteure ne va pas raconter dans le détail la vie quotidienne de ces femmes, mais elle va faire en sorte de nous donner envie de découvrir un pan de la vie de chacune. Trois vies dans trois sociétés différentes.

Smita, une Dalit

Smita est une Intouchable, une Dalit. Elle a une fille de six ans et rêve qu’elle aille à l’école pour ne pas perpétrer la tradition et que sa fille ne vive pas le même calvaire qu’elle. Elle nettoie chaque jour les toilettes « sèches » des gens. Bref, elle ramasse « de la merde » tous les jours. Et c’est normal. C’est le sort réservé aux Dalits (ils sont plus de 200 millions en Inde, d’après Wikipédia). Elle n’est pas payée pour ça. Parfois, on lui jette de la nourriture par terre, comme à un chien… Parfois, même pas… Elle s’est jurée que sa fille ne connaîtrait jamais cette vie-là.

Tu mourras dans la merde, comme ta mère et grand-mère avant toi. Comme tes enfants, tes petits-enfants, et tous ceux de ta descendance. Il n’y aura rien d’autre pour vous, les Intouchables, rebuts de l’humanité, rien d’autre que ça, cette odeur infâme, pour les siècles et les siècles, juste la merde des autres, la merde du monde entier à ramasser. Extrait p.70

Giulia, une sicilienne

Giulia a vingt ans, elle travaille avec son père, dans son usine qui fabrique des perruques à partir de vrais cheveux. Son père a un accident de scooter et tombe dans le coma. Peu de temps après, Giulia découvre que la situation de l’usine est catastrophique. Elle doit réagir pour sauver leur usine, sauver les emplois des ouvrières surtout, même si son père est mourant. Une rencontre va lui être déterminante.

Chaque soir, elle se rend à son chevet après la fermeture de l’atelier. Elle a pris l’habitude de lui faire la lecture – d’après les médecins, les patients dans le coma entendent ce qu’on dit autour d’eux. Alors, Giulia lit à haute voix, des heures durant, de la poésie de la prose des romans. C’est à moi de lui lire des histoires à présent, se dit-elle. Il l’a tant fait pour moi. De là où il est, son papa l’entend, elle le sait.  Extrait p.75

Sarah, une avocate réputée au Canada

Quant à Sarah, elle habite au Canada, a trois enfants, et vit seule. Elle a divorcé deux fois, mais ne semble pas en souffrir. C’est une grande avocate dans un des cabinets d’avocats le plus réputé. Son planning est millimétré, jusqu’au jour où elle découvre qu’elle a un cancer. Mais elle va faire comme si tout allait bien… Le cancer, elle va le cacher… Faire comme si… Mais elle sera dévoilée et mise à l’écart. On n’aime pas la maladie, les faibles, on les met très vite de côté, pas assez rentables…

[…] Elle est une guerrière. Elle va se battre. Sarah Cohen va traiter cette affaire comme elle a traité toutes les autres. Elle qui ne perd jamais un dossier (ou si peu) ne va pas se laisser impressionner par une mandarine, aussi maligne soit-elle. Extrait p.85

Combats de femmes

Dès les premières pages du livre, le lecteur est comme happé par ces trois histoires parallèles. On passe de l’une à l’autre, de chapitre en chapitre, avec angoisse. La tresse se forme petit à petit. Leur vie est tellement dissemblable qu’on n’imagine pas qu’un jour elles puissent avoir un point commun. Ce sont toutes des femmes, courageuses, qui livrent un combat. Elles ont décidé de ne pas se laisser aller et de mener leur vie même si tout paraît perdu pour elles. Leur force est de croire, chacune, en elle-même. Leur combat est unique et n’a de sens que pour elle-même. Un combat pour la liberté, un combat pour le respect d’elle-même, le respect de la Femme.

Ces trois histoires vibrantes d’humanité, nous emportent tellement loin de notre vie à nous. Smita, Giulia et Sarah agissent, envers et contre tous, avec courage et détermination. Et surtout elles croient en leur avenir. La tresse, qui aura presque fait le tour du monde, sera leur point commun, sans même qu’elles le sachent… Une banale histoire de cheveux ? Sûrement pas ! Une magnifique histoire de femmes !
Laetitia Colombani nous délivre un très beau message d’amour et de solidarité et surtout un très bel hommage rendu à toutes les femmes, à travers son premier roman, La tresse !

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La tresse Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.

Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.

Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.

Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.

Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

Date de parution : le 10 mai 2017
Auteur : Laetitia Colombani
Editeur : Grasset
Prix : 18 € (224 pages)
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L’enfant-mouche, ou la vie incroyable d’une petite-fille (Flammarion)

Philippe Pollet-Villard
Philippe Pollet-Villard

L’enfant-mouche, ou la vie incroyable d’une petite-fille (Flammarion)

Philippe Pollet-Villard est un homme complet ! Il est à la fois acteur, réalisateur et écrivain ! Et brillant dans chaque domaine ! Son dernier livre, L’enfant-mouche, a retenu toute notre attention.

Scénario surprenant

On est en avril 1944, Marie-Angèle est infirmière dans un dispensaire au Maroc, à Casablanca. Un jour, elle reçoit un télégramme lui annonçant l’accident de sa sœur, Mathilde, à Paris. Elle plaque tout pour aller la voir. Marie-Angèle va découvrir l’employeur de sa sœur et va s’immiscer dans les affaires de Mathilde. Et très vite, elle va s’embarquer dans une drôle d’histoire et se retrouver avec une petite Marie sur les bras, soi-disant orpheline. Mais rien n’est très clair autour de cette enfant qu’elle fait passer pour sa nièce.
Du jour au lendemain, elle doit quitter précipitamment Paris, avec l’enfant. On les envoie dans l’Est de la France, en zone occupée.

Une histoire de survie

Une nouvelle vie s’offre à elles. Mais rien ne sera simple et les habitants du village ne les accueillent pas vraiment. Elles sont pauvres, n’ont rien à manger et Marie-Angèle attend désespérément le patient dans son dispensaire.
Marie doit se débrouiller toute seule. Elle part à l’affût de la moindre nourriture, très inquiète de l’état de santé de la « vieille » qui perd des kilos et semble perdre la tête. Mais rien n’effraie Marie.
On la suit sur les divers chemins qu’elle emprunte avec courage et souvent dérision. Elle se met en danger avec les Allemands, sans sembler s’en rendre compte. Elle est jeune la petite Marie. La guerre, ce n’est pas son problème. Les Allemands, non plus. Son problème c’est se nourrir ! Et tous les moyens sont bons pour y arriver.

Une histoire familiale

L’écriture de Philippe Pollet-Villard est tellement fluide, et souvent drôle qu’on lit son livre avec beaucoup de plaisir tout en étant sidéré de la vie de cette pauvre Marie. On sait en lisant la 4ème de couverture que ce roman est tiré de sa propre histoire familiale, ce qui nous émeut encore davantage. Même si on n’en apprendra pas davantage en lisant le livre !
« Cette histoire est inspirée de l’enfance de ma mère […], et dont l’évocation la faisait presque toujours fondre en larmes. »
L’enfant-mouche, un très beau roman de cette rentrée littéraire ! A découvrir sans tarder !

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L’enfant-mouche 1944. La vie d’Anne-Angèle bascule lorsqu’elle accepte de prendre en charge Marie, une orpheline aux origines troubles. Ensemble, elles doivent quitter précipitamment la capitale pour s’installer dans un village de province où elles se heurtent aussitôt à l’hostilité des habitants. Anne-Angèle tombe malade et l’enfant, qui veille désormais sur son étrange tutrice, se trouve confrontée à un quotidien de combines, de bassesses et de violences répondant au seul impératif de la survie. Animée par une force parfois surhumaine, prête à tout, Marie détonne dans le paysage. Lorsqu’elle s’aventure du côté allemand, c’est un nouveau monde qui s’ouvre à elle. Marie devient L’enfant-mouche.
Tiré de la propre histoire familiale de Philippe Pollet-Villard et dans la veine tragi-comique qu’on lui connaît, ce roman fait ressurgir d’un passé tabou le destin inimaginable d’une petite fille livrée à elle-même.

Date de parution : le 23 août 2017
Auteur : Philippe Pollet-Villard
Editeur : Flammarion
Prix : 21 € (432 pages)
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