Le Louvre Abu Dhabi dévoile, pour la première fois en France, le meilleur de sa toute jeune collection. Cent soixante des plus beaux chefs-d’oeuvre déjà acquis par le musée émirien sont présentés à Paris, lors d’une exposition d’envergure intitulée « Naissance d’un musée ».
Parmi ces oeuvres d’exceptions, se trouvent un bracelet en or aux figures de lions fabriqué en Iran il y a près de 3 000 ans, une fibule (broche) d’or et de grenats d’Italie datant du Ve siècle après J.-C., des tableaux de Jordaens, Manet, Magritte… un papier-collé inédit de Picasso et neuf toiles du peintre américain Cy Twombly, récemment disparu. Le Louvre Abu Dhabi, qui ouvrira ses portes en décembre 2015, sera le premier musée universel créé au Moyen-Orient, dans une région au carrefour des civilisations. Sa collection se constitue progressivement d’oeuvres anciennes et contemporaines, provenant de différents pays. L’exposition permettra au public français de découvrir, en avant-première, la richesse des collections du futur musée mais également d’en appréhender le projet architectural et culturel.
Commissaire(s) :
Vincent Pomarède, musée du Louvre, commissaire général, associé à Laurence des Cars, musée de l’Orangerie, et à Khalid Abdulkhaliq Abdulla, commissaire associé, TCA Abu Dhabi (Abu Dhabi Tourism & Culture Authority
Jeudi 15 mai 2014 à 20h à la Bourse du travail, à Lyon
Après Maxim Vengerov le 16 avril dernier, Les Grands Scènes de Musicalta présentent Igudesman & Joo jeudi 15 mai 2014 à 20h à la Bourse du travail.
Ce duo, de formation classique piano/violon, propose un spectacle complètement déjanté et délirant, pour tous publics. Depuis leurs débuts sur scène, Igudesman & Joo ont rempli les plus grandes salles de concert partout dans le monde et collaborent régulièrement avec les meilleurs orchestres philharmoniques et les artistes internationaux les plus célèbres (Gidon Kremer pour n’en citer qu’un seul). Ils ne sont jamais venus en France et Lyon sera leur première étape française. Ils sont également programmés à Paris en septembre.
Pour vous mettre dans l’ambiance de leur univers, découvrez le teaser de leur concert à Lyon :
4 années après le succès de « L’instinct Masculin », certifié disque de platine, Patrick Fiori revient avec « Choisir », un nouvel album qui marque les 20 ans d’une sublime carrière.
Introduit par « Elles », 1er single évènement écrit et composé par Jean-Jacques Goldman, « Choisir », est un album personnel qui nous ouvre un peu plus encore sur l’univers de l’un des plus grands artistes français actuels, qui avec déjà 20 ans d’aventure et 20 ans de choix, poursuit son rêve avec passion.
Un nouvel album frais et moderne pour lequel Patrick Fiori, très investi dans l’écriture et la composition, continue de collaborer avec ses amis de longue date (Jean-Jacques Goldman évidemment, Patrick Hampartzoumian, Jacques Veneruso…), et de nouveaux complices (texte signé Bénabar sur « La sentinelle endormie », duo détonant avec le jeune Tommy sur « J’espère que tu vas bien »…)
La troupe de la Comédie-Française Théâtre du Vieux-Colombier jusqu’au 1 juin 2014
Léonie Simaga, sociétaire de la Comédie-Française, s’attaque pour la première fois à Shakespeare et au drame d’Othello qui crut à tort qu’un homme pouvait être accepté pour ce qu’il est et non pour ce qu’il paraît. En confiant le rôle titre à Bakary Sangaré, acteur noir, elle donne à voir l’altérité en prise directe avec la haine de l’autre et sa machination où les enjeux entre exclusion et contamination du mal sont clairement posés.
[pull_quote_left]Une œuvre puissante où l’ordre social se confronte aux désirs individuels de son héros.[/pull_quote_left]
Un général maure, Othello, est au service de la très puissante cité de Venise. Revenu vainqueur de la guerre, il séduit Desdémone, fille de Brabantio, un haut dignitaire. Pour embrasser son destin et devenir un citoyen vénitien à part entière, il l’épouse. Seule la raison d’Etat le sauve du châtiment. Avec sa femme et sa suite, il est envoyé à Chypre afin de repousser les Ottomans.
Parallèlement, son fidèle officier Iago, humilié de s’être vu refuser la promotion attendue au profit d’un autre gradé, Cassio, prépare sa vengeance. Il va semer le doute sur la fidélité de Desdémone et instrumentaliser l’opinion déjà troublée par une union qu’elle considère contre-nature.
Une conspiration qui va perdre Othello en lui ôtant toute lucidité où sa perception de la réalité concernant l’amour de sa femme et la légitimité de son identité vont se brouiller jusqu’à lui faire commettre l’irréparable.
Dès le début de la pièce, Othello ne fait pas partie du cercle des élus. Il obtient son mariage dont l’hostilité est revendiquée sur un coup de force. Il vit dans un monde où l’intégration n’est rien d’autre que le reniement de sa différence. Le bouc émissaire est tout de suite désigné, vilipendé, où sa légitimité est contestée et se trouve assimilée à la malédiction, à la sauvagerie.
la pièce met à nu le processus d’humiliation sociale qui est à l’œuvre où dès les premières scènes la confusion règne dans les ruelles sombres et voies sans issue de Venise. Où l’amour d’un noir pour une femme blanche doit affronter un père, un amant éconduit et un officier en mal de reconnaissance.
La scénographie de Massimo Troncanetti qui joue sur la profondeur, en dépit des contraintes de la salle du Vieux-Colombier, restitue entre ombre et lumière tamisée cette atmosphère lourde d’une ville forteresse avant de laisser place pour l’arrivée à Chypre sur le port, à un espace ouvert et dépouillé.
Incarnation du mal absolu qui voit le processus se fomenter avant de s’accomplir, Iago est un prédateur constituant le personnage central avec et par qui la tragédie se déploie. Traitre et manipulateur, à l’abri d’une théâtralité poussée à son paroxysme, Nâzim Boudjenah, très physique, campe un personnage malfaisant aussi diabolique que primaire, investi de tout son être dans l’exécution machiavélique de son plan d’action.
Sous le feu de son poison, Othello est progressivement contaminé où hanté par la honte de son origine, il réagit irrationnellement en projetant sur lui ce que les autres attendaient, l’image d’une bête immonde.
Dans une approche très concrète du verbe, Bankary Sangaré (Othello) s’empare avec une emprise singulière de la langue Shakespearienne à la fois céleste et triviale dont l’excellente traduction de Norman Chaurette fidèle à l’esprit du texte, colle aux tournures de langage d’aujourd’hui.
Une œuvre puissante où l’ordre social se confronte aux désirs individuels de son héros…
Avec : Kate Winslet, Josh Brolin, Gattlin Griffith…
Réalisé en 2012, Last Days of Summer de Jason Reitman (Juno, In the Air, Thank you for smoking) n’arrive qu’aujourd’hui sur les écrans français. Il est étonnant que les distributeurs aient attendu si longtemps car le film est une belle petite réussite, une histoire simple tout en complexité, un huis-clos amoureux qui lorgne vers le thriller à suspense.
Synopsis :
Lors du dernier week-end de l’été, Frank, un détenu évadé, condamné pour meurtre, oblige Adèle et son fils Henry à le cacher chez eux. Très vite, la relation entre le ravisseur et la jeune femme prend une tournure inattendue. Pendant ces quatre jours, ils vont révéler de lourds secrets et réapprendre à aimer…
Le point fort du film de Reitman est son casting avec en tête Kate Winslet dans le rôle d’Adèle, une mère célibataire marquée par un divorce douloureux et depuis reclue dans sa maison avec son jeune fils Henry (le prometteur Gattlin Griffith) qui va faire la rencontre, d’abord forcée, de Frank (excellent Josh Brolin) un détenu évadé, au passé pour le moins douteux puisque il a été inculpé pour un meurtre. Ce sont les traumatismes et blessures du passé qui vont peu à peu faire se rapprocher ces deux personnages que tout oppose de prime abord.
Témoin de la rencontre d’Adèle et de Frank, le jeune Henry va se révéler comme un des personnages les plus intéressants du film. Le jeune garçon va voir en Frank un père de substitution quoique ce dernier lui inspire de la crainte. Au fur et à mesure du film, la nature des personnages (en particulier Frank) se fait plus complexe et les protagonistes font tomber les masques. Le film évolue alors du thriller tendu au drame psychologique en huis-clos et c’est tout l’intérêt de Last Days of Summer qui emporte le spectateur dans un flot d’émotions pour ne plus le lâcher jusqu’au générique de fin.
Jason Reitman a choisi de tourner son film entièrement en décor naturel du Massachussetts dans un souci de réalisme et d’authenticité que n’aurait pas apporté un décor en studio. Ici on sent la nature et l’atmosphère se liant avec harmonie au drame que vit les personnages et quelque part le film rappelle par instant le superbe Sur la route de Madison (1995) de Clint Eastwood qui évoquait lui aussi la rencontre de deux êtres en proie aux démons du passé et au manque dans leur vie.
Last Days of Summer, pour qui aime les belles histoires puissamment racontées, emportera sans peine le cœur des spectateurs et spectatrices. Un beau film à ne pas manquer.
CELINE VANKIMMENADE
UNTITELED 2014 – OIL PAINTING, H. 250 X B. 310 CM
COURTESY : GALERIE WINTENBERGER
Céline Vankimmenade – Galerie Wintenberger At OFF – Contemporary Art Fair Brussels du 25/04 au 28/04/2014 Tour & Taxis Avenue du Port 86CB – 1000 Brussels
Nouvellement lancée, la Galerie Wintenberger expose les œuvres de Céline Vankimmenade, jeune peintre belge qui déploie son talent sur des toiles démesurées bâties pour de grands espaces contemporains. Le grand format bouleverse le spectateur qui n’est plus uniquement face à l’œuvre, mais bien happé par celle-ci. Céline Vankimmenade se joue à la fois de minuscules détails tout en finesse et d’étendues sans fin de paysages lyriques. L’artiste propose le décor, les promeneurs s’approprient l’espace et voyagent. Céline Vankimmenade développe en permanence les structures, les matières et les formes de manière spontanée. Si celles-ci peuvent paraître pour le visiteur quelque peu abstraites, elles offrent à l’amateur qui prend le temps un voyage sans fin dans un univers sans frontière. L’action de création dépasse ici l‘imagination du peintre. Cet art informel est en fait une construction rigoureuse mais libre, profonde et personnelle, qui déploie pour le spectateur une envie folle d’évasion et de paysages.
Céline Vankimmenade sera exposée pour une solo exhibition au salon OFF- Art Fair Brussels où 50 galeries nationales et internationales sont invitées à présenter une sélection d’artistes pointus sur un espace 5348 m2.
Maps to the Stars est le prochain film de David Cronenberg, avec Julianne Moore, Mia Wasikowska, John Cusack et Robert Pattinson.
Synopsis :
La famille Weiss fait partie de la dynastie Hollywoodienne typique: le père Stafford, est un ancien entraîneur, qui a fait fortune avec ses livres d’autogestion ; la mère Cristina, pousse la carrière de leur fils Benjie, 13 ans, un enfant star. L’un des clients de Stafford, une actrice Havana, rêve de tourner un remake du film qui a fait de sa mère, Clarice, une star dans les années 60. La mort de sa mère hante ses nuits. Benjie vient de terminer une cure de désintoxication qu’il avait commencée à l’âge de 9 ans, quant à sa sœur, Agatha, elle a été récemment libérée d’une peine pour pyromanie… Elle s’est liée d’amitié avec Jérôme, un chauffeur de limousine qui est aussi un acteur en herbe.
Avis aux amateurs de Grizzly Bear et Tame Impala. Après Infinite Traffic Everywhere en 2011 et l’acclamé Youth en 2012, le trio suédois SIMIAN GHOST reviendra le 9 septembre 2014 avec son troisième album intitulé The Veil. Composé de Sebastian Arnström, Erik Klinga et Mathias Zachrisson, le groupe s’est énormément investi pour réaliser ce nouveau disque. Il présentera l’EP A Million Shining Colours / Echoes of Songs le 20 mai prochain. « A Million Shining Colours », à l’image du nouvel album, a été écrit avec l’idée de développer un songwriting propre tout en conservant des références à l’histoire de la musique. Ils citent, entre autre, Claude Debussy, George Gershwin mais aussi des influences plus récentes comme le compositeur américain Brian Wilson ou les groupes Yo La Tengo, Flaming Lips…
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Composé de Sebastian Arnström, Erik Klinga et Mathias Zachrisson, le groupe s’est énormément investi pour réaliser ce nouveau disque. Il présentera l’EP A Million Shining Colours / Echoes of Songs le 20 mai prochain. « A Million Shining Colours », à l’image du nouvel album, a été écrit avec l’idée de développer un songwriting propre tout en conservant des références à l’histoire de la musique. Ils citent ainsi Brian Wilson, des compositeurs comme Claude Debussy et George Gershwin, la scène rock indé américaine née dans le milieu des années 80 avec notamment Yo La Tengo et Flaming Lips, ou encore la noise music, l’ambient et des sons soul/funk des années 70. « Les paroles, pour moi, abordent un sentiment que je pense beaucoup de personnes qui travaillent dans la musique ou l’art quel qu’il soit doivent parfois avoir, que ce que nous faisons est un peu vain. Il s’agit de l’accepter, d’être capable de se regarder et de voir les passions qui nous font vivre ; il y a la fois un caractère désespéré et une source de bonheur » ajoute Sebastian. Le deuxième titre « Echoes of Songs » est un hommage dans le fond et dans la forme à Trish Keenan, la chanteuse de Broadcast décédée le 14 janvier 2011. Sebastian précise « Broadcast était un groupe que nous aimions tous et que nous avons suivi pendant des années. Depuis l’annonce du décès de Trish nous voulions lui rendre hommage. Pendant les sessions de The Veil, une idée de chanson est revenue et on trouvait que ça ressemblait un peu à du Broadcast alors j’ai écrit un humble hommage à leur musique et à sa façon d’écrire. » Cet EP de sept titres compte la version originale du morceau « A Million Shining Colours », la version radio du single « Echoes of Songs », leurs versions instrumentales respectives et trois remixes. « A Million Shining Colours » passe entre les mains du duo suédois Korallreven : il conserve la douceur du morceau mais l’étire sur une longue gradation chill en lui donnant des atours synthétiques et dansants. Superposant voix et chœurs sur des claviers quasi orientaux et des rythmiques bouncy, Korallreven apporte une texture plus ludique et de nouveaux horizons à la rêverie pop de l’originale. Originaire de Norwich au Royaume-Uni et signé sur Border Community le label de James Holden, le producteur Luke Abbott transforme « Echoes of Songs” en une lente progression minimale et signe une version plus triturée Kraut-techno qui fait sa réputation. Enfin, derrière le pseudo DÖDEN qui siginifie « mort » en suédois se cache un producteur dont on ne sait pas encore grand chose mais promis à un bel avenir. Bien que natif de Sandviken dans la nord industriel de la Suède, DÖDEN semble planer sur une plage des Baléares où la voix se pare d’une enveloppe plus minimale à la douceur vaporeuse.
Still the Water est le prochain film de Naomi Kawase et fera partie de la sélection officielle au Festival de Cannes 2014. En voici le synopsis :
Sur l’île d’Amami, les habitants vivent en harmonie avec la nature, ils pensent qu’un dieu habite chaque arbre, chaque pierre et chaque plante. Un soir d’été, Kaito, découvre le corps d’un homme flottant dans la mer, sa jeune amie Kyoko va l’aider à percer ce mystère. Ensemble, ils apprennent à devenir adulte et découvrent les cycles de la vie, de la mort et de l’amour…
FaneL a été créé par Bérangère Sentex (Rufus Bellefleur, Aeria Microcosme) en 2013. Son premier EP est sorti le 21 avril dernier. Le titre éponyme The Miror témoigne des temps modernes en associant traditions et électronique. Une dichotomie que l’on retrouve même dans ses textes, à la fois en anglais et en japonais. Côté instru (en dehors des effest synthé), on trouvera la sruti box (instrument traditionnel indien), le milltone drum (cousin du hang), gong, tambour, shyme, kalimba…
Interprété par Bérangère Sentex (chant), Nina Goern (piano), Léa Constantino (percussion) et Baptiste Bouchard (basse) :
Géométrie variable est le premier album de KKC Orchestra. Le groupe y reprend les codes du hip hop old school à son compte en lui offrant un joli relifting jazzy ultra joyeux. Avec douze titres bourrés de références (à des groupes hip-hop comme Puzzle, IAM et tant d’autres des années 90) et diablement bien écrits, le groupe montre un énorme potentiel. Le titre 1994 est notamment un génial hommage à l’époque (avec la voix de Busta Flex samplée)… A écouter d’urgence !
Après Bitter, Atmosphere dévoile un nouveau titre sobrement intitulé Kanye West, extrait de l’album Southsiders qui sortira le 6 mai prochain. En voici le clip, dirigé par Pete Lee. Il met en scène une histoire d’amour sur fond de braquage, fusil à pompe et de « Put your hands in the air« . Clin d’oeil évident au couple mythique Bonnie & Clyde version vieux mafieu et bimbo en fourrure, le duo de Minneapolis signent ici un grand clip qui présage un album haut en couleur produit sur l’excellent label Rhymesayers.
Je te survivrai est une comédie de Sylvestre Sbille avec Jonathan Zaccaï, Ben Riga, Tania Garbarski, Laurent Capelluto, David Murgia, Benoit Bertuzzo.
Synopsis :
Joe, 40 ans, est aussi horripilant qu’attachant… Un agent immobilier en pleine possession de ses moyens, capable de vendre une masure pour le prix d’un château, mais un désastre complet en ce qui concerne les sentiments, le mariage ou la paternité. Propriétaire d’une grande maison en pleine campagne, Joe déteste de tout son coeur sa vieille voisine. Sa masure croulante, son potager en friche, son troupeau d’animaux pouilleux…tout cela emplit Joe d’une frustration haineuse. En plus, Blanche semble dotée de la vie éternelle. Et déteste son voisin en retour. À bout de nerfs, Joe, décide de descendre dans le puits qui alimente la pompe de la vieille. Mais son échelle de corde casse. Il se retrouve seul, avec une bière et un téléphone sans réseau. Personne ne sait où il est. Personne sauf… Blanche.
Foodstock, c’est l’occasion de déguster de bons petits plats, d’écouter de musique tendance, de boire de délicieux cocktails et le tout sur un toit fleuri en bord de Seine. Que demande le peuple ?
Street’s Style est présenté comme un graffiti sonore parcourant les murs de ses onze fresques urbaines pour autant de titres. Un album chaleureux qui emprunte beaucoup au jazz avec des instrus où les vents occupent une place de choix. Mr. Moods séduit durant ces onze titres avec régularité en faisant entrer chez soi l’art de la rue. Une balade plutôt agréable.
C’est aujourd’hui que sort le dernier album de la série culte de Matthieu Lauffray, Prohphet, qui met en scène un monde voué à sa fin, à cause de la décision d’un seul être. À travers ce désordre, Jack Stanton, l’archétype du golden boy des années 90, va devoir assumer la responsabilité de ses actes et ses conséquences. Ce monde est son monde, tout y subit sa loi, à lui d’en choisir l’issue !
Voici le résumé du tome 4 :
Jack Stanton doit l’accepter : il est prisonnier dans un effroyable futur dont il est le créateur. Mais un nouveau défi l’attend : alors qu’il ne reste plus aucun espoir pour ce monde mourant, il se découvre un pouvoir inimaginable. Une nouvelle fois, Jack va pouvoir façonner le monde à sa guise. Une nouvelle fois, le sort de tous est entre ses mains. Fera-t-il les bons choix ?
Villa Noailles, centre d’art communauté d’agglomération Toulon Provence Méditerranée Montée Noailles 83400 Hyères
Chaque année, la villa Noailles est le lieu d’expositions de mode et de photographie contemporaines à l’occasion du festival d’Hyères qu’elle organise pour la 29e année. Une exposition consacrée à Charles et Marie-Laure de Noailles met en avant un créateur de mode ou un photographe en lien avec ces mécènes (cette année Man Ray, Sonia Delaunay et Marie-Ange Guilleminot). Deux concours mettent en lumière 10 stylistes (défilés de mode), et 10 photographes (exposition collective), rassemblés autour de jurys prestigieux: cette année, Carol Lim et Humberto Leon, directeurs créatifs de KENZO pour la mode et Steeve Hiett pour la photographie
Des tables rondes, organisées par la Fédération Française de la Couture, réunissent les professionnels de ces disciplines.
Un catalogue présente l’ensemble des expositions, commandes inédites de la villa Noailles (Kenzo, Steve Hiett…) et les créations des compétiteurs des deux concours, notamment une commande à Anna Orlowska sur les collections en compétition. Les textes et photographies sont développés spécialement pour le festival.
Expositions : 10 stylistes, 10 photographes, KENZO, Steve Hiett, Jean-Michel Bertin, Oliver Sieber, Man Ray, Sonia Delaunay, Marie-Ange Guilleminot, Petros Efstathiadis, Charlie Engman, Romain Pellas, Anna Orlowska, A Magazine Curated By, Satu Maaranen, The Formers, Nouvelle Affaire, Baptiste Debombourg, Marianne Maric, Jean-Baptiste Fastrez, Marc Turlan, Perez, Librairie éphémère, Vanessa Von Zitzewitz, Erik Halley.
Programme public
VENDREDI 25 AVRIL
10h – 20h Accueil, accréditations – villa Noailles
Réservé aux professionnels et à la presse
Montée Noailles fermée de 17h à 20h.
Utiliser les parkings Clemenceau, Denis et Foch du centre ville puis prendre les
navettes gratuites du festival, horaires sur le site internet.
18h Concert avec le soutien de Red Bull Studio sur une proposition de Stage of the Art – parvis, villa Noailles
18h30 Ouverture officielle du festival et des expositions, discours et cocktail – parvis, villa Noailles
21h Défilés des 10 créateurs en compétition pour le Grand Prix du Jury – Première Vision
22h Défilé de Satu Maaranen, lauréate en 2013 du Grand Prix du jury – Première Vision
22h30 Défilé des jeunes créateurs en compétition pour le Prix Chloé
– hangar de la Mouture, salin des Pesquiers, La Capte
Accessible uniquement sur présentation du ticket – réservation obligatoire, ouverture des réservations le 14 avril
23h Vernissage de l’exposition Sexy Is Sexy de Marc Turlan – Le Marais, restaurant – plage, boulevard de la marine, Hyères
SAMEDI 26 AVRIL
10h – 18h Ouverture au public des expositions
The Formers, rencontre avec des créateurs issus des concours précédents (nouvelles collections) : Cunnington & Sanderson (2008), Wisharawish Akarasantisook (2008), Mareunrol’s (2009), Harald Lunde Helgesen (2009), Steven Tai (2012), Satu Maaranen (2013), Damien Ravn (2013)
-jardin, villa Noailles
10h – 16h Showrooms : rencontre et présentation des 10 créateurs en compétition – jardin, villa Noailles
10h et 14h Ateliers de création de masques par Erik Halley – parvis, villa Noailles
10h30, 11h, 14h et 17h30 14e rencontres internationales du textile et de la mode – jardin, villa Noailles
Réservé aux professionnels et à la presse
12h – 18h Rencontre et présentation des portfolios des photographes sélectionnés – salles voûtées, villa Noailles
15h Séance de dédicaces d’ouvrages ( KENZO, Steve Hiett, Oliver Sieber, Baptiste Rossi ) – terrasse de la piscine, villa Noailles
19h Vernissage de l’exposition de Petros Efstathiadis – Tour des Templiers, place Massillon (centre
historique)
20h30 Retransmission en direct des défilés – place Massillon, Hy.res, Théâtre Liberté, Toulon et Palais de Tokyo, Paris
20h30 Défilés des 10 créateurs en compétition pour le Grand Prix du Jury – Première Vision
21h30 Défilé de Satu Maaranen, lauréate en 2013 du Grand Prix du jury – Première Vision
22h Défilé des jeunes créateurs en compétition pour le Prix Chloé
– hangar de la Mouture, salin des Pesquiers, La Capte
Accessible uniquement sur présentation du ticket – réservation obligatoire, ouverture des réservations le 14 avril
DIMANCHE 27 AVRIL
10h – 16h Ouverture au public des expositions
Rencontre et présentation des portfolios des photographes sélectionnés – salles voûtées, villa Noailles
10h – 12h Showrooms : rencontre et présentation des 10 créateurs en compétition – jardin, villa Noailles
12h – 16h The Formers, rencontre avec des créateurs issus des concours précédents (nouvelles collections) : Cunnington& Sanderson (2008), Wisharawish Akarasantisook (2008), Mareunrol’s (2009), Harald Lunde Helgesen (2009), Steven Tai (2012), Satu Maaranen (2013), Damien Ravn
(2013) – jardin, villa Noailles
10h et 14h Ateliers de création de masques par Erik Halley -parvis, villa Noailles
14h 14e rencontres internationales du textile et de la mode – jardin, villa Noailles
Réservé aux professionnels et à la presse
16h30 Défilés des 10 créateurs en compétition pour le Grand Prix du Jury – Première Vision
17h30 Défilé de Satu Maaranen, laur.ate en 2013 du Grand Prix du jury – Première Vision
18h Remise des prix du 29e Festival
– hangar de la Mouture, salin des Pesquiers, La Capte
Accessible uniquement sur présentation du ticket – réservation obligatoire, ouverture des réservations le 14 avril
LUNDI 28 AVRIL
11h – 14h Ouverture au public des expositions
Pendant le festival, des navettes gratuites sont à votre disposition depuis la villa Noailles et les hôtels vers les événements. Horaires disponibles sur le site internet.
Horaires après le festival
Ouverture, du vendredi 2 au dimanche 25 mai :
tous les jours sauf lundis, mardis et jours fériés de 13h à 18h.
Le vendredi, ouvert en nocturne de 15h à 20h.
Entrée libre
Au programme : action, suspense et médecine pour un titre qui vous entraîne à cent à l’heure au côté du médecin le plus doué de l’hôpital d’Ôedo : Jûzaburô Kujô.
Pour lui, rien n’est impossible. Médecin aux capacités incroyables, ce jeune homme travaille d’arrache-pied pour sauver son prochain ! Franc, dévoué et vif, notre héros nous emporte dans le tourbillon médical avec une fougue saisissante. Le savoir-faire médical de Jûzaburô Kujô est tellement impressionnant que tout le monde le compare à un Dieu égyptien et le surnomme « La main d’Horus ». Malgré sa tête de gangster peu avenante, ce docteur expert n’a peur de rien et se lance même dans les opérations que tout le monde aurait refusées. Toujours prêt à secourir son prochain, il enchaîne les gardes hospitalières pour ne pas laisser les patients dans une attente interminable et il est même disposé à donner son propre sang pour finir une opération ou soigner un bandit gravement blessé… Grâce à son éthique inébranlable, son raisonnement est précis et universel. Il n’hésite d’ailleurs pas à le rappeler : « la seule chose que je respecte, ce n’est pas le règlement… mais la vie ! ».
Ce qui est impressionnant dans cette série de Seki Tatsuya, c’est le talent avec lequel il allie l’expertise médicale digne de Dr House et la tension omniprésente que l’on retrouve dans Urgences. La main d’Horuspermettra également de découvrir un système de santé très codifié et parfois même totalement aberrant à cause des règles qui régissent les hôpitaux et les personnels. Il n’est donc pas rare de voir des patients non admis à l’hôpital pour de multiples raisons… Mais qu’importe, médecin devant l’éternel, pour Jûzaburô Kujô, il n’y a ni bon ni méchant ni règlement qui tienne, tout ce qu’il souhaite, c’est sauver des vies !
Bourré d’action, La main d’Horusest un titre d’une incroyable fluidité. Il saisit par son dessin détaillé, son rythme soutenu et la facilité déconcertante avec laquelle on se laisse porter par son histoire. Les différentes opérations et les chapitres défilent et on arrive au bout de ce volume aussi admiratif qu’impatient… Admiratif des prouesses de ce médecin-dieu et impatient de lire le volume suivant et de retourner en salle d’opération ! Vous l’aurez compris, cette série qui en est à son 3ème volume au Japon a tous les atouts pour vous plaire !
La main d’Horus: un titre adulte plein d’action et d’exploits au service de l’Humanité !
À découvrir dès le 15 mai 2014 en librairie.
La main d’Horus 1 Résumé officiel: Horus est le nom latin d’une des plus anciennes divinités égyptiennes, le dieu faucon. Il est notamment connu pour son pouvoir de guérison. Cette faculté divine se retrouve entre les mains de Jûzaburô Kujô, chirurgien à l’hôpital général d’Ôedo.
Malgré un environnement de travail peu favorable et de nombreux soucis avec sa hiérarchie, Jûzaburô n’a qu’un objectif en tête : sauver la vie de ses patients ! Bien qu’il soit prétentieux, séducteur, arrogant et imbu de lui-même, son talent de chirurgien reste indéniable. Un personnage qui nous rappelle très clairement le fameux docteur House.
Auteur : Seki Tatsuya
Genre : Action, Drame, Médical
Format : 13 x 18 cm
Nombre de pages : 192
Date de sortie : 15/05/2014
Prix : 7,90€
La voix d’Inne Eysermans vibrera sans doute bientôt dans votre cage thoracique puisque l’album d‘Amatroski est sorti aujourd’hui ! L’occasion de vous tenir informés de cette petite perle à ne pas manquer, avec Hudson, titre extrait de l’album du jour.
Un voyage c’est l’histoire d’un couple, Mona et Daniel, qui part le temps d’un week-end pour s’offrir des derniers élans d’amour avant la fin. C’est la troisième collaboration entre Anna Mouglalis et Samuel Benchetrit après J’ai toujours rêvé d’être un gangster et Chez Gino. Nous retrouvons le réalisateur et son actrice à l’Hôtel Amour. Il y a des coïncidences qui ne trompent pas …
Anna Mouglalis et Samuel Benchetrit, (c) Mégane Mahieu pour Publik’Art
L’amour à mort.
Publik’Art : Quelle a été la motivation première de ce film, « Un voyage » ?
Samuel Benchetrit : C’était simplement la volonté de faire une histoire d’amour avec une fin définitive, et en soi il n’y a pas plus définitif que la mort.
Publik’Art : L’euthanasie est donc une des problématiques du film, mais cela va au-delà. Pour une idée poétique du film, on pourrait percevoir cet acte comme l’apothéose d’un amour si fort entre Daniel et Mona que rien n’est possible après…
Samuel Benchetrit : Je n’avais pas tellement cette idée « romantique » en tête, mais effectivement c’est un amour inconditionnel entre les deux personnages.
Anna Mouglalis : Il y a beaucoup d’histoire comme ça d’amants qui se suicident ensemble. Mais dans Un voyage il y a au centre un petit garçon.
S.B: Rien n’est plus cruel que la mort. Et la mort c’est une des possibilités de rupture amoureuses, la plus courante. Une histoire d’amour c’est une histoire de vie. Quand on rencontre quelqu’un c’est une naissance, une renaissance je dirai même. Et dans ce chemin « d’être ensemble » il y a l’amour, il peut y avoir comme c’est le cas dans mon film la maladie, des moments de bonheur incroyables ou de désespoir.
[pull_quote_left] Quand on rencontre quelqu’un c’est une renaissance. Et dans ce chemin « d’être ensemble » il y a l’amour, il peut y avoir comme c’est le cas dans mon film la maladie, des moments de bonheur incroyables ou de désespoir.[/pull_quote_left]
Publik’Art : Le propos du film est grave, mais certaines scènes allègent ponctuellement le propos. Un voyage est constamment sur le fil du rasoir, certaines scènes d’abord burlesques virent à une grande tristesse, par exemple cette scène où Daniel et Mona imitent des singes…
S.B : C’est l’étonnement de certaines scènes qui, à la rigueur, peut provoquer le rire. Mais, par exemple la scène où Daniel et Mona commencent à imiter des singes et font l’amour de manière primaire c’est absolument dramatique. Ce côté primaire c’est la seule solution qu’à trouver Daniel pour retrouver le corps de sa femme. C’est d’une grande tristesse cette régression des deux personnages. Mona et Daniel sont un peu comme des enfants, des adolescents.
Etre une femme.
Publik’Art : Il y a ce paradoxe dans « Un voyage », à la fois vous ne faites pas de cadeau au personnage de Mona, mais vous la filmer avec tant de tendresse, par une caméra amoureuse on pourrait dire, que jamais elle ne devient une victime de cette situation si singulière. Est-ce inhérent au fait d’avoir choisi Anna Mouglalis ?
S.B: Je ne me suis jamais posé la question de choisir quelqu’un d’autre. Si je ne la filme pas avec amour, j’essaye au moins de la filmer avec dignité et pudeur. C’est ce que m’inspire Anna et son personnage dans le film. La situation étant assez dramatique, je ne pouvais absolument pas faire quelque chose de « dégueulasse » avec elle, avec son image.
Publik’Art : Une phrase aurait pu inspiré le personnage de Mona : « ce n’est pas une femme, c’est une apparition. » (ndlr : François Truffaut, Baisers volés) L’image ajoute à la dimension fantomatique du personnage…
A.M: Mona est plus proche de la disparition, tout brûle pour elle. Ce personnage se propose une liberté parce que c’est bientôt fini, le film montre ses derniers élans d’amour.
[pull_quote_right] Mona est plus proche de la disparition, tout brûle pour elle. Ce personnage se propose une liberté parce que c’est bientôt fini, le film montre ses derniers élans d’amour. [/pull_quote_right]
Publik’Art : Après « La Jalousie », Anna Mouglalis, c’est encore un rôle d’une femme forte de convictions, prête à tout par amour. Philippe Garrel comme Samuel Benchetrit travaillent beaucoup le regard de l’homme sur la femme, de la photogénie de votre visage souvent pris en gros plans …
A.M : Il y a effectivement cette question du regard, mais tout deux l’abordent de manière très différente. J’ai tourné Un voyage avant La jalousie. Alors quand Phillippe Garrel m’a demandé si j’étais d’accord pour rendre quelque chose de très naturel dans son film, sans maquillage ni coiffure, je trouvais ça normal. Le film de Garrel est héritier en quelque sorte d’Un voyage.
J’étais très heureuse à la lecture du scénario du film de Samuel, Mona est un personnage fort et je savais que je pourrais explorer beaucoup de choses grâce à elle. Garrel comme Samuel m’ont permis de me « libérer », de passer au-delà de la pudeur, que ce soit celle liée au sentiment amoureux ou à la souffrance. Ils m’ont fait du bien.
[pull_quote_left] Travailler avec Philippe Garrel et Samuel Benchetrit m’a permis de me »libérer », de passer au-delà de la pudeur.[/pull_quote_left]
Publik’Art : Mona et Daniel forment un couple romanesque, Daniel est d’ailleurs écrivain, c’est le contre-pied de l’autre couple qu’ils rencontrent au cours du film Claire et Pierre. Claire (Céline Salette) porte la vie en elle, mais son couple semble mort. Etait-ce pour mettre en évidence la force, l’atypisme du couple de protagonistes que vous l’avait fait se confronter à un autre ?
S.B : Claire et Pierre sont un couple comme il y en a beaucoup je pense, de ceux qui vivent ensemble égoïstement. Je me rappelle, nous étions dans le Sud à la plage avec Anna, et à côté de nous il y avait ce couple arrivé en même temps que nous et qui ne s’adressait absolument pas la parole. On s’est rendu compte avec Anna que c’était un couple qui, en fait, ne se connaissait pas. Ils avaient du se marier parce que c’est ce que tous le monde fait, c’était quelque chose de formel.
A.M : Ils devaient passer 24h/24 ensemble, d’ailleurs bien souvent c’est ce genre de couple qui vole en éclat.
Publik’Art : Comme ces couples au restaurant qui ne se parlent pas …
S.B : C’est d’une grande tristesse. D’ailleurs quand Mona débarque à la table de Claire et Pierre au restaurant, les deux ne se parlait pas du tout. C’est un événement pour eux, pour Claire surtout. D’ailleur l’apparition de ce couple fait suite à un fondu au noir, juste après que l’on ait compris que Daniel ait écrit un livre autobiographique dont le dernier chapitre n’est pas bon. Mona en se levant lui offre ce dernier chapitre, une dernière aventure.
Publik’Art : Une étrange alchimie se produit d’ailleurs entre Mona et Claire, quelque chose de triste et de sensuel … Pourquoi avoir choisi Céline Sallette ?
S.B : Ces deux femmes, Mona et Claire, pourraient être un couple. Je trouvais Céline très bonne actrice. Avec Anna, le courant était bien passé et je voulais quelqu’un de bien pour elle. Elles se ressemblent un peu, elles ont quelque chose de mystérieux, comme une blessure secrète. Je voulais qu’il y ait ce rapport non pas tellement trouble entre Claire et Anna, puisque les femmes partagent toute quelque chose, une souffrance, une complicité. D’ailleurs j’ai lu qu’une femme sur dix en Occident allait forcément à un moment donné avoir à faire à une affaire d’harcèlement ou de viol. Anna et moi avons une petite fille, cela m’a frappé.
Le personnage de Claire est violenté, cet enfant qu’elle porte elle ne voulait pas vraiment. Elle raconte à Mona que son mari s’est jeté sur elle un soir, ce rapport non consenti, même entre mari et femme, c’est du viol.
Il y a une complicité entre hommes, mais elle n’est pas du même ordre. Moi j’ai une complicité avec les hommes artistes par exemple.
Publik’Art : Parce que vous partagez une sensibilité avec eux, les artistes n’ont pas peur d’explorer leur part féminine, et vice et versa. ?
S.B : Oui c’est ça. Nous partageons les mêmes errances, les mêmes aspirations, les mêmes passages à vide. Ceux qui refusent d’explorer cette part de l’autre sexe en eux ne progressent pas, c’est évident. Il y a énormément d’auteurs, d’acteurs hommes qui vont vers une grande féminité. Nicholas Ray, Samuel Beckett, Jean-Louis Trintignant … en vieillissant ressemblent de plus en plus à des femmes.
Des mots et des actes.
Publik’Art : Les dialogues du film sont beaux, littéraires proches du théâtral même. On peut penser à Jacques Doillon avec qui vous avez tourné Samuel (ndlr : dans « Un enfant de toi » en 2012). Ce cinéaste a aussi une manière particulière d’écrire ses personnages, ce sont des formes de dialogues qui vous ont inspirés ?
S.B : Non, pas pour l’écriture des dialogues. Doillon peut plus m’inspirer sur la direction des acteurs. Mais nous n’avons pas du tout le même style, chez lui c’est plus proche du marivaudage. Ces personnages ont du vocabulaire c’est certain. Les personnages d’Un voyage ont aussi cette élégance des mots mais n’ont pas cette pure théâtralisation. Quand on écrit des dialogues, on les « écoute », je voulais que mes personnages aient un langage, le leur. Geste, langage, écoute … ce sont les choses que chaque couple se fabrique.
[pull_quote_right] J’attache de l’importance aux dialogues dans mes films. Dans « Un voyage », c’est le langage propre à ce couple que j’ai voulu mettre en avant.[/pull_quote_right]
Publik’Art : En parlant d’écriture, Samuel Benchetrit, vous écrivez aussi des romans. Abordez-vous l’écriture d’un film de la même manière que celle d’un livre ? Est-ce quelque chose d’absolument distinct ou l’un nourrit l’autre ?
S.B : Ce sont des choses différentes mais qui se nourrissent oui. D’abord, c’est la même pensée. Mais ce n’est pas la même énergie, la même intimité. L’écriture d’un livre nécessite une certaine solitude. Pour un film, on écrit pour les autres, il faut leur parler, partager ses idées.
Publik’Art : L’image au grain très prononcé du film est loin du noir et blanc très esthétisant de « J’ai toujours rêvé d’être un gangster». Ce choix du numérique était dû à des contraintes économique ou était-ce vraiment déterminé par le sujet du film, soit celui d’une évanescence programmée ?
S.B : Il y avait effectivement des contraintes budgétaires. C’est le premier film que je faisais en numérique, mes trois précédents étaient en pellicule. C’est une autre éducation du rapport à l’image.
A.M : Et puis c’est aussi une autre mise en scène. Samuel travaille normalement en ayant en tête le nombre exact de plans en tête. Le numérique, la caméra à l’épaule, induit une autre gestuelle. La caméra s’adapte aux acteurs plus que le contraire. Il y a un vrai travail d’accompagnement, « d’improvisation » de la caméra.
Publik’Art : Il y peut y avoir de prime abord une certaine perplexité vis à vis de Yann Goven, de ce choix d’acteur. Anna a un magnétisme, une animalité très frappante. Yann Goven est plus sec, d’une nervosité sous-jacente et ce n’est qu’au fur et à mesure qu’on saisit la force qu’il a aussi, et qu’il finit par s’accorder à Anna. Est-ce pour ça que vous l’avez choisi ?
S.B Au départ j’avais pensé à quelqu’un d’autre pour le rôle, Arthur H, qui n’était pas disponible. Yann je le voyais souvent, il a une carrure qui m’intéresse. Sa maigreur, presque maladive, traduit en fait une grande force, une solidité, une nervosité oui.
Il a commencé le film un peu hésitant, doucement il a pris de l’ampleur, au moment où il le fallait. Quand il doit porter Mona, il le fait, concrètement.
Cumulus est un studio de création graphique spécialisé en motion design et ça se voit ! La preuve avec ce showreel retraçant leurs travaux de l’année 2013. Très fort.
EXPØ, c’est un quatuor rennais inspiré (Antoine (guitare, choeurs), Ludo (guitare, voix, claviers), Laurent (Basse) et Olivier (Batterie)) au goût prononcé pour les tubes pop énergiques qui n’ont rien à envier aux grands noms de la scène anglophile. Leur premier album Blind Spøts n’est fait que de ça. Des confettis comme s’il en pleuvait. A découvrir tout de suite :
[pull_quote_center] Un couple dépose leur enfant à la maternelle un vendredi matin. C’est la grand-mère qui viendra le chercher le soir et qui le gardera pour le week-end. Eux partent en voyage, dans un autre pays.[/pull_quote_center]
Parfois il est difficile de définir son avis sur un film à la sortie du cinéma. Le dernier film de Samuel Benchetrit déstabilise, se réfléchit, se digère.
Il y a quelque chose de l’ordre de la tragédie dans Un voyage.
Dès les premières images, c’est un visage de femme qui s’offre à la caméra. Mona (Anna Mouglalis) parle à son mari, susurre de sa voix grave la mort imminente : « mon dernier mot sera celui de notre amour ».
L’image est trouble, de mauvaise qualité, bien loin du splendide noir et blanc de « J’ai toujours rêvé d’être un gangster ». Plus le film avance, plus l’image semble se décomposer comme si l’évanescence programmée la mangeait. La caméra tremble. Mona « ce n’est pas une femme, c’est une apparition ». A demi nue dans l’eau, dans une robe de satin rouge dans la rue, Un voyage c’est surtout le portrait dans tous ses états de la belle Mona/Anna Mouglalis, la caméra recueillant le moindre de ses sourires et de ses larmes.
Il est question d’équilibre dans ce film, d’un amour qui s’éprouve. De rencontres de hasard en situations insolites, Un voyage marche sur le fil du rasoir, parfois tombe mais se rattrape. Et puis finalement c’est Daniel (Yann Goven) qui tient Mona sur ses épaules, qui supporte concrètement le poids de leur amour qui va s’éteindre. Le film est ponctué de beaux dialogues, à la lisière du théâtral, rendant bien la singularité de ce couple et de leur situation.
Un voyage n’est pas sans défaut (un rythme inégal, des moments d’égarement…), mais la sincérité du processus et la caméra amoureuse de Benchetrit lui font pardonner facilement. Si le voyage n’est pas parfait, il vaut assurément le détour.