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The Summer with Carmen, un film dans le film à découvrir le 19 juin 2014 en salles

Demosthenes est un habitant d’Athènes, il passe beaucoup de temps sur les rochers à discuter avec son ami Nikitas. Il s’occupe de la petite chienne de son ex-compagnon Panos, prénommée Carmen, ce dernier n’arrivant pas à gérer le caractère difficile de sa jeune protégée. Il s’en occupe tout l’été, d’où le titre du film, et dans le même temps il écrit avec Nikitas le scénario d’un film. Le film est très ensoleillée et se révèle une véritable mise en abime du cinéma avec un film dans le film. Le contexte homosexuel sert de toile de fond sans prendre toute la place, les attributs sexuels ne sont pas cachés mais le film ne fait pas une fixette et les ébats ne montrent pas tout. Le résultat n’est pas du tout glauque, presque pudique pour un film qui se suit comme une chronique estivale désenchantée.

Un film sur la vie d’aujourd’hui

The Summer with Carmen se déroule en Grèce. Le contexte socio-économique est abordé de très loin et le film se concentre surtout sur les 3 personnages masculins principaux. Demosthène est un ancien acteur devenu fonctionnaire. Le film multiplie les allers-retours temporels entre sa vie de couple avec Panos, leur rupture et la vie d’après. La couleur des cheveux de Nikitas aiguille sur la situation temporelle, tantôt colorés en rose et bleu, tantôt au naturel. L’écriture du scénario sert de trame principale du film, surtout que le film lui-même devient très vite un reflet de ce scénario. Organisé en différents actes, ce scénario est découpé en phases destinées à apparaitre dans un hypothétique film, The summer with Carmen montre même les scènes supposément coupées pour une mise en abime encore plus mise en abime. Les plans ensoleillés sur des rochers dévoilent une localisation prisée par la communauté homosexuelle, avec des rencontres fortuites, des ébats pas si explicites et des images de fessiers nombreuses. Bronzette, nage, passage à l’acte, la toile de fond dévoile un panorama varié, les protagonistes sont en maillot de bain ou nus, l’ambiance se veut estivale et lumineuse sans prosélytisme. Demosthène est aussi barbu et baraqué que Nikitas est réservé, un vrai moulin à paroles beaucoup plus impliqué dans le travail que son ami. Le film louvoie entre images de gay pride, paysages urbains de la capitale grecque et petit chien qui prend de plus en plus toute la place dans la vie de Demosthene. Blessé par sa rupture, il trouve en ce nouveau compagnon un lien avec son ex en même temps qu’un passe-temps qu’il adore. Il promène le chien, s’en occupe avec assiduité et fait la rencontre d’un autre propriétaire de chien. Le film ressemble à un vaudeville grec et gay tout en nuances et en sentiments pour une réflexion sur la vie de couple, l’implication émotionnelle et le fait de pouvoir changer ou pas au cours de sa vie. Cette dernière question suit tout le film, changeons nous ou restons nous toujours les mêmes. Chacun a son avis, L’empathie est constante, les personnages montrent leur fêlures à des spectateurs alors qu’ils aimeraient au contraire les leur cacher. Le fait de montrer la famille de Demosthène est un prétexte pour souligner les sentiments contraires des parents pour leurs enfants gay. La phrase cite-moi une mère qui n’a jamais été gênée par son fils incite à démontrer l’amour inconditionnel d’une mère pour son fils combien même les désagréments.

The Summer with Carmen est une comédie de mœurs gorgée de soleil, dénuée de scènes frontales pour laisser la place aux sentiments, aux doutes et aux aspirations d’une communauté qui commence à trouver sa place dans la société.

Synopsis: Démos, un grec ténébreux à la sexualité débordante, passe son été sur les plages d’Athènes avec son ami de longue date, Nikitas. Ensemble, ils tentent d’écrire un scénario inspiré de leur vie tumultueuse, surtout celle du beau Démos, au cœur écorché par sa dernière rupture…

Un portrait délicieusement surréaliste du maitre Salvador Dali avec Daaaaaali ! de Quentin Dupieux, sortie DVD/BRD/VOD le 18 juin

Comment capter l’essence d’un génie sur une simple pellicule? Le souvent clivant Quentin Dupieux (Wrong Cops, Réalité, Yannick, Le Daim) choisit d’abroger les frontières en imaginant une fausse interview menée par une journaliste débutante face à un Salvador Dali interprété par non pas 1 mais 4 acteurs. Le résultat est une mise en abime artistique sans queue ni tête, en tous points surréaliste, la rencontre imaginaire entre un réalisateur foutraque et un artiste bien perché, disparu depuis longtemps mais décidemment bien actuel. Qu’aurait-il fait à l’époque internet où chacun peut se mettre en scène chaque jour? La réflexion laisse songeur…

Un biopic fantasque

Salvador Dali a toujours été fuyant, s’amusant à perdre son auditoire dans une éternelle fuite en avant, se créant un personnage public fantasmatique, refusant tout cadre figé, multipliant les audaces pour ne jamais se laisser enfermer dans un stéréotype, au risque d’en devenir un. Edouard Baer, Jonathan Cohen, Pio Marmaï et Gilles Lellouche se succèdent dans une farandole de scénettes pour donner la parole au grand peintre, sculpteur, graveur, scénariste et écrivain espagnol dans une explosion mystique sans limite. Quentin Dupieux rêvait de ce biopic, il l’a enfin concrétisé en s’affranchissant de toute limite, lui qui n’en connait d’habitude déjà pas beaucoup. La narration n’est qu’un prétexte pour afficher l’exubérance d’un artiste total, décrié, adulé, mythifié, jeté aux crocodiles. Il suffit de lire une biographie pour se rendre compte de la manie récurrente du personnage pour se mettre en scène dans une romance continuelle impossible à considérer au premier degré. Les tableaux sont lourds de significations psychanalytiques ou surréalistes, le film tente avec succès de se mettre au niveau dans un film qui se révèle un nouveau jalon dans l’œuvre hétéroclite de celui qui se fait appeler aussi Mr Oizo. Une petite musique type flamenco accompagne le film dans un doux fond sonore, les échanges sont remplis de savoureux non sens daliens pour un résultat proche du film concept, à prendre ou à laisser. Le spectateur se fera une opinion de la performance des différents interprètes, comparant les accents et les implications avec délice.

L’heure et quart de film propose un voyage en absurdie qui ne peut pas laisser indifférent, à découvrir en DVD/BRD/VOD le 18 juin.

Synopsis: Une journaliste française rencontre Salvador Dali à plusieurs reprises pour un projet de documentaire.

Inspecteur Sun et la malédiction de la veuve noire, une enquête pour les plus jeunes, sortie DVD le 18 juin 2024

Inspecteur Sun et la malédiction de la veuve noire se veut un hommage au film noir et a sous-genre policier du whodunit autrefois popularisé par l’auteur de roman policier Agatha Christie, destiné à un public jeune avide d’histoires rocambolesques. L’histoire enchaine les fausses pistes, les impasses, les suspects mystérieux et les coups de théâtre. Le tout est forme une intrigue astucieuse, tortueuse, comique et divertissante.

Un film d’animation réussi

Inspecteur Sun et la malédiction de la veuve noire mélange film d’animation et film noir pour un mélange des genres réussi entre style années 30, film d’insectes et intrigue à la Agatha Christie. La qualité des dessins et le sens de l’humour se mélangent à merveille pour éblouir les plus petits. Le défi pour l’équipe du film a été de parvenir à rendre les araignées sympathiques, au contraire de leur image habituellement repoussante voire dégoutante, voire effrayante. Nous avons accordé une attention toute particulière aux personnages, conçus par les designers Sylvain Deboissy et Max Kostenko, afin de nous assurer que nous obtenions des personnages très mignons et drôles, que tout le monde trouvera attrayants dans leurs « imperfections » », explique Julio Soto Gurpide.

Pari gagnant, Le résultat est réussi! Ce film d’animation peut être suivi avec 2 niveaux de lecture, un plutôt destiné aux enfants, l’autre aux adultes. L’histoire principale suit le policier renommé qui doit démasquer l’auteur d’un crime qui s’est déroulé dans le huis clos d’un avion reliant Shanghai à San Francisco. Il est accompagné d’une jeune admiratrice qui voudrait apprendre les ficelles du métier. De quoi passer un très bon moment de cinéma!

Synopsis: Innspecteur Sun, célébrissime araignée détective, embarque dans un hydravion pour San Francisco après avoir enfin capturé son ennemi juré, le Criquet Rouge. Pendant le vol, le meurtre du Docteur Bugsy Epinestone l’entraîne dans une nouvelle enquête au cœur d’un complot qui menace à la fois le monde des humains et celui des insectes.

Du vent dans les cahiers (Glénat Jeunesse)

Du vent dans les cahiers (Glénat Jeunesse)

Les éditions Glénat nous propose un nouvel album dans la collection : Les petits bonheurs de Charlie Blossom : Du vent dans les cahiers.

Cet album s’adresse aux enfants dès l’âge de 5 ans. Il est à la fois un album et une BD. Même sans savoir lire, le jeune lecteur pourra lire la BD… De grandes images côtoient des petites. Les dessins sont très colorés et très explicites.

Aujourd’hui, c’est le dernier jour de l’école. Tu es trop excité ! Dans ton cartable, tu n’emportes que des jeux, comme l’a demandé la maîtresse ! Ce soir ce sont les grandes vacances ! Ce dernier jour ne ressemble pas du tout aux autres jours d’école ! On va faire ce que l’on veut toute la journée ! Ce sera un peu comme une récréation géante !

Hop, la cloche sonne ! « Au revoir, cahiers, dictées et leçons de grammaire. »

Tu es trop content d’être en vacances mais tu n’oublieras jamais ta maîtresse !

Du vent dans les cahiers est un chouette album ! A offrir à chaque maîtresse pour la bibliothèque de la classe !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2024
Auteur : Camille Osscini
Illustrateur : Julien Arnal
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 12,50 €

L’inconnue de Peyrolles, de Françoise Bourdin (Belfond)

L’inconnue de Peyrolles, de Françoise Bourdin (Belfond)

Les éditions Belfond ont publié pour la 1ère fois, le roman de Françoise Bourdin, L’inconnue de Peyrolles, en 2006.
Françoise Bourdin est décédée en décembre 2022, à 70 ans.

Aujourd’hui, Les éditions Belfond publient L’inconnue de Peyrolles dans une nouvelle édition ! Et il va connaître le même succès qu’au moment de sa sortie !
L’inconnue de Peyrolles raconte une histoire familiale, avec ses joies, ses peines, mais surtout ses secrets de famille !

Pascale vient de divorcer et quitte Paris. Elle est médecin pneumologue. Elle retourne à sa maison d’enfance et décide de s’installer dans leur maison familiale à Peyrolles. Près de Toulouse.

Tout se passe bien pour elle. Elle trouve un poste dans un hôpital, pas trop loin de Peyrolles. Mais sa chef est un dragon…

On voit Pascale évoluer tout au fil des pages. Elle s’installe dans cette trop grande maison, avec une collègue infirmière. Elle décide de racheter cette maison à son père qui veut la vendre. Elle ne comprend pas pourquoi son père fait tout pour l’empêcher de s’installer là-bas.
Elle rencontre un homme, charmant, haut poste, et qui va beaucoup l’aider. Mais il y a toujours Sam dans sa vie ! Son ex-mari. Il reste, lui aussi, très attaché à elle.

Au fil des pages, on évolue avec Pascale qui fait des découvertes surprenantes dans cette vieille maison. Mais que cache-t-elle comme secrets ?
Pascale arrivera-t-elle à être heureuse malgré tout ?

L’inconnue de Peyrolles est une belle intrigue familiale qui va vous régaler cet été !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mai 2024
Auteur : Françoise Bourdin
Editeur : Belfond
Prix : 22 €

Un film tout en délicatesse avec Les lueurs d’Aden, sortie en DVD le 18 juin 2024

Le film Les lueurs d’Aden fait plonger dans le quotidien d’un pays mal connu, le Yémen, où une famille se retrouve à devoir faire le choix d’un avortement forcé eu égard à leurs conditions de vie précaires. Le pays musulman tolère selon certaines conditions cette pratique, l’histoire est inspirée d’un fait divers réal pour une narration ultra réaliste et sans œillères.

Une histoire vraie

Le film Les Lueurs d’Aden se base sur une histoire vécue par un ami du réalisateur Amr Gamal et sa femme. Appartenant à la classe moyenne, ils sont touchés de plein fouet par la guerre de 2015 touchant le Yémen. Rencontrant des difficultés financières bien compréhensibles et déjà parents de 2 enfants, ils ont envisagé un avortement lorsque la femme est tombée enceinte pour la 3e fois. Pensant d’abord que la pratique était interdite, ils ont accueilli un 3e enfant, mais lorsqu’elle est tombée enceinte après la guerre de 2015 pour la 4e fois, et comme tous deux avaient perdu leur travail, ils ont pris la décision de ne pas donner naissance à ce 4e enfant. Et la voix officielle est bien surprenante. L’avortement n’est pas considéré dans ce pays comme grave s’il intervient avant 120 jours de grossesse. Cette adaptation des croyances a de quoi surprendre dans ce pays par ailleurs très rigoriste, et pourtant, c’est bien réel. Le film se déroule au Yémen et décrit un quotidien pas si éloigné que ça du notre, un peu comme dans les films iraniens. Le réalisateur Amr Gamal ne recule devant aucun obstacle pour décrire un quotidien entre routine et éléments surprenants. Les militaires lourdement armés circulent constamment au milieu de voitures de tourisme lambda. Les rues alternent entre bâtiments éventrés et magasins bien achalandés. Le film très brut, sans artifices et extrêmement réaliste se veut un témoignage sur une époque marquée par l’envie de vivre et les blessures récentes toujours vives. Le port d’Aden n’a rien à envier à la côté amalfitaine et ce carrefour des cultures subjugue par sa beauté. Le réalisateur a choisi de nombreux plans fixes pour son film pour palier au manque de professionnalisme des acteurs et réaliser facilement des coupes lorsque nécessaire. Le résultat est d’un grand naturel et apporte une dimension d’authenticité au film.

Le film est un témoignage réaliste sur le quotidien de familles lambda dans un théâtre de guerre. Le film se regarde avec intérêt pour découvrir de nouvelles cultures à l’existence pas si éloignée de la notre.

Synopsis: Isra’a vit avec son mari Ahmed et ses trois enfants dans le vieux port de la ville d’Aden, au sud du Yémen. Leur vie quotidienne est rythmée par les effets de la guerre civile : contrôles militaires dans les rues, pannes de courant fréquentes, et rationnement de l’eau. Ahmed, qui travaillait pour la télévision, a dû quitter son poste à la suite de nombreux salaires impayés, pour devenir chauffeur. Ils ont à peine de quoi offrir à leurs enfants une vie normale et une bonne éducation. Quand Isra’a apprend qu’elle est à nouveau enceinte, le couple doit faire face à une nouvelle crise. Ils savent tous les deux qu’ils ne peuvent pas se permettre un quatrième enfant, d’autant qu’ils doivent déménager dans un logement moins cher et qu’il faut payer les frais d’inscription d’école. Ensemble, ils décident d’avorter. Une amie médecin va peut-être les aider…

[BD] Petit Pays, brillante adaptation du roman de Gaël Faye (Aire Libre / Dupuis)

[BD] Petit Pays, brillante adaptation du roman de Gaël Faye (Aire Libre / Dupuis)

Adaptation du roman multi-récompensé du rappeur Gaël Faye (prix Goncours des Lycéens…), Petit Pays est un petit bijou proposé par Sylvain Savoia (Dessin, Couleurs) et Marzena Sowa (Scénario). Dans ce chef d’oeuvre bouleversant, on suit la destinée d’une famille d’expatriés, un couple mixte franco-rwandais et leurs enfants, vivant en exil au Burundi. Il est devenu trop dangereux de vivre au Rwanda où les Hutu massacrent les Tutsi. La maman de Gaby est justement Tutsi.

Et alors que Gaby vit une enfance insouciante avec ses amis voisins, au fond d’une impasse peuplée de villas cossues d’expatriés, on assiste peu à peu à une longue descente aux enfers. L’histoire d’un génocide contagieux et atroce qui va envahir jusqu’à la dernière parcelle de vie. Une horreur absolue magistralement racontée, d’abord par Gaël Faye, puis par les auteurs de la BD. Le récit garde une grande puissance, superbement restitué à travers un univers graphique d’une très grande finesse. 

Bref, Petit Pays est un véritable coupe de coeur qui effraye autant qu’il émeut. 

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Exilés au Burundi, Gaby et Ana, enfants métis franco-rwandais, voient leur quotidien joyeux bousculé par la guerre civile. Alors que leur famille se déchire, le génocide des Tutsi au Rwanda voisin vient mettre un terme à leur innocence. D’ailleurs, déjà à l’école, Gaby assiste à une bagarre entre un Tutsi et un Hutu, que rien ne semble pourtant séparer si ce n’est – d’après son père – la forme de leur nez…

Mené par Marzena Sowa et Sylvain Savoia, l’adaptation du best-seller à résonance autobiographique de Gaël Faye – prix Goncourt des lycéens 2016 – qui a lui-même choisi les auteurs de Marzi parmi les nombreux projets présentés. Aussi magnifique que poignant.

Date de parution : le 12 avril 2024
Auteurs
: Sylvain Savoia (Dessin, Couleurs), Marzena Sowa (Scénario)
Genre : Histoire, roman
Editeur : Dupuis
Prix : 26 €
Acheter sur : BDFugue

Ta naissance (Les Albums Casterman)

Ta naissance (Les Albums Casterman)

Ta naissance est un magnifique album, à la couverture cartonnée, qui raconte au tout-petit la naissance d’un bébé gorille.

C’est l’histoire d’un couple de gorilles qui s’aime et qui attend un bébé. L’album raconte alors chaque étape de la grossesse, de l’accouchement et des premiers mois de la vie du bébé gorille.
L’album parle également de la transformation du couple qui devient parents ! Une très forte émotion, une très forte joie mais surtout un immense amour pour ce tout petit bout ! Un bébé qui chaque jour va s’ouvrir un peu plus à la vie !

Les illustrations sont étonnantes de simplicité et de beauté !

Ta naissance est un joli cadeau à faire au moment de la naissance d’un tout-petit !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2024
Auteur : Sandra Le Guen
Illustrateur : Csil (Cherch&Trouv)
Editeur : Casterman
Prix : 14,90 €

Mozart en état de grâce, dans les pas d’Anne Teresa De Keersmaeker

Mozart en état de grâce, dans les pas d'Anne Teresa De Keersmaeker
© Christophe Pelé / OnP

Mozart en état de grâce, dans les pas d’Anne Teresa De Keersmaeker

Après les précédentes collaborations entre Anne Teresa De Keersmaeker et le Ballet de l’Opéra de Paris, qui compte désormais à son répertoire inscrit deux de ses spectacles que nous avions chroniqués (Rain et la soirée de répertoire Bartók/Beethoven/Schönberg ), c’est en tant que metteur en scène qu’elle signe cette production de Cosi fan tutte de Mozart avec sa compagnie Rosas, reprise pour cette nouvelle saison.

Elle associe un danseur de la compagnie Rosas à chaque chanteur où cette duplication à partir d’un geste sûr et si particulier, révèle l’essence même de l’œuvre. Et donne à voir la géométrie de la musique porteuse de multiples résonances, corporelles, émotionnelles, qui sont ainsi dansées où s’inscrivent également les non-dits.

Ferrando et Guglielmo sont fiancés à deux sœurs, Dorabella et Fiordiligi. Afin de démontrer à un philosophe que leurs fiancées sont fidèles, ils font semblant de partir à la guerre, puis reviennent déguisés en étrangers où sous ces fausses identités, courtisent les deux femmes. Mais  voilà que leur plan déraille : chacun se retrouve à poursuivre la fiancée de l’autre. Les couples d’origine sortiront-ils indemnes de ce jeu de l’amour et de la cruauté ?

Entre énergie et mélancolie

La chorégraphe s’empare avec finesse de cette question qui explore l’appel à la transgression entre ces personnages gouvernés par leur désir. Le tout au diapason de la partition claire-obscure de ce Mozart si proche de Marivaux. Et qui n’a cesse de jouer les funambules entre opera buffo et opera seria, soit entre légèreté et profondeur.

Sur un plateau nu, totalement repeint en blanc, avec seulement de chaque coté des panneaux de plexiglass transparents, Anne Teresa De Keersmaeker scrute entre variation géométrique et dynamique pulsative propres à son style, les jeux de la séduction et du désir.

Le vocabulaire fluide, jamais narratif, colle à la musique dont l’élan, tantôt immobile, tantôt volcanique, transfigure la tension des corps et leur rapprochement.

Une distribution éclatante

Et l’écriture sur le thème du livret sans jamais le surcharger dessine des motifs qui recomposent l’espace d’où les corps interagissent entre énergie et mélancolie.

La distribution d’une belle homogénéité est en osmose parfaite avec les rôles/pas distribués où les voix éclatantes des chanteurs et les lignes harmoniques des danseurs se superposent en binôme (Vannina Santoni/Cynthia Loemij, Angela Brower/Samantha van Wissen, Hera Hyesang Park/Marie Goudot, Josh Lovell/Julien Monty, Gordon Bintner/Michaël Pomero, Paulo SzotSavio/Bostjan Antoncic) pour faire corps avec la partition, sa résistance, et son mouvement perpétuel.

Dates : du 10 juin au 9 juillet 2024 – Lieu : Palais Garnier (Paris)
Metteur en scène / chorégraphe : Anne Teresa De Keersmaeker

Je découvre avec les autocollants la ferme (Père Castor)

Je découvre avec les autocollants la ferme (Père Castor)

Les éditions du Père Castor nous proposent un très chouette cahier d’activités : Je découvre avec les autocollants, la ferme.
Non seulement le jeune lecteur va adorer trouver les autocollants, plus de 150, et bien les positionner, mais en plus, il va pouvoir apprendre à compter, que ce soit des vaches, des lapins, des oeufs, ou encore des alpagas ! Grâce à cette approche ludique l’enfant va développer sa motricité fine, son sens de l’observation. Il va chercher et trouver ce qu’on lui demande et sans doute découvrir un nouveau vocabulaire ! Une façon intelligente d’occuper son petit cet été ! Pour bien le préparer à la petite section de maternelle.
Je découvre avec les autocollants la ferme est un cahier d’activités très joliment illustré et à mettre entre toutes les petites mains ! Dans la même collection, vous trouverez un cahier d’activités sur le thème de l’espace, de l’océan ou encore de la jungle !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2024
Auteur : Eve Robertson
Illustrateur : Teresa Bellon
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 5,95 €

L’affaire Vinca Curie, un thriller scientifique à découvrir en salles

Le film réalisé par Dragan Bjelogrlic s’inspire d’une histoire vraie. 4 scientifiques yougoslaves gravement irradiés ont été soignés et sauvés par une équipe de scientifiques français menée par le professeur Mathé. Pas vraiment d’action et de rythme dans un film qui vise à mettre en avant la ténacité de scientifiques bornés et butés à l’origine de la technique de la greffe de moelle osseuse, alors inédite et devenue maintenant routinière. Le suspense et le drame rythment L’affaire Vinca Curie pour un très bon moment de cinéma vérité.

La science n’arrête jamais

Alexis Manenti incarne le professeur Mathé avec beaucoup d’intensité. Face à lui, Radivoje Bukvic incarne Dragoslav Popović, professeur yougoslave à l’origine du programme nucléaire yougoslave alors inconnu de l’ouest en 1958. Suite à une manipulation hasardeuse, il a été à l’origine de l’incident qui menace la vie de l’équipe yougoslave gravement irradiée. Dans un contexte de guerre froide, le film insinue une menace latente, la menace nucléaire était alors dans tous les esprits de l’ouest et de l’est, les médecins français visent à sauver des vies, mais sauver le professeur yougoslave conduirait à la conclusion du programme nucléaire. Le dilemme est dans l’air alors que le professeur Mathé tente de réussir sa greffe sur des rats, tentatives aussi vaines qu’hasardeuses. Le film met en avant la volonté des scientifiques décidés à réussir leur coup pour sauver les vies humaines.

Le film n’est pas un film d’humour ou d’animation ou d’action, pourtant il interpelle sur la valeur de la vie humaine et les efforts nécessaires pour la sauvegarder à tout prix. Une belle maxime de vie à découvrir actuellement en salles.

Synopsis: Octobre 1958, en pleine guerre froide, des scientifiques yougoslaves sont gravement irradiés dans le cadre d’une mission tenue secrète. Ils sont soupçonnés de travailler à la fabrication d’une bombe nucléaire. Rapatriés en France, ils sont pris en charge par le professeur Mathé à l’Institut Curie. Une course contre la montre s’engage alors pour les sauver…

L’été aux mille et une étoiles (Flammarion Jeunesse)

L’été aux mille et une étoiles (Flammarion Jeunesse)

Publik’Art vous avait déjà fait découvrir cette splendide collection avec Noël aux quatre vents. Des mêmes auteurs, voila aujourd’hui les aventures de cette famille ours, en été : L’été aux mille et une étoiles.
Comme c’est l’été, Groseille, Myrtille, Framboise et Cassis veulent coucher à la belle étoile. Alors, les petits oursons se préparent. Ils vont partir seuls, sans leurs parents, pour la première fois !
Et ils n’ont pas peur, bien au contraire ! Ils ont l’intention de compter mille étoiles dans le ciel. Ils vont rencontrer un blaireau, puis un hibou, des lucioles, une chauve-souris… et vont vivre ensemble une aventure fantastique !
L’été aux mille et une étoiles est un album magnifique, qui se lit et se relit avec beaucoup de plaisir. Chaque illustration est une aquarelle unique !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2024
Auteur : Zemanel
Illustrateur : Émilie Michaud
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 14,50 €

Une vraie expérience de vie dans le documentaire Les premiers jours, sortie en salles le 12 juin

Les Premiers jours est le 12e film de l’ethnologue et documentariste Stephane Breton, le premier depuis 2018 et son Filles du feu. Il revient avec un sujet pas banal, celui des ramasseurs d’algues sur un bout de côte désertique du nord du Chili. Dans un monde qui semble coupé de la civilisation vit des hommes qui se contentent d’une vie proche du dénuement et ne s’en portent pas plus mal. Pas de paroles dans ce moment de documentaire qui se concentre sur les images avec seulement de la musique et des bruits pour les accompagner. Les premiers jours a des airs de Robinson Crusoé, voire de Mad Max, avec ses carcasses de voiture rouillées et ses cabanes faites de tôles. Les protagonistes du film vivent avec peu dans une atmosphère de monde post-apocalyptique, comme si une catastrophe avait enseveli le monde tel qu’on le connait et qu’il fallait tout reconstruire avec les moyens du bord. Une énergie saisissante se dégage des images, pas de pathos ni de récriminations, les activités se déroulent comme dans un rêve avec une simplicité revigorante. Dans un monde où il ne pleut pas, cette terre oubliée du monde ressemble au far west américain au temps des premiers chercheurs d’or.

Le film a reçu le Prix Marco Zucchi (prix du film le plus innovant en terme esthétique et cinématographique) au Festival de Locarno – Semaine de la Critique pour son parti pris esthétique jusqu’au boutiste. Une vraie expérience de cinéma à découvrir en salles le 12 juin.

Synopsis: Sur un bout de côte désertique du nord du Chili où il ne pleut jamais, des ramasseurs d’algues vivent de peu et vivent pleinement, dans des cabanes légères et au volant d’épaves rouillées, comme des prospecteurs cherchant l’or du temps. Ce film sans dialogues, où la musique et le bruit jouent le rôle de la parole, donne une vision heureuse de la simplicité du monde et de l’énergie des commencements.

[BD] Hawkmoon, tome 3 : le Dieu Fou (Glénat)

[BD] Hawkmoon, tome 3 : le Dieu Fou (Glénat)

C’est toujours avec plaisir que l’on se plonge dans Hawkmoon, série épique créée par Michael Moodrock et adaptée par Jérôme Le Gris (Serpent Dieu, Les Âges perdus, Lord Gravestone) et Benoît Dellac (L’homme de l’année, Serpent Dieu, Nottingham). 

Dans ce troisième album, Le Duc Köln part à la recherche d’Yisselda après avoir repoussé le Baron Meliadus. Une quête qui va évidemment connaître de nombreux rebondissements, accompagnée d’un petit archer affamé… Et l’issue de cette quête promet un revers dramatique. 

Comme à son habitude le récit est maîtrisé et rythmé. Le spectacle total. On se régale de bout en bout. La saga continue !

A lire d’urgence !

Extrait de la BD :

Hawkmoon – Tome 03

Résumé de l’éditeur :

Dorian Hawkmoon et le comte d’Airain sont parvenus à stopper les armées granbretonnes aux portes de la Kamarg. Mais cette victoire, aussi retentissante soit-elle, n’a en rien freiné l’avancée des forces furieuses de l’Empire qui étend toujours plus sa domination sur le continent. Hawkmoon a compris que le répit accordé par la défaite du Baron Meliadus sera de courte durée. Toujours sous la menace du réveil du Joyau Noir, le duc de Köln aura-t-il le temps de retrouver la trace du mage persan seul capable de le libérer du pouvoir de la pierre ? S’il venait à échouer, le maléfice aurait tôt fait d’anéantir son âme et les espoirs qu’il porte avec lui. C’est donc monté sur un gigantesque oiseau écarlate qu’Hawkmoon s’est mis en route vers la Perse. Porté de milles en milles jusqu’aux montagnes sauvages du Pays bulgare, il va y croiser la route des dangereux adeptes du Dieu Fou et recevoir l’aide bienvenue d’un étrange archer des Balkans.
Après Elric, l’adaptation de l’autre grande saga de fantasy de Michael Moorcock, cette ambitieuse série continue de nous surprendre, révélant une œuvre sombre, mâtinée de science primitive et de magie futuriste. Cycle épique et inclassable par son mélange de références, Hawkmoon est aussi le récit d’une vengeance terrible que Jérôme Le Gris et Benoît Dellac magnifient avec générosité. Ils redonnent à cette œuvre magistrale un souffle d’une troublante modernité. 

Date de parution : le 15 mai 2024
Auteurs
: Jérôme Le Gris (Scénario), Benoît Dellac (Dessin, Couleurs),
Luca Bulgheroni (Dessin)
Genre : heroic-fantasy
Editeur : Glénat
Prix : 14.95 € (56 pages)
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Combien, un documentaire jeunesse (Glénat jeunesse)

Combien, un documentaire jeunesse (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat Jeunesse nous propose un livre animé documentaire sur le thème des mathématiques. Combien ? Un livre animé pour aimer les nombres.
Publik’Art vous a déjà fait découvrir, dans la même série : Comment ? Un livre animé pour aimer les sciences.

Les mathématiques sont partout, comme les sciences ! On ne peut pas s’en passer !
Partout, il faut pouvoir compter, dénombrer. Cet album propose au jeune lecteur de nombreux petits exercices de mathématiques. Très interactif. Au fil des pages, cela devient plus compliqué et s’adresse aux plus grands de grande section de maternelle et même pour les primaires. Le livre aborde la notion de paire, de tri, de formes géométriques, de volumes… le lecteur va manipuler et construire une pyramide, un cube…
Il va aussi apprendre à additionner, à soustraire, tout en manipulant. Même la notion de mesure est abordée, et les fractions sont très bien expliquées ! Bref, une sacrée leçon de Maths !
Tout est très clair, très simplement expliqué, avec de belles illustrations, très colorées !

Combien ? Un livre animé pour aimer les mathématiques offre une jolie approche scientifique, un peu magique, et à la portée de tous. Un très chouette album !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2024
Auteur : Danielle Mudd
Illustrateur : Vanja Kragulj
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 12,90 €

Le Domaine Pichon Père et Fils présente son très joli Viognier 2023

Le Domaine Pichon Père et Fils présente son IGP Viognier 2023 VDP au prix de vente en ligne de 18,50 euros. Ce vin 100 % Viognier est issu de parcelles situées sur la rive droite du Rhône, d’un sol granitique à faible pente. Les vendanges sont manuelles, l’élevage est de 6 mois, 30% en fûts et 70% en cuves. A l’œil, sa robe présente des reflets or profond à la belle brillance. Le nez est fin et mûr avec des aromes de fruits blancs et jaunes, et des épices douces. La bouche est ample et fruitée avec une jolie longueur.
Ce joli vin blanc se déguste idéalement avec une terrine de poisson, du foie gras, du saumon est un dessert fruité.

Publireportage:

Christophe Pichon est un vigneron spécialiste de la rive droite du Rhône et des appellations incontournables et prestigieuses de cette région réputée. En effet, le Domaine Pichon Père & Fils vinifie 30 hectares, répartis sur Condrieu, Côte Rôtie, Saint-Joseph blanc et rouge, Cornas, Crozes-Hermitage rouge, Hermitage blanc et rouge et un Côtes-du-rhône rouge. Une production de vin de pays blanc et rouge complète la gamme, et pas seulement, car le domaine participe activement à la renaissance des historiques vins de Seyssuel.
La production de 180 000 bouteilles est vendue au domaine et présente chez des cavistes et dans des restaurants dont de nombreux restaurants étoilés français. Les vins sont également distribués dans plus de 20 pays dans le monde.

Sur une superficie d’environ 1 hectare, ce Viognier prospère dans un sol granitique, dont 75 % se trouve sur le plateau. Cultivé sur environ 1 hectare de sol granitique, ce Viognier se distingue par ses vignes, dont 70 % ont 35 ans. Les vendanges sont manuelles pour préserver la qualité des raisins. La vinification est réalisée avec soin, incluant un pressurage en vendange entière, un débourbage au froid, et une fermentation naturelle en fûts de 3 à 4 ans, sans ajout de levures. Les vignes sont palissées sur fil de fer pour une meilleure aération, et le sol est travaillé au tracteur pour les vignes plus anciennes et au cheval pour les plus jeunes. Optez pour l’authenticité totale, avec un vin non collé, non filtré, qui livre l’essence pure de son terroir.

[BD] Les Vents Ovales, tome 1 : quand Tripp nous offre un Magasin Général dans le Sud-Ouest de la France (Aire Libre / Dupuis)

[BD] Les Vents Ovales, tome 1 : quand Tripp nous offre un Magasin Général dans le Sud-Ouest de la France (Aire Libre / Dupuis)

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que l’on a ouvert Les Vents Ovales, dont le premier des trois tomes, Yveline vient de paraitre. En effet, on connaissait l’immense talent de conteur de Jean-Louis Tripp qui nous avait longtemps régalés avec Régis Loisel à travers Magasin Général, qui faisait le feuilleton de la vie d’un petit village québécois dans les années 20.

Cette fois associé à Aude Mermilliod au scénario, c’est dans la campagne française pré-1968, dans le Sud-Ouest, qu’il nous emmène. Là, deux villages jouent une véritable pièce de théâtre où le rugby tient lieu de religion, mais pas que. Peuplée de très nombreux personnages, l’histoire joue une partition incroyablement riche et subtile. Un récit qui fait beaucoup de bien, que l’on lit d’une traite tant il est bien écrit. Et que dire du dessin lumineux d’Horne qui donne un véritable souffle de vie aux Vents Ovales. Un trait inspiré qui habite de la plus belle façon ce premier album. 

Un coup de coeur à découvrir en librairie !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Désarroi à Larroque et Castelnau, deux villages reliés par un pont qui enjambe la Garonne : leurs garçons forment deux véritables équipes de bras cassés, un peu plus mauvais à chaque match. Pas motivés, les pitchouns. Pourtant, dans le Sud-Ouest, la culture du rugby est une religion : à chaque village son club, à chaque dimanche ses affrontements et ses réconciliations. Les entraîneurs sont instituteurs, petits patrons, curés…

Les Vents ovales, c’est une histoire d’émancipation dans l’ambiance de la campagne française de la fin des années 60, ce goût du terroir avec accent, cette société traversée par les récits de la guerre et de la Résistance, cette dichotomie Gaullistes-Communistes, cette hiérarchie sociale illustrée par la DS du patron, la 2cv de l’inscrit, la Renault 16 du pharmacien, tout cela se fissurant, puis explosant sous la pression de cette jeunesse du baby boom qui accédait d’un coup massivement à l’enseignement supérieur.

Mais les années 60 touchent à leur fin, et avec elles, l’emprise de ces figures d’autorité qui s’opposent et ne comprennent plus leurs jeunes : dans un an, ce sera mai 68.

JL Tripp renoue avec une ambiance proche de sa série à succès Magasin général qui évoque le quotidien des habitants d’un petit village. Associé à Aude Mermilliod (Le Choeur des femmes) au scénario, il tisse un récit sensible et touchant porté par le trait vibrant d’Horne Perreard.

Date de parution : le 17 mai 2024
Auteurs
: Aude Mermilliod, JeanLouis Tripp (Scénario), Horne (Dessin)
Genre : romance, Histoire
Editeur : Dupuis
Prix : 26 € (136 pages)
Acheter sur : BDFugue

Denis Lavant et Frédéric Leidgens, deux phénix au bord du vide dans une « Fin de partie » magistrale, sont de retour   

Denis Lavant et Frédéric Leidgens, deux phénix au bord du vide dans  une “Fin de partie” exceptionnelle
Photo Pierre Grosbois

Denis Lavant et Frédéric Leidgens, deux phénix au bord du vide dans une « Fin de partie » magistrale, sont de retour

« Rien n’est plus drôle que le malheur, […] c’est la chose la plus comique […] mais c’est toujours la même chose […]. C’est comme la bonne histoire qu’on nous raconte […] nous la trouvons bonne mais nous n’en rions plus ».

Voilà, tout est dit, Samuel Beckett transcende sa propre noirceur par l’humour implacable de la dérision inscrite en filigrane dans les plis du langage et une humanité au bord du vide.

Clov (Denis Lavant), Hamm (Frédéric Leidgens), Nagg (Peter Bonke) et Nell (Claudine Delvaux) – pauvres rescapés de la vie – continuent à réinventer le jeu de l’humanité. Et ils résistent. Inexorablement. Pour continuer à exister, ils remplissent le temps des mots qui les émeuvent, les font s’insurger ou se taire. Ils vaquent à leurs occupations. Le monde s’est effondré mais eux comme si de rien n’était, ils continuent. « Fin de partie », pièce mémorable de Samuel Beckett, où la tragédie métaphysique du désespoir est portée à son paroxysme.

Une « Fin de partie » éclairante 

Quatre personnages donc sont à l’œuvre. Hamm aveugle et en fauteuil roulant. Avec lui, ses parents culs-de-jatte, jetés dans des poubelles, qui apparaissent par intermittences, et Clov, son domestique, peut être un fils adoptif.

Mais aujourd’hui quelque chose a changé : ça va peut-être enfin tout à fait finir. C’est cette fin, espérée et crainte, retardée et accélérée, jouée et subie, cette impensable et impossible fin, que raconte « Fin de partie » : Clov partira-t-il : abandonnant Hamm à lui-même ? La question est entière, et si la tension est extrême entre les deux personnages, si les paroles qu’ils s’échangent sont des coups qu’ils se portent, pointe simultanément une forme d’attachement entre eux, l’attachement d’un vieux couple. « Quelque chose suit son cours », mais cela va-t-il pour autant finir dans ce refuge coupé de tout, dans cet univers dévasté et post-apocalyptique.

Et au contraire de « En attendant Godot », qui centre l’action autour d’un personnage qui ne viendra jamais, « Fin de Partie » nous place dans l’attente de départs que l’on ne verra pas : celui de Clov, annoncé dès le début (« fini, c’est fini, ça va finir »), mais qui est encore présent à la fermeture du rideau ; celui des parents, dont la mort est suggérée sur scène sans qu’ils quittent l’abri de leurs poubelles. L’action est soit passée (Nell et Nagg évoquent leurs souvenirs de jeunesse), soit future (le départ de Clov, un projet de roman évoqué par Hamm, ce dernier allant jusqu’à affirmer que sa vie « a toujours été [future]»). Le présent se vivant dans l’attente et le ressassement pour les protagonistes déjà prisonniers d’eux-mêmes, et en attente de la fin.

Un dernier round inscrit dans l’anéantissement – malgré les répétitions, les détours, et les silences qui se nichent entre le texte – et non dénué d’un humour ravageur. Où dans un ultime acte de résistance, la langue ressassée, imprime sur un ton emprunt de dérision, de tendresse et de gravité mêlées, l’impossible quête existentielle.

La mise en scène sobre et subtile de Jacques Osinski fait entendre à merveille l’écriture composite du dramaturge, frappée jusqu’à l’épuisement de cette pensée du désespoir, et au plus près de la condition humaine, de sa résistance, de son mystère, de sa souffrance et de son impuissance.

Denis Lavant et Frédéric Leidgens sont vertigineux d’incandescence. Le premier, trépignant, désarticulé et empêché, ne lâche rien. L’autre, prolixe, aristocrate, et désinvolte, fulmine. Ils portent à l’unisson la profondeur et la richesse du texte de Beckett aux prises entre la dureté et la mélancolie, la consolation et la désolation, le fini et l’infini.

Une ambigüité si propre à l’œuvre du dramaturge et en miroir à notre condition humaine aussi dérisoire qu’unique.

Dates : 5 juin au 14 juillet 2024 – Lieu : Théâtre de l’Atelier (Paris)
 Mise en scène : Jacques Osinski

Casse-Noisette & le Royaume des Jouets, une comédie musicale magique à La Folie Théatre

A la Folie Théâtre ose la comédie musicale avec un Casse-Noisette au féminin et Clara devenue le jeune Keziah pour mettre le roi des Souris hors d’état de nuire. Les références à la musique de Tchaikovski sont somme toute légères et ce sont des compositions originales qui prennent toute la place pour le plus grand bonheur des enfants et de leurs parents.

Une comédie musicale réjouissante

L’intrigue est inspirée du roman d’Alexandre Dumas, qui lui même s’est inspiré d’Hoffmann avec quelques adaptations de taille, un Casse-Noisette au féminin et une jeune fille devenue un jeune garçon. L’histoire d’amour entre eux passe au second plan, le magicien et le Roi des Souris animent l’intrigue dans une rivalité fratricide. Il semble que la scène de La Folie Théâtre est un peu petite pour l’ampleur que veut atteindre le show. Comédiennes et comédiens se donnent à fond dans une farandole de numéros de chant et de danse, les petits spectateurs sont charmés tout comme leurs parents. L’heure de spectacle ressemble à une féérie avec une intrigue qui multiplie les moments forts. La scénographie de Marlène Morro donne un cadre aux 3 comédiennes et 4 comédiens qui hypnotisent le public. Le magicien veut détruire la boite à musique magique qui a transformé le Roi des Souris en personnage malfaisant risquant de prendre le contrôle du Royaume des Jouets. Casse-Noisette, Keziah et le magicien échafaudent un plan pour empêcher l’irrémédiable. Les enfants réagissent aux invectives pour s’époumoner joyeusement et donner les indications demandées, l’interaction est totale et l’ambiance festive.

Les tours de chant sont originaux et dignes de spectacles donnés sur de plus grandes scènes, le spectacle pourrait donc bien gagner en ampleur dans le futur, c’est tout le bien que l’on peut lui souhaiter!

Synopsis:

Casse-Noisette échappera-t-il aux griffes du Roi des Souris ? Une comédie musicale inspirée du roman de Dumas sur les musiques de Tchaïkovski.

Keziah est un garçon rêveur ! Dans ses rêves, ses jouets s’animent, même sa bonne vieille Casse-Noisette, les petites souris dansent même s’il n’y a pas de chat et les poupées virevoltent et parlent notre langage…
Malheureusement le Roi des Souris convoite le trône du Royaume des Jouets.
Keziah arrivera-t-il à sauver Casse-Noisette des griffes du méchant Roi des Souris et à l’aider à récupérer sa couronne de Reine ?
Une comédie musicale pour les petits et les grands réunissant chanteurs, comédiens et danseurs sur les musiques de Tchaïkovski.

Détails

Du mercredi 15 mai au samedi 20 juillet 2024
Mercredi et samedi 14h30

Pendant les vacances, du lundi 8 juillet 2023 au samedi 20 juillet 2024 : du lundi au samedi à 14h30

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Comment ? un livre animé pour aimer les sciences (Glénat jeunesse)

 

Comment ? un livre animé pour aimer les sciences (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat Jeunesse nous propose un livre animé sur le thème de la science. Comment ?

La science est partout ! Elle permet l’étude du monde qui nous entoure. Les scientifiques- chercheurs sont là pour tester leurs idées et collecter des informations.

Le jeune lecteur va découvrir de façon amusante, mais aussi de façon scientifique, divers vocabulaires et phénomènes liés à la science : la découverte de l’atome, les petites bêtes, le cycle de vie d’un papillon, d’un pissenlit, le tonnerre et la foudre, les fossiles, le jour et la nuit, le système solaire…

A chaque page se trouve une animation qui permettra au lecteur de mieux comprendre la « leçon » !

Cet album entièrement cartonné, avec des illustrations très gaies, va enchanter nos petits. Et même les plus grands !

Comment ? un livre animé pour aimer les sciences offre une jolie approche scientifique et à la portée de tous. Un très chouette album !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2024
Auteur : Danielle Mudd
Illustrateur : Vanja Kragulj
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 12,90 €

Thomas Pesquet : Agenda 2024-2025 (Flammarion jeunesse)

Thomas Pesquet : Agenda 2024-2025 (Flammarion jeunesse)

Votre enfant a besoin d’un agenda pour la prochaine rentrée scolaire ?
Qu’il soit à l’Ecole, au Collège ou au Lycée, l’agenda de Thomas Pesquet est pour lui ! 
Une page entière par jour d’école ! Très belle qualité de papier, couverture cartonnée souple et photos spectaculaires.
C’est un magnifique agenda qui vient de sortir avec des photos toutes plus belles que les autres !
Thomas Pesquet va accompagner votre enfant, de façon ludique et pédagogique ! Non seulement il va pouvoir admirer les photos de Thomas Pesquet, mais il pourra aussi devenir savant grâce aux petites fenêtres : « Le sais-tu ? », aux nombreux quiz et jeux proposés chaque jour de l’année ! Le lecteur va apprendre encore davantage sur la vie des astronautes et leurs fabuleuses missions ! Et il fera un tour du Monde à bord de la Station spatiale internationale.
Alors, n’hésitez pas pour le choix de votre futur agenda : Thomas Pesquet : Agenda 2024-2025 ! Une valeur sûre ! Merci Thomas ! L’année 2024-2025 sera forcément belle !


Les droits d’auteur de cet agenda sont reversés à l’association humanitaire Aviation Sans Frontières.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2024
Auteur : Thomas Pesquet
Illustrateur : Thomas Pesquet
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 9,95 €

Becoming Karl Lagerfeld, la série évènement débarque sur Disney + le 7 juin

Le personnage public est bien connu, son style, son accent, Karl Lagerfeld est disparu en 2019 à l’âge de 86 ans mais n’est pas prêt d’être oublié. Grand couturier et styliste chez Pierre Balmain, Chloé, Fendi et bien sûr Chanel, il a également été photographe, dessinateur, designer, réalisateur et éditeur. La série Becoming Karl Lagerfeld retrace son parcours à partir de 1972, la vie privée, la vie publique, les échecs, les succès mais surtout des anecdotes qui donnent tout son piquant à une série qui retrace un parcours unique avec une bonne dose de romantisme et de fiction.

Un show de passions et de rivalités

Ceux qui ont vu les films Yves Saint-Laurent (2014) et Saint-Laurent (2014 aussi) ont eu une petite idée de l’effervescence d’une époque de strass et de paillettes. Dans ce microcosme trépidant au début des années 70, le duo Pierre Bergé / Yves Saint Laurent fait figure de divinités qui réinventent la mode. Pourtant un couturier allemand commence à percer, c’est Karl Lagerfeld. Originaire de Hambourg, Karl et sa mère débarquent dans la capitale de mode en 1952, Karl veut s’y faire un nom. En 1972, Karl n’a pas encore l’aura qu’il va acquérir chez Chanel à partir de 1983. Le film montre son existence quasi monacale, partagée entre travail acharné et style perçu comme une armure. Les créatrices de la série Isaure Pisani-Ferry et Jennifer Have montrent le personnage dans son intimité avec un Daniel Brühl parfait dans son incarnation du Kaiser. Caché derrière ses éternelles lunettes noires, il sourit peu et observe beaucoup. Et quand un jeune dandy prénommé Jacques de Bascher (découvert sous les traits de Louis Garrel dans Saint Laurent et dans la pièce éponyme au Théâtre de la Contrescarpe sous les traits de Gabriel Marc) fait sa rencontre, les choses s’emballent. L’histoire est connue, le dandy est décadent, voire débauché, et va séduire Yves Saint Laurent tout en étant couvé par son couturier allemand préféré. La série ausculte ce faux triangle amoureux représenté avec un casting de prestige. Alex Lutz joue le pygmalion Pierre Bergé, Théodore Pellerin incarne le dandy vénéneux et un méconnaissable Arnaud Valois (aperçu dans 120 battements par minute) prête ses traits à YSL.

Les 2 premiers épisodes de Becoming Karl Lagerfeld ont été projetés devant une foule conquise au Forum des Images dans le cadre du Club Allociné le 29 mai. De quoi saliver avant 4 autres épisodes qui décrivent une vie de labeur qui a fait la légende des grands couturiers rentrés dans la légende. La série est à découvrir sur Disney + à partir du 7 juin.

Synopsis: En 1972, Karl Lagerfeld, 38 ans, ambitionne de devenir le couturier français le plus reconnu à une époque où Yves Saint Laurent est la figure incontestée de la mode. Tandis qu’il fait la rencontre de Jacques de Bascher, jeune dandy dont il s’éprend, Lagerfeld se mesure à Saint Laurent et Pierre Bergé, à la tête de la plus prestigieuse maison de couture. Entre rivalités de clans et conflits d’egos, fêtes et décadence, amours tragiques et amitiés grandioses, découvrez l’histoire du Kaiser Karl, celle d’une quête éperdue de reconnaissance.

Gamba, un roman de Sophie Tavert Macian (Belfond)

Gamba, un roman de Sophie Tavert Macian (Belfond)

Sophie Tavert Macian nous offre son premier roman : Gamba.
Quand on lit la quatrième de couverture, il ne s’agit que de gymn ! « Gamba c’est une interjection en gymnastique pour encourager une athlète avant son passage à l’agrès… ».

En réalité, on suit cette jeune athlète, Maëlys, 15 ans, de très près. Elle a quitté sa famille, son île, et a tout sacrifié pour la gymn. Elle vise haut, très haut : sa sélection aux prochains Jeux olympiques. Elle a son coach, et un médecin qui la suit de très près. De trop près.

Et le lecteur la suit dans son avancée vers la sélection, mais aussi, vers sa descente aux enfers. Car le médecin abuse d’elle. Plusieurs fois. Et Maëlys est terrorisée et ne peut plus agir, plus parler. Elle se terre comme elle peut. Elle survit. Elle tente de survivre.

Comment va-t-elle pouvoir retrouver de la force et faire éclater ce scandale ?

C’est l’histoire d’une jeune fille toute ignorante et qui découvre d’un seul coup l’horreur absolue d’un monde adulte !

Ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains. Même si l’auteure traite le sujet avec beaucoup de pudeur, il reste néanmoins choquant, car tellement réaliste ! On espère vraiment que ce 1er roman n’est pas autobiographique…

Gamba est un très beau roman, qui ne laisse pas le lecteur indifférent. On est Maëlys, on vit Maëlys et on souffre Maëlys !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mai 2024
Auteur : Sophie Tavert Macian
Editeur :
Prix : 19,90 €

Le retour gagnant de la compagnie du Zerep / Sophie Perez, olé ! 

Le retour gagnant de la compagnie du Zerep / Sophie Perez, olé !
La meringue du souterrain Photo : Philippe Lebruman

Le retour gagnant de la compagnie du Zerep / Sophie Perez, olé !

Fondée il y a plus de dix-huit ans, le Zerep s’amuse à exploser les codes classiques du théâtre. Leur premier spectacle, Mais où est donc passée Esther Williams ? était basé sur une méthode originale pour apprendre à nager… sans eau. Ils l’ont présenté dans une piscine parisienne à sec, avec des comédiens recrutés à l’ANPE. C’était en 1998.

Depuis, l’esprit de cette troupe désespérément libre et sans limite, fondée par Sophie Perez (Zerep en verlan) scénographe hors pair, rejointe quelques années plus tard par Xavier Boussiron (musicien, dramaturge et plasticien), n’a guère changé. Les douze pièces et multiples performances proposées par ces joyeux lurons de comédiens aussi à l’ouest qu’investis en témoignent. On se souvient notamment de leur Oncle Gourdin en 2011 et leurs petits lutins persiffleurs qui maltraitaient à l’envi les faiseurs de théâtre, égratignant au passage Jean Vilar ou encore Olivier Py.

Un traquenard esthétique et scénique

Toutes sortes de strates culturelles, d’influences, d’emprunts, de simulacres, de manières d’être sur scène, de sources d’inspiration s’y chevauchent. Les acteurs, les objets, le texte ne constituent qu’un tout protéiforme.

Avec la meringue du souterrain, leur nouvelle création, ils expérimentent le théâtre qui ne se jouerait que dans les salles vides où la scénographie invasive, déborde de partout, pour se répandre dans la salle car il n’y a pas de spectateurs. Un traquenard esthétique et scénique où la représentation, sortie de nulle part, émerge et s’élabore à travers des apartés (chantés parfois) sur un ton vif, subtil, transgressif, créatif, mélancolique et poétique.

Une femme attend sur scène. Un amoureux ? Elle débute alors une exploration fantasque et expressive d’elle même et de ce qui l’entoure. Puis, après tant de faux espoirs, repartira seule et dépitée. La figure de Pinocchio, enfant indocile et imparfait, traverse aussi cet opus scénique avec son énergie, sa désobéissance, ses mensonges, ses fugues, sa naïveté et sa bonne volonté. Un quizz théâtral s’enchaîne où Sophie Lenoir tend le micro à son public et l’enjoint à terminer les textes de théâtre les plus cultes et les plus mémorables.

Un set d’électro theater : table de mixage et entertainment ambiance concert et transe sémentique est aussi de la partie. Sans oublier ces chansons réinterprétées traitant du couple et de l’inspiration.

Le tout jalonné d’un humour décalé et intelligent, d’une mélancolie singulière et inquiétante, d’une absurdité de la profondeur, d’une omniprésence de l’art en tant qu’écriture théâtrale, de la parole prise en étau entre le vrai et le faux, du jeu carnavalesque et de ses masques, d’une certaine idée du hors du jeu, d’une passe d’armes sur l’égo des acteurs, des faux-pas de la fiction face au réel implacable. En un mot du grand art. C’est tout un monde artistique qui se fait jour où tendances populaires et raffinements avant-gardistes sont renvoyés dos-à-dos pour mieux en éprouver les mystères et les mystifications.

Sophie Lenoir et Stéphane Roger dans cette fuite en avant sont formidables de justesse, d’audace, de générosité et d’inventivité. A l’abri d’une esthétique baroque et outrancière qui renvoie au dedans et au dehors, la compagnie du Zerep éprouve, pour mieux s’en moquer mais aussi les revisiter, les formes de la représentation théâtrale. Un geste salutaire et unique.

Dates : du 5 au 15 juin 2024 – Lieu : Théâtre du Rond-Point (Paris)
Création : CIE Zerep / Sophie Perez

Perfect Days, un film sur la beauté du temps qui passe, en Blu-Ray et DVD le 4 juin

Un homme mène une vie simple et répétitive. Hirayama (Koji Yakusho) vit seul, s’astreint à une vie d’ascèse avec pour seule activité ses livres, la musique, la photo et le nettoyage des toilettes publiques. Le pitch est surprenant et le résultat se concentre sur des journées placées sous le signe d’une sérénité constante et choisie. Le spectateur imagine très vite que cette existence laisse supposé un déclassé qui mène cette vie pour ne pas sombrer dans le désespoir. Le résultat est déroutant et permet d’appréhender des différences culturelles surprenantes.

Un film très contemplatif

Lorsque le célèbre réalisateur allemand Wim Wenders a été sollicité pour tourner un film au Japon, il n’a pas hésité longtemps. D’abord orienté sur la spécificité très japonaise des toilettes publiques (accueillantes, propres, saines, pas comme chez nous…) considérées là-bas comme de petits sanctuaires de paix, l’idée du film s’est concentré sur un personnage longtemps mutique (30 premières minutes sans dialogues!) au passé non explicité. Le spectateur assiste à son existence attachée aux livres, à la photographie argentique et aux cassettes de musique des années 60 et 70. La personnalité non moderne du personnage interpelle avec ses journées inlassablement répétées sans aucune fantaisie moderne (internet, voyages). La bande son parlera aux fans de classic rock (Patti Smith, Lou Reed, Van Morrison, Kinks) et les images de Tokyo donneront envie d’aller y jeter un œil. Le réalisateur multi récompensé à Cannes (Palme d’or pour Paris, Texas mais pas seulement) s’attache principalement un personnage décrit avec par sa grande humanité, sa compréhension silencieuse de ses semblables autres et son éternel sourire. Le fait qu’il ait pu vivre une existence antérieure marquée par des traumatismes longtemps inexpliqués parait assez évident mais n’importe finalement que peu. Tout l’intérêt du film réside dans une délicatesse bien éloignée des standards actuels faits de vitesse et d’outrance visuelle. Le héros est un homme apaisé, vivant à la marge de la société et dans une ville d’une outrageuse modernité. Le film rappelle que le bonheur à l’ancienne n’est pas plus une chimère que ce que propose la société capitaliste. Hirayama observe et s’émerveille en toute simplicité en démontrant une immense paix que l’acteur Kôji Yakusho récompensé par le prix d’interprétation masculine à Cannes porte avec un talent insensé.

Perfect Days fait l’éloge du contentement de l’instant présent, non sans humour et avec une immense humanité. Le film est à découvrir ou redécouvrir en Blu-Ray et DVD le 4 juin.

Synopsis: Hirayama travaille à l’entretien des toilettes publiques de Tokyo. Il s’épanouit dans une vie simple, et un quotidien très structuré. Il entretient une passion pour la musique, les livres, et les arbres qu’il aime photographier. Son passé va ressurgir au gré de rencontres inattendues. Une réflexion émouvante et poétique sur la recherche de la beauté dans le quotidien.

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