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Belles de jour : femmes artistes, femmes modèles s’exposent à Poitiers

Belles de jour : femmes modèles, femmes artistes s'exposent à Poitier

Belles de jour : femmes artistes, femmes modèles s’exposent à Poitiers

Tamara de Lempicka, Kees Van Dongen, Félix Vallotton, Suzanne Valadon, Sigmar Polke, Camille Claudel et bien d’autres sont accueillis au sein de l’exposition Belles de jour : femmes artistes, femmes modèles du 18 juin au 9 octobre 2016 à Poitiers.

Cette exposition retrace l’histoire de la représentation des femmes entre 1860 et 1930, sujet encore très peu traité. Les œuvres, disséminées dans le parcours permanent, dévoilent une vision de la femme en pleine évolution : d’une vision conservatrice, où la beauté des femmes est exaltée, à une vision moderne de la femme, plus naturelle, plus vraie. De la mère de famille à la figure mondaine, de la courtisane à la muse, du modèle à l’artiste, la femme est vue comme un symbole de vérité, de fantasme et de liberté.

Un catalogue et un colloque international permettront d’aller plus loin dans ce champ d’investigation d’histoire de l’art très actuel.

Le Musée Sainte-Croix est le premier musée de Poitou-Charentes par la diversité et la richesse de ses collections. Situé dans un quartier historique, le musée construit par l’architecte Jean Monge en 1974 a reçu en septembre 2015 le label « Patrimoine du XXe siècle ».

Le musée s’attache à mener une politique d’échanges et de partenariats avec les musées nationaux et territoriaux initiée en 2014 afin de permettre au public d’accueillir régulièrement « un nouvel invité du musée » (artiste ou institution), de favoriser la découverte d’œuvres en lien avec ses collections et d’accroître son rayonnement par une mise en réseau. L’exposition Belles de jour : femmes artistes, femmes modèles, s’inscrit dans cette politique.

Dates : jusqu’au 09 octobre 2016 l Lieu : Musée Sainte-Croix   (Poitier)

El Acompañante ou la lutte intime de deux hommes à Cuba

El Acompañante
El Acompañante Photo © Happiness Distribution

El Acompañante ou la lutte intime de deux hommes à Cuba

El Acompañante a déjà fait son bout de chemin parmi les festivals de cinéma du monde. Et sur sa route, il a raflé plusieurs prix : entre autres, le public l’a récompensé au Miami Film Festival, au Malaga Film Festival et à Cinélatino (les rencontres cinématographiques de Toulouse). Un succès d’équipe avec, à sa tête, Pavel Giroud, son réalisateur havanais.

A Cuba, dans les années 80, les malades du sida étaient regroupés dans des sanatoriums. Daniel a contracté la maladie lors d’une mission militaire en Afrique. Horacio Romero, célèbre boxeur accusé de dopage devient contre son gré son accompagnateur. Sa mission : le suivre et reporter ses faits et gestes.
Ce duo de circonstance est constitué de reclus de la société. Ils tentent chacun de dissimuler leurs blessures sous des tempéraments antagonistes. Horacio est peu loquace, calme et renfermé. Il souffre énormément de son interdiction de ring mais intériorise tout. Daniel, au contraire, est plein de verdeur. Farceur, débrouillard, inventif, dur parfois et pas toujours fiable… C’est un drôle de « gus ». Attachant.

Leur duo fait la force du film. D’abord réticents, ils vont se rapprocher et s’apprécier mais toujours avec pudeur. La discrétion de leurs sentiments les rend plus puissants. Parce qu’on ne les voit pas, on les sent.
L’histoire de ces deux hommes blessés est d’autant plus réaliste qu’elle s’inscrit dans un contexte historique que Pavel Giroud a voulu restituer avec exactitude. En 1959, la révolution cubaine s’achève et Fidel Castro prend le pouvoir. Pour faire de l’ère postrévolutionnaire un succès, le nouveau dirigeant a voulu miser sur deux domaines : le sport et l’armée. S’il a en partie réussi, Horacio et Daniel font pourtant partie des pertes, des ratés. C’est sans pathos qu’on suit leur quotidien, leur tentative de se relever ou simplement, de continuer à vivre malgré tout.

La caméra les filme sans empressement. A l’image de leur vie dans cette clinique, l’histoire s’écoule lentement. Pourquoi aller plus vite ? De toute façon, ils n’ont pas de futur, pas d’avenir à construire dans cette prison dorée. La télévision, quelques histoires d’amour et les paris ponctuent leurs journées.

Tout du long, la tristesse et la joie s’entremêlent et, parfois, on ne sait plus s’il faut rire ou pleurer. Un mélange d’émotions qui fait la réussite d’El Acompañante. Ce n’est pas un film facile mais émouvant oui.
En salle le 17 août, le soleil de la Havane éclairera votre salle de cinéma d’une lumière belle et triste.

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Cuba, années 80. Horacio Romero, boxeur accusé de dopage, est contraint de devenir l’accompagnateur de Daniel, un jeune soldat qui a contracté le SIDA lors d’une mission en Afrique.

Sortie : le 17 août 2016
Durée : 1h44
Réalisateur : Pavel Giroud
Avec : Yotuel Romero, Armando Miguel Gómez, Camila Arteche
Genre : Drame

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IKEA lance « Relax » : le clip décomplexant sur la vie à la maison

Ikea Relax

IKEA lance « Relax » : le clip décomplexant sur la vie à la maison

Chaque année, IKEA mène une étude approfondie sur « La vie à la maison » qui s’intéresse notamment aux comportements sociaux liés à la vie à la maison dans le monde entier. Après les rapports 2015 & 2016, établis sur la base de recherches et d’études dans divers domaines ou encore d’entretiens avec des experts académiques, IKEA en a conclu que nous avons tous des exigences importantes en la matière, à la recherche d’une perfection vantée par les médias et réseaux sociaux.

Cette forte pression sociale peut parfois nous stresser voire nous empêcher de profiter des meilleurs moments à la maison, lorsque vient l’heure de recevoir des amis, de cuisiner et de profiter d’un chez soi accueillant. Dans un clip amusant, IKEA ironise sur cette pression que l’on se met souvent tout seul pour exister sur les réseaux sociaux. Une façon de dire non à une vie inutilement exigeante pour une vision définitivement plus « Relax » !

N’oublions pas que partager nos vies à nos amis (mais aussi à des étrangers), c’est aussi se mettre en scène. Le partage est une bonne chose en soi, mais cela implique forcément des comparaisons et des attentes constantes. Cela peut vous inspirer – ou vous stresser…

La maison est un lieu où l’on pouvait se mettre à l’abri, échapper aux sollicitations du monde extérieur, se relâcher pour être soi-même sans apparat ni artifice. Les études diligentées par IKEA montrent qu’aujourd’hui encore on aspire à la même quiétude mais que cela est beaucoup plus difficile à atteindre depuis l’essor des réseaux sociaux et des moyens de communication modernes. On est passé maître dans l’art de se compliquer l’existence dans nos maisons !

Le Clip Relax nous rappelle qu’il suffit de le vouloir pour dire non au stress extérieur, aux modèles de perfection que l’on s’évertue à reproduire sans jamais y parvenir (ce qui est normal !).

Voici donc nos attentes quand il s’agit de vivre à la maison :

Attente nº1 :
Il faut tout le temps passer de bons moments en famille et entre amis.

La réalité :
C’est difficile à faire.
Alors que 73% des gens disent qu’ils cuisinent pour se sentir chez eux, 42% disent qu’ils n’ont pas le temps de cuisiner tous les jours. 34% des personnes vivant seules souhaiteraient pouvoir manger avec d’autres personnes plus souvent.
Alors…
Ne perdons pas de vue que l’on peut passer des bons moments sous de très nombreuses formes. Par exemple, en cuisinant ensemble le repas qui sera dégusté ensemble…

Attente nº2 :
Les réseaux sociaux unissent les gens et les inspirent.

La réalité :
C’est le cas, mais ils fixent aussi des niveaux d’attente impossibles et font qu’on ne se sent pas à la hauteur. Les réseaux sociaux ont une place importante dans nos foyers : 23% des gens pensent qu’un bon wifi est plus important qu’un espace dédié à la socialisation à la maison. 60% des gens disent qu’ils utilisent les réseaux sociaux pour trouver des idées culinaires. 16% des 18-29 ans mangent et boivent pendant qu’ils sont en ligne. 15% de ces jeunes disent qu’ils postent des photos en mangeant. Comment toute cette délicieuse inspiration affecte nos performances culinaires?
Alors…
Et si vous pouviez arrêter de vous comparer aux autres et reconnaître vos mérites ?

Personne n’est parfait. Et nos confessions en cuisine le prouvent. N’hésitez pas à cuisiner comme si personne ne regardait. Même si le résultat est plein de grumeaux ou à moitié cuit, partagez-le avec fierté ! Ou choisissez de vous déconnecter un peu et reconnectez-vous avec vos amis en personne, si vous en avez envie. Poster ou ne pas poster – à vous de décider.

Attente nº3 :
Une maison doit être spacieuse et accueillante.

La réalité :
Les gens trouvent leurs maisons trop petites ou pas assez jolies pour y inviter des gens.
Il existe une pression pour maintenir les apparences. On se sent plus à l’aise quand notre cuisine est propre et bien rangée. 39% des gens disent que le désordre à la maison les dérange au moins une fois par semaine. Les gens pensent que leurs cuisines doivent être parfaites, tout comme ce qu’ils y font.

Alors…
Et si l’imperfection était suffisamment parfaite ?
N’importe quel lieu peut être beau. Même un petit espace recèle plein de possibilités. C’est votre cuisine – soyez intelligent avec l’espace que vous avez et organisez-le comme vous voulez. Apprenez des raccourcis pour ranger après le repas. Dînez où vous voulez – il suffit de pas grand chose. Si vous aimez faire des origamis avec vos serviettes, allez-y. Si vous voulez utiliser vos serviettes restantes pour votre prochaine soirée, faites-le. C’est votre façon de faire qui compte. Être en bonne compagnie est plus important que le cadre, ne croyez-vous pas?

Attente nº4 :
Nous devons faire de meilleurs choix, plus respectueux de l’environnement, en ce qui concerne la nourriture.

La réalité :
C’est difficile et on se sent toujours coupable de ne pas faire mieux.
Il y a une conscience croissante de notre impact sur la planète et du nécessaire changement de notre comportement. En moyenne, 15% des gens se sentent coupables de posséder trop de choses. 25% des urbains se sentent coupables de la quantité de nourriture qu’ils jettent. Un foyer sur cinq achète trop de boisson ou de nourriture par accident.

Alors…
Et si vous ne réfléchissiez pas trop ?
Il y a beaucoup de manières simples d’avoir une vie plus saine et plus respectueuse de l’environnement. Cela peut être aussi simple que le « régime visuel », où la nourriture que vous voyez est celle que vous consommez. Pas de stress, pas de déchets ! Un peu de préparation peut aider. Vous récompenser chaque fois que vous recyclez transformera une corvée en plaisir. Et de nouvelles options, comme une version végétarienne de nos célèbres boulettes de viande et sandwich de saumon, vous permet de manger de manière saine et responsable en même temps.

Article sponsorisé

Résultats concours : 5 vinyles de Oh Dear Vegas, Summer Wolves, gagnés

Oh Dear Vegas
Résultats concours : 5 vinyles de Oh Dear Vegas, Summer Wolves, gagnés !

Vous avez été 3599 participants au concours Oh Dear Vegas. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants d’un vinyle de Oh Dear Vegas, Summer Wolves sont les suivants :

Florence Ferret, Sébastien Henuzet, Régine Bianchi, Virginie Eynard et Sébastien Bauguion

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Sieranevada, film de Cristi Puiu : « Buffet froid et ciorbă »

Sieranevada
Sieranevada – Photo © Wild Bunch Distribution

Sieranevada, film de Cristi Puiu : « Buffet froid et ciorbă »

Et il était au Festival de Cannes ! Trois fois nommé, et rien dans le sac en partant. Le film roumain avait tout pour repartir avec une palme, et pourtant. C’est parce qu’il n’a rien d’Académique qu’il aurait mérité une récompense. Le cas Sieranevada témoigne bien d’une vieille toux que le festival traine : une vieille toux qui doit certainement biaiser les choix des grands ducs critiques trônant sur les fauteuils à Cannes.

À Bucarest, en janvier 2015. Lary, docteur en médecine, a perdu son père il y a 40 jours. Dans la religion orthodoxe, il se fait de rendre hommage au défunt en organisant des repas avec toute la famille. On est samedi. On attend les bénédictions du prêtre qui se fait trop attendre. On attend aussi les derniers arrivants. On attend. Et on parle.

Une tranche d’humain

Les dialogues sont cinglants, parfois chaleureux mais souvent froids. Mais surtout, et c’est le plus important, on laisse parler les personnages, sans intervention. Le quasi huit-clos de trois heures (quand même) pourrait rebuter. Le plus difficile, peut-être, est ce long plan presque fixe du début où l’on ne voit que peu, et où l’on ne comprend rien.

Une fois passé, on rentre dans le film, on arrive dans l’appartement, petit pour autant de personnes (une bonne dizaine de personnages), et on ne le quitte plus. La tentative de disparition du cinéaste est puissante. Très peu de prise de partie de la caméra, très peu d’interventions : les personnages évoluent comme ils le feraient dans la vraie vie. En fait, ce film semble être un morceau de vraie vie d’une famille banale roumaine. Les générations s’entrechoquent pendant des débats sur l’histoire, l’actualité et la politique.

Immersion totale

En plus de ces discussions intergénérationnelles, nous sommes comme voyeurs d’affaires de couples et de famille, où les esprits s’échauffent puisque les personnalités de chacun diffèrent. Il y a énormément de vrai dans le film. Les problèmes familiaux semblent universels. Les sensibleries, les mots doux, difficiles, les affaires internes, bonnes ou mauvaises, sont vraisemblables : Sieranevada est une tranche d’humain dans le paysage cinématographique actuel. Pas de graffitis grossiers, pas de surfacture, pas de factices. La vie des petites gens roumaines est écumée avec finesse et est poétiquement montrée, toujours avec retenue et mutisme.

Nous sommes comme le mort finalement : présent, d’une certaine manière, mais incapable de parler. En immersion totale : on a faim (3 heures de films, et toujours pas à table !), on est saoulé dans le bon sens, parce que rien n’avance, mais on rit, surement par fatigue à cause de l’absurdité des situations que cette brochette de gens vraies provoque. Et rien à Cannes ? La naiba !

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SieranevadaQuelque part à Bucarest, trois jours après l’attentat contre Charlie Hebdo et quarante jours après la mort de son père, Lary – 40 ans, docteur en médicine – va passer son samedi au sein de la famille réunie à l’occasion de la commémoration du défunt. L’évènement, pourtant, ne se déroule pas comme prévu. Les débats sont vifs, les avis divergent. Forcé à affronter ses peurs et son passé et contraint de reconsidérer la place qu’il occupe à l’intérieur de la famille, Lary sera conduit à dire sa part de vérité.

Sortie : le 3 août 2016
Durée : 2h53
Réalisateur : Cristi Puiu
Avec : Mimi Branescu, Judith State, Bogdan Dumitrache
Genre : Drame

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DanMachi – La Légende des Familias : tome 1 (Ofelbe)

DanMachi
DanMachi – La Légende des Familias : light novel disponible aux éditions Ofelbe

DanMachi – La Légende des Familias : tome 1 (Ofelbe)

C’est avec le tome 1 de la saga d’héroïc fantasy DanMachi – La Légende des Familias, paru le 30 juin dernier, que les éditions Ofelbe ont décidé d’inaugurer leur toute nouvelle collection intitulée très sobrement “LN – Light Novel”.

Contrairement à leur collection classique qui propose des doubles-tomes pour chaque light novel édité et des univers très fantasy, ce nouveau label a pour mission d’offrir une plongée presque initiatique au cœur de la variété des genres, histoires et nouveaux codes littéraires jeunesse qu’abritent le light novel. Et avec DanMachi, le ton est donné d’entrée de jeu : audace et humour sont les maîtres-mots de ce roman rempli de surprises !

Est-ce un tort de chercher des rencontres romantiques dans un donjon ?” : DanMachi est l’abréviation du titre original de la saga, Dungeon ni deai o motomeru no wa machigatteiru darō ka. Et, sans en avoir l’air, ce titre en dit déjà très long sur l’histoire en elle-même, surtout sur son originalité.

Quand la fantasy donne le beau rôle aux femmes…

Avec DanMachi, le lecteur est, certes, d’emblée accueilli dans un univers fantasy familier et sans réelles surprises à tous les lecteurs du genre. La célèbre ville d’Orario – célèbre pour les dieux s’y étant installés – accueille de nombreux aventuriers qui viennent se perdre dans les dédales du donjon labyrinthique niché sous les profondeurs de la cite et parsemé de créatures en tous genres. La légende raconte que les dieux bénissent ceux qui s’y aventurent, et leur apportent gloire, richesse, puissance et surtout les femmes… Ces mêmes femmes qui parcourent elles aussi le donjon !

Le héros du roman, Bell Cranel, jeune adolescent naïf de 14 ans éperdu d’aventures et travaillé par ses hormones, s’y aventure à son tour. Il espère surtout pouvoir faire ces fameuses rencontres romantiques qu’il évoque dans le titre de la saga, et ce, dans l’unique but de se constituer un harem… Dans la tradition littéraire, au fil des siècles, il est presque toujours de coutume pour les héros (même à un âge qui semble bien “trop jeune” aujourd’hui pour le lectorat occidental) de courtiser de jeunes femmes, souvent belles et riches, perchées en haut de leur tour, de leur balcon ou de leur donjon, et dans lesquels elles sont souvent retenues ou enfermées contre leur gré dans l’attente d’être libérées.

[D]élicieusement burlesque (…)

À l’inverse, dans ce roman, les rapports hommes-femmes sont revus (presque) à égalité et c’est plutôt appréciable dans le genre littéraire de la fantasy où le sexe féminin est souvent considéré comme le sexe inférieur (même si dans une certaine mesure, DanMachi n’échappe pas à la règle). Ici, les femmes sont intrépides, exploratrices et dominatrices ; à l’égal des hommes, elles s’y retrouvent au même niveau, “en bas”, s’enferment d’elles-mêmes dans les donjons pour témoigner de leur liberté d’action et de mouvement tout en étant également à la recherche de gloire.

Le lecteur est d’ailleurs confronté avec Bell Cranel en bien mauvaise posture dès la scène d’ouverture puisque c’est une jeune guerrière prénommée Aiz Wallenstein – et dont il va tomber amoureux – qui vient le secourir pour le libérer des griffes d’un monstre ! Chercher des rencontres romantiques dans un donjon ne paraît donc pas s’y absurde, contrairement à ce que pouvait laisser supposer le titre dès le départ : le ton employé dévoile toute la naïveté du personnage, le côté délicieusement burlesque qui se dégage du roman et le sens de l’aventure dangereuse dans laquelle Bell Cranel se retrouve emporté.

Comme un jeu vidéo ludique et fascinant qui se transforme en roman d’apprentissage…  

Pour les amateurs de jeux vidéo, et notamment de MMO, DanMachi présente de plus un univers qui leur sera également familier puisqu’il est construit et expliqué comme tel : gain d’expérience, nouvelles compétences à acquérir, augmentation de niveaux, système de “guildes” qui se retrouvent dans les “familias” auxquelles nous avons affaire tout au long de ce premier tome et qui sont au cœur même de la saga.

Pour un lecteur néophyte, non amateur de jeux vidéo ou de l’univers manga, il peut être difficile de s’approprier DanMachi dès les premières pages mais la lecture en vaut la peine et devient très vite accessible au plus grand nombre. Dans une langue limpide et aérienne, l’auteur Fujino Omori prend soin, au-delà d’une introduction in medias res un peu abrupte, de bien détailler tous les pans de son univers. Il faut avant tout s’habituer au ton employé. Le héros étant un adolescent au début de son voyage initiatique, il possède de nombreux défauts qui transparaissent indéniablement dans le style, ce qui n’est pas plus mal car au fur et à mesure des pages qui se tournent, on assiste à sa progression.

La façon d’expliquer la montée en puissance de Bell et de sa coéquipière Hestia, déesse qui l’a pris sous son aile, est très agréable. Fujino Omori prend toujours grand soin de bien détailler le fonctionnement du “jeu”, comment se gagne l’expérience, les nouvelles compétences…

Inutile non plus de craindre un monde trop japonisant : l’auteur dévoile une panoplie de dieux et déesses dont les noms et personnalités sont connus de tous (Loki, Hephaïstos, Hestia…). Mais dans DanMachi, ils n’ont en commun que le nom. Il s’approprie les différentes mythologies pour recréer les dieux, jouer sur leurs atouts et points faibles si bien qu’ils en deviennent presque méconnaissables… pour des situations parfois rocambolesques !

Tout est à prendre sur le ton de la légèreté et de l’humour tant l’ambiance et les personnages qui peuplent le premier tome sont sympathiques. On se laisse porter par les aventures de Bell Cranel, on sourit devant les créatures toutes plus hideuses les unes que les autres qui traversent son chemin, on s’étonne de la pluralité des familias et des personnalités qui s’écrivent sous nos yeux. On peut peut-être s’exaspérer du côté “tombeur de dames” qui poursuit le héros, tant les femmes sont parfois toutes très simplement intriguées par lui… Mais il est facile de passer outre car ces situations sont toujours traitées avec détachement et somme toute assez caractéristiques des romans jeunesse japonais de base.

[L]’essence même de DanMachi est surtout le passage à l’âge adulte.

Les motivations de Bell évoluent au gré des pages, et on assiste à une véritable éclosion de l’adolescent au fur et à mesure qu’il brave les dangers et qu’il gagne en maturité au côté d’Hestia. D’adolescent bien trop obnubilé par les femmes, il devient plus aguerri, agile et conscient du monde qui l’entoure.

Car l’essence même de DanMachi est surtout le passage à l’âge adulte. Les jeunes lecteurs sauront s’y retrouver et apprécier ce roman, car des thématiques essentielles sont traitées à travers le personnage de Bell : perte de l’innocence, découverte de la cruauté du monde et du mal, premiers émois amoureux, difficultés de vivre et de traverser les dangers… Elles sont d’autant plus parlantes qu’elles sont abordées sous le prisme d’une plume légère qui ne se prend presque jamais au sérieux, ce qui ne donne pas un côté moralisateur à ce premier opus…

Et dont la conclusion est une invitation irrésistible au prolongement de l’aventure : le donjon d’Orario abrite encore de nombreux mystères, les créatures rôdent toujours, les machineries des dieux sont toujours en cours d’opération et il commence à y avoir du grabuge dans certaines familias…

En plus d’être un bel objet avec des illustrations de qualité, le tome 1 de DanMachi – La Légende des Familias se révèle être une excellente introduction à un univers complexe et bucolique dans lequel on plonge avec plaisir. Une lecture comique bienvenue autant sous le parasol au soleil qu’à l’ombre sous la couette.

N.B. : Rendez-vous le 8 septembre pour la suite !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]


DanMachi_CouvTome1Nombreux sont les dieux venus s’installer dans la Cité-Labyrinthe d’Orario, bénissant les mortels qui s’aventurent dans son dédale souterrain en quête de pouvoir, de fortune… ou de filles ? ! C’est en tout cas le souhait de Bell Cranel, un aventurier novice sous la bénédiction de l’impopulaire déesse Hestia. Sauvé de justesse par la belle Aiz Wallenstein, une épéiste hors pair, Bell s’engage à suivre ses traces et à devenir un aventurier digne de se mesurer à elle. Bien décidé à relever ce nouveau défi, Bell plonge dans le mystérieux Donjon avec une énergie nouvelle qui ne manquera pas d’attirer l’attention de certains dieux.

Date de parution : le 30 juin 2016
Auteur : Fujino Omori
Editeur : Ofelbe
Prix : 12,99 € (302 pages)
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« Les Trois Sœurs » en état de grâce à la Biennale de Venise (théâtre)

Trois soeurs d'après Tchekhov en état de grâce
« Les Trois Sœurs » d’après Tchekhov, en état de grâce Photo © Aline Macedo Milena Abreu

« Les Trois Sœurs » en état de grâce à la Biennale de Venise (théâtre)

La metteure en scène brésilienne Christiane Jatahy mêle théâtre et cinéma dans une adaptation contemporaine des Trois Sœurs d’Anton Tchekhov. Une réussite.

Entre vision expérimentale et partage avec le public, son œuvre singulière s’impose désormais comme un espace manifeste de réinvention de ces deux vecteurs d’expression. Où s’expérimentent magnifiquement les frontières entre l’acteur et le personnage, entre la réalité et la fiction, entre le présent théâtral et l’instant capturé par la caméra. Le tout dans une relecture pertinente et vibrante de la pièce d’Anton Tchekhov, porteuse de tant d’errances, d’espoirs et d’interrogations.

[…] vertige d’ailleurs et de recommencement […]

Les trois sœurs au destin empêché sur lesquelles se focalisent les enjeux de cette version s’apprêtent à fêter l’anniversaire d’Irina, la plus jeune. Le deuil du père, mort il y a un an tout juste, s’est achevé.

Il y a là Olga, l’ainée qui estime ne plus pouvoir plaire et le regrette, Macha, mariée, mais qui n’est pas heureuse alors qu’elle rêve d’une passion ardente.

Et malgré la mélancolie qui rôde, ardemment combattue par le désir, la tendresse et l’alcool, l’avenir semble plein de promesses, accroché à cette espérance de retourner vivre à Moscou, le paradis perdu, et de recommencer ailleurs à vivre et à aimer.

C’est à partir de ce postulat qui voit les trois sœurs réunies face à cet appel à changer de vie, que la dramaturge interroge plus largement la notion utopique de changement et sa prise de risque corollaire.

Elle la confronte aux relations interdépendantes entre les trois protagonistes où comment leur fusion tantôt les mobilise dans leurs actes, leurs désirs ou les paralyse dans leurs rêves inaccomplis entre volonté d’ émancipation ou de renoncement.

[…] une relecture pertinente et vibrante […]

Les spectateurs sont séparés en deux groupes. L’un assiste à la représentation scénique tandis que l’autre visionne la version filmée par Christiane Jatahy (le film vu étant monté en direct à partir des images de la représentation qui se déroule en même temps ; le spectateur voit l’un ou l’autre successivement, il y a deux représentations pour la soirée).

Ce procédé n’est nullement un artifice mais fait partie intégrante de la dramaturgie qui cristallise l’envers du miroir entre espace réel/ concret, livré sans filtre sur scène, et configuration cinématographique avec ses plans serrés ou grossissants au champ de vision et de sensations modifiés.

Dans cette temporalité propre à Tchekhov où s’intercale le temps qui passe entre le futur rêvé, le présent espéré, le passé mortifère, les personnages sont à la fois proches et lointains, quotidiens et mythiques, ridicules et poignants. Ils se consument à la brûlure de cet accomplissement imaginé à travers les rires, les fêlures, les manques et les larmes.

Fabuleuses comédiennes et actrices que Julia Bernat (Irina) Stella Rabello (Maria) et Isabel Teixeira (Olga) dont l’état de grâce habite sans relâche d’une humanité palpable, ce vertige d’ailleurs et de recommencement, aux prises entre illusions et frustrations.

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Date : le 09 août 2016 l Lieu : A la Biennale de Venise
Metteur en scène : Christiane Jatahy  l Avec : Julia Bernat – Stella Rabello – Isabel Teixeira

Un Suicide Squad jubilatoire et pétaradant

Suicide Squad
Suicide Squad, film de David Ayer, Copyright 2016 Warner Bros. Entertainment Inc., Ratpac-Dune Entertainment LLC and Ratpac Entertainment, LLC

Un Suicide Squad jubilatoire et pétaradant

Suicide Squad était attendu de pied ferme. Avalanche de bandes annonces, accumulation de trailers, Harley Quinn affichée partout, le Joker placardé à l’envi, l’overdose était à craindre et le désastre prévisible. Et pourtant, Suicide Squad est un grand moment de pop corn movie assumé. Effets spéciaux à foison, explosions à l’envi mais surtout scénario retors et surprises garanties. Les 2h10 passent dans un souffle pour un divertissement jubilatoire. Vous pensiez tout savoir du film ?

La galaxie DC Comics avait accouché d’une rencontre au sommet entre ses deux grands héros Batman et SupermanBatman Vs Superman a plu ou déçu, c’est selon. Ce Suicide Squad ne devrait pas non plus faire l’unanimité. Les plus grands super méchants de la planète sont réunis pour participer à des missions suicides et sauver le monde. Mais comme ils ne sont pas d’emblée coopératifs, une agence d’état les aide un peu à coups d’arguments imparables. Le premier tiers du film présente les personnages principaux en mode portrait flashback jeu vidéo. DeadshotHarley QuinnCapitaine BoomerangKiller Croc and co, les présentations sont cursives et rythmées, l’humour omniprésent, pas le temps de s’ennuyer. L’entrée en matière fait s’écarquiller les mirettes et plusieurs certitudes se font jour.

La première est que ce Joker n’atteindra jamais les sommets d’Heath Ledger dans The Dark KnightJared Leto privilégie l’esbroufe à la profondeur. Il multiplies les rires sonores sans fournir de rubriques cultes et surtout sans expliquer la fascination d’Harley Quinn pour son personnage. Maniaque, psychopathe, c’est bien compris mais pas d’How about a magic trick ou de Why so serious à l’horizon. La présence du Joker ne se justifie donc que pour mettre en valeur une Margot Robbie aussi belle que dingue et qui, elle, multiplie les répliques et les mimiques. C’est elle le personnage principal du film, avec Will Smith. En Deadshot, il s’essaye en tueur à gages implacable. Pas forcément très crédible mais plutôt convaincant en tireur expert torturé. En compagnie de tous leurs acolytes, ils affrontent une super méchante plus risible qu’effrayante…. surtout quand elle se dandine…

Beaucoup de reproches, mais pourtant le film fonctionne. Viola Davis est très surprenante en boss intraitable et impitoyable. Son caractère de fer lui permet de remettre à leur place son équipe de joyeux psychopathes. Un soldat interprété par l’inconnu Joel Kinnaman lui sert de bras droit dans une histoire de trahisons et de tromperies. Car le film ne cesse de brouiller les pistes pendant longtemps. Les coups de poignards dans le dos sont longtemps à craindre et beaucoup de spectateurs se perdront dans les méandres d’un scénario tortueux. Pas d’affrontement binaire, en tout cas pendant la majeure partie du film. De quoi faire mouliner les neurones, ce qui n’est pas souvent le cas pour un blockbuster. De quoi en faire un nouveau maitre étalon du film d’action. Car le scénario machiavélique se prête si bien à l’exercice du blockbuster… d’autant que ce n’est pas tout.

L’action ne se départit jamais d’une bande son ultra vitaminée et savamment partagée entre rengaines Rock cultes et morceaux plus RnBBlack SabbathThe White StripesQueenThe AnimalsACDCCreedance Clearwater Revival, c’est un délice pour les oreilles, d’autant que quelques rengaines d’Eminem et d’autres stars du rap raviront les plus jeunes. Quant à l’esthétique, le choix d’un kaléidoscope de couleurs vives participe à l’énergie générale. Et même si l’affrontement final se conclut par des effets outranciers et un dénouement à la limite du ridicule, la plus grande partie du film convainc. Le blockbuster respecte les codes du genre, ajoute quelques péripéties inattendues et surtout ose sortir des sentiers battus. De quoi surprendre et se régaler. Quand aux 2 totems DC Comics, ils sauront vous surprendre…

Ce Suicide Squad est un vrai plaisir coupable. Imparfait parfois, maladroit aussi, mais suffisamment dense et fouillé pour parvenir au degré d’éclate attendu. Le seul regret sera ce Joker bien trop superficiel. Heureusement, Harley Quinn, elle, ne déçoit pas.

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Suicide Squad 10
C’est tellement jouissif d’être un salopard ! Face à une menace aussi énigmatique qu’invincible, l’agent secret Amanda Waller réunit une armada de crapules de la pire espèce. Armés jusqu’aux dents par le gouvernement, ces Super-Méchants s’embarquent alors pour une mission-suicide. Jusqu’au moment où ils comprennent qu’ils ont été sacrifiés. Vont-ils accepter leur sort ou se rebeller ?

Sortie : le 3 aout 2016
Durée : 2h10
Réalisateur : David Ayer
Avec : Margot Robbie, Jared Leto, Will Smith, Viola Davis
Genre : Action, Fantastique

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Résultats concours : Mousticos, 20 albums gagnés

Mousticos
Résultats concours : Mousticos, 20 albums gagnés !

Vous avez été 4053 participants au concours Mousticos. Merci de votre excellente participation. Les 20 heureux gagnants d’un album Mousticos sont les suivants :

Evelyne Riteau, Juana Montoro, Christopher Gomes, Julia Lecuyer di Scala, Warren Hohl, Cédric Bellette, Christophe Gabard, Corine Arrenous, Robert Verdier, Cécile Verger, Françoise Rochais, Jean Bourquin, Myriam Gobé, Aline Chauvin, Julie Leto, Jules Merveille, Ionel Marius Zoita, Isabelle Durand, Marie Grandpierre, Gérard Roudaut

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Immersion houellecquienne au Palais de Tokyo, à Paris

Houellebecq
Houellebecq – Rester vivant Photo © luzycalor.com

Immersion houellecquienne au Palais de Tokyo, à Paris.

Publik’Art a déjà fait une chronique sur cette exposition hors norme. C’est Stanislas Claude qui nous a donné ses impressions sur ce « Rester vivant » d’Houellebecq. Comme l’art contemporain nous fait vibrer de différentes façons, il nous a semblé important de vous faire partager les ressentis et les analyses d’Olivia Bugault sur Houellebecq :

Nous entrons dans cette exposition comme nous essayons de percer un mystère. Le mystère Houellebecq. Et déjà une première question : pourquoi une exposition de lui ? Est-il sculpteur, peintre, dessinateur ou grand connaisseur des Arts ? Non pourtant. Il est écrivain et parmi les plus célèbres de France. Mais plus que sa plume, c’est sa renommée et sa personnalité inattendue qui lui ont ouvert les portes du Palais.
Houellebecq est un drôle de gus, éternellement inaccessible malgré sa notoriété et ses apparitions médiatiques. Peu loquace, l’air indifférent, le sourire peu fréquent et l’attitude indolente. Qui est-il ? Cette exposition est une tentative de compréhension. Soulever le voile de son identité pour ensuite voir le monde à travers ses yeux. Vaste projet.

L’exposition :
Un enchainement de petites salles sombres et assez dépouillées offrent aux visiteurs l’occasion d’apprivoiser l’homme sans se gaver. Petites doses par petites doses, une idée à la fois.
D’abord, quelques tableaux qui sont souvent la juxtaposition de deux photographies. L’une grande, l’autre petite, elles évoquent un même mot. Mais tandis que l’une est l’illustration de son idéal, l’autre représente sa signification moderne, abîmée par la société. Incohérences, imperfections, excès, Michel Houellebecq a l’œil affûté.

Michel Houellebecq
Michel Houellebecq – Rester vivant

Aux tableaux succèdent d’étranges installations et des atmosphères habilement créées par le romancier. On avance parfois sans réussir à comprendre ce qu’il veut nous dire et pourtant, on ne cesse de se questionner.
Le rythme de la visite est lent et agréable comme si Houellebecq nous obligeait à ralentir le rythme. En morcelant l’espace mais aussi par des procédés plus vicieux ! Sa première vidéo, par exemple, joue beaucoup sur l’attente. Alors nous patientons, devant un écran noir. Frustrant ou délicieux en fonction des visiteurs, c’est du Houellebecq tout craché !
Et d’ailleurs, cela ne vous évoque rien ? Un journaliste pose une question à l’auteur. Au lieu de partir au quart de tour comme tout bon politicien ou homme de média, Houellebecq se tait. Il réfléchit. Un silence à la télévision, c’est inacceptable !… Non, c’est Houellebecq. C’est si rare de prendre le temps de réfléchir que c’en est étonnant et rafraichissant.

Les paradoxes houellebecquien :
Cédons à un autre plaisir : analyser ses paradoxes ! Alors qu’aujourd’hui, il est bon de gommer ses dissonances pour se vendre plus facilement au public, il ne cache pas sa complexité. Il ne fait même aucun effort ni pour paraître sympathique, ni pour lisser son personnage.
– Derrière sa nonchalance je m’en foutiste, ne serait-il pas un grand sensible ? Un poète est souvent traversé d’émotions violentes, il ressent plus intensément le monde. Or Houellebecq en est un. Et comment ne pas mentionner cette dernière salle en hommage à son chien mort, Clément. Artistiquement, elle n’a aucun intérêt, mais, il lève le secret de ses attachements. Comme s’il nous avouait qu’il savait aimer. Un cadeau de fin de visite.

– Son air indolent est aussi très trompeur car Houellebecq est un scrutateur. Il analyse le monde sans en avoir l’air. Ses livres sont presque considérés comme des prédictions et c’est ce qui le rend si polémique. Car ses prédictions sont rarement de bon augure.

– Dernière contradiction mais pas des moindres, le titre de son exposition : « Rester vivant ». Doit-on y voir une célébration de la vie, du bonheur d’être sur Terre tout simplement ? Pas vraiment. « L’absence d’envie de vivre, hélas, ne suffit pas pour avoir envie de mourir » (Extrait de Plateforme). Houellebecq n’exalte pas le bonheur d’être vivant mais il préfère attendre que la mort vienne le cueillir plutôt que de la rechercher.

Allez-y, si le personnage vous intrigue. Si vous avez lu ses livres, ses poèmes, ses essais ou vu ses films. Il faut connaître quelques miettes de son travail ou de son caractère pour pénétrer cette drôle d’exposition. Pour ne pas considérer tableaux, installations et films juste pour ce qu’ils sont mais comme morceaux de la pensée de Houellebecq, des indices à notre portée.

Hugues Chabert & Elisa Huteau interprètent Rachmaninov avec grâce et émotion

Hugues Chabert & Elisa Huteau
Hugues Chabert & Elisa Huteau, NoMadMusic, Collection Fravanni

Hugues Chabert & Elisa Huteau interprètent Rachmaninov avec grâce et émotion

Le label NoMadMusic dévoilait en décembre 2015 le premier enregistrement d’Hugues Chabert au piano. Attaché à l’oeuvre foisonnante de lyrisme et de complexité du compositeur russe Sergeï Rachmaninov, il interprète ses Etudes – tableaux op 39 avec fougue et impétuosité. Accompagné de la jeune et talentueuse violoncelliste Elisa Huteau, ils livrent tous deux une Sonate pour violoncelle et piano qui touche au coeur et émerveille par sa délicatesse.

Hugues Chabert est le jeune pianiste qui monte dans le paysage classique français. Diplôme du Conservatoire national supérieur de musique de Paris et Lyon, il s’est régulièrement escrimé sur France Musique et à la Cité de la musique à Paris. Professeur de musique de chambre au Conservatoire de Montpellier et directeur artistique du Festival de musique de chambre des Montagnes du Matin, il grave enfin son premier enregistrement en s’attaquant à ce monument de piano qu’est Rachmaninov. Le compositeur russe à la vie romanesque s’est vu récemment décerné le titre officieux de plus grand pianiste de l’histoire par un large collège de votants et enregistrer ses oeuvres n’a rien de l’évidence. Si ses célébrissimes concertos pour piano l’ont fait rentrer dans la légende, son oeuvre est riche d’oeuvres ambitieuses et chamarrées. Ses immenses mains lui permettaient d’enfiler les notes comme des colliers de perles pour des compositions d’une puissance incomparable.

L’interprétation des deux jeunes musiciens est touchée par la grâce et l’Andante arracherait des larmes d’émotion au plus bougon des fans de Beethoven. L’entente entre les 2 interprètes aboutit à un rare moment d’émotion.

L’album débute par les 9 Etudes – Tableaux pour piano composées dans une période trouble de la vie de Rachmaninov. Marqué par le décès de ses proches Scriabine et Taïenev, il ne se départit pas de sa virtuosité légendaire en y adjoignant une touche de profonde mélancolie. Son trouble existentiel sera parachevé par la fuite d’une Russie devenue communiste en 1917 pour une nouvelle carrière de concertiste en Amérique. La plupart de ses oeuvres majeures sont déjà composées, il n’en ajoutera que peu. Le piano d’Hugues Chabert ne se laisse pas dérouter par les difficultés techniques et transmet parfaitement la passion enfiévrée du compositeur. L’Allegro molto et l’Appassionato sont notamment des moments clés de saynètes fascinantes de puissance.

La Sonate pour violoncelle et piano est celle de la renaissance. Profondément marqué par le mauvais accueil critique de sa première symphonie, Rachmaninov met à égalité piano et violoncelle pour un moment de lyrisme à la pure élégance slave. L’interprétation des deux jeunes musiciens est touchée par la grâce et l’Andante arracherait des larmes d’émotion au plus bougon des fans de Beethoven. L’entente entre les 2 interprètes aboutit à un rare moment d’émotion. Ceux qui ne connaissent pas cette oeuvre ne pourront cesser de l’écouter pendant au moins quelques jours tant l’émotion devient rapidement addictive. Les admirateurs de musique russe feront un évident parallèle avec l’oeuvre de Tchaikovsky dont Rachmaninov fut un digne héritier.

L’âme slave jaillit avec éclat de l’album d’Hugues Chabert chez NoMad Music. L’album peut passer en rotation lourde sur la chaine stéréo du salon sans qu’à aucun moment l’idée de changer de musique ne traverse l’esprit. Un moment de musique puissant et émouvant qui ravira les admirateurs de Rachmaninov et les esthètes de la jeune scène musicale française.


Rachmaninov : Sonate pour violoncelle et piano… par francemusique

Genius, l’histoire incroyable de Thomas Wolfe

Genius
Genius Photo © Marc Brenner

Genius, l’histoire incroyable de Thomas Wolfe

John Logan est le scénariste et le producteur de ce film Genius, un film génial. Il a en fait adapté le livre de Scott Berg, pour le cinéma. Et cela lui a demandé vingt ans de travail. Un travail qui dévoile la personnalité hors du commun de Thomas Wolfe. Et le film a été réalisé par Michael Grandage.

Publik’Art a été passionné par ce film, Genius, d’autant plus que le livre de A. Scott Berg, Max Perkins, un éditeur de génie, vient d’être réédité chez Michel Lafon et que Publik’Art est en train de le découvrir…

Le film Genius est centré sur l’éditeur Max Perkins, l’excellent Colin Firth (Le discours d’un roi), et un de ses auteurs préférés : Thomas Wolfe, le beau Jude Law. On y découvre la relation entre ses deux hommes du premier jour de leur rencontre jusqu’au dernier. Max Parkins a été un éditeur de génie qui a déniché des nouveaux talents, comme Francis Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway et Thomas Wolfe. Ce dernier avait vingt ans quand il entra dans le bureau de Max Perkins, avec un livre qui avait plus de mille pages ! Mais cela ne découragea pas l’éditeur car il a vu immédiatement la richesse de ces écrits. Et ensemble, ils ont entrepris de rendre ce livre lisible par le plus grand nombre…

Genius dévoile à la fois le difficile métier d’auteur, mais aussi celui d’éditeur, qui reste dans l’ombre mais qui est essentiel à l’écrivain, comme le serait un coach sportif.
On peut reprocher au film d’être un peu sombre, de manquer de luminosité, sans doute pour montrer qu’ils travaillaient jour et nuit. Le film s’attache surtout à Wolfe au détriment des autres auteurs, contrairement au livre. Mais c’est bien l’éditeur qui reste au centre du film, comme du livre.

Nicole Kidman interprète la maitresse de Tom, même si son rôle est très court, elle est toujours étonnante.
Max Perkings lit quelques passages sublimes du livre de Wolfe. Même si le livre est plus riche en sensibilité, le film arrive à dévoiler une relation toute spéciale entre ces deux hommes. Deux hommes de génie. Une amitié hors-pair.
Un  film « littéraire » éblouissant qui vous donnera envie de lire le livre de A.Scott Berg, assurément !

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GeniusÉcrivain à la personnalité hors du commun, Thomas Wolfe est révélé par le grand éditeur Maxwell Perkins, qui a découvert F. Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway. Wolfe ne tarde pas à connaître la célébrité, séduisant les critiques grâce à son talent littéraire fulgurant.
Malgré leurs différences, l’auteur et son éditeur nouent une amitié profonde, complexe et tendre, qui marquera leur vie à jamais.

Sortie : le 27 juillet 2016
Durée : 1h44
Réalisateur : Michael Grandage
Avec : Colin Firth, Jude Law, Nicole Kidman
Genre : Drame, Biopic

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[TEST] La box Le Closet révolutionne votre dressing

Le Closet

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La box Le Closet c’est la possibilité d’avoir un dressing de rêve sans avoir le souci du stockage, du pressing et avec la possibilité de ne jamais reporter les mêmes vêtements si on le désire. Nous nous sommes donc inscrits sur le site et avons établi notre profil vestimentaire : taille, type de vêtements, couleurs … Très rapidement, une sélection nous a été proposée et nous avons pu faire des modifications tant sur la taille que sur le produit.

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Sans engagement – un mois : 49 €

Formules Cadeau :

 2 mois : 88 € / 3 mois :  125 €

6 mois : 245 €12 mois : 440€

Note globale obtenue : 4,2/5

[vc_btn title= »VISITEZ LE SITE » color= »primary » align= »center » link= »url:https%3A%2F%2Fgoo.gl%2FrAziOJ|title:Le%20Closet|target:%20_blank »][vc_text_separator title= »APERCU DE LA BOX » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Le Closet

[vc_text_separator title= »NOTRE AVIS SUR LA BOX » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

A nous la liberté ! 

Deux jours après la commande, la box est arrivée dans un joli colis bien organisé. A l’intérieur, 3 vêtements et deux bijoux, tous conformes à ce que l’on nous avait annoncé. Les vêtements sont en très bon état et propres. Une enveloppe de retour est présente avec un coupon prépayé pour la poste de manière à retourner les produits lorsqu’on le souhaite pour avoir de nouveaux vêtements. Et ces allers-retours sont illimités, à nous la liberté !

Le plus c’est la possibilité d’acheter les vêtements qui nous ont plu pour un petit prix même si les produits sont d’occasion … Premier test concluant, à voir dans la durée si cela peut devenir un véritable mode de vie et de consommation !

Une box avec des produits de grande marque pourrait être une très bonne idée également, car Le Closet nous a livré dans cette box des vêtements de moyenne gamme.

Mais l’expérience est vraiment à tenter : vous ne serrez pas déçues !

Michel Houellebecq mis à nu au Palais de Tokyo

Rester vivant
Rester vivant, Palais de Tokyo

Michel Houellebecq mis à nu au Palais de Tokyo

Michel Houellebecq se met en scène au Palais de Tokyo dans une exposition intitulée fort justement Rester Vivant. Les photos de ses pérégrinations, de doux souvenirs de ses amis domestiques, des clichés grivois d’on ne sait qui en posture érotique, c’est tout l’univers Houellebecquien qui est offert aux yeux de visiteurs curieux. Cette plongée iconoclaste dans ses archives personnelles ouvre une large lucarne sur un personnage phare de la scène littéraire. Suivez le guide.

Qu’attendre d’images extraites du quotidien le plus basique d’une star des lettres? Depuis Extension du domaine de la lutte publié en 1994 jusqu’à Soumission en 2015 en passant par les cultissimes Particules élémentaires en 1998, l’auteur a imprimé sa marque. Son écriture directe et désabusée enfonce le couteau de la vérité dans la plaie de l’autoculpabilité. Les errances modernes autant que les compromissions hypocrites sont montrées du doigt avec sagacité via des héros velléitaires à la frustration fataliste. Chaque nouvel ouvrage est attendu par les fans et le gratin germanopratin comme une promesse de surprises et de succès littéraire. Mais que fait l’auteur quand il écrit, ou même quand il n’écrit pas ? Michel Houellebecq répond lui même à la question en exhibant son existence comme une mise à nue salvatrice.

Car l’exposition semble tout montrer. Tout en sachant pertinemment qu’elle ne montre que ce que l’auteur veut bien dévoiler. La duplicité n’échappera à personne tant la mise en scène parait soigneusement (et donc sournoisement) ordonnée. Les clichés d’immondes zones industrielles cohabitent avec de doux paysages verdoyants. Les premiers clichés pourraient montrer l’oeil critique de l’homme à qui on ne la fait pas, les seconds ses aspirations à la plénitude. Mais tout cela semble bien commode, l’auteur doit certainement vouloir plus. Peut être expose-t-il les contradictions de la modernité par trop pragmatique et fonctionnelle. Si les paysages ont une utilité, la nature elle-même en a une. Rien n’échappe à la logique capitaliste, cela semble être le message central de l’exposition.

Quant aux images de femme dénudée, le visiteur vigilant pensera automatiquement aux errements du héros de PlateformeHouellebecq met à distance en utilisant cet éternel premier degré, comme dans ses ouvrages. Ne peut on être fasciné par cette créature à moitié dénudée, peut être un mannequin embauchée pour l’occasion, enrôlée pour satisfaire les foules? Quand à la salle hommage aux bêtes à poils, peut être touche-t-on la sensibilité de l’homme au plus près. Sans machines ni humains, il fait surgir ce sentiment de perte si attaché à l’espèce homo sapiens sapiens. Comme un témoignage enfin véritable et non déguisé. Un animal ne recherche qu’une affection désintéressée, au contraire de cette humanité toujours tournée vers son profit personnel. En tous lieux et en toutes choses.

Si l’exposition peut paraitre se complaire dans l’autocélébration, un regard plus tranché appelle au rapprochement avec l’oeuvre. Comme dit l’adage, les chiens ne font pas des chats et c’est bien l’Houellebecq écrivain qui s’exhibe, lui même intimement humain. Et vivant. Cette exposition devrait-elle être appréhendée comme un nouvel ouvrage? Qui sait. Rimbaud disait La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, Houellebecq nous donne surtout du grain à moudre!

Dates : Jusqu’au 11 septembre 2016
Lieu : Palais de Tokyo (Paris)
Entrée : 10,40 €

Une farce déroutante avec Don Quichotte au Lucernaire

Don Quichotte
Don Quichotte, Lucernaire

Une farce déroutante avec Don Quichotte au Lucernaire

Cette adaptation du célébrissime Don Quichotte de Cervantès détonne et déconcerte par ses partis pris punks et décalés. Les comédiens privilégient les situations ubuesques à la magie des mots, le burlesque décalé à la subtilité des réparties. De longs dialogues sans queue ni tête sèment le trouble avec un non-sens assumé. La poésie hallucinée fait douter des intentions  entre évocation picaresque et délire foutraque.

Don Quichotte présente sa philosophie à une journaliste enthousiaste. Tandis qu’il lisse ses moustaches et semble fixer un horizon lointain, il répond aux questions avec un sérieux qui tranche avec la fantaisie des propos. Croit-il vraiment à ses effets oratoires dérisoires ou souffre-t-il d’une mythomanie galopante? Le doute subsistera pendant à peu près toute la pièce, faisant du vieux chevalier un original fascinant. Les échanges avec une Claire Chazal de pacotille alternent avec les scènes d’aventures en compagnie de l’éternel Sancho Pança. Une heure durant, les deux compagnons juchés sur leurs cubes accumulent les aventures immobiles. Un léger doute assaille constamment le fidèle écuyer quant aux intentions de son maitre. Mais folie et héroïsme finissent par se confondre sans pouvoir faire la part des choses.

Personnage universel et dérisoire, Don Quichotte est pour son auteur Cervantès le symbole d’un monde qui s’éteint. Désargenté et esseulé, le vieux chevalier s’invente des quêtes à coups de moulins à vents transformés en géants. Le comédien Sylvain Mossot le fait ressembler à un Frank Zappa sous amphétamines, avec sa veste brillante et sa chemise à jabot. Jean-Laurent Silvi privilégie une mise en scène dépouillée avec 4 cubes éparpillés et des accoutrement clownesques. Don Quichotte s’apparente à un vieux punk fantaisiste, perdant en majesté ce qu’il gagne en truculence. Accoutré d’un bric à brac dépareillé, futuriste ou grotesque au choix, il s’enfonce dans sa folie douce. Les 4 comédiens semblent souvent improviser, preuve de la légèreté du texte et de sa parfaite assimilation.

L’humour constamment décalé ravit une part importante du public qui se fait entendre bruyamment. Les plus sceptiques s’enfoncent sur leur banc, mal à l’aise devant une pièce qui privilégie l’énergie à la poésie. Les diatribes ne font que rarement dans la finesse et rappellent l’humour désopilant des Robins des bois ou d’Alexandre Astier dans Kaamelot. Les réparties bien senties s’enchainent sans qu’une once de lyrisme ne se fasse entendre. L’important est de prendre le train en marche.

Dates :  Jusqu’au 10 aout 2016
Lieu : Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Jean-Laurent Silvi
Avec : Sylvain Mossot, Alex Blind, Barbara Castin, Anthony Henrot

Bad Moms : une nouvelle bande-annonce complètement déjantée… et non censurée

Bad Moms
Bad Moms photo © STX Entertainment

Bad Moms : une nouvelle bande-annonce  complètement déjantée… et non censurée !

Bad Moms sort le 3 août au cinéma ! Mila Kunis en a marre d’être une mère parfaite ! Bad Moms est écrit et réalisé par Jon Lucas et Scott Moore (Very Bad Trip).
Si apparemment la vie de Amy a l’air parfaite, en réalité, elle ne le ressent pas ainsi. Elle fait tout pour que tout soit le plus parfait autour d’elle mais elle est près de craquer ! Du coup, elle, et deux de ses meilleures amies, vont vouloir changer les choses, changer leurs vies. Ca rappelle un peu le livre d’Alex Riva : La grève des femmes formidables

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Bad MomsEn apparence, Amy a une vie parfaite : un mariage heureux, de beaux enfants et une carrière qui décolle. En réalité, elle se met tellement la pression pour être au top sur tous les fronts, qu’elle est sur le point de craquer. Au bout du rouleau, elle trouve comme alliées deux autres mères épuisées elles aussi par le stress des règles imposées par Gwendoline, la toute puissante présidente des parents d’élèves. Ces trois nouvelles meilleures amies se lancent dans une folle virée en quête de fun et de détente, loin de leurs responsabilités conventionnelles de mères de famille. Ce qui a tendance à crisper le clan de Gwendoline et ses mères parfaites…

Sortie : le 3 août 2016
Durée : 1h41
Réalisateur : Jon Lucas, Scott Moore
Avec : Mila Kunis, Kathryn Hahn, Kristen Bell

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Pelé, naissance d’une légende, avant-première VOD le 29 juillet

Pelé, naissance d'une légendePelé, naissance d’une légende, bande-annonce dévoilée et avant-première VOD le 29 juillet !

PELÉ – NAISSANCE D’UNE LÉGENDE :
LE RÊVE D’UN ENFANT. L’ESPOIR D’UNE NATION.

Découvrez le 1er biopic sur Pelé, la légende vivante du football !

Avant-première VOD le 29 juillet

Un film intense et grandiose, plébiscité par les fans de la légende et produit par Brian GRAZER (Rush, Appollo 13) et par Pelé lui-même !

– LE « ROI » PELÉ ! –

Plus grand buteur de l’Histoire du football (1283 buts en 1366 matchs) !
Plus jeune joueur vainqueur de la Coupe du Monde (17 ans – record toujours inégalé) !
Seul joueur au monde à avoir remporté 3 Coupes du Monde (1958 / 1962 / 1970) !
« l’une des 20 personnalités les plus importantes du 20ème siècle » TIME
sacré « Footballeur du siècle » par la FIFA
Prix d’Honneur du Ballon d’Or (créé spécialement pour lui)

Avant première VOD le 29 juillet

Le 03 aout en Blu-ray, DVD & VOD

Pelé, naissance d'une légende
Pelé, naissance d’une légende

 

Publik’Art organise un concours pour vous faire gagner 1 Blu-ray ou 1 dvd : Pelé, naissance d’une légende. Pour cela il vous suffit de cliquer ICI

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PELE_DVD-BR
L’incroyable ascension de la légende du football, qui, grâce à un style hors norme et à force de détermination, triompha de tous les obstacles, pour devenir l’inspiration d’un pays tout entier, et le changer à jamais.

De son enfance dans les favelas à son entrée dans le club du FC Santos, son talent le mènera jusqu’à la Coupe du Monde 1958 où, alors âgé de 17 ans seulement, il marqua le but décisif qui couronna le Brésil du titre mondial.

Sortie DVD & VOD,Blu-Ray : le 3 août 2016
Durée :1h47
Réalisateur : Michael Zimbalist, Jeff Zimbalist
Avec : Leonardo Lima Carvalho, Kevin de Paula, Vincent D’Onofrio

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Le petit théâtre de la démesure, exposition des vitrines d’Antoine Platteau pour la Maison Hermès

Le petit théâtre de la démesure, exposition des vitrines d’Antoine Platteau pour la Maison HermèsCommuniqué de presse :

Du 19 juin au 18 septembre 2016 à la Chapelle Saint-Louis (rue Louis Renard à Poitiers), l’exposition « Le petit théâtre de la démesure, exposition des vitrines d’Antoine Platteau pour la maison Hermès » présente le travail mené par Antoine Platteau, décorateur en charge des vitrines de la célèbre maison du Faubourg Saint Honoré. Le Miroir de Poitiers a souhaité, pour sa programmation d’inauguration, explorer la notion de vitrine en tant qu’espace de création contemporaine, au delà de la simple mise en avant d’objets simples « marchandises ».

Souhaitant pour sa programmation inaugurale interroger son sujet, autrement dit l’exposition, le Miroir de la Ville de Poitiers a saisi l’opportunité de l’arrivée en 2014 d’un nouveau décorateur en charge des vitrines du siège historique de la Maison Hermès, Antoine Platteau, pour présenter le travail qu’il mène depuis deux ans et, dans le même temps, raconter la démarche qui est la sienne.
Véritable espace d’exposition offert à tous et donnant vie à des objets qui sont beaucoup plus que de simples « marchandises », la vitrine se trouve à la croisée de l’art et du savoir-faire, au cœur des arts décoratifs que le Miroir se donne pour ambition d’explorer et de mieux faire connaitre.

La multiplication dans les villes des boutiques ouvertes sur la rue correspond au déclin des grandes foires et au développement du commerce en Italie et en Flandre à la fin du Moyen Âge. L’échoppe, dont le nom d’origine néerlandaise (schoppe) signifie « la petite boutique », possède en façade deux vantaux qui servent, l’un d’auvent, l’autre d’étal pour présenter la marchandise.
Mais la vitrine telle que nous la connaissons aujourd’hui naît véritablement au XIXe siècle, au cœur d’une ville qui se métamorphose et devient le lieu d’un spectacle ininterrompu, grand sujet de la littérature française, de Charles Baudelaire à Émile Zola ou encore Jules Laforgue.
C’est particulièrement le cas à Paris entre 1880, période où Hermès s’installe Faubourg Saint-Honoré, et les années 1930. La vitrine happe le regard du passant et participe pleinement au théâtre de la rue.
Les vitrines d’Hermès, rue du Faubourg Saint-Honoré, jouissent d’un statut particulier. Celui ou celle en charge de les décorer bénéficie d’une complète liberté de création. Animées par la magie d’Annie Beaumel puis par la fantaisie sans limites de Leïla Menchari, les vitrines du Faubourg Saint- Honoré ont transformé une simple promenade parisienne en étape incontournable d’une visite à Paris.
Aujourd’hui, c’est au tour d’Antoine Platteau de réaliser chaque année quatre opus pour douze vitrines. Autant dire que son rythme de travail est soutenu.
Explorant le thème annuel défini par Pierre-Alexis Dumas, directeur artistique d’Hermès, Antoine Platteau travaille avec son équipe au sein d’un studio qui ressemble à un cabinet de curiosités. Dessinateur compulsif, passionné de formes, de matières, de textures, de couleurs, le décorateur utilise peu l’outil numérique, préférant l’expérimentation grandeur nature.

Résultats concours : The Wave, 10 places de ciné gagnées

The Wave
Résultats concours : The Wave, 10 places de ciné gagnées !

Vous avez été 2746 participants au concours The wave. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants de 2 places de ciné sont les suivants :

Lucie Batreau, Huyh Phii, Jean-Luc Royer, Jean Bohn et François Secondi

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Sparrows, un film complexe de Rúnar Rúnarsson

Sparrows
Sparrows Photo © Nimbus Film Productions

Sparrows, un film complexe de  Rúnar Rúnarsson

Rúnar Rúnarsson réalise un film assez sombre et dur avec Sparrows. Le héros est un adolescent, Ari, qui retrouve son père, après six ans de séparation.

Ari vivait dans la capitale de l’Islande, à Reykjavik, avec sa mère et son beau-père. Mais pour des raisons professionnelles, sa mère doit partir voyager. Du coup, elle demande à son ex-mari de « récupérer » Ari. Le problème est qu’il habite dans une région complètement isolée, région des fjords au nord-ouest de l’Islande. Région où il n’y a rien. Rien à faire, rien à explorer. Juste une usine de poissons où Ari travaille, ainsi que son père. Ari n’a pas d’ami mais il a la joie de retrouver sa grand-mère qui est la seule personne qui lui apporte une certaine stabilité et beaucoup d’amour. Il retrouve également une amie d’enfance, Lara, mais qui a un petit copain…

Ari en veut beaucoup à sa mère de l’avoir abandonné. On le voit piquer des crises, comme seul un ado sait le faire, pris dans ses propres contradictions… Et en même temps, il reste un enfant quand il se met à chanter merveilleusement, avec une voix claire et cristalline comme celle d’un ange… A vous donner la chair de poule.
On voit aussi son père faire des beuveries avec ses potes, souvent, trop souvent…
Ari découvre une autre vie, d’autres personnes, d’autres relations humaines… Il va devoir s’adapter et trouver sa voie…

Il va essayer l’alcool, les joints, et même davantage, entrainé par ses nouveaux amis et pas du tout surveillé par son père… Un événement va lui faire prendre conscience de la valeur de la vie et de sa cruauté.

Le réalisateur aborde des sujets profonds comme l’adolescence, la relation de l’ado avec les autres, et avec soi-même, la mort, l’amour, la jalousie, l’abandon, la solitude…
Et ce que va vivre Ari va le marquer au fer rouge.  Rúnar Rúnarsson ne fait pas dans la dentelle. Oui, c’est vrai que les photos sont superbes, oui, c’est vrai que Rúnar Rúnarsson dévoile la vie quotidienne des personnes habitant cette région si dure où tout paraît très noir, comme le sol volcanique. Vie souvent dépravée où tout est permis, ou presque puisqu’il n’y a rien à faire… Jusqu’où nous emmènera le réalisateur ? Loin, très loin dans l’horreur. Ari, avec sa voix si pure, va perdre définitivement l’innocence de son enfance.

Il est d’ailleurs étonnant que ce film ne soit pas interdit au moins de 16 ans. Il a juste droit à un avertissement… Etrange. Publik’Art ne le recommande pas aux moins de 16 ans… Vraiment.
Les grands ados se retrouveront certainement. Crises avec les parents, refus de l’autorité, errance des jeunes, soirée alcoolisée… Tout est bien réel… Trop réel, hélas. Mais là-bas, pas de jeunes connectés à leur téléphone… Pas encore !

La fin est dure, très dure. Il semblerait que Rúnar Rúnarsson veuille prouver que la vie n’est pas toute rose, que les gens ne sont pas tous bons… Il y a bien des méchants autour de nous qui rôdent et peuvent nous « capturer »… Même en Islande, dans une région perdue au bout du monde.

Sparrows, un film qui choque, un film qui nous laisse pantois. Mais un film qu’on n’oubliera pas avec des acteurs absolument excellents, surtout le jeune Ari, Atli Oskar Fjalarsson, qui a d’ailleurs reçu le Prix d’interprétation masculine au Festival des Arcs où le film a reçu trois autres prix !
Sparrows a reçu aussi de nombreux autres prix aux Festivals de San Sebastian, Goteborg et Sao Paulo…

Un film à voir en sachant de quoi il parle… Publik’Art vous a tout dit et en même temps, ne vous a rien dévoilé ! A vous de le découvrir !

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Sparrows, un film hard de Runar RunarssonAvertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Ari, 16 ans, vit avec sa mère à Reykjavik lorsqu’il doit soudain retourner vivre chez son père Gunnar, dans la région isolée des fjords, au nord-ouest de l’Islande. Sa relation avec son père n’est pas des plus faciles et ses amis d’enfance semblent avoir bien changé. C’est dans cette situation difficile à laquelle il ne peut échapper qu’Ari devra s’imposer pour trouver sa voie.

Sortie : le 13 juillet 2016
Durée : 1h39
Réalisateur : Rúnar Rúnarsson
Avec : Atli Oskar Fjalarsson, Ingvar Eggert Sigurðsson, Nanna Kristín Magnúsdóttir
Genre : Drame

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[TEST] Birchbox : beauté & déception

Birchbox

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Après avoir vu de nombreuses publicités sur les réseaux sociaux sur la box de produits de beauté Birchbox, nous nous sommes dit qu’il serait bon d’essayer. Pendant le mois de juillet, une offre promotionnelle nous livre la première box pour 1 euros si l’on s’abonne pour trois mois. C’était le bon moment pour tenter et le headband en cadeau annoncé ne nous déplaisait pas non plus.

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Sans engagement – un mois : 13 €

Abonnement 12 mois : 130 €

Note globale obtenue : 2,1/5

[vc_btn title= »VISITEZ LE SITE » color= »primary » align= »center » link= »url:http%3A%2F%2Fgoo.gl%2FCHDChn|title:Birchbox|target:%20_blank »][vc_text_separator title= »CONTENU DE LA BIRCHBOX DE JUILLET » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Voici le contenu de la box de juillet :

– une lotion pour les cheveux de 14,8 ml
– une eau micellaire de 25 mL
– un produit pour le corps de 50 ml (YOUHOU !)
– une crème solaire Mimitika de 5 ml (de quoi se protéger le bout du nez !)
– un eyeliner
– un coupon de 10 euros de réduction
– un livret explicatif

birchbox
Birchbox du mois de juillet 2016
[vc_text_separator title= »NOTRE AVIS SUR LA BOX » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Pour commander la Birchbox, rien de plus simple. En quelques clics, vous faites partis de la communauté et vous pouvez définir votre profil beauté.

Jusque là tout va bien. La box est reçue très rapidement. La première des choses qui surprend c’est son volume. Pour avoir testé d’autres box, elles sont souvent généreuses. C’est le principe : une box c’est bien si l’on a l’impression de sortir gagnant. La Birchbox de juillet est toute petite.

Le design est très sympa, avec des étoiles fluorescentes. Lorsqu’on l’ouvre, il y a effectivement plusieurs produits. Mais ces derniers ressemblent plus à des échantillons qu’à de vrais produits ; de plus, pas de Headband pour nous, zut ! La seule chose qui attire au premier regard : l’eye liner qui n’est pas qu’une moitié de produit ! Ouf, on s’en sort pour les 1 euros.

Le problème principal : des soins, des lotions avec un descriptif en anglais, pour qui une traduction serait parfois nécessaire. On se dit : mais à quoi cela sert-il !?! Alors, bon si on est mauvaise langue, il y a un petit livret explicatif. Mais les informations sont minimalistes. On a envie d’en savoir plus, pour être sûr de ne pas se retrouver avec des boutons partout.

Par contre, ce qui ressort bien dans cette boîte, c’est l’accroche marketing derrière. Un peu partout des messages pour nous indiquer que l’on peut acheter ces produits en ligne, avec une petite réduction. On a même un coupon de réduction de 10 euros… pour 30 euros d’achat !

Quand vous vous rendez sur votre compte Birchbox, vous pouvez visualisez les produits que vous avez vu et leur tarif. Enfin, si l’on regarde de plus près, c’est le prix des produits avec un format classique, normal. Alors qu’en pensez ? Rien de bon pour le moment. Alors est-ce que cette box n’a aucun intérêt parce qu’elle fait partie d’une offre promotionnelle ? Est ce que l’on a envie de voir la suite ? Malheureusement on va y être obligés … abonnement de 3 mois oblige !

La danseuse, BA déjà dévoilée du film de Stéphanie Di Giusto

La danseuse
La danseuse

La danseuse, BA déjà dévoilée du film de Stéphanie Di Giusto  !

La danseuse, le dernier film de Stéphanie Di Giusto est époustouflant ! Il est inspirée d’une histoire vraie et raconte la vie de la danseuse Loïe Fuller. « La destinée d’une femme qui a bouleversé son époque ». Loïe Fuller danse comme personne et va même faire des représentations à l’Opéra de Paris. Ce sera une fée jusqu’au jour où… Le film La danseuse sortira sur nos écrans le 28 septembre 2016.

Le film a été présenté au 69e Festival de Cannes dans la sélection Un Certain Regard ».

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La danseuseRien ne destine Loïe Fuller, originaire du grand ouest américain, à devenir une icône de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Même si elle doit se briser le dos et se brûler les yeux avec ses éclairages, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter sa chute.

Sortie : le 28 septembre 2016
Durée : 2h
Réalisateur : Stéphanie Di Giusto
Avec : Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry

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Another, tome 1 “Celle qui n’existait pas” : rencontre avec le Mort (Pika Édition)

another
Another : quand le light novel fait son entrée dans le catalogue des éditions Pika

Another, tome 1 “Celle qui n’existait pas” : rencontre avec le Mort (Pika Édition)

Les Éditions Pika, spécialisées dans la publication de mangas (on leur doit notamment Fairy Tail, Sailor Moon ou plus récemment L’Attaque des Titans), ont dévoilé en mars 2016 la création d’une toute nouvelle collection intitulée “Pika Roman”. Le label propose aux amateurs néophytes ou éclairés de “déchirer le voile de l’Imaginaire” en partant à la découverte des romans japonais, les lights novels, qui ont inspiré ou qui ont été inspirés des mangas phares de la maison. Le tome 1 d’Another, sorti le 13 avril 2016, a inauguré la collection avec brio et, à nos risques et périls, nous avons osé déchirer le voile en poussant les portes d’un livre aussi inquiétant que rusé… Attention ! d’angoissants frissons horrifiques se profilent doucement à l’horizon…

Écrit par Yukito Ayatsuji, Another est un light novel composé de deux tomes dans son édition française (le second tome étant sorti en juin 2016 chez Pika). Il a été prépublié au Japon entre 2006 et 2009 dans le magazine Yasai Jidai. Another a connu un immense succès au Japon : il a été décliné en manga (série complète de 4 volumes dont l’édition française est parue en 2015), en un anime de 12 épisodes mais aussi en film…

Cruelle, cruelle malédiction…

Another est un récit qui occupe une bonne place aussi bien dans les champs de l’horreur que du fantastique. Le visuel de couverture de ce premier volume annonce d’emblée un ton volontairement sombre et mystérieux : au-delà de la couleur rouge sang et des cicatrices que portent la jeune fille au visage androgyne, c’est son regard frappant qui accroche, qui inquiète et surtout qui interroge. Que veut-elle ? À quoi pense-t-elle ? Est-elle une victime ? Où est-elle celle qui sème la terreur ? Est-elle l’héroïne ? Est-elle “celle qui n’existait pas” ? D’ailleurs, de quoi nous parle ce livre ? Car le titre n’est pas des plus explicites : “autre”, oui, mais de quel “autre” s’agit-il ?

Année 1998. Le premier tome, narré à la première personne, “Celle qui n’existait pas”, nous fait entrer dans l’univers de Koichi Sakakibara, qui voit sa rentrée en troisième au collège de Yomiyama-Nord retardée à cause de son hospitalisation. Koichi est un garçon de 15 ans un peu maladif, mais il est aussi un élève brillant, poli, curieux et propre sur lui (facettes qui lui joueront des tours). Il est fragilisé par des drames et soucis familiaux : mère morte jeune, père absent, famille disloquée. Au premier abord, c’est l’archétype du héros-orphelin adolescent un peu torturé, mais son calme et sa sagacité ne le rendent ni vraiment rancunier ni perturbateur.

Son nom de famille, “Sakakibara”, fait écho à un enfant tueur en série japonais arrêté en 1997, portant le même nom : ce garçon maltraitait ses souffre-douleurs qu’il harcelait, à l’image de Koichi qui lui-même a été victime d’harcèlement avant son changement de collège. Mais, dans le même temps, lorsque l’on parcourt le premier tome, on se rend compte en lisant entre les lignes que Koichi n’est lui-même pas dénué de cruauté, à l’instar de cet enfant-tueur…

Très vite, lorsqu’il rejoint les bancs du collège un mois après la rentrée, il se rend compte que pèse une ambiance malfaisante au sein de la classe qu’il a intégrée, la 3e3. Règles imposées, comportements contrôlés, mystères, silence de mort… et surtout une élève, Mei Misaki, ignorée par tous, “celle qui n’existe pas”, probablement la jeune fille de la couverture. Fille qu’il a rencontré lors de son séjour à l’hôpital, et qui pourtant semblait bien réelle.

Another, c’est l’histoire d’une malédiction qui frappe la 3e3, relatée dans les interludes qui ouvrent, coupent et terminent ce premier tome : vingt-six auparavant, Misaki était une élève brillante, appréciée de tous. Mais elle meurt dans de mystérieuses circonstances. Un véritable mécanisme de défense et de déni se met en place au sein de la classe : pour continuer à cultiver son souvenir et sa mémoire, chacun fait comme si elle était toujours vivante. Elle interagit avec les autres, élèves comme professeurs, ceux-ci interagissent avec elle. La vie est normale jusqu’à la fin de l’année, où, sur la photo de classe, Misaki y apparaît pourtant en chair et en os. La 3e3, par faute de ne pas avoir su faire correctement son travail de deuil, a déclenché une terrible malédiction. “Un mort” revient les hanter tous les ans, et emmène avec lui son lot de morts successives et de mystères… les élèves étant capables d’interagir avec lui, mais sans le savoir toutefois.

Alors, pourquoi Mei Misaki est-elle aujourd’hui ignorée de tous ? A-t-elle un lien avec la Misaki morte il y a vingt-six ans ? Est-elle “le mort” ?

Une enquête presque policière…

Difficile de dire si la traduction du texte rend hommage au style de Yukito Ayatsuji. Mais celui-ci, hélas parfois pauvre en description pour un récit fantastique, arrive tout de même à dégager une aura sourde et inquiétante au fur et à mesure que s’écrivent les pages : phrases simples, courtes et percutantes, non-dits insoutenables, répétitions nombreuses qui poussent à la psychose, et les dialogues interminables et haletants entre les élèves névrosés nous font plonger dans la terrible moiteur du collège de Yomiyama-Nord… Il s’opère une véritable enquête presque policière auquel Koichi, Misaki, les autres élèves et le lecteur sont invités à élucider : qui est le mort  qui apporte la malédiction ? comment le débusquer ? et comment composer avec la mort qui s’invite de façon permanente dans le quotidien ?

À la façon d’un roman d’Agatha Christie, on se laisse agréablement prêter au jeu des hypothèses ; la narration à la première personne facilite la tâche. Koichi part à la rencontre des autres élèves, on part à la rencontre de leurs proches. Certes, les personnalités secondaires sont un peu faibles et stéréotypées, on peut parfois douter de la sincérité de leurs émotions quand surgit de nulle part la mort et l’horreur tant ils sont dans la retenue (caractéristique typiquement japonaise, cela dit) mais leurs traits sont facilement distincts pour qu’on puisse mieux les cerner. On a comme l’impression de se retrouver piégé dans une maison de poupées obscure, où le déni et la folie sont les maîtres du jeu et où aucun échappatoire ne semble possible tant la mort frappe à chaque virement de couloir.

Les interludes du premier tome aident également à percevoir l’histoire d’une autre façon. Tels des “bruits de couloir”, ces conversations bourdonnantes entre élèves sont abruptes, longues et mystérieuses. Elles aident à fomenter nos hypothèses tout en les démentant…

Ce premier tome est rempli de pudeur tant l’auteur souhaite préserver le mystère sur l’identité du “mort”, les circonstances des drames et des morts qui touchent les élèves de la 3e3 et leurs proches. Les scènes d’horreur arrivent toujours à point nommé et arrachent des frissons d’angoisse auxquels il est difficile de résister. De plus, au-delà de l’intrigue policière que dessine le roman, des aspects existentiels sont traités en filigrane avec beaucoup d’intelligence et de charme : comment réagir face à la mort ? y-a-t-il seulement une bonne façon de réagir ? par le rire ? le déni ? la colère ?

Celle qui n’existait pas” est un premier tome brillant, qui bien que prenant son temps pour installer son intrigue tout en laissant de nombreuses questions en suspend (notamment autour de la famille de Koichi), joue avec les faux-semblants pour mieux nous tromper et nous piéger dans la maison de poupées de Yomiyama-Nord…

P.S. : L’édition de ce light novel ne comporte pas d’illustrations. À notre grand regret !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

AnotherCollège de Yomiyama-Nord, 1972.

Lorsque Misaki, élève de 3e-3, trouve la mort, les autres élèves de la classe refusent de l’accepter, et font « comme si Misaki était toujours en vie ». Tant et si bien que leur camarade apparaît, pâle mais avec le sourire, sur la photo de classe de fin d’année ! Depuis, la « classe maudite » est le théâtre d’accidents en série, terrifiant élèves aussi bien que professeurs. Et si la 3e-3 était devenue l’antichambre de la mort… ?

Date de parution : le 13 avril 2016
Auteur : Yukito Ayatsuji
Editeur : Pika
Prix : 14,95 € (350 pages)
Acheter sur : Amazon

Elle et Lui et Lui ravive Sacha Guitry au Lucernaire

Elle et lui et lui
Elle et lui et lui, Théâtre Lucernaire

Elle et Lui et Lui ravive Sacha Guitry au Lucernaire

Le Lucernaire accueille deux pièces de Sacha Guitry en une avec Elle et Lui et Lui. Le triangle amoureux joue avec les apparences et enchaine les quiproquos dans deux ambiances diamétralement opposées. Les 3 mêmes acteurs échangent les rôles et passent de la légèreté truculente au drame tragique. L’amour devient un jeu, d’abord sans conséquence puis bien pesant. Agrémenté de tours de chant drolatiques puis dramatiques, le spectacle divertit dans une ambiance joyeusement séduisante.

Les auteurs de vaudeville rencontrent un succès à chaque fois renouvelé sur les scènes parisiennes grâce à leurs intrigues comiques savamment orchestrées. Feydeau et Marivaux règnent en maitre sur ce style théâtral souvent échevelé, à la limite de l’abracadabrantesque. Le dramaturge, acteur et réalisateur Sacha Guitry a rédigé pas moins de 124 pièces de théâtre en 56 ans d’activité artistique. Auteur prolixe et comédien acharné, il était un travailleur infatigable et un amoureux des femmes . Ce sont deux de ses oeuvres qui sont portées sur scène, Une paire de gifles et Françoise. Déjà présente au Lucernaire en 2007 avec Maman Sabouleux d’Eugène Labiche, la compagnie théâtrale revient avec le même Nicolas Saint-Georges accompagné de Rebecca Goldblat et Laurent Labruyère. Si le personnage féminin est à chaque fois l’objet des assiduités d’amants très entreprenants, les personnages masculins voient leurs compositions se mélanger.

D’abord mari aveugle et enjoué, Laurent Labruyère ne voit pas le jeu orchestré par l’ami et amant Nicolas Saint-Georges autour de l’épouse insatisfaite et entreprenante. Quand il les surprend au milieu d’une dispute amoureuse, il croit à tort que sa femme a giflé son camarade, alors que l’inverse vient de se produire. S’en suit une scène de boulevard enlevée qui amuse joyeusement la galerie. Les rôles s’inversent dans la deuxième pièce FrançoiseNicolas Saint-Georges devient le mari d’une femme éperdument amoureuse. Le public atterré apprend qu’elle a quitté son premier mari pour convoler avec son amant. Quand le premier mari éconduit est à l’article de la mort, elle se rend à l’hôpital pour apprendre le fin mot de l’histoire. L’ambiance dramatique ne laisse échapper aucun rire et joue surtout sur l’émotion.

Les comédiens toujours souriants et empathiques ne sont pas des machines et nul doute que la chaleur accablante puisse expliquer les quelques bafouillages entendus. Les comédiens aguerris savent conserver leur concentration et l’attention du public en toutes circonstances. Jolie performance saluée par les applaudissements finaux nourris et enthousiastes d’un public lui même sous le coup des grosses chaleurs estivales. La mise en scène de Léonard Matton sobre et elliptique fait la part belle aux comédiens avec quelques paravents et une méridienne disposés innocemment au coeur d’une scène transformée en lieux de rencontres et de palabres.

Sacha Guitry se prête parfaitement aux soirée théâtrales au coeur de l’été. La pièce continue jusqu’au 20 aout sur la scène du Lucernaire.

Dates :  jusqu’au 20 aout 2016
Lieu : Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Léonard Matton
Avec : Nicolas Saint Georges, Rebecca Goldblat, Laurent Labruyère

Electrobeach 2016, Plus fort que jamais

Electrobeach 2016
Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

Electrobeach 2016, Plus fort que jamais !

Fort d’une édition 2015 qui avait ENFIN fait entrer la France dans l’ère des très grands festivals EDM (Pour Electronic Dance Music) mondiaux, l’Electrobeach Music Festival allait être fortement scruté sur son line up 2016.

En effet, pas moins qu’Avicii, Tiësto, Alesso, Dimitri Vegas & Like Mike, ou encore Martin Solveig et Don Diablo, avaient tous défilé mi juillet l’an dernier au Barcarès, juste devant le mythique bateau de croisière échoué sur le sable, le Lydia. Pour les puristes qui ne jugent que par l’electro house, l’electro pop, la house, voir le dubstep, la dance ou le hardstyle par moment, avoir une programmation aussi pointue relèverait presque de l’hallucination. Il faut dire que la France est un territoire plutôt réputé pour ses DJs underground techno, minimal, tech house tel Laurent Garnier, Gesaffelstein ou encore Vitalic, qui eux tourne sans aucun soucis dans les plus grands événements électroniques ou non hexagonaux. En quasi parallèle à la French Touch versaillaise emmenée par Daft Punk, un trio composé de David Guetta, Bob Sinclar et Martin Solveig, a su composer des sonorités plus house et grand public, et a ainsi pu pousser les portes des clubs les plus prestigieux de la planète. Malgré une installation durable de ce genre de musique dans les moeurs de la jeunesse française, avant l’été dernier, il n’y avait jamais eu un événement de cet ampleur sur notre territoire, programmation et capacité incluses.

Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram
Backstage Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

 Jour 1 : Welcome to the Madness 

Arrivé sur place un jour avant pour profiter de ce cadre magnifique que nous offre la ville du Barcarès, l’excitation est déjà palpable. Ca campe, ça se gare et ça picole joyeusement tout le long du front de mer et de l’avenue du Roussillon qui mène au Marina, club à ciel ouvert qui accueille déjà la pool party officielle de l’EMF. Les basses résonnent un peu partout dans une cacophonie qui fait quand même plaisir à entendre dans cette ambiance de début de vacances pétrie d’odeur de pin. S’articulant toujours autour du Lydia, mais englobant en plus deux restaurants de plage, quelques attractions foraines et un chapiteau bleu et rouge digne du cirque Pinder pour la scène techno, le premier coup d’oeil depuis l’extérieur sur le festival excite joyeusement nos sens. Plus encore lorsque résonne du Daft Punk pour l’ultime balance du jour qui fera vibrer le plancher du poste de secourisme d’où on en prenait plein les tympans.

Lendemain, soit jour J pour toute une flopée de fêtard n’attendant que ces 3 jours pour revenir enfin dans la folie Electrobeach depuis leur séjour de l’an passé. On sent que l’organisation a pris de la bouteille, malgré quelques couacs par ci par là comme l’arrivée tardive des bracelets par courrier. En effet, l’indication des parkings officiels, de la Green Beach (le camping officiel du festival), ou encore l’efficacité des cabanes d’accueil, ou la gestion des files d’attente ; tout cela a permis de réduire l’attente au minimum, même aux heures de pointe. Nous ne sommes pas encore au niveau des festivals hollandais ou allemands, mais on s’en rapproche de plus en plus. Une fois à l’intérieur, même constat, le flop énorme du rechargement de bracelet pour changer la monnaie en EMF (monnaie du festival) de l’an dernier qui avait vu se former des queues interminables aux quelques « banks » n’existe plus. Tout est relativement fluide, que ce soit aux multiples bars, aux stands de nourritures (pas assez variés à mon goût), voir même dans les attractions et autres bars sponsorisés par des marques d’alcool.

Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram
Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

Malgré le fait que le festival perd 3 heures de programmation en ne commençant qu’à 17h pour terminer à 2h du mat, la foule est loin d’être dense et compact pour accueillir un Michael Calfan fidèle à lui-même et sa house tribal et classique, parfait warm up pour les premiers pas de danse. Vite, je profite pour me faufiler juste devant les ingés son tant qu’il n’y pas grand monde pour mieux apprécier le son du DJ français qui monte, et aussi pour couper les rafales de vent assez fraiches et prononcées pour l’époque. Ce qui a d’ailleurs empêché l’organisation d’installer l’écran central derrière les artistes. Une transition qui tarde après Calfan ? Et hop, une petite Marseillaise reprise en choeur par tous pour nous rappeler ce jour-ci que l’équipe de France nous a fait rêver il y a peu de jours de cela. Ce ne sera que la première d’une vingtaine d’autres minimum, circonstances obligent.

Vers 21h30, alors que je me faufile dans les backstages pour découvrir un minimum l’intime des DJs et l’envers du décor, un grondement sourd menace au loin dans le ciel. Pas l’ombre d’un nuage noir malgré le vent menaçant. Les gendarmes omniprésents et armés me rappellent suffisamment vite que ce bruit pourrait être autre chose qu’un tonnerre. Ce qui n’est qu’à moitié faux. Soudain, un tonnerre de métal bleu foncé sous la forme d’avion de la Patrouille de France fend le ciel en laissant un bleu-blanc-rouge de toute beauté dans l’axe de la scène principale. A ce balais mécanique aérien repassant quatre autres fois succèdera pour chaque coup une clameur immense du public. Frissons.

Eric Prydz, le DJ néerlandais derrière les pseudos Pryda et Cirez D, premier gros nom de cette édition, débarque dans le même temps et lance officiellement l’Electrobeach 2016 avec un show son & laser dont lui seul a le secret. A coup de nappes de synthé, de basses ronflantes, de rythme soutenu, Prydz qui a l’honneur d’être le premier DJ en sunset time, profite de cette ambiance de coucher de soleil splendide pour nous faire passer dans le côté sombre de la force. Son remix du The Power de Snap et les explosions de laser sur The People et Opus, son crescendo ahurissant, achèvent de convaincre les plus réticents à céder sous le charme d’un set puissant et assez éloigné des critères purs de l’EDM.

Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram
Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

Martin Solveig, un des chouchous de l’an dernier au VJing (Technique qui consiste à mixer des vidéos pour qu’elles collent à la musique et au rythme) toujours inspiré, nous dévoile une partition spéciale pour la Fête Nationale : un revival de la French Touch. Pendant plus d’une heure, Daft Punk, Phoenix, The Avener ou encore M83 et DJ Snake vont se succéder entre ses tracks les plus marquants comme Intoxicated, Madan ou sa nouvelle bombe funky Do It Right. L’arrivée de l’obscurité permet de se rendre bien compte de la qualité des nouvelles installations visuelles sur le VJing de Solveig. Le froid malheureusement nous oblige à vite enfiler un pull malgré le fait qu’on soit dans une foule compacte. Décidément une drôle de météo cette année.

S’il y a bien UN DJ qui peut transformer la glace en feu, c’est bien le suivant : Tiësto. Le Néerlandais qui a traversé 3 décennies au sommet nous plonge directement dans le bain avec son terrible morceau Split écrit avec les artistes EDM de l’année The Chainsmokers, et contenant un sample de d’Ashanti. Comme à chacun de ses shows, le son est poussé encore plus fort, les lumières satures, les effets pyrotechniques, de fumée, de lumière nous emmènent très vite sur une autre planète comme très peu de DJs dans le monde savent le faire. A coup de nouveaux tracks, de classiques comme Red Lights ou Adagio for Strings, on passe par de nombreux styles dont un inédit trap complètement jouissif par son tempo, sa dynamique et ses vocaux, Tiësto prouve à tous qu’il reste l’un des plus grands artistes electro de son temps.

Un set conclu de manière épique par le remix d’Alesso d’If I lose myself des One Republic, track qu’on ré-entendra pas mal de fois dans le week end. Pour conclure ce premier jour d’une qualité et d’une variation assez folle, arrive Martin Garrix, le prodige EDM qui a conquit les dancefloors de la planète entière avec ses Animals. Depuis, il n’a fait que confirmer en collectionnant tube sur tube au point que certains experts voient en lui le successeur de … Tiësto. Autant vous dire que c’est une foule en liesse totale qui accueille l’arrivée du phénomène sous les premières notes jouées en piano d’Animals. S’en suit un déluge de ses propres hits, ainsi que quelques inédits, dont un duo dévastateur avec Florian Picasso venu sur scène, qui préfigureront sur son tout nouveau label personnel. Pas beaucoup de surprises, mais une efficacité de tous les instants dû à la qualité de ses enchainements et évidemment de ses tracks qui font jumper à chaque drop la foule entière.

Tremor, Turn up the speakers, Don’t look down ou encore The only way is up, qui offrent à Tiësto une apparition surprise de par son featuring sur l’écriture du son, résonnent encore le long des vagues de Barcarès en ce jeudi 14 juillet 2016. Jour de Fête Nationale conclut par un joli feu d’artifice bleu blanc rouge après une demi-heure de rab « offert » par le prince Garrix.

Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram
Garrix Tiesto – Jour1 Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

Jour 2 : Le jour d’après

Gueule de bois généralisée. Alcoolisé ou pas. Le drame a encore frappé. Des dizaines de morts. En France, à Nice, sur la promenade des Anglais : l’horreur, le bain de sang, la folie. Innocents que nous étions jusqu’à 2h30 du matin tant les réseaux saturaient près du Lydia. Pendant que nous nous défoulions sur des sons saturés et festifs pour évacuer une année déjà noire, des inconnus étaient écrasés au hasard pour avoir eu la seule volonté d’admirer un feu d’artifice. Ignoble. Lâche. Terriblement injuste. C’est encore une fois notre mode de vie qui est attaqué. Celui de la liberté d’expression, de l’égalité entre homme et femme, et de notre fraternité indestructible entre frères issus de tous les horizons et toutes les religions. Les vrais religions, celles qui prônent paix matin, midi et soir. Comme l’Islam. Pas DAESH. Jamais EI.

Le festival est maintenu. La sécurité est renforcée à son maximum. Pas une cinquantaine de mètre de fait sans croiser la police et la gendarmerie, cette dernière sévèrement armée. Pour mes frères qui viennent de Paris, pour que ces gens ne gagnent pas nos peurs, le festival continuera. En général, le deuxième jour est toujours le plus dur. Celui-ci particulièrement. Je ne rentre dans l’EMF que vers 19h. Le temps s’est réchauffé car le vent est un peu retombé. Les festivaliers sont toujours aussi nombreux si ce n’est plus malgré les nouvelles terribles. Le hashtag #PrayForNice fleurit un peu partout sur les bras, torses ou cuisses par-ci, par-là. Les tenues bleu-blanc-rouge également. Le patriotisme euphorique post-Euro a cédé sa place à l’union sacrée comme pour Charlie ou le Bataclan.

Quand on nous dit que la musique adoucit les moeurs, EDX ne le fait pas du tout démentir. Sa progressive house festive et lancinante est le parfait antidote à la morosité ambiante, surtout son très bon remix de Roadkill. Incontestablement un des meilleurs morceaux de cet été. Petit détour sous la tente de la Techno Stage pour faire coucou au maestro Sven Väth, boss du label Cocoon et omniprésent dans le milieu electro depuis plusieurs vies, si je peux me permettre. Une tech house très dansante et festive hante le chapiteau proposant une alternative de haute volée à tout ceux qui ferait une allergie soudaine à l’EDM, tant les styles sont antagonistes. Cette Techno Stage est une des belles nouveautés de l’EMF 2016 avec un line up très relevé, outre Sven Väth, Luciano et Loco Dice viendront régaler les amateurs de tech house-minimal.

Elle complémente bien la toujours cosy Beach Stage où la relève frenchy fait ses armes, avant de basculer, comme Michael Calfan avant eux, sur la Main Stage un jour ? On retrouve un autre artiste qui a fait le grand saut entre les 2 scènes pour un set pêchu parfaitement dans les couleurs et les sonorités du sunset : Robin Schulz. Devenu une référence depuis ses remixes pour Lilly Wood & The Prick ou encore Mr Probz, l’Allemand est devenu un référence absolue en matière de deep house. Pourtant classifiée comme musique d’apéro, tant elle est musicale et calme, sa deep house devient bien plus dansante et entrainante dans son set grâce à l’utilisation de drops bien plus entrainants, d’un VJing nerveux et par l’attitude de Schulz himself, totalement surexcité. On notera le passage du méga nouveau tube house d’Oliver Heldens & Chocolate Puma, Space Sheep, sans doute le track le plus dansant de cet EMF 2016 !

L’ambiance est revenue, bravo à Robin Schulz. Tout le monde est à point pour le DJ français le plus populaire à l’échelle de la planète : David Guetta. Il était du début de l’aventure Electrobeach, il y a quelques années. Il est l’un est l’un des premiers surpris, mais surtout fier de voir ce que cela est devenu. Lui qui tourne dans les plus grands festivals ne peut qu’adouber l’EMF 2016. Pour ma part, je suis un peu partagé. Entre ses mixes dans des avions, ses scandales de clefs USB, de platines pas branchées, le doute est permis. Il ne lui faudra pas 15 minutes pour les dissiper. Une intro façon Rencontres du troisième type toute droit sortie du nouvel hymne estival du déjanté duo Dimitri Vegas & Like Mike en collaboration avec W&W : Arcade. Le feu. Littéralement, avec des jets de flamme de folie, des drops de malade dont le fabuleux Trouble de Gregor Salto, le Français fait le job.

Barbe de deux semaines, veste en cuir, chignon, méga cernes, Guetta devient même ghetto quand il ponctue régulièrement son set de trap. Monstrueux. Le stéréotype du DJ blondinet qui sourit sans arrêt les mains en l’air est balayé sèchement par son track Pelican : hymne progressive house complètement planant dont personne ne pourrait soupçonner qu’il appartient à Guetta. Il choisit d’ailleurs ce morceau pour jouer à mettre la foule à genou avant de la faire sauter à la reprise de son beat puissant. Tous ses morceaux les plus populaires y passent, y compris un mash up génial entre I gotta feeling et Where are U now de Jack Ü. Inutile de définir l’état d’excitation extrême de la foule lorsque surgit dans les hauts-parleurs la voix robotisée de Guetta via un vocodeur.

Extrêmement kitsch mais très bon moment pour tous ceux qui ont vécu dans les années 90’s. Pas beaucoup de personnes en somme dans le public de 23 ans de moyenne de l’EMF. Jeune peut-être mais suffisant pour battre le record de fréquentation sur une journée du festival : 58 000 annonce fièrement le blondinet au look grunge.

Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

L’Electrobeach est aussi adoré pour ça. Une capacité à nous faire aller dans un autre monde, un autre univers. Il faut bien les minutes de latence entre les deux artistes et une Marseillaise chantée d’un seul homme par la foule pour que l’on se remémore les événements tragiques de la veille. Axwell^Ingrosso profitent de l’ambiance chauffée par Guetta pour la faire exploser encore plus par leur énergie et leur double track d’entrée : Dream bigger et Barricade. Le duo suédois qui formait avec leur complice Steve Angello, les Swedish House Mafia, ne se cache plus ; ils sont les uniques héritiers des tubes planétaires du trio. Bootleg, mash up, remixes, tout y passe. Axwell, particulièrement en forme, va profiter d’un système spécialement amener pour eux de caméra placée juste derrière eux pour se retourner et s’adresser au public face camera.

Des vannes, des jeux, des « We love France », mais surtout une minute solennelle pour communier avec nous après la tragédie de Nice. «We feel sorry if your friends or family was hurt yesterday. We try to bring joy, because it’s the only thing we can do » (Nous nous sentons désolés si vos amis et famille ont été blessés hier. Nous voulons simplement vous apporter un peu de joie, parce que c’est la seule chose que nous pouvons faire.) Un moment d’émotion sincère qui nous redonne encore plus envie de tout lâcher jusqu’au closing. Un soleil qui se lève vers des lendemains plus beaux. Sun is shining.

Garrix Tiesto - Jour1 Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram
Guetta Bleu Blanc Rouge – Jour2 Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

 Jour 3 : Les larmes du Serpent

Le Barcarès reprend son souffle tranquillement en ce samedi 16 juillet. Difficile de faire de liant entre les événements de Nice et la folie transcendantale de l’Electrobeach. Nous ne sommes pas les seuls dans le cas apparemment. L’ambiance le long de l’avenue du Roussillon semble elle aussi être retombée. Est-ce le retour de la chaleur avec le vent tombé, la fatigue cumulée entre bouches pâteuses et jambes en bois, ou tout simplement le trop plein d’émotion emmagasiné en si peu de temps ? Sans doute un peu de tout ça. Toujours est-il que les festivaliers sont beaucoup moins nombreux à peupler les rues de la petite station balnéaire. On peut y ajouter aussi que ce troisième et dernier jour de l’EMF jouit d’une programmation très éclectique, voir peut-être trop vis-à-vis des puristes de l’EDM.

Dillon Francis et DJ Snake, tous deux sont des puristes du style Trap, Dubstep, Moombahton, voir Moombahcore, c’est à dire un croisement particulier entre la musique électronique et les musiques urbaines comme le rap ou le reggaeton. Autant vous dire qu’on est assez éloigné niveau tempo, culture voir paroles de l’EDM. D’un point de vue personnel, autant j’apprécie la bonne humeur, l’innocence et l’énergie dégagées par les tracks de Tiësto par exemple, que les beats dévastateurs, les couplets enflammés et les skills aux platines de Skrillex. C’est donc avec une curiosité non feinte que je me dirige pour l’ultime fois en 2016 au sein de l’Electrobeach Music Festival.

Quelques minutes avant leur passage sur le Main Stage, j’ai le heureux hasard de croiser Rachid El Uarichi, soit la deuxième partie du duo Pep & Rash. Le sourire en banane, les frisottis qui rebondissent à chaque pas, le jeune Néerlandais confie son enthousiasme débordant de faire un métier dont il a toujours rêvé. « Ecrire des tracks qui cartonnent instantanément comme notre dernier featuring avec Lucas & Steve, Enigma, je ne peux pas vous décrire la sensation que cela fait ! » me confie Rachid en route vers la scène. « Jouer devant autant de personne. Wow ! ». Et on peut dire qu’ils assurent avec leur electro house entrainante sous fond de sunset enchainant les hits de Don Diablo et Oliver Heldens.

C’est alors au tour d’un nouvel Hollandais de leur succéder : l’ultra populaire Hardwell, bien nommé pour son style de set plutôt costaud à la limite du hardstyle par moment. C’est peu dire que le DJ est attendu par une horde de spectateurs en folie tant il est réputé dans le milieu de l’EDM, ce qui lui a valu de gagner plusieurs fois le titre de meilleur DJ de l’année dans cette catégorie. Après une intro explosive, Hardwell nous fait rapidement décoller pour une odyssée spatiale où nos chevilles ne retrouveront la terre ferme qu’une heure après. Collection de tubes et mash up, dont du Major Lazer, et son remix spectaculaire des Chainsmokers, Don’t let me down, achèvent une prestation de haut vol longuement saluée sur les réseaux sociaux des heures après.

Entre l’EDM bon enfant de Pep & Rash et le set surpuissant d’Hardwell, on peut dire que tout est fait pour qu’on entre de plain pied dans ce dernier jour d’EMF et qu’on oublie l’actualité morose du moment. Objectif atteint, et le public semble de retour en masse. Et ce n’est pas le discours du maire du Barcarès, très applaudi, et la Marseillaise reprise en coeur par la foule qui fera retomber l’ambiance.

Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram
Night Pink Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

Est-ce que tout ce monde serait venu pour le Néerlandais ou pour Dillon Francis qui prend sa suite ? La réponse risque de déplaire à l’Américain tant la foule semble appelée par les bars, les toilettes, la street food, voir les très jolies espadrilles personnalisées EMF des boutiques officielles. La frontière entre EDM pur et electro urbain semble encore avoir de beaux jours devant elle.

Et pourtant, quel set de Dillon Francis ! Succession de morceaux dévasteurs entre la pure Trap, d’anciens hits hip-hop remixés, du moombahton faisant bootychecker filles comme garçons et du dubstep. Conséquence involontaire de ce set : la place laissée, qui nous permet de danser plus amplement, ne fait que soulever un nuage de sable et de poussière tout à fait indigeste pour nos pauvres poumons.

Le phénomène est si intense et rapide, comme l’an dernier, que je me mis à tousser sans arrêt en quelques minutes. Entre les épileptiques pour les effets stroboscopiques des écrans géants et les asthmatiques, les soigneurs ont dû avoir du pain sur la planche durant ces trois jours. Il faudra que l’organisation veille à trouver une solution pour cette poussière insoutenable, la pelouse ayant résisté moins d’une journée. Toujours est-il que malgré cet inconvénient majeur qui nous a repoussé vers le Lydia, le set de Dillon Francis est sans doute ce que j’ai écouté de plus abouti, surprenant et équilibré des 3 jours. L’efficacité de ses titres I can’t take it, Get low ou Need U n’est plus a démontré, et en live, ils prennent une puissance folle grâce au sound system du festival.

Nicky Romero, qui lui succède n’a aucun mal à faire revenir les fans d’EDM, mais un peu plus de difficulté à faire remonter l’ambiance après une telle claque venue de chez l’Oncle Sam. Le Néerlandais (décidément !) est reconnu pour sa production musicale qualitative alliant un vocal très mélodieux et des refrains electro-pop tout droit hérités de la dance des années 90. Son intro sur Novell fait très bien le job, puis quelques bootlegs bien sentis dont le dernier Calvin Harris en duo avec Rihanna, This is what you came for, et le Guetta/Sia, Bang my head, suffisent à remettre la foule dans le bain. Un set conclu de main de maitre par un inédit et le terrible remix de W&W du très joué Don’t let me down des Chainsmokers.

Il est enfin venu l’heure de conclure cet Electrobeach 2016 avec celui qui a l’honneur d’avoir un stand de merchandising juste pour lui, celui qui a fait distribuer des centaines de drapeaux bleu-blanc-rouge avec la pochette de son album à venir dessus, celui qui est le seul français à pouvoir se targuer du milliard de vues (!) sur YouTube : DJ Snake. Le créateur du label Pardon My French, grand fan du PSG (et qui ne s’en cache pas vu les t-shirts détournés mixant label du club parisien et son blase) est le co-auteur du méga tube de l’an passé Lean On avec Major Lazer. Producteur très réputé dans le milieu underground trap-moombahton, il ne lui manquait qu’un tube pour accéder à une notoriété désormais mondialisée. Positionné comme point final de cet EMF, la popularité du bonhomme qui ne quitte jamais ses lunettes de soleil n’est plus à prouver. Malgré un style assez éloigné du set list global du festival, c’est bien une foule compacte et massive qui se presse et commence à sauter aux premières notes de son intro.

Snake est en fusion sur son estrade et son énergie est vite communicative malgré une saturation de son par moment dans ses drops impressionnants (Wow Propaganda et le remis de Turn down for that). Le Français est heureux d’être devant une foule aussi dense dans son propre pays et s’amuse à communier avec nous. Il refait monter sur scène Dillon Francis pour un Get Low qui restera longtemps dans les mémoires des festivaliers. On appréciera comme on veut son battle entre la droite et la gauche du public où il a profité pour allumer gentiment les VIPs perchés et trop sages. Moi, j’ai eu un grand sourire. Et au beau milieu d’un VJing hallucinant, soudain, on ne perçoit plus que le bruit de l’hélicoptère de la garde civile perchée là haut au dessus de la mer, veillant sur l’EMF. La réalité nous rattrape, DJ Snake aussi. Nouvelle minute de silence après celle plus tôt du maire du Barcarès.

La fin approche, les émotions affleurent, et quand retentissent les premières notes puissantes de la Marseillaise dans les haut-parleurs du Main Stage, c’est tout un peuple, français ou pas, qui reprend ou fredonne l’hymne national. Les frissons sont partout, et DJ Snake ne peut retenir ses larmes plus longtemps. L’hommage aux victimes de Nice ne pouvaient être plus fort à ce moment. Il fallait bien que ce soit l’hymne à la joie et la vie qu’est Lean On qui retentisse pour que tout le monde retrouve peu à peu le sourire et l’envie de communier. Il achèvera sa partition sans faute de goût avec ses deux derniers tubes Talk et Middle, me faisant commenter dans ma tête que pour un type qui enchaine « tubes pour gonzesses à la chaine », il a quand même fait un sacré set de bonhomme.

Snake flag - Jour3
Snake flag – Jour3 Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

Epilogue

DJ Snake a donc conclu en apothéose une édition de l’Electrobeach Music Festival de tous les records. 176 000 fêtards ont été dénombrés cette année, soit 36 000 de plus que l’an dernier, première fois où l’EMF se déroulait dans sa nouvelle formule en 3 jours avec un line up dantesque. Plus d’un million de photos et vidéos ont été téléchargés sur les réseaux sociaux, saturant régulièrement les lignes locales. On peut donc en conclure que cette édition a été un triomphe total. Et cela était loin d’être joué entre l’audace d’un line-up plus urbain sur le troisième jour, la mauvaise météo du premier jour, et surtout l’attentat niçois qui aura plombé une bonne partie de la bonne humeur du second jour. Mais, c’est uni comme jamais que l’EMF a tenu bon à coup d’une bonne quinzaine de Marseillaise chantée à tue-tête d’une seule voix. C’est par la culture et l’éducation que le terrorisme se combat le mieux. Tous ensemble.

Côté show, cette édition a été tout simplement dantesque, surpassant une édition 2015 qui avait déjà bénéficié d’un plateau extraordinaire. L’amélioration de la scène principale niveau son, lumière, laser, écran, l’ajout de la Techno Stage, les diverses attractions foraines sont parmi les réussites incontestables de cette année. Des améliorations au niveau de la sécurité, décrite comme un gruyère lors du premier jour, des stands de nourriture ou encore de la gestion des sols (trop de poussières) peuvent être faites. Côté DJ, la qualité et l’éclectisme étaient plus au rendez-vous que l’an dernier malgré une quantité moindre de grands noms. Le pari est donc réussi pour l’organisation qui avait justifié les 3 heures en moins par jour par un resserrement qualitatif de sa programmation. Le coup de poker Trap-Moombahton réalisé avec DJ Snake et Dillon Francis est un franc succès. Cela pourrait ouvrir la programmation à des artistes encore plus renommés dans le domaine tel Diplo et Skrillex, réunis sous Jack Ü, pour ne citer qu’eux… A bon entendeur !

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