[Album jeunesse] Les Souris du Buisson aux mûres fêtent le Printemps (Brambly Hedge, Qilinn)
Oeuvre culte des années 80, Les Souris du Buisson aux mûresa marqué toute une génération. Cette réédition est l’occasion de partager à nouveau 4 saisons de bonheur au bord d’un petit cours d’eau, caché dans une haie sauvage, où tout un village de souris s’agite sous nos yeux.
On commence donc avec Le Printempsoù Les Souris du buisson aux mûres préparent l’anniversaire du petit Wilfred. Une histoire qui peut paraitre lisse mais qui offre un voyage des plus charmants, que ce soit dans l’écriture ou que ce soit dans les superbes illustrations de Jill Barklem. L’autrice, disparue en 2017, avait un sens du détail hors normes et on se régale à admirer ses dessins qui en regorgent. Instant nostalgique garanti !
Un très bel album, qui sera suivi ensuite de L’été à paraître au mois de mai !
Screenshot
Résumé de l’éditeur :
C’est l’anniversaire du petit Wilfred, mais toutes les souris du Buisson-aux-Mûres s’affairent à la préparation d’un grand pique-nique. Il se sent un peu délaissé, jusqu’à ce que M. Apple lui demande d’ouvrir la malle du déjeuner…
Date de parution : le 1er mars 2024 Auteur(s) : Jill Barklem (scénario, dessin) Genre : jeunesse
Le documentaire MK L’armée secrète de Mandela revient sur la lutte du peuple sud africain sur l’oppression du pouvoir blanc et sur la résistance de l’armée secrète MK pour tenter de renverser le gouvernement. A travers des témoignages, les spectateurs apprennent les procédés utilisés pour résister, malgré l’oppression, la torture et la volonté affichée du gouvernement de ne jamais plier devant la lutte. Au moment où Mandela se fait arrêter en 1962, des résistants vont se former en RDA, Russie, Angola et d’autres pays pour se former au maniement des armes et des explosifs pour devenir des combattants de la liberté. Formation politique, ingénierie, les formations étaient diverses pour pouvoir revenir au pays pour lutter. Les anciens membres d’uMkhonto weSizwe (MK en abrégé) livrent leurs souvenirs de ceux qui faisaient partie de la branche militaire de l’ANC fondée par Nelson Mandela, le père de la nation sud-africaine, y compris en ce qui concernait les assassinats ciblés. L’héritage laissé par cet comme a occulté le fait qu’il fut condamné à la prison à perpétuité pour avoir fondé et dirigé MK. Malgré son image de vieux sage pacifiste, il a d’abord été un révolutionnaire à la tête d’une armée de guérilla. Le film va passer à Arte pour découvrir ce qu’a été la vie pour les noirs sud africains sous le régime de l’Apartheid, une vie difficile faite de vexations et d’aspirations à la paix. Aujourd’hui, l’après MK n’est pas sans questions, les anciens combattants ne sont pas toujours reconnus, l’héritage reste peut être encore à échafauder.
Synopsis:
Il y a 30 ans, les premières élections générales multiraciales d’Afrique du Sud, du 26 au 29 avril 1994, conduisent Nelson Mandela à la Présidence de la République. Auparavant, Nelson Mandela aura été emprisonné de 1962 à 1990, pour avoir dirigé MK l’armée de guérilla de l’ANC.Le film d’Osvalde Lewat part à la rencontre d’anciens membres de MK avec de nombreuses archives inédites. Le film sera diffusé sur ARTE le mardi 9 avril à 23h00.
Charamba, Hotel pour chats, ça va chauffer (Flammarion Jeunesse)
Les éditions Flammarion Jeunesse nous proposent le 4ème tome de Charamba, Hotel pour chats : Ca va chauffer. Mais bien entendu, si vous n’avez pas lu les trois premiers, ce n’est pas grave du tout. Vous trouverez le premier tome ici : Bobine s’en mêle
Et au début de l’album, tous les personnages de cette série vous sont présentés : Magda,la gérante de l’hôtel pour chats, et les chats qui sont vraiment les héros du livre : Bobine, Mulot, Carpette, Couscousse. Tout est en place pour le plus grand bonheur des chats. Jusqu’au jour où le neveu de Magda vienne passer sas vacances à l’hôtel. Et Mulot le déteste car il lui avait joué un sale tour la dernière fois qu’il était venu. Il avait mis une courgette, juste derrière lui, alors qu’il mangeait ses croquettes, lui faisant croire à la présence d’un serpent ! Alors, cette fois-ci, tous les chats se préparent et protègent Mulot. L’histoire est toujours aussi drôle, pleine d’humour et très joliment illustrée ! Si quelquefois le langage chat est un peu bizarre, le lecteur découvrira un nouveau vocabulaire, toujours expliqué entre parenthèses ! Vous pourrez même avoir des leçons de grammaire très pertinentes sur la signification et le temps de tel ou tel verbe ! Un pur régal !!! Publik’Art est fan !
La saison des vins rosés va bientôt battre son plein avec des évènements en terrasse, en famille ou avec les amis, c’est le moment de voir ce que Rhonéa peut nous proposer avec 2 vins rosés à déguster en modération et avec un vrai potentiel de convivialité.
Le vin rosé Passe Collline, un vin de Ventoux frais et gourmand
Le vin rosé Passe Colline est produit par les Artisans Vignerons pour un AOP Ventoux plein de charme. Ce vin de la Vallée du Rhône est composé des cépages Grenache pour 70%, Carignan pour 15% et Cinsault pour 15%. Il se distingue par sa belle robe délicate couleur pétale de rose. En bouche, des arômes de petits fruits rouges frais se font sentir, groseille, framboise et une finale sur les arômes d’agrumes, vive et aérienne. Ce vin est à déguster avec des tapas ou des tartes aux légumes Tomate-mozzarella, des poivrons rouges marinés, des grillades, du gravlax de saumon, un carpaccio de boeuf. A 5,95 euros la bouteille, l’été est clairement au coin de la rue.
Le vin rosé Légende des Toques, un vin souple et voluptueux à découvrir
Le vin rosé Légende des Toques est un Côtes du Rhône des Artisans Vignerons composé de Grenache pour 90%, Caladoc pour 7% et Carignan pour 3%. Ce rosé arbore à l’œil une belle teinte rose pâle. Le nez est aromatique sur les petits fruits rouges. La bouche est suave, elle s’étire dans une finale fraîche et fruitée. Le vin séduit par sa fraicheur délicate et son style d’une grande élégance. Il se déguste idéalement avec des grillades, des salades mixtes, des planches & tapas et des légumes grillés. Son prix est de 7,10 euros la bouteille, un très bon rapport qualité prix.
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RHONÉA, comme son nom l’indique, c’est la valeur sûre des vins de la Vallée du Rhône. Depuis 1925, nos Artisans Vignerons & nos œnologues s’engagent à vous livrer le meilleur de nos vignes pour que vous dégustiez plus qu’un vin : la qualité et l’authenticité de nos terroirs. Situées au cœur de la Vallée du Rhône, en lien direct avec nos Caves, nos Caveaux vous proposent de découvrir les vins de nos artisans vignerons : Beaumes de Venise, Muscat de Beaumes de Venise, Vacqueyras, Côtes du Rhône Villages Visan, Rasteau, Gigondas, Roaix, Vaison-la-Romaine… Une richesse d’appellations et de styles pour toutes les occasions et tous les budgets. Nos Sommeliers Conseils vous y accueillent toute l’année pour vous guider. Régulièrement, nous proposons des animations & dégustations pour vous faire partager notre passion. Des vins de producteurs locaux, élaborés dans le respect de la Nature et de l’Homme, c’est ce que vous trouverez en poussant la porte de nos différents Caveaux que ce soit à Beaumes-de-Venise, Rasteau, Vacqueyras ou Visan… Bienvenue !
Les Orfèvres du Vin ont vu leur Viré-Clessé millésime 2022 récompensé à l’occasion du Salon International de l’Agriculture avec une Médaille d’Or obtenue pour un vin à déguster autour d’un repas de Pâques. Les Orfèvres du Vin ont déjà démontré la qualité du travail et du savoir-faire de ses vignerons avec le Crémant de Bourgogne, le Pouilly-Fuissé vieilles vignes et le Mâcon Charnay Blanc, l’édition 2024 de la gamme Prestige suit la même ligné, et plus particulièrement le Viré-Clessé Vieilles Vignes.
Un vin blanc à déguster
Ce vin blanc composé de cépage Chardonnay arbore à l’œil une belle robe jaune aux reflets dorés. Le nez exhale des senteurs aux accents floraux de tilleul et d’acacias. La bouche est ample et ronde pour une belle souplesse du Chardonnay équilibré par une pointe de fraîcheur (citron) et des nuances mentholées et d’agrumes frais. Les accords mets-vins donnent envie de déguster le Viré-Clessé Vieilles Vignes à l’occasion d’un apéro-dînatoire avec une planche de fromage de chèvre, avec un œuf en meurette, un risotto au homard ou une blanquette de lotte au safran. Le prix public de 11,90 Euros TTC la bouteille ou 63,60 Euros TTC le carton de 6 bouteilles soit 10,60 Euros l’unité est attractif, de quoi donner envie de laisser aller à une belle dégustation.
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Fondée en 1929, la cave regroupe l’équivalent d’un gros Domaine avec 60 adhérents. Les Orfèvres du Vin sont devenus au fil des années des artistes autant que des artisans. Car c’est réellement tout un art de développer une telle palette de 15 appellations de qualité constante, sur 120 hectares, cultivés et soignés dans la plus pure tradition vigneronne. Et il faut tout le talent et tout le savoir-faire d’artisans passionnés par leur métier et amoureux du Mâconnais pour élever années après années des vins blancs et rouges qui se distinguent régulièrement dans les concours régionaux et nationaux. Situés aux portes du Mâconnais, les Orfèvres du Vin sont depuis toujours attachés à donner leurs plus belles lettres de noblesse aux cépages phares de la région : l’Aligoté bien sûr, mais aussi l’inimitable Chardonnay ainsi que le Gamay et le Pinot noir. Pour vos destinations de loisirs et de week-end, le chai est situé idéalement dans un écrin de verdure au départ de la Voie verte Mâcon-Cluny, face à la Roche de Solutré. Le circuit du Val Lamartinien, ou encore le circuit des églises romanes, achèveront de vous dépayser dans un cadre touristique et culturel authentique et varié.
Les bleus s’effacent toujours, un roman d’Hervé Pouzoullic (Anne Carrière)
Hervé Pouzoullic nous propose son troisième roman : Les bleus s’effacent toujours.
Dès les premières lignes, le lecteur est comme happé par l’histoire de Marc.
Marc a onze ans et tous les mercredis, il se fait taper par son frère ainé. Il se fait massacrer sans comprendre. Sans raison. Il a peur. Il ne dit rien à personne. Il souffre en silence.
C’est comme un rituel. Il est en sixième, son frère, Enzo, en quatrième. Il redouble sa quatrième.
Très vite, le lecteur découvre cette drôle de famille. La mère n’est pas souvent présente, pas du tout maternelle. Elle sait que Marc se fait taper très violemment par son frère, mais elle n’intervient pas. On a l’impression que cette femme est incapable d’aimer… Quant au père, il est violent envers Enzo. C’est comme si, en battant Marc, Enzo se débarrasse de la violence de son père. Le cercle vicieux de la violence.
Heureusement, Marc tombe amoureux de Dolly. Elle est dans sa classe et cela l’aide à rester vivant. Ils ne se parlent guère, mais ils sont fous amoureux… Et puis la vie s’est chargée de la suite.
Marc a gardé ses deux très bons amis, Mohamed et Chris. Il s’est marié à une femme ravissante, brillante et admirée. Mais lui aussi, Marc a bien réussi : il est professeur de littérature à l’université. Ils ont un fils, Quentin. Que Marc adore. Il s’en occupe beaucoup car Caroline n’est jamais disponible.
On comprend très vite que ça ne va pas dans la tête de Marc. Ses cicatrices de l’enfance ne sont pas guéries. Il souffre toujours. Il ne trouve pas sa place dans cette famille qu’il a formée. La seule chose qui le sauve, c’est son fils…
Au fil des pages, la violence se décline de différentes façons. Mais toujours excessivement dévastatrices. Les bleus s’effacent toujours, mais la souffrance demeure. On comprend ce qui se trame derrière ces termes terribles : transmission de la violence.
Les bleus s’effacent toujours est un livre troublant, qui nous fait réfléchir sur les liens familiaux, sur la transmission et sur la souffrance indélébile qu’engendrent certains actes violents. Un très beau roman que l’on espère pas du tout autobiographique…
La série Les Petits Génies éditée par la Boite à Bulles en est déjà à son 5e tome et le focus est maintenant dirigé sur Bruce Lee, la célèbre star du Kung Fu qui fait encore rêver les jeunes générations. Après Mozart,Léonard de Vinci, Agatha Christie et Katherine Johnson, William Augel est de retour avec une BD remplie d’humour. Les films de Bruce Lee sont redécouverts avec toujours le même plaisir, génération après génération, mais peu connaissent le parcours de l’icône des films de kung fu. Né à San Francisco en 1940 et non à Hong Kong, le jeune Lee Jun-fan est devenu Bruce Lee après de jeunes et turbulentes années de Petit dragon. Entouré d’un père chanteur d’opéra, de grandes sœurs et de son dragon imaginaire, le jeune Bruce Lee se met à s’astreindre à un entrainement forcené pour devenir un vrai athlète et devenir un homme qui compte. Le parcours est raconté avec humour pour brosser le portrait d’un homme doté d’une volonté de fer, il faut bien ça pour botter les fesses de Chuck Norris quelques années plus tard dans le film La fureur du dragon. La BD met aussi en lumière la patience nécessaire pour se réaliser malgré les barrières liées à on ascendance chinoise, surtout dans un pays aussi rétrograde que les Etats-Unis. Il a fallu pas mal de ruse et de sagesse pour devenir un Petit Génie. William Augel livre une nouvelle BD attachante, avec toujours ce dessin assez enfantin et ce scénario issu d’un travail de documentation sérieux et fouillé.
Synopsis:
L’enfance des brillants esprits qui ont marqué l’Histoire racontée avec humour et tendresse par William Augel. Avant d’être de grands génies, ils ont tous été… de petits génies !
Avant d’être de grands génies, Mozart, Léonard de Vinci et les autres, ont été de petits génies ! Qu’ils soient, musicien, peintre, architecte, inventeur ou écrivain, les voilà désormais personnages de bande dessinée ! Sous la plume de William Augel, c’est drôle attendrissant, et même instructif ! Que demander de plus pour ravir à la fois parents et enfants ?
Aparthotel Deluxe est une BD au plus près du réel, évoquant le quotidien d’habitant dans un immeuble au Costa Rica. La BD passe de personnage en personnage pour multiplier les points de vue et entrecroiser les vies des habitants. Un fait central organise le récit, le décès d’un occupant et le retour de son fils pour régler ses affaires, vider son appartement et régler les affaires courantes. Mais au-delà de ça, ce fils se révèle particulièrement humain, juste et intéressant. Au cœur de son récit, la BD multiplie les thématiques, la religion dans le monde contemporain, la tolérance qui bat de l’aile dans la société moderne, les angoisses suscitées par l’instabilité sociale, les rapports humains la nostalgie de l’enfance. Les dessins d’Edo Brenes sont forts en sous-entendus avec un trait fin et précis. Les couleurs pastel donnent des tonalités délavées, faisant penser au charme des photos sépias.
Synopsis:
À l’Aparthotel Deluxe règne une agitation inhabituelle : pourquoi la douche de monsieur B. coule-t-elle toujours ?
La douche de monsieur B. coule en continu depuis ce matin mais personne ne répond quand on frappe à sa porte. Ses voisins s’inquiètent… Et s’il avait glissé sur le carrelage ? Au fil de leurs allées et venues, le pallier de Monsieur B. devient un point de rencontre. On s’y croise, on s’y questionne, avant de reprendre chacun le cours de sa vie.
Dans ce vieil immeuble costaricain, typique de San José, sa capitale, cohabitent des individus en proie aux doutes : Garçon, un jeune homme profondément croyant mais adepte du travestissement, Isaac, un jeune père célibataire à l’avenir trouble, ou encore Jan, leur concierge, et sa femme Tori, qui fuient un mariage engagé trop jeune.
Dans ce récit choral formidablement mené, Edo Brenes capture les questionnements d’une société profondément religieuse à l’heure de la libération sexuelle. Par une valse narrative où les destins s’entremêlent puis se délient, il nous mène d’un instant de vie au suivant, formant en creux une réflexion sur la modernité.
[BD] Deept It, album expérimental d’une humanité post IA (Delcourt)
Expérience unique proposée par Marc-Antoine Mathieu, Deep it est la suite de Deep Me, où une IA s’interroge sur des questions métaphysiques dans un monde postapocalyptique. Grâce à un programme conversationnel, Adam parcourt l’immense vide qui l’entoure, et explore les datas dont elle est la gardienne, en attendant que les conditions à la naissance d’une nouvelle forme de vie réapparaissent.
Un récit original et poétique qui nous emporte dans un grand rien, renforcé par un univers graphique vertigineusement vide. Une expérience presque sensorielle, accompagnée par quelques questionnements incontournables.
Le résultat est en demi teinte, que ce soit par la narration parfois trop bavarde ou par les clichés qu’elle a tendance à véhiculer sur l’humanité. L’objet demeure toutefois audacieux et sophistiqué. Une expérience à tenter.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Avec ce récit, second volet à Deep me, Marc-Antoine Mathieu donne à Adam, dernier artefact humain fonctionnel, la plus primordiale des missions et nous livre un condensé des questionnements propres à l’humanité post IA. Après le grand Deuil, absolument tout ce qui répondait à la définition du « vivant » a disparu de la Terre… Adam, unique IA dotée d’une conscience, gardien de la totalité de la data générée par l’humanité, traverse l’infinité du temps au fond des océans avec pour seule compagnie un programme conversationnel. Là, il attend avec philosophie l’émergence des conditions propices au miracle de la vie…
Date de parution : le 17 janvier 2024 Auteurs : Marc-Antoine Mathieu (Scénario et Dessin) Genre : Anticipation
« James Brown mettait des bigoudis » : la tragédie drôle et piquante de Yasmina Reza
Dans un établissement spécialisé, les Hutner (Josiane Stoléru /André Marcon) – pour le moins désarmés – rendent visite à leur fils Jacob (Micha Lescot), qui se prend depuis l’âge de 5 ans pour Céline Dion, refusant d’être appelé par son prénom, s’exprimant avec l’accent québécois et imaginant à l’envi sa prochaine tournée. Ils y rencontrent aussi Philippe (Alexandre Steiger), un étudiant blanc qui s’identifie comme un activiste noir, et qui s’est lié d’amitié avec Jacob. Sans oublier la psychiatre (Christèle Tual), bien barrée, en charge du bien être de ses pensionnaires.
Yasmina Reza n’a pas son pareil pour distiller les situations incongrues qui font tomber les masques, exploser les certitudes et exacerber les manques. Des personnages perdus, fragiles, désinvoltes, se débattent avec leur conditionnement social et ses travers, poussés dans leurs derniers retranchements ou chacun se confronte au masque de la comédie humaine, à sa solitude, à son vide existentiel, mais aussi à sa rébellion sous-jacente et singulière qui les rendent tous attachants.
Une histoire de différence
Avec son écriture stylisée, proche du réel, et un ton foncièrement décalé, l’auteure metteuse en scène convoque la bonne distance entre un regard lucide mais aussi surréaliste où son humour grinçant et une infinie mélancolie font le reste. Une tragédie drôle et en demi-teinte donc pour s’emparer avec finesse et fantaisie de la question brûlante de la différence et de l’identité, où la quête de soi se révèle infiniment complexe, propice à des détours affolants.
Le décor classieux d’Éric Soyer et de Marie Hervé avec son espace temps suspendu – à l’abri d’images vidéo et d’un jardin d’Eden – qui accapare toute la scène participe au trouble du dedans et du dehors et à l’incommutabilité qui se joue. Le tout séquencé d’intermèdes musicaux joués à la guitare ou au trombone par Joachim Latarjet qui ponctuent chaque tableau.
Cinq acteurs au diapason
Les protagonistes imaginés par Yasmina Reza impliquent donc authenticité et second degré, facultés que possèdent haut la main les cinq comédiens réunis sur le plateau : Micha Lescot est désopilant de poésie et de fêlures mêlées. Face à lui, Alexandre Steiger qui joue son compagnon d’armes est parfait. Les parents : Josiane Stoléru et André Marcon sont bouleversants d’humanité, aux prises entre un sentiment d’accablement et une volonté de résistance. Quant à Christèle Tual, elle campe une psychiatre aussi déjantée que tacticienne. Bravo !
Dates : du 28 mars au 5 mai 2024 – Lieu : Théâtre de Marigny (Paris) Metteur en scène : Yasmina Reza
Pablo Morales est taxidermiste, il empaille des animaux et vit confortablement. Son seul problème tient à sa femme Gloria qui lui fait vivre l’enfer avec des réprimandes continuelles et un air perpétuellement accusateur. Grenouille de bénitier et handicapée par une jambe meurtrie, elle ne sort que pour se rendre à l’église et frayer avec ses amies elles aussi pieuses, ainsi qu’avec le curé. Le ton est à la comédie noire voire macabre, le mari épie sa femme qui épie son mari, le burlesque empreint les visages et les attitudes dans ce film de 1960 très prenant. Surtout quand un nouveau squelette humain orne la boutique de Monsieur Morales et que le curé l’accuse d’avoir fait disparaitre sa femme. Le film est en noir et blanc mais l’humour touche juste, la satire sociale d’un autre temps fait revivre une période où l’église tenait les esprits et où les hommes rêvaient de liberté. Cette ressortie en salles donne aussi un excellent témoignage d’une période où le cinéma mexicain était en plein boom. Cette réédition par Les Films du Camélia sortira en salles le 3 avril 2024 pour un bon moment d’humour carnavalesque qui met en lumière l’hypocrisie de la classe moyenne mexicaine et dénonce l’Église et ses fidèles avec le même esprit acerbe qu’un Luis Buñuel.
Synopsis: Pablo Morales est un joyeux taxidermiste qui vit avec sa femme Gloria, amère, infirme, obsessionnelle et extrêmement religieuse. Pablo veut avoir des enfants, mais Gloria n’en veut pas. Gloria repousse constamment ses avances amoureuses et le rabaisse constamment en lui disant qu’il pue comme un animal mort. Sa principale raison d’être semble être d’ennuyer malicieusement son mari. Pablo a économisé de l’argent pour acheter un appareil photo, mais Gloria prend l’argent que Pablo économisait et en fait don à l’église, ce qui entraîne un conflit avec le prêtre local. Gloria accuse à tort Pablo d’ivrognerie et d’abus. Pablo obtient son appareil photo, mais Gloria fait exprès de le détruire, ce qui s’avère être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Pablo se venge en l’empoisonnant. Il dissèque ensuite le corps de Gloria et place son squelette dans la vitrine de son magasin. La police et le prêtre local ont des soupçons et Pablo est jugé, mais il réussit à échapper à la justice des hommes (mais pas à celle de Dieu).
Déjà chroniqué e, septembre 2023 sur Publik’Art, L’ Amour fou est inédit en vidéo, il est aujourd’hui en restauration 4k inédite. Sébastien (Jean-Pierre Kalfon) est metteur en scène. Claire (Bulle Ogier) est actrice. Ils vivent ensemble et, avec la troupe de Sébastien, répètent Andromaque de Racine. Une équipe, menée par André S Labarthe, les filme pour l’émission de télévision théâtre de notre temps. Mais dès le début, alors qu’elle bute sur une réplique et que Sébastien lui parle mal, Claire quitte la troupe, et il la remplace par son ex-femme, Marta (Josée Destoop). Le jour, pendant que les répétitions suivent leurs cours, Claire poursuit une quête, ou une enquête, étrange. Le soir Sébastien et Claire essaient de se retrouver, mais leurs efforts pour s’aimer et se comprendre les mènent aux frontières de la folie.
Bonus ( DVD et BLU-RAY)
– le cinéma en jeu: L’Amour fou de Jacques Rivette revisité. doc de Robert Fischer (1h34 – 2024)
– Analyse du film par Pacôme Thiellement (62 mn – 2024)
– la restauration du film ( 26 mn – 2024)
– Entretien avec Hélène Frappat ( 30 mn – 2023)
– Histoires de titres(( 2mn)
Synopsis: Claire et Sébastien vivent ensemble. Sébastien est metteur en scène de théâtre et Claire comédienne. Elle s’apprête à jouer Hermione dans une mise en scène d’Andromaque de Racine que Sébastien et sa troupe répètent, sous l’œil d’un réalisateur de télévision qui filme leur travail. Lors d’une répétition où elle peine à dire son texte, elle quitte brusquement le théâtre. Sébastien la remplace, au pied levé, par Marta, son ancienne femme. Tandis qu’au théâtre les répétitions avancent, Claire, seule dans son appartement, perd pied peu à peu.
Va savoir, un vaudeville charmant
Va savoir est inédit en blu-ray, Camille (Jeanne Balibar) est actrice, Ugo (Sergio Castellitto) est metteur en scène. Ils arrivent à Paris pour des représentations d’une pièce de Pirandello. Camille qui a quitté Paris trois ans auparavant pour fuir un amour malade, veut immédiatement le revoir. Pourquoi ? va savoir. Celui ci, Pierre (Jacques Bonnaffé) vit avec Sonia (Marianne Basler). Il est professeur de philosophie obsédé par Heidegger. Elle enseigne la danse. Pendant que Camille se confronte à Pierre, Ugo recherche un manuscrit perdu de Goldoni. Dans sa quête, il rencontre un jeune fille, Dominique dite Do (Hélène de Fougerolles) séduisante étudiante-chercheuse en histoire de l’art. Et Do a un frère, Arthur (Bruno Todeschini) qui courtise Sonia. Tout est en place pour un chassé croisé amoureux, à la fois complexe et enlevé.
Bonus DVD et BLU-RAY :
– Tempus fugit, manet amor, Interview de Jacques Rivette par Angelika Wittich ( 19mn – 2001)
– Analyse du film par Pacôme Thiellement ( 53 mn – 2024)
– Interview de Jacques Rivette par Frederic Bonnaud ( 5mn – 2002)
Uniquement le BLU-RAY:
Va savoir, la version courte du film ( 2h34)
Synopsis: Camille, une comédienne installée en Italie, revient en France avec son nouveau compagnon et une troupe de théâtre pour se produire sur scène. Mais elle redoute de retrouver Pierre, l’homme avec qui elle vivait et qu’elle a quitté dramatiquement…
La Boite à Bulles rend hommage aux enfants d’Izieu, 80 ans après le drame. Dans des paysages bucoliques et paisibles, avec des vignes et des collines, près de Chambéry, des soldats allemands viennent rafler 7 hommes et 44 enfants dans une ambiance de violence extrême dans une maison d’accueil pour des enfants juifs de 4 à 17 ans. La sécurité laisse place à l’inimaginable quand le gouvernement de Vichy décide depuis l’été 1942 de livrer les juifs de la zone sud aux nazis. Les enfants juifs jusqu’alors exclus des convois font partie des équipages pour les camps, surtout à parti du moment où l’occupation italienne prend fin et laisse le champ libre aux allemands pour agir sous la direction d’un certain Klaus Barbie. Le 13 avril 1944, 34 enfants et 4 éducateurs sont déportés de Drancy vers Auschwitz-Birkenau par le convoi n°74. Le dessin ultra réaliste figure les souffrances, la peur et la sidération des enfants dans des bulles dures et émouvantes. L’arrivée au camp de concentration voit les enfants arrachés à leurs éducateurs pour être conduits dans les chambres à gaz. Aucun enfant n’y survivra. La BD alterne entre présent de souffrance et après où Léa Feldblum, seule rescapée d’Auschwitz, raconte leur histoire avec une simplicité glaçante. Lors du procès de Klaus Barbie en 1987, 4 témoins ont raconté cette histoire, Léa Feldblum, Gabrielle Perrier, l’institutrice absente lors de la rafle, Léon Reifman qui a échappé aux Allemands et Sabine Zlatin, la créatrice et directrice de la maison d’accueil. La BD est passionnante, elle montre la barbarie et interroge sur qui a dénoncé les enfants juifs d’Izieu. La BD se lit avec la boule au ventre, rien de moins.
Synopsis:
Le 6 avril 1944, un détachement de la Wehrmacht mené par la Gestapo arrête les 45 enfants de la colonie d’Izieu et les 7 adultes. Seul un enfant et un adulte survivront…
Début 1943, Sabine et Miron Zlatin avaient créé à Izieu, dans l’Ain, une colonie pour accueillir et protéger des enfants juifs, en zone italienne. Mais le 8 septembre 1943, l’armée italienne capitule face aux Alliés et laisse sa place aux troupes allemandes dans le Sud-Est de la France. Début 1944, les signaux d’alarme se multiplient avec des arrestations à Chambéry et aux alentours et avec le remplacement du sous-préfet de Belley, protecteur de la colonie. Mais avant que la colonie ne soit effectivement dispersée, le 6 avril 1944, débarquent un détachement de la Wehrmacht et 3 officiers SS qui embarquent sans ménagement les quarante-cinq enfants et les sept adultes de la colonie. Seul échappe à la rafle Léon Reifman qui a pu sauter par la fenêtre et trouver refuge chez les voisins, les Perticoz. Ces derniers ont eux-mêmes assisté, impuissants, à la rafle… Ils ne comprennent pas : pourquoi s’en prendre ainsi à des enfants ? Qui a bien pu attirer l’attention de Klaus Barbie et de ses sbires sur cette paisible colonie ? Y aurait-il eu dénonciation ?Pendant ce temps, les enfants sont emmenés à Lyon puis Drancy avant leur déportation et leur extermination.
The Everminds propose une odyssée rock très éclectique. Les connaisseurs reconnaitront des accents très rock californien du côté de Tom Petty et également des vibrations très britpop versant Blur et Supergrass. Le résultat est très puissant et profond avec un groupe composé de frenchies adeptes de son vintage.
Du rock, encore du rock
The Everminds est un groupe de pop-rock composé de membres bien de chez nous. Eric Elbaz (, Laurent Cadenne et Sébastien Ramseyer sont français et leur groupe a localisé leur studio d’enregistrement analogique dans les Yvelines. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir cherché à l’inspiration de l’autre côté de l’Atlantique et de la Manche, le son de The Everminds est résolument anglo-saxon. Le chanteur-guitariste et compositeur Eric a vécu en Angleterre et aux Etats-Unis, quant au batteur Sébastien, il a fait ses études au Nouveau Mexique. Ceci explique les intonations de chant très imprégnées et les instruments très électriques. Les couleurs sont très variées, parfois apparemment contradictoires mais toujours rock, et comme l’album s’appelle Colliding Spaces. Pour cet album, le groupe s’est entouré d’Antoine Reininger à la basse (Bernard Lavilliers, Patrick Bruel, Axel Bauer) et de Michael Brauer aux mixes (Coldplay, John Mayer). Mélodies et vocaux restent incrustés longtemps dans l’esprit des auditeurs. Les premiers extraits Fuck around et Lately surely lonely sont des bons indicateurs, vocaux en anglais, guitares vibrantes, paroles qui font mouche, ils donnent envie d’en savoir plus et de se plonger dans un album qui ne laisse aucun répit.
The Everminds seront en concert auCafé de la Dansele jeudi 20 Juin pour présenter leur album Colliding Spaces, une très bonne occasion de découvrir une musique chaude et rock en live dans un endroit fait exprès pour communier avec le public, surtout que le groupe est connu pour faire chavirer ses auditeurs à coups de riffs saignants et de mélodies vibrantes, avec une énergie contagieuse et des morceaux entrainants.
Le Théâtre des Champs-Elysées aime proposer des concerts de piano interprétés par des pianistes mondialement renommés. Pour beaucoup, Nikolaï Lugansky est le meilleur d’entre eux, prodigieusement parfait sans ses interprétations, techniquement irréprochables et pleines de sentiments. Le pianiste russe était de retour pour son traditionnel passage annuel au Théâtre des Champs Elysées. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a été à la hauteur de sa légende. La première partie était composée de 6 mélopées des Romances sans paroles de Mendelssohn, douces comme des berceuses et parfaitement oniriques. Puis 3 morceaux de Chopin pour émerveiller le public par la technique du pianiste, aussi à l’aise dans les parties rapide et techniques ou les passages plus lents et évocateurs, avec surtout la Ballade n°4 parmi les titres les plus connus du compositeur polonais. Le public a applaudi entre chacun des morceaux de Chopin pour bien marquer son contentement extrême. Puis la pause et un retour avec du Wagner arrangé pour le piano, une belle proposition bien que le compositeur allemand prenne vraiment toute sa mesure avec un orchestre. Les 3 rappels ont été chaudement réclamés, avec notamment un Jésus que ma joie demeure de Bach qui a conclu en beauté ce pur moment de magie en compagnie d’un pianiste parmi les plus renommés de sa génération, toujours un plaisir de le retrouver au TCE.
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PROGRAMME
Mendelssohn Six Romances sans paroles (opus 19 n°1, opus 38 n°6 « Duetto », opus 67 n°4 « Spinnenlied », opus 67 n°6 « Wiegenlied » , opus 67 n°2, opus 85 n°4) Chopin Ballade n° 3 op. 47, Nocturne op. 27 n° 2, Ballade n° 4 op. 52 Wagner-Brassin « Entrée des dieux au Walhalla » extrait de L’Or du Rhin (transcription pour piano) Wagner-LuganskyLe Crépuscule des dieux (transcription pour piano de Nikolaï Lugansky)
EN QUELQUES MOTS
Avec l’intimité feutrée des Romances sans paroles de Mendelssohn, Nikolaï Lugansky nous propose une soirée on ne peut plus romantique. Outre un célèbre Nocturne, Chopin, qui accompagne notre saison, s’invitera à travers deux Ballades. A savoir la Troisième, souvenir du bel été 1841 passé sous le soleil de Nohant, et la très narrative Quatrième qui, l’année suivante, chemine vers d’autres méditations. Dans la tradition des virtuoses du passé, le Russe nous offre aussi un billet pour Bayreuth en arrangeant personnellement quelques extraits du Crépuscule des dieux, dernier volet de la tétralogie de Wagner. De quoi mettre le feu au Walhalla !
Le jardin des plantes à Paris est un lieu de sortie incontournable avec sa ménagerie, son zoo, son parc, sa galerie de l’évolution et sa galerie de paléontologie. La sortie en famille est le moment parfait pour montrer aux plus jeunes que Denver n’est pas le dernier dinosaure et que des animaux gigantesques ont parcouru le globe il y a plusieurs millions d’années. Le parcours sur 3 étages alterne entre fossiles très anciens et squelettes d’animaux encore existants pour des enfants aux yeux écarquillés. Le squelette de Lucy, la plus ancienne personne humaine retrouvée, est également présent pour un grand shoot de réalité augmentée. Pas d’effets spéciaux mais un recours personnel à l’imagination pour visualiser tous ces êtres vivants gambader sur le globe terrestre. Certains spécimens font plusieurs mètres de haut et de long, de quoi se laisser aller à imaginer la quantité de nourriture quotidienne nécessaire pour leur alimentation. De très grands spécimens mais également de très petits, organisés parfaitement pour ne rien manquer des explications dispensées, de quoi passer de longues heures d’observations assidues. Les plus jeunes posent des tas de question, ils sont curieux, ils vont de surprises en surprises, c’est l’émerveillement permanent. Une visite il y avait quelques années avait permis d’observer le panda roux de la ménagerie, rendez-vous est pris pour la galerie de l’évolution, les enfants ont hâte alors que les beaux jours sont de retour!
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Scruter les similitudes et les différences. Voilà tout l’art de l’anatomie comparée afin de mieux comprendre le fonctionnement du monde vivant… Celui de la paléontologie, en décryptant les fossiles, invite à remonter le temps ! Découvrez la galerie dédiée à ces deux disciplines un haut lieu scientifique, patrimonial et historique au sein du Muséum. Vous avez de la chance ! Ici sont présentées des pièces remarquables, ayant servi à l’élaboration des fondements même de l’anatomie comparée. Parmi les spécimens exposés figurent des animaux disparus, aujourd’hui impossibles à observer dans la nature. Vous êtes donc au seul endroit où les scientifiques les étudient.
Hard To Follow est un projet musical à la fibre puissamment rock avec Sandrine Quétier à l’ouvre pour un album à situer entre The Kills, les Pixies et Radiohead. L’animatrice de télévision et comédienne a une autre corde à son arc et le démontre avec cet album aux basses qui résonnent et à la guitare qui dépote. Une voix féminine, des mélodies qui entrainent, c’est à découvrir le 29 mars.
Du rock, du vrai
Sandrine Quétier a enregistré son album avec le producteur James Eleganz chez Paraphernalia sur le label ZRP, celui d’Isabelle Chapis. Une grange en pleine campagne des Deux Sèvres est pourvue d’une console pour un enregistrement surprise. Car Sandrine Quétier s’est fait connaitre à la télévision avec des rôles épars (Camping paradis, Nos chers voisins, Léo Matteï), de nombreuses expériences d’animatrice (50 minutes inside, Danse avec les stars, Ninja Warrior) et au cinéma. C’est encore un changement de braquet ave cette nouvelle expérience rock. Mais ceux qui la connaissent se souviennent de ses expériences au sein du groupe de reprises The Jokers menées avec des copains des médias et de Molly Pepper, auteur d’un EP chez ZRP en 2022. Sandrine Quiétier devient maintenant QUÉTIER et dévoile Hard to follow, doit Difficile à suivre, tout un programme. Les 13 titres la dévoilent, de la ballade délicate Mountains qui évoque la mort de son père à No Fear qui a été enregistré… dans une salle de bains. L’album se veut éclectique, avec des balades, des morceaux plus rocks et des échappées disco portées par une basse bondissante. La chanteuse se réclame de Blondie, des Kills et des Prétenders pour une variété d’influences. Pour l’accompagner, elle a fait appel à 2 guitaristes complémentaires, Goulven Hamel et Gaëtan Grandjean, et à un claviériste, Bastien Bruneau-Larche, pour apporter des riffs rock et des climats plus atmosphériques. Le groupe a évolué au studio rennais Disco Casino pour un vrai partage de sensibilités et d’idées.
La prochaine étape tient à la scène où Sandrine Quétier brûle de défendre son Hard To Follow et interpréter les titres Walkin’ On A Wire, Change et Shoot Again, vraiment tout un programme!
[BD] Utopie : une trilogie orwellienne S.-F. de Rodolphe et Griffo (Delcourt)
Avec un second tome tout juste paru en librairie, on prend quelques minutes pour revenir sur Utopie, cette mini-série SF proposée par Rodolphe et Griffo. Will Jones vit dans un futur aseptisé, où métro boulot dodo s’imposent comme autant de bonheurs imposés par une dictature façon 1984 de George Orwell. Une existence contrôlée par ses pairs mais aussi par sa compagne, qui n’est autre qu’un droïde. Et dans ce Big Brother revisité, Will Jones se retrouve mystérieusement en possession d’un objet strictement interdit dans la poche : un livre. Il va alors tout faire pour tenter de découvrir qui a glissé ce cadeau empoisonné, et pourquoi ? Mais sans dévoiler son secret.
Un point de départ qui va faire totalement basculer le destin de cet « historien » de métier. Un récit d’une belle maitrise qui, bien que donnant une sensation de « déjà vu », ne manque pas d’attiser la curiosité du lecteur, piqué par une rythmique toujours efficace.
Bref, on est jamais déçu quand on lit Rodolphe. A suivre !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Rodolphe et Griffo plongent leurs lecteurs dans un monde futuriste orwellien aseptisé pour, par l’entremise d’un récit de SF très maitrisé, questionner notre monde sur ses contradictions. Will Jones vit sa meilleure vie dans le loft d’une tour high tech d’une riche métropole avec ses implants mentaux et un androïde pourvoyant à son bonheur. Son travail à l’académie historique lui plait. Il lisse les témoignages du passé pour les rendre acceptables par le tout-venant. Mais un jour, il trouve un livre dans la poche de sa veste alors que les livres sont interdits depuis longtemps…
Date de parution : le 8 novembre 2023 Auteurs : Rodolphe (Scénario) et Griffo (Dessin) Genre : BD S.-F.
Le Musée d’Orsay fait plonger les visiteurs dans le Paris de 1874, plus précisément le 15 avril 1874 à 20h dans l’ancien atelier du photographe Nadar, situé boulevard des Capucines. Une trentaine de peintres se retrouve aux 2e et 3e étages du bâtiment pour présenter eux-mêmes au public une sélection d’environ 165 œuvres. La soirée d’inauguration de la première exposition impressionniste est rentrée dans la légende, elle est visible grâce à la réalité virtuelle pour un voyage dans le temps inédit et immersif. Sont présents ce soir là notamment Claude Monet, Auguste Renoir, Berthe Morisot, Paul Cézanne, Camille Pissarro et Edgar Degas, pas les moins connus des peintres de l’époque. La visite se fait équipé d’un casque de réalité virtuelle pour entrer dans l’atmosphère feutrée de la première exposition impressionniste. La visite fait des détours dans les lieux qui ont marqué les débuts du mouvement, dans l’atelier du peintre Frédéric Bazille ou sur l’île de la Grenouillère en compagnie de Monet et Renoir peignant ensemble, et jusqu’au Havre, où Monet a réalisé son célèbre tableau Impression, Soleil Levant. L’expression souligne les liens qui unissent les membres du groupe, leurs vision commune et l’importance du courant artistique qu’ils sont en train d’inventer pour donner vie à leur quête. La reproduction des œuvres permet un rendu le plus fidèle possible grâce au travail des experts de la reconstitution 3D et de la réalité virtuelle, et sous la direction scientifique du musée d’Orsay.
Détails:
L’expérience est conseillée à partir de 11 ans et inaccessible pour les enfants de moins de 8 ans.
Paris 1874 Inventer l’impressionnisme
Le 15 avril 1874 ouvre à Paris la première exposition impressionniste. Monet, Renoir, Degas, Morisot, Pissarro, Sisley et Cézanne décidaient il y a 150 ans de s’affranchir des règles officielles et le faisaient savoir en organisant leur propre exposition. L’impressionnisme naissait et les peintres allaient marquer l’histoire picturale. Le Musée d’Orsay célèbre cet anniversaire de manière fastueuse en présentant pas moins de 130 œuvres. Paris 1874. L’instant impressionniste permet de retracer l’éclosion d’un mouvement artistique apparu dans un monde en pleine mutation, entre révolution industrielle et innovations technologiques. 31 artistes ont fait œuvre commune pour exposer ensemble leurs œuvres. Après 2 conflits d’envergure, la Guerre franco-allemande de 1870 et la violente guerre civile qui l’a suivi, les artistes veulent repenser leur art et explorer de nouvelles directions. Ce qui ressemble à un véritable clan des révoltés se concentre sur la peinture des scènes de la vie quotidienne ou des paysages bucoliques croqués en plein air. Finies les scènes mythologiques, les peintres ouvrent les yeux et reproduisent les impressions qu’ils ressentent. La sélection d’œuvres comprend uniquement ce qui a été présenté à l’exposition impressionniste de 1874 avec une mise en perspective des tableaux et sculptures montrés au même moment au Salon officiel. La confrontation est inédite et permet de restituer le choc ressenti par les visiteurs de l’époque devant des œuvres novatrices.
Détails:
Cette exposition est organisée par les musées d’Orsay et de l’Orangerie et la National Gallery of Art, Washington où elle sera présentée du 8 septembre 2024 au 20 janvier 2025.
Les Films du Whippet ont à cœur de proposer des programmes qui touchent les petits et les grands. Le programme Les Fées sorcières se compose de 4 courts métrages d’animation pour apporter une bonne de féérie et de magie, de quoi envouter toute la famille. Des fées et des sorcières son mises en mouvement dans 4 histoires à ne pas manquer. La maxime à la fin est des plus réconfortantes, il faut toujours conserver son âme d’enfant, ne pas douter de soi, rester confiant, garder confiance en soi et écouter la petite voix intérieure qui progigue des bons conseils.
Synopsis: Il était une fois deux fées et deux sorcières qui ne se connaissent pas et… qui ne se rencontreront jamais. Pourtant le hasard de la vie va les réunir autour d’un même chemin : partir à la conquête de leur destin, apprendre à mieux se connaître et découvrir l’autre.
Programme :
– Le Bébé et la Sorcière d’Evgenia Golubeva (Russie, 2020, 5′) :
Une sorcière vieillissante a besoin d’un bébé pour faire une potion de jouvence. Mais quand elle s’apprête à plonger une adorable petite princesse dans sa marmite, les choses ne se passent pas comme prévu.
– La Superfée et l’Araignée d’An Vrombaut (Belgique, 2023, 7′) :
Ella la fée et son ami Spin l’araignée tissent les toiles les plus fantaisistes, mais seulement lorsqu’elles travaillent ensemble ! Mais alors qu’elles discutent de la suite de leur aventure, une querelle éclate entre le duo créatif faisant voler baguette magique et fils collants. Il s’en suit une belle pagaille !
– Filante de Marion Jamault (France, 2023, 9′) :
Chaque nuit, Paulette la petite sorcière observe la même étoile filante dans le ciel. Elle lui adresse son vœu le plus cher : retrouver son rat domestique mystérieusement disparu. Les jours passent mais l’animal ne revient pas. Paulette veut alors comprendre ce qui cloche avec son étoile.
– La Fée Sorcière de Cedric Igodt et David Van de Weyer (Belgique / Bulgarie, 2022, 15′) :
Dans le château des fées, Rosemary apprend à devenir une fée modèle. Mais cela l’ennuie et elle préfère l’aventure et poursuit le rêve de devenir Sorcière. Fuyant l’éducation de sa mère, elle décide de s’enfuir dans la mystérieuse forêt sombre…
Le réalisateur iranien Mohammad Reza Aslani est un monument dans son pays mais il n’est pas si connu de par chez nous. Son premier film L’échiquier du vent est une splendeur, La Flamme Verte n’est que son 2e film. Inspiré de la fable iranienne du Sangu-e Sabour (La Pierre de patience). Le réalisateur construit une atmosphère onirique avec des personnages qui voyagent à travers les différentes époques de l’histoire de l’Iran.
Un film labyrinthique
La Flamme verte est inédit en France. Nardaneh souhaite ressusciter son futur époux tué au combat par 7 flèches. Pour cela, elle doit rester éveillée 7 jours et 7 nuits et lire le livre posé au chevet de son mari. La chambre où repose le corps est située à l’intérieur d’une forteresse sans portes d’où Nardaneh ne peut s’échapper. Elle commence une lecture qui l’entraîne à travers l’histoire de l’Iran, de l’Empire Arsacide jusqu’à l’époque contemporaine, le film explore la mythologie iranienne et le mysticisme persan dans un déroulé onirique qui faitr clairement référence aux œuvres majeures de la littérature orientale, du Livre des rois de Ferdowsi à la fable du Sangu-e Sabour – « la Pierre de patience » – en passant par le poète fondateur Roumi et les visions de la philosophie illuminative de Sohrawardi. Le réalisateur a attendu plus de 30 ans pour réaliser son 2e film. Mohammad Reza Aslani insiste dans son film pour créer une esthétique flamboyante, avec une caméra au mouvement constant qui voyage dans un univers hors du temps. Les jeux d’ombre et de lumière mettent en valeur les lieux et la beauté des histoires.
Le film est une splendeur visuelle qui se base autant sur l’art de la miniature persane que sur la peinture occidentale. La méditation est intense et le film doit être vu sur grand écran pour en admirer toute la magnificience.
Synopsis: Nardaneh est destinée à être mariée avec un homme mort. Un jour, elle se perd dans un désert et se retrouve enfermée à l’intérieur d’une forteresse dépourvue de porte. Elle parvient à pénétrer dans une chambre où repose le corps inerte d’un homme, son futur époux, qui ressuscitera si quelqu’un lit le livre posé à son chevet, pendant sept nuits et sept jours. Nardaneh entreprend la lecture, ce qui l’entraîne à travers l’histoire de l’Iran, depuis l’Empire arsacide jusqu’à l’époque moderne, en explorant la mythologie iranienne et le mysticisme persan. Le septième jour ne se déroule pas comme prévu : l’arrivée d’une servante provoque des conflits et modifie ainsi le cours du destin de Nardaneh…
Un lycéen de terminale passe son bac et se rétame lamentablement à l’oral d’histoire, incapable de prononcer un seul mot suite à un blocage personnel invalidant. Seulement, un prof le questionne l’air de ne pas y toucher et à ce moment précis à propos d’une cocarde qu’il porte à sa veste. Spécificité locale propre à la Hongrie, cette cocarde symbolise l’accord avec la politique du président Viktor Orban, nationaliste notoire porté aux nues par une partie de la population et haï par l’autre moitié. Le prof a-t-il voulu sous-entendre une quelconque désapprobation? En tout cas le jeune Abel y voit l’opportunité de noyer le poisson, surtout que des journalistes de gauche en profitent pour créer un débat national qui va dépasser le jeune homme. Le film interroge sur le débat politique en Hongrie, sur le poids de l’héritage éducatif et sur la tendance très journalistique à envenimer les choses à leur propre avantage.
Un film très dans l’air du temps
Sans jamais prendre parti pour ou contre le président Orban, le film part d’un contexte national à la limite de l’anxiogène. Comme souvent, le spectateur est mis au parfum dès le départ. Le jeune Abel porte sa cocarde sans y avoir pensé et il est incapable de répondre aux questions des professeurs faut de révisions suffisantes. Le film suit 4 personnages principaux, Abel, le père d’Abel, le prof avec qui le père d’Abel est en conflit et la journaliste à l’origine de l’article polémique. Là où beaucoup de protagonistes veulent surtout monter l’affaire en épingle pour créer un débat d’intérêt public, les spectateurs constatent le comportement limite de la journaliste trop heureuse de voir le succès de son article et surtout la gêne d’un Abel dépassé par la situation, entre un père qu’il déçoit visiblement et une envie de se cacher sans avoir surtout pas du tout l’envie de repasser l’épreuve incriminée. L’intrigue du film se déroule sur 10 jours avec des chapitres clairement découpés, avec la pression qui monte de plus en plus jusqu’au repassage d’Abel à l’oral du bac d’histoire. Le film est visiblement réalisé avec un tout petit budget et un réalisme extrême, ce qui n’empêche pas une vraie mise en scène et une implication sans faille des acteurs. Le réalisateur Gábor Reisz, est un cinéaste hongrois diplômé de l’université ELTE en histoire et théorie du cinéma en 2006, et de l’université́ des arts du théâtre et du cinéma en 2013. L’Affaire Abel Trem est son troisième long métrage, très porté sur l’éducation et l’obnubilation des parents pour le succès scolaire. C’est peut être cette pression qui pousse Abel à affabuler et à accuser son prof avec le risque de le faire renvoyer de l’éducation nationale.
Le petit mensonge grossit de plus en plus jusqu’à faire les gros titres, créer un débat national et rameuter les caméras lors de l’examen de rattrapage d’un Abel complètement dépassé. Le malaise est partagé de tous côtés, tout le monde est présent dans la salle d’examen, Abel, son père, le prof, les journalistes. Le film est à découvrir en salle le 27 mars pour un beau moment de tension dramatique.
Synopsis: C’est la fin de l’année scolaire à Budapest. Recalé à son oral d’histoire, Abel décide de mentir à ses parents sur les raisons de son échec et déclenche alors, malgré lui, un scandale politico-médiatique.
La Petite Croisée des Chemins laisse la place à Catherine de Villard pour mettre en scène l’adaptation par Evelyne de la Chenelière d’un classique de Virginia Woolf, Vers le phare. Le livre raconte un soir d’été où Mrs Ramsay gère sa famille avec charisme et autorité. Ses 8 enfants et son mari lui obéissent au doigt et à l’œil, elle exerce sur son entourage un charme fou mais la machine bien huilée va s’enrayer inexplicablement.
Une pièce labyrinthique
Les 2 comédiennes Virginie Bourguet et Stéphanie Pomeau arpentent la petite scène intimiste du théâtre, avec 2 chaises comme simple décor et une harpiste pour distiller une musique d’ambiance aux consonances anxiogènes. Elles semblent d’abord monologuer en parallèle, comme si elles n’étaient pas présentes dans la même pièce. Mrs Ramsay ressemble à une matrone, toujours prompte à sourire pour distiller une image toujours la plus impeccable possible. Sur la même scène, Lilly a des airs de peintre frustrée par sa perpétuelle indécision, bien moins rayonnante que la mère de famille. Est-elle une jeune fille au pair ou une projection fantasmée de la première, la réponse n’est jamais donnée. Des indices sont distillés avec parcimonie, un repas où Mrs Ramsay tient salon avec force sourires contrits, deux prénoms d’enfants qui survolent le récit, et ce phare où l’un d’eux rêve d’aller faire un tour. Alors que les évocations d’un premier conflit mondial se font de plus en plus persistantes, les spectateurs ne peuvent qu’imaginer que le fils ainé Andrew y a combattu et perdu la vie, laissant sa mère éplorée et inconsolable, avec la possibilité d’une mort volontaire qui perce à travers le drap transparent derrière lequel elle passe la fin de la pièce, comme cachée du regard des vivants et des autres protagonistes. La pièce évoque le regard scrutateur des proches et de l’entourage, le poids des conventions sociales et l’intense solitude d’une maitresse de maison forcée à un destin contraire à ses aspirations.
S’est-elle imaginé peintre, ou femme au foyer comblée, les spectateurs n’ont jamais de réponse et ne peuvent que s’enfoncer dans une intense rêverie suscitée par une pièce aussi tragique qu’onirique à découvrir à la Petite Croisée des Chemins jusqu’au 7 avril. A noter que la pièce passera en off à Avignon cet été au Figuier Pourpre pour une possible consécration.
Synopsis:
Une maison au bord de l’océan, des enfants, les vagues qui rappellent le mouvement perpétuel du temps qui passe, un phare comme la promesse d’un jour nouveau et deux femmes aux convictions si différentes.
Madame Ramsay ne voit sa vie qu’au travers de la maternité. Lily ne veut ni enfant ni mari et ne voit le monde qu’au travers de sa peinture. Entre tensions et rapprochements, elles sont pourtant liées par un même désir, trouver un sens à l’existence. L’amour, la maternité, le rapport aux hommes, la création, la mort… Ces deux femmes livrent sans fard leurs doutes, leurs espoirs, leurs pulsions, inavouables, leur regard fort et délicat sur le monde qui les entoure.
Le texte dépeint sur 10 ans des petits morceaux de vie doux – amers comme un écho à notre propre existence.
Détails:
Du 2 mars 2024 au 7 avril 2024
Samedi 19h – Dimanche 17h
La Petite Croisée des Chemins 43 Rue Mathurin Régnier, Paris, France
Le best-seller de Laetitia Colombani sorti en 2017 aux éditions Grasset a été porté par elle-même à l’écran pour un film riche en émotions où 3 femmes aux grands rêves voient la vie leur mettre des bâtons dans les roues avant de finalement réussir à trouver l’apaisement. Les 3 actrices dégagent une belle puissance pour 3 récits de résilience riches en émotion et en empathie. Le film est à regarder en couple pour un supplément de sentiments et un beau moment de cinéma.
3 récits entremêlés avec grâce
Une femme en Inde, une autre en Italie, une troisième aux Etats-Unis, elles ne se connaissent pas mais pourtant la vie va mêler leurs destins. La première est une intouchable et la vie ne lui fait pas de cadeaux, elle décide de faire un pèlerinage dans un temple réputé et de laisser sa belle chevelure brune comme cadeau à la divinité locale. Le seconde est la fille du gérant d’une fabrique de perruques en cheveux véritables réputée au bord de la banqueroute, elle trouve une solution pour assurer sa pérennité en faisant importer des cheveux d’Inde. La troisième est une avocate réputée qui apprend qu’elle est atteinte d’un cancer, elle commence à perdre ses cheveux au cours du traitement. Le lien entre les 3 femmes est très vite deviné par le spectateur emporté dans un flot de sentiments. Les 3 cultures sont abordées avec beaucoup de délicatesse dans un déroulé riche en rebondissements. Le destin des intouchables est écrit dès le départ, rendus invisibles par une société qui les met à l’écart et les considère avec un mépris infini. La belle italienne doit se battre pour faire perdurer l’entreprise de son père et sa rencontre avec un jeune sikh va lui donner l’envie de moderniser l’entreprise traditionnelle uniquement livrée initialement en cheveux italiens. L’avocate voit sa vie basculer à l’annonce de sa maladie, elle essaye de la cacher en vain, s’attirant des difficultés imprévues. Le succès mondial du livre a décidé son auteure à porter elle-même à l’écran ce récit très cinématographique de résiliences et de volontés. Mia Maelzer et la jeune Sajda Pathan en Inde, Fotini Peluso en Italie, Kim Raver aux States, toutes trois donnent beaucoup de vie et de force à des personnages qui remplissent complètement l’écran. Les personnages secondaires concourent au réalisme d’un film qui s’inscrit complètement dans le réel.
Les différents confinements ont compliqué le tournage mais n’a pas empêché la réalisatrice d’aboutir à un film magnifique à découvrir en VOD/BRD/VOD le 28 mars.
Synopsis:
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Italie. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est malade.
Trois vies, trois femmes, trois continents. Trois combats à mener. Si elles ne se connaissent pas, Smita, Giulia et Sarah sont liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier.
[Manga] Heart Program, tome 1, un manga de Hinata Nakamura (Moonlight/Delcourt)
Shojo proposé par Hinata Nakamura, Heart Program revisite un sujet indémodable puisqu’on y raconte l’histoire du jeune Kyu Usami qui accueille chez lui un nouveau robot aux apparences de jeune fille. Et entre sa voisine qui a le béguin pour lui et sa nouvelle amie à domicile, le collégien va être vite dépassé dans un tourbillon sentimental…
Un scénario très bien maîtrisé qui interroge sur l’IA et les sentiments. La finesse du dessin est à la hauteur du propos et nous embarque sans difficulté dans ce trio romantique.
Une mini série à suivre, prévue en quatre tomes.
Résumé de l’éditeur :
Pour sonder l’âme humaine, il faudra explorer les ramifications du coeur… Enfin le grand retour de Hinata Nakamura dans la collection Moonlight !
Kyû USAMI vit seul avec sa mère. Un jour d’été, il voit débarquer chez lui un robot qui ressemble à s’y méprendre à une jeune fille. Cette créature est venue étudier l’âme humaine, et le jeune Kyû va rapidement se rendre compte qu’on peut facilement tomber amoureux d’un être pourtant dépourvu de coeur…
Date de parution : le 7 février 2024 Auteurs : Hinata Nakamura (Scénario, Dessin) Genre : seinen, contemplation