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Boomers de Bartolomé Segui, à l’heure du bilan des vies, sortie le 6 mars 2024 aux éditions La Boite à Bulles

Un groupe d’amis dans la soixantaine discute sur leur existence, le passé et le présent. Ils confrontent leurs points de vue sur ce qu’est devenu leur pays par rapport à leurs idéaux de jeunesse. Pèle mêle, ils évoquent le rôle trouble des médias pour orienter les foules à gauche ou à droite, l’irruption des fake news sur le net, l’antagonisme entre information et opinion. Les bulles se mélangent avec celles d’Ernesto, en voyage solitaire pour faire le point sur sa soixantaine approchante, et les aphorismes se succèdent pour interroger toujours un peu plus sur le temps qui passe inexorablement et la perspective de la retraite qui se rapproche. Le ton est des plus badins mais le sujet concerne chacun de nous, la transmission des valeurs, la vie d’après, l’avenir de l’héritage transmis aux nouvelles générations. Et puis le sujet phare reste le temps qui reste, comment en profiter tout en gardant à l’esprit que tout ne dépend pas de soi. La BD multiplie les questions dans un scénario qui se déroule comme une pelote de laine dans un dessin réaliste et agréable pour un sourire constant sur le visage du lecteur, c’est bon signe!

Synopsis:

À l’approche de ses 60 ans, Ernesto se questionne sur le temps passé, le temps qu’il lui reste à vivre ainsi que sur le monde qu’il laisse à sa fille.

Ernesto est à l’aube de la soixantaine et, s’il écoutait un peu plus les autres, il se verrait déjà un pied dans la tombe. Lui qui se réjouissait d’atteindre l’âge de sagesse se retrouve égaré, perplexe quant à son époque et incertain face à l’avenir  – le sien mais aussi celui du monde…
De nature songeur, Ernesto se lance dans un voyage exploratoire sur le passage du temps et sur la transmission. Entre pensées et souvenirs, nourri des échanges avec sa femme et ses amis, se dessine en filigrane le portrait d’une génération arrivée à maturité et forcée de constater que l’avenir auquel elle se préparait n’était qu’un mirage.
Boomers est un album qui bouscule à pas feutrés, qui encourage à la résilience, et porte un regard nostalgique mais dénué d’amertume sur le monde moderne et sur son devenir.

Editeur: La Boite à Bulles

Auteur: Bartolomé Segui

Nombre de pages / Prix: 96 pages / 20 euros

« Showgirl » : l’envers du décor au théâtre de la Bastille

© Narcisse Agency

« Showgirl » : l’envers du décor au théâtre de la Bastille

En 1995, le cinéaste néerlandais, Paul Verhoe­ven, filme les grandeurs et décadences de Las Vegas comme la métaphore prémonitoire d’une Amérique qui s’enivre de vulgarité crasse et broie les êtres. Le film, incandescent et obscène, regarde sans commentaire le destin d’une jeune femme venue tenter sa chance dans la ville du jeu et de l’argent facile. Elle accepte toutes les humiliations et deviendra elle-même prédatrice, prête à tout pour survivre.

Très mal reçu par la critique et le public à sa sortie, il est aujourd’hui reconnu comme un monument de la contre-culture queer, du camp et de l’expressionnisme pop, un film culte dans lequel légèreté, strass, paillettes décrivent la lutte des classes et des sexes et les rapports de domination-soumission.

En mon­trant de façon fron­tale et criarde le ver­sant le plus abject du « rêve amé­ri­cain », Paul Verhoe­ven jetait un pavé dans la mare hollywoodienne dont la pre­mière vic­time fût Eli­sa­beth Berk­ley, cou­ra­geuse inter­prète d’un d’un film qui devait mettre en péril la suite de sa car­rière.

C’est ce double mou­ve­ment que sai­sissent Mar­lène Sal­da­na et Jona­than Drillet dans ce show aussi improbable et qu’explosif, où le scénario d’un film et le tra­jet d’une actrice se répondent en une triste et implacable iro­nie.

Une performance de haut vol

Qua­si­ment seule en scène, Mar­lène Sal­da­na est à la fois Nomi, Eli­za­beth et elle-même, tra­ver­sée par les voix des autres per­son­nages. En prêtant sa plastique et son tempérament à tous les personnages de « Showgirls » – le film maudit donc de Verhoeven dont « Showgirl » au singulier reprend ici la trame –, la comédienne et performeuse trouve là un programme à sa démesure !

Elle s’imprègne dans un geste total de cet univers glauque pour raconter et aussi dénoncer l’envers du décor, corrompu par le pouvoir de l’argent, du machisme et du sexe, où à travers des intermèdes et redevenue elle-même, elle échange avec « Murray », son complice frêle silhouette de machiniste drag-queen, et commente alors sans filtre certaines scènes de sexe humiliantes de l’histoire du cinéma.

A l’abri d’un décor kitsch et trash conçu par l’inimitable Sophie Perez, constitué d’un luminaire phallus qui brille de mille feux et d’un volcan-mamelon tout droit sorti de l’univers de Beckett, Mar­lène Sal­da­na s’impose et en jette sur une bande-son électro-techno de Rebeka Warrior. Et nous livre une performance de haut vol entre le drag, le théâtre chanté et la danse parlée.

L’embardée est ponc­tuée d’incises presque docu­men­taires et bien senties qui focalisent la cruelle condition d’actrice avec la révélation d’anec­dotes entendues sur le tour­nage du film où empruntées à d’autres filmographies. Il y est notamment question de l’humiliation infligée par Bertolucci et Marlon Brando à Maria Schneider sur le tournage du Dernier Tango à Paris.

Un spectacle décapant, souvent drôle, et corrosif dont l’extravagance parfaitement assumée n’a d’égal que sa force réjouissante. Bravo !

Dates : du 26 février au 9 mars 2024 – Lieu : Théâtre de la Bastille (Paris)
Conception et texte : Jonathan Drillet et Marlène Saldana

Un Boris Godounov monumental au Théâtre des Champs Elysées

Le Théâtre des Champs-Elysées propose un opéra total les 3, 5 et 7 mars avec la mise en scène du Boris Godounov de Modeste Moussorgski. Originellement créé en 1869, une nouvelle version a été composée en 1872. Le livret est en russe pour une adaptation basée sur le drame du même nom d’Alexandre Pouchkine et sur l’Histoire de l’État russe de Karamzine.

Un opéra colossal

Le metteur en scène Olivier Py garde ses bonnes habitudes avec ses structures gigantesques qui habillent la scène tantôt en immeuble soviétique, tantôt en église orthodoxe, tantôt en échafaudage. La musique est écrite dans un style russe qui reflète la connaissance qu’avait le compositeur de la musique populaire russe pour un rejet volontaire de l’influence de l’opéra allemand et italien. Pouchkine s’était inspiré du Macbeth de Shakespeare avec un Boris qui devient tsar après avoir fait assassiner l’héritier légitime encore enfant, Dimitri. Bien que Boris gouverne humainement le pays, ce dernier sombre dans le chaos et la pauvreté. Un jeune moine vagabond en profite, Grigori, pour se faire passer pour Dimitri et réussir à épouser Marina, femme noble originaire de Pologne, qui déguise sa volonté de puissance en amour passionné. Après avoir convaincu le roi de Pologne de sa légitimité, le faux Dimitri convainc les Polonais d’envahir la Russie. Boris se fait submerger par sa culpabilité et sombre dans la folie pour finalement mourir en implorant la grâce divine. Si les morceaux de l’Opéra ne sont pas forcément très connus, un véritable courant mythologique parcourt le spectacle avec des références très appuyées à la situation actuelle en Russie. Chanteurs en tenue paramilitaire, icône de Poutine à côté de Staline, la mise en scène ne se prive pas de références contemporaines tout en conservant la profondeur spirituelle de l’œuvre de Moussorgsky avec un recours incessant à l’image d’un Dieu tantôt miséricordieux ou vengeur. Les structures montées sur scène donnent une hauteur monumentale aux chants des interprètes, à commencer par l’impeccable baryton Alexander Roslavets dans le rôle titre.

Le réalisme du livret offre une vraie profondeur psychologique aux personnages pour emporter les spectateurs dans un torrent historique, le Théâtre des Champs Elysées ne fait pas les choses moitié pour offrit un vrai moment de spectacle total.

Synopsis:

Le Boris Godounov de Moussorgski, inspiré d’une pièce de Pouchkine, connut plusieurs versions :  une première composée entre 1868 et 1869, rejetée par la censure car il était alors interdit de représenter le tsar sur une scène lyrique et surtout par l’absence de rôle féminin principal, d’intrigue amoureuse et de scènes de ballet. Une seconde version voit le jour en 1872 et après de multiples péripéties et l’insistance de chanteurs vedettes de l’époque finit par être créée en 1872. Puis il y aura les temps des réorchestrations, celle de Rimski-Korsakov au tournant du siècle et plus tardivement celle de Chostakovitch. Quelle que soit la version, c’est surtout une réflexion sur la solitude du pouvoir et ses excès. Dans la version originelle de 1869, celle retenue pour cette nouvelle production, le drame est ramassé, très concentré dramatiquement. La noirceur du propos est soulignée par une orchestration à la fois sauvage et flamboyante, mettant à nu la psychologie du rôle-titre.
« Je veux que le son exprime l’idée, je veux la vérité » écrivait Moussorgski. Son récit sombre de la grandeur et de la décadence de Boris est une fascinante et troublante expérience théâtrale autant que musicale. Drame historique et fable politique, Boris est bien un titan lyrique au sein du corpus de l’opéra russe. Mais c’est surtout, une réflexion sur la solitude du pouvoir et ses excès. Il faut un titan pour porter ce rôle de colosse, incarné ici par Alexander Roslavets. A ses côtés, une équipe de chanteurs rompus à ce répertoire exigeant, l’Orchestre National de France et la baguette aguerrie d’Andris Poga. 
Coproduction Opéra National du Capitole | Théâtre des Champs-Elysées

Avec le soutien d’Aline Foriel-Destezet, 
Grand Mécène de la saison artistique du Théâtre des Champs-Elysées

France Musique diffuse cet opéra le 23 mars à 20h.
En partenariat avec france.tv

Le Yannick Benoit Quartet dévoile un très bon album de jazz intitulé Le repère

Le saxophoniste Yannick Benoit est aussi joueur de didgeridoo, chanteur, compositeur et pédagogue français, il vit à Paris. Il est le leader de Yannick Benoit Quartet avec Jean Baptiste Loutte à la batterie), Sylvain Le Ray au piano et Tom Guillois à la contrebasse. La musique du Yannick Benoit Quartet est du très bon jazz, inspirée par d’autres formations aventureuses comme Pharoah Sanders, Yusef Lateef, Eddie Harris et Jd Allen.

Du pur jazz mais pas que

Le groupe se distingue par l’utilisation d’instruments ethniques tel le didgeridoo, la guimbarde, et le chant diphonique mongol pour une palette sonore enrichie qui emporte les spectateurs dans un univers bien particulier. Les talentueux musiciens sont très actifs sur la scène parisienne et ils jouent un répertoire de compositions personnelles. Yannick a découvert la musique avec Jean Francois Millet dans tous ses aspects, écriture, improvisation, concert et jeu en groupe. De formation d’ingénieur, il a continué le saxophone avec Remi Biet à Rouen et obtenu son DEM à Annecy. Il s’est ouvert aux musiques du monde en pratiquant le chant mongol khoomii et kargiraa. Il a également appris le Didgeridoo auprès de Ondrej Smeykal. Après ses études musicales, il a participé à la création des spectacles de la Compagnie Artichaut, c’est un incontournable chez lui, il participe à des nombreuses formations, il fait également partie du Bibendum Orchestra, big band Canneais formé par Thibault Renou, en collaboration avec le DJ electro Fakear. Il enseigne en parallèle le saxophone, anime des ateliers Jazz au conservatoire du 11ème arrondissement à Paris et donne des cours dans un option musique au collège Lucie Aubrac. Il est actuellement leader de ce quartet et oo leader du groupe Eastern Sounds avec Vincent Le Bras (Piano), Maxime Legrand (Batterie) et Ahmed Ghanem (Contrebasse). Et comme ça ne suffit pas, il est aussi sideman dans le Groupe Néo Métissage project et Nicolas Ruiz Quintet. Cet album est une merveille jazz à découvrir avec des envolées dans la musique du monde.

Le groupe sera à découvrir en concert au Sunset Sunside le Mercredi 6 mars à 20h30 pour partager un beau moment de musique.

Mawda Autopsie d’un crime d’état, sortie le 6 mars 2024 aux éditions La Boite à Bulles

Qui se souvient qu’en 2014, il y a à peine 10 ans, L’Etat Islamique prenait possession d’une grande partie de l’Irak, dont la ville de Mossoul? Face à eux, la résistance des kurdes du Kurdistan. Un couple fuit le pays pour échapper à une prévisible vendetta familiale car ils ne sont pas mariés. Elle s’appelle Amir, lui Shamden, elle donne naissance à un petit Mohamed. Ils choisissent de partir pour fuir un pays dévasté par la guerre, sans avenir. Ils prennent l’avion pour la Turquie, Amir est enceinte d’un 2e enfant, leur objectif est l’Europe, ils embarquent pour la Grèce avec la peur d’un chavirage et d’une mort certaine. Une fois arrivés, ils se dirigent vers l’Allemagne. Cette histoire est celle de tant et de tant de réfugiés décidés à vivre et à garantir un avenir pour leur famille. Dans un dessin ultra réaliste, la BD raconte des destins et le drame. Car la jeune fille de 2 ans Mawda est morte dans des circonstances troubles. Le journaliste Michel Bouffioux a mené l’enquête sur la suite des évènements, les thèses sont contradictoires. La BD raconte une vie d’errance, le rejet des pays d’accueil et l’impossibilité d’identifier les responsabilités du drame. Une triste histoire, racontée avec minutie, mais forcément subjective.

Synopsis:

Une camionnette transportant des migrants est prise en chasse par les policiers. Durant la course-poursuite, Mawda, petite fille de deux ans meurt d’une balle en pleine tête…

La nuit du 17 mai 2018 sur une autoroute belge, une camionnette transportant des migrants tentant de passer en Grande-Bretagne est prise en chasse par des policiers. Cette course-poursuite se solde par la mort d’une petite fille de deux ans, Mawda, atteinte en pleine tête d’une balle tirée par un policier. Un drame qui fait grand bruit dans l’opinion publique.

Les jours suivants, plusieurs versions des faits se sont succédé, émanant du Parquet et relayées par la presse  : l’enfant serait morte d’un traumatisme crânien car les migrants se seraient servis de sa tête comme bélier pour casser la vitre  ; puis est évoqué un échange de coups de feu entre la police et les occupants de la camionnette…

Il a fallu la contre-enquête du journaliste Michel Bouffioux (Paris-Match Belgique) pour que soient mises à jour les incohérences contenues dans chacune des versions proposées

En novembre 2020 s’est tenu le procès de l’auteur du tir qui a tué Mawda ainsi que de deux individus accusés d’être le passeur et le chauffeur de la camionnette. Ce procès a donné lieu à une vaste mobilisation citoyenne, avec notamment le hashtag #Justice4Mawda  sur les réseaux sociaux.

Sur la base de multiples sources et témoignages, Manu Scordia compose un ouvrage coup de poing qui retrace le parcours de Mawda et de ses parents et explore tous les angles morts de ce drame…

Editeur: La Boite à Bulles

Auteur: Manu Scordia

Nombre des pages / Prix: 176 pages / 22 euros

S’estimer et s’oublier, un livre de Christophe André (Odile Jacob)

S’estimer et s’oublier, un livre de Christophe André (Odile Jacob)

Christophe André est psychiatre avant d’être auteur. Il a publié de nombreux essais qui ont tous connu un grand succès.

Son dernier livre, S’estimer et s’oublier, se présente sous forme d’abécédaire de l’estime de soi. C’est un livre qu’on peut lire et relire. Ouvrir une page et méditer. Chercher un terme et découvrir la « définition » de Christophe André. Définition toujours simple et à la portée de chacun d’entre nous. Avec de très belles références littéraires et de nombreux témoignages et anecdotes de vie. Un écrit qui va toujours trouver écho en nous. Et nous faire découvrir de nouvelles notions.

Les thèmes sont excessivement variés et touchent tous les domaines.
Par exemple, l’auteur va disserter sur :

L’anxiété, Barbie, Conjugaisons, Dignité, Ecosystème, Ego, Feu rouge, Génies et surdoués partout, Héraclite l’Obscur, Insultes, Jargon, Kundera, Louis XIV, Mort, Narcissisme, Oiseaux, Pardon, Résilience, Soumission, Tolstoï, Ultracrépidarianisme, Vertu,WC, Xu Ge Fei, Yoga, Zéro.

Allez, je sens que votre curiosité en est à son comble ! Qu’est-ce donc que l’Ultracrépidarianisme ?

« C’est donner son avis dans un domaine, alors qu’on n’y est pas compétent. » P.327. Publik’Art vous laisse découvrir l’origine de ce mot !

S’estimer et s’oublier, un livre qui nous permet de mieux nous connaître, de mieux nous estimer dans le seul but de pouvoir se tourner vers les autres. Car le monde qui nous entoure est plus intéressant que notre petite personne. Il est si bon d’aider les autres.

La bienveillance que nous avons pour nous-mêmes, grâce à notre bonne estime de nous, nous la transposons à notre prochain.
« S’oublier pour mieux vivre, finalement. »

Rien n’est vraiment compliqué avec S’estimer et s’oublier. Tout est plein de bon sens. Criant de vérités !

Acheter dans une librairie indépendante

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Janvier 2024
Auteur : Christophe André
Editeur : Odile Jacob
Prix :22,90 €

Caravan Palace présente son nouvel album Gangbusters Melody Club, sortie le 1er mars (Lone Diggers/IDOL)

Le groupe Caravan Palace est né à la fin des années 2000 avec la rencontre de trois musiciens parisiens qui apprécient tous la musique électronique ainsi que les sonorités vintage du jazz des années folles. Le mélange est détonnant et plein de surprises, la reconnaissance publique ne s’est pas fait attendre, aussi bien en France qu’à l’internationale. Le premier album éponyme est sorti en 2008 et beaucoup d’autres ont suivi depuis. Mais le groupe est surtout connu pour ses prestations live pleines d’énergie, comme à Coachella en 2013) et ses clips excentriques.

Un album qui bouscule en rythme

Pour bien comprendre Caravan Palace, il faut savoir que le groupe parisien connait une reconnaissance internationale indéniable grâce à ses prestations live remarquées, ce que les réseaux et internet permet de décupler ce que prouvent les chiffres. 1 milliard de streams et un Golden Button sur Youtube, un million de followers sur Spotify, une excellente visibilité sur TikTok, les 3 parisiens ont beau être très discrets dans les médias, ils sont couronnés de platine aux USA, au même titre que David Guetta, Phoenix et M83. Leur nouvel album est le reflet de la diversité musicale du groupe, ce qui montre qu’après 20 ans d’activité, Arnaud « Vial » de Bosredon (Guitare, programmation synthétiseur, chœur), Charles Delaporte (Contrebasse, synthétiseur, programmation, chœur) et Zoé Colotis (chant) savent creuser le sillon d’une belle carrière. Le mélange entre sampling et harmonies vocales est à l’origine de morceaux marqués par des mélodies marquantes (81 Special, City Cook), des morceaux taillés pour la scène (Mad et ses airs de chant de ralliement marqué par le swing, un très funky Reverse, le beat house imparable de Mirrors) et des moments d’émotion irrésistibles (Avalanches, Fool).

L’album regorge de tubes et pourrait enfin donner au groupe le retentissement qu’il mérite. Gangbusters Melody Club marque la volonté de Caravan Club de rester fidèles à eux mêmes tout en creusant de nouvelles directions musicales.

[Manga] Crying Freeman Perfect Edition, tomes 1 &2 : l’oeuvre originale qui a marqué toute une génération (Glénat)

[Manga] Crying Freeman Perfect Edition, tomes 1 &2 : l’oeuvre originale qui a marqué toute une génération (Glénat)

Après Sanctuary, Ryoichi Ikegami est à nouveau à l’honneur dans une Perfect Edition avec Crying Freeman, oeuvre culte pour tous ceux qui ont connu le film adaptation de Christopher Gans en 1995.

Le Freeman est un tueur à gage, bras armé de la mafia aux 108 dragons. Sa particularité est que ses larmes coulent lorsqu’il touche sa cible. Le destin de Freeman bascule le jour où il fait la rencontre imprévue d’une jeune femme qui finira par le percer à jour… Un manga, édité dans ce format en cinq tomes, qui permet de découvrir l’oeuvre originale, forcément beaucoup plus dense et quelque peu différente du film. C’est donc avec beaucoup de bonheur qu’on a pu parcourir les deux premiers tomes parus, simplement irrésistibles !

Crying Freeman est une vraie madeleine de Proust à (re)découvrir sous sa forme la plus noble !

Résumé de l’éditeur :

Le tueur aux yeux de pluie. Tueur japonais au service de la mafia chinoise des 108 dragons, il a pour nom de code Freeman. Après chaque meurtre commis, il laisse couler des larmes. Quel secret dissimulent-elles ? C’est au travers de sa rencontre avec une jeune femme en quête d’amour que Freeman découvrira qui il est vraiment… Après Sanctuary, Ryoichi Ikegami revient avec une autre de ses séries emblématiques : Crying Freeman. Cette saga en cinq volumes avait déjà eu les honneurs d’une adaptation cinématographique par Christophe Gans, le réalisateur du Pacte des loups. Avec cette édition Perfect, l’oeuvre mythique revient en grand format et avec des pages couleurs. Vous n’aurez plus aucune raison de passer à côté de ce monument.

Date de parution tome 2 : 17 janvier 2024
Auteurs
: Kazuo Koike et Ryoichi Ikegami
Genre : polar, seinen
Editeur : Glénat
Prix : 14,95 €
Acheter sur : BDFugue

[Album jeunesse] 1, 2, 3 mange avec… Moi ! un album cartonné avec des tirettes pour apprendre à compter (Glénat Jeunesse)

[Album jeunesse] 1, 2, 3 mange avec… Moi ! un album cartonné avec des tirettes pour apprendre à compter (Glénat Jeunesse)

Encore un très joli album cartonné et animé avec 1, 2, 3 mange avec… Moi ! pour apprendre à compter et à reconnaître des petits fruits et légumes cachés au fond de la gueule d’animaux tout mignons ! Étonnamment, tout le monde est végétarien dans ce monde là ! Un album de grande qualité, édité avec beaucoup de soin. 

A découvrir sans attendre en librairie !

Extrait :

 

1, 2, 3 Mange avec moi !

Résumé de l’éditeur :

Pour une fois, on a la permission de jouer avec la nourriture !

À table ! Il est l’heure de manger…
Découvre le menu des animaux, leurs fruits et légumes préférés… en petite ou en grande quantité.
Un livre animé 100 % végétarien pour apprendre à compter !

 

Date de parution : le 7 février 2024
Auteur(s) : Agnese Baruzzi(scénario, dessin)
Genre : jeunesse, tout-carton
Editeur : Glénat
Prix : 10,90 €

Boris Godounov à découvrir au Théâtre des Champs Elysées du 28 février au 7 mars à 19h30

Le Théâtre des Champs-Elysées propose le Boris Godounov de Moussorgski d’après d’une pièce de Pouchkine. La première version a été composée entre 1868 et 1869, rejetée par la censure de l’époque car il était interdit de représenter le tsar sur une scène lyrique et du fait qu’il n’y avait pas de rôle féminin principal, d’intrigue amoureuse et de scènes de ballet. La seconde version a été composée et créée en 1872. Puis vinrent les réorchestrations de Rimski-Korsakov et de Chostakovitch. Le spectacle interroge sur la solitude du pouvoir et les excès de l’homme assis sur le toit du monde. Cette production part de la version originelle de 1869 pour un drame ramassé et très concentré dramatiquement. Moussorgski disait Je veux que le son exprime l’idée, je veux la vérité pour exprimer la décadence de son Boris Godounov. Le drame historique et la fable politique se côtoient dans un numéro majeur du corpus de l’opéra russe. Alexander Roslavets interprète ce titan avec à ses côtés, une troupe de chanteurs rompus à ce répertoire exigeant, l’Orchestre National de France et la baguette aguerrie d’Andris Poga

Distribution

Andris Poga | direction
Olivier Py | mise en scène
Pierre-André Weitz | scénographie et costumes
Bertrand Killy | lumières

Matthias Goerne est remplacé par la basse Alexander Roslavets qui a interprété le rôle de Boris lors des représentations au Capitole de Toulouse en novembre dernier.

Alexander Roslavets | Boris Godounov
Victoire Bunel | Fiodor
Lila Dufy | Xenia
Svetlana Lifar | La nourrice
Marius Brenciu | Le Prince Chouïski
Mikhail Timoshenko | Andreï Chtchelkalov
Roberto Scandiuzzi | Pimène
Airam Hernández | Grigori Otrepiev
Yuri Kissin | Varlaam 
Fabien Hyon | Missaïl
Sarah Laulan | L’aubergiste
Kristofer Lundin | L’innocent
Barnaby Rea | Mitioukha
Sulkhan Jaiani | Nikititch

Orchestre National de France
Chœur de l’Opéra National du Capitole | direction Gabriel Bourgoin
Maîtrise des Hauts-de-Seine | direction Gaël Darchen

La nuit de la comète, une série B séduisante à découvrir en DVD le 29 février

Le film imagine quelques personnes se réveillant après que la majorité des habitants de la planète ait disparu. Une petite minorité a pourtant survécu mais ils sont devenus… des zombies. Rien de bien original dans le fond, mais l’originalité tient à 2 personnages principaux qui sont des jeunes filles. Pas de beau héros ténébreux aux muscles d’acier, mais des femmes qui savent se défendre et tirer à l’uzi. Le hic tient à l’absence de véritable intrigue, les filles écoutent du Cindy Lauper et restent impeccablement coiffées, elles aiment bien buller et parlent beaucoup chiffon, c’est un peu sommaire pour véritablement inspirer les spectateurs. Elles profitent de cette fin du monde pour faire des achats gratos en chantant Girls just want to have fun, c’est un concept. Cependant, le look très années 80 du film apporte une belle vague de nostalgie, la photographie est fidèle à cette époque avec l’utilisation de filtres et de couleurs néons sans recours aux effets spéciaux numériques devenus la norme. Le montage du film apporte un rythme intéressant malgré quelques scènes d’action découpées avec un peu de maladresse. Quant à la musique, c’est un des points forts du film, le plongeant dans une époque pas si lointaine où les jeunes écoutaient de la musique pop, de quoi participer au rythme et à la plongée temporelle. Une bonne série B, pour les adeptes du genre.

Synopsis: Après le passage d’une comète à proximité de la Terre, presque toute la population mondiale est décimée. Regina et sa sœur Samantha survivent et vont trouver refuge dans le studio d’une radio locale. Elles y rencontrent Hector, un routier protégé par la cabine en acier de son engin. Dans ce monde dévasté, les jeunes filles commencent par faire du shopping, mais ce sera sans compter sur des survivants mutants agressifs, et une équipe de scientifiques cherchant à créer un sérum permettant de guérir ce mal.

Laïka, chienne cosmonaute, une histoire vraie (Casterman)

Laïka, chienne cosmonaute, une histoire vraie (Casterman)

Anne Pouget est une auteure historienne. Elle a déjà écrit de très nombreux livres pour la  jeunesse. Elle signe avec Laïka, chienne cosmonaute, une nouvelle série, les histoires extraordinaires mais réelles de héros animaux.

Laïka, chienne cosmonaute est une histoire qui s’est réellement passée.
Nous sommes en 1957, en Russie. Le père d’Igor est faiseur de poix. C’est lui qui fabrique le goudron. Alors qu’Igor aide son père, il découvre une petite boule de poils, toute tremblante, et bien mal en point. C’ets une petite chienne. Il décide alors de la ramener chez lui et surtout de la soigner. Comme elle aboyait beaucoup, il l’a appelée « l’Aboyeuse ». Mais un beau jour, Laïka devint introuvable. Il découvrit alors que Laïka avait été enlevée par la police politique.

A partir de ce jour, le lecteur va suivre la drôle de vie de Laïka. Une vie hors du commun qui sera bientôt découverte par le monde entier.

C’est elle qui va être choisie pour faire avancer la science et les recherches spatiales. Elle va embarquer à bord de Spoutnik 2 !

Publik’Art a été comme envoûté par cette histoire incroyable mais vraie de Laïka !

Laïka, chienne cosmonaute est à découvrir sans plus tarder car elle captivera tout le monde : petits et grands

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : février 2024
Auteur : Anne Pouget
Editeur : Casterman
Prix : 8,90 €

Un beau film témoignage avec La mère de tous les mensonges, sortie le 28 février 2024

Le film a obtenu le Prix de la Mise en Scène dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2023. Il revient sur les évènements tragiques de mai 1981 avec la répression féroce qui a suivi les émeutes du pain qui se sont produites à Casablanca. Une chape de plomb s’est posée sur cette période malgré les disparitions nombreuses. La réalisatrice imagine un récit entre témoignages familiaux et maquette représentant tous les protagonistes da la famille, Asmae la jeune réalisatrice marocaine, la mère taiseuse, la grand-mère dictatrice et les autres.

Un film émouvant

C’est à l’occasion d’un voyage chez ses parents à Casablanca qu’Asmae revient sur les évènements de mai 1981. Si elle vient officiellement aider à finaliser un déménagement, ce dernier retour dans la maison de son enfance est pour elle l’occasion de trier les vieilles affaires et de faire revivre les souvenirs oubliés. C’est en tombant sur une vieille photo prise dans la cour d’une école maternelle avec des enfants qu’elle se voit assise sur un banc, regardant timidement l’appareil-photo, unique souvenir ravivant l’image de son enfance. Mais est-ce vraiment elle l’enfant sur cette image, le doute advient. Alors elle décide de faire parler ses parents, et pour cela Asmae introduit une caméra pour raviver cet incident intime et évoquer d’autres souvenirs auxquels elle ne croit pas non plus. La photo devient le point de départ d’une enquête minutieuse où la réalisatrice va interroger tous ses proches pour dévoiler les mensonges cachés et enfin connaitre les vérités trop longtemps tues. Le scénario très original mélange histoire de sa famille et Histoire du Maroc au temps des années de plomb 1970-1980 marquées par la répression des opposants politiques sous le roi Hassan II. Le film montre aussi une grand-mère dictatrice au caractère bien trempé et interdisant de conserver toute photo. Avec l’utilisation de la voix off, Asmae donne vie à des figurines évoluant sur des maquettes reproduisant le quartier de son enfance pour remplacer les photos disparues. Le film prend des atours de devoir de mémoire pour ceux qui sont morts sous la répression pour le seul motif que les manifestants réclamaient le droit à se nourrir et à vivre de leur travail.

Le film est l’occasion de se souvenir pour continuer à vivre avec cette histoire, aussi bien pour la famille que pour le Maroc.

Synopsis: Casablanca. La jeune cinéaste Asmae El Moudir cherche à démêler les mensonges qui se transmettent dans sa famille. Grâce à une maquette du quartier de son enfance et à des figurines de chacun de ses proches, elle rejoue sa propre histoire. C’est alors que les blessures de tout un peuple émergent et que l’Histoire oubliée du Maroc se révèle.

[Album jeunesse] Un jardin de Bonheur, magnifique album à découpes de Britta Teckentrup (Glénat Jeunesse)

[Album jeunesse] Un jardin de Bonheur, magnifique album à découpes de Britta Teckentrup (Glénat Jeunesse)

Comme un hymne à la nature, Un jardin de bonheur est une échappée onirique d’un petit bonhomme qui n’arrive pas à dormir et décide de suivre une étoile qui brille à travers sa fenêtre. On part alors à l’aventure à travers un univers poétique et enveloppant, qui nous berce par sa magie dans un jeu de découpes très soignées.

Un album coup de coeur, idéal pour accompagner nos enfants dans le monde des rêves en toute sérénité. 

Extrait :

Résumé de l’éditeur :

Après L’Arbre de la gentillesse, un nouveau voyage onirique offert par Britta Teckentrup

Toi qui n’arrives pas à t’endormir, suis l’étoile avec confiance, elle t’emmènera vers un endroit merveilleux…
Un album tendre et poétique, aux découpes délicates, qui donnera des ailes à l’imagination des petits rêveurs.

 

Date de parution : le 31 janvier 2024
Auteur(s) : Britta Teckentrup (scénario, dessin)
Genre : jeunesse, découpes
Editeur : Glénat
Prix : 13,90 €

Satoshi, l’amour d’une mère plus fort que tout, sortie en salle le 28 février

Avec Satoshi, le réalisateur Junpei Matsumoto s’inspire d’une histoire vraie et retrouve des acteurs avec qui il a déjà travaillé, Taketo Tanaka dans son premier film en 2012, Lily Franky dans Perfect Revolution. Le film est sorti au Japon en 2022 et met en scène la relation touchante d’une mère et de son fils soudés face au handicap. Le cas le plus connu d’une personne sourde et aveugle est celui d’Helen Keller, née en Alabama en 1880 et victime d’une congestion cérébrale qui la laissée sourde et aveugle. Devenue conférencière et écrivaine, elle a marqué la première moitié du XXe siècle par ses combats politiques et féministes malgré son handicap. Satoshi raconte une même histoire de résilience d’une manière extrêmement touchante.

Une belle leçon de vie

Helen Keller le disait, tout a ses merveilles, l’obscurité et le silence aussi. Satoshi montre le coup de bambou ressenti par la famille Fukushima quand le petit dernier vif et intelligent Satoshi voit sa vision se voiler petit à petit jusqu’à perdre la vue définitivement à l’âge de 9 ans. Sa famille l’entoure d’un amour inconditionnel qui lui permet de d’adapter à ce handicap, Entouré d’une famille aimante, Satoshi s’adapte brillamment à ce terrible handicap, apprenant le braille pour lui permettre de poursuivre normalement ses études. Mais le destin s’acharne contre lui quand il perd l’audition au moment où il doit intégrer l’université. Devenu sourd et aveugle, il se retrouve comme coupé du monde, isolé en lui-même. Il faudra l’amour et la persévérance de sa mère pour aider et sauver son fils en lui donnant envie de surmonter les obstacles que la vie a placé devant lui. Si Satoshi ne peut plus voir et entendre, il peut ressentir. Le film décrit minutieusement la situation vécue par la famille Fukushima face à ces handicaps additionnés, comment y faire face et comment mener un combat difficile pour surmonter l’inacceptable dans un déroulé des plus réalistes. Satoshi ne baisse pas les bras pour continuer à vivre et à éprouver le bonheur d’être en vie. Ce biopic touche au cœur dans une narration aussi douce que tendre, surtout quand on sait que Satoshi est devenu le premier professeur d’université aveugle et sourd au monde. 

Le film évite le ton mélo pour ne pas tomber dans un pathos inutile, Jumpei Matsumoto réalise un véritable hymne à la vie à découvrir en salles le 28 février.

Synopsis: Satoshi est aveugle depuis ses 9 ans. Sa vie bascule une seconde fois à 18 ans, lorsqu’il commence à perdre l’audition. Accompagné par sa mère, Satoshi va réapprendre à vivre et s’évertuer à découvrir un nouveau sens à sa vie. Une superbe leçon de résilience basée sur une histoire vraie.

Death Game, tome 1 : le webtoon où l’on meurt plusieurs fois (Kbooks)

Death Game, tome 1 : le webtoon où l’on meurt plusieurs fois (Kbooks)

Après avoir un peu trop négligé le libre arbitre de la Mort, Choi Yijae est condamné à vivre 13 fois des situations dans lesquelles il devra tenter d’échapper à cette dernière. Choi Yijae a en effet décidé de se suicider, exténué par son travail. Mais il va en payer le prix fort. Car lorsqu’il se réveille dans la peau d’un autre, il sait qu’il va à nouveau mourir. A moins de parvenir à s’extirper des griffes infernales de la mort. 

Death Game est donc un jeu imposé par la Mort, qui insufflera peut être à Choi Yijae l’envie de vivre ! En attendant, dans ce premier tome en tous cas, le jeune homme va sérieusement trébucher. Un album divertissant où l’on switche d’un personnage à un autre avec « plaisir », découvrant avec surprises les nouvelles peaux que notre jeune suicidaire emprunte.

A suivre !

Extrait :

Résumé de l’éditeur :

Dans ce webtoon dramatique, Choi Yijae, un jeune homme détruit par la société, va défier la Mort. Manque de chance, ce n’est pas du goût de cette dernière ! Il va alors devoir vivre 13 vies, ou plutôt, tenter d’esquiver 13 morts.
Après une longue période de chômage, d’échecs amoureux et problème financiers, Choi Yijae prend la décision de mettre fin à ses jours. Au moment de se tuer, il défie la Mort et se réveille alors dans un avion, avec un visage différent. Une femme se présente alors à lui comme étant la Mort en personne ! Se disant insultée, elle décide de le punir en le condamnant à mourir… jusqu’à ce qu’il soit capable de l’éviter.
Date de parution : le 24 janvier 2024
Auteurs
: Wonsik Lee (scénario) Hyochan Kim (dessin)
Genre : thriller
Editeur : Kbooks
Prix : 14,95 €
Acheter sur : BDFugue

[BD] La Guerre des Amazones : one shot efficace sur une conquête Viking féminine radicalement musclée (Soleil / Quadrants)

[BD] La Guerre des Amazones : one shot efficace sur une conquête Viking féminine radicalement musclée (Soleil / Quadrants)

Album one shot aussi rythmé que musclé, La Guerre des Amazones fait le récit d’une guerre de résistance à l’époque carolingienne, quand une jeune reine doit tenir tête à au fils de Charlemagne venu lui forcer la main et la christianiser. Un scénario plutôt classique mais servi avec une grande efficacité.

On a en effet plaisir à suivre l’intrigue, qui glisse parfois vers le fantastique, aux côtés de personnages féminins travaillés et mis en images par Guillermo G. Escalada. Le dessinateur basque est malheureusement décédé avant d’avoir pu achever l’album mais ses confrères Iñaki Holgado et Nicolas Bègue permettent de conclure avec 7 pages parfaitement respectueuses du style graphique de l’auteur. Le résultat est bluffant.

La Guerre des Amazones n’a pas manqué de nous séduire. A lire d’urgence !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Krok, roi de Bohème, se prépare à affronter le fils de Charlemagne. Il cède la charge du royaume à la plus sage de ses filles, Libussa. La jeune reine entre en résistance, guidée par les puissantes visions de sa soeur, Téta, soutenue par la détermination des femmes demeurées au château. Et par le courage de ses guerrières, dont l’une la trouble profondément, Vlasta aux longs cheveux blancs.

Date de parution : le 31 janvier 2024
Auteurs
: Stéphane Piatzszek (scénario) et Guillermo G. Escalada (dessin)
Genre : Histoire, Guerres
Editeur : Soleil / Quadrants
Prix : 15,50 €
Acheter sur : BDFugue

Le groupe de reprise So Floyd reprend sa tournée hexagonale avec un concert le 8 mars au Palais des Sports de Paris

So Floyd est le groupe de reprise ultime des chansons de Pink Floyd. Un concert à la Salle Pleyel en février 2023 a permis de se rendre compte de la qualité des reprises. Guitare, voix, scénographie, tout est parfait et respecte scrupuleusement l’esprit de Pink Floyd. Le groupe est de retour pour interpréter les titres les plus emblématiques du groupe originaire de Cambridge, formé en 1967 par leur premier leader légendaire Syd Barrett et devenu un énorme groupe au succès mondial après les ventes colossales de l’album Dark Side of the Moon sorti en 1973. La formation française So Floyd rend un hommage parfait au groupe Pink Floyd avec une maîtrise totale et une fidélité impressionnante aux albums du groupe, traversant les différentes époques sans aucun faux pas, de The Wall à Shine on, en passant par Learning to Fly et Division Bell. L’univers musical est respecté avec une vraie fidélité tour à tour psychédélique, planante et rock. Un concert à ne pas manquer!

Publireportage:

Après l’incroyable succès de leurs premiers concerts, le groupe SO FLOYD revient sur scène pour une tournée dans les plus grandes salles de France. SO FLOYD revisitera les plus grand succès du groupe britannique PINK FLOYD,  des morceaux ancrés dans la mémoire collective et des concerts inscrits au Panthéon de la musique ! Revivez sur scène tous les titres légendaires, De «Money» à «Learning To Fly», en passant par «Another Brick In The Wall», «Shine On You Crazy Diamond », « Time » ou « Wish you were here », toutes les chansons magiques du Floyd défilent, magnifiées par un son et un light-show dignes des concerts de ce groupe mythique. Un show en quatre actes, correspondant à autant d’univers visuels et sonores, qui permet de retrouver les diverses époques de la production musicale riche et variée de ce groupe culte. Deux heures de spectacle pour un hommage troublant qui promet un bond dans le temps et une approche originale de l’œuvre du plus grand groupe des années 70 !

SO FLOYD EN TOURNÉE

11 janvier – Summum – Grenoble /12 janvier  – Zénith – Toulon  / 18 janvier – Le Galaxie – Amneville / 19 janvier – Arena – Reims /27 janvier – Arena Futuroscope – Poitiers /

28 janvier – L’Arkea – Bordeaux 1er février – Le Dôme – Marseille 2 février – Arena de Narbonne / 9 Février – Espace Mayenne – Laval /10 février – Zénith de Caen  / 7 mars – Amphithéâtre 3000 Lyon /

8 mars – Le Dôme de Paris Palais des sports

Une Traviata version 2.0 jusqu’au 25 février à l’Opéra Bastille

L’Opéra Bastille à Paris propose l’opéra en 3 actes La Traviata, un des plus grands classiques de l’Opéra universel. Créé par Guiseppe Verdi en 1853 d’après le roman d’Alexandre Dumas filsLa Dame aux camélias (1848), la signification en français du mot italien La Traviata est la délurée, la dévoyée, la débauchée.

Une mise en scène clivante

Le metteur en scène Simon Stone prend l’expression au pied de la lettre en faisant évoluer l’héroïne Violetta dans un monde de la nuit décadent, avec ses néons porno chics, ses habits SM et ses manières animales. Violetta n’est plus cette fille de joie qui vend son corps comme dans le personnage de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils, elle est une star des réseaux sociaux qui vend son image et ses conseils numériques sur le net à grand renfort de posts, de selfies et de stories. La scène de l’Opéra Bastille voit un cadre monté sur une plateforme mobile dévoiler des décors changeants, une automobile, une statue et même un tracteur. Le rythme est incandescent, la descente en enfer bouleversante pour 3h20 de spectacle total. Surtout que les 2 interprètes principaux livrent une prestation de haute volée. Nadine Sierra en Violetta et René Barbera en Alfredo laissent les spectateur pantois, ébahis, éblouis. Il faut entendre cet Addio del Passato de l’acte 3 pour le croire. La voix est au diapason de l’œuvre de Verdi, quasiment l’égale de celle d’Anna Netrebko dans une vidéo Youtube légendaire reprenant sa prestation au Festival de Salzbourg en 2005. L’intrigue laisse percevoir des hymnes symbolisant quasiment à eux seuls l’Italie dans les publicités et les esprits (Libiamo, ne’ lieti calici, Noi siamo zingarelle, Amami Alfredo, Sempre libera).

Alors les puristes se soulèveront contre une mise en scène qui met en avant les corps et les artifices sexuels avec si peu de pudeur. Mais si l’intention peut être discutée par les tenants d’un classicisme absolu, la posture est finalement très moderne, osée, et permet de dépoussiérer l’œuvre sans la travestir, c’est bien l’essentiel.

Synopsis:

Qui est la Traviata ? Pour le metteur en scène australien Simon Stone, remarqué pour son talent à rafraîchir les classiques, Violetta n’est pas cette demi-mondaine qui vend son corps, comme dans La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils, à l’origine de l’opéra de Verdi. Elle est une star des réseaux sociaux qui monnaye son image et ses conseils numériques à grand renfort de « posts », de « selfies » et de « stories ». Hélas ! Ce monde hyperconnecté n’empêche pas la belle, comme au XIXe siècle, de devoir sacrifier son amour pour Alfredo sur l’autel des conventions sociales. Cette lecture contemporaine s’accorde aux intentions de Verdi qui, tout en composant une musique fiévreuse et virtuose, critique la brutalité d’une société du paraître, machine à broyer les individualités. Surtout quand elles sont des femmes qui aspirent à être libres. « Sempre libera », l’air le plus célèbre de Violetta, n’est-il pas l’étendard de cet opéra ?

Les poils de la colère, un petit livre illustré de Vicdoux (Editions Lapin)

Les poils de la colère, un petit livre illustré de Vicdoux (Editions Lapin)

Vicdoux est illustratrice et créatrice. C’est une femme engagée qui écrit, dessine sur des sujets, des combats qui lui tiennent à cœur. Surtout autour de la femme.
Avec Les poils de la colère, Vicdoux crie sa colère contre la société patriarcale. C’est elle qui nous dicte ses lois, depuis toujours ! Avec une inégalité criante entre l’homme et la femme. Vicdoux dessine sa colère, avec beaucoup d’humour. On sent le vécu de l’auteure !

La nature a créé l’homme et la femme avec des poils. L’homme peut garder ses poils, même en être fier alors que la femme doit tout faire pour se débarrasser de ses poils, considérés depuis toujours comme disgracieux. Mais au nom de quoi, se révolte l’auteure ?

Pourquoi lui faut-il subir cet état et souffrir encore et encore lors de chaque épilation ?

Le féminisme et la colère protègent Vic des regards des autres pour qu’enfin, un jour, elle assume son corps. Sans le martyriser. Avec ses poils. Un féminisme engagé !
Ce petit album graphique en dit long sur la société dans laquelle nous vivons !

Les poils de la colère est un livre à mettre entre toutes les mains, aussi bien masculines que féminines. Si le regard des hommes changeait cela serait plus facile à mettre en place et tellement libérateur pour la femme ! Surtout aujourd’hui où la barbe est tant à la mode !

Un petit livre qui va faire énormément de bien à toutes les jeunes adolescentes qui doivent accepter leur nouveau corps, avec des poils ! Dommage que l’auteure n’ait pas révélé le rôle naturel du poil : une protection naturelle contre de nombreuses infections… Une raison de plus pour les garder ! De nombreuses stars commencent à les montrer, leurs poils, sur Instagram ! La révolution est en route !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2023
Auteur : Vicdoux
Editeur : Editions Lapin
Prix : 14€

Revivre, un documentaire éblouissant sur la rage de vivre, à découvrir en salle le 28 février

Le documentaire Revivre est un énorme moment d’émotion. 2 jeunes couples font face à l’état d’urgence médicale absolue de leurs enfants. Le cœur du premier fonctionne mal, le foie du second est en détresse, les parents attendent une rémission miraculeuse ou une greffe providentielle. La caméra reste toujours pudique, saisissant des moments de vie, tout simplement, entre périodes d’espoir, fatigue compréhensible qui rend irritable et irrité, les parents connaissent des expériences de vie que personne ne leur envie. Autour d’eux, un personnel médical dévoué, omniprésent, prêt à répondre à toutes les questions, à tempérer les espoirs et à remettre les choses en perspective. L’1h38 de documentaire fait chavirer le cœur et l’esprit, rien de moins, surtout si vous êtes parents, forcément.

Un documentaire obligatoire

Le réalisateur Karim Dridi voulait initialement faire un film sur le travail des clowns à l’hôpital, après sa rencontre avec l’association Le Rire Médecin et sa fondatrice Caroline Simonds. Des scènes touchantes montrent les sourires sur les visages des enfants devant ces drôles de personnage venus chanter des chansons, jouer de la guitare et apporter de la joie dans le milieu aseptisé de l’hôpital, tout blanc et tout hygiénique. C’est lorsque le réalisateur a vu un bébé qui venait de se faire opérer du cœur, avec son cœur battant sous le drap qui recouvrait sa poitrine, plongé dans un coma artificiel, qu’il a remarqué l’électrocardiogramme s’animer sous l’effet de la musique jouée par 2 clowns et qu’il a décidé de changer l’optique du film. Revivre est devenu un film documentaire en réanimation pédiatrique, soutenu dans cette démarche par le professeur Fabrice Michel, chef de service de réanimation pédiatrique de l’hôpital de la Timone à Marseille. Les portes de son service ont été grandes ouvertes pour permettre au réalisateur de suivre 2 familles, 2 papas et 2 mamans plongés dans le gouffre de la maladie de leur tout petit enfant. C’est ainsi tout l’ensemble du service de réanimation pédiatrique qui sert de cadre au documentaire, avec des vrais héros du quotidien mis en avant, qui ne comptent par leurs heures, toujours présents, toujours d’humeur constante. La difficulté de se faire accepter par les parents a été vite surmontée par l’accord de 4 parents de participer. Romane et Julien, les parents de Luna, Ismaël et Stéphanie, les parents de Sélim, tous ont accepté pour donner de l’espoir à d’autres parents confrontés à une situation compliquée similaire. Le film montre la force des parents et des enfants malgré les difficultés, mais aussi la qualité d’un service public qui sauve les enfants et qu’il faut absolument préserver.

Revivre peut être l’occasion d’engager des discussions sur l’hôpital public, sur la crise des services pédiatriques et sur le sujet sensible du don d’organes des enfants. Le visionnage est rempli d’une émotion incommensurable, la question ne se pose même pas, ce type de service pédiatrique est une obligation absolue qui doit se situer au-dessus de tous les débats stériles de rentabilité, car on parle ici de vie, pas d’argent.

Synopsis: Jour et nuit, deux couples de parents entourent leurs enfants de soin et d’attention, dans l’attente d’un don d’organe. Leur soutien, allié à l’extraordinaire dévouement des soignants, est vital sur le chemin de la guérison. Une célébration de l’espoir, de la résilience et de l’engagement – une véritable histoire d’amour !

2 vins rouges dégustés pour la Saint Valentin: Le Rasteau La Bastide 2022 du Domaine Brusset et la Grande Réserve 2019 du Château Lastours

Pour la Saint-Valentin 2024, 2 vins rouges ont été dégustés avec plaisir, ces 2 cuvées méritent une attention toute particulière pour se rendre compte de leurs qualités.

Domaine Brusset, La Bastide 2022 Rasteau

Le Domaine Brusset : La Bastide 2022, Rasteau est une cuvée composée des cépages Grenache et Mourvèdre. A l’œil, sa robe est grenat. Le nez est assez intense et frais avec des arômes de fruits noirs (cassis), cigare, épicé réglisse et poivre noir. La bouche est mûre et fondue, ample et gourmande, puissante, élégante et gourmande, fruitée groseille et mûre, avec des tanins veloutés et une belle fraîcheur jusque dans la longue persistance. Le vin peut se déguster avec des tartines aux magrets de canard et au chèvre chaud, du jambon grillé, un bœuf carottes, un rôti de porc aux pruneaux, du gratin au potiron, un gigot d’agneau, du brie de Meaux et un tarte à la crème de marrons et noix. Le vin est distribué en vente directe, en CHR et chez les cavistes, son prix TTC de vente à la cave de 22,00 euros.

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Dans ce domaine familial, depuis 1947, la famille Brusset a su allier au savoir faire les nouvelles techniques apportées par chaque génération. André Brusset (1910-1999), fondateur de l’exploitation, a transmis sa passion à son fils Daniel et son petit-fils Laurent. Deux passionnés, deux expériences, qui font du Domaine Brusset une rareté où la complémentarité de deux générations donne les meilleurs résultats, dans le respect des traditions. La Philosophie Familiale se perpétue et peut se résumer ainsi : privilégier au mieux l’expression de chaque terroir – travail du sol par de nombreux labours dans le plus grand respect de nos vignobles – ébourgeonnages sévères et vendanges en vert assurent des rendements faibles. Pour cela, les options les plus pointues sont retenues pour le plus grand respect de l’environnement et de la biodiversité. Ces démarches se concrétisent par deux certifications en cours HVE et biologiques.

Le Château Lastours, Grande réserve 2019

Le Chateau de Lastours Grande Réserve 2019, AOC Corbières rouge Bio (Prix: 39 euros au Château) est un vin de style, élégant et expressif, issu d’un travail parcellaire et d’un travail minutieux et précis en cave. Il est composé des cépages Syrah, Grenache, Mourvèdre et Carignan. A l’œil, sa robe est rubis très profond. Le nez est intense avec des arômes de fruits noirs (cassis-mûre) et rouges (framboise), finement épicé muscade, vanille et chocolat. La bouche est élégante et dense, structurée aux tanins fondus, riche avec des fruits noirs confiturés, longue sur des saveurs torréfiées et chocolatées, cacao et réglisse en finale. Il se déguste idéalement avec un carpaccio de bœuf, du magret de canard au grill, un rôti de sanglier, un cuissot de chevreuil ou des fromages affinés (munster, fourme d’Ambert, Brie …).

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Le Château de Lastours est un domaine vallonné de 850 hectares dont une centaine d’hectares de vignes et 10 hectares d’oliviers ancré dans le terroir des Corbières maritimes. Certifié en agriculture biologique depuis 2020, c’est l’un des précurseurs en Languedoc. Thibaut de Braquilanges dirige cette propriété de la famille Allard, il produit avec son équipe des vins de style, expressifs, à la forte personnalité – https://www.chateaudelastours.com/

Ce Doudou que j’aime infiniment, un album de Casterminouche

Ce Doudou que j’aime infiniment, un album de Casterminouche

Publik’Art vous avait déjà fait découvrir cette chouette collection Casterminouche, réservée aux jeunes lecteurs, dès 3 ans.

Après ce Papa qui t’aime infiniment, voilà, Ce Doudou que j’aime infiniment.

L’enfant fait une déclaration d’amour à son doudou ! Chaque petit lecteur va pouvoir s’identifier à lui ! Car qui n’aime pas infiniment son doudou ?

Cet objet transitionnel de Winnicott est devenu le meilleur ami de chaque bébé, de chaque enfant. Encore davantage aujourd’hui avec la garde en crèche ou chez la nounou. Le doudou permet à l’enfant de supporter la séparation avec sa mère.

Ce Doudou que j’aime infiniment est un album joliment illustré qui raconte la vie d’un doudou, mais pas n’importe quel doudou !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2024
Auteure : Capucine Lewalle
Illustratrice : Maud Legrand
Editeur : Casterminouche
Prix : 5,95 €

Le ravissement d’Iris Kaltenbäck, un film intense en DVD/BRD/VOD le 20 février

La réalisatrice Iris Kaltenbäck est tombée sur un fait divers raconté en deux phrases dans les journaux : une jeune femme emprunte l’enfant de sa meilleure amie et fait croire à un homme qu’elle en est la mère. L’histoire est à peine croyable, mais vraie. L’actrice Hafsia Herzi découverte dans le mémorable La graine et le mulet interprète Lydia, cette jeune femme fragile prise au piège d’un subterfuge qui la dépasse.

Un tabou social

Le film place au centre du récit le bébé prénommé Esmé, joie du couple qui l’a enfanté mais aussi objet de sentiments contradictoires. Les parents sont à cran, fatigués, Lydia est la meilleure amie de Salomé (Nina Meurisse), cette dernière est heureuse de pouvoir se reposer quand sa meilleure amie s’occupe de sa fille. L’histoire pourrait être simple et belle, mais Lydia twiste pour des raisons qui n’appartiennent qu’à son personnage. Elle a passé une nuit avec Milos (très convaincant Alexis Manenti) et lui fait croire qu’elle a donné naissance à son enfant. Lui si distant devient beaucoup plus présent, l’évolution de l’histoire surprend Lydia, elle ne se rend visiblement pas compte de la portée de son geste. Ce que la justice considère comme un kidnapping pur et simple tombe sous le coup d’une peine de justice, ce n’est qu’un grand cri du cœur pour elle, elle joue le jeu de la maternité sans penser à tout ce qu’il y a derrière comme responsabilités. Lydia et Salomé se décrivent comme des amies très fortes, quand l’une est up l’autre est down. Le mensonge va tout remettre en cause, transformant Lydia en menace pour l’enfant Esmé. Surtout que Lydia est sage femme, elle connait les épreuves traversées par les jeunes mamans, ce qui peut expliquer son désir de maternité, s’imaginant que son amie va lui prêter son enfant, voire la lui donner, touchant ainsi à une sorte de pathologie psychiatrique. Le film est accompagné par une voix off, celle de Milos qui tente d’expliquer les évènements avec des mots simples qui tombent parfois à côté mais toujours sincères.

Le film a été présenté à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2023 et il a obtenu le Prix SACD. Le titre ne doit pas être confondu avec le récent L’enlèvement de Marco Bellocchio, lui aussi un film intense. Le ravissement raconte une solitude dans le milieu urbain contemporain et le résultat d’1h37 amène à discuter sur le sens et la portée de ce geste si peu croyable.

Synopsis: Comment la vie de Lydia, sage-femme très investie dans son travail, a-t-elle déraillé ? Est-ce sa rupture amoureuse, la grossesse de sa meilleure amie Salomé, ou la rencontre de Milos, un possible nouvel amour ? Lydia s’enferme dans une spirale de mensonges et leur vie à tous bascule….

Le ciel rouge, un très beau film dramatique allemand, sortie en DVD le 20 février 2024

2 amis allemands partent sur la cote baltique pour travailler, le premier à son livre, le second à réparer la maison de campagne de ses parents, dans un contexte de vacances qui va leur révéler bien des secrets. Ils ne se doutent pas que ce séjour va changer leur vie à jamais. Le réalisateur Christian Petzold a imaginé cette histoire pendant le premier confinement de la crise sanitaire, avec cette histoire de feu de forêt en arrière plan qui préfigure les drames qui se trament au cœur de la maison. Le film est d’une belle intensité avec ces personnages qui se cachent aux autres pour finalement se dévoiler inévitablement, le plus souvent à leur corps défendant.

Un film d’été entre espoirs déçus et drames existentiels

Le Ciel rouge se déroule pendant la période si particulière de l’été, hors du monde et hors du temps. Ce style de film estival se décline en films d’horreur dans le cinéma américain ou en éducation sentimentale dans le cinéma français. Christian Petzold propose une déclinaison germanique des plus fascinantes. Le taiseux et renfrogné Léon (Thomas Schubert) souhaite finaliser l’écriture de son livre à tous prix, il se fixe des objectifs studieux loin de la langueur estivale. Sauf que rien ne va se dérouler comme prévu. Son ami Félix (Langston Uibel) l’incite à profiter de la plage avoisinante, fne jeune femme amie de la famille, Nadia (Paula Beer), batifole avec le beau Devid (Enno Trebs), empêchant Léon de dormir et le renfrognant d’autant plus l’ours Léon. Tous les 4 sont obligés de cohabiter dans la maison forestière et les surprises s’accumulent. Si Nadia parait douce et légère, elle se révèle avoir beaucoup plus de fond qu’attendu. Devid séduit Félix et Léon subit un spleen existentiel proche de l’abattre. Le film peut rappeler l’ouvrage Les affinités électives de Goethe, où 2 couples voient leurs configurations initiales se modifier au cours de l’ouvrage. Alors que le danger d’un feu de forêt se rapproche de la maison, la tension augmente, les ambitions littéraires de Léon sont remises en cause, Félix et Devid se rapprochent, Nadia attise les sentiments de Léon, le film se change en vaudeville alors que l’intrigue se densifie de plus en plus, jusqu’à la tragédie finale, causée par le feu.

Le réalisateur avoue son attrait pour le cinéma d’Eric Rohmer, pas une surprise au vu du déroulé d’un film qui tient en haleine tout du long. Le personnage central de Léon intrigue et agace, mais il fascine aussi. Le film, récompensé par le Grand prix du jury au Festival de Berlin est à découvrir en DVD le 20 février 2024.

Synopsis: Une petite maison de vacances au bord de la mer Baltique. Les journées sont chaudes et il n’a pas plu depuis des semaines. Quatre jeunes gens se réunissent, des amis anciens et nouveaux. Les forêts desséchées qui les entourent commencent à s’enflammer, tout comme leurs émotions. Le bonheur, la luxure et l’amour, mais aussi les jalousies, les rancœurs et les tensions. Pendant ce temps, les forêts brûlent. Et très vite, les flammes sont là.

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