Médecine douce, l’incroyable roman de Nicolas Rey (Au diable Vauvert)
Cela fait déjà quelques années que Publik’Art suit, avec bonheur, Nicolas Rey : Les délices de 36 ou le bonheur des congés payés, Crédit illimité et aujourd’hui : Médecine douce. Et bien sûr encore notre coup de cœur ! Martin faubert est marié, père de deux enfants. Il est médecin généraliste. Un drôle de médecin. Il fait payer ses honoraires en fonction de la tête de ses patients. S’ils sont riches, ils paieront le prix fort ; s’ils sont pauvres, ils ne paieront rien. Quelquefois il donne de drôles de conseils, surtout quand il est fatigué. Des conseils parfaitement immoraux. C’est vraiment très drôle ! Tout se passe très bien dans sa vie jusqu’au jour où Aurora Rosier vienne le voir à son cabinet. Et là, il tombe fou amoureux ! Juste au premier regard. Il est prêt à tout pour gagner son amour. Et il va tenter le diable et faire l’irréparable ! De façon totalement marginale ! Et le comble est qu’il va réussir ! Aurore va finir par le voir, puis par l’écouter, et enfin par l’aimer. Mais c’est une femme qui vit à toute vitesse et n’a guère de temps à lui consacrer. La vie va leur réserver bien des surprises à tous les deux ! Mais Publik’Art ne dévoilera rien des mésaventures et des rebondissements de leur histoire d’amour ! C’est tout simplement génial ! Il faut avoir une sacrée imagination pour écrire une histoire aussi rocambolesque, mais néanmoins attachante. Avec de très beaux passages poétiques, voire érotiques. Beaucoup d’amour, de tendresse, d’humour, d’autodérision, de mensonges, de drogues et d’addictions font de ce roman un vrai moment de plaisir ! Médecine douce ressemble à une belle satIre de notre époque, avec un brin de folie romanesque !
Notre coup de cœur ! Une plume merveilleuse ! On attend la suite, Nicolas !
Génies, mode d’emploi, un super album des éditions Casterman
Alors, forcément, cet album, Génies, mode d’emploi, va passionner tout le monde, petits et grands. Car qui n’a pas un génie chez soi ? Cet album est très bien fait. L’auteur, Philippe Brasseur, va nous raconter la vie de certains génies, comme Léonard de Vinci, Alexander Fleming, Pina Bausch, Salvador Dali… Tout en expliquant comment ils sont devenus des génies ! Quel que soit le génie cité, dans n’importe quel domaine, leurs découvertes est le fruit d’un travail sans relâche ! Leurs cerveaux est en perpétuelle ébullition. Ils écoutent, observent tout ce qui se passe autour d’eux. Ils analysent, ils font des expériences et ils recommencent encore et encore ! Sans jamais s’arrêter ! Et écrivent tout sur un petit carnet qu’ils gardent sur eux en permanence. Tous font preuve d’audace, d’imagination, de création débordantes ! Il faut sortir du cadre réel pour mieux se l’approprier ! Mais toujours chercher, être en alerte. Travailler, travailler et encore travailler. Imaginer l’impossible, être audacieux, méthodique tout en restant original. Tout au long de l’album, le lecteur pourra faire quelques tests d’une logique implacable ! Bref, vous l’aurez compris, ce n’est pas à la portée de tout un chacun de devenir un génie ! Mais qui sait, il y aura peut-être parmi nos lecteurs, un petit génie qui s’ignore et qui grâce à cet album, joliment illustré, va faire une découverte incroyable ! Génies, mode d’emploi, un très chouette album à offrir au plus grand nombre !
Oui, l’humour est un sujet sérieux. Il n’y a qu’à lire les interviews de génies du rire comme Louis de Funès ou Jerry Lewis pour s’en rendre compte. Il ne s’agit pas d’être soi-même ou d’enchainer les vannes pour faire des bonnes comédies, c’est aussi une question de rythme, d’enchainement, de ton ou de pertinence, c’est ce que racontent en substance les 8 réalisateurs et réalisatrices interviewés dans cet excellent ouvrage de la non moins excellente maison d’édition Playlist Society qui est en train de se faire un nom dans le landernau éditorial français, porté par son dynamique fondateur et éditeur en chef Benjamin Fogel. L’alchimie est complexe et demande un bon retournement de méninges pour aboutir à un chef d’œuvre éternel du rire. D’ailleurs, beaucoup de réalisateurs et réalisatrices d’horizons et de générations différentes citent La Grande Vadrouille, les films de Judd Apatow ou Mel Brooks, l’humour n’a pas d’âge ou de couleur, il fonctionne ou ne fonctionne pas. Les 8 personnes interviewées sont toutes différentes. L’oscarisé Michel Hazanavicius vient de l’écurie Canal + et a commis l’inénarrable Le Grand Détournement, il explique avec doigté ce qui fait une bonne comédie. Son entretien débute l’ouvrage en fanfare avant d’autres entretiens tout aussi virevoltants même si les expertes sont moins connues comme Sophie Letourneur, Emilie Noblet ou Judith Davis. Le tout simplement noirJean-Pascal Zadi fait rire avec son éternel sourire que l’on devine à travers ses mots, la moitié du binôme Palmashow David Marsais surprend par la justesse de ses propos et FloBert fait preuve d’une belle maturité. L’ouvrage se lit comme un pamphlet savoureux pour mettre en exergue la valeur travail comme dénominateur commun de toute entreprise comique, ça fait réfléchir et ça montre surtout que le rire est un produit d’appel qui s’adresse à tous les talents du monde, bravo Playlist Society pour ce livre revigorant à lire avec le sourire. Court, dense, synthétique, reflet exact des qualités de PS!
Synopsis:
ls viennent de la télévision, du cinéma, du théâtre ou de YouTube. Ils ont grandi avec les films de Claude Zidi et de Judd Apatow, et les sketches des Nuls et des Inconnus. Ils renouvellent la comédie française, tout en marchant dans les pas de leurs prédécesseurs. Précédé d’une introduction, Des gens drôles propose une série d’entretiens avec des cinéastes dont les films ont l’humour pour moteur, questionnant ainsi la fabrique de la drôlerie à l’écran.
Avec :
Michel Hazanavicius (OSS 117, The Artist, Coupez !…) Sophie Letourneur (Énorme, Voyages en Italie…) David Marsais pour Le Palmashow (La Folle Histoire de Max et Léon, Les Vedettes…) Émilie Noblet (Parlement, Bis repetita…) Jean-Pascal Zadi (Tout simplement noir…) Judith Davis (Tout ce qu’il me reste de la révolution…) Florent Bernard (Suricate, Nous, les Leroy…) Postface de Martin Jauvat (Grand Paris)
Après leur premier album Secret chroniqué sur Publik’Art en 2022, le duo Edgär est de retour avec ce Edgär is dead toujours aussi rock et vivifiant. Une tournée française de 35 dates a fait du bruit, ainsi que les premières parties pour des artistes reconnus comme Sting, Alice Cooper, Mika, Kyo ou Izia. Leur nouvel album ne lève pas le pied avec ses guitares vrombissantes qui donnent envie d’aller les acclamer en concert.
Du rock qui crache
Le duo pop-rock amiénois a sorti le single Time des plus pêchus. Grands fans des guitares saturées, EDGÄR garde la flamme pour distiller un rock puissant avec des harmonies pop entêtantes. Les singles se succèdent, Time, Russian Roulette, Summery land, It’s gonna be alright, et il n’y a pas de doute, le rock n’est pas (encore) mort. La pochette est rouge et noir, peut être est-ce un hommage au groupe des années 2000 friand des 2 mêmes couleurs, les White Stripes évidemment. Edgär is dead ressemble à un slogan lourd de sens, en anglais comme toujours, la langue du rock venue d’Angleterre et des States, forte en vibrations et en puissance. Le son de l’album rappelle les sonorités déjà euphorisantes des Strokes ou des Artic Monkeys, la vague rock des années 2000 a fait des émules. Les guitares saturées remplissent l’air et rappellent que la musique peut encore faire vibrer les synapses à grand coup de mélodies rock. La voix exige que vous repreniez les paroles, les harmonies sont entrainantes et donnent envie de sauter en rythme.
A l’écoute de cet album, il semble qu’Edgär ne soit pas vraiment mort, pas encore en tous cas, il bouge encore et fait trembler les fondations du rock.. Vivement un concert pour pouvoir communier avec les 2 mystérieux membres du groupe. La renaissance est belle, elle demande d’être admirée en live, c’est une certitude.
Il y a 2 ans sortait le second EP En vrai d’Antes & Madzes, c’est maintenant l’heure d’un nouveau projet dont le clip du morceau Bienvenue chez nous est déjà sorti. Le groupe de rap français composé de Sylvain Antes et de Rémi Massol est originaire de Rodez dans l’Aveyron et propose un bel hymne aux gens normaux avec lequel ils assument pleinement leurs origines loin de la capitale. Le duo est classé en 2023 dans le Top 100 du Prix Pernod Ricard France Live Music.
La nouvelle génération du rap
Antes & Madzes envoient du gros son pour les fans du rap. L’épaisseur du son doit certainement prendre tout son sens en live, eux qui ont déjà remporter des tremplins musicaux et fait la première partie d’artistes comme Bigflo et Oli. Le langage est fleuri, direct, les mots gros abondent
Le concert de lancement est prévu le 21 mars prochain avec la release party à la Boule Noire.
Paris-Rodez, même ciel voilé au-dessus des quartiers. Depuis leurs débuts, les rappeurs Antes & Madzes dynamitent les cartes postales de la province. À l’image d’un Orelsan, coincé à Caen, le duo hip-hop a traîné ses sneakers et son ennui dans les rues, les terrains vagues, les déserts d’Aveyron.
Dérape game
Direction l’Aveyron. La South story débute en 2019, quand le groupe sort son premier EP, Plein d’histoires. Plein de pépites. À la plume, Sylvain (Antes) et Rémi (Madzes), à la composition Léo Magos et le beatmaker Frip. Dans la foulée, ils font les premières parties de Bigflo et Oli, Guizmo, PuppetMastaz, remportent des tremplins et placent Rodez sur la carte du rap hexagonal. Un autre EP suit (En vrai), avec toujours cette propension à démonter les clichés à travers un ton tranchant. La griffe A&M ? Une plume TNT, un flow frontal et des vers mordants. « Une musique hybride, une écriture à la fois brute et très imagée, qui colle au réel », résument-ils. Et une bonne dose d’autodérision, le portrait de deux faux loosers de province qui rêvent de composer « un morceau d’été et le sortir en décembre », qui jouent « du rap en branchant des guitares et du rock sur des ordinateurs ».
2022. Le groupe s’enferme en studio pour composer son nouvel EP, dans les bacs en mars prochain. Huit nouveaux titres à la fois coup de poing et caustiques : « Nous voulions créer une sorte de club fédérateur, composé des gens qu’on n’écoute pas, qu’on a zappés. On voulait leur redonner une voix. » Pas question de s’enfermer dans une case, les rappeurs naviguent entre les riffs rock et les nappes électro, les touches pop et les fièvres groove, les beats boum boum et les flows au cordeau.« Cet EP envoie du bois, il est un peu plus rentre-dedans que les précédents et tape dans toutes les couleurs musicales. »
Catchy, la campagne
À en croire leurs clips d’inspiration grolandaise, la galère, ce n’est pas l’enfer. Le duo détourne le traditionnel ego-trip des collègues rappeursillustré d’une baffe techno en crescendo, comme une migraine qui cogne sans cesse plus fort dans les tempes. Au détour d’un couplet, cette punchline : « On construit un empire avec des bouts de bois. » « Nous avançons de manière artisanale, avec les moyens du bord, mais nous avons de grandes ambitions », révèle la bande qui a créé son propre label, Frip Record.
Antes & Madzes montent le son sur Donnant-donnant, « un exercice de style et un condensé de punchlines. » « Une carte de visite » qui pulse à un rythme effréné et qui claque sec. Certains y verront une charge contre les dés pipés ou les manipulations de la société. « Le monde est petit, la télé est trop grande », scandent les deux rappeurs.
Sur Je vous emmerde, ils dressent la longue liste des gens qui les gonflent, comme « Les mecs qui viennent des quartiers, victimes de racisme et qui sont homophobes / Les fachos qui viennent d’un petit village, mais qui dansent sur les morceaux de rap à la mode. »Explication : « On aime observer les contradictions des gens, leurs paradoxes, mais aussi celles de la société. On a donc établi la liste la plus exhaustive possible, sans oublier de nous mettre une petite balle à la fin », s’amusent-ils. Musique enjouée, rythme chaloupé. Je t’aime, moi non plus. Chez eux, la frontière entre la caresse et la fessée est ténue.
Et si on arrêtait de croire que l’herbe est plus verte ailleurs ? Que l’on vive en ville ou à la campagne, la vie n’est pas un long fleuve docile, et c’est tant mieux si, comme Antes & Madzes, on ne craint pas l’aventure. Bienvenue chez eux.
Où es-tu petit lapin ? Un album jeunesse (Glénat jeunesse)
Les éditions Glénat nous propose une jolie collection, très originale, pour tout-petits : des albums, très colorés, entièrement cartonnés avec des pages qui se déploient.
Publik’art vous a déjà fait découvrir l’album : Où es-tu petite coccinelle ?Aujourd’hui, c’est au tour de : Où es-tu petit lapin ? dans la même collection.
Tout au long du joli album cartonné, le jeune lecteur va partir à la recherche du lapin. Et il va pouvoir déployer ses pages à gauche comme à droite et agrandir le paysage ! Faire aussi des rencontres d’autres animaux de la forêt : un hérisson, des oiseaux, un renard, une grenouille, une libellule, un castor… Et tant d’autres ! La piste continue ! Elle est immense ! mais Où es-tu petit lapin ?
C’est à la fois un concept original et interactif où l’enfant doit découvrir le chemin qui mène au petit lapin.
Où es-tu petit lapin ? un album coloré, joliment illustré, qui va ravir nos tout-petits !
Claire Simon s’est intéressé aux femmes qui passent dans les hôpitaux pour une multitude d’actes médicaux. Grossesse, accouchement, allaitement, IVG, cancer du sein, interventions chirurgicales, transitions de genre, le documentaire Notre corps est avant tout un programme très féminin. Il parle exclusivement du corps de la femme, d’un point de vue inhabituel, le corps féminin vu de façon intime, au travers toutes les souffrances, transformations et joies qu’il peut connaitre au cours de la vie d’une femme. Mais le documentaire ne s’adresse pas uniquement aux femmes, les hommes peuvent également avoir la curiosité de voir ce qu’est une femme et ce à quoi elle doit faire face. Nommé aux César 2024, le documentaire est une belle lucarne sur ce qu’on ne connait pas assez, le corps de la femme dans toutes sa complexité. Aussi réaliste qu’émouvant et pudique, le documentaire aborde les questions de la naissance, de la mort, dans un milieu hospitalier où les équipes sont d’un dévouement total, sans failles, toujours prêt à accompagner les patientes dans des décisions et des parcours difficiles. Le documentaire bouscule et émeut par son parti pris ultra réaliste, le spectateur assiste par exemple au déroulement complet d’une FIV, jusqu’à la pénétration filmée du spermatozoïde isolé dans l’ovocyte, pas une chose que l’on peut voir tous les jours. Mais ce n’est pas de l’indiscrétion, c’est tout simplement l’origine du monde en version actuelle. La diversité des femmes présentes à l’écran donne une idée de la diversité des situations, des pleurs, des sourires, des craintes, de la sérénité, chacune réagit à sa manière et la caméra ne donne aucune opinion car toutes sont traitées de la même manière par un personnel médical à la présence constante et rassurante. Un documentaire rare.
Synopsis:
J’ai eu l’occasion de filmer à l’hôpital l’épopée des corps féminins, dans leur diversité, leur singularité, leur beauté tout au long des étapes sur le chemin de la vie. Un parcours de désirs, de peurs, de luttes et d’histoires uniques que chacune est seule à éprouver. Un jour j’ai dû passer devant la caméra.
Le réalisateur Leonardo Barbuy propose une revisite du mythe de Diogène en situant son film dans les Andes péruviennes. Cette chronique familiale dans un sublime Noir et Blanc rappelle les films de Bella Tar et a été présentée en compétition aux Rencontres Cinélatino de Toulouse. Elle a été filmée dans la région d’Ayacucho dans les Andes et ressemble à un documentaire pour dépeindre la vie quotidienne d’un père et de ses deux enfants.
Un film au plus près du réel
Pour ceux qui se souviennent du mythe grec, Diogène de Sinope était un marginal qui vivait loin de la communauté des hommes. Auteur de la phrase culte plus je connais les hommes et plus j’aime mon chien, il est passé à la postérité pour sa dénonciation de l’artifice des conventions sociales, lui qui préconisait une vie simple plus proche de la nature. Dans Diogènes, le héros vit également loin du monde des hommes, dans une chaumière isolée à flanc de montagne. Artisan, il peint des tablas peintes sur de l’écorce d’agave à la lueur d’une bougie pour raconter la vie quotidienne de sa communauté et puis il élève seul ses 2 enfants. Leur nom quechua signifie raconter la mémoire. Le film a été tourné dans la commune de Sarhua, connue pour cet art. Au préalable, l’écriture du scénario, le travail de recherche anthropologique sur la vie dans cette région, ses légendes et rituels ont permis de créer une vraie ambiance mystique. Entre 1980 et 2000, le Pérou a vécu une guerre qui s’est soldée par plus de 70.000 morts et 20.000 disparus entre l’armée régulière et un groupe appelé Sentier lumineux. Les tablas sont souvent longuement filmés par la caméra avec notamment des images d’hommes masqués et armés au milieu des paysans. Les comédiens sont tous des non-professionnels, Leonardo Barbuy leur a laissé une grande autonomie pour échanger et montrer leur culture. L’acteur principal Jorge Pomacanchari dégage une grande force dans son regard magnétique, rendant compte de la rudesse de son existence, à la lumière de sa lampe à pétrole ou de la bougie. Des images fixes montrent la communauté parée de ses plus beaux costumes pour une cérémonie, la simplicité du quotidien est totale, sans artifices, comme Diogène l’aurait aimé.
Ce premier film de Leonardo Barbuy laisse transparaitre une vraie volonté de rendre compte du réel, dans un noir et blanc qui subjugue. Il est à découvrir le 13 mars en salles.
Synopsis: Au milieu des Andes péruviennes, deux jeunes enfants se retrouvent enlevés par leur père, un peintre héritier d’une tradition ancestrale, les Tablas de Sarhua. Il fait commerce de ses peintures en échange de produits de première nécessité, tandis que ses enfants l’attendent. À la suite d’une série d’événements inattendus, ces derniers vont découvrir une nouvelle réalité. En particulier Sabina, la sœur aînée, qui va être amenée à rencontrer son passé et sa culture.
Le pitch est osé. Une jeune fille de 12 ans, vivant dans la campagne de Malaisie, vit une période charnière pour toutes les femmes, celle des règles. Faute d’éducation et de connaissance, elle est considérée comme impure et étrange et ses camarades ne veulent plus la côtoyer. Elle est victime de moqueries et de sévices psychologiques. Le film marie habilement un naturalisme extrême avec des phénomènes mystérieux qui imprègnent le film et lui donnent une aura surnaturelle. Le film montre une culture certes lointaine et différente mais avec des points communs seyants avec la notre. Omniprésence du téléphone portable, échange de fichiers, réseaux sociaux, les mêmes maux sont présents pour une victimisation à outrance de la différence. Même et surtout quand cela concerne un phénomène biologique qui concerne toutes les jeunes filles à un moment ou à un autre. Vie scolaire, vie familiale, camps de scouts, le film décrit un quotidien certes lointaine mais très proche du notre à de nombreux égards. La rage adolescente et l’évolution autant physiologique que mentale pourra parler à de nombreuses personnes, car le corps change en même temps que l’esprit, quitte à se rapprocher d’un tigre furieux pour se débattre dans un milieu hostile. C’est ce que tente ce film avec la jeune Zaffan obligée de se débattre au mieux de ses proches pour déclamer qu’elle est toujours les même, au fond, même si elle doit obligatoirement changer pour devenir une adulte. Le passage de l’enfance à un autre âge, en somme, la réalité la plus commune.
Synopsis: Zaffan, 12 ans, vit dans une petite communauté rurale en Malaisie. En pleine puberté, elle réalise que son corps se transforme à une vitesse inquiétante. Ses amies se détournent d’elle alors que l’école semble sous l’emprise de forces mystérieuses. Comme un tigre harcelé et délogé de son habitat, Zaffan décide de révéler sa vraie nature, sa fureur, sa rage et sa beauté.
Réalisé en 1975, Dersou Ouzala a reçu l’Oscar du meilleur film étranger, chose incroyable pour un film russo-japonais sans action ou presque, tourné au cœur de paysages reculés de la Russie. Restauré en 2012, cette version du film est inédite en salles et permet d’admirer la beauté formelle d’un film qui se laisse le temps de révéler les liens d’amitié entre un chasseur golde arpentant la Taïga et un soldat venu réaliser des relevés topographiques. Le film est rempli d’une belle simplicité qui touche au cœur.
Un chef d’œuvre d’humanité
Le film se déroule en grande partie dans des paysages hostiles à l’homme. La Taïga et ses paysages de forêt de conifères de climat boréal connait des températures extrêmes la nuit, encore plus en hiver. C’est pourtant dans cette contrée immense que des soldats topographes s’en vont faire des relevés en 1907, sans vêtements polaires, à pied, avec leur fusil et à la merci des animaux sauvages. C’est au détour d’un arbre qu’apparait aux yeux des soldats médusés un petit homme rabougri aux yeux plissés pourvu d’un fusil et de vêtements obscurcis pour la crasse. Son russe est rudimentaire, il chasse la zibeline pour vendre sa toison si convoitée et amasser son pécule. Les soldats et leur capitaine adoptent très vite ce personnage fascinant. Il sent tout, il voit tout et se débrouille comme un vrai habitant de la forêt, pourvu de ses sens affutés et de son bon sens bientôt légendaire. Pour lui, un homme est bon ou mauvais, il ne cache pas ses sentiments et semble ne pas connaitre le mensonge. Entier et sans peur, il est un compagnon de route idéal que le capitaine prend rapidement d’une affection réciproque. Entre eux deux, c’est à la vie à la mort. Le film raconte une vraie histoire d’hommes intègres et sincères obligés de compter l’un sur l’autre pour survivre à des conditions extrêmes. Le déroulé du film est d’une lenteur fascinante, il se découvre à pas comptés, sans avoir à se presser pour apprécier toute sa profondeur. Le maitre Kurosawa abandonne ici son genre de prédilection du film de samouraïs pour un film d’une tendresse infinie. Surtout que le vieil homme apparemment sans âge se fait inévitablement rattraper par le temps qui passe pour une belle parabole aux accents universels.
Le film est d’une pureté infinie qui rappelle un temps où les films d’aventures se faisaient sans effets spéciaux, un peu comme Inaritu avec The Revenant, dans la neige, le froid et la faim. La nature reprend ses droits et l’homme parait bien petit face à l’immensité des paysages hantés par les tigres, la tempête et les difficultés. Le récit est rempli d’une belle harmonie à découvrir le 13 mars en salles dans une belle version restaurée.
Synopsis: En 1902, Vladimir Arseniev, officier-topographe, mène une expédition chargée d’explorer la région de l’Oussouri, en Russie orientale. Il y rencontre Dersou Ouzala, un chasseur qui connait parfaitement le territoire. Ensemble, les deux hommes affronteront une nature hostile et finiront par se lier d’amitié.
Le Palais des Sports de Paris a vu la formation de reprises So Floyd faire frissonner la foule de fanatiques venus écouter les grandes œuvres de leur groupe préféré, le bien connu groupe spatial Pink Floyd. Personne n’a été déçu d’entendre les grands hymnes parfaitement interprétés (Another Brick in the WallPart 2, Shine on You Crazy Dimanond, Wish you were here) mais aussi, et c’est la grande surprise, certains titres rarement entendus en live. Young Lust, Have a cigar et Another Brick in the Wall Part 3 ne sont pas exactement des titres connus de tous, d’où un plaisir décuplé à leur écoute, forcément.
Un vrai plaisir de fans
Quand le groupe prend possession de la scène, une clameur immense retentit. Le groupe déjà apparu à la Salle Pleyel en 2023, le résultat avait été des plus fantastiques. Ce retour en terres parisiennes a ravivé la flamme, les fans de Pink Floyd sont des inconditionnels, des fous furieux, les 2 heures de spectacle en ont été la preuve éclatante. Ecran circulaire de rigueur, vidéos évocatrices, light show obligatoire, la scénographie est connue. Les membres du groupe prennent possession des lieux pour un grand moment de magie. Seul regret, aucun morceau de l’ère Syd Barrett, mais il faut bien faire des choix. Le concert commence avec le martial Sorrow suivi par le plus aérien Learning to Fly. Puis premier moment d’anthologie avec un High Hopes parfaitement exécuté, une grande constante de la prestation de So Floyd. Les fans attendent (exigent?) un respect des morceaux, la guitare, le clavier et la voix sont au diapason des souvenirs de tous, le groupe est bon, au niveau de l’Australian Pink Floyd Show, c’est dire, autre groupe de reprise internationalement reconnu. Puis vient le moment Dark Side of the Moon. Time et The Great Gig in the Sky sont des grands moments, surtout quand les 3 choristes poussent la voix pour raviver la prestation de Clare Torry sur le second titre. Nouveauté de poids, les 3 ne se contentent pas d’enchainer leurs prestations mais elles mêlent leurs voix pour une harmonie commune frissonnante. Puis Us and Them toujours aussi profond, Money, Brain Damage et Eclipse. Les fans sont soufflés. Puis vient le moment Wish you were here avec Shine on et la surprise Have a cigar, le morceau éponyme apparaitra comme de bien entendu en rappel. La foule est chaude bouillante, le moment de dégoupiller la grenade The Wall. Tout débute avec l’inénarrable In the Flesh?, les drapeaux noirs, blancs et rouges sont de sortie, les tenues militaires aussi. Young Lust, Hey you, Run like Hell, la foule quitte ses sièges confortables pour se masser devant la scène, les poings de lèvent, les mains applaudissent, la température gagne quelques degrés. L’hymne Another brick in the wall était attendu, il ne déçoit pas. Et puis les rappels conclus par l’éternel Comfortably Numb et son solo tellurique.
Voilà, le concert se finit sur une salve méritée d’applaudissements. Tout le monde a bien une chanson qu’il ou elle aurait voulu entendre mais qu’importe, la satisfaction est presque totale. Le chanteur charismatique annonce un concert dans le parc du Château de Chantilly le 21 juillet 2025, presque 30 ans jour pour jour depuis les 2 concerts de 1994 dans le même lieu lors de la tournée Division Bell (j’y étais!). Et un concert en mars 2025 est également annoncé dans le même lieu Porte de Versailles. La foule est conquise, elle est extatique, So Floyd a encore livré une prestation impeccable, une bonne habitude!
Publireportage:
So Floyd vous plonge dans l’univers incomparable des Pink Floyd : un hommage fidèle à ce groupe mythique tout en affirmant sa propre identité.
Musicalement exceptionnel et techniquement hors norme, l’énergie passionnée du groupe So Floyd saura convaincre les puristes par la précision de ses riffs et son light-show d’une fidélité troublante aux plus grands concerts des Pink Floyd !
Revivez tous les titres légendaires sur scène, grandeur nature !
Au DÔME DE PARIS-Palais des Sports le 8 mars 2024 et en tournée dans toute la France.
Marc Lainé en plein trouble au Théâtre du Rond-Point
Le thème de la disparition est une fois encore au cœur de cette création « En travers de sa gorge » de Marc Lainé dont on se souvient de son rocambolesque Nosztalgia Express.
Dans tous ses spectacles, il y a des personnages qui disparaissent sans explication, laissant derrière eux des proches qui demeurent hantés par leurs souvenirs, des êtres blessés que les sentiments d’abandon et de culpabilité poussent aux limites de la folie, jusqu’à ce que la frontière entre la fiction et la réalité finisse par s’effacer.
Marc Lainé n’a pas son pareil pour s’affranchir à l’abri d’un ton énigmatique et d’une esthétique au cordeau, des normes de l’espace et du temps pour mieux nous embarquer dans une dimension parallèle où cohabite le monde des morts et le monde des vivants.
L’intrigue (qui se joue entre le visible et l’invisible, le théâtre et le cinéma en totale complémentarité) nous entraîne sur les traces d’un fantôme, ou du moins les réminiscences d’une personne disparue.
Une célèbre cinéaste Marianne Leigdens (Marie-Sophie Ferdane) doit faire face à la disparition inexpliquée de son mari Lucas Malaurie (interprété par le chanteur Bertrand Belin) dans les montagnes du Vercors. Accident ? Suicide ? Fuite ? Les semaines passent, sans réponse.
Recluse dans sa maison du Vercors, elle reçoit la visite d’une coach, dépêchée pour l’aider à terminer le scenario sur lequel elle travaillait avant la disparition, une adaptation de Faust de Goethe, mais ne semble pas prête à se remettre à l’écriture. C’est ensuite un jeune artiste émergent, Mehdi Lamrani (Yanis Skouta), qui apparait semble-il « possédé » par l’esprit du disparu puis une amie, qui a été très proche de lui…
Drame intime et thriller fantastique
Un étrange et destructeur triangle amoureux s’établit alors entre les trois personnages où les scènes s’enchaînent dans une mise en abîme qui se joue des différents degrés de narration entre thriller fantastique et drame intime, et comme autant de lignes de fuite révélatrices des turpitudes et/ou des intentions troubles des protagonistes.
Sous l’angle multiple et introspectif de la caméra s’explore à l’envi le mystère de cette disparition où s’annihilent les frontières entre l’ici et l’ailleurs.
La distribution sans faille est emmenée par l’excellente Marie-Sophie Ferdane qui illumine littéralement la scène d’un jeu subtile, tandis que Bertrand Belin, en homme dépossédé de son statut patriarcal, se montre jaloux et revanchard à souhait, face à Yanis Skouta (l’usurpateur de son esprit) aussi troublé que troublant. Quant à Clémentine Verdier en ex-amante ignorée, elle est parfaite, poussée dans ses derniers retranchements. Bravo !
Dates : du 6 au 16 mars 2024 – Lieu : Théâtre du Rond-Point (Paris) Texte, mise en scène et scénographie : Marc Lainé
Amorosa est de retour avec un deuxième album très attendu. Petit Soleil arrive enfin le 8 mars 2024 chez Cyprès Records avec 10 morceaux gorgés de soleil. Le premier extrait, le titre Cache Cache écrit avec des rythmes venus du Brésil annonce la couleur, comme le second extrait Petit Soleil.
Un album qui annonce l’été
Amorosa était d’abord appelé Rosa Quartet, groupe de musique multiculturel basé localisé à Bruxelles et par la voix de la chanteuse Stéphanie Scultore. La formation compte plusieurs musiciens experts dans leurs instruments, dont le compositeur et guitariste Matteo Carola très porté sur la musique brésilienne. Les 2 artistes se sont rencontrés entre 2 voyages à Rio de Janeiro et ont décidé de former le noyau dur de la formation. Ils créent les morceaux à 2 et composent les chansons en insérant leurs éléments particuliers, elle écrit et il compose, ils se complètent en toute liberté. Pour les accompagner, ils peuvent compter sur Mathieu Robert au saxophone soprano, le contrebassiste brésilien Filippe Caporali et Falk Schrauwen aux percussions. Petit Soleil est un disque qui évoque le cycle de la vie et fait voyager à travers différents rythmes traditionnels brésilienspour un beau moment de poésie. Le disque est emprunt de joie sur les différents épisodes de la vie, il contient aussi des belles plages de mélancolie. Les inspirations louvoient du côté des différentes traditions musicales du Nordeste du Brésil (capoeira, maracatu, maxixe, baião, samba, frevo…) pour un beau moment d’allégresse musicale, touchant à l’intime et mélangeant tradition et modernité. Quoi de mieux pour faire venir l’été et le soleil que de la musicalité venant d’Amérique du Sud pour ressentir la chaleur des plages de copacabana et ipanema?
Le groupe sera en concert en France le 21 mars 2024 au Zèbre de Belleville pour partager un beau moment de convivialité avec le public.
Le Théâtre du Rond Point adapte sur scène le livre acclamé de Vanessa Springora avec un seul en scène porté par la toujours talentueuse Ludivine Sagnier. Peu ou pas d’accessoires , une table, un lit, pour laisser le propos prendre toute son ampleur, celui d’un vieux dégueulasse qui porte son emprise sur une jeune fille de 14 ans sous le regard complice de parents divorcés et inertes, et d’une société gangrénée par un esprit soixante-huitard pseudo libertaire porteur de tous les excès. Tout le monde en prend pour son grade, et pas seulement le vieux libidineux, ceux qui se soulèvent aujourd’hui contre le fléau de la pédophilie ont été des témoins muets et passifs pendant longtemps, la force publique, les médias de gauche, sans oublier les autres Cohn Bendit ou Miller au silence qui veut en dire beaucoup, tous à mettre dans le même panier. La mise en scène pudique de Sébastien Davis met en avant le texte et l’interprète alors que les percussions de Pierre Belleville frappent comme des accusations contre ceux qui savaient mais ne réagissaient pas.
Une pièce puissante
Vêtue de vêtements d’adolescente lambda, Ludivine Sagnier raconte d’abord la jeunesse de l’héroïne, celle d’une jeune fille qui fait ses expériences, comme tout le monde, non pas pour justifier les débordements à venir mais juste pour bien montrer qu’elle n’est pas différente des autres. Quelques anecdotes au fil des ans, entre 5 ans et 14 ans. Elle souligne surtout le désamour familial, la séparation et la figure paternelle abimée, traumatisme qui laissera ses traces dans un esprit en pleine construction et déjà craquelé. Jusqu’à la rencontre fatidique lors d’un diner, G.M. la scrute, lui sourit, la fascine, sous le regard muet d’une mère toujours et encore complice. L’héroïne arpente la scène pour raconter son expérience de l’abus d’un adulte trop habitué à jeter son dévolu sur des proies par trop jeunes, faciles et friables, ce sont ses livres qui le disent, des livres qui ne rencontrent pas un immense succès public mais que toute l’intelligentsia germano-pratine lit avec gourmandise comme un péché coupable, sans savoir (?) ce que le texte signifie. L’homme sait écrire, son style est éblouissant, sa langue est savante, son charisme est énorme. Il vient donc chercher la jeune fille à son collège tous les jours, au su et au vu de tous, et l’emmène dans la chambre de bonne où il écrit. L’histoire dure un an, juste assez pour imprimer sa marque dans l’esprit d’une jeune fille trop jeune pour savoir réagir. L’homme n’est jamais inquiété, pas de père pour lui casser la figure ou de mère pour faire un scandale public, ni même de policiers pour l’emmener menottes aux poignets. Une connivence généralisée est pointée du doigt dans la pièce, ce n’est pas seulement le prédateur qui est accusé mais tous ses acolytes passifs qui se doutaient mais s’en accommodaient. Car les déviances de l’homme étaient connues et excusées, en premier lieu par les médias, ceux qui aujourd’hui s’évertuent à l’accuser alors qu’ils le couvraient pour mieux échapper eux-mêmes aux accusations.
La pièce rappelle le récent et puissant Les chatouilles, même musique dissonante, même mise en scène épurée, même comédienne seule en scène et même colère contre l’inaction de la société. Après 1945, les collabos ont été jugés, le moment est peut être venu de faire de même, mais l’épuration a peut être déjà commencé comme le souligne cette pièce à la densité puissante à découvrir au Théâtre du Rond Point jusqu’au 6 avril.
Synopsis:
Dans Le Consentement, l’écrivaine Vanessa Springora livre avec lucidité son histoire personnelle.
Amoureuse à 14 ans de l’écrivain Gabriel Matzneff, elle ne comprendra que plus tard les pièges qu’il tisse pour accomplir ses prédations sexuelles. Portée par #MeToo, cette œuvre déclenche une déflagration médiatique à sa parution en 2020. Avec justesse et force, Ludivine Sagnier porte la parole de la narratrice et plus largement de toutes les victimes. Dans une mise en scène qui convoque habilement le passé et le présent, soulignée par la création musicale de Dan Levy (du groupe pop The Dø), ce spectacle questionne les dérives d’une époque et, plus que tout, le consentement de toute une société. Admirablement interprété, il frappe en plein cœur.
Détails:
Salle Jean Tardieu Du mardi au vendredi, 19h30 – Samedi, 18h30 – Dimanche, 15h30 Relâche : Les lundis et les dimanches 17, 24 et 31 mars Durée 1h20
Landry Verdy est originaire de Pau et après une expérience à Paris pour travailler en lisière de la production musicale et travailler pour plusieurs artistes, il est revenu à Orthez. Il compose des chansons empreintes de poésie pour un beau moment de musicalité qui donne le sourire.
5 titres qui donnent le sourire
Landry Verdy est un vrai passionné de musique, chansons; compositions et textes. Avec l’exemple de sa mère écrivain, guitariste et compositrice, il s’est vite frotté aux notes et aux vers. Et puis il a rencontré Guy, joueur de guitare, de violon et de piano, et surtout accompagnateur de Dalida sur scène. De quoi donner envie au jeune Landry d’écrire et de composer. Il a fallu la montée à Paris pour travailler pendant 7 ans pour plusieurs artistes francophones. C’est avec la pandémie qu’il rentre à Orthez pour s’entourer de différents auteurs comme Kalune avec qui il écrit et compose mélodies pop, folk et intimistes. Le résultat est là avec une écriture ciselée, sa voix et une guitare portent es textes comme des récits du quotidien. Les 5 titres de son EP révèlent une vraie sensibilité pop/folk. Il est rentré en studio entouré de 3 musiciens (Jean Lannelongue à la batterie, Luc Dabbadie à la basse et Frédérick Mandin à la guitare électrique) pour livrer des belles mélodies entêtantes qui montrent un vrai art de la chanson. Avec sa guitare, il chante les titres Cartes postales, À cœur ouverts, Ne m’attends pas, Sans toi et Pour une autre en apportant une touche très personnelle, entre mélancolie et spleen.
Lui qui est un grand fan de Louise Attaque, La Maison Tellier et Alain Souchon, il se place dans une belle continuité de style, la chanson française délicate et introspective. De quoi donner envie de l’écouter en live une fois des dates de concert définies, on vous tiendra au courant!
Le chanteur Giorgio Alessani dévoilé son nouvel album The Mess We Leave Behind avec sa nouvelle formation pour des sonorités très Jazz-pop avec quelques touches d’électro. Il s’est inspiré des plus grands compositeurs et chanteurs de jazz pour un album composé d’improvisation, de mélodies enchanteresses et d’harmonies fascinantes.
Jazz et pop mélangés avec bonheur
Cet album a été écrit entièrement pendant la récente mais de plus en plus éloignée pandémie. The Mess We Leave Behind est le résultat d’un moment d’isolation du monde, un peu comme le tout à chacun, et Giorgio en a profité pour chercher l’inspiration et des mélodies séduisantes pour aboutir à des sons qui lui ressemblent, reflets des ses aspirations et de ses émotions. Pour cet album, il a su s’entourer de musiciens de jazz issus de la scène internationale. IL faut notamment souligner les participations exceptionnelles de la chanteuse, violoncelliste et actrice française Anne Sila et de l’interprète, compositeur et professeur Juanjo Mosalini. Prévu le 1er mars sur le label Alfa Music, l’album a été annoncé par le clip à découvrir sur Youtube réalisé par Adriano Testa. La formation compte des membres prestigieux, André Ceccarelli à la batterie, Cédric Hanriot au piano, M-Carlos au saxophone et Rember Duharte à la trompette pour 9 chansons à écouter absolument, dont une en italien Fino a che vivro et une en français L’heure de notre histoire avec un texte écrit par la chanteuse Anne Sila qui chante également un duo sur l’album. La chanson titre est emprunte d’une grande douceur avec ses orchestrations très chill jazz, la voix de Giorgio est toujours située entre les sonorités très italiennes et la grace jazz. Les rythmes donnent envie de fermer les yeux pour se laisser emporter par le dolce vita, entre swing et joie de vivre mélancolique.
Cet album de jazz-pop est un grand moment de la saison musicale, rempli de douceur et de volupté, porté par la voix tendre et accueillante de Giorgio Alessani.
Où es-tu petite coccinelle ? Un album jeunesse (Glénat jeunesse)
Les éditions Glénat nous propose une jolie collection, très originale, pour tout-petits : des albums, très colorés, entièrement cartonnés avec des pages qui se déploient.
Où es-tu petite coccinelle ?Le jeune lecteur va chercher la coccinelle en suivant son chemin. A chaque page, on peut déployer la page à gauche mais aussi à droite ! Et c’est ainsi que le petit livre carré devient un grand livre plein de belles découvertes : dans le jardin de nombreux animaux y vivent, et encourage le lecteur à trouver le bon chemin pour retrouver la coccinelle.
C’est à la fois un concept original et interactif.
Où es-tu petite coccinelle ? un album joliment coloré et joliment illustré qui va ravir nos tout-petits !
Le premier œuf de Pâques, un très joli album jeunesse du Père Castor
Les éditions du Père Castor nous propose un très joli album, avec des illustrations très douces, en forme d‘œuf de Pâques : Le premier œuf de Pâques. Il sort aujourd’hui !
Poulette est une jolie poule qui vient de pondre son premier œuf ! Elle en est toute fière ! Elle court, elle vole avec son œuf sous l’aile. Elle veut le montrer à la fête aux œufs ! Oh, elle le fait tomber dans la boue !
Sur son chemin, elle rencontre ses amis qui lui disent qu’elle n’a aucune chance avec son œuf ! Son premier oeuf !
Mais Poulette ne se décourage jamais. Elle continue sa course. Oh, elle fait tomber son œuf dans un buisson, puis dans le sable, et encore dans les fleurs ! Son œuf est recouvert de boue, de sable, de feuilles, de fleurs…
Gagnera-t-elle le concours ?
Le premier œuf de Pâques est très joliment illustré et raconte une histoire qui va permettre aux jeunes lecteurs de comprendre la notion de persévérance et d’estime de soi.
Amour saignant ou à point, un roman de Leslie Gogois (Editions Léo Scheer)
Leslie Gogois nous propose un très joli moment de récréation avec son dernier roman qui sort aujourd’hui : Amour saignant ou à point.
Vous êtes un peu, beaucoup, épicurien, alors ce roman est écrit pour vous ! Tout y est : de la gastronomie à l’amour. On se réjouit tout au long du livre !
Rose est mère de deux enfants. Divorcée. Enfin, elle a été remerciée au bout de vingt ans de mariage, sans avoir rien senti, rien vu… La souffrance, par contre, est bien là. Et le sentiment d’abandon encore davantage. Seul point positif de cette triste histoire, elle est libre une semaine sur deux. Et ça, c’est important !
Rose nous raconte sa vie passionnée de critique gastronomique, ses rencontres avec des chefs étoilés, et parallèlement sa vie amoureuse. Complètement débridée, tumultueuse ! Faite de désirs, de remords, de regrets… Elle tombe amoureuse au premier regard ! Et bien sûr, cela va lui jouer des tours…
On vit avec elle toutes ses aventures ! La plume de l’auteur est aussi joyeuse, et pleine d’humour que Rose ! Et emplie de vérités sur le couple !
Et finalement, on ne sait pas très bien où nous mènera Rose ! Va-t-elle se satisfaire longtemps de son rôle de maîtresse ou trouvera-t-elle enfin le grand amour ?
Amour saignant ou à point est un roman qui fait du bien. Un roman léger tout en étant rigolo ! Et finalement peut-être pas si léger que ça ! Car on est d’accord avec Rose : rien ne vaut sa liberté ! L’auteur connaît parfaitement à la fois la gastronomie, puisqu’elle a écrit plus de 50 ouvrages de cuisine, et elle est également une spécialiste du couple, de l’amour et du bonheur ! De quoi nous régaler !
Le film revient sur l’existence unique de l’Abbé Pierre, un homme qui a choisi d’aider son prochain en acceptant toutes les turpitudes de la vie de personnage public pour alerter les consciences sur le sujet de la pauvreté, de la solitude et du dénuement. Tous les épisodes principaux de sa vie sont abordés pour brosser le portait d’un personnage qui était avant tout un homme, pas un superhéros. Sous les traits de Benjamin Lavernhe, Henri Grouès revit littéralement dans un film sans effets spéciaux, sans suspense, mais pas sans émotion.
Un film sur un être à part
En faisant revivre les étapes d’une vie unique, le film ne tombe pas dans l’éloge constant et c’est sa plus grande. L’Abbé Pierre a surtout décidé d’agir, au contraire d’un personnel politique qui se contente trop souvent de détourner les yeux et de baisser les bras. Issu d’un milieu bourgeois confortable, Henri Grouès a d’abord choisi d’embrasser la vie monastique de capucin. Mais sa santé fragile l’a forcé à se rediriger dans une autre direction. Lors de la survenance du second conflit mondial, il s’est engagé dans la résistance, le confrontant à l’injustice du monde et à l’horreur de la guerre, le confortant alors dans son désir aider autrui dès la fin du conflit. Il a ainsi créé la Fondation Emmaüs en 1949, devenant un personnage public dès le terrible hiver 1954, demandant l’aide de tous pour venir en aide aux plus démunis touchés par un froid terrible. Le premier bâtiment de Neuilly Plaisance a été acquis avec son indemnité parlementaire pour réhabiliter une vieille maison dans la banlieue Est de Paris. L’homme n’a pas agi seul, aidé par Lucie (Emmanuelle Bercot), aussi décidée que lui à relever l’exploit de créer une structure hors du giron public pour venir en aide à ceux qui en ont besoin. La question se pose forcément du pourquoi du rôle insuffisant de l’Etat en la matière, les priorités ne semblent pas être les mêmes au plus haut niveau du gouvernement. Benjamin Lavernhe interprète de manière extrêmement convaincante aussi bien le jeune homme que le vieillard, avec une ressemblance des plus convaincantes. Le film interroge aussi sur la tendance bien humaine à considérer l’altruisme, la bonté, la tolérance comme des faiblesses difficiles à accepter.
L’émotion affleure tout au long d’un récit simple et efficace, émouvant et direct. L’homme a été souvent décrié, conspué, traités de fou mais il a aidé les plus démunis sans être pourtant lui même d’une santé robuste. Le film est à découvrir pour ouvrir les consciences, c’est sa plus grande qualité.
Synopsis: Né dans une famille aisée, Henri Grouès a été à la fois résistant, député, défenseur des sans-abris, révolutionnaire et iconoclaste. Des bancs de l’Assemblée Nationale aux bidonvilles de la banlieue parisienne, son engagement auprès des plus faibles lui a valu une renommée internationale. La création d’Emmaüs et le raz de marée de son inoubliable appel de l’hiver 54 ont fait de lui une icône. Pourtant, chaque jour, il a douté de son action. Ses fragilités, ses souffrances, sa vie intime à peine crédibles sont restées inconnues du grand public. Révolté par la misère et les injustices, souvent critiqué, parfois trahi, Henri Grouès a eu mille vies et a mené mille combats. Il a marqué l’Histoire sous le nom qu’il s’était choisi : l’Abbé Pierre.
Nos amis animaux, Tome 3, Le sanctuaire des chevaux (Casterman)
Les éditions Casterman nous proposent une jolie collection pour jeunes lecteurs : Nos amis animaux. Le tome 3 va sortir le 6 mars et sera principalement centré sur les chevaux : Le sanctuaire des chevaux.
Prudence et Mira se disputent à propos d’un livre sur les chevaux. Elles adorent les chevaux mais avouent en avoir un peu peur. C’est tellement grand un cheval ! Impossible de le regarder dans les yeux, à moins que…
Leur oncle décide alors de les emmener dans un endroit où il y a plein de chevaux. De vieux chevaux. Le sanctuaire des chevaux. C’est un endroit magique pour les chevaux. Ce sont tous des chevaux que l’on soigne le mieux possible. Sans rien leur demander en retour. Un repos bien mérité !
Prudence et Mira vont pouvoir leur donner des carottes et leur faire même des câlins ! Ils vont même voir un poulain, trop beau et un poney. A la fin de leur visite, les filles n’avaient plus peur du tout, bien au contraire !
Nos amis animaux, Tome 3, Le sanctuaire des chevaux est un album joliment illustré qui va emballer nos jeunes lecteurs !
Linda veut du poulet! a été présenté à l’ACID au Festival de Cannes 2023. Il a été aussi primé avec le Cristal du long-métrage au Festival international du film d’animation d’Annecy 2023. Ces différents faits soulignent que ce film drôle et tendre a réussi à atteindre sa cible, un public familial désireux de vois un film rempli de poésie en évoquant l’enfance via les yeux d’enfant, sans mièvrerie, sans emphase mais avec moquerie, insolence et poésie.
Un beau film sur l’enfance
Linda veut du poulet! se déroule de nos jours dans une petite cité comme il en existe partout. L’originalité tient à ce jour de grève générale qui empêche l’héroïne non pas de combattre un monstre mais tout simplement de trouver un poulet. Il s’agit d’un concept cinématographique bien connu, utilisé dans MI3 ou Pulp Fiction, le prétexte au développement d’un scénario, presque toujours un objet matériel mystérieux, vague et sans importance, appelé un MacGuffin. Il permet de suivre une mère et sa fille, toutes les deux marquées par le décès du père plusieurs années avant. Paulette et Linda entraînent avec elles un nombre croissant d’autres personnages pour montrer la vie d’un quartier voyant habituellement ses habitants s’ignorer. Les réalisateurs Chiara Malta et Sébastien Laudenbach (La jeune fille sans mains) ne s’en cachent pas, Linda veut du poulet ! est avant tout un hymne à la liberté et à l’anarchie, avec un sens aigu de l’absurde et du burlesque, passant sans cesse du réalisme au merveilleux, le tout avec une bonne dose d’humour teinté de mélancolie. Les 2 réalisateurs se sont partagé le travail, à la première les orientations globales de mise en scène, le son et l’enregistrement des dialogues, au second l’animation à partir d’orientations de découpage prises en commun. Ensemble, ils ont réalisé le montage, l’enregistrement des bruitages et du mixage et supervisé le suivi artistique des chansons.
Le graphisme épuré du film concourt au charme des aventures de cette espiègle et charmante Linda accompagnée de son entourage dans ce film touchant à découvrir en DVD le 5 mars.
Synopsis: Non, ce n’est pas Linda qui a pris la bague de sa mère Paulette ! Cette punition est parfaitement injuste !… Et maintenant Paulette ferait tout pour se faire pardonner, même un poulet aux poivrons, elle qui ne sait pas cuisiner. Mais comment trouver un poulet un jour de grève générale ?… De poulailler en camion de pastèques, de flicaille zélée en routier allergique, de mémé en inondation, Paulette et sa fille partiront en quête du poulet, entraînant toute la « bande à Linda » et finalement tout le quartier. Mais Linda ne sait pas que ce poulet, jadis si bien cuisiné par son père, est la clef de son souvenir perdu… Au fait, quelqu’un sait tuer un poulet ?…
Bercyaccueille Depeche Mode pour 2 concerts très attendus des fans en mars 2024. Le souvenir de leur prestation au Stade de France en 2017 restez encore gravé dans ma mémoire quand les lumières s’éteignent. Un M majuscule orne le fond de la scène pour rappeler Memento Mori, le nom de leur dernier opus. Le chanteur Dave Gahan est toujours aussi sautillant et sa voix semble ne pas avoir changé d’une octave. Profonde, grave, puissante, il ensorcèle une Accor Arena pleine comme un œuf, les fans ne se sont pas faits prier pour venir écouter et acclamer leurs idoles, qui le leur rendent bien. Plusieurs moments ont marqué le concert du dimanche 3 mars, notamment l’enchainement Walking in my shoes / Policy of Truth / It’s no good, et que dire du final avec un Personal Jesus scandé par la foule en délire. Le son est bon et Martin Gore est lui aussi en forme, à la guitare, au clavier et à la voix. Un hommage au bassiste Andrew Fletcher mort en 2022 fait réagir une salle toujours prompte à manifester son enthousiasme. Les fans de la première heure côtoient les plus récents convertis avec une avalanche de tubes qui brasse toutes les époques. Precious, Enjoy the silence, I just can’t get enough, pas le temps de s’ennuyer pendant ce concert de tous les superlatifs. Les smartphones sont brandis de tous côtés pour immortaliser le moment, prendre de photos et capter des instants fugaces qui resteront gravés pour longtemps dans les esprits. Depeche Mode semble ne pas vieillir et garder cette vitalité qui a fait son succès depuis son premier succès en 1984. 40 ans déjà, oui, mais c’était hier!
Détails:
Depeche Mode, le groupe historique anglais de rock alternatif et de musique électronique est de retour à l’Accor Arena les 03 et 05 mars 2024. Après leur passage mémorable en 2017 ils viendront présenter leur album Memento Mori !
Le Théorème de Marguerite a été présenté en Séance Spéciale au Festival de Cannes 2023 et c’est un vrai coup de cœur. Un film sur une mathématicienne à tendance asociale, ce n’est pas forcément très vendeur. Et pourtant le résultat réussit à tenir en haleine tout du long. Car la jeune fille a du caractère et de la jugeote, quand elle est confrontée à un échec retentissant sur la démonstration d’un théorème qu’elle ne parvient pas à concrétiser, elle parvient à s’en remettre et c’est une belle leçon de vie.
Un film prenant
La réalisatrice Anna Novion raconte dans son film un décalage entre son héroïne Marguerite (méconnaissable Ella Rumpf) et le monde qui l’entoure. Perpétuellement plongée dans son propre monde, focalisée sur ses études et ses recherches, elle ne se rend pas compte de ce qui compose le monde de l’extérieur. C’est en rencontrant la mathématicienne Ariane Mézard que la réalisatrice a réussi à échafauder une intrigue autour d’un théorème mathématique toujours pas démontré qui tient lieu de graal pour les mathématiciens. Après son échec, le personnage de Marguerite trouve dans l’univers du Mah-jong un exutoire, autant financier que philosophique. Elle s’en sert pour renouer avec les mathématiques, elles qui voulait au départ s’en éloigner le plus possible pour se reconstruire dans une boutique de sport sans pression ni ambition. Mais le jeu demande des qualités intellectuelles et sa fascination pour le nouveau défi concourt à recréer un pont vers les mathématiques. L’actrice Ella Rumpf a été révélée dans le film Grave, elle incarne parfaitement un personnage hors des normes, tournée vers elle-même et sans artifices, à prendre ou à laisser. L’intensité transparait à l’écran dans un rôle de composition qui force le respect. Elle porte le film sur les épaules au milieu d’autres personnages qui concourent à la faire évoluer et se réaliser. Les équations sur les tableaux du film sont toutes authentiques. Marguerite veut démontrer la conjecture de Goldbach, problème qui n’a pas encore été résolu pour de vrai.
Le théorème de Marguerite est un film qui prend vraiment aux tripes, par l’engagement de l’actrice dans son personnage, la réalisatrice parvient à rendre les mathématiques fascinantes pour le plus grand monde, une vraie gageure.
Synopsis: L’avenir de Marguerite, brillante élève en Mathématiques à l’ENS, semble tout tracé. Seule fille de sa promo, elle termine une thèse qu’elle doit exposer devant un parterre de chercheurs. Le jour J, une erreur bouscule toutes ses certitudes et l’édifice s’effondre. Marguerite décide de tout quitter pour tout recommencer.
Sophie Tal Men est écrivain et également neurologue. Si ses livres sont passionnants c’est parce qu’ils sont chargés de vérités. Physiques, physiologiques et psychologiques.
Encore une fois, l’auteure nous offre une très belle histoire de famille, et des situations cliniques totalement chargées de vécus.
Sarah est infirmière, réellement par vocation. Elle s’est toujours occupée des autres. Au fil des pages, on découvre sa vie. Quand Pedro, son beau-père a un AVC, on découvre tout l’amour que lui porte Sarah. Pedro devient aphasique. L’auteure sait de quoi elle parle puisqu’elle est neurologue. Elle décrit parfaitement cet état de sidération du malade atteint d’aphasie, comme celui de sa famille. D’une seconde à l’autre, Pedro ne peut plus parler. Et pourtant il en a des choses à dire ! Des choses qu’il aurait dû dire depuis vingt ans !
Dans chaque famille il y a des non-dits, des secrets de famille. Ils pèsent lourd chez Pedro.
Alors, Sarah va faire ce qu’aurait dû faire Pedro depuis longtemps. Elle part à la recherche du fils de Pedro, perdu de vue, abandonné alors qu’il était enfant ! Elle va tout faire pour tenter de réconcilier le père et le fils. Il n’est jamais trop tard, pense-t-elle.
Les cœurs silencieux est un livre qui sonne vrai. Un livre qui mêle fiction et réalité, comme aime le faire Sophie Tal Men. Un livre empli d’humanité et d’amour. Une très belle histoire de famille, d’amour qui nous fait voyager en Bretagne comme au Portugal. Le tout avec beaucoup de psychologie et de passion ! Publik’Art aime la plume de Sophie Tal Men !