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Un film sur les blessures de l’après seconde guerre mondiale avec L’ombre du feu de Shinya Tsukamoto, sortie en salles le 1er mai

Le film débute dans un bar au Japon, à moitié détruit, plus personne n’y rit ni y passe des moments de détente. Les rires sont finis depuis la fin de la seconde guerre mondiale, reste l’instinct de survie et la débrouille pour subsister. Une femme veuve y gagne sa vie en vendant son corps. 2 personnages vont la rejoindre avec le même constat de blessures indélébiles marquées au fer rouge dans leur esprit et dans leur corps, un très jeune orphelin de guerre et un soldat démobilisé. Tous 3 tentent de cohabiter dans l’espoir de meilleurs lendemains mais les traumatismes sont trop profondément ancrés en eux pour les laisser vivre sans tension.

Après les horreurs de la guerre

De nombreux films existent sur l’après seconde guerre mondiale au Japon, avec souvent comme élément central les ravages des 2 bombes atomiques lâchées sur Hiroshima et Nagasaki. Pluie noire, Hiroshima, Onoda, la nation derrière son empereur pour conquérir l’Asie au prix d’exactions sans limites a très mal vécu la défaite et les traumatismes en découlant. Le réalisateur Shin’ya Tsukamoto ausculte les traumatismes cachés mais bien présents d’un peuple soumis à rude épreuve. Déjà plus si jeune et déjà à la barre de ses premiers courts métrages au début des années 70, il choisit 3 destins entremêlées pour ouvrir à l’universalité. Sans scènes de combat ni gros conflits, il parvient à filmer dans les regards les images imprimées pour toujours sur les rétines. D’abord considérés comme des animaux blessés, sans nom ni histoire, le trio tente de se reconstruire en faisant front, dans l’espoir de trouver dans l’autre un soutien pour surnager. Mais la reconstruction demande du temps et surtout une analyse personnelle pour revenir à la surface. D’abord huis clos entre les 4 murs du bar délabré, le film ausculte les consciences avec des réminiscences du passé comme des coups de couteau qui empêchent de dormir, font émettre des hurlements sans crier gare ou font se rouler en boule en réflexe de survie. Le monde extérieur est longtemps passé sous silence, comme si plus personne ne subsistait aux alentours, donnant à leur quête commune un air de film de zombies. Pourtant le gamin des rues débrouillard et chapardeur, la veuve éplorée livrée à la concupiscence de ses semblables et le soldat abandonné vont tenter de vivre, mais leur histoire commune ressemble à un film d’horreur psychologique, chacun a des déchirures à refermer et un travail sur soi à terminer. Le réalisateur fait une grande économie de mots, les images parlent souvent d’elles mêmes pour faire apparaitre la panique enfouie dans chacun des esprits.

Quand les personnages finissent par fuir l’abri précaire mais rassurant du bar, le vrai travail sur soi va pouvoir commencer. Difficile d’en dire plus sans mettre à mal l’intrigue du film, le cheminement n’est pas sans sacrifices ni blessures supplémentaires, mais la liberté est à ce prix dans ce film qui bouscule et à découvrir en salles le 1er mai..

Synopsis: Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Japon tente péniblement de se relever et de panser ses blessures. Unique survivante de sa famille, une jeune femme passe son temps enfermée dans le bar délabré qui lui sert de refuge, attendant le client. Un jour, elle voit débarquer un petit orphelin chapardeur et un jeune soldat démobilisé. Entre ce trio atypique, un semblant de vie de famille commence à s’installer. Hélas, les traumatismes de la guerre auront tôt fait d’anéantir ce bonheur fugace…

La fille du bourreau, Tome 2 : L’envolée (Editions Jeanne et Juliette)

La fille du bourreau, Tome 2 : L’envolée (Editions Jeanne et Juliette)

Publik’Art vous avait fait découvrir le tome 1 de cette saga incroyable, avec La fille du bourreau, aujourd’hui, voilà le tome 2 : L’envolée.

On suit Céleste avec beaucoup de curiosités. Son père, avant de mourir, avait décrété que ce serait Céleste qui le remplacerait en tant que bourreau, et non son frère. Mais pour exercer ce métier, il faut être un garçon. C’est dans ce seul but, que son père l’a déclaré garçon, à la naissance, alors qu’en réalité c’est une fille !

Céleste se déguise quasiment tout le temps en garçon. Très peu de personnes savent que c’est une fille… C’est un secret bien gardé.

Dans ce nouveau tome, Céleste va faire battre des cœurs, surtout un ! Et pas n’importe lequel ! Elle aussi l’aime. Mais il est très haut placé et il est marié. Deux obstacles quasi infranchissables. Mais rien ne résiste à Céleste. Elle fonce !

Elle va réussir à s’introduire dans la haute société, grâce à son amant, et en même temps, elle va découvrir le monde très spécial de la cour des Miracles. Un monde qu’elle ne pouvait même pas imaginer ! Et pourtant une énorme surprise l’attend en côtoyant ces gens peu recommandables.
Céleste est prise entre deux mondes. Sans oublier les rapports très spéciaux qu’elle entretient, en cachette, avec le Roi puisqu’elle lui a sauvé la vie.
Beaucoup de rebondissements et de suspense dans ce tome 2.
Quel chemin va donc choisir Céleste ?

L’envolée continue à nous faire découvrir toute une époque de notre Histoire ! Une magnifique saga historique !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2024
Auteur : Céline Knidler
Editeur : Editions Jeanne & Juliette
Prix : 18,90€

Etat limite, un documentaire glaçant sur l’état de déliquescence de l’hôpital public, sortie le 1er mai en salles (Les Alchimistes)

Le documentaire suit un jeune psychiatre mobile de l’hôpital Beaujon âgé de 34 ans. Seul pour prendre en charge les patients à Clichy (Hauts-de-Seine), il est le héros de ce documentaire qui souligne l’état plus qu’inquiétant de l’hôpital public. Le personnel est insuffisant et les professionnels présents sont à bout de souffle. Investissements et personnel insuffisants ne parviennent plus à colmater les brèches, la bonne volonté est patente mais que faire dans une situation où les plus fragiles ne sont plus pris en charge correctement? La question n’est pas prête de trouver une réponse adéquate…

Un documentaire alarmant

Le docteur Jamal Abdel-Kader est le seul psychiatre disponible pour tout l’établissement, des centaines de patients dépendent de lui pour trouver des réponses et des améliorations. Il parcourt les étages avec ses baskets au pied, il écoute et sonde l’état psychologique des patients. Des individus violents qui doivent être attachés, une jeune femme qui a perdu ses 2 jambes et un bras en sautant sous un train, des jeunes sans avenir, des profils fragiles qui ne parviennent plus à croire en des lendemains qui chantent. Le docteur essaye de comprendre leurs éventuelles pathologies et de leur apporter les corrects réponses et traitements. Mais ce n’est visiblement pas facile, il fait de son mieux mais la tâche est immense. Comme si l’hôpital s’était désengagé de son rôle essentiel pour maintenir la société à flot. A 34 ans, il prend du recul, écoute, réfléchit, il communique avec patience et doigté malgré la course contre la montre à laquelle il est soumis en permanence. Le documentaire est d’un réalisme total, la caméra suit le personnel pas à pas pour le constat d’une insuffisance criante de moyens. Dans une société qui promeut la performance et la réussite à tout prix, les laissés-pour-compte n’intéressent visiblement plus le personnel politique. Le docteur Jamal Abdel-Kader est (miraculeusement?) secondé par des internes, la course est quotidienne, il a à peine le temps de manger, il fait le seul lien psychiatrique entre les différents services, les urgences, la réanimation, la gastro-entérologie et la gynécologie obstétrique. Il a des convictions, fils de 2 médecins syriens émigrés en France, il a grandi au sein de l’hôpital public, où il vivait avec ses parents. Il faut le voir apaiser les souffrances de ses patients avec un vrai échange instauré avec des individus blessés par la vie.

Quand la nuit tombe, il partage avec la caméra ses difficultés pendant de rares moments de répit. Il évoque avec son collègue Romain les ravages grandissants de la crise du système hospitalier. Le réalisateur Nicolas Peduzzi (Ghost Song, Southern Belle) se fait discret dans ce documentaire au plus près du réel, de la marge et de l’impasse à laquelle se trouve confrontée l’hôpital public.

Synopsis: Hôpital Beaujon, Clichy. Au mépris des impératifs de rendement et du manque de moyens qui rongent l’hôpital public, Jamal Abdel Kader, seul psychiatre de l’établissement, s’efforce de rendre à ses patients l’humanité qu’on leur refuse. Mais comment bien soigner dans une institution malade ?

Le silence de Sibel, un drame de notre temps, sortie en salles le 1er mai

Sibel est une jeune fille yazidi adoptée par Hana, ophtalmologiste d’origine kurde installée dans le centre de la France. Elle a vécu l’invasion de son village par les troupes de Daech, le massacre de sa famille et l’esclavage sexuel forcé. Le film raconte son impossibilité de lâcher prise et de se sentir bien dans un contexte bien différent fait d’amour et d’empathie. Marquée dans sa chaire et dans son esprit, Sibel ne parvient pas à faire le deuil. Le film raconte une histoire de souffrance intime, la jeune fille entend la voix de sa mère, elle ne parvient pas à parler et elle est recluse dans le silence. Et quand Hana apprend sur Sibel est enceinte, c’est un écueil de plus à surmonter. Cette histoire est celle de tant de jeunes femmes livrées aux bourreaux contre leur gré. Des hommes qui se réclament de la pureté mais se conduisent comme des sauvages, un peu le reflet de tout ce qu’a subit le Moyen-Orient jusqu’à peu. L’histoire n’est pas simple, le film est d’une intensité peu commune.

Synopsis: Août 2014, à Sinjar, au nord-ouest de l’Irak, chef- lieu des Yazidis. À 13 ans, Sibel est enlevée par des hommes de Daech, devant sa famille qui est massacrée. Comme des milliers de femmes et  de jeunes filles, elle sera réduite à l’esclavage sexuel, torturée et violée parce qu’hérétique pour ses bourreaux. Uzerche, petite ville du centre de la France. Ophtalmologiste d’une quarantaine d’années, née en France, d’origine kurde, Hana ne peut tolérer les atrocités commises contre les femmes Yazidis. Hana a réussi, contre rançon, à arracher  Sibel à son enfer et l’a adoptée. Elles  reviennent en France et Hana s’efforce de lui faire une vie « normale », pleine d’amour et d’attention. Pourtant, tout en acceptant  cette nouvelle vie, l’adolescente refuse de parler. Ce corps violé et torturé lui  fait horreur. Quelle vie, désormais, pour cette jeune fille ?

Ernest et Célestine : Bienvenue les enfants (Casterman)

Ernest et Célestine : Bienvenue les enfants (Casterman)

Les éditions Casterman nous proposent une édition inédite d’Ernest et Célestine, d’un titre paru en 1990 et en rupture depuis : Bienvenue les enfants.
Un jour, Célestine écrit à Antoine. Sans le dire à Ernest. Car Ernest ne veut jamais inviter personne en-dehors de ses amis.

Et Célestine a invité Antoine, pour la première fois ! Elle ne sait comment s’habiller. Mais Ernest ne veut voir personne. Il ne se trouve pas assez beau !

Puis c’est au tour de la sœur d’Antoine de demander à Célestine de venir chez elle.

En retour, les parents d’Antoine et Cloé invitent Ernest et Célestine.
Iront-ils goûter chez eux ? Pas évident avec le caractère d’Ernest !

Publik’Art apprécie les délicates illustrations de Gabrielle Vincent (décédée en 2000). Cet album serait né de la nombreuse correspondance de l’auteure avec ses lecteurs.
Ernest et Célestine : Bienvenue les enfants : un très chouette album de la collection Ernest et Célestine.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2024
Auteur : Gabrielle Vincent
Illustrateur : Gabrielle Vincent
Editeur : Casterman
Prix : 15,95 €

Un délice pour les enfants avec la pièce Le pauvre méchant loup à la Folie Théâtre

A la Folie théâtre aime revisiter des classiques pour offrir des relectures comiques et décalées pour des enfants ravis et des parents surpris. Le grand méchant loup devient un loup sensible à la recherche d’amis, désolé de constamment susciter la peur chez ses interlocuteurs, aussi bien la Petit Chaperon Rouge, les 7 Chevreaux et les 3 Petits Cochons. Le spectacle est désopilant, les petits en redemandent!

Une belle revisite des classiques de Perrault

Diana Siru et Elsa Casado prennent un plaisir visible à interpréter leurs personnages. La première transporte le plus souvent les marionnettes de personnages de Perrault avec une tunique noire pour se fondre dans le décor, avant de devenir finalement la Mère Grand dans la dernière scène. La seconde est grimée en pauvre méchant loup, attristée de ne pouvoir trouver de repas et d’effrayer tous ses congénères. La complicité entre les 2 comédiennes fait beaucoup dans le succès d’un spectacle qui joue avec les codes. Le loup n’est plus vraiment méchant, c’est un pote en recherche de camarades pour jouer avec lui. Alors quand chacun des personnages des contes émet des doutes sur sa sincérité, les quiproquos se multiplient pour les plus grand plaisir d’enfants excités à l’idée de diriger les personnages pour leur indiquer quoi faire. La mise en scène de Maritoni Reyes use des couleurs fluorescentes et des coins obscurs pour permettre les jeux de cache-cache et les péripéties.

Le pauvre Méchant loup va hanter à la Folie Théâtre jusqu’au 12 mai les samedi, dimanche et mercredi à 16h devant des salles combles comme ce dimanche 28 avril, que de rires et de rigolades en perspective!

Synopsis:

Le loup voudrait avoir des amis. Qu’arrivera-t-il quand il rencontrera les trois petits cochons, les petites chèvres et le Chaperon Rouge ?

Dans cette adaptation originale de 3 contes de Perrault, le loup cherche à se faire des amis. Réussira-t-il à résister à la faim quand son chemin croisera le Chaperon rouge, les 7 chevreaux ou les trois petits cochons ? Comment va-t-il faire pour devenir gentil ? Une comédie pour enfants qui mêle théâtre, marionnettes et ombres chinoises dans un spectacle plein d’humour et émotion

Détails:

Du mercredi 13 mars au dimanche 12 mai 2024
Mercredi, samedi et dimanche à 16h.

Le Cognac Single Estate ABK6 se pare des couleurs d’Audrey Sedano pour la 4ème version de sa collection « Artist »

La Collection Artist par ABK6 tente le rapprochement entre l’art et le cognac, de quoi concrétiser l’alliance des 2 passions du créateur de l’appellation, Francis Abécassis. Un artiste local est mis en valeur chaque année depuis 2019 dans une réinterprétation créative de l’esprit du Cognac Single Estate ABK6. Les bouteilles doivent être considérées comme de véritables œuvres d’art en édition limitée à déguster absolument, toujours avec modération.

Un Cognac unique désigné par Audrey Sedano

ABK6 Reserve est présenté dans une carafe unique coiffée d’un bouchon en bois d’hêtre naturel. L’étiquette et le coffret cadeau reprennent les couleurs vives et harmonieuses de la toile de l’artiste Audrey Sedano. Le cognac se compose de 100% cépage Ugni-blanc provenant de vignes âgées de 40 ans. La dégustation est un vrai plaisir. A l’œil, le Cognac arbore une belle couleur ambré profond. Le nez se distingue par un un bel équilibre fruité, avec des touches de fruits frais de saison jusqu’à une belle senteur de fruits confits. Une belle note boisée vanillée apparait, relevée d’une finale épicée. La bouche est souple et généreuse avec un équilibre remarquable entre rondeur et structure. Une belle persistance aromatique vanillée et boisée enrobe la bouche. Le taux d’alcool est de 40% vol., la contenance disponible de la bouteille est de 70cl. La bouteille est proposée dans canister individuel, 6 bouteilles sont proposées par carton.

Une artiste liée au patrimoine de la Charente

Audrey Sedano réinterprète pour la bouteille « Réserve » le bâtiment du Vaisseau Moebius, emblème de la ville d’Angoulême et de
la bande dessinée. La typographie « Cognac ABK6» fait référence à l’art de la calligraphie utilisée dans les chais sur les tonneaux de cognac. Les couleurs symbolisent le territoire, le bleu du fleuve Charente, le vert de la vigne, l’orange du cognac. Le mélange de la
linogravure ancre la bouteille dans la tradition et l’artisanat (référence au passé papetier d’Angoulême), et du travail numérique,
référence au présent résolument moderne de la Cité des Valois (entre BD et animation) pour un résumé parfait de la richesse de la région.

ABK6 Artist 4 sera disponible en mai 2024, proposé au prix conseillé de 78 euros sur la boutique ABK6 en ligne et chez les partenaires cavistes de la marque.

Publireportage ABK6:

Le Single Estate Cognac, c’est la conception du cognac de la vigne au verre. L’ensemble des étapes de production est réalisé sur nos domaines : la culture de la vigne, la vinification, la distillation, le vieillissement, l’assemblage ainsi que la mise en bouteille. Une équipe hautement qualifiée, composée de 60 personnes, contrôle attentivement chaque étape de la production de nos cognacs d’exception sur l’ensemble de nos vignobles. Nos Cognacs se différencient ainsi par leur origine, leur terroir et par le savoir-faire de chaque équipe. Le travail de la vigne se vit au quotidien, chaque jour de l’année. La culture est raisonnée afin de respecter au mieux l’environnement et le vignoble. Chaque geste est ainsi pensé en vue de recueillir un vin respectueux du terroir et de la nature. Les grappes d’Ugni-Blanc sont vendangées parcelle par parcelle et immédiatement pressées sur chaque site afin de préserver les caractéristiques aromatiques du raisin. Fort de ce choix raisonné, nous avons obtenu en 2019 la Certification de Haute Valeur Environnementale de niveau 3 sur l’ensemble de nos vignobles, pour nos engagements pour la protection de l’environnement, notamment par la diminution du recours aux désherbants et par la réduction de nos consommations de produits phytosanitaires.

Publireportage Audrey Sedano:

Audrey Sedano est une artiste plasticienne, illustratrice et auteure de bande dessinée. Elle a fondé les Editions du Petit Saturnin, éditeur de
bandes dessinées sonorisées et livre d’art entre Angoulême et Paris. Elle dirige le studio d’art Patrimoine Augmenté pour la valorisation du
patrimoine français et est représentée par la galerie d’art Showroom57 à Angoulême.

Ressortie en salles le 1er mai des chefs d’œuvres de René Laloux La planète sauvage et Gandahar (Tamasa Distribution)

Eh oui, la France a été un pays précurseur de la Sci Fi au cinéma, notamment avec les œuvres du génial cinéaste d’animation René Laloux. Disparu en 2004 à l’âge de 75 ans, il a créé 3 films magnifiques et visionnaires. La Planète Sauvage en 1973, Les Maîtres du Temps en 1982 et Gandahar en 1986. La Planète sauvage et Gandahar ressortent en salles ce 1er mai pour un beau shoot de nostalgie.

Des films d’animation de notre enfance

Pour densifier ses films, René Laloux s’est entouré d’immenses talents, comme pour Les Maitres du temps avec Moebius en coscénariste et dessinateur, Jean-Patrick Manchette aux dialogues et Christian Zanési à la réalisation des paysages sonores. Destinés autant aux plus jeunes qu’aux adultes, les films racontent des histoires fantastiques dans des univers lointains. Si les films ont forcément un peu vieilli, l’animation et les thèmes sont d’une surprenante intelligence. Et puis la musique reste longtemps gravée dans les esprits, reflets des années 70 et 80 où l’avenir était encore à imaginer. En 1973, la sortie de La Planète sauvage ressembla tout simplement à une révolution. Plus seulement destiné aux enfants, le film associait le peintre et sculpteur René Laloux et Roland Topor aux dessins, tous deux échafaudaient le scénario d’après un livre de Stefan Wul, qui devint Oms en série. Le résultat est vraiment déroutant et atypique, ressemblant à un petit conte philosophique avec comme réflexion principale la place de l’homme dans l’univers. Dans le film, l’être humain est dominé par une espèce plus grande, plus forte et plus savante que lui. Mais la toute-puissance est relative, faisant craindre le totalitarisme par manque d’humilité et de discernement. Les 2 espèces sont sur le point de se détruire et la solution sera finalement une cohabitation paisible, la différence n’étant pas une fatalité mais une manière de se surpasser. L’étrangeté du film est fascinante avec un rythme lent et un style visuel unique. Gandahar a été réalisé par René Laloux en 1987 avec des dessins de Philippe Caza. Le film a donné d’abord lieu à un pilote réalisé en France en 1977, Les Hommes-machines, et le long métrage n’a été concrétisé que 10 ans plus tard. René Laloux a appris l’existence en Corée du Nord de studios d’animation susceptibles de réaliser le film à meilleur marché, ce qui a permis au projet d’être relancé et l’ensemble de la production a lieu en Corée du Nord. L’étrangeté est toujours de mise avec un univers toujours aussi unique et déroutant avec ses villes mythiques et ses personnages qui ne sont pas tout à fait humains.

Les 2 films sont à découvrir en salles le 1er mai pour des expériences de science-fiction assez uniques.

Synopsis:

Les maitres du temps: Sur la planète Perdide, Claude et son jeune fils Piel, fuient une inquiétante nuée de frelons, aux commandes d’un véhicule tout-terrain. Leur course se termine par un accident. Claude, grièvement blessé, envoie Piel se mettre à l’abri et lui confie un étrange microphone.

La planète sauvage: Sur la planète Ygam, vivent des androïdes génats appelés les Draags. Ils élèvent de minuscules êtres humains qu’ils surnomment Oms. Mais un jour, l’Om de la jeune Tiwa se révèle plus intelligent et va déclencher une révolte…

Gandahar: Pour avoir oublié le monstre Métamorphe au fond d’un océan, les Gandahariens, habitants d’une heureuse planète, sont voués à la disparition. Heureusement, Métamorphe, effrayé par sa mort prochaine, devra les ressusciter afin de puiser en eux l’énergie nécessaire à son immortalité.

Le Illyes Ferfera Quartet dévoile leur album Tawazûn (Déluge)

Illyes Ferfera est un saxophoniste franco-algérien. Il dévoile avec son quartet l’album Tawazûn, ce qui signifie équilibre en arabe. Le quartet trouve son inspiration tout azimut dans les traditions musicales d’Afrique du Nord (Algérie, Gnawa marocain, Raï de Cheikha Rimitti), la tradition jazz nord-américaine et d’Amérique Latine et dans la culture musicale française.

Du jazz mondialisé

La quête d’équilibre est autant personnelle qu’esthétique et musicale dans un quartet formé d’Illyes Ferfera au saxophone, aux percussions et à la composition, Simon Chivallon au piano, Tom Peyron à la batterie et Arthur Henn à la contrebasse. Le saxophoniste s’est souvenu des rythmes traditionnels de l’Algérie, son pays de naissance, et des styles qui habitent l’Afrique du Nord, du Gnawa marocain au Diwane algérien en passant par le raï de la regrettée Cheikha Rimitti. Le saxophoniste a également puisé son inspiration chez des illustres noms de la scène jazz historique. Archie Shepp, Karim Ziad, Steve Coleman, Anouar Brahem, Miguel Zenon, Chris Cheek et Guillermo Klein, la palette est large et montre la curiosité du musicien. L’artiste n’oublie pas de puiser dans la culture française avec des morceaux qui rappellent Georges Brassens et André́ Minvielle avec qui il a collaboré à de nombreuses reprises. Pour info, Le créneau #JazzDeDemain a été créé en 2012 pour donner naissance à des résidences mensuelles et bimestrielles au Jazz Club Le Baiser Salé, ce qui permet à des jeunes artistes de s’exercer sur scène pour de rôder leur répertoire devant un public admiratif. Le groupe y est prévu pour plusieurs soirées (dates ci-dessous), le moment d’aller les écouter en live pour encore plus de vibrations.

8 morceaux réjouissants sont à découvrir sur Tawazûn, des morceaux où tous les instruments trouvent leur place dans un bel équilibre et un beau moment de musique à découvrir.

Dates de concert:

23 avril: Baiser Salé

04 mai: Alliance Française de Paris (concert retransmis en direct sur France Musique dans l’émission Générations France Musique Le Live (Podcasts et émissions en replay – France Musique (radiofrance.fr) en podcast après le 4 mai.

09 mai: Taquin (Toulouse)

19 juin: Studio de l’Ermitage

25 juin: Baiser Salé

18 juillet: et 19 juillet: Festival Jazz in Marciac

Sept leçons sur la violence, de Marc Crépon (Odile Jacob)

Sept leçons sur la violence, de Marc Crépon (Odile Jacob)

Marc Crépon est l’auteur du livre : Sept leçons sur la violence. Il est également philosophe et directeur de recherche au CNRS. Son livre ressemble à une thèse de philosophie centrée sur le thème de la violence ; sa signification, son envahissement et ses terribles conséquences sur nos vies.

Il existe toutes sortes de violence car en fait, dans nos sociétés, la violence s’immisce partout : violences d’Etat ou opposées à l’Etat, violences sociales, violences conjugales, familiales. L’auteur analyse chaque situation, avec de nombreux exemples de telle façon que le lecteur ne peut pas s’y soustraire. Car on est tous concerné par cette violence.

Marc Crépon nomme « les personnes non secourables » pour désigner toutes les personnes ou instances qui devraient intervenir dans des situations d’abus, de non-droit, mais qui ne le font pas. Leur silence devient alors meurtrier.

Marc Crépon s’attaque aussi bien au milieu politique, social qu’intime. Avec une leçon réservée aux « Violences domestiques » et une leçon réservée aux « Emprises sectaires ».

Avec de nombreuses références littéraires et philosophiques. Un travail remarquable.

Car la violence est partout. Et il est dur de la combattre. Ces Sept leçons sur la violence nous donnent les clés pour bien la cerner, la comprendre, l’analyser et surtout la refuser. Une philosophie de la Vie !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2024
Auteur : Marc Crépon
Editeur : Odile Jacob
Prix : 21,90 €

Un marivaudage truculent avec Le jeu de l’amour et du hasard au Lucernaire

Le Lucernaire laisse toute la place au Collectif L’émeute pour une adaptation haute en couleur de la célèbre pièce de Marivaux, Le jeu de l’amour et du hasard. 4 comédiens et 2 comédiennes s’en donnent à cœur joie pour un moment de théâtre rythmé et facétieux, les imbroglios se succèdent avec art jusqu’au dénouement final et une salve d’applaudissements méritée.

Un marivaudage punk

La comédie en trois actes et en prose de Marivaux a beau dater de 1730, elle reste d’une surprenante actualité quand la modernité s’y insinue par tous les pores. L’intrigue est connue, M. Orgon souhaite marier sa fille Silvia au fils d’un de ses vieux amis, Dorante. Peu disposée à accepter un mariage arrangé, Silvia prend la place de sa servante Lisette pour l’observer, ignorant que le jeune homme a eu la même idée qu’elle. En inversant les rapports maitres-valets, Marivaux a eu l’audace de questionner l’ordre établi et les préjugés sociaux, ce qui donne dans les mains du Collectif L’émeute un grand moment d’humour et de cocasserie. Les servants Arlequin et Lisette se prennent au jeu et rudoient leurs maitres rendus à leur merci, le père Orgon s’amuse de la situation et refuse d’interrompre le jeu malgré les supplications de sa fille, Dorante et Silvia croient s’éprendre des valets et s’apitoient sur cette impossibilité sociale. Les tirades sont déclamées parfaitement par Adib Cheikhi (Dorante), Marc Shapira (Orgon), Vincent Odetto (Mario), Thomas Rio (Arlequin), Lucile Jehel (Lisette) et Camille Blouet (Silvia) qui semblent s’amuser visiblement dans leurs rapports intervertis et décalés. Des musiques modernes résonnent dans certaines situations centrales (Mistral gagnant, Kozmic Blues, Just an illusion) ainsi que des morceaux classiques (Indes galantes, Mozart) pour un surplus de densité. La mise en scène de Frédéric Cherboeuf et Antoine Legras transforme la scène en fête du village avec ses guirlandes colorées et ses sièges faits de palettes de marché. Les comédiens et comédiennes virevoltent, sortant de scène par l’arrière ou par la salle dans une farandole agitée.

Le public est conquis par cette réinterprétation vivifiante qui donne au femmes une position primordiale dans le rapport de séduction, peu disposées à se laisser dicter leur conduite. La pièce est visible jusqu’au 2 juin, il est encore temps d’aller admirer cette belle proposition classique et moderne.

Synopsis:

LUTTE DES CLASSES ET COEURS EN LUTTE

Pour sonder la sincérité de Dorante, qu’on lui destine sans l’avoir jamais rencontré, Silvia échange son habit avec sa servante Lisette. Ce qu’elle ignore, c’est que son prétendant a recours au même stratagème avec son valet Arlequin. Ainsi travestis, les deux couples seront donc les dupes de ce jeu de hasard et d’amour orchestré par le père de Silvia et son fils Mario. Parviendront-ils à sortir de ce cruel labyrinthe amoureux ? C’est évidemment tout l’enjeu de ce scénario génial, épuisant pour ceux qui en sont les victimes, réjouissant pour ceux qui les manipulent.
Dissection du sentiment amoureux et insurrection de la jeunesse : une insatiable quête de vérité.

Détails:

24 janvier au 2 juin 2024 Théâtre Rouge

Mardi < Samedi 21h | Dimanche 18h

Kowari dévoile son nouvel album Memento (Flak), sortie le 26 avril 2024

Après un premier album nommé Trail sorti il y a 2 ans et qui avait précédé une tournée européenne de 50 dates, la formation belge Kowari revient pour proposer leur nouvel album Memento. Damien Chierici (violon, programmations) et Louan Kempenaers (piano, programmations) creusent le sillon de l’electronica moderne pour inviter au voyage et à l’élévation personnelle.

Une musique qui ouvre l’esprit

Tous deux de formation classique, les 2 musiciens ont d’abord pratiqué leur art que la scène pop/rock belge. Unis par la même passion pour les sons digitaux, ils se sont engouffrés avec succès dans la brèche. L’album Memento compte 10 titres complètement home made en mode huis clos grâce à leurs équipements personnels disposés dans des home-studios respectifs qui les ont aidé à accoucher de sons enivrants, sans pression extérieure mais pas sans inspiration. A la fois compositeurs, musiciens et producteurs, Damien et Louan ont délivré leurs enregistrements à Jean Vanesse (déjà producteur sur Trail) pour un mix très efficace échafaudé au GreenHouse Studio à Beaumont. Memento est un album qui tente un voyage sur des itinéraires bis escarpés, entre envolées oniriques à base de beats angéliques et de violon ou de piano. L’album laisse une grande place à l’électro dans des passages mélancoliques conclus de crescendos vivifiants. Et quand piano et violon se mêlent, c’est très intimiste et révélateur du talent des 2 musiciens. Le 3e single Cairo emmène les auditeurs dans les rues bruyantes du Caire, sacré voyage. Le titre éponyme Memento se veut plus frontal avec de l’électronique mis au premier plan dans une chanson est décliné en 2 parties distinctes, d’abord avec des sons traditionnels et puis une deuxième partie 100% électronique.

La musique est planante et musclée à la fois pour une écoute qui fait apparaitre des images et des voyages dans l’esprit de l’auditeur. Une belle découverte.

Dates de concert:

3 mai : Le rideau rouge – Lasne (Belgique)

4 mai : Le salon- Silly (Belgique)

18 mai: Fête dans un guidon – Theux (Belgique)

10 juillet: Dour Festival

Gaby ou la belle et l’argent, une BD de Marcel Pagnol (Michel Lafon)

Gaby ou la belle et l’argent, une BD de Marcel Pagnol (Michel Lafon)

Les éditions Michel Lafon publient une œuvre de Marcel Pagnol, oubliée depuis 60 ans dans des vieux cartons d’archives de Marcel Pagnol. C’est son petit-fils, Nicolas Pagnol qui vient de lui redonner vie : Gaby ou la belle et l’argent, une pièce inédite en BD !
Quelle excellente nouvelle de publier cette œuvre cette année, celle du 50ème anniversaire de la mort de Marcel Pagnol.

Gaby ou la belle et l’argent a dû être écrite vers 1954. Au départ, c’était une pièce de théâtre mais elle ne fut jamais montée car Pagnol avait déjà connu deux échecs sur les planches et décida alors, d’écrire plutôt des romans, tous empreints de ses souvenirs d’enfance en Provence. Ce qui lui porta chance vu ses innombrables succès !

C’est Véronique Grisseaux qui est la scénariste de Gaby ou la belle et l’argent. Et Luc Brahy, l’illustrateur.

Très belles illustrations, un peu rétro, qui reflètent bien l’époque de cette histoire.

Bien sûr, on ne retrouve pas vraiment la plume de Marcel Pagnol et on a même du mal à imaginer que c’est lui qui a inventé cette histoire cynique d’une femme qui court après l’argent, qui aime l’argent et qui veut gagner de l’argent par tous les moyens. Et même s’ils ne sont pas vraiment honorables, ses moyens !

Gaby est une très jolie femme. Elle a toujours vécu dans l’opulence grâce à ces nombreux et généreux amants.

Elle découvre un jour qu’elle est totalement ruinée, grâce à son père ! Elle doit séduire un homme riche le plus vite possible. Alors, Ferdinand sera sa prochaine cible. C’est un homme très intelligent, qui n’a pour le moment aucune fortune. Il faut que Gaby le séduise vite avant qu’il ne découvre qu’il va hériter d’une très grosse fortune, très prochainement.

Comédie satirique, Gaby ou la belle et l’argent dévoile aussi les mœurs de l’époque. La femme se devait d’être belle et en constante représentation. Et il fallait beaucoup d’argent !
Avec Gaby ou la belle et l’argent, on retrouve bien l’époque de Pagnol, mais pas vraiment sa plume ! On est loin de La gloire de mon père… Néanmoins, on passe un très bon moment de lecture, avec des illustrations vraiment superbes.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2024
Auteur : Marcel Pagnol/Véronique Grisseaux
Illustrateur : Luc Brahy
Editeur : Michel Lafon
Prix : 24,95 €

The Dandy Warhols dévoilent leur nouvel album Rockmaker, sortie le 15 mars 2024 (Sunset BLVD Records)

Le groupe américain The Dandy Warhols est originaire de Portland. Il s’est défini au début par un son pop psychédélique dont l’album Thirteen Tales from Urban Bohemia sorti en 2000 a fait la renommée avec les titres Get off et Bohemian like you avant le succès public de We used to be friends sorti en 2003 avec l’album Welcome to the Monkey House. Le groupe est de retour avec leur 12e album, 5 ans après le précédent Why you so crazy. Et le sillon psych-rock continue d’être creusé avec le même bonheur.

De la bonne pop américaine

Le groupe s’est fait connaitre dès 1997 avec l’album The Dandy Warhols Come Down et le titre Not If You Were the Last Junkie on Earth qui dénonçait avec humour la culture hipster. La pop psychédélique a alors connu un beau succès en Europe. L’orientation vers un rock électronique a permis d’élargir la base de fans, surtout quand leurs titres ont été utilisés dans des jeux vidéos, des films ou des séries (série Buffy contre les vampires, jeu 24 heures du Mans, série Veronica Mars). L’album Odditorium or Warlords of Mars sorti en 2005 a confirmé l’ampleur prise par le groupe. Ils ont depuis alterné entre douceur (Distortland en 2016) et énergie dans tous les sens avec Why You So Crazy en 2019. 2024 voit The Dandy Warhols débouler à nouveau avec un Rockmaker musclé, rempli de riffs de guitare punk et métal lourds et bruts, récupérés des knuckledraggers. Les accords de guitare se font mineurs, ce qui rapproche l’album des courants post-punk, deep metal et gothique. Le premier single tiré de l’album, Danzig With Myself est très orienté rock et ouvre la voie à un album qui pulse à tout va dans tous les 11 titres de l’album. Des invités prestigieux apparaissent tels que Debbie Harry, Black Francis et Slash pour apporter leur touche inimitable. Le résultat fait souvent penser à une résurgence des années 90 comme sur le titre Teutonic Wine ou The Summer of hate très proche de ce que propose le furieux Iggy Pop. L’album est aussi varié que cohérent pour une belle preuve que le rock n’est décidemment pas mort!

30 ans de carrière n’ont pas amoindri l’envie de décibels des 4 membres du groupe qui reviennent avec l’envie de prouver qu’ils ont toujours envie de décibels et de larsens!

Césaria Evora, la diva aux pieds nus (Epicentre), un documentaire sur une chanteuse unique, sortie le 23 novembre 2023

Tout le monde connait la chanteuse Cesária Evora depuis son premier titre Sodade paru en 1992. Originaire du Cap-Vert, elle a conquis le monde et est sorti de la pauvreté, elle qui a longtemps chanté dans des bars pour des montants de misère. Devenue star, la chanteuse n’a pas réussi à vaincre des démons personnels qui l’ont finalement conduit à sa perte, c’est ainsi que le documentaire de la réalisatrice portugaise Ana Sofia Fonseca est scénarisé pour faire revivre l’existence de celle qui est décédée le 17 décembre 2011 à l’âge de 70 ans.

Un portrait intimiste sans œillères

L’artiste à la voix grave et profonde est devenue une vedette internationale quasiment du jour au lendemain quand la chanson Sodade a conquis le monde entier. Mais la gloire et les honneurs ne l’ont pas empêché de se détruire à coup d’alcool et de tabac consommés avec excès jusqu’à ce que son corps ne la lâche. Cesaria Evora était une femme noire qui n’aimait pas les chaussures, loin d’avoir une silhouette de starlette hollywoodienne, avec un strabisme handicapant et qui a connu le succès dans sa cinquantaine. Elle a enregistré son album Mar Azul en France dans le sillage de ce qu’on appelait alors la World Music. Et c’est grâce à sa voix captivante qu’elle s’est fait connaitre, s’inspirant de la Morna, tradition musicale cap-verdienne, pour déclamer ses textes avec sa voix si reconnaissable. Le documentaire suit la femme simple, entière, qui n’a jamais cessé de vivre comme elle le souhaitait, profitant des plaisirs simples de la vie malgré les voyages et sa vie de diva internationale.

Pas de voix off mais des tranches de vie qui suivent le quotidien de la chanteuse, à travers ses tournées, ses concerts, ses confessions. Le spectateur peut notamment la voir rencontrer la légende cubaine Compay Segundo apparue dans le documentaire Buena Vista Social Club pour un pur moment de magie au cœur d’un documentaire qui se regarde avec mélancolie et intérêt.

Synopsis: Cesária Évora chante son titre Sodade en 1992, la faisant reconnaître internationalement à 51 ans. Longtemps simple chanteuse de bar au Cap-Vert, la légende que l’on connaît n’a pas toujours connue la gloire sinon la pauvreté. Femme profondément libre, généreuse et bien entourée, la “Diva aux pieds nus” a su finalement faire briller sa musique à travers le monde tout en restant fidèle à son Cap-Vert, la consacrant reine de la Morna et reine des coeurs.

Partout là où je suis, un bel album jeunesse (Casterman)

Partout là où je suis, un bel album jeunesse (Casterman)

Publik’art vous a déjà fait découvrir Annelise Heurtier avec son excellent roman : ToutlemondedétesteLouise.
Aujourd’hui, Annelise Heurtier nous propose encore un album qui sort de l’ordinaire : Partout là où je suis.

C’est l’histoire d’un petit garçon qui nous parle de son grand-père. Son grand-père adore la nature. Il connaît tous les noms des animaux. Il s’occupe de son jardin potager. Il aime aussi rire et danser avec lui. En plus, il est toujours là quand on a besoin de lui !

Mais son grand-père est malade. Il dit qu’on n’y peut rien, c’est comme ça. C’est la vie.

Et puis, un beau jour, grand-père n’est plus là. Le petit garçon est triste de ne plus le voir, mais en même temps, il sourit parce qu’il a l’impression que son grand-père est partout là où il est.

Partout là où je suis est un très joli album, bien illustré à l’encre et à l’acrylique par Anne-Sophie Lanquetin, avec un texte simple, à la portée des enfants. L’auteur aborde avec philosophie la fin de vie, et même la mort d’un être cher. Avec simplicité et amour. L’amour continue à vivre, bien au-delà de la mort. Un album qui peut aider les petits comme les grands à accepter le départ de ceux que l’on aime…

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2024
Auteur : Annelise Heurtier
Illustrateur : Anne-Sophie Lanquetin
Editeur : Casterman
Prix : 12,90 €

Le déserteur, un film dans l’actualité, sortie en salles le 24 avril

Le héros du film Déserteur est un soldat qui déserte en pleines opérations militaires dans la bande de Gaza. Porté disparu, les autorités craignent le pire pendant que lui se balade à Tel Aviv pour retrouver sa famille et sa petite amie. Le contexte n’est pas optimal pour la sortie de ce film qui suit un véritable pied-nickelé dépassé par ses actes. Les informations semblent passer en continu sur les écrans de télévision qu’il aperçoit avec son lot de morts. Le réalisateur Dani Rosenberg y dessine un portrait de son pays tiraillé entre l’aspiration à la sécurité intérieure et l’expérience incessante de la violence et des combats. Le héros Shlomi veut fuir la guerre mais il est piégé dans un pays qui ne peut pas, ne parvient pas à ne pas lutter. La ville de Tel-Aviv ressemble à une oasis épargnée par les combats et pourtant, les sirènes retentissent, les roquettes pleuvent. Le héros a t-il eu le courage de déserter ou bien est-il juste inconscient, la question reste ouverte et chacun peut y apporter sa réponse. Le fait est que le film a été tourné avant les sinistres évènements du 7 octobre et les non moins sinistres évènements sui ont suivi. Les scène de la bande de Gaza du film ont été tournées à proximité de la frontière avec la Cisjordanie, du côté israélien, dans le village arabe de Qulansawe. Shlomi court à perdre haleine pour fuir son unité et la guerre, toutes les ruines autour de lui ont été créées digitalement pour un maximum de réalisme. Le comédien Ido Tako a du travailler sur le corps, l’apparence et la performance physique avec un entrainement musclé. L’acteur a couru pendant les 30 jours du tournage, se reportant et dormant peu pour avoir un faciès au bord de la rupture, comme son personnage. La musique est composée de rythmique jazz frénétique rappelant celle du film Birdman pour figurer l’urgence de la situation que vit Shlomi, plongé dans un cercle vicieux dont il ne parviendra pas à s’extraire dans dommages collatéraux.

Le déserteur est un film assez puissant sur la difficulté de s’extraire d’une situation de conflit pour son héros. Le film sort en salles le 24 avril.

Synopsis: Shlomi, un soldat israélien de dix-huit ans, fuit le champ de bataille pour rejoindre sa petite amie à Tel Aviv. Errant dans une ville à la fois paranoïaque et insouciante, il finit par découvrir que l’armée, à sa recherche, est convaincue qu’il a été kidnappé… Un voyage haletant, une ode à une jeunesse qui se bat contre des idéaux qui ne sont pas les siens.

Que notre joie demeure, un beau film témoignage à découvrir le 24 avril en salles

Que notre joie demeure est un film semi-biographique de Cheyenne Caron, déjà réalisatrice de La Beauté du monde, Le Soleil reviendra et Je m’abandonne à toi. Le film revient sur les derniers jours du père Jacques Hamel, assassiné dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray en 2016. L’évènement avait provoqué un choc national, la réalisatrice rend un bel hommage en s’immisçant dans le quotidien du prêtre, en toute sincérité et sans artifices. Le film est un moment douloureux et beau, pas facile.

Un film témoignage

Ce qui marque, c’est le suivi d’une existence passée au service des autres. Il est inséré dans la vie de la cité, il écoute, il va au chevet des malades. Daniel Berlioux interprète un prêtre plein de bienveillance, toujours à l’écoute, seul dans son église mais décidé à apporter un message de paix autour de lui. Le film raconte les derniers mois de sa vie et relate la rencontre entre le père Jacques Hamel et Adel Kermiche, ce dernier tuant finalement le prêtre dans son église. Le film met en avant son parcours chaotique, et son chemin vers la destruction avec comme victime un prêtre tourné vers l’autre et le sacré. Le film permet de voir un homme tourné vers Dieu, discret, rempli de bonté et tourné vers son prochain. Le dossier de presse souligne qu' »A Saint-Etienne du Rouvray, dans la ville frappée par cet attentat, musulmans et chrétiens ont renforcé leur dialogue dans le respect« . La réalisatrice s’est rendu le lendemain de l’attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray pour être au côté de l’église de ce prêtre et prier pour lui. Le prêtre a été poignardé en pleine messe, un évènement difficile à imaginer. Des scènes d’échanges, notamment sur l’origine des vocations, agrémentent le film pour des beaux moments de témoignage. Et puis le film suit également le parcours d’Adel Kermiche jusqu’à son geste fou, avec des réflexions sur l’image donnée par la religion, religion d’amour ou de haine, échanges entre la mère et le fils, le sujet est posé et n’est pas prêt d’être résolu, la fiction essaye de donner des pistes pour expliquer son geste. Adel semble perdu, vulnérable, avec une colère sourde en lui, prêt à te sacrifier. Ca donne froid dans le dos. Car ce qui est ciblé, c’est l’endoctrinement et ses dangers, sans limites…

Le film est à découvrir en salles le 24 avril pour un beau moment de partage.

Synopsis: Le père Jacques Hamel et Adel Kermiche, deux destins se sont croisés pour le pire. En juillet 2016, Adel Kermiche a tué le père Jacques dans son église. Le parcours chaotique, tourné vers la destruction a anéanti une vie tournée vers l’autre et le sacré. Pourtant de cet anéantissement a jaillit mondialement un témoignage de bonté, celui du père Jacques. Un prêtre, discret, dont la vie d’engagement était tournée vers son prochain. A Saint-Etienne du Rouvray, dans la ville frappée par cet attentat, musulmans et chrétiens ont renforcé leur dialogue dans le respect.

Ca commence par une graine, un album jeunesse extra (Glénat jeunesse)

Ca commence par une graine, un album jeunesse extra (Glénat jeunesse)

Publik’Art vous a déjà fait découvrir le superbe album : Ça commence par un œuf.

Aujourd’hui, dans la même collection, nous allons découvrir : Ca commence par une graine.

Nous partons d’un grand et majestueux arbre du Brésil : un noyer. Son fruit est lourd et à l’intérieur, une vingtaine de graines. Ces petites graines dans leur coque, sont des noix du Brésil. Tout au long de l’album, on va suivre l’évolution de cette petite graine. Il ne faut surtout pas qu’elle se fasse manger par l’agouti qui adore ces graines ! Souvent il les enterre pour faire sa réserve. Et c’est justement parfait pour la graine qui va alors pouvoir se développer et devenir à son tour un arbre !

Le lecteur va découvrir au fil des pages l’évolution incroyable de cette graine ! Grâce à la nature et aux différents animaux, la graine se transforme et parcourt le cycle de la vie…

A la fin de l’album, une grande carte de l’Amérique du Sud est à déployer avec une enquête amazonienne à faire !

Ça commence par une graine est un album, très pédagogique et très joliment illustré. Un régal pour petits et grands !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2024
Auteur : Mary Auld
Illustrateur : Dawn Cooper
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 10,90 €

Un jeune chaman, un film puissant sur la crise d’adolescence venu de Mongolie, sortie en salles le 24 avril

Dans la capitale de la Mongolie Oulan Bator, les yourtes font face aux gratte-ciels. Les jeunes élèves du lycée se chamaillent sous le regard sévère du corps professoral. L’un d’eux, (éblouissant Tergel Bold-Erdene) a 17 ans, c’est un très bon élève et il officie en parallèle en tant que chaman. En dépit de son jeune âge, les habitants font appel à lui pour apporter prédictions et réconfort. Malgré sa vie familiale austère, il est plein de volonté et d’assiduité. Mais sa rencontre avec la jeune et séduisante Marla va tout faire basculer dans un film qui se regarde comme une chronique sociale pleine de force.

Un très beau film venu de Mongolie

Le parcours de fait penser à une éducation sentimentale. Sa vie réglée comme du papier à musique est bouleversée par des sentiments qui l’exaltent autant qu’ils le troublent, jusqu’à l’empêcher de se mettre dans l’état de transe qui lui permettait de faire appel aux esprits, le spectateur va jusqu’à se demander si ce n’était pas son désir de liberté et d’émancipation qui parlait pour lui dans ses prétendues visions. Ce premier long métrage tient en haleine tout du long quand le véritable moi du personnage prend le dessus sur l’apparente docilité qu’il ne cessait de revêtir. Le contexte social est abordé en filigrane, les problèmes endémiques d’alcool qui font de la Mongolie le premier pays au monde pour taux de les cancers du foie, les perspectives limitées, l’amertume généralisée face à un monde qui va en s’accélérant. Le moment de l’adolescence est bien indiqué pour raconter une histoire d’homme en construction et de société en transformations. Pris entre modernité et traditions ancestrales, et la société doivent bien s’adapter quitte à se renier. Le film montre les jeunes agrippés à leurs portables, en train de se déhancher frénétiquement en boite de nuit et occupés à se séduire à longueur de temps. Lkhagvadulam Purev-Ochir réalise un film ancré dans son époque pour échafauder un parcours initiatique pour un héros à la coupe de cheveux qui évolue au fur et à mesure de sa prise de maturité. D’abord une coupe courte et proprette, puis une teinture, puis les cheveux rasés et enfin une queue de cheval. Autant d’éléments qui soulignent sa quête d’indépendance et de confiance en soi. Et si le chamanisme occupe la plupart des scènes du commencement du film, c’est bien la modernité qui prend le pas au fur et à mesure des évènements, montrant par la transformation de la transformation de la Mongolie. Ses pouvoirs qui s’affaiblissent appuient sur le risque représenté par les plaisirs matériels et charnels, longtemps réfrénés par la société mais sur le point de tout renverser sur leur passage.

Le film montre la société de la Mongolie, le système éducatif rigide et l’envie d’émancipation de sa jeunesse pour renverser les carcans et se réaliser. Le film est à découvrir le 24 avril pour un beau moment de cinéma venu d’ailleurs, avec une sorte de teen movie plein d’allant.

Synopsis: Zé a 17 ans et il est chaman. Il étudie dur pour réussir sa vie, tout en communiant avec l’esprit de ses ancêtres pour aider les membres de sa communauté à Oulan-Bator. Mais lorsque Zé rencontre la jeune Maralaa, son pouvoir vacille pour la première fois et une autre réalité apparaît.

« Jours de joie » : le geste enlevé de Stéphane Braunschweig aux Ateliers Berthier

"Jours de Joie" : le geste enlevé de Stéphane Braunschweig à l'Odéon
© Simon Gosselin

« Jours de joie » : le geste enlevé de Stéphane Braunschweig aux Ateliers Berthier

Né à Bergen en 1968, auteur de romans et de nouvelles, Arne Lygre écrit pour le théâtre depuis 1998. Dès ses premières pièces, il se fait connaître hors des frontières de la Scandinavie. Traduites dans une douzaine de langues, elles sont jouées au Danemark, en Estonie, en Italie, au Portugal, au Brésil, en Allemagne. En France, un premier texte dramatique est traduit en 2000 par Terje Sinding. Mais sa véritable notoriété date des mises en scène de Claude Régy (qui crée Homme sans but à l’Odéon en 2006) et de Stéphane Braunschweig, qui nourrit pour l’écriture de Lygre une véritable passion.

Lygre partage avec d’autres auteurs du nord de l’Europe du nord certains traits caractéristiques, sans doute puisés dans l’héritage ibsénien : l’intérêt pour les relations entre proches (notamment au sein d’une famille) ; le goût des silences et des secrets intimes ; l’intensité énigmatique d’un laconisme n’excluant pas un certain goût du jeu ; un sens aigu des contradictions de la psyché ; une façon très particulière, à la fois discrète et frappante, de conduire en quelques répliques faussement banales au télescopage de différents plans d’énonciation ou d’existence, parfois jusqu’aux confins du fantastique.

Son œuvre explore de façon extrêmement personnelle les formes de la solitude et de l’aliénation contemporaines. Ses figures semblent parfois chercher à fonder, à inventer, ou simplement rejoindre un ailleurs. Mais cela ne dure pas. Et si cette invention d’un monde peut être légère et ludique, elle peut aussi se charger de menace, voire de déstabilisation.

Ainsi, Arne Lygre saisit ses personnages dans un interstice entre leur monde intérieur et le monde extérieur, un no man’s land où le réel réfracté peut être perçu dans une perspective différente et distanciée.

Avec « Jours de joie », il interroge le glissement des relations familiales, conjugales, amoureuses, amicales, à travers des groupes de personnes qui, au demeurant, ne se connaissent pas et se trouvent réunis fortuitement. Dans cet opus, comme dans les autres, des gens font face aux difficultés de la vie. Mais la pièce explore ici la façon dont ils vont, les uns et les autres, pouvoir survivre à ces malheurs et les personnages sont ici plus normaux. Le théâtre ne naît plus de la folie, mais de la rencontre entre ces femmes et ces hommes, de l’humour et de l’étrangeté des liens qu’ils peuvent nouer.

Un théâtre de mots et de jeu

La mise en scène au cordeau de Stéphane Braunschweig restitue à merveille ce théâtre de mots et de jeu écrit comme une partition de musique, avec des reprises de thèmes qui instaure une rythmique où les thèmes circulent d’un personnage à l’autre, comme dans une pièce de Tchekhov.

Sur le plateau et dans un enchevêtrement existentiel, seize personnages incarnés par huit comédien(ne)s, tour à tour proches ou inconnu(e)s, vont se retrouver et se raconter. Enoncer ce qu’ils vivent, ce qu’ils ont vécu : une rupture, un deuil, une frustration, un manque.

Un univers à la fois clos et perméable où le rapport à l’autre est mouvant, propice à une dramaturgie qui instaure une part de mystère et d’incertitude sur le vécu des personnages et de leurs actions. Le tout porté par une écriture sobre, elliptique, anguleuse, concrète, composée de phrases courtes, et suggestive, qui fait sourdre une solitude et une angoisse existentielle.

On assiste à des personnages aux prises avec une difficulté à être car ce n’est pas une solitude de situation, puisque ils sont avec d’autres mais à coté, en dehors, et prisonniers de leur façon d’être au monde, incompatible avec celle de l’autre.

Des existences fragiles et incertaines

Les personnages s’expriment à la première et la troisième personne, ils pensent à haute voix, se racontent comme s’ils se regardaient de l’extérieur. On ne sait rien d’eux en dehors de ce qu’ils disent eux-mêmes. Comme suspendus entre le passé et le futur, ils se débattent avec la fragilité et l’incertitude de leur vie.

La scénographie signée Stéphane Braunschweig colle parfaitement à l’écriture singulière du dramaturge norvégien où le grand plateau offre dans une abstraction parfaite, un square avec juste un banc qui se referme le temps d’un instant, sur un appartement et un autre huit-clos.

Et dans cette odyssée, les acteurs sont époustouflants d’aisance et de vérité pour incarner cette difficulté à dire et à être au monde. Virginie Colemyn, Cécile Coustillac, Alexandre Pallu, Pierric Plathier, Lamya Regragui Muzio, Chloé Réjon, Grégoire Tachnakian, Jean-Philippe Vidal, portent de concert cette intranquillité de l’existence. Du grand art. Bravo !

Dates : du 20 avril au 5 mai 2024 – Lieu : Ateliers Berthier (Paris)
Metteur en scène : Stéphane Braunschweig

Marilu, rencontre avec une femme remarquable, un documentaire sur une artiste pas comme les autres à découvrir en salles le 24 avril

Pour ceux qui connaissent l’artiste argentine Marilu Marini, il n’y a pas de doute sur la passion qui l’anime pièce après pièce. Née le 15 juin 1945 à Buenos Aires, cette artiste est à la fois actrice, chanteuse, danseuse, chorégraphe et metteur en scène. Le documentaire fait un focus sur un vrai personnage habité par une passion peu commune. Fille d’une mère prussienne et d’un père italien, Marilú a toujours évolué dans des domaines artistiques. Le premier moment central a été l’intégration en 1975 du groupe théâtral TSE à Paris de son compatriote Alfredo Arias. Elle est alors devenue son égérie, passant indifféremment des drames de Kado Kostzer à la comédie la plus déjantée. Habituée aux rôles démesurés et déjantés, elle a été remarquée dans les pièces sulfureuses de Copi et dans l’adaptation théâtrale de ses bandes dessinées. Désireuse de multiplier les expériences, elle s’est parfois échappée de la troupe d’Arias pour tenter des nouvelles expériences, dans le drame ou dans d’autres registres. Elle a retrouvé Arias comme partenaire et metteur en scène pour jouer notamment Les Bonnes de Jean Genet en 2001) et Le Palais de la reine de Chantal Thomas en 2005. Parallèlement au théâtre, elle a joué dans des films au cinéma pour des premiers films chez Catherine Binet, Virginie Thévenet, Olivier PyCatherine Corsini et Claire Denis. Le documentaire se regarde avec intérêt pour découvrir une artiste totale et sans concessions.

Synopsis: Marilú Marini est une actrice dont la démesure et la liberté remplissent d’une stupeur joyeuse. C’est entre la France et l’Argentine que Sandrine Dumas l’a filmée de 2016 à 2022. C’est en travaillant ensemble qu’est né le désir impérieux de filmer Marilú, pour sonder au plus près cette passion du jeu qui l’anime. C’est voyage en compagnie d’une femme dont le regard sur le monde allie à la joie de vivre, la fantaisie et la volonté de ne jamais rien lâcher.

Fanny Ardant : héroïne amoureuse et magnifique

Fanny Ardant : héroïne amoureuse  et magnifique
Fanny Ardant dans « La blessure et la soif » © Emilie Brouchon

Fanny Ardant : héroïne amoureuse et magnifique

Fanny Ardant revient sur scène dans l’adaptation du roman fleuve de Laurence Plazenet, « La blessure et la soif », récit épique de près de 600 pages, dont le spectacle se concentre sur l’histoire au 17e siècle, en pleine fronde, qui lie passionnément madame de Clermont à monsieur de La Tour.

L’amour entre ces amants est aussi ardent, fulgurant que sans issue. Une nuit, face au retour impromptu de Monsieur de Clermont, La Tour se dissimule derrière un rideau et assiste, médusé, à l’étreinte forcée des époux légitimes.

Prenant conscience qu’il désire une femme qui ne lui est pas destinée, il décide alors de s’enfuir au bout du monde.

Après un long exil, il rentre en France et se retire dans l’abbaye janséniste de Port Royal, menacée par le pouvoir royal. Il y vit isolé, dans le dénuement le plus total, et, s’il accepte de rencontrer Madame de Clermont sans la voir, il refuse de lui donner son coeur, voué désormais et à jamais à Dieu.

Une héroïne suspendue toute entière à la passion

D’une écriture éblouissante, poétique, flamboyante et tranchante à la fois, elle nous livre un récit initiatique et mystique qui fait corps avec cet amour impossible et sa brûlure terrestre. Des mots qui portent une quête éperdue d’absolu et un embrasement sur la passion intranquille, la quête de sens, la religion, la mort, l’expiation et le renoncement.

Fanny Ardant s’empare de la figure de Madame de Clermont et de cette passion intense aux tonalités extrêmes dont la lecture dramaturgique et sensorielle, fera date. L’actrice convoque avec une infinie subtilité cette héroïne libre, ardente et audacieuse pour son siècle.

D’une intériorité aussi brûlante que rebelle, Fanny Ardant impressionne de maîtrise et d’incarnation. Elle transcende la parole de Madame de Clermont, suspendue toute entière à la passion et au désir, aux prises avec son destin irréductible dont le flux dramaturgique s’entrechoque dans une mise en scène sobre de Catherine Schaub, et le décor symbolique tout en clair obscur de Jean Haas. Du grand art. Bravo !

Date : A partir du 16 avril 2024 – Lieu : Studio Marigny (Paris)
Mise en scène : Catherine Schaub

Hervé Le Corre, mélancolie révolutionnaire, échanges avec un grand auteur de polar, sortie le 23 avril 2024 aux éditions Playlist Society

Après Doa, les éditions Playlist Society s’intéressent à un autre auteur de polar, Hervé le Corre. Né le 13 novembre 1955 à Bordeaux, l’auteur de La Douleur des morts, Les cœurs déchiquetés et Après la guerre, le Professeur de lettres dans un collège de Bègles est depuis toujours un lecteur passionné de littérature policière. Il a commencé à écrire sur le tard à l’âge de 30 ans des romans noirs et le succès n’a pas tardé à suivre grâce à une écriture très naturaliste, des personnages plongés dans des atmosphères sombres et poisseuses, le succès n’a pas tardé faisant de lui un des auteurs français les plus noirs et les plus primés du roman policier hexagonal. De nombreux prix ont été attribué à ses romans pour une reconnaissance publique et critique jamais démentie. L’ouvrage propose un entretien à cœur ouvert où l’auteur de livre avec sincérité, dévoilant ses sources d’aspiration et ses intentions, lui qui évite toute forme de facilité. Il privilégie plutôt les destins individuels pour révéler les questions sociales, en lisière des intrigues plongeant le lecteur dans des contextes très noirs.

Synopsis: En 2004, Hervé Le Corre marque l’Histoire du roman noir français avec la publication aux éditions Rivages/noir de son cinquième roman, L’Homme aux lèvres de saphir, lauréat du Grand Prix du roman noir français de Paris. La suite de son œuvre se scinde entre polars contemporains et fresques historiques. Dans Qui après nous vivrez (2024), il imagine la survie de quatre générations de personnages, dans un monde ravagé par les épidémies, les guerres et la précarité énergétique. Ses textes remontent à la source des violences humaines. Son style, unique, mêle l’efficacité narrative des géants du polar américain au naturalisme des auteurs classiques.

Composé d’une introduction et d’un entretien, Hervé Le Corremélancolie révolutionnaire revient sur le parcours de cet auteur majeur, ses méthodes et ses intentions, son engagement en tant que citoyen, enseignant et romancier.

Yvan Robin écrit des œuvres noires depuis une quinzaine d’années. Né en 1983, il vit à Bordeaux. Après nous le déluge, son dernier roman, vient de paraître en poche aux Éditions J’ai lu.

Le temps du voyage, plongée dans une zone grise de l’histoire de France du XXe siècle, sortie le 24 avril 2024

En 1940, le Gouvernement de Vichy a donné l’ordre d’interner administrativement toutes membres de la population nomade de France, direction une trentaine de camps répartis sur tout le territoire. La raison? Un arrêté permettait cet internement car la circulation des nomades représentait soit disant, en temps de guerre, un risque de diffusion des informations stratégiques. Des milliers de Tsiganes de nationalité française furent maintenus dans ces camps jusqu’à la fin de la guerre, y compris 700 enfants et 500 adultes au Camp de Jargeau dans le Loiret.

Un documentaire glaçant

Le cinéaste Henri-François Imbert organise son documentaire avec des rencontres dans les communautés gitanes et manouches d’Agde et de Montauban pour retisser les fils de la mémoire et questionner le présent des Tsiganes aujourd’hui. Ce furent des milliers de Tsiganes qui furent maintenus dans une trentaine de camps, répartis sur tout le territoire jusqu’à la fin de la guerre, et même un peu après. C’est 80 ans qui sont passés depuis ces évènements. C’est lors d’une visite-conférence du Camp de Jargeau dans le Loiret que le réalisateur a eu l’idée d’approcher des Tsiganes pour mieux connaitre leur histoire. Né à Narbonne en 1967, Henri-François Imbert a commencé un journal filmé en super-8 vers l’âge de 20 ans. Il est passé à des documentaires très personnels, produits et distribués de manière artisanale, avec sa propre société de production, Libre cours. La plupart de ses films ont un lien très fort avec l’Occitanie, comme notamment No Pasaran, album souvenir (2003) qui évoque l’exode des Républicains espagnols en France en 1939 ; Le Temps des amoureuses (2008) qui revient sur le tournage de Mes Petites Amoureuses de Jean Eustache, à Narbonne en 1973, ou encore Piet Moget, un matin (2012) portrait du peintre et collectionneur hollandais, installé à Sigean depuis les années cinquante. Le documentaire décrit le quotidien d’une époque trouble où des français ont été enfermés par d’autres français dans un contexte d’occupation et de collaboration.

Les stigmates sont encore visibles après cette période délicate. Le documentaire revient sur des faits qui ne laissent pas insensibles et interrogent sur la nature humaine.

Synopsis: En 1940, le Gouvernement de Vichy ordonna l’internement de tous les « Nomades » de France. 6.500 Tsiganes, pourtant de nationalité française, furent ainsi enfermés dans une trentaine de camps en France, jusqu’à la fin de la guerre. Partant de ce fait historique, ce film questionne le présent des Tsiganes aujourd’hui.

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