[BD] Visages – Ceux que nous sommes, tome 1 : destins croisés au coeur de l’Histoire (Glénat)
Visages – Ceux que nous sommesest une nouvelle série historique qui emprunte aussi les traits d’une grande saga familiale. Une famille où les visages appartiennent parfois à deux camps ennemis qui se déchirent, que ce soit au coeur de 14-18 ou lors de la Seconde Guerre.
Alors que tous s’entretuent sur le front, un soldat français et une infirmière allemande se laissent emporter par un coup de foudre imprévisible. Mais le destin ne les épargnera pas et la génération future connaitra rancoeur et soif de vengeance en 1940…
Un scénario riche et romanesque où se mêlent des intrigues transgénérationnelles sur un total de 4 tomes prévus dans l’année 2023. Ce premier album est une très belle amorce, dont la fluidité d’écriture, la maitrise du rythme et du découpage (les différentes séquences temporelles sont plutôt bien gérées !) laissent augurer une série de qualité.
A découvrir sans plus attendre en librairie !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
L’Histoire est le visage de l’aventure humaine.
1914. Louis Kerbraz, jeune Breton passionné, part défendre la France. Au même moment, une jeune allemande téméraire, Lieselotte Ruf, arrive sur le front adverse. Cette photographe s’est engagée comme infirmière dans la Croix-Rouge. Rien ne prédisposait Louis l’immortel et Lieselotte, l’Ange des tranchées, à se rencontrer. Pourtant, faisant fi du conflit qui oppose leurs nations, ces deux âmes artistiques vont s’aimer et, de cet amour naîtra un garçon. Dans le chaos qu’engendre la fin de la guerre, les deux amants se perdent. L’« enfant de la honte » qu’ils ont conçu sera retiré des bras de sa mère, et le jeune orphelin, blessé par la haine qu’on lui voue dans son propre pays, va en concevoir un extrême ressentiment envers ses deux géniteurs… Ainsi naîtra la saga tourmentée d’une famille déchirée sur trois générations. Sur un fond historique authentique, de 1900 à 1954, suivez la destinée de cinq personnages, de nationalités et de générations différentes, qui vont inscrire leurs destins croisés dans des mondes en guerre. Mais qu’est-ce qui détermine au final notre identité ? Qu’est-ce qui constitue ceux que nous sommes ? Face à une Histoire qui se répète, les enfants réagiront-ils comme leurs parents ? L’union des différences n’est-elle pas préférable aux conflits et aux rancoeurs, préfigurant ainsi, en miroir, la formation de l’Europe des Nations ? Une grande saga d’aventures romanesques en quatre tomes, à paraître tous en 2023.
Date de parution : le 11 janvier 2023 Auteurs : Nathalie Ponsard-Gutknecht Miceal Beausang-O’Griafa (Scénario) Aurélien Morinière (Dessin, Couleurs) Genre : Histoire
Editeur: Glénat Prix : 14,95 € (56 pages) Acheter sur : BDFugue
« Le Roi Lear » dans l’aujourd’hui au Français et en direct au cinéma
Le Roi Lear, la pièce monstre de Shakespeare est aussi la plus emblématique de son répertoire, où la tragédie se dispute aux rivalités familiales exacerbées et aux enjeux de pouvoir. D’une puissance inouïe, elle nous entraîne, d’une voix incarnée par chacun des mots, au plus profond de l’expérience humaine et de ses errements.
Dans la version présentée et librement adaptée par Thomas Ostermeier, qui fait son entrée au répertoire de la Comédie-Française, après sa Nuit des Rois en 2019 (reprise au cinéma Pathé Live du 11 au 23 mai) aussi décapante que transgressive, le directeur de la Schaubühne de Berlin voit en Lear par delà la déliquescence du pouvoir, un conflit générationnel sur la transmission de l’héritage et son refus d’abandonner sa position et son influence.
Lear, tyran vieillissant, décide de partager son empire entre ses trois filles, à condition qu’elles lui déclarent l’amour qu’elles lui portent. Tandis que les aînées Goneril (Marina Hands) et Regan (Jennifer Decker) obtempèrent à des fins stratégiques, la benjamine Cordélia (Claïna Clavaron) refuse de se prêter au jeu qu’elle juge hypocrite. Une sincérité entraînant les foudres du monarque qui la déshérite et la renie aussitôt avant que les aînées décident de s’affranchir de son autorité et en abusent à leur tour car le pouvoir corrompt tout.
Une relecture actualisée
Rejeté par Regan et Goneril, qui avaient promis de l’accueillir avec sa suite, Lear s’enfonce dans une folle solitude. Mais son errance, dans la projection actualisée d’Ostermeier, ne renvoie pas à sa propre finitude car ici il ne meurt pas, mais à une cristallisation sur la permanence d’un pouvoir qui ne cède jamais et à son emprise mortifère au détriment d’une génération sacrifiée. Le tout sur fond de chaos politique, social et moral qui voit des clans et des drames intimes se disputer aux ambitions démesurées des protagonistes.
Une actualisation propice à des intermèdes comiques dans le pur esprit Shakespearien et à des clins d’œil en phase avec l’actualité comme notamment cette séquence astrologique hilarante d’Edmund à l’adresse du public, interprétée par Christophe Montenez au meilleur de son talent.
C’est dans un paysage de lande qui retient la nuit, enveloppé par la brume, dans une esthétique crépusculaire et symbolique aire de jeu, que s’inscrit et s’immortalise sans relâche l’épopée du roi maudit. Pour représenter le château de Lear et de ses filles, Ostermeier installe un simple cadre lumineux tandis que sur un écran vidéo se déploient les scènes de combat ou celle encore de la tempête. Comme pour La Nuit des rois, une passerelle relie la scène à l’orchestre où les acteurs s’adressent et prennent à partie le public à plusieurs reprises. Deux trompettistes donnent le la à la tragédie et à ses soubresauts.
Coté distribution, mention spéciale à Christophe Montenez (Edmund) qui campe un redoutable bâtard, véritable astre noir, prêt à éliminer un frère légitime Noam Morgensztern (Edgar), et à crever les yeux de son père, Eric Génovèse (Gloucester). Denis Podalydes est ce roi dépossédé au bord de la folie. Se montrant tour à tour puissant et fébrile, autoritaire et imprévisible, sénile et enfantin, il nous entraîne au plus près de l’âme humaine et de ses turpitudes. Les héritières filles de Lear, Regan (Jennifer Decker) et Goneril (Marina Hands) imposent avec éclat une stature intransigeante et machiavélique. Kent, le fidèle conseiller du roi, est ici joué par une femme, SephoraPondi, à la présence terrestre et incarnée. Enfin, Stéphane Varupenne est ce fou du roi, ironique et chantant, tout droit sorti de l’univers shakespearien. Bravo !
LJ Wagner n’en est pas à ses tout débuts. Journaliste de formation, il vit et travaille à Paris, avec une passion débordante pour l’écriture et la scène. Après Gangrène ou Odieux festin, il fait paraitre un nouveau roman qui ne se lâche pas jusqu’à la dernière page. Le récit suit les existences une mère et sa fille à travers des parcours de vie compliqués, plus de 400 pages de pages intenses ou légères, surprenantes ou difficiles, les faux semblants volent en éclat pour une histoire qui raconte ce qui se passe derrière les portes, sans qu’on sache.
Un roman sur l’eau
Mathilde est une femme d’âge mûr qui a toujours vécu auprès de son mari. Quand il décède, elle décide de partir en croisière. Si cette explication parait de prime abord fort simple voire simpliste, il n’en est rien tant le mariage n’a pas été un long fleuve tranquille pour elle. Mathilde se raconte avec sincérité et aplomb, mettant surtout en avant sa fille Manon, victime collatéralequi a très mal vécu l’ambiance familiale anxiogène. Tandis que la mère de famille monte à bord d’un bateau pour une croisière sur le thème des aventures d’une personnage reflet exact d’Harry Potter au féminin, elle doit faire face à des inconnus dans des rapports humains pas toujours faciles. LJ Wagner fait multiplier les embûches avec un naturel déconcertant. La langue est soignée, les descriptions précises juste comme il faut pour s’immerger dans une ambiance aux chausse trappes nombreuses. Les personnalités se dessinent, les amitiés et les inimités se font jour, les estivants ne sont pas que des pseudos tirés du livre à succès qui les réunit, chacun a son passé, ses blessures et ses espérances. Manon restée en France découvre les secrets de sa mère à travers un journal intime caché juste ce qu’il faut par la mère pour que la fille curieuse tombe dessus pour le parcourir et ainsi découvrir sa vérité. Présent et flashbacks alternent avec des changements de typographie qui donnent le ton sur les unités de temps et de lieu. Les détails des histoires de Mathilde et de Manon font naitre une belle émotion avec toujours cette notion de résilience propre aux femmes qui se battent pour maintenir le cap et surmonter les épreuves.
Le livre est d’une lecture des plus passionnantes, le récit sur le bateau est rythmé et les liens entre mère et fille se dessinent tout du long dans un beau maelstrom émotionnel. A noter que la pièce de théâtre Odieux festin sera bientôt produite sur une scène parisienne, l’occasion de voir l’œuvre de LJ Wagner en vrai!
Synopsis: Mathilde, 72 ans, vient de perdre son mari, Hector. Pour se changer les idées, elle décide de s’offrir une croisière un peu particulière consacrée au troisième âge, « Les Séniors de l’Anneau », direction Los Angeles… Chaque participant doit se déguiser en personnage de littérature de fantasy. Cela tombe bien, Mathilde est une grande admiratrice de la saga magique « Ally Foster ». Tandis qu’elle retombe en adolescence, s’amuse et se fait pour la première fois des amis, sa fille Manon découvre dans la maison de son enfance, un curieux document : un journal dans lequel sa mère lui raconte les cinq décennies plutôt houleuses qu’elle a passées auprès de son père. Et pendant que Mathilde se libère de son passé, Manon s’engouffre dans le sien. Mère et fille pourront-elles enfin se comprendre et se retrouver ?
Prenez 3 jeunes hommes et 3 jeunes femmes, mélangez le tout, touillez bien, assaisonnez de sauce et d’aromates et vous aboutissez à 28 personnages en recherche d’amour. Pendant 1h15, c’est un tourbillon d’historiettes et de bluettes plus ou moins heureuses. Les rires alternent avec les silences pesants quand l’émotion se mêle au jeu. C’est jeune, c’est plein d’énergie, la salle a fait un triomphe pour la première à la folie théâtre pour un beau moment de comédie touchante.
28 personnages en quête d’amour
L’histoire est bien connue, chacun cherche chaussure à son pied. Tinder, rencontres fortuites, amitiés ambiguës, coups de cœur et rencontres mis en scène, tout y passe pour montrer que la principale barrière reste soi même pour franchir le pas et tenter le saut dans l’inconnu. Scénettes légères et sans conséquences s’enchainent à des moments assez jouissifs où l’inconscient se mêle à la danse, révélant ce qui se cache derrière les réparties et les attitudes. Peurs et espérances se bousculent dans un grand tourbillon de sentiments soulignant bien que l’ère internet ne rend pas forcément les choses plus faciles. Gauthier Germain, Mathieu Cassagnes et Cyprien Pertzing sont tour à tour (faussement) sûrs d’eux, goguenards ou franchement empruntés. Face à eux, Clara Basset, Clémence Baudouin et Fiona Munoz Martinez tentent de lever bien haut l’étendard de la femme moderne décomplexée. Moralité du tout, rien ne vaut l’honnêteté et la sincérité pour faire craquer les cœurs, au risque des déconvenues. La pièce se déroule dans un troquet dénommé Café de la gare où les rencontres se font et se défont autour d’un verre avec des petites tables et des chaises qui valsent en fonction des contextes. L’ambiance est soulignée par des néons qui changent de couleur en fonction des moments, rouge passion, vert jedi ou bleu horizon, tout s’enchaine avec art et conviction.
Et si on s’aimait est une pièce parfaite pour un vendredi soir, surtout caustique au départ pour gagner en profondeur et en subtilité au fur et à mesure de son déroulement. Bravo aux auteurs Camille Cointe et Marie Iasci pour ce beau moment d’actualité et de sincérité, rien n’est caché, tout est montré, c’est parfait!
Synopsis:
Avec poésie et humour, 6 comédiens incarnent 28 personnages en quête d’amour, plongés dans ce moment magique et terrifiant : le rendez-vous amoureux.
Et si on s’aimait ? pose la question de la rencontre amoureuse, celle que l’on espère, celle que l’on redoute, celle que l’on fantasme. Après tout, nous sommes cernés par l’amour. À l’heure où l’autre semble à portée de smartphone avec les applications de rencontre, est-ce vraiment devenu plus facile de boire un verre en terrasse en face de quelqu’un qui nous plait ?
[Manga] Sanctuary Perfect Edition : le chef d’oeuvre ultime d’Ikegami et Fumimura à ne pas manquer (Glénat)
Réédité dans un écrin estampillé « Perfect Edition », le seinen Sanctuary s’offre une seconde jeunesse dans un format à la hauteur de ce manga culte.
Si le dessin peut sembler avoir pris un peu d’âge, il ajoute aussi du cachet à cette oeuvre du début des années 90. Le récit est quant à lui plein de ressources, multipliant les tournures inattendues en naviguant entre yakuzas et intrigues politiques. Un scénario d’une grande maîtrise qui tient en haleine de bout en bout, façon polar. Les personnages secondaires sont légion, et s’articulent avec merveille dans un vaste ensemble où les enjeux se démultiplient.
Bref, ces trois premiers tomes (sur les 6 de cette réédition) sont un pur régale et se lisent d’une traite avec beaucoup d’envie. A lire et à relire sans modération !
Résumé de l’éditeur :
Le retour du chef d’œuvre
Chiaki Asami, le secrétaire de politicien et Akira Hojo le chef de gang… Lorsque Asami, après avoir menacé un parlementaire de scandale, se lance en politique en se déclarant candidat aux élections, Hojo, en tant que yakuza, lui montre la voie vers le sommet. Alors que les univers de la politique et des yakuzas semblaient très éloignés, un étrange enchevêtrement de fils se révèle, laissant entrevoir une bien étrange relation… Qui de l’homme politique ou du yakuza révolutionnera ce pays corrompu ?
Dans cette série haute en trahisons et en complots, Sho Fumimura, également connu pour Ken le survivant sous le pseudo de Buronson, offre un scénario en or au talent graphique d’Ikegami. La série revient aujourd’hui dans une édition Perfect grand format en six volumes de plus de 400 pages chacun. Ne manquez pas cette rencontre avec le classique du genre !
Date de parutiontome 3 : le 18 janvier 2023 Auteurs : Sho Fumimura (scénario) et Ryoichi Ikegami(dessin) Genre : polar, seinen
Editeur: Glénat Prix : 14,95 € (432 pages) Acheter sur : BDFugue
La Saint-Valentin est une occasion parfaite pour découvrir la nouvelle cuvée Saint-Amour 2021 des Orfèvres du Vin. Un repas aux chandelles prévues pour le 14 février? Voici le vin parfait pour l’agrémenter!
Une saint Valentin voluptueuse
La cuvée 2021 Saint-Amour de la gamme Prestige est issue des vignes du Beaujolais et plus précisément les coteaux mythiques et ensoleillés de Saint-Amour. Le nectar a été élevé en cuves de bois et en fûts de chêne français, travaillé amoureusement par le Maitre de Chais Amélie Thomas. A l’œil, le vin arbore une belle robe rouge rubis teintée de reflets pourpres capable de charmer votre convive au premier regard. En bouche, des tanins puissants et subtils se font sentir, magnifiés par de légères notes de petits fruits rouges pour finir en apothéose sur une touche boisée. Ce vin accompagne à merveille un lapin à la moutarde, un faux filet et son gratin de blettes ou encore un délicieux plateau de fromages. Proposé au prix public de 8,60 Euros TTC la bouteille et de 51.50 Euros TTC le carton de 6 bouteilles, c’est un vin parfait pour une belle soirée romantique!
Publireportage:
Spécialistes des vins du Mâconnais et du Beaujolais, Les Orfèvres du Vin, anciennement dénommées “Cave de Charnay-lès-Mâcon” et créée en 1929, regroupent 70 sociétaires et produisent 9.000 hl sur une surface de 140 hectares. Ils viennent d’inaugurer leur nouveau caveau où se mélangent pierres et bois, soulignant ainsi la pertinence de leur signature «Les Orfèvres du Vin» et la recherche constante de l’excellence. La Cave de Charnay a su donner ses lettres de noblesse aux blancs, mais aussi aux rosés, aux rouges et aux vins effervescents de la région. Cette cave se veut comme un grand domaine, élevant de plus en plus de cuvées parcellaires et en respectant ainsi l’authenticité du travail de chaque vigneron. Les Orfèvres du Vin se distinguent régulièrement au concours des Chardonnay du Monde, aux salons de Paris et Mâcon et multiplient médailles d’Or, d’Argent et de Bronze pour ses différents fleurons : Pouilly-Fuissé, Saint-Véran, Viré-Clessé, Mâcon Charnay, Saint-Amour, Crémant de Bourgogne,… Autant de belles récompenses pour ces professionnels qui, au cœur du Mâconnais et du Val Lamartinien, font rimer authenticité et qualité.
Le Studio Hebertot laisse la place à la grande histoire avec L’araignée. Au XVIe siècle, le Saint Empire romain germanique domine l’Europe. Fondé par Otton Ier le Grand en 962, il comprend les royaumes de Germanie, d’Italie et, à partir de 1032, celui de Bourgogne. Il ne fut dissous qu’en 1806. Alors que Charles Quint est encore un jeune souverain ambitieux, il doit faire face à la renommée grandissante du docteur en théologie Martin Luther, décidé à combattre la décadence de l’église romaine. La pièce est une admirable passe d’armes entre 2 grands bretteurs, l’empereur et le réformateur, le premier tenant du pouvoir terrestre de l’église, le second décidé à une réforme profonde. Assez peu connue dans nos contrées, cette anecdote (fausse?) donne en tout cas lieu à une pièce hautement captivante.
Une pièce quasi scientifique
Un peu d’histoire tout d’abord puisque la pièce se déroule en 1521. La réforme protestante occasionne alors une division de la foi qui a un effet désintégrant sur l’Empire et fait craindre une guerre civile. Combattant le système des indulgences, Luther s’érige en champion de la vraie foi. L’Edit de Worms de 1521 le met au ban de l’Empire. L’Édit n’offre encore aucune possibilité de mener une politique favorable à la Réforme alors que le soutien du peuple se fait de plus en plus bruyant. Cette situation n’est satisfaisante pour aucune des deux parties. Le camp protestant ne dispose d’aucune sécurité juridique et vit dans la crainte d’une guerre de religion. Le camp catholique, en particulier l’empereur, ne veut pas d’une division religieuse durable. La pièce est un huis clos autour d’une table. 2 chaises, 2 verres et une ambiance très sombre entourent les 2 protagonistes. L’empereur est vêtu d’un costume et d’une chemise blanche, cheveux gominés en arrière qui font ressembler le très convaincant Jean-Nicolas Gaitte à Colin Farrell dans Miami Vice, très classe et déterminé. Maxime Gleizes est un Martin Luther non moins convaincant, figurant un moine non point glabre comme il est souvent représenté sur les gravures, mais barbu et vêtu d’un haut de survêtement rappelant l’habit de moine. La rencontre nocturne est secrète et mal comprise au départ. La pièce laisse planer le doute sur la place centrale du second dans l’histoire, à l’origine de la fondation de l’Église protestante, dont la doctrine a rompu radicalement avec le catholicisme, ce pourquoi il s’est détaché de l’autorité du pape avec une diffusion rapide du protestantisme, notamment en Allemagne. Une légère connaissance du contexte historique est souhaitable mais non point obligatoire. Les discussions brossent un portrait large de l’époque, avec la découverte des richesses du nouveau monde, la menace ottomane de plus en plus présente à l’est et un empire fissuré. Les discussions visent pour Charles Quint à faire abdiquer Martin Luther, ce qu’il ne fera pas comme le montre bien l’histoire avec l’Édit de Worms promulgué le 25 mai 1521 par l’empereur Charles Quint pour interdire le luthéranisme.
La rencontre a peut être eu lieu dans la réalité, ou pas, l’intérêt tient dans cet affrontement entre 2 personnages centraux de l’histoire européenne, avec une mise en scène très moderne. Néons, musique indus, mouvements désordonnés, le rendez-vous tient presque d’une rencontre mafieuse entre 2 chefs rivaux. Cette manière de moderniser la grande histoire est fascinante et n’enlève rien à la vérité historique. Quant à l’araignée, c’est une métaphore quasi psychanalytique des peurs enfouies qui ne demandent qu’à ressortir, quitte à obscurcir le jugement. Une pièce à découvrir au Studio Hébertot jusqu’au 4 avril 2023 les lundis et mardis à 19h et le dimanche à 17h!
Synopsis: 1521. Le jeune Charles Quint a pris les rênes du pouvoir du Saint Empire romain germanique dont l’unité se trouve soudain menacée par la révolte du moine Martin Luther. Il faudra entre eux deux, une discussion à l’abri des regards. Ils devront avec acharnement, confronter leurs certitudes et leurs angoisses
Elodie Rama dévoile son nouvel album Constellations avec de nombreux invités comme notamment la chanteuse La Chica sur le titre City Blues. L’album a été réalisé, arrangé et mixé par Atom du collectif C2C à Arcades Studio et masterisé par Blanka à Kasablanka Mastering. Paroles en anglais, français et en créole dans un album aussi rythmé que langoureux.
Un album enchanteur
Elodie Rama a un CV consistant, musicienne, plasticienne et animatrice radio, elle sait utiliser la poésie avec talent. Entre Nantes et Marseille où elle vit aujourd’hui, elle a su se faire un trou. Ses collaborations avec des artistes comme Hocus Pocus, Sly Johnson ou Baloji lui ont permis de prendre son envol en solo avec Strange Island, son premier EP sorti en 2013. La chanteuse a dévoilé Letter To A Sister Friend avant la sortie de son premier album Constellations chez 10H10. City Blues est une première immersion électronique aux sonorités Trip-Hop, R&B et Soul. La mélodie est fascinante et la rythmique addictive avec une ligne de basse réjouissante. Les 2 chanteuses sont au rendez-vous pour un titre prêt à tourner en boucle dans vos oreilles. Constellations est le résultat d’une nouvelle orientation entre soul et trip hop, tout en clair obscur, avec un multiculturalisme des plus réjouissants. Entre Martinique et Bretagne, Elodie Rama a tracé sa voix. Partie maintenant sure les bords de la Méditerranée, elle est aussi attirée par l’Asie et l’Afrique. Elle mélange le bèlè de son aïeul martiniquais Eugène Mona aux mots de Glissant ou Saint John Perse. Les mots sont entonnés en français, en anglais et en créole, reflet d’une vraie culture métisse qu’elle perpétue à travers ses chansons, comme dans une constellation de rencontres, d’histoires et de musiques.
L’album a été enregistré en famille pour évoquer les ancrages mémoriels et géographiques dans une jolie sarabande de chansons enchanteresses à découvrir!
L’enfant du volcan, un roman de Léo et Ghyslène Marin (Albin Michel)
Léo et Ghyslène Marin nous confient une histoire qui fait partie de leur histoire familiale mais aussi de l’Histoire de la France. Un événement peu glorieux.
De 1962 à 1984, plus de 2000 enfants Réunionnais ont été transférés dans des départements français où l’exode rurale était trop importante. L’objectif était de repeupler ces départements, entre autres la Creuse.
Ces enfants ne relevaient pas tous de l’aide sociale à l’enfance. Ils n’étaient pas tous orphelins, loin de là ! Les parents signaient un acte d’abandon sans pouvoir même lire leurs papiers ! On leur faisait croire au miracle en allant en France !
Et les auteurs, Léo et Ghyslène Marin, Léo étant le fils de Ghyslène, nous racontent comment ont pu vivre ces enfants « déportés ». Comment ont-ils réussi à survivre…
On les a forcés à oublier leur langue maternelle, à oublier tout leur passé. Leurs conditions de vie dans des pensionnats pour malades (alors qu’ils étaient en pleine santé), ou des orphelinats, étaient déplorables ! Ces petits ne se souvenaient plus de leur toute petite enfance, ils oubliaient, au fil des jours, leur famille Réunionnaise. Ils étaient complètement abandonnés, en manque d’amour et de reconnaissance.
Quelquefois ils étaient adoptés et devenaient souvent esclaves dans une famille soi-disant bienveillante…
Mila, petite Réunionnaise, est une petite fille qui s’est retrouvée au Château de Saint-Avre. Elle a eu la chance d’établir un lien profond avec Ernestine qui tenait l’épicerie du village. Leur relation fut incroyable, comme hors du temps. Hector, le mari d’Ernestine, n’était pas comme tout le monde, mais Mila les avait adoptés tous les deux et venait régulièrement se réfugier, se ressourcer chez eux. C’était son havre de paix, son havre d’amour. Jusqu’au jour où Ernestine, Mémé, comme une évidence, a demandé à adopter Mila ! On connaît l’administration française…
Eh bien à cette époque, ce n’était vraiment pas joli ce qu’il s’y passait ! Et ce, dans une totale indifférence !
Avec L’enfant du volcan, Léo et Ghyslène Marin donnent la parole à tous ces enfants, dont Ghyslène Marin elle-même, qui ont souffert d’un acte inadmissible et dont la vie a été brisée du jour au lendemain. Rien ne pourra leur rendre leur enfance ! Un très bel hommage ! Un très beau livre, vraiment poignant !
Les Licornes, Avec mon doigt… Mon livre sonore (Usborne)
Les éditions Usborne proposent pour nos tout jeunes lecteurs, dès 10 mois, un livre sonore empli de magie : Les Licornes. De grosses touches sur le côté sont très faciles à manipuler par le tout-petit. Il suffit d’appuyer dessus et une musique magique apparaît ! Et des licornes, toutes différentes, très colorées, vont attiser l’imaginaire de nos petits. A chaque page, un symbole « licorne » différent et une musique différente. Un album entièrement cartonné, dont les jolies illustrations racontent, à elles seules l’histoire. Dans la même collection, on trouvera également : Les dinosaures, Le jardin.
Les Licornes, Avec mon doigt… Mon livre sonore, est à offrir à toutes nos petites mains !
2 ans après Bar de nuit et Rincer à l’eau, Sandor est de retour avec son nouvel opus La médaille. Résolument chanteuse féminine avec une touche de masculinité, logée entre l’enfance et le monde adulte, la chanteuse dévoile son nouvel album.
Une belle musicalité
Deux ans après Bar de nuit et Rincer à l’eau, Sandor est de retour, avec des changements profonds, des nouveaux thèmes, des nouvelles collaborations, et un album plus puissant et plus radical. Le clip de La Médaille a été dévoilé et l’artiste chevauche un vélo d’entraînement pour foncer avec ardeur à la poursuite d’une médaille tout à tour à portée de main ou inatteignable. Sandor évolue devant un décor abstrait réalisé à partir d’animation 3D et d’illustration. La médaille a plusieurs apparences pour illustrer la multiplicité des types de recherche pour chacun. Les paroles résonnent d’une triste actualité, elles qui ont été enregistrées peu de temps avant le début de la guerre en Ukraine. Elle chante plus de guerres, plus de batailles pour un vibrant appel à la paix. Elle évoque les types de cyberharcèlement qui avaient pour résultat d’inonder les comptes féministes d’émojis médaille, elle souligne surtout le combat toujours en cours pour l’égalité hommes femmes. Dans Les Peupliers, elle évoque les arbres de la mélancolie et du souvenir. Sandor dévoile une facette plus intime de sa personnalité, avec des arrangements plus doux et harmonieux.
Sandor sera le 4 mars aux Docks de Lausanne. L’artiste suisse entonnera ses titres tout prêts pour fédérer les foules contre les injustices de ce monde. Ce concert sera une sorte de release party après avoir dévoilé durant l’été 2022 Amour Propre, un morceau à la fois rétro avec des synthés et des rythmiques à la limite du hip-hop. Sandor fair référence à la hongrie, beaucoup connaissent l’illustre écrivain Sandor Marai, coincidence?
[BD] Jim Bridger, quand le plus grand trappeur de l’Ouest remonte le fil de l’Histoire (Glénat)
Dernier né de la collection « La véritable histoire du Far-West » aux éditions Glénat (après Jesse James et Wild Bill Hickok), Jim Bridger vient s’illustrer en tant que trappeur du début des années 1820, alors que les Etats-Unis font leur conquête de l’Ouest. Faisant partie des plus grands Mountain Men des rocheuses, Jim Bridger fait le récit des faits marquants de sa carrière.
Une rétrospective qui permet d’en apprendre beaucoup sur le rôle d’explorateur qu’il a eu en ouvrant de nouvelles voies. On découvre aussi le mode de vie que cela impliquait. Une vie solitaire au milieu d’une nature rude : entre tribus indiennes parfois hostiles, froid polaire et chasse aux castors, Jim Bridger a appris à vivre seul et lire les paysages nouveaux qui l’entouraient sans jamais les oublier.
Ce Jim Bridger nous fait voyager avec lui à travers sa vie dans les rocheuses. Bien que le rythme se trouve entrecoupé par des flash-backs à des époques différentes de sa vie, on prend plaisir à découvrir ce personnage méconnu et pourtant légendaire grâce à un dessin maîtrisé qui dégage caractère et naturel. A lire.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Sur les traces du plus grand mountain man de l’Ouestaméricain. En 1822, le jeune Jim n’a pas encore 18 ans mais il sait que l’aventure l’attend à l’ouest de Saint-Louis, cette ville marchande et cosmopolite du Missouri située à l’extrémité du front pionnier. Le coeur ouvert à l’inconnu, il débute sa carrière de trappeur en s’engageant dans la première grande expédition, celle de William Ashley, qui avec deux bateaux et une centaine de volontaires, remonte la haute vallée du Missouri à la recherche de «l’or brun des Rocheuses», les peaux de castor. Au péril de sa vie, il affronte les hivers redoutables et les grizzlys, rencontre les peuples amérindiens pour lesquels il nourrit un profond respect et explore les territoires les plus reculés de l’Ouest, du Grand Lac salé aux geysers de Yellowstone. Démontrant un courage, une sérénité et une endurance à toute épreuve, il connaît de folles aventures dans les régions montagneuses, se fiant à son instinct de survie et son sens exceptionnel de l’orientation pour se tirer d’affaire. Au fil du temps, sa renommée est si établie que les convois de pionniers et les détachements de cavalerie s’arrachent ses services pour les guider au milieu d’une nature hostile et sauvage! Devenu une légende vivante, Jim Bridger force l’admiration et nous ouvre les portes d’un âge d’or où trappeurs, négociants et Indiens se réunissaient chaque année dans les somptueuses vallées du Wyoming pour commercer et se divertir. La conquête de l’Ouest n’en est encore qu’à ses débuts et va bientôt bouleverser cet équilibre. Une époque passionnante de l’histoire américaine dans lequel éclot le mythe des Mountain Men, ces êtres rudes, entreprenants et individualistes, vivant en osmose avec un territoire qu’ils ont vu disparaître sous les roues des chariots qu’ils avaient eux-mêmes guidés… Pierre Place nous entraîne sur les pasd’une figure légendaire dans un récit personnel qui nous rappelle les grands espaces immortalisés par Jim Harrison. L’ensemble prend vie grâce à son trait vivant et généreux sous l’oeil expert de Farid Ameur,historien et spécialiste de la conquête de l’Ouest américain.
Date de parution : le 11 janvier 2023 Auteurs : Pierre Place (Scénario,Dessin) / Chris Regnault (Couleurs) / Farid Ameur (Autres) Genre : Histoire, Western
Editeur: Glénat Prix : 14,95 € (56 pages) Acheter sur : BDFugue
« En attendant Godot » de Samuel Beckett est un texte fondateur mettant en scène la tragédie de l’existence et la déraison du monde dans laquelle l’humanité se perd. Absurdité donc de la condition humaine où attendre Godot c’est espérer que cela va changer alors que cet espoir est vain.
Deux hommes sont seuls au milieu de nulle part à la tombée de la nuit et attendent quelqu’un, Godot. Cet homme providentiel — qui ne viendra jamais — leur a promis qu’il serait au rendez-vous. En l’attendant, les deux amis tentent de trouver des occupations, des « distractions », des diversions pour combler le vide et cette interminable attente. Ils sont à l’affût du moindre divertissement et leur dialogue est traversé de quiproquos, d’incompréhensions, d’insignifiance, de faux espoirs, sans cesse répétés et renouvelés.
Une poésie facétieuse
Les deux personnages rappellent les couples interdépendants célèbres comme Sganarelle et Don Juan ou Don Quichotte et Sancho Panza ou encore Alex et Zavatta, Laurel et Hardy mais aussi une forme de dualité : le père, le fils, l’esprit, le corps.
L’incarnation des deux vagabonds par André Marcon (Estragon) et Gilles Privat (Vladimir) est un coup de maître. Ils sont magnifiques de cocasserie et de complicité, d’intensité et de tendresse mêlées, avec cette capacité rare d’inscrire leur jeu dans une immédiateté et une poésie facétieuse qui font entendre comme jamais les mots de Beckett et cette humanité confisquée, confrontée à une errance et à une perdition de l’être source d’une solitude infinie, que le dramaturge se plait à souligner d’un art du décalage et d’une flamboyance funeste qui n’appartiennent qu’à lui.
Un magicien de la scène
Hérésie d’un monde irréconciliable qui voit se rencontrer nos deux éclopés et ce couple maître-esclave interprété par Guillaume Lévêque (Pozzo, le maître), Eric Berger (Lucky l’esclave) et Antoine Heuillet (le garçon) où se mettent à jour les rapports de force et la mise en abîme de toutes les détresses humaines, à la fois victimes et bourreaux.
Alain Françon est un magicien de la scène. Sa direction d’acteurs, sa précision de tous les instants, son imaginaire au service du texte, assorti d’une gestuelle clownesque et céleste des comédiens, mobilisent complètement le spectateur, propice à un questionnement en profondeur sur la condition humaine, sa destinée à la fois tragique et burlesque. Du grand art. Bravo !
Dates : 3 février au 8 avril 2023 – Lieu : La Scala (Paris) Mise en scène : Alain Françon
Loco Cello est une vraie expérience musicale autour de la musique de chambre et du jazz gipsy avec un quatuor à cordes complètement iconoclaste. Composé de composé de François Salque au violoncelle, Samuel Strouk à la guitare et de Jérémie Arranger à la contrebasse, l’ensemble est de retour le 03 février 2023 avec son nouvel album Tangorom.
Un lâcher prise total
Le deuxième opus est marqué par la participation de Biréli Lagrène et Adrien Moignard pour un voyage à travers l’Argentine et l’Europe de l’Est avec des touches réjouissantes de jazz manouche et de musique classique. Pas de frontière pour le trio qui multiplie les références et mélange musique classique, jazz et musiques du monde des plus jouissifs. Les musiciens sont au diapason et réinventent le concept de quatuor à cordes avec l’association de 2 guitares, un violoncelle et une contrebasse. Le résultat est une musique de chambre à la fois classique et mélodique, pleine de swing et de tonalité aérienne. Le projet musical donne le pouvoir au cordes autour d’une construction rigoureuse, exigeante et poétique. L’utilisation de cordes pincées (guitares et contrebasse) et de cordes frottées (violoncelle) fait merveille et la musique de Loco Cello fait mouche pour une belle émotion et une indéniable virtuosité, avec des plages de semi improvisation qui emmènent l’auditeur très loin dans des contrées inédites. Le jazz et le tango ont rarement été aussi bien interprétés!
Dates de leur tournée : 13/02 – Album Release – Paris – Café de la Danse feat Biréli Lagrène 19/03 – HMKO Les heures musicales du Koshersberg – Truchtersheim feat Biréli Lagrène 30/03 – Les Deux Alpes Musicales – Les deux alpes 26/05 – Festival Musique dʼun Siècle – Dieulefit 02/06 – LʼEze Harmonies – Èze 18/06 – Maisons-Laffitte Jazz Festival – Maisons-Laffitte 07/07 – Festival ArtenetrA – Celles-sur-Belle 11/07 – Festival Saint Cirq Causse et Vallée – Saint-Cire 12/07 – Festival en Blanc et Noir – Lagrasse 30/07 – Blois 31/07 – Festival Jazz au Phare – Ile de Ré feat Biréli Lagrène 09/09 – Festival du Vexin
Regarde le vent, un roman de Marie-Virginie Dru (Albin Michel)
Marie-Virginie Dru est une artiste complète. Non seulement elle est auteure, mais également peintre et sculptrice. Avec Regarde le vent, qui vient de sortir, elle nous offre son deuxième roman. Excellent roman. Si vous le commencez, sachez juste qu’il vous faudra du temps devant vous car vous ne serez pas prêt de le lâcher ! Camille est guide-conférencière à Paris. Mais depuis quelques temps, la nuit elle se met à écrire, et avec passion ! Depuis la mort de sa grand-mère. Camille est une femme qui se replonge dans son passé, sur ses grands-mères, arrières, arrières-arrières grands-mères ! Trois générations de femmes vont revivre sous la plume de Marie-Virginie Dru. Mais que de piments ! Que d’histoires merveilleuses de femmes, toutes plus insolites les unes que les autres. Des femmes en avance sur leur temps, des femmes avides de liberté et d’amour. Des secrets si bien cachés et des vies uniques. Du passé qui reste inscrit dans la vie actuelle de Camille et qui lui pose question. A-t-elle elle aussi cette force de liberté et d’indépendance ? Ou est-elle entrée dans une sorte de soumission vis à vis de son mari ? Ah, son mari ! Qui est-il ? Un homme à plusieurs facettes. Un journaliste reconnu mais qui se voudrait écrivain. Un homme capable de tout, du pire comme du meilleur. Un homme que Camille finit par craindre, malgré l’amour qu’elle lui porte. Sous la plume de Marie-Virginie Dru, le récit est si fluide qu’on passe du présent au passé, sans ambiguïté. Les personnages principaux sont : Camille, Jeanne, sa fille, Raphaël, son mari, Henriette son arrière-arrière-grand-mère, Odette, son arrière-grand-mère, et Annette, sa grand-mère. Un savant récit d’histoires mélange le passé et le présent. En fait, le présent reste toujours lié au passé et le passé explique bien des choses du présent ! Et cela reste très perturbant pour Camille. Regarde le vent est un roman qu’on a du mal à lâcher et qu’on aimerait qu’il ne se termine jamais ! Une belle réussite !
Tout le monde se souvient de l’année 1997 quand le groupe de folk, rock, reggae français, originaire de Brest, Matmatah a cartonné avec son tube Lambé An Dro, mais réduire son œuvre à ce hit serait réducteur. La preuve, le groupe est de retour avec un double album intitulé Miscellanées Bissextiles rempli morceaux à écouter rapidement!
Un beau retour
Miscellanées Bissextiles est le premier double album du groupe. Le guitariste Emmanuel Baroux a quitté le groupe pendant l’enregistrement et a été remplacé par Léopold Riou. Mais certaines de ses parties ont été conservées dans l’album. La chanson Bet You and I a été dévoilée en juin 2021 sans aucune autre information. En novembre 2022, l’album a été annoncé avec la sortie de la chanson Brest-même. En décembre 2022, le groupe a publié la ballade Hypnagogia longue de plus de 7 minutes, hypnotique, langoureuse. La version CD comporte les titres 1 à 5 sur le premier disque et les titres 6 à 14 sur le second. La version vinyle est différente, avec la chanson Erlenmeyer sur la face A et les chansons 2 à 5 sur la face B, 6 à 9 sur la face C et 10 à 14 sur la face D. Le double album est principalement chanté en français mais aussi en anglais avec des morceaux tous très cohérents les uns avec les autres. Le clip réalisé par Lenny Urbain et Mickaël Delahaie en dit long sur les ambitions du groupe à reprendre la devant de la scène comme ils l’ont déjà fait par le passé.
Matmatah est de retour, et ça fait du bien de les savoir autant en forme. Avec leur musique aux styles chamarrés, l’album remplit toutes ses promesses, avec du rock, du folk et du reggae, tout ce qu’on aime chez Matmatah, le tout sous l’étendard breton hissé bien-haut, ça fait plaisir!
Casareggio, c’est 3 cousins et 2 amis d’enfance, une famille venue des rivages de San Benedetto Po au nord de l’Italie. Le projet a débuté en 2019 après différents projets musicaux pour raconter ensemble l’histoire des Casareggio qui a tant marqué leur enfance.
De la belle chanson française à textes
Le premier EP de Casareggio insiste sur le besoin de l’individu de maitriser ses instincts et de s’élever pour trouver l’équilibre. L’héritage familial est bien présent, la ville dont ils sont issus est la digne représentante des vieilles lignées italiennes et le petit fief de Mantoue ne s’est réunifié à l’Italie qu’en 1948. Les 3 cousins et les 2 amis d’enfance ne se privent pas de porter un regard acide sur les valeurs aristocratiques qui rattachent inévitablement un individu à sa caste et à ses richesses quitte à ne le réduire qu’à ça. Les textes ont été écrits avec une jolie ironie pour placer au plus haut le besoin d’indépendance, rejetant le système des vieilles traditions clivantes qui poussent à l’enfermement au détriment de l’épanouissement personnel. Les titres En voiture et Sauna Hammam Jacuzzi (version moderne du métro, boulot, dodo?) sont joliment entrainants, même dansants, avec des paroles qui donnent envie d’être fredonnées, et même chantées à tue tête. Le Voyage Extraordinaire part du présent pour faire un pont vers le passé, avec une musicalité qui leur est propre. Le désir d’émancipation est là, ils ne veulent pas tourner en rond comme ils le disent bien dans Comme un poisson.
Les membres de Casareggio veulent sortir du carcan d’une élite autodésignée pour écrire leur propre histoire avec des morceaux à la belle poésie. Quand ils entonnent J’aime Saint-Tropez, tout est dit, la crise est proche, ils ne supportent plus l’entre soi et se construire eux-mêmes. L’ironie est de mise et ça fait plaisir à entendre.
Signé sur le label Big Scoop Records (Naâman, Fatbabs), le rappeur Mood Supachild installé à Bordeaux et d’origine rwandaise chante en anglais et livre son nouvel EP Big Convoy après avoir révélé le single du même nom au clip tourné par lui-même. RnB classieux pour des chansons qui s’écoutent avec langueur.
Des morceaux dans l’air du temps
Mood Supachild est porté par un flow qui remplit tout l’espace. Boy we on your convoy est le gimmick redondant de son premier single, il n’oublie pas ses amis, sa famille et tout son entourage. Hip Hop et RnB remplissent l’espace et la formule est bien connue. Les couplets sont lâchés avec énergie, les refrains sont chantés pour une atmosphère 100% urbaine. L’autre titre Hate on You surfe sur la même voix pour un RnB tout en souplesse. Same shit est un autre single aux mêmes sonorités, est-il une référence au peintre Basquiat dont le blaze était Samo pour Same old shit? Les textes sont mis en avant, les sonorités sont minimalistes, il évoque la routine de l’existence de laquelle il faut savoir sortir. De son vrai nom Anthony Musoni, l’artiste est un musicien, chanteur, auteur et compositeur membre du collectif WorldWide Kids, il a créé avec cette même équipe le label Paper Heals Music en 2015. Le collectif a écumé les salles pour faire des premières parties, des festivals et se construire un répertoire musical avec celui qui se nommait à l’époque Kool A. Kool A est l’ancien pseudonyme ce celui qui est devenu aujourd’hui Mood Supachild et qui a sorti en 2011 son premier EP acoustique intitulé Symphony of my thoughts produit par son entourage. Influencé par des grands noms comme Outkast, Musiq, Lil Wayne, Kendrick Lamar, Dwele, Lauryn Hill et Jay Z, il a perfectionné son flow pour en faire sa marque de fabrique.
Fan de sampling, de break beat, de rap classic, d’afrobeat et de R’n’b, Mood Supachild fait le show dans tous les styles de musique. Boy Convoy est à découvrir pour se laisser aller dans un,e atmosphère toute personnelle.
Marie Lebey a déjà écrit de nombreux romans (17 ans porte 57, Un ange en exil, Mouche, Vol d’homme…). Bref, Marie Lebey est une autrice qui n’a peur de rien, ni de personne.
Aujourd’hui, Marie Lebey nous propose un très chouette moment de lecture avec La valeur des rêves. On entre de plain-pied dans le monde de l’art, et plus particulièrement celui d’Alexander Calder. Il est devenu célèbre grâce à ses stabiles. Et Moustipic en fut un !
Mais comment un énorme stabile de Calder a-t-il pu se retrouver dans un village vacances, au bord d’une piscine ? Moustipic permet aux enfants d’étendre leurs serviettes de bain ! C’est le comble ! Une œuvre qui vaut au bas mot cinq millions de dollars !
Lucie de Clichy est chargée d’élucider le mystère. Est-ce vraiment une œuvre majeure de Calder ou plutôt juste un tas de ferrailles ? Jusqu’où va aller Lucie pour découvrir la vérité sur Moustipic ?
Au fil des pages, l’écriture de Marie Lebey nous régale ! Beaucoup d’humour, de fantaisie mais aussi d’érudition. Et franchement, on passe un moment excellent avec Moustipic ! Avec de jolis clins d’œil à l’Histoire et à l’Art.
La valeur des rêves, un roman qui oscille entre les rêves et la réalité ! Succulent !
Le piège de Huda se déroule à Bethléem, dans le contexte toujours tendu d’un territoire partagé entre un pays et une population victime des constantes exactions. Reem est une jeune femme à l’existence compliquée. Mauvais mariage, sans emploi, un mari difficile, elle s’offre un moment de liberté en allant chez sa coiffeuse. Et tout d’un coup sa vie déjà imparfaite vire au cauchemar. Celle qu’elle considère comme une amie est en fait une espionne agissant pour le compte des occupants israéliens. Un chantage s’organise sur la base de photos compromettantes pour assurer son silence. Mais rien ne se passe comme prévu et c’est parti pour 1h30 de migraine.
Un film imparfait mais prenant
La jeune mère et la coiffeuse se retrouvent sous les feux croisés de la résistance palestinienne et de la redoutable armée israélienne, tous adeptes de la torture psychologique ou physique pour faire ployer les récalcitrants. Le réalisateur Hany Abu-Assad aime à évoquer le conflit israélo-palestinien pour complexifier une situation déjà en équilibre instable. Il est déjà allé de la comédie (l’excellent Le chanteur de Gaza) à l’action (La montagne entre nous) en passant par le drame (Paradise now). Huda’s Salon est un thriller qui multiplie les impasses et les échanges à bâtons rompus entre la coiffeuse Huda et son ravisseur. Un jeu du chat et de la souris s’organise dont l’objectif est de retrouver Reem. Le film aurait pu gagner en ampleur en ne se contentant pas de passer du lieu de détention d’Huda à l’appartement de Reem. Huda doit communiquer des noms avant une mort quasi certaine, Reem veut échapper autant aux factions rivales qu’à son mari anxiogène. Le film passe du contexte global aux cas particuliers sans que l’issue soit longtemps certaine. Si le film souffre quelque peu d’une théâtralité excessive, l’antagonisme des forces contraires donne au film une pesanteur constante loin d’être déplaisante. Le film montre surtout du doigt la condition des femmes victimes collatérales d’un conflit qui n’en finit pas, toujours prises en tenaille entre perspectives personnelles contrariées et oppression publique, autant dans leur communauté qu’avec l’ennemi, et même au sein du foyer. Les acteurs sont percutants, Ali Suliman et Maisa Abd Elhadi occupent tout l’espace avec justesse.
Le piège de Huda est un film retors aux ressorts quelque peu éculés mais ne manquant pas d’intérêt. A découvrir en salles le 1er février.
Synopsis: Reem, une jeune mère mariée se rend au salon de coiffure de Huda à Bethléem, en Palestine. Après avoir mis Reem dans une situation déshonorante, Huda la fait chanter et la contraint à donner des renseignements aux services secrets israéliens, et ainsi à trahir son peuple. Dans la nuit, Huda est arrêtée par Hasan, membre de la résistance… mettant en danger la vie de Reem et de sa famille.
Le vocaliste et maître du oud tunisien Dhafer Youssef est de retour. Compositeur, chanteur et oudiste, il bénéficie d’une histoire déjà longue et d’une histoire non moins complète.
Un artiste reconnu
Dhafer Youssef a entamé sa carrière musicale dès l’âge de 10 ans avec des prestations lors de mariages dans son village natal. Grâce à sa voix, il s’est fait remarqué et a acquis une certaine notoriété au niveau local et il a été invité plusieurs fois sur Radio Monastir. Installé en Autriche à Vienne pendant 10 ans entre 1989 et 1999, il vit maintenant à Paris. Dhafer Youssef trouve principalement son inspiration dans les traditions soufies, le lyrisme arabe, les influences multiculturelles et l’improvisation du jazz. Dans son premier opus, il jouait avec son propre groupe Ziryab du nom du célèbre musicien andalou. Un deuxième trois-titre (1996) est paru où il a mis en avant la vocalisation. Il a travaillé avec Paolo Fresu, Nguyên Lê, Bugge Wesseltoft, Omar Sosa et Nils Petter Molvaer, preuve de son universalisme culturel revendiqué. Dhafer Youssef est connu pour être à l’avant-garde d’un mouvement de musique contemporaine qui réunit aussi bien l’Orient que l’Occident, mariant le jazz et l’improvisation avec son jeu de Oud. Dhafer Youssef a livré des prestations dans tous les coins du globe, avec notamment Herbie Hancock ou Zakir Hussain. Il compte à son actif de nombreuses récompenses: lauréat du prestigieux Dutch Edisson Award et de 2 BBC-Awards. Le disque Street of Minarets se veut le reflet de cette très large vision entre musiques traditionnelles et sonorités plus modernes. Le large champ des invités sur le risque donne le tournis et démontre une fois de plus la large audience autour de cette expérience musicale.
Cette combinaison du son oriental avec le son occidental est des plus vivifiantes, à découvrir dès le 27 janvier!
Le Nouvel An chinois, avec plus de 150 autocollants (Usborne)
Cette année, Le Nouvel An chinois se fête le 22 janvier ! Il est aussi appelé Nouvel An lunaire.
Pour le fêter dignement, les éditions Usborne ont édité un petit cahier d’activités : Le Nouvel An chinois, avec plus de 150 autocollants !
Chez nous, le Nouvel An est célébré durant juste une journée alors qu’en Chine, les festivités se prolongent durant 15 jours complets ! Pour terminer avec la célèbre Fête des lanternes.
Avec ce petit cahier on découvre la vie de Jing et de sa famille. Ils se préparent à fêter le Nouvel An. Ils vont acheter des décorations au marché pour décorer leur maison avec des bambous porte-bonheur. Un repas exceptionnel sera aussi cuisiné pour le diner de la veille du Nouvel An, avec les meilleures spécialités.
Le soir, ils assisteront à des feux d’artifice ! Le lendemain, ce sera la danse du dragon, puis celle du lion. Que du bonheur ! 2023 est l’année du lapin !
Avec ce cahier rempli de surprises chinoises, le jeune lecteur va se familiariser avec des coutumes et une culture qu’il ne connaît pas ! Une très jolie découverte !
Le Nouvel An chinois, avec plus de 150 autocollants, est à mettre entre toutes les petites mains, pour leur plus grand bonheur !
Imaginez un inspecteur farfelu, cocasse et dans la lune, ajoutez le miroir magique de Blanche-neige, le loup du petit Chaperon rouge, une fée excentrique et un tas d’autres personnages fantastiques et vous comprendrez que le Lucernaire fait la part belle à l’imagination et au lâcher-prise avec cette pièce haute en couleurs. Les 3 comédiens et la comédienne de la Compagnie Ucorne n’ont pas de limites pour rendre compte du conte défait de Pierre Gripari grâce à l’adaptation rocambolesque du metteur en scène Eric Fauveau. Une heure de rires et de magie ravit les enfants et leur famille dans une ambiance de la plus pure bienveillance.
Un pur moment de folie
Le télescopage continu de personnages issus de célébrissimes contes rend la pièce des plus jouissives. Oubliez toute logique cartésienne pour profiter à plein d’une pièce dans la plus pure liberté, inspirée de la Comedia Del Arte et du surréalisme. Le personnage « le plus normal » est l‘Inspecteur T., mais lui a besoin d’être un peu déconnecté du monde pour frayer avec des héros de contes. La pièce ne dure qu’une heure, mais elle pourrait en durer 2 que les enfants n’y trouveraient rien à redire. Le rythme est percutant, sans temps mort, ça enchaine sans cesse et la salle en redemande. Magie et maléfices semblent nicher au Lucernaire tandis qu’une sarabande de personnages arrivent et repartent de la scène. Les comédiens et la comédienne multiplient les rôles et submergent l’audience dans une grande vague de bonheur décomplexé. Difficile de croire qu’une pièce de théâtre puisse faire preuve d’autant d’inventivité, et pourtant, il faut le voir pour le croire. La salle était pleine, preuve que le bouche à oreilles a déjà fait son oeuvre. Les enfants ont quitté la terre pendant toute la représentation, preuve qu’ils sont particulièrement sensibles au délire et à la bonne humeur tout en passant par une large gamme d’émotions. Joie, peur, curiosité, la pièce montre bien qu’il n’est jamais vain de titiller l’imagination des plus jeunes, au contraire, ils en redemandent.
L’Inspecteur T. est un sacré hurluberlu, de ceux qui marquent l’esprit pour longtemps. Le triomphe est total et il ne faut pas hésiter à tenter l’expérience pour un beau shoot de bonheur= Surtout que les enfants peuvent repartir de la salle les poches pleines de confettis en tout genre, de quoi les ravir!
Synopsis: « Enquêtes, filatures, flair et discrétion »… telle est la devise de L’Inspecteur T. … ou presque ! L’intervention de celui-ci va occasionner des rebondissements inattendus dans les fables de notre enfance. Les contes s’emmêlent et les héros se retrouvent précipités dans d’autres histoires. Vont-ils réussir à remettre de l’ordre dans la logique de leurs aventures ? Féérie, poursuite et quiproquos, sont les ingrédients d’une mise en scène librement inspirée du théâtre de tréteaux et de la farce, où se mêlent la folie et le burlesque pour emporter dans son sillage toute la famille.
S’il est bien un auteur classique qu’il ne faut pas hésiter à transgresser, c’est bien Molière. La compagnie de la Comédie Tour Eiffel n’y va pas par 4 chemins avec un ton volontairement burlesque et des attitudes outrées qui font mouche auprès des enfants et des parents. Le metteur en scène et interprète d’Argan Gilles Hoyer en fait des tonnes et ça fonctionne complètement. Le texte est respecté, l’esprit est là et tout le monde s’amuse comme des fous, comédiens inclus. La réussite est totale, un moyen parfait pour initier les plus jeunes aux grands textes!
Une adaptation parfaite
Tout le monde connait l’intrigue. Argan est l’archétype même de l’hypocondriaque sévère, tellement tourmenté qu’il ne se soucie ni de son épouse profiteuse ni de sa fille éprise d’un jeune homme différent de celui à qui il la destine. Les comédiens sont au diapason avec des irrésistibles surprises à découvrir dans la salle. Malgré la petite taille de la scène, les comédiens rivalisent d’imagination, n’hésitant pas à circuler parmi le public, ni à sortir dans la rue toute proche ou à prendre à parti le premier rang. La bonne humeur est communicative et la pièce d’1h10 ne laisse pas un moment de répit pour reprendre son souffle. Les attitudes sont loufoques, l’histoire contient quelques références aux temps présents (un homme joue une femme, Argan use et abuse des lavements…) et le public en redemande.
Les doutes initiaux sur une pièce destinée aux plus de 6 ans sont vite balayés. Tout le monde s’amuse et Molière n’a jamais été autant d’actualité. Bravo à la Comédie Tour Eiffel, la pièce est une belle réussite!
Synopsis: » Me couper un bras et me crever un oeil afin que l’autre se porte mieux ? La belle opération de me rendre borgne et manchot ! « Voilà les seules limites « médicales » que se donnent Argan, hypocondriaque notoire. Il enchaine les clystères, lavements et autres purgations pour guérir de ses maladies imaginaires et prévoit même de marier sa fille à un médecin, car comme il le dit avec une honnête niaiserie : » C’est pour moi que je lui donne un mari médecin ! Et une fille de bon naturel doit être ravie d’épouser ce qui est utile à la santé de son papa. « Chacun d’entre nous connait un Argan, peut être le sommes-nous un peu nous-même ? Rions ensemble de nos propres travers !
Le Saviez-vous?
Le malade imaginaire est la nouvelle création de la compagnie de la Comédie Tour Eiffel. L’avare et les fourberies de Scapin se jouent actuellement au Point Virgule.
Tout est gris quand tout aigrit, A moins que ce ne soit l’inverse, de Benjamin Valliet (Le Lys Bleu)
Publik’Art vous a souvent incités à lire cet auteur incroyable qu’est Benjamin Valliet. On a adoré tous ses livres, tous très différents, sur des registres très variés, l’un met en avant les femmes et l’autre les chats : 366 dates pour célébrer les femmes(mars 2022) et Chat-necdotes (Septembre 2022) Et aujourd’hui, c’est un tout petit livre que nous propose Benjamin Valliet : Tout est gris quand tout aigrit. Un livre que l’on peut découvrir un peu plus chaque jour. Difficile à lire d’une traite. En effet, il ne s’agit pas du tout d’un roman, mais plutôt d’un dictionnaire très ciblé. Et les définitions sont données, par Michel D, par ordre alphabétique, avec beaucoup d’humour et d’auto-dérision, humour noir bien sûr. Michel D. dit tout haut ce que l’on pense, tous, souvent tout bas. Il n’a pas peur de ce que l’on va penser de lui, bien au contraire. Il crache la vérité au monde entier ! Et ce qu’il dit est souvent vrai et malgré tout, très drôle ! Malgré la noirceur et l’aigreur !
Pour vous donner une sacrée envie de le lire, Publik’Art vous propose quelques extraits :
« APL : pour éviter qu’ils ne se rebellent, miettes allouées aux pauvres pour mieux tomber dans les poches des riches propriétaires fonciers.
Banque : établissement appartenant à des voleurs qui ont pognon sur rue et la loi pour eux.
Cheveux : partie du corps qui obsède le plus les jeunes et les footballeurs – obsession que l’on partage mais parce que nous on n’en a plus, même si on se fait des cheveux de ne plus en avoir.
Erection : gonflement et durcissement du zizi, miracle qui arrive peu souvent et qui, comme la police, n’est jamais là au bon moment au bon endroit.
Gastro-entérite : maladie bénigne mais qui fait quand même chier.
Métro : moyen de locomotion qui nous fait croiser davantage de cons que si on ne l’avait pas pris.
Vacances : laps de temps pendant lequel on pense constamment qu’il va falloir incessamment retourner travailler. »
Bon, vous l’aurez compris, Michel D. n’est pas trop en forme en ce moment ! Comme l’écrit Thomas Croisière dans sa préface, on espère que le prochain livre de Benjamin Valliet soit du style : Tout égaye quand tout est gai ! Pour cela, il faut non seulement acheter ce petit recueil, Tout est gris quand tout aigrit, mais surtout l’offrir à vos amis ! N’oubliez pas qu’un livre ne se prête pas ! il s’offre ! Et Benjamin retrouvera la joie de vivre pour retrouver la force de nous écrire encore une autre petite pépite !