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Une belle BD antimilitariste, Underground aux éditions La Boite à Bulles

Ce projet a reçu l’aide du gouvernement australien par le biais de l’Australia Council, son organisme consultatif et de financement des arts. Underground revient sur une période où les bruits de guerre en Asie se faisaient entendre dans l’Australie voisine. Pour aider son alliée américaine, l’Australie a organisé une loterie pour laisser le hasard choisir des jeunes pas motivés comme soldats à fournir à Oncle Sam. Une histoire assez incroyable mais pourtant vraie relatée par Mirranda Burton dans cette BD super informative où on voit les artistes se soulever contre une guerre jugée absurde, surtout pour une jeune génération peu désireuse d’aller combattre des soi-disant ennemis de la paix dans un temps où le monde était bipolaire entre USA et URSS. Une BD qui revient sur un temps pas si lointain… un bijou d’information aux éditions La Boite à Bulles!

Synopsis:

Quelle est cette idée, pour le moins saugrenue et pourtant historique, d’enrôler un wombat dans la Guerre du Vietnam ?

L’histoire se passe en 1965. En Australie, les jeunes ne se pressent pas dans les bureaux de recrutement de l’armée. Pour pallier ce manque de volontaires, le gouvernement met en place une loterie un peu particulière : elle a pour objectif de désigner les prochains jeunes hommes à envoyer au front en soutien aux troupes américaines…

À Melbourne, Jean McLean, une femme au foyer (et future politicienne australienne), s’insurge contre cet appel aux armes pour le moins… inique. Il en va de même pour ses amis artistes Clif et Marlene Pugh, qui vivent dans le bush australien avec leur wombat Hooper.

Déterminée à renverser ce qu’elle appelle une « loterie de la Mort », Jean crée le mouvement « Save Our Sons » destiné, comme son nom l’indique, à protéger les fils de la nation de la machine de guerre gouvernementale. Avec d’autres militants, elle descend dans la rue pour protester. De leur côté, Clif et Marlene inscrivent Hooper, leur wombat, sur les listes du recensement afin de montrer toute l’absurdité de ce système de recrutement.

Sur la base d’une solide documentation, Mirranda Burton mêle absurde et tragique, pour composer  un saisissant hymne à la paix et à l’empathie. 

Editeur: La Boite à Bulles

Auteur: Mirranda Burton

Nombre des pages / Prix: 272 pages / 29 euros

Les cuvées pour la Saint Valentin 2023, une mine de découvertes (épisode 1)

Comme tous les ans, des cuvées m’ont été adressées pour préparer la Saint Valentin 2023 et faire de belles découvertes. Vins rouges, blancs, pétillants, de toutes origines, parfait pour fureter et trouver ce qu’on apprécie le plus!

Les Vignerons de Cascastel : L’Ange Blanc 2020, IGP Vallée du Paradis

Rondeur, douceur et force de caractère sont les mots qui caractérisent le mieux cet Ange Blanc. Peuplée depuis le temps de l’antiquité, la Vallée du Paradis est une région éloignée de tout réseau routier. La luzerne et des fleurs bleues recouvrent le sol et forment un véritable écrin de verdure, ce qui explique l’origine de son nom divin. Les Vignerons Artisans de Cascastel s’inspirent de cette richesse pour leur vin blanc. C’est un vin qui présente une belle fraîcheur et une certaine nervosité. Le vigneron Artisan Stéphan Louche le recommande lors d’un apéritif entre amis avec des toasts à la tapenade noire ou encore des châtaignes de Lozère. Le tarif de 4,95 euros (prix caveau) la bouteille invite à la découverte!

Domaine Franck Chavy : Paradis 2021, AOP Régnié cru du beaujolais

Ce très beau vin proposé par le Domaine Franck Chavy au tarif de 11 euros la bouteille se compose de Gamay pour une grande complexité aromatique. Le vin a été obtenu grâce à des vieilles vignes (les plus vieilles ont entre 110 et 120 ans, avec une moyenne d’âge de 60-65 ans), une forte densité de plantation, 10 000 pieds ha, pour augmenter la surface d’ensoleillement et réduire la vigueur de chaque cèpe, des petits rendements, l’utilisation de biostimulant et biocontrôle pour aider la vigne à lutter contre les maladies et à optimiser la photosynthèse, beaucoup de travail manuel précis sur les vignes, une grosse prise de risque à la récolte en retardant celle-ci au maximum pour optimiser le potentiel phénolique et une récolte 100 % manuelle. Le résultat est un vin qui suscite la convivialité. Composé de Gamay Noir à jus blanc 100%, le vin se déguste avec des viandes grillées au barbecue, des volailles rôties ou tout simplement sur une planche de fromages et de charcuterie en apéritif, parfait avec des amis.

Château de Lastours : Château de Lastours Grande Réserve 2018, AOP Corbières

Situé près de la mer Méditerranée, Château de Lastours présente un vignoble de 100 ha et une oliveraie de 10 ha répartis sur 850 ha. Ce terroir unique offre des conditions géologiques et climatiques idéales pour des vins mondialement reconnus. Ils sont en conversion vers l’agriculture biologique depuis août 2017 et serons certifiés pour le millésime 2020. Le vin se compose des cépages Syrah, Grenache, Mourvèdre et Carignan. Le premier nez intense révèle les fruits noirs (cassis) et rouges (framboise). Après aération, les arômes de vanillés et toastés de l’élevage ainsi qu’une pointe chocolatée se font sentir. L’attaque est élégante et dense, avant de laisser place ensuite à une bouche structurée aux tanins fondus. L’aromatique est riche avec des fruits noirs confiturés en attaque, auxquels s’ajoutent des notes de garrigue (thym) puis des saveurs torréfiées et chocolatées sur la longueur. Le vin accompagne idéalement des mets basés sur la qualité et la texture de la viande (carpaccio de bœuf, magret de canard au grill), mais aussi des gibiers rôtis ou en sauce (rôti de chevreuil, lièvre à la royale) et les fromages à pâte persillée pour souligner la souplesse des tanins. Un très grand vin, je laisse la surprise pour le tarif…

Domaine Pichon & Fils : Promesse 2021, Côte Rôtie

Ce Côte Rôtie Promesse a été élevé sur une superficie de 3 ha 20 et un sol composé de Schiste. Les vignes sont disposée en coteaux pour un assemblage de 90% de Syrah et 10% de Viognier. Le Domaine Pichon & Fils n’a pas fait les choses à moitié avec ce vin rouge alliant puissance, fraîcheur et élégance dans un subtile mélange d’arômes de fleurs et d’épices. Le vin se déguste idéalement avec une viande rouge ou du canard avec un gout plus prononcé. Le tarif de 51 euros donne envie de se laisser aller à la dégustation!

« Un mois à la campagne » : l’âme russe en effervescence

Un mois à la campagne" : l'âme russe en effervescence
© Juliette Parisot

« Un mois à la campagne » : l’âme russe en effervescence

Ivan Tourgueniev, fin connaisseur de l’âme russe en effervescence, nous plonge dans les affres de l’amour qui vient, le temps d’un été, semer le trouble puis le désordre, chez des bourgeois paisibles et tranquillement retirés à la campagne.

Un jeune homme, engagé comme tuteur du fils de la maison, est convié à entrer dans le salon mais cette irruption soudaine dans un monde de conventions et d’insatisfaction, va faire chavirer les cœurs. Celui de Natalia, la maîtresse des lieux, et de Vera la jeune pupille.

Il y a là un ordre social chahuté, ébranlé d’habitude par des soulèvements ou des mouvements de révolte, et que l’attraction amoureuse ici bouscule jusqu’à révolutionner la maisonnée, chambouler la vie quotidienne, faire vaciller l’équilibre social et familial. Car là où le désir circule, le trio est secoué.

Une femme amoureuse à la fêlure romanesque

De ces personnages en proie à des sentiments irraisonnés aux prises entre l’illusion de leurs vies et sa frustration intime, on côtoie une impossibilité à être et les faux-semblants. De frustrations en bonheur inaccompli, de jalousie en rivalité calfeutrées, les tensions s’accumulent, l’orage menace. Les sentiments qu’éprouvent Natalia font naître chez elle un incroyable vague à l’âme alors qu’en même temps, elle ne peut admettre de trahir sa condition et son mari.

Natalia éprouve pour la première fois la fulgurance d’aimer, et c’est à cette déflagration de tout son être à laquelle on assiste et dont elle n’est pas préparée. Radiographie passionnée mais aussi cruelle des conflits intérieurs qui bouleversent l’être et le voit se débattre avec la passion impossible, l’emportement, les doutes, les contradictions, les peurs, et les renoncements.

La mise en scène élégante mais trop sage de Clément Hervieu-Léger édulcore le trouble et la confusion des sentiments. L’embrasement porté par le texte, au plus près des pulsions, des actes manqués et des faiblesses des protagonistes, ne s’électrise pas de ses désirs inassouvis et de ses souffrances enfouies.

Une mise à distance qui reste à coté de cette vérité humaine à la fêlure romanesque. Dommage !

Dates : 10 janvier au 4 février 2023 – Lieu : Athénée Théâtre Louis-Jouvet (Paris)
 Mise en scène : Clément Hervieu-Léger

L’homme pénétré aux éditions La Boîte à Bulles, une BD super pédagogique et ludique sur un sujet souvent mal connu

La BD met dès les premières pages les pieds dans le plat. La pénétration anale chez l’homme est souvent, voire toujours, associée à l’homosexualité. Mais les auteurs le soulignent très bien, pas de prosélytisme ou de promotion de quel ordre que ce soit, tout le monde peut être considéré par ce sujet, sans classification aucune. Le sujet souvent tabou est abordé ici sans pression ni suffisance, dans le seul but de s’interroger, surtout pas pour brusquer les sensibilités. Sujet ardu mais traitement super intéressant, souvent drôle avec des personnages inventés pour l’occasion, une super lecture ludique et pédagogique!

Une énorme surprise

L’ouvrage se concentre sur une étude quasi sociologique dans la France de 2019 avec des rappels historiques et des statistiques parfois surprenantes. Comme celle soulignant que moins d’un homosexuel sur 2 pratique la sodomie ou celle rappelant les condamnations et exécutions de gens pratiquant la sodomie par delà le monde, souvent des homosexuels. La BD montre aussi des choses pas forcément connues de tous, comme la stimulation personnelle de la prostate, pas si inconnue mais nimbée de silence. Et puis la BD accumule les saillies faisant réfléchir, comme par l’intermédiaire d’un personnage ouvertement macho, ouvrant le débat sociétal « L’homosexualité c’est contre nature! ».

La BD fait réfléchir et va bien au-delà de la simple pratique. Une curiosité qui contribue à un débat au-delà des préceptes et des on-dits!

Synopsis:

L’homme pénétré… Derrière ce titre détonnant se cache un tabou à la vie dure ! Dans ce livre, il est évidemment question de la pénétration anale masculine – en particulier chez les hétéros… -, une pratique qui, si on la décortique « en profondeur », recoupe bon nombre de problématiques clés de notre société contemporaine (genre, consentement, droit à la différence, respect de l’autre…). 

Pour explorer ces thèmes, Martin Py et Zoé Redondo confrontent les points de vue de Johakim, Gaëtan, Alissa et Merwan, quatre personnages aux profils bien divers. Au fil d’une conversation amusante et didactique, chaque membre du « quatuor » livre et confronte son point de vue sur la question de la pénétration anale chez les hommes, mais aussi plus généralement sur les questions de sexualité et de genre.

En sondant les origines d’un plaisir transgressif, les personnages déconstruisent leurs préjugés respectifs et nos propres barrières, apportant des réponses aux questions essentielles sur la notion de virilité, de féminité, mais aussi d’amitié et de respect du corps.

Une bande dessinée instructive qui marie sociologie, sexologie avec un humour débridé et bienveillant.

Editeur: La Boite à Bulles

Auteur: Dessin : Zoé Redondo / Scénario : Martin Py

Nombre de pages / Prix: 160 pages / 23 euros

Portrait de l’écrivain en chasseur de sanglier (Mialet Barrault)

Portrait de l’écrivain en chasseur de sanglier (Mialet Barrault)

Publik’Art vous avait déjà révélé Jean-François Kierzkowski avec son livre Après le mur, où il se livrait sur son histoire familiale, côté polonais. Aujourd’hui, il nous propose un tout autre genre avec son dernier roman : Portrait de l’écrivain en chasseur de sanglier. Un vrai moment de récréation … littéraire !

Le ton est donné dès la première ligne : « C’est comme pour les Dupondt de Tintin… »

L’auteur va nous entrainer dans une histoire assez incroyable ! et vraiment drôle !

Le héros de cette histoire : l’auteur lui-même. Il est en recherche de reconnaissance (pourtant dans la vraie vie, il en a !). Il habite à la campagne, loin des milieux littéraires. Il accepte de participer à un ouvrage collectif, proposé par l’Académie française. Ce n’est pas rien l’Académie française. Il doit écrire une notice sur Chateaubriant, avec un t, Alphonse de Chateaubriant, qui paraitra dans les « Grands prix du roman de l’Académie française ».

On passe souvent du coq à l’âne, de saucisses au sanglier, en passant par Chateaubriant, sans bien comprendre où veut nous mener l’auteur, mais vraiment sans jamais s’ennuyer ! Au contraire, on sourit à la première phrase et on rit à la seconde ! C’est tout simplement fantasque et génial ! Et le tout, sous fond de nouvelles littéraires croustillantes.

Mais assurément, cher lecteur, vous serez surpris par cette lecture et vous découvrirez tout un vocabulaire pointu aussi bien autour de la chasse qu’autour de la littérature (savez-vous ce qu’est une antonomase ?), sans parler de la vie de Chateaubriant ! Mieux, vous découvrirez la vie de cet homme qui fut vite jeté aux oubliettes après la guerre alors qu’il était grand auteur reconnu de son temps. Mais il n’a pas été top au moment de la guerre… Même carrément, collabo…

Beaucoup d’humour, beaucoup d’ironie, beaucoup d’auto-dérision, pour nous dévoiler un Portrait de l’écrivain en chasseur de sanglier absolument unique !
Vraiment quel régal ! On en redemande encore !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Janvier 2023
Auteur : Jean-François Kierzkowski
Editeur : Mialet Barrault
Prix : 19 €

L’imagier du Père Castor : Les engins

L’imagier du Père Castor : Les engins

Les éditions du Père Castor complètent leur collection des Imagiers avec : Les engins.

70 photos d’engins, 70 mots à découvrir comme le tractopelle, le camion-toupie, la botteleuse, le tramway, le camping-car, la carriole, le tandem, le canadair, le porte-conteneurs…

Des engins connus et d’autres moins connus ! Une chose est sûre : chaque photo découvre un engin qui sert à véhiculer soit des hommes, soit des marchandises, sur terre, sur mer mais aussi dans l’air. Ou à travailler la terre. Qu’ils roulent, volent ou flottent, qu’ils soient à pédales, à moteur ou à voile, ils sont tous répertoriés dans ce bel imagier.
42 pages entièrement cartonnées. Les illustrations sont de vraies photos des engins.

L’imagier du Père Castor : Les engins, est un très bel album à mettre entre toutes les petites mains pour découvrir le monde qui nous entoure.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 11 janvier 2023
Auteur : A.Telier
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 13,50 €

Les producteurs au Théâtre de Paris, un énorme moment de théâtre total!

Si Les Producteurs connait un tel succès public avec une énième prolongation jusqu’au 2 avril, ce n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un énorme travail de préparation à tous les étages. La troupe de 16 danseurs / chanteurs / musiciens / comédiens multiplie les changements de rôles et de costumes pendant 2h25 de spectacle mené tambour battant. Pas de temps mort dans une comédie musicale digne des shows à l’américaine de Broadway. Qui a eu la chance de voir les Miz‘ ou Chicago à New York City sait bien que seule la crème de la crème a le droit de fouler les planches, les meilleurs des meilleurs sont sur scène. Une impression similaire se dégage au Théâtre de Paris avec une mise en scène au cordeau et des performances éblouissantes tout du long. Difficile de ne pas sortir de la salle avec un énorme sourire collé au visage et le sentiment d’avoir assisté à un spectacle unique.

Un spectacle fou, fou, fou

Le pitch est des plus truculents, digne des meilleures pitreries XL du grand amuseur Mel Brooks. Un producteur ruiné se fait aider par son comptable pour imaginer le spectacle le plus bancal possible et se remplir les poches. Le sujet est des plus improbables, une comédie musicale autour d’Hitler chorégraphiée par un artiste tout droit sorti de la cage aux folles. La troupe est censée être composée de bras cassés pour garantir un bide monumental. Manque de pot, le spectacle Des Fleurs pour Hitler fait un triomphe. Déjà à l’origine des succès Edmond et Le Porteur d’histoire, Alexis Michalik adapte brillamment le show ultime de Broadway Les Producteurs, de quoi enthousiasmer le public et faire lui aussi un triomphe. Tous les comédiens sortent leurs plus belles prestations. Benoit Cauden et son doudou sont le comptable Léo Bloom à l’origine du concept de comédie musicale catastrophique changée en or. David Auguren est la fofolle Roger de Bris, Andy Cocq est son acolyte Carmen Ghia, Serge Postigo est le producteur Max Bialystock, toute la troupe est au diapason d’une bonne humeur communicative entre tourbillon et folie douce. Le public ne sait plus où regarder, le spectacle est total et chaque comédien et comédienne livre un numéro grandiose avec sa touche personnelle, ça déménage littéralement. Les décors changent en permanence, la préparation intensive permet un numéro parfaitement huilé, millimétré et chronométré, sans aucune anicroche ni perte de temps. A tel point que plusieurs soirées doivent être nécessaires pour en apprécier la profondeur et la justesse. Les moments de bravoure s’enchainent sans discontinuer, une excellente forme est requise pour fouler la scène et participer au délire. Les comédiens n’en manquent pas et les spectateurs activent les zygomatiques en permanence.

Nul besoin d’en rajouter, Les Producteurs est LE spectacle à réserver au plus vite pour passer une soirée de rêve, rien de moins. Il fallait bien être un Mel Brooks issu d’une famille juive germano-russe pour avoir l’idée d’un tel spectacle avec un tel protagoniste à la moustache en brosse à dents. La dérision est au rendez-vous, l’humour est roi, les comédiens sont au top, quoi demander de plus?

Synopsis:

Le Molière 2022 du spectacle musical
Le Molière 2022 de la révélation masculine pour Benoit Cauden

Le show de Broadway le plus primé de tous les temps est actuellement à l’affiche du Théâtre de Paris, dirigé par le metteur en scène le plus récompensé de ces dernières années (Edmond, Le Cercle des Illusionnistes, Le Porteur d’Histoire..) : Alexis Michalik.

Ce spectacle donné à Broadway à partir de 2001 est resté à l’affiche plus de 6 ans avec un succès public et critique retentissant.

Une occasion exceptionnelle pour le public français de retrouver l’humour caustique, irrévérencieux et déjanté du réalisateur américain Mel Brooks et de son film : Les Producteurs (1967)

Un producteur proche de la ruine imagine une arnaque à l’assurance en montant la pire comédie musicale, sur un scénario indigent, dirigée par le pire metteur en scène, avec un cast improbable… rien ne se passera comme prévu.

Petites histoires du Père Castor pour toute l’année

Petites histoires du Père Castor pour toute l’année

Les Petites histoires du Père Castor est un magnifique album, illustré, qui contient 12 histoires à lire tout au long de l’année. Il vient juste de sortir !

C’est un album intelligent car les parents vont être aidés dans le choix de l’histoire à lire : soit en fonction de l’âge, soit en fonction du temps de lecture, soit en fonction du thème de l’histoire. Les parents trouveront également des conseils pour bien raconter les histoires aux petits en fonction de leur âge.
Chaque histoire est très joliment illustrée et facile à comprendre.
Les premières histoires s’adressent aux petits dès l’âge de 3 ans :
Les animaux qui cherchaient l’été
Le premier œuf de Pâques
Les Ptimounes – A l’aventure !
Pour les jeunes de 4 ans :
Le bateau rouge d’Oscar
La Botte du Père Noël
Poule coquette
Un carnaval formidable
Une histoire de galette et de roi
Et pour les 5 ans :
Ma rentrée chez Rose
Noulouk
L’Ours et la poupée
Le Soleil et le Vent

Plusieurs thèmes y sont abordés : les saisons, les sentiments, les fêtes, l’école, les animaux, les jeux, les vacances…

Petites histoires du Père Castor est une petite merveille à offrir et à lire à ses petits chaque soir pour faire de jolis rêves !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 11 Janvier 2023
Auteur : collectif
Illustrateur : collectif
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 10,95 €

Au long des jours, un roman de Nathalie Rheims (Léo Scheer)

Au long des jours, un roman de Nathalie Rheims (Léo Scheer)

Publik’Art connaît depuis toujours Nathalie Rheims. Avec Place Colette, et Les Reins et les cœurs, elle a su nous envoûter par son écriture, à la fois si vraie et si implacable.
Dans chacun de ses livres, l’auteur nous révèle une grande part de vérité sur sa vie. Avec Place Colette, elle a 13 ans. Et nous révèle sa vie amoureuse. Dérangeante…
Avec Au long des jours, qui sort aujourd’hui, Nathalie a 18 ans et tombe amoureuse d’un homme connu, assez célèbre, de trente-sept ans son ainé. Cet homme a existé mais il n’est jamais nommé. Par contre, une photo de lui et de Nathalie orne la page de couverture du roman. Mais c’est une fiction ! Allez comprendre ! Du coup, Publik’Art ne dévoilera rien sur cet homme…

Une fiction complètement basée sur son histoire vraie. L’auteure a été amoureuse de cet homme, et elle était prête à tout pour obtenir ne serait-ce qu’un regard…

Une histoire d’amour peu commune, mais pas vraiment enviable… Reste la poésie… restent les souvenirs…

Au long des jours, un roman d’amour qui remonte à la surface bien des années après ! Comme un joli rêve qui fait du bien !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 11 janvier 2023
Auteur : Nathalie Rheims
Editeur : Léo Scheer
Prix : 17 €

La magie Casse-Noisette est repassée au Palais des Congrès

Le spectacle Casse Noisette est repassé à Paris pour des spectacles à guichets fermés ou presque. La dernière session a eu lieu le dimanche 8 janvier. Le Ballet Académique de Naples et l’Orchestre Philharmonique National de Moldavie Serghei Lunchevici ont livré une prestation grandiose marquée par un porté avec une main salué par la foule en délire.

Un classique de Noël

La troupe de danseurs et de danseuses s’est exprimée avec majesté sur la célèbre musique de Tchaikovsky interprétée avec talent. Rien de nouveau ni d’original, comme pour les soirées de Noël, le public attend de retrouver ce qu’il connait, la musique, les danses, l’histoire. Un soir de Noël, un Casse-Noisette prend vie et la magie peut opérer. Vivement Noël 2023 pour la prochaine venue du ballet à Paris. Certains prévoient de voir ce spectacle une fois par an minimum, c’est une très bonne habitude que le confinement Covid avait mis à mal, heureusement c’est reparti. Organisation parfaite du Palais des Congrès malgré la foule très très nombreuse, la foule des spectateurs était contente, surtout que le spectacle était au rendez-vous. Un spectacle pour toute la famille, les enfants étaient nombreux, attentifs, fascinés, un vrai plaisir éternel pour tous les âges!

Synopsis: Un soir de Noël, la jeune Clara se voit offrir un casse-noisette, pantin inanimé qu’elle tient dans ses bras avant de sombrer dans un profond sommeil. Elle plonge alors dans un rêve étrange où soldats de plomb, rats et chauve-souris se livrent bataille. Guidée par son petit hussard de bois, devenu prince charmant, Clara affronte ses peurs et ses doutes comme autant de sentiments nouveaux et inconnus.

Cette année, la magie de Noël s’invite au Palais des Congrès avec le chef-d’œuvre classique de Tchaïkovski, interprété notamment par le Ballet Académique de Naples avec la participation de danseurs invités ukrainiens ! Casse-noisette, ballet-féerie en deux actes, fut présenté pour la première fois en décembre 1892 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Le spectacle est l’occasion de (re)découvrir la célèbre musique du compositeur, dont la fameuse Valse des fleurs. Un moment féérique pour petits et grands !

Sylvain Creuzevault possédé par les Frères Karamazov

Sylvain Creuzevault possédé par les Frères Karamazov
Les Frères Karamazov © Simon Gosselin

Sylvain Creuzevault possédé par les Frères Karamazov

Les Frères Karamazov est une œuvre monstre.

Sylvain Creuzevault taille dans les 1300 pages les éléments d’une lecture inspirée par Heiner Müller et Jean Genet, selon qui l’ultime roman de Dostoïevski est avant tout « une farce, une bouffonnerie énorme et mesquine ».

Le parti pris farcesque devient ici un manifeste sous le regard percutant de Creuzevault qui s’empare avec l’exigence foutraque qu’on lui connait, du roman russe, où il traque, sans relâche, le mouvement paradoxal d’une écriture qui ne cesse de se retourner (le rationnel devient fou, le croyant quitte le monastère…) où s’abolissent les frontières entre l’innocence et la culpabilité, la pureté et la perversité, la foi et l’impiété, la liberté et la servitude.

Ainsi, après avoir annoncé le roman de formation d’un jeune saint en devenir, voilà que le narrateur se met à raconter l’histoire d’un crime impossible. Lequel de ses fils a tué l’ignoble Fiodor Karamazov ? Dimitri le sensuel, rival de son père en amour, semble le coupable idéal.

Mais si Aliocha, fortement attiré par Dieu, est vertueux, naïf, il pourrait bien avoir joué un rôle dans l’affaire, ne serait-ce qu’en ne voyant rien venir. Enfin Ivan, l’intellectuel brillant mais tourmenté par la question du mal radical, ne l’a-t-il pas souhaité malgré lui ?

Adaptation hors norme

À roman démesuré, adaptation hors norme car elle déborde le cadre narratif et son intrigue pour s’enraciner dans des questions philosophiques et métaphysiques : affrontement abyssal entre le bien et le mal, remise en question de Dieu, de la justice, de la grâce et subtile mécanique du retournement qui confronte les personnages à leurs contradictions existentielles. Où la bouffonnerie de Dostoeïvski peut alors s’exercer sous tous les angles possibles : métaphysique, politique, familial.

Ce sont toutes ces dimensions que Creuzevault explore par tous les bouts et qui met à mal les paradoxes d’un monde hanté par ses démons originels. De ce jeu de pistes aux multiples facettes, le plateau offre un magnifique terrain de jeu où la scène entremêle à l’envi la farce, le drame, la croyance et la défiance, la politique et l’intime.

A l’abri d’un décor clinique (cloisons blanches, portes aveugles, lampes leds, prises de vue au smarthphone retransmises en direct), d’une bande son interprétée en live par deux musiciens (Sylvaine Hélary & Antonin Rayon) où la mise en scène transpose l’œuvre ici et maintenant, la fuite en avant des protagonistes aux destins contrariés et explosés atteint son paroxysme.

Porté par des acteurs exceptionnels d’un naturel confondant (Sylvain Creuzevault, Vladislav Galard, Arthur Igual, Sava Lolov, Frédéric Noaille, Servane Ducorps, Banche Ripoche, Sylvain Sounier, Patrick Pineau), toute la folie dostoïevskienne d’un monde privé de ses pères et de ses repères, se déploie, interroge et résonne avec notre monde contemporain chaotique et confus.

Dates : du 6 au 22 janvier 2023 – Lieu : Odéon- Théâtre de l’Europe (Paris)
Mise en scène : Sylvain Creuzevault

Top expos 2022: l’année Frida Kahlo au Palais Galliera

12 expos vues en 2022, au Musée d’Orsay, au Musée Jacquemard André, au Palais Galliera, au Musée de l’Orangerie, au Musée Marmottan Monet et à l‘Atelier des Lumières. Mention spéciale pour ce dernier où les plus jeunes peuvent se perdre dans la contemplation d’œuvres illustres, comme pour Cézanne et Kandinsky, idéal pour les parents qui peuvent même les perdre dans le noir. Mais 2022 restera fameuse surtout pour l’exposition flamboyante consacrée par le Palais Galliera à Frida Kahlo toujours visible jusqu’au 5 mars 2023. Surtout qu’à la base, je ne suis pas forcément fan. Mais il faut connaître l’histoire et le parcours faits de souffrance et de résilience pour percer le mystère de son œuvre et de sa vie. Une surfemme marquée par un très grave accident à son adolescence, de ceux qui marquent une vie et impriment leur marque sur une destinée. Exposition dense et variée, avec tableaux, vêtements, photos, films et explications fouillées. Avec Rosa Bonheur au Musée d’Orsay, Füssli et Gallen-Kalela au Musée Jacquemart André, Face au soleil au musée Marmottan Monet, l’année expo 2022 fut belle et riche, de quoi donner envie d’y retourner rapidement! Surtout que 2023 s’annonce elle-même très riche, voyez plutôt:

  1. Sayed Haider Raza au Centre Pompidou du 15 février au 15 mai 2023
  2. Matisse. Cahiers d’art, le tournant des années 30 au musée de l’Orangerie du 1 mars au 29 mai 2023
  3. Basquiat & Warhol, à quatre mains à la Fondation Louis Vuitton du 5 avril au 28 août 2023
  4. Célébration Picasso, la collection prend des couleurs ! au Musée national Picasso du 7 mars au 27 août 2023
  5. Avant l’orage à la Bourse du Commerce du 8 février au 11 septembre 2023
  6. Manet / Degas au Musée d’Orsay du 7 mars au 27 août 2023
  7. Léon Monet au musée du Luxembourg du 15 mars au 16 juillet 2023
  8. Senghor et les arts au musée du Quai Branly – Jacques Chirac du 7 février au 19 novembre 2023
  9. Picasso et la préhistoire au musée de l’Homme du 8 février au 12 juin 2023
  10. Germaine Richier au Centre Pompidou du 1er mars au 12 juin 2023

Top Théâtre 2022: la folie douce au pouvoir avec l’Ecume des jours au Lucernaire

Difficile de multiplier les sorties théâtres avec deux petits à l’appartement. Et pourtant, 33 pièces vues, beaucoup avec les petits mais pas que. Le moment de confirmer que l’offre de spectacle pour les petits est pléthorique à Paris, à la Comédie Tour Eiffel, à l’Espace Plaine ou au Lucernaire. Pour les plus grands, Amaury démontre bien la richesse de l’offre théâtre à Paris. J’en rajoute un peu!

Le Lucernaire, une passion de théâtre

L’adaptation du roman de Boris Vian rassemble tout ce qui fait l’intérêt de cette salle nichée à proximité de Montparnasse et du Luxembourg. Des comédiens jeunes et talentueux, des libertés prises avec le texte sans jamais trahir l’esprit, et de la folie douce à tous les étages. Et comme la pièce est visible jusqu’au 12 mars 2023, il ne faut pas hésiter! En 2022, le Lucernaire a aussi proposer Soie, Les Ritals, Boule de suif, Don Juan, le malade imaginaire, Paris la grande, Richard Gotainer fait des phrases, époques différentes mais toujours le même plaisir. En vers, en prose, en chanson, l’effet est garanti. Passage réussi également au Théâtre de la Contrescarpe pour Charles VII et Jacques de Basher, deux belles pépites cachées au centre du quartier Mouffetard. Pas de grande salle parisienne cette année, mais ce n’est que partie remise! J’aurais adoré voir la grande Isabelle Huppert dans la Ménagerie de verre, grand auteur, grande comédienne, regret éternel, il me reste les souvenirs de l’avoir vue dans Un Tramway et Phèdre(s) pour des grands moments d’extase théâtrale, rien que ça.

Côté pièces pour enfants, Jack et le haricot magique au Lucernaire, Bonne nuit Choupinou à la Comédie Tour Eiffel ou Haensel et Gretel à l’Espace Plaine, autant de bons moments partagés en famille pour inoculer le virus du théâtre aux plus jeunes, ça n’a pas de prix!

Mitsu, un jour parfait, un très chouette album jeunesse (Editions MeMo)

Mitsu, un jour parfait, un très chouette album jeunesse (Editions MeMo)

Publik’Art a découvert dans une très jolie petite librairie des Vallées, à Colombes, un album jeunesse des éditions MeMo : Mitsu, un jour parfait. Même s’il n’est pas récent, il mérite d’être découvert et mis à l’honneur !

Mitsu s’est levée de mauvaise humeur. Cela peut arriver à tout le monde !
Rien à faire, Mitsu va mal. Elle n’a envie de rien ! Cela peut arriver à tout le monde ! Et que c’est désagréable d’être dans cet état ! Elle est triste sans savoir pourquoi.

Eliott vient la voir et lui propose de partir à la cueillette de champignons. Mais Mitsu ne veut pas.
C’est au tour de Mia de venir la voir. Elle lui dit de partir à l’aventure.

Alors Mitsu se décide et part à l’aventure ! Elle prévient au passage son ami Oko !

Mais ce n’est pas si facile de partir à l’aventure alors son ami l’écureuil va lui donner de nombreux conseils…

Et est-ce que cela va permettre à Mitsu de retrouver le sourire ? Demain sera-t-il un jour parfait ? L’amitié va sauver Mitsu !

Mitsu, un jour parfait, est un album jeunesse très joliment illustré et très poétique. Il permet d’aborder des thèmes avec le jeune enfant sur ses sensations et ses émotions. Chaque page peut être lu rien qu’avec les yeux ! Du pur bonheur !

Acheter dans une librairie indépendante

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mai 2008
Auteur : Mélanie Rutten
Illustrateur : Mélanie Rutten
Editeur : MeMo
Prix : 16 €

Top Cinéma 2022: l’année Everything, everywhere, all at once

Comme chaque année, le moment est venu de revenir sur les films marquants vus en salle l’année précédente. Avec 94 films vus en 2022, l’année fut prolifique, et un film sort clairement du lot. Parce que j’ai hésité à sortir de la salle au bout de 30 minutes avant de complètement halluciner et finalement avoir envie de venir le revoir, Everything everywhere all at once réalise une vraie prouesse. Celle de perdre complètement l’audience avant de faire voguer les spectateurs dans l’univers passionnant de la pop culture. Pour cette liste annuelle, 18 films sélectionnés, de tous horizons, français, américains, iraniens, européens, des documentaires, des biopics, l’embarras du choix. A vous de nous dire si certains vous ont touchés!

2022, un bon cru

Si EEAAO pourrait bien connaitre un énorme succès aux multiples cérémonies planifiées jusqu’aux oscars 2022, de nombreux documentaires trouvent également leur place dans le classement. Hallelujah sur la célèbre chanson de Leonard Cohen, Rosy sur la capacité de résilience d’une jeune femme atteinte de SEP, Ennio sur l’éblouissante carrière du Maestro Ennio Morricone, même Notre-Dame brûle fait revivre les terrifiants évènements de 2019 sur un mode ultra réaliste qui suscite l’émotion. Reste un peu se veut également à mi-chemin entre la fiction et le documentaire avec un Gad Elmaleh surprenant en mode confession sur ses convictions religieuses. The Chef est une plongée éblouissante dans une soirée de fou avec un chef qui doit faire face à d’inattendues vicissitudes à son restaurant en mode plan séquence. Le biopic Elvis fait revivre la carrière, la vie et surtout la musique du King pour bien montrer aux plus jeunes qu’il n’y a pas que le R’n’B dans la vie. Leila et ses frères démontre que le cinéma iranien est toujours à la pointe avec ses films percutants. Novembre fait plonger dans l’immédiat après 13 novembre sans laisser les spectateurs reprendre leur souffle.

On reviendra bientôt sur les grosses déceptions de 2022, il y en a eu. Mais c’est le moment de prendre des notes pour rattraper les films qui vous auraient échappé en 2022!

1 Everything, everywhere, all at once
2 Hallelujah
3 Reste un peu
4 Rosy
5 The Chef
6 Notre-Dame brûle
7 Elvis
8 Ennio
9 Leila et ses frères
10 Novembre
11 Mes frères et moi
12 The Innocents
13 Simone, le voyage du siècle
14 L’affaire Collini
15 Le rapport Auschwitz
16 Jeunesse en sursis
17 Vortex
18 Maestro(s)

Top 10 Cinéma : le meilleur de l’année 2022

Réussir ou mourir.

Pandémie, l’année d’après. Que dit le Box Office français ? Pas fou. Oui, ça repart car il y a des locomotives US très viriles dont actuellement l’impressionnant phénomène AvatarCameron qui redémarre. Mais décevant tout de même quand on voit que les 10 premières places sont trustées par des suites-reboots-franchises dont aucune n’est française. Pas cocorico. Et pourtant des perles hexagonales, on en a eu comme le meilleur rôle d’Adèle Exarchopoulos dans Rien à foutre, ou encore les impressionnants Les Promesses ou Un autre monde. Le public est ailleurs. Chez lui ? Cela commence a être une triste réalité accentuée par ces 2 dernières années COVID. Les plus grands ont signés chez Netflix-Apple-Amazon, et les séries depuis le phénomène GOT n’ont plus rien à envier aux longs-métrages. Une chose est sûre, la bataille fait rage et nous ferons tout pour que la salle de cinéma soit pour longtemps encore le symbole de notre exception culturelle.

10 – The Tragedy of MacBeth (Joel Coen – USA).

Sombre est l’avenir, décidé nous avançons.

Joel Coen s’émancipe de son éternelle moitié fraternelle Ethan pour signer un pur bijou pour la plateforme Apple. Une relecture émerveillée et hantée du mythe de MacBeth d’après Shakespeare porté par un toujours impeccable Denzel Washington. Autour de cette figure tutélaire inoxydable navigue un vrai casting de gueule dont l’impressionnant Harry Melling au service de ce dilemme hors du temps servi par le dramaturge anglais. Exit ici le trait d’humour noir si particulier et délectable des Coen Bros, place à une noirceur d’âme et une précision graphique de tous les instants. Le français Bruno Delbonnel nous forge ici parmi les plus belles images de 2022.

9 – The Stranger (Thomas M. Wright – Australie).

En tête à tête avec un ange.

Un autre film de plateforme se distingue cette année, et cette fois sur Netflix. L’australien Thomas M. Wright est loin d’être le plus prestigieux des auteurs à sortir un film sur la plus réputée des plateformes de VOD, et pourtant quel uppercut servi ! Une histoire sombre, prenante, se développe lentement mais surement à travers un narration inspirée et un montage virtuose. Le tout dans l’immensité animale que représente l’Australie et ses grands espaces, offrant des nouvelles vies à qui le veut à coup de milliers de kilomètres de route. Joel Edgerton poursuit sa carrière exemplaire en faisant face au vénéneux Sean Harris, jamais aussi bon que quand il est entouré de mystères. Electrique.

8 – Fièvre Méditerranéenne (Maha Haj – Palestine/Israël).

La thérapie par les maux.

Véritable coup de coeur découvert en compétition au Festival Cinemed de Montpellier, Fièvre Méditerranéenne sait instaurer dès ses premières minutes une tonalité très particulière oscillant entre humour très noir et absurdité. Flirtant régulièrement avec le politiquement incorrect, la cinéaste Maha Haj cultive un vrai amour des mots pour servir cette improbable histoire de voisinage autour du fil rouge de la dépression. Thème éminemment casse-gueule mais qui trouve ici une singularité réjouissante à travers la relation de ces 2 hommes au foyer noyé sous le poids des responsabilités.

7 – Men (Alex Garland – UK).

Woke N Roll.

L’ex-complice de Danny Boyle poursuit son impressionnant parcours de réalisateur après les réussites Ex Machina et Annihilation. Ici le fantastique s’installe de manière plus subtil, prenant la main au spectateur pour la lui serrer de plus en plus fort dans un crescendo que n’aurait pas renié les plus grands noms de l’horreur. La campagne anglaise joue parfaitement son rôle de cocoon ouaté le jour virant au labyrinthe sans fin quand une flopée d’hommes toxiques à têtes de ouf semblent vouloir faire la peau à une pauvre demoiselle sans défense. Si vous vous voulez cauchemarder en 2022, Men est votre chose.

6 – X (Ti West – USA).

Massacre à la sodomie.

Et si le meilleur film qui rendait hommage à la saga du grand Leatherface n’avait rien à voir avec ? Très vite, Ti West ne nous laisse aucune place au doute. Ambiance 70’s, van peuplé de créatures inconséquentes, ambiance moite et poisseuse. A une chose prêt : on est là pour tourner un film pornographique. Et cela va contribuer à créer une nouvelle ambiance qui se mêle alors avec délectation à celui du survival horror pour mieux perdre ou prendre le spectateur. Saupoudrez le tout d’une qualité photo assez démentielle, de gérontophilie appuyée et d’une qualité d’écriture au-dessus de la moyenne pour ce genre de production, et vous obtenez la meilleure virée en enfer de l’année.

5 – Top Gun : Maverick (Joseph Kosinski – USA).

Je suis une légende.

Les vrais héros ne meurent jamais. En plein gloubi-boulga overdosé du Métaverse, jamais le parallélisme rôle-acteur n’aura autant atteint son paroxysme que quand l’inoxydable Tom Cruise reprend le casque de Maverick. La soixantaine toute atteinte ne semble même pas l’effleurer dans son uniforme pimpante de Top Gun. Et on en prend plein les mirettes. Jamais les vols en avion de chasse n’ont paru aussi immersifs. Hollywood nous sert un blockbuster à l’ancienne comme si la firme Marvel-Disney n’était pas passée par là. Bande son, répliques cultes, photo léchée. Et on en redemande tellement que c’est d’une générosité communicative à tous les niveaux. Tom Cruise quoi !

4 – Red Rocket (Sean Baker – USA).

Bombe à fragmentation incoming.

Sean Baker est LE cinéaste du néo-réalisme américain, et son inspiration puisée au pays le lui rend bien. Après le criard et électrique Tangerine et le lumineux The Florida Project, ses caméras se faufilent en plein coeur du Texas pour nous narrer les délicieuses mésaventures de Mikey Saber, looser magnifique qui tente de se refaire la chique après avoir perdu la trique. L’ex-acteur de film X, Simon Rex campe brillament ce personnage mi attachant, mi détestable au milieu d’une Amérique des laissés pour compte qui prend bien mieux la température du pays que tout ce qu’on trouve dans les chaines d’info en continu. Une vraie pépite Indie.

3 – The Green Knight (David Lowery – USA).

Le saigneur de l’agneau.

Messieurs, vous pouvez poser vos caméras pour 2022, Andrew Droz Palermo a cassé le game. Epoustouflant dans tous ses instants est le nouveau film de David Lowery, qui s’installe définitivement dans le cercle des réalisateurs qui comptent. Tout comme le film de Joel Coen, le choix d’une direction artistique étincelante est le fil rouge de cette relecture de la populaire légende de Sir Gawain. Matinée de noirceur et de fantastique, la vision de Lowery vous hantera encore pendant pas mal de temps après la projection.

2 – The Batman (Matt Reeves – USA).

Une chauve-souris, tout simplement.

Le pari n’était pas des plus simples malgré la matière première démentielle fournie : succéder à la trilogie de Nolan tout en revigorant un personnage récemment perdu dans la médiocrité du DC Universe. Et qui mieux que Matt Reeves, l’homme qui a contribué à la meilleur saga des 2010 (… Of The Apes), pour le relever et avec gourmandise et générosité. Pur polar policier, The Batman distille une noirceur qui colle avec évidence au personnage et à la fameuse Gotham City. Saupoudrez le tout d’images d’Epinal parmi les plus folles de 2022 et d’une bande son à tomber et vous aurez LE blockbuster de l’année.

1 – Decision to leave (Park Chan-Wook – Corée du Sud).

Quand la perfection pourrait presque avoir sa définition sous forme cinématographique. Quand le plus furieux des cinéastes coréens Park Chan-Wook pose ses caméras pour disséquer une sombre histoire de meurtre où la principale suspecte est la femme de la victime, c’est pour nous sortir un objet filmique où le moindre centimètre, le moindre bruit, le moindre mot est placé avec délicatesse sur une partition impeccable. Un tel degré d’exigence semble impossible à atteindre, et pourtant, Decision to leave s’évertue, au fur et à mesure de l’avancé de son intrigue, à nous infuser dans un nectar de virtuosité qui ne quittera l’écran qu’à l’apparition du générique final.

Top 10 Théâtre : le meilleur de l’année 2022

Top 10 Théâtre : le meilleur de l'année 2022
© Jan Versweyveld

Top 10 Théâtre : le meilleur de l’année 2022

Comme pour chaque fin d’année et sa rétrospective, nous nous sommes livrés au classement traditionnel des 10 meilleures spectacles de  l’année 2022. Le classement retenu s’attache à des écritures théâtrales denses, singulières, audacieuses, revisitées ou plus intimes, portées par une qualité de jeu toujours extrême, pour un théâtre qui parle forcément de nous pour mieux parler des autres et donc du monde. Excellente année 2023 à tous.

  1. La Ménagerie de verre de Tennessee Williams, mise en scène Ivo van Hove
  2. Les Couleurs de l’air, écriture et mise en scène Igor Mendjisky
  3. Jours de joie d’Arne Lygre, mise en scène et scénographie Stéphane Braunschweig
  4. Richard III de William Shakespeare, mise en scène Mathias Langhoff, Marcial Di Fonzo Bo
  5. La Vie est une fête de Jean-Christophe Meurisse & Les Chiens de Navarre
  6. Une Cérémonie du Raoul Collectif
  7. Poquelin II des Tg Stan
  8. Le rêve et la plainte de Nicole Genovese, mise en scène Claude Vanessa
  9. Huis clos de Jean-Paul Sartre, mise en scène Jean-Louis Benoit
  10. L’Autre Fille de Annie Ernaux mise en scène Jean-Philippe Puymartin, Marianne Basler

[BD jeunesse] Le Grimoire d’Elfie, tome 3 : Malaventure en pain d’épices (Drakoo)

[BD jeunesse] Le Grimoire d’Elfie, tome 3 : Malaventure en pain d’épices (Drakoo)

Nouvelle histoire complète, Le Grimoire d’Elfie revient dans un troisième album autour de la thématique de Noël. Disputée par des attaques de bonhommes en pain d’épices et des tempêtes de neige, Elfie fait équipe avec Faustine, la fille du pâtissière et également sorcière. Alors forcément, entre magie et patisserie, le cocktail est gourmand et plein de rebondissements !

Un nouvel album rythmé au coeur de l’Alsace, qui sent bon les effluves des petits plats de Noël et de cette belle région. On apprécie le dessin de Mini Ludvin, entre manga et BD. Un style très moderne, au trait dynamique, qui séduit beaucoup.

Le Grimoire d’Elfie est un très bon album à glisser sous le sapin des plus jeunes !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Un conte de Noël gourmand et mouvementé, qui vient apaiser les secrets du passé. Alors que Noël approche, le bus-librairie d’Elfie et de ses soeurs est immobilisé par une panne, en Alsace. Là, Elfie partage pour la première fois son secret : Faustine, fille de la pâtissière du village, est aussi une petite sorcière ! Mais Faustine est surtout une miss catastrophe qui se fourre dans des situations impossibles et compte sur Elfie pour l’aider à s’en sortir… Entre une tempête de neige et des attaques de bonshommes en pain d’épices, Elfie va découvrir une énigme familiale datant de la seconde guerre mondiale, qui pourrait bien changer la vie du village. Un conte de Noël gourmand et mouvementé, qui vient apaiser les secrets du passé.
Date de parution : le 16 novembre 2022
Auteurs
: Arleston (Scénario) Mini Ludvin (Dessin)
Genre : fantastique jeunesse
Editeur : Drakoo
Prix : 15,90 € (80 pages)
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Bach dans les pas dansés et inspirés de Anne Teresa De Keersmaeker

Bach dans les pas inspirés de Anne Teresa De Keersmaeker
Photos © Anne Van Aerschot © Hugo Glendinning

Bach dans les pas dansés et inspirés de Anne Teresa De Keersmaeker

Anne Teresa De Keersmaeker est de retour à Paris avec sa pièce Les six concertos brandebourgeois chorégraphiée en 2018 et inspirée par la musique de Jean-Sébastien Bach. Un coup de maître.

Les six concertos brandebourgeois est le cinquième opus qu’Anne Teresa de Keersmaeker consacre à l’oeuvre du Cantor de LeipzigBach y a expérimenté d’une manière inédite la relation entre le ripieno – c’est le terme consacré pour désigner l’orchestre en charge de l’accompagnement – et les solistes ; entre le groupe et l’individu, l’avant-plan et l’arrière-plan.

Sur le plateau, les 16 danseurs issus de différentes générations de la compagnie sont accompagnés par la violoniste française, Amandine Beyer, et par l’ensemble B’Rock.

La danse commence par une marche. Ligne calme qui avance, déferle et reflue. Une phrase répétée, modulée dont le déploiement infini s’opère en contrepoint de la ligne musicale.

Les interprètes sont pris, fondus, dans un courant indivisible. Mu par des nombres invisibles, mais inscrits dans la partition. Ecriture. Entrelacs. Géométries sous-jacentes. Les lignes avancent ou vont à reculons. Elles tremblent, se défont, tracent au sol d’autres lignes et ouvrent l’espace suivant. Des hommes à la renverse, sur les mains, pointent le ciel des pieds et tournent, créant de nouveaux équilibres insoupçonnés.

Cette quête infinie produit une fascinante effervescence qui offre, entre la forme et l’expression, entre la durée et l’instant, entre le mouvement muri et le geste instinctif, un dialogue avec la musique dont elle imprime sa polyphonie.

Car la partition est portée par toute une gamme d’impressions et d’affects appartenant à la mémoire de nos corps humains : joie et colère, fierté et mépris, vengeance et pitié, plaisir, douleur, mélancolie.

Le tout dans un mouvement perpétuel, telle une ode à la vie qui ouvre un autre ordre possible. Où le compositeur allie à la fois un caractère dansant et un haut degré d’abstraction à travers cette trame musicale qui met en jeu une multitude de procédés : variations, inversions et développements, en passant de la simplicité à la complexité, de l’ordre au chaos.

Et dont la chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker épouse à merveille les fulgurances, à l’abri de son vocabulaire – entre variation géométrique et dynamique pulsative – mais aussi de nouvelles variations, imprimant une savante organisation des corps dans le temps et l’espace.

La chorégraphe témoigne comme nulle autre de ce rapport unique entre la musique et la danse dont elle imprime dans une écriture singulière, l’empreinte des corps, des gestes et des sons dans une symbiose aussi captive que transcendante.

Car aussi fidèle soit-elle à la partition, la traduction qu’elle en fait n’en est jamais littérale. Du grand art ! Bravo.

Dates : 21 au 23 décembre 2022 – Lieu : La Villette dans le cadre du Festival d’automne  (Paris)
Chorégraphie : Anne Teresa De Keersmaeker

Parution fastueuse des carnets inédits d’Ingmar Bergman

Pour qui connait et apprécie Ingmar Bergman en le plaçant au panthéon du cinéma universel, la sortie de ses carnets est un évènement parfaitement immanquable. De quoi comprendre les intentions du génial réalisateur, ses passions, ses peurs aussi, moi je me lance dans cette lecture passionnante le plus tôt posssible!

Publireportage:

S’astreignant à une discipline d’écriture, Ingmar Bergman consignait dans ses carnets ses moindres réflexions, parfois de façon abrupte, cinglante ou, au contraire, en suivant patiemment les circonvolutions de sa pensée et de son désir, jusqu’à parvenir à leurs formulations exactes à travers des situations, des portraits, des dynamiques. Ici, c’est la germination même du travail créatif de Bergman qui s’offre au lecteur. Comment les idées jaillissent, s’interpénètrent, se font écho ou entrent en collision, se divisent et se nouent, pour aboutir à quelques-uns des plus grands films du XXème siècle.

Du Septième Sceau (1957) à Sarabande (2004), en passant par Persona (1966), Sonate d’automne (1978) ou Fanny et Alexandre (1982), ces Carnets inédits nous dévoilent les coulisses mentales de ses plus célèbres œuvres, mais aussi de projets de films jamais réalisés, au gré de dialogues, de scènes et d’anecdotes où la réalité et les souvenirs se mêlent à la fiction et au rêve.

On y voit Bergman vivre et évoluer avec ses personnages – peut-être même plus qu’avec ses contemporains. Il les découvre, les interpelle, les suit et les écoute, les laissant toujours libres de lui souffler la suite de leur histoire. Et c’est là l’un des aspects inattendus de ces Carnets : l’échange incessant de Bergman avec ses protagonistes, ses fantômes et ses démons, qui l’accompagnent dans ses réflexions les plus triviales comme ses plus ardentes prières.

Tour à tour journal intime et exploration du cœur palpitant de la création, ces Carnets nous livrent un autoportrait poignant, celui d’un artiste au quotidien, avec ses moments d’euphorie et d’abattement, à la recherche éperdue de la vérité enfouie, brute et intime, des êtres et des sentiments.

Traduction de Jean-Baptiste Bardin, note du traducteur, préfaces de Karl-Ove Knausgård et Dorthe Nors, postface de Jan Holmberg.

Ouvrage publié avec le soutien du Centre National du Livre, du Swedish Arts Council et du Fonds Descartes.

[BD] Le Veilleur des Brumes, l’intégrale d’un superbe récit d’aventure (Bande d’Ados)

[BD] Le Veilleur des Brumes, l’intégrale d’un superbe récit d’aventure (Bande d’Ados)

Désormais disponible en intégrale, Le Veilleur des Brumes est un superbe récit d’aventure proposé par Robert Kondo et Dice Tsutsumi. Il s’agit d’une adaptation du court-métrage multirécompensé « The Dam Keeper« . L’histoire très touchante d’un jeune cochon veilleur de Brumes qui s’emploie très consciencieusement, jour après jour, à combattre les ténèbres (ou les brumes) pour les empêcher de gagner son village, qu’il pense être le dernier encore debout. Cela, jusqu’au jour où une catastrophe se produit et l’oblige à partir à l’aventure au-delà des frontières de celui-ci. 

Accompagné de ses deux amis, le périple va être long, ponctué de nombreuses rencontres, de surprises, d’émerveillements et de découvertes souvent inquiétantes… Une épopée magnifique et touchante, dont le rythme ne faiblit à aucun instant malgré la grande générosité du récit (512 pages !). Le résultat est simplement bluffant.

Une grande réussite qu’il ne faut surtout pas manquer !

Extrait de l’album :

Résumé de l’éditeur : 

« Empêcher les ténèbres d’entrer, c’est la mission du veilleur des brumes ». C’est ce que répétait sans cesse le père de Pierre, avant de disparaître. À présent, c’est au jeune garçon que revient cette mission capitale : veiller sur le barrage et faire tourner le complexe mécanisme du moulin afin de repousser les brumes mortelles qui menacent d’engloutir Val-de-l’Aube comme elles l’ont fait du reste du monde. Veilleur des brumes, c’est une responsabilité solitaire : si, ailleurs, le monde est mort, au coeur du paisible village, la vie a repris, avec son lot de joies et de contrariétés. Pierre va à l’école, a des amis. Pourtant, lorsque vient le soir, il est de retour dans sa tour, face à l’épais brouillard qui lui a volé son père, pour permettre aux habitants de conserver leur insouciance. Mais, de l’autre côté des murailles, les ténèbres prennent des forces. Le raz-de-marée mortel revient plus fortement chaque fois, et Pierre et ses camarades vont devoir mener ensemble cette ultime épreuve, ce dernier combat contre les brumes. Cette intégrale réunit les trois tomes de la virtuose adaptation du court-métrage multirécompensé « The Dam Keeper ». Une édition définitive exceptionnelle et généreuse, qui donne à voir toute la portée de ce roman graphique bouleversant et sensible.

Date de parution : le 9 novembre 2022
Auteurs
: Robert Kondo (Scénario)
Daisuke Tsutsumi (Dessin)
Genre : Aventure
Editeur : Bande d’Ados
Prix : 36,90 € (512 pages)
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[Comics] November, récit choral pour un thriller urbain ultra-violent (vol. I & II, Sarbacane)

[Comics] November, récit choral pour un thriller urbain ultra-violent (vol. I & II, Sarbacane)

Entre roman graphique et comics, November est un récit choral original dont le style très marqué, que ce soit dans sa narration ou dans son graphisme, en ferait presque un OVNI. November n’en est pas moins un véritable thriller urbain dont la violence est omniprésente de A à Z. Il raconte les destins croisés de trois jeunes femmes, dont une junkie et une flic qui traine de vieilles casseroles…

Sur fond de trafics mystérieux et de flics ripoux, le récit est aussi haletant que violent. La narration minimaliste et percutante ne nous ménage pas. Le découpage est marqué, mais dégage efficacité et dynamisme. L’effet est donc réussi ! L’univers graphique est quant à lui réfléchi, avec l’utilisation d’une coloration aux codes ingénieux. 

November est un diptyque redoutable, tout en crescendo, qui ne laisse pas insensible, loin de là. Un cadeau de noël idéal pour tous ceux qui aiment les récits noirs !

 

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Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Dee la junkie éclopée, Kay la flic déchue rongée par la culpabilité, et Emma-Rose la belle survoltée tombée au mauvais endroit au mauvais moment, se retrouvent dans ce dernier acte prises en étau par une conspiration invisible orchestrée par des flics pourris et des gangsters de la pire espèce. À mesure que la nuit avance, le piège se referme sur elles… Dans cette histoire co-créée par l’auteur Matt Fraction (Sex, Criminals, Casanova, – des best-sellers du New York Times) et l’illustratrice Elsa Charretier (Star Wars, Infinite Loop), mise en couleur par Matt Hollingsworth, November suit trois femmes dont les trajectoires vont se croiser dans un underground noir et criminel. Alors que le feu et la fureur se déchaînent dans leur ville pendant un jour et une nuit, elles découvrent que leurs destins sont liés par un homme mystérieux qui semble tirer les ficelles. Une nuit. Une ville. Trois femmes. November.

Car, quand on a 9 ans, un été peut tout changer et nous faire grandir !

Date de parution : le 2 novembre 2022
Auteurs
: Matt Fraction (Scénario)
Elsa Charretier (Dessin)
Genre : roman graphique, thriller
Editeur : Sarbacane
Prix : 24 € (152 pages)
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[Album jeunesse] Il Suffit d’y Croire, un coup de coeur qui fait rêver (Gautier-Languereau)

[Album jeunesse] Il Suffit d’y Croire, un coup de coeur qui fait rêver (Gautier-Languereau)

Nouvel album illustré signé Fabrice Colin et Gérald Guerlais, Il Suffit d’y Croire est un livre… pour tous les amoureux des livres. Un album qui ne manquera pas de séduire et transmettre cette envie de découvrir de belles histoires aux plus jeunes.

Superbement illustré, l’album met en scène un personnage donné à chaque double page. Et au gré des rencontres qui peuplent ces petits récits, avec beaucoup de poésie, d’autres personnages font leur apparition pour venir occuper les pages suivantes et nous offrir leur propre histoire. Des destins entremêlés avec brio, qui nous font voyager à travers l’album, jusqu’à retomber sur ses pieds. 

Il Suffit d’y Croire est un album avec énormément de charme qui vous séduira instantanément ! A lire et à relire ! 

Extrait de l’album :

Résumé de l’éditeur : 

Lorsqu’Yseult plonge dans un livre, elle n’est jamais seule. Les histoires s’enchaînent de page en page, toutes reliées entre elles par un fil. D’une image à une autre, d’un univers à un autre le tout forme un grand récit. Celui de Tristan et de son aimée Luan, séparés par la guerre. De la rencontre dans une forêt enchanteresse de Luan avec Marc, qui prépare un Noël magique. De Marc, de son frère Victor et de leur galerie d’art…

Quand des images puissantes et évocatrices inspirent le récit, c’est le principe de cet album illustré par Gérald Guerlais et de son histoire, imaginée par Fabrice Colin.

Le célèbre ballet de Piotr Tchaïkovski est ici raconté par Philippe Lechermeier et sublimé par les illustrations d’Amanda Minazio.

Date de parution : le 2 novembre 2022
Auteur(s)
: Fabrice Colin, Gérald Guerlais
Genre : romance, histoires
Editeur : Gautier-Languereau
Prix : 15,95 € (40 pages)

Une tournée So Floyd à ne pas manquer en 2023

Après un concert Pink Floyd à Chantilly en 1994, un concert David Gilmour à l’Olympia en 2006, un concert The Wall par un célèbre groupe de reprises à l‘Olympia et 2 concerts Roger Waters The Wall à Bercy en 2012 et au Stade de France en 2013, c’est peu dire que l’annonce de la tournée du groupe So Floyd en France en 2023 avec 14 dates prévues me fait frémir de plaisir. Des dates dans toute la France au milieu d’un European Tour, c’est parfait pour écouter les plus grands morceaux de ce groupe mythique.

Une tournée qui fait plaisir

So Floyd se veut un hommage né d’une passion de tous les membres du groupe pour Pink Floyd, les passionnés le savent, ce groupe suscite les passions les plus dévorantes. Un spectacle de So Floyd se veut être plus qu’un spectacle, c’est une belle tentative pour invoquer la passionnante musique d’un des plus grands groupes anglais de tous les temps. Avec des mentions aux périodes psychédéliques, planantes et résolument rock, le groupe offre un large panorama des plaisirs floydiens les plus divers. La tournée débute le 4 février au Zénith Toulon pour se finir le 14 mai au Zénith Orléans. Entre les 2, So Floyd va parcourir tout l’hexagone avec notamment un passage le 10 février à la Salle Pleyel Paris.

Amateurs de spectacle et de Pink Floyd, ce concert est fait pour vous. Le 10 février, je serai à Pleyel, l’occasion de partager une passion sans limites pour un groupe inoubliable! De quoi réécouter Money, Learning To Fly, Another Brick In The Wall ou Shine On You Crazy Diamond à travers 14 dates situées partout dans l’hexagone!

Détails de la tournée:

4 février – Zénith Toulon / 9 février – Théâtre Yerres / 10 février – Salle Pleyel Paris / 11 février – Zénith Rouen  / 9 mars – Zénith Clermont-Ferrand / 10 mars – Summum – Grenoble / 11 mars – Zénith St Étienne / 16 mars – Zénith Montpellier /17 mars – Zénith Toulouse / 25 mars – La Palestre Le Cannet / 5 avril – L’Axone  Montbéliard / 6 avril – Zénith Strasbourg / 7 avril – Le Galaxie Amnéville / 11 mai – Le Liberté Rennes / 12 mai – L’Amphitéa Angers / 13 mai – L’Acclameur  Niort / 14 mai – Zénith Orléans /

LE SITE :

https://sofloyd.com/

A Bastille, « La Force du destin » ou l’opéra verdien par excellence

A Bastille, "La Force du destin" ou l'opéra verdien par excellence
Anna Pirozzi (© Charles Duprat / Opéra national de Paris)

A l’Opéra Bastille, « La Force du destin » ou l’opéra verdien par excellence

La Force du destin est un des très rares opéras de Verdi dont le titre ne se réfère pas à l’un des personnages. Car le seul acteur de l’œuvre est le destin lui-même : un astre noir qui attire chacun des protagonistes sur des voies contraires, sans lutte possible, les broyant irrémédiablement.

On y entend autant la voix du peuple italien, les plaintes et les malheurs des pauvres gens que les prières des moines, les cris et les fureurs guerrières tous pris par les fourches caudines de la volonté divine.

La littérature romantique abreuve l’œuvre verdienne et notamment la littérature ibérique, à la source de La Force du destin, éclatante de violence, de pathétisme et d’héroïsme. Mais alors que l’opéra expose les passions extrêmes propres au romantisme, il n’en demeure pas moins influencé par l’une des inspirations majeures de Verdi : Friedrich von Schiller, et plus spécifiquement ici son Camp de Wallenstein.

La religion est aussi une composante de l’ouvrage à travers notamment le cadre du couvent, mais aussi les thèmes de la faute, du châtiment et de la rédemption. L’opéra est parcouru d’un sentiment de religiosité où l’autorité divine est présentée comme une puissance parallèle à celle du dont sont victimes les personnages.

Des personnages sous haute tension

L’intrigue de « La force du destin », opéra créé en 1862 à Saint-Pétersbourg, relate le destin tragique de Leonora qui s’apprête à fuir avec son amant Don Alvaro, fils d’un noble espagnol et de la dernière princesse des Incas. Le père de Leonora, hostile à leur union, les surprend. Il est tué accidentellement par Don Alvaro. Il les maudit avant d’expirer. Les deux amants, séparés dans leur fuite, sont hantés par cette malédiction alors que le frère de Leonora, Don Carlo, les poursuit de sa vengeance aveugle.

Une histoire de vendetta donc, portée à son paroxysme à l’abri d’une partition tantôt pleine d’allant, tantôt déchirante jusqu’à l’excès qui fait coexister un univers intime, replié, habité par la vengeance, et celui, plus large, multiple, propice à des scènes de foule envahies de muletiers, de soldats, de pèlerins et de moines, d’un souffle lyrique saisissant.

Sur scène et en étendard l’inscription « Viva V.E.R.D.I ». Outre le nom du compositeur, Giuseppe Verdi (1813-1901), ce sigle que l‘on peut lire « Viva Vittorio Emmanuele Re D’Italia » était aussi, lors du Risorgimento, au milieu du XIXe siècle, le cri de ralliement des patriotes à l’unité italienne. Le livret fait la part belle aux œuvres espagnoles du XVI et du XVII siècle, basées sur la violence, les horreurs de la guerre, la haine, la vengeance, la foi et la mort, et possède toutes les vertus du mélodrame romantique italien cher à Verdi.

C’est à cette époque que le metteur en scène Jean-Claude Auvray transpose ce drame traversé par toutes les passions : l’amour, le meurtre, la vengeance et la guerre. Dans un geste épuré et minimaliste, le plateau s’apparente à un no man’s land unique et indéfini qui conduit inéluctablement au néant. Un espace tourmenté et introspectif qui se consume au fil du récit et en miroir au déchirement intérieur des personnages et de la perdition qui est à l’œuvre.

Des voix d’exception

Portée par une direction d’acteurs/chanteurs au cordeau, le metteur en scène installe un climat et crée des images évocatrices d’un paysage mental dont les tourments se consument sous un ciel maudit.

Le tout emmené par un plateau vocal de haute tenue, porté par des voix d’exception comme celle de la soprano Anna Pirozzi, divine, du ténor Russell Thomas, et des barytons Ludovic Tézier, Nicola Alaimo ou encore la basse Ferruccio Furlanetto qui exacerbent les actes manqués, la passion dévastée, la rédemption ou la haine mortifère. Sans oublier la présence mémorable du chœur sous la direction de Ching-Lien Wu.

Chaque tessiture des interprètes embrasse alors le drame, l’explore et le révèle sur la trame musicale ardente, intense et foisonnante du chef d’œuvre de Verdi dont l’architecture se dévoile et se déploie sous la direction aboutie et maîtrisée de Jader Bignamini. Bravo !

Dates  : 12 au 30 décembre 2022 – Lieu : Opéra Bastille (Paris)
Mise en scène :  Jean-Claude Auvray

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