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Love on the Beat : teaser de l’EP à écouter

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LVB revient bientôt avec un EP prévu pour le mois prochain ! En voici le teaser :

La main d’Horus : la série entre Urgences et Dr House ! (Komikku éditions)

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Communiqué de presse : 

Au programme : action, suspense et médecine pour un titre qui vous entraîne à cent à l’heure au côté du médecin le plus doué de l’hôpital d’Ôedo : Jûzaburô Kujô.

Pour lui, rien n’est impossible. Médecin aux capacités incroyables, ce jeune homme travaille d’arrache-pied pour sauver son prochain ! Franc, dévoué et vif, notre héros nous emporte dans le tourbillon médical avec une fougue saisissante. Le savoir-faire médical de Jûzaburô Kujô est tellement impressionnant que tout le monde le compare à un Dieu égyptien et le surnomme « La main d’Horus ». Malgré sa tête de gangster peu avenante, ce docteur expert n’a peur de rien et se lance même dans les opérations que tout le monde aurait refusées. Toujours prêt à secourir son prochain, il enchaîne les gardes hospitalières pour ne pas laisser les patients dans une attente interminable et il est même disposé à donner son propre sang pour finir une opération ou soigner un bandit gravement blessé… Grâce à son éthique inébranlable, son raisonnement est précis et universel. Il n’hésite d’ailleurs pas à le rappeler : « la seule chose que je respecte, ce n’est pas le règlement… mais la vie ! ».

Ce qui est impressionnant dans cette série de Seki Tatsuya, c’est le talent avec lequel il allie l’expertise médicale digne de Dr House et la tension omniprésente que l’on retrouve dans Urgences. La main d’Horus permettra également de découvrir un système de santé très codifié et parfois même totalement aberrant à cause des règles qui régissent les hôpitaux et les personnels. Il n’est donc pas rare de voir des patients non admis à l’hôpital pour de multiples raisons… Mais qu’importe, médecin devant l’éternel, pour Jûzaburô Kujô, il n’y a ni bon ni méchant ni règlement qui tienne, tout ce qu’il souhaite, c’est sauver des vies !

Bourré d’action, La main d’Horus est un titre d’une incroyable fluidité. Il saisit par son dessin détaillé, son rythme soutenu et la facilité déconcertante avec laquelle on se laisse porter par son histoire. Les différentes opérations et les chapitres défilent et on arrive au bout de ce volume aussi admiratif qu’impatient… Admiratif des prouesses de ce médecin-dieu et impatient de lire le volume suivant et de retourner en salle d’opération ! Vous l’aurez compris, cette série qui en est à son 3ème volume au Japon a tous les atouts pour vous plaire !

La main d’Horus : un titre adulte plein d’action et d’exploits au service de l’Humanité !
À découvrir dès le 15 mai 2014 en librairie.


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Résumé officiel :
Horus est le nom latin d’une des plus anciennes divinités égyptiennes, le dieu faucon. Il est notamment connu pour son pouvoir de guérison. Cette faculté divine se retrouve entre les mains de Jûzaburô Kujô, chirurgien à l’hôpital général d’Ôedo.
Malgré un environnement de travail peu favorable et de nombreux soucis avec sa hiérarchie, Jûzaburô n’a qu’un objectif en tête : sauver la vie de ses patients ! Bien qu’il soit prétentieux, séducteur, arrogant et imbu de lui-même, son talent de chirurgien reste indéniable. Un personnage qui nous rappelle très clairement le fameux docteur House.

Auteur : Seki Tatsuya
Genre : Action, Drame, Médical
Format : 13 x 18 cm
Nombre de pages : 192
Date de sortie : 15/05/2014
Prix : 7,90€

Copyright : © Tatsuya Seki 2012

Êtes-vous prêt à suivre le rythme infernal de Jûzaburô Kujô ?

Clip : Hudson, le single d’Amatroski extrait de l’album « From clay to figures »

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Date de sortie : le 22 avril 2014

La voix d’Inne Eysermans vibrera sans doute bientôt dans votre cage thoracique puisque l’album dAmatroski est sorti aujourd’hui ! L’occasion de vous tenir informés de cette petite perle à ne pas manquer, avec Hudson, titre extrait de l’album du jour.

 

[youtube http://youtu.be/7aXV4lcgn2k]

Entretien exclusif avec Anna Mouglalis et Samuel Benchetrit pour le film Un voyage

 Un voyage c’est l’histoire d’un couple, Mona et Daniel, qui part le temps d’un week-end pour s’offrir des derniers élans d’amour avant la fin. C’est la troisième collaboration entre Anna Mouglalis et Samuel Benchetrit après J’ai toujours rêvé d’être un gangster et Chez Gino. Nous retrouvons le réalisateur et son actrice à l’Hôtel Amour. Il y a des coïncidences qui ne trompent pas …

 

 

Anna Mouglalis et Samuel Benchetrit, (c) Mégane Mahieu pour Publik'Art
Anna Mouglalis et Samuel Benchetrit, (c) Mégane Mahieu pour Publik’Art

L’amour à mort.

Publik’Art : Quelle a été la motivation première de ce film, « Un voyage » ?

Samuel Benchetrit : C’était simplement la volonté de faire une histoire d’amour avec une fin définitive, et en soi il n’y a pas plus définitif que la mort.

Publik’Art : L’euthanasie est donc une des problématiques du film, mais cela va au-delà. Pour une idée poétique du film, on pourrait percevoir cet acte comme l’apothéose d’un amour si fort entre Daniel et Mona que rien n’est possible après…

Samuel Benchetrit : Je n’avais pas tellement cette idée « romantique » en tête, mais effectivement c’est un amour inconditionnel entre les deux personnages.

Anna Mouglalis : Il y a beaucoup d’histoire comme ça d’amants qui se suicident ensemble. Mais dans Un voyage il y a au centre un petit garçon.

S.B: Rien n’est plus cruel que la mort. Et la mort c’est une des possibilités de rupture amoureuses, la plus courante. Une histoire d’amour c’est une histoire de vie. Quand on rencontre quelqu’un c’est une naissance, une renaissance je dirai même. Et dans ce chemin « d’être ensemble » il y a l’amour, il peut y avoir comme c’est le cas dans mon film la maladie, des moments de bonheur incroyables ou de désespoir.

[pull_quote_left] Quand on rencontre quelqu’un c’est une renaissance. Et dans ce chemin « d’être ensemble » il y a l’amour, il peut y avoir comme c’est le cas dans mon film la maladie, des moments de bonheur incroyables ou de désespoir.[/pull_quote_left]

Publik’Art : Le propos du film est grave, mais certaines scènes allègent ponctuellement le propos. Un voyage est constamment sur le fil du rasoir, certaines scènes d’abord burlesques virent à une grande tristesse, par exemple cette scène où Daniel et Mona imitent des singes…

S.B : C’est l’étonnement de certaines scènes qui, à la rigueur, peut provoquer le rire. Mais, par exemple la scène où Daniel et Mona commencent à imiter des singes et font l’amour de manière primaire c’est absolument dramatique. Ce côté primaire c’est la seule solution qu’à trouver Daniel pour retrouver le corps de sa femme. C’est d’une grande tristesse cette régression des deux personnages. Mona et Daniel sont un peu comme des enfants, des adolescents.

Etre une femme.

Publik’Art : Il y a ce paradoxe dans « Un voyage », à la fois vous ne faites pas de cadeau au personnage de Mona, mais vous la filmer avec tant de tendresse, par une caméra amoureuse on pourrait dire, que jamais elle ne devient une victime de cette situation si singulière. Est-ce inhérent au fait d’avoir choisi Anna Mouglalis ?

S.B: Je ne me suis jamais posé la question de choisir quelqu’un d’autre. Si je ne la filme pas avec amour, j’essaye au moins de la filmer avec dignité et pudeur. C’est ce que m’inspire Anna et son personnage dans le film. La situation étant assez dramatique, je ne pouvais absolument pas faire quelque chose de « dégueulasse » avec elle, avec son image.

  

Publik’Art : Une phrase aurait pu inspiré le personnage de Mona : « ce n’est pas une femme, c’est une apparition. » (ndlr : François Truffaut, Baisers volés) L’image ajoute à la dimension fantomatique du personnage…

A.M: Mona est plus proche de la disparition, tout brûle pour elle. Ce personnage se propose une liberté parce que c’est bientôt fini, le film montre ses derniers élans d’amour.

[pull_quote_right] Mona est plus proche de la disparition, tout brûle pour elle. Ce personnage se propose une liberté parce que c’est bientôt fini, le film montre ses derniers élans d’amour. [/pull_quote_right]

Publik’Art : Après « La Jalousie », Anna Mouglalis, c’est encore un rôle d’une femme forte de convictions, prête à tout par amour. Philippe Garrel comme Samuel Benchetrit travaillent beaucoup le regard de l’homme sur la femme, de la photogénie de votre visage souvent pris en gros plans …

A.M : Il y a effectivement cette question du regard, mais tout deux l’abordent de manière très différente. J’ai tourné Un voyage avant La jalousie. Alors quand Phillippe Garrel m’a demandé si j’étais d’accord pour rendre quelque chose de très naturel dans son film, sans maquillage ni coiffure, je trouvais ça normal. Le film de Garrel est héritier en quelque sorte d’Un voyage.

J’étais très heureuse à la lecture du scénario du film de Samuel, Mona est un personnage fort et je savais que je pourrais explorer beaucoup de choses grâce à elle. Garrel comme Samuel m’ont permis de me « libérer », de passer au-delà de la pudeur, que ce soit celle liée au sentiment amoureux ou à la souffrance. Ils m’ont fait du bien.

[pull_quote_left] Travailler avec Philippe Garrel et Samuel Benchetrit m’a permis de me  »libérer », de passer au-delà de la pudeur.[/pull_quote_left]

Publik’Art : Mona et Daniel forment un couple romanesque, Daniel est d’ailleurs écrivain, c’est le contre-pied de l’autre couple qu’ils rencontrent au cours du film Claire et Pierre. Claire (Céline Salette) porte la vie en elle, mais son couple semble mort. Etait-ce pour mettre en évidence la force, l’atypisme du couple de protagonistes que vous l’avait fait se confronter à un autre ?

S.B : Claire et Pierre sont un couple comme il y en a beaucoup je pense, de ceux qui vivent ensemble égoïstement. Je me rappelle, nous étions dans le Sud à la plage avec Anna, et à côté de nous il y avait ce couple arrivé en même temps que nous et qui ne s’adressait absolument pas la parole. On s’est rendu compte avec Anna que c’était un couple qui, en fait, ne se connaissait pas. Ils avaient du se marier parce que c’est ce que tous le monde fait, c’était quelque chose de formel.

A.M : Ils devaient passer 24h/24 ensemble, d’ailleurs bien souvent c’est ce genre de couple qui vole en éclat.

Publik’Art : Comme ces couples au restaurant qui ne se parlent pas

S.B : C’est d’une grande tristesse. D’ailleurs quand Mona débarque à la table de Claire et Pierre au restaurant, les deux ne se parlait pas du tout. C’est un événement pour eux, pour Claire surtout. D’ailleur l’apparition de ce couple fait suite à un fondu au noir, juste après que l’on ait compris que Daniel ait écrit un livre autobiographique dont le dernier chapitre n’est pas bon. Mona en se levant lui offre ce dernier chapitre, une dernière aventure.

Publik’Art : Une étrange alchimie se produit d’ailleurs entre Mona et Claire, quelque chose de triste et de sensuel … Pourquoi avoir choisi Céline Sallette ?

S.B : Ces deux femmes, Mona et Claire, pourraient être un couple. Je trouvais Céline très bonne actrice. Avec Anna, le courant était bien passé et je voulais quelqu’un de bien pour elle. Elles se ressemblent un peu, elles ont quelque chose de mystérieux, comme une blessure secrète. Je voulais qu’il y ait ce rapport non pas tellement trouble entre Claire et Anna, puisque les femmes partagent toute quelque chose, une souffrance, une complicité. D’ailleurs j’ai lu qu’une femme sur dix en Occident allait forcément à un moment donné avoir à faire à une affaire d’harcèlement ou de viol. Anna et moi avons une petite fille, cela m’a frappé.

Le personnage de Claire est violenté, cet enfant qu’elle porte elle ne voulait pas vraiment. Elle raconte à Mona que son mari s’est jeté sur elle un soir, ce rapport non consenti, même entre mari et femme, c’est du viol.

Il y a une complicité entre hommes, mais elle n’est pas du même ordre. Moi j’ai une complicité avec les hommes artistes par exemple.

Publik’Art : Parce que vous partagez une sensibilité avec eux, les artistes n’ont pas peur d’explorer leur part féminine, et vice et versa. ?

S.B : Oui c’est ça. Nous partageons les mêmes errances, les mêmes aspirations, les mêmes passages à vide. Ceux qui refusent d’explorer cette part de l’autre sexe en eux ne progressent pas, c’est évident. Il y a énormément d’auteurs, d’acteurs hommes qui vont vers une grande féminité. Nicholas Ray, Samuel Beckett, Jean-Louis Trintignant … en vieillissant ressemblent de plus en plus à des femmes.

 

Des mots et des actes.

 

Publik’Art : Les dialogues du film sont beaux, littéraires proches du théâtral même. On peut penser à Jacques Doillon avec qui vous avez tourné Samuel (ndlr : dans « Un enfant de toi » en 2012). Ce cinéaste a aussi une manière particulière d’écrire ses personnages, ce sont des formes de dialogues qui vous ont inspirés ?

S.B : Non, pas pour l’écriture des dialogues. Doillon peut plus m’inspirer sur la direction des acteurs. Mais nous n’avons pas du tout le même style, chez lui c’est plus proche du marivaudage. Ces personnages ont du vocabulaire c’est certain. Les personnages d’Un voyage ont aussi cette élégance des mots mais n’ont pas cette pure théâtralisation. Quand on écrit des dialogues, on les « écoute », je voulais que mes personnages aient un langage, le leur. Geste, langage, écoute … ce sont les choses que chaque couple se fabrique.

[pull_quote_right] J’attache de l’importance aux dialogues dans mes films. Dans « Un voyage », c’est le langage propre à ce couple que j’ai voulu mettre en avant.[/pull_quote_right]

Publik’Art : En parlant d’écriture, Samuel Benchetrit, vous écrivez aussi des romans. Abordez-vous l’écriture d’un film de la même manière que celle d’un livre ? Est-ce quelque chose d’absolument distinct ou l’un nourrit l’autre ?

S.B : Ce sont des choses différentes mais qui se nourrissent oui. D’abord, c’est la même pensée. Mais ce n’est pas la même énergie, la même intimité. L’écriture d’un livre nécessite une certaine solitude. Pour un film, on écrit pour les autres, il faut leur parler, partager ses idées.

Publik’Art : L’image au grain très prononcé du film est loin du noir et blanc très esthétisant de « J’ai toujours rêvé d’être un gangster». Ce choix du numérique était dû à des contraintes économique ou était-ce vraiment déterminé par le sujet du film, soit celui d’une évanescence programmée ?

S.B : Il y avait effectivement des contraintes budgétaires. C’est le premier film que je faisais en numérique, mes trois précédents étaient en pellicule. C’est une autre éducation du rapport à l’image.

A.M : Et puis c’est aussi une autre mise en scène. Samuel travaille normalement en ayant en tête le nombre exact de plans en tête. Le numérique, la caméra à l’épaule, induit une autre gestuelle. La caméra s’adapte aux acteurs plus que le contraire. Il y a un vrai travail d’accompagnement, « d’improvisation » de la caméra.

Publik’Art : Il y peut y avoir de prime abord une certaine perplexité vis à vis de Yann Goven, de ce choix d’acteur. Anna a un magnétisme, une animalité très frappante. Yann Goven est plus sec, d’une nervosité sous-jacente et ce n’est qu’au fur et à mesure qu’on saisit la force qu’il a aussi, et qu’il finit par s’accorder à Anna. Est-ce pour ça que vous l’avez choisi ?

S.B Au départ j’avais pensé à quelqu’un d’autre pour le rôle, Arthur H, qui n’était pas disponible. Yann je le voyais souvent, il a une carrure qui m’intéresse. Sa maigreur, presque maladive, traduit en fait une grande force, une solidité, une nervosité oui.

Il a commencé le film un peu hésitant, doucement il a pris de l’ampleur, au moment où il le fallait. Quand il doit porter Mona, il le fait, concrètement.

 

Bande annonce du film Un voyage

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=lvJqK1bOtKI]

Un voyage sort en salle mercredi 24 avril. 

Vidéo : découvrez le showreel de Cumulus, studio de création graphique en motion design

Cumulus est un studio de création graphique spécialisé en motion design et ça se voit ! La preuve avec ce showreel retraçant leurs travaux de l’année 2013. Très fort.

[vimeo http://vimeo.com/92131404]

Blind Spøts, le premier album lumineux d’EXPØ en libre écoute

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EXPØ, c’est un quatuor rennais  inspiré  (Antoine (guitare, choeurs), Ludo (guitare, voix, claviers), Laurent (Basse) et Olivier (Batterie)) au goût prononcé pour les tubes pop énergiques qui n’ont rien à envier aux grands noms de la scène anglophile. Leur premier album  Blind Spøts n’est fait que de ça. Des confettis comme s’il en pleuvait. A découvrir tout de suite :

Un voyage, un film de Samuel Benchetrit

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En salle le 23 avril

[pull_quote_center] Un couple dépose leur enfant à la maternelle un vendredi matin. C’est la grand-mère qui viendra le chercher le soir et qui le gardera pour le week-end. Eux partent en voyage, dans un autre pays.[/pull_quote_center]

Parfois il est difficile de définir son avis sur un film à la sortie du cinéma. Le dernier film de Samuel Benchetrit déstabilise, se réfléchit, se digère.

Il y a quelque chose de l’ordre de la tragédie dans Un voyage.

Dès les premières images, c’est un visage de femme qui s’offre à la caméra. Mona (Anna Mouglalis) parle à son mari, susurre de sa voix grave la mort imminente : « mon dernier mot sera celui de notre amour ».

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L’image est trouble, de mauvaise qualité, bien loin du splendide noir et blanc de « J’ai toujours rêvé d’être un gangster ». Plus le film avance, plus l’image semble se décomposer comme si l’évanescence programmée la mangeait. La caméra tremble. Mona « ce n’est pas une femme, c’est une apparition ». A demi nue dans l’eau, dans une robe de satin rouge dans la rue, Un voyage c’est surtout le portrait dans tous ses états de la belle Mona/Anna Mouglalis, la caméra recueillant le moindre de ses sourires et de ses larmes.

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Il est question d’équilibre dans ce film, d’un amour qui s’éprouve. De rencontres de hasard en situations insolites, Un voyage marche sur le fil du rasoir, parfois tombe mais se rattrape. Et puis finalement c’est Daniel (Yann Goven) qui tient Mona sur ses épaules, qui supporte concrètement le poids de leur amour qui va s’éteindre. Le film est ponctué de beaux dialogues, à la lisière du théâtral, rendant bien la singularité de ce couple et de leur situation.

Un voyage n’est pas sans défaut (un rythme inégal, des moments d’égarement…), mais la sincérité du processus et la caméra amoureuse de Benchetrit lui font pardonner facilement. Si le voyage n’est pas parfait, il vaut assurément le détour.

 [youtube http://youtu.be/I2hwMNMfqAQ]

Les Éditions Delcourt participent au 1er Free Comic Book Day en France !

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Communiqué de presse : 

Le Free Comic Book Day a été créé il y a plus d’une dizaine d’années aux États-Unis à l’initiative de Diamond Comic Distribution, distributeur n°1 de comics outre-Atlantique, pour promouvoir la culture comics auprès du grand public. Chaque année, les principaux éditeurs de comics américains créent un fascicule spécial au contenu exclusif. Le premier samedi du mois de mai, ce tirage limité est distribué gratuitement dans les librairies spécialisées sans aucune condition d’achat.

Le Free Comic Book Day est arrivé en France sous l’impulsion de la librairie Comic Zone et de l’association BD Ciné Goodies.

Les Éditions Delcourt, numéro 1 du marché comics en France, ont décidé de participer pour la première fois à l’aventure qui se tiendra cette année le samedi 3 mai. Pour l’occasion, elles créent un numéro spécial de 24 pages, composé de contenus inédits et exclusifs, et tiré à 6000 exemplaires. À l’instar de son cousin américain, il sera distribué gratuitement dans près d’une centaine de librairies spécialisées partout en France.

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Une crêpe et un album d’Epsylon s’il vous plait – Manufacture du Temps en libre écoute

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Fraîchement sorti (le 19 Avril), Manufacture du Temps témoigne de l’excellence de nos bretons, Epsylon (qui signent leur 3ème album) autant par les arrangements que par le texte. Aussi délicieuses qu’un far, les chansons ne nous laissent pas le choix et nous entraînent sur des rythmiques rock-celtiques: les artistes mêlent musique traditionnelle et musique plus moderne, et le marriage en devient plus que convainquant ! En sus d’être bien ficelées, elles sont généreuses, et ne sont pas pas simplement posées sur le disque. Epsylon dresse un album complet où l’amour pour la musique, et pour ses tradition se joignent. Les noces sur scène sont vivement attendues. Chapeau rond les bretons!

59E Salon de Montrouge : La jeune création internationale se découvre du 30 avril au 28 mai 2014

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Le Beffroi 2, place Emile Cresp – 92120 Montrouge M4 : Station Mairie de Montrouge
Du 30 avril au 28 mai 2014

Placé depuis 2009 sous la direction du commissaire artistique Stéphane Corréard et dans une scénographie signée matali crasset, le Salon de Montrouge continue cette année de promouvoir et d’accompagner la création contemporaine dans toute sa diversité au coeur du Beffroi, bâtiment emblématique des années 30 de la Ville de Montrouge qui organise et finance le Salon de Montrouge depuis 1955.

Sur 1500 m2, photographies, sculptures, dessins, vidéos, projets numériques et installations se révèlent ainsi au grand public dans des modules d’exposition dédiés, permettant de découvrir un ensemble significatif et cohérent du travail de chaque artiste.

Evénement grand public et gratuit, le Salon de Montrouge propose un panorama complet en matière de création artistique. Grâce à une sélection à la fois accessible et exigeante, le Salon jette un véritable coup de projecteur sur la création émergente et accompagne pendant un an 72 artistes ayant un lien fort avec la France, sélectionnés parmi plus de 3100 dossiers sans contrainte de formation ou de nationalité. Une attention particulière est accordée à l’éveil de tous les publics, avec une journée ‘‘interdite aux parents’’ pendant laquelle les plus petits sont invités à découvrir les oeuvres en compagnie de médiateurs culturels.

Comme chaque année, la sélection 2014 est soumise aux regards expérimentés d’un jury composé de personnalités de l’art contemporain qui remettra les trois prix du Salon de Montrouge et offrira aux lauréats la possibilité d’être exposés au Palais de Tokyo et à la Biennale JCE (Jeune Création Européenne), comme avant eux Julien Salaud ou encore Antoine Dorotte, tous deux révélés par le Salon.

KNEE DEEP : le nouveau cirque australien, à La Cigale, à Paris

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KNEE DEEP, nouveau cirque australien, à La Cigale du 18 au 26 juin 2014   

Une pièce de cirque à découper le souffle en petits morceaux, donnée par quatre acrobates australiens et Samoans issus de l’incontournable Circa. La compagnie CASUS construit sous nos yeux un spectacle sidérant… En toute modestie. Au sol, en l’air, sur des œufs (vraiment) ou au trapèze, CASUS réalise un spectacle de très haute tenue et tisse avec le public unLien qui ne se relâche pas. Chacun de ces quatre acrobates possède un style et une couleur très singuliers, leur association les a conduits à composer KNEE DEEP entre puissance et légèreté et c’est un heureux événement artistique. Suspendus, émus, impressionnés et amusés, nous sommes pris dans l’intensité d’un travail où la cohérence poétique, la performance technique et l’exigence narrative le disputent au simple plaisir d’être là pour voir et vivre ça jusque dans la peau. Pendant une heure, on assiste à une construction délicate sans que l’on puisse vraiment parvenir à saisir les éléments de progression.  Chaque commencement semble classique, mais évolue vers un dénouement inattendu et ce dénouement est un rebond de la Dramaturgie du spectacle qui se renouvelle sans cesse. Peut être sommes nous troublés parce qu’Emma Serjeant, Jesse ScoR, Natano Fa’anana et Lachlan McAulay jouent avec notre perception de la tradition sans se jouer de la tradition. CASUS nous égare dans ce que nous connaissons et c’est délicieux.

Rive Gauche forever ! Vente des collections de l’hôtel Lutetia : Exposition publique du 15 au 18 MAI 2014 Vente du 19 AU 25 mai 2014

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En mai prochain, la maison de ventes aux enchères Pierre Bergé & Associés, a été chargée par la direction du Lutetia, d’orchestrer la vente d’une partie des collections de l’hôtel, réunissant plus de 3 000 pièces de mobilier et objets d’art et environ 8 000 bouteilles de vin et spiritueux.
« Emblème international de l’Esprit Rive Gauche », le Lutetia a perpétué des relations fusionnelles avec les nombreux artistes et créateurs internationaux, hôtes d’un soir, habitués ou résidents de longue durée.

L’hôtel vient de fermer ses portes pour une durée de 3 ans. A l’issue de la vente, débutera la rénovation conçue par le Cabinet de Jean-Michel Wilmotte assisté, pour la partie historique, par le Cabinet d’ Alain-Charles Perrot et Florent Richard.
« A l’aube d’un programme de travaux qui durera trois ans, avant de tourner une nouvelle page de l’histoire du Lutetia, nous avons choisi une maison de ventes, qui incarne nos valeurs, Paris et son sens inné de l’élégance et du raffinement » déclare la Direction de l’hôtel.
Antoine Godeau , Commissaire-Priseur et Vice-Président de Pierre Bergé & Associés, précise « l’évolution de notre maison, en phase avec les mutations du marché et l’émergence d’une nouvelle génération d’experts et de compétences diversifiées au sein de notre équipe sont mises au service de cet événement. Cette vente qui se déroule dans un lieu mythique est également une fête dédiée au Lutetia et à ceux qui ont contribué à sa légende. »

Quatre jours d’exposition (du 15 au 18 mai 2014) suivis d’une semaine de vente (du 19 au 25 mai 2014), se déroulent au sein du Lutetia. L’exposition publique se tient dans l’ensemble des salons et pièces de réceptions ainsi que dans certaines suites et chambres.
Cette vente est organisée par Maitre Antoine Godeau , commissaire-priseur, assisté de Fabien Béjean- Leibenson , avec la collaboration de la maison de ventes dirigée par Pierre-Guilhem Métayer et l’expert Harold Wilmotte .

L’EMPREINTE D’ARTISTES INTERNATIONAUX
L’hôtel Lutetia appartient à cette catégorie d’hôtels prestigieux, qui ont eu les faveurs des grands voyageurs et des « aficionados » de l’art. Elégant et intemporel, l’hôtel emblématique de la Rive Gauche reste aujourd’hui la référence suprême d’un art de vivre à la française, empreint de luxe et de raffinement, auquel de nombreux grands voyageurs restent attachés.
Les personnalités du monde des arts et des lettres se sont succédées dans les appartements et les salons de l’hôtel, à l’instar d’ Albert Cohen mais aussi de Picasso , Matisse , André Gide , James Joyce , Samuel Beckett , Saint-Exupéry , Jean-Paul Sartre ou encore André Malraux qui y ont trouvé une source d’inspiration.
Pour un jour, un mois, un an, des artistes et designers du monde entier y ont résidé et y ont élu domicile. Certains d’entre eux ont été invités à réaliser des pièces uniques in situ, qui appartiennent désormais au patrimoine du Lutetia.
Ainsi, la vente organisée en mai prochain propose une sélection d’œuvres d’art et de pièces de design, dont certaines notamment sont signées Arman , César ou encore Takis , Philippe Perrin , Chen Man, ainsi que Fernando et Humberto Campana , Guillaume Piechaud…
Les propriétaires de l’hôtel ont souhaité garder une trace de tous ces artistes et ont sélectionné une série d’œuvres qui seront réintégrées, lors de la réouverture de l’hôtel.

PIERRE BERGÉ & ASSOCIÉS
Créée à Paris en juin 2002 sous l’impulsion de Pierre Bergé, la SVV Pierre Bergé & Associés est dirigée par Antoine Godeau , commissaire-priseur et est installée désormais au 92, avenue d’Iéna. Pierre Bergé & Associés est également présent à Bruxelles et est actif sur le marché belge.
Maison de ventes généraliste, Pierre Bergé & Associés, renforce sa présence sur des marchés de niche, en s’appuyant sur l’expertise de départements spécialisés, notamment dans les secteurs de l’archéologie, des livres et manuscrits, de la joaillerie, de l’art moderne et contemporain et du design.

Fondation Cartier 1984-2014 | 30 ans pour l’art contemporain

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Le 20 octobre 1984, Cartier inaugure la Fondation Cartier pour l’art contemporain, une initiative pionnière en faveur de la création contemporaine. À Paris, dans le bâtiment de verre et d’acier de l’architecte Jean Nouvel, la Fondation Cartier pour l’art contemporain expose et donne la parole à des artistes du monde entier.

Pendant un an, à partir du 10 mai 2014, la Fondation Cartier pour l’art contemporain vous invite à célébrer avec elle 30 ans de mécénat libre et généreux fait d’engagement et de singularité, de dialogue ininterrompu avec des créateurs de tous horizons et de toutes disciplines.

Du 10 mai au 21 septembre 2014, l’exposition Mémoires Vives, accompagnée de concerts et d’événements, réserve une place essentielle à des œuvres parmi les plus emblématiques de la collection de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, des œuvres qui sont toutes des temps forts de son histoire.

Photographies, sculptures, films et peintures se succèdent pendant cinq mois dans une présentation en mouvement permanent, riche de surprises. De Raymond Hains à James Lee Byars, de Nan Goldin à David Lynch, de Mœbius à Ron Mueck, l’exposition Mémoires Vives présente des œuvres d’artistes magnifiques, à découvrir ou à redécouvrir.

SpyGames, tome 1 : une BD de Jean-David Morvan et Jung-Gi Kim (Glénat)

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Date de sortie : le 23 avril 2014

Auteur : Jean-David Morvan  (Scénario) et Jung-Gi Kim (Dessin)

Prix : 13,90 € (48 pages)

SpyGames est une nouvelle série du prolifique scénariste Jean-David Morvan (Zorn et Dirna, Nomad, Sillage) qui collabore ici avec Jung-Gi Kim (Funny Funny, T.L.T,), dessinateur coréen dans un récit d’action explosif en plein coeur de Hong Kong où des équipes de soldats d’élite se donnent rendez-vous pour s’affronter en vue de remporter le grand prix : des secrets d’Etats à foison.

Résumé de l’éditeur :

De nos jours, Ka Lei Ng, commissaire chinois de Hong Kong rompu aux arts martiaux, reçoit un appel concernant des coups de feu dans un appartement. Arrivé sur place, il découvre, outre des cadavres, un homme et une femme encagoulés qui s’enfuient aussitôt. Plus tard, c’est l’appartement entier qui est réduit en cendres, éliminant toutes les preuves. Le commissaire comprend alors qu’il a affaire à de véritables professionnels… Car en réalité, Hong Kong est cette année le théâtre d’une compétition extraordinaire : le « Kontest », sorte de Jeux olympiques des barbouzes. De redoutables agents secrets s’y affrontent à travers des épreuves spécifiques, avec à la clé les secrets d’État des pays participants. Mais cette fois-ci, la donne a changé. Une équipe de francs-tireurs internationaux, ne travaillant que pour eux-mêmes, a décidé d’entrer en jeu, éliminant dès les qualifications les joueurs américains !

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Jean-David Morvan propose dans SpyGames un récit d’action ultra musclé où les explosions ponctuent les pages et les débris de verre couvrent à peine les corps des victimes qui s’y amoncellent. Une véritable pluie d’hémoglobine et de violence imaginée dans le cadre d’un jeu quelque peu pervers entre nations où l’équipe gagnante remporte les secrets d’Etats des autres participants. Une sorte de Hunger Games des armées. Dans ce premier album, DissidentsJean-David Morvan pose ainsi les bases de son histoire en laissant une large place au divertissement par des scènes d’action spectaculaires où le dessin de Jung-Gi Kim se révèle comme celui d’un illustrateur talentueux, avec un savoir faire et une patte uniques.

Son trait est très dense, ses planches chargées de détails, en étant tout à la fois toujours dans une dynamique du mouvement, où la fluidité est au premier plan. Les cascades sont parfois même « séquencées » dans une même vignette, ce qui traduit la grande part de créativité et la pertinence de son auteur.

SpyGames est comme une grenade dégoupillée : on tient très fort cette BD d’action entre nos doigts en sachant bien que ça peut « péter » à tout moment. Un bon divertissement.

Blitz the Ambassador : le titre hip-hop n’ soul « Love on the Run » (Feat. Nneka) en libre écoute

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Blitz the Ambassador a publié cette semaine le titre Love on the Run sur lequel Nneka, la princesse de la soul germano-nigérienne vient poser sa touche très personnelle. Un excellent titre qui explique le très bon accueil par la critique de l’album Afropolitan Dreams. Un vrai vent de renouveau qui souffle sur la sphère Hip Hop. Vou pouvez découvrir la vidéo du Making Of de l’album ci-dessous.

[vimeo http://vimeo.com/92078387]

 

Teaser : La Chambre Bleue, un film de Mathieu Amalric (sélection officielle Festival de Cannes 2014)

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Avec Mathieu Amalric, Léa Drucker, Stéphanie Cléau, Laurent Pointrenaux, Serge Bozon, BLUTCH

La Chambre Bleue est le prochain film de Mathieu Amalric sélectionné pour le Festival de Cannes 2014 (dans la catégorie Un certain regard), réalisé d’après le roman éponyme de Georges Simenon.

Synopsis :

Dis- moi Julien, si je devenais libre, tu te rendrais libre aussi ?

– Tu dis ?…

Un homme et une femme s’aiment en secret dans une chambre, se désirent, se veulent, se mordent même. Puis s’échangent quelques mots anodins après l’amour.

Du moins l’homme semble le croire.

Car aujourd’hui arrêté, face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction, Julien cherche les mots.

« La vie est différente quand on la vit et quand on l’épluche après-coup. »

Que s’est-il passé, de quoi est-il accusé ?…

[youtube http://youtu.be/KbRlYIgL2Uo]

Festen, le repas froid, au théâtre de Ménilmontant les 24 et 25 avril (Paris)

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Quant on parle de repas familial, autour d’une grande table avec du bon vin et des visages que l’on aime, on imagine cette chaleur qui nous envahit, causée d’une part par l’alcool massivement bue et d’autre part par le bonheur que le moment procure. Quant on ne parle pas politique, le repas familial est chaud. Festen bien au contraire, est froid.

Nous voilà non pas sur une table de repas familial, mais plutôt sur une table de dissection où la famille même est la disséquée.

Pour l’anniversaire du patriarche Helge, ses enfants, et quelques amis se retrouvent atablés. La famille paraît soudée, unie. Mais, en grattant les couches apparentes, elle pullule de tourments qui mettront en branle cette « stabilité » familiale. Alors que l’entrée vient d’être servie, Christian, l’ainé, porte un toast. Et quel toast… Ainsi il dévoile une facette inconnue jusque-là du père Helge, celle d’un pédéraste ayant violé l’aîné Christian, et sa sœur Linda, suicidée il y a quelques temps.

Le drame Festen survole un tas de sujets différents: idiotie de l’homme, vérité, racisme, art du langage et drames familiaux.

Laura Bolgheri et Cécile Charbit, metteuses en scène, propose une adaptation du film de Thomas Vinterberg qui a rayonné avec son film en 98 à Cannes. Ce n’est pas une copie conforme au texte du cinéma, la pièce est construite de manière personnelle et s’affirme dans le sillage des mises en scènes modernes. Un invité, à certains moments, utilise sa caméra pour filmer. Les images sont reportées en arrière plan sur une toile, au même moment que l’invité filme. Le spectateur se voit être davantage impliqué, car on lui offre d’une part l’axe visuel classique au théâtre mais d’autre par celui de la caméra, qui l’immerge totalement dans le drame familial. Nos yeux perçoivent les faciès décomposés de certains, et amusés, d’autres. Le décors se limite à une table, des chaises, des assiettes et bouteilles: la fête est l’élément centrale de la pièce, et c’est un choix que les metteuses en scène revendiquent. La cruauté humaine prolifère entre deux chansons d’ivrognes.

Festen te blesse.

On dénombre une quinzaine d’acteurs, tous assez remarquables. Entre Mickael (Jean Thomas Ward), le cadet grande-gueule raciste qu’on hait dès les premières minutes, le patriarche Helge (Erik Chantry) qu’on apprend à haïr au fur et à mesure que les nœuds de la dramaturgie se défont, et Christian (Olivier Kuhn) le fils ainé, celui qui va dynamiter la famille, et bouleverser le public, on perçoit une palette de figures et personnages assez intéressants. Quand Erik Chantry joue parfaitement un personnage à la diction saccadée, Olivier Kuhn incarne et revête la peau de Christian. Ce dernier est convainquant par la sincérité du jeu du comédien, et, Chantry campe un personnage faux et son jeu laisse entrevoir cette fausseté. Tous les comédiens sont bons et crédibles, l’équipe fonctionne. Certains nous amusent, d’autres nous transpercent.

Festen est une affaire qui roule. Le public n’est pas indifférent. Même si les débuts peuvent être moyennement captivant, quand Christian porte son toast et débale cette sombre affaire, on reste schotché dans notre fauteuil, bouche béante et sèche, langue pendue, pendant le reste de la pièce. Le public se tait et rigole quant il faut. Nous sommes absoluement embarqués dans cette histoire de déconstruction et reconstruction familiale, où les souvenirs sont déterrés, et où le père, pour son anniversaire, est enterré. Le repas est froid, le festin nous gèle, mais l’humour et l’amour nous réchauffe, et nous évite, comme le père, de nous conduire six pieds sous terre.

Festen est à consommer le 24 et 25 avril, au Théâtre de Ménilmontant, Paris.

Le Misanthrope de Molière, mis en scène par Clément Hervieu-Léger, à la Comédie-Française

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La troupe de la Comédie-Française
Salle Richelieu du 12 avril au 17 juillet 2014

« Le Misanthrope » mis en scène par Clément Hervieu-Léger à la Comédie-Française fait entendre la résonnance noire de la pièce qu’il relie à la déception de Molière, victime de la trahison de son grand ami Racine, qui lui préféra l’Hôtel de Bourgogne pour sa tragédie Alexandre le Grand. Elle imprime la personnalité d’Alceste dominée par la mélancolie, la dépression le dotant d’un tempérament sombre et pessimiste, peu enclin aux compromis.

[pull_quote_center]A l’abri d’un déplacement judicieux et ample, la mise en scène de Clément Hervieu-Léger se réapproprie le texte pour l’inscrire dans un espace temps intemporel où le discours sur la raison et la passion n’en a pas fini de consumer les âmes[/pull_quote_center]

Cette nouvelle version transposée de nos jours pose un regard neuf et cinématographique sur cette œuvre du répertoire porté par un mouvement des corps à l’unisson.

Alceste souffre de l’hypocrisie du monde et de l’époque dans lesquels il vit. Il est pourtant fou amoureux de Célimène, une mondaine habitée par cet art de plaire qui voit défiler dans son salon des courtisans avides et calculateurs dont il n’a que mépris.

LE MISANTHROPE -

La conversation et l’appartenance sociale avec ces signes de reconnaissance sont les éléments fondateurs de ce microcosme. Entre soi, on se croise, on échange et on tente de répondre à la question qui est sur toutes les lèvres : Célimène est-elle sincère dans son amour ?.

Avec ses enjeux, son interaction entre les protagonistes, sa fluctuation à travers la posture morale d’Alceste qui se confronte à l’appel contradictoire de son désir et sa circulation, la parole est au centre du dispositif.

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Elle prend pour cadre le salon d’un bel hôtel particulier (scénographie d’Eric Ruf) desservi par trois escaliers intérieurs qui reprend vie après une période de deuil de la jeune maîtresse des lieux (Célimène) où les joutes verbales, les faux-semblants, les confidences interagissent avec force et fluidité.

Les discussions mettent à l’épreuve la sincérité d’Alceste qui erre, telle une âme en peine écrasée et torturée par le poids de ses contradictions, désarmé face aux déceptions de la vie, faisant preuve de réactions contradictoires et inconsidérées, empruntes d’emportements suivis de périodes d’atonie et de faiblesse.

[pull_quote_left]Cette nouvelle version transposée de nos jours pose un regard neuf et cinématographique sur cette œuvre du répertoire porté par un mouvement des corps à l’unisson.[/pull_quote_left]

Mais capable aussi d’exaltation dans les sentiments amoureux qu’il éprouve pour Célimène, refusant dans sa critique du monde une société du paraître, de la dissimulation et dans laquelle la médisance s’avère un art à part entière. Avant que la solitude n’emporte le cœurs de chacun des amants vers leur exil respectif dans une scène finale saisissante.

La troupe du Français se montre parfaite. Dans le rôle titre Loïc Corbery incarne avec un désespoir ardent et jusqu’au-boutiste cet « atrabilaire amoureux » tandis que Célimène (Georgia Scalliet) est à la fois pétillante et fragile dans sa quête héroïque de liberté. Quant à Eric Ruf qui interprète Philinte, l’ami pacificateur, il offre un jeu d’une grande maîtrise.

A l’abri d’un déplacement judicieux et ample, la mise en scène de Clément Hervieu-Léger se réapproprie le texte pour l’inscrire dans un espace temps intemporel où le discours sur la raison et la passion n’en a pas fini de consumer les âmes…

Rouge comme la neige, une BD de Christian de Metter (Casterman)

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Date de sortie : le 23 avril 2014

Auteur : Christian De Metter (Scénario et Dessin)

Prix : 18 € (104 pages)

Rouge comme la neige est un superbe roman graphique (one shot) réalisé par Christian De Metter (Emma, Shutter Island, Dallas, une journée particulière, Vers le démon…) dans le plus pur esprit western.

Résumé de l’éditeur :

États-Unis, 1896. Dans une petite ville du Colorado, on s’apprête à juger un homme soupçonné d’enlèvements d’enfants, Buck MacFly. Mais le procès tourne court. Une femme venue en ville assister au jugement avec son fils adolescent Sean, la veuve MacKinley, fait évader MacFly, persuadée qu’il possède des informations sur sa fille Abby dont elle est sans nouvelles depuis sa disparition soudaine il y a six ans. Cette mère éplorée se pense suffisamment forte pour contraindre ensuite son prisonnier à la conduire jusqu’à Abby – où qu’elle se trouve. Mais ce n’est pas si simple. Tandis que le shérif alcoolique Cassidy organise la traque pour retrouver les fuyards, MacFly, de plus en plus cynique et inquiétant au fil de l’échappée dans la montagne et le blizzard, révèle à Sean et à sa mère qu’il connaissait bien leur père et époux George MacKinley, mort quelques années auparavant à la bataille de Wounded Knee. Pièges, faux-semblants, coups de théâtre : rien ni personne, dans cette histoire âpre et violente, ne semble finalement conforme à ce qu’il semblait être…

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Le scénario que propose ici Christian De Metter convainc à la manière d’un excellent western, avec une intrigue qui évolue le long d’un périple à dos de chevaux où les héros composent un trio original : une mère de famille, veuve d’un ancien soldat adepte de poker, son fils qui l’accompagne, et un prisonnier évadé à l’aide des deux premiers. Tout ce beau monde à la recherche d’Abby, fille de la veuve éplorée disparue depuis longtemps. Et à leur trousse, un shérif mystérieux qui connaît bien son prisonnier… Avec de multiples interrogations habillement distillées au fur et à mesure de l’histoire, l’auteur montre sa maîtrise du suspens et joue remarquablement entre deux eaux, faisant se rejoindre polar et western. Une belle enquête, dans un univers froid, à la fois humide et poussiéreux où la cruauté et la cupidité sont sans limite. Un récit sans pitié et sans fausse note.

Le style graphique choisi pour l’occasion est simplement époustouflant. C’est comme si la BD était composée de planches originales où chaque coup de crayon est apparent (on passerait presque les doigts dessus pour tenter d’en ressentir les aspérités tant l’illusion est belle). D’autant que son trait est fin et précis, avec énormément de caractère. Un vrai coup de coeur.

Rouge comme la neige n’est pas seulement un bel ouvrage, c’est l’une des sorties à ne pas manquer en ce mois d’avril.

[youtube http://youtu.be/QFKrPxG0o4k]

Opération Overlord, tome 2 : une BD de Bruno Falba, Davide Fabbri et Christian Dalla Vechia (Glénat)

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Date de sortie : le 16 avril 2014

Auteurs : Bruno Falba (Scénario), Davide Fabbri, Christian Dalla Vechia (Dessin) et Domenico Neziti (Couleurs)

Prix : 13,90 € (48 pages)

Pour ce deuxième album du triptyque Opération Overlord, intitulé Omaha Beach, c’est cette fois Bruno Falba (Malek SlimanLe Chant des elfesAntichristusConfessions d’un TemplierCathares) qui se charge de l’écriture du scénario tandis que Davide Fabbri (Star Wars : Agent de l’EmpireJediLe côté obscur et Rebellion) et Christian Dalla Vechia l’ont illustré en collaboration avec le coloriste Domenico Neziti.

Résumé de l’éditeur :

1944, Plages des Sables d’Or, Normandie. Le général Rommel donne les dernières instructions aux membres des forces de l’Axe pour la défense du front normand. Parmi eux, quatre jeunes soldats allemands. De l’autre côté de la Manche, Robert Capa, photographe de guerre, Hard Gund, allemand naturalisé américain, et deux autres G.I. de la Easy Companysont briefés sur l’opération Overlord. Dans quelques jours, entre le sifflement des balles et le craquement des explosions de mortier, Allemands comme Américains vont connaître la peur, les larmes et la mort. Leur sang va teinter de rouge le sable de celle qui deviendra la tristement célèbre « Omaha Beach ».

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Après un excellent premier album, c’est au tour de Bruno Falba d’exprimer ses talents d’écriture sur un autre point stratégique du débarquement de Normandie. Cette fois, on se retrouve le bec dans l’eau et les genoux dans le sable pour percer les premières lignes de défense allemandes. Le scénario offre les deux points de vue : celui des américains qui élaborent d’abord leur incroyable opération d’envergure avant de donner l’assaut, et celui des allemands pris au dépourvu le jour venu dans leurs bunkers isolés. Puis les points de vue vont se rapprocher jusqu’à se télescoper. Une petite pirouette très bien vue par le scénariste qui propose un récit percutant et violent. On a l’impression d’y être.

On a d’ailleurs plaisir à retrouver le dessin de Davide Fabbri qui avait assuré le premier album. Ici il est accompagné de Christian Dalla Vechia qui ne trahit pas l’unité graphique, proche de l’esprit comics, de la série.

Omaha Beach est donc dans la droite ligne de son prédécesseur : efficace et sans concession.

#Défouloir du Vendredi : Les Pyramides d’Egypte en animation

Cette semaine c’est une animation joliment réalisée par Corentin Charron, Lise Corriol, Olivier Lafay et Nicolas Mrikhi pour l’école Supinfocom Arles qui est mise à l’honneur. A voir.

[vimeo http://vimeo.com/91973305]

Le gouffre de Padirac, tome 1 : une BD de Laurent Bidot et Lucien Rollin (Glénat)

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Date de sortie : le 16 avril 2014

Auteurs : Laurent Bidot (scénario) et Lucien Rollin (dessin)

Prix : 13,90 € (48 pages)

Le gouffre de Padirac est le récit de la découverte de ce trou du diable classé premier site du patrimoine souterrain français, considéré comme l’une des plus grandes curiosités géologiques de France. Le scénario, écrit par Laurent Bidot (Padre Pio, L’Histoire de la Grande Chartreuse, Le Linceul, Paradoxes…) retrace brièvement la vie du pionier de la spéléologie moderne Édouard-Alfred Martel qui le premier explora ce gouffre et l’ouvrit au public. L’histoire est par ailleurs illustrée par Lucien Rollin (Citoyen Liberté, Torte, Saskia des Vagues, Ombres, Back World…).

Résumé de l’éditeur :

1936 : un jeune journaliste plein d’admiration et passionné de spéléologie se présente à un vieil homme dont il veut dresser le portrait. Édouard-Alfred Martel est celui qui a découvert dans sa vie quelques 1500 grottes, abîmes et autres cavités. Il se souvient du Gouffre de Padirac… 30 ans auparavant, il l’a exploré avec ses compagnons à l’aide de cordes, d’échelles, de bougies et de bateaux. Bravant les superstitions et les légendes, ils se sont aventurés là où personne avant n’avait osé le faire. On murmure même qu’ils auraient trouvé un trésor dans ce « trou du Diable ».

Plongez dans l’histoire de ce lieu exceptionnel qui rassemble plus de 430 000 visiteurs chaque année !

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Laurent Bidot imagine la visite d’un jeune journaliste passionné en la demeure d’Édouard-Alfred Martel afin de réaliser une interview sur le passé de ce grand explorateur de souterrains (tout de même plus de 1500 découvertes dans sa vie). L’occasion de nous remémorer l’une de ses plus belles découvertes : celle du gouffre de Padirac. Plus que la découverte, le récit s’attarde sur les nombreux détails qui l’ont entourée : son accueil auprès des paysans locaux, ses difficultés pour ouvrir la grotte au public (achat du terrain, accessibilité, travaux…),  les premiers visiteurs notables puis l’ouverture elle-même au public. Mais également à la personnalité insouciante de E.-A. Martel, ses nombreuses récompenses liées notamment à ses découvertes scientifiques (sur la salubrité de l’eau…), le soutien sans faille de son épouse etc… C’est tout l’environnement de l’homme qui est passé au peigne fin, entre deux passages risqués dans la cavité. Si bien que le lecteur a un peu de mal à s’identifier, à ressentir le danger et le suspens qui s’en trouvent légèrement dilués.

Mais l’on peut tout de même admirer la beauté des lieux grâce au dessin de Lucien Rollin au style plutôt traditionnel, simple et efficace. Un trait fin et une coloration qui tient habilement compte des effets de lumières au milieu des roches et des cours d’eau souterrains.

Le gouffre de Padirac est une très belle carte postale que l’on aurait aimée peut-être un peu plus dans le temps de l’action pour une si grande et belle découverte.

Amen, le 3ème et dernier album des Prêtres, sortie le 7 avril 2014

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 Sortie le 7 avril 2014 

Père Jean-Michel Bardet, Père Charles Troesch et Joseph Dinh Nguyen Nguyen

Leur 1er album Spiritus Dei, en 2010 et leur second album Gloria, en 2011 ont été vendus à plus de 1,7 million d’exemplaires. On espère le même succès pour ce 3ème album, Amen.

Cet album est composé de chansons religieuses mais aussi de chansons profanes. Elles ont toutes pour point commun un message de paix et de fraternité.

On n’oublie pas qu’une grande partie des fonds récoltés à la vente des albums, ou grâce aux très nombreux concerts, sont reversés à une association caritative « Spirale » et a permis la construction d’une école à Madagascar, et une à Tananarive, entre autres.

Pour l’album Amen, les fonds seront versés à ATD Quart Monde qui a de nombreux beaux projets.

Un bel album qui signe également la fin de cette aventure pour les prêtres chanteurs dont la vocation n’est pas de devenir chanteur. Nous ne pouvons que le regretter…

On apprend, par ailleurs, que Joseph Dinh Nguyen Nguyen a arrêté sa formation de prêtre et s’est depuis marié et a connu les joies de la paternité.

Grâce à ces trois beaux albums, on peut espérer que les messes du dimanche sont plus joyeuses et plus fraternelles !

Les prêtres ont réussi l’exploit de réunir plus de 150 000 personnes à leurs 45 concerts ! Des moments inoubliables pour tous, avec des voix qui donnent la chair de poule !

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Les Prêtres et leur nouvel album « Amen » entrent directement à la première place du top albums physique cette semaine ! Le clip de leur premier single « Infunde Amorem (Répands L’Amour) » :

Une stupéfiante aventure de Viny K. – tome 2 : une BD de Vincent Bernière et Erwann Terrier (Dupuis)

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Date de sortie : le 11 avril 2014

Auteurs : Vincent Bernière (scénario) et Erwann Terrier (dessin)

Prix : 14,50 € (56 pages)

Une stupéfiante aventure de Viny K. est une série BD percutante écrite par Vincent Bernière (journaliste gonzo, notamment pour Technikart) et illustrée Erwann Terrier (illustrateur également pour Technikart). Son deuxième album, Toujours plus à l’ouest amène notre journaliste préféré dans une enquête difficile (et toujours un peu déjantée) au fin fond du continent africain.

Résumé de l’éditeur :

Viny K. est une sorte de Tintin reporter du XXIe siècle. Il travaille dans un news magazine, écoute du rock, fume le cigare et fréquente les réunions Narcotiques Anonymes pour se libérer de sa dépendance aux drogues.

Parti pour enquêter sur une affaire de meurtre à la Gaston Leroux, Viny K. se retrouve dans un sombre micmac aux forts relents de Françafrique. Mais une Françafrique revue et corrigée par les narcos, relevée d’une pointe de mysticisme et d’un zeste de sorcellerie. Comment, à partir de trois crimes de proxénètes non élucidés à Paris, en arrive-t-on à un coup d’État en Guinée-Bissau ? On le saura en lisant cette nouvelle histoire stupéfiante de Viny K., journaliste gonzo à la décontraction étudiée et à l’humour ravageur, qui promène sa silhouette dégingandée du 8e arrondissement de Paris aux coins les plus reculés de la brousse africaine, dans les marges d’une actualité d’autant plus brûlante qu’elle est souterraine. 

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Dans ce deuxième album d’Une stupéfiante aventure de Viny K., cette fois, on s’éloigne de l’hexagone avec un scénario étonnant qui nous emmène au pays des marabouts pour tenter d’élucider les meurtres de deux proxénètes. Notre cher Viny K. va vite être embarqué dans une histoire improbable et nous emporter avec lui… Avec Tintin, les points communs peuvent être nombreux : nous avons deux journalistes qui partent à l’aventure (une aventure complète par tome) à travers les continents mais attention, Viny K., personnage ô combien cyniquesemble doté de nombreux vices là où Tintin est le reporter préféré des enfants. Ici, on parle bien de stupéfiants dont il est difficile de se détacher… Viny K. se bat d’ailleurs contre ses démons avec l’aide de son parrain des narcotiques anonymes… Le scénario de Vincent Bernière fait preuve de beaucoup de créativité et d’énergie, et son récit teinté d’humour propose une aventure très fluide et divertissante.

Quant au dessin rock’n’roll d’Erwann Terrier, il est fait d’un trait à la fois fin et généreux, aux multiples détails. La coloration est très vive et donne beaucoup de punch à l’ensemble.

Autant dire qu’on a hâte de lire Une prochaine stupéfiante aventure de Viny K. ! Une série très excitante, à suivre de près !

Amazigh – Itinéraire d’hommes libres, une BD de Cédric Liano et Mohamed Arejdal (Steinkis)

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Date de sortie : le 16 avril 2014

Auteurs : Cédric Liano (scénario et dessin) d’après l’histoire vraie de Mohamed Arejdal

Prix : 18 € (160 pages)

Amazigh –  Itinéraire d’hommes libres est un roman graphique retraçant le parcours de Mohamed Arejdal lorsqu’il tenta de fuir le Maroc pour rejoindre clandestinement les côtes espagnoles et devenir l’artiste européen dont il rêve. Une histoire racontée par Cédric Liano, qui fut professeur à l’école des beaux arts de Tétouan (Maroc) où il fit la rencontre de Mohamed, finalement resté au pays.

Résumé de l’éditeur :

Amazigh raconte l’histoire vraie de Mohamed Arejdal. Mohamed, jeune Marocain, entreprend clandestinement, comme tant d’autres, le voyage vers l’Europe. Cette traversée, si elle échoue, n’en est pas pour autant un drame, et ce qui lui apparaît d’abord comme un cauchemar – traversée périlleuse, arrestation, évasion, prison, expulsion et retour au Maroc – pourrait même le conduire vers un rêve… Car ce n’est pas un retour à la case départ. Cette expérience provoque une prise de conscience, et Mohamed va reprendre ses études, intégrer une école d’art et peu à peu émergera l’artiste aujourd’hui reconnu internationalement.

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Le récit de Cédric Liano est à la fois touchant et édifiant. Il dénonce avec brio les travers de l’émigration clandestine en mettant en scène un parcours aller-retour dans tous ses rouages administratifs et pénitentiers. Mohamed Arejdal est comme les jeunes de son pays. Il ne voit pas grand chose pour y occuper ou construire son avenir. Et comme tant d’autres, il mettra sa vie en danger à plusieurs reprises pour tenter de transformer l’essai. Parti dans une embarcation de fortune, on suit Mohamed, retenant notre souffle jusqu’à son arrestation en Espagne qui ne se fera pas sans heurts ni sans de nombreuses péripéties. Une histoire saisissante d’un homme ordinaire au destin que l’on aimerait extraordinaire. Pourtant, chaque chapitre de son évasion terrestre ne se fera pas sans son lot de désillusions, accompagné parfois de violence, et toujours de l’absurdité des hommes auxquels il devra faire face. Heureusement, quelques lueurs chaleureuses parsèment son chemin, ici et là. Un peu d’humanité dans un récit qui reste très noir, même si Mohamed trouvera finalement ce qu’il recherche, chez lui : un avenir, une école, l’art.

Le dessin en noir et blanc est très basique, comme griffonné d’un premier jet, avec ses défauts apparents. Cela dégage une ambiance de carnet de voyage dessiné sur le pouce et renforce l’illusion du récit raconté par son héros. Cédric Liano parvient ainsi à l’incarner de la meilleure des façons. Une approche originale qui met l’accent sur l’authenticité du récit qui domine ce roman graphique.

Amazigh – Itinéraire d’hommes libres est une très belle initiative qui propose de vivre l’émigration clandestine à la première personne.

A LIRE