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Expos Paris : La carte Paris Musées, le bon plan culture de la rentrée !

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Les Musées de la ville de Paris font aussi leur rentrée

A partir de la rentrée, la carte Paris Musées offre l’occasion de profiter en toute liberté de la programmation d’expositions riche et variée des 14 musées de la ville de Paris !

La Carte Paris musées, c’est évidemment un « bon plan » avec un tarif de 40 € (ou 60 € à deux et 20 € pour les moins de 26 ans) permettant pendant 1 an un accès illimité et coupe-file à la trentaine d’expositions proposée chaque saison.

C’est aussi de nombreux avantages comme des tarifs préférentiels dans les librairies-boutiques du réseau des musée.s et dans les cafés-restaurants ainsi qu’une relation privilégiée avec les musées, chaque abonné est informé en priorité de l’actualité des établissements tout au long de la saison.

Une saison 2014/2015 marquée par la première grande rétrospective française consacrée à Sonia Delaunay au musée d’Art moderne, une Carte blanche à Christian Lacroix au musée Cognacq-Jay, un hommage exceptionnel à la maison Baccarat au Petit Palais, le monde du théâtre en photos avec Regards croisés Hugo, Nadar, Vilar, Varda, Vitez, Honoré à la Maison de Victor Hugo, ou encore l’hommage rendu à Charles Nodier au musée de la Vie romantique ou par l’exposition offrant un nouveau regard sur la mode des années 50, période charnière qui mêle haute couture et prémices du prêt-à-porter au Palais Galliera.

La rentrée est donc le moment idéal pour acquérir la carte !

Musées de la Ville de Paris : le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, la Maison de Balzac, le Musée Bourdelle, le Musée Carnavalet – Histoire de Paris, le Musée Cernuschi, le Musée Cognacq-Jay, le Palais Galliera, le Musée Jean-Moulin, le Petit Palais, le Musée de la Vie Romantique, la Maison de Victor Hugo et le Musée Zadkine.

Au royaume des Aveugles, tome 3 : une BD d’Olivier Jouvray, Fred et Greg Salsedo (Le Lombard)

Couverture

Date de sortie : 29 août 2014
Auteurs : Olivier Jouvray (scénario) et Fred Salsedo (dessin) Greg Salsedo (couleurs)
Prix : 14,45 € (56 pages)

Au royaume des Aveugles est un triptyque écrit par Olivier Jouvray (Lincoln, Moby-Dick, Camilo), illustré par Fred Salsedo (Ratafia, Nous ne serons jamais des héros) et mis en couleurs par Greg Salsedo (Ratafia, Nous ne serons jamais des héros). Un thriller social où une petite poignée de citoyens décident de se rebeller contre le système en place : un monde du futur dominé par la vidéo-surveillance.

Tel et vu qui croiyait prendre vient mettre un point final à une série coup de poing…

Résumé de l’éditeur :

Deux ans ont passé depuis que Francis est devenu le cerveau derrière les yeux omniprésents du XXIe siècle, évinçant au passage tous les témoins gênants de son irrésistible ascension. Exilée à Montreal, Laurette pensait ne plus jamais entendre parler de son père. Mais lorsqu’Adil et elle apprennent l’ampleur des manipulations de leur géniteur et en comprennent les conséquences, une dernière réunion de famille s’impose…

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Avec ce troisième album Olivier Jouvray ferme la marche d’un scénario épaissi de tournures toujours plus inattendues les unes que les autres. Sur fond de corruption, de trahisons, de menaces, de trafic d’influence, l’auteur a joué jusqu’au bout la carte de l’explosion familiale et le patriarche va le payer cher. Surtout lorsque ses vieux démons vont réapparaître pour demander leur reste. Suspense et rebondissements sont toujours au tournant, au fil d’une écriture haletante qui use d’un découpage très habile dans la construction du récit. Dès qu’il le peut, Olivier Jouvray cultive l’effet de surprise pour notre plus grand plaisir.

Le dessin de Fred Salsedo est de son côté sympathique : un trait fin agréablement cadré, mis en couleurs par son frère Greg.

Un triptyque à découvrir vite !

Isabellae, tome 3 : une BD de Raule et Gabor (Le Lombard)

Couverture

Date de sortie : 29 août 2014
Auteurs : Raule (scénario) et gabor (dessin)
Prix : 13,99 € (48 pages)

La séduisante guerrière Isabellae, créée par Raule (Jazz Maynard, Vies à contre-jour) et mise en images par Gabor (Curiosity Shop, Green World, Les Patriciens), vient de terminer son premier cycle avec ce troisième album, Filles de Eriu. Un album riche en rebondissements, où les deux soeurs se retrouvent pour un face à face sans concession.

Résumé de l’éditeur :

Si Isabellae a entamé son voyage pour retrouver sa soeur Suiko, cette quête est maintenant d’une urgence pressante. En effet, elle est la seule à pouvoir guérir Jinku, mordu par un des zombies invoqués en mer de Chine. Et la sabreuse rousse ne connaît qu’un moyen de financer rapidement ses recherches : chasser des primes ! Prête à écrire l’histoire en idéogrammes de sang, elle ignore encore que la réunion de famille aura lieu plus tôt que prévu..

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Voilà une belle conclusion telle que Raule nous l’avait promise. On ne peut que se réjouir en lisant ce dernier tome paru, qui nous livre son lot de révélations, notamment sur les origines des filles d’Eriu. Le scénario fait toujours la part belle aux duels et combats multiples, Isabellae ne manquant pas une occasion de sortir son katana de son écrin. Ce qui est souvent l’occasion de serrer les liens qui unissent désormais sa bande d’amis et protecteurs dévoués. Le récit est ainsi enrichi de personnages attachants, et pour la plupart assez différents les uns des autres. Un panel que l’on retrouve dans le rythme de l’écriture, qui alterne habilement scènes d’action et moments de réflexions (flash-backs…).

Le dessin de Gabor est pour sa part un vrai régal. Son trait dégage force et dynamisme. Les échanges de sabres en deviennent vite décoiffants grâce à une coloration subtile, aux codes couleurs multiples et variés. Un style graphique irréprochable.

Isabellae, Filles de Eriu est un album détonnant qui ne déçoit pas. Voilà un premier cycle accompli. A quand la suite ?

Odyxes, tome 1 : une BD de Christophe Arleston et Steven Lejeune (Soleil)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs :  Christophe Arleston (scénario) et Steven Lejeune (dessin)
Prix : 13,95 € (48 pages)

Odyxes est la nouvelle série fantastique de Christophe Arleston (Les Naufragés d’Ythaq, Tykko des sables, Lanfeust…), illustrée par Steven Lejeune (Dieux a les boules !, Les chroniques de Sillage). Naufragé du temps est un premier album qui ouvre le bal d’un voyage dans le temps qui promet d’être long… du moins on l’espère.

Résumé de l’éditeur :

Oscar Rimbaud est étudiant en médecine, à Paris. Mais il se réveille dans la peau d’un marin de la Grèce antique, commandant une flottille. Est-il en train de rêver ? Non, tout autour de lui semble trop réel. Et il a le souvenir de cette fille étrange, rencontrée à l’hôpital, qui l’a attiré chez elle… En attendant, coincé dans un port égyptien, il doit trouver le moyen de ramener ses hommes en Grèce, et va pour cela utiliser quelques-unes de ses connaissances modernes. Oscar, devenu Odyxes, va s’ingénier à survivre dans un monde rude qui s’avère plus complexe qu’il ne l’imaginait, et tenter de comprendre pourquoi il a été projeté dans ce passé lointain..

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Arleston nous propose un nouveau voyage : à travers le temps. Notre jeune héros, Oscar, est interne en médecine. Sauf que, aux premiers temps de la Grèce Antique, il s’appelle Odyxes, capitaine d’une flotte de huit navires en perdition, au large de l’Egypte. Un saut dans le temps (et dans l’espace tant qu’à faire) qu’il ne s’explique pas et qu’il aura du mal à réaliser dans un premier temps. L’idée de ce passage temporel subi, non voulu, pas plus qu’expliqué, créé évidemment son lot de rebondissements et de situations inconfortables pour notre ex-étudiant. Une série qui combine, comme toujours avec Arleston, action, aventure, intrigues, dépaysement et humour. Et avec talent s’il vous plaît. Avec Naufragé du temps, la série prend un très bon départ.

Le dessin de Steven Lejeune est graphiquement très « nouvelle école » avec une coloration ultra-numérique (joue même avec les effets de flou). Le trait fin et légèrement arrondi (comme souvent dans l’univers d’Arleston) participe à l’échappée belle, malgré une sensation de manque d’audace qui peut poindre de temps en temps.

Odyxes ne fait pas que des promesses avec ce premier album, il commence une belle aventure dès les premières pages. A suivre !

Rédemption, tome 1 : une BD de Nicolas Tackian et Lajos Farkas (Soleil)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs :  Nicolas Tackian (scénario) et Lajos Farkas (dessin)
Prix : 13,95 € (48 pages)

Dévotion est le premier album de Rédemption, diptyque où les templiers occupent la scène. Une BD créée par le scénariste Nicolas Tackian (Orks, Le syndrome de Caïn, La Compagnie des Lames, Kookaburra Universe…) et illustrée par Lajos Farkas.

Résumé de l’éditeur :

Le destin d’un homme ne s’écrit pas dans le sang des innocents.

1190 – Comté du Rouergue en France.
Bernard le pèlerin, un moine cruel au service du pape, sillonne le comté semant la terreur dans les villages qu’il traverse. Sa mission : constituer une armés de « croisés » afin de libérer le tombeau du christ à Jérusalem. Dans ce but, il rend visite au bailli Tancrède Delaridelle qui lui fait un accueil des plus hostiles. Mais le moine est un homme retors qui n’entend pas que l’on contrarie ses plans et il décide de former une mauvaise troupe de repris de justice pour forcer la main aux villageois.
À quelques lieux de là, Adhémar de Montfort, vétéran des croisades, vit seul dans une extrême pauvreté. De son passé tourmenté au service du roi, il ne demeure que son immense épée accrochée au dessus de l’âtre de sa cheminée. Rongé par la culpabilité de ses actes et des violences qu’il a commis au nom de Dieu, il vit reclus sur lui même.
Jusqu’au jour où un jeune paysan vient lui demander de l’aide pour sauver son village des violences du moine Bernard. D’abord réticent à l’idée de devenir un mercenaire, Adhémar accepte et reforme sa troupe de chiens de guerre avec ses anciens compagnons, tous encore hantés par les atrocités commises en Terre Sainte. En allant sauver ces villageois, Adhémar se voit offrir une ultime chance de rédemption…

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Dans Rédemption, comme son titre évocateur l’indique, il est question pour un ancien soldat de lumière de se retrouver en accord avec lui-même, trouver le chemin du repentir et du pardon. Car ce soldat, Adhémar de Montfort, a défendu Jérusalem pendant plus de 10 ans en massacrant de nombreux innocents, femmes et enfants compris. La nouvelle campagne qui se prépare pour reconquérir le tombeau du Christ sème la terreur dans les villages (forcés à y participer en envoyant leurs habitants). L’occasion pour Adhémar de Montfort d’intervenir à condition qu’il parvienne à chasser ses vieux démons. Le scénariste trouve une façon originale de traiter des templiers par le biais d’un ex-soldat qui va devoir se retourner contre l’ordre, pour trouver son salut. Dans ce premier tome, dont le découpage offre de belles scènes d’action, l’histoire se développe avec aisance, en s’attardant sur quelques personnages au relief intéressant. Ce qui donne toute sa crédibilité au récit, qui se lit avec enthousiasme car bien rythmé.

Le dessin réaliste de Lajos Farkas sert l’ambition du scénariste. Les traits sont fins, jouissant de beaucoup de précision, que ce soit avec les personnages ou que ce soit avec les décors mis en valeur par de beaux cadrages. Une belle fresque qui participe largement à cette aventure violente, mais presque salutaire.

Rédemption semble bien parti pour être un excellent diptyque !

Elfes, tome 7 : une BD de de Nicolas Jarry et Gianluca Maconi (Soleil)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs :  Nicolas Jarry (scénario) et Gianluca Maconi (dessin)
Prix : 14,50 € (54 pages)

Le second cycle de la série-concept Elfes enchaîne avec ce septième album paru moins de trois mois après le tome 6. Pour mémoire, rappelons qu’après un premier cycle de 5 albums et autant de races d’Elfes (ou d’intrigues, ces albums étant indépendants les uns des autres) la série a ouvert un second cycle dans la continuité du premier. Ainsi, ce septième épisode est la suite du deuxième tome de la série (comme le tome 6 était la suite du premier album). Et ce sont les Elfes sylvains les stars, telles qu’imaginées par Nicolas Jarry (Oracle, Tokyo Ghost, Nains !, Mercenaires, Troie) et couchées sur papier par Gianluca Maconi (Elya, les brumes d’Asceltis)

Résumé de l’éditeur :

Grâce au sacrifice de la princesse Llali et d’Yfass le Sylvain, fils de la reine de la forêt de Duhann, les Humains et les Elfes ont repoussé les Orcs et sauvé la cité d’Eysine…
Mais les rois des archipels n’en sont pas restés là, ils ont mené une guerre d’usure contre l’alliance et sont parvenus à repousser leurs adversaires jusqu’à la forêt, ne laissant de la cité qu’un tas de ruines…
Aujourd’hui est venu le temps de la reconquête… pourtant l’avenir s’annonce bien sombre pour les hommes d’Eysine et les Elfes, car des milliers de navires nodrënn déferlent sur leurs côtes.
À moins que la reine Elfe ne retrouve à temps le crystal vert, ils sont condamnés.

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Nicolas Jarry nous offre une suite digne de sa première grande bataille qui avait vu humains, orcs et elfes s’affronter dans un bain de sang. Il est évidemment toujours question de guerroyer car les elfs vont devoir contenir leur désir de vengeance avant de défendre leur forêt contre les humains. Cette fois, il n’y aura qu’une solution pour ces premiers : trouver le crystal vert. Le scénario joue donc sur plusieurs tableaux, en plusieurs endroits et à plusieurs moments différents. Si cela encombre parfois inutilement la lecture (et casse un peu le rythme), on s’y retrouve aisément. L’action étant toujours au coeur du récit, qui promet de belles batailles.

Le dessin de Gianluca Maconi est pour sa part tout à fait plaisant, tout particulièrement en ce qui concerne les décors très travaillés. 

Le Crystal des Elfes sylvains est un nouvel épisode réussi de cette grande saga !

Oracle, Le Petit roi : une BD de Nicolas Jarry et Gwendal Lemercier (t.3 / Soleil)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs :  Nicolas Jarry (scénario) et Gwendal Lemercier (dessin)
Prix : 14,50 € (54 pages)

Le Petit roi est le troisième album de la série Oracle, regroupant 5 one shots différents pour 5 scénaristes et autant de dessinateurs dans un seul univers. Ici, c’est le scénariste Nicolas Jarry (Elfes, Tokyo Ghost, Nains !, Mercenaires, Troie) et l’illustrateur Gwendal Lemercier (Durandal, Charlemagne) qui s’y collent. Et autant dire que le Petit roi n’a de petit que le titre.

Résumé de l’éditeur :

Il est le roi du plus petit royaume de Grèce. Sa parole compte peu au regard de celle d’Athènes ou celle de Sparte. On le lui fait sentir, pire, on le lui dit. Il n’est rien qu’un grain de poussière grecque. Les Dieux ne lui accordent pas même l’ombre d’un regard. Il ne peut rivaliser dans l’art de la guerre. Mais il est d’autres arts. Ce roi, jeune, était un grand sculpteur avant que son talent se soit étouffé par son devoir envers son peuple.
Zeus va le mettre à l’épreuve… Il fera de ce minuscule royaume un havre de paix à condition que le petit roi parvienne à l’émouvoir. Le seigneur de l’olympe pleurera devant la plus belle statue qu’il ait jamais vue.

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L’Oracle nous raconte donc le destin de ce Petit roi, qui a oublié son don d’artiste sculpteur, trop occupé à régner sur son peuple et partir en guerre au nom de son alliance avec Athènes… Mis à l’épreuve, il va devoir lancer un défi au Dieu de l’Olympe pour tenter de sauver les siens d’une guerre (et d’une mort) certaine. Et cela passera par la sculpture. Un récit original écrit par un Nicolas Jarry égal à lui même : un scénario simple et efficace. On voyage une nouvelle fois dans ce monde antique où les dieux et les oracles nous parlent. Un plaisir à chaque fois renouvelé à travers cette série qui réalise un sans faute jusqu’ici (voir les chroniques du tome 1 et du tome 2).

Le dessin de Gwendal Lemercier s’inscrit lui aussi dans la droite lignée de la série, dans un style réaliste soigné. Le trait est fin, nourrit de nombreux détails et la lumière omniprésente met brillamment l’ensemble en valeur.

Ce troisième album offre ainsi son lot de plaisirs visuels et scénaristiques !

Texas Cowboys 2 : une BD de Matthieu Bonhomme et Lewis Trondheim (Dupuis)

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Date de sortie : 29 août 2014
Auteurs :  Lewis Trondheim (scénario) et Matthieu Bonhomme (dessin)
Prix : 20,50 € (152 pages)

Texas Cowboys est une série western qui porte la griffe du scénariste Lewis Trondheim (Donjon, Ralph Azham, Maggy Garrisson), dont l’humour si british est omniprésent, sur des dessins de Matthieu Bonhomme (Esteban). Parue en supplément de la revue Spirou, l’aventure est à nouveau publiée en intégrales, dont le second tome vient de sortir.

Résumé de l’éditeur :

Le retour de Drinkwater à Fort Worth.
Désormais reconnu grâce à ses chroniques de Fort Worth, le coin le plus pourri et le plus dangereux de l’Ouest américain, Drinkwater continue d’entretenir une correspondance avec Ivy Forest. Lorsque ce dernier lui demande, par télégramme de sauter dans le premier train et de le rejoindre, Drinkwater est loin de se douter du comité d’accueil qu’il va trouver à Fort Worth…
Un western revu et corrigé par Lewis Trondheim, qui offre un savoureux mélange d’aventures, de coups bas et de répliques cinglantes, sous le trait délié et vigoureux de Matthieu Bonhomme, l’auteur d’Esteban.

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Texas Cowboys mêle habilement western et humour, sous la plume exquise de l’inimitable Lewis Trondheim. Non seulement l’auteur instille son esprit dans chaque vignette de l’aventure, mais il découpe son scénario avec un grand génie, par séquences entrecroisées. Un style narratif très original, qui fait mouche par sa grande efficacité, grâce au rythme soutenu qui en découle. Les personnages créés pour l’occasion sont quant à eux aussi nombreux qu’attachants, et les intrigues sont multiples n’oubliant pas un fil conducteur entretenu avec intelligence tout au long de l’aventure.

Le dessin réaliste de Matthieu Bonhomme joue de lignes claires digne de l’école Marcinelle (de Spirou). Un dessin qui nous fait replonger en enfance pour notre plus grand plaisir.

Texas Cowboys est une excellente série qui met le talent au service du divertissement. A suivre donc…

Enemy, un film de Denis Villeneuve

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Sortie le 27 août 2014

A l’instar de cette phrase qui ouvre la projection en signe d’avertissement, « Le chaos est un ordre qui n’aurait pas encore été déchiffré », Enemy est un film tentaculaire et ludique où chaque plan participe à son énigme. Envoûtant.

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[pull_quote_center]une œuvre atypique et habile dont le trouble est constant[/pull_quote_center]

Adam (Jake Gyllenhaal), professeur de philo, mène une vie routinière entre ses cours à l’université et une relation épisodique avec Mary (Mélanie Laurent), sa petite amie. Alors qu’il visionne un film un soir sur son ordinateur, il découvre au cours d’une scène en arrêtant puis en revenant sur l’image, un acteur, Anthony St. Claire (Jake Gyllenhaal), ayant ses traits. Il décide alors d’entrer en contact avec lui et après avoir dépassé le trouble de la rencontre, accepte pour une nuit d’échanger sa vie contre la sienne dans un jeu de pistes fébrile, intime, à la lisière du fantastique, aussi angoissant que dangereux.

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Adapté du roman « L’autre comme moi » de l’écrivain portugais José Saramago, prix Nobel de littérature, Enemy explore le double à la fois labyrinthique et énigmatique dans la pure tradition du thriller psychologique très influencé par David Lynch, David Cronenberg mais aussi Roman Polanski, où cet autre n’est ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre.

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A l’abri d’une mise en scène esthétisante et impressionniste au service d’une narration heurtée au suspens diffus, offrant au leitmotiv scénaristique de la toile d’araignée une lecture métaphorique précise et subtile, elle orchestre une ambiance oppressante et déstabilisante où se déploient cliniquement et efficacement les affres de l’inconscient aux prises avec ses phobies, ses fantasmes, ses peurs et ses obsessions.

Une œuvre atypique et habile dont le trouble est constant…

Secrets – Heureuse vie, heureux combats : une BD de Marianne Duvivier et Denis Lapière (Dupuis)

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Date de sortie : 29 août 2014
Auteurs :  Denis Lapière (scénario) et Marianne Duvivier (dessin)
Prix : 19,00 € (112 pages)

Heureuse vie, heureux combats est le dernier album de la série de diptyques à succès Secrets où les secrets de famille étaient mis au service de scénarios de différentes époques. Ce dernier album est particulier puisqu’il retrace la vie de Marianne Duvivier, dessinatrice à l’origine de la série – avec le scénariste Frank Giroud. Elle livre ainsi son autobiographie à l’aide de la plume du scénariste Denis Lapière.

Résumé de l’éditeur :

Le père de Marianne Duvivier était au coeur des luttes des indépendances africaines. Engagé en particulier aux côtés de Patrice Lumumba au Congo, puis des syndicats algériens, c’est aussi un homme qui n’a pas su trouver sa place au sein de sa propre famille. Marianne, la cadette, est devenue le pilier, celle qui soigne les blessures de l’âme, avant de trouver sa liberté dans l’amour et la création.
Le titre « Heureuse vie ! Heureux combats!  » est extrait d’une dédicace, comme un ordre de vie du père à sa fille…

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On découvre la vie incroyable de Marianne Duvivier et de sa famille. Une vie jalonnée d’épreuves. Une vie que la violence de la vie n’a pas épargnée, que ce soit pour son père, pour ses soeurs, ou encore pour sa mère. Le récit de Denis Lapière semble avoir été écrit par Marianne Duvivier elle-même tant il est sincère et chargé d’affect. On ressent la douleur de la vie comme on reçoit une vérité en pleine figure : nous ne sommes pas éternels. Et ce qu’a traversé chacun des membres de la famille de l’auteure bouleverse le lecteur. Voici donc un album de Secrets qui est non seulement hors normes mais sans doute le meilleur.

Le dessin de Marianne Duvivier traduit également une grande sensibilité : son trait sans retouche, à la coloration aquarelle et naturelle, est comme une paisible oasis au milieu d’un désert déchainé par les vents. On comprend vite pourquoi la dessinatrice a trouvé refuge dans l’exercice de cet art.

Heureuse vie, heureux combats est une autobiographie poignante d’une vie de famille pas comme les autres, loin de là. A lire d’urgence.

L’insurrection, Tome 1, une BD de Marzena Sowa et Gawron (Dupuis)

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Date de sortie : 29 août 2014
Auteurs :  Marzena Sowa (scénario) et Gawron (dessin)
Prix : 15,50 € (64 pages)

L’insurrection est l’histoire d’un couple vivant à Varsovie en 1944, alors que les nazis occupent encore la capitale polonaise. Un scénario écrit de la plume sensible de Marzena Sowa (Marzi) et sobrement illustrée par Gawron.

Résumé de l’éditeur :

licja aime Edward, Krystyna va se marier… Ce serait un beau printemps si nous n’étions en 1944, à Varsovie, un an après l’écrasement du ghetto juif. La guerre va bientôt se terminer, mais personne ne le sait encore. Dans quelques semaines, quelques mois tout au plus, la résistance polonaise sera écrasée par les nazis, sans que les armées russes ne viennent à leur secours. C’est avec « Marzi », sur la Pologne d’avant la chute du Mur, que Marzena Sowa a connu un succès international. En écrivant sa propre histoire, dans sa langue d’adoption, le français, elle a façonné le timbre singulier de son écriture, une qualité toujours rare chez les scénaristes de bande dessinée.

Dans ce nouveau récit pour la collection « Aire Libre », elle revient sur l’histoire de son pays et les événements tragiques de la fin de la guerre, qui ouvrirent la voie à la domination soviétique. Au dessin, Krzyzstof Gawronkiewicz, dit Gawron, donne à Pologne année zéro une étonnante puissance graphique, réaliste dans les décors, expressionniste dans la mise en scène et sensible dans la peinture des sentiments.

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Par sa narration toute particulière, où les personnages mêlent leurs pensées en nous décrivant leur quotidien en ces temps de guerre, Marzena Sowa insuffle beaucoup d’humanité à son récit. Elle choisit de nous raconter non seulement la vie de ce jeune couple promis l’un à l’autre, mais aussi et surtout celui des gens qui les entourent : voisins et amis. On passe ainsi presque d’appartement en appartement en découvrant les destins des uns et des autres, souvent scellés par l’atrocité de la guerre. Car, il faut le dire, si l’écriture est de qualité (mais le découpage manque parfois de panache), le ton n’est pas des plus jovial, évidemment.

Une ambiance, terne comme cette guerre, renforcée par le dessin plutôt sombre de Gawron. Son trait fin et réaliste offre de grands plans larges sur les ruines qui jonchent la ville, ravagée par la guerre. L’illustrateur parvient très bien à traduire la misère, envahie par tant de gravas et de poussière.

Avec ce premier album, Avant l’orage, les auteurs donnent le pouls d’une Varsovie occupée, la veille d’un soulèvement qui sera sévèrement réprimé par les allemands. On n’en ressort pas indemne.

A.N.G.E., tome 1 : une BD d’Anne Robillard et Cristi Pacurariu (Jungle thriller)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs : Anne Robillard (scénario) et Cristi Pacurariu (dessin)
Prix : 21,90 € (152 pages)

A.N.G.E. est l’adaptation BD du roman éponyme d’Anne Robillard (Les Chevaliers d’Emeraude) paru aux éditions Michel Lafon (Les Chevaliers d’Emeraude). Une adaptation scénarisée par l’auteure elle-même et illustrée par Cristi Pacurariu (Assassin, Légendes de la Table Ronde). A.N.G.E. est une société secrète qui mène le combat dans l’ombre contre l’antéchrist.

Résumé de l’éditeur :

A.N.G.E. l’Agence Nationale de Gestion de l’Etrange veille sur l’humanité. Ses agents secrets protègent les hommes de l’Alliance, un groupe maléfique qui veut asservir le monde. En formant la nouvelle recrue Cindy Bloom, Océane Chevalier découvre que des prédictions bibliques sont sur le point de s’accomplir. Le retour de l’Antéchrist menace le Canada et les assassins du diable essayent d’assassiner un à un les agents de l’A.N.G.E pour ouvrir le chemin à l’être des ténèbres…

Dans ce premier album, intitulé Genesis, le lecteur est propulsé directement en plein coeur de l’action, en compagnie d’une jeune novice qui fait ses premières armes dans la fameuse Agence. Et c’est sans transition qu’elle va se trouver pourchasser. Le scénario ne prend malheureusement pas le temps de développer son personnage, pas plus qu’il ne le fait pour les autres soldats de lumière, dont on ne sait pas grand chose. L’identification, et tout du moins l’attachement aux personnages, sont inexistants, si bien que leur sort nous est presque indifférent. C’est dommage car cela tue le suspense.

Le dessin de Cristi Pacurariu est quant à lui plutôt original et ne plaira pas à tout le monde. En ce qui nous concerne, il paraît comme un point positif (le seul) de la BD.

Une déception pour cette adaptation qui mêle ésotérisme et action avec une certaine maladresse.

Obvious Child, un film de Gillian Robespierre

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Sortie le : 3 septembre 2014

Durée : 1h23

Avec : Jenny Slate, Jake Lacy, Gaby Hoffmann, Richard King, Polly Draper

Avec Obvious Child, la réalisatrice Gillian Robespierre réalise son premier long métrage. Fan de comédie romantique, elle choisit naturellement de s’intéresser à ce genre tout en y incluant un ton très personnel qui fait tout le charme de ce film, quelque part entre la comédie de Woody Allen – le film a aussi New-York pour décor – et le cinéma indépendant américain.

Synopsis :

 La vie de la jeune Donna Stern n’a rien de particulier : un petit ami, un job dans une librairie, sa bande de potes, des parents divorcés… Mais, chaque soir, sur une scène de Brooklyn où elle interprète son numéro de stand-up, ce quotidien banal devient une source inépuisable de sketches. Avec un humour ravageur et souvent cru, Donna y déballe sa vie intime, ne prend rien au sérieux, se moque de tout et surtout d’elle-même. Mais, coup sur coup, Donna perd son travail, se fait larguer par son petit ami, déprime, a une aventure alcoolisée d’un soir et… tombe enceinte. Dès lors, Donna va devoir assumer ses choix et grandir un peu, mais peut-être aussi rencontrer l’amour au moment où elle s’y attend le moins.

 

Au départ le film était un court métrage coécrit et coréalisé avec Anna Bean et Karen Maine en 2009. Victime de son succès sur les plateformes de diffusion internet avec près de 40 000 visionnages, c’est naturellement que la réalisatrice a pris la décision d’en faire une version longue, aussi pour laisser s’épanouir plus à l’écran la psychologie complexe de son personnage principal incarné par Jenny Slate.

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Bien que déjà illustre comme humoriste par ses sketchs dans le Saturday Night Live et par le court métrage qui portait déjà le titre de Obvious Child, Jenny Slate est la révélation du film et est pour beaucoup dans sa réussite. C’est après avoir vu l’un de ses spectacles de stand-up, que la réalisatrice l’a choisi pour incarner Donna Stern, jeune femme en pleine crise de post-adolescence alors que la trentaine approche et qui va devoir faire des choix, comme celui de décider d’avorter ou pas, et qui l’a rendra enfin adulte. Comme Jenny Slate, Donna fait des spectacles en racontant ses déboires sur scène, ces séquences de stand-up, à la manière du génial Lenny (1974) de Bob Fosse, occupent les trois quarts d’un métrage à la durée relativement courte et n’existaient pas dans le court métrage. Même si le sujet de l’avortement est très présent, Gillian Robespierre se défend d’avoir fait un film militant – Obvious Child a cependant été très bien accueilli par les ligues féministes – et ce qui l’intéresse surtout ici, c’est de parler des choix que l’on doit faire dans la vie et qui font de nous les êtres humains que nous sommes avec nos défauts et nos qualités. La réalisatrice n’a pas non plus oublié de traiter les seconds rôles et Donna partage son temps entre une mère aimante et plutôt coincée (Polly Draper) un père un peu excentrique (Richard King), son meilleur pote Joey (Gabe Liedman) et sa meilleure amie Nellie (Gaby Hoffmann) qui sont pour elle de précieux soutiens, contribuant à la richesse de l’ensemble.

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Qui dit comédie romantique, dit histoire d’amour et avec l’intervention de Max (Jack Lacy) le film prend une tournure plus profonde et dramatique. Le comédien remarqué par son rôle de Pete dans l’ultime saison de la série The Office, apporte la justesse du jeune amoureux à la fois maladroit et plein de bienveillance qui convient à son personnage. Ce couple paraît d’abord n’avoir rien en commun, elle est une boule d’énergie et s’exprime avec un langage très cru, voir par moment franchement scatologique et très loin du politiquement correct, alors que lui est posé et en apparence un peu « vieux jeu » et coincé. C’est cette rencontre de deux êtres qui n’ont en apparence pas grand-chose à faire l’un avec l’autre qui va donner paradoxalement le ton tantôt comique ou dramatique au film. Presque toute l’originalité de Obvious Child se situe dans les dialogues ou les monologues de l’héroïne par lesquels elle exprime sa vision toute personnelle du monde. Certains dialogues sont à ce titre désopilants alors que d’autres sont beaucoup plus dans l’émotion, et le film a parfois du mal à trouver le ton et l’équilibre juste entre la comédie et le drame et parait parfois bancal, cela est sans doute dû au fait que Jenny Slate a essentiellement travaillé sur la partie stand-up de son personnage. Cela n’empêche pas Obvious Child d’être une excellente surprise et l’une des meilleures comédies romantiques us de 2014, et dans laquelle il est fort à parier que Jenny Slate se dessine un très bel avenir au cinéma.

 

Ceux qui me restent, une BD de Damien Marie et Laurent Bonneau (Grand Angle)

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Date de sortie : 27 août 2014
Auteurs : Damien Marie (scénario) et Bertrand Marchal (dessin)
Prix : 21,90 € (152 pages)

Ceux qui me restent est un roman graphique bouleversant signé Damien Marie (Dans mes veinesLa Cuisine du Diable, Back to perdition, La Poussière des Anges, Ceci est mon corps…) au scénario et Laurent Bonneau (Metropolitan, Douce pincée de lèvres en ce matin d’été, Rêves syncopés) au dessin. Une plongée dans l’angoisse et la paranoïa d’un homme atteint de l’Alzheimer, enfermé dans les quelques bribes de souvenirs qui lui restent.

Résumé de l’éditeur :

Un voyage en Alzheimer.
Florent a perdu sa femme beaucoup trop jeune.
Il a tenté d’élever seul sa trop petite Lilie, maladroitement ou certainement pas assez. Et Florent et sa fille se sont perdus à leur tour. Elle l’a laissé encore plus seul pendant 20 ans. Aujourd’hui, à 70 ans, il n’a qu’un souhait, il veut la retrouver avant de mourir ; sa Lilie qui vient maintenant le voir presque tous les jours, mais qu’il ne reconnaît plus.
La maladie lui vole la mémoire pour le laisser toujours plus seul. Alors il cherche sans relâche, en vrac, dans les bribes de trop vieux souvenirs… Florent n’abandonnera plus ; un voyage en Alzheimer.

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Damien Marie met cette fois son talent de scénariste au service d’une histoire très originale, loin de son registre habituel qu’est le thriller. Il imagine une véritable immersion dans l’esprit d’un malade qui ne vit que dans ses souvenirs les plus lointains. Ceux de la perte de sa femme lorsqu’il avait la trentaine, alors qu’il avait une petite fille de cinq ans, Lilie. Et ces fantômes du passé vont venir le hanter, l’obséder. Il cherchera à retrouver sa fille qu’il finira par perdre également. Perdue dans le ferry qui les ramenait de l’enterrement de sa femme, à moins que c’était bien plus tard, quand Lilie demanda son émancipation…

[quote_box_left] »Un scénario brillant relayé par un dessin de génie »[/quote_box_left]

L’auteur entretien les flous, les imprécisions, les incohérences pour n’en faire ressortir que les sentiments. Les mots, la construction du récit, son découpage, incarnent à tout instant la maladie comme un filtre pour chaque séquence. Seuls restent les sentiments, qui semblent être fidèles à une certaine vérité (car difficile de parler de réalité). Ce sentiment d’avoir perdu sa fille et cette volonté de vouloir à tout prix la retrouver. Une angoisse qui ne le lachera pas. De quoi faire réfléchir et frissonner en donnant la sensation d’entrer en contact de l’intérieur avec la maladie.

Un scénario brillant relayé par un dessin de génie, réalisé par Laurent Bonneau. Son trait est extrêmement fin mais toute la force et l’originalité de son graphisme découle de sa faculté à traduire ces moments de doutes, de souvenirs qui s’étiolent ou ne parviennent pas à faire surface de manière claire. Il introduit des flous, des brouillards, des vignettes où les traits de fusain prennent le pas sur la netteté de l’encrage. Une vraie valeur ajoutée.

Ceux qui me restent  est ainsi un excellent one shot ; à lire d’urgence.

Memphis, tome 2 : une BD de Rodolphe et Bertrand Marchal (Glénat)

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Date de sortie : 27 août 2014
Auteurs : Rodolphe (scénario) et Bertrand Marchal (dessin)
Prix : 13,99 € (48 pages)

Ecrit par Rodolphe (Kenya et Trent, Les Ecluses du Ciel, Les Moineaux, Cliff Burton… ) et illustré par Bertrand Marchal (Les Châtiments de l’an mil, Le Village, Charly), Memphis est un thriller SF dans un univers directement inspiré du Truman Show. La Ville Morte reprend l’enquête du duo de journalistes où elle s’était arrêtée, et va nous en apprendre un peu plus sur cette ville dont personne ne parvient à sortir.

Résumé de l’éditeur :

Lorsqu’une ville se retrouve mystérieusement coupée du monde… Louis et Roosevelt en ont maintenant le cœur net : toutes les routes qui partent de Memphis sont coupées… La ville est totalement isolée du monde ! Mais elle semble également comme coupée du Temps, placée hors du déroulement de l’Histoire. À quand remonte cette aberration ? À force de piocher dans les archives de son journal, Roosevelt acquiert la certitude que quelque chose s’est passé au tout début des années 60, quelque chose qui a totalement modifié leur quotidien, déréglé leur existence… Dans la mouvance du Truman Show et de certains romans de Philip K. Dick comme Ubik, Rodolphe et Bertrand Marchal signent avec Memphis un thriller de S.-F. mystérieux et haletant, surfant sur la théorie du complot. Un récit en trois tomes, à l’imagerie sixties vintage, par les auteurs de Namibia.

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[pull_quote_right]Une belle démonstration[/pull_quote_right]

Le scénario de Rodolphe est une belle démonstration. L’auteur nous embarque à nouveau en nous perdant au milieu de cette ville fantôme qu’est Memphis, comme le sont Louis et Roosevelt. Pourtant ils vont découvrir un certains nombre d’indices qui ne trompent pas, et faire la rencontre d’autres sceptiques avant d’être directement menacés. Sans tout nous révéler des mystères de ce complot hors normes, Rodolphe entretien un suspens haletant en nous faisant entrevoir comme la partie émergée de l’iceberg. On se régale à être mené par le bout des yeux de la sorte. Son écriture et son découpage redoublent d’efficacité dans ce second tome, qui prépare la fin d’un triptyque qui s’annonce réussi.

Le trait fin et réaliste de Bertrand Marchal ajoute à la crédibilité du récit en donnant corps à cette Ville morte, le tout sublimé par une coloration plutôt classique mais agréable.

Memphis s’est donc offert un très bon épisode avec ce dernier album. On attend la suite et fin avec impatience.

Shadow Banking, tome 1 : une BD de Corbeyran, Frédéric Bagarry et Éric Chabbert (Glénat)

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Date de sortie : 3 septembre 2014
Auteurs : Eric Corbeyran, Frédéric Bagarry (scénario) et Éric Chabbert (dessin)
Prix : 13,90 € (48 pages)

Shadow Banking  est un thriller financier qui nous replonge quelques mois avant la crise financière de 2008. Une immersion dans le système financier mondial, en plein coeur de la Banque Centrale Européenne, proposée sur un scénario de Corbeyran (Metronom’, Les ThanatonautesLe Chant des StrygesUchronie[s]Back World, La Conjuration d’Opale) et Frédéric Bagarry (ancien trader et expert du monde de la finance), le tout illustré par Éric Chabbert (Uchronie[s], Black Stone, Nova Genesis, Docteur Monge).

Résumé de l’éditeur : 

2008, une crise financière d’ampleur inégalée frappe plusieurs grandes banques et des sociétés d’assurance américaines qui déposent le bilan. Les répercussions économiques sur le monde sont catastrophiques et des pays entiers font faillite… Quelques mois plus tôt, Mathieu Dorval, jeune diplômé de HEC fraîchement débarqué à la BCE, avec l’aide de Victor de la Salle, numéro 2 de l’institution européenne et également père adoptif de Mathieu, relève justement d’inquiétantes données à propos de la dette de la Grèce : le pays serait en situation de quasi-faillite depuis 2 ans ! Au fil de leurs découvertes, les deux hommes vont mettre le doigt dans un engrenage redoutable, les conduisant aux sources de la crise qui s’annonce et de ses protagonistes peu scrupuleux…

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Le duo CorbeyranBagarry livre avec ce premier album, Le pouvoir de l’ombre, un thriller palpitant rythmé par les dérives de la finance mondiale, telles qu’on peut les observer depuis le siège de la BCE. Les deux protagonistes principaux de cet épisode sont en effet le numéro 2 de la BCE et son plus proche collaborateur (qu’il considère comme son fils). Pris dans le scandale de la dette Grecque dont il vont faire la découverte malgré eux, les deux hommes vont vite devenir les cibles d’hommes de l’ombre armés et mal intentionnés… Shadow Banking désigne d’ailleurs ce système d’intermédiation financière regroupant des entités extérieures au secteur bancaire traditionnel (ainsi qu’on peut le lire dans un lexique récapitulatif à la fin de la BD).[pull_quote_right] »Une amorce bien exécutée, avec beaucoup de rythme. »[/pull_quote_right]

L’album permet de lancer les premières intrigues et de familiariser le lecteur avec quelques ficelles du métier (tout en lui faisant découvrir un peu de jargon financier). Une amorce bien exécutée, avec beaucoup de rythme, même si l’on aimerait en connaître un peu plus sur notre héros trader, Matz, qui paraît avoir quelques prédispositions pour combattre son ennemi invisible (ce qui met parfois en péril la crédibilité de l’histoire, par exemple avec l’épisode de l’ascenseur, qui surprend un peu). Mais il faut bien rêver.

Le style graphique d’Éric Chabbert est quant à lui assez classique. Son trait fin est agréable mais la coloration employée (par Luca Malisan) ne le met pas véritablement en valeur.

Shadow Banking promet cependant d’être une série passionnante, profitant de la grande expérience de terrain de Bagarry. A suivre avec intérêt !

L’homme qui sauva le monde et autres sources d’étonnement, premier livre de Patrick Baud.

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Publié aux Editions Lulu.com

Date de parution : 26 février 2012

180 pages – 15 Euros.

            Patrick Baud est un réel passionné des curiosités de notre monde. Pour partager sa passion il a d’abord animé une émission de radio « Exocet », sur laquelle il nous raconte des histoires étranges, bizarres avec toutes un point commun : leur véracité.

Puis depuis 2009 il a créé le site axolot.info ainsi qu’une chaîne sur youtube , sur lesquels il répertorie toutes des infos , des histoires étranges dans divers domaines qui ne sont pas forcément connues de tous, mais dont l’intérêt est de susciter l’étonnement du lecteur.

            « L’homme qui sauva le monde et autres sources d’étonnement » est le premier livre de Patrick Baud qui est en fait un regroupement des meilleures histoires de son site internet.

            Dans ce livre, nous allons découvrir de courtes histoires séparées en 6 chapitres correspondants à 6 thèmes différents qui sont :

⁃                                  Histoire et culture

⁃                                  Lieux et constructions

⁃                                  Nature et animaux

⁃                                  Humains

⁃                                  Sciences et esprit

⁃                                  Mystères.

            Avec cet ouvrage vous allez apprendre entre autre :

– Pourquoi l’on doit sans doute la vie à un officier russe.

– Quelle est la maison la plus étrange des Etats-Unis.

– Combien de temps peut vivre un poulet sans tête.

– Où se trouve la véritable « Silent Hill ».

– Comment votre cerveau vous manipule.

et bien plus de 100 autres histoires insolites et étonnantes.

            La personne qui parle le mieux de ce livre n’est autre que son auteur :

« Vous trouverez dans ce livre des histoires qui auraient leur place dans une anthologie du fantastique. Des artefacts mystérieux, des expériences scientifiques que Victori Frankenstein n’aurait pas reniées, des lieux tout droit sortis d’une nouvelle de science-fiction … et même un homme qui sauva le monde sans lever le petit doigt. »

 

            Ce qui est appréciable dans ce livre, c’est que l’on n’est pas obligé de le commencer par la première page et de le terminer par la dernière. Mais au contraire, l’ouvrir à l’endroit que l’on veut, lire une petite histoire et le refermer. C’est un livre qui se picore, qui se lit petit à petit pour pouvoir profiter un maximum de ces petites sources d’étonnement.

            Que l’on soit passionné de curiosité, d’histoires insolites ou non, tout le monde peut trouver son compte tant les histoires ici sont totalement différentes les unes des autres. Au fil de la lecture et sans s’en rendre compte, on apprend pas mal de petites informations insolites.

            Et si vous voulez pousser un peu plus votre curiosité, Patrick Baud, vient de sortir un tout nouveau petit livre qui s’intitule : « 20 INCONNUS AU DESTIN HORS DU COMMUN DONT VOUS N’AVEZ JAMAIS ENTENDU PARLER AVANT » Et pour la fin de l’année la sortie d’une bande dessinée sur les histoires d’Axolot aux éditions Delcourt.

 

Les Poilus d’Alaska, tome 1 : une BD de Michael Delbosco, Daniel Duhand et Félix Brune (Casterman)

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Date de sortie : 27 août 2014
Auteurs : Michael Delbosco, Daniel Duhand (scénario) et Cédric Babouche (dessin)
Prix : 13,50 € (56 pages)

Les Poilus d’Alaska reprend le destin hors norme d’un capitaine de l’armée  française durant la première guerre mondiale : Louis Joseph Moufflot. Un homme qui ira jusqu’en Alaska chercher une meute de 400 chiens de traineau pour aller combattre les allemands sur la neige qui recouvre les Vosges. Une histoire vraie contée par Michael Delbosco et Daniel Duhand, et illustrée par Félix Brune.

Résumé de l’éditeur : 

Racontée avec panache et passion, l’histoire véridique d’une meute de 400 chiens de traineau d’Alaska mobilisés durant la Première Guerre mondiale.

Novembre 1914, Alaska. Dans le lointain village de Nome, deux Français, un ingénieur, René Haart, et un curé, le père Benoît, s’apprêtent à embarquer, destination l’Europe. La France rappelle à elle tous ses hommes disponibles. Ils laissent derrière eux Scotty Howard, personnage rugueux réputé être un as du traineau, l’un des rares humains capables de se faire comprendre des chiens à demi sauvages qu’on emploie ici pour courir les glaces.
Novembre 1914, dans les Vosges. La neige est partout. Louis Joseph Moufflot, capitaine de l’armée française, est donné pour mort lors d’une embuscade meurtrière qui décime sa compagnie. Contre toute attente pourtant, récupéré et soigné par les Allemands, il survit. Mû par un formidable instinct de conservation, il réussit même à leur échapper malgré ses graves blessures. Réintégré dans l’active alors que les troupes françaises de ce secteur ne savent comment surmonter le terrible hiver qui entrave tous leurs mouvements, Moufflot, profitant de l’influence que lui vaut son nouveau statut de héros, propose une solution inédite : mobiliser par centaines des chiens de traineau venus d’Alaska pour assurer les communications sur le front des Vosges. Mais il faudra pour cela faire appel à l’expertise de Scotty Howard, envers lequel Moufflot, lui-même ancien de l’Alaska, nourrit un grave contentieux…

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Le scénario de ce premier album amorce tout juste la véritable aventure des chiens de traineau qui suivra. Ici, les auteurs font comme la genèse du personnage de Louis Joseph Moufflot, qui est au coeur de cet épisode. Son parcours nous est peu à peu révélé, sur le terrain mais également en dehors de ses faits d’armes. Et de nombreuses ramifications vont peu à peu se nouer entre lui et des personnages secondaires qui se trouvent pour certains à l’autre bout du monde (en Alaska). Un premier album original qui plante le décor en prenant parfois son temps, malgré quelques accélérations qui viennent pimenter le récit. L’écriture et le découpage sont par ailleurs de qualité et le plaisir de lecture est au rendez-vous.

[quote_box_left] »De belles promesses […] pour la suite. »[/quote_box_left]

Le dessin de Félix Brune donne du caractère à l’ensemble par ses traits irréguliers à l’aspect brut et assumé. Ses cadrages sont souvent intelligents, surtout quand la coloration (réalisée par Albertine Ralenti) joue avec les premier et second plans par des codes couleurs intéressants. A pousser peut-être encore plus loin.

Ce premier tome [des] Poilus d’Alaska, intitulé Mouffolt, Hiver 1914, ne permet pas de donner un avis tranché car l’histoire principale est tout juste amorcée. Mais l’on y prend plaisir et de belles promesses nous sont faites pour la suite.

L’album offre d’ailleurs les premières planches du deuxième album en bonus, ainsi que quelques pages documentaires à propos de l’histoire vraie, illustrées de quelques photos. Un plus !

Le Chant du Cygne, tome 1 : une BD de Xavier Dorison, Emmanuel Herzet et Cédric Babouche (Le Lombard)

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Date de sortie : 29 août 2014
Auteurs : Xavier Dorison, Emmanuel Herzet (scénario) et Cédric Babouche (dessin)
Prix : 14,99 € (64 pages)

Le Chant du Cygne est un diptyque de la prestigieuse collection Signé aux éditions Le Lombard, écrit par le duo Xavier Dorison (Troisième TestamentSanctuaireW.E.S.T.,  Long John SilverAsgard, Black Lord) et Emmanuel Herzet (La branche Lincoln, Narcos, Centaures, Duelliste, Alpha) et mis en images par Cédric Babouche (réalisateur de films d’animation). Une histoire originale qui suit une compagnie de soldats français durant la Grande Guerre. Des soldats envoyés en première ligne se faire mitrailler jusqu’à tomber fortuitement sur une certaine pétition… qui les poussera à se rebeller.

Résumé de l’éditeur :

Le lieutenant Katz et ses soldats ne sont pas des lâches. Combattants aguerris, ils ont souvent surgi de leur tranchée pour charger sous la mitraille. Mais aujourd’hui, ils en ont assez. L’incompétence criminelle de leurs officiers menace une fois de plus de les emmener au désastre. Ils décident de déserter. Pas pour fuir, pas pour se cacher. Ils se rendront ensemble à Paris pour déposer une pétition au parlement au nom de leurs frères de bataille. Commence alors le plus beau et le plus désespéré des périples…

Du dilemme suscité par la pétition (la signer ou ne pas la signer, telle est la question initiale) à celui de la délation auprès des supérieurs hiérarchiques, le scénario brillantissime de Xavier Dorison et d’Emmanuel Herzet ne se trompe jamais. Un récit empreint d’humanité qui sonne plus vrai que nature et fait souvent la part belle à l’humour et à la folie, ne battant le rythme qu’au nom de l’espoir. L’espoir (un peu désespéré, tout de même) de ces soldats qui veulent mettre un terme à leur calvaire, quitte à commettre l’impensable.

Une grande maîtrise du découpage, entretenant une irrésistible envie de dévorer les pages à un rythme effréné.

Voilà qui fera vivre comme un vertige ascensionnel au lecteur emporté par des personnages aussi fous qu’attachants. Une bande de mutins solidaires, aux personnalités extrêmement variées, comme un panel explosif de ce qui se fait de mieux autant au plan physique (quelles gueules !) que du point de vue des (très forts) tempéraments développés. L’écriture traduit une grande maîtrise du découpage, entretenant une irrésistible envie de dévorer les pages à un rythme effréné.

Le dessin de Cédric Babouche est quant à lui comme venu tout droit d’un film d’animation, mais un film dont le style n’appartiendrait qu’à son auteur. Un trait fin qui se gorge de nombreux détails avant d’être magnifié par une coloration à couper le souffle. La lumière est omniprésente et perce avec grâce à travers les vignettes comme un symbole de l’espoir au milieu du chaos (car le chaos règne bel et bien dans ce premier épisode). Poétique.

Ce premier album [du] Chant du Cygne est l’un des coups de coeur de cette rentrée BD. A ne manquer sous aucun prétexte.

Pétronille, le nouveau roman pétillant d’Amélie Nothomb

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Editions Albin Michel

Date de parution : 21 Août 2014

169 pages – 16,50 Euros.

 

 

Mauvaise nouvelle les vacances se terminent, mais bonne nouvelle la rentrée littéraire est là. Depuis plus de vingt ans celle-ci débute par le traditionnel nouveau roman d’Amélie Nothomb.

Plus besoin de présenter Amélie Nothomb, qui fait partie de ces écrivains incontournables dont chaque nouveau roman est un événement littéraire. Tel un véritable métronome tous les ans depuis 1992, Amélie Nothomb nous donne à lire des histoires les plus farfelues d’un livre à un autre.

C’est avec Pétronille qu’Amélie Nothomb nous revient, le titre est tout aussi énigmatique que le résumé proposé en quatrième de couverture, « Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans. »

Que nous raconte vraiment  Pétronille ?
L’histoire est assez simple, Amélie Nothomb jeune romancière de trente ans commence à devenir un écrivain à succès. Elle a une passion immodérée pour le champagne, mais quelle tristesse de s’adonner à cette passion toute seule. C’est alors que lui vient l’idée de se mettre à la recherche d’un ou d’une compagne de « beuverie ». Lors d’une séance de dédicaces Amélie Nothomb va faire la rencontre d’une certaine Pétronille Fanto, avec qui elle entretient déjà une correspondance par lettres interposées et qui est tout à fait à l’opposé de notre narratrice. Pétronille sera-t-elle la compagne de beuverie idéale ? Une amitié peut-elle naître entre deux personnes dont tout oppose ? Et jusqu’où cela peut-il mener nos protagonistes ?

Dans ce roman Amélie Nothomb revient à des thèmes qui lui sont chers. D’abord l’amour de l’écriture et des livres, on va accompagner deux écrivains, des lecteurs passionnés et des libraires aimant leur métier. Mais aussi le thème de l’amitié, car c’est le noyau central du livre. C’est avant tout une histoire sur le parcours de deux amies qui vont apprendre à s’apprivoiser, à s’aimer tout en ayant pas mal de disputes et de désaccords qui d’ailleurs donnent aux lecteurs plusieurs pages assez drôles avec des situations rocambolesques. Le tout abondamment arrosé de champagne, la boisson dont raffole notre romancière.

D’une certaine manière à travers ce roman, Amélie Nothomb remercie ses fans/lecteurs, en n’hésitant pas à rendre public dans cette histoire le plaisir qu’elle a à lire leurs lettres, à leur répondre personnellement et à les rencontrer en vrai. Quand on se rend à une dédicace d’Amélie Nothomb on est tout de suite frappé par le lien fort qu’il y a entre l’auteur et ses lecteurs.

Pétronille  est donc un très bon cru « Nothombien »proposant une histoire savoureuse, mélangeant humour, auto-dérision et lyrisme, avec ce roman Amélie Nothomb revient en grande forme. A lire sans modération.

 

Paradoxes, tome 2 : une BD de Didier Convard et Laurent Bidot (Glénat)

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Date de sortie : 27 août 2014
Auteurs : Didier Convard (scénario) et Laurent Bidot (dessin)
Prix : 13,90 € (48 pages)

Paradoxes est un triptyque d’anticipation écrit par Didier Convard (Le Triangle Secret, HertzVincil’Ange briséTanâtosKaplan & Masson, Neige : Fondation, Marco Polo, Vercingétorix.) et illustré par Laurent Bidot (L’Histoire de la Grande Chartreuse, Le Linceul, L’Eternel…). L’histoire d’un supra-physicien qui découvre le moyen de voyager à travers des univers parallèles, démultipliés à l’infini. C’est alors qu’il va lier le sort de ces univers à sa vie et devenir l’Homme Infini. L’égal d’un Dieu qui s’il meurt entraîne avec lui la fin de ces mondes. Dans le deuxième album, intitulé L’éventualité, l’aventure s’intensifie un peu plus, Edwel Conrad tentant avec beaucoup de mal à déjouer les plans de timejumpers assassins…

Résumé de l’éditeur :

Nul ne se souvient du futur… Sauf Dieu. Prix Nobel de supra-physique, Edwel Conrad est l’homme qui a découvert la « Loi de multiplicité », démontrant l’infinité de dimensions parallèles. L’homme qui, par l’étendue de son savoir, est devenu capable de s’approprier l’univers et de devenir Dieu. Peut-être le seul capable de sauver sa femme, Elsa, qui finit inlassablement assassinée par de mystérieux hommes en noir. Combien de fois l’avait-il déjà sauvée ? Combien de fois le tentera-t-il à nouveau ? Rien ne semble pouvoir arrêter les plans diaboliques de ces Timejumpers, agents meurtriers au service du temps…Poésie, amour, drame, aventure, suspense, trahison et manipulation se cachent derrière les nombres infinis. Avec Paradoxes, Didier Convard et Laurent Bidot signent un triptyque d’anticipation malin et troublant.

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Le scénario de Didier Convard nous trimbale dans le temps avec assurance, sans nous perdre en route. Ce qui est en soi un challenge réussi dans ce genre de récit de course-poursuite temporelle. Et après un premier album timide, le rythme prend bonne allure dans ce deuxième épisode qui multiplie les combinaisons pour que les traqueurs deviennent les traqués et vice-versa. Une course contre la montre pour mettre fin au cycle infernal dans lequel le scénariste a enfermé Elsa, l’épouse de notre supraphysicien, à savoir : son meurtre. Un meurtre qu’il va falloir à tout prix empêché. La construction du récit est plutôt pertinente et son découpage, certes perfectible, participe à une lecture haletante. Un bon épisode qui prépare dans les meilleurs conditions l’arrivée du troisième et dernier album.

Le dessin de Laurent Bidot est très classique, aux traits fins et au style graphique simple qui manque un peu de panache et de caractère. La coloration est quant à elle basique, sans grandes nuances ni jeu de lumière. C’est dommage car cette dernière aurait pu mettre en avant quelques vignettes aux détails soignés.

Paradoxes s’affirme comme une bonne Eventualité à explorer en cette rentrée 2014…

L’Expédition, tome 2 : une BD de Richard Marazano et Marcelo Frusin (Dargaud)

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Date de sortie : 29 août 2014
Auteurs : Richard Marazano (scénario) et Marcelo Frusin (dessin)
Prix : 13,99 € (56 pages)

La révolte de Niangara est le deuxième album de L’Expédition, série prévue en quatre tomes écrite par Richard Marazano (Genetiks, S.A.M, Le Protocole du Pélican, le Monde de Milo, L’Expédition) et illustrée par Marcelo Frusin (X-men Unlimited, Hellblazer, Loveless). Un récit d’aventure en plein coeur de l’Afrique ancestrale, alors en proie à la colonisation parfois brutale de l’Empire romain (en l’an 739).

Résumé de l’éditeur :

Avec l’Expédition, dont La Révolte de Niangara est le 2eme tome, Marazano et Frusin nous entraînent en Égypte, peu après la conquête romaine, pour une grande série d’aventure classique…

L’expédition de Marcus Livius, officiellement composée de déserteurs romains et officieusement placée sous les ordres du centurion Caïus Bracca, touche enfin au but après une éprouvante marche au coeur de l’Afrique. Une marche lors de laquelle les hommes ont affronté nombre de dangers incroyables, ont été les témoins de douleurs atroces et ont perdu quelques compagnons. Les légionnaires romains vont enfin découvrir cette civilisation riche et puissante, peut-être plus encore que ce qu’ils pouvaient imaginer !

Ce 2eme de tome de l’Expédition inscrit la série dans une période jamais explorée : l’Afrique et ses grands empires.

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Le scénario de Richard Marazano prend encore un peu plus d’épaisseur avec ce deuxième épisode qui investit les civilisations locales en compagnie de cette Expédition romaine qui ne recule devant rien, malgré de nombreux heurts (elle va en effet être soumise à rudes épreuves)… Le ton est forcément épique ; la construction du récit gagne en fluidité et en rebondissements. Le scénariste maintien une bonne rythmique, qui invite à une lecture rapide, attisée par la curiosité et le suspens. 

Côté graphique, on retrouve la patte de Marcelo Frusin, qui jouit d’une bonne expérience dans le domaine des comics. Et on le remarque très nettement dans son style marqué par de nombreuses zones d’ombres qui viennent noircir les planches et donnent une atmosphère bien particulière au récit. Son trait peut sembler inégal, tantôt très précis lorsqu’il s’agit de mettre en avant des visages très expressifs (en gros plan) et tantôt plus approximatif lorsque les silhouettes apparaissent en plan plus large ou en second plan. Le plaisir visuel est néanmoins bel et bien au rendez-vous.

La Révolte de Niangara tient les promesses faites dans Le Lion de Nubie (le premier tome) en transformant habilement l’essai. Une véritable expédition épique.

The Manhattan Darkroom : photographies d’Henri Dauman – 4/11-04/12/14 au Palais d’Iena Paris

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The Manhattan Darkroom : photographies d’Henri Dauman
4 novembre – 4 décembre, Palais d’Iéna
Sur une idée originale de Vincent Montana
Commissariat : Audrey Hoareau et François Cheval

Du 4 novembre au 4 décembre, le Palais d’Iéna accueille The Manhattan Darkroom, une rétrospective inédite du travail du photographe Henri Dauman. Dans les 1000 m2 de la grande salle hypostyle du Conseil Économique, Social et Environnemental, plus de deux cents photographies proposent un parcours dans l’histoire récente des États-Unis. Des premières expositions d’Andy Warhol à l’émergence du Minimal Art, nous assistons à la mise en place d’une scène artistique dynamique et conquérante. Les arts sont florissants quand l’avant-garde a pour noms Merce Cunningham, Philip Glass ou Walter Carlos. New York est le creuset de toutes les transformations. John V. Lindsay et John Fitzgerald Kennedy expérimentent de nouvelles formes de marketing politique. La communication change et Henri Dauman s’en fait l’écho. Tout s’accélère dans les années 1960, les Noirs, les femmes, les minorités manifestent. Dans Life, mais surtout dans le New York Times, Henri Dauman, avec ses photographies relate fidèlement et avec originalité cette mutation. The Manhattan Darkroom est plus qu’une simple exposition photographique, elle est un mémorial de l’Amérique moderne.

Exposition : Maîtres de l’art belge : entre rêves et réalités, au Bellevue, à Biarritz.

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Maîtres de l’art belge : entre rêves et réalités.

Le Bellevue, du 1er juillet au 4 octobre 2014

Tarifs : 7€/5€ – Gratuit jusqu’à 12 ans.

Ouvert tous les jours de 11h à 20h (fermé le mardi).
Tarifs : 7 € / 5 € . Gratuit jusqu’à 12 ans.

Organisation : Affaires culturelles 05 59 41 57 50 culture@biarritz.fr
Renseignements : Le Bellevue : 05 59 01 59 20 (aux heures d’ouverture)


C’est Claire Leblanc qui nous présente cette très belle exposition de plus de 120 œuvres belges. Claire Leblanc dirige le Musée d’Ixelles, à Ixelles, une des communes de Bruxelles, jumelée, depuis 50 ans, avec Biarritz.

Le musée d’Ixelles est actuellement en travaux, et une partie, celle de l’exposition permanente, est fermée. C’est grâce à ces travaux que Biarritz a la chance de recevoir cette exposition tout simplement incroyable. Elle retrace un panorama des 150 dernières années de l’art belge. Un peu comme par magie !

L’exposition se présente comme un parcours chronologique avec des codes couleurs pour chaque tendance artistique au fil des époques, avec des œuvres de peintres très connus et d’autres moins connus. On retrouvera toujours le rapport d’équilibre entre le rêve et la réalité, avec les notions de liberté, d’imagination et aussi de fantaisie à travers l’art belge.

La Belgique est un pays récent, créé en 1830, qui a subi une grande influence française mais également anglaise. Surtout du côté artistique.

Tout au long de l’exposition, nous analysons, avec l’aide de Claire Leblanc, ces influences, à travers les différents mouvements.

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Eric de Ville : La Tour de Bruxelles en automne

La toute première œuvre est une photo d’Eric de Ville : La Tour de Bruxelles en automne, qui est un montage photo extraordinaire, imitant la Tour de Babel. On se laisse alors embarquer dans un monde irréel, laissant place à nos fantasmes ! Ensuite, Maximilien Luce, Emmanuel Vierin nous dévoilent leurs œuvres très proches de la réalité du XIX°siècle.

Du réalisme nous allons passer à un mouvement plus libre grâce à Gustave Courbet qui débarque en Belgique. Les artistes belges vont se sentir libérés. Le paysagisme fait son apparition avec une grande liberté d’expression : La Société Libre des Beaux-Arts ouvre ses portes à un art vrai, simple, brut : « à un art vrai, sans jus ni recette ».

On admirera entre autres les œuvres de Guillaume Vogels, peintre luministe, Louis Dubois, Théodore Fourmois, père de l’art moderne. Hippolyte Boulenger, le père de la modernité dans l’art belge, et Louis Crépin réalisent les premières expériences d’abstraction, où le sujet explose littéralement ! Les ciels et les nuages sont à l’honneur sur de nombreuses toiles, avec des couleurs tout simplement inimaginables.

Après le paysagisme, l’art social fait son apparition, toujours grâce à Courbet. L’art social connaît un essor fulminant en 1900. L’effort, le labeur des ouvriers sont représentés avec beaucoup de réalisme.

Dès 1880, Bruxelles devient la capitale de l’art belge. Octave Maus, critique d’art, faisait venir en Belgique les plus grands peintres impressionnistes du monde. Dès 1880, la Belgique crée le groupe des Vingt (1883-1893) et de la Libre Esthétique. Maus a gagné son pari : Renoir, Monet, Pissarro vont à Bruxelles. On découvrira les très belles toiles de Théo Van Rysselberghe, grand impressionniste, ainsi que celle de Georges de Geetere.

Puis le symbolisme apparaît, avec des œuvres beaucoup plus fermées, silencieuses, voire énigmatiques : Léon Spilliaert, la sculpture, très fine, de Minne : L’agenouillé à la fontaine.

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Minne : L’agenouillé à la fontaine.

Puis le fauvisme réintroduit la liberté de la touche, de la couleur, dès le début du XX°. Auguste Oleffe donne un maximum d’effets colorés.

L’expressionisme surgit entre les deux guerres, avec un solide ancrage dans le réel, des formes très architecturées. Gustave de Smet, sous l’influence de Picasso, s’inspirera du cubisme.

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Gustave de Smet

L’exposition se termine par les réalités magiques et les réalités chimériques. De très belles œuvres de René Magritte sont exposées : L’heureux Donateur en 1966

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René Magritte : L’heureux Donateur, en 1966

Quel bonheur de les trouver à Biarritz. Un pur régal !

Le panorama se termine sur quelques sculptures étonnantes et très contemporaines que je vous laisse découvrir lors de votre visite. Attention à ne pas casser les assiettes !

Même si vous n’envisagiez pas de venir passer quelques jours à Biarritz lors de vos vacances, cette exposition va changer vos projets ! Elle doit absolument être vue !

Un grand merci à Claire Leblanc pour ce voyage artistique qui nous a fait rêver. Entre rêves et réalités, notre cœur chavire…

A voir : IKEA lance une expérience de voyage dans le temps pour fêter son nouveau catalogue (#IKEAtimetravel, #ads)

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C’est avec l’aide de Justin Tranz, hypnotiseur mondialement reconnu, qu’Ikéa a lancé une campagne spectaculaire. L’homme a en effet été invité directement dans les magasins du géant de l’ameublement pour faire voyager quelques volontaires dans le futur !

L’idée est simple : des couples volontaires sont plongés en état de transe – état d’ouverture mentale aux suggestions similaire au somnambulisme – et mis en situations dans différentes problématiques du quotidien au beau milieu des nouvelles chambres et salles de bains IKEA. Des pièces qui symbolisent le début et la fin d’une journée. Voilà qui pourrait en effet changer leur vie future.

Une expérience ludique et originale qui traduit bien la vision de Johan Wickmark, directeur des catalogues chez IKEA : « Chez IKEA, nous pensons que la vie se tisse au quotidien, que ces journées qui semblent ordinaires recèlent de la magie, que la vie s’y forme et s’y transforme. Or, nous créons justement nos produits et solutions pour ces moments-là ».

Dans cette première vidéo, on retrouve ainsi un jeune couple venu faire ses emplettes chez IKEA. Et ils étaient sans doute à cent lieux d’imaginer faire un tel voyage dans le temps : hypnotisés, ils se retrouvent projetés 12 ans plus tard, à fêter l’anniversaire de leur fille (qu’ils n’ont pas encore), avant de se retrouver à son adolescence et ses premiers émois amoureux, jusqu’à ses vingt trois ans (où le petit copain va poser quelques problèmes inattendus…).

Le voyage est ingénieusement agencé à travers les différentes pièces du magasin, grâce à des comédiens venus endossés les rôles de la petite fille (qui grandit vite) et de son petit copain.

Une vidéo sur le ton de l’humour qui séduit immédiatement par son inventivité et impressionne forcément par les pouvoirs de l’hypnose (et par les belles chambres et salles de bains IKEA bien sûr !).

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