Sombreterre, un roman surprenant (Flammarion jeunesse)
Cassandra O’Donnell nous entraine dans le monde de Sombreterre, à la fois fascinant et inquiétant !
Vous avez entre 9 et 12 ans, ou même plus, et vous aimez les récits fantastiques ? Alors, ce roman est fait pour vous !
Dès les premières pages, le lecteur est comme captivé, voire même envouté ! Il se met dans la peau de Victor et ne comprend plus ce qui lui arrive.
Depuis l’arrivée de la nouvelle élève, dans sa classe, Alina, plus rien ne se passe normalement. Déjà avant, Victor ressentait des trucs très bizarres, mais depuis qu’il est ami avec Alina, une fille vraiment pas comme les autres, il ressent des trucs encore plus dingues !
Mais qui est Alina ?
Que veut-elle à Victor ? On dirait qu’elle a de drôles de pouvoirs.
Elle dit qu’elle a une mission à remplir sur Terre et qu’elle vient d’un autre monde : Sombreterre. Mais c’est quoi, ça ?
Victor ne comprend plus rien. Il est perdu entre tout ce qu’il ressent et les monstres qui envahissent sa vie et celle d’Alina. Il se sent en danger en permanence. Et surtout il est le seul à sentir ces envahisseurs. N’est-il pas normal ? Un simple humain ? Comme son copain Lucas ? Que va-t-il devenir ? Va-t-il suivre Alina, comme elle le lui ordonne ? Tout le mystère reste entier !
Sombreterre, un récit surprenant et absolument passionnant ! Mais il ne faut pas avoir peur des monstres et de tout cet univers de « fantasy » assez dingue !
Là où tout commence, Les premiers 1000 jours (Le Cherche Midi)
Là où tout commence, Les premiers 1000 joursest une œuvre collective réalisée par des spécialistes de la petite enfance : – Nathalie Casso-Vicarini est éducatrice de jeunes enfants – Boris Cyrulnik, neuropsychiatre – Isabelle Filliozat, psychothérapeute – Antoine Guedeney, pédopsychiatre.
Tous ont participé à l’élaboration du livre, Là où tout commence, Les premiers 1000 jours, inspiré de l’excellent documentaire, Les premiers 1000 jours, vu dernièrement sur France Télévision.
Ils s’intéressent plus particulièrement à la mère, à sa grossesse jusqu’aux deux ans du bébé.
On va suivre six bébés à travers leur développement. On se rend compte comme la notion d’attachement est fondamentale pour le bien-être et le bon développement du tout-petit. Le livre raconte des anecdotes qui se sont passées dans une maison des 1000 premiers jours où les parents viennent avec leur bébé pour échanger avec d’autres familles et des spécialistes.
Boris Cyrulnik dit qu’il faut tout un village pour élever un bébé. Si les dépressions post-partum augmentent autant, dans les pays industrialisés, c’est sans nul doute dû à l’extrême solitude des mères après la naissance.
Le livre est très intéressant car il s’appuie sur des situations vécues. Mais aucune situation n’est irréversible. On va tout faire pour rendre l’environnement du bébé le plus « sécure » possible de façon à ce que le bébé puisse développer cette notion fondamentale d’attachement. Le bébé a avant tout besoin d’être en lien, d’être attaché. Besoin d’amour. De câlins.
Les notions scientifiques importantes sont expliquées en caractère gras et restent à la portée de tous. Ce livre va être d’une grande aide aux parents, et aux familles au sens large. Car une naissance est toujours un tsunami dans une famille !
Si les effets indésirables sur le développement de l’enfant sont bien décrits, tous sont réversibles. La notion de résilience y est grandement développée. Les capacités d’adaptation du tout-petit sont infinies ! 1000 jours sont nécessaires pour faire la fondation de la construction de l’enfant. Les 1000 premiers jours ! Pour une fondation solide !
Là où tout commence, Les premiers 1000 jours, un livre qui raconte le vécu des bébés et s’intéresse au développement du tout-petit. Il faut faire en sorte que tout se passe pour le mieux pour l’enfant et sa famille ! Il faudrait que les maisons des 1000 premiers jours se multiplient à travers la France ! Ce serait juste parfait !
Le comédien, auteur et metteur en scène Jacques Elkoubi porte à lui tout-seul la pièce proposée au Théâtre du Gymnase Marie Bell. Plus qu’une occasion pour venir admirer son adaptation de L’enfer, écrit par Henri Barbusse en 1908. Le récit en rappelle un autre, celui de La Chuted’Albert Camus avec un même monologue passionnant plongeant au plus profond de la psyché humaine. Un quidam espionne la chambre voisine de la sienne et extrapole sur sa solitude et la vanité de la société humaine. Entre passages érotiques et digressions philosophiques, le personnage interroge sur le statut d’humanité dans une société foncièrement matérialiste et désireuse de faire oublier l’humain en chacun de nous. La pièce est à découvrir une dernière fois, le lundi 18 décembre à 19h30.
Un beau moment de théâtre introspectif
Un jeune trentenaire jamais nommé débarque de sa province pour travailler à Paris dans une banque. Logé dans une pension de famille et dénué autant d’amis que de famille, le personnage semble fuir toute compagnie humaine inutile. En l’absence de loisirs et d’attache, son attention est attirée vers une fissure dans le mur mitoyen d’une autre chambre où se déroule un petit théâtre de la vie. Les couples s’y suivent, dévoilant sans le savoir leur intimité à un spectateur secret. Le personnage observe une servante, 2 jeunes amants qui ne cessent de s’ébattre, un couple adultère et même un accouchement. Les pensées se bousculent pour un tour d’horizon désenchanté de l’humanité. Lui si seul, le personnage se rend compte bien malgré lui qu’il n’y a d’enfer que dans la fureur de vivre. Le comédien déroule parfaitement la pelote d’un soliloque passant de l’érotisme à la recherche du sens de la vie jusqu’au mystère de la mort. L’élocution est parfaite, le rythme varie pour accentuer les moments clés et faire découvrir un auteur guère plus étudié, à tort.
Le jeu de lumière figure le passage des jours où le personnage ne cesse de partager ses pensées, pour le plus grand bonheur de spectateurs subjugués.
Synopsis: Dans sa chambre d’hôtel, un homme découvre un trou dans la cloison qui lui permet de tout entendre et de tout voir. Presque tout… Il observe plusieurs formes de sexualité, et d’amour. La naissance et la mort. De la solitude aussi. Cet être capture des étincelles de vies et des secrets. Il va être transformé et grandir en humanité. Né en 1873, Henri Barbusse est célèbre pour avoir écrit Le Feu – prix Goncourt 1916 – le récit de sa guerre dans les tranchées ; un chef d’œuvre de la littérature de guerre. En 1908, avec la parution de L’Enfer, l’écrivain conquiert la notoriété, soutenu par la critique littéraire. « Voilà enfin le livre d’un homme » telle est l’opinion d’Anatole France. Pour Sartre, l’Enfer c’est les autres. Pour Barbusse, l’Enfer est en soi. Son roman fait sensation ; confession d’un voyeur, ou plutôt, d’un voyant. Il meurt en 1935. Par des funérailles grandioses, le peuple de Paris le salue. Henri Barbusse est un écrivain dont le nom est connu de beaucoup. Mais aujourd’hui, qui connaît son écriture ? Cette adaptation de son roman L’Enfer permettra de le redécouvrir.
Détails
Durée : 80 minutes soit 01h20
Lieu: Théâtre du Gymnase Marie-Bell Studio Marie Bell au Théâtre du Petit Gymnase
Auteur : Jacques Elkoubi Artiste : Jacques Elkoubi Metteur en scène : Jacques Elkoubi
Le Théâtre Mogador propose une version parfaite du ballet féérique Casse-Noisette pour les enfants. Le ballet-féerie dont la musique est composée par Piotr Ilitch Tchaïkovski s’organise initialement en 2 actes, soit 3 tableaux et 15 scènes pour plus de 2 heures de spectacle. Mon premier Casse-Noisette est une 2e tentative réussie d’adapter un classique pour les plus jeunes après Mon premier Lac des Cygnes vu fin 2022 dans le même Théâtre Mogador, ici avec une durée entracte comprise de 1h40. L’intrigue resserrée conserve les morceaux de musique les plus populaires (Valse des fleurs, Pas de deux…), les enfants adorent et parviennent à rester concentrés tout du long devant des prestations dansées éblouissantes, avec notamment le danseur étoile français Karl Paquette de l’Opéra de Paris en prince charmant.
Un ballet de Noël à destination des tous petits et de leurs parents
Le ballet Casse-Noisette est l’adaptation de la version d’Alexandre Dumas du conte allemand Casse-Noisette et le Roi des souris d’Ernst Theodor Amadeus Hoffmann publié en 1816. L’intrigue est légendaire, devenue un classique des spectacles de Noël. Le soir du réveillon de Noël, la jeune Clara reçoit de son oncle un casse-noisette. Pendant la nuit, une merveilleuse féerie commence : dans le salon, les jouets s’animent et le casse-noisette se transforme en prince. La magie est au rendez-vous de ce spectacle de danse rythmé par une musique éternelle. Si Mon Premier Lac des Cygnes a été un véritable triomphe public avec plus de 100 000 spectateurs, le Théâtre Mogador tente de réitérer ce grand succès avec Mon Premier Casse-Noisette, le célèbre conte musical de Tchaïkovsky, revu dans sa longueur (2×40 mn) et avec son format narratif adapté pour le jeune public. Conçu et interprété par Karl Paquette, avec une vraie troupe de danseurs professionnels, le ballet fait rêver le jeune public avec ses décors, ses costumes et une chorégraphie de la plus grande qualité élaborée par Fabrice Bourgeois, maître de ballet à l’Opéra de Paris. La petite Clara voit son Noël sauvé par un Casse-Noisette qui l’entraîne dans un voyage féerique où, dans un royaume peuplé de poupées, il faut combattre le diabolique Roi des souris, les petits trépignent, les morceaux comiques agrémentent le spectacle, pour donner du rire et de l’émotion dans un moment inoubliable de ballet.
Mon Premier Casse-Noisette est un pur moment de poésie et de grâce à partager en famille à voir au Théâtre Mogador jusqu’au dimanche 25 février 2024.
[BD] Inexistences : l’oeuvre inclassable et démesurée de Christophe Bec (Soleil)
Voici un album impressionnant, presqu’intimidant lorsqu’on le prend en main. Inexistences est un projet mené de très longue date par l’auteur prolifique Christophe Bec, en tant qu’auteur complet s’il vous plaît. Le scénario offert par Inexistences sonne comme un classique de la S.-F., où dans un environnement post-apocalyptique, l’humanité a perdu la mémoire et erre à travers les vestiges d’un passé qui semble définitivement perdu, tout comme les découvertes et avancées technologiques et scientifiques de ce temps révolu.
Mais une légende raconte qu’un enfant bleu, quelque part au milieu des montagnes, détient la clé de ce passé : la mémoire de l’humanité. Un certain Sol, sniper comme son père avant lui, part alors à sa recherche.
Un récit très ancré dans le genre de prédilection de Christophe Bec, qui est toutefois proposé à travers un médium particulièrement original. Car l’album alterne des passages de pure BD, à des passages écrits à la manière d’un roman, mais également ponctués par de magnifiques doubles pages où le graphisme s’exprime dans son entier. Un trait sombre qui explore les profondeurs abyssales de ce qui reste de l’humanité dans un décor vertigineusement froid et glacial. Un dessin aux cadrages audacieux, qui nous en mettent plein la vue.
Inexistences est aussi démesuré qu’inclassable. Une expérience à faire dans les meilleures conditions grâce à une édition grand format exceptionnelle. Ne passez pas à côté !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Un beau livre exceptionnel et prestigieux. Un récit post- apocalyptique sombre et fascinant, mêlant bande dessinée et spectaculaires illustrations, écrit et dessiné par Christophe Bec. Dans les montagnes perdues, tout n’est que désolation. Les survivants errent dans un paysage désolé où ne subsistent que des ruines prises dans les glaces. De grands cataclysmes ont soumis la planète à d’interminables hivers. Il existerait pourtant un sanctuaire où vivrait un enfant bleu, qui aurait conservé la mémoire des temps anciens. Une légende que va tenter de vérifier le sniper nommé Sol.
Date de parution : le 6 décembre 2023 Auteurs : Christophe Bec (Scénario, dessin) Genre : S.-F.
[BD] Donjon Bonus tome 2 : dans l’antre du processus créatif d’un duo d’auteurs de génie (Delcourt)
Vous le savez, on est archis fans de l’univers de Donjon, une série qui revisite allègrement l’heroic-fantasy. Un saga ultra-riche qui compte une multitude d’univers à travers une courbe temporelle hautement acidulée à l’humour (de préférence noir). Bref, chaque épisode relève le défi et nous régale sans forcer.
Cet album très grand format compile de nombreux bonus rien que pour les fans. On y découvre de très nombreux échanges entre Joann Sfar et Lewis Trondheim, qui signent ensemble la série. On entre ainsi dans l’intimité de leurs correspondances, et on découvre le génie créatif de ces immenses auteurs. C’est impressionnant et pointu à la fois. On remarque à quel point le travail est titanesque et avec quelle méthode chacun s’y attelle.
Un ouvrage sublime qui offre aussi de beaux croquis et de belles planches. A découvrir sans tarder ou à offrir sous le sapin !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Quel fan de « Donjon » n’a jamais rêvé de connaître les origines de la saga ? Dans un album grand format, découvrez les coulisses de la création d’une épopée d’héroïc fantasy qui séduit des hordes de lecteurs depuis 25 ans. Comment la saga « Donjon » a vu le jour ? Pourquoi un kyste aux fesses a définitivement scellé son incroyable destin ? Découvrez les réponses à ces questions et bien plus encore dans cet album exceptionnel incluant les storyboards originels des premiers tomes de la série, des recherches graphiques inédites et les échanges épistolaires de ses deux créateurs, Joann Sfar et Lewis Trondheim.
Date de parution : le 8 novembre 2023 Auteurs : Joann Sfar, Lewis Trondheim (Scénario, dessin) Genre : BD heroic fantasy, humour
Le musée des Arts Décoratifs organise du 29 novembre 2023 au 28 avril 2024 l’exposition Iris van Herpen. Sculpting the Senses pour un bel hommage à la créatrice de mode peu connue du grand public mais plébiscitée par toute la planète people. On ne compte plus le nombre de stars qui ont revêtu ses tenues, Tilda Swinton, Björk, Lady Gaga, Beyoncé, de quoi mettre en valeur le travail réalisé dans on atelier d’Amsterdam où, entourée d’une équipe dévouée, elle ne cesse de créer des tenues plus originales les unes que les autres.
Une créatrice insatiable
Reconnue comme une des stylistes les plus visionnaires de sa génération, Iris van Herpen est considérée comme une pionnière dans l’usage des nouvelles technologies dans sa discipline. Elle utilise des matériaux inédits, avec des inspirations venue de la nature, du corps humain ou de l’eau. Iris van Herpen aime à transgresse les normes conventionnelles du vêtement tout en restant ouverte autant aux savoir-faire traditionnels qu’aux idées prospectives. L’exposition montre le cheminement d’une inspiration apparemment sans limites, louvoyant du plus petit au macro pour une interrogation sur la la place du corps dans l’espace. Le rapport au vêtement et à son environnement sont au centre d’une réflexion qui imagine l’avenir dans un monde en pleine mutation. L’exposition montre une sélection de plus de 100 pièces de haute couture réalisées par Iris van Herpen pour un dialogue avec des œuvres d’art contemporain, telles que celles de Philip Beesley du Collectif Mé, Wim Delvoye, Rogan Brown, Kate MccGwire, Damien Jalet, Kohei Nawa, Casey Curran, Jacques Rougerie ou les créations de design de Neri Oxman, Ren Ri, Ferruccio Laviani et Tomáš Libertíny. ,Les différentes pièces de l’exposition montrent des éléments de sciences naturelles comme des coraux ou des fossiles créant une résonance unique avec des pièces historiques.
L’exposition est présentée dans les galeries de la mode Christine & Stephen A. Schwarzman avec un vrai succès public à aller découvrir au Musée des Arts Décoratifs.
CiKaiCirevient avec un single plein de bim bap au doux parfum du hip hop des années 90’s. Pour l’occasion, il invite le petit frère elgadé à reprendre contact avec le micro. Forcément, quand les deux se retrouvent pour former à nouveau le 2Double2, ça réveille forcément le punk. De l’Anomalie(s) en perspective. Et du bonheur partagé. A découvrir et écouter sur toutes les plateformes en streaming (Deezer et Spotify notamment). Partagez sans modération !!
Laetitia Casta et Roschdy Zem, un duo particulier au théâtre de l’Atelier
La metteuse en scène, Lilo Baur, porte sur les planches « Une journée particulière », d’après le film culte d’Ettore Scola et y fait entendre une résonance avec le monde actuel. Le terreau des extrêmes, la patriarcat, la condition de la femme, des homosexuels, leurs luttes intérieures, sont au cœur de cette rencontre improbable entre un journaliste homosexuel ostracisé et une épouse modèle, soumise, et fascisée.
Si l’intrigue se situe à Rome le 6 mai 1938, jour de la rencontre entre Mussolini et Hitler dans la liesse populaire, on sait qu’Ettore Scola a voulu évoquer, à travers la rencontre intime d’Antonietta, femme au foyer humiliée par son mari, et de Gabriele, journaliste récemment licencié en raison de son homosexualité, la condition toujours problématique des femmes et des homosexuels dans l’Italie des années 1970, et dénoncer ainsi les traces persistantes d’une idéologie fasciste dans une société démocratique.
Deux solitudes en partage
Entre ces deux voisins que tout oppose, sauf leur sentiment d’abandon et de grande solitude, des points communs vont pourtant rapidement émerger : la soumission aux diktats et carcans sociaux, la marginalisation, une condition déniée et peu enviable.
Un rapprochement s’opère alors où chacun va trouver en l’autre, une forme de liberté et d’écoute pour révéler son secret et affirmer son ouverture au monde.
Dans la mise en scène sophistiquée de Lilo Baur à l’abri d’une scénographie mobile, les appartements de Gabriele et Antonietta se déplacent et tournoient. On y ouvre une porte pour y être transporté entièrement ailleurs et toujours fuir l’oppression du dedans et du dehors.
Laetitia Casta et Roschdy Zem incarnent avec fragilité ces deux êtres blessés. Elle, intense, toujours juste, se montre à la fois fragile, intuitive et solaire, tandis que Roschdy Zem est cet homme empêché à la fêlure troublante.
Dates : 2 au 31 décembre 2023 – Lieu : Théâtre de l’Atelier (Paris) Metteur en scène : Lilo Baur
Une jeune fille perd son père lors d’un accident de pêche au large d’Ostende. Lena ne peut accepter cette perte soudaine, elle si proche de ce véritable héros de son quotidien. Il l’a initié à la voile, il est fort, il est son socle. Incapable de se remettre, elle imagine l’existence d’un monstre sous-marin qui serait la cause du chavirage du bateau de pêche. Le début d’un film belge sensible et intense à découvrir en salles le 13 décembre 2023.
Un film tout en sensibilité
Une relation père / fille peut être tellement forte qu’elle en devient plus forte que tout. Lena voit en lui son phare, son soutien, un roc indestructible. La nouvelle de la disparition du navire de pêche fait naitre des rumeurs qu’elle balaye du revers de la main. Accident, erreur de navigation, culpabilité, Lena refuse toutes ces thèses. Elle connait son père, incapable de commettre une erreur à l’origine de la disparition du bateau et de son équipage. Alors qu’elle navigue, elle croit apercevoir un monstre marin, ce qui créée en elle une idée fixe. L’idée prend de l’ampleur, ses amis et sa famille ne parviennent pas à lui faire changer d’avis, elle a besoin de preuves et de confirmation, à tout prix. Les psychiatres appellent cela le deuil impossible. Le film tourne autour de ce qui devient une pathologie traumatisante pour la jeune héroïne, tournée vers son idée fixe sans pouvoir s’en détourner alors que ses amis touchés par un deuil impossible similaire préfèrent ne pas l’écouter. Le ton du film est d’une intense mélancolie, prenant aux tripes tout du long pour un beau plongeon dans une psyché tourmentée. Ostende devient un port de plaisance des plus séduisants, tourné vers la mer et les répercussions surprenantes du réchauffement climatique. De nouvelles espèces marines apparaissent, d’autres semblent migrer des eaux tropicales vers les eaux de la mer du nord, se confondant avec les questionnements de l’héroïne prête à tout remettre en cause pour avoir le cœur net, image du personnage déterminé contre vents et marées.
L’héroïne trouvera-t-elle la solution à son idée fixe? Il faut voir le film pour s’en rendre compte et apprécier le dénouement d’un film entre amour paternel et envies d’absolu, comme seule la jeunesse est capable d’en produire.
Synopsis: Lena, jeune navigatrice de talent, perd son père dans un naufrage en mer. Elle est déterminée à prouver qu’une énorme créature errant dans les profondeurs est responsable de cet événement tragique…
Mott The Hoople est rien d’autre qu’un groupe de rock culte des années 70. Révélés dans la vague glam rock de 1972/1973, ils ont connu un succès retentissant avec le single All The Young Dudes. Titre composé et littéralement offert par le grand David Bowie, il a changé à jamais la vie et la notoriété du groupe. A l’occasion du 50e anniversaire de la sortie de leur meilleur album, un coffret deluxe en édition limité a été édité avec notamment une nouvelle version remasterisée. Le coffret sort le 8 décembre chez Madfish. L’album est également disponible sous la forme d’un double LP vinyle orange.
Un titre et un album de légende
Dès les premières paroles, le ton est donné. Well, Billy rapped all night about his suicide, le titre va devenir un emblème du glam rock et même au delà un titre légendaire du rock. Initialement sorti au Royaume-Uni le 8 septembre 1972, le titre écrit par un David Bowie avide de découvertes (il a également produit à la même époque les albums Raw Power d’Iggy Pop et Transformer de Lou Reed) a marqué toute une génération avide de libertés et fatiguée des compromis (We never got it off on that revolution stuff, What a drag Too many snags). Mais au-delà de ce titre emblématique, le disque comprend d’autres titres à ne pas manquer comme la reprise définitive du Sweet Jane de Lou Reed, le Ready For Love de Mick Ralphs et Soft Ground. Ce qui était le déjà cinquième album studio de Mott the Hoople a été une étape décisive. Car les membres du groupe hésitaient alors à se séparer faute de décollage commercial, mais Bowie a volé à leur secours pour le plus grand bonheur de la planète rock. Plus rien ne fut pareil ensuite et le groupe est devenu une source d’inspiration pour des artistes majeurs du monde du rock comme Queen, The Clash, Kiss, Primal Scream, Mötley Crüe et Def Leppard. L’album se compose de chansons accrocheuses, musclées et honnêtes qui montrent bien les origines prolétaires des membres du groupe. Le leader et chanteur Ian Hunter, jamais la langue dans sa poche, reste un songwriter de talent reconnu pour son charisme. Le titre All the Yound Dust est souvent cité comme parallèle à un autre titre mythique de David Bowie sorti à la même époque, ce Ziggy Stardust qui a également changé la face du rock.
All The Young Dudes sort le 8 décembre 2023 sur Madfish pour revivre une époque excitante du rock, toujours autant d’actualité aujourd’hui.
Détails du coffret
2LP dans une pochette gatefold
Album remasterisé LP1 / LP2 Mixes et pistes de sessions rares 2CD : CD 1 Album Remasterisé / CD2 Mixes Rares et Pistes de Sessions Single 12″ avec une version rare « Unlocked Cars » de « All The Young Dudes » + « One Of The Boys » (rare B-Side britannique)
Livre relié de 72 pages avec des notes de couverture rédigées par Mott the Hoople et le biographe de Ian Hunter, Campbell Devine
Le Lucernaire propose l’adaptation d’œuvres moins connues de Tchekhov pour un beau moment de découverte. Pas de Mouette ici ni de sœurs, mais 3 histoires courtes tirées de l’œuvre de l’écrivain et dramaturge russe. Tout le plaisir vient de cette galerie de personnages truculents, véritables caricatures des turpitudes humaines. La légèreté est de mise dans le choix de Pierre Pradinas de traiter les sujets avec plus de rire que de cruauté. Mais ne nous y trompons pas, les 3 pièces sont le reflet de la dureté de la vie dans la Russie de la fin du XIXe siècle, les niveaux de lecture sont plus profonds qu’il n’y parait.
Un Tchekhov innovant
Les 3 histoires sont complémentaires. C’est d’abord Pierre Rebbot qui interprète un homme devant énoncer une conférence sur les méfaits du tabac avant de digresser sur son existence limitée et insatisfaisante aux côtés d’une épouse belliqueuse. Puis c’est une veuve éplorée qui a maille à partir avec un voisin venu réclamer les dettes de son défunt mari, le rapport de force cache une attirance ambiguë entre ces 2 caractères de feu. Puis c’est un fonctionnaire de la police cherchant à s’excuser auprès d’un grand politique de lui avoir éternuer dessus, la situation devenant de plus en plus tendue. 4 comédiens occupent l’espace de la scène, tous avec truculence, entre caricature, tendresse et cruauté. Chaque spectateur peut reconnaitre des vices humains souvent soigneusement cachés mais impossible à ne pas déceler dans le cadre de la pièce. Orgueil, mépris de classe, ténacité drolatique, la maladresse est constamment de mise dans toutes les réactions des personnages et tout le sel de la pièce vient du fait que les effets obtenus des actions ne sont jamais ceux escomptés. Le fonctionnaire pense faire amende honorable en ne cessant de s’excuser, il s’attire surtout l’inimité du personnage politique de plus en plus irrité par cette cour incessante. Le chasseur venu récupérer sa dette soulève d’abord la colère de la veuve, manquant de se faire tuer avant de succomber de manière inattendue aux charmes de la belle d’abord colérique puis tenue de s’apercevoir que ces élans sont partagés. Et le professeur devant s’exprimer sur un sujet annexe est bien obligé de parler de lui pour trouver un quelconque intérêt à l’exercice. La subtilité est de mise, les spectateurs s’extasient devant l’art des comédiens pour transmettre des niveaux de lecture si profonds que la pièce semble passer dans un souffle, l’1h15 de spectacle semble durer 10 minutes tant le rythme ne faiblit jamais et les comportements subjuguent le public.
Farces et Nouvelles de Tchekhov est un vrai moment de théâtre, entre divertissement et étude des comportement humains. Si la première lecture est caricaturale, il faut bien admettre que les sujets abordés touchent à l’universalité. Sous les déguisements sociaux se cachent des êtres souvent faibles, parfois veules et pas toujours sincères. C’est le moment de s’en rendre compte au Lucernaire. La salle était pleine, on comprend pourquoi!
Synopsis: Pierre Pradinas s’empare de la galerie de personnages qui émaillent l’univers de Tchekhov, celui de ses nouvelles et de ses pièces courtes : paysans, employés de banque, personnes endettées… en lutte dans un monde malade. Ils vivent à la fin du XIXe siècle en Russie, mais ils sont toujours là ! Nous assistons à un enchaînement d’histoires courtes chargées de rire, de cruauté et de beaucoup de tendresse. Dans le contexte actuel, Pierre Pradinas a choisi de monter une forme légère, un spectacle de proximité où se mélangent d’excellents acteurs de plusieurs générations. Un enchaînement de trois pièces courtes et nouvelles divertissantes, cruelles et tendres…
Farces UNE DEMANDE EN MARIAGE, L’OURS, LES MÉFAITS DU TABAC Nouvelles UN DRAME, LA MORT D’UN FONCTIONNAIRE
Fronsac est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Gironde en région Nouvelle-Aquitaine. Le Chateau la Vieille Cure 2019 Fronsac est un assemblage de Merlot, de Cabernet Franc et de Cabernet Sauvignon, d’où une complexité aromatique entre finesse et robustesse. A l’œil, la robe est pourpre. En bouche, des notes de fruits rouges se ressentent intensément au côté d’une subtile touche épicée pour une rondeur élégante et une charpente solide. Le vin est proposé par carton de 6, pour un prix d’environ 153 euros selon les millésimés disponibles (2017, 2018, 2019, 2020). Une belle découverte à ne pas manquer pour des sensations intenses.
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Le domaine de La Vieille Cure
Les racines de notre Histoire sont comme les racines de nos vignes : nobles, anciennes et profondes. Depuis le XVIIème siècle, l’histoire du Château La Vieille Cure s’écrit à travers les femmes et les hommes qui l’ont habité. Aujourd’hui, c’est Jérôme Pignard, propriétaire, et Frédéric Labatut, maître de chai, entourés d’une équipe passionnée, qui incarnent notre vin. Jérôme Pignard, entrepreneur lyonnais, a racheté le domaine en 2018, lui permettant de rejoindre le patrimoine viticole français. Ce perfectionniste, amoureux de bons vins, a l’ambition de poursuivre le travail qui mènera La Vieille Cure au tout premier rang des vins de la rive droite bordelaise. Frédéric Labatut, libournais de souche, ancien restaurateur et viticulteur autodidacte, a foulé le sol de la propriété il y a 32 ans pour ne plus jamais quitter ces vignes qu’il travaille désormais avec une méticulosité orfèvre.
Les sols argilo-calcaires et le tiers de cabernets dans l’assemblage ne sont pas étrangers à la réussite de ce fronsac. Alliance de concentration et de précision, le nez déploie une belle expression de fruits noirs que l’élevage souligne avec élégance. Puissant et onctueux en bouche, le vin cède progressivement la place à des tanins mûrs et puissants qui étirent la finale. Beaucoup d’allure aujourd’hui, il serait cependant dommage de ne pas l’oublier en cave. Belle expression aromatique jusqu’en fin de bouche.
Kokomo City est un documentaire sur le monde habituellement secret des travailleuses du sexe femmes trans noires. Le documentaire débute avec le récit face caméra d’une anecdote mi-drôle mi-tragique. Une travailleuse du sexe trans noire lève le voile, sourire en coin, sur une mésaventure avec un client et son arme à feu, le combat qui s’en est suivi. Le ton est donné, la musique est enjouée et la réalisatrice D. Smith n’y va pas par 4 chemins. Les témoignages sont véridiques et rien n’est vraiment caché. Kokomo City a été récompensé du Prix du public à la Berlinale dans la section Panorama Documentaire et du prix NEXT Audience à Sundance en 2023.
Un documentaire esthétique
Les images tournées en noir et blanc donnent au documentaire une esthétique très glamour mais aussi très crue. Loin de donner une mauvaise image des protagonistes face caméra, le film donne surtout la parole à ceux et celles qui ne l’ont que rarement, dans des accès de sincérité surprenants. La réalisatrice vise à montrer avant tout la réalité toute nue, sans fard et sans œillères. Une relation de confiance existe entre la réalisatrice et les personnes interviewées, permettant de dévoiler des détails très souvent cachés. Les visages ne sont pas floutés, tout le monde s’exprime avec naturel et même décontraction, révélant les raisons de leurs choix de carrière, de leur transition, les interventions chirurgicales et la multitude de leurs clients de tous horizons, pères de famille ou rappeurs. Le film ne parle pas que du travail du sexe mais aussi de la vie quotidienne, avec l’hésitation de parler de leur profession aux proches comme de leur transidentité. Le documentaire évoque le malaise ressenti par beaucoup d’hommes à assumer leur intérêt pour elles, comme si cela remettait en cause leur masculinité, leur virilité ou leur orientation sexuelle. Surtout que le drame n’est jamais loin comme le montre l’exemple de Koko Da Doll, tuée en avril dernier.
Le documentaire est surprenant, prenant aussi, avec toutes ces vérités lâchées face caméra.
Synopsis: Kokomo Coty offre un regard cru, nerveux mais rare sur la vie de femmes noires transgenres. D. Smith, cinéaste transgenre noire, filme sans misérabilisme l’intimité de quatre jeunes femmes noires, transgenres et travailleuses du sexes. Elles se livrent sans tabou, avec humour et lucidité sur le sexe, les rapports femmes/homme, le racisme, la communauté noire et la transidentité. Un documentaire coup de poing, surprenant et éclairant.
Lorsqu’Odile (Ariane Ascaride) se prépare à accueillir la tribu de ses enfants, beaux-enfants et petits enfants pour célébrer son anniversaire, le destin s’en mêle et une crise cardiaque lui enlève soudainement son mari. Elle réagit de manière des plus surprenantes en choisissant de ne rien dire et de cacher le corps de son défunt conjoint sous le lit. Sous le tapis est surtout une belle chronique douce amère sur le poids des non-dits et leur poids dans les relations familiales. Le sujet du deuil est encore très tabou dans notre société, le film n’hésite pas à le triturer dans tous les sens pour un résultat aussi touchant que surprenant.
Une évocation familiale universelle
Chacun des personnages du film a sa spécificité. Odile est une mère taiseuse qui cache un lourd secret, sa fille Sylvie (Bérénice Béjo) est en retrait, écrasée par les silences de cette mère et un mari par trop fan de vélo et donc pas très attentionné, le fils Lucas (Thomas Scimeca) est dans la lune et vit une relation torride avec la jeune et fraiche Clara (Marilou Aussilloux). Ce petit monde va devoir faire face à cet évènement tragique, chacun à sa manière, et non sans difficultés. Ce film est le premier long-métrage de l’actrice Camille Japy aperçue notamment dans Alceste à Bicyclette. Elle choisit un sujet pas simple pour mieux surprendre le spectateur. La comédie est tour à tour drôle, dramatique, légère ou pesante, le regard donné sur la famille est assez inédit avec 2 actrices qui remplissent parfaitement l’écran dans une belle subtilité. Le spectateur connait un véritable ascenseur émotionnel avec des scènes tour à tour cocasses, tristes ou drolatiques et un casting qui fait beaucoup pour porter des personnages uniques et tous différents. Chaque spectateur pensera à sa propre famille pour une inévitable mise en abime. La question du deuil est éminemment personnelle et chacun peut la ressentir à son propre niveau. Difficile d’accepter les différences ou ce qui peut être pris pour des maladresse (voire pire) dans ces moments, surtout quand elles tranchent avec sa propre manière de réagir. Une scène de deuil festif met ici particulièrement à porte-à-faux les personnages. Au milieu de ce marasme naviguent des enfants innocents qui sont eux-mêmes spectateurs du théâtre joué par les adultes.
Le duo mère-fille est des plus délicats dans ce film qui tient en haleine tout du long, comme un thriller émotionnel où tout peut arriver. La musique du chanteur M (alias Matthieu Chedid) apporte une dimension supplémentaire à ce film qui ne laisse pas indifférent par la multiplicité assumée de ces tons
Détails
Durée : 1H37 – Langues : Français 2.0 / 5.1 / Audiodescription Sous-titres : Anglais et Français pour sourds et malentendants Supplément : Petites filles, court métrage de Camille Japy (2017, 16 min) Disponible en DVD au prix public conseillé de 19,99 € TTC
Synopsis: Odile se prépare à fêter son anniversaire. Alors que ses enfants et petits enfants sont en route pour la soirée, Jean, son mari, décède brutalement. Incapable de faire face à cette réalité, elle le cache sous son lit…
Une jeune fille devient apprentie concierge dans un grand magasin pas comme les autres… En effet, les clients sont tous des animaux, petits, grands, avec 4 pattes ou des ailes.
Un manga animé original
Le personnel, en grande partie féminin, doit satisfaire toutes les demandes, mêmes les plus farfelues et les moins usuelles. Le film d’animation requiert de prendre du recul et de se mettre à hauteur d’enfant pour apprécier un film où les managers sont tous des hommes qui ne font montre d’aucune bienveillance pour leur personnel. Le grand magasin est un temple de la consommation, autre élément que les enfants sauront apprécier sans en comprendre toute l’ambiguïté du concept, au contraire des adultes. Comme Noël pointe à l’horizon, c’est le moment de considérer les choses avec légèreté, ce que le film réussit à faire pour leur plus grand plaisir. Le film d’1h30 est adapté du manga La concierge du grand magasin de TsuchikaNishimura et a été présenté au Festival d’Annecy. Les fans des dessins animés japonais des années 80 reconnaitront des situations déjà vues à la télé, les volées de bois vert par des chefs irascibles, les grands yeux éternellement écarquillés, le nez absent des visages de face, c’est toute une époque qui ressurgit avec ce film d’animation. Autre particularité du film, et pas des moindres, tous les animaux fréquentant le grand magasin sont menacés d’extinction, sensibilisant ainsi les plus jeunes à une problématique qu’ils apprendront à comprendre.
Le distributeur Art House Films propose ce film faussement léger pour aborder les liens étroits mais pas toujours faciles entre humains et animaux, les premiers participant hélas parfois trop activement à l’extinction des seconds. Le film est à découvrir le 6 décembre.
Synopsis: Akino est l’apprentie concierge d’un grand magasin vraiment spécial : les clients y sont tous des animaux. Qu’ils soient petits ou grands, à poils ou à plumes, Akino travaille dur pour satisfaire toutes leurs demandes… même les plus surprenantes.
[BD] Les Grandes Batailles Navales : Opium War, nouvel album de Jean-Yves Delitte et Q-HA (Glénat)
Opium War est le dernier album paru dans la collection portée par Jean-Yves Delitte sur Les Grandes Batailles Navales, aux éditions Glénat (avec le soutien du Musée National de la Marine). Opium War retrace ainsi un conflit sans pitié où les occidentaux, au premier rang desquels on trouvait les anglais (mais aussi les américains et les français), menaient une vie plus que difficile aux chinois pour s’emparer des richesses du pays, et notamment de son opium.
La petite surprise, quand on a l’habitude de lire les ouvrages de Jean-Yves Delitte, est de voir que le dessin a ici été confié à Q-HA (sud-coréen du studio Superani). Et force est de constater que le panache et le sens du détail de Delitte n’est malheureusement pas retrouvé. Mais le scénario demeure agréable en exploitant de nombreuses batailles navales sur les côtes chinoises. Le résultat est, certes, spectaculaire, mais les personnages manquent de profondeur.
En bref, si le graphisme reste un peu lisse, l’album offre néanmoins un bon moment de divertissement au coeur de la géopolitique internationale du XIXe siècle.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Le plus sulfureux des conflits
Les premiers contacts avec l’Empire Céleste remontent à l’Antiquité. Pour autant, l’imposante nation va demeurer longtemps hermétique. La Chine autosuffisante ne voyant pas d’intérêt dans les relations avec l’étranger. Mais tout cela ne dure qu’un temps. Les puissantes compagnies maritimes européennes et plus particulièrement anglaises savent faire entendre leur voix à l’Empire du Milieu. Avec le XVIIIe siècle, on commence avec le commerce du thé avant d’imposer celui de l’opium, bien plus lucratif. Pis, la corruption devient la règle et l’opiacé importé massivement cause des ravages dans la population chinoise. L’empereur n’a comme autre choix que d’en interdire l’importation. Une décision qui va naturellement déplaire. Et dans des temps où l’on n’hésite pas à menacer l’autre avec ses armes pour imposer sa politique, la première puissance mondiale ne va pas longtemps tergiverser. Une première confrontation se tiendra entre 1839 et 1842. Le Royaume-Uni en sortira grand vainqueur en imposant à la Chine affaiblie d’innombrables concessions. Et l’appétit occidental n’a alors plus de limites. D’autres nations se joignent au festin impudique à l’image de la France et des États-Unis d’Amérique. Mais à force de profiter, on alimente les rancœurs et une nouvelle guerre devient inéluctable.
Date de parution : le 22 novembre 2023 Auteurs : Jean-Yves Delitte (Scénario) et Q-HA (Dessin, Couleurs) Genre : Histoire, marine, guerre
Le film Le Gang des bois du temple est inspiré d’un fait divers authentique survenu en 2014. Un gang lourdement armé de Seine-Saint-Denis a attaqué sur l’autoroute A1 un van noir transportant les affaires personnelles très privées d’un riche prince arabe. Le film montre surtout les réactions engendrées par cet acte, avec toute sa violence et son absence de pitié. Le film mêle aussi un voisin en deuil, témoin des évènements et de la disparition de chaque membre du gang dans une ambiance pesante et cinématographique.
Un film de gang à l’ancienne
La cité des Bois du Temple est située à Clichy-sous-Bois au Nord-Est de la Seine-St-Denis. Construite à la fin des années 60 sur des marécages au milieu des bois et à proximité d’une vieille chapelle, d’une source réputée miraculeuse et de 3 croix.Le Gang des bois du temple se veut un hommage évident aux films noirs mais aussi aux quartiers populaires. Les plus perspicaces ne reconnaitront cependant pas Clichy-sous-Bois car le tournage a eu lieu à Bordeaux dans la cité de Grand Parc. Vouée à la destruction avant un sauvetage miraculeux par l’UNESCO, la citéa été classée au patrimoine mondial. Certaines scènes ont été également tournées à Marseille pour un tour d’horizon des paysages urbains qui se ressemblent tous. Le réalisateur Rabah Ameur-Zaïmeche met en avant des personnages de type arabe pour une réflexion sur la multiplicité des identités arabes dans l’Hexagone et les espoirs d’ascension sociale. Car le gang attaque un arabe riche, qui se situe au-dessus des lois et n’est pas confronté à un racisme que connaissent les arabes de classe plus basse. Les jeunes des quartiers sont issus des minorités et connaissent parfaitement la notion de plafond de verre. Les personnages du film essayent d’y échapper mais se retrouvent pris au piège d’une vengeance qui ne les épargne pas. Le choix de la délinquance est à double tranchant. Le thriller se veut des plus réalistes, avec des scènes de quotidien dans les cités et des scènes tranchantes comme des lames de rasoir, coups de feu, adrénaline et poursuites effrénées. L’enquête policière fait penser à un film de Melville, un des cinéastes préférés du réalisateur.
Le gang des Bois du Temple mélange plusieurs types de film, film policier, film social, thriller politique. Si la réalisation laisse toute la place à des plans quasi naturalistes en plein cœur des cités, le réalisateur sait instiller de beaux ingrédients pour se laisser fasciner par ce beau film noir.
Synopsis: Un militaire à la retraite vit dans le quartier populaire des Bois du Temple. Au moment où il enterre sa mère, son voisin Bébé, qui appartient à un groupe de gangsters de la cité, s’apprête à braquer le convoi d’un richissime prince arabe…
[BD] Les Pompiers tome 22 : Le petit binôme en mousse (Bamboo Edition)
Et c’est reparti pour nos soldats du feu préférés avec un vingt-deuxième tome inspiré du hit de Patrick Sébastien, le petit bonhomme en mousse… Dans cet épisode à l’humour toujours bouillant, c’est un nouvel équipier qui fait irruption dans l’équipe : un certain Pompelard. Et ce dernier n’est autre qu’un « super-robot » prévu pour les interventions les plus dangereuses…
Voilà qui va donner lieu à de nouveaux sketchs qui ne manqueront pas de faire sourire ! A lire et à glisser sous le sapin pour tous ceux qui sont sensibles à l’univers des pompiers ou simplement à un peu d’humour, tout en légèreté 🙂
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Un nouvel album des hommes des casernes, ça s’arrose ! Nos pompiers auront dû attendre le tome 22 pour bénéficier de la présence de Pompelard, un robot autonome capable de prouesses en intervention mais aussi sujet à divers blocages. C’est bien le problème avec les nouvelles technologies, un coup ça marche, un coup ça ne marche plus. C’est d’ailleurs là un des points communs avec nos héros qui, un coup vont bien, un coup ne vont pas bien. Modernité contre vieille garde, technologie face à l’expérience, Pompelard va devoir se faire accepter par ses camarades de chair et de sang !
Date de parution : le 15 novembre 2023 Auteurs: Christophe Cazenove (scénariste), Stédo(dessinateur) Genre : Humour, Jeunesse
Editeur:Bamboo Prix : 11,90 € (48 pages) Acheter sur : BDFugue
Le héros du film est Yazid (Salim Kachiouche), jeune comédien et ancien toxico. Il vit une sortie des galères qui lui font entrevoir un avenir plus radieux. Le film alterne entre un présent réaliste et des images familiales tournées en super 8. Car la mère de Yazid est décédée, faisant planer une aura ambivalente sur son avenir. Réussira-t-il à connaitre une existence plus longue et plus satisfaisante, sans retomber dans ses travers?
Un film naturaliste
Le film est plongé en plein cœur du réel, allant jusqu’à rappeler l’arrivée en France des ainés désireux de voir leurs progénitures s’intégrer dans leur pays d’accueil. L’acteur / réalisateur a préparé toutes les situations et tous les dialogues, mais tout parait improvisé avec des acteurs très naturels et des situations réalistes. Yazid flirte avec le danger. Il roule en scooter sans casque, il a longtemps tâté de la poudre blanche, sa sœur et lui ont des rapports conflictuels. Et puis il a déjà un enfant et les rapports avec la génitrice de ce dernier ne sont pas des plus simples. Il suffit d’un incident pour faire basculer le film et faire ressurgir les vieux démons. Alors que son fils manque de se noyer, la mère s’enflamme et l’existence de Yazid dévisse. Il a pourtant des rêves de carrière d’acteur et une copine très éprise de lui. Mais plus rien ne va fonctionner, jusqu’à la chute finale et le dénouement tragique. Le film se veut le miroir de son époque, montrant la cellule familiale protectrice, les tentations et le destin taquin peut ceux qui manquent de volonté. Le film a été inspiré par destin tragique du très bon ami du réalisateur et acteur Yasmine Belmadi, décédé dans un accident de la route en 2009 et qui était apparu dans le film Adieu Gary. Le titre du film L’enfant du paradis est une référence directe au chef d’œuvre Les enfants du paradis de Marcel Carné, film que le père du réalisateur adorait. Acteur principal de son propre film, Salim Kechiouche est apparu dans plusieurs films dont Les Amants Criminels, Nos Retrouvailles en 2007 et chez Abdellatif Kechiche dans La Vie d’Adèle en 2013 et Mektoub my love en 2017. En plus du cinéma, il est apparu dans les séries Engrenages sur Canal+ et Braqueurs sur Netflix. Il apparaitra bientôt dans la série OCS Un Prophète adaptée du film de Jacques Audiard.
L’enfant du paradis est une très bonne surprise à découvrir au cinéma le 6 décembre pour un beau moment de réalité, entre espoirs et dureté du quotidien.
Synopsis: Après une traversée du désert dans sa carrière de comédien, Yazid voit enfin se profiler le bout du tunnel. Sobre depuis six mois, il veut montrer à sa nouvelle fiancée et à Hassan, son fils de 16 ans, qu’il est maintenant un autre homme qui a repris goût à la vie. Mais en quelques jours, les vieux démons resurgissent et avec eux les souvenirs de son enfance en Algérie.
« Richard II », un rôle en or pour Micha Lescot, de retour aux Amandiers
Pièce du cycle Histoires (Histories) de William Shakespeare dédié aux rois d’Angleterre, Richard II est une des moins jouées de son répertoire.
Elle sert d’introduction à d’autres grandes pièces historiques, Henri IV, Henri V, Henri VI et Richard III qui racontent l’histoire tourmentée de ce XVe siècle anglais marqué par la trahison et l’effusion de sang. Des pièces qui mettent en scène des rois, certes, mais aussi des hommes de chair et de sang, saisis dans les soubresauts d’une histoire pleine de bruit et de fureur, où ils affrontent sous une pression extrême des situations de crise qui révèlent alors la part d’ombre qui sommeille en eux ainsi que l’enjeu poursuivi entre intérêt royal et vanité personnelle.
Avec Richard II, nous sommes plongés, d’entrée de jeu, au cœur d’une guerre familiale aux ramifications complexes et qui révèle, au fur et à mesure, l’objet même de son enjeu. Il y est question de rébellion, de trahison, de manigances, de turpitudes, de cupidité, de pouvoir, de couronne usurpée, d’exil. D’amour et de mélancolie aussi. Les hommes, cousins, frères, parents, nobles se nomment Richard de père en fils, ou Jean, ou Édouard, complotent, assassinent, font la guerre et meurent enfin.
Ici Richard doit juger équitablement une affaire délicate : Henry Bolingbroke, duc de Lancastre et cousin du roi, accuse Thomas Mowbray, duc de Norfolk, de haute trahison pour l’assassinat du duc de Gloucester alors que c’est le roi lui-même qui en est à l’origine. Condamnant les deux protagonistes à l’exil, Richard pille l’héritage de Bolingbroke, à la mort du père de ce dernier, Jean de Gand et pousse ainsi son propre cousin à se soulever contre lui et à précipiter sa chute.
Derrière cette guerre larvée que se livrent Richard et son cousin Bolingbroke pour la couronne d’Angleterre, Shakespeare interroge l’exercice du pouvoir. Vaste question qui nous préoccupe encore aujourd’hui à l’aune d’un monde en mutation. Richard, aussi légitime soit-il, est mal entouré et totalement déconnecté du peuple. Bolingbroke, lui, veut gagner sa légitimité par le peuple. Trahisons, compromissions, corruptions, renoncements, jusqu’où peut-on repousser les limites d’une certaine éthique politique pour asseoir son pouvoir et sa légitimité ?
L’itinéraire de Richard est aussi induit par l’Histoire, par sa prise de conscience de ses erreurs passées et de ce moment charnière annonciateur d’un cycle historique qui touche à sa fin.
Une impressionnante galerie de personnages compose cet opus, véritable constellation autour d’un roi bientôt destitué, mais qui cache un axe plus central : le peuple. Tout va se jouer dans cette Chambre des Communes où chacun va ferrailler, avancer ses arguments.
La tension est palpable, de bout en bout. Richard a une vision prémonitoire. Il sait quelle sera sa chute. Il ne renoncera pas à la couronne par faiblesse. De cette abdication, il va en faire un manifeste : c’est là toute la grandeur, et l’ambiguïté du personnage.
Une mise en scène au service du texte
La pièce commence par un plateau immergé dans le noir et l’apparition soudaine sous un halo de lumière blanche du duc de Bolingbroke, puis du duc de Norfolk. Résonnent alors ces mots « Gentilshommes enflammés par le courroux, laissez-vous gouverner par moi, Purgeons cette bile sans répandre de sang ». Le roi Richard II, caché dans l’obscurité, se fait juge suprême. Dans cette mise abîme empreinte de noirceur, le ton est donné entre ambiguïté, violence sourde et manipulations.
Renversement d’alliances et trahisons sur fond d’opportunisme et de rivalité pour la légitimité du trône, Shakespeare nous livre le chaos d’un monde en plein bouleversement entre un Moyen Âge finissant et une époque nouvelle qui peine à se révéler. Où l’ordre suprême régi par le divin fait place à un ressort individualiste porteur de toutes les convoitises et de tous les reniements.
La mise en scène de Christophe Rauck, directeur du théâtre des Amandiers, est avant tout au service du texte et de la puissance des acteurs. Elle focalise par petites touches subtiles, au gré des différents degrés de théâtralité qui oscillent entre réalité et fiction, tragédie et bouffonnerie, des scènes puissantes et visuelles.
Le sacre de Micha Lescot
L’épure de la scénographie, signée Alain Largarde, constituée de deux gradins mobiles, laquelle combine à dessein et par intermittence des images vidéo et des lumières sculpturales, donne toute sa place à la puissance du texte et à son éclat. Dans le pur esprit shakespearien, Christophe Rauck déroule la tragédie sur un ton à la fois brut et distancié.
Micha Lescot dans le rôle de Richard II impressionne. Silhouette longiligne et désarticulée dans un costume blanc immaculé, il est ce roi trouble et ambigu devenu souverain malgré lui, et qui, destitué, voyant lentement s’approcher la mort, laisse apparaître une part d’humanité.
Scène marquante où monté sur un rocher de la côte galloise, face aux flots métaphoriques qui ne tarderont pas à l’emporter, il observe se dégonfler le ballon de baudruche sur lequel il avait fixé sa couronne. Il n’est plus que cette âme vide et désœuvrée qui murmure : « Ni moi ni aucun homme qui n’est qu’un homme, ne sera satisfait de rien jusqu’à ce qu’il soit soulagé de n’être rien ».
Face à lui, Éric Challier est un Bolingbroke puissant dont la morgue n’a d’égale que son tempérament de feu. Le reste de la distribution est au diapason pour insuffler à la représentation cette fuite en avant shakespearienne. Bravo !
[Comics] Kroma, one shot audacieux et très réussi de Lorenzo de Felici (Delcourt)
Avec sa belle couverture, Kroma annonce la couleur. La promesse d’un monde différent où il faut surtout se garder d’aller s’aventurer dans la nature chromatique, au risque de finir contaminé. L’humanité a effet appris à se terrer au sein d’une cité stérilisée de toute couleur, s’enfonçant au fil des âges dans un profond obscurantisme.
Ce n’est autre que Lorenzo de Felici qui porte ce projet audacieux en tant qu’auteur complet (lequel signe, avec Robert Kirkmann, la série Oblivion Song au dessin). Et le pitch qu’il propose ici est plutôt original et particulièrement efficace dans son traitement graphique. Au coeur de la Cité pâle, la jeune Kroma est maintenue enfermée dans le noir. Elle a eu le malheur d’être née avec des yeux de couleurs. Une erreur de la nature qui va lui coûter très cher et la condamner à un destin hors normes. Car la suite des évènements ne manqueront pas d’être explosifs, comme une fuite en avant sanglante qui n’épargnera pas grand monde.
Un récit haletant, dont la grande fluidité narrative se retrouve également dans le dessin. La mise en scène est parfaitement maitrisée et le résultat de très grande qualité.
Un comics à lire ou à glisser sous le sapin sans hésiter !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Emprisonnée dans une tour à l’intérieur des murs de la ville pâle, Kroma vit totalement dans l’obscurité, croyant qu’elle est la créature la plus maléfique qui soit. Cependant, là où son peuple ne voit qu’un monstre, le jeune et mystérieux orphelin Zet voit un être humain. Mais s’ils veulent survivre aux étranges rituels de la ville, ils devront surmonter le cruel destin de Kroma… quitte à risquer une mort certaine.
Date de parution : le 22 novembre 2023 Auteurs : Lorenzo de Felici (scénario, dessin et couleurs) Genre : Fantastique
Originaire de Paris, le guitariste et compositeur Félix Lemerle est devenu un membre très apprécié de la scène jazz de New York. Vivant à Brooklyn, il a très vite choisi une voie musicale dans la suite de son père bassiste de jazz. D’abord formé comme pianiste classique, il s’est orienté vers la guitare et le jazz à l’adolescence. Il présente aujourd’hui son album Blues For The End Of Time, enregistré en 2018 aux côtés des légendaires Jimmy Cobb & Bertha Hope. Entouré de son complice de longue date, lui aussi français vivant à New YorkSamuel Lerner au piano et d’une très convaincante rythmique avec les américains Ari Roland à la contrebasse et Jimmy Cobb à la batterie, il interprète un répertoire original marqué du son (du sceau?) de sa ville d’adoption.
Le jazz en majesté
Pour ceux qui ne le connaissent pas, quelques détails biographiques évocateurs. Félix Lemerle a très tôt commencé à se produire en France et en Europe dans des clubs et des festivals. Une fois son diplôme en poche en jazz et musique improvisée obtenu au CRR de Paris, il a très vite cherché à se rapprocher de la ville du Jazz en déménageant à New York en tant que boursier Fulbright pour finaliser son Master en interprétation jazz au CUNY Queens College. Sa renommée est apparue très vite, il s’est produit et a enregistré tout en participant à des tournées avec certains des plus grands musiciens du monde. Diplômé de la Juilliard School avec un diplôme d’artiste en études de jazz, Félix Lemerle est devenu un guitariste très demandé, apparu notamment au Carnegie Hall, Chris’ Jazz Cafe, BLU Jazz+, Dirty Dog, Fat Cat, Jazz in Marciac, Sunset/Sunside ou au Duc des Lombards. Félix travaille régulièrement à New York avec ses propres groupes comme le Raise Four. Côté concours, il a remporté le 1er prix au Eddie Lang Guitar Contest 2012 en Italie et le 2ème prix au Jarek Śmietana Guitar Competition 2015 en Pologne. Il est apparu sur de nombreux albums, comme celui de Peter & Will Anderson, Samuel Lerner, Neil Saidi ou Nathan Brown & Yoav Trifman. Blues For The End Of Time est son premier album, avec notamment Jimmy Cobb, Bertha Hope, Ari Roland, Samuel Lerner, Gilles Naturel à la contrebasse/basse et Antoine Paganotti à la batterie.
L’album est à découvrir pour se laisser transporter par de douces mélopées jazz. Blues of the end of Time est un grand moment de jazz à ne pas manquer.
C’est en 2015 que Moh! Kouyaté est apparu sur la scène musicale avec son single T’en vas pas, ça va pas ! issu de son album Loundo. Avec ses riffs électriques agrémentant un mix blues, rock, funk, musique traditionnelle mandingue et afrobeat, il a créé son propre style, réjouissant, ensoleillé, enchanté. Depuis, Kouyaté a voyagé aux Etats-Unis et fait découvrir sa voix telle une des nouvelles incarnations colorées de l’Afrique.
Un chanteur réjouissant
L’artiste guinéen MohKouyaté est chanteur et guitariste, il ne s’impose pas de limite, influencé par B.B.King, GeorgeBenson, JimiHendrix, Sékou Diabaté du mythique Bembeya Jazz National et d’autres experts de la six-cordes. Il aime voyager pour faire des découvertes et densifier son art. Moh! a donc choisi une autre voie dans son nouvel album Mokhôya qui signifie L’humanisme. Après avoir revisité le répertoire traditionnel guinéen sur son album GuineaMusic All Stars, il se choisit maintenant un ton plus intimiste dans une formule quartet avec des cordes acoustiques (le korafola SefoudiKouyaté et le violoncelliste OlivierKoundouno) ainsi que le trompettiste CamillePasseri. La formule acoustique lui faisait envie depuis longtemps, le confinement récent lui a donné l’occasion de l’expérimenter pour aller à contrepied des modes actuelles. Dans des sonorités ouest-africaines, l’artiste construit un véritable pont entre l’Afrique, l’Europe et les Etats-Unis, ses 3 terres d’adoption préférées. Sur le premier extrait Tanoun, il est accompagné de Gabi Hartmann pour un duo tout en sensibilité. Les textes dénoncent la pratique du mariage forcé encore existante entre des jeunes filles et des hommes plus âgés. Comme souvent dans ses titres, la guitare et sa voix se mélangent avec puissance et délicatesse pour susciter de vraies émotions.
Les morceaux de son album Mokhôya sont des invitations au voyage pour mélanger des cultures et se laisser imprégner de toutes les multiples influences qu’offre le monde.
Le Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet laisse la place à 2 pianistes et 2 narratrices pour évoquer en mots et en musique le destin mal connu de Anna Magdalena Bach, la deuxième femme de l’illustre compositeur Jean-Sébastien Bach. Il l’épousa à l’âge de 20 ans alors qu’il venait de perdre sa première épouse et ils eurent ensemble 13 enfants dont seulement 5 survécurent. Epoque difficile, époque éloignée, tous les interprètes sont vêtus de noir dans une sobriété que l’on imagine bien correspondre aux mœurs de l’époque. Cols claudine de rigueur pour des comédiennes qui font revivre avec simplicité un destin étroitement lié à celui du mythe universel.
Une pièce riche et concise
Les Bach furent avant tout une famille. Avec 3 enfants de son premier mariage, JS mettait au centre de son univers une marmaille qu’il voulait elle-aussi incorporée dans son univers musical, 4 de ses enfants devinrent justement compositeurs, Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel, Johann Christoph Friedrich et Johann Christian. Compositeur acharné, JS et son épouse durent aussi surmonter les épreuves du décès de 8 de leurs enfants, un chiffre représentatif d’une époque sans Paracétamol et avec une hygiène douteuse. En filigrane, c’est une existence chiche et dépouillée qui ressort du récit à 2 voix. Une comédienne est Anna Magdalena, l’autre une narratrice appliquée. Elles entremêlent leurs voix dans une belle complicité augmentée des interventions musicales et orales d’une claveciniste et d’un pianiste. Il en ressort que ni le manque de considération de son vivant ni les soucis d’argent n’ont eu raison de la prodigalité du compositeur, auteur de plus de 1300 compositions, à raison d’une cantate par semaine pour les messes dominicales augmentées de suites, passions et messes restées inscrites dans l’histoire musicale universelle. Pour accomplir tant de prodiges, il fallait une compagne toute entière tournée vers cette famille hors normes. Cantatrice avant leur mariage, Anna Magdalena resta musicienne, apprenant le clavecin et l’orgue, tout en effectuant des travaux de copie pour son mari et en tenant la maisonnée de Leipzig. Le petit livre d’Anna Magdalena Bach se veut un moment d’intimité partagée et un hommage à cette figure féminine un peu oubliée,. Le titre de la pièce s’inspire du 2e petit livre de musique offert par Bach à sa femme, reflet de leur complicité. Pour sa pièce, la dramaturge et metteuse en scène Agathe Mélinand s’est inspirée du Notenbüchlein paru en 1725 et du film Chronique d’Anna Magdalena Bach réalisé en 1968 par Jean-Marie Straub et Danièle Huillet. Le Notenbüchlein était tenu par toute la famille et se feuilletait comme un album de photos en musique. Les pièces de JS y côtoient les pièces des fils Bach, mais aussi de Couperin et de Telemann, pour apprendre et s’amuser en partageant des moments de musique.
La pièce est un beau moment de sobriété où transparait plus en musique qu’en mots ce qui liait le mari et son épouse, l’amour, la musique et la famille. Les 2 comédiennes Christine Brücher et Fabienne Rocaboy font ressortir ces sentiments profonds, soulignés par les interprétations parfaites des 2 instrumentistes Béatrice Martin et Charles Lavaud. Un beau moment d’histoire et de musique, accessible à toute la famille et à découvrir au Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet.