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Une vision de la Tunisie actuelle dans L’amour des hommes

L'amour des hommes
L’amour des hommes, film de Mehdi Ben Attia

Une vision de la Tunisie actuelle dans L’amour des hommes

Confrontée au deuil de son mari suite à un accident, Amel est recueillie par sa belle-famille et décide de se lancer dans une entreprise iconoclaste, photographier des garçons, par delà l’ambiguité, assumant l’inévitable érotisme attaché à cette entreprise. S’en suit une peinture subjective de la Tunisie urbaine, entre terrasses de café, rapports homme/femme à l’occidental et verres de bière. L’ombre du radicalisme ne vogue pas sur un film qui se situe au sein d’une société apaisée, au moins dans sa frange la plus aisée. Le réalisateur Mehdi Ben Attia choisit de raconter une histoire de femme confrontée à ses choix, sans se pencher sur les inévitables courants plus radicaux.

Un film (pas) loin des clichés

La Tunis d’Amel se situe dans une étonnante modernité. La jeunesse entreprend d’étudier et de monter ses échoppes pour s’insérer dans la société de demain. Mais derrière cette façade moderne reste ce poids du quand dira-t-on et des traditions. Hafsia Herzi interprète cette jeune photographe au décolleté plongeant et aux jambes nues, autant à l’aise dans son corps que dans sa personnalité. Elle propose à des hommes de les photographier, beaucoup acceptent, certains veulent en profiter pour l’entreprendre, d’autres acceptent l’ambiguité et se laissent sagement shooter. Le titre du film est légèrement trompeur car il laisserait penser qu’elle multiplie les partenaires alors qu’elle ne vise qu’à les photographier le plus possible. Les corps se dénudent, les regards se croisent, les sous-entendus pleuvent. Mehdi Ben Attia installe une ambiance érotisante qui fonctionne car Amel laisse de grandes plages de son corps nu et attise naturellement le désir, le spectateur se demande quelle est la part de naturel et de tentation. Tout en restant la plus grande partie du temps très pudique, il suffit d’une scène pour donner au film des atours plus suggestifs. Cette fameuse scène laisse imaginer que le désir est présent partout, par delà les pays ou les continents, irrépressible, bel et bien présent. Si le film s’installe souvent dans une langueur tranquille, il n’oublie pas pour autant d’interroger, sur la jeunesse de ce pays si proche de nous et peuplé d’individus pétris de rêves et de désirs. Car par delà les âges, le désir existe.

L’amour des hommes charme et surprend avec son parti pris iconoclaste et langoureux évadé d’un pays du Maghreb. L’héroïne fait surgir de plus en plus de questions au fur et à mesure du film jusqu’à se retrouver à une impasse qu’elle refuse, en vraie femme moderne qu’elle est.

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L'amour des hommes
L’amour des hommes

Tunis, aujourd’hui. Amel est une jeune photographe. Quand elle perd son mari, sa vie bascule. Encouragée par son beau-père, elle reprend goût à la vie en photographiant des garçons de la rue. Sans craindre d’être scandaleuse, elle fait le choix de regarder les hommes comme les hommes regardent les femmes.

Sortie : le 28 février 2018
Durée : 1h45
Réalisateur : Mehdi Ben Attia
Avec : Hafsia Herzi, Raouf Ben Amor, Haythem Achour
Genre : Drame

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Le monde selon Frrrintek, une jolie histoire de frérots (Gallimard Jeunesse)

Le monde selon Frrrintek, une jolie histoire de frérots (Gallimard Jeunesse)

Gallimard Jeunesse relance sa collection Folio Cadet. Et Publik’art est heureux de vous faire partager le livre de Agnès Desarthe, illustré par Bruno Salamone, Le monde selon Frrrintek.

C’est Orlando qui nous raconte son histoire. Il a un grand frère qui s’appelle Jasper. Mais comme ils jouent à être des Inuits, ils s’appellent Grondouk et Frrrintek ! Et c’est leur secret ! Personne ne le sait, surtout pas leurs parents !
Frrrintek est en CM1 et connaît tout ! Il raconte toutes les histoires à son petit frère, Grondouk. Et surtout il veille sur lui et le rassure quand il fait un cauchemar.
Quelquefois Orlando est fier de raconter à sa classe ce que lui apprend son grand frère… Mais ce ne sont pas vraiment des histoires à raconter aux autres ! Par exemple l’histoire du camembert et des pyramides d’Egypte.

Quel est le rapport entre le camembert et les pyramides ? Vous voulez savoir la suite ? Alors, plongez-vous dans ce petit livre rigolo et joliment illustré avec beaucoup d’humour ! Un livre à mettre entre toutes les mains des jeunes lecteurs qui prendront du plaisir dès les premières lignes !

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De Agnès Desarthe
Illustré par Bruno Salamone
Frrrintek, mon grand frère, il sait tout. Par exemple, il est peut-être un des seuls êtres vivants sur terre à connaître le lien secret qui existe entre les pyramides d’Égypte et le camembert. Il sait aussi qui habite sur la planète Mars et tout un tas de choses mystérieuses du même genre.
Quoi de plus beau qu’un frère qui aime raconter des histoires ?
De 8 à 13 ans
Thèmes : Famille , Fratrie , Humour , Imagination
Catégorie : Romans & nouvelles

Date de parution : le 8 mars 2018
Auteur : Agnès Desarthe
Illustrateur : Bruno Salamone,
Editeur : Gallimard Jeunesse
Prix : 6,90 € (80 pages)
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Un western crépusculaire avec Hostiles de Scott Cooper

Hostiles
Hostiles, film de Scott Cooper

Un western crépusculaire avec Hostiles de Scott Cooper

Hostiles semble débuter alors que le plus gros de la conquête de l’ouest s’est achevé depuis longtemps. Les protagonistes de batailles aussi sanglantes qu’homériques vont bientôt faire partie de l’histoire ancienne et ils le savent au plus profond d’eux-mêmes. Scott Cooper imagine un capitaine de cavalerie obligé d’escorter un chef indien du Nouveau Mexique au Montana, eux deux qui ont perdu quantité d’amis et d’illusions en s’affrontant impitoyablement par le passé. Le ton est plus souvent à l’introspection qu’à la fuira guerrière dans un western qui renvoie tous les personnages dos à dos.

Loin des standards habituels 

Tout le mérite du réalisateur de Strictly Criminal, Les Brasiers de la Colère et surtout Crazy Heart est de ne pas céder aux sirènes trop souvent hurlantes à l’heure actuelle de l’action stérile. Dans un monde cinématographique où les super héros font dorénavant la loi auprès de foules avides d’explosions et d’écrans verts, Scott Cooper choisit de se laisser le temps. Avec ses grands espaces majestueux et ses héros revenus de luttes sanglantes, Hostiles semble se dérouler alors que tout est déjà terminé. Le chef indien Yellow Hawk (Wes Studi) est maintenu captif, lui à l’origine de massacres effroyables qui le font haïr des soldats américains, le capitaine Joseph J. Block (Christian Bale) en tête. Mais le long voyage du sud au nord va rapprocher deux hommes qui se seraient étripés des années auparavant. Hostiles a le bon gout de ne pas faire de distinguo sentimental entre amérindiens natifs et néo américains dans le classement des pires instigateurs d’atrocités. Chacun en prend pour son grade et les héros sont maintenant fatigués. Le dénouement de batailles sanglantes est proche et ni les vainqueurs ni les vaincus semblent n’en avoir cure, ce qui explique les très longues plages de silence contemplatifs, comme si les spectres des victimes passées ne cessaient de hanter les protagonistes.

Tout ça pour ça

Loin de se glorifier de leurs faits d’armes, le capitaine et le chef indien vont surtout aviver un respect mutuel inattendu tandis que des embuches vont se dresser sur leur route. Tribu Comanche hostile, trappeurs blancs vicieux, propriétaires terriens violents, les menaces se multiplient de tous côtés dans une sarabande sans fin de rixes sanglantes. Le film multiplie les personnages secondaires aux durées de vie variables pour épaissir un peu plus l’intrigue. Notamment Timothée Chalamet qui est décidément partout et Rosamund Pike bien trop pouponnée pour son rôle de veuve éplorée au fin fond de l’ouest. Christian Bale arbore une épaisse moustache à la Buffalo Bill dans un rôle tout en douleur contenue, en personnage qui a fait son travail de manière si zélée et appliquée qu’il ne peut plus supporter tout ce sang sur les mains, se demandant silencieusement si tout cela en valait vraiment la peine.

Hostiles se rapproche dans l’esprit du Impitoyable de Clint Eastwood. Même fatigués, les héros se donnent la peine d’une tournée d’adieu pour ne pas se trahir et clôturer leur épisode de la conquête de l’ouest, par delà les fantômes et la culpabilité. Mais personne n’était là pour les juger, dans ce monde sans pitié.

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Hostiles
Hostiles

En 1892, un légendaire capitaine de l’armée américaine accepte à contrecoeur d’escorter un chef de guerre Cheyenne et sa famille, désireuse de retourner sur leurs terres tribales. Sur le chemin, qui va les emmener du Nouveau Mexique au Montana, ils doivent faire preuve de solidarité pour survivre à l’environnement et aux tribus Comanche qu’ils rencontrent, en compagnie d’une veuve dont la famille a été assassinée.

Sortie : le 14 mars 2018
Durée : 2h13
Réalisateur :  Scott Cooper
Avec : Christian Bale, Rosamund Pike, Wes Studi
Genre : Western, Drame

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https://www.youtube.com/watch?v=dlv14opBQnY&feature=youtu.be

La conspiration, un monde où il faut se méfier de tout (Robert Laffont )

La conspiration, un monde où il faut se méfier de tout (Robert Laffont )

La quatrième de couverture nous vend une trilogie à la croisée de La Sélection et du Da Vinci Code, et c’est exactement ce qui ressort de cette lecture. On découvre Avery, adolescente américaine de dix-sept ans comme les autres, ou presque. Depuis sa plus tendre enfance, elle est forcée de déménager souvent, pour suivre sa mère. Elle porte des lentilles depuis des année pour masquer ses yeux violets hors-du-commun.

Une énigme millénaire

Avery se retrouve au milieu d’une énigme dont elle ne comprend rien, entourée d’hommes politiques les plus puissants du monde qui voient en elle une clé pour résoudre le mystère. Elle découvre alors le Cercle des douze familles, qui régissent le monde, se font la guerre et se soutiennent depuis la nuit des temps.

Des indices au quatre coins du globe

Pour Avery, qui n’a jamais quitté les États-Unis, la résolution de l’énigme implique de voyager, dès les premiers instant. On l’envoie à Paris, puis à Istambul, où elle retourne à Paris. La capitale française est l’endroit où se recoupent la plupart des indices. Les monuments français comme le Louvre ou la capitale de Notre-Dame sont des éléments essentiels, qui, en plus de la faire voyager, dépaysent Avery.

Une destinée extraordinaire

Avery n’est pas une héroïne comme les autres. Comme dans bien des romans, le personnage principal se découvre une destinée incroyable alors qu’il a toujours vécu une vie des plus normales. C’est le cas d’Avery, qui est embarquée dans une histoire qu’elle n’avait absolument pas prévue. Sauf que contrairement à la plupart des romans du genre, Avery décide d’embraser cette destinée très rapidement, sans lutter. Lassée de sa vie monotone et de ses déménagements à répétition qui l’empêchent de se lier avec qui que ce soit, elle choisit de suivre Jack, un espion des Douze, pour partir à la recherche de son père. Elle ne refuse pas l’aventure, au contraire, et entraîne le lecteur avec elle. On découvre l’importance de son rôle en même temps qu’elle, on suit ses premiers pas dans ce monde qu’elle ne connaît finalement pas tant que ça.

Une lecture rythmée

Si le scénario de base n’a rien d’original – une héroïne lambda qui découvre qu’elle a le pouvoir de changer le monde – c’est l’écriture qui apporte du poids à La Conspiration. La plume de Maggie Hall est rythmée, entraînante, les scènes de batailles sont si bien décrites qu’on pourrait les croire réelles et le lecteur est immédiatement propulsé aux côtés des personnages. Les lieux dépeints sont plus vrais que nature et on s’imagine sans problème faire partie de cet univers unique. L’auteure ouvre la voie pour une trilogie qui se veut addictive.
Les personnages secondaires sont également soignées et promettent d’être plus aboutis dans les deux tomes suivants.

 

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Une énigme millénaire.
Des indices aux quatre coins du globe.
Une destinée extraordinaire.

Ils ont le pouvoir de faire fermer Prada pour une session shopping privée. Mais aussi celui de déclencher une nouvelle guerre mondiale. C’est cette incroyable famille qu’Avery West se découvre à dix-sept ans. Ses membres appartiennent à une redoutable société secrète, le Cercle, qui voit en Avery la clé d’une prophétie millénaire. Écartelée entre des factions rivales, Avery va devoir lever le voile sur l’énigme de ses origines.

Accompagnée de deux garçons du Cercle, le beau Stellan à l’humeur changeante et le ténébreux Jack, elle se lance dans une quête qui va la mener du musée du Louvre aux bazars d’Istanbul. Au coeur de la conspiration, Avery va devoir choisir entre sa liberté et sa famille, mais aussi entre le garçon qui pourrait l’aider à sauver l’humanité et celui qui fait battre son coeur.

Le premier tome d’une trilogie best-seller aux États-Unis, à la croisée de La Sélection et du Da Vinci Code !

La verve mordante de Jean Genet irradie au théâtre de l’Athénée Louis Jouvet avec l’adaptation iconoclaste de son « Elle » par Alfredo Arias

Elle
Elle, mise en scène de Alfredo Arias, Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet

La verve mordante de Jean Genet irradie au théâtre de l’Athénée Louis Jouvet avec l’adaptation iconoclaste de son  « Elle » par Alfredo Arias

Les mots de Jean Genet ont une musique et un rythme bien particuliers, à coup de longs monologues absurdes qui déconstruisent la réalité pour mieux en montrer la farce cachée. Alfredo Arias le démontre sans mal avec sa mise en scène de « Elle », pièce en un acte rédigée en 1955 d’un seul jet et restée inachevée jusqu’à sa publication posthume en 1989, trois ans après le décès de l’écrivain. Le pape en est le héros bouffon, lui qui doit se faire tirer le portrait sans qu’il sache vraiment ce que son image figée va représenter de lui auprès de la foule innombrable des fidèles. « Elle » est précédé du court prologue burlesque Juliette et le Pape du Marquis de Sade et clôturé avec l’épilogue À un Pape de Pier Paolo Pasolini pour mieux parfaire la mise en abime irrévérencieuse du personnage public statufié dans une représentation devenue creuse.

Une pièce furieusement iconoclaste 

Les choix de mise en scène d’Alfredo Arias font autant sourire que réfléchir. Sobrement meublée de deux prie-dieu, d’un fauteuil richement tapissée et d’un appareil photo ancien à soufflet, la scène laisse toute la place aux 4 comédiens pour déambuler à leur guise et étaler leurs états d’âme burlesques. L’huissier haut en couleur (Alejandra Radano) donne le rythme de la séance photo, enjoignant le photographe (Adriana Pegueroles) à magnifier sa Sainteté (Afredo Arias) dans toute sa splendeur. Leurs échanges sont d’autant plus farfelus que les quelques minutes initiales de la soirée ont laissé le champ libre au Marquis de Sade avec un pape saphique (Marcos Montes) en roue libre et joyeusement déluré. Le ton de la pièce est à la mise en abime des icônes, rejetant aussi loin que possible les artifices de l’image publique pour montrer la solitude d’un homme dangereusement coupé de tous. Car « Elle », c’est sa Sainteté le pape, personnage au-dessus de tout soupçon mais pourtant réticent à se conformer à son image symbolique immaculée pour rester avant tout lui-même, pauvre mortel loin du cliché de perfection habituellement véhiculé.

Une mise en abime de la papauté

Alfredo Arias affuble ses personnages ecclésiastiques de tenues faisant penser à des costumes de carnaval pour mieux suggérer la tromperie et la duplicité, ce que les nombreux intermèdes musicaux à la mode easy listening soulignent d’autant plus. Loin des standards protocolaires habituellement diffusés, Jean Genet dote son pape de patins à roulettes et lui fait prendre des poses à la limite du grotesque. En désacralisant le pape, il le fait devenir homme pour le cesser de le couper de la masse des humains, ce que les rideaux tour à tour transparents ou opaques suggèrent habilement. Faut-il donc se cacher ou au contraire se dévoiler pour occuper cette position honorifique qui oblige moralement à l’empathie et à l’action? Alfredo Arias donne des éléments de réponse en clôturant ce moment de théâtre avec le très critique épilogue À un Pape de Pier Paolo Pasolini, charge violente contre la fâcheuse tendance papale contemporaine à ne pas prendre part aux affaires du monde. A trop s’élever au-dessus de la mêlée, le pape en deviendrait une coquille vidée de sa substance en se coupant de ses semblables.

La mise en scène de « Elle » fait honneur à la prose féconde d’un Jean Genet habile pour déconstruire les mythes et les images d’Epinal. Et si le spectacle frise parfois l’hermétisme dans ses symboliques outrancières, il n’en reste pas moins fascinant.

Dates :  du 7 au 24 mars 2018,
Lieu : Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet (Paris)
Metteur en scène : Alfredo Arias
Avec :  Alfredo Arias, Marcos Montes, Adriana Pegueroles, Alejandra Radano

Camille Claudel transfigurée au Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet dans la pièce Claudel

Claudel
Claudel, mise en scène de Wendy Beckett

Camille Claudel transfigurée au Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet dans la pièce Claudel

Depuis le film de 1987 avec Isabelle Adjani et un an après l’année Rodin de 2017 où l’auguste sculpteur a été mis à l’honneur à travers de nombreuses manifestations culturelles, la figure de Camille Claudel ne cesse de fasciner réalisateurs et metteurs en scène. C’est au tour de l’auteure et metteure en scène australienne Wendy Beckett de retranscrire sur la scène du Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet l’existence d’une femme de tête passionnée et déterminée coupée dans son élan par un destin familial contraire. Sous les traits de Célia Catalifo l’ascension et la chute d’une artiste d’exception prennent des atours d’odyssée homérique.

Une pièce toute en puissance et en sobriété

L’existence de Camille Claudel est connue de tous. Sa carrière prometteuse est fauchée en plein vol par l’action conjuguée d’une famille qui se considère déshonorée par la trop grande liberté de sa progéniture et d’un Auguste Rodin qui ne tient pas à sacrifier sa famille pour cet amour passionné. Le sous-titre de la pièce indique De l’Ascension à la Chute, les presque 2 heures de pièce ne sont pas de trop pour passer de l’effervescence la plus délurée à l’abandon le plus scandaleux dans un retournement de situation en tout point tragique. Aux côtés d’une scintillante Célia Catalifo, les autres comédiens sont au diapason. Swan Demarsan figure un Auguste Rodin charismatique, tour à tour figure tutélaire d’un art exigeant et amant adolescent, il n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’attitude de Vincent Lindon dans le film récent de Jacques Doillon toute en intériorité dissimulée. Clovis Fouin et Christine Gagnepain sont le frère et la mère à la duplicité empoisonnée et qui seront à l’origine des 30 années d’internement de Camille Claudel. Les 3 comédiens qui interprètent des statues en mouvement dans des postures pleines de grâce subliment l’art de la sculptrice maudite. Le puissant Sébastien Dumont, l’athlétique Mathilde Rance et la gracieuse Audrey Evalaum multiplient les chorégraphies échafaudées par Meryl Tankard pour un effet majuscule sur le public. Avec leurs justaucorps couleur chair, ils ont le bon gout de préserver une pudeur qui empreint toute la pièce, nul besoin d’exhiber des parties intimes pour trouver le bon degré de force. Marie-France Alvarez et Marie Brugiere sont les amies impuissantes d’une Camille Claudel maudite. Il n’était décidément pas bon être une femme trop douée et impétueuse au début du XXe siècle. Sur la scène minuscule de la salle Christian Berard, la pièce exprime une très forte intensité avec le récit d’une vie portée vers l’avant mais empêchée de s’exprimer totalement. Chaque spectateur se dit que la frontière est décidément très mince entre reconnaissance universelle et damnation impitoyable, le fil de la vie est ainsi fait.

Claudel au Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet est un grand moment de théâtre à découvrir. L’intensité des comédiens se conjugue parfaitement avec l’acuité de la mise en scène. La pièce se joue jusqu’au 24 mars alors ne tardez pas!

Dates :  du 7 au 24 mars 2018 à 19h ou 20h
Lieu : Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet (Paris)
Metteur en scène : Wendy Beckett
Avec : Célia Catalifo, Marie-France Alvarez, Marie Brugière, Swan Demarsan, Sébastien Dumont, Audrey Evalaum, Clovis Fouin, Christine Gagnepain, Mathilde Rance

8 mars : Albin Michel et Katherine Pancol aux côtés de Women Safe

8 mars : Albin Michel et Katherine Pancol aux côtés de Women Safe

Katherine Pancol et les éditions Albin Michel s’engagent contre les violences faites aux femmes aux côtés de l’association Women Safe, en exposant et en mettant en vente des modèles dessinés par Hortense Cortès.

Hortense Cortès, héroïne des romans de Katherine Pancol, passionnée de mode et entrepreneuse, lance sa e-boutique pour vendre t-shirts et sweats, arborant des citations féminines et féministes, positives et punchy, tirées du roman Trois baisers.

L’intégralité des bénéfices sera reversé à Women Safe, association qui lutte depuis 2014 contre les violences faites aux femmes et dont la marraine est Florence Foresti.

Les internautes pourront acheter les t-shirts et les sweats sur la boutique en ligne dès le 8 mars, à l’occasion de la Journée des femmes. Pour cela, il suffit de cliquer ICI !

Thomas Bernhard sous le regard trop vampirique de Séverine Chavrier

Thomas Bernhard sous l'emprise d'une mise en scène trop vampirique
« Nous sommes repus mais pas repentis » photo © Samuel Rubio

Thomas Bernhard sous le regard trop vampirique de Séverine Chavrier

L’œuvre de Thomas Bernhard brûle d’une rage dévastatrice et se débat à la fois contre et avec le poids d’une culture emprunte de traditions, de ruptures et de contradictions.

Une hargne propre à dénoncer la persistance et le camouflage des réflexes et des tentations fascisantes, tout comme des traumas liés à l’histoire trouble du XXème siècle.

Attaquant violemment son Autriche natale, Bernhard témoigne aussi de nos sociétés occidentales écrasées par le poids de la culture muséifiée et panthéonique dont elles se servent comme expiation à leur médiocrité et à leur vide spirituel.

Cet emportement verbal qui cependant ne s’inscrit pas dans un mouvement global, est celui d’une voix solitaire, qui butte et s’obstine, soutenue par la seul combat obstiné de l’artiste, jusqu’au risque de son autodestruction.

Ludwig Wittgenstein, philosophe autrichien et patient assidu d’un asile d’aliéné, rentre chez lui, auprès de ses sœurs qu’il tyrannise autant qu’elle l’aime ou le haïsse.

C’est cette douleur ravageuse qui est à l’œuvre dans « Nous sommes repus mais pas repentis » où à travers un redoutable huis-clos s’explore toutes les névroses, frustrations et empêchements que provoque la famille et son entre-soi régressif.

Vecteur et métaphore de tous les traumas, de toutes les résurgences-fulgurances, de tous les maux qui guettent encore la vieille Europe dont le fascisme, le vieillissement, le gâtisme, la paralysie et l’ostracisme.

Si le spectacle se montre ambitieux, il se perd dans une mise en scène vampirique

Folie d’un homme aux prises avec la vacuité d’une réunion familiale où ses certitudes et obsessions disent toute la tyrannie et l’incompréhension d’une intelligence mise à mal qui tourne à vide : miroir d’un monde en décomposition, tandis que les deux sœurs, comédienne sans emploi ni talent, se confrontent à un immobilisme et un véritable étouffement de la chair, propices à leur enfermement et solitude sacrificielle.

Si le spectacle se montre ambitieux, trop sans doute, il se perd dans une mise en scène trop vampirique, expressionniste à l’extrême, qui cannibalise les enjeux et la portée du propos.

Les acteurs ne sont toutefois pas en reste où le trio Séverine Chavrier, pianiste à ses heures, Marie Bos et Laurent Papot se donnent à corps perdus dans cette traversée épique où s’opposent viscéralement fureur de vivre et impuissance.

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Dates : du 8 au 17 mars 2018 l Lieu : T2G – Théâtre de Gennevilliers, Centre dramatique national
Metteur en scène : Séverine Chavrier l Avec : Marie Bos – Séverine Chavrier – Laurent Papot

Une pièce de résilience toute en sensibilité avec Les Bijoux de Pacotille au Théâtre du Rond Point

Les bijoux de pacotille
Les bijoux de pacotille, mise en scène de Pauline Bureau, Théâtre du Rond Point

Une pièce de résilience toute en sensibilité avec Les Bijoux de Pacotille au Théâtre du Rond Point

Céline Milliat Baumgartner raconte dans le texte des Bijoux de Pacotille paru en 2015 son histoire personnelle. A 9 ans, elle perd ses parents dans un accident de voiture dont elle n’aura les détails que bien plus tard. Elle se retrouve avec son jeune frère, protégée par sa famille mais transie de doutes. Pauline Bureau met en scène un spectacle tout en délicatesse adapté de ce texte intime au Théâtre du Rond Point pour un moment tout en retenue et en introspection.

Un seul en scène émouvant

Le texte de Céline Milliat Baumgartner parle de choses profondes à travers la voix d’une enfant. Elle ne quitte jamais un air mutin et une robe bleue pervenche qui la fait ressembler à la petite fille que l’auteure n’a peut être jamais cessé d’être, bloquée éternellement dans ce trou dans l’espace temps où sa vie a changé à jamais. La comédienne utilise des mots simples pour évoquer un quotidien plongé dans une suite de jours tous semblables les uns aux autres. Lui restent des instantanés qui lui servent à se créer un monde. Des parents qui s’aiment, une mère actrice, un père parfois colérique mais toujours tant admiré. Ces images traversent les âges pour persister jusqu’au moment où le frère de l’auteure récupère les procès verbaux de l’accident auprès de la gendarmerie. Surgissent les images de voiture accidentée, de corps carbonisés et de bijoux comme seules traces restantes des deux victimes. Bracelets et boucle d’oreille permettent d’identifier un des deux corps, des bijoux de pacotille qui cliquetaient aux oreilles de la jeune fille. Sur une scène presque vide où se trouve juste un carton longtemps fermé, Céline Milliat Baumgartner reste souvent figée, figurant ainsi la jeune fille tétanisée face à des évènements qu’elle peine à saisir. Un miroir géant surplombe la scène, symbolisant le recul nécessaire à prendre sur les écueils de la vie pour continuer à avancer et ne pas se laisser dépérir. Des films sont projetés sporadiquement pour raviver le temps de la famille et ces images de bonheur tranquille. L’utilisation ponctuelle de la musique laisse à la comédienne toute la place pour fasciner le public avec une performance toute en sobriété et en profondeur.

Les Bijoux de Pacotille au Théâtre du Rond Point est un moment de tragédie du quotidien, une jeune fille se remémore son passé, assemblant les briques d’une histoire simple mais éloquente. Car la vie continue, doit continuer et les souvenirs lui restent attachés, pour ne pas oublier les êtres que l’on aime.

Dates :  du 6 au 31 mars 2018 à 20h30 du mardi au samedi, dimanche à 15h30
Lieu : Théâtre du Rond Point (Paris)
Metteur en scène : Pauline Bureau
Avec :  Céline Milliat Baumgartner

Exposition Tintoret, naissance d’un génie au Musée du Luxembourg

Tintoret naissance d'un génie
Tintoret naissance d’un génie, Musée du Luxembourg

Exposition Tintoret, naissance d’un génie au Musée du Luxembourg

Après Fantin Latour, Pissarro et Rubens, le Musée du Luxembourg fait honneur au Tintoret avec un parcours centré sur ses années de jeunesse. Le 500e anniversaire de sa naissance est une belle opportunité pour réunir une collection pléthorique de ses oeuvres les plus représentatives depuis L’adoration des mages jusqu’à ses premières commandes importantes du début des années 1550. Une belle manière de situer ce peintre majeur parmi ses prestigieux contemporains, Titien en tête, et des prédécesseurs comme Léonard de Vinci. Le parcours chronologique fait découvrir plusieurs phases de maturation qui l’ont fait sortir de sa modeste condition pour s’imposer auprès des puissants à force de ténacité.

Une époque d’une richesse picturale absolue

Le Tintoret est généralement défini comme un peintre italien de la Renaissance, associé au mouvement artistique du maniérisme de l’école vénitienne. Le mot est lâché, Venise, avec son système politique bien particulier mais aussi sa rigidité empêchant tout ascenseur social. Issu d’une famille de teinturiers, Le Tintoret va cependant réussir à s’extraire à l’aide d’une ambition sans bornes et d’un art pictural consommé. Lui qui décide de faire attention aux idées nouvelles en plein coeur de la Venise cosmopolite du XVIe siècle va donner un nouveau souffle à la peinture de son temps. De la peinture religieuse jusqu’aux portraits de personnalités en passant pat des décors de plafond, Le Tintoret a multiplié les formats pour se faire connaitre et percer dans un monde d’opulence. Sa richesse visuelle sans pareil alliée à un art consommé du marketing à coup de prix cassés le font se faire reconnaitre très tôt mais aussi haïr de ses condisciples. Le parcours thématique de l’exposition met en avant les caractéristiques de ses premières années de peinture entre tâtonnements et choix visuels audacieux. Les perspectives côtoient les décors de théâtre riches de détails et d’expressions passionnées.

Le parcours du Musée du Luxembourg permet d’en savoir plus sur le Petit Teinturier et son époque. Il est rare de voir la naissance d’un génie avec autant de détails tout en laissant sciemment de côté son accession au sommet. Le choix du Musée est audacieux mais également bien sage pour ne pas multiplier à l’infini les galeries d’un artiste pléthorique devenu une légende à la force de son art.

Dates : Du 7 mars au 1er juillet 2018
Lieu : Musée du Luxembourg, Paris
Entrée : 13 €

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Le Tintoret naissance d'un génie
Le Tintoret naissance d’un génie

Le Tintoret naissance d'un génie
Le Tintoret naissance d’un génie

Le Tintoret naissance d'un génie
Le Tintoret naissance d’un génie

Le Tintoret naissance d'un génie

« Festen » orchestré d’une main de maître entre théâtre et cinéma par Cyril Teste

"Festen" orchestrée d'une main de maître entre théâtre et cinéma par Cyril Teste
« Festen » de Cyril Teste photo Simon Gosselin

« Festen » orchestré d’une main de maître entre théâtre et cinéma par Cyril Teste

En 1995, Thomas Vinterberg et Lars von Trier proclamaient le manifeste du Dogme95. En réaction à ce qu’ils considéraient comme une utilisation abusive d’effets spéciaux dans les productions américaines et anglo-saxonnes, ils décidaient d’imposer la force des images en prise directe avec le réel, en même temps qu’une certaine sobriété formelle. En pratique, cela signifiait : tournage caméra au poing, sans éclairage, dans un décor existant, l’action se déroulant sans filtre dans l’ici et maintenant.

Festen, le film culte de cette nouvelle vague danoise, sert aujourd’hui de point de départ à la pièce de Cyril Teste qui convoque magistralement théâtre et cinéma, dans un geste puissant aussi maîtrisé qu’inspiré.

Grammaire sophistiquée entre jeu sur scène et projection vidéo

A l’abri d’une grammaire sophistiquée entre jeu sur scène et projection vidéo : tournée, montée, mixée et réalisée en temps réel, diffusée en simultanée sur le plateau, mais laissant voir également, grâce à une caméra, les coulisses et les hors-champs, son écriture singulière s’impose désormais comme un espace manifeste de réinvention de ces deux pôles d’expression filmique et théâtral.

Ce procédé n’est nullement un artifice mais fait partie intégrante de la dramaturgie, cristallisant l’envers du miroir entre espace réel et vidéo qui restitue le hors-champ avec sa lecture introspective et mémorielle.

On se souvient du film choc de Vinterberg et cette soirée festive qui tourne au jeu de massacre. On y assiste à la confrontation explosive d’un rituel (la célébration d’un anniversaire) et de sa rupture (la dénonciation par l’un des fils des crimes de son père qui a abusé de lui et de sa sœur jumelle qui s’est suicidée).

L’effet de réalité ainsi produit est sidérant : au-delà de l’inceste paternel, c’est la complicité tacite de tout un clan, d’abord familial, puis sociétal qui se révèle.

De l’omerta au racisme insidieux en passant par la domination de classe et le nationalisme exacerbé, Festen pulvérise un à un les tabous familiaux.

Drame shakespearien

Cyril Teste y voit une lecture contemporaine d’Hamlet où le héros veut rétablir la vérité et, comme dans Hamlet, c’est un fantôme qui vient le chercher – ici, celui de sa sœur.

Telle une Ophélie échouée dans les limbes, elle laisse derrière elle une lettre dont le récit nous éclaire sur son impossibilité à continuer dans ce monde. Son frère vient alors révéler cette trahison à sa famille pour permettre à sa sœur disparue de pouvoir libérer son âme.

C’est la confrontation aussi de deux versions propice à toute une dramaturgie entre le récit du fils et la réplique du père qu’exploite à merveille le metteur en scène.

Autour de la grande table somptueusement dressée, dans le salon huppé ou dans les autres pièces de la maison dont le décor en mouvement multiplie les angles et les points de vue à l’instar de miroirs sans tain, l’œil de la caméra permet d’ausculter avec des plans grossissants et des travelling, l’intimité la plus crue de cette famille débordée par sa mémoire.

Et tandis que le silence se brise, que les haines profondes surgissent, la vérité advient au cœur de la fête devenue un enfer.

Où Christian (le fils), avec ses armes, fait comme Hamlet qui met en scène Le Meurtre de Gonzague. Il dynamite peu à peu la mémoire de Helge (le père) en s’adressant à un auditoire toujours plus large : la famille, les invités, le public.

Et sous les coups de boutoirs des révélations qui jaillissent et éclaboussent en cascade les convives, cet Hamlet devient un héros, d’abord maladroit puis porté par les autres, il les rallie à cette parole libérée et enfin entendue.

Les quinze comédiens du Collectif MxM sont fameux emmenés par Mathias Labelle (Christian) proprement habité et hypnotique dans sa croisade sans retour et Hervé Blanc dans le rôle du père à l’attitude stoïque et interdite, se montre saisissant d’intensité.

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Dates : du 8 au 9 mars 2018 l Lieu : Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène nationale
Metteur en scène : Cyril Teste

La punition, le récit d’un événement dramatique de la vie de Tahar Ben Jelloun (Gallimard)

Tahar Ben Jelloun

La punition, le récit d’un événement dramatique de la vie de Tahar Ben Jelloun (Gallimard)

Publik’Art suit Tahar Ben Jelloun depuis presque toujours avec admiration (L’ablation). Cette fois-ci Tahar Ben Jelloun va puiser dans ses propres mémoires pour nous faire un récit totalement incroyable mais pourtant bien réel.

Une page d’Histoire du Maroc

Un récit sur le Maroc 50 ans en arrière… Nous sommes en 1965, le Maroc des 20 ans de Tahar Ben Jelloun. Le Maroc de la répression, le Maroc principalement entre les mains de l’Armée et de la police. Des étudiants ont osé manifester, à Rabat, contre une circulaire de l’Education Nationale. Manifestations houleuses et sanglantes. Un an après ces nombreuses manifestations, tous les responsables des syndicats étudiants ont été réquisitionnés par l’Armée pour faire soi-disant un service militaire. En fait, ils se sont retrouvés pour un temps indéterminé dans un Camp disciplinaire de l’Armée, au Nord du Maroc. Les conditions de détention étaient absolument horribles et totalement inhumaines. Ils étaient 93 étudiants à vivre ce cauchemar, sous les ordres du Général Oufkir, et sur place le Commandant Ababou qui donnait ses ordres à l’adjudant Aqqa qui ressemble davantage à une bête féroce qu’à un homme.

La punition terriblement injuste

C’était normal qu’ils aient été punis aussi bien physiquement que psychiquement. On ne doit jamais être contre le régime de Hassan II. Une maltraitance hors norme. Tahar Ben Jelloun se réfugie dans sa poésie et arrive même à écrire quelques vers en cachette. Cela le sauve de la folie. Il se récite aussi par cœur des textes appris lorsqu’il était enfant. Il dit que s’il est devenu écrivain, c’est grâce à cette terrible punition… Il lui a fallu cinquante ans pour arriver à révéler au monde entier cette terrible épreuve qu’il a subie à vingt ans et qui a duré dix-huit mois.

Tahar Ben Jelloun a même pu présenter son livre au Maroc qui n’est plus du tout le même pays aujourd’hui. Un pays de la modernité, dit Tahar. Il se trouve que l’auteur a eu beaucoup de chance que le coup d’Etat de Skhirat se soit passé après son  » service militaire « …

Il n’est jamais aisé pour l’homme de se remémorer des mauvais souvenirs et quand ils se rapprochent de l’enfer, cela devient une véritable épreuve ; en révélant La punition qui lui a été infligée, Tahar Ben Jelloun nous dévoile une page de l’Histoire du Maroc, telle qu’elle était sous le règne de Hassan II. Une page que l’on ne pourra pas oublier.

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La punition raconte le calvaire, celui de dix-neuf mois de détention, sous le règne de Hassan II, de quatre-vingt-quatorze étudiants punis pour avoir manifesté pacifiquement dans les rues des grandes villes du Maroc en mars 1965. Sous couvert de service militaire, ces jeunes gens se retrouvèrent quelques mois plus tard enfermés dans des casernes et prisonniers de gradés dévoués au général Oufkir qui leur firent subir vexations, humiliations, mauvais traitements, manœuvres militaires dangereuses sous les prétextes les plus absurdes. Jusqu’à ce que la préparation d’un coup d’État (celui de Skhirat le 10 juillet 1971) ne précipite leur libération sans explication.
Le narrateur de La punition est l’un d’eux. Il raconte au plus près ce que furent ces longs mois qui marquèrent à jamais ses vingt ans, nourrirent sa conscience et le firent secrètement naître écrivain.

Date de parution : le 1 février 2018
Auteur : Tahar Ben Jelloun
Editeur : Gallimard
Prix : 16 € (153 pages)
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Règlement de comptes haut en couleur au Théâtre Michel avec Le Jardin d’Alphonse

Le jardin d'Alphonse
Le jardin d’Alphonse, mise en scène de Didier Caron, Théâtre Michel

Règlement de comptes haut en couleur au Théâtre Michel avec Le Jardin d’Alphonse

9 comédiens sur la scène du Théâtre Michel figurent les retrouvailles d’une famille et des amis proches à l’occasion du décès du patriarche Alphonse. A l’ombre de son pin parasol qui trône majestueusement dans le jardin de la maison familiale, les tensions s’avivent dans une farandole sans fin de révélations. Les rivalités anciennes et les vérités tues apparaissent au grand jour à coup de remarques acerbes et de déclarations tapageuses. L’ambiance de règlement de comptes est bien heureusement tempérée par des personnages plus légers qui, s’ils font souvent rire à leurs dépens, apportent une légèreté bienvenue à un contexte plus pesant.

Une pièce pour rire… jaune

Le texte de Didier Caron, également à l’oeuvre à la mise en scène et dans le rôle de Daniel le grand ami de la famille, fait la part belle à des révélations fracassantes qui font voler en éclat l’habituel statu quo familial. Oubliés les sourires compassés et les mines hypocrites de circonstance, l’heure est à la vérité nue et aux polémiques qui font mal. Origines secrètes de la maison familiale, compétition entre frères, femme tentatrice, l’ambiance légère des retrouvailles laisse vite place à un torrent de faces à faces endiablés. Le texte vogue avec rythme entre petites lâchetés, méchancetés gratuites et réparties à l’emporte pièce. Ce qui aurait pu aboutir à un drame de la vie courante se trouve contrebalancé par un humour jovial qui donne un peu de légèreté aux affrontements d’abord à fleuret moucheté puis à gros gants de boxe. Le personnage de Suzanne (Karina Marimon) parodie la mère juive bruyante qui ne loupe pas une occasion pour mettre les pieds dans le plat, le plus souvent involontairement pour la grande joie des spectateurs. Sandrine Le Berre (Magali) et Gaëlle Lebert (Zoé) forment un couple qui plonge l’intrigue dans notre époque, avec les gênes qui vont avec, soulignant bien que les mentalités n’évoluent pas toutes à la même vitesse. Jérémy Malaveau (Serge) et Romain Fleury (Fabien) sont les deux frères que tout t’oppose, symbolisant la fratrie dysfonctionnelle perpétuellement en conflit, surtout qu’une femme se tient entre eux et n’arrange rien, personnifiée par la sulfureuse Julia Dorval (Nadège). Les autres comédiens concourent tout autant à la réussite d’une pièce appelée à connaitre le succès au Théâtre Michel.

Si certains passages de la pièce sont à la limite du mélodramatique, le dénouement plein d’empathie redonne le sourire pour une impression finale pleine de satisfaction. Le jardin d’Alphonse souligne avant tout la fragilité humaine et les quelques efforts nécessaires pour passer l’éponge et permettre le vivre ensemble. Une belle maxime que tout le public a bien compris, favorisant d’autant la salve d’applaudissements finale.

Dates :  Jusqu’au 28 avril, mardi et mercredi à 20h30, jeudi, vendredi et samedi à 19h
Lieu : Théâtre Michel (Paris)
Metteur en scène : Didier Caron
Avec : Sandrine Le Berre, Didier Caron,
Michel Feder, Julia Dorval, Arnaud Pfeiffer, Romain Fleury, Christiane Ludot, Karina Marimon, Véronique Viel

Une évocation douce amère de la jeunesse adolescente dans Lady Bird

Lady Bird
Lady Bird, film de Greta Gerwig

Une évocation douce amère de la jeunesse adolescente dans Lady Bird

Le deuxième film de Greta Gerwig était annoncé à grands coups de trompettes. Le film mérite-t-il autant de battage? Loin de démériter, Lady Bird est une belle évocation de la langueur adolescente avec ses choix et ses découvertes. Qui a déjà vu Ghost World ou Juno ne tombera pas de son siège. Les garçons et les filles fricotent, l’ado s’oppose aux décisions parentales et veut choisir son nom et sa voie. C’est joliment fait sans tomber non plus dans la folle originalité. Saoirse Ronan fait une charmante Lady Bird, déterminée et en même temps pleine de doutes. Mais le film n’annonce aucune révolution, et c’est peu de le dire.

Fascinante jeunesse américaine

Au coeur du pays le plus puissant du monde se terrent des adolescents qui décident ou non de suivre le chemin tout tracé de l’american dream. Christine décide d’écouter son coeur et de ne se fier qu’à son intuition. Changement de prénom, cachoteries auprès de ses parents, découverte des garçons, elle mène sa route et devient Lady Bird. Greta Gerwig passe derrière la caméra pour enchainer des instantanés d’une vie semblable à tant d’autres au coeur d’une ville américaine. Lady Bird aimerait vivre dans une belle maison, rencontrer un jeune homme bien sous tous rapports et vivre une vie culturelle trépidante. Oui, mais à Sacramento, elle fait avec ce qu’elle a et ressent une intense frustration qu’elle recouvre d’une amitié sans faille avec sa meilleure amie avant de rencontrer de nouvelles personnes pour ouvrir ses perspectives. Le style de Greta Gerwig se base sur une succession de scènes chronologiques courtes et elliptiques, ne se concentrant que sur l’essentiel. Une phrase, un regard, une expression, une action, rien de trop pour suivre l’évolution de la jeune héroïne. AU son d’une BO pop/rock du meilleur effet avec notamment Love et son éternel Always see your face, Lady Bird avance sur le chemin de l’épanouissement, quitte à mettre les voiles pour laisser derrière elle tous ceux qu’elle aime. Le ton du film est résolument doux amer avec une profonde mélancolie qui parlera certainement à tout le monde. Le jeune Timothee Chalamet fait une apparition beaucoup moins remarquée que dans le récent Call me by your name mais l’important est ailleurs, dans cet apprentissage au forceps de la vie que fait l’héroïne. C’est charmant mais non point passionnant car le film reste très pragmatique. Son classicisme le dessert quelque peu, laissant le spectateur sur sa fin.

Lady Bird s’ajoute ) la liste de tous ces charmants films adolescents qui démontrent qu’il y a une voie pour se réaliser. L’actrice fat le job, la réalisatrice également, mais sans qu’aucune n’apporte une touche de folie qui aurait été bienvenue. De là à dire que les adolescentes sont condamnées à se fondre dans le moule, il n’y a peut être qu’un pas.

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Lady Bird
Lady Bird

Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi.

Sortie : le 28 février 2018
Durée : 1h35
Réalisateur : Greta Gerwig
Avec : Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts
Genre : Drame, Comédie

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Sourire Carnivore, un premier album pop/ rock à l’énergie abrasive signé Louis Arlette

Louis Arlette Sourire Carnivore
Louis Arlette Sourire Carnivore

Sourire Carnivore, un premier album pop/ rock à l’énergie abrasive signé Louis Arlette

Le paysage musical français compte un nouvel auteur/compositeur sur lequel il va falloir compter dans les années à venir. Louis Arlette a publié son premier album Sourire Carnivore le 9 février et tout est dit dans le titre. Le garçon ne fait pas dans la variété sucrée et préfère prendre l’auditeur à rebrousse poil pour mieux fasciner avec des textes habités et entonnés en français. Suite à deux EP publiés en 2016 avec son premier EP éponyme et en 2017 avec À notre gloire, il avait certes mis l’eau à la bouche mais encore fallait-il transformer l’essai. Louis Arlette le fait avec éclat avec 12 titres qui invitent à plonger dans un univers d’ombres et de lumières.

Derrière ce nom furieusement rétro qui évoque autant une lignée royale millénaire qu’une illustre actrice des années 30 se cache un artiste pluriel dont les inspirations s’agrègent dans une fusion riche et brulante. Si la voix du chanteur rappelle le Damien Saez de l’époque Fils de France, l’orchestration et la musique évoquent pêle mêle Radiohead, Indochine période années 80, Etienne Daho (notamment sur Le Naufrage), The Cure, Nine Inch Nails et… Air. Pas de surprise pour cette dernière influence puisque Louis Arlette a travaillé avec Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin, et ça s’entend par exemple sur les titre A la dérive et Jeux d’or. Après un passage au conservatoire en section violon et piano puis à la Faculté de Paris 8 en musicologie, Louis Arlette est passé par une école d’ingénieur du son. Un cursus qui l’a doté d’un solide bagage théorique qu’il peut maintenant mettre en pratique pour créer son propre univers musical. Entre idées noires et poésie, ses textes en français bousculent et interpellent. Armé de son violon ou de son clavier, il ne recule devant aucun obstacle pour échafauder des morceaux qui s’imposent par leur intransigeance rêche.

Les 7 morceaux de ses EP précédents se retrouvent sur cet album agrémenté de 5 titres inédits bruts et sauvages. Accompagné du batteur Julien Boyé (Gush, Nouvelle Vague) et du guitariste Daniel Jamet (Mano Negra, Gaëtan Roussel et Saez), Louis Arlette puise dans une mélancolie froide et lucide pour proposer des morceaux aussi puissants que mon chouchou Le moment est venu ou Tristesse limpide. Fasciné par les grands auteurs français comme Victor Hugo et Marcel Proust, Louis Arlette truffe ses textes de formules poétiques pour évoquer une société par trop toxique, mais aussi l’amour ou la mort, autant de thèmes romantiques et éternels qui parleront à chacun dans un premier album qui s’impose comme une belle réussite.

Tristesse Limpide est un titre écrit et composé par Louis Arlette aux éditions Le Bruit Blanc.

Call me by your name, une lucarne ouverte sur l’espace temps de l’adolescence

Call me by your name
Call me by your name, film de Luca Guadagnino

Call me by your name, une lucarne ouverte sur l’espace temps de l’adolescence

Call me by your name est un film qui se mérite. Perclus de longueurs (2h11 quand même), totalement dénué d’action, avec des retournements de situation languides et feutrés, sans compter les longs plans contemplatifs sur des visages prostrés et indolents, pourtant… le film recèle d’une magie qui captivera les spectateurs passionnés d’histoire simple et profonde, jusqu’à peut être confiner au chef d’oeuvre pour certains. Car Call me by your name compte tant de qualités qu’un long article ne suffira pas à les énumérer. Alors c’est parti.

Une fable teintée de dolce vita

Call me by your name se situe dans la douce campagne italienne, celle qui fait s’abaisser les barrières mentales et incite aux expériences estivales. Les abricotiers peuplent la vaste propriété des parents d’Elio Perlman (troublant Timothée Chalamet), jeune homme doué pour les notes de musique et encore inconscient de toutes les possibilités que la vie peut lui offrir. Son père est un fameux professeur de culture greco-italienne et il reçoit un étudiant pour l’assister pendant l’été dans ses travaux de recherche. Très mûr pour son âge, Elio est encore au temps des découvertes et il reste longtemps irrésolu quand un carrefour de possibilités s’ouvre à lui. Car l’arrivée d’Oliver (Armie Hammer) va le jeter dans un trouble qui va s’ajouter à celui déjà perçu face à toutes ces jeunes italiennes aux épaules dénudées et aux sourires aguichants. La caméra de Luca Guadagnino se laisse le temps, furetant près des nombreuses piscines naturelles de la région pour dévoiler le rachitique corps adolescent d’Elio face à l’imposante stature athlétique d’Oliver. Entre eux tout commence par une inimité de coq de basse cour mais les barrières s’abaissent au fur et à mesure que la langueur italienne les enserre. Le rapprochement se fait subrepticement, chacun semblant officiellement se lier avec des jeunes italiennes à la faveur de soirées où les corps s’offrent dans le spectacle de la danse et du divertissement. Que le scénario soit de James Ivory ne surprend pas tant la sensibilité le dispute à la délicatesse, pas de violence dans ce film, juste des doutes et des hésitations.

Un premier amour interdit?

Le film se situe en 1983, les shorts sont courts et les chaussures se portent avec des chaussettes montantes. Tout le monde fume avec naturel et plaisante avec générosité. Le film fait appel aux souvenirs d’adolescence de chaque spectateur, à tous ces moments où il fallait oser et se découvrir pour, peut être, connaitre un moment unique et connu de personne. Pour Elio, ce moment passe par Oliver et il ne sait pas s’il peut, s’il doit. Call me by your name est tout rempli de cet embarras qui débouche sur un torrent de sentiments sous le ciel bleu azur de la campagne italienne. Sa famille parle allemand, français, italien et anglais dans un universalisme culturel qui lui fait abaisser la censure pour peu que l’âme grandisse au contact des expériences. Et quand la musique de Sufjan Stevens conclut le film sur le regard embué de larmes d’un Elio passé à la mode new wave, c’est une évidence pour beaucoup. L’amour pour Oliver l’a fait grandir pour toujours, il ne connaitra plus jamais les joies de l’innocence désincarnée, il est passé à l’âge adulte cynique et calculateur, lui qui s’est livré de toute son âme. Les paroles de son père (toujours impeccable Michael Stuhlbarg) résonneront longtemps aux oreilles des spectateurs. Ce moment vécu n’appartient qu’à lui et c’est à lui de le chérir pour ne jamais l’oublier ni le mettre de côté.

Call me by your name brille par ce processus d’identification avec les 2 jeunes héros qui parcourt tout le film. Chacun aimerait être jeune pour se retrouver perdu et désemparé à nouveau. Reste un film léger comme une plume et lourd comme du plomb, pour ainsi dire rare et magique. Une lucarne ouverte sur une période magique de l’existence, car forcément imparfaite et pourtant tellement séduisante… car il est bon de se retrouver largué parfois.

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Call me by your name

Été 1983. Elio Perlman, 17 ans, passe ses vacances dans la villa du XVIIe siècle que possède sa famille en Italie, à jouer de la musique classique, à lire et à flirter avec son amie Marzia. Son père, éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine, et sa mère, traductrice, lui ont donné une excellente éducation, et il est proche de ses parents. Sa sophistication et ses talents intellectuels font d’Elio un jeune homme mûr pour son âge, mais il conserve aussi une certaine innocence, en particulier pour ce qui touche à l’amour. Un jour, Oliver, un séduisant Américain qui prépare son doctorat, vient travailler auprès du père d’Elio. Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir, au cours d’un été ensoleillé dans la campagne italienne qui changera leur vie à jamais.

Sortie : le 28 février 2018
Durée : 2h11
Réalisateur : Luca Guadagnino
Avec : Armie Hammer, Timothée Chalamet, Michael Stuhlbarg
Genre : Drame, Romance

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De nos frères blessés, une adaptation directe et sans concessions du sort d’un condamné à mort pendant la guerre d’Algérie

De nos frères blessés
De nos frères blessés, Mise en scène de Fabrice Henry, Les Déchargeurs

De nos frères blessés, une adaptation directe et sans concessions du sort d’un condamné à mort pendant la guerre d’Algérie

De nos frères blessés raconte une histoire de guerre et d’injustice. Quand un français d’Algérie est condamné à mort en 1956 pour avoir posé une bombe dans un local vide, son châtiment ressemble plus à un symbole pour l’exemple qu’à une honnête décision de justice. Dans les temps troublés d’un conflit qui ne dit pas son nom, le militant communiste se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, voyant l’échafaud s’approcher inexorablement. La troupe du Collectif Satori vise au plus juste, sans artifices ni détours pour évoquer l’innommable avec des mots forts et simples.

De la simplicité avant tout

Un premier comédien accueille le public en demandant les prénoms des spectateurs, le contact est simple et chaleureux. Quand il débute son évocation d’un déni de justice en plein coeur de la guerre d’Algérie, l’audience ne sait presque pas que la pièce vient de débuter. Il reprend les mots de Joseph Andras qui a ravivé en 2016 le souvenir de Fernand Iveton pour que ce nom ne soit jamais oublié. L’écrivain raconte l’histoire d’un homme qui ne voulait pas tuer mais interpeller sur une situation intenable entre français et algériens qui se disputaient le sort d’une même terre. Sans que le public ne le sache vraiment, trois autres comédiens sont disséminés dans la salle, près à intervenir pour compléter le récit du premier. Les regards sont francs, chacun scrute les spectateurs tout en déclamant son texte, à la place des soldats français qui torturent Fernand Iveton, des juges inflexibles qui veulent faire un exemple, de la femme du quidam et d’Iveton lui-même. Les tons varient et les répliques s’enchainent dans la plus pure proximité avec un public hypnotisé par le ton direct de la pièce. L’émotion affleure au fur et à mesure que l’inéluctabilité du châtiment se fait jour. Ni le président Coty ni son garde des sceaux Mitterrand ne jugent bon d’accorder la grâce. La population est à cran, les exactions et les lynchages se multiplient, le sort d’un homme seul parait anecdotique par rapport au carnage qui se prépare. La pièce De nos frères blessés au théâtre Les Déchargeurs interpelle par l’extrême simplicité de la mise en scène associée à l’intensité des 4 comédiens simplement vêtus à la mode d’aujourd’hui et qui utilisent leurs mots pour raviver la mémoire d’un homme sacrifié sur l’autel de la raison d’état. Quand une dizaine de spectateurs sont invités à la fin du spectacle à monter sur scène pour lire un texte, l’émotion est à son comble et préfigure l’ovation finale.

De nos frères blessés est un moment de théâtre vrai et sans concessions. Le metteur en scène Fabrice Henry a choisi de déformer ni la réalité ni le contexte, non pas pour accuser mais pour faire réfléchir et interpeller. Une pièce à découvrir absolument jusqu’au 10 mars au théâtre Les Déchargeurs!

Dates :  du 20 février au 10 mars, du mardi au samedi à 19h
Lieu : Les Déchargeurs (Paris)
Metteur en scène : Fabrice Henry
Avec : François Copin, Clémentine Haro, Vincent Pouderoux, Thomas Resendes

The Disaster Artist ou l’art de caricaturer une caricature

The Disaster Artist
The Disaster Artist, film de James Franco, Copyright Justina Mintz / A24 / New Line Cinema

The Disaster Artist ou l’art de caricaturer une caricature

Qui savait en France que l’obscur film The Room avait été réalisé en 2003 par un acteur,  producteur et réalisateur américain amateur pour aboutir à un résultat final catastrophique devenu néanmoins culte? Le film The Room célébré aux Etats-Unis depuis de nombreuses années va connaitre une renommée maintenant mondiale grâce à l’exercice de style mené par un James Franco aux manettes et devant la caméra. Armé d’une moumoute brune et animé de mimiques ressemblant en diable à celles du véritable Tommy Wiseau, il caricature celui qui semble déjà, sciemment ou non, une caricature vivante. Yeux perpétuellement mi-clos, débit théâtral, manières chevaleresques, le personnage va encore gagner en popularité après ce Disaster Artist sympathique, potache mais pas loin de l’exercice de style vide.

Une mise en abîme du nanar

The Room a gagné une telle popularité aux Etats-Unis que les séances du film habituellement programmées à minuit ont fait rentrer le producteur dans ses frais, voire il est certainement devenu très riche. Car à sa sortie, le film fit un bide monumental, retiré presque immédiatement dans les quelques cinémas qui le programmaient. Cette histoire de romance cheap et de trahison est un vrai calvaire pour qui a vu une fois le film original en entier. Mal joué, mal filmé, loufoque, le film est honnêtement une véritable torture, à la limite du masochisme. James Franco a rebondi sur la celébrité délirante du film devenu un des nanars les plus connus de tous les temps pour retourner ses scènes les plus emblématiques. Personne ne pourra sortir de la séance de The Disaster Artist sans avoir à l’esprit le Oh, hi Marc que prononce le héros. Le principe est intéressant mais la fascination tourne rapidement au voyeurisme gratuit tant l’intrigue est bancale et sans ampleur. Un des intérêts du film tient dans son casting avec un Seth Rogen pris en otage pour réaliser le film, un Dave Franco emmené dans l’aventure et un James Franco au four et au moulin. Mais le quasi remake n’est qu’une blague gratuite qui fera certes rires mais pas plus.

The Disaster Artist est bien sympathique mais il n’y en a pas grand chose à en retirer. James Franco singe Tommy Wiseau avec art mais on a envie de dire, et alors? L’exercice vain et gratuit tourne en rond, il y a certainement mieux à voir au cinéma mercredi prochain.

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The Disaster Artist
The Disaster Artist

En 2003, Tommy Wiseau, artiste passionné mais totalement étranger au milieu du cinéma, entreprend de réaliser un film. Sans savoir vraiment comment s’y prendre, il se lance … et signe THE ROOM, le plus grand nanar de tous les temps. Comme quoi, il n’y a pas qu’une seule méthode pour devenir une légende !

Sortie : le 7 mars 2018
Durée : 1h44
Réalisateur : James Franco
Avec : James Franco, Dave Franco, Seth Rogen
Genre : Drame, Comédie, Biopic

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Le premier album de Pale Grey est sorti le 9 mars et il s’appelle Waves

Pale Grey - Waves
Pale Grey – Waves

Le premier album de Pale Grey est sorti le 9 mars et il s’appelle Waves

Depuis 2013, le premier album du groupe belge Pale Grey se faisait attendre. Leur pop matinée d’électro transparait très franchement dans leur single Seasons paru sur le label Kitsuné après les singles Billy et Blizzard, largement relayés sur le net avec un certain succès sur les sites de streaming. Déjà sorti en octobre en Belgique, l’album Waves est enfin disponible en France depuis le 9 mars. La tessiture principale de l’album confine visiblement à l’onirisme avec des sonorités electro délicatement parsemées derrière une voix mise en avant et des instruments plus traditionnels, piano et guitare en tête. Pour aboutir à un tel résultat, le groupe est resté en studio plus d’une année entière. Il en ressort un savant mélange de pop, hip hop et d’expérimentations. Chaque chanson fait rentrer l’auditeur dans un nouvel univers, sobre et cohérent. L’unicité de chaque chanson frappe l’auditeur transporté à chaque piste dans une galaxie différente.

Le groupe a pendant longtemps privilégié les tournées, passant deux années entre 2013 et 2015 sur la route et cheminant à travers les festivals. En sont sortis un gout pour l’expérimentation et la recherche de sonorités particulières, avec une forte teinte de mélancolie qui rappellera à certains la délicatesse des compositions de Sebastien Schuller ou de Sébastien Tellier. En 2016, l’adjonction du producteur français Yann Arnaud qui avait déjà collaboré avec Air ou Phoenix provoque une évolution salutaire, les instruments acoustiques se mettent à cohabiter avec des sons plus électro. L’album Waves a été terminé à Paris avec une place importante laissée à des nouvelles technologies qui cohabitent avec des instruments plus classiques. Les compositions sont visiblement travaillées avec assiduité pour créer une ambiance aérienne et transporter l’auditeur dans des couloirs aériens tantôt froids ou chauds mais toujours remplis de sentiments.

Seasons est un titre produit par Pale Greyin partnership with JauneOrange records.

Benjamin Millepied et Maurice Béjart dans les pas de Ravel à l’Opéra de Paris

Benjamin Millepied et Maurice Béjart dans les pas de Ravel à l'Opéra de Paris
« Boléro » – Béjart – Générale prise de rôle Marie-Agnès Gillot Photo Little Shao/OnP

Benjamin Millepied et Maurice Béjart dans les pas de Ravel à l’Opéra de Paris

Pour célébrer le compositeur Maurice Ravel, deux pointures de la danse sont convoquées pour le Ballet de l’Opéra de Paris. Benjamin Millepied qui revisite Daphnis et Chloé et l’affranchi Maurice Béjart dont le Boléro est toujours un évènement.

Avec “Daphnis et Chloé”, on assiste aux amours contrariés d’inspiration mythologique de deux prétendants dont l’un est d’abord enlevé par les pirates de Bryaxis, avant d’être délivré par les Nymphes et le dieu Pan.

Ravel a composé une symphonie chorégraphique où les images musicales illustrent l’intrigue et son trouble. Une musique toute en variation et complexité pour une éducation sentimentale aussi intrigante qu’initiatique.

Une danse fluide pour une scénographie en mouvement

Le spectacle s’ouvre sur un rideau de bandes verticales blanches et noires qui constitue l’empreinte graphique de Daniel Buren, auteur de la scénographie.

Puis en fond de scène, se dessinent de grandes figures colorées, cercle, carré, triangle dont les formes hypnotiques composent une chorégraphie visuelle en arrière plan du ballet jusqu’à leur rejaillissement en miroir sur les tenues des danseurs.

L’écriture ample, sensuelle et déliée de Millepied – qui fait la part belle aux corps des danseurs avec ses pas de deux amoureux revisités, ses longs portés, ses arabesques glissés, ses bustes cambrés, ses élans suspendus – s’empare à l’abri d’une correspondance aussi magnétique que poétique, de toute la musicalité aérienne du compositeur.

Marie-Agnès Gillot : prêtresse sensuelle et sacrificielle

« Tant que la danse sera considérée comme un rite, rite à la fois sacré et humain, elle remplira sa fonction« . Issue des Mémoires de Maurice Béjart, cette définition de la danse s’applique parfaitement au Boléro entre la Mélodie, rôle mythique pour soliste et le Rythme, lui, représenté par les danseurs.

Un soliste donc sur une table rouge, en l’occurrence Marie-Agnès Gillot (parfaite) d’une sensualité toute animale dont la posture guerrière s’imprègne avec force de la chorégraphie, qui répète inlassablement le même balancement sensuel et lascif, sous le regard de quarante danseurs assis sur des chaises et qui l’entourent.

Obscur objet du désir et qui, jusqu’à sa délivrance, se charge de son emprise où sur une musique obsédante – une chorégraphie fascinante à l’abri d’une danse organique, répétitive – la possession vénéneuse se fait de plus en plus intense sur le crescendo obssessionnel de la partition, jusqu’à son épuisement sacrificiel.

Image finale saisissante qui voit alors l’héroïne disparaître sous le corps de ballet et après un rituel aussi intense que brûlant.

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Dates : du 24 février au 24 mars 2018 l Lieu : Opéra Bastille (Paris)
Chorégraphes : Benjamin Millepied & Maurice Béjart

The Square, une Palme d’Or qui a divisé, à découvrir en Blu-ray, DVD et VOD le 28 février

The Square
The Square

The Square, une Palme d’Or qui a divisé, à découvrir en Blu-ray, DVD et VOD le 28 février

L’obtention par Ruben Östlund de la Palme d’Or lors du dernier Festival de Cannes a fait grinçer quelques dents. Certains journalistes rêvaient de voir 120 battements par minute obtenir la récompense suprême, d’autre visaient plutôt Mise à mort du Cerf sacré ou A Beautiful Day. Le réalisateur suédois s’est imposé grâce à son intransigeance et son parti pris mi-arty mi-critique d’un milieu décorrélé de la réalité. Quand un directeur de musée se retrouve confronté à l’inutilité de son art et aux miettes de son existence, il génère sans le savoir une sarabande d’évènements toxiques inattendus.

Un film arty

Le héros Christian a tout du personnage au-dessus de la mêlée. Il évolue dans un milieu privilégié qui considère la vie comme une plaisanterie et veut créer des concepts pour se confronter à une réalité qu’il ne connait pas. Il a beau se donner bonne conscience, il ne sait finalement pas réagir aux évènements de la vie qui s’accumulent. The Square est un film concept à prendre avec des pincettes car tout n’est qu’illusion et reflet dans un miroir déformant. Sentiments et partis pris sont plus des postures que des convictions et tout est prétexte à conceptualisation. Le jury du festival a-t-il voulu récompenser ce parti pris arty qui s’adapte aussi bien au milieu de l’art contemporain qu’au monde du cinéma comme une cachoterie, il y a fort à parier en tout cas que l’hermétisme du film a suffisamment bousculé certains pour le hisser tout en haut au palmarès. L’impeccable réalisation et les incessants jeux de lumière soulignent l’intention d’un réalisateur qui avait déjà commis Snow Therapy et recherche sciemment la difficulté, comme pour dénoncer l’hypocrisie de bons sentiments superficiels trop répandus dans certaines classes sociales.

La sortie de The Square en Blu-Ray, DVD et VOD le 28 février permettra à beaucoup de rattraper la séance manquée au cinéma. Car même hermétique, le film mérite un coup d’oeil appuyé, car c’est aussi ça, le cinéma, dénoncer et brocarder.

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The Square
The Square, film de Ruben Östlund

Christian est un père divorcé qui aime consacrer du temps à ses deux enfants. Conservateur apprécié d’un musée d’art contemporain, il fait aussi partie de ces gens qui roulent en voiture électrique et soutiennent les grandes causes humanitaires. Il prépare sa prochaine exposition, intitulée « The Square », autour d’une installation incitant les visiteurs à l’altruisme et leur rappelant leur devoir à l’égard de leurs prochains. Mais il est parfois difficile de vivre en accord avec ses valeurs : quand Christian se fait voler son téléphone portable, sa réaction ne l’honore guère… Au même moment, l’agence de communication du musée lance une campagne surprenante pour The Square : l’accueil est totalement inattendu et plonge Christian dans une crise existentielle.

Sortie DVD : le 28 février 2018
Durée : 2h22
Réalisateur : Ruben Östlund
Avec : Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West
Genre : voir fiche allociné
Prix : 19,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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Le choix d’Edith, un livre d’amour totalement bouleversant (JC Lattès)

Docteur Edith Eva Eger

Le choix d’Edith, un livre d’amour totalement bouleversant (JC Lattès)

Madame le Docteur Edith Eva Eger,
Je suis tellement bouleversée par votre livre qu’il m’est impossible d’en faire une simple chronique. J’ai choisi de vous écrire directement même s’il y a de fortes chances que vous ne lisiez jamais cette lettre.
Quel courage vous avez eu tout au long de votre vie ! Si souvent vous avez désespéré au camp de la mort, jamais vous n’avez baissé les bras. Et votre combat ne doit jamais être oublié. Je suis pleine d’admiration devant vous, Madame, qui avez trouvé la force et le courage d’écrire vos mémoires, vos années passées en camp de concentration. Votre façon de lutter, de survivre au côté de votre sœur et de vous en sortir toutes les deux vivantes. Ou plutôt survivantes. Ensuite, vous avez donné un sens à cette douloureuse Histoire et à votre vie en vous tournant vers les autres pour leur apporter votre aide et votre soutien. Partager avec eux qui sont en souffrance, votre amour de la vie.
 » La souffrance est universelle. Mais c’est notre manière de réagir à la souffrance qui change. » (P.276). Après de tels traumatismes, vous posez la question si simple : comment faire pour rester vivantes et non survivantes ?
Ce livre doit rester et va rester gravé dans nos cœurs, nous qui avons eu la chance de ne pas connaître cette terrible Guerre. C’est le plus beau témoignage de Vie que vous nous offrez et maintenant c’est à notre tour de le faire perdurer afin de ne jamais oublier. Tout au long de votre vie, vous avez aidé les autres à trouver leur chemin de vie. Avec une telle humanité et un tel dévouement. Votre témoignage va aider des milliers de gens emprisonnés à l’intérieur d’eux-mêmes ou en situation post-traumatiques.
Madame le Docteur, je vous remercie de votre témoignage bouleversant et de votre force de vie que vous nous communiquez à travers votre bouleversant témoignage. Jamais nous ne vous oublierons. Jamais.
 » Ma maman m’a dit une chose que je n’oublierai jamais : Nous ne savons pas où nous allons. Nous ne savons pas ce qui se passe. Souviens-toi juste que personne ne peut t’enlever ce que tu t’es mis dans l’esprit  » (p.428).
Ecrire ce livre à quatre-vingt-dix ans a dû être pour vous une terrible épreuve. Personne ne veut se remémorer ses pires souvenirs. Et vous l’avez fait pour nous. Merci Madame le Docteur Edith Eva Eger, du fond du cœur, merci !

Bénédicte

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À 16 ans, Edith Eger est déportée à Auschwitz avec sa famille. Repérée par Joseph Mengele, elle est choisie pour rejoindre la troupe de danseuse du camp. Elle survivra et réussira avec le temps à transformer le choc de l’horreur en formidable énergie de vie au service des traumatisés de l’existence : soldats en plein chaos, femmes battues ou violées, enfants en profonde souffrance.
La vie du Dr Eger est une succession de choix pour s’échapper de son passé. Elle s’installe aux États-Unis en 1947, suit des études de psychologie pour comprendre le moteur de sa survie et celui des monstres qu’elle a fréquentés, choisit de donner la vie alors que les médecins le lui interdisent, s’occupe de grands blessés de la vie pour leur insuffler l’extraordinaire énergie et volonté qu’elle s’est forgée.
Comment aider ses patients à faire le choix de la vie, de la reconstruction, c’est tout l’enjeu de la mission que le Dr Eger s’est donnée et qu’elle restitue dans cet ouvrage à partir de nombreux témoignages profondément émouvants de patients qu’elle a soignés et pour certains sauvés.
« Le Choix est une extraordinaire chronique de l’héroïsme et de la guérison, de la résilience et de la compassion, de la survie dans la dignité, de force mentale et de courage moral. Nous avons tous quelque chose à apprendre des cas exemplaires traités par le Dr Eger et de son histoire personnelle si bouleversante. Chacun pourra y puiser une source de guérison dans sa propre existence. » Pr Philip Zimbardo, Université de Stanford

Traduit de l’anglais par Johan-Frédérik Hel Guedj

Date de parution : le 17 janvier 2018
Auteur : Docteur Edith Eva Eger
Editeur : JC Lattès
Prix : 21,90 € (380 pages)
Acheter sur : Amazon

Un DVD pour rire avec Epouse-moi mon pote, prévu pour le 6 mars en sortie DVD et Blu-Ray

Epouse-moi mon pote
Epouse-moi mon pote

Un DVD pour rire avec Epouse-moi mon pote, prévu pour le 6 mars en sortie DVD et Blu-Ray

L e duo Phlippe Lacheau / Tarek Boudali s’est fait une spécialité des comédies désopilantes et drôles. Car elles ne tombent jamais dans la vulgarité crasse et si elles effleurent parfois le mauvais gout, les mines déconfites des deux héros mettent à distance et font avant tout joyeusement rire. Epouse-moi mon pote ne déroge pas avec la règle, brocardant gentiment les moeurs homosexuelles les plus caricaturales sans jamais critiquer méchamment, contrairement à ce qu’une certaine presse a pu sommairement laissé entendre. Le duo n’hésite pas à rire de tout, et avant tout d’eux mêmes.

Des quiproquos en veux-tu, en voilà!

La ficelle principale du film tient à l’usage des quiproquos à la mitraillette. Comme déjà vu dans Babysitting 1 et 2.  Un couple hétérosexuel se marie civilement pour permette à Yassine de rester sur le territoire. Mais son compère est casé avec une copine et leur union factice marque le début d’une sarabande de malentendus tous plus drôles les uns que les autres. Entre l’inspecteur suspicieux, la mère protectrice, la copine jalouse et la target difficile à reconquérir, Epouse-moi mon pote ne recule devant aucun artifice pour faire rire, certes grassement mais franchement. La caricature n’est jamais loin mais on sent une empathie galopante qui refuse la brocardisation et le sarcasme offensant. Il faut rire de tout et le duo Phlippe Lacheau / Tarek Boudali n’hésite pas à faire rire, c’est très bien comme ça.

Le DVD d’Epouse-moi mon pote parait le 6 mars prochain pour rire un bon coup devant une comédie légère et décomplexée qui ne tombe jamais dans la vulgarité et houspille gentiment la communauté gay, toujours avec désinvolture et jamais avec malveillance.

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Epouse-moi mon pote, film de Tarek Boudali

Yassine, jeune étudiant marocain vient à Paris faire ses études d’architecture avec un visa étudiant. Suite à un événement malencontreux, il rate son examen, perd son visa et se retrouve en France en situation irrégulière. Pour y remédier, il se marie avec son meilleur ami. Alors qu’il pense que tout est réglé, un inspecteur tenace se met sur leur dos pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un mariage blanc…

Sortie DVD : le 6 mars 2018
Durée : 01h32
Réalisateur : Tarek Boudali
Avec : Tarek Boudali, Philippe Lacheau, Charlotte Gabris
Genre : voir fiche allociné
Prix : 14,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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https://www.youtube.com/watch?v=0illlpw6TZ0

Josiane Balasko à bâtons rompus sur la scène du Théâtre Hebertot dans La femme rompue

La Femme Rompue
La Femme Rompue, Mise en scène d’Hélène Fillières, Théâtre Hebertot

Josiane Balasko à bâtons rompus sur la scène du Théâtre Hebertot dans La femme rompue

Un simple sofa orange habille la scène du Théâtre Hébertot. Dessus se trouve allongée une femme d’âge mûr qui ne parvient pas à dormir. Pendant qu’elle cherche un sommeil qui ne vient pas, elle discourt sur la scélératesse du monde. Elle vit seule sa soirée du 31 décembre et vitupère contre ses voisins bruyants, mais pas que, tout le monde en prend pour son grade dans un lâcher prise tout en gradation. Le monologue se concentre  de plus en plus sur la vie personnelle de l’héroïne pour des révélations finales qui donnent les clés nécessaires à la compréhension de son état d’accablement et surtout sa rage. Josiane Balasko fait preuve d’une éblouissante conviction et canalise l’attention générale une heure durant dans un beau numéro de comédienne habitée.

Le vie en dehors de la vie

Que le texte de la pièce soit extrait d’un texte de Simone Beauvoir n’est pas une surprise tant la pièce figure la résistance féminine contre l’aliénation sociale. L’héroïne n’a pas de vie de famille, plus d’homme à la maison, elle vit seule et elle se rend compte que ce n’est pas le modèle général. Elle le comprend d’autant mieux qu’au dessus d’elle s’agite une foule festive enthousiasmée par le passage à la nouvelle année. Elle commence la pièce par insulter ses voisins, la populace, ses semblables, tous ceux qui sont confortablement installés dans le moule social et la confrontent à chaque instant à sa quasi-désocialisation. Allongée en pyjama sur son lit, elle n’a que sa rancoeur outrée à opposer, seule dans sa chambre, sans personne pour l’écouter. Josiane Balasko figure parfaitement l’aigreur d’une femme qui ne suit pas les règles collectives et qui en veut… à tout le monde, et finalement à elle même. Car les spectateurs apprennent au fur et à mesure de son discours qu’elle même n’est pas un ange et qu’elle regrette amèrement certains choix de vie. La douleur des souvenirs aiguise un verbe qu’elle porte haut pour souligner qu’elle existe encore et que sa vie n’est pas finie, contrairement à ce que beaucoup pensent. La mise en scène volontairement elliptique d’Hélène Fillières donne toute la place à une comédienne en état de grâce. En agressant verbalement les autres, c’est elle-même qu’elle blesse en soulignant ainsi sa complète impuissance, matinée d’une sensibilité exacerbée et de résistance rugueuse. Ce n’est pas de la compassion qu’elle exige, mais un retour dans la norme, pour exister à nouveau et trouver sa place au milieu de ses semblables. Cet appel au secours marque si bien l’audience qu’un processus d’identification se fait jour, chacun réfléchissant aux éléments de comparaison avec une héroïne blessée par la vie et comme laissée à l’abandon. Le poids du laisser aller et de l’inévitable vieillesse pèse sur le public, appelant chacun à garder les yeux ouverts pour ne pas sombrer dans la même aigreur.

La Femme Rompue ne se joue que pour un temps très court au Théâtre Hébertot, il ne faut pas tarder pour réserver sa place et assister à un spectacle qui interpelle et bouscule, en grande partie grâce à une très convaincante Josiane Balasko!

Dates :  30 représentations à partir du 15 février
Lieu : Théâtre Hébertot (Paris)
Metteur en scène : Hélène Fillières
Avec : Josiane Balasko

Meet & Sing : Stage de chant Michael Jackson, King of Pop avec Galite

Galite - Meet & Sing
Galite – Meet & Sing

Meet & Sing : Stage de chant Michael Jackson, King of Pop avec Galite

Nous avons la joie de vous annoncer le prochain stage de la saison !

STAGE DE CHANT MEET & SING
 » MICHAEL JACKSON, KING OF POP !  »
Samedi 3 Mars 13h-17h
À la Cité Internationale des Arts de Paris.

Au programme : Michael Jackson & Jackson Five.
« Michael Jackson, King of Pop ! »
Tous niveaux bienvenus !

Lieu du stage :
Cité Internationale des Arts au 18 rue de l’hôtel de ville, Paris 4 ( Metro Pont Marie ) Studio 3. Code d’accès aux studios : 2047.

Stage de chant, toutes les infos ici.

Dates et horaires : Samedi 3 Mars – 13h-17h

Tarif :
Normal : 50 €
Meet my friends : 45 € (Tarif réduit spécial pour les élèves ou anciens élèves Meet & Sing et chaque membre d’un groupe de 3 inscrits ou plus)

Inscrivez-vous ici

Quelques informations concernant Meet & Sing Paris :

Notre philosophie est de permettre l’apprentissage du chant et l’épanouissement vocal dans un environnement convivial et bienveillant. Les cours ont lieu tous les jeudis soir de l’année (hors vacances scolaires) et des stages sont prévus tout au long de l’année à la Cité Internationale des Arts à Paris.

De nombreux styles musicaux sont abordés (Pop, Folk, Chanson française, Musiques du monde, Jazz…) autant en anglais qu’en français. La connaissance du solfège n’est pas pré-requise. Un arrangement vocal à 2, 3 ou 4 voix (selon niveau) original est préparé en amont et envoyé aux choristes. Chaque élève inscrit à l’année reçoit une version « ensemble » des chansons mais aussi les voix séparés (Basse, Alto, Soprano) pour faciliter la mémorisation des mélodies et développer l’oreille.

Chaque séance débute par un échauffement vocal (Respiration, notion de soutien, posture corporelle, vocalises.) qui peut se poursuivre par des exercices personnalisés type «circle song»

Enfin, les élèves sont accompagnés à la guitare ou au piano par leur chef de choeur. Des rencontres avec des musiciens sont prévus ainsi que des concerts. Nous participerons notamment au festival Les voix sur berges (Juin 2017)

Les inscriptions pour l’année 2018-2019 sont ouvertes !

N’hésitez pas à nous contacter pour plus de précision.

Infos & Tarifs : www.meetandsing.com

À très vite,
Galite Perez
Créatrice & Chef de choeur
07 60 08 89 52

Votre soutien nous est précieux,
N’hésitez pas à nous partager sans modération !

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