Les mains au cinéma, Sandrine Marques, La septième obsession
Un livre pour les cinéphiles: Les mains au cinéma (La septième obsession)
La septième obsession publie un nouvel ouvrage comme une thèse sur un détail clé du cinéma: les mains. Des mains qui séparent, des mains qui rapprochent, des mains qui se battent, des mains qui caressent, les pognes figurent autant les sentiments que les intentions, ce que Sandrine Marques explique en détail dans son brévaire ultra documenté. La liste des opus cités est impressionnante et figure une impressionnante histoire du cinéma.
Une plongée encyclopédique
La septième obsession s’est fait une spécialité des ouvrages riches et fouillés pour retourner dans tous les sens une thématique ou un acteur marquant. Après Marcello Mastroianni, c’est au tour d’une partie hautement emblématique du corps humain d’être mise à l’honneur. Sandrine Marques démontre par l’exemple le rôle central tenu par les mains dans une multitude de films. Que ce soient celles du batteur interprété par Frank Sinatra dans L’homme au bras d’or, celles de Robert de Niro dans Casino ou encore celles de Sandrine Bonnaire dans La Cérémonie, l’auteur ne se prive pas de ressasser encore et encore les intentions de réalisateurs déterminés à multiplier les symboliques. Les textes fournis s’agrémentent de multiples photos pour un vrai plaisir de cinéphile.
Pour qui souhaitera creuser son appréhension du cinéma avec ses nombreuses significations, l’ouvrage Les mains au cinéma est un vrai plaisir de cinéphile.
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Essai sur les mains au cinéma. Plus qu’un motif iconographique, les mains s’accordent à la temporalité déroutante d’une existence. Le cinéma en a fait son motif de prédilection. Leur présence à l’écran cache le paradoxe de leur profond mystère et de leur incapacité à embrasser la totalité de l’autre. Temps, mouvement, mémoire, altérité se mêlent dans le battement harmonieux des mains. Faites de la même substance que le cinéma, elles l’obsèdent.
Date de parution : le 12 juillet 2017 Auteur : Sandrine Marques Editeur : La septième obsession Prix : 19 € (164 pages) Achetersur : Amazon
Le Dindon, mise en scène de Florence Le Corre et Philippe Person , Le Lucernaire
Un Feydeau explosif sur la scène du Lucernaire avec Le Dindon
Les vaudevilles de Georges Feydeau divisent habituellement tant les intrigues semblent cousues de fil blanc, ravissant beaucoup et ennuyant certains. Des hommes et des femmes soupçonnent tromperies et couchages, mettant en place des subterfuges abracadabrantesques pour confondre le ou la fautif/ve. Il faut du rythme et du dynamisme pour réjouir tous les publics. Ce que réussissent parfaitement Philippe Person et Florence Le Corre dans cette adaptation pétaradante du célébrissime Dindon. Aidés de la joyeuse troupe du Collectif Silencio Please, ils modernisent le texte et font mouche avec un humour omniprésent et corrosif.
Un Feydeau mis au gout du jour
Georges Feydeau créa la pièce Le Dindon en 1896 avec les codes propres à une époque déjà éloignée. Le mariage d’intérêt unissait souvent hommes et femmes, laissant à chacun l’opportunité de laisser vaquer son coeur par ailleurs. Le flagrant délit avec présence de la police était la règle quand l’une ou l’autre des parties souhaitait mettre fin à une union plus vraiment satisfaisante. Dans le Dindon, l’accumulation de dialogues est truffée de double sens et de piques savamment distillées. Plus vraiment d’actualité, ce sens des conventions fait merveille quand il est réactualisé à la sauce 21e siècle. Ce que réussissent parfaitement Philippe Person et Florence Le Corre avec l’aide d’une troupe de joyeux lurons adeptes de l’humour de situation et de l’outrance à tout prix. L’intrigue montre des femmes souhaitant prendre des amants si leurs maris les trompent. Véritables caricatures sur pattes, elles sont autant truculentes que maitresses femmes aux côtés de maris plus portés sur leur petite personne que sur le sauvetage de leurs unions. Acteurs et actrices prennent un malin plaisir à forcer le trait pour un résultat immédiat sur les spectateurs. Rires et sourires répondent immanquablement aux tentatives couronnées de succès.
Une troupe d’acteurs survitaminés
Chacun des 3 actes est introduit par un intermède musical qui donne le ton. Des musiques récentes concourent à la tonalité moderne de la pièce avec les airs entrainant, comme celui de Cindy Lauper ou de joyeuses mélodies italiennes. Pendant que les meubles changent de place, une atmosphère disco s’installe pour perpétuer l’animation des 12 comédiens. 6 femmes et 6 hommes incarnent celles et ceux qui s’attachent et se cherchent dans une farandole de scènettes désopilantes. 2 amis perdus de vue forment la colonne vertébrale d’une pièce partant dans tous les sens avec une éternelle bonne humeur. Amants et maitresses forcent à la pécadille, principes et honneur font long feu quand souffle le vent de la passion. Mais Georges Feydeau ne veut que du bien à ses personnages, préférant leur donner une bonne leçon plutôt que de les clouer au piloris. Ils seront quittes pour une bonne dose d’émotion et le prix du dindon de la pièce sera remis à…. il vous faudra le découvrir au Lucernaire!
L’humour du Dindon entraine l’audience dans un tourbillon d’émotions avec cette pièce très bien ficelée et suffisamment actualisée pour parler à tout le monde. Plus jeunes comme seniors sourient de bon coeur devant une grande réussite théâtrale!
Dates : du 10 juin au 9 juillet 2017, du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 15h Lieu : Le Lucernaire (Paris) Metteur en scène : Florence le Corre et Philippe Person Avec : Collectif Silencio Please
Entrez dans la danse pulsative d’Anne Teresa de Keersmaeker, à l’Opéra Bastille
A l’instar de Rainque nous avons adoré et chroniqué ici, entrée au répertoire du Ballet en 2011, Drumming Live compte parmi les œuvres les plus abstraites d’Anne Teresa De Keersmaeker, d’une grande sophistication formelle.
En créant en 1998 pour sa compagnie Rosas la pièce Drumming, sur la composition éponyme de Steve Reich, la chorégraphe flamande n’ambitionnait rien moins que l’alpha et l’omega de toute pièce de danse. A cette nuance près que la partition originale, ici, constituait déjà en elle-même un défi.
Spirale d’une danse virevoltante
Pionnier du courant minimaliste américain, Steve Reich avait, dès le début des années soixante, révolutionné son époque en inventant le phasing, c’est-à-dire la répétition en boucle d’un même motif musical par deux pistes de sons, au départ à l’unisson puis très progressivement en décalage. Suivant ce principe, il avait conçu en 1967 le fameux Piano Phase, pièce fondatrice du genre sur laquelle Anne Teresa De Keersmaeker allait à son tour à 22 ans, en 1982, bouleverser le monde de la danse en créant l’hypnotique Fase
L’écriture en 1970-71 de Drumming, pour percussions et voix, reprenait le même procédé mais dans une exigence de formes encore plus absolue, sans l’appui d’une ligne mélodique. Autant dire qu’à s’attaquer à ce monument de la musique répétitive américaine, la chorégraphe prenait le risque de se répéter, ou de décevoir.
Il n’en fut rien. Bien au contraire, la pièce constitue un sommet de virtuosité gestuelle et d’invention scénique.
Aux huit cellules musicales et rythmiques de la partition correspondent huit courtes phrases chorégraphiques en spirale, reprises et développées par les douze danseurs. Dans une utilisation magistrale de l’espace, Anne Teresa De Keersmaeker transpose la rigueur de la partition musicale sur la géométrie des déplacements. L’abstraction du mouvement dansé est tempérée par le jaillissement de vie de cette dynamique incessante. Tel un tourbillon, Drumming emporte interprètes et public dans une virevoltante traversée du son et du geste, au plus haut de la contrainte et de la liberté.
Une soeur, Dessin et scénario de Bastien Vivès, Casterman
Bastien Vivès revient avec une belle BD adolescente: Une Soeur (Casterman)
Devenu depuis plusieurs années un des grands noms de la bande-dessinée francophone, Bastien Vivès offre une nouvelle déclinaison de la fascination exercée par la gente féminine sur les faibles hommes avec Une Soeur. Dans le cadre intimiste de vacances estivales en famille, le jeune Antoine voit débouler la moins jeune Hélène pour une irruption de sentiments inédits et la découverte de la sexualité. La délicatesse le dispute à l’épure avec un dessin toujours aussi élégant et une histoire minuscule qui parlera à beaucoup.
Tout l’art de la syncope
Bastien Vivès publie des bandes dessinées depuis déjà plus de 10 ans mais a véritablement percé auprès du grand public avec la parution de la BD Polina en 2011. L’existence compliquée d’une jeune danseuse russe en marge du système magistral avait touché la critique et les lecteurs par le ton employé et surtout le dessin. Le mariage des courbes élégantes et de l’épure avait ouvert la voie à une carrière maintenant en pleine expansion. Le dessinateur scénariste revient avec toujours le même noir et blanc mâtiné de gris, plus évocateur que descriptif, avec ces regards enfouis dans un vide plein de sens. Ce n’est pas au dessinateur de montrer la duplicité des regards mais au lecteur de s’en faire sa propre perception. Le jeune Antoine, 13 ans, se prépare à passer un séjour estival sans plus de relief que les précédents, passé à dessiner sans cesse en compagnie de son petit frère encombrant mais adorable. Quand Hélène apparait, ses parents ne se doutent pas du choc tellurique à venir sur lui. Fille d’une amie de la famille marquée par une énième fausse couche, elle est envoyée au vert pour échapper à l’inévitable sinistrose. Et la cordialité initiale laisse bientôt place à une camaraderie bien plus qu’amicale… Dans le solfège rythmique, on appelle syncope une note attaquée sur une partie faible d’un temps et prolongée sur le temps suivant. C’est un peu le rythme de la BD, faussement nonchalante et vraiment touchante.
Entre fantaisie et ode adolescente
Bastien Vivès utilise un langage aussi épuré que son dessin. Rien de trop ne transparait et c’est au lecteur de faire le travail d’appropriation. Les non-dits laissent pourtant place à des attitudes bien trop explicites pour ne pas éclairer ce qui se trame. Les deux personnages sont à un âge de découvertes, bien loin du monde des adultes, qu’ils devront pourtant rejoindre, mais pas tout de suite. L’ainée Hélène aime dans son cadet Antoine cette retenue toute juvénile aux airs de mystère tandis que lui aime…. tout chez elle. Son air piquant, ses formes charmantes et cette pincée de maturité dont il lui semble cruellement manquer. De vrais opposés irrésistiblement attirés dans la moiteur de l’été provincial par cette envie d’inconnu qui donne le sel de la vie. Des personnages secondaires apparaissent subrepticement, ces parents si lointains, ces autres ados plus matures et seule la fin des vacances pourra séparer ce couple incongru destiné à ne pas durer mais à rester incrusté dans les psyché de chacun pour toujours.
Une soeur raconte bien plus qu’un amour de vacances, il démontre la persistance des sentiments par delà l’âge et les parcours personnels. Une belle lucarne que l’on peut fort bien imaginer autobiographique, ou fantasmatique, en tout cas charmante dans sa pudeur et la justesse de ses descriptions.
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Une soeur, Dessin et scénario de Bastien Vivès, Casterman
Après Polina, le nouveau roman graphique de Bastien Vivès !
« – Y a beau avoir plein de monde, j’ai toujours l’impression d’être toute seule. – Même quand t’es avec nous ? – Non, avec vous c’est chouette. »
Date de parution : le 3 mai 2017 Scénariste(s) : Bastien Vivès Dessinateur(s) : Bastien Vivès Genre : Apprentissage
N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !
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“Art” de Yasmina Reza dans une version revisitée et percutante des collectifs tg STAN et Dood Paard
Les collectifs Tg STAN et Dood Paard revisitent « Art », créé en 1994 par Yasmina Reza. Jubilatoire.
Pièce culte aux répliques assassines qui révéla au grand public son auteure, elle raconte l’histoire de trois amis, liés depuis plus de quinze ans, qui voit s’installer entre eux un conflit suite à l’achat par l’un deux d’un tableau monochrome blanc payé au prix fort.
Un art de la scène jubilatoire
Comment Serge (Kuno Bakker) a t-il pu se faire duper ainsi ? Marc (Frank Vercruyssen) est ulcéré et le dit sans retenue à son ami tandis qu’Yvan (Gillis Biesheuvel) louvoie entre les deux en commettant quelques impaires qui vont laisser des traces. Leur amitié survivra-t-elle à cet épisode ?
Le tableau, sujet de toutes les discussions et objet de la discorde, va alors alimenter de nombreux échanges autour de conceptions divergentes de l’art et de sa valeur marchande, ébranlant la cohésion du groupe, et révélant au grand jour des différends jusqu’alors inavoués.
« Art » devient ainsi le feuilleton d’une amitié qui explose dont le sujet de l’art est juste un prétexte à décortiquer les liens d’amitié qui unissaient les trois hommes. Où les rivalités, les rapports de force, les faux semblants, le désespoir entre ces trois personnages, la solitude, la manipulation, le pouvoir se font jour.
Yasmina Reza n’a pas son pareil pour se moquer du conditionnement social et de ses travers qui font la part belle à la vanité, l’égocentrisme et le snobisme, tout en imprimant à ses personnages une faiblesse foncièrement humaine. Avec son écriture proche du réel et en même temps très stylisée, la dramaturge convoque la bonne distance entre un regard lucide, cruel mais aussi surréaliste où son humour dévastateur fait le reste.
Le collectif tg STAN & la compagnie Dood Paard adeptes de l’écriture “au plateau”, délestés de tout artifice, donne une force à la tragi-comédie où s’incarne au plus près le jeu de massacre entre les trois personnages.
A l’abri d’un jeu tout en finesse qui impressionne de naturel et d’intensité, il questionne sans relâche une vérité intime aussi complexe que vulnérable.
La mise en scène désopilante transforme le plateau scénique en une aire de jeu décomplexée et partagée, propice à une introspection sans filtre de ces rapports humains et leurs ressorts aussi vertigineux que sensibles. Bravo.
Un lâcher prise vivifiant pour la jeune Ava dans le film onirique de Léa Mysius
Ava est un personnage emblématique du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Bien qu’ayant encore toute la vie devant elle, elle se confronte trop tôt au mur de l’injustice en perdant inexorablement la vue. Toute pimpante mais encore ignorante de son pouvoir de séduction, elle accompagne sa génitrice pour des vacances envisagées comme un dernier chant de cygne à la vie. La réalisatrice Léa Mysius métaphorise à outrance les excès de l’adolescence et le gouffre de l’inconnu. Là où des générations de minots ont du affronter la peur de l’autre, du premier baiser et de l’autonomie, Ava ne peut pas reculer sous peine de laisser passer ce qu’elle envisage comme un ultime sursaut de vie. Si le film navigue parfois maladroitement entre spleen, ode naturiste et cavale à la Bonnie & Clyde, il ne manque ni de charme ni d’arguments. Sa jeune actrice Noée Abita n’y est pas pour rien, ni le scénario fantasmatique de Léa Mysius.
Un chemin initiatique vitesse grand V
Le cinéma abonde de ces films plaçant des adolescents à la croisée des chemins. L’émouvant Le monde de Charlie, le fantastique Twilight, l’éternel La guerre des boutons, l’impressionnant Boyhood, le très comique Les Beaux gosses. La quête du regard de l’autre pour accéder à la compréhension de soi même est un classique du cinéma, Ava en offre une variation séduisante avec un postulat de départ accablant. La jeune fille en fleur apprend que son futur sera obscur, privée de la vue à très court terme par faute d’une pathologie inexorable. Déjà aux prises avec les turpitudes de son âge, elle doit se préparer, ce qu’elle fait à l’aide d’un bâton, d’un bandeau sur les yeux et bientôt d’un chien qu’elle subtilise à un adolescent à la marge. Ce bel inconnu fera office pour elle de passeport vers la liberté et le film perd rapidement ses airs par trop sérieux pour s’apparenter à un trip onirique mélangeant tous les poncifs de l’adolescence. Sans que cela ne nuise pourtant au charme dégagé par le film. Ava et le gitan Juan font l’apprentissage d’eux mêmes, éprouvant une attirance ambivalente l’un pour l’autre. Car lui s’est vu exclure du campement de ses proches pour cause de querelle amoureuse. Elle le sait mais n’en prend pas ombrage, sa quête de vie est à ce prix.
Un premier essai réussi
Léa Mysius ne recule devant aucune pudeur pour exposer son propos. Cette mère dévouée et attentive devient une sorte de parangon de la sexualité adulte qui, même mère célibataire, assume ses désirs jusqu’à les imposer à son entourage. La jeune Ava à la croisée des chemins rejette l’exemple familial pour se réfugier dans son monde intérieur. Quel adolescent n’a pas rêvé un jour de larguer les amarres pour vivre en toute liberté? Ava suit cette voie, dans le cadre idyllique d’une plage et avec un inconnu, s’offrant autant à son regard qu’à ses bras. Mais perdue dans l’obscurité de la nuit estivale, elle qui ne distingue plus rien une fois le soleil caché à l’horizon, elle s’appuie sur son compagnon pour lui servir de secours et de vigie. Le scénario les voit tous les deux braquer des estivants et fuir le monde des adultes. Plus du tout métaphoriquement. Le film s’arrête sur le visage réjoui de celle décidée à vivre sa vie, loin de l’attache familiale anxiogène et des contraintes du monde adulte.
Ava ne manque ni de charme ni d’attrait. Ce personnage métaphorique ouvre une lucarne de liberté à l’orée d’un été de tous les possibles. La sortie du film au coeur du mois de juin caniculaire était tout sauf une mauvaise idée!
Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l’océan quand elle apprend qu’elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite…
Sortie : le 21 juin 2017 Durée : 1h45 Réalisateur : Léa Mysius Avec : Noée Abita Genre : Comédie dramatique
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Par amour, très beau roman choral sur une Histoire vraie (JC Lattès)
Valérie Tong Cuong a déjà publié dix romans. Son dernier, Par amour, est un roman choral tout à fait exceptionnel. Bien sûr c’est un roman mais tous les faits historiques qui y sont relatés ont vraiment eu lieu, hélas.
Le Havre en juin 1940
Tout au long du livre, on sent une énorme documentation de l’auteure. Des détails très précis, historiques, vous font entrer de plein fouet dans l’histoire de cette famille, une famille ordinaire. Il s’agit de deux sœurs qui s’adorent et qui habitent toutes les deux au Havre. Elles sont mariées et ont chacune deux enfants. Une fille et un garçon. Les deux sœurs n’élèvent pas du tout leurs enfants de la même façon… Enfin, ça c’était avant la guerre. Depuis la guerre, tout a tellement changé. Muguette attend toujours des nouvelles de son mari, son Louis chéri tandis que Emélie a retrouvé son Joffre. Même si Joffre ne ressemble en rien à son Joffre d’avant…
Roman choral
Si le roman de Valérie Tong Cuong est palpitant de la première à la dernière page c’est dû au fait qu’il s’appuie sur des faits historiques très précis et que tout a réellement eu lieu comme elle le décrit dans son livre. La situation au Havre était telle qu’on peut la lire dans ce livre, et les évènements vécus par les enfants véridiques. L’originalité du roman réside dans sa forme autant que dans le fond. On avance dans l’histoire, mais à travers chaque personnage. Si chacun donne sa « version », c’est toujours en avançant dans le temps. On découvre ainsi des vérités connues seulement par la personne qui s’exprime. C’est totalement palpitant. On commence le roman sans pouvoir s’arrêter…
Un témoignage bouleversant de cette époque
L’écriture de Valérie Tong Cuong est aussi profonde que l’histoire qu’elle nous confie. Une page d’Histoire de notre pays. Une page qui va rester gravée dans nos cœurs pendant longtemps. Par amour, un très beau livre, un véritable coup de cœur pour Publik’Art !
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Par amour, n’importe quel être humain peut se surpasser. On tient debout, pour l’autre plus encore que pour soi-même. V.T.C.
Valérie Tong Cuong a publié dix romans, dont le très remarqué Atelier des miracles. Avec cette fresque envoûtante qui nous mène du Havre sous l’Occupation à l’Algérie, elle trace les destinées héroïques de gens ordinaires, dont les vies secrètes nous invitent dans la grande Histoire.
Date de parution : le 25 janvier 2017 Auteur : Valérie Tong Cuong Editeur : JC Lattès Prix : 20 € (416 pages) Achetersur : Amazon
Résultats concours : Le Manoir, 20 places de ciné gagnées
Vous avez été 2232 participants au concoursLe manoir. Merci de votre excellente participation. Les 10 heureux gagnants sont les suivants :
France Beyne, Marc Reynaud, Mederic Delesnerac, Miren Bonjiovani, Alfredo de castro, Christian Martin, Clément Fourrier, Gaël Faucon, Gisèle Sauvage et Ouari Belkherassane
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Free Fire, film de Ben Wheatley , Copyright Splendid Film
Gunfight décomplexé dans Free Fire
Free Fire annonce la couleur dès l’énoncé du titre. Flingues et fusils mitrailleurs sont mis à l’honneur dans un duel sanglant opposants vendeurs et acheteurs d’une vente d’armes qui tourne mal. Des protagonistes trop tendus pour être honnêtes ne parviennent pas à éteindre le feu d’une querelle qui accumule les cartouches et les plaies sanglantes tout au long d’un film multipliant les cadavres. Répliques drolatiques et coups de théâtre truculents émaillent un scénario sans fioritures porté par un casting de haut vol au coeur d’une usine servant de décor à un huit clos anxiogène en diable. Le rythme du film enchaine dialogues débridés et funfights épileptiques, certains adoreront, d’autres seront plutôt agacés par le mélange des genres.
Balles perdues et malentendus
Le trop rare Sam Riley (Control, Sur la route) met le feu aux poudres quand ses camarades acheteurs d’une cargaison d’armes ne parviennent pas à calmer un quidam énervé contre lui dans le camp des vendeurs. Trop de monde hante l’usine désaffectée pour apaiser les tensions et si les plus professionnels tentent de ramener tout le monde à la raison pour écourter l’entrevue au plus vite, le ton monte inexorablement. Jusqu’au premier coup de feu et l’enchainement fatal. Free Fire a tout de l’exercice de style, aux frontières de la caricature mais non pas sans un certain art de la mise en scène. Et il en faut pour accumuler les chargeurs sans lasser l’audience. Une galerie d’acteurs de renom agrémente le gunfight. Brie Larson a tout de la (fausse) vierge effarouchée, Sharlto Copley balade son éternel accent afrikaner, Cillian Murphy aimerait partir avec ses armes mais sans succès, Armie Hammer joue au gentleman braqueur. Chacun joue sa partition dans un déroulement qui accumule les coups de théâtre. Sacs de sable et piliers de béton servent d’abris pour éviter les balles mais personne n’échappe aux ricochets ni aux balles perdues. Au contraire d’un James Bond éternellement protégé par un bouclier invisible lui faisant échapper aux balles, les personnages ne peuvent éviter les blessures, les conduisant à se trainer inexorablement sur un sol rocailleux.
Une béchamel infernale
1h30 durant, le rythme varie entre règlement de comptes et apartés truculents. Ce qui devrait maintenir l’attention du spectateur peut au contraire le perdre. Car au contraire du très efficace et presque cartoonesque Shootemp’up porté par Clive Owen et Paul Giamatti, Free Fire a le défaut de ses qualités. Son réalisme exacerbé est desservi par une tonalité par trop sérieuse qui empêche de véritablement prendre son pied. Le destin des protagonistes est scellé et certains connaitront un trépas pas du tout enviable. En étant dénué de flashbacks ou de mise en abime, Free Fire privilégie le premier degré frontal pour une impasse scénaristique. Les faciès de douleur rappellent ceux de Tom Cruise et Ken Watanabe dans Le dernier Samourai quand ils se prennent une avalanche de balles dans la chevauchée finale. Là où le film se veut réaliste, il laisse des personnages criblés de balles accumuler les bons mots et se trainer sur le sol. On se croirait dans un manga japonais, pas du tout dans un film de Scorsese crédité du rôle de producteur exécutif. Ce Free Fire ne prenant donc jamais parti entre réalisme et farce burlesque, le spectateur peut ne plus savoir sur quel pied danser. Ce qui peut lasser.
Free Fire promettait du fun et de la mitraille, c’est le cas et les aficionados se régaleront. Les admirateurs de Scorsese resteront pourtant sur leur faim tant le film accumule les clichés.
Une vente d’armes clandestine doit avoir lieu dans un entrepôt désert. Tous ceux qui y sont associés se retrouvent face à face : deux Irlandais, Justine, l’intermédiaire, et le gang dirigé par Vernon et Ord. Mais rien ne se passe comme prévu et la transaction vire à l’affrontement. C’est désormais chacun pour soi… pour s’en sortir, il va falloir être malin et résistant.
Sortie : le 14 juin 2017 Durée : 1h30 Réalisateur : Ben Wheatley Avec : Brie Larson,Cillian Murphy,Armie Hammer Genre : Action, Thriller, Comédie
La Bicyclette, dessin et scénario de Cheah Sinnan, Editions La boîte à Bulles
Une BD intimiste avec La bicyclette (Editions La Boîte à Bulles)
Les éditions La Boîte à Bulles publient une BD mélangeant souvenirs personnels et grande histoire. L’occupation japonaise de Singapour pendant la seconde guerre mondiale fut le lieu d’exactions et de souffrances, mais un petit garçon y fit une rencontre qui bouleversa le reste de sa vie. En se liant avec un soldat nippon adepte de la bicyclette et plus emphatique que beaucoup d’autres, le jeune Ah Cheng vit une histoire que la redécouverte de la bicyclette au fond d’un puits 72 and plus tard ravivera pour le plus grand plaisir des lecteurs. Cheah Sinann est au dessin et au scénario d’une histoire minuscule aux enseignements universels.
Une BD entre souvenirs et témoignage
L’histoire racontée dans La Bicyclette émeut par sa plus simple sincérité. Un petit garçon se retrouve seul après l’invasion japonaise et se raccroche à un soldat plus ouvert que les autres, porteur d’une bicyclette et de principes empreints de bonté. Tous deux se lieront d’une amitié inattendue dans un contexte où tout devrait pourtant les séparer. Le petit Ah Cheng revêt l’innocence de la jeunesse tandis que son ami porte le désenchantement de celui qui a déjà tout perdu. Leur aventure émeut avec un noir et blanc classieux qui interpelle autant que ces visages trop gros dessinés comme avec une loupe pour bien en révéler les expressions. Le récit rappellera le ton intimiste du Empire du soleil de Spielberg, entre candeur et horreur, avec une histoire minuscule qui invoque des sentiments universels. Douleur de la perte, dénuement du quotidien et espoir de lendemains qui chantent.
Pas de grande fresque héroïque dans La Bicyclette, juste un récit poignant et attendrissant avec deux personnages perdus dans un monde qui leur a tout enlevé. La roue tourne et l’ainé transmettra au plus jeune l’envie de continuer d’avancer, pour se réaliser et vivre une longue vie.
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M. Lim Ah Cheng avait raison : au fond d’un puits de Singapour se trouvait bien une vieille bicyclette, dont le pneu arrière est transpercé d’une balle. La revoir lui rappelle la façon dont elle s’est retrouvée là, 72 ans plus tôt, alors qu’il n’était qu’un gamin des rues dans un Singapour occupé par l’armée japonaise. Une armée dont le principal moyen de locomotion n’était autre que la bicyclette.
Émerveillé par l’agilité d’un soldat sur ce deux roues, Ah Cheng décide de ne plus le lâcher d’une semelle car il rêve de rouler avec autant d’adresse. Il faut dire que ce simple soldat japonais n’est pas tout à fait comme les autres. Il n’a qu’un but : participer aux Jeux Olympiques en temps que cycliste, une fois la guerre terminée.
Date de parution : juillet 2017 Scénariste(s) : Cheah Sinann Dessinateur(s) : Cheah Sinann Genre : Biopic Editeur : La Boîte à Bulles Prix : 15 € (112 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
La Bicyclette La Bicyclette La Bicyclette La Bicyclette
La réalité me casse les pieds, les secrets du grand Jean-Christophe Averty (Plein Jour)
Noël Herpe a eu la chance d’interviewer Jean-Christophe Averty avant sa disparition, en mars 2017. Noël Herpe a imprimé ces « confessions » sous forme d’un petit livre : La réalité me casse les pieds.
Jean-Christophe Averty a été un génie de la télévision et a réalisé plus de cinq cents émissions. Noël Herpe parle du « pionnier de l’art vidéo et du clip ». Mais il n’a pas été qu’un homme qui a inventé la télévision. C’était aussi un grand artiste, passionné d’art, passionné par certains comme Dali qu’il a filmé non sans mal ! Il était aussi passionné de littérature, de musique, de jazz surtout. Averty était un grand réalisateur pas comme tout le monde. Avec toujours une pointe de provocation qui ne plaisait pas à tous ! Mais il n’était pas là pour plaire !
Jean-Christophe Averty ne rentre dans aucune case. Il est hors du commun. C’est un homme de l’ART, d’une culture absolument époustouflante. Il a connu les plus grands de ce monde, dans tous les domaines !
Pour ceux qui n’ont pas connu les réalisations de Jean-Christophe Averty, Noël Herpe les met en valeur dans son livre, avec sincérité et passion. Et la logique implacable d’Averty qui avait envie de toujours tout découvrir, tout filmer !
Un très bel hommage rendu à Averty !
Jean-Christophe Averty
Voici quelques extraits :
N.H : Vous aimez bien choquer ?
J-C. A. : C’est amusant, à condition de rester poli. Choquer, c’est étonner un peu fortement. Mais les gens préfèrent leurs habitudes. Moi aussi j’ai des habitudes, et ce ne sont pas toujours les bonnes. Avoir des habitudes est redoutable, c’est comme avoir des tics. En fait, j’aime bien que les choses changent… dans le passé. p.30
La logique est l’expression même de l’absurde. p.90
La prétention ou la certitude que j’avais alors d’être un génie fut une erreur tragique. Je ne fus qu’un metteur en scène de télévision. Un de plus. Ou un de moins. p.110
J’ai eu de la chance : si j’étais né dix ans plus tôt, j’aurais fait la guerre, j’aurais peut-être été prisonnier, ou envoyé au Service du travail obligatoire, ou bien résistant… Mais si j’étais né plus tard, j’aurais connu la perfection technique, celle d’aujourd’hui. p.111
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« Un moment de grande fureur comique.
Pour notre plaisir, ça cafouille, ça chatouille et ça bafouille. »
Frédéric Pagès, Le Canard enchaîné
« Le pouvoir de fascination de ce Méliès de la télévision reste intact, deux mois après sa disparition. On le retrouve dans ce joli volume d’entretiens. »
Antoine de Baecque, Le Monde des livres
« Averty, ce génial inventeur, nous manque, et ce n’est pas Cyril Hanouna qui va nous consoler. Heureusement, il y a les archives, et maintenant un livre, qu’il faut absolument se procurer. »
Sébastien Le Fol, Les Matins, France Culture
« Puisqu’un homme averti en vaut deux, j’aimerais provoquer une vague de dédoublements dans tout le pays en vous avertissant de l’existence en version papier de l’un des derniers grands entretiens accordés par Jean-Christophe Averty. »
Richard Gaitet, Nova Book Box, Radio Nova
Date de parution : mai 2017 Auteur : Noël Herpe Editeur : Plein jour Prix : 14 € (110 pages) Achetersur : Amazon
Logan de Carvalho, Mise en scène de Gabriel Lechevalier, Théâtre Le Lucernaire
La culture gitane s’installe au Lucernaire avec Logan de Carvalho moitié voyageur
A l’instar des corses, il n’est pas toujours facile de rire des gitans. Goscinny et Uderzo l’ont fait avec les premiers, Logan de Carvalho le fait avec les seconds. Il sait peut être si bien le faire car il en est issu, à 50%, par sa mère. Et s’il a quitté le campement pour mener une carrière d’acteur à la capitale, la culture gitane lui est restée chevillée au corps. A partir d’une anecdote à l’apparence de réalité, il évoque le mariage de sa soeur, le retour dans le giron familial et une galerie de personnages tous plus truculents les uns que les autres. Le langage manouche s’associe à des incarnations plus vraies que nature dans un maelström aussi caricatural que pittoresque.
Un spectacle sous le signe du rire
Logan de Carvalho ne ménage ni son énergie ni son T-shirt pendant presque 2 heures ininterrompues de métamorphoses, entre la mère geignarde, le voisin roublard, le père fier comme un bouc et le beau-frère plus philosophe qu’imaginé. Le seul en scène voit le comédien se démultiplier pour un flashback inscrit autant dans son coeur que dans sa mémoire. Décidé à partir de cet environnement bien particulier, il y revient pour vérifier que sa soeur ne fasse pas une bêtise en se mariant très (trop?) tôt avec un gitan. Il doit se frotter à tout ce petit monde accro à l’argot gipsy et aux règles bien différentes de celles des gadjés. L’humour est omniprésent et ravira les adeptes de l’humour populaire et humaniste. Car le comédien se moque tendrement de ces personnages certes caricaturaux mais sans faux semblants. Entiers et orgueilleux, ils représentent cette culture gitane habituellement plutôt mal connue voire stigmatisée
Moitié voyageur et 100% drôle
Moitié voyageur se place sous de glorieux auspices car Vincent Dedienne et Anais Harté sont à la baguette du spectacle. Le premier marche sur l’eau depuis qu’il a remporté le Molièrede l’humour 2017 pour so spectacle S’il se passe quelque chose. Gabriel Lechevalier à la mise en scène privilégie le numéro d’acteur en le privant de tout accessoire et le laissant figurer les objets de la vie nomade. La caravane, le barbecue, la moto, tous sont mimés par le comédien dans une débauche d’effets visuels et sonores. La salle se gausse devant les multiples scénettes imaginées par le quatuor d’auteurs/metteurs en scènes/comédiens. Le ton est léger et ouvre une lucarne sur un univers intemporel marqué de la fierté d’une culture ancestrale.
Moitié voyageur se joue au Lucernaire 3 jours par semaine tout l’été pour un moment de rire sans trop de subtilité mais pas mal de coeur.
Dates : du 23 juin au 20 aout 2017, vendredi et samedi à 21h30, dimanche à 20h Lieu : Le Lucernaire (Paris) Metteur en scène : Gabriel Lechevalier Avec : Logan de Carvalho
N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !
Panthers in the hole, Dessin de David Cenou, Scénario de Bruno Cenou, Editions La Boîte à Bulles
Une BD coup de poing: Panthers in the hole aux éditions La Boîte à Bulles
L’ignominie de la ségrégation raciale aux Etats-Unis transparait dans chaque page de cette BD témoignage relatant l’histoire tragique de 3 détenus maintenus à l’isolement pendant plus de 40 ans dans une prison de Louisiane. En plein coeur de la plus grande démocratie du monde, Robert Hillary King, Albert Woodfox et Herman Wallace ont vu leur humanité niée par un système décidé à leur faire payer leur couleur de peau et leur appartenance aux Black Panthers. Inspiré par le témoignage direct de Robert King, Panthers in the hole montre le meilleur et le pire de l’humanité tout au long de 132 pages entre drame et thriller.
Un récit bigger than life
Panthers in the hole fait d’abord revivre une époque où le mot contestation avait tout son sens. Tandis que la lutte pour les droits civiques avait fait avancer les droits de la communauté noire dans les états du sud ségrégationniste, les Black Panthers se formaient pour porter la lutte sur un terrain encore plus vindicatif, s’attirant l’opprobre de la communauté blanche. La BD expose par le détail la somme des vexations exercées sur les plus jeunes membres de la communauté noire soupçonnée de vouloir renverser l’ordre établi. Le dessin de David Cenou se met en mode documentaire pour montrer les destins tragiques de 3 jeunes hommes aux vies brisées, accusés à tort et condamnés à l’isolement. Pendant plus de 40 ans. La nouvelle édition publiée aux éditions La Boîte à Bulles fait écho à la récente libération d’Albert Woodfox après 43 ans de détention au secret. Editée en collaboration avec Amnesty International, Panthers in the hole montre sans détours ni faux semblants une réalité scandaleuse cachée aux yeux de tous et en vigueur dans de nombreux états américains.
Une nouvelle BD polémique proposée par la Boîte à Bulles pour un éveil des consciences et des messages plein de bienveillance. Education, entraide et volonté sont les meilleurs moyens de passer outre l’oppression et de garder un peu d’espoir dans ce monde. Un beau témoignage à découvrir dès juillet 2017!
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Activistes et membres des Black Panthers, Robert Hillary King, Albert Woodfox et Herman Wallace se sont engagés pour la défense des droits humains au sein même de leur centre de détention, en Louisiane. Ils furent tous les trois placés à l’isolement en 1972 après avoir été – a priori – injustement accusés du meurtre d’un gardien ; le plus « chanceux » des trois, Robert King a été libéré en 2001. Herman Wallace aura, lui, peu profité de sa liberté puisqu’il est décédé le 4 octobre 2013, soit 3 jours à peine après sa remise en liberté. Albert Woodfox, après plusieurs révisions de son procès, a enfin été libéré, le 19 février 2016 après 43 années passées à l’isolement.
Inspiré par le témoignage direct de Robert King, Panthers in the hole reprend l’histoire de ces hommes et en fait un récit poignant sur la ségrégation raciale aux États-Unis et sur l’inhumanité des conditions d’incarcération imposées à nombre de détenus aux États-Unis… et ailleurs dans le monde.
Date de parution : juillet 2017 Scénariste(s) : Bruno Cenou Dessinateur(s) : David Cenou Genre : Documentaire Editeur : La Boîte à Bulles Prix : 17 € (132 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Panthers in the hole Panthers in the hole Panthers in the hole Panthers in the hole
Eh, t’es bien là ? Ta peau collante des chaleurs d’été. C’est vrai qu’il fait chaud. T’as chaud ? Me dis pas que t’as froid, on te croira pas si tu l’dis de toute manière. On sait que t’as chaud. C’est vrai que t’as chaud. On sait que tu colles là où t’es assis. On le sais, dis pas l’inverse. On sait qu’il fait chaud chez toi. On sait que tu te glaces à la grenadine, bière, coca ou autre liquide sucré, ou mieux encore avec la limpide belle eau qui t’hydrate. Tu sais ce qui hydrate aussi ? La musique. Tes jambes collent encore sur le plastique de ta chaise pourrie, tes cuisses grincent de chaleur sur les draps colorés qui tissent ton lit, ta joue s’écrase sur ton épaule et ta sueur marrie tes deux peaux pour ne faire qu’une et même pièce de viande amorphe. C’est vrai qu’il fait chaud. Y’a qu’ton bras qui bouge encore. Allongé comme Sardanapale sur de la soie ou assis comme la couronne d’une tête sur ta chaise, ton bras fait lien avec ton ordinateur. T’as chaud ? Oui t’as chaud. Tu veux une glace ? Prends du chaud, encore du chaud, de la bonne chaleur encore, un truc dément qui te fera te perdre dans les immensités orgasmiques d’une rencontre entre toi en phase lézard défoncé, et PÉPITE. Enchaine bordel. T’en prends une, Les Bateaux, puis une autre, Éviter les Naufrages, puis t’as faim encore, alors ondule sur Hiéroglyphes. T’as chaud encore. C’est bien. Chaleur, douceur. T’as besoin de rien d’autre. Rien. Ondule si tu peux. Etale toi. Balance ta chaise, étale toi sur ton carrelage. Fais la carpe. Ferme les yeux. T’as chaud. Dis merci au Microqlima qui te fait frétiller de bonheur, douceur. Tu vois, t’es bien. On dirait que t’as encore faim ? T’as des remix aussi. Un plat de chaud que tu mets au microonde pour que ça soit encore plus chaud. Tu connais Vaati ? Il cuisine bien. Il a cuisiné Les Bateaux, écoute, tu verras, c’est bien. C’est cool. Tu coules de sueur, on le sait. Mais c’est bien. Coule. Un dernier creux ? Prends la dernière, la dernière chanson ; chouettes Sensations. T’as le front qui perle, et Irma y voit, comme elle voit dans sa boule de cristal, que t’es dans le bonheur. Ça aussi, on le sait.
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Hip Hop Family Tree Tome 2, Dessine t Scénario d’Ed Piskor, Editions Papa Guédé
La fresque d’Ed Piskor sur l’émergence du rap revient avec Hip Hop Family Tree Tome 2 (Editions Papa Guédé)
Le premier volume de Hip Hop Family Tree chroniqué en février 2017 sur Publik’Art mettait l’eau à la bouche. La suite parue le 21 juin toujours chez Papa Guédé confirme l’engouement avec une description toujours aussi fouillée et documentée sur l’émergence du rap et du hip hop sur les côtés est et ouest des Etats-Unis. Le second volume se concentre sur les années charnières 1981-1983 avec une accumulation impressionnante d’informations et de personnages. Le lien se fait beaucoup plus facilement avec la postérité et de nombreux noms parleront aux fans de musiques en tous genres. Ce tome 2 a reçu en 2015 le Prix Eisner du meilleur travail inspiré de la réalité. De quoi donner envie de sauter sur cet ouvrage!
Le rap des années 80 comme si vous y étiez
Le Hip Hop est sorti de la rue pour coloniser boites de nuit et dance floors. Les têtes d’affiches tentent de faire fructifier avec difficulté leurs oeuvres et leur capital. Certains comme Grandmaster Flash et Afrika Bombaata tentent de créer le buzz à force d’outrances et de costumes clinquants. Mais le salut viendra d’une nouvelle génération appelée à prendre les rênes du rap dans la suite des années 80. Dr Dre, Beastie Boys et Run-DMC pointent le bout de leurs nez pour se réapproprier la culture hip hop à coup de beats et de boites à rythmes. La révolution est en marche. La BD d’Ed Piskor intéressera autant les fans hardcore que les béotiens par la richesse de ses bulles et de ses descriptions. L’on croirait revivre une époque pas si éloignée tant les morceaux cultes semblaient débouler chaque semaine dans les charts comme pour la pop dans le milieu des années 60. Le dessin rappelle les glorieuses années de Mad ou des comics Marvel avec des bulles entre hagiographie et romantisation. Les 112 pages se dévorent au rythme de ces morceaux passés à la postérité, avec des personnages pleins d’espoir et tous prêts de venir à bout d’un omniprésente plafond de verre. La gloire les attend au coin de la rue, c’est certain!
Hip Hop Family Tree Tome 2 est un monument de la BD à découvrir au plus vite tant elle se distingue de ses contemporains par la richesse de ses pages et le rythme haletant de son intrigue.
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La saga Hip Hop Family Tree se poursuit dans les années 1981-1983. C’est l’époque où le hip-hop sort des playgrounds et des rez-de-chaussée des cités pour conquérir les boîtes de Manhattan et les bacs des disquaires. Les artistes adoptent un temps des styles tape-à-l’œil et flamboyants, jusqu’à ce que des gamins du Queens débarquent pour ramener le hip-hop à ses origines, dans la rue : c’est Run-DMC. Dans un style atypique mixant Marvel et Mad Magazine, Ed Piskor nous relate l’exportation de cette culture émergente vers la côte ouest des États-Unis, la genèse des tubes « Planet Rock » ou « The Message » mais aussi les coulisses du film fondateur Wild Style. On y retrouve également quelques futures grandes stars comme NWA, les Beastie Boys, Doug E. Fresh, KRS-One, Ice-T et Public Enemy.
Date de parution : le 21 juin 2017 Scénariste(s) : Ed Piskor Dessinateur(s) : Ed Piskor Genre : Histoire du hip hop Editeur : Papa Guédé Prix : 26 € (112 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
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Je ne sais pas dire je t’aime, de belles histoires de vies (Anne Carrière)
Nicolas Robin nous dévoile son deuxième roman, Je ne sais pas dire je t’aime. Un roman choral très émouvant d’où ressort une grande pudeur. Nicolas Robin va faire « parler » plusieurs personnes. Complètement différentes. Leur point commun : elles habitent toutes Paris et …
Roman choral
Francine est retraitée, heureuse avec son mari depuis quarante ans. Mais son malheur vient de sa naissance. Elle apprend en faisant refaire son passeport que sa mère ne l’a reconnue qu’un mois après sa naissance.
« Sa mère ne l’a pas reconnue à la naissance, elle a attendu un mois pour le faire ! Le jour du printemps, elle s’est souvenue qu’elle avait une fille et elle est revenue à la maternité chercher le bébé, l’air de rien ». P.11
Juliette, quant à elle, est vendeuse de chaussures de marque allemande. Elle a plus de trente ans, pas mariée et pas de copain. Sa chef ne fait pas grand-chose et Juliette n’ose rien dire. Elle se permet juste de rêver un peu à une tout autre vie.
Ensuite, on va suivre Joachim, au monosourcil. Un beau gars sportif. Il a la mauvaise idée de répondre à une invitation d’émission de tv en direct. Et là, il va se faire larguer devant des milliers de personnes. Sa vie après cet épisode ne sera plus jamais la même. Aussi bien avec lui-même qu’avec les autres, et surtout avec son jeune frère qu’il connaît à peine.
Et puis, il y a Ben. On l’imagine sûrement beau, un garçon sensible. Il est gay et vit avec son compagnon depuis déjà quelques années. Mais il n’a pas l’air heureux, Ben…
Analyse de sentiments
Chacun raconte sa petite vie, sans rien d’extraordinaire, une vie parisienne comme on la connaît tous. Mais Nicolas Robin écrit avec une telle délicatesse, une sensibilité telle qu’on ne peut qu’avoir de l’empathie pour chacune de ces personnes. Même si leur vie est très différente et pas franchement époustouflante, on les comprend. Pas un mot plus haut que l’autre, ou presque, pas un geste déplacé, aucune vulgarité, bien au contraire. De la vie. De la vie tout simplement. Et une envie d’amour ou de reconnaissance d’amour, presque démentielle ! Un besoin d’aimé et d’être aimé ! Avec son lot bonheur et surtout de tendresse et de mots doux. Mais ce n’est pas facile de dire son amour. Dans aucun cas… Nicolas Robin nous livre un très beau livre, empli de sentiments vrais, sans faux-semblant. Juste la vie à Paris…
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Paris, tu l’aimes ou tu la quittes. C’est une injonction quotidienne pour qui se retrouve la joue écrasée contre la vitre d’un métro bondé, ou se fait bousculer sur le trottoir par un type mal dégrossi. Dans ce tohu-bohu parisien, Francine déterre un passé longtemps enseveli devant un guichet d’état civil ; Juliette rêve d’avoir la beauté fulgurante d’une actrice qui éclate de rire sur un tapis rouge ; Joachim devient célèbre malgré lui en se faisant larguer en direct à la télé ; Ben essaie de ne pas finir comme ceux qui picorent leurs petits pois, le nez dans l’assiette, sans adresser un mot à l’autre. Un chassé-croisé plein d’humour et de tendresse dans lequel chacun cherche son salut et espère entendre parler de sentiments, au coeur d’une ville épicentre de l’amour, où il est parfois difficile de se dire je t’aime. À tous les éclopés du coeur, les éternels pudiques, les incorrigibles passionnés, ce roman choral est pour vous. Nicolas Robin est né en 1976, dans les Landes. Il est steward pour une compagnie aérienne et parcourt le monde. Il a déjà publié trois ouvrages dont « Roland est mort » aux éditions Anne Carrière. Un roman à la fois drôle et tendre, salué par la critique et les libraires, sur les travers de notre société et la solitude.
Date de parution : avril 2017 Auteur : Nicolas Robin Editeur : Anne carrière Prix : 18 € (250 pages) Achetersur : Amazon
HHhH, film de Cédric Jimenez, Copyright Mars Films
HHhH, un biopic inégal aux fulgurances indéniables
Le biopic HHhH (pour Himmlers Hirn heißt Heydrich, le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich)de Cédric Jimenez centré sur Reinhard Heydrich ouvre une lucarne tragique sur un personnage clé de l’Allemagne nazie. Proche d’Himmler et chef de la Gestapo, il fut un élément clé de la politique de répression et d’extermination pendant la seconde guerre mondiale. Si le nom parlera à beaucoup, le parcours de cet individu peu recommandable reste moins connu. Cet aspect du film didactique séduit par le parti pris presque métaphorique des images, introduisant de la poésie comme élément de distanciation avec la sinistre réalité orchestrée par l’implacable haut dignitaire nazi. Mais quand la tentative d’assassinat prend toute la place, le film devient ressemblant à tant d’autres opus centrés sur cette période trouble de l’histoire, perdant de sa singularité pour devenir trivialement conventionnel. Dommage.
Une mise en abime de l’Allemagne nazie
Le réalisateur Cédric Jimenez ouvre son film sur une scène représentative du meilleur de HHhH. Le commandant de la Bohême-Moravie prend place dans un véhicule décapotable et se dirige sans le savoir jusqu’à son assassinat. Le rythme est lent, presque onirique, l’ombre de la mort rode sur son parcours. La meilleure partie du film part sur les chapeaux de roue, avec une profondeur formelle éblouissante. Tandis que l’image se fige sur un homme porteur d’une mitraillette, il est temps d’en savoir plus sur l’ascension de Reinhard Heydrich (puissant Jason Clarke). La première partie du film met en parallèle l’avènement du nazisme dans l’Allemagne de l’après première guerre mondiale et la réussite de l’ex-officier naval destitué et voué aux gémonies à cause d’une sombre histoire de moeurs. A ses côtés, il y a une femme, cette Lina (Rosamund Pike) désireuse de voir son mari s’accomplir et réaliser son destin. Le rythme est trépidant et les images somptueuses. On oublierait presque que le film parle de nazisme. Jusqu’aux premières images d’exactions et d’épurement ethnique. La poésie se change en réalisme presque insoutenable difficile de rester de marbre devant le personnage chef d’orchestre d’une politique minutieuse d’extermination.
Un parti pris critiquable
Et soudain, environ à la moitié du film, Heydrich se fait assassiner et le film se concentre sur les auteurs de cet acte avec une éblouissante galerie de seconds rôles de renoms. Jack O’Connell, MiaWasikowska et Gilles Lellouche animent cette faction secrète de la résistance tchécoslovaque pour une action sans précédant pendant la seconde guerre mondiale. Aucun autre hérault du nazisme n’a été supprimé de la sorte, avec des représailles impitoyables à la clé. Le rythme du film devient semblable à tous ces films de résistance et de lutte secrète. Paroles chuchotées, sentiment de l’inéluctable, impression d’être rentré dans l’histoire, mais aussi explosions, échanges de tirs et bravoure de rigueur. C’est forcément moins intéressant et le vénéneux Heydrich passe du coup au second plan. Le film chirurgical devient un hommage à une résistance qui a payé le prix fort pour son coup d’éclat. L’intention est évidemment louable mais cinématographiquement plus inconstante.
Il reste au final de ce HHhH de vrais moments de grâce et le sentiment d’avoir côtoyé un personnage certes ignoble mais néanmoins fascinant. Comme si la duplicité de l’être humain devenait beaucoup plus palpable. Le montre nazi n’était qu’un homme, après tout.
L’ascension fulgurante de Reinhard Heydrich, militaire déchu, entraîné vers l’idéologie nazie par sa femme Lina. Bras droit d’Himmler et chef de la Gestapo, Heydrich devient l’un des hommes les plus dangereux du régime. Hitler le nomme à Prague pour prendre le commandement de la Bohême-Moravie et lui confie le soin d’imaginer un plan d’extermination définitif. Il est l’architecte de la Solution Finale.
Face à lui, deux jeunes soldats, Jan Kubis et Jozef Gabcik. L’un est tchèque, l’autre slovaque. Tous deux se sont engagés aux côtés de la Résistance, pour libérer leur pays de l’occupation allemande. Ils ont suivi un entraînement à Londres et se sont portés volontaires pour accomplir l’une des missions secrètes les plus importantes, et l’une des plus risquées aussi : éliminer Heydrich.
Au cours de l’infiltration, Jan rencontre Anna Novak, tentant d’endiguer les sentiments qui montent en lui. Car les résistants le savent tous : leur cause passe avant leur vie. Le 27 mai 1942, les destins d’Heydrich, Jan et Jozef basculent, renversant le cours de l’Histoire.
Sortie : le 7 juin 2017 Durée : 2h00 Réalisateur : Cédric Jimenez Avec : Jason Clarke, Rosamund Pike,Jack O’Connell Genre : Historique, Action, Thriller
Remise des prix 2017 de la critique en danse, musique et théâtre
Comme tous les ans, les 140 journalistes critiques, membres de l’Association professionnelle de la critique théâtre-musique-danse (dont nous sommes), décernent après un vote collectif à deux tours leurs prix, distinguant les spectacles et les artistes qui ont marqué la saison écoulée.
Une saison enlevée
Les lauréats 2016/2017, sous l’égide donc de l’Association, a été révélé ce lundi 19 juin Théâtre National de la danse-Chaillot.
Rendez-vous incontournable de la profession, ils attestent d’une marque d’exigence mais aussi de vitalité qui, dans le paysage du spectacle vivant, est particulièrement appréciée des artistes distingués.
« 2666 », l’adaptation fleuve en onze heures du livre labyrinthe du Chilien Roberto Bolaño, créée au dernier Festival d’Avignon par le metteur en scène Julien Gosselin, a remporté le Grand Prix. En 2014, Julien Gosselin, 30 ans, s’était déjà vu décerné par les critiques le Prix Jean-Jacques Lerrant (révélation théâtrale de l’année) pour son adaptation très réussie des « Particules élémentaires » de Michel Houellebecq qui reviendra à l’affiche de l’Odéon en ouverture de sa prochaine saison du 12 septembre au 1 octobre.
L’excellente comédienne du Français Elsa Lepoivre, déjà récompensée d’un Molière pour son incarnation de la baronne-Lady Macbeth dans « Les Damnés » emporte le prix de la meilleure comédienne pour ce rôle mais mais aussi pour « Lucrèce Borgia » « La Règle du jeu » et “Le Cerf et le Chien”.
Le prix du meilleur spectacle créé en province revient à « Les Bas Fonds » de Gorki mis en scène par Eric Lacascade (Théâtre national de Bretagne), et celui du meilleur spectacle étranger à « Place des Héros » de Thomas Bernhard, dans la mise en scène magistrale de Krystian Lupa (Avignon/Théâtre de la Colline).
Gérard Watkins a été désigné meilleur comédien pour « Songes et Métamorphoses » de Guillaume Vincent (Odéon).
Le prix Laurent Terzieff du meilleur spectacle privé couronne « Histoire du soldat » mis en scène par Stéphan Druet (Théâtre de Poche Montparnasse).
En musique, le Grand Prix va à « Pelléas et Mélisande » de Debussy mis en scène par Eric Ruf et dirigé par Louis Langrée.
La critique de danse a pour sa part décerné son grand prix à « OCD Love » de Sharon Eyal et Gay Behar et distingué le Malandain Ballet Biarritz comme la compagnie de l’année.
Place à présent au récapitulatif complet du palmarès et que le spectacle continue envers et contre tout.
● En Théâtre,
Grand Prix (meilleur spectacle théâtral de l’année): 2666, de Roberto Bolaño, mis en scène par Julien Gosselin (Festival d’Avignon – Odéon, Théâtre National de Bretagne – Ateliers Berthier)
Prix Georges-Lerminier (meilleur spectacle théâtral créé en province) : Les Bas fonds, de Maxime Gorki, mis en scène par Éric Lacascade (Théâtre National de Bretagne – Les Gémaux)
Meilleure création d’une pièce en langue française : Doreen d’après Lettres à D., d’André Gorz, mis en scène par David Geselson (Théâtre de la Bastille)
Meilleur spectacle étranger: Place des héros, de Thomas Bernhard, mis en scène par Krystian Lupa (Théâtre national de la Colline)
Prix Laurent Terzieff (meilleur spectacle présenté dans un théâtre privé): Histoire du soldat, de Ramuz et Stravinsky, mis en scène par Stéphan Druet (Théâtre de Poche Montparnasse)
Meilleure comédienne: Elsa Lepoivre dans Les Damnés (mis en scène par Ivo van Hove), Lucrèce Borgia (Denis Podalydès), La Règle du jeu (Christiane Jatahy) et Le Cerf et le Chien (Véronique Valla) à la Comédie-Française
Meilleur comédien: Gérard Watkins dans Songes et Métamorphoses, création de Guillaume Vincent, d’après Ovide et Shakespeare (Odéon Théâtre de l’Europe – Ateliers Berthier)
Prix Jean-Jacques Lerrant (révélation théâtrale de l’année) : Gaël Kamilindi dans Le Dernier testament (mis en scène par Mélanie Laurent) et Lucrèce Borgia (Denis Podalydès)
Meilleure création d’éléments scéniques: Hubert Colas pour 2666, mis en scène par Julien Gosselin
Meilleur compositeur de musique de scène : Mathieu Bauer et Sylvain Cartigny pour Shock Corridor, d’après le film de Samuel Fuller, adapté et mis en scène par Mathieu Bauer (Nouveau Théâtre de Montreuil)
Meilleur livre sur le théâtre : Utopia, Lettres aux acteurs, de Krystian Lupa (Actes Sud)
● En Musique
Grand Prix (meilleur spectacle lyrique de l’année) : Pelléas et Mélisande, opéra de Claude Debussy, direction musicale de Louis Langrée, mise en scène d’Éric Ruf, costumes de Christian Lacroix (Théâtre des Champs-Élysées)
Prix Claude Rostand (meilleur spectacle lyrique créé en province): L’Ange de feu, opéra de Serge Prokofiev, direction musicale de Kazuschi Ono, mise en scène de Benedict Andrews (Opéra National de Lyon)
Meilleure création musicale: Um, de Zad Moultaka, dans le cadre du festival d’Ile-de-France 2016 , aujourd’hui disparu
Meilleure création d’éléments scéniques : Jean-Philippe Desrousseaux, adaptation, scénographie et costumes de Pierrot Lunaire, d’après Arnold Schönberg (Théâtre de l’Athénée)
Personnalité musicale de l’année: Patrice Martinet, directeur du Théâtre de l’Athénée, pour la richesse et la diversité de sa programmation musicale
Révélation musicale de l’année : Justin Taylor, claveciniste, premier prix du concours international de clavecin de Bruges
Meilleurs livres sur la musique : Le Guide de l’opéra russe d’André Lischke (Éditions Fayard) dans la catégorie Essai; et Giacomo Puccini Mode d’emploi de Chantal Cazaux (Éditions Premières-Loges) dans la catégorie Monographie
Meilleure diffusion musicale audiovisuelle : Einstein on the Beach, opéra de Philip Glass, mise en scène Robert Wilson et chorégraphie Lucinda Childs (Théâtre du Châtelet)
Prix de l’Europe francophone : Le Coq d’or, opéra de Nikolaï Rimsky-Korsakov, mise en scène et costumes Laurent Pelly (Théâtre de la Monnaie de Bruxelles)
● En Danse,
Grand Prix: Ocd Love, chorégraphie Sharon Eyal et Gay Behar (Chaillot – Montpellier Danse)
Meilleurs interprètes : José Paulo dos Santos, Bilal el Had, Jason Respilieux et Thomas Vantuycom , dans A Love suprême, chorégraphie Anne Teresa de Keersmaeker et Salva Sanchis
Personnalité chorégraphique de l’année (ex aequo): Kader Belarbi (directeur du ballet du Capitole de Toulouse) et Crystal Pite (chorégraphe)
Meilleur livre sur la danse : Les Cygnes du Kremlin: Ballet et pouvoir en Russie soviétique, de Christina Ezrahi (Éditions Gremese)
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