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Les Confessions révèle les contradictions profondes du capitalisme

Les Confessions
Les Confessions, film de Roberto Ando, Copyright Bellissima Films

Les Confessions révèle les contradictions profondes du capitalisme

Un Toni Servillo toujours aussi charismatique hante le film de Roberto Lando avec sa démarche sereine et son économie de paroles. Il interprète un moine invité à une réunion du G8. Au milieu des gouvernants les plus puissants du monde, il déambule avec bonhommie pour une présence assourdissante. Si le film navigue entre décors froids et  caricatures voilées, le moine tire son épingle du jeu soulignant la force du spirituel sur les turpitudes du matérialisme. Le film se suit comme un thriller ténébreux aux longues plages pesantes au risque de perdre parfois le spectateur en route.

Un univers aseptisé

L’hôtel de luxe où se déroule la plus grande partie du film héberge les présidents et premiers ministres des nations les plus puissantes du monde. Accompagnés d’un aréopage de bodyguards et de serviteurs, ces puissants naviguent entre solitude aliénante et paranoïa exacerbée. Des acteurs de renom composent un casting international de grande classe. Daniel AuteuilPierfrancesco FavinoMoritz Bleibtreu, Lambert WilsonMarie-José Croze et Johan Helbernbergh sont quelques uns des ces visages connus qui vont décider de l’avenir du monde. Hélas le président du G8 décède mystérieusement après avoir rencontré le moine en privé. Suicide? Meurtre? Le film s’évertue à brouiller les pistes pour aboutir à une résolution de l’énigme après un luxe de rebondissements. L’ambiance est à la langueur et aux secrets d’alcôve. Rien de surprenant avec un personnage principal qui a fait voeu de silence. Les rares discussions abordent la finance de haut vol ou les turpitudes de l’âme humaine, parfois en même temps pour mettre en perspective la réussite matérielle et la peur du vide métaphysique.

Une quête nébuleuse

Les Confessions mettent les pieds dans le plat dès le titre. S’épancher auprès d’une oreille attentive semble le seul moyen de briser le mur de l’aliénation. Les airs classiques de Schubert accompagnent déambulations et apartés pour apporter une profondeur à un film qui privilégie irrémédiablement les sous-entendus. Des leaders bien dans la norme s’époumonent sur un air de Walk on the Wild Side de Lou Reed stupéfiant de contradiction. Les vrais sauvages, ce sont peut être ces individus à la fois connus et anonymes qui agissent dans l’ombre sans n’avoir à rendre de comptes à personne. Sauf à Dieu, si on en croit le film.

Un film taiseux et épineux qui aborde une multitude de sujets sans vraiment résoudre les énigmes. La tour de Babel d’acteurs de tous horizons évolue dans un univers fantasmé qui fascine ou débute, c’est selon.

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Les Confessions
Les Confessions

Quelque part en Allemagne des dirigeants politiques du G8 et le directeur du FMI se réunissent en vue d’adopter une manoeuvre secrète aux lourdes conséquences. Mais tout ne va pas se dérouler comme prévu à cause du décès du directeur du FMI.

Sortie : le 25 janvier 2017
Durée : 1h40
Réalisateur : Roberto Ando
Avec : Daniel Auteuil, Toni Servillo, Connie Nielsen
Genre : Drame, Thriller

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Cancer rhapsodie, ou la vérité toute crue de Michel Richard (JC Lattès)

Michel Richard
Michel Richard © lepoint.fr

Cancer rhapsodie, ou la vérité toute crue de Michel Richard (JC Lattès)

Dans son dernier livre, Cancer rhapsodie, Michel Richard n’y va pas par quatre chemins. Dès le titre, nous savons sur quel terrain il nous entraîne. Celui de son propre cancer.

Aucun scoop sur le scénario

Bien sûr, on préfèrerait qu’il nous parle de ses amours plutôt que de son cancer. Qui ose parler franchement, sans tabou, sans retenue de sa maladie ? Surtout de son cancer ? pas grand monde… Car de tout temps, la maladie, quelle qu’elle soit, mais surtout le cancer, fait peur. Et franchement, on n’a pas envie d’avoir peur…

L’histoire du cancer

Pas grand chose à dire sur le scénario de ce petit livre de Michel Richard. Il commence par l’annonce de son cancer. La naissance de son cancer. Comme il l’écrit. Et il se terminera sans fin. Car aujourd’hui, personne ne connaît la fin de son histoire…

« J’arrête ici ce récit. Ma rhapsodie restera inachevée. J’aurais préféré la finir. Que mon cancer ait une fin comme il a eu un début, une date de naissance, certificats médicaux, validation hospitalière et tampons de la Sécu à l’appui. Ma rhapsodie a un début et pas de fin. » (p.113)

Même si on n’utilise pas souvent ce terme, rhapsodie, on reste intrigué. Selon le Larousse, en voilà la définition : Pièce instrumentale de caractère libre, proche de l’improvisation, utilisant des thèmes ou des effets folkloriques […] Ou : Poème ou partie de poème contenant un épisode épique, spécialement emprunté aux poèmes homériques.
On va chercher encore : Epique : relatif à une épopée, une aventure héroïque

Quelle rhapsodie ?

Quelle est donc la rhapsodie qu’a décrit l’auteur ? Chacun y trouvera la réponse qu’il voudra ! Pour ma part, il me semble que Michel Richard, nous a livré une partie intime de sa vie, sans calcul, de façon vraie, entièrement libre mais sans improvisation. Car tout ce qui est écrit a été vécu. L’objet est centré sur un événement épique mais qui aux yeux du principal intéressé ne l’est pas !

Analyse psychologique

Si vous pensez que Michel Richard se prend pour un héros, c’est le strict opposé ! Il n’a pas écrit ce livre dans un but thérapeutique. Même si dans le fond, cela l’a peut-être aidé à traverser ces épreuves. Je pense qu’il a juste voulu écrire sa partition, pour partager ses pensées de simple mortel.
Son style est simple, direct, sans fioritures. Comme le langage hospitalier. Il n’écrit pas pour se faire plaindre, mais plutôt pour tenter de mieux comprendre ce qu’est un cancer. Mieux comprendre toutes les personnes atteintes d’un cancer. Pour sans doute, au final, mieux l’accepter.

« Me souvenir : à un malade du cancer, ne parler que du sien. » (p.31)

Sa façon de réagir, de n’avoir pas peur du cancer, est positive et philosophique. Il fait comme il veux, comme il sent, en fonction de lui-même et non des autres. Grande liberté de penser, d’agir et de parler.

« Je l’avais dit, donc, à qui me plaisait, à qui m’importait. Je l’avais dit sans principes, et sans drame, et j’aimais bien n’avoir pas à mentir. (p.73) »

Cancer rhapsodie sera sans doute un livre de chevet pour beaucoup d’entre nous, comme un livre de sagesse. Un bel hommage à la vie !

« J’avais une maladie, je n’étais pas un malade réduit à sa maladie. » (p.110)

Quand on est malade, effectivement, on a l’impression de n’être plus que « malade » aux yeux de tous. Et l’on passe son temps à attendre. Attendre que ça aille mieux, attendre des résultats d’analyse, attendre des rendez-vous médicaux, bref, ne qu’attendre. Attendre de ne plus souffrir, attendre la guérison… Attendre la fin.

« Attendre, était-ce une vie ? Qu’attendre d’elle, d’ailleurs, sinon qu’elle s’achève à son heure ? » ( p.110)

Car n’oublions pas, avec ou sans cancer, la vie a toujours pour aboutissement la mort. Et ça, Michel Richard l’a en tête en permanence, mieux que nous, sans aucun doute…
Cancer rhapsodie, un petit grand livre à mettre en toutes les mains, comme symbole de vie.

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Cancer rhapsodie Le médecin m’avait dit : « Vous avez un cancer, avec une grande simplicité ».
Pourquoi, d’ailleurs, eût-il fallu qu’il le dise autrement ? Le jeune interne, me semble-t-il, avait rougi, baissant les yeux – il apprendrait plus tard qu’il ne faut pas avoir peur de dire la vérité aux malades. J’avais entendu le verdict avec une certaine sérénité. Moins quand, regardant de près les résultats de mes examens, il avait grimacé : « C’est pas super ».
La simple surveillance était exclue. Il fallait agir.
Le 5 octobre 2015, l’auteur de ce livre apprend qu’il a un cancer.
Il décrit une année avec la maladie : ce qu’elle change en lui, ce qu’elle impose et ce qu’il lui oppose, le regard que les autres portent sur le mal et le malade, cette vie différente, gouvernée par l’incertitude, entre le grand hôpital et les séances de radiothérapie et le travail jamais arrêté, entre le soin mis à survivre et la vie ordinaire.
Ce n’est pas un journal, pas un manuel, pas un témoignage mais le récit le plus juste d’un homme face à une épreuve : il y a beaucoup de poésie dans ces pages, de la dérision, de questions et des tentatives de réponses qui ne sont pas des leçons mais une expérience, un combat : ne pas dire je suis malade mais j’ai un cancer, tout entendre, choisir un traitement, en parler, se soigner. Et puis il y a toutes ces questions sans réponse : pourquoi moi, serai-je là dans un an, comment supporter l’attente, que reste-t-il de l’homme que j’étais avant, qu’est-ce qui a changé ?
« Ma rhapsodie a un début et pas de fin. Elle ressemble à ces films qui s’achèvent à la surprise du spectateur, le laissant à son désarroi. A mon énervement, pour ma part, contre ces scénariste ou réalisateur qui recourent à l’écran noir, faute de savoir comment finir leur histoire. Ils la laissent flottante, à l’imagination de chacun. Ils vous abandonnent à l’incertain. Ils ne savent pas la suite. Mes toubibs non plus. Et moi non plus. »

Date de parution : le 11 janvier 2017
Auteur : Michel Richard
Editeur : JC Lattès
Prix : 12 € (150 pages)
Acheter sur : Amazon

Moi, Caravage illumine la scène du Lucernaire

Moi, Caravage
Moi, Caravage, de et avec Cesare Capitani, Théâtre Le Lucernaire

Moi, Caravage illumine la scène du Lucernaire

Le Lucernaire laisse carte blanche à Cesare Capitani pour une pièce tout en clair obscur. En mettant en lumière  l’existence brève mais intense d’un des peintres majeurs de la Renaissance, le metteur en scène et comédien italien privilégie l’épure et l’évocation pour un vrai jeu d’acteur. La vie est l’oeuvre de Caravaggio se dévoilent pendant 1h15 d’un spectacle captivant. La voix puissante du comédien et les airs italiens fredonnés par la comédienne donnent des airs de cathédrale à une confession tantôt truculente tantôt tragique. De quoi donner envie de découvrir à nouveau les chefs d’oeuvre du peintre italien.

Un géant de la peinture 

L’œuvre novatrice de Caravaggio révolutionna une Renaissance italienne déjà chargée en génies artistiques. Après Leonardo da Vinci, Michelangelo et Raphaël, Le Caravage creusa le sillon de la peinture avec ses représentations ultra réalistes, à la limite du brutal et exemples parfaits d’une utilisation lourde de sens du clair obscur. Si son oeuvre s’est inscrite dans l’éternité dés son vivant, son existence ne manqua pas de péripéties dramatiques. Pour retranscrire le caractère jusque boutiste du peintre, Cesare Capitani ne se ménage pas et multiplie les anecdotes. Il revêt les oripeaux du peintre de sa prime jeunesse milanaise jusqu’à son éclosion romaine. Les plus prestigieux commanditaires lui ont commandé des oeuvres rentrées dans la légende sans que Caravaggio ne cède jamais à la facilité ou au compromis.

Des oeuvres décortiquées

Le comédien révèle les secrets les plus surprenants d’oeuvres aux sujets classiques mais aux traitements anti conformistes pour l’époque, sources de nombreuses inimitiés. Le récit du comédien fascine tant il incarne un peintre bousculé par une omniprésente inquisition et des élans personnels irrépressibles. La pièce est jouée en italien tous les mardis et la langue de Dante est abondamment utilisée pour étayer les situations de plus en plus dramatiques. Le sombre peintre est confronté à des personnages incarnés par la comédienne près de lui, tantôt masculins, tantôt féminins. Connivence et défaveur s’alternent dans une danse tragique qui mènera le peintre à une fin funeste, prévisible et acceptée.

La salle remplie jusqu’au plafond a réservé un triomphe aux deux protagonistes. Ce Moi, Caravage ravira les amoureux de peinture et de prestations enflammées. De quoi repenser à cette pièce de longues heures après sa fin.

Dates :  du 11 janvier au 12 mars 2017
Lieu : Le Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Cesare Capitani
Avec : Cesare Capitani, Laetitia Favart ou Manon Leroy

Notre révolution intérieure, et si nous changions de mode de vie ?

Notre révolution intérieure documentaire Alex Ferrini
Notre révolution intérieure copyright Destiny Films

Notre révolution intérieure, et si nous changions de mode de vie ? (Documentaire)

Notre révolution intérieure a fait le tour des festivals avec, à la clé, deux récompenses : le Prix d’excellence du Impact DOCS Award et le Prix international du mérite du Film Festival de Jakarta. Des prix modestes pour un documentaire à la réalisation également modeste mais au rendu plutôt épatant. Alex Ferrini est le réalisateur de ce périple sud-américain de dix-huit mois tout en en étant l’un des trois acteurs.

Voyager pour initier un changement intérieur

Alex, accompagné de son frère, Romain, et de son ami, Xavier, prend la mer à bord du voilier d’Aleix Belov. Vieux loup de mer aux trois tours du monde, il propose à ces trois gaillards jeunes et aventuriers, un tour de l’Amérique du Sud. Une opportunité unique pour ce trio qui veut s’échapper de la société moderne pour respirer un air nouveau, frais et sain. Ils veulent trouver le changement qu’ils attendent dans le monde à travers des rencontres. Et surtout, ils veulent chacun se trouver eux-mêmes, se comprendre et aimer un peu mieux. Alors voilà, ils sont partis.

« Il n’est pas signe de bonne santé mentale que d’être bien adapté à une société malade ». Une maxime qui résume l’engagement, presque violent dans sa résolution inébranlable, du film : dénoncer et abandonner ce mode de société consumériste. Ainsi, le but n’est pas le voyage mais l’apprentissage, celui d’une nouvelle façon de vivre. Où commence le changement ? Par l’éducation qui dès l’enfance nous façonne en futurs travailleurs alors qu’elle devrait faire de nous des Hommes. Par la connaissance de soi-même qui s’arrête à ce que l’autre nous montre de nous si on ne prend pas le temps d’une introspection. Et le temps justement qu’on dépense à dépenser alors qu’il n’a pas de prix. Voilà quelques-uns des nombreux partis-pris qu’Alex, Romain et Xavier approfondissent durant leur voyage. Souvent rêveurs et utopiques, ils aspirent à une révolution radicale. Alimentés par les rencontres qu’ils font, ils quittent la réalité de la majorité pour atterrir dans un monde de « privilégiés ». Le monde qu’ils découvrent paraît inaccessible pour l’immense majorité mais il est beau. Sa rareté fait sa beauté.

Notre révolution intérieure documentaire Alex Ferrini
Notre révolution intérieure copyright Destiny Films

Voyager pour rencontrer l’autre

L’essence même de leur aventure : l’autre

L’essence même de leur aventure : l’autre. Ainsi, Sergio Peñafiel, cheveux blancs et noble visage brun, leur présente une nouvelle façon d’enseigner autour de la méditation, relaxation, connexion avec la nature… Au Pérou, ils croisent les descendants directs des Incas qui respirent la sérénité et aiment à transmettre des messages d’amour et d’harmonie autour d’eux. Il y a aussi Tierra Martinez, Tupaq Sonqo, Chamalù et tant d’autres… tous acteurs du changement à leur échelle infime. En gros plan et sans artifices, la caméra les laisse s’exprimer. Leurs aspirations, leurs idéaux, leurs victoires… Ce sont eux les véritables stars de ce documentaire dont ils occupent la plus grande partie. Une façon de dire aux spectateurs que oui, la mutation a déjà commencé, qu’elle est réalisable puisqu’en voici les précurseurs. Toujours souriants, gais, paisibles, ces gens donnent envie de s’engager mais que se cache-t-il derrière ? Un retour au vert et à l’essentiel est-il aussi facile qu’il en a l’air ?

La voix narrative aux accents parfois grandiloquents veut nous en convaincre. A coup de sentences telles que « Nous devons être le changement que nous voulons voir dans le monde » (Gandhi) ou « Il ne peut y avoir de changement de société sans un changement humain » (Pierre Rabhi), à la lecture d’une lettre à grand-mère et surtout, surtout aux silences, elle nous murmure qu’un changement est possible. De cette leçon d’une autre vie que celle que le système nous impose, on en ressort avec une envie d’ailleurs et de simplicité mais pas assez puissante pour provoquer l’impulsion décisive.

Pour finir, Alex Ferrini filme l’autre avec une générosité et une fraternité qui se ressent à l’écran. Couplé à des images de la nature superbes et des musiques qui touchent au coeur, Notre révolution intérieure  est plein d’amour, de couleurs et de beauté. Peut-être que les protagonistes, Alex, Romain et Xavier auraient gagné à être un peu plus présents. Mais, ils ont préféré s’effacer.

Sortie en salle le 25 janvier 2017.

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Notre révolution intérieure afficheRemettant en cause le monde qu’ils ont connu jusqu’à aujourd’hui, trois jeunes délaissent leur quotidien et leurs habitudes pour partir en voyage. Cette recherche de la connaissance va changer leur regard mais surtout les amener à découvrir la possibilité d’une autre existence. Une invitation à reprendre les commandes de nos propres vies…

Sortie : le 18 janvier 2017
Durée : 1h15
Réalisateur : Alex Ferrini
Avec : Alex, Romain et Xavier
Genre : Documentaire

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On a testé pour vous : la nouvelle attraction du Futuroscope

L'Extraordinaire Voyage
Le Futuroscope – L’Extraordinaire Voyage – La salle des portes.
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Prix : 45 euros par adulte et 37 euros pour les 5/16 ans
Ouverture: le parc rouvre le 4 février jusqu’à début janvier
Possibilité d’hébergement sur place (nombreux hôtels)
Accès par l’autoroute A10 sortie 28
Gare Futuroscope-TGV
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la nouvelle attraction du Futuroscope

On a testé pour vous : la nouvelle attraction du Futuroscope

Un renouveau

Cela fait maintenant quelques années que le parc du Futuroscope a entamé une mue considérable, délaissant peu à peu les dispositifs de projection traditionnels au profit d’expériences immersives toujours plus innovantes les unes que les autres. Pour célébrer en grande pompe son trentième anniversaire, le parc a misé gros : près de 12 millions d’euros ont été investis dans sa nouvelle attraction qui nous promet, à la manière de Jules Verne et de son tour du monde en 80 jours, un tour du monde en 4 minutes. Récit garanti sans trucage d’un Extraordinaire Voyage…

Un Extraordinaire Voyage pour tous

C’est dans l’ancien « Tapis Magique » qui pendant près de 20 ans aura simulé l’impression de vol grâce à un plancher de verre surmontant un écran géant, que L’Extraordinaire Voyage s’est installé. Son concept, unique en Europe, allie une mécanique de précision à une optique en haute définition. Plus connue pour les fans de Disneyworld sous le nom de « Soarin », l’attraction se présente sous la forme d’une plateforme dynamique de 84 places qui s’élève à près de 90 ° les pieds dans le vide, face à un écran torique de 600 m². À cela se rajoute un certain nombre d’effets physiques (eau, vent, froid, odeurs diverses) qui viennent accentuer l’immersion et parfaire l’expérience. Néanmoins, l’attraction ne repose pas uniquement sur son innovation technologique, mais aussi sur son « storytelling » accru qui, depuis l’entrée de la file d’attente jusqu’à la sortie de la salle, vient plonger le spectateur au sein d’une histoire dont il est lui-même le héros. Le temps des files d’attente sans décoration et des salles neutres est bien loin : l’expérience ne se vit désormais plus seulement dans l’attraction, mais également à son seuil.

Sur ce point, L’Extraordinaire Voyage se hisse au même niveau que ses homologues Arthur et les minimoys et Les lapins crétins qui misent aussi sur une immersion totale du spectateur. Dès la file d’attente extérieure, celui-ci se trouve plongé dans l’univers steampunk de Jules Verne, dont l’attraction se propose d’en raviver la flamme. Tout y est pensé pour que l’attente soit la plus confortable et la moins longue possible : différentes reproductions en grande taille des éditions Hetzel de ses livres permettent de se prendre en photo dedans, tandis qu’une gigantesque frise à colorier occupera les plus turbulents des bambins…

La file intérieure reproduit quant à elle le hall d’attente imaginaire d’un aéroport futuriste. Tout autour de nous se trouvent des portes menant à des destinations fantasques : un univers aquatique, celui de Lovecraft ou encore celui des Minimoys… L’Extraordinaire Voyage apporte ainsi une cohérence bienvenue au reste du parc, dont chacune des attractions se présente alors comme l’une des destinations de la compagnie SkyWorld avec laquelle on va embarquer. Une fois le portail de la destination franchie, les spectateurs sont répartis en plusieurs groupes afin de procéder aux instructions de vols. Là encore, le Futuroscope a joué la carte de l’humour et de l’immersion, notamment grâce à une simulation particulièrement réussie d’un trajet en astronavette, censée nous conduire jusqu’à la plateforme de lancement. On ne vous en dira pas plus…

Le vol autour du monde

Si l’attraction est bien moins violente que Danse avec les robots ou les autres salles dynamiques du parc, celle-ci n’en est pas moins tributaire de certaines restrictions de santé : les enfants de moins d’1m05 ainsi que les personnes soumises à des problèmes cardiaques ou de dos sont invitées à ne pas participer à l’expérience. Bon à savoir : l’attraction n’est pas accessible aux spectateurs mesurant plus d’1m95… Les instructions données, place maintenant au cœur du sujet : le vol autour du monde ! Le sol se dérobe soudainement et la plateforme commence à se hisser face à l’écran, tandis que les images de vol viennent scotcher la rétine. D’une fluidité parfaite, les mouvements de la plateforme se synchronisent avec les images, dont la taille gigantesque (6 k) occupe tout le champ de vision du spectateur. Les pieds dans le vide et le vent au visage, l’impression de vol est bien là, recréant des sensations à la fois douces et excitantes. Les quatre minutes de vol passent malheureusement bien trop vite, même si le condensé d’émotions donne l’impression d’avoir pris part à une grande aventure.

L’extraordinaire Voyage est une réussite majeure qui vient prouver que le Futuroscope n’a pas volé sa deuxième place de meilleur parc d’attractions français. Sa technologie unique au monde alliée à un art du récit parfaitement réglé en font une attraction immersive et familiale qui risque de donner du fil à retordre à une certaine souris américaine… Bon vol à tous !

Musée d’Art Contemporain de Lyon, le bilan 2016 avec 67 000 mercis

Musée d'Art Contemporain de Lyon
Musée d’Art Contemporain de Lyon © Blaise Adilon / Gilles Reboisson

Musée d’Art Contemporain de Lyon, le bilan 2016 avec 67 000 mercis

Communiqué de presse :

Trois expositions Jan Fabre, Stigmata / Wall Drawings, Icônes urbaines et Le bonheur de deviner peu à peu qui vous ont ému, enthousiasmé, intrigué, impressionné, donné le sourire, fait rêver… et vous ont donné envie de partager largement vos coups de cœur sur les réseaux sociaux !

MERCI à nos 67 000 visiteurs, dont plus de 14 000 en visites commentées (groupes & individuels), 6000 aux 10 jours exceptionnels Wall Drawings et au Festival à la Croix-Rousse, 3000 à la performance de Jan Fabre et à l’inauguration ou encore 1000 aux conférences, concerts, lectures…

Toute l’équipe du macLYON, portée par ce succès, vous prépare à nouveau de superbes expositions.
Rendez-vous le 08 mars pour Los Angeles, une fiction, Frigo Generation 78/90 et une exposition/résidence d’Olivier Zabat.

Musée d’art contemporain de Lyon
Cité internationale
81 quai Charles de Gaulle
69006 LYON

www.mac-lyon.com

Go New York, le guide/organizer original réalisé par un Français pour les Français (Editions Nomades)

Go New York
Go New York Alexandre Vendé

Go New York, le guide/organizer original réalisé par un Français pour les Français (Editions Nomades)

Go New York, le nouveau guide-organizer avec les bons plans d’Alex

La 2ème édition du guide d’Alex, Go New York va vous être indispensable si vous envisagez de passer quelques jours à New York. Go New York est à la fois un guide, mais  aussi un « organizer ». Vous pourrez y ajouter tous vos bons plans et vos découvertes. Le papier est de très belle qualité et son épaisseur vous permettra d’écrire dans toutes circonstances.

L’auteur

Bien sûr, ce n’est pas l’auteur qui est important dans ce guide, mais quand même ! D’ailleurs, sur le livre, vous ne verrez son nom qu’en quatrième de couverture. Sinon, ce sera « Alex les bons plans » ! Car Alex est très discret. Quand on sait que cette idée de guide lui est venu lors de son voyage de noces… à New York, on ne peut qu’être ému ! Publik’Art est tombé sous son charme… Car Alexandre Vendé a un parcours totalement atypique. Alexandre a été professeur d’EPS, durant 11 ans, à Bordeaux. Et depuis 2013, il s’est converti et devient blogueur de voyage professionnel (bons-plans-voyage-new-york.com). Et cette année, Alex a créé sa propre agence de voyage : New York en français. Son blog a été primé aux Golden Blog Axards 2013, aux Travel d’Or 2015. Vous saurez tout sur Alexandre en allant sur sa page Facebook. (https://www.facebook.com/alexandre.vende). Un très chouette parcours ! Il connaît New York parfaitement, mais il est aussi capable de vous donner de sérieux conseils pour d’autres destinations dans le Monde…

L’originalité du guide

Avec Go New York, vous découvrirez New York avant même de partir. Non seulement vous aurez le plan de métro de New York, mais également 22 plans dépliables des quartiers de New York. Impossible de vous perdre ! Alex vous partage à chaque fois ses coups de cœur ! Toute une partie du guide vous sera fort utile avant de partir, et vous évitera d’oublier des « choses » et surtout de planifier votre séjour et de créer votre propre planning en fonction de vos centres d’intérêts.
Le guide vous fournira tous les bons « tuyaux » à connaître pour ne pas perdre de temps. Par exemple, vous voulez assister à un spectacle à Broadway, le guide vous envoie sur la page internet qui vous permettra de réserver directement en ligne.
Bien sûr, il faut être connecté ! Car tout au long du guide, vous aurez des adresses à consulter sur le Net, et des codes à flasher, soit pour découvrir des sites, des bonnes adresses, soit pour réserver. A New York, tout se programme, et le plus tôt possible !

Guide synonyme d’organizer

Le guide vous proposera différents plannings, de différentes durées, mais vous laisse, également, la possibilité de créer le vôtre. Directement sur le guide qui vous servira de « carnet de voyage ». C’est la grande différence avec un guide de voyage classique. Non seulement, vous avez tous les bons plans de NY mais vous pouvez aussi en trouver d’autres et les noter !
A chaque plan de quartier, le guide vous indique l’essentiel à voir, met des notes (tourisme, shopping, sorties, tranquillité, vie locale, logement, tarifs), les attractions incontournables et pour finir, les suggestions d’Alex !

Je ne vais pas passer « en revue » tout le guide mais je vous invite à le découvrir sans plus tarder ! Il vous fera gagner un temps précieux et vous permettra surtout de découvrir tout ce qu’il ne faut pas louper à New York ! Une chose est garantie : vous serez obligé d’y retourner, encore et encore ! Car New York ne peut pas être vu en une seule fois !

Bref, un guide, très original, indispensable à toute personne qui veut découvrir New York dans les meilleures conditions. Alors, Go to New York avec Alex et bon séjour à NY !

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C’est avec bons-plans-voyage-new-york.com que la success story d’Alex commence, il y a bientôt 8 ans…

Bien que féru de nouvelles technologies, Alex reste très attaché au support papier, au plaisir de tourner les pages, de les sentir… D’ailleurs, il ne part jamais en voyage sans emporter avec lui deux ou trois guides différents. C’est pour cette raison, et parce que c’est une idée qui le taraude depuis plusieurs années, qu’il décide de créer en 2015 la marque GOCiTY, une collection de guides de voyage d’un genre nouveau.

Même s’il avait conscience de s’inscrire dans une démarche à contre-courant des tendances actuelles, Alex a réussi son pari avec une première édition tirée à près de 5000 exemplaires très vite épuisée.
Aujourd’hui c’est avec les éditions Nomades qu’il a conçu cette nouvelle édition !

Une deuxième édition plus riche et plus pratique !
+ Des itinéraires de balade pour chacun des 5 boroughs
+ 1 carte du métro amovible pour un meilleur confort d’utilisation (et ajout d’une carte de Manhattan au verso !)
+ Des nouveaux points d’intérêt
+ 1 nouvelle pochette de rangement (à soufflet)
+ 1 nouvelle reliure (moins rigide)

Ainsi, ce n’est pas une simple mise à jour mais un véritable travail éditorial qui a été mené, en tenant compte de toutes les remarques et suggestions que vous nous avez fait parvenir. J’espère que vous serez sensibles à ces améliorations qui, ajoutées les unes aux autres, feront un jour de GO NEW YORK le guide de référence qu’il ambitionne de devenir, tout en confirmant ce qu’il est déjà : un guide fait par un voyageur au service des voyageurs !

Date de parution : le 16 janvier 2017
Auteur : Alexandre Vendé
Editeur : Editions Nomades
Prix : 15 € (160 pages)

Rimbaud Verlaine, récit d’une passion incendiaire au Théâtre de Poche Montparnasse

Rimbaud Verlaine Eclipse Totale
Rimbaud Verlaine Eclipse Totale, mise en scène de Didier Long, Théâtre de Poche Montparnasse

Rimbaud Verlaine, récit d’une passion incendiaire au Théâtre de Poche Montparnasse

Il est de ces passions brèves et intenses qui marquent l’histoire et suscitent le fantasme. Les poètes maudits Arthur Rimbaud et Paul Verlaine ont vécu une liaison tumultueuse et déchirante l’espace de deux courtes années, marquant l’ascension du cadet et la déchéance de l’ainé. Le texte de Christopher Hampton, déjà porté à l’écran en 1995 avec notamment Léonardo di Caprio dans le rôle de Rimbaud, fait souffler l’incendie sur la scène du Théâtre de Poche Montparnasse.

Une rencontre comme un carambolage

Un décor dépouillé accueille les spectateurs avec des objets noirâtres disposés sur scène, évoquant l’âme tourmentée des poètes et leur dénuement progressif. L’absence quasi totale d’artifices scéniques place les trois acteurs et le texte de Christopher Hampton au centre de la pièce. Le metteur en scène Didier Long incarne un Paul Verlaine insatiable et indécis, partagé entre sa vie rangée et ses aspirations de poète assoiffé de beauté. Jeanne Ruff prête ses traits gracieux à Mathilde, son épouse dévouée et incapable d’éteindre l’incendie naissant dans l’âme de son mari. Quand le tourbillon Rimbaud débarque sur scène, il attise la flamme et jusque la rendre incontrôlable. Les premiers textes adressés par le natif de Charleville font vaciller l’auteur des Poèmes Saturniens et Fêtes Galantes. L’histoire retient que Verlaine lui adressa cette supplique comme un signe précurseur de la passion à naitre Venez chère grande âme, on vous appelle, on vous attend ! Dès lors qu’ils se rencontrent, ils ne se lâcheront plus pendant deux années de voyages et de tourments fertiles. Julien Alluguette a la dégaine d’un Gavroche inconséquent et frondeur. Il nargue Verlaine avec toute la morgue de sa jeunesse triomphante jusqu’à le faire succomber de passion.

Une pièce viscérale

Cette passion entre les deux poètes les verra se consumer tout en accouchant d’oeuvres restées dans la légende. Une saison en enfer et Les Illuminations portent la marque d’une relation tumultueuse, porteuse du meilleur comme du pire de l’âme humaine. Les sourires amicaux alternent avec les remarques acides, les piques continuelles taquinent l’égo et les sentiments, aucun des deux n’était fait pour une relation harmonieuse sans heurts ni cris. La pièce inhabituellement longue pour le lieu se suit avec fascination grâce à l’implication totale de comédiens habités par leurs rôles. L’absinthe et le vin coulent à flots et l’obscurité hante cette histoire de sourde brutalité avec l’exception de lumières aveuglantes pour marquer l’intensité des sentiments. Les comédiens déambulent au tout devant des spectateurs, jusqu’à jeter à l’occasion un chiffon violemment au sol à proximité des premiers rangs.

Cette éclipse totale contient tous les ingrédients de l’impétuosité dévastatrice. Paul Verlaine quittera femme et enfants pour suivre son vaurien de compagnon impudent. Choisir la passion au détriment de la vie rangée nourrit l’âme mais épuise le corps. Pas besoin de connaitre par coeur les poèmes des deux auteurs pour se laisser emporter par la vague de leurs tourments.

Dates :  A partir du 13 janvier 2017
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Didier Long
Avec : Julien Alluguette, Didier Long, Jeanne Ruff

La La Land, hommage réussi à l’âge d’or des comédies musicales américaines ou bluette insipide?

La La Land
La La Land, film de Damien Chazelle, Copyright SND

La La Land, hommage réussi à l’âge d’or des comédies musicales américaines ou bluette insipide?

Le tant attendu La La Land débarque enfin sur les écrans hexagonaux après un incontestable triomphe aux récents Golden Globes et avant son probable sacre à la prochaine cérémonie des Oscars. Le réalisateur de l’acclamé et générationnel Whiplash change de registre en puisant dans le genre très américain de la comédie musicale. Musique, danse et chansons rythment cette comédie romantique à l’intrigue minuscule mais au fort pouvoir émotionnel. Les deux acteurs sont charmants, déclenchent d’irrésistibles sourires et jouent parfaitement le jeu. Le film est-il pour autant mémorable ? Le doute est permis.

Un scénario simpliste

La La Land assume son ancrage hollywoodien de la première à la dernière minute, se permettant même un passage parisien obligé qui ne dénote pas. Les deux personnages principaux ont des rêves plein la tête et peinent à faire leur trou dans le landernau hyper concurrentiel de l’enterainment US. Leur idylle suit un cheminement estampillé rom’com’ US et s’il n’était les chorégraphies hyper travaillées ainsi que les tours de chant réussis, le film n’aurait absolument rien de spécial à mettre sous la dent. Mais à l’instar de The Artist qui avait fait sauter la banque hollywoodienne en 2012 à coup de Noir et Blanc assumé et de choix audacieux d’un retour au muet, La La Land décroche certes des sourires mais sent surtout l’habile manoeuvre marketing. Les personnages alternent entre gros sourires et petites déprimes au rythme d’un scénario cousu de fil blanc.

Le choix du zéro risque

La La Land ne révolutionnera pas l’industrie du film américain. Les ficelles sont ultra connues, les deux acteurs sont autant bankables que mimi tout plein et le spectateur passe un très bon moment de rêve cinématographique. Alors pourquoi autant d’attentes pour un produit hyper formaté et aux forts airs de déjà vu ? Le savoir faire est bel et bien là et les chorégraphes ont extrêmement bien travaillé. Mais là où Whiplash osait la confrontation et l’intensité, La la Land ne quitte jamais le mode pilote automatique. Ce genre de film a déjà été fait et sera certainement refait à nouveau à l’avenir. Ceux qui passaient leurs mardis soirs devant La Dernière Séance sur FR3 avec le laconique Eddy Mitchell aux manettes repenseront à leur jeunesse enfouie, les plus jeunes découvriront un style cinématographique passé de mode mais au charme certain. Le kitsch est bel et bien là, pour le meilleur ou pour le pire, c’est selon.

Un énorme coup de pub porte La La Land vers un succès critique et populaire. Loin d’être inoubliable, le film emportera l’adhésion collective pour un oubli immédiat prévisible.

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La La Land
La La Land

Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions.
De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance.
Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

Sortie : le 25 janvier 2017
Durée : 2h08
Réalisateur : Damien Chazelle
Avec :  Ryan GoslingEmma StoneJohn Legend
Genre : Comédie Musicale, Romance

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Born to be blue ressuscite le mythe Chet Baker

Born to be Blue
Born to be Blue, film de Robert Budreau, Copyright New Real Films

Born to be blue ressuscite le mythe Chet Baker

Born to be Blue fait entendre des mélopées de jazz 1h37 durant, de quoi justifier de voir ce film nostalgique et mélancolique. Devant la caméra de Robert Budreau, Ethan Hawke incarne le génial trompettiste avec un mimétisme total. A l’instar du véritable Chet Baker qui prisait les incessantes improvisations tant dans son oeuvre que dans sa vie, l’acteur et le réalisateur se plaisent à imaginer une biographie rêvée à partir de l’agression qui laissa sa mâchoire brisée. Regards profonds, réflexions désabusées et attitude faussement débonnaire, le glorieux personnage se réincarne dans toute son humanité. Rongé toute sa vie durant par une addiction dévastatrice à l’héroïne, Chet Baker a connu l’ivresse des sommets et les marécages de la déchéance. De quoi en tirer une substance de choix pour un biopic fascinant.

Un personnage bigger than life 

Le film fait bien ressortir ce qui lie inévitablement entre eux tous les génies: cette inconséquence fruit d’un talent scandaleux qui les fait vivre des vies d’égoïstes magnifiques. Désirant plus que tout connaitre la reconnaissance de ses pairs, Chet Baker estimait pourtant être tiré vers le haut par ses prises régulières de drogue. Cette passion dévastatrice ne le quitta pas toute sa vie durant, le faisant connaitre autant la prison que la réprobation collective. Ethan Hawke fait ressortir la fragilité et la délicatesse d’un style musical à nul autre pareil. Tourmenté par une rivalité (virtuelle?) avec Miles Davis, le trompettiste navigue entre passions dévorantes et longues plages de doute. Sa musique en ressort pourtant grandie.

Un film entre spleen et volonté de fer

Le film résonne tout du long d’une omniprésente musique jazzy. Les scènes en couleur alternent avec un noir et blanc classieux pour retranscrire autant l’atmosphère tamisée des prestations scéniques que la complexité d’une vie placée sous le signe de l’improvisation. La love story avec Jane fait espérer une fin heureuse… mais le réalisateur choisit d’éviter l’écueil du happy end, laissant à Chet Baker le privilège de gâcher sa vie comme il l’entend. Le film laisse le sentiment d’une évocation certes fantasmée mais finalement assez juste tant on se plait à imaginer le trompettiste comme un outsider uniquement accaparé par sa personne.

Ce Born to be Blue est une excellente surprise tant il donne envie de se replonger dès la séance terminée dans la discographie du trompettiste et chanteur. C’est bien l’essentiel.

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Born to be Blue
Born to be Blue

Afin de lui rendre hommage, un producteur de Hollywood propose à Chet Baker, le légendaire trompettiste de jazz des années 1960, de tenir le premier rôle dans un long métrage consacré à sa vie. Pendant le tournage, Chet tombe éperdument amoureux de Jane, sa partenaire afro-américaine. Malheureusement, la production est arrêtée le jour où, sur un parking, Chet est passé à tabac.
Anéanti, les mâchoires fracassées, l’artiste se replie sur lui-même, et son passé ravive ses démons. Jane réussit néanmoins à le convaincre d’aller de l’avant, de rester sobre et, grâce à la musique, de regagner la reconnaissance de ses pairs.

Sortie : le 11 janvier 2017
Durée : 1h37
Réalisateur : Robert Budreau
Avec : Ethan Hawke, Carmen Ejogo, Callum Keith Rennie
Genre : Drame, Musical, Biopic

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Downtown, nouveau single de DJ Battle, en featuring avec la reine mondiale du Twerk, Lexy Panterra

DJ Battle
DJ Battle – Downtown

Downtown, nouveau single de DJ Battle, en featuring avec la reine mondiale du Twerk, Lexy Panterra

Communiqué de presse :

Dj Battle, à la tête de la nouvelle génération des Dj’s urbains français, est de retour avec son nouveau single « Downtown » en featuring avec la reine mondiale du « Twerk » Lexy Panterra !
Après + de 13 millions de vues en 5 mois sur le single précédent « Twerk Lesson », Dj Battle place la barre encore plus haut avec ce clip surprenant par sa qualité et sa densité à mi-chemin entre Pop radio et EDM Club music.

Pour ne rien gâcher, Dj Battle & Lexy Panterra seront de retour sur scène, en tournée club et promo européenne, du 16 février au 6 mars 2017.

Lexy Panterra
Lexy Panterra

Live by Night se perd dans des méandres scorsesiens

Live by night
Live by night, film de Ben Affleck, |Copyright Claire Folger / Warner Bros.

Live by Night se perd dans des méandres scorsesiens

Ben Affleck revient à la réalisation après 3 premiers opus réussis et une prestation remarquée en Batman. Après Gone Baby Gone, The Town et le multi oscarisé Argo, il revient à une adaptation en portant à l’écran un roman écrit par Dennis Lehane, comme pour son premier film. Le résultat évoque Les Affranchis et surtout Casino du maitre Scorsese mais sans une certaine ampleur qui avait fait le succès des deux films de gangsters. Live by Night risque de ne pas s’élever de la mêlée et de rester un film anecdotique dans la filmographie de Ben.

Un film de mafia lambda

Dès les premières minutes, la voix traînante de Ben Affleck débute le récit d’une vie placée hors des clous de la loi. Par la faute d’un premier conflit mondial sanglant et surtout considéré comme amoral, Joe Coughlin décide de vivre par la mitrailleuse. Délits et larcins s’enchainent pour une épopée très américaine. Les années 20 sont considérées comme un âge d’or du crime, par la faute de l’argent facile généré par le système de la prohibition. Des héros mythiques ont éclos, comme Al Capone, Lucky Luciano et autres. L’action du film se déroule non pas à Chicago mais d’abord à Boston puis en Floride. Autres localisations mais moeurs similaires avec force exécutions sommaires et exactions. Mais là où Scorsese insérait une inimitable poésie en même temps qu’une violence exacerbée, Ben Affleck semble survoler son récit. Les personnages s’accumulent mais ne sont effleurés que de loin sans qu’aucune description de leurs caractères ne permette de les appréhender complètement.

L’ombre de Robert de Niro

Le personnage taiseux et granitique interprété par Ben Affleck s’inspire furieusement de celui interprété par Robert de Niro dans Casino. Même moue imperturbable, mêmes costumes rosâtres, même gout pour les femmes à la limite du système. Mais là où De Niro apportait son éternel rictus de rital à qui on ne la fait pas, Ben Affleck oppose sa carrure musculeuse héritée du tournage exigeant de Batman Vs Superman. En conséquence, il ressemble à un catcheur alors que son personnage mériterait une délicatesse qu’il n’a pas. Quant aux personnages du film, ils sont estampillés du mythe Scorsese. Joe Pesci, et Sharon Stone trouvent ici leurs exacts reflets, le brio en moins. L’intrigue s’enrichit de quelques péripéties inédites comme ce père haut placé dans la police  mais le souffle n’y est pas. Ni l’ampleur. Le film se suit comme un film de gangster du dimanche soir à la réalisation soignée mais aux trop nombreuses faiblesses.

Live by Night peine à séduire et les aficionados du film de gangsters préféreront se tourneront plutôt vers des classiques plus aboutis.

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Live by night
Live by night

Boston, dans les années 20. Malgré la Prohibition, l’alcool coule à flot dans les bars clandestins tenus par la mafia et il suffit d’un peu d’ambition et d’audace pour se faire une place au soleil. Fils du chef de la police de Boston, Joe Coughlin a rejeté depuis longtemps l’éducation très stricte de son père pour mener une vie de criminel. Pourtant, même chez les voyous, il existe un code d’honneur que Joe n’hésite pas à bafouer : il se met à dos un puissant caïd en lui volant son argent et sa petite amie. Sa liaison passionnelle ne tarde pas à provoquer le chaos. Entre vengeance, trahisons et ambitions contrariées, Joe quittera Boston pour s’imposer au sein de la mafia de Tampa…

Sortie : le 18 janvier 2017
Durée : 2h09
Réalisateur : Ben Affleck
Avec : Ben Affleck, Zoe Saldana, Elle Fanning
Genre : Thriller, Action, Policier

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Résultats concours : Beauty & The Beast Saison 3, 2 coffrets de 4 DVD gagnés

Beauty & The Beast Saison 3

Résultats concours : Beauty & The Beast Saison 3, 2 coffrets de 4 DVD gagnés

Vous avez été 3644 participants au concours Beauty & The Beast Saison 3. Merci de votre excellente participation. Les 2 heureux gagnants sont les suivants :

Sébastien Lalouette et Laurence Colin

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Les Mariées de Taïwan, une BD fascinante et éclairante (Editions La Boîtes à Bulles)

Les Mariées de TaïwanLes Mariées de Taïwan (Editions La Boîte à Bulles)

Clément Baloup enquête sur un sujet mal connu dans nos contrées. L’auteur et dessinateur a pu interroger des femmes et des hommes à Taïwan pour en savoir plus sur ces femmes arrachées à leur Vietnam natal pour convoler avec des célibataire de l’île. La loi capitaliste de l’offre et la demande place ses êtres humains dans un étau loin des promesses de bonheur auxquelles elles ont succombé. La BD se lit comme un thriller captivant tandis que le lecteur suit l’histoire de Linh, entre drame abject et irrépressible instinct de survie.

Un témoignage troublant

Il est toujours troublant de lire un récit hyper réaliste ayant pour thème la traite d’êtres humains. Même si les femmes ne sont pas physiquement forcées de s’exiler à Taïwan, les arguments visant à les persuader de quitter leur famille respirent la forfaiture et leurs vies ne ressembleront en rien aux promesses formulées. Le dessin sombre de Clément Baloup alterne entre tranches de vie dramatiques et insertions mythologiques pour élever le récit jusqu’à l’universalité. Ce sont toujours les mêmes ressorts qui mènent les plus faibles jusqu’à l’entonnoir de l’exploitation. Le scénario n’élude aucun détail scabreux et appose des témoignages divers à la trame principale pour une vision plus complète de la situation.

La BD se lit comme un témoignage de courage et de volonté pour abolir un système qui accumule les blessés plus qu’il n’apporte la félicité. Le scénario est fascinant et le dessin multiplie les niveaux de lecture pour une épaisseur fascinante. Une BD à découvrir!

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Attaché au Vietnam et aux destins brisés de ses ressortissants, Clément Baloup continue de mettre toute sa sensibilité au service du souvenir de ceux qui se sont arrachés à leur terre natale.
Dans ce 3ème volume des Mémoires de Viet Kieu, Clément s’intéresse en particulier à celles que l’on nomme les « Mariées de Taïwan » : ces jeunes Vietnamiennes victimes d’un phénomène qui commença à la fin des années 90, lorsque plusieurs agences matrimoniales virent le jour au Vietnam pour organiser des rencontres avec des hommes taiwanais…
Ainsi des milliers de jeunes femmes, issues de milieux pauvres et campagnards, se mirent en quête d’une échappatoire vers une vie meilleure à travers ces mariages négociés.
Mais tout cela ne fut-il pas qu’un miroir aux alouettes ? Une illusion cruelle ?
Des témoignages rares et intimistes, captivants de bout en bout.

Date de parution : janvier 2017
Scénariste(s) : Clément Baloup
Dessinateur(s) : Clément Baloup
Genre : Enquête, témoignage
Editeur : La Boite à Bulles
Prix : 22 € (158 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Les Mariées de Taïwan
Les Mariées de Taïwan

Les Mariées de Taïwan
Les Mariées de Taïwan

Les Mariées de Taïwan
Les Mariées de Taïwan

Les Mariées de Taïwan
Les Mariées de Taïwan

Le Black SuperMarket : un supermarché abandonné métamorphosé en bar arty et décalé

Black SuperMarket : un supermarché abandonné transformé en bar arty et décalé

A côté de République, pas loin d’Arts et Métiers et de la Gaîté Lyrique, un supermarché d’un nouveau genre est ouvert depuis le 13 janvier : c’est le Black SuperMarket.

Ne vous fiez pas à son nom, à l’intérieur c’est une explosion de couleurs mais les rayons eux, sont vides ! Ancien lieu de la grande distribution laissé à l’abandon, dix artistes se sont emparés de ce Coccinelle Express délaissé pour le transformer, le customiser, l’égayer, l’esthétiser…

L’esprit du supermarché est toujours là, en témoigne les fauteuils-caddies et les rayons frigorifiques-banquettes mais L’Atlas, Katre, Sun7, Astro, Fenx et les autres artistes ont joliment réussi à utiliser les matériaux présents pour urbaniser l’ensemble et remplacer la consommation par l’art.

Black superMarket fauteuils caddies
Black SuperMarket Instagram

 

Le Black SuperMarket accueille, en journée comme en soirée, les amateurs de café et de cocktails. Lieu multiple, il est aussi possible d’y danser, manger, « co-worker »… En fonction des heures de la journée bien sûr. Quoique l’absence de fenêtres et le débordement de couleurs ne vous inciteront peut-être pas au travail. Espace artistique et convivial tout le temps, le Black SuperMarket vous réserve quelques surprises le soir comme des performances, des initiations à l’art urbain – l’atelier virtual graffiti nous procure un petit frisson d’illégalité– des ateliers participatifs, de sérigraphie…

Bref, collectifs et artistes ont rivalisé de créativité pour nous faire aimer cet endroit et on a aimé ! Décalé, urbain, taggé, surprenant, ce lieu éphémère est sponsorisé par Carte Noire qui en profite pour faire déguster sa nouvelle gamme de capsules, la pop capsule.

Destruction programmé le 12 février !

Black SuperMarket street artist
Black SuperMarket Instagram

Adresse : 43 rue Notre  Dame de Nazareth

Date : du 13 janvier au 12 février

Les aventures de Tchitchikov ou les Âmes Mortes au Théâtre du Grütli à Genève

Les aventures de Tchitchikov ou les Âmes Mortes
Les aventures de Tchitchikov ou les Âmes Mortes, Théâtre du Grütli, Mise en scène de Frédéric Polier

Les aventures de Tchitchikov ou les Âmes Mortes au Théâtre du Grütli à Genève

Frédéric Polier adapte le chef d’oeuvre de Nikolaï Gogol Les Âmes Mortes dans une mise en scène foisonnante. Pour sa quatrième saison à la tête de l’institution genevoise, le metteur en scène, comédien et musicien lâche les chevaux et ose l’exubérance. Une galerie de personnages hauts en couleur s’anime avec truculence pour un moment de théâtre total en ligne avec la tradition russe et rehaussée d’un zest de folie douce. Une pièce à découvrir absolument!

Une faille administrative

Les Âmes Mortes est un ouvrage délibérément satirique publié en 1842 par un des plus grands auteurs russes, le bien nommé Nikolaï Gogol. Si l’auteur à succès connut une fin tragique en se laissant mourir de faim, l’ouvrage d’abord intitulé Les aventures de Tchitchikov a contribué à faire rentrer son auteur dans la postérité. L’ouvrage conte les aventures d’un escroc à la petite semaine résolu à faire fructifier une faille administrative. Dans l’Empire russe, les âmes désignaient les serfs mâles. La valeur d’une propriété était fonction du nombre d’âmes qui y vivaient et la durée de 5 ans entre chaque recensement permettait d’en augmenter la valeur artificiellement. Les serfs morts vivaient ainsi des années dans les registres de l’État. Tchitchikov fait le tour des propriétés pour récupérer des âmes avec force malice et subterfuges. Frédéric Polier accentue la cocasserie de ses aventures en forçant le trait à l’excès.

Des personnages picaresques

11 comédiens se griment et se travestissent pour interpréter une galerie de personnages plus caricaturaux les uns que les autres. Petits travers et grandes hypocrisies affleurent constamment avec toujours ce persiflage mielleux d’un héros habile à manoeuvrer l’âme humaine. Avec ses airs de Méphisto vêtu de rouge et surmonté d’une coiffure diabolique augmentée d’une barbiche, le héros traverse les paysages de la Russie éternelle à bride abattue. Il vole de succès en succès grâce à son art de la duperie ainsi qu’à la médiocrité de ses interlocuteurs. Les scènes s’enchaînent de manière ininterrompue pendant 3 heures de pur spectacle. Le foisonnement des personnages et le rythme ininterrompu de leurs entrées et sorties donnent le vertige. Un soin tout particulier est apporté à l’accompagnement musical, épaississant d’autant l’impression de ballet folklorique. Petite guitare, sérénade à l’accordéon ou rythmes technos endiablés s’enchainent sans discontinuer.

Une adaptation entre classicisme et modernité

La complexité du texte de Gogol est parfaitement retranscrite autant que rehaussée d’ajouts truculents. Une touche de Brel par-ci, du bel canto italien par-là, le metteur en scène ne recule devant aucun artifice pour accentuer l’impression de kermesse fantasque. Comédiennes dans des rôles d’homme, comédiens dans des rôles de femmes, le mélange des genres est total. L’ouvrage de Gogol voit le freluquet échapper indemne à la découverte de ses intentions diaboliques. Sans tuer personne ni mettre en danger autrui, le personnage de Tchitchikov personnifie l’outrecuidance de ceux qui jouent avec un système kafkaïen. En connaissant parfaitement ses ressorts imparfaits, il en joue avec une totale impunité, interrogeant de même sur une possible correspondance avec nos systèmes modernes. Vivons-nous tout autant dans un monde similaire à celui dépeint par Gogol dans notre temps présent? La question dérange et mieux vaut pas ne trop s’y attarder sous peine de maux de tête…

L’énergie déployée est considérable et on imagine la hardiesse des répétitions pour obtenir une telle fluidité. Comédiens et mise en scène se mettent au diapason des intentions de Frédéric Polier pour un résultat enthousiasmant. Si vous passez d’aventure à Genève avant la fin du mois de janvier 2017, n’hésitez pas à tenter cette aventure théâtrale revigorante!

Dates :  du 10 au 29 janvier 2017
Lieu : Théâtre du Grütli (Genève)
Metteur en scène : Frédéric Polier
Avec : Marc Aeschbacher, Lionel Brady, Charlotte Chabbey, Nathalie Cuenet

Big Bang Saïgon ou la love story revisitée (La Boîte à Bulles)

Big Bang Saïgon
Big Bang Saïgon, BD de Maxime Peroz et Hugues Barthe, Editions La Boîte à Bulles

Big Bang Saïgon ou la love story revisitée (La Boîte à Bulles)

Max a 25 ans et se trouve à la croisée des chemins. Logé chez ses parents, dénué d’avenir professionnel et de perspectives de vie, il se décidé à s’expatrier au Vietnam. Le changement d’horizon lui fait rencontrer Akiko, jeune japonaise elle même expatriée. Elle semble aussi sûre d’elle que lui est hésitant. Ils vont s’aimer à la folie dans un paysage ouvert à tous les possibles. Pas de limites ni d’interdits pour une BD explicite destinée à un public averti.

Une BD hantée par le passé

Le jeune héros suit le chemin familial fait de voyages à travers le monde et d’aventures coloniales. Entre Indochine et Algérie, c’est toute une époque qui est exhumée sous les yeux du lecteur. La découverte de ce passé pas si lointain trouble le héros jusqu’à lui donner envie de le prolonger. En partant au Vietnam, il s’inscrit dans une lignée généalogique jusqu’à orienter ses choix personnels. La jeune et jolie Akiko ensorcèle le héros, lui ouvrant son coeur et ses fantasmes. Car Big Bang Saigon mélange sentiments contrariés et intimité sans équivoque dans une BD adulte qui démontre la fragilité des sentiments. Le quotidien des deux jeunes héros est fait de liberté et d’inconséquence, est-il possible de prolonger une vie sans contraintes jusqu’à risquer de s’y perdre? Le dessin de Maxime Peroz entre manga et format belge illustre ce choix de la liberté avec des choix de couleur simplifiés et eux aussi explicites. La jeunesse est décidément une période rêvée de l’existence mais ses blessures peuvent marquer un caractère à vie.

Big Bang Saïgon se situe entre le roman d’apprentissage et la Love Story. Les choix de vie ne sont jamais aisés, ce que le jeune héros illustre parfaitement dans une BD que l’on imagine autobiographique et mélancolique.

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Lassé de ne pas trouver d’emploi à la sortie des Beaux Arts, Maxime décide de prendre le large et de découvrir le monde. Et comme il faut bien commencer quelque part, Maxime choisit le Vietnam, car il a dans l’idée de retrouver la trace du mystérieux demi-oncle que son grand-père, ancien militaire, aurait laissé là-bas après la guerre d’Indochine.

Ce n’est pourtant pas lui qu’il va rencontrer à Saigon, mais l’amour fou, en la personne d’Akiko, une jeune Japonaise souriante qui va bouleverser son programme et sa vie. Malgré ce coup de foudre, le jeune homme doit retourner en France, faute d’argent. Commence alors entre eux une relation par écrans interposés, dont la chaleur n’a rien à envier aux ébats torrides qu’ils vécurent à Saigon.

Deux questions se posent alors pour Maxime : pourquoi ne retournerait-il pas au Vietnam ? Et pourrait-il faire sa vie avec la jeune femme, lui qui vit au jour le jour ?

Un appel au voyage et à la découverte, une ode à la vie et à la sensualité.

Date de parution : Janvier 2017
Scénariste(s) : Hugues Barthe
Dessinateur(s) : Maxime Peroz
Genre : Biographique
Editeur : La Boîte à Bulles
Prix : 25 € (160 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Big Bang Saïgon
Big Bang Saïgon

Big Bang Saïgon
Big Bang Saïgon

Big Bang Saïgon
Big Bang Saïgon

Big Bang Saïgon
Big Bang Saïgon

Blood Father, sortie DVD du film le 18 janvier

Blood Father
Blood Father, film de Jean-François Richet, Copyright SND

Blood Father de Jean-François Richet, en DVD le 18 janvier

Il fallait pas énerver Mel Gibson! Paisible barbu tatoueur, John Link est en libération conditionnelle et se tient à carreaux. Mais quand sa fille perdue de vue revient pourchassée par des caïds latinos, il devient tout rouge et se met à canarder à tout va. Gunfights, poursuites en moto ou en voiture, l’ancien taulard se transforme en ange exterminateur pour les beaux yeux de sa progéniture. Jean-François Richet en donnait pour l’argent du spectateur venu voir un film d’action survitaminé et sans concessions. La sortie du film en DVD et Blu-Ray promet de belles soirées chips/pizza.

Mel Gibson en mode hipster hirsute

Vous connaissiez les personnages barrés de Mad Max et Martin Riggs, Mel Gibson rajoute un nouveau caractère à sa belle galerie de chiens fous. Il est le d’abord placide John Link rangé des camions et heureux de sa vie hors de taule. Le téléphone sonne comme un cri du destin. A l’autre bout, sa fille demande désespérément de l’aide. Et c’est parti pour une heure et demie d’action débridée à toute berzingue. Pas de poésie ni de littérature, Richet sait y faire en matière d’action après Ma 6-T va cracker et les 2 épisodes de Mesrine. Il y insère quelques états d’âme, à doses comptées, et laisse les clés du foodtruck au grand Mel.

Blood Father envoie la sauce et vous fera passer un bon moment d’action assumée. La prochaine fois, les gangsters y réfléchiront à deux fois avant de lui faire des réflexions sur sa barbe!

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Blood Father
Blood Father

John Link n’a rien d’un tendre : ex-motard, ex-alcoolique, ex-taulard, il a pourtant laissé tomber ses mauvaises habitudes et vit reclus dans sa caravane, loin de toute tentation.
C’est l’appel inattendu de sa fille Lydia, 17 ans, qui va lui faire revoir ses plans de se tenir tranquille…
Celle-ci débarque chez lui après des années d’absence, poursuivie par des narcotrafiquants suite à un braquage qui a mal tourné.
Lorsque les membres du cartel viennent frapper à la porte de John, ils sont loin de se douter à qui ils ont affaire…

Sortie DVD : le 18 janvier 2017
Durée : 01h28
Réalisateur : Jean-François Richet
Avec : Dustin Hoffman, Kathy Bates, Eddie Izard, Kevin McHale, Joe West
Genre : voir fiche allociné
Prix : 19,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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L’Origine de la Violence en DVD le 18 janvier prochain

L'Origine de la Violence
L’Origine de la Violence, film de Elie Chouraqui, Copyright L’Origine Productions

L’Origine de la Violence, le film de Elie Chouraqui en DVD 

L’Origine de la Violence avait été critiqué sur Publik’Art en mai 2016 et un commentaire extensif décrivait les qualités nombreuses de ce film émouvant et élégant. Histoire de famille et quête d’identité, le long métrage d’Elie Chouraqui fait replonger dans les affres de la second guerre mondiale et de la Shoah. Adapté de l’ouvrage de Fabrice Humbert, le film interroge sur le concept brillamment échafaudé par Hannah Arendt sur la banalité du mal.

Une mise en perspective admirable

Loin de se contenter de décrier le mauvais rôle de beaucoup et le poids de la culpabilité, le film met surtout les choses en perspective, et cette perspective vient souvent à manquer dans le cinéma. Pour bien comprendre la souffrance, il ne faut pas seulement parler au coeur, mais également à l’esprit, et c’est ce qu’Elie Chouraqui rend perceptible. Il n’insiste pas lourdement et simplement sur la souffrance mais il la restitue dans un contexte. Et si le héros, qui n’a pas connu les années 40, vit si mal sans savoir pourquoi, c’est justement parce qu’il lui manque les éléments de compréhension, que sa famille finira par lui révéler. Car la vérité est souvent bien plus compliquée que ce qu’en disent les médias…

Un film à découvrir absolument. Si le traitement formel reste classique et que les acteurs jouent leur partition honnêtement, c’est surtout la portée philosophique du film qui en fait un incontournable du cinéma. A découvrir!

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L'Origine de la Violence
L’Origine de la Violence

Lors d’un voyage en Allemagne, un jeune professeur, Nathan Fabre, découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie. 
De retour en France, le souvenir de cette photographie ne cesse de l’obséder. Face au silence de son père, il décide alors de se pencher sur l’histoire de sa propre famille. Les secrets qu’il y découvre bouleversent son existence. 

À l’issue de sa quête, Nathan comprendra que le passé, même enfoui au plus profond des mémoires, finit toujours par ressurgir…

Sortie DVD : le 18 janvier 2017
Durée : 01h39
Réalisateur : Elie Chouraqui
Avec : Richard BerryStanley WeberCésar Chouraqui 
Genre : voir fiche allociné
Prix : 19,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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Corniche Kennedy révèle une jeunesse en quête de sensations et d’émotions

Corniche Kennedy
Corniche Kennedy, film de Dominique Cabrera, Copyright Jour2fête

Corniche Kennedy révèle une jeunesse en quête de sensations et d’émotions

Corniche Kennedy débute comme un roman d’initiation. Susanne (Lola Creton de plus en plus omniprésente sur les écrans depuis Après Mai, Les Salauds ou Un Amour de jeunesse) est une jeune fille de famille bourgeoise qui prépare son bac imminent. Elle vaque sur la terrasse de la villa familiale entre ennui et révisions, et observe un groupe de jeunes des cités. Ils défient l’apesanteur en sautant du haut d’une corniche dans la Méditerranées. 10 mètres de vide les séparent de la terre ferme, ils rigolent, se vannent, ils lui semblent libres, elle veut les connaitre. La première partie du film montre les liens qui se tissent avec une belle délicatesse. La dernière demi-heure se perd quelque peu dans une trame policière moins aboutie à la limite du caricatural. Reste tout de même cette évocation onirique et bienveillante d’une jeunesse rêvant d’absolu.

Cap ou pas cap? 

Le film débute la boule au ventre. Les rochers tous proches et la peur d’une mauvaise chute agitent le spectateur. Surtout que l’effet de groupe pousse les moins aventureux à imiter les chambreurs pour ne pas avoir la honte. Cette jeunesse inconsciente invoque les souvenirs personnels de chacun. L’été débute, le ciel est bleu, le soleil tape et cette jeunesse ne s’embarrasse pas de convenances. Menus larcins dans les supermarchés et ton délibérément frondeur constituent leur quotidien. Susanne se mêle rapidement à eux, fascinée par leur légèreté et ce lien indissoluble qui les relient. Elle veut en être. Marco (Kamel Kadri) et Mehdi (Alain Demaria) la prennent sous leurs ailes protectrices et l’initient aux rituels de leur clan. L’amitié naissante cache une affection grandissante… La première moitié du film cache une belle bienveillance pour cette jeunesse à l’énergie folle et à l’envie de croquer la vie.

Un thriller plus anecdotique

Tandis que garçons et fille nouent des liens de plus en plus étroits, une intrigue policière se greffe avec moins de bonheur. La caricature affleure trop souvent par son manque criant d’originalité. Caïds et policiers se suivent dans une enquête qui casse quelque peu le rythme du film jusque là assez plaisant. Surtout que les amitiés ambiguës se précisent au même moment, transformant les bluettes en romances maladroites. Lorsque le film quitte le fil de la jeunesse pour tenter d’attraper la corde de l’âge adulte, le résultat est moins convaincant. Les adolescents font de meilleurs chiens fous que de petits malfrats. Reste de jeunes acteurs qui touchent par leur maladresse et leur envie de bien faire.

Cette Corniche Kennedy mérite le détour pour découvrir une nouvelle génération de jeunes acteurs que l’on reverra certainement dans d’autres longs métrages.

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Corniche Kennedy
Corniche Kennedy

Corniche Kennedy. Dans le bleu de la Méditerranée, au pied des luxueuses villas, les minots de Marseille défient les lois de la gravité. Marco, Mehdi, Franck, Mélissa, Hamza, Mamaa, Julie : filles et garçons plongent, s’envolent, prennent des risques pour vivre plus fort. Suzanne les dévore des yeux depuis sa villa chic. Leurs corps libres, leurs excès. Elle veut en être. Elle va en être.

Sortie : le 18 janvier 2017
Durée : 1h34
Réalisateur : Dominique Cabrera
Avec : Lola Creton, Aïssa Maïga, Moussa Maaskri
Genre : Drame

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Pour un oui ou pour un non décortique les subtilités du langage et révèle l’indicible

Pour un oui ou pour un non
Pour un oui ou pour un non, Théâtre de Poche Montparnasse, De Nathalie Sarraute – Mise en scène Léonie Simaga

Pour un oui ou pour un non décortique les subtilités du langage et révèle l’indicible

Deux amis renouent après une longue période sans se voir. Rien ne sera dit sur leurs historiques respectifs, leurs noms mêmes sont passés sous silence, seul compte ce lien brisé et cette tentative d’explication. La raison de leur séparation se fait jour via une anecdote apparemment bénigne mais révélatrice du fossé qui s’est creusé entre eux. 3 simples mots jetés à la volée ont suffi pour abattre l’édifice de leur amitié. Pour un oui ou pour un non révèle les failles silencieuses et le poids des non-dits avec deux comédiens tout en finesse.

Une pièce sans intrigue

Les spectateurs sont d’abord frappés par la scène du Théâtre de Poche Montparnasse toute recouverte de blanc. Aucun décor ne permet de situer l’action dans une époque ou un lieu. Deux protagonistes apparaissent, l’un décontracté et confiant (Nicolas Briançon), l’autre agité et nerveux (Nicolas Vaude). Ni héros romantiques ni personnages dramatiques, ils représentent une normalité de façade derrière laquelle se cache le poids indicible du malentendu. La pièce se déroule toute entière sur un échange verbal continu. Les deux caractères s’opposent sans discontinuer, s’affrontant sur une formulation inappropriée ou un ton jugé condescendant. Le déferlement de griefs mutuels révèle la douce atonie d’un passé commun dénué des révélations qui construisent une relation entre les êtres. Les non dits ont remplacé les mots et ceux-ci veulent reprendre toute leur place. Le rapprochement ne se fait pas sans anicroches multiples et débats animés, bienveillance et confrontation se succèdent jusqu’à un constat final, et attendu, de désaccord.

Des comédiens sur le fil

Les deux Nicolas parviennent à faire vivre le texte de Nathalie Sarraute à coups de répliques décalées et de postures à la limite de la caricature. Les mots sont immédiatement analysés jusqu’à les décortiquer pour en trouver le sens profond. Le décor épuré et l’absence d’enjeu dramatique placent le langage au coeur de l’action et les comédiens au centre de l’attention. Leurs mimiques et expressions corporelles déclenchent rires et réactions de la part d’un public totalement concentré sur leurs performances. Si certains pourront taxer la pièce d’intellectualisation excessive du fait de son épure formelle et de son intrigue elliptique , les deux comédiens épaulés de Roxana Carrara fascinent par leur jeu ininterrompu du chat et de la souris.

Pour un oui ou pour un non est un véritable concept théâtral à la hauteur des intentions de Nathalie Sarraute. Le non-avoué ne peut plus se cacher derrière les silences et doit quitter sa forme invisible pour se déclarer au grand jour, non sans violence.

Dates :  jusqu’au 18 mars 2017
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Léonie Simaga
Avec : Nicolas Briançon, Nicolas Vaude, Roxana Carrara

Une irrésistible Cruche sur la scène du Lucernaire

La Cruche
La Cruche de Georges Courteline, Mise en scène d’Henri de Vasselot, Le Lucernaire

Une irrésistible Cruche sur la scène du Lucernaire

Une comédie de moeurs située au tournant du XXe siècle est-elle capable de faire rire à gorges déployées un public du  XXIe siècle? C’est le tour de force que réalise L’Envolée Lyrique en adaptant avec une truculence jubilatoire La Cruche de Georges Courteline. Le marivaudage navigue entre critique sociale et dénonciation de l’hypocrisie de classe sans jamais perdre de sa légèreté. Tandis que les tours de chant s’accumulent pour ravir l’audience, les cocasseries font mouche et la farce conserve son inégalable truculence tout du long.

Un marivaudage jubilatoire

Georges Courteline se définissait lui-même comme un observateur clairvoyant de la vie quotidienne, mettant en scène des personnages rendus comiques par le décalage entre leur condition modeste et leur très haute estime d’eux-mêmes. La Cruche est Margot, la maitresse séduisante mais quelque peu simplette de Laurianne, bourgeois de banlieue fortement imbu de lui-même. S’imaginant en génial inventeur, il attend ses palmes académiques en ne cessant de rudoyer Margot. Pendant que Laurianne entreprend dans le même temps Camille avec une outrageuse impunité, Margot se laisse charmer par le plus aimable Duvernié loin d’être insensible à ses charmes. Ce petit monde multiplie les petites ambivalences et les grandes ambiguïtés pour un marivaudage jubilatoire. Le spectacle de personnages rendus ridicules par leurs ostensibles travers fait rire aux éclats le public tout en leur attirant indulgence et sympathie.

Une troupe très convaincante

Si le texte de Courteline conserve encore aujourd’hui sa pertinence, la troupe de L’Envolée Lyrique ne ménage pas ses effets pour le faire vivre. L’énergie déployée transforme la comédie de moeurs en farce burlesque pour un résultat comique inimitable. Loin d’être inconnue, la troupe avait triomphé au festival d’Avignon avec Cosi Fan Tutte et Les Contes d’Hoffman pour des Prix du public 2013 et 2014. Les chants émeuvent avec notamment une reprise en chanson du poème L’heure Exquise de Verlaine et ravissent avec d’irrésistibles ritournelles drolatiques. Les comédiens enflamment la scène et ne se ménagent pas pour emporter l’adhésion du public. Mention spéciale à tous les comédiens Agathe TrebucqFlorence Alayrac ou Marc Sollogoub qui livrent des prestations enflammées.

L’énergie déployée par la troupe de L’Envolée Lyrique force le respect et le but est atteint. La comédie divertit et des salves d’applaudissement finales récompensent une prestation à ne pas manquer. Et il faut faire vite, La Cruche se finit très bientôt, le 22 janvier!

Dates :  du 14 décembre 2016 jusqu’au 22 janvier 2017 à 19h du mardi au samedi, 15h le dimanche
Lieu : Le Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Henri de Vasselot
Avec : Antoine Bacquet, Agathe Trebucq, Maria Mirante, Florence Alayrac, Martin Jeudy, Marc Sollogoub

Sans consentement, des jeunes femmes violées et leurs combats (Presses de la Cité)

Jon Krakauer
Jon Krakauer © wonderbook.fr

Sans consentement, des jeunes femmes violées et leurs combats (Presses de la Cité)

Dans son dernier livre, Jon Kraukauer relate des affaires de viol. Sans consentement est en fait un documentaire sur le viol. Une enquête très approfondie sur le viol aux USA et plus précisément dans la région du Montana, à Missoula.

Faits réels

Jon Kraukauer va s’appuyer sur des faits réels, qui se sont vraiment passés. Il va nous donner tous les moindres détails de l’affaire. Il s’agit toujours d’une jeune fille, toujours universitaire, qui a été agressée sexuellement, la plupart du temps par un autre étudiant.
La première « affaire » est celle d’Allison. Allison venait d’être admise à l’université Eastern Oregon, avec une bourse d’athlétisme. Son ami d’enfance, Beau, (ils se connaissent depuis le CP, c’est son meilleur ami), se trouvait à l’université du Montana, dite UM, grand joueur de football. Sans rentrer dans les détails, lors d’une soirée un peu arrosée, Beau, en qui Allison avait toute confiance, va abuser d’elle et l’a violée. Après de multiples hésitations, Allison va porter plainte et se battre envers et contre tous pour que Beau soit puni et se retrouve derrière les barreaux. Mais il faudra beaucoup d’énergie à Allison pour aller jusqu’au bout et apporter les preuves de la culpabilité de Beau.

Sentiments de culpabilité

Chaque histoire recensée dans le livre de Jon Kraukauer est différente même si elles ont toutes des points communs. Cela se passe sur le même campus, les garçons sont tous brillants, voire, même considérés comme des héros… A chaque fois, le jeune homme a tendance à nier avoir violé la jeune fille. Quant à cette dernière, même si elle se sent victime et en souffre, elle se sent aussi coupable. Coupable d’avoir peut-être trop bu, coupable d’avoir fait confiance à ce garçon, coupable de ne pas avoir su éviter le viol, coupable d’avoir été paralysée au point d’être incapable de crier, coupable de ne pas avoir porté plainte immédiatement, ou tout simplement coupable d’avoir tenté de nier le viol.
L’enquête menée par Jon Kraukauer est très rigoureuse, aussi bien dans les faits, que dans les nombreux comptes rendus juridiques qui s’y trouvent. Rien n’est inventé.

Prise de conscience

On ne comprend pas comment autant de viols ont pu être commis, et sont encore commis et aussi peu de personnes mises en prison.
Ces cinq jeunes femmes racontent leur histoire, leurs souffrances et leurs « chemin de croix », suite à leur viol. Ce qui est le plus étonnant dans ce livre est qu’en fait ce sont les jeunes filles qui se sentent coupables. Elles se disent que c’est peut-être de leur faute si elles ont subi un viol. Et que souvent, le jeune homme nie les faits, capable d’abuser de la jeune fille même pendant son sommeil. L’alcool est souvent une des causes du viol, mais n’excuse rien.
Ce livre de Jon Kraukauer permet une prise de conscience sur ce qu’est le viol, sur ce que veut dire être victime et surtout sur ce que représente, au nom de la loi, le viol. Et ce que risque le violeur. Pas de portrait spécifique du violeur. Tout le monde peut devenir, un jour, sous l’emprise de l’alcool, un assassin. Le viol, un crime qui détruit totalement une personne, et souvent pour le restant de ses jours. Un livre à mettre entre toutes les mains car le viol, hélas, peut toucher chacun d’entre nous…

Extrait p.265 :

Le docteur David Lisak […] témoignera « qu’il n’existe pas de moyen d’identifier un violeur, et qu’il n’existe pas non plus de réaction standard lorsqu’on subit un viol ». « Il vous expliquera que les victimes sont souvent dans le déni de ce qu’elles ont subi, tendent à minimiser la gravité des faits et, souvent, s’efforcent de sauvegarder les apparences de la normalité. Lisak vous expliquera encore que la culpabilité est un classique chez les victimes de viol et que, pendant l’acte à proprement parler, exposées à la menace, elles réagissent souvent en se figeant complètement. » p.266

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Sans consentement Documents – Témoignages et Enquêtes
Enquête sur les viols perpétrés dans une université américaine
Célèbre pour son campus universitaire et surtout pour son équipe de football – les Grizzlis –, l’université de Missoula est secouée par plusieurs affaires de viols commis entre 2010 et 2012 par des étudiants.
À partir de ce scandale retentissant, Jon Krakauer brosse le tableau d’une Amérique où le viol est le crime le plus fréquent – même si près de 80% des victimes ne portent jamais plainte.
Comment expliquer ce phénomène ? Peut-on dresser un portrait type du violeur ? Quelles sont les répercussions d’un tel traumatisme pour la victime ? Comment la société et la justice réagissent-elles ? C’est à toutes ces questions que Jon Krakauer entend répondre.

Date de parution : le 20 octobre 2016
Auteur : Jon Kraukauer
Editeur : Presses de la Cité
Prix : 20 € (416 pages)
Acheter sur : Amazon

Jamais contente d’Emilie Deleuze : Aurore, 13 ans, râleuse professionnelle

Jamais contente d'Emilie Deleuze avec Alex Lutz
Copyright Ad Vitam

Jamais contente d’Emilie Deleuze : Aurore, 13 ans, râleuse professionnelle

Mi-ange, mi-démon ? Les enfants ont deux visages mais Aurore n’en a qu’un seul, elle est démoniaque ! Elle n’est qu’en 5ème – pour la seconde fois – mais elle a déjà un métier : râleuse professionnelle, et elle excelle. Au désespoir de ses parents, de ses sœurs et de ses professeurs, elle ne travaille pas, fais la gueule et remet tout en cause.

Jamais contente est une adaptation du livre « Le journal d’Aurore » de Marie Desplechin. L’ouvrage a eu son petit succès auprès des lectrices de 12 à 16 ans à tel point qu’une BD est née en 2016. Maintenant, vient le temps du film. En salle le 11 janvier 2017, c’est Emilie Deleuze qui en a pris les commandes.

Pas facile de scénariser un livre/ journal intime remplit de dates et des pensées désordonnées d’une jeune adolescente en crise. L’histoire devait être cohérente, encadrée et progressive. Et parce qu’ils ont gardé l’esprit du livre mais pas la lettre, c’est une réussite.

Le plaisir d’identification est très jouissif. Aurore est une râleuse je-m’en-foutiste vexante comme on n’a plus le droit de l’être. Et pourtant, qu’est-ce qu’on aimerait avoir ce petit fond de cruauté quelque fois ! Qu’est-ce qu’on aimerait dire les choses en face à notre famille ou à nos supérieurs !

Jamais contente d'Emilie Deleuze avec Lela Magnien
Copyright Ad Vitam

Jamais contente : un film mignon et divertissant

Si, pour les adultes, c’est un régal de l’entendre râler, pour les enfants, c’est un très mauvais exemple. C’est étrange d’ailleurs que les parents ne soient pas concernés par la mauvaise influence qu’Aurore pourrait avoir sur le comportement de leurs progénitures.  Elle remet tout le monde à sa place, surtout sa famille, râle pour tout et pour rien, pose des questions ultra-gênantes qui laissent bouche bée, ne parle plus à personne de toute la journée juste parce qu’elle n’est pas d’humeur… Bref, Aurore c’est un petit diable au bon fond. Elle est attachante mais pour les enfants, elle est surtout chiante et le désir d’imitation doit les titiller. Ce serait drôle assurément.

Débordante d’imagination, paumée et décalée, c’est pour ça qu’on l’aime quand même. Plutôt bien interprétée par une nouvelle venue, Léna Magnien, la meilleure prestation du film reste, de loin, celle d’Alex Lutz. Il a du charisme, un style singulier  et une douceur qui le font briller dans son rôle de professeur de français attentionné.

Jamais contente est un film mignon et divertissant. Pas très original, un peu superficiel tant on est dans le léger et le second degré mais, on rit et on passe du bon temps. Ce film avait-il d’autres objectifs que celui d’amuser ? Rien de certains. Donc, à ce niveau-là, il est réussi.


Mon père est atroce, ma mère est atroce, mes sœurs aussi, et moi je suis la pire de tous.
En plus, je m’appelle Aurore.
Les profs me haïssent, j’avais une copine mais j’en ai plus, et mes parents rêvent de m’expédier en pension pour se débarrasser de moi.
Je pourrais me réfugier dans mon groupe de rock, si seulement ils ne voulaient pas m’obliger à chanter devant des gens.
A ce point-là de détestation, on devrait me filer une médaille.
Franchement, quelle fille de treize ans est aussi atrocement malheureuse que moi ?

Sortie : le 11 janvier 2017
Durée : 1h29
Réalisateur : Emilie Deleuze
Avec : Léna Magnien, Patricia Mazui, Philippe Duquesne
Genre : Comédie

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La différence invisible livre un témoignage poignant sur la découverte de la différence (Delcourt)

La différence invisible
La différence invisible, Scénario Julie Dachez, Dessin Mademoiselle Caroline

La différence invisible livre un témoignage poignant sur la découverte de la différence (Delcourt)rt)

Marguerite est une jeune femme de 27 ans comme tout le monde. Elle vit dans son appartement avec ses deux chats et son chien, elle travaille dans une grande entreprise, elle a un petit copain. Pourtant, une voix intérieure ne cesse de la tourmenter. Pourquoi connait elle tant de difficultés à se socialiser avec les autres, souffre-t-elle si facilement de problèmes avec le bruit et s’entoure-t-elle de tant de petites manies? La différence invisible traite d’une découverte de soi-même car à force de recherches, Marguerite va découvrir qu’elle est atteinte du syndrome d’Asperger. La BD est un modèle de pudeur avec ses dessins clairs et son scénario tout en délicatesse. Un grand moment de lecture qui interpellera chaque lecteur par son honnêteté et sa simplicité.

Le récit d’une libération

La jeune héroïne Marguerite ne souffre pas de pathologie grave ni de maladie gravement invalidante. Son existence suit un rythme routinier qui la rassure et la conforte avec tous les attributs de la normalité. La BD révèle pourtant ces menues contrariétés qui égrènent son quotidien. Sans y prêter une attention particulière, Marguerite en souffre de plus en plus car la perception des autres vire aux critiques répétées et aux remises en cause perpétuelles. Elle quitte les soirées précocement, préfère dormir sur son matelas pour ne pas être réveillée et peut parler de ses passions pendant des heures. Julie Dachez se raconte sous les traits de Marguerite et la BD devient une quête de soi. L’héroïne est de plus en plus mal à l’aise et va chercher à mettre un nom sur ce qu’elle ne parvient pas à identifier. Ce n’est qu’après un rendez vous avec le Docteur Crowe que l’espoir renait. Ne serait-elle pas atteinte du syndrome d’Asperger?

Une BD témoignage

En plus d’un récit pudique et délicat, la différence invisible donne surtout des clés pour comprendre et évaluer un syndrome plus répandu qu’il n’y parait. L’ouvrage se finit avec de bons conseils et les coordonnées utiles pour creuser la question si nécessaire. L’héroïne vit une véritable libération quand elle se sent enfin prise au sérieux. Finies les critiques faciles et l’inconfort perpétuel, elle peut enfin se sentir libre et simplement différente. Car la différence n’est pas une faiblesse ou un défaut, c’est juste… une différence. Au coeur d’une société de plus en plus formatée et normée, la différence fait encourir le risque de la dévalorisation et du préjugé. La BD est un récit de courage et surtout un exemple de reprise en main de son existence. Car la solution, comme souvent, se trouve en soi. Marguerite alias Julie Dachez n’a plus peur de ce qu’elle est. Le dessin de Mademoiselle Caroline va à l’essentiel, faisant bien ressortir les expressions des personnages dans une belle gamme de nuances.

La différence invisible est une BD qui se dévore et se relit presque immédiatement. L’héroïne vit une belle aventure personnelle qui laisse un large sourire imprimé sur le visage du lecteur.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Marguerite se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Ses gestes sont immuables, proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d’elle-même et découvrir qu’elle est autiste Asperger. Sa vie va s’en trouver profondément modifiée.

Date de parution : 31 aout 2016
Scénariste(s) : Julie Dachez
Dessinateur(s) : Mademoiselle Caroline
Genre : Témoignage
Editeur : Delcourt
Prix : 22,95 € (196 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

La différence invisible
La différence invisible

La différence invisible
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