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Réparer les vivants, un hymne fulgurant à la vie

Réparer les vivants
Réparer les vivants, film de Katell Quillévéré, Copyright Mars Films

Réparer les vivants, un hymne fulgurant à la vie

Il est des films qui marquent au fer rouge. Réparer les vivants dépasse le simple cadre du cinéma et englobe des questions de société qui bousculent. Quand le coeur d’un patient en état de mort cérébrale peut sauver une femme aux jours comptés, le film choisit un déroulé pudique et sans artifices pour un résultat qui marque jusqu’à longtemps après la fin de la projection. Un film brillant, rien de moins (attention inévitables Spoilers).

La vie sur le fil

Le film débute avec le quotidien lambda d’adolescents fans de surf. Leur parcours laisse craindre le pire jusqu’à l’accident tragique. Ces 15 premières minutes révèlent la fragilité de la vie, sur le point de basculer au détour d’un virage ou d’une vague. La musique d’Alexandre Desplat égrène de subtiles notes de piano sans tambour ni trompettes. Suit alors l’annonce douloureuse aux parents meurtris après l’accident. Interprétés par Emmanuelle Seigner et Kool Shen, ils sont confondants de vérité dans leur douleur. Face à eux, des médecins contrits doivent annoncer l’opportunité du don d’organe dans un moment pas simple. L’objectif de sauver des vies leur donnent l’influx pour expliquer l’inexplicable. Et là, Tahar Rahim bouleverse par son jeu tout en retenue et en pudeur. Premières larmes.

La course contre la montre

Suit alors l’évocation d’une patience atteinte d’insuffisance cardiaque sévère interprétée apr une Anne Dorval bouleversante. Entourée de ses deux garçons (dont un Finnegan Oldfield que l’on voit partout depuis Nocturama), elle veut vivre mais l’idée de récupérer un organe la met mal à l’aise. Son médecin la convainc du bien fondé de la démarche et Dominique Blanc est là aussi à tomber de justesse. Tandis que les parents du patient acceptent l’idée de céder les organes de leur fils pour sauver des vies, le chronomètre se déclenche. Et Karim Leklou ainsi qu’Alice de Lencquesaing sont ces deux médecins chargés d’extraire le coeur, pour le transporter et le réimplanter. Seconde crise de larmes. Les gestes sont justes, l’ambiance est pesante, la détermination est totale. Loin des ambiances hollywoodiennes style Urgences ou Grey’s anatomy, l’ambiance de transplantation laisse entrevoir les regards concentrés des médecins, leurs doutes et le sentiment final d’avoir réalisé l’impossible. Le coeur est transplanté, ils le relancent, le choquent. Il repart. Les médecins se regardent et ce qui passe dans leurs yeux va au-delà des commentaires. Troisième crise de larmes.

Une émotion vraie

Tandis que la patiente se réveille, le spectateur comprend l’ineffable. Elle est vivante, elle s’en rend compte, sa vie va continuer. Les notes du Five Years de David Bowie résonnent et la vie a vaincu la mort. Quatrième crise de larmes. Le film est d’une telle justesse qu’il est impossible de le suspecter de mauvaises intentions. Tout son déroule montre la fragilité de la vie et surtout le rôle central, obligatoire et louable du corps médical. Eux-mêmes remplis de doutes, les médecins sont les vrais héros du film. Bouli Lanners, Tahar Rahim et tous les autres acteurs/actrices rendent à César ce qui est à César. Sauver des vies, réparer les cabossés, pour entretenir l’espoir, c’est magnifique.

Réparer les vivants bouscule comme rarement par sa juste pudeur. Les médecins sont les vrais superhéros ce ce film à découvrir absolument. Âmes sensibles prévenues, le film touchera votre être au plus profond.

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Réparer les vivants
Réparer les vivants

Tout commence au petit jour dans une mer déchaînée avec trois jeunes surfeurs. Quelques heures plus tard, sur le chemin du retour, c’est l’accident. Désormais suspendue aux machines dans un hôpital du Havre, la vie de Simon n’est plus qu’un leurre. Au même moment, à Paris, une femme attend la greffe providentielle qui pourra prolonger sa vie…

Sortie : le 2 novembre 2016
Durée : 1h43
Réalisateur : Katell Quillévéré
Avec : Tahar RahimEmmanuelle SeignerAnne Dorval
Genre : Drame

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Les Franglaises saccagent Bobino avec brio !

Les FranglaisesLes Franglaises saccagent Bobino avec brio !

En sortant de Bobino, alors que l’excitation redescend doucement, on se demande pourquoi nous n’y sommes pas allés avant ! La troupe survoltée des Franglaises assure d’ailleurs l’après-spectacle derrière un comptoir installé dans le couloir rouge que tous les spectateurs empruntent pour retrouver la nuit. En plus de discuter avec le public, ils vendent sacs, tee-shirts et autres produits dérivés à l’effigie du spectacle. Il faut dire que les Franglaises est une affaire qui marche !

En 2015, ils sont récompensés du Molière du théâtre musical et, ragaillardis – si besoin – par cette consécration et leur succès, ils repartent pour un tour. Alors courez-y, ils sont à Bobino jusqu’au 14 janvier 2017.

Drôle de spectacle

Ils sont douze, ils sont jeunes, ils cassent la baraque. Multifonctions, ils chantent, jouent d’un instrument si ce n’est plusieurs et s’offrent même le luxe de jouer la comédie et d’esquisser quelques pas de danse pour certains. Si on rajoute qu’ils participent tous à la mise en scène, la tête risque de nous tourner… Bref, des artistes complets pour un spectacle complet… enfin à quelques sièges vides près ! Et pourtant, c’est un drôle de concept que celui des Franglaises : revisiter les grands succès du répertoire musical anglo-saxon mais traduits en Français. Voilà… pas de quoi casser trois pattes à un canard, après tout, il ne s’agit que de traductions chantées de Village People, des Beatles, des Beach Boys, de Queen…  Faux ! C’est un drôle de concept certes mais génialement mis en scène. Débordante d’énergie et d’humour, la troupe entraîne le public dans ses délires musicaux. De rebondissements en chansons traduites, on découvre les personnages qu’ils se sont tous forgés et les paroles plus que banales de hits pourtant mondiaux.

Tous des toqués

Tous toqués, ils forment donc une belle bande de « tocards » géniaux qui ont réussi leur pari. Celui de faire rire, sourire, divertir, découvrir, d’interagir et peut-être même d’éblouir. Pas mal.

Chapeau à la performance de Yoni Dahan qui tient le rôle du présentateur et fait participer un public enthousiaste qui ne retient pas ses éclats de rire. A Marsu Lacroix également, blonde pimpante en robe longue et bouffante qui interprète royalement Edith Piaf… on aimerait tous les saluer mais il faudrait couper dans les effectifs, ils sont trop nombreux !

Au prochain spectacle.

Dates : jusqu’au 14 janvier 2017
Lieu : Bobino (Paris)
Metteur en scène : toute la troupe
Avec : Yoni Dahan, Marsu Lacroix, Quentin Bouissou…

Creative Control, Aujourd’hui est déjà demain

Creative Control
Creative Control, film de Benjamin Dickinson, Copyright Damned Distribution

Creative Control, Aujourd’hui est déjà demain

Dans un futur proche, les progrès de la technologie floutent irrémédiablement les frontières entre réel et virtuel, laissant à chacun le loisir de s’enfoncer dans ses fantasmes les plus interdits. Un cadre hipster en charge de la promotion de lunettes révolutionnaires capables de densifier la réalité avec des avatars vitales perd les pédales jusqu’à perdre le fil de sa vie. Quoiqu’assez caricaturale, la réflexion ne manque pas  de piquant avec des personnages hauts en couleur.

Une idée bien menée

Benjamin Dickinson réalise Creative Control tout en interprétant le pied nickelé perdu entre ses contraintes réelles et l’échappatoire virtuel. Prisonnier de sa consommation excessive d’alcool et de drogues, son personnage Daniel se perd dans des sentiments illégitimes pour la copine de son meilleur ami Wim (Dan Gill) à l’impayable moustache hipster. Et quand sa petite copine officielle Juliette (Nora Zehetner) commence à se sentir délaissée, elle s’enfonce elle-même dans un amour yogi qui interroge lui-même sur les significations de la virtualité.

Un formalisme passionnant

Creative Control mélange les rapports humains pour un constat final implacable : la virtualité n’apporte pas plus de liberté mais complexifie inutilement une vie réelle déjà pas très simple. Le noir et blanc souligne la mélancolie de personnages enserrés dans des milieux sociaux superficiels tandis que l’apparition de la couleur marque la limite avec le virtuel. Une omniprésente musique classique appuie l’aspect onirique du film, entre technologie à outrance et méditation transcendentale. Le fait que le couple se partage entre un hipster compulsif et une yogi ultra souple ajoute à la caricature ambiante sans pour autant amoindrir les troubles du personnage principal. Jusqu’à ce constat implacable : tout dans la vie est question de choix…

Un petit film indépendant au financement participatif qui impressionne par sa parfaite maitrise de la mise en scène et d’une atmosphère froide soulignée par le noir et blanc. Une belle aventure dans le futur proche, de quoi interpeller sur la place que nous souhaitons donner au virtuel dans nos vies…

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Creative Control
Creative Control

New York, futur proche, David, jeune cadre branché, prépare le lancement de lunettes révolutionnaires qui confondent réel et virtuel : la réalité augmentée. Mais lors de la phase test, tout commence à se brouiller entre sa vie publique, privée et imaginaire…

Sortie : le 2 novembre 2016
Durée : 1h37
Réalisateur : Benjamin Dickinson
Avec : Benjamin Dickinson, Nora Zehetner, Dan Gill
Genre : Drame

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Badineries entre jazz et poésie au Trévise

Badineries entre jazz et poésie RimendoBadineries entre jazz et poésie au Trévise

Rimendo est un quintet hors du temps. Composé d’une chanteuse et de quatre musiciens, ils jouent Vian, Aragon, Baudelaire ou encore Prévert. Ils ont choisi d’envelopper la poésie de musique. De faire vibrer et revivre les œuvres de grands poètes par l’intermédiaire du jazz. C’est audacieux, un vrai défi. Le mariage du jazz et de la poésie n’est pas chose aisé. Ces deux arts sont tout un monde à eux seuls et ont besoin de place pour exister. Et Rimendo réussit à redonner des couleurs à des vers qu’on avait oubliés. Parfois pourtant, le mélange des deux genres ne prend pas, l’un prend le pas sur l’autre et on perd l’entente et l’équilibre nécessaire du jazz et de la poésie.

Lou Tavano, la chanteuse est une poupée rousse qui chante avec sa bouche mais aussi avec son corps qui exécute en mouvement la chanson, que dis-je le poème. C’est une jolie prestation qu’elle effectue accompagnée au piano par la « chef de bande », Virginie Peyral, qui se charge avec humour et bonne humeur des intermèdes parlés.

Un bémol pourtant : la trompette qui met nos oreilles à rude épreuve. Bien que cela n’occulte en rien le talent du trompettiste, l’instrument est trop retentissant et nous prive par moment des paroles des chansons-poèmes. Quel dommage pour la beauté étouffée des vers de Baudelaire et des autres !

Finalement, on est assis et on aimerait danser. Ébaucher quelques pas de jazz qu’on auraient fait semblant de connaître. Parce que la musique est entraînante et belle et, assis à les écouter, parfois on s’alanguit. Ce n’est pas facile d’être spectateur, encore moins d’être sur scène !

Si l’univers du groupe vous tente, retrouvez-les au Trévise le 16 novembre à 20h pour un autre spectacle de leur cru : Rimendo joue Boris Vian.

Lou Tavano Rimendo
Lou Tavano, chanteuse de Rimendo / Photo d’Alice Lemarin

 

Dates : le 16 novembre et 21 décembre 2016 pour Rimendo joue Boris Vian
Lieu : Théâtre Trévise (Paris)
Avec : Lou Tavano (chanteuse), Virginie Peyral (pianiste), Malo Mazurié (trompettiste)

Mademoiselle : le film confirme la baisse de régime de son réalisateur

Mademoiselle
Mademoiselle, film de Park Chan-Wook

Mademoiselle confirme la baisse de régime de son réalisateur

Park Chan-Wook revient avec un thriller à la fois suranné et étonnement moderne. Le réalisateur sud-coréen semble abandonner pour de bon la recette qui a fait son succès à base de violence crue et d’intrigues policières pour se tourner vers le film d’époque et le jeu pervers entre trois personnages à la duplicité chevillée au corps. Le triangle amoureux est retors et les apparences sont autant trompeuses que les péripéties peuvent lasser à force de coups de théâtres successifs. Le film devient trop vite un exercice de style avant tout esthétique.

Une servante coréenne, sa maitresse japonaise et l’amant de cette dernière complotent, s’aiment et se déchirent.

La nostalgie de la trilogie magique

Entre 2002 et 2005, Park Chan Wook marchait sur l’eau et sortait trois films aussi fascinants que violents et cruels. Sympathy for Mister Vengeance, Old Boy et Lady Vengeance créaient un tsunami international parmi les cinéphiles. Un grand réalisateur naissait avec une esthétique détonnante et une règle implacable: plonger ses héros dans des situations dantesques dont ils souhaitent se sortir à tout prix. Beaucoup regrettent la tiédeur du jury de Cannes et la non obtention de la palme en 2003 pour Old Boy. Mais la grâce n’est pas éternelle et Park Chan Wook est depuis rentré dans le rang, privilégiant des héroïnes plus tourmentées et moins implacables.

L’éternel triangle amoureux

Ce n’est plus une mais deux héroïnes qui se déchirent (au moins en apparence) dans une intrigue à tiroirs. Le film enchaine trois épisodes qui évoquent la même histoire sous des points de vue différents. Le procédé est classique et fait souvent ses preuves. Le spectateur est brinquebalé à son corps défendant et l’éternelle dialectique maitrise/servitude est illustrée dans une atmosphère de plus en plus perverse. Si la servante est d’abord décrite comme une petite chose sans défense et le séducteur comme un manipulateur de génie, les cartes s’inversent vite… La relation entre la servante et sa maitresse devient le vrai pilier du film. Le film rappelle parfois La vie d’Adèle hélas dans ses moments les plus inutiles. C’est peut être la mode d’étaler des ébats féminins aguichants en mode voyeuriste sans que cela soit vraiment utile.

Très attendu, ce Mademoiselle peut laisser sceptique par son manque d’ambition. Park Chan Wook semble ourler autour du pot sans oser réitérer sa folie d’antan. C’est bien dommage.

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Mademoiselle
Mademoiselle


Corée. Années 30, pendant la colonisation japonaise. Une jeune femme (Sookee) est engagée comme servante d’une riche japonaise (Hideko), vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe d’un oncle tyrannique. Mais Sookee a un secret. Avec l’aide d’un escroc se faisant passer pour un comte japonais, ils ont d’autres plans pour Hideko…

Sortie : le 1er novembre 2016
Durée : 2h25
Réalisateur : Park Chan-Wook
Avec : Kim Min-Hee, Kim Tae-Ri, Jung-Woo Ha
Genre : Drame, Thriller, Romance

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https://youtu.be/gwIvTIqVfsM

Snowden, biopic énervé sur une histoire d’état renversante

Snowden
Snowden, film d’Oliver Stone, Copyright Universum Film

Snowden, biopic énervé sur une histoire d’état renversante

Après avoir défrayé la chronique en 2013, Ed Snowden fait déjà l’objet d’un biopic de la part du plus polémique des réalisateurs américains, Oliver Stone. En révélant au monde les agissements nébuleux de la NSA, Snowden s’est mis à dos le gouvernement des Etats-Unis, lui faisant craindre la prison à vie, voir pire. Le thriller sort les violons et n’hésite devant aucun procédé cinématographique pour aviver la tension. Pas très subtil, mais il est à craindre que la réalité ne le soit pas plus…

Habitué des films chocs après les controversés Tueurs Nés, Né un 4 Juillet et JFK, Oliver Stone s’est fait une spécialité de taper sur son pays adoré pour mieux en faire ressortir la duplicité. Le fil rouge réside dans deux histoires parallèles. D’abord l’élection de Barack Obama en 2008, mettant en rapport ses promesses et la réalité. Il promettait le respect de la vie privée pour finalement laisser la NSA infiltrer mails, réseaux sociaux, communications et webcams sans demander l’autorisation à personne. Ensuite l’existence du jeune informaticien surdoué Snowden sert la dramaturgie du film. Mis très tôt dans la confidence des procédés transversaux des agences d’état, il ne cessera de très mal vivre la liberté prise par la NSA, jusqu’à prendre le risque de dévoiler à un journaliste du Guardian la réalité de la surveillance généralisée.

Le fond du film ne peut que mettre sur le derrière les spectateurs tant l’impudence de la NSA parait invraisemblable. Et pourtant, tout est vrai, ne suscitant qu’un scandale limité et n’arrêtant rien. La forme du film est plus critiquable. Si Joseph Gordon-Levitt fait un Snowden plus vrai que nature en reprenant sa voix et ses attitudes, Oliver Stone use et abuse d’une musique volontairement dramatisante pour enfoncer le clou. Ce qui n’était que le quotidien banal d’un informaticien devient un thriller digne de John Le Carré. Or, jusqu’en 2013, Snowden collaborait bon an mal an… méfiez vous de l’eau qui dort! Shailene Woodley quitte ses rom’com’ habituelles pour interpréter la dévouée compagne sans jamais scandaliser. Un bon point également pour Rhys Ifans, parfait en éminence grise jamais vraiment discernable.

Le film intervient dans une actualité brulante, de celles qui remettent en cause la démocratie et les agissements trop cavaliers des gouvernants. Si le procédé peut parfois fatiguer, l’important est ailleurs et la ligne rouge risque d’avoir été franchie il y a déjà bien trop longtemps. Oliver Stone s’évertue à nous le démontrer, certes avec des gros sabots mais l’intention est là. Louable.

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Snowden
Snowden

Patriote idéaliste et enthousiaste, le jeune Edward Snowden semble réaliser son rêve quand il rejoint les équipes de la CIA puis de la NSA. Il découvre alors au cœur des Services de Renseignements américains l’ampleur insoupçonnée de la cyber-surveillance. Violant la Constitution, soutenue par de grandes entreprises, la NSA collecte des montagnes de données et piste toutes les formes de télécommunications à un niveau planétaire.
Choqué par cette intrusion systématique dans nos vies privées, Snowden décide de rassembler des preuves et de tout divulguer. Devenu lanceur d’alerte, il sacrifiera sa liberté et sa vie privée.
En juin 2013, deux journalistes prennent le risque de le rencontrer dans une chambre d’hôtel à Hong Kong. Une course contre la montre s’engage pour analyser les preuves irréfutables présentées par Snowden avant leur publication.
Les révélations qui vont être faites dans cette pièce seront au cœur du plus grand scandale d’espionnage de l’histoire des États-Unis.

Sortie : le 1er novembre 2016
Durée : 2h14
Réalisateur : Oliver Stone
Avec : Joseph Gordon Levitt, Shainlene Woodley, Rhys Ifans
Genre : Thriller, Biopic

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For this is my body : le trip d’une star en bout de course

For this is my body
For this is my body

For this is my body : le trip d’une star en bout de course

For this is my body suit une rock star en pleine crise de célébrité. Adulé, admiré, offert en sacrifice à une foule en délire à chacun de ses concerts, le chanteur perd pied. Incapable de sortir de sa chambre d’hôtel, il s’en remet à une groupie ange gardien pour garder la tête hors de l’eau. Paule Muret fantasme l’existence d’une idole du rock à la croisée des chemins dans un récit lancinant et alcoolisé.

Une star cramée

Le film débute en pleine gueule de bois. Le chanteur des Libertines Carl Barât se réveille avec un mal de tête carabiné et semble jouer son propre rôle. Son charisme animal convient parfaitement à ce personnage de héros destroy. Aucun attribut ne manque, même et surtout les plus caricaturaux. Pantalon de cuir, chemise entrouverte, collier proche du chapelet, tatouages, cheveux gras perpétuellement dans les yeux, bouteilles vides au pied du lit, plateaux argentés parsemés de poudre blanche, la panoplie complète est présente. Sans argent ni papiers dans les poches, le rocknroller est balancé par la réalisatrice dans les brumes d’une existence vide et sans perspectives. Pendant environ 8 ou 10 heures, il va chanter une ou deux chansons et beaucoup se tenir aux murs pour ne pas tomber.

Une caricature lancinante

Ses pérégrinations le conduisent à l’Institut du Monde Arabe, le fait rencontrer Fanny Ardant et surtout mener Audrey Bastien par le bout du nez. Toute dédiée au bien être de son héros, la jeune actrice multiplie les regards éberlués, mi-attendris mi-inquiets. Pas d’excès orgiaques, juste une surveillance de tous les instants de son idole mal en point. Un manager encore plus caricatural (veste de cuir, lunettes noires, air ronchon et préoccupé) déboule de temps à autres pour s’assurer que son grand enfant de chanteur va bien assurer son concert. Des fans extatiques suivent à la trace l’idole, juste désireux de le toucher et d’obtenir cet autographe. La star devient une victime sacrificielle, ses chansons sont ses évangiles. A la fois consentant et en retrait, il ne peut s’y soustraire.

Un film taiseux et visuel, à la manière d’un mauvais trip en bordure de caniveaux. Les fans des Libertines seront comblés, les fans de rock seront amusés.

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For this is my body
For this is my body

C’est l’histoire d’une rencontre, celle d’un rocker et d’une groupie. Elle, amoureuse comme une fan, lui magnifique, déglingué, à côté,  ne lui apporte rien de ce qu’elle attend. Elle sait pourtant qu’elle vit à cet instant les heures les plus intenses de sa vie, le temps d’une journée, entre deux concerts.

Sortie : le 2 novembre 2016
Durée : 1h39
Réalisateur : Paule Muret
Avec : Carl Barât, Audrey Bastien, Fanny Ardant
Genre : Drame

 

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[TEST] Chouette Box : la box ludique qui fait mouche

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La Chouette Box, c’est une box originale et inédite qui s’adresse aux enfants et qui propose des activités ludo-éducatives inspirées de l’univers Montessori. A chaque boîte son thème avec deux jeux différents.

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1 mois d’abonnement : 19,90 €

3 mois d’abonnement : 59,90 €

6 mois d’abonnement : 99,90 €

1 an d’abonnement : 199,90 €

Note globale obtenue : 4,5/5

[vc_btn title= »VISITEZ LE SITE » color= »primary » align= »center » link= »url:http%3A%2F%2Fwww.chouettebox.com%2F|title:Chouette%20Box|target:%20_blank »][vc_text_separator title= »CONTENU DE LA CHOUETTE BOX » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
[vc_text_separator title= »NOTRE AVIS SUR LA BOX » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Détail du contenu de la Box :  

Nous avons pu découvrir la box sur le corps humain dont voici le contenu :

– un jeu de loto sur l’anatomie du corps humain
– un kit pour réaliser de la pâte à modeler maison qui va servir de base à un jeu amusant
– un petit magazine ludique pour approfondir ses connaissances sur l’anatomie humaine
– deux fiches d’idées ludiques et de conseils pour les parents qui souhaitent approfondir le sujet

Notre Chouette expérience :

Profitant d’une matinée pluvieuse, nous avons décidé de tester sérieusement cette box avec une petite fille de tout juste 3 ans. Dès l’ouverture de la boîte, l’émerveillement est lisible sur son visage. Ouvrir cette box, c’est comme ouvrir un cadeau de Noël. La surprise est totale, et chaque élément sorti du carton, est une découverte de plus.

Ni une, ni deux, on se met à jouer au loto. Les cartes sont de bonne qualité et permettront sans problème d’y jouer plusieurs fois contrairement aux jeux prédécoupés qui accompagnent les magazines. La règle du jeu est assez simple, même si les parties du corps abordées sont peut-être un peu compliquées pour un enfant de 3 ans. Mais c’est justement l’occasion d’apprendre sans s’en rendre compte, puisque le plaisir est de gagné !

Nous nous sommes ensuite consacrés au kit de pâte à modeler. Tous les ingrédients sont prévus dans la bonne quantité. Les enfants ne peuvent qu’être ravis de « mettre la main à la pâte » en faisant « comme les grands » pour préparer leur propre matériel de jeu. Rien de compliqué, mais il faudra trouver la juste dose de farine pour la consistance de la pâte ne colle pas. La préparation ne durant que quelques minutes, nous pouvons ensuite jouer. La règle est encore très simple, et le concept très amusant. Même pour les adultes, on ne s’ennuie pas !

Enfin, nous nous sommes reposés après toute cette excitation, autour du petit magazine. Les sujets abordés permettent d’approfondir en douceur le thème abordé.

Une Chouette conclusion : 

En conclusion, la Chouette box c’est vraiment un concept original et très intéressant. A conseiller pour tous ceux qui veulent passer un bon moment avec leurs enfants et cela pour un tarif plus que raisonnable. La qualité de la conception et de la fabrication est top, on en redemande !

L’invitation de Michaël Cohen ou l’amitié masculine enfin célébrée

Nicolas Bedos copyright Légende Distribution
Nicolas Bedos copyright Légende Distribution

L’invitation de Michaël Cohen ou l’amitié masculine enfin célébrée

Ne pas mélanger travail et vie privée… Un conseil que Michaël Cohen n’a jamais suivi ! Pour son premier film en tant que réalisateur, Ça commence par la fin, il choisit sa femme de l’époque, Emmanuelle Béart, pour jouer à ses côtés. Le public comme la presse ont mal accueilli ce premier essai mais Michaël Cohen est un coriace… Avec sa double casquette de réalisateur et d’acteur, il réitère l’aventure avec un nouveau film, L’invitation. Et cette fois-ci il a troqué sa femme pour un de ses très bons amis comme compagnon de jeu : l’agaçant néanmoins irrésistible Nicolas Bedos.

Homme de plume, Michaël Cohen a déjà inventé et écrit plusieurs pièces de théâtre, un roman et le scénario de son premier film mais L’invitation ne sort pas de son imagination. Il s’agit de l’adaptation de la BD éponyme de Jim et Mermoux qu’il a lue, aimée et voulu transposer à l’écran. Pourquoi ? Le thème lui plaisait. Lequel ? L’amitié !

« Tu te lèverais, toi, pour aider un pote à 3h du mat’ ? »

Trois heures du mat’, le téléphone sonne. Ton meilleur ami est en panne sur l’autoroute, il implore ton aide.  Dans quelques heures tu vas bosser et là tu n’as qu’une envie, c’est de roupiller ! Tu te lèves ou tu ne te lèves pas ? Voilà le dilemme que Léo (Nicolas Bedos) offre à Raphaël (Michaël Cohen). Tant bien que mal mais plutôt mal et pousser par la femme dans son lit et de sa vie, il part le chercher… Mais quand Léo, éternel boute-en-train, lui annonce à coup de champagne qu’il s’agit en fait d’un « test de l’amitié », que sa voiture est en parfaite santé technique, Raphaël, exaspéré, fuit son ami et rentre seul dans la nuit… Mais sont-ils encore amis ?

Alors que le cinéma a déjà tant et tant parlé d’amour, l’amitié est plus rarement mise au premier plan. L’invitation lui rend toute son importance sans oublier de la mettre à rude épreuve. Attention, il n’est pas question d’une amitié bas-de–gamme où on boit, on rit et on rentre chez soi heureux d’avoir parlé de soi. Non. C’est une amitié à la Kessel – magnifiquement dépeinte dans son livre Des hommes – où on ne rentre pas chez soi non, on se rentre dedans, on s’engueule, on se fait mal par excès de vérité et on continue quand même à s’aimer. C’est sous forme de comédie, avec légèreté que le film nous parle de ce sentiment. Parfois, la légèreté flirte avec la superficialité, les dialogues prenant le pas sur l’histoire même dont les certains rebondissements sont bien commodes, arrivent à point nommé.Michaël Cohen et Nicolas Bedos copyright Légende Distribution

La substance même du film : ses dialogues

Le film tire sa puissance de ses dialogues. Bien ciselés, aussi pénétrants que drôles et bien sentis, alternant vulgarité et élégance mais ne manquant jamais d’éloquence. On sent la patte Bedos qui est venu retravailler les dialogues derrière Cohen. On reconnaît les bons mots, les envolées pas toujours lyriques, les intonations bref, il est là, pas loin. Léo, le personnage interprété par Nicolas Bedos, ressemble d’ailleurs au personnage médiatique qu’il s’est créé et peut-etre même à lui tout simplement, qui sait. Cabotin, Infidèle mais éternel amoureux, provocateur, insouciant, secret, attachant… Nicolas Bedos aime bien se jouer.

C’est un film attachant qui réussit à questionner l’amitié et à faire rire. D’un comique intelligent, il mélange un chouilla de profondeur avec du divertissement. Une bonne comédie à regarder pour ceux qui considèrent l’amitié comme quelque chose de sacré et pour tous ceux qui veulent passer un bon moment tout simplement. Sortie en salle le 9 novembre 2016.

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linvitation-affiche En plein milieu de la nuit, Léo réveille son meilleur pote, Raphaël. Sa voiture est en panne, à une heure de Paris. Hors de question pour Raphaël d’y aller… jusqu’à ce que la femme de sa vie le pousse hors du lit. Arrivé sur place, il découvre qu’il n’y a aucune panne mais du champagne, des amis et une fête improvisée… Léo a fait un test à l’amitié. Et si une amitié, une existence entière ne dépendait que de cette seule question : « Tu te serais levé, toi, pour aller dépanner un pote à 3h du matin ? »

Sortie : le 9 novembre 2016
Durée : 1h30
Réalisateur : Michaël Cohen
Avec : Michaël Cohen, Nicolas Bedos, Camille Chamoux
Genre : Comédie

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Cinemed 2016 : un Antigone d’Or, des films et des cris de joie

Cinemed 2016 : un Antigone d’Or, des films et des cris de joie

Cinemed
Photo : Vivir y otras ficciones présenté à la 38e édition Cinemed

A lire également, notre reportage du week-end d’ouverture du 38e Festival du film Méditerranéen de Montpellier (Cinemed)

Vivir y otras ficciones de Jo Sol : Antigone d’Or 

Jo Sol a le triomphe modeste, à l’image de sa fiction, proche du documentaire, Vivre et autres fictions, qui vient de remporter la récompense suprême au 38e Cinemed. Le sourire est bel et bien présent, mais la joie contenue. L’homme est un résistant, un passionné, un engagé. Son film représente bien l’Espagne actuelle, prise entre tradition, crise économique et révolution sociale et culturelle.

Porté par ses deux brillants interprètes, Antonio Centeno et Pepe Rovira, le film de Jo Sol est un hymne à la vie et à la liberté. Qui mieux que ces deux hommes, fracassés par le destin, pouvaient symboliser cet anticonformisme universel que l’homme se devrait d’attendre. Antonio est tétraplégique, Pepe sort d’un hôpital psychiatrique. Tous deux essaient de survivre dans un monde qui n’est pas fait pour eux, qui ne leur est pas adapté, comme il est coutume de dire. Cette victoire de l’esprit sur le corps chez Antonio, grâce à l’émancipation sexuelle des handicapés, est contrebalancée avec force et rigueur par la défaillance chronologique de Pepe, bien portant apparent, rongé par ses démons intérieurs.

viviryotrasficciones_cartel_dani-sanchisEt pourtant, on n’arrête pas de sourire, voire de rire lors de cette projection. Le ton sarcastique et humoristique, utilisé par Jo Sol pour servir ce récit et les thèmes abordés, est joué sur une note juste. J’en étais convaincu dimanche après-midi dernier, Laetitia Casta et son jury aussi. Au-delà d’une histoire forte, bien filmée, bien jouée, Vivre et autres fictions est aussi et avant tout le retour du grand cinéma espagnol « à la Almodovar », où le quotidien de ces gueules cassées est rehaussé par des notes de flamenco et de la poésie chantée qui vous arrachera des larmes jusqu’à la dernière image.

Un Cinemed sans compétition

Ce ne fut certes pas la plus prolixe des années côté compétition pour moi, dû à un emploi du temps professionnel assez chargé, mais force est de constater que mon ressenti du film de Jo Sol fut le bon, comme annoncé sur mon twitter (@JM_Siousarram). Demain dès l’aube, de Lofti Achour, malgré une forte volonté de bien faire et une pléiade de thèmes traités, l’ensemble reste trop arty pour dépasser le concept de l’anecdote.

Quand on compare à Mustang de Deniz Gamze Ergüven sur le sujet semblable de la condition de jeunes filles dans l’éducation musulmane, l’évidence saute aux yeux. Reste de très belles images et une interprétation concernée. L’actorat est d’ailleurs au centre de la réussite d’Apprenti d’Emre Konuk. Porté par l’incroyable débutant Hakan Atalay, ce tout premier film brasse une foultitude de sujets inhérents à la Turquie moderne, tout en s’appuyant sur la toujours très efficace hypocondrie de son personnage principale. On pense à Buster Keaton et à Blake Edwards pour cet humour noir et absurde mâtiné de poésie. Son réalisateur préfère citer Polanski et Haneke. Vous l’aurez compris, ici, on nage en pleine psychanalyse traitée façon pince sans-rire dans un quotidien en apparence tout ce qu’il y a de plus normal. Œdipe ou pas, libérez-les !

Tunisie, terre de cinéma

C’est l’un des derniers pays au monde qui est descendu dans les rues pour couper la tête de son dirigeant tandis que celui-ci envoyait ses réponses à balles réelles. C’est l’un des rares pays musulmans où la démocratie bat son plein, et est traversé par de nombreuses zones de turbulences. Ce n’est pas un hasard si DAESH frappe ce beau pays épris de liberté et d’envie.

Ce n’est pas non plus un hasard si le Cinemed a choisi les tunisiens pour être le fer de lance de cette année de renouveau. L’An 1 Filippetti. L’An 1 Leparc. Leïla Bouzid avait lancé avec fougue son A peine j’ouvre les yeux, l’an dernier à la même heure. Elle revient sur place, bien accompagnée par ses compatriotes, tous bien décidés à montrer la flamboyance culturelle tunisienne depuis la chute de Ben Ali. Michelle Driguez, responsable de la section court-métrage, leur avait fait une place depuis des décennies, maintenant, Géraldine Laporte et l’équipe du Cinemed les installe à longueur de journée et dans toutes les catégories.

Cinemed 2016
Zaineb n’aime pas la neige » de Kaouther Ben Hania, prix du meilleur film documentaire au Cinemed de Montpellier

Kaouther Ben Hania, venue dévoiler son nouveau documentaire Zaineb n’aime pas la neige, est celle qui parle le mieux de la situation paradoxale du pays, où une fraction est en train d’arriver entre Tunis et le Nord, et les provinces du Sud qui subissent pauvreté et violence islamiste : « Il y a beaucoup de Bas depuis le départ de Ben Ali, mais pour rien au monde on ne regrettera cette révolution qui a renforcée nos libertés individuelles et culturelles ». Ce Printemps tunisien, il est bien illustré dans le trop scolaire nouveau film de la réalisatrice de l’audacieux Satin Rouge, Raja Amari. La plupart d’ailleurs des réalisations nouvelles ont ce désir de dire des choses, mais la forme reste encore trop polie.

L’uppercut Hedi

Jusqu’à l’avant-première d’Hedi de Mohammed Ben Attia. L’Ours du premier film de Berlin est précédé d’une flatteuse réputation. Et le rendez-vous au Diagonal mardi soir avant la fête au Rockstore constitue le point d’orgue de cette mise en avant de la Tunisie au Cinemed. Foule des grands jours dans ce qui reste du cinéma d’auteur à Montpellier. Sauna improvisé dans le hall pendant une demi-heure. Les collègues essuient refus sur refus, c’est sold out. J’ai retenu la leçon des bien-nommés Opportunistes de Virzi qui m’avait laissé à l’air frais il y a un an. Quelques mésaventures avec une échelle, des panneaux de sortie de secours et une alarme plus tard, nous y sommes.b

Même si on démarre avec près d’une heure de retard, le cinéma à l’échelle humaine, y’a que ça de vrai. Cette dernière expression pourrait parfaitement coller à Hedi. L’histoire simple d’un jeune tunisien plutôt effacé qui va devoir confronter son destin à la dure réalité d’un pays coincé entre traditionalisme et désir de liberté. Le parallèle est saisissant. L’interprétation de Majd Mastoura, tout en intériorité et en non-dits cannibales, est l’un des sommets de cette année 2016. Sa partenaire Rym Ben Messaoud y est pour beaucoup dans la balance contrastée de ce duo improbable et magique à la fois. Trois bouts de ficelles scénaristiques pour un acte majeur de ce Cinemed. Le plus beau.

Mohammed Ben Attia sait capter l’essence même des sentiments, sans fausse note, sans répit, sans concession, comme un certain Asghar Farhadi. Le vrai cri de liberté de cette jeune Tunisie.

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Hedi, un vent de liberté – Photo : Majd Mastoura, Rym Ben Messaoud © Mohamed Ben Attia

Revivre selon Valéria Bruni-Tedeschi et Grand Corps Malade

Dans ce festival d’avant-premières qui aura vu passer un fade Rocco, portrait aseptisé sous forme de porno-chic de la plus grande star du X, où la scène la plus WTF du festival consiste à faire avaler une paluche taille Gulliver à la pauvre miss (en) Danger ; y en avait pour tous les goûts. Du thriller paranoïaque tendance Stasi avec le plus beau casting de ces 9 jours : La Mécanique de l’ombre, de Thomas Kruithof. Formellement très réussi, mais il manque toujours ce petit quelque chose aux films de genre hexagonaux pour entrer instantanément dans la catégorie culte. Mécaniquement bien huilé. Comme les chorégraphies et les gestes remplis de douceur d’un certain Thierry Thieu Niang, danseur émérite et, pour le coup, acteur fantastique.

Il y a bien sûr cette fameux Jeune fille de 90 ans qu’est Blanche Moreau, espiègle et bouleversante à la fois, dans le premier documentaire signé de l’engagée Valeria Bruni-Tedeschi. Elle est y tombée amoureuse, comme nous tous, tous sexes et âges confondus, de Thierry Thieu Niang. Rarement la danse, l’amour, la passion des gestes, des mots, des regards, n’ont atteint ce paroxysme. Valeria le dit elle-même : « J’étais parti pour tourner un court reportage de 20 minutes sur la thérapie de Thierry, mon film dure 4 fois plus longtemps. On a été pris par ce tsunami de sentiments. ». Rien à rajouter si ce n’est encore une fois bravo Mme Bruni-Tedeschi, vous avez raison, le cinéma fait naître des émotions qu’on croyait qu’elles n’existeraient plus.

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Patients : Photo © Gaumont Distribution

L’espoir, mais encore plus le combat, ce sont les fils rouges de Patients, le premier long-métrage autobiographique du génial touche à tout, Grand Corps Malade. Tiré de son expérience en centre de rééducation médical après son grave accident qui l’a rendu presque tétraplégique, le slameur dévoile en première mondiale, une œuvre singulière, à forte personnalité, qui traite avec humour et répartie du handicap et d’une multitude d’autres sujets. Un vrai cri d’espoir humaniste et sociétal porté par une bande de jeunes hyper talentueux.

Ce fut mon dernier cri de joie pour ce 38e Cinemed. Vivement le prochain.

L’Histoire de l’Amour : bande annonce d’une romance absolue

l'histoire de l'amour
L’Histoire de l’Amour – Photo : Gemma Arterton © Laurent Guérin

L’Histoire de l’Amour : bande annonce d’une romance absolue

L’Histoire de l’Amour est sans conteste LE film romantique de cette fin d’année. Adapté du roman de Nicole Krauss, le film conte l’histoire d’amour qui unit Léo et Alma, la « femme la plus aimée au monde« . Deux êtres promis que la Seconde Guerre Mondiale a séparés. Le coeur déchiré, Léo ne cessera jamais de penser à l’amour de sa vie.

Radu Mihaileanu, réalisateur de Va, vis et deviens

C’est le réalisateur Radu Mihaileanu (Va, vis et deviens, La Source des femmes, Le Concert) qui a porté ce projet très romantique en partant d’une idée elle-même toute romantique : « Il me semble qu’aujourd’hui la plus grave et profonde crise que l’humanité traverse – qui engendre toutes les autres – est l’incapacité d’aimer l’autre. Nous vivons une époque où l’amour de soi triomphe sur le projet de vie d’avoir la joie et la satisfaction de faire du bien à l’autre, de croire en l’autre. Parfois l’amour semble désuet, dégradant, ringard, « conservateur ». J’ai adoré défendre ces dinosaures utopistes qui se battent pour le sentiment amoureux, pour l’amour qui aide à survivre à tout. » (source : Allociné).

Heureusement, le ton préféré par le réalisateur pour aborder l’Histoire de l’Amour semble avoir été l’humour plutôt que la gravité.

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L'Histoire de l'AmourIl était une fois un garçon, Léo, qui aimait une fille, Alma. Il lui a promis de la faire rire toute sa vie. La Guerre les a séparés – Alma a fui à New York – mais Léo a survécu à tout pour la retrouver et tenir sa promesse. De nos jours, à Brooklyn, vit une adolescente pleine de passion, d’imagination et de fougue, elle s’appelle aussi Alma. De l’autre côté du pont, à Chinatown, Léo, devenu un vieux monsieur espiègle et drôle, vit avec le souvenir de « la femme la plus aimée au monde », le grand amour de sa vie. Rien ne semble lier Léo à la jeune Alma. Et pourtant… De la Pologne des années 30 à Central Park aujourd’hui, un voyage à travers le temps et les continents unira leurs destins.

Sortie : le 9 novembre 2016
Durée : 2h14min
Réalisateur : Radu Mihaileanu
Avec : Derek Jacobi, Sophie Nélisse, Gemma Arterton

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Soirée Balanchine à l’Opéra Garnier pour une danse musicienne

Soirée Balanchine à l'Opéra Garnier ou la danse mise en musique

Violin Concerto © Sébastien Mathé / OnP

Soirée Balanchine à l’Opéra Garnier pour une danse musicienne

Fils de compositeur, George Balanchine (1904-1983) a appris la musique avant la danse. Toute sa vie, il a gardé cet intérêt et cette intime connaissance de la musique qui, seule, a guidé ses créations. Il disait lui-même : « Le ballet est avant tout une affaire de tempo et d’espace : l’espace délimité par la scène, le temps fourni par la musique ».

C’est donc cette musicalité des corps qui est à l’œuvre en cette soirée consacrée au maître où son classique abstrait, affranchi de toute narration, tend à l’épure et à cette géométrie de l’espace, entièrement dédiée à la musique et au mouvement. Un pur état de grâce.

Quatre ballets sont  présentés emportés par des partitions de haut vol, jouées « en live » par l’Orchestre de l’Opéra de Paris sous la direction passionnée de Kevin Rhodes, et qui impriment ce style balanchinien entre virtuosité du geste et rythmicité.

En ouverture “Mozartiana” créé sur la Suite n ° 4 de Tchaïkovski, arrangée et orchestrée d’après plusieurs œuvres courtes de Mozart. Balanchine créa une première chorégraphie sur cette musique en 1933 et en 1981, revint sur la partition. C’est une pièce impulsive pour sept danseurs et quatre élèves de l’Ecole de danse à la limite du déséquilibre dans le mouvement et qui ouvre à cette empreinte néoclassique, initiée par le chorégraphe. Et dont la perfection d’exécution par les danseurs n’est pas démentie.

On poursuit avec “Sonatine” écrite en 1975 sur une musique de Maurice Ravel, qui explore sur un pas de deux aussi vif que fluide, les mille chemins possibles par lesquels deux corps peuvent se rejoindre.

S’enchaîne Brahms-Schönberg Quartet, sur une partition de Brahms orchestrée par Schönberg, dans des costumes aux motifs/tonalités opposés signés Karl Lagerfeld, à l’abri de variations et de combinaisons propres à cet élan qui cisèle à merveille une écriture classique ­abstraite.

Enfin, composé en 1972 sur le concerto pour violon et orchestre en ré majeur d’Igor Stravinsky, « Violin Concerto », écrit pour seize danseurs et quatre solistes. Ce ballet, dansé en collants noirs et/ou blancs, est un enchevêtrement savant d’ensembles et de pas de deux, à l’image de la complexité de la partition où les duos : Marie-Agnès Gillot/Hugo Marchand & Eleonora Abbagnato/Audric Bezard témoignent d’un tempérament de feu.

Un programme composite où la danse se réinvente.

Dates : du 22 octobre au 15 novembre 2016 l Lieu : Palais Garnier  (Paris)
Chorégraphe : George Balanchine l Avec : le Ballet de l’Opéra de Paris

[TEST] NUOO, la box beauté bio qui fait la différence

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La NUOO Box, c’est une box beauté qui s’adresse à toutes les femmes qui souhaitent prendre soin d’elles avec des produits cosmétiques complètement naturels, bios ou vegans et certifiés non testés sur les animaux, et ça, sur Publik’Art, on adore !

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1 mois d’abonnement : 26 €

3 mois d’abonnement : 75 €

6 mois d’abonnement : 145 €

1 an d’abonnement : 285 €

Note globale obtenue : 4,5/5

[vc_btn title= »VISITEZ LE SITE » color= »primary » align= »center » link= »url:http%3A%2F%2Fwww.nuoobox.com%2F|title:NUOO%20Box|target:%20_blank »][vc_text_separator title= »CONTENU DE LA NUOO BOX RECUE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

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[vc_text_separator title= »NOTRE AVIS SUR LA BOX » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Le détail du contenu de la box

Chaque mois, vous pourrez découvrir au moins 5 produits différents d’une contenance tout à fait satisfaisante pour laisser le temps de l’appréciation aux différents soins. Ce ne sont donc pas de simples échantillons où seule une noisette de crème sort du tube. Nous avons pu découvrir la box du mois d’octobre dont voici le contenu :

– un gommage éclat au café et pamplemousse par la maison Meunier
– une huile sèche Belesa
– un shampoing solide original Lamazuna
– une huile capillaire à base d’argan et d’avocat de Kozmetics
– un exfoliant visage Madara
– des fiches produits et conseils pour bien utiliser les produits
– un vrai magazine beauté Nuoo au contenu original et diversifié

En ce qui concerne la livraison de cette box, nous n’avons rien à redire. La box arrive dans un parfait état, avec un conditionnement adapté aux tumultes de la Poste. Le packaging en lui-même est sobre et design, réalisé dans un papier recyclé, encore un point positif dans la démarche éco-responsable. L’ensemble est chic et s’intègre dans l’esprit de la marque.

Les tests des produits de la box

Nous nous sommes attelés à la tâche « ardue » du test de chacun des produits. Le shampoing solide, véritable curiosité et découverte pour notre part, nous a conquis avec sa forme de cannelé et son odeur agréable. Se laver les cheveux avec nécessitent une petite maîtrise, surtout pour celles qui ont l’habitude de mettre une bonne quantité de shampoing liquide pour que cela mousse bien. Effectivement, comme indiqué dans le livret, les cheveux ne regressent pas dès le lendemain.

L’huile sèche Belesa a ensuite retenu notre attention, car elle est originaire des Cévennes que nous connaissons bien. L’huile à une odeur très originale et agréable. Appliquée sur la peau, elle pénètre bien et laisse un aspect peau de pèche. L’interview de leurs créatrices dans le petit magazine nous a également enthousiasmées et nous pousse à promouvoir ces produits locaux bios.

L’huile d’argan et d’avocat pour les cheveux ravira les initiés. En soin ou en masque toute une nuit, elle laisse les cheveux souples et brillants. Personnellement, on aime pas cette sensation graisseuse, mais d’autres l’adoreront.

Le gommage de la maison Meunier quant à lui est un pur moment de bonheur sous la douche. Avec 100% d’ingrédients naturels, il laisse la peau parfaitement douce et soyeuse. On peut également l’utiliser sur le visage, chose que nous n’avons pas testé.

Enfin, l’exfoliant visage Madara, enrichi en huile d’abricot, laisse après de petits massages circulaires et un rinçage à l’eau, la peau parfaitement lisse et repulpée.

Ce que nous regrettons : l’absence du mascara promis sur la brochure qui aurait dû être dans la box. Heureusement en cas d’erreur, on peut toujours faceilement contacter le site à ce sujet pour qu’ils corrigent le tir.

Conclusion

Pour 26 euros par mois avec les frais de port, vous pouvez découvrir des produits d’une très grande qualité, respectueux de l’environnement, des animaux et de l’économie française qui seront à coup sûr de merveilleuses surprises. Une box bien différente des box beauté féminine existant sur le marché. Pourvu que leur aventure continue !

Snowden : vidéo documentaire de sa fuite à Hong Kong

Snowden
Edward Snowden

Snowden : vidéo documentaire de sa fuite à Hong Kong

Alors qu’Oliver Stone lui a consacré un film qui sortira en salle dès le 1er novembre, on a retrouvé un documentaire passionnant qui retrace la fuite périlleuse de Snowden après avoir dévoilé au monde entier le programme secret de surveillance numérique et téléphonique mené par les Etats-Unis.

120 ans de prison

Considéré comme un traitre et un criminel, Snowden fait l’objet d’une traque intense par les Etats-Unis et leurs nombreux alliés. Il risque 120 ans de prison dans son pays d’origine. Oliver Stone multiplie d’ailleurs les sorties sur le sort qui a est réservé à Snowden, n’hésitant pas de qualifier Obama de « pire que Bush ». Lisez l’article de Stanislas Claude à propos de sa Conférence de presse donnée à Paris pour en savoir plus.

Bref, voici un documentaire choc qui vous mettra dans l’ambiance avant d’aller voir le film !

[vc_btn title= »Chronique de Snowden » color= »primary » align= »center » link= »url:http%3A%2F%2Fpublikart.net%2Fsnowden-biopic-enerve-histoire-detat-renversante%2F|title:Snowden|target:%20_blank »]

[TEST] l’Affaire de Rufus, la box de tee-shirts assortis

Rufus-logo

ERRATUM : certains commentaires laissent à penser que l’affaire Rufus ne soit plus vraiment une affaire…. Soyez vigilants. Merci.

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Nous avons décidé de tester pour vous la box l’Affaire de Rufus, mais qu’est ce que c’est exactement ? Avec un nom pareil, on s’attend à tout sauf à des vêtements, et pourtant, l’affaire de Rufus, c’est un concept vestimentaire pour toute la famille.

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Box Couple ou Amis (2 tee-shirts): 24,90 €

Box Famille (3 tee-shirts): 34,90 €

Livraison offerte en France

Note globale obtenue : 3,7/5

[vc_btn title= »VISITEZ LE SITE » color= »primary » align= »center » link= »url:https%3A%2F%2Fwww.laffairederufus.com%2F|title:L’Affaire%20de%20Rufus|target:%20_blank »][vc_text_separator title= »CONTENU DE LA BOX FAMILLE RECUE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
[vc_text_separator title= »NOTRE AVIS SUR LA BOX » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

L’Affaire de Rufus, c’est donc une box de t-shirts personnalisés qui s’adresse à un couple d’amis, d’amoureux et même à une famille avec enfant. Le but, c’est que chacun s’identifie à l’autre avec un message complémentaire ou similaire. Des t-shirts version femme, homme ou enfant, du 3 mois au XL, qui sont autant de clin d’œil que de messages d’affection.

Suivant la box que vous choisissez (couple, best friends, famille), vous recevez deux ou trois t-shirts différents tous les mois.

On a testé pour vous la box famille. Reçus dans une boîte, 3 t-shirts intitulés respectivement : le meilleur des papas, la meilleure des mamans et le meilleur des enfants. 3 couleurs différentes pour les écritures mais un message similaire. Sympa, quand on a pas trop les chevilles qui gonflent ! La taille des produits est un peu juste, il convient donc de prévoir une taille au-dessus. La qualité du coton est bonne pour le prix proposé.

L’Affaire de Rufus, c’est donc une box différente, qui s’offre facilement pour faire plaisir aux gens que l’on aime.

Vanessa Burggraf à Nicolas Bedos : « C’est d’la merde votre film »

Nicolas Bedos
Michaël Cohen et Nicolas Bedos dans On n’est pas couché le 29 octobre 2016

Vanessa Burggraf à Nicolas Bedos : « C’est d’la merde votre film »

Face à Nicolas Bedos, Vanessa Burggraf s’est totalement lâchée hier soir dans On n’est pas couché. Invité pour son film L’Invitation au côté de son réalisateur Michaël Cohen, Nicolas Bedos est passé sous le lance flamme de la journaliste qui l’a littéralement anéanti. L’acteur et humoriste s’est totalement décomposé en entendant les commentaires acerbes de la nouvelle recrue de Laurent Ruquier qui lui a purement et simplement lancé : « C’est d’la merde votre film ». Un grand moment de solitude sans doute très dur à passer pour Nicolas Bedos mais aussi pour toute l’équipe du film !

Du lard ou du cochon ?

L’instant a été si violent que l’interviewé s’est même demandé si c’était une blague ! Il faut dire que Vanessa Burggraf l’a plus qu’enfoncé : « Vous jouez très moyennement » ou encore « Vous êtes irritant à souhait« … Rendez-vous à 6 minutes 25s pour voir ça ! Un petit indice : le réalisateur ne cesse de se marrer pendant toute la chronique.

[vc_btn title= »Bande annonce de L’Invitation » color= »primary » align= »center » link= »url:http%3A%2F%2Fpublikart.net%2Flinvitation-bande-annonce-film-adapte-de-bd-de-jim-mermoux%2F|title:L’Invitation|target:%20_blank »]

Rio, Fourmiz ou Pôle Express : ce soir, la TV c’est en famille

RIORio, Fourmiz ou Pôle Express : ce soir, la TV c’est en famille

Le programme TV de la soirée est généreux en dessins animés pour le plaisir de toute la famille ! C’est ce qui fait le charme des vacances. Et c’est évidemment l’excellent et festif Rio sur TF1 qui emporte l’adhésion de la rédaction. Le maladroit mais joyeux perroquet bleu vous emmènera à Rio, terre de fête où l’on aime le déguisement et les feux d’artifices ! Un choix judicieux de la part de la première chaîne qui devrait faire un carton d’audience juste avant Halloween.

Des héros pour tout le monde

Mais si comme nous vous avez déjà vu quinze fois Rio (c’est toujours le risque quand on a des enfants), vous pouvez aussi zapper pour retrouver Fourmiz sur Gulli ou encore Le Pôle Express sur 6ter. Et pour les ados, il y a aussi le plus moyen Green Lantern sur NT1. Bref, ce soir toute la famille pourra profiter de la TV !

Vidéo extrême : il saute d’un immeuble… dans un port !

vidéo extrême
il saute d’un immeuble et atterri dans l’eau d’un port

Vidéo extrême : il saute d’un immeuble… dans un port !

C’est une vidéo extrême qui fait le buzz ces derniers jours : un homme s’est filmé en train de sauter tout en haut d’un immeuble de 129 pieds (comprenez près de 40 mètres) pour atterrir dans l’eau… d’un port. Affublé de ses Gopro, ce passionné de sauts extrêmes qui se fait appeler 8Booth (Instagram : @8booth ; Twitter : @8booth) avait annoncé relever ce challenge quelques jours avant. En quinze jours, sa vidéo a déjà été vue plus de 6,4 millions de fois.

Un mouchoir de poche

Si vous avez tendance à avoir le vertige, vous allez être servi en regardant ces images vraiment impressionnantes. Préparez-vous parce qu’il se lance vraiment sans prévenir… dans un mouchoir de poche. Il n’est d’ailleurs pas loin de percuter le quai du port. Est-il encore utile de vous préciser qu’il s’agit là d’une performance réaliser par un professonniel à ne surtout pas reproduire chez vous (ou ailleurs !).

Luisa ici et là, une BD captivante de Carole Maurel (La Boîte à bulles)

Luisa ici et là
Luisa ici et là, BD de Carole Maurel

Luisa ici et là, une BD captivante de Carole Maurel (La Boîte à bulles)

Une adolescente de 15 ans et une célibataire endurcie de 33 ans se rencontrent. Le même prénom, une ressemblance frappante, quel est le lien entre ces deux personnages? La BD navigue entre peinture sociale, science fiction et thriller dans un déroulé qui ne lâche pas le lecteur tout au long des 272 pages.

Carole Maurel utilise le procédé bien connu du saut dans le temps pour scénariser l’improbable. Et si vous rencontriez votre double adolescent, que lui diriez vous? Les grandes espérances se foudroient souvent contre le mur de la réalité, le regard n’est pas tendre sur cet avenir non réalisé et ces espoirs brisés

Un récit envoutant

La scénariste dessinatrice insuffle un vrai souffle à sa BD, mettant dos à dos deux personnages similaires et pourtant si différents. L’écart de maturité et l’expérience expliquent l’acrimonie grandissante entre l’ainée et la cadette. Jusqu’à ces révélations sur les non-dits et frustrations qui expliquent beaucoup de choses… le poids de la cellule familiale et les choix qui n’en sont pas révèlent à la cadette transportée dans le futur ce que son double a choisi d’assumer ou au contraire de cacher sous le tapis. Face à la fraicheur insouciante de sa cadette, l’ainée prend conscience de tout ce qu’elle a trahi.

Un dessin vif et habité

Carole Maurel dédouble son héroïne et le récit révèle petit à petit les évènements fondateurs de cet avenir déformé vécu à contre coeur par l’ainé. Les écueils auraient pu être nombreux mais elle les évite un à un en privilégiant l’honnêteté de son personnage et des révélations fondées dans la réalité. Les moeurs ont évolué en même temps que les personnages mais de mauvais réflexes ont la dent dure…. impossible d’en dire trop sans dévoiler une intrigue qui se découvre peu à peu, autant laisser la surprise aux futurs lecteurs!

Une Luisa attachante anime une BD surprenante qui a reçu le Prix de la meilleure BD en langue étrangère au dernier Festival International de la BD d’Alger.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

D’un côté, il y a Luisa, 33 ans, photographe culinaire célibataire et incapable de vivre plus de quelques semaines avec un homme. De l’autre, Luisa, 15 ans, des rêves plein son sac à dos, une folle envie de trouver l’amour et de vivre de la photographie… Mais aussi des sentiments inassumés pour Lucie, sa copine homosexuelle.

Un jour, aussi invraisemblable que cela puisse lui paraître, la Luisa adulte voit débarquer sur le pas de sa porte l’ado qu’elle était ! Cette rencontre sera décisive pour la jeune femme  car elle fera remonter à la surface des frustrations trop longtemps enfouies.

Un récit initiatique à rebours, qui entraîne le lecteur dans une quête intime de réalisation personnelle, porté par le trait joueur et les couleurs pleines de vie de Carole Maurel.

Date de parution : Mai 2016
Scénariste(s) : Carole Maurel
Dessinateur(s) : Carole Maurel
Genre : Drame
Editeur : La Boite à Bulles
Prix : 32 € (272 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

 

Bob Wilson signe un « Opéra de Quat’sous » hautement théâtral

Bob Wilson signe d'un geste sidéral un "Opéra de Quat'Sous" hautement théâtral
L’Opéra de Quat’sous par Bob Wilson (© Leslev Leslie-Spinks)

Bob Wilson signe un « Opéra de Quat’sous » hautement théâtral

Après « Faust » que nous avions chroniqué, Bob Wilson reprend à Paris sa formidable mise en scène de l’Opéra de Quat’sous entre cinéma muet et expressionnisme allemand avec cet art de l’épure et des lumières dont il est un maître absolu.

Oeuvre emblématique de Bertolt Brecht et Kurt Weill, elle fait la part belle aux comédiens du Berliner Ensemble, troupe mythique fondée par le dramaturge allemand et l’actrice Helene Weigel qui fut son épouse.

L’Opéra de Quat’sous est une satire féroce contre un système et une bourgeoisie corrompue dont la pègre a fait sienne ses valeurs : la justice et la morale sont bafouées, le héros est un truand mais le chef de la police assiste à son mariage tandis que son beau-père est également un escroc. Bref, la débrouille et la roublardise sont à l’œuvre et dans un milieu gangrené par l’appât du gain.

[…] Bob Wilson transcende de son empreinte formelle les masques et les ombres […]

« De quoi vit l’homme? De sans cesse torturer, dépouiller, déchirer, égorger, dévorer l’homme. L’homme ne vit que d’oublier sans cesse qu’en fin de compte, il est un homme » dit Mackie qui règne sur cette pègre. Tout le monde trahit tout le monde. Seul l’argent fait loi affranchi de toute morale.

Un portrait radical de l’humanité sur un ton qui mêle drame, cabaret sensuel et burlesque dans une énergie aussi crépusculaire que subversive.

Au commencement : le difficile mariage de Mackie le surineur, chef d’une bande de voleurs, et de Polly Peachum. Dont les parents, à la tête d’une bande de mendiants qu’ils exploitent, ne reculent devant rien pour y mettre fin allant jusqu’à le dénoncer à la police.

Deux clans qui s’affrontent donc et entre les deux, des flics corrompus et des putains amoureuses.

Arrêté, Mackie s’évade de prison grâce à une autre femme séduite, Lucy. Après de nouvelles dénonciations successives, courses-poursuites et en dépit de tentatives de corruption, Mackie est conduit à la potence.

Mais c’est sans compter sur la morale de l’histoire et son pied de nez qui voit la Reine d’Angleterre lui accorder sa grâce et l’anoblir.

Un théâtre de la ruse brechtienne et du paradoxe qui refuse le premier degré, s’attache à des êtres manipulés : « Qui est le plus grand criminel, celui qui vole une banque ou celui qui en fonde une ? », tous occupés à survivre, partagés entre leur ambivalence et l’urgence de la situation.

un spectacle total

Et Bob Wilson s’en approprie magistralement la teneur, transcende de son empreinte formelle avec des tableaux inoubliables, les masques et les ombres tout droit sortis du cinéma muet expressionniste, dans le pur esprit noir et parodique de l’oeuvre, à l’abri de silhouettes qui se fondent dans une nuit d’où surgissent des visages grimés à outrance et pareils à des doublures fantomatiques d’un monde en perdition.

Le tout en correspondance parfaite avec l’ambiance d’un cabaret berlinois des années 30 où les chansons interviennent en rupture, comme adressées directement par les personnages aux spectateurs pour un opéra hautement théâtral. Un spectacle total.

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Dates : du 25 au 31 octobre 2016 l Lieu Théâtre des Champs-Elysées (Paris)
Metteur en scène : Bob Wilson l Avec : Berliner Ensemble

Hôtel Angleterre, un roman suédois captivant de Marie Bennett (Denoël)

Hôtel Angleterre

Hôtel Angleterre, un roman suédois captivant de Marie Bennett (Denoël)

Si vous l’on vous dit que Marie Bennett écrit son premier roman avec Hôtel Angleterre, cela pourra vous paraître invraisemblable après l’avoir lu. Car ce roman est une merveille !
Pas un instant de répit tout au long des 600 pages !

L’histoire

L’histoire commence en plein hiver 1940, début de la Seconde Guerre Mondiale, en Suède. Georg et Kerstin sont deux jeunes mariés, tout heureux. Jusqu’au jour où la Guerre éclate. Marie Bennett va nous révéler le quotidien de Georg, qui n’avait jamais fait son service militaire mais qui a été mobilisé. Il va se retrouver en pleine campagne suédoise, il fait horriblement froid et les conditions de vie sont désastreuses. Les soldats sont malmenés par les officiers, à un point inimaginable.

Georg et Kerstin qui ne devaient rester que quelques mois séparés, ne vont pas se revoir avant quatre longues années.
Non seulement, on découvre les conditions de vie des militaires, mais aussi celles des hommes vivant dans les compagnies de travail. A travers Georg, l’auteur reste au plus près des réalités historiques avec son roman et nous sommes propulsés au cœur de vies pas ordinaires et qui ont réellement existé.

Références historiques

Si Hôtel Angleterre reste un roman l’auteur explique très bien à la fin de son livre, qu’elle s’est énormément documentée, qu’elle s’est également inspiré de faits réels mais que tous les personnages sont fictifs. Bien entendu, en Suède, les camps ont existé ainsi que les compagnies de travail. La grande force de ce roman réside d’une part des références historiques et d’autre part, de la vie des personnages. La vie de Kerstin, séparée de son mari, est décrite merveilleusement bien et pourtant elle pourrait choquer. Alors que la guerre sévit, Kerstin va se découvrir autrement à travers ses propres rencontres. Et sa rencontre avec Viola sera pour elle déterminante.

Mélange de genres

Si Hôtel Angleterre était uniquement centré sur la Guerre, ce serait sûrement pénible. Là, il n’en est rien. Bien sûr, la guerre est omniprésente, mais la vie est toujours là pour prendre le dessus. Et l’analyse psychologique faite par Marie Bennet est non seulement fine, mais tellement humaine. On s’attache aux personnages, à chacune de leur histoire. Jamais ce roman ne semble long et jamais l’on ne se perd à travers chacun des personnages.
De l’amour, de l’espionnage, de la maltraitance, de la trahison, de l’homosexualité et surtout de la vie donnent corps à ce beau roman…
Une vraie réussite ! Assurément ! On attend déjà le deuxième roman de Marie Bennett avec impatience !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Hôtel AngleterreTrad. du suédois par Thibaud Defever et Maja Thrane

Suède, hiver 1940. Georg est appelé sous les drapeaux. Exposée à des températures extrêmes, mal équipée, sous-alimentée, son unité se trouve à la merci d’officiers incompétents qui exposent les soldats à des risques inutiles et n’hésitent pas à leur infliger châtiments et humiliations. Lorsque cinq recrues meurent, c’est la mutinerie, et Georg est envoyé en camp de travail.
De son côté, Kerstin, la femme de Georg, survit comme elle peut à Malmö. Les années passent, et avec elles l’espoir de revoir un jour son époux. Mais une rencontre bouleverse sa vie, celle de Viola, femme riche, belle et cultivée dont Kerstin tombe éperdument amoureuse. C’est le début d’une liaison d’autant plus passionnée qu’elle est interdite. Pourtant, aveuglée par la jalousie, Kerstin détruit ce bonheur fugace.
Le soir de Noël 1943, les deux époux se retrouvent enfin. Pourront-ils reprendre le cours de leur existence après avoir traversé autant d’épreuves
Un superbe roman sur l’amour, la trahison et les remords.

Date de parution : le 13 octobre 2016
Auteur : Marie Bennett
Editeur : Denoël
Prix : 22,50 € (608 pages)
Acheter sur : Amazon

Examens d’empathie réalisés et partagés par Leslie Jamison (Pauvert)

Leslie Jamison
Leslie Jamison

Examens d’empathie réalisés et partagés par Leslie Jamison (Pauvert)

Leslie Jamison est une jeune américaine qui vient d’écrire un Essai sur l’empathie. Aujourd’hui, on parle d’empathie bien souvent sans vraiment savoir de quoi il s’agit. Grand terme à la mode…

Leslie Jamison nous fait partager à la fois son expérience, ses relations aux autres, et aussi ses nombreuses connaissances. Dès la première page du livre, elle nous surprend : « Je suis patient acteur, c’est-à-dire que je simule des maladies. Je suis payée à l’heure. ». On ne savait même pas que ce métier existait ! En fait, elle joue le rôle de malade de façon à ce que les étudiants en médecine découvrent de quelle maladie elle souffre… Bien sûr, elle ne ressent aucune douleur, mais doit faire semblant d’en ressentir, suivant un scénario très précis. Et finalement, l’empathie serait-elle cette faculté de ressentir la douleur de l’autre au point d’en souffrir soi-même et de soulager l’autre ?

Leslie Jamison va analyser différentes situations, souvent très intimes, toujours des rencontres qu’elle va vivre elle-même. Et elles ne seront pas toujours évidentes. Je pense plus particulièrement à ses opérations vécues coup sur coup, à sa terrible agression au Nicaragua… Leslie Jamison nous parle aussi de la douleur des autres à travers ce qu’ils ont fait de leurs vies, comme par exemple Frida Khalo qui a souffert toute sa vie de jeune femme à cause d’un horrible accident de tramway et a reporté sa souffrance indescriptible et insoutenable dans ses tableaux. Des situations que l’on ne comprend pas forcément, mais qui nous pousse à nous interroger sur notre propre empathie à l’égard de l’autre qui souffre.
Examens d’empathie, une belle analyse des rapports humains, de la notion de sentimentalité, et du ressenti de Leslie Jamison face à ses nombreuses « expériences » et rencontres humaines à travers le monde. Un livre pas comme les autres à découvrir sans plus tarder !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Examens d’empathieComment éprouve-t-on la souffrance de l’autre ? Qu’est-ce que ressentir la douleur d’autrui, sachant que cette douleur peut être acceptée, déformée ou contrefaite ? En se confrontant à la douleur – la sienne et celle des autres, simulée ou réelle –, Leslie Jamison découvre la nécessité pressante, personnelle et culturelle de ressentir. À partir d’expériences vécues, elle explore la question en étendant son champ de curiosité bien au-delà de son cas particulier : de sa pratique d’actrice médicale – payée pour feindre des symptômes que les étudiants en médecine doivent diagnostiquer – à son agression au Nicaragua, d’une réunion de personnes pensant être atteintes d’une même maladie imaginaire au Los Angeles des gangs, de la téléréalité à l’expérience de la prison.
Dans ce recueil de textes virtuoses et audacieux qui tiennent à la fois de l’essai, des Mémoires, de la critique littéraire et du journalisme d’investigation, Leslie Jamison interroge avec grâce et humilité une dimension essentielle de notre rapport à l’autre.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Emmanuelle et Philippe Aronson

Date de parution : le 31 août 2016
Auteur : Leslie Jamison
Editeur : Pauvert
Prix : 22 € (336 pages)
Acheter sur : Amazon

Rupture pour tous : l’amour marchand en bande annonce

Bande annonce rupture pour tous
Copyright Légende Distribution

Rupture pour tous : l’amour marchand en bande annonce

Aujourd’hui les couples se forment et se défont au rythme des saisons alors pourquoi ne pas faire de la séparation amoureuse un business comme les autres ? Rupture pour tous s’empare avec comique et impertinence de l’amour pour en faire une marchandise. Moyennant paiement, la société Love is dead se propose de faire le sale boulot à la place du client. Rompre n’a jamais été aussi simple, il suffit d’avoir de l’argent ! Cela ne vous rappelle rien ? Le scénario du film fait écho à celui de l’Arnacoeur. Le succès sera-t-il aussi au rendez-vous…

Oh jeunesse

Au casting, une brochette de jeunes pousses et un (jeune) acteur de la très vieille Comédie Française. Benjamin Laverhne membre de l’illustre institution tient le rôle principal au côté d’Elisa Ruschke qui joue ici son tout premier grand rôle au cinéma. On aperçoit même le nom de Jérôme Niel qui ravira les fans de ses vidéos déjantées et de Studio Bagel.

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la-rupture-pour-tous-afficheMathias Lonisse, créateur de la société Love is dead, est un artisan de la séparation amoureuse.
Il est mandaté pour rompre à la place de celles et ceux qui pour une raison ou une autre préfèrent s’éviter cette tâche bien souvent pénible et délicate.
Mathias assume parfaitement son métier, et effectue chaque mission avec un grand sens du professionnalisme, jusqu’au jour où maman décide de quitter papa…

Sortie : le 23 novembre 2016
Durée : 1h31
Réalisateur : Eric Capitaine
Avec : Benjamin Lavernhe, Elisa Ruschke et Aïssa Maïga
Genre : Comédie

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[BD] L’année de la chèvre : Bernadette, une belle chronique de femme moderne

L'année de la chèvre
L’année de la chèvre, bande dessinée de Vanyda et François Duprat

L’année de la chèvre: Bernadette, une belle chronique de femme moderne

La Boîte à Bulles donne une suite à la BD L’année du dragon parue en 2015 chez Carabas et rééditée en 2016 par BAB. L’année de la chèvre raconte les doutes et les espoirs de Bernadette. 15 ans après sa rencontre avec le Franck du premier tome, on la retrouve à 36 ans, mariée et mère de famille, à la croisée des chemins.

L’année du dragon s’intéressait à Franck, jeune homme de 25 ans inconséquent et vivotant sur le canapé de son frère. Amoureux de sa meilleure amie Kim, sa vie n’était qu’hésitation et incertitudes. La chronique douce amère alternait les plages d’humour et de déceptions avec un dessin vif et dynamique.

Bernadette qui rit…

Bernadette est toujours enseignante et le souvenir de Franck est maintenant lointain. Elle a fondé une belle famille avec un mari sérieux et ses deux enfants poussent à vue d’oeil. Le rythme pépère de sa vie lui convient même si elle continue de rêver de voyages et de romantisme. Le scénario de Vanyda va pourtant voir Bernadette traverser une année de changements symbolisée par son signe astrologique chinois. L’année de la chèvre s’annonce tumultueuse et Bernadette va devoir faire des choix.

… et Bernadette qui doute…

Son mari semble démissionner devant l’ampleur des tâches domestiques, la grande fille est une adolescente pleine d’inquiétudes et le professeur de sport est bien charmant… L’accumulation de questions existentielles finit de plonger l’héroïne dans des tourments intérieurs que le déroulé du livre la laisse longtemps sur la brèche. Les 112 pages se lisent avec un plaisir constant tant l’alliance du dessin et du scénario maintiennent l’intérêt tout du long.

Une chronique douce amère qui fait plaisir. Les 2 volumes se lisent d’une traite et les personnages sont attachants tant leurs doutes peuvent paraitre universels. A découvrir!

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Installée dans une routine qui semble lui convenir, Bernadette – celle que Franck avait rencontré 15 ans plus tôt dans L’Année du Dragon – a maintenant 36 ans. Mariée et mère de deux enfants, elle mène une vie rythmée par sa famille et son travail d’enseignante, sans se douter que l’année qui débute marquera un tournant décisif.

Car cette année est celle de la Chèvrele signe de Bernadette dans l’astrologie chinoise, ainsi que celui de sa fille, Anaïs. Mais les astres n’ont pas prévu d’être cléments envers elles et, petit à petit, le ciel s’obscurcit.

Tandis qu’Anaïs, rêveuse et mal dans sa peau, entre dans l’adolescenceBernadette se heurte à la lâcheté de son mari et se laisse dangereusement approcher par Samuel, son coach sportif. Sa vie paisible s’effrite : Anaïs se renferme, son couple bat de l’aile, les non-dits persistent dans sa famille, sa mère se remet à boire…

Le doute et le désir de liberté la bousculent. L’herbe ne serait-elle pas plus verte ailleurs ?

Date de parution : octobre 2016
Scénariste(s) : Vanyda
Dessinateur(s) : Vanyda, François Duprat
Genre : Comédie
Editeur : La Boîte à Bulles
Prix : 20 € (112 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Vladimir Jankélévitch La vie est une géniale improvisation, hommage éblouissant à un libre penseur

Vladimir Jankélévitch La vie est une géniale improvisation
Vladimir Jankélévitch La vie est une géniale improvisation, Lucernaire, Mise en scène de Bruno Abraham-Kremer et Corine Juresco

Vladimir Jankélévitch La vie est une géniale improvisation, hommage éblouissant à un libre penseur

1h20 durant, Bruno Abraham-Kremer lit la correspondance épistolaire de Vladimir Jankélévitch avec son ami philosophe Louis Beauduc. Irrémdialement séparés physiquement, ils échangent tout sur tout dans une vivifiante sincérité. De leur rentrée à 20 ans sur les bancs de Normale Sup’ en 1923 à l’orée des années 80, ces deux penseurs livrent leurs réflexions sur la vie, leurs carrières, l’histoire qui se déroule et leurs espoirs. Un moment de théâtre truculent et pénétrant!

Vladimir Jankélévitch est avec Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Henri Bergson et Raymond Aron un des philosophes français phares du XXe siècle. Ses ouvrages Le traité des vertusLe-je-ne-sais-quoi et le presque-rienLe paradoxe de la morale et La mort sont encore lus et étudiés dans toutes les facs. Une pensée si pénétrante méritée bien une mise en scène au Lucernaire.

Une lecture passionnante

Bruno Abraham-Kremer inaugure la pièce avec une anecdote truculente sur ses liens étroits avec la pensée du philosophe français d’origine russe. Puis l’exposé de la correspondance peut débuter pour 1h20 d’anecdotes qui livrent la substantifique moelle de la pensée du philosophe. Le conteur inspiré fait vivre les écrits, se mettant à la place des deux rédacteurs dans des pantomimes habitées. Le gout aigu pour la musique de Jankélévitch, la préparation de ses ouvrages, ses aspirations à la vie maritale, près de 60 ans d’une riche existence sont exposés avec force anecdotes. Le conteur arpente la scène habillée de deux bureaux et équipée d’un équipement hi-fi. Quelques uns des airs classiques préférés du philosophe retentissent régulièrement.

Un philosophe d’une cruciale actualité

Quand la voix de Vladimir Jankélévitch se fait entendre, son ton enflammé cloue au siège.

Quand la voix de Vladimir Jankélévitch se fait entendre, son ton enflammé cloue au siège. Ce personnage vivait sa pensée, la ressentait épidermiquement, de tout son être. Entendre cette correspondance intime, non destinée à être publiée, révèle l’humain et son implication totale dans la philosophie morale. Quelques phrases hanteront longtemps les spectateurs. Le diable n’est fort que de notre faiblesse : qu’il soit faible de notre force! Ou  Place aux ordinateurs et au dieu Business. Dès 1975, le penseur sentait l’évolution de notre société occidentale dans un capitalisme technologique effréné. Qui a pu si bien prédire l’avenir par la force de sa seule intuition?

L’occupation, une période charnière

Les lettres échelonnées entre 1940 et 1945 montrent l’angoisse d’un homme dépassé par la folie des hommes. Combattant en 1940, angoissé par son statut de juif, caché dans la zone libre, il reniera la philosophe allemande pour toujours, jusqu’à cette lettre adressée par un allemand en 1981. Le penseur jusque-boutiste a longuement disserté sur le pardon et son impossibilité dans le contexte de la shoah. Les dernières minutes révèlent la grande sagesse d’un homme hanté par les souvenirs de la barbarie. Pour une émotion à couper le souffle.

La pièce se conclut par une légitime et méritée salve d’applaudissements. Nul besoin d’être féru de philosophie pour apprécier ce moment de théâtre entier et habité. La salle était comble, n’hésitez pas à réserver votre place pour admirer les talents de conteur du comédien hors pair et la philosophie si cruellement actuelle de cet esprit libre.

Dates :  du 19 octobre au 11 décembre 2016
Lieu : Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Bruno Abraham-Kremer et Corine Juresco
Avec : Bruno Abraham-Juresco

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