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Ikarie XB1, première sortie en salles françaises d’un monument de la SF de 1963

Ikarie XB1
Ikarie XB1, film de Jindrich Polák

Ikarie XB1, première sortie en salles françaises d’un monument de la SF de 1963

Tant de légendes ont circulé sur ce film tchèque réalisé en 1963 que pouvoir enfin le visionner en salles en 2017 tient du miracle. Considéré comme une influence majeure du 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick sorti en 1968, Ikarie XB1 est surtout une adaptation d’un roman de l’auteur polonais Stanislas Lem, à l’origine des Solaris de Tarkovski (1972) et Soderbergh (2002), soit un écrivain majeur de la SF contemporaine. Réalisé à une époque où la conquête spatiale opposait les Etats-Unis et l’URSS dans la course vers la lune, Ikarie XB1 a les défauts de ses qualités. Ambitieux et précurseur à sa sortie bien que n’ayant pas vraiment rencontré son public, le film devenu culte subit quelque peu l’outrage du temps qui passe, tant scénaristiquement que graphiquement en restant un tant soit peu figé dans son époque. Reste une expérience cinématographique non sans charmes qui invoque une époque où le bloc de l’Est savait offrir une alternative crédible et créative à Hollywood.

Un film sur l’inconnu intersidéral

Le scénario anticipe une conquête spatiale partie bien plus loin que notre lune voisine avec des camarades d’Europe de l’Est partis vers la constellation Alpha du Centaure en 2163 pour trouver une hypothétique forme de vie extraterrestre. Le voyage de 28 mois subit forcément les lois de la relativité générale, faisant passer dans le même temps 15 ans sur la terre. Le film propose une esthétique spatiale froide, voire glacée, qui préfigure le 2001 de Kubrick, avec tout de même un bémol, l’absence de vrais problèmes de gravité sur la station spatiale. L’équipage va devoir faire face à des difficultés imprévues, la première étant l’impact sur les organismes et les esprits d’un long voyage vers une destination située à 4,367 années lumière de notre système solaire. Le rythme lent du film rappelle les incunables d’époque, en premier lieu le Planète Interdite sorti en 1956. Palabres et plans fixes tranchent avec la profusion épileptique des films de SF du XXIe siècle. Les effets spéciaux ont quelque peu vieilli et insistent sur l’homme beaucoup plus que sur l’action. La deuxième difficulté tient à l’apparition d’une maladie à bord qui interroge sur la place de l’homme dans l’espace. Les grandes étendues vides de l’immensité spatiale sont-elles vraiment faites pour être traversés par l’être humain? L’atmosphère terrestre le protège des rayons cosmiques, ce qui n’est plus le cas une fois sorti de la carapace protectrice du vaisseau. D’où brûlures, souffrances et questionnement.

Tant de choses à découvrir

Enfin, le scénario ajoute une dimension presque magique avec l’apparition d’un vaisseau inconnu sur le chemin d’Ikarie XB1. Cet évènement interroge sur les mystères de l’espace temps et la petitesse de l’homme face à l’inconnu. Les scientifiques devisent longuement sur ces 3 écueils pendant que le vaisseau fait route avec un bruit d’aspirateur, rappelant la série Cosmos 1999 alors que tout le monde sait bien que l’absence d’oxygène dans l’espace empêche la propagation de tout bruit. Les caractères se dévoilent, les doutes aussi et surtout les questionnements sur le bien fondé d’une telle expédition. Le film privilégie l’ultra réalisme malgré les quelques écueils scientifiques pour susciter des interrogations sur l’avenir de l’espèce humaine. Rappelant qu’il fut un temps où la seule limite semblait le bout de l’univers, interrogeant sur le devenir de notre civilisation devenue très (trop?) terre à terre et dénuée de toute ambition spatiale. Comme si la fin de la confrontation Est/Ouest avait mis fin à toute velléité cosmogonique pour l’homme.

Ikarie XB1 est une curiosité qui ne manque pas d’intérêt. Le cinéma tchèque a pris les devants très tôt pour livrer un film passionnant même si daté. A découvrir en salles dès mercredi.

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Ikarie XB1
Ikarie XB1

Pendant la seconde moitié du XXIIème siècle, à bord du vaisseau spatial Ikarie XB 1, un équipage se dirige vers la constellation Alpha du Centaure afin d’y trouver une nouvelle forme de vie extraterrestre. Si le voyage ne dure que 28 mois, 15 ans auront passé sur terre au moment où la mission parviendra à destination. Au cours de ce voyage, une quarantaine de scientifiques de tous pays apprennent à vivre ensemble et doivent faire face à quelques péripéties, telles que la rencontre avec un appareil spatial du XXème siècle, l’instabilité mentale d’un des passagers ou l’apparition de symptômes liés à une « étoile noire » radioactive.

Sortie : le 19 avril 2017
Durée : 1h28
Réalisateur :  Jindrich Polák
Avec : Zdenek Stepanek, Radovan Lukavsky, Dana Medricka
Genre : Science-fiction

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Emprise ou comment l’amour se transforme en cauchemar (JC Lattès)

Valérie Gans
Valérie Gans

Emprise ou comment l’amour se transforme en cauchemar (JC Lattès)

Valérie Gans nous emmène très loin dans son dernier roman : Emprise. Un roman passionnant, d’actualité qui place la femme au cœur de la vie !

Une histoire banale mais pas si banale…

Son héroïne Claire, est une jeune parisienne de 29 ans comme des milliers d’autres. Jusqu’au jour où elle rencontre l’homme de sa vie. Mark s’immisce dans sa vie de façon inattendue et entière. Et la vie de Claire va en être totalement bouleversée, quasiment du jour au lendemain. Elle aime Mark plus que tout et pour lui, elle est prête à tout, même tout quitter et le suivre en Arabie saoudite. Alors qu’elle était très heureuse et bien entourée à Paris.

La vie en Arabie saoudite

L’originalité du livre de Valérie Gans, Emprise, réside dans le fait qu’elle connaît très bien l’Arabie saoudite et ses coutumes, y ayant elle-même vécu en trois ans. Tous les détails du quotidien, les descriptions des lieux, les us et coutumes des Saoudiens, tout est très proche de la réalité. Rien de raciste dans les nombreuses descriptions qui y sont faites et surtout dans toutes les révélations écrites sur la place de la femme là-bas. L’auteure ne fait que mettre l’accent sur des faits qui nous paraissent, à nous occidentaux, complètement déments. Même si nous le savons déjà, lire cette histoire est bouleversant. Tout est tellement plausible qu’on le lit d’une traite en se demandant jusqu’où Claire va aller. Jusqu’où Claire va-t-elle supporter les traitements de son mari ? Jusqu’où va aller son enfermement ? Les femmes Saoudiennes sont privées de tout. Tout leur est interdit : de conduire, de sortir, interdit d’aller au restaurant, interdit de prendre la parole en public, et obligées de sortir entièrement couverte de leur « abaya » et de leur voile.

Un hommage aux femmes

En quelque sorte ce livre est un bel hommage rendu aux femmes du Monde entier. Et surtout aux femmes qui ne sont pas libres dans leur pays, qui sont souvent maltraitées, humiliées, bafouées, et qui tentent de survivre malgré tout.
Après avoir lu ce livre, Emprise, les femmes « libres » vont encore davantage apprécier leur liberté qu’elles n’évaluent même plus. Ici c’est comme une évidence et là-bas, tout est un problème. Aucune notion de liberté.
Valérie Gans a une plume juste, émouvante sans jamais tomber dans le mélo. On espère, juste nous simples lecteurs, que la vie de l’auteure ne fut pas du tout ressemblante à celle de Claire, en Arabie saoudite.
Une histoire de femmes, écrite par une femme mais qui est destinée aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Le style de Valérie Gans est très agréable à lire et du coup Emprise se lit d’une seule traite ! C’est vraiment un livre à découvrir absolument !

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Claire a vingt-neuf ans, styliste free-lance, célibataire endurcie, tout change lorsqu’elle rencontre Mark, un beau gosse charmeur qui lutte pour se faire un prénom face à une mère aussi célèbre que castratrice.
Elle qui ne voulait pas d’un homme chez elle le voit s’installer au bout de quelques semaines, et, pourtant farouchement opposée au mariage, au bout de quelques mois, la voilà mariée.
Plus encore, elle lâche tout – sa vie, ses amies, sa famille, son chat qu’elle adore et son métier – pour suivre Mark en Arabie saoudite, où il est missionné par l’Institut Pasteur pour ouvrir un laboratoire. Arrivée à Riyad, elle est à la fois séduite par l’Orient et déroutée par toutes les contraintes imposées aux femmes. Elle doit sortir entièrement voilée, ne peut pas conduire, ni se déplacer à vélo, ni s’arrêter au Starbucks pour prendre un café… l’endroit est interdit aux femmes.
Commence alors pour Claire une longue descente aux enfers. Forcée de se soumettre à ces nouvelles règles, elle va peu à peu perdre sa combativité et son identité. De son côté, frustré par un métier qui ne tient pas ses promesses et qui le met une fois encore face à ses échecs, Mark devient de plus en plus méprisant et violent.
Ce n’est qu’après avoir frôlé la mort que Claire prendra la fuite grâce à la complicité d’une amie saoudienne aussi croyante que résignée.
Une histoire d’amour, de soumission, de résilience, de sublimation et d’amitié, dans un monde qui n’aime pas assez les femmes et s’évertue à les dévaloriser.

Date de parution : le 29 mars 2017
Auteur : Valérie Gans
Editeur : JC Lattès
Prix : 19 € (320 pages)
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Une belle histoire de femme dans L’affranchie, au cinéma le 19 avril 2017

L'affranchie
L’affranchie, film de Marco Danieli, Copyright Bellissima Films

Une belle histoire de femme dans L’affranchie, au cinéma le 19 avril 2017

Le film italien de Marco Danieli place une jeune femme au centre de tumultes qui la dépassent. La bonne élève, bonne fille et disciple modèle des témoins de Jéhovah décide de vivre sa vie en larguant les amarres familiales. Giulia devient une Antigone moderne, choisissant de dire non aux rails tout tracés d’une existence rangée pour tenter l’inconnu. Elle pourrait être catholique, musulmane ou juive, son cas particulier s’élève à l’universalité en soulignant autant la question des conflits de génération que l’acceptation ou non d’un  carcan rassurant mais également potentiellement asphyxiant. Les jeunes acteurs Sara Serraiocco et Michele Riondino ressemblent à une déclinaison contemporaine de la Belle et la Bête, mais ce n’est guère plus un conte de fée.

Une histoire sans âge

Les parents s’interrogeront sur ce parcours de jeune femme bien sous tout rapport. Fille modèle, élève brillante, rien ne prédisposait Giulia au coup de foudre et à la sortie de route. Car du point de vue familial, c’est bien de sortie de route qu’il s’agit, d’autant plus que les préceptes de leur religion n’admettent aucune flexibilité en ce qui concerne l’amour avant le mariage. Un petit air de XIXe siècle rode autour du film, battu en brèches par une héroïne plus déterminée qu’il n’y parait. Le contexte familial bourgeois tranche avec la belle gueule de petite frappe de Libero, jeune homme déphasé à la frontière du trafic de drogues. La collision des deux mondes fait d’autant plus de victimes collatérales qu’il ne rentre pas dans le cadre. La banlieue italienne moderne sert d’arrière fond à cette histoire de Roméo et Juliette modernes. Les immeubles cossus cohabitent avec des HLM décrépits et le mal être d’une génération transparait au fur et à mesure du film. Ô combien privilégiée et entourée, Giulia cherche pourtant à s’échapper pour respirer et vivre sa vie…

L’amour au dessus de tout?

L’époque de liberté morale vécue par la société occidentale tranche avec les préceptes antédiluviens d’une religion qui cherche à protéger ses ouailles. Le monde extérieur, à savoir le monde de la plupart des gens, apparait dangereux car imprévisible et désordonné. Le film ne tranche jamais vraiment entre ces deux visions du monde, l’ordre contre le désordre, la liberté contre le confort. L’héroïne fait ses propres choix au fur et à mesure de l’intrigue pour un constat fascinant. Elle a du caractère et ni sa famille ni Liberto ne peuvent la manoeuvrer. L’ultra réalisme du film tranche avec les caractéristiques parfois bien particulières de l’environnement de l’héroïne, augmentant d’autant l’empathie avec le personnage. Si certains tourments tournent parfois en rond, il subsiste à la fin du film l’impression d’avoir vu une belle histoire de femme qui interroge sur les orientations de la jeune génération, cette génération Y tant décriée dans les médias.

Une belle preuve d’intelligence émotionnelle avec ce personnage attachant, perdu comme beaucoup de jeunes dans un temps où les choix de vie se font. Et puis, il s’agit d’un film italien, avec cet accent inimitable. De quoi donner envie de voir ce beau film!

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L'affranchie
L’affranchie

Giulia, jeune témoin de Jéhovah, voit sa vie basculer lorsqu’elle rencontre Libéro qui vient de sortir de prison. Leur amour interdit conduira Giulia à l’exclusion totale de sa communauté. Avec lui, un autre destin semble possible. En cherchant sa voie, elle découvre les dangers d’un monde extérieur au sien…

Sortie : le 19 avril 2017
Durée : 1h41
Réalisateur : Marco Danieli
Avec : Sara Serraiocco, Michele Riondino, Marco Leonardi
Genre : Drame, Romance

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https://youtu.be/LbM_GDnteko

L’Olivier, une merveille espagnole à méditer, sort en DVD

L'olivier
L’olivier © EOne Films Spain

L’olivier, une merveille espagnole à méditer, sort en DVD

Icíar Bollaín réalise un très beau film avec L’olivier, tout en symboles, avec un excellent scénario de Paul Laverty.
L’histoire peut paraître très simple, voire simplette. En fait, il n’en est rien ! L’olivier est une fable où chacun trouvera ses vérités…

Une petite-fille étonnante

Alma est une jeune femme, dynamique, et naturelle. Elle a repris l’exploitation agricole de son grand-père, sur la côte est de l’Espagne. Là où les oliviers sont rois. Un jour, les enfants décident de vendre un olivier millénaire de l’exploitation, malgré le refus du grand-père. Ils ont besoin d’argent et l’olivier va en rapporter beaucoup. Même si le grand-père dit qu’ils n’ont pas le droit de le faire, que la nature n’appartient à personne, et ce, depuis des millénaires. Les fils vont vendre cet olivier majestueux, ayant besoin d’argent.
C’est alors que la petite-fille, Alma, voyant son grand-père dépérir, et ne plus parler du tout, décide de partir à la recherche de cet arbre. Elle sait que son grand-père se laisse mourir depuis qu’on lui a arraché cet olivier. Cet arbre deux fois millénaire était toute sa vie. Alma représente la jeunesse, pleine d’idéaux avec une énergie débordante et le grand-père respire la sagesse malgré son grand âge et sa santé défaillante.

Un scénario original

Le reste du film est rocambolesque et nous fait bien rire ! De l’Espagne, nous partons sur les routes, direction Düsseldorf, en passant par la France. Car Alma a retrouvé ce fameux Olivier… Et nous découvrirons Düsseldorf au bord du Rhin ! Quel dépaysement !
Pour connaître la suite de cette histoire trop jolie, il va vous falloir regarder le DVD de ce très beau film qui sort aujourd’hui. Tout y est simple, sans effets spéciaux, simple et vrai comme la nature, comme cet olivier millénaire. L’olivier, un véritable coup de coeur pour Publik’Art !

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Alma, jeune femme engagée, reprend l’exploitation agricole de son grand père. Ce dernier a été contraint de vendre son olivier millénaire à une multinationale et ne s’en est jamais remis. Alma décide de renverser l’ordre établi et remonte la piste de cet arbre unique, dernier ancrage dans ses terres familiales. Ce voyage rocambolesque l’amène au coeur d’un combat de David contre Goliath.

Sortie en DVD : le 9 avril 2017
Durée : 1h39
Réalisateur : Icíar Bollaín
Avec : Anna Castillo, Javier Gutiérrez, Pep Ambrós
Genre : Drame, Comédie dramatique

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Une prestation habitée pour L’histoire d’une femme au Thêatre de Poche Montparnasse

L'Histoire d'une Femme
L’Histoire d’une Femme, texte et mise en scène de Pierre Notte , Théâtre de Poche Montparnasse

Une prestation habitée pour L’histoire d’une femme au Thêatre de Poche Montparnasse 

Suite à un fait divers dont il a été témoin, Pierre Notte a imaginé le texte de L’Histoire d’une Femme. La pièce sans concession place la comédienne Muriel Gaudin seule en scène pour 1h10 de déballage épidermique devant une audience collée au siège. Les anecdotes se succèdent pour une confrontation bouillonnante d’une individu avec à une société où elle ne trouve plus sa place. Les traits burlesques amplifient l’universalité d’une histoire qui touche au tragique, comme si la fin de l’histoire approchait à grands pas et qu’aucune amélioration n’était envisageable pour cette humanité embourbée dans la médiocrité.

Un formidable numéro d’actrice

Dès avant la pièce, la comédienne Muriel Gaudin accueille les spectateurs avec un quizz décontracté pour souligner la place insuffisante laissée aux femmes dans notre société. Humour et légèreté sont mis à l’honneur tandis qu’un bol de pastilles Vichy circule dans le public pour récompenser les bonnes réponses aux questions. Mais dès que la lumière se tamise et qu’elle rentre dans son personnage, une pesanteur durable s’installe parmi les spectateurs nombreux. Le personnage anonyme prend vie pour un long monologue exhumant le mal être et l’agitation d’une femme incapable de garder le silence face aux trop nombreuses vexations qu’elle est obligée de subir quotidiennement sans rien dire. Refusant tout autant la loi du talion que la loi du silence, le personnage s’exprime pour ne pas rester anonyme et finalement exister. Sa soif de vivre lui fait confronter son agitation avec l’étonnement d’individus désarçonnés par sa franchise et sa manière d’agir. En s’affranchissant des règles usuelles de pudeur et de retenue, son personnage cherche à trouver une place qui lui a été trop longtemps refusée.

Une émotion à fleur de peau

Quand le texte insiste sur le trouble profond du personnage avec des mots de tous les jours et une expression volontairement épileptique et décousue, la mise en scène épurée et l’investissement de la comédienne se chargent d’attiser constamment la flamme de l’émotion. Si des chansons chantées en mode très aigu sont capables de faire sortir les larmes des interprètes, une pièce sur le mode bouleversant l’est tout autant, la preuve. Muriel Gaudin vit son personnage, s’approprie cette histoire et fait ressentir physiquement un trouble des plus communicatifs. La comédienne tient un verre et un pichet à la main comme des étendards qu’elle brandit contre la société. Une musique délicate structure sa narration avec des pauses régulières lui permettant de sécher ses larmes et de se moucher. Car l’appropriation est totale et le bout en train initial devient cette femme anonyme, déballant sans pudeur ses émotions et abreuvant le public de ses commentaires tour à tour ironiques et véhéments. Cette histoire de femme touche par son universalité et surtout son authenticité. Nul besoin d’alexandrins pour installer la proximité,  la confession se fait sur le mode direct dans une ligne droite sans virages.

L’Histoire d’une Femme bouscule et hypnotise tant la comédienne fait montre d’un aplomb admirable dans sa diction et son charisme. Sans anicroches ni sorties de routes, la pièce subjugue pour un vrai moment coup de poing qui reste longtemps incrusté dans l’esprit bien après la fin de la pièce.

Dates : du 17 mars au 7 mai
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Pierre Notte
Avec : Muriel Gaudin

Onirique exposition Au-delà des Etoiles, le paysage mystique de Monet à Kandinsky, au Musée d’Orsay

Au-delà des Etoiles
Au-delà des Etoiles, Musée d’Orsay

Onirique exposition Au-delà des Etoiles, le paysage mystique de Monet à Kandinsky, au Musée d’Orsay

Dès la première toile, le ton est donné. La Meule de Claude Monet présente un passage azuré, flouté, brûlé par le soleil et envahi par la nuit, reflet non pas seulement de la nature foisonnante mais surtout du regard du peintre sur elle. La nature est au centre de l’exposition Au-delà des Etoiles, le paysage mystique de Monet à Kandinsky, mais le Musée d’Orsay la place sous les auspices de peintres fiévreux, habités, tourmentés. Dieu et le démon se cachent au détour de ces paysages mystiques où plus rien ne semble si réaliste quand le jour et la nuit semblent abriter des esprits mystérieux. Les plus grands peintres cohabitent avec des écoles canadiennes ou scandinaves moins renommées mais non moins intéressantes.

Le plaisir de retrouver des oeuvres connues

Beaucoup de blasés se plaignent de voir toujours et partout les impressionnistes. Pourtant, retrouver les Nymphéas de Monet aux côtés de ses Cathédrales de Rouen ou des oeuvres de Gauguin et de Van Gogh est rien de moins que l’ évidence tant leur apport à l’art universel semble un passage obligé. En tordant la réalité au prisme de leurs tempéraments, ils ont ouvert la voie à tous les courants picturaux modernes du XXe siècle. Pourquoi représenter la nature telle qu’elle l’est quand on peut jouer avec et se l’approprier? Les deux premières salles offrent un panorama réjouissant venu de ceux qui ont révolutionné l’art pictural. Cheveux roux incandescents, formes géométriques conceptuelles et couleurs irisées produisent des chocs esthétiques à répétition, surtout que beaucoup d’oeuvres ne figurent pas parmi les plus connues, comme ces Arbres sur Fond Jaune d’Odilon Redon qui subjuguent les visiteurs pendant de longues minutes. Quant au Christ au Mont des Oliviers avec un Gauguin en auto-portrait christique à mi-chemin avec Van Gogh, c’est un ravissement. Tant d’oeuvres à se remémorer pour une nature sublimée par la grâce de peintres ambitieux et précurseurs.

Des écoles picturales moins connues

Les salles avec les oeuvres des peintres d’Amérique du Nord comme Giorgia O’Keeffe ou Emily Carr, ainsi que les oeuvres scandinaves et canadiennes, interpellent pat leur originalité. Preuve en est que tout n’est pas dit dans la peinture et que beaucoup reste à découvrir. La visite est un plaisir renouvelé à chaque toile et les mystères de la nature offrent des surprises saisissantes. Les nombreux commentaires proposés aux côtés des oeuvres permettent d’exposer thèses et intentions pour des révélations étonnantes. Quand vient la dernière salle, la musique de Charles Ives se fait entendre alors que le Soleil de Munch éblouit les spectateurs. Les oeuvres sont moins figuratives, jouent avec les astres et approchent du royaume du rêve. La nature terrestre laisse place au firmament des étoiles, à l’inconnu et à l’imagination fertile d’artistes iconoclates.

Le Musée d’Orsay propose une nouvelle exposition fantasmagorique qui réjouit tout du long. Le parcours interpelle et réjouit des visiteurs appelés à réaliser des aller retours entre les salles pour confronter des oeuvres qui s’additionnent et ne s’annulent pas. Une exposition à découvrir jusqu’au 25 juin!

Dates : Du 14 mars au 25 juin 2017
Lieu : Musée d’Orsay (Paris)
Entrée : 12 €

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Au-delà des Etoiles
Au-delà des Etoiles

Au-delà des Etoiles
Au-delà des Etoiles

Au-delà des Etoiles
Au-delà des Etoiles

Au-delà des Etoiles
Au-delà des EtoilesLe paysage mystique de Monet à Kandinsky

Résultats concours : Résultats concours : Olli Mäki, 3 DVD gagnés, 3 DVD gagnés

Olli Maki
Olli Maki Kuokkasen Kuvaamo ©Camino Filmverleih

Résultats concours : Olli Mäki, 3 DVD gagnés

Vous avez été 1864 participants au concours Olli Mäki. Merci de votre excellente participation. Les 3 heureux gagnants sont les suivants :

Mari Bichero, Thierry Pere et Stéphane Danon.

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

L’Opéra ou l’envers du décor des 2 grands opéras parisiens

L'Opéra
L’Opéra, Film de Jean-Stéphane Bron, Copyright Fidelio pour Le Cercle noir

L’Opéra ou l’envers du décor des 2 grands opéras parisiens

L’Opéra Garnier et l’Opéra Bastille sont deux énormes mastodontes, difficiles à manoeuvrer et à faire vivre. Pour s’en convaincre, le film L’Opéra propose une plongée asphyxiante et passionnante dans un petit monde pénétré de centaines de petites fourmis toutes affairées à leurs tâches particulières. Du tout puissant directeur général Stéphane Lissner jusqu’aux femmes de ménage en passant par les chanteurs, danseuses ou musiciens en herbe, ce sont des dizaines de portraits qui sont brossés, avec des survols éclairants et des scènes destinées à marquer durablement le spectateur. Si les aspects administratifs dévoilent les turpitudes inhérentes à un établissement public pénétré par des syndicats belliqueux, les aspects artistiques gagnent toute leur place et impriment les esprits longtemps après la séance.

Des scènes oniriques

Tout comme le récent Relève: Historie d’une Création, L’Opéra situe ses séquences lors du passage aussi rapide que marquant de Benjamin Millepied en tant que directeur de la danse de l’Opéra National de Paris de novembre 2014 à février 2016. Si les raisons du désamour entre l’administration et le chorégraphe sont plus ou moins éludées, voire passées sous silence, tout le reste du fonctionnement est picoré à doses comptées. Avec des images souvent saisissantes tant les protagonistes offrent des regards disparates sur la vie backstage. C’est ce ténor russe transi d’admiration devant une expérience si longtemps espérée, c’est ces membres du choeur qui acceptent les exigences les plus ardues tout en faisant entendre leurs voix (et leurs exaspération) selon les moments, ce sont ces élèves de CM2 qui s’essayent à l’Allegretto de la 7e symphonie de Beethoven du haut de leurs 10 ans, les images montrent les régisseurs en train d’entonner joyeusement les airs de l’Opéra Moise et Aaron et surtout ce sont ces danseuses qui quittent la scène le sourire aux lèvres, sans efforts apparents, pour haleter une fois les coulisses rejoints dans une dichotomie flagrante entre l’apparence de la scène et les efforts (les sacrifices?) consentis pour arriver à ce qui se rapproche de la perfection. Le film enchaine les scènes comme un kaléidoscope proche du quotidien d’un établissement constamment sur le fil du rasoir.

Un héros très discret

Le vrai héros du film est rien de moins que Stéphane Lissner, directeur omniprésent, souvent taiseux mais à la volonté de fer. Décrit comiquement comme Dieu perché au 8e étage de l’Opéra Bastille, il démontre un flegme de chaque instant et un a propos impressionnant. Que ce soit en compagnie du président François Hollande, au lendemain des douloureux attentats du Bataclan ou dans le public des Opéras, il impose sa stature et sa sérénité pour manoeuvre tant bien que mal la montgolfière culturelle. En donnant l’exemple, il insuffle une énergie à tous les collaborateurs pour une impression inégalable: chacun s’escrime, à son niveau, comme autant de maillons indispensables pour la réussite collective de l’entreprise. L’Opéra devient un challenge quotidien, presque inhumain et pourtant reconnu à travers toue la planète.

L’Opéra est un documentaire qui mélange l’ordinaire et le merveilleux, le laborieux et la grâce, les répétitions et les prestations. Pour une évidence finale: que d’efforts sont nécessaires pour aboutir à quelques heures de magie. Le jeu en vaut-il la chandelle? Il semble que oui, mille fois oui!

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L'Opéra
L’Opéra

Une saison dans les coulisses de L’Opéra de Paris. Passant de la danse à la musique, tour à tour ironique, léger et cruel, l’Opéra met en scène des passions humaines, et raconte des tranches de vie, au coeur d’une des plus prestigieuses institutions lyriques du monde.

Sortie : le 5 avril 2017
Durée : 1h50
Réalisateur : Jean-Stéphane Bron
Avec : Acteurs inconnus
Genre : Documentaire

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Novembre, ou les années 30 aux Etats-Unis (Belfond)

Josephine Johnson

Novembre, ou les années 30 aux Etats-Unis (Belfond)

Josephine Johnson a reçu le Prix Pulitzer en 1935 pour ce premier roman : Novembre. Il vient d’être réédité par les Editions Belfond. L’auteur y décrit la vie d’une famille qui possède une ferme, des terres et fait partie de la classe moyenne américaine.

Le scénario 

La famille Haldmarne vit au milieu de nulle part, possède des bêtes, des terres cultivables et trois filles : Kerrin, Margot et Merle. C’est Margot qui nous raconte l’histoire de sa famille. Ils ne se parlent pas beaucoup dans cette famille. Beaucoup de non-dits. On ressent les choses plus qu’on ne les partage. Et dès le début du livre, l’ambiance est pesante, trouble.

Portrait d’une époque

Non seulement Josephine Johnson nous confie la vie de cette famille d’agriculteurs, mais aussi celle de toute une époque. C’est la Grande Dépression. La misère s’installe inexorablement. En plus des difficultés financières que la famille Haldmarne rencontre, malgré leurs travaux, il y a en plus la terrible sécheresse qui sévit depuis plus de quatre ans. Le climat est terrible, sec et brulant. Ils vivent des évènements qu’ils ne peuvent maitriser. Et en plus, leur fille Kerrin a un problème. On ne sait pas trop lequel et tout au long du livre, on sent que la tension monte et que cette Kerrin nous réserve bien des surprises…

Si ce livre date des années 30, il n’en est pas moins fabuleux ! Les Editions Belfond viennent de le rééditer, à notre plus grand bonheur !
Novembre, un livre troublant, à la fois beau et profond tout en étant profondément révélateur de toute une Histoire.

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Novembre. À présent je revois d’un seul coup nos vies durant les années passées. Cet automne est à la fois une fin et un commencement, et les jours naguère brouillés par ce qui était trop proche et trop familier sont clairs, étrangers à mes yeux.

Consacré par le prix Pulitzer en 1935, ce premier roman écrit par une jeune femme de vingt-quatre ans est immédiatement salué par la critique comme une oeuvre majeure de la Grande Dépression. D’une maturité et d’une profondeur renversantes, Novembre dépeint dans une langue aussi poétique que musicale l’explosion d’une fratrie de trois soeurs plongée dans la misère, qui voit son destin inexorablement basculer dans la tragédie. Le tableau poignant d’une famille de la middle class américaine dans un pays ravagé par la crise.
Un classique du genre à redécouvrir absolument !

Date de parution : le 16 mars 2017
Auteur : Josephine Johnson
Editeur : Belfond
Prix : 14 € (192 pages)
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Endless, premier album ambitieux et cosmique du duo électronique Tale of US

Tale of UsEndless, premier album ambitieux et cosmique du duo électronique Tale of US

Endless, premier album ambitieux et cosmique du duo électronique Tale of US

Davantage habitué aux dancefloors et ambiances des clubs, à partir desquels il a construit sa réputation, Tale Of Us, le duo électronique italien qui rassemble Matteo Milleri et Carmine Conte, avait surpris ses nombreux fans en février dernier. L’annonce de la publication de son tout premier LP sous le label Deutsche Grammophon, habituellement réservé à la musique classique, avait en effet tout pour déconcerter. Endless est sorti le vendredi 31 mars dernier.
Cette association a priori audacieuse parait déjà moins incongrue quand on apprend que les deux compères, ayant fui Milan pour les nuits berlinoises en 2009, ont grandi entourés par la musique classique et sont notamment fans du compositeur de musique « post-minimaliste » Max Richter (produit lui-même par le même label) ou encore du compositeur italien Ludovico Einaudi. « Le choix s’est porté tout naturellement sur Deutsche Grammophon. La musique classique joue un rôle important dans notre vie et elle nous semble avoir actuellement le vent en poupe. » nous apprenaient-ils sur le site du label il y a peu. (voir ici)
Cette union est définitivement moins surprenante lorsqu’à l’écoute de Endless, les morceaux de l’album se développent précieusement comme autant de compositions mixant sonorités et instruments classiques (subtiles touches de piano, cordes) à des textures électroniques ambient. Le tout formant une expérience auditive et émotionnelle aux frontières peu définies, mais ne dépareillant en rien avec l’expérience d’écoute d’une œuvre plus classique.

Bien loin de la techno house dont le duo est familier, les compositions proposées par Tale of Us procèdent ici comme autant de pièces aux harmonies résonnantes échouées au large de galaxies encore inexplorées. Elles portent une grande finesse, semblable à la prudence et à la précaution d’explorateurs ne souhaitant pas lever le voile d’un coup sur leurs aventures, mais agissant par petite touche de peur de tout dévoiler, et craignant même la portée de leurs propres découvertes. Sur le très beau morceau Distante (sur la toile depuis 2014 et que le duo a décidé d’inclure dans ce nouveau projet) le piano explore timidement, avance en funambule entre de lourdes lames électro. L’œuvre, dans son intégralité, invite à méditer à de nouveaux horizons étoilés, loin du terre-à-terre. Même si elles contiennent dans le même temps une certaine introspection pleine de pudeur et parfois propice à la répétition de mêmes boucles sonores qui peut parfois nous faire nous impatienter, comme sur le morceau Ricordi.
En performance live, Tale of Us prend encore une autre dimension en s’associant au media artist italien Davide Quayola dont les œuvres visuelles lient ces compositions musicales lunaires à l’image, en proposant une expérience graphique immersive autour de créations retravaillant les œuvres de peintres impressionnistes.
Alors que l’actualité spatiale nous apprend l’existence de plus en plus certaine d’exoplanètes, écouter Endless de Tale Of Us c’est se retrouver quelque peu travaillé par ce sentiment de contingence face à l’immensité. Avec un gout d’inexploré en tête, mais la certitude d’avoir goûté de près ou de loin à une nouvelle phase de l’exploration.

Endless, premier album de Tale of Us, paru le 31 mars dernier sous le label Deutsche Grammophon

Tale of US est annoncé dans la programmation de plusieurs festivals estivaux tels que Solidays (23-25 juin à l’Hippodrome de Longchamp Paris), Garorock (30 juin – 2 Juillet à Marmande), La Route du Rock (17-20 août à Saint-Malo)

Voltaire / Rousseau, le duel des Titans au Théâtre de Poche Montparnasse

Voltaire / Rousseau
Voltaire / Rousseau, mise en scène de Jean-Luc Moreau et Jean-François Prévand, Théâtre de Poche MontparnasseVoltaire / Rousseau

Voltaire / Rousseau, le duel des Titans au Théâtre de Poche Montparnasse

Quand Jean-Jacques Rousseau se déplace jusque chez son ami Voltaire, sa visite n’a rien d’amicale. Il veut le passer à la question pour savoir si ce dernier est à l’origine d’un pamphlet acide sur les moeurs de son acolyte philosophe. Les amabilités initiales laissent vite place à des échanges à bâtons rompus avec deux comédiens truculents en diable. L’athéisme raisonné de l’un se fracasse sur le romantisme exacerbé de l’autre pour une joute oratoire truculente qui fait gravir les sommets de la pensée.

Un duel au soleil de la pensée

Rousseau et Voltaire incarnent aux yeux de tous l’esprit des Lumières. Opposés sur bien des points, ils cohabitent dans une image d’épinal commune qui résume à elle seule un siècle de pensée pré-révolutionnaire. Un Voltaire de 71 ans reçoit un Rousseau de 53 ans mais leurs âges respectables ne les rend pas pour autant assagis et apaisés. La colère continue de les habiter, de manière plus florentine chez Voltaire, totalement extravertie chez Rousseau. L’objet de leur rencontre tient en ce pamphlet de 6 pages intitulé Le Sentiment des citoyens où un auteur anonyme révèle publiquement l’abandon des enfants de Rousseau. Cette histoire authentique marque pour le philosophe le début d’une année d’errance et l’auteur/comédien Jean-François Prévand imagine un règlement de comptes sous forme de résumé philosophique de leurs pensées. Car loin de se résumer à un interrogatoire / contre interrogatoire, la pièce visite les moeurs et jugements de deux hommes entiers pourchassés leurs vies durant à cause de leurs thèses novatrices et jugées dangereuses par leurs contemporains. Mais Voltaire ne supporte pas que son acolyte se pose en pédagogue dans son livre Émile tandis qu’il abandonne ses 5 enfants.

Un formidable numéro d’acteurs

Jean-François Prévand et Jean-Luc Moreau font des merveilles en philosophes légèrement atrabilaires et figés dans leurs convictions. Voltaire se drape dans son intelligence piquante et envoie incessamment des fléchettes empoisonnées à un Rousseau plus entier et colérique. Leur passe d’armes subjugue par la délicatesse des propos échangés. La langue française devient un art quand 2 philosophes illustres s’affrontent à coups de répliques ouatées dans une véritable querelle de clochers. Les comédiens démontrent leur talent avec ce mano a mano jubilatoire. Les rares explosions verbales ne trahissent pas l’extrême raffinement de penseurs qui ne se laissaient pas aller à la vulgarité. Quoique Voltaire utilisât parfois un langage plus vert pour exprimer le fond de sa pensée, comme une volontaire anicroche à ses belles manières. Les propos abordent des pans variés de leurs pensées jusqu’au dénouement final, attendu et jubilatoire. Voltaire est-il l’auteur du pamphlet? Il faudra voir la pièce pour le savoir!

Voltaire / Rousseau invoque les esprits d’auteurs marquants du siècle des Lumières. Pour un festival de bons mots et de répliques drolatiques. Un vrai plaisir de l’esprit en somme, à découvrir au Théâtre de Poche Montparnasse!

Dates :  du 21 mars au 1er Juillet 2017, Du mardi au samedi 19h
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Jean-François Prévand
Avec : Jean-François Prévand, Jean-Luc Moreau

Je suis Voltaire ravive la flamme révolutionnaire au Théâtre de l’Epée de Bois

Je suis Voltaire
Je suis Voltaire, mise en scène de Laurence Février, Théâtre de l’Epée de Bois

Je suis Voltaire ravive la flamme révolutionnaire au Théâtre de l’Epée de Bois

6 personnages cherchent Voltaire dans une pièce de théâtre philosophique et de la plus brulante actualité. Qui était donc François-Marie Arouet, alias Voltaire, écrivain et philosophe primordial du XVIIIe siècle qui a préfiguré la révolution française. Décédé un an avant la prise de la Bastille, il a apposé son nom sur des pamphlets appelant à la raison et à la critique du fanatisme religieux. Son Traité sur la tolérance sert de fil rouge à une intrigue coupée en deux, d’abord consacrée à son égérie Emilie du Châtelet avant d’aborder l’actualité du fanatisme dans notre société moderne. Une pièce qui subjugue tant les comédiens semblent habités par leurs rôles pour un propos frappant de clairvoyance.

Un homme connu et oublié à la fois

Si le nom de Voltaire est connu de tous, peu connaissent son existence. Qui se souvient de la chasse aux sorcières dont il fut victime, lui faisant craindre d’être brulé vif par une foule en colère? Ses écrits à la fois philosophiques et sarcastiques prenaient pour cible l’ignorance humaine et le jeu des puissants pour conserver le peuple loin de livres considérés comme dangereux pour la sureté publique. Bourreau de travail et avide des plaisirs mondains, Voltaire vécut une longue passion avec la truculente Emilie du Châtelet. Considérée comme la première femme scientifique de France à une époque où le rôle de la femme ne s’éloignait guère de l’éducation des enfants et de la tenue du foyer domestique, elle traduisit l’oeuvre révolutionnaire de Newton en français pour informer sur sa découverte incroyable de la gravité. La première partie de la pièce se concentre sur une femme d’exception à grands renforts d’anecdotes drolatiques. Une journaliste d’investigation interprétée par la metteur en scène Laurence Février interroge la femme libre et volontaire de Voltaire. A ses côtés, l’archange Ezechiel (Véronique Gallet) fait le pied de grue. Mais jamais le philosophe n’apparait, toujours évoqué et absent à la fois.

Une réflexion sur l’actualité de son oeuvre

La seconde partie voit un professeur autodidacte interroger une jeune fanatisée toute disposée à propager les idées de Daech. Pour un double rappel sur la triste actualité de l’oeuvre du vénérable philosophe. Car le XVIIIe siècle fut le théâtre d’abominations sous l’impulsion d’une justice toute dévouée aux thèses rigides de l’inquisition. Les affaires Calas et du Chevalier de la Barre rappellent les pires extrémités de ce que l’être humain peut être capable de faire sur l’autel de l’ignorance. Impossible de sortir de la magnifique salle du Théâtre de l’Epée de Bois sans avoir des tirades en tête ne faisant pas douter de l’importance de la pièce à l’heure actuelle. Le rappel à la raison est omniprésent et donne envie de redécouvrir une oeuvre apposée après les attentats de janvier sur un autel improvisé, au milieu des fleurs et des bougies, comme un rappel, un appel à la mémoire. Voltaire le soulignait si bien: Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères ! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes. La Chimène Compagnie s’en donne à coeur pour perpétuer l’enseignement d’un auteur qui a marqué son siècle et devrait garder la même aura aujourd’hui.

Une pièce iconoclaste qui subjugue tout du long avec son rappel sur l’importance de la raison. Ne pas croire que le texte et son auteur soient datés, ils n’ont jamais semblé plus proches de nous…

Dates :  du 22 mars au 9 avril
Lieu : Théâtre de l’Epée de Bois (Paris)
Metteur en scène : Laurence Février
Avec : Moussa Kobzili, Laurence Février,  Véronique Gallet, Elena Canosa, Catherine Le Hénan, Henri Gruvman

Stupéfiante exposition Olga Picasso au Musée Picasso Paris

Olga Picasso
Olga Picasso, Musée Picasso Paris, du 21 mars au 3 septembre 2017

Stupéfiante exposition Olga Picasso au Musée Picasso Paris

Aborder l’oeuvre pléthorique de Pablo Picasso requiert de l’endurance et de la persévérance. Car le maitre espagnol qui dessinait déjà comme Raphael à l’âge de 12 ans avant de passer sa vie à apprendre à dessiner comme un enfant, en plus d’être un bourreau de travail, a révolutionné l’approche picturale du monde. Son empreinte sur la postérité reste inégalée et peu de courants de la peinture du XXe siècle ont échappé à son emprise. Le Musée Picasso Paris propose une exposition unique et passionnante retraçant la relation privilégiée entre le minotaure et la danseuse russe Olga Khokhlova. Celle qui deviendra sa première épouse en 1918 n’a cessé d’apparaître dans une multitude de toiles aux thématiques diverses et variées entre 1917 et 1935. Le Musée Picasso Paris agence les toiles et pièces d’archives dans un parcours autant chronologique que thématique. Une excellente manière d’appréhender un artiste inclassable via un sillon majeur de son oeuvre.

Une rencontre inopinée et féconde

En 1917, Picasso est déjà un artiste reconnu, à la cote appréciable et aux revenus croissants.  Après la période de vaches maigres du Bateau Lavoir dans le Montmartre du début du XXe siècle, l’homme a déjà révolutionné la peinture avec sa période cubiste et ses oeuvres influencées par l’art africain. Echappant à la mobilisation lors de la Première Guerre Mondiale du fait qu’il appartient à un pays non belligérant, il se rend à Rome en 1917 pour travailler au décor du ballet Parade de Léonide Massine et des Ballets russes de Serge de Daighilev sur une musique d’Erik Satie. Il y fait la rencontre d’Igor Stravinsky mais surtout de la danseuse russe Olga Kholkhova. Le coup de foudre immédiat et mutuel aboutira au mariage en 1918 avec rien de moins que Cocteau, Max Jacob et Apollinaire comme témoins. Olga Picasso ne fut pas qu’un modèle parmi tant d’autres, elle fut une muse, un électron tournant autour de l’atome Pablo et la compagne de sa période surréaliste. L’exposition souligne la relation unique et fusionnelle entre la mère du premier enfant de Picasso, Paul et celui qui ne va cesser d’innover tout au long de sa vie.

Un héritage enchanté

Les oeuvres disposées dans un parcours hypnotique alternent avec des photos et des films témoignant du bonheur vécu par le couple. Entre Paris et la côté méditerranéenne, Pablo et Olga vont aller de découvertes en découvertes. Subjugué par la beauté slave mélancolique de sa gracieuse danseuse, Pablo ne cesse de la représenter encore et encore. Mais le pantagruélique andalou à l’appétit carnassier finira par se séparer d’Olga en 1935 (sans jamais divorcer). Dès 1926, sa rencontre avec Marie-Thérèse Walter marque la fin de la période dorée et les représentations picturales d’Olga montreront l’acrimonie croissante entre les deux époux, la transformant en monstre immonde et difforme. Les multiples explications écrites agrémentent l’exposition d’éclaircissements permettant de multiplier les regards sur une période légendaire de sa carrière de peintre. Voir évoluer le couple et son enfant dans les films en noir et blanc crée une immédiate proximité qui émerveille tout autant que les toiles magistrales exposées au sein d’un musée déjà bien garni.

L’exposition Olga Picasso propose un regard différent sur une oeuvre marquante. L’homme Picasso est disséqué dans ses passions et ses atermoiements avec à ses côtés cette femme qui ne reverra jamais sa famille après son départ de Russie pendant la révolution russe. Une exposition magistrale à ne pas manquer.

Dates : du 21 mars au 3 septembre 2017
Lieu : Musée Picasso Paris
Entrée : 12,50 €

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Olga Picasso
Olga Picasso

Olga Picasso

Olga Picasso
Olga Picasso

Olga Picasso
Olga Picasso

Theeb, la naissance d’un chef, un très beau western indien

Theeb, la naissance d'un chef
Theeb, la naissance d’un chef © Laith Al-Majali

Theeb, la naissance d’un chef, un très beau western indien

Naji Abu Nowar réalise son premier long métrage avec Theeb, la naissance d’un chef. C’est l’histoire des Bédouins durant la 1ère Guerre Mondiale, pendant l’occupation britannique. Theeb est un jeune garçon, superbe, qui ne veut pas quitter son frère, Hussein. Or ce dernier doit accompagner un anglais à la recherche d’un puits. Hussein s’en va dans le désert, sans se rendre compte que son petit frère le suit à distance. Quand il s’en rend compte, il est déjà trop loin du campement. Il va donc faire la traversée du désert sur le chameau de son frère et affronter tous les dangers.
Le film est époustouflant de beauté ! Les images du désert, et de la vallée de Wadi Rum, au Sud de la Jordanie, et ce petit garçon transpercent l’écran. Theeb appartient vraiment à la dernière tribu nomade existante. Theeb veut dire « loup » en langue bédouine.
Le scénario est simple et les dialogues encore plus car ils sont presque inexistants. Seule l’ambiance pèse… On ne comprend pas vraiment qui est cet anglais, ce qu’il veut exactement, mais on reste fasciné par cet environnement. Et le puits au milieu de ce désert prend toute la place. Ce n’est qu’à la fin du film que tout prend sens.
Les acteurs sont presque tous non-professionnels et sont tout simplement excellents !
Theeb a été nominé pour les Oscars 2016 dans la catégorie Meilleur film étranger. Même si le film peut nous paraître très lent, il reste un beau film à voir avec des paysages sublimes.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Péninsule Arabique, 1916, sous l’occupation britannique.Dans un campement bédouin, au coeur du désert, le jeune Theeb, 10 ans, vit avec son grand frère Hussein, qui lui transmet les traditions ancestrales. Une nuit, un officier britannique s’invite dans la communauté : Hussein accepte de le guider à la recherche d’un puits, sur la route de la Mecque. Mais Theeb refuse de se séparer de son frère et décide de les suivre à distance…

Sortie en DVD : le 4 avril 2016
Durée : 1h40
Réalisateur : Naji Abu Nowar
Avec : Jacir Eid, Hassan Mutlag, Hussein Salameh
Genre : Drame, Aventure

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Résultats concours : L’Odyssée, 1 BR et 2 DVD gagnés

Résultats concours : L’Odyssée, 1 BR et 2 DVD gagnés

Vous avez été 3346 participants au concours L’Odyssée. Merci de votre excellente participation. L’heureuse gagnante d’un Blu-ray est : Nathalie Andrieu

Les deux gagnants d’un DVD sont : Francis Ehrhardt et Claudio Venturo

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

La danse à l’honneur durant le Festival À Corps à Poitiers

Festival À Corps, du 7 au 14 avril 2017, Poitiers, Théâtre Auditorium

Rendez-vous incontournable des amateurs de danse contemporaine, le festival À Corps réunit cette année quelques-unes des têtes d’affiches les plus plébiscitées. Durant près d’une semaine, spectacles professionnels, créations amateurs et manifestations incongrues se succèdent, faisant ainsi du théâtre de Poitiers un lieu d’ébullition créative. Pas question toutefois de distinguer les pros des amateurs : tout se mélange et s’imbrique, donnant à chacun la possibilité de mettre son corps en avant. Comme l’écrit Jérôme Lecardeur, directeur du théâtre auditorium de Poitiers, «Artistes de tout le pays et de notre ville, solos et pièces de groupes, pièces d’amateurs et de professionnels, expériences sensorielles et artistiques, rendez-vous dans l’espace public ou dans les salles de spectacle, rencontres- débats ou juste pour voir, ateliers, discussions ou fêtes. »

Parmi les rendez-vous immanquables de cette édition, Jérôme Bel vient présenter Gala, un spectacle dont la distribution évolue au grès des villes dans laquelle il se produit. À chacune des représentations, le chorégraphe constitue un nouveau groupe de danseurs amateurs dont le spectateur aura l’émotion de découvrir les premiers pas sur scène. Jean-Luc Verna se propose quant à lui de retracer 200 ans d’histoire de l’art et 50 ans d’histoire du rock grâce à 75 tableaux vivants reconstitués sur scène (Uccello, uccellacci & The Birds). Toujours dans la thématique rock, Fanny de Chaillé invite les spectateurs à une Gonzo Conférence durant laquelle elle racontera ses amours spectaculaires – rock et théâtre – sous l’égide de Lester Bangs, maître du Gonzo, journalisme subversif né dans les années 70. Avec Conjurer la peur, Gaëlle Bourges poursuit sa mise en danse éclairante de l’histoire de l’art grâce à une réflexion autour de la fresque Les Effets du bon et du mauvais gouvernement, peinte par Lorenzetti en 1338 dans le palais communal de Sienne. La chorégraphe s’inspire ainsi des postures représentées sur la fresque pour interroger notre rapport à la culture et à l’Histoire. Véritable laboratoire de recherches artistiques, À Corps propose également à ses spectateurs des expériences hors du commun. Dans Blind d’Erwan Keravec, le spectateur est invité à se faire bander les yeux afin d’assister à un concert chorégraphié mêlant percussions, saxophones, contrebasse et… cornemuse. Une émouvante danse du son et des sens qui propose au spectateur d’expérimenter autrement la musique. Les amateurs de curiosité et d’expériences immersives peuvent également participer à Embrassement, une performance au cours de laquelle Jean-Luc Verna fait entrer qui le désire pour un embrassement dans le silence. Après un échange de regards, il se met nu. Chacun est libre de se déshabiller ou non. L’étreinte dure 30 secondes ou plus.


De nombreux autres évènements viennent également ponctuer cette semaine de festival, parmi lesquels un échauffement public auquel tout le monde est invité à participer, ou encore des massages sonores dispensés par des étudiants en masso-kinésithérapie. Enfin, c’est en musique que se terminera le festival, avec le DJ set endiablé de Kiddy Smile. Les corps se lâchent au grès des beats de Kiddy Smile tandis que les esprits attendent déjà avec impatience la prochaine édition…

Lieu :
TAP – Théâtre Auditorium de Poitiers
6 rue de la Marne – Poitiers
T. : +33 (0)5 49 39 29 29
Du lundi au vendredi de 11h à 19h, le samedi de 14h à 18h (sauf vacances scolaires)

Plus d’infos sur http://festivalacorps.com/

Billetterie : Vente des billets à l’avance au TAP ou sur le lieu de représentation 1h avant le début du spectacle.

La fille qui lisait dans le métro, un bel hommage aux livres (Denoël)

Christine Féret-Fleury copyright Madeleine Féret-Fleury
Christine Féret-Fleury copyright Madeleine Féret-Fleury

La fille qui lisait dans le métro, un bel hommage aux livres (Denoël)

Christine Féret-Fleury aime les livres et nous fait partager sa passion à travers son dernier livre : La fille qui lisait dans le métro.
L’histoire est facile à lire. Juliette habite Paris et passe beaucoup de temps dans les transports, principalement dans le métro. Elle aime observer les gens et même essayer de lire les livres que les gens sont en train de lire. Elle est davantage intéressée par ce qui se passe dans les livres que ce qui se passe autour d’elle. Un jour, elle décide de changer ses habitudes et du coup, sa vie va s’en trouver transformer ! Grâce à une rencontre et aux livres, Juliette va vivre sa vie tout autrement !
On peut regretter que le livre soit si court et ne fasse que citer des livres, sans vraiment d’analyse personnelle plus approfondie.
La fille qui lisait dans le métro reste un livre agréable et facile à lire même dans le métro !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Que vous aimiez lire dans votre bain ou par-dessus l’épaule de votre voisin, laisser votre roman dans un wagon de métro ou l’offrir à votre meilleure amie, partager vos lectures en famille ou seulement à deux, que vous collectionniez les marque-pages, les éditions rares ou les «poches» d’occasion, alors ce livre est fait pour vous…

Juliette prend le métro tous les jours à la même heure. La ligne 6, le métro aérien. Ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est observer, autour d’elle, ceux qui lisent. La vieille dame, le collectionneur d’éditions rares, l’étudiante en mathématiques, la jeune fille qui pleure à la page 247. Elle les regarde avec curiosité et tendresse, comme si leurs lectures, leurs passions, la diversité de leurs existences pouvaient donner de la couleur à la sienne, si monotone, si prévisible.
Jusqu’au jour où Juliette décide de descendre deux stations avant son arrêt habituel, et de se rendre à son travail en coupant par une rue inconnue ; un pas de côté qui va changer toute sa vie.

Date de parution : le 9 mars 2017
Auteur : Christine Féret-Fleury
Editeur : Denoël
Prix : 17,90 € (176 pages)
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Chroniques douces amères de l’Espagne contemporaine dans Le monde à tes pieds (La Boîte à bulles)

Le monde à tes pieds
Le monde à tes pieds, BD de Nadar, Editions La Boîte à Bulles

Chroniques douces amères de l’Espagne contemporaine dans Le monde à tes pieds (La Boîte à bulles)

Trois histoires d’aujourd’hui racontent la dure réalité subie par les jeunes espagnols. Trop ou trop peu diplômés, les jeunes d’une génération toute entière rencontrent ls mêmes difficultés et la précarité. Pourtant ils doivent bien faire des choix de vie pour ne pas subir les affres du déclassement. Le dessin hyper réaliste de Nadar raconte des destins contrariés et la rage ressentie face à l’injustice sociale actuelle. Comme si la fatalité devait accabler tous ceux qui rêvent juste de vivre leur vie et de s’accomplir, comme leurs parents avant eux. A qui la faute? Le pensum final donne à réfléchir sur la situation économique actuelle et les perspectives proposés par les gouvernants… La BD de Nadar donne sérieusement à réfléchir via un scénario prenant comme un thriller.

Une BD ultra réaliste

Les destins de Carlos, David et Sara en disent long sur le monde occidental actuel. L’accumulation de diplômes ne garantit plus d’échapper au déclassement et à la précarité. Le point commun aux 3 histoires consiste en cet immense désenchantement face aux enseignements délivrés par la société. Car la dichotomie entre les diplômes proposés et les attentes du monde économique creuse un gouffre qui ne fait que s’élargir années après années. A qui profite le crime? Les héros surdiplômés rencontrent des difficultés similaires à ceux qui n’ont pas de diplômes. Les scénarios proposés par Nadar se lisent d’une traite tant la tension le dispute aux espoirs déçus. Le lecteur dévore l’ouvrage à toute vitesse pour savoir comment se dirigeront ces scènes de vie proposées avec un dessin très graphique et réaliste.

Pas de faux semblants dans une BD aux allures de pamphlet social renvoyant aux manifestations récentes des Anonymous. Le monde occidental suit-il la meilleure route possible pour ses ouailles? A lire Le monde à tes pieds, on peut sérieusement en douter…

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Chronique de l’Espagne contemporaine en trois chapitres, Le Monde à tes pieds se penche sur le malaise de trois existences. Celle de Carlos — ingénieur surdiplômé contraint d’émigrer en Estonie au détriment de son couple — de David — chômeur depuis 4 ans et dont la seule opportunité financière devient une femme mûre en mal d’amour — et de Sara — promise à un brillant avenir mais finalement devenue une démarcheuse téléphonique  aux ressources insuffisantes… Ils ne se connaissent pas mais partagent le même mal-être, les mêmes ressentiments, les mêmes vies éclaboussées par l’échec. Chacun se bat à sa façon contre une société en pleine crise économique où joindre les deux bouts passe avant la recherche du bonheur personnel. Incarnations d’une génération sacrifiée à qui l’on a fait miroiter un futur radieux, Carlos, David, Sara — et tous les autres — cherchent leur place et cet avenir fait d’opulence et de joie qu’on leur avait promis. Un triptyque chargé d’intensité et d’émotions qui dessine le portrait lucide d’un mal-être social.

Date de parution : Mars 2017
Scénariste(s) : Nadar
Dessinateur(s) : Nadar
Genre : Chroniques sociales
Editeur : La Boîte à bulles
Prix : 14,95 € (96 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Le monde à tes pieds
Le monde à tes pieds

Le monde à tes pieds
Le monde à tes pieds

Le monde à tes pieds
Le monde à tes pieds

Le monde à tes pieds
Le monde à tes pieds

Corporate met le doigt sur le bobo capitaliste

Corporate
Corporate, Nicolas Silhol, Copyright Claire Nicol

Corporate met le doigt sur le bobo capitaliste

Corporate part du principe simpliste mais de plus en plus répandu dans le cinéma que l’entreprise est un monde comme les autres, avec ses règles tacites, son jargon dénué de sentiments et sa logique capitaliste. Quand l’argent prime sur tout le reste, les considérations humaines ne trouvent plus leur place et sont balayées sous le tapis. L’héroïne interprétée par Céline Salette l’accepte jusqu’à une remise en cause qui bouleversera autant son univers que son entreprise. Ce thriller social lève le voile sur les modifications profondes subies par la société dans le monde capitaliste contemporain. Si le film suit un cheminement somme toute simpliste et linéaire, la logique sous-jacente n’est pas sans intérêt.

Une logique capitaliste sous le feu des projecteurs

Etre Corporate dans le jargon contemporain, c’est placer sa boite tout en haut de ses priorités personnelles. Au-dessus de la vie personnelle et familiale, au-dessus de ses scrupules et surtout au-dessus de toute morale. La hiérarchie l’a bien compris et n’exige rien de moins de ses employés. Emilie Tesson-Hansen a été recrutée pour faire partir sans licenciements le plus d’employé possible. Mais le jour où une de ces victimes modernes et silencieuses décide de se suicider par défenestration dans l’enceinte même de son entreprise, la jeune employée ambitieuse couvée par sa hiérarchie voit ses certitudes remises en cause. Le film suit un cheminement prévisible, avec réaction outrée du boss interprété par Lambert Wilson, encouragement tacite de ce collègue joué par Stéphane de Groodt et aide de l’inspecteur du travail joué par Violaine Fumeau. L’héroïne se retrouve au centre d’un jeu de pouvoirs où interviennent également les syndicats, les collègues discrédités et le mari qui ne comprend pas la situation. Corporate simplifie le déroulé pour un objectif clair et sans détours: simplifier la logique capitaliste actuelle où l’humain se retrouve rabaissé au statut de quantité négligeable. Efficacité, rapidité et et rentabilité sont devenus les mots clés d’entreprises qui ne veulent plus s’embarrasser de détails jugés secondaires.

Un film reflet de la société

La situation décrite par le film a eu lieu récemment chez France Télécom, La Poste ou les Hopitaux parisiens et le suicide sur le lieu de travail est loin d’être un fantasme imaginaire. Et le film insiste bien sur le poids de la hiérarchie dans le processus de destruction psychologique vécu par les salariés. L’organisation pyramidale fait retomber la pression depuis le haut jusqu’en bas et si aucun échelon ne fait tampon, l’échelon final se prend tout sur le coin du bec. Lambert Wilson a beau la jouer cool et décontracté avec son petit col roulé et son jean, il fait partie de l’organisation et applique les directives à la lettre. Corporate se transforme petit à petit en thriller quand l’héroïne décide de contre attaquer. Ni les pressions ni les doutes n’auront raison de ses résolutions pour un résultat final qui fait plaisir même s’il parait quelque peu illusoire. Qui sacrifierait aujourd’hui sa carrière et sa famille sur l’autel de la morale?

Corporate fascine par son déroulé trépidant et réaliste. Le film décrit par le menu la logique capitaliste moderne pour une remise en cause qui fera réfléchir.

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Corporate
Corporate

Emilie Tesson-Hansen est une jeune et brillante responsable des Ressources Humaines, une « killeuse ». Suite à un drame dans son entreprise, une enquête est ouverte. Elle se retrouve en première ligne. Elle doit faire face à la pression de l’inspectrice du travail, mais aussi à sa hiérarchie qui menace de se retourner contre elle. Emilie est bien décidée à sauver sa peau. Jusqu’où restera-t-elle corporate ?

Sortie : le 5 avril 2017
Durée : 1h35
Réalisateur : Nicolas Silhol
Avec : Céline Sallette, Lambert Wilson, Stéphane De Groodt
Genre : Thriller, Drame

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Parfaites ou la quête de la perfection

Parfaites
Parfaites, film de Jérémie Battaglia, Copyright M2 Distribution

Parfaites ou la quête de la perfection

Le sport de compétition est un monde sans pitié où un seul concurrent monte sur la plus haute marche du podium. Et la différence se fait sur un détail, un centième de seconde ou un moment d’inattention. Parfaites montre le réalisateur Jérémie Battaglia suivre l’équipe féminine canadienne de natation synchronisée dans ses préparatifs journaliers et incessants pour atteindre le niveau des équipes chinoises ou russes. Les longues et intenses journées d’entrainement s’enchainent dans un rythme infernal et les organismes sont mis à rude épreuve pour un seul objectif: devenir parfaites.

L’harassante vie de sportive de haut niveau

L’objectif du documentaire se résume en trois lettres Rio. Jérémie Battaglia partage pendant de longs mois la vie de ces jeunes femmes qui ne reculent devant aucun sacrifice pour aguerrir leur corps à coups d’entrainements répétitifs et de répétitions incessantes. Si elles réalisent toutes ce qu’aucun être humain normalement constitué ne pourrait faire sans briser son corps ou se noyer dans le piscine, ce n’est jamais suffisant. Car le Canada n’existe pour ainsi dire pas sur la carte de la natation synchronisée et toutes les savent très bien, elles veulent pourtant faire mentir la fatalité. Le jury est composé d’hommes et de femmes qui notent les équipes compétitrices, avec des données factuelles mais également beaucoup de feeling. Et ni la capitaine Marie-Lou Morin ni aucune équipe ne peuvent empêcher un membre du collège des votants de privilégier une nation forte. L’abnégation le dispute à la volonté et chaque jeune fille souhaite donner le meilleur d’elle-même pour atteindre son rêve. Parfaites est une belle leçon de vie avec ces jeunes femmes que l’on aimerait voir gagner pour récompenser ces jeunesses volées et ces longues heures passées à travailler.

Un documentaire tout en émotion

Des entretiens se mêlent à ces images d’entrainement et de petits bobos. Il faut entendre cette nageuse énumérer toutes ces blessures accumulées au fil des ans. Et les images d’exercices inlassablement répétés s’enchainent aux images de compétitions. Avec ce constat. Les canadiennes sont toutes extrêmement douées mais comment rivaliser avec des chinoises ou russes toutes parfaitement synchronisées sans qu’un orteil ne dépasse? La discipline militaire de ces nations laisse songeur et fait imaginer les quantités de brimades et de vexations subies pour arriver à de tels résultats. Le jeu en vaut-il la chandelle? Les canadiennes, mêmes souvent restées au pied du podium vivent leur passion à fond et il est impossible de ne pas applaudir à la fin devant tant de courage face à des conditions si contraires. Les qualifications pour les jeux de Rio les voient de dépasser et donner le meilleur d’elles mêmes. Mais même les néophytes en conviendront, les russes et chinoises sont plus que parfaites, comment rivaliser… Et si l’important n’était finalement pas de tout donner pour se réaliser?

Parfaites est un documentaire qui lève le voile sur un monde fait de secrets et de compromis. Les sourires des nageuses cachent les mois entiers passés à se concentrer toutes ensemble dans une même direction. Une belle leçon de vie que ce documentaire!

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Parfaites
Parfaites

Qui n’a jamais eu de préjugés méprisants sur la natation synchronisée ? Ridiculisée et ignorée, cette discipline sportive souffre de sa mauvaise réputation. Pourtant, derrière les paillettes et les sourires se cache un sport où se mélange le culte de la beauté et de la performance ainsi que des exigences athlétiques qui dépassent les limites de l’imaginable. PARFAITES retrace le parcours émouvant et inspirant de Claudia, Marie-Lou et toute l’équipe nationale canadienne qui les mènera jusqu’aux qualifications olympiques à Rio de Janeiro. Face aux nombreux sacrifices à faire et aux défis à relever, réussiront-elles à concrétiser leur rêve ? Et à quel prix ?

Sortie : le 5 avril 2017
Durée : 1h16
Réalisateur : Jérémie Battaglia
Avec : Marie-Lou Morin, l’équipe canadienne féminine de natation synchronisée
Genre : Documentaire

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Une nouvelle programmation démentielle et culottée pour l’EMF – Electrobeach 2017

Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram
Night Pink Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia

Electrobeach 2017, un line up entre éclectisme et puissance.

Depuis une édition 2015 d’anthologie, qui avait vu, le festival organisé au Barcarès, rivaliser avec la programmation des Ultra, voir titiller celui de Tomorrowland, l’EMF s’est installé de manière irrésistible dans le paysage des événements incontournables de l’été. Une reconnaissance à la fois populaire, où 176 000 fêtards se sont croisés l’an dernier, éthique, via le bouche à oreille enthousiaste des djs, et récompensée en étant élu pour la deuxième fois consécutive, meilleur festival mainstream en France. Fort de ce succès, et avec l’envie de maintenir le niveau d’exigence d’Electrobeach, ainsi que celui de conquérir de nouveaux territoires, son directeur, Silvain Berreteaga, vous a concocté 3 jours qui risquent de rester dans les annales.

Jour 1 / Deadmau5, Eric Prydz, Tiësto : feu d’artifice de légendes pour débuter.

Cela fait déjà quelques semaines que l’on savait que Electrobeach avait réussi un coup de maître en dénichant la plus grosse souris de la musique électronique, alias Joël Zimmerman, plus connu sous le pseudonyme de Deadmau5. Une prouesse assez extraordinaire quand on sait que cette souris promène chez nous, en France, une vraie réputation de Jerry, l’insaisissable amie de Tom.

Who’s gonna catch the mau5 ?

Quasiment aucune date dans l’hexagone en 10 ans d’une carrière où il aura été élu de nombreuses fois dj de l’année sur la plateforme Beatport. Véritable icône aux tracks légendaires, aux tenus excentriques et aux sets ravageurs, Deadmau5 sera à coup sûr LE highlight de cet EMF 2017. A ses côtés ce soir là, nombreux seront les festivaliers qui rêveront d’un B2B de folie avec son pote, Eric Prydz, aussi connu sous les pseudos Pryda ou Cirez D, comme à Tomorrowland, l’an dernier. Ils sont programmés le même soir, tous les espoirs restent permis donc. Prydz, qui revient pour la deuxième année consécutive, promènera dans tous les cas ses lasers et ses morceaux dévastateurs face au Lydia. Et ça, on adhère. Tout comme le retour du maestro, Tiësto, inoxydable mélomane, véritable référence avec ses labels Musical Freedom et le nouveau venu plus deep, AFTR:HRS. Toujours souriant, énergique et créatif, le plaisir de revoir ce géant sera encore et pour longtemps au rendez-vous. A leurs côtés, on notera le retour des piles blondes, Nervo ou encore, les premières de Nora en Pure et Yall sur la Beach Stage.

Jour 2 / Un vrai 14 juillet à l’EMF : Solveig, Tchami, Malaa, Club Cheval & … a BIG french surprise.

C’est une tendance qui avait émergé l’an dernier déjà où une pléiade de djs français avaient joué, drapeau au vent, pour le 14 juillet, jour de Fête Nationale en France, dans le contexte compliqué que l’on sait (Nice …), mais tous unis. Hormis la superstar trance, Armin Van Buuren, toutes les têtes d’affiche de ce jour seront français sur la Main Stage. Martin Solveig, sera encore une fois dans la place(s) avec ses hits qui sentent le soleil, et son VJing toujours acidulé et pimpant. Deux petits nouveaux de l’excellente team Pardon My French, Tchami et Malaa, imposeront aux festivaliers une future house et quelques sessions de bass, trap, à l’image de leur mentor, DJ Snake. Avec de véritables tempêtes de basses comme étendards, les deux lascars risquent d’en surprendre plus d’un, on prend le pari. Un pari osé, c’est aussi celui de placer les surdoués de la nouvelle French Touch, Club Cheval, sur le devant de la scène. Une electro pop clean, smooth, offrant des faux airs des premiers EPs de Daft Punk, voilà la promesse de ce quatuor ultra-talentueux. Ne pas oublier, ce jour, les trublions Shapov et TroyBoi entre autres, et surtout, la BIG surprise, dernier artiste non dévoilé et frenchy, qui selon son placement alphabétique, laisse fantasmer du DJ Snake, du David Guetta, voir le rêve ultime Daft Punk. Faites vos jeux !

Don Diablo, retour vers la Future (House).

Jour 3 / La promesse de puissance : Yellow Claw, Don Diablo, Afrojack & KSHMR.

Les festivaliers de l’an dernier doivent encore avoir l’oreille qui tremble et les yeux qui brillent après le closing exceptionnel de DJ Snake. Offrir le dernier set au duo démentiel Yellow Claw, c’est la promesse d’obtenir un feu d’artifice de basses et une déflagration de flashs stroboscopiques dans la face qui nous anesthésiera la cornée et la rétine jusqu’à la prochaine édition. Pour succéder au dieu serpent, beaucoup avait misé sur Skrillex ou Diplo ou leur Jack Ü, pour retrouver cet electro si particulière alliant hardcore, pop bass, trap ou moombahton, c’était oublié l’une des références du milieu : les lunaires Yellow Motherf*cking Claw.

Yellow Claw, fêtes des mères en prévision.

A leurs côtés, les djs stars EDM, Afrojack et KSHMR ne resteront pas de marbre. Tous deux réputés pour leurs sets violents et mélodieux à la fois, ils sont tout simplement ceux dont la hype a été la plus haute au récent Ultra Music Festival de Miami. Ajoutons à cela, l’empereur de la Future House, genre le plus plébiscité ces dernières années, j’ai nommé Don Diablo, et on obtiendra un dernier jour qui s’annonce dantesque à l’EMF. Quand on lit certaines réactions sur les réseaux sociaux par rapport à la promesse d’un tel line up, on se dit que le festivalier français parait bien exigeant…

En bonus : Une Techno Stage de malade !

Vous pensiez venir à un gros festival EDM, vous allez réviser votre jugement sur l’EMF. Rien de moins que The Martinez Bros en B2B avec Seth Troxler, Apollonia, Marc Romboy, Dominik Eulberg, Oxia, Agoria, D’julz, Nicolas Masseyeff ou encore l’incroyable live de Stephan Bodzin, voilà le programme assez démentiel que nous fournira pendant 3 jours la Techno Stage d’Electrobeach. Huge !

Préventes : Electrobeach Tickets

https://www.youtube.com/watch?v=VUMvRmihcSo

 

Les cyborgs font grise mine dans l’adaptation de Ghost in the Shell

Ghost in the Shell
Ghost in the Shell, film de Rupert Sanders, Copyright Paramount Pictures

Les cyborgs font grise mine dans l’adaptation de Ghost in the Shell

Quand un grand studio hollywoodien comme la Paramount décide d’adapter le manga futuriste et culte Ghost in the Shell, plusieurs choix s’offrent à lui. Soit il respecte l’esprit cyberpunk philosophique, retors et passionnant de l’original, soit il tente une variation enrichie et au moins équivalente au niveau qualité pour une expérience différente et tout aussi approfondie. Mais quand il se contente de livrer un énième film d’action linéaire et sans surprises, le déchirement ne peut être qu’au rendez-vous. Surtout que Scarlett Johansson ne dessert pas la mâchoire de tout le film avec un service minimum déniché dans ses nombreuses interprétations récentes de Black Widow chez les cousins Avengers. Si la polémique sur le choix d’une actrice américaine pour interpréter un personnage japonais avait déjà fait assez de mal en amont, le résultat ne fait qu’envenimer la polémique.

Un film culte appauvri dans sa variation hollywoodienne

Commençons par le positif. Le graphisme de Ghost in the Shell et les effets spéciaux sont assez éblouissants. A mi-chemin entre Blade Runner et le 5e élément, le film accumule les néons outrageux et les écrans publicitaires omniprésents pour immiscer le spectateur dans un univers futuriste tout à fait réussi. Voilà pour le positif. Pour ce qui est du scénario, le film pioche au compte-gouttes dans le manga original et le fait qu’il défigure l’intrigue complexe en la simplifiant à l’extrême ne choquerait pas si le résultat proposait une variation enivrante. Mais force est de constater que l’esprit du manga est considérablement appauvri voire racorni, annihilant toute perspective de noeud au cerveau et de réflexion prolongée. Le manga offrait déjà des gunfights récurrents au milieu d’une plongée absconse dans l’avenir dans l’humanité, mais tout en insistant sur la question de la cohabitation avec des cyborgs devenus presque aussi humains que les humains, jusqu’à l’impossibilité apparente de s’en différencier. Les dangers d’un système internet global étaient pointés du doigt dans une réflexion approfondie et novatrice, du moins pour l’époque. En bon film américain, cette adaptation insiste sur le vol de la vie humaine sans jamais s’élever bien plus haut qu’un sentimentalisme de carton.

Un film d’action lambda

Etait-on en droit d’attendre bien plus qu’un film d’action? Oui, certainement. Car le résultat ne marquera pas l’histoire du film futuriste, se contentant d’amasser le plus de dollars possibles grâce à une intrigue simple et efficace. L’annonce de l’adaptation du manga laissait apparaitre quelques craintes qui se révèlent finalement tout à fait fondées. Les différents niveaux de lecture du manga japonais sont simplifiés à l’extrême, éludés par la machine à laver hollywoodienne. Difficile d’aller plus loin tant la réflexion est minimale. Takeshi Kitano fait une apparition conforme à sa longue filmographie de personnages atrabilaires et solitaires. Pilou Asbaek figure le coéquipier du Major avec l’économie d’expressions attachée à son personnage de Batou mais sans la profondeur de ses interprétations récentes dans A War ou Highjacking. Juliette Binoche fait une apparition sommaire et Michael Pitt joue les utilités. Casting international et il pourtant manque une évidente touche un peu plus japonaise. Alors que le cinéma devrait figurer la diversité de notre monde, il se contente hélas bien trop souvent de se complaire dans un ethnocentrisme bien mal venu. Et c’est bien dommage. Voir les japonais obligés de parler anglais dans un film se passant au japon, c’est un comble…

Ghost in the Shell est un raté quasi complet, ne réussissant ni à rendre hommage au manga original ni à l’augmenter par un scénario au moins aussi approfondi. Un film à découvrir en DVD pendant une soirée de pluie pendant l’hiver. Et encore.

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Ghost in the Shell
Ghost in the Shell

Dans un futur proche, le Major est unique en son genre: humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on la lui a volée. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres.

Sortie : le 29 mars 2017
Durée : 1h47
Réalisateur : Rupert Sanders
Avec : Scarlett Johansson, Takeshi Kitano, Pilou Asbaek
Genre : Action, Science-fiction

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Les légendes Richie Hawtin et Sven Väth seront les têtes d’affiche de Family Piknik 2017

Family Piknik
La folie sous Sven Vath. ©Jean-Marie Siousarram

Le Festival Family Piknik dévoile ses têtes d’affiche dont Richie Hawtin, Loco Dice et Sven Väth.

Family Piknik, le petit festival qui monte, monte …

Petit par la capacité d’accueil originelle (qui était déjà là à St Jean de Védas ?), maousse par sa programmation (Michael Mayer, Gui Boratto ou Marc Romboy étaient déjà là au tout début), le festival Family Piknik s’est progressivement implanté dans l’environnement musical du sud de France. Créé et porté par Christophe Gimenez, plus connu sous le pseudo de Tom Pooks par les amoureux de la Villa Rouge, ce festival est né de son envie de fédérer les amoureux de la musique électronique, et de la fête en général, autour d’une belle journée estivale comme la région de Montpellier en produit par centaine chaque année. La gratuité pour les moins de 14 ans, tout comme pour les plus de 55 ans, démontre que le « Family » n’est pas qu’un sobriquet. S’inspirant des festivals canadiens et allemands qui se déroulent sur le même principe d’une journée pleine, Christophe a su transmettre sa bonne humeur légendaire aux milliers de personnes venues danser, boire, manger, voir même siester (si, si), le tout sous la crème de la crème de la musique électronique actuelle. Citons pêle-même Maceo Plex, Dubfire, Adriatique, Stephan Bodzin, Solomun ou encore Joseph Capriati. Petit mais costaud !

3 têtes d’affiche hors norme en 2017

Ludovic Rambaud dévoile la nouvelle identité visuelle de Family Piknik. ©Jean-Marie Siousarram

Difficile de faire mieux vous pensez ? Family Piknik répond avec ses 3 nouvelles têtes d’affiche: Richie Hawtin, Loco Dice et Sven Väth. Hawtin rien de moins que la légende vivante de la techno minimale. Créateur de la plateforme la plus utilisée par les DJs pour acheter leurs morceaux, Beatport, manager du label M_Nus qui a lancé une pléthore d’artistes électroniques pointus et surtout auteur du plus gros track techno de tous les temps Spastik sous le pseudo de Plastikman. A ses côtés, « Papa » Sven Väth reviendra pour un dj set de 4 heures (!). Autre pionnier de la techno comme Hawtin, boss de l’immense label Cocoon, il a été complètement conquis par le public de Family Piknik l’an dernier. « Il n’avait plus connu une telle ferveur populaire et festive depuis très longtemps », nous rapporte Tom Pooks. « C’est lui qui a insisté pour revenir et a recommandé le festival à d’autres djs. » Le voici exaucé. Le troisième headliner de cette édition n’est pas le moins méritant. Loco Dice est considéré par beaucoup comme le meilleur dj tech house de la planète, tout simplement. Comme les deux premiers cités, il a sa résidence hebdomadaire à Ibiza pendant la saison estivale, et ce depuis de longues années. Ses sets sont réputés lancinants, entêtants et dévastateurs.

Suite du line up, réorganisation et écologie

Comme depuis ses débuts, le festival aime à promouvoir des djs qui pour la plupart ne tardent pas à exploser derrière. Cette année, Third Son, Oliver Schories, Whyt Noiz, Raxon et Cuartero régaleront les fêtards aux côtés du vétéran Josh Wink et son son si particulier et envoûtant. Déjà beaucoup de promesses alors qu’il reste encore 9 artistes à annoncer d’ici un mois et la communication officielle de Family Piknik. L’objectif affiché est d’atteindre les 10 000 festivaliers. Pour se faire, une tournée On Road to Family Piknik est organisée et fera escale à Paris, Barcelone, Toulouse ou encore le 30 juin, à la Villa Rouge avec Adriatique. Sans oublier, un tarif très concurrentiel pour un tel line up (35€ en prévente).

Toujours organisé dans le cadre verdoyant du parc Montcalm (pour la dernière année   ?), le festival subira quelques retouches au niveau de sa disposition. Le but étant d’améliorer la fluidité du site entre les deux scènes, ainsi que d’assurer une sécurité optimale, comme nous le rappelle Ludovic Rambaud, l’un des piliers du festival et coordinateur. La première scène sera donc mise plus sur le côté, de même que le bar central, afin de faire place nette. Un partenariat avec Rescue Ocean, des jeunes entrepreneurs motivés de la région, permettra de collecter un maximum de déchets et de limiter l’impact des festivaliers sur l’environnement (confettis biodégradables, cendriers de poche, poubelles festives). Autre nouveauté notable, un système Cashless fera son apparition comme sur d’autres festivals avec un système de paiement électronique à l’aide d’une puce rechargeable placée sur un bracelet. C’est aussi ça le Family spirit !

En attendant l’annonce complète du line up, l’édition 2017 s’annonce encore plus flamboyante pour Family Piknik. Un festival qui se veut à la fois innovant, exigent, universel et durable.

Les préventes sont exclusivement sur : Family Ticket

(Retrouvez la chronique de l’édition précédente : Family Piknik 2016)

https://www.youtube.com/watch?v=EVhaeLuKDd4

Résultats concours : Telle mère, telle fille, 20 places de ciné gagnées

Telle mère, telle fille
Telle mère, telle fille © Gaumont Distribution

Résultats concours : Telle mère, telle fille, 20 places de ciné gagnées

Vous avez été 3863 participants au concours Telle mère, telle fille. Merci de votre excellente participation. Les 10 heureux gagnants sont les suivants :

Rémy Rafert, Jean-Michel Maury, Jacques Vogel, Isabelle Colin, Chrystelle Jaminais, Micheline Alasseur, Françoise Caly, Christophe Le Mineur, Françoise Veillet et Elise Baverel

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Un beau moment d’émotion avec Le cri des anges au Théâtre Essaïon

Le Cri des Anges
Le Cri des Anges, mise en scène de Jean Barlerin, Théâtre Essaïon

Un beau moment d’émotion avec Le cri des anges au Théâtre Essaïon

La pièce débute tel un conte de fée moderne. Ally rencontre Hugo lors d’une soirée, presque par inadvertance et sans connaitre les impacts sur le reste de sa vie. Sans le savoir, elle va fondre pour ce quidam qui a su toucher son coeur. Mais la love story fait long feu lorsqu’un accident aussi inopiné que violent fait tomber Hugo en état de mort cérébrale. Le Cri des Anges raconte la tentative désespérée de la survivante pour surmonter le deuil et tenter de vivre par delà le drame. L’émotion monte crescendo dans une mise en scène épurée rythmée par le texte poignant d’Amélie Cornu et la musique originale de Nicolas Dessenne.

Un seul en scène attachant

L’heure et quart de spectacle voit Amélie Cornu raconter sans discontinuer la croix qu’est devenue son existence suite à l’accident de son compagnon. La rencontre initiale est réduite à l’essentiel, le crush est plus suggéré que véritablement expliqué pour laisser deviner l’insouciance d’un évènement vécu comme un songe. Puis survient l’inexplicable, aux raisons pudiquement passées sous silence pour se concentrer tout du long sur les réactions d’Ally. Comment réagir quand l’intolérable s’immisce inexplicablement dans votre vie? Il n’y a pas de manuel de survie et l’héroïne emprunte un chemin intérieur tumultueux pour trouver la lumière au fond de l’obscurité. Amélie Cornu soliloque seule en scène, exprimant une intériorité faite d’émotion et de résignation. Les rares moments de dialogue la voient prendre la pose pour figurer ses interlocuteurs à coups de regards en biais ou de mains dans les cheveux. L’histoire pesante est rythmée par des saynètes introduites de notes délicates au piano rappelant Philip Glass ou Erik Satie. Leur délicatesse souligne le tumulte intérieur d’une héroïne perdue dans un océan d’incompréhension.

Une variation émouvante sur le deuil

Si le cinéma a souvent abordé la question épineuse du deuil et du souvenir (La Chambre du Fils, La Délicatesse…), ce thème est moins abordé au théâtre. Pourtant, la performance et le texte d’Amélie Cornu communiquent une complexité très humaine qui illustre les hauts et les bas d’un personnage bien obligé de vivre. Rien n’est caché de son trouble intérieur et de ses tentatives pour récupérer un élan vital brisé avec l’immobilité forcée de son compagnon. La comédienne insuffle un énorme courant d’empathie pour ce personnage perdu qui doit retrouver son chemin malgré les coups de blues continuels. La solitude l’accompagne seule dans des tourments présentés avec justesse et délicatesse. Beaucoup se poseront la question de la possible part d’expérience personnelle relatée sur scène, augmentant d’autant l’émotion ressentie devant une pièce interprétée avec puissance et conviction.

Le Cri des Anges aborde un sujet grave sans verser dans le pathos futile. L’émotion affleure sans cesse pour un spectacle qui interpelle et bouscule au Théâtre Essaïon.

Dates :  du 10 mars au 28 mai, tous les mercredi à 19h45
Lieu : Théâtre Essaïon (Paris)
Metteur en scène : Jean Barlerin
Avec : Amélie Cornu

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