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Le Fooding organise son Priceless Souper spécial Thanksgiving !

Dans cet avant-dernier épisode de la saison 4, toute la magie d’un grand classique US remastérisé : la dinde, le repas de famille, les cadeaux…

Résultats concours Edilivre : 48H pour écrire, Alexandra Boutonnet, 1er Prix

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Résultats concours Edilivre : 48H pour écrire, Alexandra Boutonnet, 1er Prix

Communiqué de presse :

Comme vous aviez pu le découvrir quelques semaines auparavant, notre concours de nouvelles « 48h pour écrire » nous offrait un dernier acte 100% féminin en la présence de Alexandra Boutonnet, Élysia Lissac et Laure Meste.

Rappelons que cette édition 2016 a séduit près de 1000 auteurs qui ont participé le week-end du 23-25 septembre dernier au concours qui avait pour thème la différence.

1er Prix : Alexandra Boutonnet – Pas comme les autres

Nous voilà plus de 2 mois plus tard pour découvrir la lauréate de cette belle aventure. Vous allez également pouvoir découvrir le 2ème et 3ème Prix ainsi que votre Prix : Le Prix du Public. On commence tout de suite avec l’heureuse élue qui remporte notre concours « 48h pour écrire » 2016 !

Alexandra Boutonnet a su toucher le jury final grâce à une nouvelle résolument originale dans laquelle nous suivons les aventures d’un chien qui, comme le titre l’indique, n’est pas comme les autres. L’auteur a su utiliser le meilleur ami de l’Homme comme une excellente allégorie pour aborder des sujets importants tels que le rejet, la solitude mais aussi l’amour inconditionnel : un savant mélange qui lui offre une première place totalement méritée, toutes nos félicitations !

2ème Prix : Élysia Lissac – Le journal

 

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Si l’amour n’a pas d’âge, Élysia Lissac nous démontre qu’il peut également ne pas avoir de visage ! Son texte nous dévoile la vie d’un jeune garçon qui découvre dans un parc un mystérieux journal intime dont la lecture va permettre la naissance d’un amour passionnel à l’attention de l’auteur. Une quête de dix années commence alors pour retrouver le mystérieux écrivain, nous ne vous en disons pas plus et vous laissons la surprise de son identité : elle ne termine pas deuxième par hasard, un grand bravo à Élysia !

3ème Prix et Prix du Public : Laure Meste – Unité

 

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La place d’honneur consacre Laure Meste qui prend à contre-pied la différence pour nous exposer l’unité d’une classe dite « sensible » aux multiples ressources ethniques. Un texte plein de bons sentiments qui saura faire réfléchir les différents lecteurs au vue de la récente actualité mondiale. Nous y suivons l’arrivée d’un professeur dans une nouvelle école et sa manière d’appréhender les différences inhérentes à toute classe scolaire.

Nous vous proposons de découvrir l’intégralité du classement en cliquant sur ce lien :
Classement « 48h pour écrire » 2016

Rien, plus rien au monde, comme un cri dans la nuit

Rien, Plus Rien au Monde
Rien, Plus Rien au Monde, Théâtre de la Contrescarpe, Monologue de Massimo CarlottoRien plus rien au monde

Rien, plus rien au monde, comme un cri dans la nuit

Une mère de famille de milieu modeste raconte ses rêves déçus et la difficulté à joindre les deux bouts. Au fur et à mesure de son monologue, son quotidien est révélé avec force détails crus et grossiers. La comédienne Amandine Rousseau donne tout ce qu’elle a pour un moment d’émotion ancré entre misérabilisme et critique sociale.

Du théâtre de combat

La comédienne parait émotionnellement éprouvée après plus d’une heure de diatribes à l’emporte pièce. Confessions et révélations alternent dans une salle où pas une mouche ne semblait plus voler. Coeur mis à nu, tonalités tantôt fantaisistes tantôt fatalistes, la personnage raisonne d’une authenticité douloureuse. Comme s’il était possible que le quotidien soit transformé en long enchainement de déceptions et frustrations avec pour seul réconfort une bouteille de Pinot des Charentes. L’alcoolisme est une bouée de sauvetage illusoire pour une femme pleine de bonne volonté mais échouée sur le barrage d’une société qui a fait partir des usines  seules sources de revenus et augmenter ses prix.

Entre premier degré tragique et critique sociétale

Besame Mucho et Michelle Torr semblent des expédients bien inutiles quand plus rien ne subsiste pour motiver une attitude positive. L’héroïne s’épanche dans un seul en scène douloureux car reflet d’une réalité sociale que l’on imagine plus répandu qu’on ne le souhaiterait. A la base d’un vote extrême comme une dernière contestation et de drames domestiques effroyables. le désespoir fait vibrer la pièce d’une tonalité sociale pénible. Dans un intérieur juché d’objets superflus, de chaises et d’une table, pas de signe matériel de joie. Le décor souligne le dénuement. Et puis il y a ces tâches rouges sur la robe et le décolleté…

Une pièce rêche qui marque par son dépouillement et son message fataliste. Rien n’arrive par hasard et le capitalisme victorieux laisse derrière lui un champ de ruines, avec des survivants à bout de souffle. Pas la joie.

Dates : dimanches à 15h et lundis à 20h
Lieu : Théâtre de la Contrescarpe (Paris)
Metteur en scène : Fabian Ferrari
Avec : Amandine Rousseau

Kallagan : un one-man show sauce sexuelle à l’Apollo Théâtre

Kallagan Apollo théâtreKallagan : un one-man show sauce sexuelle à l’Apollo Théâtre

Comment papa et maman se sont rencontrés ? Comment ont-ils confectionné un marmot ? Comment ce dernier a-t-il été expédié du ventre de maman ? Comment papa a ensuite trompé maman ou vice versa ?… Le sexe et ses conséquences : un univers où Kallagan s’épanouit en blagues crues, parfois trashs et bien senties. D’amour, il n’est pas question, ne virons pas au romantisme !

On l’écoute avec l’impression agréable que tout n’est pas entièrement rodé. Que son spectacle est comme un laboratoire expérimental où chaque nouvelle prestation est l’occasion de tester de nouvelles blagues. Le soir du 11 novembre, son entrée en scène n’est autre qu’un bide sur l’élection de Donald Trump ! Peu importe, il fallait la tenter. Ensuite, invariablement, il jauge le public. Le personnage « Kallagan » doit inclure une fonction « riromètre » qui mesure le pourcentage de rires qui suit un effet comique et selon, valide ou invalide la blague. Et il y en a beaucoup, elles fusent à un rythme parfois trop élevé. Certaines salves atteignent le public mieux que d’autres.

L’une des plus réussies : lorsqu’il se décrit en père largué débarquant en salle d’accouchement après une nuit de beuverie. Plein d’autodérision, il s’imite sur le ton de l’ivresse et c’est un plaisir ! Il est bon Kallagan pour les bruitages et les imitations mais à quel point ? Comment savoir. Il ne se serre pas assez de ce petit talent-là.

Autre atout incontestable du show-man, sa capacité d’interaction avec le public qu’il adore titiller de ses remarques et questions gênantes. Et le temps file plus vite parce qu’on fait partie du spectacle et surtout, on commence honteusement à rire de son voisin. Et rire de l’autre, juste à côté, oh oui, ça c’est jouissif !

Dynamique et trashico-comique, il lui manque pourtant du charisme et de mettre à profit son corps qu’il laisse en friche. Son obsession pour le sexe dérive certainement de son quotidien car son spectacle, à bien y regarder, ne parle presque que de lui et il adore ça. Le public aussi.

S’il quitte l’Apollo théâtre très bientôt, vous pourrez retrouver son spectacle au Point-Virgule à partir du 15 décembre du jeudi au samedi à 21h15.

 

Dates : jusqu’au 3 décembre à l’Apollo théâtre et à partir du 15 décembre au Point Virgule
Lieu : Le Point-Virgule (Paris)
Avec : Kallagan

Les New Poppys : Chanter pour rêver, leur 1er album, sort le 25 novembre

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Les New Poppys : Chanter pour rêver, leur 1er album, sort le 25 novembre

Présentation du groupe de jeunes artistes par Bertrand Dicale :

Au début :

« Non, non, rien n’a changé / Tout, tout a continué » : plusieurs générations ont grandi avec ces mots, avec ces voix. Ce tube de 1971 incarne tellement bien une décennie de pop et d’idéaux généreux qu’on en oublierait presque combien les Poppys ont été un groupe révolutionnaire. Oui, ces enfants ont vendu plus de cinq millions de disques en chantant la paix, l’amour et la fraternité.
Et on a l’impression, aujourd’hui, que l’arrivée des New Poppys est non seulement la poursuite d’une épopée musicale, mais aussi un cri spirituel, citoyen et politique semblable à celui des origines.
Tout commence en 1970, quand Eddie Barclay revient des États-Unis avec une idée : lancer une chorale qui, comme les Voices of Harlem, fasse entendre des voix pures d’enfants s’exprimant sur l’actualité du monde. Ce sera la mission de deux jeunes directeurs artistiques de sa maison de disques, Jacqueline Herrenschmidt et François Bernheim. « J’avais les cheveux longs, j’avais fait le tour des États-Unis et fait le tour de l’Inde, se souvient ce dernier. J’avais aussi été Chanteur à la Croix de bois et je savais juger une chorale. »

Les Petits Chanteurs d’Asnières

Très vite, François Bernheim et Jacqueline Herrenschmidt se tournent vers les Petits Chanteurs d’Asnières, ensemble créé en 1946 par Jean Amoureux. Celui-ci a non seulement créé un des meilleurs chœurs de garçons en France, mais aussi un des plus ouverts, puisqu’ils participent déjà à des enregistrements professionnels dans des genres très variés. Ainsi, le générique du feuilleton Belle et Sébastien, malgré ce qui est écrit sur la pochette du 45 tours, a été chanté par un certain Bruno Polius, qui se révèle immédiatement à François Bernheim comme un soliste de caractère.
Parmi les Petits Chanteurs d’Asnières sont sélectionnés dix-sept enfants pour leurs qualités vocales. Mais il faut aussi que les garçons comprennent ce qu’ils vont chanter. Car François Bernheim, ancien membre des Roche Martin avec Véronique Sanson, ne va pas leur écrire des petits refrains roses et doux : dans une époque troublée où la chanson s’engage souvent avec vigueur, ils seront les premiers enfants à descendre dans l’arène et à s’adresser à un public d’adultes et non seulement d’auditeurs de leur âge. « Dès qu’ils ont chanté, ils sont allés au-delà de ce que nous espérions, se souvient François Bernheim. C’étaient des gosses de la banlieue qui savaient que les adultes n’étaient pas tous formidables, que la guerre existait, que le monde est violent… »

Les années 1970 :

Leur premier 45 tours, Noël 70, demande la paix alors que le conflit au Vietnam semble devoir durer encore, et proclame en face B Non je ne veux faire la guerre. Succès immédiat. Tout naturellement, puisque la guerre ne s’interrompt pas, François Bernheim écrit ensuite Non, non, rien n’a changé. C’est un des plus gros succès de l’année 1971 avec plus d’un million d’exemplaires vendus. Au-delà, cette chanson écrite dans le feu de l’actualité va s’inscrire dans la pérennité, reprise notamment par les Enfoirés en 2006.
François Bernheim et Jacqueline Herrenschmidt mènent l’aventure des Poppys avec Jean Amoureux pendant trois ans. Leur rupture avec Barclay, la vente de la maison de disques, la mue qui atteint de nombreux enfants… et les Poppys rentrent peu à peu dans l’ombre. Mais les Petits Chanteurs d’Asnières poursuivent leur existence, génération après génération. Ils ont conservé le répertoire des Poppys et, après la disparition de Jean Amoureux en 2006, Christian Germain est devenu chef de chœur. Arrivé dans la chorale à l’âge de huit ans, il a vécu l’épopée des Poppys comme pianiste du groupe. Il a aussi conduit un nouvel effectif de garçons à l’Olympia en 2012 avec le répertoire des Poppys.
La rencontre avec le producteur Olivier Kaefer, démiurge des tournées Stars 80, va agir « comme dans un scénario de film » – il le reconnaît lui-même. Une rencontre fortuite, une petite idée qui trotte dans la tête… et les New Poppys sont constitués avec quatorze garçons des Petits Chanteurs d’Asnières.

Les New Poppys de 2016

Julien Schultheis leur construit un univers musical pour un répertoire incluant évidemment Non, non, rien n’a changé, Laissez entrer le soleil et Noël 1970 (avec des paroles actualisées pour 2016 !) et des reprises choisies par les enfants, de Téléphone et Jean-Jacques Goldman à Tal et Fréro Delavega.
Entre huit et quinze ans, ils n’ont évidemment aucun souvenir de la gloire énorme des Poppys. Mais la parenté est flagrante (et pas seulement parce que certains appartiennent à la famille d’anciens chanteurs de 1970) : instinctivement, ces enfants veulent chanter des valeurs positives, des vibrations généreuses, des élans utiles dans l’époque présente. Enthousiastes, passionnés, conscients de ce qu’ils chantent, les New Poppys ont choisi de soutenir l’Association Petits Princes qui réalise les rêves des enfants et des adolescents gravement malades atteints de cancers, de leucémies et de certaines maladies génétiques. Et leurs voix aussi sont contemporaines, plus situées dans le médium, avec plus de puissance et d’impact que les voix des seventies. Sans nostalgie, sans intention vintage, une nouvelle aventure.

New Poppys

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Sur cet album, nous pourrons retrouver le 1er single « Non, non, rien n’a changé », déjà plus de 78 000 vues sur le clip, mais également les reprises de « Somewhere Only We Know » de Keane, « Les Poèmes de Michelle » de Teri Moïse, « Le Chant des Sirènes » des Fréro Delavega,…

American Psycho entre drame et caricature au Théâtre de Ménilmontant

American Psycho
American Psycho, Théâtre de Ménilmontant, mise en scène de Stéphane Anière

American Psycho entre drame et caricature au Théâtre de Ménilmontant

Adapter American Psycho au théâtre relève de la gageure. L’ouvrage de Bret Easton Ellis multiplie les outrances et les massacres pour une critique en règle du capitalisme matérialiste et désincarné des années 80. Comment retranscrire sur scène le trouble du personnage sans virer exagérément vulgaire et insoutenable? Le résultat est très intéressant en même temps qu’inédit.

Patrick Bateman est un Golden Boy typique de Wall Street. Du haut de ses 26 ans, il semble avoir atteint le trop de sa carrière. Costumes parfaitement ajustés, critères hautement sélectifs, il ne vise que le meilleur. Cette exigence de perfection le fait dérailler petit à petit jusqu’à franchir la ligne rouge pour enfin ressentir quelque chose.

Une adaptation surprenante

La pièce a le bon gout de ne pas viser la copie littérale. Le récit de l’auteur est adapté, mélangé, concassé, pour une adaptation différente, arrangée à notre époque et plus caricaturale qu’effrayante. Pour qui a lu l’ouvrage et vu le film plusieurs fois, la mise en scène reprend les codes à la mode années 2010. Le visage immuable et figé de Christian Bale laisse place à celui plus élastique et plus cocasse de Romain Canonne. Son physique puissant et monolithique tranche avec ses mimiques humoristiques pour un personnage renouvelé. Loin de la pesanteur glaciale du livre et du film, ce Bateman semble plus pittoresque que dangereux. A ces côtés évolue un petit cirque de collègues déshumanisés et de bourgeoises superficielles qui souligne la vacuité de cet univers.

Un choix de mise en scène inattendu 

Pour personnifier l’esprit torturé du héros, 3 comédiennes interviennent à intervalles réguliers, seulement perçues par lui. Comme 3 harpies de l’enfer, elles lui soufflent ses répliques et commentent les évènements, faisant penser que le héros est comme envouté ou sous le coup d’une malédiction. Son handicap émotionnel donne lieu à des situations paradoxales où son esprit torturé le fait agir curieusement. Souvent à côté de la plaque, se battant avec des obligations de représentation qui concourent à son malaise intérieur. Son faciès devient presque bouffon comme un prémisse à ses extrémités meurtrières. La pièce est maintenue sur un rythme rapide au diapason du décor épuré. Un bureau, des fauteuils, les projecteurs sont surtout tournés sur des acteurs transformés en poupées désincarnées.

Une violence passagère

A l’inverse du film et encore plus du livre, la violence n’apparait que par vagues elliptiques. Le focus est plus mis sur l’incapacité du héros à trouver la juste attitude face à ses semblables que sur ses élans destructeurs. La pièce surprend surtout si vous vous attendez à une adaptation fidèle au livre. Mais loin de déplaire, ce parti-pris maintient l’attention et entretient l’intérêt. Pour qui ne connait pas l’esprit d’Ellis et n’a pas vu le film, la pièce se rapproche plus du divertissement que de la réflexion sociale. L’ajout de références actuelles comme smartphone, Ipad et Facebook brise la frontière temporelle et la relative simplification d’enjeux sociaux placés au second plan n’empêche pas de passer un bon moment de théâtre.

Le Théâtre de Ménilmontant enchaine les adaptations d’ouvrages cultes et ne cesse de surprendre. Même si la complexité du livre n’est pas complètement retranscrite, la pièce surprend et mérite d’être découverte.

Dates :  Vendredis et samedis du 30 septembre au 16 décembre 2016
Lieu : Théâtre de Ménilmontant (Paris)
Metteur en scène : Stéphane Anière
Avec : Romain Canonne, Aurélie Vigent, Aurélie Teillard

[DVD] Elles… Les Filles du Plessis, film édifiant de Bénédicte Delmas

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Photo : Elles… Les Filles du Plessis

[DVD] Elles… Les Filles du Plessis, film édifiant de Bénédicte Delmas

Diffusé pour la première fois à la télévision en début d’année, Elles… Les Filles du Plessis nous ouvre les portes d’une maison d’accueil pour mineures enceintes en 1970. Une institution que l’on croit d’abord bienveillante à l’égard de ces jeunes filles, en leur apportant un cadre sécurisant pour se construire ou se reconstruire.

Victimes ou coupables

Très vite, on découvre une réalité beaucoup moins plaisante. Qu’elles soient victimes d’un viol ou responsable d’un amour trop fertile, ces jeunes filles sont toutes coupables. Coupables de porter un enfant et condamnées à devoir l’abandonner à l’adoption à la naissance. Tel est le dictat de la directrice qui gère d’une main de fer l’établissement qui les accueille.

Eloignées de toute vie sociale, ces jeunes filles rejetées par le monde se retrouvent coupées de familles trop honteuses pour affronter le regard des autres. On replonge quarante-cinq ans en arrière, à une époque où les moeurs semblent très loin des temps modernes. Et pourtant, on se demande si ce genre de scénario pourraient se reproduire aujourd’hui. Comment nos jeunes filles sont-elles traitées en 2016 ?

Une lutte d’espérance

Ces jeunes filles, interprétées avec brio par trois jeunes actrices talentueuses (Noémie Merlant, Roxane Bret, Camille Aguilar) vont entrer en lutte contre le système dans lequel on voudrait bien les enfermer. Une lutte pour la liberté aux revers parfois violents, qui sert un scénario bien écrit, inspiré de faits réels.

Réalisé par Bénédicte Delmas (Sous le Soleil) Elles… Les Filles du Plessis est un film édifiant sur la condition féminine des années 70, qui a de quoi faire froid dans le dos et qui devrait faire réfléchir sur un sujet encore tabou aujourd’hui.

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Dans les années 1970, une maison du Plessis accueille les jeunes filles enceintes. Qu’importe que l’enfant que portent ces mineures soit le fruit de l’amour ou du viol, au sein de cette institution, un seul mot d’ordre : remettre ces filles dans le droit chemin que cet accident leur a fait quitter. Mais, le jour où la révolte gronde, le mécanisme s’enraye… Une histoire librement adaptée de faits réels.

 

Sortie DVD : le 2 novembre 2015
Durée : 01h37
Réalisateur : Bénédicte Delmas
Avec :  Sandrine Bonnaire, Blandine Bellavoir, Noémie Merlant, Roxane Bret, Camille Aguilar
Prix : 14,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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La nuit juste avant les forêts au Théâtre de Poche Montparnasse, un grand moment de trouble théâtral

La nuit juste avant les forêts
La nuit juste avant les forêts, de Bernard Marie Koltès, Mise en scène jean-Pierre Garnier

La nuit juste avant les forêts au Théâtre de Poche, un grand moment de trouble théâtral

La nuit juste avant les forêts offre un seul en scène plein de rage et de passion. Un héros troublé et solitaire crache son venin dans un soliloque énergique qui interpelle par son outrance assumée. Le jeune acteur Eugène Marcuse transporte l’audience avec sa totale implication, tant psychologique que physique. Sans savoir qui est ce personnage et ce qu’il cherche, le public se laisse transporter dans sa fièvre intérieure.

Un quidam dont on ne saura jamais rien interpelle un passant dans la rue, une heure durant. Il cherche une chambre pour la nuit et se perd dans ses tourments intérieurs…

Un texte éprouvant

L’auteur Bernard-Marie Koltès n’épargne pas le public en imaginant son texte comme une déclaration de guerre à une société qu’il condamne par bien des aspects. Travail à l’usine abrutissant, tapin, loubards, anonymes, il brasse large et n’épargne personne, ni les habitants du jour ni surtout ceux de la nuit. Le jeune héros se débat sur scène dans un décor dépouillé qu’il manipule avec frénésie. Des carreaux de verre, des ampoules pendant au plafond, une couverture de survie, autant de fragments d’une vie faite de petits riens. Sa force intérieure ne sert qu’à déclamer de longs monologues mélangeant vie quotidienne inconsistante, grandes espérances et paysages fantasmés de nature éternelle. Il se perd dans son discours, entrainant l’assistance dans son sa logorrhée sans fin. L’heure n’est pas à la logique mais à l’intime, au somatique et à l’impuissance.

Un personnage comme un miroir de nous-mêmes

Dès l’arrivée dans la salle, les spectateurs se confrontent à l’acteur juché sur scène se débattant au ralenti avec une fripe informe. Sa difficulté à enfiler un manteau en dit long sur ses difficultés à évoluer dans la vie sans se contorsionner avec ses semblables. L’entrée en scène sonne comme un avertissement, le personnage est là et le sera toujours. Sauf qu’à ce moment il va vous parler et vous devrez l’écouter. La pièce commence tandis qu’il s’adresse à un inconnu dans la rue. Plus que de lui parler, il se confesse et déverse sa bile sans discontinuer. Est-il hautement alcoolisé ou sous le joug d’une drogue euphorisante, nul ne le saura jamais. Sur le sol sont étalés des morceaux de verre, ou des miroirs. Eparpillés, en petit morceaux. Comme un esprit taillé en pièces.

Un formidable numéro d’acteur

Si la pièce s’ancre dans un temps ancien où les usines existaient encore dans nos contrées avec toutes les frustrations afférentes, elle ne restreint pourtant pas son propos à un espace temps délimité. La frustration du personnage n’a pas d’âge et son regard perpétuellement juché entre inquiétude et profondeur appelle à l’écoute. Son physique tout entier enjoint de l’écouter à défaut de pouvoir l’aider. Sa complainte ressemble à une charge contre la solitude d’une grande société industrialisée avilissante et dépersonnalisante. Les noms d’oiseaux pleuvent et servent à confirmer son existence. Sa tentative de communication avec les hommes ressemble à un appel au secours pour ne pas se noyer dans son puits intérieur. Il a beau le remplir avec des mots, son esprit fuit. il y a un trou quelque part.

Une pièce éprouvante sur la tragédie de l’être solitaire. Et de la mort certainement. Même si elle n’est exprimée, elle semble présente, tapie dans l’ombre. Le discours tant que l’interprétation enjoignent d’y réfléchir et de ne pas rester indifférent. Une pièce qui ne quittera pas votre esprit pendant quelques jours…

Dates :  du 8 novembre au 7 janvier 2017
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Jean-Pierre Garnier
Avec : Eugène Marcuse

[DVD] La nouvelle vie de Paul Sneijder, seconde critique enthousiaste

La nouvelle vie de Paul Sneijder
La nouvelle vie de Paul Sneijder, Film de Thomas Vincent, Copyright SND GROUPE M6

Tandis que La nouvelle vie de Paul Sneijder sort en DVD, retour sur une belle surprise cinéma.

L’habituellement enjoué et comique Thierry Lhermitte interprète un père dévasté par la perte de sa fille. Incapable de surmonter le chagrin, il s’offre un regard neuf sur la vie pour une belle aventure humaine.

Un acteur à contre-emploi

Ne nous le cachons pas, l’ex-Splendid Thierry Lhermitte ne brille pas par une filmographie très accrocheuse. Abonné aux comédies désopilantes mais limitées, il apparait sur la pochette en conducteur de traineau… ou promeneur pour chiens, à bien y regarder. Photo cheap qui ne rend pas justice à son interprétation. Car l’acteur est extrêmement sobre et convaincant dans un film qui tire vers l’introspection. Père dévasté, il choisit de se reconstruire loin de ses repères d’antan et remet en cause tout son cadre existentiel. En regardant la vie d’un regard neuf, il y voit vacuité et cynisme. Et l’acteur s’en sort plutôt très bien dans ce personnage renfermé et avide de sincérité.

Une fable philosophique

Comme le soulignait Bénédicte dans une critique récente, le drame vécu par Paul Sneijder est empli d’une grande humanité. Presque anachronique à notre époque hyper connectée. Sans portable ni internet, le personnage vise à l’essentiel. Des rapports directs, francs, sincères. Son choix de côtoyer la race canine n’est pas anodin et souligne sa désespérance de voir ses congénères emplis de duplicité et de cynisme perdre le contact avec l’essentiel. Situé au Canada, le film s’inscrit dans une veine anglo saxonne assumée. Nombreux sont les films américains à évoquer ce thème de la disparition d’un être cher qui remet tout en cause. Le marasme existentiel est plus répandu chez eux que chez nous. Et au final, le film se suit avec un intérêt constant tant le personnage parvient à accrocher l’attention avec une vraie émotion.

Un film à découvrir en DVD si vous ne l’avez pas vu au cinéma. Une belle évocation de vie brisée qui se reconstruit peu à peu.

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La nouvelle vie de Paul Sneijder
La nouvelle vie de Paul Sneijder

Suite à un rarissime accident, Paul Sneijder ouvre les yeux sur la réalité de sa vie de « cadre supérieur » à Montréal : son travail ne l’intéresse plus, sa femme l’agace et le trompe, ses deux fils le méprisent…
Comment continuer à vivre dans ces conditions ? En commençant par changer de métier : promeneur de chiens par exemple !
Ses proches accepteront-ils ce changement qui le transformera en homme libre ?

Sortie : le 8 juin 2016
Durée : 1h54
Réalisateur : Thomas Vincent
Avec : Thierry Lhermitte, Géraldine Pailhas, Pierre Curzi
Genre : Comédie, Drame

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Oscar Wilde, l’impertinent absolu au Petit Palais

Oscar Wilde Petit PalaisOscar Wilde, l’impertinent absolu au Petit Palais

Le Petit Palais présente la première grande exposition française consacrée au célèbre écrivain Oscar Wilde et rend hommage à ce parfait francophone et ardent francophile.

« La vraie valeur d’un homme réside non dans ce qu’il a mais dans ce qu’il est »

Oscar Wilde était bien né. Mais sa bonne fortune sociale et financière ne prouvait pas sa valeur. Dandy, esthète, orateur, écrivain, provocateur… C’est le personnage qu’il s’est créé, hors-norme, à la plume et au bagout admirés, que le Petit Palais a mis à l’honneur avec l’exposition « Oscar Wilde, l’impertinent absolu » qui lui est entièrement dédiée.

Structurée en période de sa vie qui s’étale de 1854 à 1900, on change donc de salles au rythme des années qui défilent. Sa jeunesse d’abord, studieuse et rangée. Puis ses débuts peu connus en tant que critique d’art. Vient ensuite une période délicieuse où il se fait une place solide dans la haute société londonienne… En tout, sept tranches de vie. C’est ainsi que le Petit Palais a divisé l’existence de Wilde. Livres, lettres, photos, tableaux, extraits vidéo et courts textes les éclaircissent.

« Le public fait preuve d’une tolérance étonnante, il pardonne tout sauf le génie »

Alors Oscar Wilde, génie ou plus modestement génial ? Il a laissé quelques œuvres à la postérité et des centaines d’aphorismes que les plus passionnés d’entre nous s’échangent encore lors de joutes verbales. L’importance d’être constant est son plus grand succès théâtral et Le Portrait de Dorian Gray son unique roman, peut-être son plus grand succès tout court ! Mais difficile d’accrocher des livres sur les murs du Petit Palais. Alors, quelques ouvrages dédicacés trônent dans des vitrines accompagnés de tableaux ou de photos à-propos sur les murs pour orner le tout. Mais on s’attarde peu sur les chefs-d’œuvre du dandy. En effet, le lieu ne s’y prête pas, si un tableau s’admire publiquement, un livre se lit dans la solitude. C’est donc sur sa personnalité que se concentre l’exposition.Oscar Wilde photo

« Je peux résister à tout sauf à la tentation »

Oscar Wilde esthète mais surtout provocateur à la conversation exquise parce que piquante, aux bons mots sans cesse dégainés, à la plume trempée dans la controverse et la beauté. La vie n’a d’intérêt que si on la bouscule un peu et il est doué, très doué à ce jeu. Salomé, une de ses pièces a d’ailleurs été interdite par la censure en Angleterre. Il était connu pour son effronterie que beaucoup ont (re)qualifié d’indécence pour lui nuire.

…un malin génie dans ses formulations

« Je peux résister à tout sauf à la tentation » : c’était un malin génie dans ses formulations. Avec beaucoup d’élégance, il se plaisait à dépouiller les gens de leurs certitudes et de leur manteau moral. Bien que le titre de l’exposition indique effectivement ce trait de caractère extrêmement saillant chez le personnage : « L’impertinent absolu », excepté les aphorismes qui agrémentent les murs des salles, il n’est pas flagrant que cet homme fut un provocateur hors-pair. N’y avait-il pas d’autres moyens de le mettre en avant puisque c’est bien là le thème de l’exposition ? La dernière salle est sûrement celle qui fait le plus hommage à son impertinence.

« Les femmes sont faites pour être aimées non pour être comprises »

Ah les femmes ! Voilà un sujet dont Oscar Wilde a beaucoup parlé et pourtant, ce n’était pas là son penchant. L’écrivain est marié à Constance Lloyd lorsqu’il se prend d’une passion amoureuse pour un certain Alfred Douglas. Ils entament une liaison. Le père de l’amant, homophobe, aura sa peau lors d’un procès… Oscar Wilde homosexuel condamné, emprisonné puis exilé en France. Oscar Wilde qui meurt en 1900… Ruiné. C’est sûrement la meilleure salle que celle de ses dernières années. Beaucoup de péripéties et peu de joies malheureusement mais le reste de sa vie a semblé si facile que même lui avant ce fameux procès dit à Gide « Il faut qu’il arrive quelque chose ».

C’est un personnage connu de tous dont on ne connaît pourtant souvent que la surface que le Petit Palais célèbre. Si vous voulez creuser un peu ses zones d’ombres et de génies, l’exposition vous intéressera.

 

Dates : du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017
Lieu : Le Petit Palais (Paris)
Horaires : Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Tarifs : 10€ (plein tarif), 7€ (tarif réduit), gratuit (moins de 18 ans)

Marcello Mastroianni, le latin lover mis à nu (Editions La Septième Obsession)

Marcello Mastroianni
Marcello Mastroianni, livre de Claire Micallef, Editions La Septième obsession

Marcello Mastroianni, le latin lover mis à nu (Editions La Septième Obsession)

La Septième Obsession consacre un ouvrage entier à une icône du cinéma italien, le grand Marcello Mastroianni. Ce séducteur, homme à femmes et farceur impénitent n’a eu de cesse de surprendre en interprétant une foultitude de rôles aussi divers que variés. L’ouvrage richement illustré analyse la trajectoire passionnante d’un acteur caméléon plus complexe qu’il n’y parait.

Une icône du cinéma

Marcello Mastroianni dépasse le simple cadre du cinéma mais reste indissociable du 7e art. Révélé aux yeux du monde entier en dandy désabusé dans La Dolce Vita de Fellini, il s’est imposé dans les films de plus grands réalisateurs italiens. Monicelli, Visconti, Camerini, Antonioni, De Sica, Scola ou Ferreri, son CV est un who’s who du cinéma transalpin. Les chefs d’oeuvre abondent et l’ouvrage enchainent les analyses éclairées de Claire Micallef dans une belle somme biographique. Loin de se contenter d’exposer les performances, l’auteur creuse les significations sociales et philosophiques apposées aux rôles du Marcello que tout le monde connait. En benêt petit bourgeois, en ensorceleur galant ou en sage désabusé, il sait toujours apporter une distanciation qui ouvre à toutes les interprétations.

Une odyssée au coeur d’une carrière flamboyante

Claire Micallef est membre du comité de rédaction de la maison d’édition et collabore régulièrement à l’Obs. La collection Aedon inaugure sa déclinaison Icônes avec un acteur marquant du cinéma contemporain. Photos couleurs et Noir&Blanc enrichissent les analyses de pertinentes références iconographiques. La moustache de Marcello fait penser à un indicateur de ses humeurs et interprétations et ne cesse de questionner sur les intentions des réalisateurs. En le grimant, peut être tentaient ils de lui enlever ce sourire ravageur pour brouiller son image. Les 132 pages se lisent comme un roman biographique, avec un plaisir non dissimulé pour qui se passionne pour le cinéma.

Une collection qui donne le La en matière de recherche fouillée et documentée. De quoi raviver sa passion pour un acteur culte et se plonger dans sa filmographie avec l’envie d’y discerner toujours plus de choses.

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La Septième Obsession se lance dans les livres de cinéma au travers de sa société d’édition « AEDON ». C’est le célèbre acteur italien Marcello Mastroianni, qui nous aura quitté depuis 20 ans déjà le 19 décembre, qui fait l’objet de la première édition de la collection « Icônes ».

Date de parution : 15 novembre 2016
Auteur : Claire Micallef
Editeur : La Septième Obsession
Prix : 21 € (132 pages)
Acheter sur : Amazon

Ivo van Hove, l’architecte rebelle

Ivo van Hove, l'architecte rebelle
The Fountainhead, photo © Jan Versweyveld

Ivo van Hove, l’architecte rebelle

lvo van Hove dont « Les Damnés » que nous avions chroniqués  triomphent actuellement à la Comédie-Française, adapte pour la scène le roman fleuve d’Ayn Rand “The Fountainhead” (La source vive). Un questionnement intense sur les ressorts de la création et les choix de l’artiste, confronté à l’exercice de son art et ses dilemmes. Passionnant.

Il raconte la rivalité de deux architectes dans le New York des années 20. Howard Roark, l’déaliste jusqu’auboutiste, et Peter Keating, l’opportuniste.

Doué, indépendant et radical, Roark prône l’intransigeance du créateur et s’oppose systématiquement à toute modification apportée à ses projets, tandis que Keating, moins talentueux mais conciliant, défend une architecture prête à satisfaire le plus grand nombre

Ayn Rand, instigatrice de la critique de l’État-Providence et hérault de l’ultralibéralisme, prend résolument parti pour le premier. Elle prône l’individualisme à tout prix ; son livre Atlas Shrugged (La Grève, 1957) sera d’ailleurs la référence des néolibéraux américains.

Ivo van Hove restitue quant à lui sa dimension psychologique, d’action et de réflexion à partir d’une lecture contradictoire, où les personnages sont en porte-à-faux et en perpétuel déséquilibre.

D’une maîtrise absolue, l’espace scénique démultiplie les lieux et les actions […]

Une ambivalence qui s’illustre à travers une histoire d’amour et de perversité autour de la figure de Dominique Francon, elle-même fille d’architecte, partagée entre Roark et Keating. Où le sexe, l’art, l’argent, et des enjeux de pouvoirs : économiques, politiques, journalistiques, se convoquent et s’entrechoquent.

Le plateau s’ouvre sur un immense bureau d’architecture en pleine effervescence dont les projets se dessinent en direct sur fond de percussions et de toute une régie son qui fait partie intégrante de la narration.

D’une maîtrise absolue, l’espace scénique démultiplie les lieux et les actions au vu des rapports de force entre les protagonistes et leurs rebondissements.

[…] une distribution de haut vol […]

La mise en scène très cinématographique utilise la vidéo avec des images projetées sur grand écran dont les plans renvoient simultanément sous un autre angle, les scènes filmées en direct, scrutant au plus près la part d’intime des personnages et leur vérité extrême.

Episode spectaculaire que celui où Roark dynamite un programme de logements sociaux non conformes à ses plans et dont la barre d’immeuble à New-York disparait sous nos yeux.

Le tout porté par une distribution de haut vol, dirigée d’une main de maître, en osmose totale avec la dramaturgie et son sens du rythme et de la rupture.

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Dates : du 10 au 17 novembre 2016 l Lieu Ateliers Berthier (Paris)
Metteur en scène : Ivo van Hove

2 concerts d’exception au Théâtre des Champs Elysées

Christian Zacharias
Christian Zacharias

2 concerts d’exception au Théâtre des Champs Elysées

Christian Zacharias et l‘Orchestre Philarmonique de Saint Petersbourg ont fait une halte au Théâtre des Champs-Elysées, le pianiste allemand le 7 novembre, les seconds le 10 novembre. Compte rendu de deux évènements musicaux d’exception.

Un pianiste aux doigts de fée

Christian Zacharias est un habitué du TCE. Ecouté déjà deux fois en 2013 et 2015, cette troisième apparition n’a pas dérogé à la règle dans la qualité et la légèreté des interprétations. En bon pianiste allemand, il s’est focalisé sur 3 des plus grands compositeurs de ce pays. Schubert, Beethoven et Schumann ont défilé sous les doigts du pianiste pour 3 interprétations grisantes même si ne faisant pas partie de leurs partitions les plus connues. La sonate n°4 de Schubert est une oeuvre de jeunesse, composée à 20 ans par le génial compositeur. Les morceaux de bravoure abondent dans cette oeuvre vigoureuse et foisonnante. Les sonates n°27 et 30 de Beethoven suivent, pour un nouvel exemple de la virtuosité de Christian Zacharias. Profondeur et émotion marquent son interprétation. Les Davidsbündlertänze de Schumann composent la seconde partie du concert pour des variations plus légères mais non moins impressionnantes.

Le programme était surprenant mais non moins passionnant. Idéal pour découvrir des oeuvres moins connues des 3 compositeurs sous les doigts experts du pianiste, chef d’orchestre, écrivain, directeur de festival et musicologue allemand.

Orchestre Philharmonie de Saint Petersbourg / Jean-Yves Thibaudet
Orchestre Philharmonie de Saint Petersbourg / Jean-Yves Thibaudet

Stravinsky et Ravel à leur meilleur

Le concert du 10 novembre a vu l’Orchestre Philharmonique de Saint Pétersbourg et son chez d’orchestre Yuri Temirkanov ont fait chavirer le public du TCE. Ce sont pas moins de 90 musiciens qui ont interprété Petrouchka de Stravinsky dans une ambiance joyeusement décalée. Le compositeur russe a apporté un vent de fraicheur à la musique classique sans hésiter à varier les atmosphères et les tonalités. Et il n’y a qu’à voir la composition de l’orchestre pour mieux le comprendre. Xylophone, triangle, piano, cuivres, harpes, tout le panel des instruments est représenté sur une scène totalement occupée par l’équipage dont la mécanique de précision est dirigée de main de maitre. Moins connu que le Sacre du Printemps, ce Petroucka a brillé par sa parfaite interprétation.

La seconde partie était toute dédiée à Maurice Ravel. Et c’est rien de moins que la star mondiale du piano Jean-Yves Thibaudet qui est venu accompagner l’orchestre pour un Concerto mémorable. La parfaite technique du pianiste ne jurait en rien avec la maitrise de l’orchestre, créant une complicité parfaite dans chaque note. Et comme cette pièce s’inscrit dans la lignée d’autres concertos composés par d’illustres compositeurs (Tchaikovsky, Brahms, Schumann, Chopin…), le plaisir de l’écoute fut au diapason de l’interprétation. Un rappel du pianiste (7e mouvement de Kinderszenen de Schumann) clôturait une performance éblouissante. L’orchestre pouvait s’atteler sereinement à la Valse du même compositeur. Joyeux maelström s’apparentant à un brouhaha assourdissant, cette valse désarticulée surprend et déroute. Comme un orchestre jouant sur un navire en train de couler, les musiciens retombent pourtant sur leurs pieds pour faire apparaitre une mélodie dansante perdue dans un fatras de notes. L’exécution fut là aussi parfaite et le tonnerre d’applaudissements final rendait un hommage mérité à des interprètes survoltés.

Deux concerts qui marqueront ce mois de novembre 2016 par la qualité des répertoires et des interprétations.

Trashed, un documentaire comme un signal d’alarme

Trashed
Trashed, documentaire de Candida Brady, Copyright Tiberius Film

Trashed, un documentaire comme un signal d’alarme

Le documentaire Trashed ne passe par 4 chemins pour souligner l’état critique de la planète. L’acteur Jeremy Irons parcourt le monde et met le doigt là où ça fait mal. Entreprises polluantes, habitants menacés, la charge pro-environnementale se mue souvent en brulot anti-capitaliste. Pays industrialisés ou du tiers monde, tout le monde en prend pour son grade. Le documentaire se finit sur quelques bonnes idées de solution, à appliquer au plus vite pour sauver ce qui peut l’être encore.

Un acteur engagé

Il faut maintenant une star hollywoodienne pour attirer l’attention et toucher le grand public. L’acteur britannique Jeremy Irons sillonne la planète et fait un constat implacable. La gestion des déchets est partout déficiente et l’augmentation exponentielle du nombre d’habitants sur la planète n’arrange rien. Rivières souillées, nappes phréatiques polluées, la situation est critique. Si l’on considère également la pollution des océans et l’impact sur la chaine alimentaire, il est impossible de ne pas s’alarmer. Un infâme bouillon de plastique recouvre petit à petit tous les océans du monde, tous les animaux contiennent du plastique dans leurs corps, faisant craindre, à terme, une totale stérilité de l’espèce humaine.

Partout le même constat

Plage Libanaise,  décharge au coeur du Yorkshire, Beijing, New York, Islande, France, Vietnam, partout le constat est le même. L’homme détruit son environnement et se met en danger. Le sommet est atteint avec les conséquences de l’épandage de l’Agent Orange pendant la guerre du Vietnam, entrainant malformations et handicaps. Même les petits mais trop nombreux mégots de cigarette sont pointés du doigt. Avec une donnée qui fait frissonner: les handicaps surviennent presque automatiquement pour des populations vivant à moins de 3km de sites dangereux. Et il est presque impossible d’attaquer les entreprises coupables en justice, les tribunaux déboutent quasi systématiquement les populations qui attaquent le grand capital, dans un grand déni généralisé.

Quelles solutions existent?

Si l’incinération est rapidement brocardée pour ses sinistres effets secondaires, le documentaire montre que des solutions existent, sans production de toxines ni dangers pour l’homme. San Francisco est à la pointe avec des procédés rentables et respectueux de l’environnement. En arrêtant le gaspillage et en organisant la collecte de déchets, il est possible de cesser la gabegie actuelle. La fin du documentaire donne du baume au coeur mais pourra-t-on rapidement inverser la tendance? S’il est alarmiste, le documentaire reste didactique et rigoureux, mettant en lumière ce qu’aucun média ne relate habituellement. Le point de non retour est proche… saura-t-on se réveiller à temps?

Comme souvent pour ce genre de problématique, ce documentaire est lumineux et éclairant. Mais sera-t-il suffisant pour éveiller les consciences?

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Trashed
Trashed

TRASHED suit le voyage à travers le monde de l’acteur oscarisé Jeremy Irons pour étudier les dommages causés par les déchets sur l’environnement et notre santé. De l’Islande à l’Indonésie en passant par la France et le Liban, il rencontre des scientifiques, des politiciens et des gens ordinaires dont la santé et le mode de vie ont été profondément affectés par cette pollution. Terrible et beau à la fois, ce documentaire délivre aussi un message d’espoir et montre qu’il existe des démarches alternatives pour régler le problème.

Sortie : le 16 novembre 2016
Durée : 1h38
Réalisateur : Candida Brady
Avec : Jeremy Irons
Genre : Documentaire

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L’histoire officielle ou les zones d’ombre de la dictature argentine (DVD)

L'histoire officielle
L’histoire officielle, film de Luis Puenzo, Photo Chunchuna Villafane, Norma Aleandro

L’histoire officielle ou les zones d’ombre de la dictature argentine

Débuté sur le ton de la badinerie au coeur d’une tranquille vie bourgeoise, L’histoire officielle bascule très vite dans le drame. Ne pas vouloir regarder en face les affres de la dictature ne veut pas dire que des exactions n’ont pas eu lieu. Le film fait surgir le drame au détour d’une discussion, d’une découverte ou d’un non-dit. L’histoire officielle a remporté l’Oscar du meilleur film étranger en 1986 et on comprend mieux pourquoi tant le film jongle admirablement avec subtilité et émotion. A l’occasion de sa ressortie en DVD, 30 ans après l’Oscar, c’est l’occasion de voir ce grand film!

Une prof d’histoire sans histoires se prend à imaginer les origines tourmentées de sa fille adoptive. La petite Gaby pourrait bien provenir d’un rapt d’enfant, pratique répandue pendant les heures les plus noires de la dictature argentine à l’orée des années 80. Elle mène l’enquête…

Un récit éblouissant

Alicia est une prof d’histoire à cheval sur les principes. Tandis qu’elle inculque le sens de la rigueur à ses élèves dissipés, elle apprend de la bouche de sa meilleure amie que l’histoire officielle de l’Argentine contemporaine cache de profondes zones d’ombre. Tortures, enlèvements, rapts de bébés. Loin de s’en douter, Alicia nageait dans un océan de confort bourgeois sans remettre en cause le discours d’état. Mais elle a elle-même adopté une petite fille… ne serait-elle pas la conséquence de la politique abusive du gouvernement? L’émotion monte petit à petit au fil des découvertes et la vérité se fait jour via des fulgurances douloureuses et inopinées. Sans s’y attendre, le spectateur assiste à un vrai numéro de réalisation de la part de Luis Puenzo. A la manière d’un Michael Haneke, il dissèque les apparences de normalité pour faire surgir la vérité sous-jacente.

La manière de raconter l’histoire

Entre les badinages inconséquents des amis d’Alicia et les préoccupations sociales de ses élèves, elle se trouve entre deux eaux, bien obligée d’ouvrir les yeux pour saisir les écueils de la réalité. Ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire et les revendications d’exigence de la prof l’enjoignent à franchir le brouillard officiel. L’actrice Norma Aleandro navigue entre les 3 niveaux de réalité, entre bourgeoisie assoupie, élèves aux prétentions anarchistes et réalité douloureuse. Ses rencontres et révélations la mettront face à une réalité troublante, proche de mettre en péril son foyer. On sort du film troublé tant le film évite parfaitement le piège de la simplification.

Un film à découvrir en DVD. 30 ans sont passés mais il n’a rien perdu de sa force et de sa justesse.

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L'histoire officielle
L’histoire officielle

1983 – Alicia, professeur d’histoire dans un lycée de Buenos Aires, mène une vie tranquille et bourgeoise avec son mari et la petite Gaby qu’ils ont adoptée. Dans sa vie professionnelle comme dans sa vie privée, elle a toujours accepté « la version officielle » jusqu’au jour où le régime s’effondre. L’énorme mensonge se fissure, et Alicia se met à suspecter que Gaby pourrait être la fille d’un « disparu ». Débute alors un inexorable voyage à la recherche de la vérité, une quête dans laquelle Alicia pourrait bien tout perdre.

Sortie : le 5 octobre 2016
Durée : 1h52
Réalisateur : Luis Puenzo
Avec : Norma AleandroHéctor Alterio, Hugo Arana
Genre : Drame
Acheter sur Amazon

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Montand ravivé avec truculence sur la scène du Théatre Trévise

Montand, Edith, Marilyn et Simone
Montand, Edith, Marilyn et Simone de et avec Hélène Arden et ses musiciens.

Montand ravivé avec truculence sur la scène du Théatre Trévise

Hélène Arden et ses musiciens suivent la vie d’Ivo Livi, alias Yves Montand, dans un moment musical réjouissant en diable. La chanteuse prend les traits d’une narratrice à l’accent chantant qui alterne entre récits nostalgiques et interprétations musicales enflammées. La salle s’est réjouit de la poésie et de l’implication du trio, de quoi revivre l’existence haute en couleur de celui qui a marqué le paysage culturel français du XXe siècle.

Hélène Arden interprète Lydia, la soeur d’Yves Montand, et se remémore sa carrière, ses amours, ses choix de vie.

Une performance d’actrice

Hélène Arden donne de la voix pour interpréter les chansons célèbres d’Yves Montand et les intonations chantantes de sa soeur. Elle-même originaire de Marseille, elle n’a aucun mal à se glisser dans la peau de la coiffeuse/raconteuse restée proche de son frère toute sa  vie durant. Humour et truculence marquent ce beau spectacle mélancolique et touchant. Les numéros de chant s’accompagnent de pas de danse et d’accessoires chers au chanteur/acteur/militant disparu. De sa rencontre avec Edith Piaf jusqu’à sa love story hollywoodienne avec Marilyn Monroe en passant par sa complicité avec la grande Simone Signoret, c’est tout un pans de l’histoire de France contemporaine qui défile devant les yeux ébahis des spectateurs.

Un spectacle vivifiant

La bonne humeur est à l’honneur et des airs connus de tous sont entonnés par la salle accompagnés d’applaudissements en rythme. A bicyclette notamment rencontre un franc succès. Les 2 musiciens accompagnent avec entrain la chanteuse au piano (Mathieu Meyer) et à la guitare (Clément Garcin) pour des numéros entrainants. Le spectacle sera repris le dimanche 4 décembre prochain à 19H30 au Nez rouge (bateau théâtre de Gérald Dahan amarré à Paris 19e). De quoi se laisser aller à la nostalgie pour en savoir plus sur la vie trépidante d’Yves Montand, disparu il y a 25 ans déjà… Hélène Arden et ses musiciens partiront ensuite en tournée en 2017. A vous de vous informer sur les dates de spectacles à venir!

Le spectacle s’inscrit dans les soirées musicales exceptionnelles Musical’In proposées par le Théâtre Trévise. Rendez-vous sur le site pour en savoir plus et profiter des spectacles musicaux qui se tiendront tous les mercredis!

Dates :  9 novembre 2016, dimanche 4 décembre 2016
Lieu : Théâtre Trévise puis Nez Rouge (Paris 19e) (Paris)
Metteur en scène : Hélène Arden
Avec : Hémène Arden et ses musiciens

Mr Wolff, pour le plaisir d’un thriller distrayant (mais sans plus)

Mr Wolff
Mr Wolff, film de Gavin O’Connor

Mr Wolff, pour le plaisir d’un thriller distrayant (mais sans plus)

Mr Wolff mélange Rain Man, Gattaca et Léon dans une ambiance de thriller, plaisante mais répétitive. Si l’attitude délicieusement renfermée de Ben Affleck fait d’abord sourire dans ce rôle de comptable/tueur/autiste, le rabâchage lasse jusqu’au twist final trop vite attendu. L’idée est bonne, le déroulé laisse l’impression d’un film pop corn sans vraie ampleur.

Un héros américain

Ben Affleck reprend le prototype de l’outsider qui cache en lui le feu sacré. Les nombreux flash-backs montrent son parcours, du diagnostic infantile jusqu’à son accession au coeur des milieux mafieux les plus criminels. Le film tourne autour de son personnage, perpétuellement premier degré et donc comique. JK Simmons et Anna Kendrick jouent les utilités de bon coeur. Le film utilise quelques ficelles qui reviennent encore et encore, jusqu’à douter de la profondeur du film. La première manifestation de violence du héros surprend, sa première réplique à côté de la plaque aussi, son art de débusquer les incohérences comptables également, mais le film ne va pas bien loin, finalement.

Une intrigue retorse

Le mélange flashbacks / intrigue permet au film de gagner un semblant de profondeur. Mais le visage de raton laveur éberlué de l’acteur américain, s’il convient bien à son personnage autiste, rappelle tant d’autres films qu’on finit par douter de son originalité. Le principe d’un comptable aux talents multiples, cachés et insoupçonnés donne de l’intérêt pendant une bonne heure. Et puis le long métrage s’enfonce dans une routine répétitive. Bien dommage. En y réfléchissant bien on pense à cette société américaine retorse qui multiplie les chausse trappes et demande bien de l’imagination pour en grimper les échelles. Mais est-ce bien nécessaire?

Un film d’action divertissant mais qui aurait vraiment pu faire chavirer les spectateurs. Sauf que l’absence de variations les éloigne du film. Jusqu’à les ennuyer.

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Mr Wolff
Mr Wolff

L’histoire de Christian Wolff, un expert-comptable dans le civil qui est en réalité à la solde de la mafia.
Petit génie des mathématiques, Christian Wolff est plus à l’aise avec les chiffres qu’avec les gens. Expert-comptable dans le civil, il travaille en réalité pour plusieurs organisations mafieuses parmi les plus dangereuses au monde. Lorsque la brigade anti-criminalité du ministère des Finances s’intéresse d’un peu trop près à ses affaires, Christian cherche à faire diversion : il accepte de vérifier les comptes d’une entreprise de robotique ayant pignon sur rue. Problème : la comptable de la société a décelé un détournement de fonds de plusieurs millions de dollars. Tandis que Christian épluche les comptes et découvre les rouages de l’escroquerie, les cadavres s’accumulent…

Sortie : le 1er novembre 2016
Durée : 2h10
Réalisateur : Gavin O’Connor
Avec : Ben Affleck, Anna Kendrick, J.K. Simmons
Genre : Action, Thriller, Drame

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https://youtu.be/cT1FpD5F-pU

Donal Trump Président : retour nostalgique sur quelques clashs en vidéo

robert-de-niroDonal Trump Président : retour nostalgique sur quelques clashs en vidéo

C’est une nouvelle qui secoue la planète en ce mercredi 9 novembre 2016 : Donald Trump a écrasé la grande favorite à la course à la Présidentielle des Etats-Unis, Hillary Clinton. Le milliardaire pourtant considéré par les experts politologues du monde entier comme l’impossible gagnant des élections a donc contredit tous les pronostics. Personnalité archi-controversée, Donald Trump fait déjà trembler le monde à commencer par la planète finance…

Quand Harrison Ford ou Robert De Niro clashaient leur futur Président

Pour faire passer la pilule, délectons-nous avec nostalgie ces deux vidéos assez différentes. Dans la première, c’est sur un ton léger et plein d’humour que Harrison Ford moque le principe même de la candidature du magnat de l’immobilier. Autant dire qu’on était loin d’imaginer la tournure des évènements. Un petit moment de détente qui fait du bien !

Que dire encore du très sérieux et colérique Robert De Niro qui étrille son futur Président ? L’acteur s’était mobilisé, comme tant d’autres stars, pour lutter contre la candidature de Trump. Une vidéo sans filtre, comme on en verra sans doute jamais en France.


« Mariés au premier regard » : le traquenard de M6

MAriés au premier regard Tiffany
Mariés au premier regard copyright BFM TV

« Mariés au premier regard » : le traquenard de M6

Avec plus de trois millions de téléspectateurs pour la première du programme, « Mariés au premier regard » fait le buzz et atteint un bon score d’audience. C’est un concept innovant et controversé que M6 a diffusé pour la première fois à la télévision française. Des célibataires acceptent de se marier avec un parfait inconnu sur les conseils scientifiques de trois experts (une sexologue, un psychologue et un sociologue) qui ont mesuré leur « compatibilité amoureuse ». Une batterie de tests incluant du « sniffage » de tee-shirts, la mesure de tours de hanche et des questions sexuelles leur ont permis de détecter les célibataires compatibles à plus de 70%, signe d’un « match » et de la possibilité d’une relation durable… Étonnante presque drôle au premier abord, c’est une émission qui se veut scientifiquement sérieuse avec comme couple-star de l’épisode 1 : Tiffany et Thomas.

Lui 29 ans, photographe. Elle, 25 ans, puéricultrice. Parce qu’ils ont du mal à trouver le conjoint idéal, ils tentent cette folle expérience. Mais pendant la première moitié de l’émission, ça rame. Ils effectuent les tests, préviennent leur famille de leur mariage imminent, choisissent leur habits… Des moments cruciaux avant que Tiffany et Thomas ne s’engagent et peut-être pour la vie. Pourtant, l’émotion est comme une rose en hiver, il n’y en a pas. Et quand enfin l’émotion nous prend la main, qu’elle atteint même une certaine intensité… Aux portes du mariage, point d’orgue de la soirée… M6 stoppe net l’émission avec un : « A la semaine prochaine ». On a supprimé aux téléspectateurs le meilleur moment de leur soirée.

La twittosphère énervée : « Mariés au premier regard » en prend pour son grade

Sur Twitter, les réactions courroucées ont fusé : M6 reçoit une volée de bois vert. Les noms d’oiseaux sont légions, en voici un petit échantillon :

Capture d'écran TwitterCapture d'écran TwitterCapture d'écran Twitter

Les experts se doivent-ils d’être ennuyeux pour paraître sérieux ?

En plus de cette fin révoltante, notons les explications pontifiantes des experts tout du long de l’émission. Des commentaires destinés à appuyer le côté scientifique du concept mais qui ne sont pas toujours nécessaires et même souvent agaçants. Ainsi, quand Catherine Solano explique que « c’est très important que le papa de Tiffany lui dise qu’il la trouve belle » pour qu’elle puisse prendre confiance en sa beauté, on est déjà las.

Tant de bémols, c’est dommage parce que c’est une belle histoire, une folle histoire dans laquelle ces candidats s’embarquent qui aurait pu nous secouer et même nous donner envie, pourquoi pas, d’essayer. Mais on sent la mise en scène, la retenue des candidats, le suspens exagéré, le professionnalisme des experts trop surjoué… On ne vous la conseille pas sauf si vous êtes armés d’un bon second degré.

Prochain épisode de « Mariés au premier regard » lundi 14 novembre à 21 heures.

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Polina, une BD adaptée en toute liberté

Polina Danser sa vie
Polina Danser sa vie, film de Valérie Müller et Angelin Preljocaj, Copyright Carole Bethuel

Polina, une BD adaptée en toute liberté

Polina Danser sa vie adapte la BD de Bastien Vivès et suit le parcours d’une jeune danseuse russe talentueuse perpétuellement brimée qui décide se suivre sa voie. Si la BD ensorcelait par ses rebondissements et à sa sensibilité, le film perd de sa magie onirique pour un récit plus linéaire, moins somatique et moins prenant.

Une danseuse sous pression

Le film comme la BD suit le parcours de Polina, de son enfance à l’âge adulte. Si la discipline de travail pour devenir danseuse étoile est faite d’investissement et de longues séances de danse éreintantes, la danseuse se distingue par un don bien particulier, une grâce qui la rend spéciale. Mais la danse classique brime son talent et réduit son impact. C’est en quittant la voie toute tracée vers le Bolchoï qu’elle se révèle. Aux côtés de la jeune Anastasia Shevtsova, c’est une belle galerie d’acteurs français qui évolue. Juliette Binoche en chorégraphe, Niels Schneider en danseur et Jérémie Bélingard danseur étoile de son état.

Un esprit BD un peu perdu

Là où la BD laissait la jeune danseuse dans le doute pendant très longtemps, le film se veut plus didactique et donc moins fantasmagorique. L’art du dessinateur consistait à brouiller les pistes d’un destin contraire jusqu’à la révélation finale. Le film choisit d’éclairer plus tôt le destin jusqu’à une carrière de chorégraphe marquante. Le film choisit de ne pas adapter stricto sensu la BD, ce qui se révèle souvent judicieux. Sauf qu’ici l’esprit se perd un peu pour un déroulé moins jubilatoire, tout simplement.

Ce destin de danseuse révélée à elle-même dans la peau d’une chorégraphe interpelle sans atteindre des sommets.

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Polina Danser sa vie
Polina Danser sa vie

Russie, dans les années 90. Portée depuis l’enfance par la rigueur et l’exigence du professeur Bojinski, Polina est une danseuse classique prometteuse. Alors qu’elle s’apprête à intégrer le prestigieux ballet du Bolchoï, elle assiste à un spectacle de danse contemporaine qui la bouleverse profondément. C’est un choc artistique qui fait vaciller tout ce en quoi elle croyait. Elle décide de tout quitter et rejoint Aix-en-Provence pour travailler avec la talentueuse chorégraphe Liria Elsaj et tenter de trouver sa propre voie.

Sortie : le 16 novembre 2016
Durée : 1h52
Réalisateur : Valérie Müller, Angelin Preljocaj
Avec :  Anastasia ShevtsovaJuliette BinocheAleksei Guskov
Genre : Drame

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Monsieur Kaïros, un personnage en quête d’auteur

Monsieur Kaïros
Monsieur Kaïros, Lucernaire, écrit et mis en scène par Fabio Alessandrini

Monsieur Kaïros, un personnage en quête d’auteur

Monsieur Kaïros mélange réalité et fiction en confrontant un auteur avec son personnage de roman. Quand le héros refuse son scénario et demande à son créateur de modifier son destin, le paradoxe n’est pas loin. Humour et dramaturgie se mélangent pour une pièce à la frontière du fantastique mais profondément ancrée dans la réalité.

Un auteur de roman s’escrime sur son ordinateur et n’entend pas un quidam rentrer dans son appartement. Cet inconnu mystérieux se révèle vite être le héros du roman qui s’écrit. Drôle de rencontre qui abasourdit l’écrivain, surtout quand le visiteur l’implore de modifier le cours de son existence littéraire.

Une illustre ascendance  

Fabio Alessandrini s’inspire librement du prix Nobel de littérature 1934 Luigi Pirandello et interroge sur l’identité et la création. Quel auteur ne rêverait pas de se confronter à un de ses personnages pour une discussion à bâtons rompus? Le metteur en scène incarne cet auteur habité qui place son héros médecin dans le quotidien troublé de missions humanitaires. L’Afghanistan est son quotidien et il ne supporte plus la cruauté humaine, les exactions, les massacres. Tandis que son existence se dévoile avec les mots de son géniteur littéraire, le personnage de roman commence à prendre son autonomie, à la grande surprise de son pygmalion.

Une cruelle actualité 

Si les rapports entre l’auteur et sa créature mélangent humour et révélations dramatiques, la pièce souligne également la réalité de la guerre et de ces équipes humanitaires qui travaillent au milieu de l’horreur. Sur tous les terrains de la planète, ils côtoient les mêmes  exactions. C’est pour se libérer de l’effroi de son quotidien que le personnage invective son créateur, lui révélant que ce qu’il croit n’être que de la fiction va bien au delà des mots. Si les deux acteurs parviennent à semer le doute dans l’esprit des spectateurs, c’est grâce à leur habileté à entremêler réalité et fiction dans une mise en scène dépouillée mais pointilleuse. Un bureau, une chaise, un ordinateur et un rideau suffisent à créer et entretenir l’emotion.

Yann Collette et Fabio Alessandrini réalisent un beau numéro de duettistes dans une pièce à tiroirs qui bouscule les spectateurs. L’improbabilité de la rencontre laisse vite place à une mise en abime de la création littéraire, émouvante et passionnante.

Dates :  du 19 octobre au 3 décembre  2016
Lieu : Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Fabio Alessandrini
Avec : Yann Collette, Fabio Alessandrini

Tu ne tueras point ou l’émotion à l’état pur

Tu ne tueras point
Tu ne tueras point, film de Mel Gibson, Copyright Metropolitan FilmExport

Tu ne tueras point

Tu ne tueras point creuse le sillon du film introspectif cher à Mel Gibson. Sous des atours ultraviolents et parfois à la limite du supportable, c’est une fois de plus la question de la volonté individuelle qui est soulevée. Le héros souhaite s’engager dans l’armée américaine mais refuse de porter des armes. Il servira son pays autrement qu’en tuant, laissant une place indélébile que ce film célèbre fort justement. Non obstant les scènes de bataille pas toujours très faciles, une émotion vertigineuse happe immanquablement le spectateur. Un film difficile à oublier.

Une histoire vraie

L’histoire vraie de Desmond T. Doss parait trop irréaliste pour être vraie. Et pourtant…. Rien ne corrompra son vœu profond et personnel de ne jamais toucher une arme. Même pas le sergent instructeur Howell (Vince Vaughn) et la hiérarchie d’un camp d’entrainement aux faux airs de Full Metal Jacket. Même pas l’affrontement sanguinaire contre des japonais décidés à vendre chèrement leur peau lors de la tristement célèbre bataille d’Okinawa. Au milieu de cette folie continue, une lumière semble briller sans discontinuer, celle de cet infirmier décidé à secourir les blessés au mépris du danger. Et comme l’histoire est véridique, on ne peut même pas soupçonner tonton Mel d’angélisme…

Un film sans artifices

Le parti pris de Mel Gibson est frontal. Pas de poésie dans ces combats au lance flammes et à la baïonnette. L’acharnement américain faisait face au jusqu’au boutisme japonais pour une bataille restée dans les annales pour sa sauvagerie. Andrew Garfield confirme une résurrection amorcée depuis 99 Homes, éclatante dans cet opus et encore plus attendue dans le prochain opus de ScorseseSilence, attendu pour le 8 février 2017. Le film est interdit aux moins de 12 ans mais il passe souvent la ligne rouge…. A bons entendeurs…

L’impression finale est un sommet d’émotion pour cette ode au courage et à la conviction. Certains cyniques critiqueront le film pour ce qu’il n’est pas pas. Pas de prosélytisme pourtant dans cet opus puissant de la part de Mel Gibson. Juste un hommage éblouissant. A ne rater sous aucun prétexte.

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Tu ne tueras point
Tu ne tueras point

Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Desmond, un jeune américain, s’est retrouvé confronté à un dilemme : comme n’importe lequel de ses compatriotes, il voulait servir son pays, mais la violence était incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’opposait ne serait-ce qu’à tenir une arme et refusait d’autant plus de tuer.

Il s’engagea tout de même dans l’infanterie comme médecin. Son refus d’infléchir ses convictions lui valut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais c’est armé de sa seule foi qu’il est entré dans l’enfer de la guerre pour en devenir l’un des plus grands héros. Lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il a réussi à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l’ennemi, ramenant en sureté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés.

Sortie : le 2 novembre 2016
Durée : 2h11
Réalisateur : Mel Gibson
Avec : Andrew Garfield, Vince Vaughn, Teresa Palmer
Genre : Drame, Guerre, Biopic

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Chanson douce, un Goncourt qui scotchera tout le monde (Gallimard)

Leïla Slimani
Leïla Slimani © Manuel Lagos Cid

 

Chanson douce, un Goncourt qui scotchera tout le monde (Gallimard)

Dès la première page de Chanson douce, Leïla Slimani nous capture. Elle nous rend prisonniers de son écriture. Fascinés, épouvantés, stressés… Impossible de lâcher le livre…

L’histoire

L’histoire de Chanson douce démarre dès la première phrase du livre : Le bébé est mort. Leïla Slimani donne le ton. A la fois sec et morbide, comme son style, sans fioriture. L’histoire est entièrement tournée vers une nounou et son double infanticide. Louise a été embauchée pour s’occuper de deux jeunes enfants alors que les deux parents travaillent. La jeune mère reprend son métier d’avocat qu’elle avait mis de côté durant plusieurs mois, après la naissance du second. Myriam est très heureuse de retravailler, car son rôle de mère au foyer ne la satisfaisait plus. Ils ont choisi Louise comme Nounou et en sont tout heureux. Louise est une vraie perle. Louise est devenue au fil des jours la fée du logis, indispensable à cette famille. Bien sûr, elle a quelquefois des comportements bizarres avec les enfants. Mais elle est si parfaite ! Myriam et Paul l’emmènent avec eux en vacances. La vie de Myriam est transformée. Et celle de toute la famille aussi. Louise aime tellement les enfants !

L’ambiance

Si tout paraît parfait, l’écriture implacable de Leïla Slimani nous met mal à l’aise. Seul le titre de son roman est doux. On sait dès le début du roman qu’un drame s’est produit, on en connaît la coupable et malgré tout, on ressent une terrible angoisse à chaque phrase, ou presque. Même si l’auteur nous décrit la vie parisienne, banale, du jeune couple, comme des millions d’entre nous, nous pouvons lire entre les lignes, ce que ressent la nounou, Louise. Le revers de la médaille que l’on oublie souvent et qui nous interpelle. Une forme de domination d’employeurs, ou un nouvel esclavage moderne ? Louise est corvéable à merci, est disponible en permanence mais c’est elle qui le demande… Alors, où est le mal ? Elle s’incruste chez ses employeurs et prend possession de leur appartement, puis de leurs enfants et même d’eux-mêmes. A leur insu… Et bien sûr, jamais les enfants ne racontent ce qu’ils vivent avec leur nounou, ça tout le monde le sait…

Récit et analyses psychologiques implacables

Même si le roman commence par la fin, cela ne supprime en rien le suspense et l’angoisse. Car voilà l’originalité de ce roman : on ne se demande jamais comment cela va finir puisqu’on le sait dès la première page. Les trois premières pages relatent le drame, comme un horrible fait divers. Et pour bien en comprendre le déroulement, l’auteur va remonter le temps. Le temps avant Louise, le temps parfait avec Louise et les « déraillements » de Louise. Comment en est-on arrivé à cette épouvantable situation ?

Prix Goncourt

Leïla Slimani vient de recevoir le Prix Goncourt pour ce roman terrifiant qui va angoisser un bon nombre de parents qui confient leurs enfants, leurs trésors, à des nounous. Et également un bon nombre de nounous qui vont devoir faire preuve d’ingéniosités pour se faire embaucher ! Un Goncourt facile à lire, ce qui n’est pas si fréquent, mais tellement percutant qu’on ne l’oubliera jamais. S’il traite d’une certaine réalité sociale mais aussi d’une certaine folie, Leïla Slimani dévoile aussi la société dans laquelle on vit, tellement absurde et cruelle qu’on en a la chair de poule. Elle met en avant également le rôle de mère au foyer, tellement peu enviable, de mère salariée, tellement mieux perçue, d’éducation donnée aux enfants, et des priorités d’aujourd’hui dans la famille. Mais c’est aussi une profonde interrogation sur nos façons de faire avec nos nounous ou plus généralement sur nos relations avec les autres.

Un excellent livre de Leïla Slimani, qui vous fera faire sans doute de nombreux cauchemars, après Dans le jardin de l’ogre (2014, chez Gallimard) qui avait déjà connu un réel succès et qui sera bientôt adapté au cinéma. Toutes nos félicitations à Leïla Slimani !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Chanson douceLorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Date de parution : le 18 août 2016
Auteur : Leïla Slimani
Editeur : Gallimard
Prix : 18 € (240 pages)
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Afectados (Rester debout) de Silvia Munt, le combat de vies perdues

Los-afectados-rester-debout-silvia-muntAfectados (Rester debout) de Silvia Munt, le combat de vies perdues

L’Espagne ne va pas bien. Dans un documentaire poignant, la réalisatrice Silvia Munt, rencontre une partie de ces hommes et de ces femmes victimes d’une société malade. Sortie en salle de Afectados (Rester debout) le 16 novembre 2016.

D’octobre 2013 à juin 2014, Silvia Munt se rend deux fois par semaine à la « Granja Del Paso », une ferme abandonnée à vingt km de Barcelone. Ici, la PAH (Plateforma de los afectados por las hypotecas) a installé un de ses locaux. Des gens y affluent pour tenter de trouver de la sollicitude, de la force et surtout, une solution. Car ils ont tous le même problème : ils n’ont plus de logement. La crise de 2008 les a expulsés du marché du travail et les banques qui détenaient leurs hypothèques, les ont expulsés de chez eux pour impayés. C’est un cercle vicieux et ils sont nombreux, très nombreux, à y être tombés.

Des hommes sans visage, des chiffres sur papier, ce sont ces déclassés à qui Silvia Munt a donné la parole dans un documentaire sans aucun artifice cinématographique. Dénudé, terriblement sobre, le film enchaîne les soirées-rassemblements et les témoignages individuels. En groupe, la solidarité et l’espoir priment tandis que seul, en gros plan, la solitude de leur souffrance retentit. Et pour reprendre son souffle, la caméra prend de la hauteur et filme silencieusement rues et logements sociaux. La réalisation est modeste dans ses moyens car seul compte l’homme tel quel sans le glorifier ni le piétiner.

Un documentaire […] dénudé, terriblement sobre

Afectados (Rester debout) n’a aucun atout séduction pour le public. Dur, pesant, absolument pas divertissant, presque culpabilisant, c’est un cri. Le documentaire revendique, dénonce, s’afflige de la situation. Il « porte la caméra dans la plaie » à la recherche d’une humanisation et d’une prise de conscience. Peut-être que ce film engagé veut changer les choses, changer le monde. L’art à cette prétention parfois. Ici, il nous dit que la misère n’empêche pas la solidarité, qu’elle apprend même à agir, à être généreux et aimer l’autre davantage. Si vous voulez l’entendre, si vous voulez le voir, allez-y mais n’y aller pas pour vous vider l’esprit.

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Afectados Rester Debout afficheFrappée de plein fouet par la crise économique de 2008, l’Espagne a vu son taux de chômage frôler les 27% en 2012. Des centaines de milliers de personnes se sont alors retrouvées dans l’incapacité de rembourser leur crédit immobilier puis expulsées de leur logement, tout en restant endettées auprès de leur banque. A Barcelone, un collectif citoyen, apolitique et spontané, s’est mis en place pour proposer son aide à ces victimes de prêts toxiques –des hommes et des femmes de tous âges et de tous horizons qui n’auraient jamais pensé qu’ils pourraient un jour se retrouver sans emploi et sans toit. Et qui n’auraient peut-être jamais osé demander de l’aide, meurtris par la honte et l’incompréhension. A travers l’entraide et la solidarité, ils vont reprendre espoir et surtout voir la vie et le monde qui les entoure sous un nouveau jour.

Sortie : le 16 novembre 2016
Durée : 1h22
Réalisateur : Silvia Munt
Avec :
Genre : Documentaire

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Bernard Buffet, l’écorché vif : rétrospective au MAM de Paris

Bernard Buffet, l'écorché vif : rétrospective
Le Buveur, Bernard Buffet, 1948
huile sur toile 100 x 65 cm
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
© Musée d’Art moderne / Roger-Viollet © ADAGP, Paris 2016

Bernard Buffet, l’écorché vif : rétrospective au MAM de Paris

Le Musée d’Art moderne de la ville de Paris présente une importante rétrospective de l’œuvre de Bernard Buffet (1928-1999). Cet artiste considéré comme l’un des peintres les plus célèbres du XXème siècle fut également l’un des plus controversés.

A partir d’une sélection très rigoureuses d’une centaine de toiles et d’un parcours chronologique ainsi que thématique, l’exposition ouvre à un nouveau regard sur son œuvre dont le style singulier à la composition très architecturée, sertie de noir, témoigne très tôt d’une force créative, habitée par une âme ombrageuse et mystique.

L’exposition débute dans le contexte de l’après-guerre, avec les débats de la question des réalismes, de la figuration et de l’abstraction et de la disparition du sujet où Bernard Buffet se révèle un grand expressionniste à l’abri d’une surface tailladée de griffures et d’un graphisme nerveux et anguleux. La verticalité est omniprésente et le chromatisme de la toile marqué par des teintes brunes, ocres, délavées, une couche sans ombre ni empâtement ainsi qu’une signature bien visible.

[…] La couleur comme une déchirure […]

Autoportrait sur fond noir, Bernard Buffet, 1956 huile sur toile 129,3 x 96,8 cm Collection Pierre Bergé © Dominique Cohas © ADAGP, Paris 2016
Autoportrait sur fond noir, Bernard Buffet, 1956
huile sur toile
129,3 x 96,8 cm
Collection Pierre Bergé
© Dominique Cohas © ADAGP, Paris 2016

A 19 ans, il obtient le prix de la Critique pour son son tableau « Deux hommes dans une chambre », représentation de l’intimité de l’artiste et de la sexualité, qui sera un choc au regard de la liberté affirmée.

[…] La composition comme une citadelle […]

Les portraits et les autoportraits aux lignes géométriques ont pour modèle ses proches ou lui-même où il se représente dans son intériorité et non comme il est. Les natures mortes et les scènes de genre retrouvent les objets familiers de son quotidien et les animaux du marché, renvoi à la tradition picturale de Chardin à Courbet. La peinture d’histoire et la peinture religieuse sont revisitées.

La scénographie rend compte aussi de ses expositions annuelles où à partir de 1952, il commence à peindre par thèmes : cycles religieux avec La Passion du Christ, littéraires avec l’Enfer de Dante et Vingt mille lieux sous les mers ou allégoriques avec Les Oiseaux, Les Folles.

On poursuit avec l’intérêt de Bernard Buffet pour la peinture d’histoire (Horreur de la guerre) et sur l’histoire de la peinture (Le Sommeil d’après Courbet) pour finir par son dernier thème, La Mort, grandes toiles ravageuses qualifiées de gothique médiévale, prêtes pour sa dernière exposition alors qu’il met fin à ses jours à Tours, en 1999.

Un homme paradoxal dont l’œuvre porte les stigmates entre lumière et solitude, gloire et désamour, réussite et souffrance, interpellation et enfermement. Où l’embrasement du tout et ses contraires scrutent la couleur comme une déchirure, le trait comme une cicatrice et la composition comme une citadelle.

Dates : du 14 octobre au 26 février 207
LieuMusée d’Art moderne de la Ville de Paris
Entrée : 12 €

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