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Pour Charlie

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Nous reproduisons le communiqué de notre consœur, Marie-José Sirach, Présidente du Syndicat Professionnel de la Critique.

Pour Charlie

Le Syndicat professionnel de la critique dramatique, danse et musique tient à exprimer sa douleur et toute sa solidarité à l’équipe et aux familles de Charlie Hebdo. Le massacre perpétré à l’encontre de nos confrères avait pour but de faire taire des voix, des plumes qui exerçaient leur esprit critique sans tabou et plaçaient la liberté d’expression au-dessus de tout : de la bêtise, de la peur, de l’ignorance, de l’obscurantisme. Leur mort, brutale, est injuste et révoltante. En assassinant de sang-froid des journalistes, c’est la démocratie que l’on voudrait faire taire. Plus que jamais, dans nos journaux, nous continuerons à porter haut et fort la critique, la pensée, la controverse.

La Bonne Ame du Se-Tchouan, mise en scène de Jean Bellorini, à Saint-Denis

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Théâtre Gérard-Philippe du 8 au 18 janvier 2014
Salle Roger-Blin
93 Saint-Denis

Théâtre d’interrogations face à la violence du monde mais dont l’empreinte poétique et survoltée si propre à Brecht fait naître une puissance à la fois ravageuse et sensible si propre à Brecht fait naître une puissance à la fois ravageuse et sensible.

A l’abri d’un geste esthétique fort et d’un travail de troupe saisissant, Jean Bellorini (jeune metteur en scène de 32 ans qui signe aussi la traduction avec Camille de la Guillonnière, la scénographie, les lumières, les compositions) et ses dix -huit comédiens-chanteurs-musiciens font circuler et étinceler le verbe au plus près de l’expérience humaine et de ses antagonismes dont la résonance l’inscrive dans une contemporanéité frappante : un souffle enivrant.

On connaît l’argument sur laquelle repose cette bonne Ame, définie par le dramatruge comme une « parabole dramatique », et la tâche assignée à Shen Té, la prostituée de Se-Tchouan, par les dieux : être la bonté même, continuer à être bonne dans un monde où les dieux n’ont nulle part rencontré des « gens qui aient réussi à mener une existence digne de l’homme », prouver que l’altruisme y est possible. She té a eu beau protester, crier ses craintes : « Mais je ne suis pas sûre de moi, dieux illustres. Comment faire pour être bonne quand la vie est si chère ? » , les dieux n’entendent rien car ils se moquent des questions économiques.

 [pull_quote_right]A l’abri d’un geste esthétique fort et d’un travail de troupe saisissant, Jean Bellorini et ses dix -huit comédiens-chanteurs-musiciens font circuler et étinceler le verbe.[/pull_quote_right]

Une fois Shen Té installée dans le petit débit de tabac que les mille dollars laissés par les dieux lui ont permis d’acheter, sa mise à l’épreuve commence. Forte de cette nouvelle activité, elle constate que son commerce est aussitôt pris d’assaut par des pauvres plus avides que jamais tandis que les nantis tentent sous des prétextes fallacieux de l’escroquer.

Elle décide alors de s’inventer un double Sui Ta, un homme dur, calculateur, chargé de la défendre contre sa volonté de faire le bien et d’assurer ses arrières. Un être qui ne se soucie pas d’être bon, mais seulement un homme d’affaires pragmatique inspirant le respect aux riches et la crainte aux plus faibles affirmant sans complexe « Pour lui garder sa boutique, je suis prêt à aller jusqu’à l’extrême limite de ce qui est légalement permis ».

Entre temps, elle sera aussi tombée amoureuse d’un aviateur dont elle s’apprête à tout lui sacrifier alors que ce dernier est seulement prêt à profiter d’elle afin de réaliser son propre rêve en achetant un avion. Peut on faire le bien dans un monde de brutes ? Faut il sauver les hommes ou les confondre ?

Brecht questionne sans relâche l’exploitation de l’homme par l’homme ainsi que l’impuissance des dieux à changer le monde et nous met face à un modèle revendiquant de plus en plus sa part de duplicité et son égoïsme. Une fable sans morale mais dont le questionnement nous renvoie à une réalité très actuelle.

Dans un rapport frontal avec le public, les allées et venues des protagonistes s’organisent à partir d’une aire de jeu à deux niveau avec une échelle coté cour où dans un emportement festif et rythmique, le plateau s’apparente à un choeur qui cristallise le tumulte d’une humanité entre espoir et perdition, mise à mal et instinct de survie, l’intime et le collectif.

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En autant de fragments, de ruptures, de tonalités pop/piano, de trouvailles scénographiques inventives, la parole polyphonique s’incarne et se fédère dans une dimension chorale, musicale, originale et unitaire de l’œuvre portée par des acteurs, tous magnifiques.

[pull_quote_left]le plateau s’apparente à un choeur qui cristallise le tumulte d’une humanité entre espoir et perdition, mise à mal et instinct de survie, l’intime et le collectif.[/pull_quote_left]

Karyll Elgrichi (She té) à l’allure tour à tour bohème et androgyne irradie la scène dans un élan fébrile qui se charge de toute la contradiction paradoxale du personnage où se révèle sa complexité porteuse de fragilité, de tension et de doutes. Tandis que François Deblock (Wang le porteur d’eau), son ami à la vie à la mort, s’illustre d’un jeu investi et virevoltant.

Un embrasement dont l’unité fait corps avec la parole engagée du poète…

Roma, tome 1 : une BD d’E. Adam, P. Boisserie, D. Convard et R. Penet (Glénat)

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Roma, tome 1 : La Malédiction

Nouvelle grande saga des éditions GlénatRoma est une fresque épique prévue en 13 albums, qui rend hommage à Rome, la ville éternelle. A raison d’un album par semestre, le rythme de publication s’annonce soutenu. Chaque album sera illustré par un dessinateur différent.

Un concept proposé par le regretté Gilles Chaillet (Vasco, Dans la Rome des Césars, Les Boucliers de Mars), disparu en 2011. Le premier album amorce un scénario ambitieux autour de la malédiction du Palladium. Et c’est une pleïade de scénaristes de renoms que l’on retrouve avec plaisir pour ce projet : Éric Adam, Didier Convard et Pierre Boisserie, aidés de l’historien Bertrand LançonRégis Penet (Fleurs carnivores, Marie des loups) s’est quant à lui chargé du dessin de cet épisode.

Date de parution : 7 janvier 2015
Auteurs : Éric Adam, Didier Convard, Pierre Boisserie (scénario), Régis Penet (dessin), Nicolas Bastide (couleurs), Bertrand Lançon (conseiller historique) d’après un concept original de Gilles Chaillet.
Editions : Glénat
Prix : 14,95 € (64 pages)

Résumé de l’éditeur :

1250 av. J.-C. Alors que la guerre de Troie fait rage, des mystérieuses jumelles arrivent aux portes de la cité fortifiée. L’une tient dans ses bras une magnifique idole d’orichalque : le Palladium. Léonidas et Aquilon, deux officiers troyens semblant dissimuler un lourd secret, sont immédiatement séduits par la beauté trouble des jumelles. Et il ne faut pas longtemps pour que chacun en épouse une, fondant ainsi deux familles.

Ce que tout le monde ignore, c’est que dans le Palladium est enfermée Ker, une déesse maléfique qui, de sa prison d’orichalque, réserve une terrible malédiction aux deux familles. Une malédiction qui les poursuivra à travers les âges, accompagnant le destin de la ville mythique qu’elles s’apprêtent à fonder : Rome.

Conçu à l’origine par le regretté Gilles Chaillet, Roma est un projet ambitieux visant à raconter l’éternité de Rome à travers une grande fresque historico-fantastique de 13 albums, construite autour de la malédiction du Palladium. À raison d’une parution tous les 6 mois, chaque album, formant une histoire complète et réalisé par un dessinateur différent, nous décrit en toile de fond un épisode spécifique et emblématique de l’histoire de Rome. Un contexte historique hautement mis en lumière par l’apport de Bertrand Lançon, éminent historien spécialiste de la cité éternelle, qui contribue aux dossiers pédagogiques de fin d’album.

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Le point sur l’album :

C’est avec enthousiasme que nous ouvrons ce premier album, dont l’ambition est de nous livrer la genèse de la malédiction du Palladium. C’est en plein coeur de la cité troyenne, dans l’antiquité, que le scénario propose de nous emmener, bien avant la naissance de la toute puissante Rome. Une fresque historique où viennent s’imprégner figures mythologiques et légendes fantastiques. L’album met d’abord en scène les deux troyens Léonidas et Aquilon, à l’origine de la malédiction qui anéantira leur cité (avec l’épisode du Cheval de Troie). Dans un second temps, c’est le prince Enée, père de Romus et Romulus, qui prendra de l’importance…

Dans un récit fleuve et continu, les scénaristes retracent un arbre généalogique complexe qui prend racine dans un terrible méfait commis par Léonidas et Aquilon. De nombreuses aberrations contre-nature vont alors s’y greffer, jusqu’à aboutir aux fondateurs même de Rome. Entretenant habilement le mystère autour de la malédiction et de sa cause, l’intrigue attise la curiosité de bout en bout. Un scénario bien exécuté qui démontre un potentiel certain pour Roma.

Avec son trait fin et naturel, Régis Penet propose de son côté des planches au réalisme soigné, malgré une coloration (de Nicolas Bastide) un peu fade. Le dessin séduit par ses détails et sa force d’expression.

En conclusion, Roma tient ses promesses avec des débuts épiques, qui mêlent habilement Histoire et fantastique. A lire.

Charlie Hebdo : de tout coeur avec eux

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Aujourd’hui, mercredi 7 janvier 2015, le France a subi un terrible attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo. Les médias du monde entier ont relayé l’information, tandis que les éditions spéciales se succèdent sur l’ensemble des supports dans l’hexagone, après des déprogrammations en cascade (pour radios et télés). En tant que média web, nous partageons l’immense peine et l’incompréhension du monde face à l’horreur qui a frappé ces journalistes et policiers qui ne faisaient que leur métier.

Parmi eux se trouvaient 4 dessinateurs hors norme : Wolinski, Cabu, Tignous et Charb.

Voici, à leur propos, le communiqué des éditions Glénat :

« Parmi les 12 personnes assassinées ce matin à la rédaction de Charlie Hebdo, quatre auteurs proches des éditions Glénat sont morts parce qu’ils défendaient leurs idées, leur vision du monde, leur bonheur de toujours dessiner notre vie quotidienne.
Lâchement exécutés dans leurs bureaux parisiens par des individus lourdement armés, ils sont morts au champ d’honneur de la liberté de la presse.
Toutes les équipes des Editions Glénat, choquées par l’annonce de la disparition de leurs amis, font part de leur solidarité avec l’ensemble des journalistes, dessinateurs de presse et auteurs, qu’elles côtoient tous les jours dans leur travail, et qui se sentent aujourd’hui aussi menacés.
La maison d’édition Glénat s’associe à la douleur des familles et des proches des nombreuses victimes, dont les policiers qui les protégeaient.
Jacques Glénat, qui débuta comme garçon de courses à Charlie Hebdo, pleure ses maîtres Wolinski et Cabu et leurs jeunes disciples Tignous et Charb.
Les Editions Glénat »

Le dernier dessin de Charb est saisissant, sous la lumière des terribles évènements du jour :

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En tant que citoyen du monde, au-delà des nationalités ou des religions, on ne peut que se sentir solidaire des victimes de ce nouvel attentat qui vise le choeur d’une démocratie, ceux qui en portent la voix : les journalistes, premiers garants de la liberté d’expression. Premiers sacrifiés en son nom aussi.

Comme l’écrit le dessinateur Plantu sur son compte Twitter, nous sommes tous de tout coeur avec Charlie hebdo. Nos pensées vont vers toutes les victimes, leurs familles, leurs collègues et leurs amis. Nous sommes tous Charlie.

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 Voici encore le témoignage bouleversant de Philippe Val, ancien patron de Charlie Hebdo :

Saru, un manga de Daisuke Igarashi (Sarbacane)

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Saru, de Daisuke Igarashi

Auteur de la série Les Enfants de la mer (parue en 5 tomes aux éditions Sarbacane), Daisuke Igarashi propose cette fois un one shot d’envergure avec Saru. Un joli pavé de près de 450 pages où l’ésotérisme est mis à l’honneur à travers la prophétie de Nostradamus et d’anciennes légendes chinoises relatives au(x) roi(s) Singe(s)….

Date de parution : le 7 janvier 2015
Auteur : Daisuke Igarashi (scénario, dessin)
Editions : Sarbacane
Prix : 17,90 € (448 pages)

Résumé de l’éditeur :

Daisuke Igarashi nous replonge dans une histoire vertigineuse et puissante ! Après sa formidable série en 5 tomes, Les Enfants de la mer (éditions Sarbacane), Daisuke Igarashi nous enchante de nouveau avec Saru. Dans ce beau et volumineux manga (450 pages), il change néanmoins de registre : l’histoire mêle ici une prophétie de Nostradamus et d’anciennes légendes chinoises liées au roi Singe. On retrouve la veine ésotérique qu’Igarashi avait explorée avec Sorcières (Casterman), mais dans un cadre à grand spectacle (et où une partie de l’action se passe – clin d’œil de l’auteur – dans la capitale mondiale de la bande dessinée : Angoulême !)..

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Le point sur l’album :

L’épaisseur de l’ouvrage intrigue tout autant que sa couverture où un avion vient se superposer à une jeune fille, un visage de singe et un masque de totem mystérieux. Et dès les premières planches de Saru, on comprend que le récit tient les promesses faites par le package : un scénario très dense ! Propulsé aux quatre coins du monde, et notamment à Angoulême (joli clin d’oeil de l’auteur), on suit en rythme des personnages divers et variés, que ce soit une jeune étudiante japonaise, un habitant du Boutan, un prêtre exorciste, une jeune fille possédée etc… Une diversité de lieux et de sujets habilement orchestrée dans de courtes scènes découpées avec soin, de sorte à ne pas perdre le fil de la trame générale : celle d’un conte apocalyptique. Un récit qui séduit malgré sa complexité.

Le dessin de Daisuke Igarashi est quant à lui réalisé avec le soin qu’on lui connaît. Son trait est si fin qu’il dégage un aspect griffonné, surtout pour les personnages aux contours souvent irréguliers. Les décors fourmillent par ailleurs de détails, surtout lorsqu’il s’agit de grands espaces (les montagnes Afghanes par exemple…). Un style propre à Daisuke Igarashi, qui charme une fois encore dans Saru.

En conclusion, Saru est un manga qui ne manquera pas de plaire à tout amateur d’ésotérisme ou de mythologie. Attention toutefois à ne pas se laisser happer par la densité du récit.

The Sword, tome 2 : un comics de Jonathan et Joshua Luna (Delcourt)

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The Sword, tome 2 : l’Eau

Souvenez-vous, les frères Luna avaient frappé fort avec leur thriller Girls (ils sont également auteurs de Ultra ou Spider-Woman). C’est avec The Sword qu’ils ont fait leur grand retour dans les librairies. Un récit fantastique prévu en quatre tomes, où une jeune étudiante paraplégique sans histoire tombe sur un glaive aux pouvoirs extraordinaires… Autant dire que Dara Brighton va vite devoir apprendre à s’en servir !

Date de parution : le 3 décembre 2014
Auteur : Jonathan et Joshua Luna (scénario, dessin)
Editions : Delcourt
Prix : 15,95 € (148 pages)

Résumé de l’éditeur :

Dara Brighton, étudiante paraplégique dotée de pouvoirs surhumains dus à un glaive extraordinaire, a découvert des informations qui la mènent sur les traces des trois meurtriers de sa famille. Aidée par ses compagnons de fortune, elle continue sa quête de vengeance, tout en luttant pour leur survie. Après Girls, la nouvelle tétralogie des talentueux frères Luna.

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Le point sur l’album :

La quête se poursuit donc avec un premier voyage aux Bahamas en compagnie de Dara et ses acolytes (Julie et Justin). Et pendant que les souvenirs et Dara ponctuent la première partie de ce second tome, celui qui maîtrise le feu, Zakros se manifeste. Un combat épique s’amorce alors… jusqu’à la fin de l’épisode. Les frères Luna livrent un scénario d’action digne d’Hollywood, au découpage précis et fluide. Généreux en hémoglobine et cruautés, les auteurs n’omettent pas de donner du sens à ces enchainements plutôt physiques. Ils mettent notamment en perspective le handicap de la jeune et combative Dara.

Le dessin d’apparence simpliste de The Sword peut être trompeur. Le trait fin pâtit d’une infographie en manque de nuances, notamment dans sa coloration. Les détails semblent parfois oubliés. Mais ces planches sont indiscutablement travaillées pour renforcer le sens de l’action. Les cadrages sont en effet souvent de qualité. Et on aime le contraste qui se dégage du graphisme épuré et innocent qui n’hésite pas à faire couler le sang.

The Sword ne déçoit pas. Il se bonifie même avec le temps. A suivre, donc.

Rasl, tome 2 : un comics de Jeff Smith (Delcourt)

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RASL est une trilogie signée par le créateur de Bone : Jeff Smith. Ce dernier signe un récit plus adulte, mettant en scène un certain Rasl, ancien chercheur devenu voleur d’oeuvres d’arts. Son outil de travail est un peu particulier puisqu’il s’en sert pour dériver à travers des univers parallèles…

Date de parution : le 3 décembre 2014
Auteur : Jeff Smith (scénario, dessin)
Editions : Delcourt
Prix : 17,95 € (192 pages)

Résumé de l’éditeur :

Grâce aux carnets secrets de Tesla, RASL, voleur d’oeuvres d’art, est à même de voyager entre les mondes parallèles. Mais lorsqu’il croise la route d’un mystérieux étranger également capable de circuler à travers les dimensions, son secret est en danger… Le créateur de Bone continue de nous guider dans un univers où crimes et fantastique s’entremêlent avec art.

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Le point sur l’album :

Après l’agréable découverte d’un premier tome posant les bases du récit de RASL, l’auteur pousse l’aventure un peu plus loin, en nous proposant un peu d’Histoire. L’invention de Tesla a en effet modifié son cours, tandis que Rasl profite d’une courte trêve convenue avec son poursuivant. La narration prend une allure plus sérieuse, mais n’a rien perdu en rythme, ni en charme. Rasl est un récit de science-fiction soigné qui bénéficie d’un scénario construit.

Le dessin de  Jeff Smith est quant à lui original. Son trait authentique est un doux mélange de fantaisie et de réalisme. Un style assez unique, qui plaît.

Pour conclure, Rasl est un comics de bonne qualité, qui plaira sans doute à un large public. Le troisième tome est attendu pour le mois d’avril.

Le roi se meurt d’Eugène Ionesco, mise en scène de Georges Werler, à Paris (2015)

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Théâtre de Paris, succès ! prolongation jusqu’au 10 janvier 2015
15, rue Blanche
75009 Paris

Michel Bouquet reprend ce rôle mythique en se réinventant une nouvelle fois avec ce don d’émerveillement si propre aux éternels enfants et aux côtés d’une distribution remarquable. Un grand moment de théâtre.

Le roi se meurt, sa mort est annoncée. Il lui reste une heure et demie à vivre, le temps du spectacle, pendant lequel cinq personnages, se divisent autour de lui et avec lui, entre fatalisme, angélisme et mesquinerie, face à l’accomplissement du destin. Avec Béranger 1er, l’homme universel, c’est son univers monde qui s’effondre : le palais se fissure et les frontières de la mort se rapprochent.

Regard malicieux à la voix pénétrante, Michel Bouquet est saisissant de vérité et d’intériorité au plus près de la condition humaine et de son essence comme de sa finitude énigmatique

La pièce est composée d’un seul acte où seule la condition physique, psychologique du protagoniste évolue, observée et commentée par son entourage. La jeune et bien aimée reine Marie, symbole de l’amour, de l’innocence et de la vie, qui veut encore espérer et lui cacher la vérité. Tandis que la vieille reine Marguerite, la première épouse austère, fataliste et grande ordonnatrice de cette cérémonie doit s’assurer du bon déroulement de cette fin dont chaque étape est déjà programmée. Elle sera la dernière à accompagner le roi dans la mort. Le tout ponctué par les apartés du médecin et son savoir péremptoire contre lequel on ne transige pas.

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Mais le monarque justement n’est pas prêt à mourir. Et c’est donc à ce cheminement initiatique par lequel le personnage doit passer, emprunt d’une irrésistible drôlerie et bouffonnerie où la vie se joue de la mort et vice versa, auquel nous assistons.  Le vieux roi passant par trois attitudes successives : le déni, la révolte et la résignation jusqu’au passage final et total où la lumière fait corps enfin avec la nuit éternelle.

la mise en scène de Georges Werler respectueuse du texte, souligne jusqu’à l’épure l’issue dérisoire et inéluctable.  A l’abri de cette définition du dramaturge « Le comique étant intuition de l’absurde, il me semble plus désespérant que le tragique. Le comique n’offre pas d’issue« , Ionesco nous livre une farce métaphysique tout en subtilités et humour noir. Où le comique nait du décalage entre la représentation grandiloquente de la figure royale et la simple condition d’homme face à la mort.

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Regard malicieux à la voix pénétrante, Michel Bouquet est saisissant de vérité et d’intériorité au plus près de la condition humaine et de son essence comme de sa finitude énigmatique…

Résultats concours : A most violent year, 10 places de ciné gagnées.

Sortie le 31 décembre 2014

 

A l’occasion de la sortie du film A Most Violent Year, Publik’Art, vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film : A Most Violent Year

 

Vous avez été très nombreux à participer : 2 630 joueurs.

Bravo à tous et merci de cette excellente participation !

 

Les cinq heureux gagnants sont :

Jean-Claude Creuzol, Nathalie Andrieu, Delphine Duplouich, Hervé Lacaussade et Dominique Fourez

 

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

Cold in July, un film de Jim Mickle

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Cold in July, un film de Jim Mickle

Date de Sortie : 31 décembre 2014

Durée : 1h49

Avec :  Michael C. Hall, Sam Shepard, Don Johnson

 

Synopsis du film :

1989. Texas. Par une douce nuit, Richard Dane abat un homme qui vient de pénétrer dans sa maison. Alors qu’il est considéré comme un héros par les habitants de sa petite ville, il est malgré lui entraîné dans un monde de corruption et de violence.

Véritable choc à la dernière Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes, Cold in July du réalisateur Jim Mickle (Stake Land, Mulberry Street, We are what we are) va sans doute faire autant de bruit lors de sa sortie en salle. Au casting on y retrouve Michael C. Hall, arborant ici une coupe de cheveux « mulet » et une moustache, et qui a rejoint la production de Cold in July juste après avoir clôt la série Dexter sûr une dernière saison et surtout un ultime épisode en demi-teinte. Il s’avère que sa première incursion pour le cinéma est ici aussi convaincante que celle pour la télévision. Deux grands acteurs lui donne ici la réplique pour former un trio à la poésie un peu décalé et surréaliste : Sam Shepard et Don Johnson, le premier est excellent dans le rôle d’un repris de justice qui apparaît d’abords comme une figure de croquemitaine digne d’un film d’horreur, avant de se muer en celle d’un père désabusé à la recherche d’un fils qui s’est égaré sur le chemin de la perversion et du crime. Le second est fabuleux dans le rôle d’un privé texan à l’œil qui frise devant les jolies filles et aux répliques à l’humour cinglant. L’acteur de la série Miami Vice et de Hot Spot (1990), avec lequel Cold in July entretien une filiation, apporte un second souffle à une seconde partie pleine de surprises, à l’image de ce thriller singulier qui passe d’un genre à l’autre, du policier à la comédie et même au gore à l’ambiance poisseuse, ce qui était déjà le cas du roman noir Juillet de sang de Joe R. Lansdale dont le film est tiré. Cold in July, un film qui est donc à réserver à un public plutôt averti.

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Cold in July

Le tout est illustré par une réalisation nerveuse, baignant presque constamment dans une ambiance nocturne et « bleutée », appuyé par un montage et un filmage rigoureux, montrant que le cinéma américain reste un des meilleurs du monde. Sorte d’hommage aux séries b d’action masculines des années 80, ce que souligne l’excellente bande originale composée par Jeff Grace aux accords electro lancinants et lourds de tension palpable inspirée par les musiques de John Carpenter, Cold in July s’avère un formidable western moderne et sans concession, comme on en voit de plus en plus en DTV et rarement au cinéma.

Bande annonce du film Cold in July :

La Meilleure BD 2014 est….


Meilleure BD 2014

La meilleure BD 2014 est….

Voici notre sélection des meilleures BD de l’année 2014. Un top 15 très serré, qui réunit toutes les pépites du neuvième art parues ces douze derniers mois. Des titres de séries incontournables mais aussi de très belles surprises. Allez-vous deviner quelle est la meilleure BD 2014 ? De quoi donner de belles idées à ceux qui ont été gâtés par le Père Noël en étrennes ! Pour lire les chroniques des albums sélectionnés dans ce top BD 2014, cliquez sur les images.

Et pour vous, quelle est la meilleure BD 2014 ?

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A Most Violent Year, un film de J.C. Chandor

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A Most Violent Year

Date de Sortie : 31 décembre 2014

Durée : 2h05

Avec :  Oscar Isaac, Jessica Chastain, Albert Brooks

 

Synopsis du film :

New York – 1981. L’année la plus violente qu’ait connu la ville. Le destin d’un immigré qui tente de se faire une place dans le business du pétrole. Son ambition se heurte à la corruption, la violence galopante et à la dépravation de l’époque qui menacent de détruire tout ce que lui et sa famille ont construit.

 

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A Most Violent Year

 A Most Violent Year, troisième long métrage de fiction de J.C. Chandor, cinéaste de 39 ans ayant signé deux films remarqués qui sont Margin Call (2011) avec Kevin Spacey et All is Lost (2013) avec Robert Redford, A Most Violent Year raconte les déboires d’un magnat du pétrole d’origine juif dans le New York des années 80, qui tente de préserver l’édifice qu’il a construit et ne pas céder à la loi du talion, après des actes de violence envers ses employés mené par une organisation criminelle invisible.

 

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A Most Violent Year

L’intrigue se suit comme une enquête de police, au suspens tendu et constant, en même temps que le personnage recherche les coupables qui s’en prennent aux chauffeurs de son entreprise. A Most Violent Year est aussi et surtout le portrait d’un entrepreneur en quête de prospérité, et magnifiquement incarné par Oscar Isaac, acteur repéré en 2011 pour son rôle de mari jaloux dans Drive de Nicolas Winding Refn, avant de confirmer son talent deux ans plus tard dans la peau d’un musicien de folk raté dans Inside Llewyn Davis de Joel et Ethan Coen. Le comédien est parfait en patron gangster et parvient à évoquer par son charisme des acteurs comme Al Pacino dans Scarface de Brian de Palma ou Robert De Niro dans la saga Le Parrain de Francis Ford Coppola. A ses côtés, Jessica Chastain est également parfaite en épouse fusionnelle qui le pousse à une violence qu’il tente de contrôler et réfuter, voir à ce titre une séquence nocturne et glaçante qui convoque l’accident d’un cerf sur une route. Le couple qu’ils forment à l’écran fonctionne autant que celui formé par Nicolas Cage et Laurent Dern de Sailor et Lula (1990) de David Lynch ou de Warren Beatty et Faye Dunaway dans le Bonnie and Clyde (1967) de Arthur Penn.

 

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A Most Violent Year

Mais si le casting de A Most Violent Year est un des atouts principaux de A Most Violent Year, il en va tout autant du scénario et de la réalisation. En effet le style de J.C Chandor évoque fortement celui de Sidney Lumet (Le Prince de New York, Serpico) mais aussi et surtout celui de William Friedkin, notamment pour French Connection (1971) et Police Fédérale Los Angeles (1985), le cinéaste propose même deux séquences en forme d’hommage à ces œuvres majeures du cinéma policier. D’abord une fusillade sur une voie à grande circulation, courte mais terriblement efficace, puis une poursuite haletante s’achevant dans une trame de métro, un moment de tension extrême où entre en jeu un conflit se jouant des luttes internes et de la morale du personnage.

 

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A Most Violent Year

Pour terminer, la superbe partition musicale signée Alex Ebert apporte une intensité dramatique et une ambiance très cinéma américain des « années 80 » à ce drame puissant, assez classique sur la forme et le fond, mais non moins percutant. A Most Violent Year se présente déjà comme un des meilleurs films de l’année.

 

Le Misanthrope de Molière, mise en scène de Clément Hervieu-Léger, à Paris

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La troupe de la Comédie-Française
Salle Richelieu,2 rue Richelieu – Paris 1er
Du 24 au 30 décembre 2014.: 20h30 (mar.), 14h (vend.)
Du 31 décembre au 6 janvier 2015 20h30 (jeu., sam.)

« Le Misanthrope » mis en scène par Clément Hervieu-Léger à la Comédie-Française fait entendre la résonnance noire de la pièce qu’il relie à la déception de Molière, victime de la trahison de son grand ami Racine, qui lui préféra l’Hôtel de Bourgogne pour sa tragédie Alexandre le Grand.  Elle imprime la personnalité d’Alceste dominée par la mélancolie, la dépression le dotant d’un tempérament sombre et pessimiste, peu enclin aux compromis.

[pull_quote_center]A l’abri d’un déplacement judicieux et ample, la mise en scène de Clément Hervieu-Léger se réapproprie le texte pour l’inscrire dans un espace temps intemporel où le discours sur la raison et la passion n’en a pas fini de consumer les âmes[/pull_quote_center]

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Cette nouvelle version transposée de nos jours pose un regard neuf et cinématographique sur cette œuvre du répertoire porté par un mouvement des corps à l’unisson. Alceste souffre de l’hypocrisie du monde et de l’époque dans lesquels il vit. Il est pourtant fou amoureux de Célimène, une mondaine habitée par cet art de plaire qui voit défiler dans son salon des courtisans avides et calculateurs dont il n’a que mépris.

La conversation et l’appartenance sociale avec ces signes de reconnaissance sont les éléments fondateurs de ce microcosme. Entre soi, on se croise, on échange et on tente de répondre à la question qui est sur toutes les lèvres : Célimène est-elle sincère dans son amour ?. Avec ses enjeux, son interaction entre les protagonistes, sa fluctuation à travers la posture morale d’Alceste qui se confronte à l’appel contradictoire de son désir et sa circulation, la parole est au centre du dispositif.

Elle prend pour cadre le salon d’un bel hôtel particulier (scénographie d’Eric Ruf) desservi par trois escaliers intérieurs qui reprend vie après une période de deuil de la jeune maîtresse des lieux (Célimène) où les joutes verbales, les faux-semblants, les confidences interagissent avec force et fluidité.

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Les discussions mettent à l’épreuve la sincérité d’Alceste qui erre, telle une âme en peine écrasée et torturée par le poids de ses contradictions, désarmé face aux déceptions de la vie, faisant preuve de réactions contradictoires et inconsidérées, empruntes d’emportements suivis de périodes d’atonie et de faiblesse.

[pull_quote_left]Cette nouvelle version transposée de nos jours pose un regard neuf et cinématographique sur cette œuvre du répertoire porté par un mouvement des corps à l’unisson.[/pull_quote_left]

Mais capable aussi d’exaltation dans les sentiments amoureux qu’il éprouve pour Célimène, refusant dans sa critique du monde une société du paraître, de la dissimulation et dans laquelle la médisance s’avère un art à part entière. Avant que la solitude n’emporte le cœurs de chacun des amants vers leur exil respectif dans une scène finale saisissante.

La troupe du Français se montre parfaite. Dans le rôle titre Loïc Corbery incarne avec un désespoir ardent et jusqu’au-boutiste cet « atrabilaire amoureux » tandis que Célimène (Georgia Scalliet) est à la fois pétillante et fragile dans sa quête héroïque de liberté. Quant à Eric Ruf qui interprète Philinte, l’ami pacificateur, il offre un jeu d’une grande maîtrise.

A l’abri d’un déplacement judicieux et ample, la mise en scène de Clément Hervieu-Léger se réapproprie le texte pour l’inscrire dans un espace temps intemporel où le discours sur la raison et la passion n’en a pas fini de consumer les âmes…

Pour Noël, les Voca People enflamment la Gare du Nord

Les Voca People, ce sont ces hommes en blancs dont vous avez certainement déjà entendu les impressionnantes vocalises… ! Pour célébrer les fêtes Parisiennes, ils ont animé la Gare du Nord de chants de Noël, attisant les sourires des voyageurs. Allez, on vous laisse regarder…

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=knMKjuxpTPU]

 

 

Charlie Winston, le titre Wilderness à découvrir !

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nouveau album Curio City
Sortie le 26/01 chez Atmosphériques

Le nouvel album de Charlie Winston s’appelle Curio City et sort le 26 janvier 2015. Curio City est sans aucun doute l’album de Charlie Winston le plus personnel et abouti à ce jour à l’instar du premier single Lately aux accents électro inédits. Aujourd’hui, Charlie Winston nous fait découvrir un deuxième titre de l’album Curio City : Wilderness qui risque fort de vous hypnotiser.

Charlie Winston, l’artiste britannique découvert en 2009, aura passé deux ans à écrire Curio City, son troisième album. Installé à Londres, dans son home studio, il s’est lancé tout seul dans sa production, jouant lui-même de tous les instruments (à l’exception de la batterie) et faisant en sorte que ce nouvel album ressemble à l’homme qu’il est devenu. « Je voulais mettre plus de moi dans mes chansons, m’éloigner du personnage de Charlie Winston. Je me suis posé beaucoup de questions sur moi en tant qu’artiste, sur ce que je voulais représenter, là où je voulais aller… être le plus honnête possible. J’ai appris à canaliser mon énergie pour explorer une autre facette de moi-même. L’idée était d’aller ailleurs sans rien renier et le challenge de laisser parler la musique. »

Le dandy à chapeau et incroyable showman, qui a attiré l’attention de Peter Gabriel à ses débuts puis du milieu de la mode (Jean-Paul Gaultier, Trussardi, Jean-Paul Goude), a laissé tomber le costume pour parler de son temps, des relations complexes, de la vie dans une grande ville ainsi que de son évolution, personnelle comme artistique. Avec près de 700 000 exemplaires vendus de ces deux premiers albums Hobo et Running Still, le Britannique n’avait plus grand-chose à prouver au public. C’est à lui-même qu’il a eu envie de prouver des choses avec ce nouvel album.

Pari réussi pour Curio City, l’album de Charlie Winston le plus personnel, efficace et abouti à ce jour. Ce disque représente ce que Charlie Winston est aujourd’hui, un artiste curieux et averti, fort de l’expérience acquise avec les années passées sur la route, qui pendant l’enregistrement s’est nourri de musiques comme alt-J (écouté en boucle pendant un road trip de quatre mois à travers l’Angleterre), Thom Yorke, Lorde, Chet Faker et aussi de beaucoup de musiques électroniques (Daft Punk, Aphex Twin, Autechre, Nils Frahm, Jon Hopkins).

En deux ans, Charlie Winston a donc réussi à redéfinir son son. Gageure absolue pour tout artiste. Et comme il le chante sur Lately, le premier single addictif aux consonances analogiques, « This could be another soundtrack to your life »… La nouvelle bande-son de nos vies d’aujourd’hui donc… Acceptons-en l’augure.

Retrouvez CHARLIE WINSTON en tournée :
19/03/15 – ROUEN – Le 106
20/03/15 – BORDEAUX – Krakatoa
21/03/15 – NANTES – Stereolux
23/03/15 – LILLE – Théâtre Sebastopol
24/03/15 – REIMS – La Cartonnerie
25/03/15 – STRASBOURG – La Laiterie
31/03/15 – PARIS – La Cigale
01/04/15 – PARIS – La Cigale
03/04/15 – LYON – Le Transbordeur
04/04/15 – NIMES – Paloma

La Famille Bélier, un film d’Eric Lartiguau

La famille bélier

 

La Famille Bélier

La Famille Bélier est LE cadeau de Noël à voir en famille.

Ce film va plaire à tout le monde : les enfants dès l’âge de 12 ans (je ne le conseille pas avant !) jusqu’à 99 ans ! Tout est réuni pour plaire à tout le monde : beaucoup d’humour, beaucoup d’amour et beaucoup de vérités toutes simples.

Des valeurs fondamentales comme la famille, l’amitié, l’amour, et bien sûr l’écoute de l’autre même dans un monde de sourds.

Date de Sortie : 17 décembre 2014

Durée : 1h45

Avec :  Louane Emera, Eric Elmosnino, Karin Viard et François Damiens, Lucas Gelberg

Synopsis du film :

Dans La Famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, 16 ans. Elle est une interprète indispensable à ses parents au quotidien, notamment pour l’exploitation de la ferme familiale. Un jour, poussée par son professeur de musique qui lui a découvert un don pour le chant, elle décide de préparer le concours de Radio France. Un choix de vie qui signifierait pour elle l’éloignement de sa famille et un passage inévitable à l’âge adulte.

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La Famille Bélier

Dans le film La Famille Bélier le réalisateur, Eric Lartiguau, a su jouer adroitement sur la corde sensible des spectateurs, sans mélo, mais avec beaucoup d’humanité, en centrant son film sur les ados. Et bien sûr, l’adolescence parle à tout le monde.

Un très beau film où l’on ressent les sentiments de chacun. La famille Bélier est composée  d’un couple d’agriculteurs, avec un garçon et une fille, tous sourds et muets sauf Paula, interprétée par Louane Emera (ancienne candidate de l’émission The Voice). Paula sert souvent d’interprète à ses parents. Un beau jour, son professeur de chant, l’excellent Eric Elmosnino, la remarque et la sélectionne pour la préparer au concours de la Maîtrise de Radio France. Mais si elle réussit cela voudrait dire qu’elle quitterait ses parents pour aller faire son école à Paris. Enorme dilemme pour elle.

Seul le frère de Paula est un acteur réellement malentendant, interprété par Lucas Gelberg. En plus, son rôle est complètement minime. Pourquoi donc ?

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 La Famille Bélier

Karin Viard et François Damiens sont extraordinaires, mais on peut toutefois regretter que ce ne soit pas des vrais acteurs malentendants qui aient eu le rôle. Même si les acteurs ont essayé d’apprendre la langue des signes, ils gesticulent sans doute beaucoup ! Il paraît que les sourds ne comprennent pas vraiment les signes dans le film… Très dommage…

Mais sinon, les grand sujets de l’adolescence sont survolés mais avec justesse. On s’y retrouve complètement ! Quant au prof de musique, il est absolument extra : un fan de Sardou, et un prof bien cynique avec ses élèves adolescents ! Une belle chorale, de belles chansons qui parlent à tout le monde…

Bref, ce n’est pas un film d’auteur, mais c’est un film qui fait du bien ! L’émotion est présente. Je pense que personne ne peut rester insensible à la scène du film où le son est quasi coupé pour ne laisser que le son qu’entendent les sourds. Et ce, durant de longues secondes. Un monde sous-marin…

On peut juste regretter le fait que les parents passent un peu pour des parents obsédés par leur sexualité… et comme incapables de se débrouiller seuls, sans leur fille… Pas sûr que ça plaise aux personnes sourdes qui se débrouillent remarquablement bien dans la vie ! Ce n’est pas parce qu’on est malentendant, qu’on est bête ! Loin de là un tel cliché !

A ce propos, je vous conseille de lire le livre de Véronique Poulain, elle-même entendante avec des parents sourds : Les mots qu’on ne me dit pas. Livre remarquable où l’on se rend beaucoup mieux compte de la difficulté à avoir des parents malentendants alors qu’on est soi-même entendant… Les malentendants font énormément de bruit … sans s’en rendre compte ! Très difficile à supporter.

 La Famille Bélier, un film tendre et empli d’amour qui va recevoir un bon accueil et qui ne peut que nous séduire…

Bande annonce du film : La Famille Bélier

Torobaka, créé et interprété par Akram Khan & Israel Galván, à Paris

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Théâtre de la Ville du 16 décembre au 5 janvier 2015

Torobaka, c’est la rencontre choc de deux danseurs d’exception, l’espagnol Israel Galván et l’anglais d’origine bangladaise Akram Akhan, qui, en confrontant leurs racines dans un duel ardent, nous offre une joute chorégraphique intense.

Le premier puise dans son enracinement au flamenco dont il transcende la fureur par une réappropriation des codes, tandis que le second, figure de la scène contemporaine qu’il a partagé avec Sylvie Guillem ou Juliette Binoche mais formé à la discipline du kathak, se remémore cette danse séculaire nord-indienne emplie de sagesse et d’intériorité.

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Torobaka © Jean Louis Fernandez

Dans une arène que les lumières de Stéphane Déjours habillent, chacun y va de sa passe d’armes et d’approche.

Où la mémoire des corps, acérée d’un coté et arrondie de l’autre, se cherche, se toise, s’influence et s’associe à la puissance vocale de cinq musiciens, percussionnistes ou chanteurs de polyphonies espagnoles, basques ou italiennes, dont le chant incantatoire, atemporel, imprime le métissage.

Tantôt en duo, tantôt en solo, les deux hommes initient dans un geste sûr la pulsation et le rythme, l’ancrage organique de leur langage commun où les liaisons entre les deux écritures se font jour : frappes au sol, mouvements circulaires des bras, interaction essentielle et directe avec la musique.

Un voyage initiatique de l’Inde à l’Andalousie où le chemin des sources originelles est celui qui ouvre les voies du renouveau…

iranien, un film documentaire de Mehran Tamadon

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Ce film, iranien, est un documentaire sur la vie en Iran. Aujourd’hui.

Le réalisateur Mehran Tamadon, qui vit habituellement en France, réunit sous le même toit, en Iran, quatre mollahs et lui-même qui est complètement athée. Et son objectif est de trouver des concessions pour bien vivre ensemble durant deux jours et une nuit, sous le même toit, en Iran, et partager un espace commun laïc, neutre. Comment « vivre ensemble » ?

Analyse fine de la République islamique face à la laïcité.

Date de sortie : 3 décembre 2014

Durée : 1h45

Avec : Mehran Tamadon

Synopsis du film :

Iranien athée, le réalisateur Mehran Tamadon a réussi à convaincre quatre mollahs, partisans de la République Islamique d’Iran, de venir habiter et discuter avec lui pendant deux jours. Dans ce huis clos, les débats se mêlent à la vie quotidienne pour faire émerger sans cesse cette question : comment vivre ensemble lorsque l’appréhension du monde des uns et des autres est si opposée ?

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« Je suis iranien et athée. Mais je n’ai pas de place en Iran. Pourquoi ? » Voilà la question fondamentale que pose le réalisateur, également acteur, Mehran Tamadon, aux quatre mollahs qui ont bien voulu participer à ce film, iranien, en tachant d’y répondre avec le plus de sincérité possible.

Les mollahs sont venus avec leur famille. On ne fera qu’entrapercevoir une femme, les autres se cachent. Mais les enfants circulent facilement devant la caméra. Les femmes seront les grandes absentes du débat et beaucoup de discussions porteront sur elles…

Les arguments des uns et des autres s’enchaînent, souvent avec beaucoup d’humour. Chacun garde ses positions, et aucune souplesse n’est à attendre des mollahs. Tamadon, lui, garde patience et s’évertue à expliquer ce qu’est un endroit laïc, sans aucun succès. Mais il est écouté. Et respecté, de même qu’il écoute ses interlocuteurs et les respectent. Il va même jusqu’à faire la prière avec eux alors qu’il est athée.

Beaucoup de sujets capitaux de société sont abordés, avec patience de la part du réalisateur qui a usé de tactiques différentes pour faire passer son message de façon ludique, photos, jeux, dessins…

Beaucoup d’échanges verbaux, et beaucoup d’humanité ressort de ce film, grâce à l’excellente réalisation de ce film, Iranien.

Finalement, on en ressort épuisé, fatigué et voire même quelque peu dépressif. On se rend compte à quel point, toute tolérance est impossible de leur part. Ils ont raison et les autres, les athées sont impies, quoiqu’ils disent ou fassent.

Pas d’agressivité, beaucoup de bonne volonté de la part du réalisateur, mais au final, guère de résultats!

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iranien

 

Mais pour le réalisateur le fait d’avoir réussi à faire son film était déjà une réussite en soi. Sans la participation de ces mollahs, pas de film possible. Or, il a eu un mal fou à trouver quatre personnes qui acceptent d’être filmées. Et tous sont restés jusqu’au bout. Pas de clash. Pas d’insulte, pas de porte qui claque…

Quant au spectateur, il a fortement envie de soutenir Tamadon et de ruer dans les brancards. Il a bien du mal, en tout cas, à garder son calme et son silence ! Peut-être ne serait-il pas aussi tolérant que ça !

Tamadon, à la suite de la réalisation de ce film, a été « séquestré «  en Iran, sans pouvoir rejoindre sa famille en France. Il a récupéré ses passeports au bout d’un long mois et il est aujourd’hui interdit de séjour en Iran où réside sa mère. C’est un film qui lui coûte cher.

iranien : très belle leçon de vie, très belle leçon de philosophie. Le pouvoir de l’homme réside dans le pouvoir des mots…

A voir et à méditer…

Bande annonce iranien :

Résultats concours : Chico, 5CD gagnés !

A l’ occasion de la sortie de leur nouvel album,  Publik’Art vous a offert la chance de gagner :

 

5 albums Chico & The Gypsies & International Friends

 

Vous avez été 3 779 joueurs à participer ! Bravo à tous et merci de cette excellente participation !

Les cinq heureux gagnants sont :

Frédéric Gregory, Jocelyne Claudin, Emile Voiron-Levy, Rodolphe Perrenoud et Elodie Girot.

Notre partenaire vous enverra votre album très prochainement et d’avance nous les ne remercions vivement.Très bonne écoute à tous !

Résultats concours : la Famille Bélier, 10 places de ciné gagnées.

Sortie le 17 décembre 2013

A l’occasion de la sortie du film  La Famille Bélier, Publik’Art, en collaboration avec  Mars films, vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film : La Famille Bélier

 

Vous avez été 2 943 joueurs à participer ! Bravo à tous et merci de votre excellente participation !

 

Les cinq heureux gagnants sont :

 

Sergio Ruano, Paul Labrosse, Christiane Plaquet, Jessica Martin et Floriane Pereira.

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement !

Très bon film à tous !

« Sils Maria » d’Olivier Assayas lauréat du prix Louis Delluc 2014

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Sortie le 20 août 2014

Le cinéaste Olivier Assayas vient de remporter le prix Louis Delluc 2014 pour son film « Sils Maria » pour lequel nous republions notre critique.

Présenté au dernier festival de Cannes, le dernier film d’Olivier Assayas nous entraine dans un jeu de miroirs où s’interroge à travers le métier d’actrice la frontière poreuse entre la fiction et la réalité, le temps qui passe et son emprise : brillant.

[pull_quote_center]Une écriture puissante et singulière qui s’apparente à l’univers de Bergman ou Fassbinder[/pull_quote_center]

Comédienne, Maria Enders (Juliette Binoche) a connu le succès à 18 ans grâce à une pièce jouée vingt ans plus tôt dans laquelle elle incarnait Sigrid, une jeune fille séductrice et ambitieuse qui poussait au suicide Helena, une chef d’entreprise plus âgée. Vingt ans plus tard, on lui propose de reprendre cette pièce, mais dans le rôle, cette fois moins glorieux, d’Helena. Celui de sa partenaire étant dévolu à une jeune actrice américaine (Chloé Grace Moretz) très en vue et abonnée aux blockbusters insipides.

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Accompagnée de son assistante, Valentine (Kristen Stewart), Maria rejoint la maison du dramaturge décédé quelques semaines plus tôt pour répéter dans le petit village montagneux situé en Suisse alémanique. Entre séances de travail et ballades dans les montagnes, où Nietzche aimait aussi séjourner révélant dans le relief grandiose un couloir de brume qui dessine la forme d’un serpent fuyant…, se scrute la métamorphose d’une femme/actrice confrontée à sa mue pour aborder et jouer son nouveau personnage.

C’est tout ce cheminement personnel, complexe où les sentiments se confondent entre le jeu et la vie ainsi que cet espace temps rattrapé par l’hyperconnexion au net, la surexpostion et la peopolisation que filment le cinéaste à travers une narration inattendue et en hommage au théâtre.

Juliette Binoche est fascinante dans ce basculement de l’héroïne passant de la première à la deuxième place tandis que Kristen Stewart se révèle d’une intensité troublante. Quant à la jeune Chloë Grace Moretz, elle est d’un naturel convaincant.

Une écriture puissante et singulière qui s’apparente à l’univers de Bergman ou Fassbinder.

Hedge Fund, tome 2 : une BD de Tristan Roulot, Philippe Sabbah et Patrick Hénaff (Le Lombard)

Hedge Fund

Hedge Fund, tome 2 : Actifs toxiques

Hedge Fund est un thriller financier signé d’un scénario de Tristan Roulot (Goblin’s, Le testament du capitaine Crown) et Philippe Sabbah (financier, Président de Robeco Gestions Paris, leader hollandais de la gestion d’actif). Un récit (trop) réaliste illustré par le dessin de Patrick Hénaff (Street PokerLe testament du capitaine Crown).

Date de parution : le 24 octobre 2014
Auteurs : Tristan Roulot, Philippe Sabbah (scénario), Patrick Hénaff (dessin) Jean-Noël Le Moal et Julie Poupart (couleurs)
Editions : Le Lombard
Prix : 12 € (56pages)

Résumé de l’éditeur :

Rien ne semble pouvoir arrêter l’ascension de Franck Carvale. A la tête du fond d’investissement le plus performant de Wall Street, il est presque contraint de refuser les nouveaux clients. Bilkaer, son mystérieux mentor, donne un dernier conseil à son protégé. Franck doit investir massivement dans un produit incroyablement prometteur : les subprimes…

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Le point sur l’album :

Le second tome de Hedge Fund voit l’ascension fulgurante de Franck Carvale se poursuivre. Une ascension vers le luxe, l’argent, le pouvoir. Mais évidemment, lorsque les subprimes viennent se mêler à l’édifice, celui-ci peut se révéler beaucoup plus fragile qu’il n’y paraît. Le scénario monte d’un cran en tension, en nous offrant les coulisses glacials de la crise financière internationale. Cela aurait pu profiter au rythme du récit s’il n’avait pas été coupé par de multiples explications et développements satellitaires sur la finance. Une narration morcelée qui ralentit nettement la lecture et l’intérêt suscité par l’histoire. Un écueil que n’ont pas sur contourner les auteurs d’Hedge Fund. 

Le dessin réaliste de Patrick Hénaff est par ailleurs exécuté d’un trait fin, très habile pour illustrer des personnages dans tous leurs états, notamment quand il s’agit de mener des pourparlers. On regrette néanmoins des décors assez pauvres, qui manquent d’envergure tant dans les cadrages que dans les détails qu’ils ont à offrir.

En résumé, Hedge Fund est un sujet en or qui n’est malheureusement pas exploré à sa juste mesure. Peut-être la série saura-t-elle rebondir dans le prochain album ?

Résultats concours : Benoît Brisefer, 10 places de ciné gagnées.

Sortie le 17 décembre 2014

A l’occasion de la sortie du film Benoît Brisefer – Les taxis rouges, Publik’Art vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film : Benoît Brisefer – Les taxis rouges

 

Vous avez été 3 119 joueurs à participer ! Bravo à tous et merci de cette excellente participation !

 

Les cinq heureux gagnants sont :

Sébastien Faye, Alain Marzona, Guillaume Terrasson, Floriane de Brito et Angélique Campos.

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

Timbuktu, un film de Abderrahmane Sissako

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Timbuktu

Le film,Timbuktu, de Abderrahmane Sissako n’a pas été tourné à Tombouctou, pour des raisons de sécurité, mais en Mauritanie, sous très haute sécurité. C’est un film d’actualité, hélas, qui nous renvoie des images très dures, voire insupportables. Mais c’est aussi un cri de révolte lancé à la face du Monde par l’excellent  réalisateur.

Date de sortie : 10 décembre 2014

Durée : 1h37

Synopsis du film Timbuktu :

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane  mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans.
En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques.
Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s’en est pris à GPS, sa vache préférée.
Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…

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Timbuktu

Timbuktu avait concouru au Festival de Cannes 2014 mais était reparti bredouille. Cela peut paraître invraisemblable tellement ce film est un cri de vérité, un cri de rage, un cri de révolte contre les djihadistes.

Le film de Abderrahmane Sissako n’a pas été tourné à Tombouctou, pour des raisons de sécurité, mais en Mauritanie, sous très haute sécurité. On y découvre des paysages d’une incroyable beauté alors que les habitants vivent traqués, comme des bêtes, la peur au ventre. A moins de passer pour une folle, une sorte de sorcière avec un coq sur l’épaule, peu d’habitants osent affronter le regard des djihadistes, regard au risque mortel. Sauf certaines femmes qui ont le courage de les affronter droit dans les yeux… Au péril de leur vie.

Le film Timbuktu met l’accent sur la prise de pouvoir absurde des djihadistes, dans un village perdu dans le désert. Pas de musique, pas de cigarette, des voiles, des gants et des chaussettes pour les femmes… Tout y est interdit. La bêtise du sentiment de toute-puissance, accompagné de violences extrêmes.

La barbarie. Au nom d’Allah ! Mais ils croient tous en Allah ! Le film montre bien cette religion aux deux visages : celui de l’amour et celui de la haine. Toujours au nom d’Allah ! L’absurdité. On n’apprend rien sur le djihad, mais on voit leurs actes barbares.

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Timbuktu

On peut regretter la fin du film qui met l’accent sur la violence de Kidane. Un accident stupide se produit, une mort involontaire et un procès vite bâclé. Mais bien évidemment cet homme n’est pas djihadiste. Les djihadistes, eux, ont tous les droits…

Aucune récompense à Cannes mais heureusement ce film vient d’être sélectionné pour les Oscars 2015 dans la catégorie « Meilleur film en langue étrangère ». C’est déjà une très belle victoire.

Toujours est-il que le réalisateur n’a pas eu peur de dévoiler ce que vivent les locaux sur place, à Tombouctou, tous otages des djihadistes. Au Monde entier. Pour stopper l’indifférence générale qui règne à ce jour.

De nombreuses scènes vont rester gravées dans nos mémoires, comme elles ont hanté Abderrahmane Sissako de nombreuses années. Il a effectivement été témoin de la mort d’un jeune couple lapidé, au Mali, en 2012. Sans rien pouvoir faire. Et sans aucune réaction au niveau des médias. Et c’est ce cri de révolte qu’il nous insuffle aujourd’hui !

Film, hélas, d’actualité, film très dur avec des images volontairement choquantes.

Timbuktu est un film à voir, assurément.

Bande annonce du film Timbuktu

Ghosted, tome 2 : une BD de Joshua Williamson et Davide Gianfelice (Delcourt)

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Ghosted, tome 2 : Esprits au piège

Ghosted est un comics fantastique écrit par Joshua Williamson, scénariste ayant déjà participé à de nombreuses séries US (Superman / Batman, Justice League, Incredible Hulk) et auteur de Nailbiter, Captain Midnight ou encore Brightright. Illustré par Davide Gianfelice (qui lui a travaillé sur des séries telles que Daredevil, Northlanders, Wolverine), Ghosted raconte les aventures de Jackson Winters, un hors la loi devenu spécialiste dans la chasse aux fantômes….

Date de parution : le 19 novembre 2014
Auteurs : Joshua Williamson (scénario), Davide Gianfelice (dessin) Miroslav Mrva (Couleurs)
Editions : Delcourt
Prix : 14,95 € (128 pages)

Résumé de l’éditeur :

Après avoir bouclé son dernier boulot, Jackson Winters est enfin un homme libre. Mais c’est compter sans les fantômes de son passé. Quand la rumeur de son retour se propage, ils sont nombreux à vouloir profiter de ses capacités. Jackson va devoir faire des affaires avec les mauvaises personnes… et affronter quelques fantômes ! Entre Ocean’s Eleven et The Shining, un comics qui marquera les esprits !

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Le point sur l’album :

Ce second tome de Ghosted regroupe les épisodes 6 à 10 parus outre-atlantique. Jackson Winters se remet à peine de sa dernière mission, grâce à laquelle il a pu se mettre à l’abri du besoin sur une île loin de tout… Mais pas assez loin pour être rattrapé par son passé. Les propriétaires du casino que Jackson Winters a braqué quelques années auparavant vont en effet le retrouver pour lui demander de l’aide : retrouver une jeune fille possédée, kidnappée par une secte mystérieuse. Le scénario de Joshua Williamson prend ainsi des allures d’enquête policière, toujours ponctuée par des apparitions fantomatiques (et pas que), où notre héros fait souvent des rencontres malheureuses qui vont lui compliquer la tâche. Surtout lorsque de vieilles connaissances viennent hanter son esprit. Plutôt bien rythmé, le récit est divertissant et suit une construction logique, en liant les évènements passés à l’intrigue de l’épisode.

Le dessin de Davide Gianfelice est pour sa part bien travaillé, dans le style traditionnel des comics. Son trait est appuyé et anguleux, plein d’aspérités qui donnent un certain caractère à ses personnages. La coloration vive de Miroslav Mrva vient en outre dynamiser l’ensemble avec réussite.

Ghosted est un comics sympathique, qui, sans faire d’étincelles, fait passer un bon moment de lecture.

A LIRE