Accueil Blog Page 287

Il re pastore au Châtelet, à Paris

Affiche-RePastore

Théâtre du Châtelet du 22 janvier au 1er février
En italien surtitré, 2h avec entracte

Après les rares Fées de Wagner, Orlando paladino de Haydn, La Pietra del paragone de Rossini ou encore Les Paladins de Rameau, le Châtelet met à nouveau à l’honneur une œuvre peu jouée : Le Roi pasteur de Mozart.
Cet opéra seria crée en 1775, la même année que La Fausse jardinière, contient déjà des inventions et des variétés formelles et mélodiques qui marquent les compositions du génie de Salzbourg. Mozart traite la voix comme un véritable instrument soliste. Dans ce petit chef d’œuvre de jeunesse il la fait ainsi dialoguer avec la flûte (Se vincendo vi rendo felici) ou avec le violon dans le rondo L’amero saro costante d’Aminta (souvent chanté en récital).
Faisant à nouveau équipe avec le chef Jean-Christophe Spinosi (à la baguette de son Ensemble Matheus) Nicolas Buffe revient sur la scène du Châtelet, deux ans après avoir crée un choc des cultures réjouissant; l’Arioste, Haydn et le classicisme versus les mangas, les jeux vidéo et Star Wars !. Il transpose l’action pastorale de l’opéra dans un futur intergalactique inspiré des séries des années 80 (de X-Or à Ulysse 31), des comics (les Kree), Star Wars, Evangelion… Les décors en 3D sont intégrés dans un moteur de jeu vidéo créant ainsi des scènes cinématiques.

Les derniers argonautes, tome 2 : une BD de Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand et Nicolas Ryser (Glénat)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50les derniers argonautes

Les derniers argonautes, tome 2

Scénarisée par le duo qui nous régale avec Les Quatre de Baker Street, Les derniers argonautes est une saga inspirée de la mythologie grecque dont le deuxième album vient de paraître. Jean-Blaise Djian (Private Liberty, Le Grand Mort, Prospero, Les Yeux d’Edith) et Olivier Legrand (Prospero…) s’emparent d’un récit épique illustré par Nicolas Ryser (Hariti, Les Yeux d’Edith).

Date de sortie : 14 janvier 2015
Auteur : Jean Blaise Djian, Olivier Legrand (scénario) et Nicolas Ryser (dessin)
Editions : Glénat
Prix : 13,90 € (48 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Quel prix à payer pour mettre fin au silence des dieux ? Le groupe de héros menés par Jason a finalement remis la main sur l’Argo : navire mythique qui leur permettra de rejoindre l’Hyperborée. C’est ici que se trouve l’Orbe Monde, censée mettre fin au silence des dieux qui plonge depuis quelque temps la Grèce et tout le monde antique dans la terreur. Mais la traversée de la mer du Destin ne se fera pas sans heurts, les dangers sont légion : tempêtes, harpies, sirènes et même un Minotaure les attendent ! Sans oublier la sorcière Nessia aux pouvoirs redoutables, dont les intentions demeurent troubles… Vont-ils parvenir à embrasser le même destin que les légendaires Argonautes dont ils suivent les traces ?
Les auteurs des Quatre de Baker Street signent une saga d’aventure inspirée de la grande mythologie grecque, dans la lignée du Choc des Titans ou de Jason et les Argonautes. Un récit à la fois épique et poétique, riche en action et en émotion, somptueusement mis en image par le dessin enlevé de Nicolas Ryser.

003 DERNIERS ARGONAUTES T02[BD].indd

Le point sur l’album :

Après un premier album introductif timide en action, l’aventure s’emballe à toute allure dans ce deuxième album. Jason est enfin convaincu qu’il doit mener cette quête périlleuse pour briser le silence des dieux. La première étape va être évidemment de mettre la main sur son navire, l’Argo. Puis l’équipage embarquera sur les eaux, pour aller rejoindre l’Hyperborée. Leur traversée sera rythmée par mille rencontres, parfois mortelles pour certains de nos héros. A un rythme soutenu, nous rencontrons de multiples créatures mythiques, du minotaure aux harpies en passant par les sirènes enchanteresses.

L’histoire débute vraiment avec ce second volet, où le scénario entre dans le vif du sujet : une aventure antique. Les personnages prennent beaucoup plus de reliefs qu’il n’en avaient, grâce à des interactions entre eux qui partent dans tous les sens. Parmi l’équipage, certains s’admirent, d’autres se détestent. Ainsi va le monde. Mais ces rapports sont habilement entretenus au service de l’intrigue. Une écriture fleuve toujours agréable. Si l’on devait formuler un reproche, ce serait la présence de l’artiste poète, qui jusqu’ici a été parfaitement inutile.

Soulignons enfin le dessin original de Nicolas Ryser. Si le trait est fin et soigné, il faudra un petit temps d’acclimatation à la coloration singulière qu’il utilise. On finit par l’apprécier, malgré la présence trop marquée de lumière (on dirait presque qu’un flash surplombe continuellement les planches). Les cadrages sont néanmoins très bons. Associés au découpage des scénaristes, ils rendent les scènes d’action spectaculaires.

Ce deuxième album des derniers argonautes, nettement plus sanglant, fait la démonstration d’un véritable récit d’aventure comme on les aime : une épopée où personne n’est épargné.

Wild, un film de Jean-Marc Vallée

Wild-promo-2

Date de sortie : 14 janvier 2015

Durée : 1h56

Avec : Reese Witherspoon, Laura Dern, Gaby Hoffmann

 

Synopsis du film Wild :

Après plusieurs années d’errance, d’addiction et l’échec de son couple, Cheryl Strayed prend une décision radicale : elle tourne le dos à son passé et, sans aucune expérience, se lance dans un périple en solitaire de 1700 kilomètres, à pied, avec pour seule compagnie le souvenir de sa mère disparue… Cheryl va affronter ses plus grandes peurs, approcher ses limites, frôler la folie et découvrir sa force. Une femme qui essaye de se reconstruire décide de faire une longue randonnée sur la côte ouest des Etats-Unis.

946311-reese-witherspoon-wild

Avant d’être un film du réalisateur canadien Jean-Marc Vallée (Dallas Buyers Club), Wild était d’abord un roman à succès de Cheryl Strayed basé sur sa propre expérience et transposé ici à l’écran par l’écrivain et scénariste Nick Hornby (Haute Fidélité). Wild raconte l’histoire d’une jeune américaine partie seule sur le PCT (Pacific Crest Trail) parcours de randonnée qui s’étend de la frontière mexicaine à la frontière canadienne, plaquant tout derrière elle suite à l’échec de son mariage et d’une suite d’expériences autodestructrices et chaotiques mêlant le sexe et la drogue, mais surtout de la perte d’une mère, jouée par Laura Dern, dont elle était infiniment proche et qui la quitte après un cancer à seulement 45 ans. Le réalisateur Jean-Marc Vallée retrace l’odyssée solitaire de cette jeune femme hors du commun qu’incarne avec talent et implication Reese Witherspoon (Walk the line, Target) également productrice du film qui eu le coup de cœur pour le livre de Cheryl Strayed et a immédiatement désiré porter son adaptation pour le cinéma. L’actrice est totalement habitée par son rôle et livre une performance qui lui vaudra sans doute l’Oscar de la meilleure actrice, tellement elle se donne entièrement dans ce personnage de femme blessée par la vie en pleine reconstruction. Reese Witherspoon porte littéralement le film sur ses épaules comme le lourd sac à dos que transporte son personnage, et qui semble symboliser le poids de son passé et de problèmes dont elle doit peu à peu se décharger afin de pouvoir reconstruire une nouvelle vie.

947917-reese-witherspoon-wild

En même temps qu’un beau film d’aventure se déroulant dans les superbes paysages naturels de l’Oregon, Wild est surtout un voyage introspectif où l’héroïne va s’ouvrir à nouveau au monde par sa rencontre avec la nature dans un premier temps, et les difficultés auxquelles elle va devoir faire face comme le manque de nourriture ou la perte de ses affaires comme une de ses chaussures qu’elle lâche malencontreusement dans un ravin au début du film, puis en reprenant peu à peu contact avec le monde des humains et en retrouvant l’amour par sa rencontre avec Greg (Kevin Rankin), un randonneur expérimenté qui croise sa route. Cheryl Strayed entretient pas mal de similitudes avec Christopher McCandless, l’étudiant américain brillant qui quitte tout pour partir vivre seul dans la nature dans le très beau Into the Wild (2007) de Sean Penn, avec au départ la même naïveté et inexpérience d’une nature belle mais aussi hostile qu’il faut apprendre à apprivoiser, surtout quand on est un citadin. A la différence qu’ici cette nature sera l’objet d’une résurrection pour l’héroïne et non une impasse, un moyen de renouer enfin avec la vie et de prendre conscience que les ressources du bonheur sont en elle seule. La comédienne n’hésite pas à casser son image de belle blonde glamour qu’elle a incarnée autrefois (La revanche d’une blonde) pour celui d’une jeune femme authentique dont la beauté apparaît de façon pure et simple au fur et à mesure que le film avance, et que l’émotion gagne peu à peu le spectateur. Le fil du récit est entrecoupé de nombreux flash back qui permettent de saisir ce qui a conduit Cheryl à entreprendre ce voyage.

895466-wild-photo_hd_1

Après le formidable Dallas Buyers Club en 2013 et qui avait donné l’occasion à Matthew McConaughey de livrer une superbe performance récompensée aux Oscars, Jean-Marc Vallée poursuit son parcours de cinéaste singulier et livre avec Wild un nouveau film très fort et émouvant, sans doute un des coups de cœur au cinéma de l’année 2015.

Bande annonce de Wild

Les nouveaux sauvages, un film de Damian Szifron

120x160-LNS-18-BD

Date de sortie : 14 janvier 2015

Durée : 2h02

Avec : Ricardo Darin, Oscar Martinez, Leonardo Sbaraglia, Erica Rivas, Julieta Sylberberg et Rita Cortese

 

Synopsis du film Les nouveaux sauvages :

L’inégalité, l’injustice et l’exigence auxquelles nous expose le monde où l’on vit provoquent du stress et des dépressions chez beaucoup de gens. Certains craquent. Les Nouveaux sauvages est un film sur eux.
Vulnérables face à une réalité qui soudain change et devient imprévisible, les héros des Nouveaux sauvages franchissent l’étroite frontière qui sépare la civilisation de la barbarie. Une trahison amour, le retour d’un passé refoulé, la violence enfermée dans un détail quotidien, sont autant de prétextes qui les entraînent dans un vertige où ils perdent les pédales et éprouve l’indéniable plaisir du pétage de plomb.

Relatos-salvajes-press-pic-3

Attention comédie déjantée à l’horizon ! Voilà qui fait du bien en ces jours troublés par la gravité d’évènements tragiques dans notre bel hexagone. Les nouveaux sauvages du réalisateur argentin Damian Szifron, auteur de deux séries TV à succès dans son pays et adaptées à l’international (Los simuladores de 2002 à 2003, Hermanos & Detectives en 2006) et de plusieurs longs métrages (El fondo del mar, Tiempo de valientes) ayant pour point commun de s’inscrire dans le registre de la comédie plutôt noire. Avec son nouveau film Les nouveaux sauvages coproduit au sein de El Deseo, la compagnie de Pedro Almodovar et son frère Agustin, le réalisateur ne change pas de ton mais plutôt de genre en proposant un film à sketches dans la tradition de la comédie italienne comme Les Nouveaux Monstres (1977) de Mario Monicelli, Dino Risi et Ettore Scola, bien qu’il revendique son influence plus du côté de Amazing Stories de Steven Spielberg ou New York Stories de Martin Scorsese, Francis F. Coppola et Woody Allen.

Relatos-salvajes-press-pic-1-HD

L’ un des meilleurs segments est celui qui ouvre le film et se passe dans un avion, le film démarre très fort avec un enchaînement de situations à la fois hilarantes et surréalistes, Les nouveaux sauvages imprime immédiatement un ton unique et la drôlerie est assurée avec ce génial premier sketch qui lorgne vers Kafka ou Ionesco. Hélas la suite du film sera un peu moins percutante, bien que l’on retrouve dans d’autres histoires le même humour politiquement correct avec pour fil rouge le pétage de plombs de personnages pris dans l’engrenage à un moment de leur vie où tout va déraper et les plonger près de la barbarie et loin de l’homme civilisé. Symbole de la réalité d’un monde moderne qui fait que l’homme doit faire face de plus en plus à des contradictions et des frustrations, comme à travers l’histoire de deux automobilistes qui, par un enchaînement de situations en partie dues au hasard, vont faire grandir en eux une haine mutuelle et meurtrière dans une poursuite en voiture pleine de fureur et de rage, mais aussi de rire ! Ainsi Les nouveaux sauvages, malgré la gravité des sujets qu’il aborde, ne cesse de tourner cette galerie de personnages en ridicule, comme ces deux tenancières d’une cantine insalubre au bord d’une autoroute et jouées par Julieta Zylberberg et Rita Cortese, cachant quelques instincts meurtriers, ou un ingénieur expert en démolition incarné par Ricardo Darin (Dans ses yeux) qui va voir sa vie bien rangée basculer du jour au lendemain. Mais au final le sketch qui retient le plus l’attention est celui qui termine le film avec une cérémonie de mariage qui va peu à peu ressembler à un règlement de compte pour la future mariée (Erica Rivas) et s’apparentant au délire et désordre progressif qui habitait celui de La party (1968) de Blake Edwards.

Relatos-salvajes-press-pic-5

Les nouveaux sauvages est LA comédie corrosive à voir absolument en ce moment, bien qu’inégale par certains sketches, mais possédant assez de moments hilarants pour en faire un succès en France, peut-être même autant que lors de sa sortie sur les écrans argentins en 2014.

Les nouveaux sauvages

Messmer, le Fascinateur à Bobino jusqu’au 18 janvier

Messmer, le Fascinateur, jusqu’au 18 janvier à Bobino, et vendredi 16 janvier dans « Stars sous hypnose » sur TF1.

Exposition de Fritz Panzer et Michelangelo Penso : Interligne, du 5 Février au 28 Mars 2015, à Paris.

Light Fritz Panzer, Nr. 3428, 155 x 125 cm

Interligne, du 5 Février au 28 Mars 2015, à Paris, à la galerie Alberta Pane

Vernissage le jeudi 5 Février à partir de 16h.

La galerie Alberta Pane est heureuse de vous annoncer la prochaine exposition de Fritz Panzer et Michelangelo Penso « Interligne » du 5 Février au 28 Mars 2015.

Nous serions ravis de vous accueillir lors du vernissage le jeudi 5 Février à partir de 16h.

L’artiste autrichien Fritz Panzer est surtout reconnu pour ses sculptures en fil de fer d’objets du quotidien à l’échelle 1:1 qu’il conçoit comme des dessins en trois dimensions.  À cette occasion, il nous présentera des peintures et dessins inédits, ainsi que plusieurs sculptures.
Michelangelo Penso puise dans l’univers scientifique la source de réflexion de son travail et s’est orienté très tôt vers la sculpture et l’installation, en recherchant la « potentialité de la matière ». Ses dernières oeuvres, développant un nouveau concept de sculpture, sont crées à partir de matériaux d’origine industrielle comme la sangle polyester, le caoutchouc, la résine, le pentane ou encore l’aluminium.

 GALERIE ALBERTA PANE
64 rue Notre-Dame de Nazareth
75003 Paris
T:
+33 (0)1.43.06.58.72
www.galeriealbertapane.com <http://www.galeriealbertapane.com>

Résultats concours : Loin des hommes, 10 places de ciné gagnées.

Sortie le 14 janvier 2015

 

A l’occasion de la sortie du film Loin des hommes, Publik’Art, en collaboration avec l’agence DEJA, vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film : Loin des hommes

 

Vous avez été très nombreux à participer : 3319 joueurs ! Bravo à tous et merci de cette excellente participation !

 

Les cinq heureux gagnants sont :

 Jean-Jacques Pion, Alexandre Caillet, Nathalie Andrieu, Nassima Bourrata et Christelle Leverge.

 

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement !

Très bon film à tous !

Ce week-end, Philippe Djian vous emmène en voyage, au Louvre à Paris

louvre-clip-clap-philippe-djian-556x348

Un week-end avec Philippe Djian
Avec le musicien Nicolas Repac, le comédien Mathieu Amalric, les réalisateurs Arnaud et Jean-Marie Larrieu…
Vendredi 16 et samedi 17 janvier à 20h30,
dimanche 18 à 16h à l’auditorium

Ce rendez-vous est en avec l’exposition au musée du Louvre « Philippe Djian, Voyages » jusqu’au 23 février où l’auteur dont nous avions chroniqué son excellent livre « Oh… » propose un voyage onirique dans les arts et la littérature. Si le goût pour l’ « ailleurs », le désir de passer au-delà des frontières, a marqué la civilisation occidentale, dont l’un des premiers grands textes littéraires – l’Odyssée – est illustré par des antiques grecs choisis dans les collections du musée, des textes plus anciens illustrent un désir universel de découvrir de nouvelles terres.

Carnets de voyages, notes dessinées ou écrites, peintures, antiques et sculptures jalonnent le parcours de l’exposition et nous invitent à une confrontation avec des oeuvres souvent issues de l’art sacré, dans lesquelles la notion de voyage cède le pas à celle de transhumance des âmes. Car la curiosité pour l’au-delà des frontières du monde connu trahit souvent de façon symptomatique une universelle interrogation humaine sur l’avenir de l’individu ou de l’espèce. Et il est bien possible que la littérature, conçue comme le laboratoire d’un voyage intérieur, perpétue l’une des plus profondes pulsions de l’humanité, qui est d’interroger son destin.

Commissaire(s) : Pascal Torres, musée du Louvre

Kersten, médecin d’Himmler, tome 1 : une BD de Pat Perna et Fabien Bedouel (Glénat)

Kertsten est l’incroyable récit d’un héros oublié de la Seconde Guerre Mondiale : Félix Kersten. Médecin particulier d’Himmler, il parvint à sauver 60.000 juifs grâce au Contrat pour l’Humanité. Un parcours de vie mis en forme en diptyque par Pat Perna (Calagan,Tuning Maniacs, Paddock, les coulisses de la F1…) qui en fait ici un thriller noir, où fiction et réalité s’entrechoquent avec génie. Ce qui est d’autant plus vrai lorsque l’on sait que le dessin est l’oeuvre de Fabien Bedouel (1916, L’Or et le sang, Un Long Destin de sang, OPK).

Date de sortie : 14 janvier 2015
Auteur : Pat Perna (scénario) et Fabien Bedouel (dessin)
Editions : Glénat
Prix : 13,90 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

L’Histoire oublie parfois ses héros… 23 juin 1941. Un train blindé fonce dans la nuit vers le front de l’Est. À son bord : Heinrich Himmler avec sa garde rapprochée et tous les membres de ses services. Lors des séances de soin avec son médecin particulier, le docteur Félix Kersten, le Reichsführer a pris l’habitude de se confier, délivrant des informations capitales sur les plans secrets du Reich. Fort de sa position, Kersten se livre de son côté à un marchandage : en guise d’honoraires, il obtient la libération de prisonniers de guerre. Mais ce pacte avec le diable commence à intriguer Heydrich, chef de la Gestapo et bras droit d’Himmler, qui voit d’un mauvais œil la complicité entre le médecin et son patient. Il soupçonne Kersten d’être un agent allié infiltré…
Personnage discret et injustement oublié de la Deuxième Guerre mondiale, Félix Kersten est celui qui sera à l’origine du « Contrat pour l’Humanité », sauvant la vie de 60 000 Juifs emprisonnés dans les camps de la mort. Entre fiction et réalité, Patrice Perna raconte ici le parcours incroyable de ce « Dernier des Justes » dans un thriller noir mâtiné d’espionnage et de lutte de pouvoir. Un diptyque haletant et salutaire emmené par toute la puissance et le dynamisme du trait de Fabien Bedouel.

Le point sur l’album :

Le scénario élaboré de Kersten met en scène la vie de cet homme d’exception dans son quotidien au côté d’Himmler, imaginant des intrigues haletantes entre lui et le personnel encadrant (les hauts gradés de la SS) sur fond de filatures. Qui espionne qui ? Difficile à dire pour ce Kersten qui démontre un sang froid à toutes épreuves, n’hésitant pas à faire part de ses exigences humanistes au grand Himmler. Pat Perna fait preuve d’une belle maîtrise dans son écriture et le découpage qu’il en propose. Minutieusement ciselé, le récit fait la par belle aux non-dits, aux secrets que cachent chacun des protagonistes. Une façon de maintenir la tension tout au long de la lecture. Impossible d’y résister.

On retrouve par ailleurs la patte nerveuse de Fabien Bedouel, qui rend ce thriller encore plus glacial par son dessin ultra-réaliste. Son trait est d’une finesse redoutable. Ses personnages sont génialement détaillés, les traits des visages étant particulièrement expressifs. Fabien Bedouel confirme sa place de dessinateur de la meilleure BD de 2014L’Or et le sang.

Un diptyque à posséder, évidemment !

Bran, une BD de Grimaldi et Maike Plenzke (Glénat)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50501 BRAN T01[BD].indd

Bran, une histoire de l’île d’Errance

Bran est un album écrit par la scénariste jeunesse Grimaldi (Tib & Tatoum, Big Bang Cats) et illustré par Maike Plenzke. Une histoire fantastique à mi-chemin entre Merlin l’enchanteur et Harry Potter. Un album one shot (semble-t-il) qui met en scène un jeune prince arrogant, voire détestable. Ce dernier chasse avec cruauté une créature magique de la forêt interdite quand tout à coup, il se retrouve changé en corbeau…

Date de sortie : 14 janvier 2015
Auteurs : Grimaldi (scénario) et Maike Plenzke (dessin)
Editions : Glénat
Prix : 14,95 € (64 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Quoi de mieux qu’une sorcière-renard pour sauver un prince changé en corbeau ? Sur l’île d’Errance, les Humains se méfient comme de la peste des Créatures, des êtres magiques aux pouvoirs redoutables. Lors d’une partie de chasse dans la Forêt Interdite, le jeune et arrogant Bran blesse mortellement une biche aux cornes d’or qui s’avère être l’une de ces Créatures. Elle lui jette alors un terrible sort : le jour, Bran se changera en corbeau pour ne redevenir humain qu’une fois la nuit tombée. Rejeté par les siens, Bran trouve alors refuge auprès de Macha, une belle Créature-sorcière capable de se transformer en renard. Perdu dans un monde auquel il ne connaît rien, il se résout à la suivre dans son voyage à la recherche d’un remède pour une jeune Créature sur le point de mourir. Remède qui pourrait bien être en mesure de guérir aussi le mal de Bran…
Avec Bran, Grimaldi nous plonge dans un merveilleux univers de fantasy inspiré des contes et légendes celtiques. Un nouveau très bel album de la collection Tchô! L’aventure… en grand format, empreint de chaleur humaine et d’empathie, relayé par le dessin élégant et sensible de Maike Plenzke.

Bran

Le point sur l’album :

Avec son allure de fable racontée par Grimaldi, Bran jouit d’un monde que la fantasy immerge de créatures magiques. Assez sombre, le scénario expose le jeune prince à une malédiction : ce dernier se transforme en corbeau le jour et reprend sa forme originelle la nuit mais il perd alors l’usage de la parole… Une jeune femme qui a notamment le pouvoir de se transformer en renard (elle fait partie des Créatures de la forêt interdite), va alors accepter de l’aider. A moins que ce ne soit là encore qu’un jeu d’apparence ? L’album apportera sa conclusion, à la façon d’un one shot (rien n’indique si une suite est envisagée). Bien construit, Bran profite d’un découpage calibré. Le style narratif choisi, plutôt familier, peut décevoir un peu néanmoins. Les grossièretés (rares dans l’ouvrage mais gratuites) semblent être préférées lorsque l’on s’adresse aux jeunes. Pourquoi ?

Le dessin de Maike Plenzke est pour sa par original. Son trait est fortement imprégné du dessin d’animation. La coloration vive et contrastée est plutôt réussie, malgré quelques planches nocturnes trop sombres pour être appréciées à leur juste valeur.

Reste que Bran est un bon récit d’aventure et de fantasy pour les jeunes ados. Il ne pourra que plaire.

L’île aux femmes, une BD de Zanzim (Glénat)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50l'île aux femmes

L’île aux femmes

Zanzim (Ma Vie Posthume, Les Yeux Verts, La Sirène des Pompiers, Tartuffe, Les Gens Normaux) revient en solo dans la belle collection 1000 Feuilles aux éditions Glénat (collection qui fête d’ailleurs ses 5 ans). L’ïle aux femmes est une invitation au paradis : un Don Juan fait naufrage sur une île isolée, en forme de poitrine de femme. Et là, il découvre un peuple autochtone original : des femmes ! Uniquement des femmes, dans leur plus simple appareil….

Date de sortie : 14 janvier 2015
Auteur : Zanzim (scénario et dessin)
Editions : Glénat
Prix : 19,50 € (80 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Lorsqu’un Don Juan se retrouve prisonnier sur une île remplie de femmes… Céleste Bompard est un « Coq en l’air », un as de la voltige. Ses prouesses lui valent un large succès auprès de la gent féminine. Il aligne les conquêtes. Engagé alors que la Grande Guerre éclate, il est chargé de transporter les lettres que les soldats du front écrivent à leurs femmes. Mais lors d’une mission, Céleste est victime d’un tir ennemi et son biplan se crashe sur une île mystérieuse. Obligé de survivre dans cet endroit visiblement désert, il trompe son ennui en lisant les lettres que les poilus destinent à leurs femmes. Un jour, en parcourant les lieux, il découvre un jardin d’Éden entièrement peuplé de femmes ! De véritables amazones, aussi belles que redoutables, qui ne tardent pas à le capturer pour remplacer leur  » reproducteur  » actuel. Alors qu’il avait l’habitude de mener la danse avec les femmes, voilà que Céleste est devenu leur esclave !
Zanzim revient dans la collection 1000 Feuilles et en solo avec un nouvel album truculent à souhait et féministe. Son trait sobre et élégant restitue à merveille les courbes des créatures de rêve qui peuplent son Île aux femmes !

l'île aux femmes

Le point sur l’album :

Le récit de Zanzim est plein de fraîcheur. Il nous amuse avec ce personnage un peu idiot, qui se retrouve à devoir lutter contre ses bas-instincts au milieu de toutes ces amazones, qui lui sont par ailleurs hostiles. L’aviateur ne manquera pas d’user de tous les stratagèmes possibles pour sortir son épingle du jeu, c’est-à-dire, le plus souvent, rester vivant (n’allez pas croire !). Imaginatif, le scénario exploite de belles idées, débusque la moindre parcelle d’humour à labourer sur cette île décidément bien fertile. On passe un bon moment de détente et de lecture avec cette île aux femmes.

Le dessin de l’artiste emprunte au trait humoristique, avec un certain goût pour la caricature. La mise en scène générale (cadrage, découpage) est particulièrement réussie, Zanzim faisant de L’île aux femmes un véritable terrain de jeu au service de la créativité graphique

L’île aux femmes séduit irrésistiblement et promet un bon moment de lecture. Tout en légèreté. Du luxe par les temps qui courent.

Buffalo Runner, une BD de Tiburce Oger (Rue de Sèvres)

Buffalo Runner est une BD western de Tiburce Oger (Ewen, Les chevaliers d’Emeraudes, La Forêt, Gorn…). L’histoire d’un vétéran de la guerre de sécession qui n’a qu’un seul véritable talent dans la vie : savoir tirer avec son fusil. Devenu vieux, Ed Fisher raconte son histoire à une jeune femme qu’il a sauvée d’un guet-apens…

Date de parution : 21 janvier 2015
Auteur : Tiburce Oger (scénario et dessin)
Editions : Rue de Sèvres
Prix : 17,00 € (78 pages)

Résumé de l’éditeur :

1896. Henri Ducharme et ses deux enfants font route depuis la Nouvelle-Orléans vers l’Eldorado californien quand il se font attaquer par un petit groupe d’indiens. Ed Fisher, un vieux cowboy de la région intervient mais ne pourra sauver que la jeune Mary du massacre. Ils s’abritent tous deux dans une maison mal en point, et attendent l’attaque du reste de la troupe indienne. Au cours d’une longue nuit de veille, Ed raconte sa vie aventureuse de Buffalo Runner et l’épisode, essentiel dans la conquête de l’ouest, du massacre des bisons, qui affaiblit les indiens et permit le développement du commerce des peaux, des ranchs, et des lignes ferroviaires.

Le point sur l’album :

Buffalo Runner repose sur un scénario simple mais terriblement efficace. Pendant qu’il confectionne de nouvelles munitions avant un nouvel assaut, ce vieil homme tente de tenir compagnie à la jeune Mary en lui racontant sa vie. Une façon d’attendre que le jour se lève. Le lecteur l’accompagne ainsi, sur le front de la guerre de sécession, sur les plaines garnies de bisons qu’il chassait, sur sa vie d’homme de mains auprès d’un grand industriel français etc… Des lieux et situations variés, qui donnent à ce western un goût particulièrement dépaysant, malgré un ton assez triste dans l’ensemble. Il faut dire que ce vieux briscard n’a pas été épargné par la vie. Très bien écrit, le récit fleure bon l’aventure et la poussière abrasive, respirée à dos d’équidés. Rythmée, la narration est joliment contée, nous ramenant régulièrement au temps présent. Une écriture très agréable.

Le dessin est quant à lui assez fantasque, entre la caricature et le style réaliste. Un doux mélange, qui se révèle explosif quand il faut, grâce à une superbe coloration (couleurs directes, sans doute). Le résultat est étonnant. On admire le travail de l’auteur.

Avec un final de génie, Buffalo Runner est à n’en pas douter l’un des derniers meilleurs western parus. Un one shot à ne pas manquer.

Balles Perdues, une BD de Walter Hill, Matz et Jef (Rue de Sèvres)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Balles perdues

Balles perdues

One shot du scénariste de cinéma Walter Hill (scénariste du film Guet-Apens, réalisateur de 48h et du pilote de Deadwood, producteur d’Alien), Balles perdues est un polar écrit il y a une trentaine d’années. C’est Matz (Le Tueur…) qui sollicita l’auteur lors d’une rencontre sur le tournage de l’adaptation de la BD du plomb dans la tête (BD de Matz adaptée par Walter Hill pour le ciné). Ici, c’est donc Matz qui adapte le scénario ciné de Hill pour la BD, avec la complicité de Jef au dessin (La traque).

Date de parution : 21 janvier 2015
Auteurs : Walter Hill (scénario original) Matz (adaptation et traduction) et Jef (dessin)
Editions : Rue de Sèvres
Prix : 18,00 € (130 pages)

Résumé de l’éditeur :

1931. Arizona, période la Prohibition. Roy Nash sort de prison, à laquelle il était condamné à perpétuité. Pour payer la dette de sa libération envers le boss de Chicago, Roy est à la poursuite de trois braqueurs qui ont filé avec le magot sans partager. L’un a de plus embarqué Lena, l’ex de Roy, dans l’aventure. Roy parcourt les speakeasy et les bas-fonds de Los Angeles à la recherche des fuyards, fâche les mafieux locaux, un détective verreux et ses propres patrons… De la vengeance, du magot ou de Lena, quel sera le vrai moteur de la quête de Roy ? Et surtout, comment survivre au milieu de ces gangsters à la gâchette facile ?

[rev_slider ballesperdues]

Le point sur l’album :

Thème redondant tant pour le cinéma que pour la BD, la prohibition fait son retour avec Balles perdues. Avec elle, c’est évidemment les gangs de gentlemen en chapeau qui sont à l’honneur. Balles perdues, c’est l’histoire d’un exécutant venu de Chicago, évadé de prison par le grand patron, Al (Capone). Roy va devoir se rendre à Los Angeles pour assassiner deux malfrats évanouis dans la nature avec des gros billets… Il y retrouvera aussi son amour de toujours. Le scénario, digne d’un grand film mafieux, est très bien huilé. Les vieilles mitrailleuses de l’époque sifflent dans nos oreilles. Mais le personnage principal – Roy – n’est pas seulement un as de la gâchette. Mystérieux, on ne sait pas grand chose, sinon rien de lui. Directement défini par ses actes, dans l’instantanéité du récit, il n’en demeure pas moins attachant, dégageant à la fois charisme, nostalgie, avec un soupçon de romantisme. Une façon plutôt culottée (et réussie) de mettre en scène un personnage de polar.

Le dessin réaliste de Jef se construit autour de vraies gueules de cinéma. Des faciès de caractère pour de vrais truands qui impressionnent par leur présence graphique. Son trait fin et précis est un atout de taille dans le récit, surtout servi par de beaux cadrages.

Balles perdues est un excellent polar mafieux, à lire d’urgence.

Une symphonie américaine, un livre d’Alex George

9782714454270

Une symphonie américaine

Une symphonie américaine est un livre d’Alex George, auteur né en 1070 et qui a déjà écrit quatre romans.

A travers ce roman, l’auteur, Alex George, retrace une partie de l’histoire américaine. Il s’attache à une famille allemande qui a émigré aux USA au tout début du XXème siècle.

Publié aux Editions Belfond le 6 novembre 2014

408 pages – 22 €

Une symphonie américaine :

Nous sommes à Hanovre, en 1904.

Jette, à dix-huit ans, tomba amoureuse et surtout se retrouva enceinte. Pour ne pas affronter la colère de sa mère, elle fuit aux Etats-Unis avec son compagnon. Sur le paquebot qui les emmène au pays où tout est possible, Jette et Frederick sont mariés par le capitaine, en cinq minutes.

Leur arrivée n’est pas si facile que ça. Heureusement, ils vont faire des rencontres exceptionnelles qui vont leur permettre de subsister. Leur unique but est de devenir américain, un bon américain. Un américain conscient de la chance qu’il a d’être américian.

Le fil conducteur du livre est la musique, de jazz. Frederick a une voix exceptionnelle. Sa rencontre avec Lomax, un musicien noir, va marquer leur vie à jamais.

Ils vont s’installer à Beatrice, petite ville du Missouri. Ils vont traverser les années, les guerres, et leurs enfants et petits-enfants vont voir le jour, tous américains et fiers de l’être. La femme, le racisme, l’esclavagisme, la famille sont des termes centraux du livre.

Le narrateur de Une symphonie américaine n’est autre que le petits-fils de Jette et Frederick.

Voilà un très beau livre qui dévoile l’Amérique, non seulement à travers cette famille d’émigrés, mais aussi à travers la musique, omni présente tout au long du livre. Avec d’ailleurs une playlist à la fin du roman. Une sorte de comédie musicale à lire ! Avec du rire et des larmes…

Alex George vit actuellement dans le Missouri, avec sa famille.

Les MONTY PYTHONS reprennent du service dans Absolutely Anything le 3 juin 2015 !

unamed

Les MONTY PYTHONS reprennent du service dans

Absolutely Anything

 

Découvrez le premier extrait du nouveau film de Terry JONES avec sa bande des MONTY PYTHONS. John CLEESE incarne le chef des Aliens, Terry GILLIAM le méchant, Michael PALIN le gentil réticent à l’idée de mener cette opération, Eric IDLE joue l’Alien espiègle et Terry JONES incarne l’Alien scientifique.

 

Le film réunit Simon PEGGKate BECKINSALE et Robin WILLIAMS (qui fait la voix du chien).

unnamed (1)

 

 

1er extrait en VOSTFR sur YOUTUBE:

 

Synopsis 

Des extraterrestres capturent un terrien, enseignant de profession, et lui donnent le pouvoir de faire absolument tout ce qu’il souhaite.

De la théorie à la pratique, celui-ci va aller de déconvenue en déconvenue..

 

Sortie Française le 3 Juin 2015

Loin des hommes, un film de David Oelhoffen

loin_des_hommes_xlg

Date de sortie : 14 janvier 2015

Durée : 1h41

Avec : Viggo Mortensen, Reda Kateb

 

Synopsis du film Loin des hommes :

1954. Alors que la rébellion gronde dans la vallée, deux hommes, que tout oppose, sont contraints de fuir à travers les crêtes de l’Atlas algérien. Au coeur d’un hiver glacial, Daru, instituteur reclus, doit escorter Mohamed, un paysan accusé du meurtre de son cousin. Poursuivis par des villageois réclamant la loi du sang et par des colons revanchards, les deux hommes se révoltent. Ensemble, ils vont lutter pour retrouver leur liberté.

dsc_4492_ret

Inspiré lointainement de la nouvelle L’Hôte de Albert Camus, Loin des hommes est le nouveau film du réalisateur David Oelhoffen, qui signe ici son second long métrage après Nos retrouvailles en 2007. Pour porter à l’écran cette histoire de deux hommes que tout oppose et qui vont peu à peu apprendre à se connaître, s’apprivoiser avant de se rendre compte qu’ils ne sont pas si différents, le réalisateur s’est appuyé sur deux comédiens solides venu d’horizons différents. D’abord Reda Kateb (Un prophète, Hippocrate) dans le rôle de l’Algérien Mohamed, offre ici une de ses meilleures performances. Un homme au début vu au second plan, de loin, et qui va peu à peu prendre une place de plus en plus grande jusqu’à habiter la totalité de l’écran, cette place est celle qu’il va peu à peu prendre dans l’esprit du second, Daru, un instituteur étranger qui vit reclus et loin des hommes, incarné par Viggo Mortensen (Le seigneur des anneaux, A history of violence, La route) et qui va s’ouvrir au monde par l’intermédiaire de Mohamed. Daru s’étant éloigné des hommes suite au décès de sa femme.

91_ret

Loin des hommes est rempli de scènes magnifiquement filmées et photographiées par le chef opérateur Guillaume Deffontaines, avant tout les superbes paysages donnent un aspect western au parcours à la fois humain et fraternel des deux hommes à travers un pays en plein conflit. Le réalisateur se défend cependant d’avoir fait un film sur la guerre d’Algérie, sa volonté est au contraire plus universelle et philosophique, respectueux de l’approche littéraire de l’auteur de L’étranger et La Peste. Pour son rôle, Viggo Mortensen, qui s’exprime ici dans un français parfait et sans accent, a d’ailleurs relu tout Camus et s’est documenté sur l’histoire de l’Algérie, cela donne une crédibilité à son personnage d’étranger à la fois français et espagnol qui est en réalité ici à sa place nulle part, même dans la communauté pieds-noirs. Une des séquences les plus belles du film se déroule dans un bordel de campagne, là où le film aurait pu tomber dans le graveleux le plus achevé, le réalisateur choisi au contraire la pudeur et montre ce moment comme une naissance au monde pour Mohamed, qui n’a encore jamais connu les plaisirs de la chair, et une renaissance à la vie et au désir pour Daru, qui n’avait pas ressenti le plaisir charnel depuis très longtemps avec une femme. Loin des hommes possède également des séquences beaucoup plus portées sur l’action comme celle d’un assaut dans une grotte entre des soldats du FLN et de l’armée française, efficacement filmée et sans effets de style outranciers. Enfin la musique signée de Nick Cave et Warren Ellis (The proposition, L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford) discrète mais pas moins présente, insuffle l’émotion nécessaire à un film au rythme lent et aux images contemplatives mais jamais gratuites du désert algérien (en réalité Marocain qui est le lieu du tournage).

3_dsc_6714_ret

Loin des hommes parle au final de fraternité, de tolérance et d’union entre deux hommes venant de cultures différentes, des mots dont l’humanité a plus que jamais besoin. Un beau film.

Le Monde de l’Epée de Cristal, tome 1 : une BD de Sylvia Douyé et Fabio Lai (Vents d’Ouest)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Le monde de l'épée de cristal tome 1

Le Monde de l’Epée de Cristal, tome 1 : Zorya la Noire

Comme son nom l’indique, Le Monde de l’Epée de Cristal est une série spin-off de la saga heroic-fantasy créée par Crisse et Jacky Coupil. Ici, c’est Sylvia Douyé (Les Zinzinventeurs, Les Guides en BD Junior, Les Guides au Féminin, Marie Lune) qui se charge d’écrire le scénario tandis que Fabio Lai (Les Guides junior, Motards à jamais, Les blagues du rail) est aux manettes du dessin.

Date de parution : 7 janvier 2015
Auteurs : Sylvia Douyé (scénario) et Fabio Lai (dessin)
Editeur : Vents d’Ouest
Prix : 14,50 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

Le spin-off tant attendu d’un classique de l’heroic fantasy ! Cela fait 200 ans que la Grande Nuit de Cristal a eu lieu. Celle où la douce et belle Zorya a basculé du côté du mal pour semer la terreur sur ceux qu’elle avait juré de protéger… Aujourd’hui, après deux siècles d’oppression, Zorya est en exil sur une mystérieuse île. Son absence se ressent étrangement jusque dans la nature. Le volcan s’éteint et certains êtres recouvrent les pouvoirs magiques qu’ils avaient perdus. Dès lors, la rébellion s’organise. Zorya doit revenir avant que le pouvoir ne soit renversé. Son amant doit la ramener. Mais comment sortir d’une île d’où il est dit qu’on ne revient jamais ? Sylvia Douyé et Fabio Lai reprennent les rênes de la mythique série d’heroic fantasy de Goupil et Crisse : L’Épée de cristal ! Dans cette nouvelle aventure plus sombre, mais toujours empreinte de magie et de sensualité, ils narrent le destin tourmenté de la belle Zorya, à présent passée du côté du mal, en compagnie de nombreux personnages de la série mère. Une épopée en trois volumes. Retrouvez L’Épée de Cristal sur Facebook : https://www.facebook.com/lepeedecristal

Le monde de l'épée de cristal tome 1

Le point sur l’album :

Zorya revient dans ce spin-off musclé, où la jeune femme a basculé dans le côté obscur. Aussi, 200 ans après la Grande nuit de Cristal, se prénome-t-elle Zoria la Noire. Mystérieusement exilée sur une île dont on ne peut s’échapper, la belle Zoria va pourtant tenter de s’évader pour retrouver son trône. Depuis son départ, les éléments reprennent vie (la magie revient..). Il lui est donc urgent de faire son retour pour empêcher cela. Un récit forcément plus sombre que la série mère, où les petits meurtres entre amis sont légion. Ponctué de nombreuses rencontres avec les personnages secondaires de L’Epée de Cristal, ce premier épisode est généreux en péripéties et en action. Le défi (de taille) semble plutôt réussi pour la scénariste, qui parvient à donner beaucoup de rythme, et de surprises dans cet album.

Le dessin de Fabio Lai est calqué sur celui de Crisse. Des personnages aux formes généreuses et arrondies, un univers foisonnant de créatures imaginaires et de magie (noire). Une appropriation là encore joliment exécutée, dont on doit reconnaître une certaine maîtrise.

Cette Zoria la Noire a de nombreux atouts de séduction. On se demande bien ce que nous réserve la suite…

Cagaster, tome 4 : un manga de Kachou Hashimoto (Glénat)

CAGASTER T04[MAN].indd

Cagaster, tome 4

Cagaster est un manga de Kachou Hashimoto, d’abord diffusé sur internet, en marge du monde éditorial classique japonais. L’auteur souhaitait en effet s’affranchir de ces contraintes pour réaliser le manga de ses rêves, en toute liberté. Un manga paru pour la première fois en format papier en six tomes aux éditions Glénat. Avec ce quatrième épisode, la tension est à son comble !

Date de parution : 7 janvier 2015
Auteur : Kachou Hashimoto (Scénario et Dessin)
Editeur : Glénat
Prix : 6,90 € (224 pages) 

___________________________________

Résumé de l’éditeur:

Les combats s’intensifient à E-05, et les renégats de l’armée ont lancé un ultimatum : si la milice ne se rend pas avant le coucher du soleil, la ville sera mise à feu et à sang. Hadi compte bien reprendre le portail Ouest pour demander une aide extérieure mais le prévôt des marchands veut sa tête ! Quant à Kidow, pour sauver Ilie, il est prêt à tous les risques. Il se rend donc, seul, au cœur de la base ennemie, au milieu des cages de E-07…

___________________________________

Le point sur la série :

Cagaster continue de nous surprendre avec ce quatrième tome détonnant. Les personnages de la série prennent de plus en plus belle allure. Illie, Acht, Franz, Kidow… Tous ont leur partition à jouer. Mais c’est surtout Illie que l’on a plaisir à voir évoluer. Le scénario de la mangaka Kachou Hashimoto est une belle démonstration de force, et surtout d’action ! Alors que le dénouement n’est maintenant plus très loin, il est bien difficile de faire des pronostiques sur ce qu’il va advenir. La surprise sera certainement au rendez-vous.

Le dessin de la mangaka, au trait fin et habile, apporte par ailleurs fraîcheur et dynamisme à ce récit de science fiction.

Cagaster continue son ascension, crescendo. A suivre.

Soliman, le Magnifique : une BD de Clothilde Bruneau, Estéban Mathieu, Julien Loiseau et Cristi Pacurariu (Glénat)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Soliman le magnifique

Ils ont fait l’Histoire – Soliman, le Magnifique

Avec Soliman, le Magnifique, la collection Ils ont fait l’Histoire met l’un des plus puissants sultants d’orient en images. Un long règne raconté par les scénaristes Clothilde Bruneau, Estéban Mathieu (Alter, Linked, Kingsley), avec la collaboration de Julien Loiseau (maître de conférences en histoire de l’Orient médiéval et membre junior de l’Institut universitaire de France) et celle du dessinateur Cristi Pacurariu (Le Testament des Siècles, Légendes de la Table ronde, Assassin).

Date de sortie : 07 janvier 2015
Auteurs : Clothilde Bruneau, Estéban Mathieu (scénario), Julien Loiseau (Historien) et Cristi Pacurariu (dessin)
Editions : Glénat
Prix : 14,50 € (56 pages) 

Résumé de l’éditeur :

À sa mort en 1566, cela fait plus de 15 ans que les rumeurs courent en Europe : le Turc est très mal. Soliman, le Sultan qui a su si bien étendre l’empire déjà puissant des Ottomans depuis son avènement en 1520, fascinait par le faste de sa cour, sa puissance et ses richesses au point que les princes européens le surnommaient le Magnifique. Ses ennemis reconnaissaient l’ordre et la justice qu’il faisait régner dans ses états grâce à l’instauration du kanun, un code civil, qui lui valut le surnom de Législateur en Orient. Les dernières années de son si long règne, furent celles de la mise en chantier d’Istanbul, de la rivalité avec la Perse, mais aussi et surtout du règlement de la question dynastique ; n’hésitant pas à sacrifier ses enfants sur l’autel de cet empire dont il était le symbole et le seul détenteur légitime du pouvoir de par la volonté de Dieu.
Clotilde Bruneau et Esteban Mathieu, guidés par l’historien Julien Loiseau, nous font découvrir la nature et la complexité du pouvoir ottoman au XVIe siècle par le biais d’un récit enluminé par Cristian Pacurariu.

Soliman le magnifique planche 1

Le point sur l’album :

On découvre avec cet album un personnage ô combien charismatique, qui aura marqué l’Histoire à travers les époques et les continents. Très respecté de par ses ennemis et par le monde entier, Soliman usait de son autorité naturelle à chaque instant. On aperçoit un personnage froid et distant, qui n’hésitera pas à sanctionner ses fils trop ambitieux de manière définitive : par la mort. Une descendance qui lui ressemblait peut-être trop puisque Soliman était avant tout un chef de guerre hors normes, dont l’ambition ne quittera jamais l’esprit. Le scénario de l’ouvrage met ainsi en lumière les multiples facettes de cet homme énigmatique, en retraçant quelques moments clés de son règne. Parfois décousue, l’histoire ne permet pas réellement de s’attacher aux personnages. Mais l’envie de pousser la lecture plus loin ne nous quitte pas pour autant.

Le dessin de Cristi Pacurariu est authentique. Son trait est brut, comme griffonné. Les visages sont illustrés avec de belles aspérités qui mettent en valeur les expressions. Les décors sont quant à eux assez sommaires, malgré la présence de très beaux palais et monuments historiques.

En conclusion Soliman, le Magnifique sait faire oublier ses quelques défauts grâce la personnalité marquante de son sujet.

Golden Globe Awards 2015 : Le palmarès intégral

golden-globes

Golden Globe Awards 2015

Publik’Art retransmet en intégralité le palmarès des Golden Globe Awards 2015, qui a eu lieu hier soir, le 11 janvier 2015, résumé sur le site officiel des Golden Globe.

Les Golden Globe Awards se sont associés aux français en ce grand jour de fraternité. George Clooney a rendu hommage à Charlie Hebdo et aux nombreuses victimes des attentats et portait un pin’s « Je suis Charlie ».

Le 11 janvier 2015 appartient à l’Histoire de la France. A jamais.

George Clooney aux Golden Globe Awards 2015 :

2015-golden-globes-winners-list

Golden Globe Awards 2015

Au cinéma , les grands gagnants sont Boyhood (3 prix), Birdman (2 prix) et The Grand Budapest Hotel (meilleure comédie musicale).

Publik’Art avait chroniqué et très bien noté les films Boyhood et The Grand Budapest Hotel, grands gagnants des Golden Globe Awards ! Comme quoi, vous pouvez faire confiance aux chroniqueurs de Publik’Art !

Publik’Art espérait aussi un Golden pour l’excellent film Wiplash qui, l’a obtenu avec le second rôle, le terrifiant professeur de musique !

Palmarès des Golden Globe Awards 2015, dans son intégralité :

Catégorie cinéma

  • Chanson originale de film : Glory (Selma)
  • Musique originale de film : Une merveilleuse histoire du temps (pour Johann Johansson)
  • Scénario de film : Birdman
  • Film dans une langue étrangère : Leviathan (Russie)
  • Film d’animation : Dragons 2
  • Acteur dans un film, comique ou musical : Michael Keaton (Birdman)
  • Acteur dans un second rôle dans un film : J. K. Simmons (Wiplash)
  • Actrice dans un film dramatique : Julianne Moore (Still Alice)
  • Actrice dans un second rôle dans un film dramatique : Patricia Arquette (Boyhood)
  • Actrice dans un film, comédie ou musical : Amy Adams (Big Eyes)
  • Film, comédie ou musical : The Grand Budapest Hotel
  • Acteur dans un film dramatique : Eddie Redmayne (Une merveilleuse histoire du temps)
  • Réalisateur d’un film : Richard Linklater (Boyhood)
  • Film dramatiqueBoyhood
  • Catégorie télévision :
  • Série, comédie musicale ou sitcom : Transparent

Actrice dans une série dramatique : Ruth Wilson (The Affair)

  • Actrice dans un second rôle de série ou téléfilm : Joanne Froggatt (Downton Abbey)
  • Actrice dans une série comique ou musicale : Gina Rodriguez dans Jane The Virgin
  • Acteur dans un second rôle dans une série ou téléfilm dramatique : Matt Bomer (The Normal Heart)
  • Acteur dans une série comique ou musicale : Jeffrey Tambor (Transparent)
  • Mini-série ou téléfilm : Fargo
  • Acteur dans une série dramatique ou téléfilm : Billy Bob Thornton (Fargo)
  • Acteur dans une série dramatique : Kevin Spacey (House of Cards)
  • Série dramatique : The Affair
  • Actrice dans une mini-série ou un téléfilm : Maggie Gyllenhaal (The Honorable Woman)

Platonov de Anton Tchekhov par le collectif les Possédés, à Paris puis à Colombes

 platonov_colline_deux_0

La Colline – Théâtre national du 8 janvier au 11 février 2015
Grand Théâtre – durée 3h30 avec entracte

A l’Avant Seine / Théâtre de Colombes le 13 février 2014
Parvis des Droits de l’Homme
88 rue Saint Denis
92700 Colombes

Anton Tchekhov a 18 ans quand il écrit Platonov. Pourtant, cette pièce de jeunesse est une œuvre majeure : elle contient, en puissance, tout le théâtre du dramaturge russe du XIXème siècle profondément ancré dans une crise existentialiste face à un monde finissant.

Si le paradis de Tchekhov est déjà perdu, le Platonov des Possédés, dans sa relecture audacieuse et convaincante dirigée par Rodolphe Dana, n’est nullement emprunt de nostalgie ni de tristesse, mais d’un espoir brûlant en l’amour pour se consoler de son destin en exacerbant, le temps d’un été, son désir de vivre.

Aucun climat d’ennui ni de torpeur dans cette nouvelle version de la pièce mais une énergie folle, festive, drôle, ludique, inventive, profonde, où chacun des protagonistes face à l’incertitude du monde, cherche éperdument à se sauver dans l’autre afin de se sauver lui-même

Et ce Platonov là est magistralement porté par le collectif où chacun des comédiens est habité par ces personnages à la recherchre de sens et d’étourdissement.

On se retrouve pour un dernier été dans la propriété d’Anna Petrovna (ardente Emmanuelle Devos), une jeune veuve accablée de dettes. Il y a là des aristocrates oisifs, des propriétaires fonciers, des bourgeois avides, des piques assiettes, des jeunes femmes romantiques. Des privilégiés qui refusent le monde de leurs pères et vivent dans le cynisme et la décadence sans avoir à proposer autre chose.

La distribution est au diapason avec dans les rôles titres Rodolphe Dana qui incarne à la perfection ce Platonov aux prises avec ses incertitudes insurmontables, à la fois séducteur et dépossédé de sa vie, tandis qu’Emmanuelle Devos a la fêlure romanesque de cette vibrante humanité tchekhovienne

Et au milieu de tous, Platonov (ombrageux Rodolphe Dana), surnommé le Hamlet local malheureux dans son couple. Un intellectuel velléitaire, insolent, qui fascine et séduit toutes les femmes, et se trouve le pivot malgré lui de cette microsociété. Provocateur et manipulateur, il aiguise sa frustration et se délecte d’une nécessaire confrontation avec son entourage.

Faisant preuve d’une causticité précoce, Tchekhov dresse dans sa pièce le portrait d’une société sur le déclin, en perte de repères comme la nôtre aujourd’hui, pétrie de valeurs auxquelles elle ne croit plus que par lâcheté et résignation : les pères, la famille, l’amour conjugal, la religion.

Mais ou seuls les désirs : d’aimer, d’amitié, de s’enrichir, de se réaliser, de s’étourdir apparaissent alors comme le dernier rempart contre le néant existentiel.

« Je suis en train de me perdre », dit-il, torturé par ses pulsions contradictoires. « Trop de passion et pas assez de force », poursuit-t’il encore, dans une efficace traduction d’André Markowicz et Françoise Morvan.

Platonov06-1748x984

Aucun climat d’ennui ni de torpeur dans cette nouvelle version de la pièce mais une énergie folle, festive, drôle, ludique, inventive, profonde, où chacun des protagonistes face à l’incertitude du monde, cherche éperdument à se sauver dans l’autre afin de se sauver lui-même.

Platonov est une pièce fleuve à la fois comique, tragique, sentimentale, brutale, elle offre au collectif tout un registre de jeu dont il s’approprie avec une grande fluidité par un jeu très corporel et libéré des codes traditionnels de la théâtralité.

Les comédiens évoluent dans un décor de désordre apparent où la troupe dans une osmose toujours juste, touche à l’essentiel pour faire corps et âme avec ses personnages et leur quête existentielle.

platonov6

La distribution est au diapason avec dans les rôles titres Rodolphe Dana qui incarne à la perfection ce Platonov aux prises avec ses incertitudes insurmontables, à la fois séducteur et dépossédé de sa vie, tandis qu’Emmanuelle Devos a la fêlure romanesque de cette vibrante humanité tchekhovienne.

Et quand les espoirs tournent courts « que faire ? Enterrer les morts et réparer les vivants »

Altaïr, tome 3 : un manga de Kotono Kato (Glénat)

Altaïr tome 3

Altaïr, tome 3

Après deux tomes enthousiasmantsAltaïr, de Kotono Kato, nous emmène en pleine guerre. Une guerre d’envergure à Phoenicia où l’univers de ce shonen prometteur murit un encore un peu plus, tout en s’assombrissant davantage.

Date de parution : 7 janvier 2015
Auteur : Kotono Kato (Scénario et Dessin)
Editeur : Glénat
Prix : 7,60 € (192 pages) 

___________________________________

Résumé de l’éditeur:

Dans le but de redevenir un pacha digne de ce nom, Mahmud s’est embarqué pour Phœnicia, la plaque tournante de la mer Centro. Mais il ne s’attendait pas à tomber en plein dans une guerre contre l’empire !! Or si Phœnicia tombe, la Türkiye se retrouvera dans une position délicate… Mahmud fait donc de son mieux pour mener les Phœniciens à la victoire. La tension est à son comble alors qu’éclate la première guerre de Phœnicia !

___________________________________

Le point sur la série :

Ce nouveau tome d’Altaïr entame une nouvelle aventure pour notre jeune héros Mahmud, parti à la découverte du monde pour regagner son titre de Pacha le plus légitimement possible. Toujours relativement indépendant des tomes précédents, ce nouveau récit paraît plus sombre et plus sanglant. Les personnages secondaires sont nombreux, mais la plupart ne fera malheureusement pas long feu. Mahmud semble bien seul dans sa quête à travers le monde. Mais le scénario de Kotono Kato est plutôt bien pensé et déroule sa trame avec aisance, faisant réapparaître des figures ennemies désormais connues. On se plait dans cet univers riche, même si l’aventure est pour le moment vécue en solitaire. On aimerait toutefois une plus grand continuité entre les épisodes, qui sont encore trop détachés les uns des autres.

Le dessin de la mangaka est un gros point fort. Sa finesse d’exécution, sa fluidité et ses paysages variés sont des plus agréables.

En résumé, Altaïr développe son potentiel petit à petit. Un bon manga, à suivre.

Les mystères de la quatrième république, tome 3 : une BD de Philippe Richelle et Alfio Buscaglia (Glénat)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Les mystères de la quatrième république, tome 3

Les mystères de la quatrième République, tome 3

Après la troisième et la cinquième, c’est au tour des mystères de la quatrième République de voir paraître un nouvel album. La saga à succès du scénariste Philippe Richelle se poursuit donc avec ce dernier tome paru, dessiné par Alfio Buscaglia (Nuisible, 100 âmes). L’occasion de suivre, au côté du commissaire Coste, une nouvelle enquête policière à Paris.

Date de parution : 07 janvier 2015
Auteurs : Philippe Richelle (scénario), Alfio Buscaglia (dessin)
Editions : Glénat
Prix : 14,50 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

Le polar historique dévoilant les sombres années de la République française. Printemps 1953. Le commissaire Coste, victime d’un attentat trois ans plus tôt à Marseille, a décidé de rejoindre les effectifs de la police de Paris pour la sécurité de sa famille. Il est envoyé avec l’un de ses adjoints sur une scène de crime près de Coulommiers. Là, sur le sol mouillé d’une aire de repos déserte, gît le corps d’un certain Paul Nouzières, abattu par une balle de calibre 11.43 en pleine poitrine. Homme de lettres, ancien résistant et ex-membre du Parti communiste, Nouzières avait récemment rejoint un parti révolutionnaire dissident aux financements occultes : le MRT. En suivant cette piste, Coste va s’apercevoir que les méthodes crapuleuses de certaines officines de la capitale n’ont rien à envier à celles des pires mafieux de la cité phocéenne… Philippe Richelle et Alfio Buscaglia nous plongent dans une nouvelle enquête du commissaire Coste au cœur des affaires sordides qui émaillent la France de la IVe République, dont les plaies laissées par l’Occupation ont décidément bien du mal à cicatriser… À ce jour, la série Les Mystères de la République totalise déjà plus de 110 000 exemplaires vendus, et ce n’est qu’un début !

 Les mystères de la quatrième république, tome 3 PlancheA_230096

Le point sur l’album :

Chaque parution de cette série (qui compte trois cycles) est attendue. Il faut dire que Philippe Richelle a su se faire remarquer grâce à des scénarios toujours imaginatifs, mêlant avec brio contexte historique fort et affaire criminelle. Ce troisième album des mystères de la quatrième République nous plonge au début des années 50, où d’anciens collabos blanchis par le pouvoir semblent mouillés à un assassinat qui reste à élucider. Des collabos qui ont investi les partis politiques (communistes et anti-communistes). Entretenant le brouillard, le scénariste multiplie les rebondissements en rythme. Un récit propre et sans bavure, qui ne perd jamais son objectif de vue : aller au bout de l’enquête.

Incisif, c’est aussi le style d’Alfio Buscaglia. Son dessin au réalisme résolument moderne est un pur plaisir. Son trait est précis et régulier, tout en finesse. La coloration de Claudia Boccato le met particulièrement en valeur grace à des jeux de lumière irréprochables. Du très bon boulot.

Une fois de plus, les mystères de la quatrième République offrent une bonne enquête, particulièrement bien mise en scène, au scénario comme au dessin.

Saint Louis, une BD de M. Mariolle, A. Nikolavitch, E. Anheim, V. Theis et F. Cenni (Glénat)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Saint Louis

Ils ont fait l’Histoire – Saint Louis

Nouvel album de la collection Ils ont fait l’Histoire, Saint Louis fut roi de France de 1226 à 1270 (neuvième monarque de la dynastie des capétiens). Scénarisé par Mathieu Mariolle (Pixie, De sang froid, Nuisible, Shanghai, La Voie du Sabre, Dans la Paume du Diable, Blue Note) et Alex Nikolavitch (La Dernière Cigarette, Spawn Simony, Tengu-Do, Crusades, Burton), l’album bénéficie de l’appui des historiens Etienne Anheim (maître de conférences en histoire du Moyen Âge à l’université de Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines) et Valérie Theis (maître de conférences en histoire du Moyen Âge à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée). L’occasion de parcourir un règne long de 44 ans sous des planches illlustrées par Filippo Cenni (Contes et légendes des régions de France).

Date de sortie : 07 janvier 2015
Auteurs : Mathieu Mariolle, Alex Nikolavitch (scénario), Etienne Anheim, Valérie Theis (historiens) et Filippo Cenni (dessin)
Editions : Glénat / Fayard
Prix : 14,50 € (56 pages) 

Résumé de l’éditeur :

« Ni cette perte, ni autre quelconque, ne saurait me séparer de la fidélité que je dois à mon Dieu ». Louis IX, plus connu sous le nom de Saint Louis, roi de France de 1226 à 1270, est le neuvième monarque de la dynastie des Capétiens. Personnage plus complexe et paradoxal que ce que nous laissent entrevoir les images d’Épinal du bon roi dispensant la justice sous le chêne, Louis IX, élevé dans un respect de la foi et une piété rigoureuse sous la coupe de sa mère Blanche de Castille, a une conception essentiellement religieuse de sa fonction et se voit en monarque idéal d’un royaume chrétien. Cette foi inébranlable qui marque l’ensemble de son règne contribue à faire de lui un Saint de son vivant et l’objet d’une vénération après sa mort ; mais elle incarne aussi sa faiblesse face aux réalités économiques, sociales et politiques de son époque. Avec la collection « Ils ont fait l’Histoire », découvrez en BD, le destin de celui qui marquera le XIIIe siècle dans l’histoire comme le « siècle d’or de Saint Louis. »

Saint Louis

Le point sur l’album :

Louis IX connu sous le nom de Saint Louis était un homme pieux et bon, toujours soucieux du sort des plus faibles et des plus pauvres. Un roi en quête de justice, aimé de ses sujets, qui pourtant ont dû souvent payer le prix fort pour lui permettre de partir en croisade en Terre Sainte. Retraçant l’ensemble de son règne, la BD emprunte sa narration aux Enseignements de Saint Louis, texte composé de conseils du roi à destination de son fils pour bien gouverner tant le royaume que lui-même. C’est par la voix du souverain que le récit est donc conté.

Peut-être insuffisamment romancé, le scénario de Saint Louis avance à travers les époques en se concentrant très principalement sur le roi de France. Bien sûr, on y découvre ses relations avec sa mère, son épouse, son homme de confiance Jean de Joinville ou encore avec le trône d’Angleterre. Malgré cela, le roi est bien isolé tant dans sa charge que dans ce récit. On a du mal à s’identifier car les personnages secondaires ne parviennent pas à s’installer. Il en résulte un effet catalogue où l’on déroule les années marquantes de ce roi qui sortait tant de l’ordinaire.

Filippo Cenni propose un dessin réaliste chargé de détails bienvenus. Son trait fin excelle dans l’art de recréer l’univers de Saint Louis : les costumes d’époques, le physique du souverain, les chateaux, Eglises, villages etc… Un travail méticuleux que l’on ne peut qu’apprécier.

En résumé, Saint Louis souffre d’une mise en scène trop timide mais reste plus agréable qu’un manuel d’Histoire ! Les passionnés y trouveront leur compte.

Ballet Royal de Suède : Juliette et Roméo, Mats Ek, à l’opéra Garnier

7308_Anthony-Lomuljo-Rom-o-Mariko-Kida-Juliette-Photo-Levieux

Photos : © Francette Levieux / Opéra national de Paris

Opéra national de Paris, Palais Garnier du 6 au 10 janvier 2015 

Danseur et chorégraphe suédois, Mats Ek a commencé sa carrière comme metteur en scène de théâtre et n’a opté pour la danse qu’en 1973, lors de son entrée dans le Ballet Cullberg dont il sera le directeur artistique de 1985 à 1993. Il y signera une trentaine de chorégraphies, toutes innovantes.

Sa danse physique et expressive non dépourvue d’humour, s’imprègne de toute la dimension intime, charnelle, guerrière, inhérente aux texte de Shakespeare, qui voit les corps exacerber l’amour fou et le désir ardent, la haine et la trahison, l’injustice et la l’oppression

Ses lectures provocantes de Giselle (1982), du Lac des Cygnes (1987), de La Belle au Bois dormant (1996) ou de Carmen (2002) ont fait sa célébrité. De retour au théâtre dans les années 1990, Mats Ek y fera danser les acteurs. Il travaillera également pour la télévision (La Vieille et la Porte, en 1991, un film ayant sa mère pour interprète).

Pour le 240e anniversaire du ballet royal de Suède en 2013, le chorégraphe crée une nouvelle version de Roméo et Juliette présentée à l’opéra Garnier pour six représentation exceptionnelles, qu’il intitule Juliette & Romeo, mettant ainsi l’accent sur la figure de l’héroïne dont le premier amour interdit en fait une rebelle contre l’ordre établi.

7309_J-r-me-Marchand---Mercutio---Photo-Levieux

Photos : © Francette Levieux / Opéra national de Paris

Elle y incarne cette soif d’aimer immergée dans un environnement hostile marqué par les clivages de la société et l’autoritarisme d’un pouvoir patriarcal qui dressent des clans les uns contre les autres et annihilent toute volonté d’émancipation.

Cette relecture à laquelle il lui préfère aussi la partition de Tchaïkovski – d’une vibration en osmose parfaite avec l’esprit de la narration – à celle de Prokofiev, se révèle une réussite totale. Sa danse physique et expressive non dépourvue d’humour, s’imprègne de toute la dimension intime, charnelle, guerrière, inhérente aux texte de Shakespeare, qui voit les corps exacerber l’amour fou et le désir ardent, la haine et la trahison, l’injustice et l’oppression.

Le tout à l’abri de l’écriture caractéristique du chorégraphe marquée par un jeu de mains aux doigts regroupés et tendus dans le prolongement de la paume comme une pelle, des pieds flex, de grands pliés, des mouvements enroulés, et des ruptures de ton.

La ville des amants maudits se matérialise par un espace glaçant de Magdalena Aberg aux lumières métalliques, constitué de noirs panneaux coulissants qui apparaissent puis disparaissent, s’ouvrent et se referment, au gré de la rébellion qui fait rage et de la défense absolue de leur amour.

7312_Juliette-et-Rom-o-Photo-Levieux-728x368

Photos : © Francette Levieux / Opéra national de Paris

La distribution est au diapason où le final, dans un tableau saisissant d’intensité, parachève son homogénéité et consacre sans détour la mort simultanée des deux amants, à jamais réunis pour l’éternité…

A LIRE