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27e nuit des Molières sur France 2, le 27 avril 2015

LES MOLIÈRES 2014

Crédit photo © Nathalie Guyon – France Télévisions.

Les nommées de la 27e nuit des Molières sur France 2, le 27 avril 2015

les Molières, sous l’égide du président de l’association, Jean-Marc Dumontet,  retrouvent leur format d’origine avec la captation d’une pièce de théâtre en début de soirée “Un petit jeu sans conséquence” de Jean Dell et Gérald Sibleyras – mise en scène par Ladislas Chollat avec Isabelle Gélinas, Bruno Solo, Constance Dollé, Lionel Abelanski et Bruno Salomone – retransmise en direct du théâtre de Paris sur France 2 à 20h55, puis suivie de la remise des prix à partir de 22h30.

Cette 27e cérémonie, enregistrée depuis le théâtre des Folies-Bergère, sera à nouveau présentée par Nicolas Bedos, fort de son succès de l’année dernière, où son humour décomplexé, provocateur et en roue libre, avait renouvelé le genre.

Dix-sept Molières seront décernés, récompensant théâtre privé et théâtre public et pour lesquels le maître de cérémonie rappelle qu’il a horreur des congratulations solennelles et que la soirée, placée sous le regard impertinent des participants avec de nombreuses surprises, est avant tout une émission en faveur de la création théâtrale et de tous ses contributeurs.

Les nominations 2015 ont été ensuite dévoilées où dans la catégorie des prix d’interprétation dans un spectacle du théâtre public, sont nommés les deux comédiens qui ont marqué cette saison :  Emmanuelle Devos, fascinante dans Platonov, mise en scène par Rodolphe Dana, et Micha Lescot (Ivanov), pour son jeu vertigineux à la présence insondable, mise en scène par Luc Bondy et repris à L’Odéon du 8 au 29 avril 2015.

Nominations 2015

Molière du Théâtre Privé

Les Cartes du Pouvoir, de Beau Willimon, mise en scène Ladislas Chollat, Théâtre Hébertot.
Chère Elena, de Ludmilla Razoumovskaïa, mise en scène Didier Long, Théâtre de Poche-Montparnasse.
Des Souris et des Hommes, de John Steinbeck, mise en scène Jean-Philippe Evariste, Philippe Ivancic, Théâtre du Palais-Royal.
La Vénus à la fourrure, de David Ives, mise en scène Jérémie Lippmann, Théâtre Tristan Bernard.

Molière du Théâtre Public

Les Coquelicots des Tranchées, de Georges-Marie Jolidon, mise en scène Xavier Lemaire, Théâtre 14 – Jean-Marie Serreau.
Germinal, de et mise en scène Antoine Defoort et Halory Goerger, L’Amicale de Production – Lille.
Henry VI, de William Shakespeare, mise en scène Thomas Jolly, La Piccola Familia.
Les Particules élémentaires, de Michel Houellebecq, mise en scène Julien Gosselin, Si vous pouviez lécher mon cœur.

Molière du Théâtre Musical

Ali 74 – Le combat du siècle, de et mise en scène Nicolas Bonneau, Cie La Volige.
Cinq de Cœur – Le concert sans retour, de Cinq de cœur, mise en scène Meriem Menant, Théâtre Le Ranelagh.
Les Franglaises, de et mise en scène Les Franglaises, Blue Line Productions, Bobino.
La Grande Duchesse, d’après Offenbach, mise en scène Philippe Béziat, Cie Les Brigands.

Molière de la Comédie

Cher Trésor, de et mise en scène Francis Veber, Théâtre des Nouveautés.
Des gens intelligents, de Marc Fayet, mise en scène José Paul, Théâtre de Paris – salle Réjane.
On ne se mentira jamais! de Éric Assous, mise en scène Jean-Luc Moreau, Théâtre La Bruyère.
Un Dîner d’Adieu, de Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte, mise en scène Bernard Murat, Théâtre Édouard VII.

Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre Privé

Maxime d’Aboville dans The Servant mise en scène Thierry Harcourt
François Berléand dans Deux Hommes tout nus mise en scène Ladislas Chollat
Claude Brasseur dans La Colère du Tigre mise en scène Christophe Lidon
Nicolas Briançon dans La Vénus à la Fourrure mise en scène Jérémie Lippmann

Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre Public

Philippe Caubère dans La Danse du Diable mise en scène Philippe Caubère
André Dussollier  dans Novecento mise en scène André Dussollier et Pierre-François Limbosch
Micha Lescot  dans Ivanov mise en scène Luc Bondy
Olivier Martin-Salvan dans Pantagruel mise en scène Benjamin Lazar

Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre Privé

Myriam Boyer dans Chère Elena mise en scène Didier Long
Fanny Cottençon dans On ne se mentira jamais! mise en scène Jean-Luc Moreau
Marie Gillain dans La Vénus à la Fourrure mise en scène Jérémie Lippmann
Miou-Miou dans Des Gens bien mise en scène Anne Bourgeois

Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre Public

Audrey Bonnet dans Répétition mise en scène Pascal Rambert
Emmanuelle Devos  dans Platonov mise en scène Rodolphe Dana
Émilie Incerti Formentini dans Rendez-vous Gare de l’Est mise en scène Guillaume Vincent
Vanessa Van Durme dans Avant que j’oublie mise en scène Richard Brunel

Molière du Comédien dans un second rôle

Urbain Cancelier dans Le Système mise en scène Didier Long
Florian Choquart dans La Discrète amoureuse mise en scène Justine Heynemann
Romain Cottard  dans Comment vous racontez la partie mise en scène Yasmina Reza
Thierry Frémont dans Les Cartes du pouvoir mise en scène Ladislas Chollat
Arthur Igual dans Le Capital et son singe mise en scène Sylvain Creuzevault
Eric Laugerias dans Nelson mise en scène Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé

Molière de la Comédienne dans un second rôle

Anne Azoulay dans King Kong Théorie mise en scène Vanessa Larré
Léna Bréban dans La Maison d’à côté mise en scène Philippe Adrien
Marie-Christine Danède dans La Colère du Tigre mise en scène Christophe Lidon
Noémie Gantier dans Les Particules élémentaires mise en scène Julien Gosselin
Dominique Reymond dans Comment vous racontez la partie mise en scène Yasmina Reza
Agnès Sourdillon dans Le Malade Imaginaire mise en scène Michel Didym

Molière du Metteur en scène d’un spectacle de Théâtre Privé

Nicolas Briançon pour Voyages avec ma tante
Ladislas Chollat pour Les Cartes du pouvoir
Didier Long pour Le Système et Chère Elena
Roman Polanski  pour Le Bal des Vampires

Molière du Metteur en scène d’un spectacle de Théâtre Public

Julien Gosselin pour Les Particules élémentaires
Caroline Guiela Nguyen pour Elle brûle
Thomas Jolly pour Henry VI
Vincent Macaigne pour Idiot! parce que nous aurions dû nous aimer

Molière de l’Auteur francophone vivant

Éric Assous pour On ne se mentira jamais!
Michel Houellebecq  pour Les Particules élémentaires
Tristan Petitgirard pour Rupture à domicile
Pascal Rambert pour Répétition
Yasmina Reza  pour Comment vous racontez la partie
Sébastien Thiéry pour Deux Hommes tout nus

Molière de la Révélation Féminine

Éléonore Arnaud dans La Discrète amoureuse mise en scène Justine Heynemann
Gaëlle Billaut-Danno dans Célimène et le Cardinal mise en scène Pascal Faber
Roxane Duràn dans Les Cartes du pouvoir mise en scène Ladislas Chollat
Valentine Galey dans L’École des Femmes mise en scène Philippe Adrien
Nathalie Mann dans La Grande Nouvelle mise en scène Philippe Adrien
Marie Rémond dans Yvonne, Princesse de Bourgogne mise en scène Jacques Vincey

Molière de la Révélation masculine

Félix Beaupérin dans Si on recommençait mise en scène Steve Suissa
François Deblock dans Chère Elena mise en scène Didier Long
Alexis Moncorgé dans Le Bonheur des Dames de Zola mise en scène Florence Camoin
David Murgia dans Discours à la Nation mise en scène Ascanio Celestini

Molière Seul/e en scène

Florence Foresti dans Madame Foresti mise en scène Florence Foresti
Jos Houben dans l’Art du Rire
Francis Huster dans Le Joueur d’échecs mise en scène Steve Suissa
Denis Lavant dans Faire danser les alligators sur la flûte de Pan mise en scène Ivan Morane

Molière de la Création Visuelle

Le Bal des Vampires. Décors: William Dudley, costumes: Sue Blane, lumière: Hugh Vanstone
Les Particules élémentaires.  Scénographie: Julien Gosselin, costumes: Caroline Tavernier, Lumière: Nicolas Joubert
La Réunification des deux Corées. Scénographie et lumière: Eric Soyer, costumes: Isabelle Deffin
Le Système. Décors: Bernard Fau, Citronelle Dufay, costumes: Jean-Daniel Vuillermoz, lumière: Laurent Béal

L’exposition Harry Potter à la Cité du Cinéma, c’est maintenant !

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Avis à tous les amoureux de Poudlard, les joueurs de Quidditch et amateurs de bière au beurre : le plus célèbre des sorciers a pris résidence à Saint-Denis pour quelques temps, à la Cité du cinéma.

Bande-annonce et extrait exclusif de Night Call, dispo en DVD et Blu-Ray

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Night Call

Night Call, disponible en DVD et Blu-Ray

Réalisé par Dan Gilroy  (scénariste de Jason Bourne : l’héritage), Night Call est tout juste sorti dans les bacs. Un film multi-nominé (Oscar du meilleur scénario mais également nommé aux BAFTA ou encore aux Golden Globes) qui met en scène Jake Gyllenhaal dans la peau d’un dangereux sociopathe… Vous pouvez d’ores et déjà lire notre avis sur ce film choc ! En attendant, mettez-vous en appétit avec la bande-annonce et un extrait inédit !

Sortie : le 7 avril 2015
Avec :  Jake Gyllenhaal, Rene Russo, Riz Ahmed
Durée : 1h57min
Prix :  17,99 € (DVD) / 20,99 € (BR)

Synopsis :

Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d’images choc qu’il vend à prix d’or aux chaînes de TV locales. La course au spectaculaire n’aura aucune limite.

Bande-annonce :

Extrait exclusif à découvrir ci-dessous :

10ème édition : Les Plages Electroniques sur la plage du Palais des Festivals de Cannes.


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10ème édition : Les Plages Electroniques

Les Plages Électroniques se préparent à débarquer cet été sur la plage du Palais des Festivals de Cannes pour sa 10ème  édition les 17 juillet, 8 et 9 août 2015 !
Cette année, les Plages Électroniques proposent une nouvelle formule en deux temps forts… De quoi ravir les plus fidèles comme les nouveaux venus !

La soirée du 17 juillet accueillera les deux phénomènes Deep House du moment, les new-yorkais The Martinez Brothers et les suisses Adriatique introduit par le niçois Anthony Georges Patrice !

Les Plages Electroniques feront leur révolution « entre ciel et mer », les 8 et 9 août, avec l’apparition d’une seconde scène sur la Terrasse du Palais des Festivals & des Congrès et d’un « village » sur la Croisette.

The Avener, Loco Dice, Joris Delacoix, Tale of Us et Mind Against, Paul Ritch, Adana Twins, El Row, Claptone
ou encore Feder, Monkey Safari, Synapson, New Gang et Osmoz sont attendus pour célébrer comme il se doit ce 10ème anniversaire !

 

Les Plages Electroniques fêtent leur dixième édition ! Depuis 2006, l’événement musical majeur de l’été azuréen a fait de Cannes la destination estivale incontournable pour tous les férus de musiques électroniques bien sûr, mais aussi pour un public bien plus large. Célébration oblige, cette année les «Plages Electro» proposent une nouvelle formule en deux temps forts. Côté programmation artistique, de nombreux grands producteurs se sont laissés séduire, on citera pèle mêle The Avener, Loco Dice, Joris Delacroix, Tale of Us ou encore The Martinez Brothers.

Vendredi 17 Juillet, #Plagistes seront accueillis «les pieds dans le sable» avec une programmation paradisiaque : les deux phénomènes Deep House du moment, les new-yorkais The Martinez Brothers et les suisses Adriatique pour un moment musical inoubliable introduit par le niçois exilé à Paris Anthony Georges Patrice. Une autre belle surprise sera annoncée dans les semaines à venir.

Le week-end du samedi 8 et dimanche 9 août, les Plages font leur révolution «entre ciel et mer» avec l’apparition d’une seconde scène sur la Terrasse du Palais des Festivals & des Congrès et d’un «village» sur la Croisette.

Deux scènes et des artistes d’exception pour fêter dignement cette étape symbolique : le producteur niçois The Avener, qui déchaîne les foules tout autour du globe avec le titre Fade Out Lines, le dj allemand Loco Dice, réputé depuis plus de vingt ans pour la spontanéité de ses prestations scéniques, Joris Delacoix, le petit prince français des dancefloors, les deux duos italiens Tale of Us et Mind Against, Paul Ritch et sa deep techno unique et trop rare, la douceur des jumeaux Adana Twins, la troupe El Row, after barcelonais légendaire et son ambiance fantasque, le mystérieux Claptone et son masque vénitien… Sans oublier les traditionnelles découvertes du festival, Feder, Monkey Safari, Synapson, New Gang et Osmoz

Let’s Celebrate !

 

Ivanov d’Anton Tchekhov, mise en scène de Luc Bondy, à Paris

 

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© Thierry Depagne

Odéon – Théâtre de l’Europe du 8 au 29 avril – 3 h 40 avec entracte

Ivanov, l’un des plus grands succès d’Anton Tchekhov, est une pièce de jeunesse dans laquelle l’architecture et les thèmes tchekhoviens sont présents. On y côtoie déjà la vacuité de l’existence et l’empêchement à se réaliser où Ivanov est la figure centrale, radicale et noire. Où tout l’enjeu dramaturgique se concentre sur cette question : Vivre, comment est-ce possible ? dans une fuite en avant aussi absolue qu’illusoire.

[pull_quote_center]Une mise en scène captivante et éclairante, si naturellement inscrite dans la puissance du texte et de son organique incarnation.[/pull_quote_center]

Il a essayé d’agir, il a essayé d’aimer, de recommencer avec une autre femme mais rattrapé par la condition humaine, Ivanov a échoué. Là ou même sa première épouse, une jeune juive, qui a renoncé à ses origines pour le suivre, n’est plus pour lui qu’une ombre appartenant au passé et dont le désamour, l’indifférence face à sa maladie, la consument chaque jour un peu plus.

A trente-cinq ans, c’est donc un homme fini, épuisé par toutes ses tentatives avortées, déçu par sa vie amoureuse et familiale, sans énergie et sans volonté. On pourrait rapprocher Ivanov d’un héros romantique par son indécision, sa difficulté à agir, son aspiration à vivre autre chose, son ennui, et la souffrance que tous ces sentiments font naître. Cependant, pour Tchékhov, il n’est pas un héros romantique, il est simplement un homme ordinaire enfermé dans sa lassitude et son indécision. Il n’y a pas chez Ivanov de complaisance dans la souffrance mais une lucidité extrême qui le paralyse et l’épuise.

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Les ragots, l’inquiétude liée à son état, le fardeau d’une forme d’impuissance le détruisent peu à peu où un fort sentiment de culpabilité l’assaille et qui n’est pas seulement lié au décès d’Anna Pétrovna. Il évoque, en effet, constamment une faute qu’il aurait commise mais dont il ignore tout. Il ne comprend pas ce qui lui arrive, il ne se comprend plus, il est comme étranger à lui-même. Aujourd’hui, nous dirions qu’il souffre de dépression ou de burn-out, ce mal contemporain dont l’emprise face à trop d’urgences contradictoires et d’obstacles insurmontables, anéantit le corps et l’esprit.

[pull_quote_right]Micha Lescot (Ivanov) est vertigineux dans un jeu à la présence insondable où ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, il incarne cet homme complexe, ambigu et accablé, porté par une désespérance abyssale.[/pull_quote_right]

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Et si ce héros négatif, cet anti-héros en proie au doute et au nihilisme, est foncièrement inadapté, déconcertant – traînant sa lassitude au milieu de l’agitation vaine et sans appel des autres personnages livrés à leur vide existentiel – prisonnier de sa lâcheté et de son impuissance face à l’existence, il n’en demeure pas moins foncièrement honnête et impartial dans le dégoût qu’il a de lui-même nous renvoyant à ce qu’il a été et ce qu’il aurait voulu être.

Mais la pièce est aussi l’évocation féroce d’un ordre sociétal en perdition, porteur d’immobilisme, d’enlisement, et animé de sentiments vils où la cohésion du groupe nourrit le drame individuel car si Ivanov porte en lui l’impossibilité d’être seul, il fustige également et sans ménagement l’horreur d’être ensemble.

A travers des personnages secondaires, nous est dépeint une société de petits bourgeois provinciaux décadente et aveuglée par sa bêtise, sa méchanceté, son hypocrisie, sa roublardise, et son antisémitisme que le mise en scène pertinente de Luc Bondy fait cruellement entendre.

Avide d’argent, de plaisirs et de ragots, ils sont tous dépendants les uns des autres, se montrant incapables d’exister par eux-mêmes et de se réaliser individuellement.

Entre comédie et tragédie, l’écriture du dramaturge se révèle fiévreuse, puissante, consumée dans un étirement où se mêle l’amertume, la lâcheté, la lucidité, la mélancolie, la noirceur et la perte.

Le décor saisissant de Richard Peduzzi offre un espace tourné à la fois sur l’extérieur et l’intérieur dont sait jouer Luc Bondy avec des plans serrés et des plans larges très visuels. Le tout mêlant habilement la perdition individuelle – avec notamment cette scène mémorable qui voit Ivanov s’avancer vers le public, toute lumière de la salle rallumée, et le prendre à partie – à celle du groupe et son dépérissement à l’abri de scènes d’anniversaire et de mariage ratées, implacablement vouées à l’échec.

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Les 14 comédiens mériteraient tous d’être cités. Micha Lescot (Ivanov) dont on se souvient de son Tartuffe déjà dirigé par Luc Bondy, est vertigineux dans un jeu à la présence insondable où ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, il incarne cet homme complexe, ambigu et accablé, porté par une désespérance abyssale. Sa femme (Marina Hands) a la grâce vibrante de celle qui veut encore y croire. Christiane Cohendy est irrésistible en baronne pingre tandis que Marcel Bozonnet, son mari, excelle dans le rôle de Lebedev à l’ivrognerie amicale et chaleureuse, père de Sacha (Victoire Du Bois) qui donne à son personnage une impulsivité fragile et aux abois. Quant à Yannik Landrein, il compose intensément le docteur Lvov, sûr de ses vérités moralisatrices, en un fanatique prédicateur et Ariel Garcia Valdès se révèle formidable dans l’incarnation du comte Chabelski, vieil aristocrate décadent, cynique et odieux.

Une mise en scène captivante et éclairante, si naturellement inscrite dans la puissance du texte et de son organique incarnation…

Orlando ou l’impatience, texte et mise en scène d’Olivier Py, à Paris

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Théâtre de la Ville du 8 au 18 avril 2015

Olivier Py aime passionnément les mots, les acteurs et le théâtre. Et c’est réjouissant car il sait respectivement les manier, les diriger et en faire œuvre.

En témoigne son spectacle fleuve « Orlando ou l’impatience », une pièce de 3h20 aux allures de  « métacomédie » et présentée au Théâtre de la Ville après avoir fait l’ouverture du dernier Festival d’Avignon  dont il est le directeur.

A l’abri de répliques bien senties, de fulgurances poétiques, une autodérision assumée, et une réflexion engagée sur le théâtre et sa nécessité, le tout parfaitement dirigé et orchestré, Olivier Py signe un spectacle vibrant et citoyen, bravo !

A travers la quête du personnage éponyme – Orlando, qui se lance sur les traces d’un père qu’il n’a pas connu –, c’est à la question essentielle de la place du théâtre aujourd’hui et de son rapport au monde : politique, spirituel, intime qui le déborde nécessairement, auquel l’auteur-metteur en scène passionné/passionnant nous convie avec force et sincérité à travers de longues tirades inspirées, fantasques et drôles.

Avec aussi en toile de fond, la perte des grandes figures d’autorité où les artistes ne cessent de se chercher des pères, de les convoquer mais pour mieux les remettre en question.

Le jeune Orlando (excellent Matthieu Dessertine) cherche donc désespérément son père (impérial Philippe Girard) et entretient une relation amoureuse fébrile avec Gaspard (François Michonneau très émouvant). Sa mère, une actrice tragédienne exubérante (ravageuse Mireille Herbstemeyer), le mène sur de fausses pistes, l’entrainant dans des questionnements existentiels et propices à interroger la place de l’art, de l’ego à travers un metteur en scène autoritaire, des formes théâtrales, du pouvoir politique et son ingérence loufoque, impétueuse en matière culturelle représentée par un ministre de la culture (irrésistible Eddie Chignara), du sexe, de la croyance religieuse et philosophique.

On notera également la présence d’un personnage ubuesque, à l’instar d’un fou du roi magistralement interprété par Jean-Damien Barbin, qui constitue le fil rouge du spectacle, impressionnant de drôlerie et de rouerie.ORLAND2-500x333

© Christophe Raynaud de Lage

La scénographie (Pierre-André Weitz) est composée d’une scène carrée sur roulettes reconstituant des espaces intérieurs et mobiles en fonction de l’évolution de l’introspection du protagoniste qui emprunte à tous les personnages avec des panneaux de décor peints et représentant des rues de New-York.

A l’abri de répliques bien senties, de fulgurances poétiques, une autodérision assumée, et une réflexion engagée sur le théâtre et sa nécessité, le tout parfaitement dirigé et orchestré, Olivier Py signe un spectacle vibrant et citoyen, bravo !

Le petit homme, un film de Sudabeh Mortezal

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37Le petit homme, un film de Sudabeh Mortezal

Le petit homme, un film de Sudabeh Mortezal

Sudabeh Mortezal avait déjà réalisé deux courts-métrages (Les enfants du prophète et Les Noces persanes). Le petit homme est son premier long métrage. Le titre original du film est Macondo, nom d’un camp de réfugiés près de Vienne. Ce film est une fiction mais la réalisatrice s’est inspirée d’histoires réelles de ce camp où vivent actuellement près de 2000 réfugiés. Elle-même a connu ce camp à l’âge de douze ans.

Sortie le : 25 mars 2015

Durée : 1h38

Avec : Ramasan Minkailov

Synopsis :

A 11 ans, Ramasan est déjà un homme sous ses allures de petit garçon. Réfugié en Autriche avec sa mère et ses deux soeurs, il essaie de remplacer du mieux qu’il peut son père mort en Tchétchénie. L’arrivée d’Issa, un ancien ami de son père, va bousculer son quotidien.

Le petit homme, un film de Sudabeh MortezalLe petit homme, un film de Sudabeh Mortezal

Sudabeh Mortezal a tourné son film, Le petit homme, à l’intérieur du camp avec des acteurs non professionnels qui habitaient la plupart dans ce camp.

La maman de Ramasan, 11 ans, demande l’asile politique, en France. Son mari est mort en Tchéchénie. Elle ne parle pas français et c’est Ramasan qui lui sert d’interprète.

Non seulement Ramasan est parfaitement bilingue, mais il se sent responsable de ses deux petites sœurs. Sa maman travaille et rentre tard. Ramasan est devenu l’homme de la famille. Son père, il ne l’a quasiment pas connu.

Rien d’exceptionnel au niveau du scénario. Ramasan va être entrainé par une bande de copains et va faire « des bêtises »… Un ami de son père apparaît bizarrement et va s’attacher à cet enfant.

L’intérêt du film réside plutôt dans la véracité des faits, cad la vie quotidienne dans un camp de réfugiés, avec toutes les difficultés que cela entraine. Et plus finement la vie d’un enfant qui est obligé de vieillir d’un seul coup.

Belle musique, et très beaux jeux d’acteurs.

Le film Le petit homme a été nominé 9 fois au Festival de Berlin 2014. Très dommage qu’il n’ait rien emporté car le petit Ramasan Minkailov est tout simplement époustouflant !

Bande annonce du Film : Le petit homme :

Rosario, une BD de Carlos Sampayo et Claudio Stassi (Ankama)

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Rosario

Rosario, une BD de C. Sampayo et C. Stassi 

Polar mafieux qui nous emmène en plein coeur de l’Argentine des années 30, Rosario est une BD écrite par Carlos Sampayo (Alack Sinner, Le Bar à Joe, Billie Holiday, Carlos Gardel…) et illustrée par Claudio Stassi (Chronique d’une mafia ordinaire, C’est pour ça que je m’appelle Giovanni). On y découvre une Argentine gangrénée par le chaos politico-mafieux, où la guerre menée par les anarchistes pour renverser la situation fait rage.

Date de parution : le 20 mars 2015
Auteurs : Carlos Sampayo (scénario) et Claudio Stassi (dessin)
Editeur : Ankama
Prix : 14,90 € (80 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Rosario est une ville fluviale du Sud de l’Argentine à la limite du fleuve Paraná. Nous sommes en 1930, et un coup d’État vient d’installer José Felix Uriburu à la Nation d’Argentine. En plein cœur d’une politique répressive et dictatoriale, le jeune violoniste Rogelio se souvient de comment il est tombé follement amoureux d’une jeune femme qui s’avéra être une prostituée, Raquelita, et de comment il a dû s’allier aux forces anarchistes pour l’extirper du milieu mafieux, en ligue avec le pouvoir.

Rosario planche

Le point sur l’album :

C’est dans ce contexte qu’un violoniste recherche désespérément la femme qu’il aime, mystérieusement disparue. Dans ses pérégrinations, il va fortuitement faire la rencontre d’une autre femme, la fille d’un parrain de la mafia. Il va alors mettre le doigt dans un engrenage qu’il va difficilement contenir… Un récit sombre et original, où l’on voit un homme désoeuvré tenter de sortir du piège de la mafia tout en sauvant sa dulcinée. Le scénario de Carlos Sampayo souffre d’un découpage trop haché, qui enlève une fluidité de lecture qui aurait été bienvenue dans ce polar. Une histoire qui cherche son rythme sans donner l’impression de le trouver.

Si l’intrigue est quelque peu érodée par une narration un peu lourde (peut-être due à sa traduction), le dessin charbonneux de l’italien Claudio Stassi ne facilite pas la tache. Si son style graphique est plutôt plaisant, sa lisibilité reste moyennement satisfaisante. On a du mal à distinguer clairement les personnages (et il y en a !) malgré une certaine finesse d’exécution. Ces derniers ont tendance à se ressembler, à s’habiller de façon identique etc… Les sensations auraient pu être tellement meilleures !

Avec un pitch qui donne l’eau à la bouche,Rosario déçoit par de trop nombreuses maladresses d’exécution. Un peu dommage…

The Mirror, un film de Mike Flanagan (DVD)

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The Mirror Mike Flanagan

The Mirror, bientôt en DVD

Réalisé par Mike Flanagan (Absentia, Before I wake), The Mirror est un film d’horreur à l’esthétique très léchée, où deux frère et soeur se retrouvent après quelques années pour mettre un terme aux pouvoirs maléfiques d’un miroir… à l’origine du massacre de leurs parents. Portant Karen Gillan (Les Gardiens de la Galaxie, Doctor Who) à l’écran avec Brenton Thwaites dans le rôle du frère, ce film de genre est une petite révélation.

Sortie : le 15 avril 2015
Avec :  Karen Gillan, Brenton Thwaites, Katee Sackhoff, Rory Cochrane
Durée : 1h40min
Prix :  19,99 € (DVD/BR)

Synopsis :

Après avoir passé 10 ans en institut psychiatrique, Tim, 21 ans, retrouve la liberté. Alors qu’il souhaite tirer un trait sur la mort violente de ses parents, l’événement à la source de son internement, sa soeur, Kaylie lui rappelle qu’ils s’étaient autrefois promis d’enquêter sur les causes mystérieuses de ce drame. Elle achète alors le miroir qui aurait précipité leurs parents dans une démence diabolique…

The Mirror Mike Flanagan

Notre avis sur le film :

A la fois captivant et énigmatique, le scénario de The Mirror est particulièrement élaboré. Si toute l’histoire est centrée sur le miroir et ces deux frère et soeur, elle est aussi magistralement mise en scène dans une superposition temporelle fascinante (et superbement filmée). Enfermés dans leur maison d’enfance, où leurs parents sont morts, ils vont tenter de provoquer le miroir dont ils soupçonnent être à l’origine. Un huis clos s’orchestre alors, dans lequel les personnages revivent la journée du massacre de leurs parents lorsqu’ils étaient enfants tandis qu’ils sont eux-mêmes l’objet d’une traque terrifiante menée par le miroir.[pull_quote_right]The Mirror créé la surprise.[/pull_quote_right]

Venus pour se venger de ce dernier, et tenter de le briser en détournant son pouvoir psychique, les deux jeunes gens vont vite sombrer dans la psychose, emportant le spectateur avec eux. Ne distinguant plus le vrai du faux – fruit de l’imaginaire créé par le miroir – on sombre dans un dédale aux dimensions temporelles enchevêtrées et complexes où l’intrigue se dédouble avec beaucoup de génie. Un suspens d’une intensité rare, qui aboutit sur quelques scènes sanglantes assez horribles.

S’ajoute à cela la superbe réalisation de The Mirror, qui démontre un sens aigu de l’esthétisme. Une expérience visuelle de grande qualité.

The Mirror créé la surprise. Un film à voir d’urgence. Vous êtes néanmoins avertis… Pas sûr qu’il y aura des rescapés !

Les bonus du DVD : 

Court métrage : « Oculus: Chapter 3 – The Man with the Plan » de Mike Flanagan, à l’origine du film « The Mirror » (2006 – 32′ – VOST)

La partie de chasse, un livre de Isabel Colegate

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La partie de chasse

La partie de chasse, un livre de Isabel Colegate

Isabel Colegate est anglaise, née en 1931 et vit actuellement dans le Norfolk.

Elle écrit son premier livre à 19 ans mais c’est avec La partie de chasse, publiée pour la 1ère fois en 1980, et chez Belfond en 1987, qu’elle connaît un grand succès. Le livre fut même adapté au cinéma. Isabel Colegate est membre de la Royal Society of Literature.

Publié aux Editions Belfond Vintage en mars 2015

280 p – 15€


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Le coeur du roman est bien évidemment une partie de chasse, au début du XXème siècle, avec des personnages, hauts en couleurs ! On est plongé dans un monde aristocratique étonnant, celui de Sir Randolph, riche propriétaire terrien, et des « ladys » très ladys et mondaines, avec des toilettes qui reflètent bien la personnalité de chacune.

Une écriture très lisse, avec de nombreux détails qui nous permettent d’imaginer ce qui se trame en chacun des personnages. Peu à peu, la chasse passe au second plan et on ne quitte plus le livre et ses personnages hors du commun.

Ce livre est devenu un « classique » de la littérature anglaise ! Il paraît qu’il aurait même inspiré Julian Fellowes pour la série « Downton Abbey »…

La partie de chasse vient d’être rééditée aux Editions Belfond, dans la collection Roman (vintage)

Résultats concours : Les Tambours du Bronx, 4 places de concert gagnées.

A l’occasion du concert des Tambours du Bronx, à Paris, à La Cigale, le 7 avril 2015, Publik’Art vous a offert la chance de gagner :

2×2 places de concert le 7 avril à La Cigale à Paris

 

Vous avez été très nombreux à participer. Bravo à tous !

Les deux heureux gagnants sont :

Léonard Roger et Daphné Tavoularis.

 

Notre partenaire vous contactera très rapidement pour vous donner la marche à suivre pour assister au concert.

 

Très bon concert à tous !

 

DoggyBags, tome 7 : quand le comics frenchy éclabousse (Ankama)

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DoggyBags tome 7

DoggyBags, tome 7

Composé de trois récits coups de poing, ce septième volume de DoggyBags fait une nouvelle fois dans la générosité et le sang. Un florilège à la violence 100% graphique, servi par des duos diablement efficaces : Run & François Amoretti sur Welcome Home Johnny, Hasteda & Mëgaboy sur Lupus, et Hasteda Mathieu Bablet sur Wintekowa.

Date de parution : le 13 mars 2015
Auteurs : Run, Mathieu Bablet, François Amoretti, Mëgaboy, Hasteda
Editeur : Ankama
Prix : 13,90 € (112 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Amateurs d’hémoglobine et de frissons, ce volume 7 de DoggyBags vous propose un voyage inoubliable au cœur de contrées hostiles en tous genres. Au programme de votre visite : une nuit mémorable dans un relais routier en Roumanie, où vous aurez la chance de découvrir la faune locale (“Lupus”, par Hasteda et mëgaboy) ; une fête infernale dans le fin fond du Texas post-11 septembre (“Welcome home Johnny”, par Run et François Amoretti) ; et une expédition dans les montagnes ontariennes pour traquer d’éventuelles créatures légendaires (“Wintekowa”, par Hasteda et Mathieu Bablet). Enjoy your trip!

DoggyBags tome 7 planche

Le point sur l’album :

Phénomène assez original dans le paysage éditorial français, DoggyBags est une série qui propose dans chacun de ses albums – au format comics – trois histoires complètes. Dans ce septième volume, les auteurs convoquent à nouveau le carnage.

Welcome Home Johnny s’inspire d’un terrible fait d’hiver pour transformer une foule en un gigantesque monstre destructeur qui va anéantir un jeune soldat américain revenu dans son Texas natal. Un récit écrit avec beaucoup de punch par Run (Mutafukaz) et illustré tout en finesse mais non en sobriété par François Amoretti (Alice aux pays des merveilles, Burlesque Girrrl). Le résultat est diablement efficace. [pull_quote_right]Un DoggyBags de plus à garder près de vous et loin des enfants.[/pull_quote_right]

Vient ensuite Lupus, sur un scénario malin de Hasteda et le dessin fougueux de Mëgaboy. Deux auteurs prometteurs, qui livrent un remake d’une nuit en enfer façon aire d’autoroute. Avec un dénouement crunchy, on passe un bon moment où action et horreur nous bousculent délicieusement.

C’est enfin au tour de Wintekowade conclure ce dernier volume de DoggyBags. Là encore signé par Hasteda au scénario, le dessin est cette fois servi par Mathieu Bablet (La Belle Mort). Un graphisme ingénieux, où le trait délicat de l’illustrateur est mis en valeur par des codes couleurs intéressants. Réservant également un joli final, Hasteda montre qu’il maîtrise le sujet : du gore, du suspens, et de l’horrifique toujours inspiré.

Bref, voilà donc un album que vous pouvez emmener partout avec vous. Un DoggyBags de plus à garder près de vous et loin des enfants.

Concert du groupe Camp Claude, au Point Éphémère, à Paris, le 9 avril

Camp Claude

Camp Claude

Un nouveau titre et un concert au Point Éphémère pour Camp Claude
Il est question de mariage et de liberté. De beats et de sensualité.
Des extrêmes qui se mélangent harmonieusement au sein du groupe Camp Claude.
Un EP (« Hurricans »), un nouveau titre, un concert Parisien très attendu et un album en gestation.

Camp Claude

Camp Claude

Tout d’abord le mot camp, pour la nostalgie des camps d’été, mais sans la connotation tristesse des souvenirs enfouis, juste leur luminosité. Puis c’est l’évocation de la mixité grâce au prénom : Claude, deuxième prénom de la chanteuse Diane Sagnier.
La fusion et la recherche artistique ont poussé le groupe, après des premiers titres quelque peu électrisés par les guitares, à se lancer dans des sons plus électro.
Il reste la France et l’Amérique, pour les origines culturelles du groupe, mais il y a désormais aussi la fusion avec l’Angleterre et la Suède, comme un soupçon de new wave.

Après des chansons comme « Lost and found », qui ont la saveur des récits de vacances, Camp Claude a su s’entourer d’influences extérieures pour bondir dans un style évoquant plus les voyages dans l’espace et les mystères du mental.
On y retrouve cette voix douce et langoureuse, qui ressort des profondeurs interstellaires des compositions de Mike Giffts et Leo Hellden.
Le nouveau morceau « Blow » nous offre une énergie qui pointe sur des accords lointains, un espoir qui émerge d’une forme de désillusion. Un moyen de s’échapper aussi bien pour l’auditeur que pour la chanteuse qui semble tranquillement s’enflammer dans le clip. Comme pour sécher le speen, la fatalité et les comparaisons.

Car Camp Claude, à l’image de Christine and the Queens, c’est un groupe qui chante en anglais et mélange les genres.
Mais CC semble plus libre, moins monarchique, plus onirique.
Le groupe nous invite d’ailleurs à nous échapper et comment ne pas y succomber grâce à la qualité de leurs morceaux et la beauté naturelle de sa chanteuse.
A vérifier sur la scène du Point Éphémère le jeudi 9 avril.

Sacrifices of War, un film de Zhang Yimou (DVD)

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Sacrifices of War, film de Zhang Yimou en DVD

Réalisé par l’immense Zhang Yimou (Hero, Le Secret des poignards volants, La Cité interdite, The Target), Sacrifices of War porte à l’écran un acteur américain au beau milieu d’un massacre perpétré par les japonais en Chine en 1937 : Christian Bale (Batman Begins…). Un acteur planétaire qui vient donner une dimension nouvelle à sa carrière avec cette expérience chinoise en immersion totale. Sensations garanties.

Sortie : le 18 mars 2015
Avec :  Christian Bale, Xinyi Zhang, Tianyuan Huang
Durée : 2h26
Prix :  19,99 € (DVD/BR)

Synopsis :

Décembre 1937, les Japonais envahissent la Chine et massacrent tous ceux qui fuient. Au milieu de ce chaos un homme ordinaire va devenir un héros..

Sacrifices of war photo

Notre avis sur le film :

Intitulé dans sa version d’origine The Flowers of War, le film de Zhang Yimou raconte l’histoire poignante d’un croque-mort américain débarqué à Nankin, en pleine guerre sino-japonaise. Nous sommes en 1937 et les japonais sont en train de renverser la ville. Venu pour embaumer un prêtre décédé accidentellement, le personnage de Christian Bale va devoir prendre sous sa protection les occupants du couvent en question. Des jeunes filles perdues, auxquelles va se joindre un groupe de prostituées. Un film brillamment adapté du livre The 13 Women of Nanjing de Geling Yan.[pull_quote_right][U]n film incroyablement léché.[/pull_quote_right]

Confronté aux atrocités de la guerre et aux redoutables choix de survie qu’elle oblige à faire, le spectateur est littéralement happé par la puissance de Sacrifices of War. Un scénario haletant qui fait la démonstration d’une grande maîtrise, notamment dans sa mise en scène où l’esthétisme tient une place de choix. Les moyens ont été déployés pour un résultat d’exception puisque le film est à ce jour le plus cher de l’histoire du cinéma chinois (94 millions de dollars). Et force est de reconnaître que Sacrifices of War est un film incroyablement léché.

Un film poignant servi par des acteurs sublimes, qui donnent profondeur et crédibilité à cette histoire terrifiante.

En conclusion, Sacrifices of War est un condensé de ce qui se fait de mieux dans le genre. Un film de guerre qui allie force et sensibilité avec une extrême efficacité.

Les bonus du DVD : 

Making of (93′)
Interview de Christian Bale et Zhang Yimou (9′)

Bob l’éponge – Bienvenue à Bord (DVD)

Bob l'éponge - Bienvenue à Bord

Bob l’éponge – Bienvenue à Bord dispo en DVD

Comme son nom l’indique, Bob l’éponge – Bienvenue à Bord compile les premiers épisodes du trublion des mers et ses amis. Extraits de la première saison de Bob l’éponge, diffusée aux États-Unis du 1er mai 1999 au 8 avril 2000 sur Nickelodeon, les 14 épisodes répartis sur deux DVD retracent les moments clés des débuts de l’éponge la plus célèbre de la planète (loin devant Spontex).

Sortie : le 4 février 2015
Durée : 264min
Prix :  14,99 € (DVD)

Synopsis :

Mignon à croquer, tendre et drôle, Bob l’éponge est un personnage pétillant. Vivant au fond de l’océan à Bikini Bottom, Bob l’éponge distille avec le savoir-faire des studios Nickelodeon un second degré de clins d’oeil et de parodies. Retrouvez-le dans ses nouvelles aventures !…

Bob l'éponge - Bienvenue à Bord

Notre avis sur le DVD :

Cette sortie vidéo permet un petit retour en arrière sympathique en compagnie d’un véritable phénomène de la culture pop. Le tout premier épisode de la série commence évidemment par l’embauche de Bob l’éponge dans le restaurant du Capitaine Krabs. Un employé qui se donnera toujours à fond pour remporter le titre d’employé du mois. Les débuts de l’aventure la plus loufoque de l’histoire des dessins animés, voire de l’Histoire tout court.

C’est un plaisir de retrouver ce personnage culte et attachant, dans cette série délirante. On regrette toutefois de ne pas avoir la totalité des 41 épisodes de la première saison, dont les 14 sélectionnés ne respectent pas toujours la chronologie…

Bob l’éponge – Bienvenue à Bord est néanmoins une jolie boîte à souvenirs. Et le petit bonhomme jaune n’a pas pris une ride.

Liste des épisodes : 

14 épisodes
DVD 1 – Bienvenue à bord !
1. Bienvenue à bord
2. L’employé du mois
3. La nouvelle éponge
4. Tout ce qu’un employé doit savoir
5. Échange de chefs
6. Le critique gastronomique
7. La machine à pâtés
DVD 2 – Pâtés blagueurs
8. La clé du coffre-fort
9. La recette secrète
10. Pâté, « Patty »
11. Plankton… et les voleurs de pâtés de crabes
12. Le pâté, c’est fun !
13. La recette du pâté de crabe
14. Les Krabs Saucisses

Les Aventures de Loïs, tome 7 : une BD de Jacques Martin, Pierre Valmour et Olivier Pâques (Casterman)

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Les Aventures de Loïs tome 7

Les Aventures de Loïs, t. 7 : La Prisonnière de l’archange

Créée par Jacques Martin (Alix, Lefranc…) – scénariste culte pour tout amateur de bande-dessinée historique – Les Aventures de Loïs est une série dessinée par Olivier Pâques (qui a également travaillé sur la série Lefranc). Et c’est Pierre Valmour qui continue d’assurer la relève du scénario en chargeant cette fois Loïs de retrouver la fille de Louis XIV, prisonnière de l’archange….

Date de parution : le 25 mars 2015
Auteurs : Jacques Martin, Pierre Valmour (scénario) et Olivier Pâques (dessin)
Editeur : Casterman
Prix : 10,95 € (48 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Automne 1684, un vent de révolte souffle sur le Royaume de France. Un mystérieux groupe de cavalier, se faisant appelé « L’Archange » enlève Marie-Anne de Bourbon, la fille préférée de Louis XIV au cours d’une partie de chasse dans la forêt de Marly. Louvois, Ministre de la Guerre, charge Loïs de retrouver la fille du Roi et de la ramener, saine et sauve, dans la plus grande discrétion. L’aventure va le mener jusqu’aux remparts du Mont Saint Michel d’où semble naître une terrible rébellion.

Les Aventures de Loïs tome 7 planche

Le point sur l’album :

Tirant habilement la ficelle complotiste, Pierre Valmour met en scène l’enlèvement de la fille du roi par une milice se faisant appeler L’Archange. Un kidnapping qui prépare en fait une révolte contre la monarchie en place. Loïs va devoir faire vite et la retrouver au plus vite, même s’il faut aller jusqu’aux remparts du Mont Saint Michel. Un scénario rythmé d’une course-poursuite haletante, où de nombreux dangers guettent notre héros.

Quant au dessin réaliste d’Olivier Pâques, il est fait d’un trait fin assez généreux en détails, mais qui manquent de précision, notamment lorsqu’il s’agit d’habiller les visages d’expressions opportunes. On prend néanmoins plaisir à parcourir les planches de l’album, qui offrent une belle lisibilité aux nombreuses scènes d’action.

Loïs compte une aventure de plus à son tableau de chasse et ce n’est pas pour nous déplaire. La promesse d’un moment de détente en bonne compagnie.

Les Royaumes du Nord, tome 1 : une BD de Stéphane Melchior-Durand et Clément Oubrerie (Gallimard)

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Les Royaumes du Nord tome 1 BD

Les Royaumes du Nord, tome 1

Adapté de l’oeuvre de Philip Pullman, chef-d’œuvre de la fantasy anglaise, Les Royaumes du Nord est une bande-dessinée scénarisée par Stéphane Melchior-Durand (Raiju, Raiden, Gatsby le magnifique) et illustrée par Clément Oubrerie (Aya de Yopougon, Zazie dans le métro, Jeangot, Pablo). Primé lors du dernier Festival International de la Bande-Dessinée d’Angoulême (Fauve d’Angoulême 2015 – Prix Jeunesse), ce généreux premier album débute une aventure enthousiasmante !

Date de parution : le 11 septembre 2014
Auteurs : Stéphane Melchior-Durand (scénario) et Clément Oubrerie (scénario et dessin), d’après l’œuvre de Philip Pullman
Editeur : Gallimard
Prix : 17,80 € (80 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Élevée par les vieilles barbes du Jordan College à Oxford, la jeune Lyra ne pense qu’à faire les quatre cents coups avec son ami Roger, le garçon des cuisines, et rêve secrètement de suivre son oncle, le ténébreux Lord Asriel, vers les royaumes du Nord. L’aventure la rattrape plus tôt que prévu, alors que Roger disparaît, probablement enlevé par les mystérieux Enfourneurs.

Les Royaumes du Nord tome 1 BD planche

Le point sur l’album :

C’est en compagnie de Lyra, héroïne pétillante, que nous partons à l’aventure à la recherche de son ami Roger, kidnappé par d’hypothétiques Enfourneurs assoiffés de sangQuittant le Jordan College où elle était éduquée, la jeune fille va se retrouver sous l’autorité d’une certaine Madame Coulter. Une femme qui cache un comportement au moins étrange, sinon inquiétant. Là, elle découvrira ses origines et l’identité de ses parents qu’elle croyait morts dans un accident.

L’univers fantastique de A la croisée des mondes est brillamment exploré. Peuplé de créatures magiques et d’intrigues imaginaires sans doute difficiles à mettre en scène, les auteurs relèvent le défi de l’adaptation d’une trilogie très dense. Un scénario maîtrisé, qui nous plonge sans transition dans le vif du sujet. Avec ce premier album, Les Royaumes du Nord vont droit au but.

On s’émerveille notamment du dessin de Clément Oubrerie dont le trait fin à l’irrégularité mesurée vient vivifier le récit. Subtilement mises en couleur, les planches cultivent un style naturel appréciable. Les auteurs ont par ailleurs trouvé le bon équilibre entre dessin et texte.

Les Royaumes du Nord débutent donc avec un premier album convainquant, qui plaira aux grands comme aux petits. A découvrir, que vous connaissiez ou non l’oeuvre originelle.

L’Encyclopédie des débuts de la terre, une BD d’Isabel Greenberg (Casterman)

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L'Encyclopédie des débuts de la terre

L’Encyclopédie des débuts de la terre

Très bel ouvrage d’Isabel Greenberg, L’Encyclopédie des débuts de la terre est aussi un fabuleux voyage aux confins de l’Histoire de l’humanité. Multipliant les références aux mythes de nos civilisations, l’auteur – qui signe sa première bande-dessinée – se révèle être une grande conteuse d’histoire. Un récit où l’on suit un jeune garçon venu du Nord, traverser les continents à la recherche d’une partie de son âme perdue… Pour survivre durant son périple, le nordiste va utiliser ses talents de conteur et narrer les histoires les plus fantastiques aux étrangers qu’il rencontrera.

Date de parution : le 7 janvier 2015
Auteur : Isabel Greenberg (scénario et dessin)
Editeur : Casterman
Prix : 24,00 € (176 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Depuis une île lointaine, nous suivons le voyage mouvementé d’un jeune garçon qui a perdu une partie de son âme et tente de la retrouver. Pour déjouer les coups du sort et se sortir des mauvaises passes ce dernier se sert de l’art absolu, celui de conter. On découvrira ainsi comment une vieille femme terrassa un géant en lui faisant manger des saucisses grillées, comment la femme du pôle sud et l’homme du pôle nord tombèrent éperdument amoureux sans jamais parvenir à se toucher, comment trois sœurs demandèrent à un chaman sans scrupule de leur partager un bébé… Souverains sanguinaires, monstres marins, guérisseurs fous, Arche de Noé, la talentueuse Isabel Greeberg convoque les plus grands mythes et nous fait revivre, intensément, les débuts de la Terre, quand les glaces recouvraient une bonne partie du globe, quand les hommes et les dieux se côtoyaient, quand la magie était partout.

L'Encyclopédie des débuts de la terre

Le point sur l’album :

Comme un hommage à tous les conteurs d’histoires, Isabel Greenberg vient souffler un vent de poésie sur un scénario à tiroirs, où les récits d’aventures se démultiplient à mesure que celui qui les raconte évolue. L’auteur livre une histoire aussi douce que cruelle, servie par une narration fleuve où l’humour tutoie la gravité. Une diversité de styles très justement dosée qui ajoute à L’Encyclopédie des débuts de la terre la sensation d’un scénario très abouti, et participe à la magnification de son universalité.

Faisant le choix d’un dessin noir-et-blanc au trait appuyé, proche de la caricature, Isabel Greenberg renforce la dimension fantastique de ce voyage enchanteur. Un graphisme audacieux où viennent se nicher quelques touches de couleurs, disséminées de façon très mesurée tout au long du récit.

Oeuvre dense et puissante, L’Encyclopédie des débuts de la terre est une profonde inspiration où résonnent les fondements et les croyances de l’humanité, mais où vibre aussi un amour immodéré pour l’art de les raconter.

Kinderland, une BD de Mawil (Gallimard)

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Kinderland, une BD de Mawil

Ecrit par Mawil (auteur allemand qualifié de Woody Allen de la bande dessinée locale), Kinderland fait le récit du quotidien d’un jeune garçon en ex-RDA, à l’Est du mur de Berlin dans les années 80. Un monde d’enfants très peu concernés par les problèmes que traverse son pays. Mirco est trouillard et maladroit. Il est le souffre douleur de sa classe. Tandis que Torsten est n’a peur de rien sous ses allures de marginal.

Date de parution : le 14 novembre 2014
Auteur : Mawil (scénario et dessin)
Editeur : Gallimard
Prix : 27,00 € (296 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Berlin-Est, 1989. À l’ombre du Mur, la bataille fait rage. Mirco le trouillard et Torsten le rebelle affrontent les brutes du collège dans un match de ping-pong épique. Smashant les balles comme s’il y allait de leur vie, ils ne voient pas que le monde qui les entoure s’apprête à s’écrouler. Avec verve et humour, Mawil raconte l’Allemagne de l’Est de son enfance, jusqu’à la chute du Mur.

Kinderland BD planche

Le point sur l’album :

Comme un témoignage de son enfance berlinoise, Mawil livre un petit pavé sur les pré-ados à l’époque du mur. Sur un ton étonnamment jovial, l’auteur nous attendrit à travers Mirco, un petit gars qui a bien du mal à faire sa place mais qui ne baisse jamais les bras. Un personnage attachant dans son rôle de canard boiteux, qui va faire la rencontre d’un mouton noir : Torsten, qui est tout son contraire. Sans prétention, le scénario semble être le réceptacle des souvenirs de l’auteur qui a vécu lui-aussi son enfance en ex-RDA. Une histoire ponctuée par les petits troubles qui inquiètent ces enfants… Des préoccupations loin des nôtres et ça fait du bien.

Efficace sur la forme, Kinderland va droit au but grâce à un style narratif minimaliste qui s’anime principalement dans le dessin. Ce dernier est réalisé dans la plus grande simplicité, sans fioritures. Un trait caricatural associé à un découpage fluide aboutissent à un plaisir de lecture incontestable, bien queKinderland ne suscite pas de coup de coeur.

En bref, Kinderland est un album plaisant et généreux. A découvrir.

« Le Cid » de Jules Massenet, direction : Michel Plasson, à l’Opéra de Paris

Le Cid / Massenet - Roubaud

© Agathe Poupeney / Opéra National de Paris

Palais Garnier du 27 mars au 21 avril 2015 

Le Cid, a vraiment existé, il a vécu en Espagne au 11ème siècle. Et il a inspiré Corneille qui en a fait une grande pièce de répertoire. Ensuite c’est Jules Massenet qui s’est emparé de l’œuvre pour en composer un opéra en 1885 qui n’avait plus été donné à Garnier depuis 1919. Son attrait et sa fascination pour la langue du Grand siècle fait la part belle au livret où la partition tonique qui enchaine héroïsme et romantisme, se pare des célèbres alexandrins : “ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie, Rodrigue as-tu du cœur, à moi, comte, deux mots, qu’on est digne d’envie quand avec la force on perd aussi la vie, va, je ne te hais point, aux âmes bien nées la valeur n’attend pas le nombre des années”.

[pull_quote_center]La distribution est emmenée par l’inégalable Roberto Alagna dont l’ampleur et l’étendue du timbre embrassent à merveille la composition chevaleresque et romantique du personnage. Tandis que la Chimène de la mezzo-soprano Sonia Ganassi, spécialiste du bel canto italien, se révèle intense sur l’air ”Pleurez, pleurez mes yeux !”.[/pull_quote_center]

Le Cid / Massenet - Roubaud

Entre les scènes collectives propices à l’effervescence du chœur et les duos tourmentés des amants Rodrigue (Roberto Alagna) et Chimène (Sonia Ganassi) se déclinent sur fond d’une romance de cap et d’épée les enjeux de l’intrigue qui voit s’opposer le sens de l’honneur et la passion du cœur.

[pull_quote_left]Michel Plasson, grand défenseur de la musique française, restitue avec brio l’ouverture opératique du livret et ses airs épiques aux multiples couleurs ornés d’une touche hispanisante, sous l’emblème du drapeau espagnol, rouge et or.[/pull_quote_left]

Pour venger l’offense faite à son père, Rodrigue doit défier le père de Chimène, sa bien-aimée.  Avant même de le tuer, Rodrigue comprend son malheur : « Devais-tu m’imposer, ô fortune cruelle, pour ma première épreuve une épreuve mortelle ! (…) Hélas, tout mon bonheur perdu ! » chante-t-il à la toute fin du premier acte.

La jeune femme ne peut donc plus épouser Rodrigue et, pour venger son père, doit se résoudre au  châtiment suprême pour son amoureux.

Mais le roi a besoin de Rodrigue pour combattre les Maures. Il revient de cette mission victorieux et est proclamé Cid campeador (chef guerrier).

Lorsque le souverain demande à Rodrigue la récompense qu’il désire, il réplique que seule Chimène peut la lui accorder. La voyant alors hésiter, Rodrigue s’apprête à s’immoler avec sa propre épée. Ce geste rédempteur a raison des dernières réticences de Chimène qui lui annonce son pardon et lui réitère son amour.

Le metteur en scène Charles Roubaud transpose l’action sous Franco à l’abri d’une scénographie imposante et circulatoire propice aux effets spectaculaires et visuels des scènes de groupe mais aussi aux déclamations amples et sentencieuses des protagonistes.

Michel Plasson, grand défenseur de la musique française, restitue avec brio l’ouverture opératique du livret et ses airs épiques aux multiples couleurs ornés d’une touche hispanisante, sous l’emblème du drapeau espagnol, rouge et or.

Le Cid / Massenet - Roubaud

La distribution est emmenée par l’inégalable Roberto Alagna dont l’ampleur et l’étendue du timbre embrassent à merveille la composition chevaleresque et romantique du personnage. Tandis que la Chimène de la mezzo-soprano Sonia Ganassi, spécialiste du bel canto italien, se révèle intense sur l’air ”Pleurez, pleurez mes yeux !”.

Annick Massis (l’infante) témoigne d’une belle performance vocale assortie d’une prestance toute aussi royale sans oublier les prestations remarquées de Paul Gay (Don Diègue), Nicolas Cavallier (le Roi), et Laurent Alvaro (le Comte de Gormas).

Le Cid ou la noblesse du cœur, olé !

Résultats concours : Cerise, 10 places de ciné gagnées.

Sortie le 1er avril 2015

 

A l’occasion de la sortie du film Cerise, Publik’Art, en collaboration avec Gaumont, vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film : Cerise

Vous avez été très nombreux à participer : 3 767 joueurs ! Bravo à tous et merci de cette excellente participation !

Les cinq heureux gagnants sont :

Mikaël Quoturel, Amandine Lenormand, Aline Loriol, Lise Salija et Jean-Marc Follin.

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

Tiens-toi droite, un film de Katia Lewkowicz (DVD)

Tiens-toi droite

Tiens-toi droite, film de Katia Lewkowicz en DVD

Deuxième film de la réalisatrice Katia Lewkowicz (après Pourquoi tu pleures ?), Tiens-toi droite est une injonction qui s’adresse aux femmes. Un film décousu qui s’anime par tout ce qui peut pourrir la vie d’une femme. Articulé autour de trois personnages féminins, et autant d’actrices de talent, le film fait la tentative de l’originalité à travers une narration complexe, voire anarchique.

Sortie : le 1er avril 2015
Avec :  Marina Foïs, Noémie Lvovsky, Laura Smet
Durée : 1h34
Prix :  15,99 € (DVD)

Synopsis :

Louise, Sam, Lili. Trois femmes qui ne se connaissent pas mais dont la volonté farouche d’évolution va les faire se rencontrer, se rejoindre, se juxtaposer.
C’est l’histoire de Louise qui quitte le pressing de famille pour travailler dans une grande entreprise de fabrication de poupée où l’a pistonnée son amant.
De Lili, Miss Nouvelle-Calédonie, qui fait la rencontre d’un riche industriel.
De Sam, mère de famille nombreuse, qui décide de prendre son indépendance.
Il y a la pression de leurs mères, de leurs sœurs, de leurs amies.
Il y a leurs hommes qui disparaissent. Il y a leurs filles qui les regardent, les imitent.
Et il y a la conception de ce nouveau modèle de poupée, enfin à l’image de la femme.
Mais est-ce le modèle qui doit s’adapter à la femme ou l’inverse ?

Tiens-toi droite

Notre avis sur le film :

Difficile à appréhender dans sa forme, Tiens-toi droite ne parvient pas à retenir toute l’attention qu’il faudrait sans doute lui consacrer quant au fond. On s’échine à suivre trois femmes dans un quotidien parfois pénible, fait de petites contrariétés et surtout d’un grand foutoir. Tout s’enchaine dans un grand capharnaüm généralisé, aidé d’une voix off aux formules sibyllines, censées nous intriguer.

Un scénario à la lecture difficile, malgré l’aide d’un trio d’actrices plutôt inspiré. Marina Foïs, Noémie Lvovsky et Laura Smet portent le film. On regrette le choix narratif opéré par la réalisatrice, qui casse quelque peu la magie du spectacle.

Tiens-toi droite est en conclusion un film de belle intention qui se complique inutilement la tâche. Un acte manqué. Dommage.

Les bonus du DVD : 

Essais filmés avec les enfants
Scènes coupées
Interview de Laura Smet
Photos du Tumblr #TIENSTOIDROITE
Interview de Katia Lewkowitch par MadmoiZelle

Bonté Divine, un film de Vinko Bresan

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Bonté Divine, un film de Vinko Bresan

En décembre dernier, Charlie Hebdo et le réalisateur de Bonté Divine, Vinko Bresan ont signé un accord de partenariat. Possédant une vision commune de l’art, Charb a dessiné trois illustrations pour le film quelques jours avant l’attentat du 7 janvier 2015. Le long métrage est adapté d’une pièce de théâtre mise en scène par le meilleur ami du réalisateur, Mate Matistic en 1999. C’est d’ailleurs lui qui a composé la musique du film et aidé au scénario.

Sortie : le 1er avril 2015
Durée : 1h37
Avec :  Kresimir Mikic, Niksa Butijer, Marija Skaricic

Synopsis :

Un jeune prêtre est envoyé sur une ile isolée de Dalmatie. Il décide avec deux complices de percer tous les préservatifs en vente sur l’ile afin d’augmenter rapidement la natalité. L’opération est un tel succès que le phénomène devient national voir international.

Bonté divine

Bonté Divine

Bonté Divine est bel est bien une comédie qui décapote. Le personnage principal de la comédie est le père Fabijan, joué par Kresimir Mikic, l’un des plus grands acteurs croates. Il arrive sur une petite île de Croatie où tout le monde se côtoie. Alors que sa mission est de reprendre les rênes de la paroisse, il est inquiété par le fort taux de mortalité de l’île. Il décide d’un stratagème afin de créer un regain considérable dans les naissances. Ce prêtre, naïf et rêveur fait équipe avec Petar, le propriétaire du kiosque local, un homme à la fois rustre et soumis par sa femme. Leur mission est de trouer tous les préservatifs vendus sur l’île afin que toute reproduction soit… productive.

Les personnages ne sont ni plats ni inutiles. Ils sont tous construits intelligemment avec leur caractère repoussant ou attachant. Bien que parfois exagérés, ils restent crédibles.

L’humour noir, le décalage et la satire sont des éléments qui font de cette comédie une œuvre réussie. La comédie critique premièrement certains dogmes religieux incompatibles avec la modernité, mais aussi les hommes de pouvoir qui ne sont pas si forts et bons qu’ils le paraissent, et le peuple, parfois trop réducteur, qui ne voit que ses problèmes sans prendre en considération le contexte global des choses. Les critiques sont à la fois concrètes et drôles.

Bonté Divine

Bonté Divine

La morale du film est bonne. Bien que les éléments comiques nous fassent unanimement rire, le fond est grave et sérieux. Bonté Divine traite de la manipulation, de l’abus de pouvoir et de confiance ainsi que de l’imperfection des Hommes, surtout des religieux. Ce n’est pas une comédie classique, et cela fait du bien de voir des réalisateurs sortir des cases qu’on aime leur attribuer.

Le folklore croate est représenté véridiquement. Vinko Bresan dénonce les fortes mœurs catholiques d’un pays qui se cache derrière la religion depuis la fin du communisme. Il nous montre l’attirance qu’ont les hommes de pouvoir manipuler le peuple ainsi que l’hypocrisie et la distance qui existent entre l’apparence religieuse des croates et la nouvelle génération qui apparait peu à peu au grand jour. Le film nous montre que l’Eglise ne peut pas tout contrôler, et même si elle le pouvait, elle se verrait vite dépassée dans le monde actuel.[pull_quote_right][Une] puissante chance pour [la Croatie] de s’exposer et de faire progresser les consciences[/pull_quote_right]

Bonté Divine nous montre une critique comique complète et argumentée d’une Croatie qui essaie de s’insérer difficilement dans un mondialisme, à cause de mœurs trop conservatrices aux niveaux religieux et politique. La télévision nationale a d’ailleurs refusé de financer le film malgré la difficulté en Croatie de trouver des investisseurs. Elle a cependant acheté des droits de diffusion après la réussite du film. Un intellectuel croate a décrit le travail de l’équipe de Vinko Bresan, sur la une d’un grand journal national comme « le travail d’une bande de transsexuels, de lesbiennes et de communistes« . La Serbie a, quant à elle, beaucoup aidé à la production. Les artistes croates ont ainsi une fine mais puissante chance pour le pays de s’exposer et de faire progresser les consciences vers une ouverture sur le monde.

Cela reste de bon augure car le film est le plus visionné dans le pays depuis son indépendance et les droits ont été vendus dans 32 pays. La place de cinéma est par ailleurs vendue avec un préservatif… et il n’est pas troué !

Bande annonce du film Bonté Divine 

 

Les Rêveurs Lunaires, une BD de Cédric Villani et Baudoin (Gallimard / Grasset)

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Les rêveurs lunaires

Les Rêveurs Lunaires : Quatre génies qui ont changé l’Histoire

Ouvrage dense et ambitieux paru aujourd’hui, Les Rêveurs Lunaires propose un aperçu de quatre personnalités qui ont marqué l’Histoire par leur génie : Werner Heisenberg, Alan Turing, Leo Szilard et Hugh Dowding. Un récit écrit par le mathématicien et physicien Cédric Villani (médaille Fileds 2010) et illustrée par Baudoin (L’Arléri, Peau d’Âne, Piero, Mat…).

Date de parution : le 2 avril 2015
Auteurs : Cédric Villani (scénario) et Baudoin (scénario et dessin)
Editeur : Gallimard / Grasset
Prix : 22,00 € (192 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Werner Heisenberg, l’incertain. Alan Turing, l’affranchi, Leo Szilard, le prophète errant et Hugh Dowding, le chevalier du ciel. Physiciens, mathématicien et militaire, ils ont été les acteurs cruciaux autant que discrets d’une aventure qui les dépassait : la Seconde Guerre mondiale. Un jour, une nuit, en songeant dans la rue ou en rêvant au clair de lune, ils ont eu un éclair de lucidité qui a changé la face du monde.

les rêveurs lunaires

Le point sur l’album :

Au fil d’un entretien entre le scénariste scientifique et l’illustrateur, Les Rêveurs Lunaires raconte le destin hors du commun de quatre hommes d’exception. Des scientifiques ou militaire, dont les noms ne sont pas connus du grand public et qui ont pourtant marqué l’Histoire à leur façon, lors de la Seconde Guerre Mondiale. Le scénario de Cédric Villani n’hésite pas à rentrer dans les détails d’explications scientifiques, parvenant à se faire comprendre en quelques lignes assez facilement (tirant profit de son expérience du professeur de mathématiques, sans doute).

Si le concept peut séduire en donnant quelques clés qui nous éclairent sur la façon de penser de ces génies, Les Rêveurs Lunaires peinent à capter l’attention de bout en bout pour plusieurs raisons. D’abord par son volume imposant et un choix de lettrage difficile à appréhender (le texte est si dense qu’il donne parfois la sensation de se superposer à lui-même). L’équilibre entre la narration textuelle et la narration graphique s’en trouve bouleversé. Un livre avec quelques illustrations seulement aurait peut-être été un choix plus cohérent et plus lisible.

Car le dessin de Baudoin, déjà assombri par un texte envahissant, est lui-même audacieux si ce n’est élitiste. Peu d’amateurs sauront l’apprécier à sa juste valeur. Un coup de pinceau original qui transmet une énergie intéressante, même si elle est littéralement écrasée par la présence de texte un peu partout. C’est dommage.

Si Les Rêveurs Lunaires pose les bonnes questions sur la vie de ces génies, il n’en demeure pas moins un ouvrage qui n’a pas trouvé son équilibre narratif et visuel, ce qui le rend difficile à aborder pour le commun des mortels.

Voyage en Chine, un film de Zoltan Mayer


Capture d’écran 2015-03-25 à 20.24.44
Voyage en Chine, un film de Zoltan Mayer

Voyage en Chine, un film de Zoltan Mayer

Voyage en Chine pourrait être un film lourd et triste puisque Liliane part à la recherche de son fils décédé dans un accident de scooter en Chine. Non seulement il ne l’est pas, mais il est en plus merveilleusement beau. Le réalisateur nous fait voyager, en toute simplicité, et spiritualité, dans le Sichuan, une région en plein cœur de la Chine.
Sortie le : 25 mars 2015
Durée : 1h36
Avec : Yolande Moreau, Qu Jing Jing…

Synopsis :

Liliane part en Chine pour la première fois de sa vie afin de rapatrier le corps de son fils, mort dans un accident. Plongée dans cette culture si lointaine, ce voyage marqué par le deuil devient un véritable voyage initiatique.

Voyage en Chine, un film de Zoltan Mayer

Voyage en Chine, un film de Zoltan Mayer

Décidément, en ce moment, nous découvrons la Chine, sous tous les angles. Entre Les trois soeurs du Yunnan et A la folie, des ambiances à chaque fois très différentes mais toujours profondément humaines.

Yolande Moreau porte le film sur ses épaules puisqu’elle interprète cette femme, sans âge, malheureuse avec son mari et plein de regrets à l’égard de son fils, Christophe qu’elle n’est jamais allée voir en Chine. Elle réalise son rêve, même si c’est trop tard. Elle part à sa rencontre et en même temps à la découverte du pays que son fils avait adopté et également à la découverte de ses amis chinois. Tout paraît presque impossible pour elle, vu les nombreuses barrières. Mais avec beaucoup de sérénité et de paix intérieure, Liliane va réaliser son chemin de deuil avec l’aide de nombreuses rencontres qu’elle va faire, belles et profondes.

Zoltan Mayer était un grand photographe avant de se mettre au cinéma. Voyage en Chine est son premier long métrage. Et ce film est une preuve de son immense talent. Chaque plan est filmé comme un tableau, comme un chef-d’œuvre. On ne peut qu’être émerveillé.

Si d’un côté Liliane est envahie par la mort de son fils, d’un autre, elle est époustouflée par tant de beautés qui l’entourent et tant d’amour qu’elle reçoit. Elle ne pensait pas cela possible.

Bien sûr Yolande Moreau est exceptionnelle, mais les acteurs chinois sont aussi très justes, discrets et profondément humains. Je pense particulièrement à cette ravissante jeune fille,Qu Jing Jing, qui joue la petite amie de Christophe.

Pour profiter pleinement de ce film, ne vous attendez pas à un scénario à rebondissements, il n’y en a pas. Pas vraiment de surprises non plus. Le rythme est lent, voire très lent mais une certaine sérénité vous envahit peu à peu. Et surtout de très beaux plans photographiques vous réconcilient avec la vie ! Le beau à l’état pur !

Un très beau film, à voir assurément !

Bande annonce du film : Voyage en Chine de Zoltan Mayer

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