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Des années 70 à nos jours… mise en scène de Julie Deliquet avec le collectif In Vitro, à Paris et Saint-Denis

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© Sabine Bouffelle
Festival d’Automne, Théâtre des Abbesses à Paris jusqu’au 28 septembre et Théâtre Gérard-Philipe, à Saint-Denis, du 2 au 12 octobre.

Créé en 2009, le collectif In Vitro explore les histoires de famille, de transmission, de génération qu’il questionne autour d’une table, élément central dans le dispositif de Julie Deliquet expérimentant un théâtre du réel, où le lâcher prise de la situation se dispute aux règlements de comptes.

A la fois drôle, juste et ravageur, ce regard d’aujourd’hui porté sur ces années qui ont marqué bien plus qu’une génération témoigne d’une scène théâtrale aussi enthousiasmante que réjouissante

C’est un voyage dans le temps auquel nous sommes conviés avec trois pièces entrecoupées d’un entracte où une génération s’adresse à une autre pour remonter le cours du temps, des années 70 à nos jours. Et c’est une réussite où chacun des  longs plans séquence communs aux 3 spectacles, à la scénographie sobre, donne tout son sens à la maitrise, à l’extrême acuité et à l’énergie du collectif.

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Ca commence avec « La Noce » de Bertolt Brecht transposée dans les années 70 qui voit les convives de moins en moins à la fête…, où – entre les histoires glauques du père de la mariée, les aveux de cette dernière enceinte, les mauvaises plaisanteries et les provocations des uns et des autres – les certitudes s’effondrent à l’instar des meubles fabriqués par le marié.

Une fuite en avant aussi cruelle que désespérément humaine investie de concert par chacun des acteurs au plus près du réel et de sa vérité première dans un jeu intense, instantané et direct où s’annhile la barrière entre le comédien et le spectateur.

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On poursuit avec « Derniers remords avant l’oubli », de Jean-Luc Lagarce qui met en scène un trio qui s’est aimé dans les années 70 avant de se séparer.

Pierre, Paul et Hélène ont vécu ensemble il y a vingt ans. Après le départ de Paul et d’Hélène, Pierre est resté seul dans la maison commune. « Je n’ai rien fait, je suis resté là. Je gardais cet endroit, ici. C’est là que nous avons vécu et rien d’autre ». dit celui-ci. Paul et Hélène, eux, se sont mariés séparément, ailleurs. Aujourd’hui, ils reviennent chez Pierre encombrés de leurs nouvelles familles, pour débattre du devenir de cette maison. Hélène a besoin d’argent.

De nouveau tous réunis, ils vont revenir sur les traces de leur histoire où le passé mis à mal fait naitre les tensions, exacerbe les ressentiments, et cristallise les non-dits, asphyxiant l’espace des retrouvailles.

Le collectif est à l’œuvre où il impose son rythme et la proximité du texte dans son appropriation immédiate.

La langue est bousculée et va permettre à chacun des six protagonistes d’exposer son point de vue et de défendre sa position.  En prolongeant la parole de l’auteur au delà de ce qui est énoncé, on scrute l’insondable de l’écriture que la mise à nu sous tend très justement.

Dans une œuvre où se consument les rancœurs et les actes manqués, le procédé est efficace où les sous-entendus et les silences participent aussi au règlement de comptes qui se joue.

Dans cette mise en abîme très vivante où le verbe court de Lagarce qui procède par incises – les personnages reprenant sans cesse ce qu’ils viennent de dire en le modifiant – ce qui lui imprime une cadence fragmentée, on est suspendu à ces échappées verbales révélatrices chez les personnages de leur mauvaise foi, de leur lâcheté, de leur faiblesse et de leur orgueil ou chacun de nous peut se reconnaitre.

Cet impératif de vérité donne également toute sa place à la dérision et au décalage des situations décrites qui, par delà le rire qu’elles provoquent, n’en sont pas moins empreintes de gravité.

Par delà l’emportement qui assaillent les personnages, un sentiment de résignation et de solitude se fait jour où le pragmatisme de la vie a balayé implacablement les idéaux et dénaturé les complicités d’hier.

Et le collectif donne à ressentir au delà des mots, des gestes, et des regards, la prose tragique mais tendrement élégiaque du grand dramaturge.

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On termine avec « Nous sommes seuls maintenant », une création collective réimprovisée chaque soir, où quand une génération qui voulait changer le monde se confronte à ses idéaux recyclés dans un face à face générationnel.

On retrouve le fil rouge de la table et du repas dans une maison secondaire des Deux-Sèvres au début des années 90. Du grand-père à la petite fille, en passant par les amis, le reste de la famille, on s’attroupe sans modération autour de la table de François et Françoise, les parents de Bulle, qui rêvent d’un nouvel avenir à la campagne.

Il y a Marie-Pierre, Catherine et Jacques, Daniel exploitant agricole, Georges, gaulliste pur et dur, qui enrobe ses valeurs d’une poésie de gauche, Carmen et Michel Bandini qui rit beaucoup quand il ne sait pas quoi dire.

On y évoque un passé qui ressurgi avec Sullivan, un vieux copain argentin qui les a accompagnés dans leur combat contre la dictature chilienne.

Mais qu’y a t’il d’authentiquement sincère dans ces utopies militantes ? Qu’y a t’il de sincèrement authentique ? car elles renferment à l’abri d’un jeu de la vérité aussi infernal qu’implacable, initié entre les invités, le poids des non-dits, des déceptions, des frustrations et des illusions perdues.

Les personnages sont parfaitement caractérisés et les situations familières bien senties au gré d’une mise à nu vacharde des protagonistes.

A la fois drôle, juste et ravageur, ce regard d’aujourd’hui porté sur ces années qui ont marqué bien plus qu’une génération, témoigne d’une scène théâtrale aussi enthousiasmante que réjouissante…

Biarritz, la Galerie HB, accueille le photographe Arnaud de Wildenberg pour une exposition centrée sur l’océan en colère.

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QUAND L’OCEAN SE MET EN COLERE

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Carte Blanche à Arnaud de Wildenberg, du 20 au 30 Septembre 2014, à la Galerie HB, à Biarritz.

Arnaud de Wildenberg nous confie :

Sans curiosité, on meurt, et, sans courage, on ne vit pas.

 

« J’aurais pu faire de cette phrase d’Hugo Pratt le leitmotiv de mon existence. Voir au-delà des clôtures de mon école, au-delà des collines de mon enfance, au-delà des horizons de mon adolescence, a guidé mes premiers pas, sorti des murs de l’Université. Sans doute n’avais-je pas assez de deux yeux pour voir le monde. L’objectif de l’appareil photo fut le troisième, le plus indiscret, mais aussi le plus révélateur de la diversité des paysages et, parfois, de la folie des hommes. Reportages de guerre, expéditions, documentaires, je ne me suis interdit aucun genre ; les agences Gamma et Sygma m’ont fait l’honneur de me compter parmi leurs reporters prestigieux. Ce fut une école de contacts humains, de patience et de passion, d’art et de liberté. Aujourd’hui, à 60 ans, moniteur-guide de pêche à Belle-Île en Mer, je continue à cultiver ces valeurs qu’une vie de découvertes m’a fait privilégier. Avec un doigt sur le déclencheur pour saisir de la nature, sa douceur, sa violence parfois, et toujours, j’espère, sa beauté ! »

Né en 1954 dans la Sarthe. Arnaud de Wildenberg vit et travaille à Belle-Ile depuis douze ans. Reporter de Gamma et Sygma, il a reçu en 1981 le 1er Prix Paris Match pour le meilleur reportage de l’année pour « Les famines en Ouganda ». En 1983 , le 3ème prix au World Press Photo pour «  Retour de Lech Walesa chez lui ». En 1986, le 3ème prix au World Press Photo pour « Une expédition au Groënland sous la glace ».

La galerie HB à Biarritz, Mathieu Chavaren, avec Anne Khayat,  lui ouvre ses murs, pour une Carte Blanche, entre le 20 et le 30 Septembre.

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Arnaud de Wildenberg

Eric Bouhier :

Habiter Belle-Ile à l’année, sortir en mer deux cents jours par an, c’est être sans arrêt aux avant-postes et goûter à tous les caprices du temps. Souvenez-vous de l’hiver dernier. L’océan s’est fâché, pensez-vous ?

Vous n’y êtes pas.La fâcherie nous aurait fait sourire. Que croyez-vous, il est rentré dans une colère noire, un noir d’encre qui ne trouverait pas ses mots. Un noir et blanc semé de gros grains, ceux que l’on trouve sur des photos. Je me poste là, enivré de vent et d’embruns. À épier la furie jamais rassasiée. Sous un ciel en lambeaux, il rugit, se croit volcan, se fait geyser et me met au défi de rester plus longtemps. Plus sauvage que la côte à laquelle elle donne son nom, la houle explose de rage sur les verticales de schiste après avoir violenté l’océan. On ne dompte pas l’océan, dit-on. Alors, contentons-nous, à force de patience, de l’apprivoiser sur des écrans de papier

 

Informations pratiques :

Galerie HB

1, rue Jean Bart, 64200 Biarritz

Vernissage le 19 Septembre, 18h30-21h

Exposition du 20 au 30 Septembre, 11h/13h – 16h/20h & sur rendez-vous

Tel : 06 74 602 471 et 06 09 940 940

Voir et revoir : Des Racines et des Ailes/ FR3 Bretagne / JDD 670197 / Paris Match

Edwin, Le Voyage aux origines : une BD de Manon Textoris et Julien Lambert (Le Lombard)

Couverture

Date de sortie : 26 septembre 2014
Auteurs : Manon Textoris (scénario et couleurs) et Julien Lambert (dessin)
Prix : 14,45 € (72 pages)

Edwin, Le Voyage aux origines est la première BD de Manon Textoris (scénario et couleurs) et Julien Lambert (dessin) avec laquelle ils ont gagné le Prix Raymond Leblanc de la jeune création en 2013. Un voyage que l’on retrouve maintenant édité aux éditions du Lombard.

Résumé de l’éditeur :

Dans un XIXe siècle en pleine mutation, alors que les hommes repoussent les frontières du savoir, Edwin, gentleman passionné de sciences, cherche les origines de son espèce. Accompagné de son majordome et de son chien Floch, Edwin s’embarque pour une incroyable aventure, qui le conduira bien au-delà de ce qu’il espérait… Il découvrira un monde où se mélangent réalité et fiction et prendra alors conscience que les origines de l’homme ne sont peut-être pas là où il pensait les trouver.

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Edwin, Le Voyage aux origines propose une aventure surprenante, en plein coeur du continent africain des années 1850. Alors qu’Edwin pensait partir à la découverte des origines de l’espèce humaine, le récit va très vite prendre une allure inattendue et fantastique, au milieu d’une jungle épaisse et pas vraiment rassurante…  Manon Textoris propose, sur un ton amusé, un récit inédit où la fiction vient s’installer peu à peu dans une expédition scientifique qui tourne au naufrage. Un style d’écriture original qui plait vraiment.

Le dessin de Julien Lambert est également très inspiré. Un trait fin qui met en scène de nombreux détails, qui donne parfois l’impression de contempler un dessin animé. Un style décomplexé et dépaysant, qui invite au voyage.

Et c’est tant mieux car avec Ewin, on va loin, rien qu’en tournant quelques pages. Une belle aventure qui dégage quelque chose de magique.

Capitaine Trèfle, une BD de Pierre Dubois et René Hausman (Le Lombard / Signé)

Couverture

Date de sortie : 26 septembre 2014
Auteurs : Pierre Dubois (scénario et dessin) et René Hausman (dessin)
Prix : 14,99 € (64 pages)

Capitaine Trèfle est une aventure onirique adaptée du roman éponyme de l’elficologue Pierre Dubois, écrit il y a 20 ans. Une expérience menée sous le pinceau de René Hausman. Deux septuagénaires qui se connaissent bien et se réunissent à nouveau pour la très belle collection Signé du Lombard.

Résumé de l’éditeur :

Ancien corsaire et bretteur de légende, Trèfle coule des jours heureux dans son manoir… Jusqu’au jour où un lutin blessé et traqué par de belliqueux Peaux-Rouges fait irruption sur ses terres. N’écoutant que sa bravoure, Trèfle met les fâcheux en déroute à la pointe de sa rapière. Voici notre héros encombré d’un petit compagnon plaintif qui le supplie de l’aider à retrouver les siens. Leur VOYAGE les emmènera au bout du monde, affronter les périls les plus insensés. Trèfle le savait déjà, il n’est point de repos pour les héros.

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Le scénario de Capitaine Trèfle regorge de créatures elfiques (lutins, farfadets, dragons, kraken, magicien, pirate hollandais…). Il est pourtant essentiellement un récit de capes et d’épées où un corsaire sans peur pourchasse un pirate sanguinaire afin de venir en aide à un petit Guib. La narration porte la marque de son auteur, qui se joue de répétitions ubuesques et cultive une tonalité unique. On l’appelle la langue de Dubois.

Une invitation au voyage largement relayée par le dessin si caractéristique d’Hausman. Son trait authentique, qui rend ces personnages féériques aussi réels qu’irréels et sa coloration aquarelle naturelle (couleurs directes) nous transportent littéralement.

Capitaine Trèfle méritait bien sa place : une oeuvre Signé.

« The Sound of The Sitar », le clip de G.Bonson avant son prochain EP « The Dust and The Incense ».

Après une participation remarquée dans le dernier album des anglais The Herbaliser, G.Bonson s’apprête à dévoiler son dernier EP.

« The Sound of The Sitar », c’est une étape du voyage que propose G.Bonson dans son prochain EP « The Dust and The Incense ».

Préparez vous pour deux minutes trente de groove sauce G.Bonson servies par deux danseuses indiennes dont la grâce est légendaire.

Clochette au Pays des Merveilles, une BD de Didier Crisse et Roberto Pena (Le Lombard)

Couverture

Date de sortie : 26 septembre 2014
Auteurs : Didier Crisse (scénario et dessin) et Roberto Pena (dessin)
Prix : 14,45 € (64 pages + bonus galerie et entretien)

Clochette au Pays des Merveilles est la dernière oeuvre du scénariste et dessinateur Crisse (Kookaburra, Atalante, Luuna, Thalulaa) qui collabore ici avec Roberto Pena (pour qui c’est une première). Un récit qui fait se rencontrer la petite fée de Neverland et Alice au pays des Merveilles.

Résumé de l’éditeur :

Une nuit à Londres, Clochette croit voir Peter Pan se réfugier dans une vieille librairie. Elle y entre à son tour mais, pas de Peter… Caché, le vieux libraire acariâtre l’observe, puis veut la chasser. Il prend un livre sur le présentoir et le referme sur la fée. Le livre n’est autre qu’Alice au pays des merveilles… Voici Clochette projetée dans ce monde de doux dingues, où sa magie ne fonctionne pas. Seule Alice, qui vient aussi d’un autre monde, pourra l’aider…

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Ce conte fantastique est ainsi né d’une idée originale. Celle de croiser les mondes et créatures oniriques qui ont bercé notre enfance. Crisse réécrit pour nous une histoire imaginaire où la petite fée Clochette doit à tout prix trouver une issue au Pays des Merveilles, à l’aide d’Alice, afin de rejoindre le monde auquel elle appartient. Si l’intrigue n’est que moyennement satisfaisante, c’est surtout d’une invitation au rêve que procède la trame narrative. Et de ce côté, le graphisme de la BD assure la partition.

Un dessin élaboré à quatre mains, Crisse s’étant chargé de la création des personnages et Roberto Pena de celle des décors et de la coloration. On reconnaît donc bien la patte de Crisse. Et Pena y mêle son univers avec brio. Un dessin surprenant, moderne, où la coloration est si profonde qu’elle fait oublier les frontières de la BD. Un processus créatif que l’on comprend en lisant avec plaisir l’entretien fleuve entre les deux auteurs dans les pages bonus.

Clochette au Pays des Merveilles est une belle expérience graphique, livrée dans un bel écrin (jolie édition !). A découvrir.

Les Druides, tome 8 : une BD de Jean-Luc Istin et Jacques Lamontagne (Soleil)

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Date de sortie : 10 septembre 2014
Auteurs : Jean-Luc Istin (scénario) et Jacques Lamontagne (dessin)
Prix : 13,95 € (46 pages + bonus galerie de dessins dans la première édition)

Les Druides est la grande saga BD du scénariste Jean-Luc Istin et de l’illustrateur Jacques Lamontagne. Le duo vient en effet de fêter son huitième tome en neuf ans. Une aventure fantasy qui se poursuit avec une magie intacte.

Résumé de l’éditeur :

Les druides Gwenc’hlan et Taran enquêtent sur la disparition de la famille de Ronan le forgeron retrouvé éventré chez lui.
Leonin le Tiern pensait que c’était là le forfait de quelques Saxons. Une hypothèse très vite écartée lorsqu’ils firent la découverte des cadavres d’un clan de Saxon.
Liel, la jeune femme qui devait épouser l’aîné des enfants de Ronan, pense que les coupables sont quelques démons.
Taran avoue avoir été enclin à le croire, lui aussi, car il ressent comme une présence dans la forêt. Une forêt qui n’est pas sans effrayer son maître.
Il y a aussi cet homme retrouvé enterré jusqu’au cou dans la terre du village de Kerméné. Un homme en vie mais paralysé par une drogue. Mais l’homme a soudainement disparu durant la nuit, et Gwenc’hlan également…
Taran est seul, la forêt abrite un sombre mystère, des galeries souterraines, des sanctuaires
anciens et le seigneur du château d’Orient quant à lui, cache un lourd secret…
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Jean-Luc Istin continue de développer avec passion son scénario dédié aux légendes et aux druides. Ce huitième album, Les Secrets d’orient, prend l’allure d’une enquête où cadavres et figures inquiétantes se croisent au rythme d’une lecture troublée par les dangers maléfiques et les secrets révélés. L’écriture d’Istin est fidèle à elle-même, poussant le suspense à faire son oeuvre. Et la série ne semble pas prête à perdre son souffle malgré la longueur.

Le dessin de Jacques Lamontagne est pour sa part du meilleur effet, grâce à un trait fin, méticuleusement travaillé dans le culte du naturel. Le résultat est graphiquement idéal.

En résumé, voici déjà le huitième tome et pourtant, on attend toujours la suite avec impatience ! Joli travail.

La guerre des Sambre – Maxime & Constance, tome 1 : une BD d’Yslaire et Marc-Antoine Boidin (Glénat)

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Date de sortie : 17 septembre 2014
Auteurs : Yslaire (scénario) et Marc-Antoine Boidin (dessin)
Prix : 14,50 € (54 pages)

La guerre des Sambre – Maxime & Constance ouvre un nouveau cycle de la célèbre saga d’Yslaire illustrée par un toujours brillant Marc-Antoine Boidin. Dans ce premier album, c’est l’enfance de Maxime de Sambre qui nous est contée. Une enfance happée par cette tragédie qui pèse sur une famille aux lourds secrets.

Résumé de l’éditeur : 

Une folie amoureuse qui traverse les générations… « Malheur à celui qui aimera une fille aux yeux de braise car celui-là pleurera sa vie durant des larmes de sang. » Hugo Sambre l’a écrit. Mais quelle est l’origine de cette tragédie ? S’il est un personnage clé au sein de cette généalogie maudite, c’est bien Maxime-Augustin, le père d’Hugo. Membre le plus sulfureux de la famille avec son aïeul Augustin (dont il ne partage pas que le prénom), responsable de la fin de la lignée aristocratique des De Sambre, il est celui dont on nommera la génération « De cujus » : celle qui transmettra la malédiction à tous ses descendants. Mais en 1775, Maxime-Augustin n’est encore qu’un enfant à la cour de la reine Marie-Antoinette… Qu’a-t-il bien pu se passer pour que ce jeune garçon innocent embrasse un tel destin ? Yslaire fait une nouvelle fois appel au dessin élégant de Marc-Antoine Boidin pour ce troisième et dernier cycle de la Guerre des Sambre. Celui qui apportera enfin les réponses à tous les mystères qui entourent cette grande saga familiale, à la dimension tragique et littéraire proche des romans de Stendhal ou Chateaubriand.

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La plume d’Yslaire déploie une nouvelle fois toute sa puissance et sa beauté dans cet album. Son scénario s’inscrit dans cette gigantesque fresque romanesque débutée avec la série mère Sambre. L’ampleur de son oeuvre laisse bouche bée, tout comme l’histoire qu’il nous raconte dans ce nouveau premier album. Une histoire violente où le destin d’un enfant se déchire inexorablement, comme s’il était né avec un mal incurable. C’est beau. C’est horrible. C’est violent. C’est cruel. C’est culte.

Qu’ajouter de plus si ce n’est l’ineffable patte de Marc-Antoine Boidin qui n’est plus à présenter ? Une démonstration graphique parfaite. On se frotte encore les yeux.

Bref, La Guerre des Sambre de Maxime & Constance, c’est culte. Mieux vaut deux fois qu’une.

Les mystères de la Troisième République, tome 3 : une BD de Philippe Richelle et Pierre Wachs (Glénat)

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Date de sortie : 17 septembre 2014
Auteurs : Philippe Richelle (scénario) et Pierre Wachs (dessin)
Prix : 14,50 € (56 pages)

Les mystères de la Troisième République récidive avec un troisième album pour une troisième enquête signée Philippe Richelle (Les coulisses du pouvoir, Amours fragiles, Le Wagon rouge, Secrets bancaires…) et Pierre Wachs (Secrets bancaires, Triangle des secrets, Les chiens du bord du monde…).

Résumé de l’éditeur :
Le polar historique qui dévoile les sombres années de la République française Paris, fin 1937. Albert Devigny et la plupart des activistes de son organisation d’extrême droite sont maintenant sous les verrous. Seul manque à l’appel André Paillol, alias le « Tueur dévot », qui a disparu de la circulation après avoir forcé un barrage de gendarmerie. Alors que l’un de ses adjoints est sur les traces du criminel, le commissaire Franck Peretti mène parallèlement une enquête où l’acronyme SAIC revient régulièrement. Officiellement un centre voué à la documentation industrielle et commerciale ou à l’étude des mouvements politiques, cette « Société anonyme de l’industrie et du commerce » serait en réalité une entreprise fantôme… Sous le pinceau affûté de Pierre Wachs, Philippe Richelle nous plonge dans une nouvelle enquête du commissaire Peretti dans les dessous troubles de la IIIe République, nous montrant comment l’idéologie fasciste gangrénait l’ensemble de la société à la fin des années 1930.

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Complot fasciste est donc le troisième volet des mystères de la Troisième République. Une saga historico-policière à succès, qui a la chance d’avoir plusieurs cousines (voir notamment Les mystères de la Cinquième République). On y retrouve à chaque fois les mêmes ingrédients : une imprégnation historique forte, avec les enjeux géo-politiques de l’époque et une enquête policière complexe à élucider si possible. Ici, l’équipe du commissaire Peretti s’attaque à un réseau de financements opaques mis en place en faveur d’extrémistes (ceux rencontrés dans les épisodes précédents). Un sujet une nouvelle fois bien différent des précédents, mais qui assure habilement une continuité à la série. Et comme dans tout complot, Philippe Richelle nous réserve son lot de surprises. Un scénario très propre, qui fait mouche.

Le dessin de Pierre Wachs est pour sa part tout aussi efficace. Un style réaliste au trait fin et net, qui offre des visages multiples aux expressions variées sans négliger les décors. On aime.

Ce dernier album des mystères de la Troisième République ne démérite pas. Encore un très bon polar.

Red Skin, tome 1 : une BD de Xavier Dorison et Terry Dodson (Glénat)

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Date de sortie : 24 septembre 2014
Auteurs : Xavier Dorison (scénario) et Terry Dodson (dessin)
Prix : 14,95 € (61 pages)

Red Skin est le dernier né du scénariste Xavier Dorison, en collaboration avec le dessinateur Terry Dodson (de belle renommée dans le monde du comics). Un récit d’action où le meilleur soldat de l’URSS doit devenir un super-héros aux Etats-Unis pour assurer sa couverture d’infiltré.

Résumé de l’éditeur :

Le plus grand super-héros américain… est une espionne russe.
Vera Yelnikov est une bombe atomique ! De ces femmes qui réveilleraient un mort ou auraient rendu lesbienne Margaret Thatcher. Mais si le sexe est son grand plaisir dans la vie, elle doit consacrer la plupart de son temps à son métier : agent d’élite au service de l’URSS.En pleine guerre froide, Vera est envoyée à Los Angeles par les bureaucrates du Kremlin. Sa mission ? Devenir une véritable « super-héroïne américaine » pour être le fer de lance d’une opération de propagande des valeurs communistes au pays de l’Oncle Sam et lutter contre le « Charpentier », un serial killer fasciste qui s’en prend à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un gauchiste.À peine arrivée, et aussi maladroite qu’ignorante des coutumes « l’american way of life », elle doit trouver une couverture pour son identité secrète… Un job lui paraît alors tout indiqué pour se fondre dans la masse et répondre à ses aspirations profondes : actrice porno ! Xavier Dorison s’associe à Terry Dodson, dessinateur phare de la scène comics connu pour son talent à reproduire les courbes féminines (et qui a contribué à des séries comme – excusez du peu – Spider-Man, Wonder Woman, Avengers, X-Men, Songes…), pour lancer une nouvelle super-héroïne sexy et funky à souhait, sortie tout droit d’un film de Tarantino !

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Xavier Dorison propose un premier album explosif pour cette nouvelle héroïne aussi redoutable qu’une arme de guerre. Pour cause, c’est une véritable bombe dotée de capacités irrésistibles… Avec ce Welcome to America, l’histoire démarre sur les chapeaux de roues en se concentrant sur Red Skin, son histoire mais surtout sa mission. Et elle l’entame à travers de nombreuses scènes d’action, toujours avec un certain culte du sexy. Un divertissement qui sonne assez juste et nous fait passer un bon moment.

Le dessin de Terry Dodson est irréprochable. Red Skin aurait pu être un comics, tant le style fait partie de l’ADN des traits de l’illustrateur. On profite ainsi des généreuses courbes données à la fameuse Red Skin.

Voici donc un album qui se lit comme du petit lait.

Wax Tailor : le live de Que Sera à découvrir en vidéo

L’artiste met les petits plats dans les grands en live, avec orchestre symphonique et animations sur grand écran. Pour fêter ses 10 ans de carrière, un double CD/DVD doit sortir prochainement. Il s’agira de Phonovisions Symphonic Version. Cette vidéo en est un extrait.

Les caniveaux de la gloire, une BD de Pixel Vengeur et Monsieur le Chien (Fluide Glacial / Trafik)

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 Date de sortie : 17 septembre 2014
Auteurs : Monsieur le Chien (scénario) et Pixel Vengeur (dessin)
Prix : 8 € (64 pages)

Les caniveaux de la gloire est une BD écrite par Monsieur le Chien  (scénariste dont les talents ont d’abord été découverts sur son blog) et illustrée par Pixel Vengeur. Elle ouvre une nouvelle collection, dite Trafik, repaire de la génération montante des auteurs les plus barrés de l’écurie Fluide Glacial.

Résumé de l’éditeur :

Attention, voici du lourd ! Monsieur le Chien, le scénariste, est fou.
Déjà sur son blog, très fréquenté et bien connu des amateurs de BD d’humour, il laisse libre cours à son délire. Il n’a absolument aucune limite. Dans ses histoires, il ose, et c’est très rare, explorer et mettre en scène sans détours ses fantasmes, ses failles, ses perversions. Avec un certain génie, qui n’est pas sans rappeler celui de Robert Crumb. Le tout est mis en image avec virtuosité par Pixel Vengeur, qui s’en donne à coeur joie.

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Pixel Vengeur et Monsieur le Chien s’associent avec brio dans ce que l’on pourrait appeler un condensé de petites histoires caustiques et explosives. C’est terriblement noir, ça va très loin mais qu’est-ce qu’on aime ça. Un humour (ou Umour) sans limite qui défoule avec une efficacité redoutable. L’imagination des auteurs, que ce soit pour créer des personnages tous très différents ou pour les mettre en scène, surprend véritablement.

La BD est vendue dans une édition souple à prix réduit (8 euros) qui fera le bonheur de chacun.

A lire !

Marguerite et moi (Duras libre parole), mise en scène par Christophe Casamance & Fatima Soualhia-Manet, à Paris

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Théâtre de Belleville du 24 septembre au 11 octobre 2014
Du mer. au sam. à 19H15

« Il y a une grande inimitié entre la vie et la grande création » disait Marguerite Duras. Et qui mieux que la parole pour se laisser aller, se laisser dire, nous dire justement, là, tout Duras suspendue toute entière à la passion, au désir, épicurienne envers et contre tout.

A partir d’archives, de plus de vingt années d’interviews radiophoniques ou télévisées (1970-1990), la compagnie Métro Mouvance nous propose donc à travers l’aveu des mots, forts de leur vérité la plus intime mais aussi paradoxale et imprévisible, un éclairage sur le personnage de l’écrivain, empreint d’humanité, d’intelligence, de roublardise et d’engagement.

[pull_quote_left]Marguerite Duras ou l’embrasement du tout face à l’impossible consolation à vivre.[/pull_quote_left]

Sans doute portée par cet espace de liberté propre à la confidence et aux digressions que cristallise l’entretien, tout à la fois volontaire et candide, Marguerite Duras y parle d’elle, de ses démons (l’alcool), sans aucune langue de bois. Elle y parle aussi et principalement des autres et du monde avec cet art de contenir les mots, de les rendre à leur sens, plein, secret, universel mais également partial et affranchi. Porteurs d’une pensée libre, singulière, sensible et définitive.

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Tout l’intéresse et la questionne : l’enfance , la pauvreté, le communisme, les bains de soleil, la soupe aux poireaux, les femmes, l’éducation, le quotidien avec cette même curiosité et acuité dans un rapport au monde aussi vivant qu’exigeant. Son obstination, sa ténacité, sa lucidité, son esprit de révolte témoignent tout autant d’une capacité de résistance que d’indignation dont l’écho aujourd’hui, face aux injustices et à la folie des hommes, demeure intact.

[pull_quote_center]Duras, suspendue toute entière à la passion, au désir, épicurienne envers et contre tout.[/pull_quote_center]

Fatima Soualhia-Manet convoque avec beaucoup de subtilité cette parole humaniste et en quête d’absolu à l’abri d’une mise en scène qui en préserve l’introspection comme sa circulation dans le temps et l’espace.

Une nécessité à dire qu’elle partage, en contre point, avec Christophe Casamance en interviewer réactif et à l’écoute où poussée dans ses derniers retranchements, Duras se livre en toute sincérité.

Marguerite Duras ou l’embrasement du tout face à l’impossible consolation à vivre…

La bureautique des sentiments, une BD de Jorge Bernstein et Julien/CDM (Fluide Glacial)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs : Jorge Bernstein (scénario) et Julien/CDM (dessin)
Prix : 15 €

La bureautique des sentiments est une BD à l’humour noir imaginée par Jorge Bernstein et Julien/CDM (Cosmik Roger, Planet Ranger Business is Business) labellisé Fluide Glacial. Un ouvrage pavé de grosses blagues qui tachent salement.

Résumé de l’éditeur :

Michel travaille chez Martin & Martin Assurances.
Mais il est frustré, et un peu minable. Personne ne semble partager sa passion pour les effets de transition dans PowerPoint, ou les différentes versions d’Excel. Loser sentimental, tendance suicidaire, gaffeur invétéré, complètement à la masse, Michel ne va pas fort.
Bernstein (scénario) et Julien/CDM (dessin) nous offrent une fable moderne et cruelle sur la vie de bureau, une sorte de Gaston Lagaffe dans le monde d’aujourd’hui.

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Construite de sketchs plus ou moins longs (souvent une vignette avec un commentaire, parfois une planche entière), La bureautique des sentiments s’amuse à mettre en scène un employé d’une compagnie d’assurance, passionné par les nouvelles technologies (excel toutes versions, powerpoint…) et parfaitement raté. Des situations toujours loufoques qui font inévitablement rire avec un certain craquant. Le style de Jorge Bernstein est percutant et très agréable. On aime !

Quant au dessin de Julien/CDM, il est évidemment caricatural et bourré de charme et de talent.

 La bureautique des sentiments est une BD à lire, rictus au firmament.

Hip-Hop : le clip de RAF ALMIGHTY – « SLUMZ – MIL RMX » feat SNOOK DA CROOK & WYLD BUNCH (prod : MIL, cuts : DJ DJAZ)

Ce clip est l’occasion de se dégourdir les nerfs avec Raf Almighty ou l’art d’un hip-hop bien gras, qui claque comme il faut. Surtout quand les trompettes s’y mêlent. A découvrir d’urgence.

The Corner, une BD de Lorenzo Palloni et Andrea Settimo (Sarbacane)

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Date de sortie : 3 septembre 2014
Auteur :Lorenzo Palloni (scénario) et Andrea Settimo (dessin)
Prix : 23,50 € (152 pages)

The Corner est un one shot mafieux écrit par Lorenzo Palloni et illustré par Andrea Settimo. Une histoire dense qui nait dans le New York des années 20, alors qu’anarchistes, mafieux, politiques et flics borderlines se déclarent mutuellement la guerre.

Résumé de l’éditeur :

1920, port de Boston. Des dizaines de corps sont étendus là, sur le quai : ce sont des miséreux, des immigrés italiens morts pendant la traversée. Italo Serpio a été convoqué par la police pour reconnaître le corps de son frère.
Serpio, anarchiste qui a infiltré la mafia pour la détruire, est convaincu que son frère a été assassiné : il veut venger ce crime. Il va alors mener l’enquête à sa manière, avec la densité âpre du tueur fruste et direct qui le caractérise.
Pas évident, car il vient de « récupérer » les deux enfants de son frère désormais orphelins, qui vont peu à peu lézarder sa carapace, pour que, peut-être, in fine « l’immigré italien idéaliste » pointe à nouveau son nez…

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La lecture à peine amorcée, on est vite surpris par la densité du scénario de Lorenzo Palloni. L’auteur livre un exercice de haute voltige en donnant un relief rare à son récit et à ses personnages. Les rouages de ce polar noir sont méticuleusement positionnés de façon à en faire une machine redoutable, où les rebondissements sont légion et le suspense aussi régulier qu’haletant. Mais c’est surtout l’épaisseur donnée aux protagonistes de l’histoire qui marque. Un scénario qui pourrait aisément concurrencer ceux des meilleurs films du genre.

Le dessin de Andrea Settimo fait le choix de la bichromie noir et sépia. Les traits sont plutôt basiques. Si bien qu’au début, il faudra un peu de temps à s’habituer (les regards sont parfois hasardeux, et il peut être difficile d’associer les noms et les visages). Mais pour le reste, le découpage du scénariste associé aux cadrages participent à la fluidité de l’histoire. Un choix graphique qui ne plaira pas à tout le monde mais qui ne gênera personne.

Pour résumer, The Corner est le polar noir à lire du moment.

Djazia Satour – le nouveau clip animé de « Bittersweet » à découvrir

Djazia Satour a sorti son nouveau clip Bittersweet, jouant d’incrustations animées plutôt sympas. A découvrir tout de suite !

Zia Flora, une BD de Fred Paronuzzi et Vincent Djinda (Sarbacane)

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Date de sortie : 3 septembre 2014
Auteur : Fred Paronuzzi (scénario) et Vincent Djinda (dessin)
Prix : 23,50 € (144 pages)

Zia Flora est une BD de Fred Paronuzzi et Vincent Djinda. Un drame familial touchant qui met en scène Mattéo, jeune père de famille qui peu à peu va sombrer dans un mal de vivre dont il ignore l’origine, jusqu’à ce que…

Résumé de l’éditeur :

Depuis qu’il a subi, sans réagir, une violente agression dans le bus qu’il conduisait, la vie de Matteo a basculé. Il boit trop et détruit, lentement mais sûrement, ce à quoi il tient le plus : l’amour de sa femme et de sa petite fille. Mais, ce matin-là, il reçoit une lettre qui le touche au cœur, lui que plus grand-chose ne touche : là-bas, en Italie, sa tante Flora est en train de mourir. Alors Matteo décide d’aller voir une dernière fois « zia » Flora. Et reprend, seul, la route de son village natal… vers le seul souvenir tendre de son enfance – la meilleure part de lui-même.

Au bout de ce voyage, la femme si discrète qui s’est sacrifiée pour qu’il ait une vie meilleure lui révélera son douloureux secret et ce sera comme une renaissance…

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Grâce à un très beau scénario, Fred Paronuzzi nous emmène dans un récit introspectif presque bouleversant. Celui d’un homme pour qui la vie a perdu toute saveur et qui remonte le temps à la recherche de souvenirs, souvent mauvais, de son enfance. Jusqu’à ce qu’il reçoive un coup de fil qui le hantera :  Zia Flora est mourante. La femme de la famille qui a toujours été la plus bienveillante à son égard est en train de partir. Il va donc lui falloir affronter cette épreuve, qui en cache une autre, avant de connaître la délivrance. Le découpage scénaristique de son auteur est ainsi maitrisé avec brio du début à la fin. Une écriture d’une qualité rare.

Le dessin de Vincent Djinda est quant à lui original, cultivant des traits irréguliers, traçant comme des vagues en guise de contours de ses personnages. La coloration pastel vient renforcer l’atmosphère sensible de la BD.

Zia Flora est une belle BD à découvrir sans tarder !

Boomerang, le clip de Pigeon John avec 20syl à voir !

Le clip Boomerang est juste une belle démonstration du génie de son réalisateur (et de ses acteurs bien sûr), qui donne le tournis en imitant la dynamique du fameux bout de bois lancé en l’air. Joli.

Communiqué de presse :

Pour la sortie de son nouvel album All The Roads, Pigeon John dévoile le clip du tube Boomerang. Renouant avec son complice 20Syl (C2C, Hocus Pocus), John relate ses errements, entre ses voyages et sa vie sentimentale en Yo-Yo. Il imagine sa vie comme un éternel recommencement, un retour à la case départ, à l’image d’un Boomerang.

A bien des égards le nouveau clip de Pigeon John, tourné aux côtés de 20Syl, est une performance remarquable. C’est le réalisateur Romain Laurent (Solab) qui a su capturer l’énergie des deux rappeurs, et nous faire bondir pour une expérience unique dans les rues de New York.

Les cinéphiles reconnaitront le décor de la 1ere scène tournée chez Kat’s Delicatessen, ce restaurant devenu mythique grâce à la scène du film « Quand Harry Rencontre Sally. »

Le coup de maitre intervient avec ce premier timelapse sans fin, où John reprend à plus de 270 reprises son couplet, surplombant le quartier de Brooklyn, du lever au coucher du soleil.

Pas de quoi fatiguer Pigeon John, l’inépuisable rappeur tout terrain !

New York 1979, une BD de Pochep (Fluide Glacial)

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Date de sortie : 17 septembre 2014
Auteur : Pochep (scénario et dessin)
Prix : 15 € (64 pages)

New York 1979 est une plongée dans le kitch des années 80 associé à une pléiade de personnages loufoques obsédés par la mode. Du super-héros au duo de flic à la Starsky et Hutch, Pochep propose des petits moments farfelus sous forme de sketchs qui se recoupent au fil de la BD.

Résumé de l’éditeur :

Un super héros, le Tisseur, intervient en cas de Jersey usé ou de couleurs s’accordant mal. Et Warren, un démocrate en proie à de graves problèmes familiaux, est complètement perdu : son fils se prostitue, sa femme est alcoolique, et il ne sait même plus s’il votera Carter ou Reagan aux présidentielles. Pochep nous emmène avec lui dans un New York fantasmé, où Starsky et Hutch, Spiderman et d’autres seraient tous obsédés par la mode. Savoureux !

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Si l’univers de New York 1979 est haut en couleurs et charme immédiatement par les nombreuses possibilités qu’il offre en terme de divertissement, Pochep nous le fait découvrir dans une moindre mesure, avec un humour peut-être trop gentillet. Mais ce n’est évidemment qu’une question d’appréciation. L’idée est excellente mais sa concrétisation aurait sans doute mérité un humour plus tranché, plus percutant afin de renforcer le rythme des planches.

Le style graphique de Pochep est par ailleurs plaisant, jouant sur des traits caricaturaux et une coloration flashy qui met très bien en valeur l’esprit 80’s. Plutôt bien vu.

L’ensemble est proposé dans une couverture en tissu surprenante. Un package éditorial parfait pour l’occasion.

Donostia Air Tour : une très belle vidéo de la capitale basque depuis les airs

Voici une très belle vidéo de Donosti (ou Saint Sébastien), accompagnée d’une bande originale particulièrement jolie. A voir.

Le Sang du Dragon, tome 8 : une BD de Jean-Luc Istin et Stéphane Créty (Soleil)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs : Jean-Luc Istin (scénario) et Stéphane Créty (dessin), Digikore Studios (couleurs)
Prix : 13,95 € (48 pages)

La grande saga fantastique Le Sang du Dragon revient avec un huitième album où piraterie et sorcellerie vont de paire. Il s’agit de l’une des séries phares de Jean-Luc Istin et Stéphane Créty qui avait même donné lieu à une série spin off : Hannibal Mériadec et les larmes d’Odin.

Résumé de l’éditeur :

Un pirate, un invincible sorcier ! Pirate, il ne l’est plus depuis qu’il fut gracié par le roi Soleil ! Invincible, depuis qu’il s’est immergé dans le sang magique d’un dragon, il semble désormais enclin à devenir immortel. Sa compagne est une Elfe, Dame Elween, et il lui a fait une promesse. Une promesse qui doit le mener vers le Nouveau Monde, au-delà des Caraïbes. Afin de venir en aide aux Elfes victimes des prêtres portugais et des Espagnols. Depuis que les enchanteurs ont disparu, il n’y a plus de Sidh pour les abriter… Une guerre se prépare. aux Amériques !

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Le Sang du dragon  poursuit son épopée pour voler au secours d’Elfes persécutés à l’autre bout du monde. Jean-Luc Istin nous comble d’un nouvel album haletant, parvenant à faire rebondir l’intrigue de cette série où la fantasy occupe le premier rang. Après nous avoir emmenés à Versailles combattre Louis XIV, l’un des pirates les plus célèbres du neuvième art nous fait voyager une fois de plus dans un récit riche d’aventure, sous la plume experte de son scénariste. L’écriture du Sang du dragon se réinvente sous de nouvelles latitudes avec réussite, bravant le risque (avec brio) de lasser son lectorat.

Le dessin à l’influence comics marquée de Stéphane Créty apporte fraîcheur et dépaysement à un univers fantastique qui s’y prête. Son trait est soutenu par un encrage appuyé (très comics). Un style graphique que l’on reconnaît immédiatement et qui a participé au succès de la série.

Au final, l’univers du Sang du dragon se renouvelle très bien dans ce dernier album qui promet un second cycle de qualité.

The Manhattan Darkroom – Palais d’Iéna – Paris : 4 novembre – 4 décembre 2014

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Marilyn Monroe et Arthur Miller, projection privée de Certains
l’aiment chaud, Hollywood, 1959
© DaumanPictures.com / Henri Dauman

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exposition du 4 novembre 2014 au 4 décembre 2014
Palais d’Iéna – Paris

Henri Dauman,
un fabricant d’icônes
L’archive Dauman nous replonge plusieurs décennies en arrière pendant l’âge d’or des grands magazines américains. L’ère est à la fabrication de la belle image. Cadrages astucieux, angles novateurs, approches créatives, c’est dans la technique photographique que se trouve la clé. Fabricant d’ « icônes », il perd de ce fait le statut de photojournaliste pour acquérir celui de photographe.

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Jane Fonda, 1963
© DaumanPictures.com / Henri Dauman

Henri Dauman
Né en 1933 à Paris, et devenu orphelin pendant la seconde guerre mondiale, Henri Dauman émigre aux États-Unis en 1950. Il part, seul avec son appareil, retrouver un oncle établi à New York. C’est là qu’il commence sa carrière de photographe. Tout d’abord correspondant pour la presse française et internationale, il rejoint assez rapidement les magazines américains alors prospères. Il conserve néanmoins un statut d’indépendant, ce qui l’autorise à travailler pour le supplément culturel du New York Times.

Une minute et trente secondes d’histoire américaine et du travail du photographe Henri Dauman

Pony Taylor : découvrez le clip du single Funny Ride sorti aujourd’hui

Communiqué  de presse :

Les Avignonnais de Pony Taylor sont de retour aujourd’hui avec un nouveau single au format 45 tours vinyle sur le label espagnol Clifford Records, mais aussi en numérique chez SuperHomard Records sur toutes les plates-formes de téléchargement légales.
Ces deux titres ont étés mixés par Pedro Resende (Tahiti 80) et masterisés par TW Walsh (Pedro The Lion).
Funny Ride, la face A, est une sorte road trip en technicolor (et en Ford Mustang). Comme souvent chez Pony Taylor, il y a là un peu de Northern Soul, un peu de psychédélisme mais aussi une ambiance un peu rêveuse, évocatrice des bandes originales de films français du début des 70’s à la Michel Legrand ou Michel Colombier.
La face B, The Phlogiston Theory est un instrumental hypnotique, lui aussi très cinématographique, parsemé de blips électroniques, de Mellotron et d’un inquiétant orgue Farfisa qui donne à l’ensemble une ambiance à la Dario Argento.

Résultats concours : Festival d’Ile de France, 2 compilations gagnées

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Du 6 septembre 2014 au 12 octobre 2014

A l’occasion du Festival d’Ile de France, Publik’Art vous a offert la chance de gagner :

2 compilations du Festival d’Ile de France

 

Vous avez été très nombreux à participer : 2 303 joueurs ! Bravo à tous et merci de cette excellente participation.

 

Les deux heureux gagnants sont :

 

Céline Leclerc et Eric Guiheneuf

 

Notre partenaire vous enverra votre lot très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement.

Très bon festival à tous !

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