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« Oncle Vania » d’Anton Tchekhov, mise en scène par Eric Lacascade, à Sceaux

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Les Gémeaux / Scène Nationale du 8 au 19 octobre 2014
49, avenue Georges Clemenceau
92330 Sceaux

Le metteur en scène Eric Lacascade revient à son auteur de prédilection Anton chekhov avec « Oncle Vania » dans une adaptation qui s’inspire également de sa version initiale « L’homme des bois », amplifiant les considérations écologistes et avant-gardistes de la pièce. Il nous offre un formidable travail de troupe qui brûle de ces âmes inaccomplies aux destins étouffés où le plateau en perpétuel mouvement est constamment habité, vibrant et parfois drôle.
[pull_quote_center]De ces personnages en crise suspendus entre l’illusion de leurs vies et la solitude implacable de leurs conditions, on côtoie le tragique et le comique dans ce grand désordre qu’est la vie et que la mise en scène circulatoire d’Eric Lacascade restitue à merveille.[/pull_quote_center]

Le premier acte s’ouvre sur une ambiance festive, collective où sous les feux de l’ivresse les ambitions et les rêves se déversent à l’instar de cet impressionnant tréteau-balançoire en zinc qui voit les verres se remplir et glisser jusqu’à son convive.

Pour ensuite faire place à une scénographie plus oppressante aux lignes géométriques où chacun des protagonistes confronté à ses tourments existentiels, ses rancœurs va faire entendre et éclater un morceau de sa vérité, de sa déception, et de son désir.

Vania vit à la campagne, dans la propriété de sa défunte sœur, avec sa mère, sa nièce, Sonia, et quelques amis. L’arrivée de son beau-frère, le professeur à la retraite, Alexandre Sérébriakov, et de sa jeune épouse, Eléna, va bouleverser cette simple vie quotidienne. La plupart des personnages sont des insatisfaits : Astrov le médecin qui ne vit que pour ses patients et ses forêts, Sonia amoureuse sans retour, Elena épouse obéissante, Serebriakov, tyran domestique et Oncle Vania qui se découvre amoureux de sa jeune belle sœur…

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De ces personnages en crise suspendus entre l’illusion de leurs vies et la solitude implacable de leur condition, on côtoie le tragique et le comique dans ce grand désordre qu’est la vie et que la mise en scène circulatoire d’Eric Lacascade restitue à merveille.

Chorégraphie des corps et de l’espace qui fait vivre et respirer ce déferlement d’humanité où se mêlent et s’entrechoquent les passions naissantes puis avortées, les espoirs déçus, les trahisons, les doutes, les peurs, la conscience aiguë de la perte, le renoncement et l’emportement.

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Et les comédiens sont à l’unisson dans ce spectacle choral pour porter cette parole profonde et paradoxale. Alain d’Haeyer, est un Vania poignant et intense tandis qu’Ambre Kahan campe avec profondeur une Elena à la fois séductrice et soumise. Quant à Sonia interprétée par Millaray Lobos Garcia, elle est gracieuse de fragilité et d’humanité.

On est littéralement saisi par la scène finale magistrale où Vania apparait seul et prostré dans la maison abandonnée de tous où s’accompagnant d’un air de bandonéon, il hurle sa résignation.

Car il faut vivre, malgré tout…

Ghetto Brother, une BD de Julian Voloj et Claudia Ahlering (Steinkis)

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Ghetto Brother est le premier roman graphique écrit par Julian Voloj (écrivain et photographe) et illustré par Claudia Ahlering. Et ce n’est autre que la vie incroyable de Benjy Melendez, fondateur du gang Ghetto Brothers, qu’ils ont choisi de nous raconter.

Date de sortie : 27 août 2014
Auteurs :  Julian Voloj (Scénario) et Claudia Ahlering (Dessin)
Prix : 19,95 € (128 pages) 

Résumé de l’éditeur :

L’histoire, vraie, de Benjy Melendez, une légende du Bronx. Benjy Melendez, fils d’immigrants portoricains, grandit dans le Bronx et fonde, à la fin des années 1960, les Ghetto Brothers. De son quartier ravagé par la drogue, la violence et la pauvreté, de son époque marquée par les mouvements contestataires, Benjy tire une énergie formidable et ultra positive : son gang sera multiracial et pacifique ! Parmi ses nombreuses actions, le gang organise chaque semaine des concerts ouverts à tous, sur le bitume ou dans les immeubles désaffectés, qui verront émerger le mouvement hip hop.

Le point sur l’album :

Ghetto Brother est l’histoire vraie et originale de Benjy Melendez, jeune afro-américain qui vit dans le Bronx à l’époque où son pays déclare la guerre au Vietnam et où Martin Luther King est assassiné. Son quartier est rongé par la violence, la haine, le racisme et la drogue. Et il décidera de prendre le contrepied de cette misère en créant son gang. Un gang pacifiste, à l’origine d’une trêve historique. Du jamais vu. Un récit de vie authentique et documenté dont on aurait tort de se priver. On ressent l’énergie positive de ce jeune noir qui ne rêve que de meilleurs lendemains et qui contribuera à l’essort du hip-hop, et aux musiques métissées nées dans ces quartiers. Un joli scénario, aboutissement d’un long travail de préparation (trois ans).

Le dessin noir et blanc de Claudia Ahlering est pour sa part original et puissant, au trait irrégulier, presque caricatural. Un style qui peut déconcerter mais qui a le mérite de se démarquer du paysage BD.

Ghetto Brother est une BD unique. A lire.

Le Grand désordre – Alzheimer, ma mère et moi : une BD de Sarah Leavitt (Steinkis)

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Le Grand désordre – Alzheimer, ma mère et moi est le témoignage bouleversant de Sarah Leavitt qui a vu sa mère sombrer peu à peu dans la maladie. Celle d’Alzheimer. Et avec elle, toute la famille.

Date de sortie : 10 septembre 2014
Auteurs : Sarah Leavitt (Scénario et Dessin)
Prix : 18 € (128 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Sarah a toujours eu une mauvaise mémoire.
Quand on diagnostique la maladie d’Alzheimer de sa mère, elle sait qu’elle doit noter tout ce qui se passe pour se rappeler les moments de folie, la beauté, la tragédie et les fous rires aussi. Elle nous entraîne avec elle dans le voyage de sa famille en Alzheimer… Un témoignage sur une maladie complexe, et un hommage d’une fille à sa mère.

Le point sur l’album :

Comme elle nous le raconte, Sarah n’a pas une très bonne mémoire. Alors pour se souvenir, elle a consigné au jour le jour, sur le vif, tout ce qui pouvait ponctuer sa journée et surtout celle de sa mère, pendant que celle-ci se battait malgré-elle contre la maladie. Sarah allait jusqu’à griffonner pendant que sa mère entrait en pleine crise de nerfs. Le résultat de ce témoignage est d’un réalisme saisissant. On sent Alzheimer nous souffler sur la nuque. Et on est bouleversé par ce que traverse cette famille. Une famille soudée. Une femme dévastée. Et une fille qui accompagne sa mère.

Une histoire autobiographique dessinée avec délicatesse, d’un trait fin et simpliste, qui donne beaucoup de profondeur au récit.

 Le Grand désordre – Alzheimer, ma mère et moi ne laisse pas indemne. A lire.

Mon truc en plus, une BD de Noël Lang et Rodrigio Garcia ( Steinkis)

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Mon truc en plus est la première BD de Noël Lang et Rodrigio Garcia. Une BD qui porte bien son nom puisqu’elle met en scène Pablo, un petit garçon atteint de trisomie 21. Une BD à sketchs qui fait sourire et touche par la sincérité de ses propos. Une plongée dans l’innocence de l’enfance, enrichie d’un vingt-et-unième chromosome.

Date de sortie : 10 septembre 2014
Auteurs : Noël Lang (Scénario) et Rodrigio Garcia (Dessin)
Prix : 18 € (128 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Pablo est un petit garçon.
Il ne quitte pas son disque de Petula Clark, il a une amoureuse et plein d’amis.
Et comme tous les enfants, sa vision du monde décalée est un délice de drôlerie et de bon sens.
Ah oui, et aussi, Pablo a un truc en plus, ça s’appelle un chromosome. 21.

Préface

Dans la lignée de Peanuts ou de Mafalda, les auteurs de cette bande dessinée font entrer le lecteur dans un univers particulier, celui de Blo, de son « amoureuse » et de ses amis. Il est attachant, il est fait de douceur et de poésie. C’est avant tout un univers d’enfants, vu par des enfants. Les regards qu’ils posent sur leur vie, leur environnement, sur le monde des adultes, ainsi que leurs difficultés à le comprendre, à en saisir la logique, sont à la fois pleins de candeur et d’un réalisme évident. Dans ces instantanés du quotidien l’humour oscille sans cesse entre douce absurdité et profondeur désarmante.
Ce livre nous fait sourire à maintes reprises, il nous émeut aussi. Mais ce qu’il nous dit surtout, c’est que la trisomie ne change rien à la nature même et aux préoccupations de ces personnages : l’école, l’amour, le sport, la télé, etc.
Finalement, je crois que le plus pertinent dans cet ouvrage c’est peut-être qu’il nous donne à voir un monde d’enfants bien ordinaires, loin des préjugés et des stéréotypes.

Cécile Dupas
Présidente Trisomie 21 France.

Le point sur l’album :

C’est l’oncle trisomique de Noël Lang qui l’inspira pour écrire ces quelques pages. Et d’emblée, on est touché par le ton employé. Un ton d’un humour doux et bienveillant qui est aussi celui d’un enfant qui découvre les choses, qui fait souvent des remarques inattendues, qui est curieux de tout et de rien. Qui a ses envies, ses passions, ses amours. Pablo est comme ça, lui aussi. L’auteur démystifie avec bonne humeur la trisomie 21 en mettant en scène avant-tout un petit garçon.

Le dessin de Rodrigio Garcia est quant à lui sobre et efficace. Son trait arrondi fait le job. Le lettrage est néanmoins un peu décevant (lettres capitales, caractères trop fins).

En conclusion, Mon truc en plus est un bel ouvrage, qui nous fait découvrir un univers qui ne nous est pas inconnu : l’enfance, avec ici un truc en plus.

Sherlock Holmes – Les Chroniques de Moriarty, tome 1 : une BD de Sylvain Cordurié et Andrea Fattori (Soleil)

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Sherlock Holmes – Les Chroniques de Moriarty est une nouvelle série du scénariste Sylvain Cordurié accompagné cette fois de l’illustrateur Andrea Fattori. Contrairement aux autres séries Sherlock Holmes de la collection 1800 chez Soleil Production, c’est le personnage de James Moriarty qui est ici à l’honneur. L’ennemi juré du célèbre détective est ressuscité d’entre les morts pour venir hanter les possesseurs du nécronomicon.

Date de sortie : 10 septembre 2014
Auteurs : Sylvain Cordurié (Scénario) et Andrea Fattori (Dessin)
Prix : 13,95 € (48 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Mai 1892. Le Professeur Moriarty se sacrifie pour empêcher les anciens Dieux de fouler la Terre. Ces derniers l’attirent sur leur monde pour lui faire payer. Ainsi disparaît l’ennemi du détective. Juin 1893. Femme d’affaires habituée à nager en eaux troubles, Meredith Rutherford rentre chez elle et a la surprise de tomber sur un intrus qu’elle connaît bien : James Moriarty, de retour à Londres après une année d’exil. Une expérience qui en a fait un homme encore plus redoutable qu’il ne l’était déjà. Et qui le conduit à une nouvelle croisade.

Le point sur l’album :

Sylvain Cordurié élabore un scénario innervé de science-fiction où son personnage central James Moriarty expie ses crimes commis durant sa vie au supplice d’une sorte de purgatoire. Soumis aux pires atrocités par la volonté des anciens Dieux, James Moriarty parviendra à échapper à la vigilance de ses geôliers et revenir dans le monde des vivants. A partir de là, l’a-t-il décidé, il partira en guerre contre tout ceux qui feront l’apologie de ces anciens dieux, et notamment les possesseurs du nécronomicon. Malheureusement, le scénario se perd dans ses méandres lovecraftiens, entrecoupant le récit par le calvaire enduré par Moriarty durant tout l’épisode. Ce qui génère un problème de rythme (et d’intérêt).

Un épisode qui souffre de l’absence de véritable enjeu, et de figure marquante (les personnages secondaires sont fantomatiques). C’est dommage.

Le dessin de Andrea Fattori est quant à lui assez classique, mais agréable. Son trait est précis, ses planches plutôt détaillées. Un style qui ne se démarque pas vraiment, dans un sens comme dans l’autre.

Ce premier tome de Sherlock Holmes – Les Chroniques de Moriarty manque donc de structure et de suspense, mais la suite peut réserver des surprises. Soyons certains que le potentiel de Sylvain Cordurié n’est pas entamé.

Moyasimon, tome 1 : un manga de Masayuki Ishikawa (Glénat)

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Moyasimon est un manga original signé Masayuki Ishikawa. Tout se passe dans une université agricole, où deux jeunes étudiants et amis font leur rentrée. L’un deux a un pouvoir spécial puisqu’il voit les microbes qui nous entourent…. Ils prennent l’apparence de petits personnages et lui permettent de les distinguer facilement.

Date de sortie : 1er octobre 2014
Auteurs : Masayuki Ishikawa (Scénario et Dessin)
Prix : 9,15 € (224 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Le point commun entre le saké, le vin, la sauce soja, le miso, le pain, la bière, le fromage, les antibiotiques… c’est eux :
Aspergillus oryzae ou Saccharomyces cerevisiae… ces noms scientifiques vous semblent imbitables ? Vous les retiendrez bien vite, car ces levures sont au centre de ce manga atypique, aux côtés de leurs congénères microbiens.
Tout commence avec l’arrivée de notre héros, Tadayasu Soemon Sawaki, dans une école agricole. Une seule chose le différencie des autres étudiants : il est capable de voir les micro-organismes à l’œil nu, sous forme de petits personnages !! Pratique pour repérer un aliment contaminé par l’Escherichia coli et éviter une gastro-entérite ou contrôler le degré de fermentation d’un saké. Par contre, détecter des verrues au pied d’une belle femme ou se rendre compte que deux personnes ont partagé leurs flores cutanées peut parfois s’avérer gênant…
Grâce à Sawaki nous découvrirons la richesse du monde microbien et son rôle central, notamment dans notre alimentation. Des basiques yaourt et sauce soja aux fantastiques saké et vin en passant par les surréels surströmming et kiviak, nous saurons tout des aliments fermentés !

Le point sur l’album :

Il faut avouer que l’idée de Moyasimon est aussi étonnante qu’originale. Concevoir un manga – même une histoire – autour de la faune microbienne relève de l’inédit. Ici, l’accent est mis sur l’alimentation, et plus particulièrement la fermentation, qui cultive le développement de certains de ces micro-organismes pour aboutir à ce que nous connaissons : yaourt, sauce soja, vin, saké etc… Et notre héros est capable d’identifier avec précision chaque population microbienne. Ce qui permet parfois d’éviter des catastrophes sanitaires. Le récit nous emmène ainsi dans un monde méconnu, qu’on découvre avec amusement.

Le dessin de Masayuki Ishikawa est plutôt classique. Son trait fin et ses personnages respirent le manga traditionnel, avec ses moments de folie qui le traversent.

Moyasimon est donc une série surprenante qui pourrait gagner ses galons rapidement.

Gérard Depardieu, Le Biopic en BD par Sergio Salma (Bamboo)

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Sous un angle humoristique, Sergio Salma propose de redécouvrir Gérard Depardieu à travers ce Biopic en BD. Un ouvrage à sketchs qui retrace les différentes périodes de sa vie, de sa naissance à nos jours. L’occasion d’en apprendre encore sur ce monument historique français.

Date de sortie : 24 septembre 2014
Auteurs : Sergio Salma (Scénario et Dessin)
Prix : 16,90 € (208 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Gérard Depardieu est LA révélation du cinéma des années 70, mais c’est la décennie suivante qui le consacre acteur incontournable. Star mondiale dans les années 90, il commence à déborder du cadre. Ogre, riche et fou, il passe régulièrement de la rubrique cinéma à la rubrique people. Il est multiple : comédien, vigneron, restaurateur, il bouffe littéralement la vie. Des coups du sort aux pelles en scooter, Gégé survit à tout et s’exile en Russie sous les quolibets, mais reste pourtant l’un des meilleurs produits d’exportation français. Avec un regard tendre et plein d’humour, Sergio Salma propose un véritable biopic bourré d’infos étonnantes. Tout commence en 1948 à Châteauroux …

Le point sur l’album :

Sergio Lama relève un challenge de taille. Surtout lorsqu’il s’agit de nous raconter la vie d’un ogre. Un ogre du théâtre, du cinéma, de la cuisine, des affaires et tant d’autres domaines… L’auteur parcourt avec aisance et malice la vie de l’acteur. Son enfance, ses parents, ses enfants, ses amis les plus chers, son ascension fulgurante, ses films, ses passions, ses affaires, ses joies, ses peines, etc…

On s’amuse beaucoup en feuilletant cette BD qui regorge de petites anecdotes surprenantes et nous montre un Depardieu en toute intimité, sous des traits humoristiques plutôt pertinents.

A découvrir.

Héléna, tome 1/2 : une BD de Jim et Lounis Chabane (Grand Angle)

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Héléna  est la nouvelle série écrite par Jim (Une nuit à Rome, Petites Eclipses, Une petite tentation) et illustrée par Lounis Chabane (Golden Cup, Carmen + Travis, Ligue Zéro, Mesrine, Si seulement…). Deux auteurs incontournables du neuvième art qui s’associent sur un projet intimiste et prometteur, en deux tomes.

Date de sortie : 1er octobre 2014
Auteurs : Jim (Scénario) et Lounis Chabane (Dessin)
Prix : 16,90 € (76 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Du plus loin que je me souvienne, Simon a toujours eu peur des jolies filles. Le jour de son mariage, Simon aperçoit Héléna sur la grande place de la mairie de Nice. Héléna, la beauté de sa classe quand il était enfant, son grand amour. celle qu’il aime depuis toujours et qui ne s’est jamais intéressée à lui. Entre eux, c’est juste un échange furtif, rien de plus. Mais un échange suffisant pour que Simon refuse de dire le petit «oui» durant la cérémonie de son propre mariage. Il aime Héléna, plus que tout. Et comme cet amour est unilatéral, lui vient une idée bien curieuse… Il lui propose de lui offrir 1000 euros, en échange de trois heures de sa présence tous les jeudis après-midi…

Le point sur l’album :

Héléna fait le récit d’un quadra (ou trentenaire) paumé, qui a planté son mariage sur un coup de tête ou plutôt sur un souvenir qui lui est apparu brutalement le jour de la cérémonie. Celui d’Héléna, celle dont il était éperdument amoureux lorsqu’il était plus jeune. Croisée par hasard, il ne la reverra plus pendant un certain temps… Et lorsque se représentera l’occasion, il compte bien forcer le destin… Le scénario de Jim est très habile. Il nous fait vivre toutes les nuances d’un amour impossible, de l’espoir au désespoir en passant par des moments de clairvoyances inévitables. Un récit touchant qui emmène le lecteur dans cet ailleurs sentimental dès la première seconde.

Le dessin de Lounis Chabane est merveilleusement fin, dégageant de la délicatesse grâce à ses lignes claires. La coloration de Delphine est idéale, mettant en valeur ces décors de bords de mer.

Héléna exerce ainsi ses charmes sur le lecteur comme sur Simon. On n’y résiste pas.

Percy Jackson, tome 3 : une BD de Robert Venditti et Attila Futaki (12Bis)

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L’adaptation BD du célèbre roman de Rick Riordan poursuit son chemin avec un troisième volet, Le sort du Titan. Le jeune Percy Jackson est mis encore une fois à rudes épreuves et va devoir affronter de menaçantes créatures, au premier rang desquelles Cronos règne en maître, alors que son amie Annabeth est enlevée…

Date de sortie : 25 septembre 2014
Auteurs : Robert Venditti (Scénario) et Attila Futaki (Dessin)
Prix : 13,90 € (130 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Décidément, la vie des demi-dieux n’est vraiment pas de tout repos… Percy, Thalia et Annabeth se retrouvent à Westover Hall, un collège militaire, pour récupérer deux jeunes Sangs-Mêlés que Grover a découverts, Nico et Bianca Di Angelo. Malheureusement, un monstre du nom de Thorn surveillait les deux enfants sous la forme du principal adjoint du collège. Thorn est en réalité un Manticore, sorte de lion à visage humain. Lors du combat entre lui et nos héros, Annabeth disparaît avec Thorn, malgré l’intervention d’Artémis et de ses Chasseresses. De retour à la Colonie, ils apprennent qu’Artémis a disparu en traquant un mystérieux monstre et doivent partir à sa recherche. Percy, quant à lui, pense surtout à sauver Annabeth des griffes de ses kidnappeurs…
Célèbre saga de Rick Riordan, Percy Jackson a déjà fait l’objet de deux adaptations au cinéma – le second épisode ayant totalisé 1,5 millions d’entrées en France ! Voici le 3e volume de sa version en BD, par Robert Venditti et Attila Futaki.

Le point sur l’album :

Scénarisée par Robert Venditti (The Surrogates), cette adaptation semble respecter l’oeuvre originelle tout en profitant d’un découpage sur mesure pour l’exercice de la BD. Ce troisième tome est dans la lignée des précédents, où l’aventure est au coeur du récit. Ce dernier est plutôt riche (grâce à son univers et ses nombreuses figures mythologiques), orchestré avec rythme et suspense.

Le dessin de Attila Futaki est par ailleurs digne d’un grand comics. Un trait fin qui met particulièrement bien en valeur les visages et les jeux d’expressions qui vont avec.

En conclusion, on passe un agréable moment avec ce dernier album.

Idiot ! Parce que nous aurions dû nous aimer d’après Fiodor Dostoïevski, mise en scène par Vincent Macaigne, à Paris

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Festival d’Automne au Théâtre de la Ville jusqu’au 12 octobre puis du 4 au 14 novembre à Nanterre-Amandiers

Auteur et metteur en scène, Vincent Macaigne s’attache à faire du théâtre un acte épique et de résistance avec pour manifeste la puissance de la scène et l’adaptation libre de grands noms de la littérature.

Dans son geste d’écriture, il saisit le souffle et la matière de l’œuvre en se confrontant à son tumulte narratif et politique qu’il fait entendre à partir d’une restitution ravageuse mais salvatrice et qui renvoie à la vacuité de notre époque.

[pull_quote_left]Entouré de sa bande de comédiens tonitruants, Vincent Macaigne fait du plateau la caisse de résonance de cette perdition qui embrasse dans un flux scénique irrépressible, à l’instar d’un dernier cri de colère, d’amour ou de destruction en écho avec notre présent, le désordre du monde, son étourdissement et sa rédemption[/pull_quote_left]

Aujourd’hui, il revient à la figure de l’Idiot, déjà monté en 2009, renouant avec l’ironie et la fureur du monde dostoïevskien.

Le roman met en scène l’errance et les erreurs d’un prince aux amours condamnés dont la bonté d’âme le rend inapte donc idiot !  à la férocité de son environnement à la fois cynique, dépravé et individualiste où la confusion morale et idéologique règnent.

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Entouré de sa bande de comédiens tonitruants, Vincent Macaigne fait du plateau la caisse de résonance de cette perdition qui embrasse dans un flux scénique irrépressible – s’apparentant à un dernier cri de colère, d’amour, de destruction en écho avec notre présent – le désordre du monde, son étourdissement et sa rédemption.

La performance des acteurs, dans une urgence folle, sont investis au delà d’eux même tandis que la scénographie qui emprunte à l’art contemporain mais aussi la bande-son dévastatrice, les lumières agressives, les maquillages où la peinture et les paillettes se déversent par sceaux, inscrivent pleinement l’histoire du dramaturge russe  au cœur de notre temps, de la faiblesse humaine et d’une tendresse qui n’a d’égal que sa rage.

Un spectacle coup de poing où l’électrochoc du chaos doit ouvrir au renouveau à inventer…

Black Crow raconte La Bounty – La Mutinerie des Maudits : une BD de Jean-Yves Delitte (Glénat)

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Jean-Yves Delitte (Les coulisses du pouvoir, Tañatos, Black Crow) continue à nous faire rêver avec un nouvel épisode de Black Crow raconte… Une série qui relate dans chaque album un évènement historico-maritime. Dans ce troisième tome, c’est La Bounty qui est remise grandiosement sur les flots.

Date de sortie : 1er octobre 2014
Auteurs : Jean-Yves Delitte (Scénario et Dessin)
Prix : 13,90 € (48 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Un épisode mythique de l’histoire de la marine ! Février 1790. Black Crow et son équipage découvrent, échouée sur les rivages d’une île du Pacifique, l’épave calcinée d’une frégate de la British Royal Navy : la Bounty. Le corsaire en a entendu parler… Commandé par le tyrannique officier William Bligh, ce navire a connu un destin particulier. Après un voyage au large de Tahiti où ils ont pu découvrir les charmes exotiques des femmes indigènes, ses hommes ont en effet pris leur destin en main. Excédés par les mauvais traitements de leur capitaine et sous l’impulsion du second Fletcher Christian, ils se sont révoltés. En prenant le contrôle du navire, ils ont provoqué l’une des mutineries les plus célèbres de l’histoire, inspirant plusieurs livres, films et chansons populaires…En tant que spécialiste incontesté du genre, Jean-Yves Delitte poursuit avec Black Crow raconte une série présentant des épisodes emblématiques de l’histoire de la marine par l’intermédiaire de son corsaire fétiche.

Le point sur l’album :

A travers son personnage phare, le pirate Black CrowJean-Yves Delitte nous relate l’histoire de cette petite frégate de la marine britannique dirigée, en mission vers l’Australie, par un capitaine autoritaire. Une mission qui n’aboutira pas puisqu’une partie de l’équipage la sabordera, prenant le contrôle de La Bounty. Une mutinerie joliment mise en scène par l’expert incontestable du genre. Jean-Yves Delitte est en effet le peintre officiel de la marine belge et sa renommée dans le monde du neuvième art semble n’avoir jamais été aussi grande. Un véritable maître lorsqu’il est question de marins (et de mutins).

Mais son talent s’exprime aussi et surtout à travers ses planches où chaque détail a son importance. Un véritable travail d’architecte (Jean-Yves Delitte était également architecte-designer) d’une précision inouïe et d’une beauté incomparable.

Un bel album.

Black Lord, tome 2 : une BD de Xavier Dorison, Guillaume Dorison et Jean-Michel Ponzio (Glénat)

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Six mois après un premier album coup de poing, les frères Dorison remettent le couvert en compagnie de Jean-Michel Ponzio pour le deuxième épisode de leur série de piraterie moderne Black Lord. Toujours plus sombre et violent, il porte sobrement le titre de Toxic Warrior.

Date de sortie : 1er octobre 2014
Auteurs : Xavier Dorison, Guillaume Dorison (Scénario) et Jean-Michel Ponzio (Dessin)
Prix : 13,90 € (48 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Maxime Stern prépare un plan d’abordage pour monter sur le bateau d’Hassan. C’est ici qu’est détenu Djad, le pêcheur somalien envers qui Max a une dette. Pour libérer son ami, le français a besoin du soutien de Churchill, ancien lieutenant d’Hassan. Pour le convaincre, il lui propose un marché : s’il l’aide, Max le débarrasse définitivement du pirate somalien qui, derrière ses atours de défenseur du peuple de Baravawee, cache des motivations beaucoup moins nobles…
Deuxième tome de cette fiction âpre et violente dans les eaux tourmentées de la piraterie moderne, cosignée par les frères Dorison et illustrée par le trait ultra-réaliste de Jean-Michel Ponzio.

Le point sur l’album :

Notre capitaine préféré, Maxime Stern, revient avec sa nonchalance légendaire pour tenter de payer sa dette auprès de Djad, ce pêcheur qui lui sauva la vie. Stern va ainsi partir en expédition punitive pour le libérer de ses geôliers. L’occasion pour le scénario de prendre de la hauteur avec les pirates qu’il met en scène.

En effet, le récit se densifie, offrant un aperçu de l’organisation et des rôles de chacun dans ce trafic occulte. Un éventail qui couvre le déversement de produits toxiques sur les berges de somalie, leur impact sur la population ou encore le trafic des personnes et des biens (navires…). Tout cela n’empêche pas d’entretenir le mystère sur notre héros, et d’offrir quelques scènes outrageusement violentes, pour notre plus grand plaisir. Le suspense est néanmoins assez relatif, tant Maxime Stern semble invincible. Heureusement, il n’est pas épargné au plan émotionnel.

Le dessin de Ponzio exacerbe le réalisme du récit par son style unique presque photographique, qui lui donne toute sa noirceur. On aime.

Black Lord assure une nouvelle démonstration de force avec ce nouvel album. A lire.

L’Or et le Sang, tomes 1 à 4 : une série BD de Fabien Nury, Maurin Defrance, Fabien Bedouel et Merwan (Glénat)

L’Or et le Sang, une série culte

L’Or et le Sang est la saga culte de Fabien Nury (Il était une fois en France, Tyler Cross) et Maurin Defrance (à l’origine de la série) illustrée par Fabien Bedouel (Un long destin de sang, OPK) et Merwan (Pour l’Empire, le Bel Âge). La parution du quatrième et dernier tome de la série, Khalil, est l’occasion d’une belle réédition des trois épisodes précédents par Glénat (qui a récupéré le catalogue de 12Bis chez qui la série avait débuté).

Date de sortie : 1er octobre 2014
Auteurs : Fabien Nury, Maurin Defrance (scénario) Fabien Bedouel et Merwan (dessin)
Prix : 15,50 € (72 pages dont bonus)

Résumé de l’éditeur :

Le Rif s’est embrasé. Le Maroc entier menace de le suivre sur la voie de la liberté… Calixte, converti à l’Islam, est devenu un véritable chef de guerre sous le nom de « Khalil al Islami ». Léon, confronté au dilemme de sa vie, préfère l’amitié à la fortune et rejoint les rebelles. Mais face à l’armée rifaine se dressent désormais deux puissances coloniales : la France et l’Espagne, réunies pour écraser à tout prix la République du Rif. La guerre semble perdue d’avance… Peu importe. À défaut d’être vainqueurs, ils deviendront des légendes.

Le point sur la série :

L’Or et le Sang est une aventure humaine incroyable où l’histoire du Maroc Colonial est mise à mal par une guerre menée par les rifains pour la création d’une République indépendante du Rif. Hormis les figures historiques de ce conflit (Franco, Abdelkrim el Khattabi…), le scénario met en scène deux personnages principaux que rien ne prédestinait à se rencontrer. L’un est un aristo de l’hexagone, l’autre une petite frappe venue de Corse. Ils vont devenir les meilleurs amis du monde avant de partir vivre leur aventure dans le désert… Et comme dans toute grande amitié, il y aura des hauts et des bas au gré des combats que chacun choisira d’affronter. Des personnages d’une grande profondeur.

L’Or et le Sang n’est pas uniquement une belle histoire d’amitié, c’est surtout un magnifique récit d’aventure, écrit avec grande virtuosité. Le lecteur est littéralement happé par la force d’un scénario qui ose, ne s’interdit rien. Le suspense est de tous les instants, on ne sait jamais jusqu’où iront nos rifains d’adoption. Et quoiqu’il arrive, l’effet de surprise est garanti.

Le dessin est quant à lui extrêmement fin, proche d’un graphisme d’animation. Les personnages font transpirer leurs émotions et les décors sont sublimes. Un superbe voyage embelli par une coloration impeccable. On adore.

Pour conclure, L‘Or et le Sang se termine avec le panache d’une aventure épique. A ne manquer sous aucun prétexte.

Meurtres au féminin, un film de Carlos Martin Ferrera, sortie en DVD le 23 septembre 2014

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Sortie en DVD le 23 septembre 2014

 

Synopsis

 

Un tueur de vieilles dames sévit dans les rues de Barcelone. Eva Riera, jeune officière de police, est chargée par son supérieur Xavier Vidal, d’enquêter sur le troisième meurtre : une octogénaire étranglée par une serviette comme les précédentes victimes. Afin d’éviter la panique, la police applique le « Code 60 », une opération discrète.

Depuis Le silence des agneaux (1991) et Seven (1995), la représentation du tueur en série à l’écran est devenue une figure ultra exploitée, pour le meilleur et pour le pire des productions américaines, européennes ou asiatiques. Difficile dans ce contexte, de renouveler un genre usé jusqu’à la corde et offrir de la nouveauté. Ce n’est pas le téléfilm de Carlos Martin Ferrera, production modeste venu d’Espagne, qui va révolutionner la chose mais propose cependant une approche différente en faisant du meurtrier, non pas un homme mais une femme, chose évidemment pas nouvelle mais assez rare pour être noté. Les tueurs en série étant dans la majorité des cas de sexe masculin.

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Meurtres au féminin (Code 60) se présente comme un suspense plutôt efficace, porté par une réalisation correcte et des comédiens à l’interprétation inégale, surtout les seconds rôles (la faute au mauvais doublage français ?) mais pas moins convaincante. Ici l’identité de la suspecte est connu dès le départ pour le spectateur et l’enquête va plutôt s’attacher à une sorte de jeu du chat et de la souris avec la police, jusque un final qui sera le meilleur moment du film par sa tension. Le reproche que l’on peut faire à Meurtres au féminin concerne les motivations de la meurtrière qui ne s’en prend qu’aux femmes seules et âgées, car celles-ci demeurent assez flous et sont peu expliquées. Reste que l’hypothèse évidemment la plus probable est la folie au lieu d’une sorte d’instinct meurtrier comme c’est habituellement montré dans ce type de thriller.

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L’aspect psychologique de la meurtrière ainsi que des personnages de l’enquêteur et sa jeune coéquipière, qui est son ancienne élève de l’école de police, est cependant bien traité, tout comme les intrigues secondaires, et le spectateur aura plaisir à suivre cette enquête et traque policière, pas transcendante, mais assez bien réalisée pour ne pas ennuyer, et c’est déjà pas si mal pour ce type de production au budget relativement modeste, plutôt avare en séquences d’action.

Les âmes noires, un film de Francesco Munzi

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Sortie le 1er octobre 2014

 

Synopsis

Luigi et Rocco, fils d’un berger proche de la ’Ndrangheta, la mafia calabraise, sont dans le trafic international de drogue. Luciano, le troisième frère, est berger comme son défunt père assassiné par une famille rivale. Il s’occupe des terres familiales et a décidé de rester à l’écart des activités de ses frères. Malgré ses efforts pour protéger ses proches de cet héritage de violences et de rancoeurs, son fils Léo est attiré par ce monde où la loi du sang et le sentiment de vengeance sont maîtres.

Depuis Gomorra (2008) de Matteo Garrone tiré du roman de Roberto Saviano et devenu depuis cette année une série télévisée, le cinéma italien se penche, avec un regard proche du reportage, sur l’histoire de la mafia contemporaine de son pays. A celle de Naples du film de  Garrone, Les âmes noires du réalisateur Francesco Munzi (Il Resto Della Notte – Sélection Quinzaine des Réalisateurs Cannes 2008, Saimir – Mention Spéciale Première Oeuvre à la 61ème Mostra de Venise) s’intéresse cette fois à la ’Ndrangheta calabraise, étant à ses yeux le centre névralgique de la mafia en Italie, avec une sombre histoire de famille qui, bien entendu et sans en dévoiler trop, se terminera tragiquement.

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Là où constitue l’originalité du film de Francesco Munzi, c’est dans son approche morale et quasi religieuse qui peut renvoyer au cinéma de Pasolini par certains aspects. Le réalisateur décrit ainsi le parcours du jeune Léo et son ascension peu à peu grandissante dans l’entreprise criminelle familiale que son père Luciano, berger reclus et mysanthrope, voit d’un très mauvais œil. Luciano tente d’extraire son fils de l’emprise de ses deux frères trafiquants de drogue Luigi et Rocco et souhaite le voir embrasser un tout autre chemin, qui est d’en faire un berger comme lui.

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Les âmes noires constitue ainsi le portrait d’un clan familial divisé entre deux frères criminels et leur aîné, resté à l’écart et ne voulant pas entendre parler de leurs affaires. Le film est porté par une galerie de personnages profonds et complexes psychologiquement campés par de solides comédiens comme Marco Leonardi (Luigi), Peppino Mazzotta (Rocco), Fabrizio Ferracane (Luciano) et Giuseppe Fumo (Léo). Face à ces figures masculines et quelque peu machistes, des femmes fortes tout aussi bien interprétées par Barbora Bobulova (Valeria) et Anna Ferruzzo (Antonia). Une réalisation sobre et sans effets de style offre à cette histoire proche de la tragédie grecque un parfait écrin réaliste. Ainsi le roman de Gioacchino Criaco (éditions Métailié) dont Les âmes noires constitue l’adaptation cinématographique, devient à l’écran une réussite modeste mais pas moins remarquable de rigueur et d’âpreté où la dimension religieuse est présente en toile de fond, notamment à travers le personnage de Luciano, dont les apparitions le montrent presque constamment devant la figure d’un crucifix ou d’une vierge avec l’enfant, en faisant une sorte de représentation christique et morale face aux forces du mal symbolisées par le reste de sa famille, dont il tente en vain d’extraire de l’emprise sa propre personne, sa femme et surtout son fils.

 

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Alors si l’on apprécie le cinéma italien contemporain et les histoires de familles avec un fond de violence et de tragédie, Les âmes noires de Francesco Munzi constitue le parfait long métrage à aller voir en salle le 1er octobre.

Histoires de France, tome 2 : une BD de Lorànt Deutsch, Eduardo Ocaña et Rémi Guérin (Casterman)

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Histoires de France est une série historique écrite par l’acteur Lorànt Deutsch (Metronome…) et Rémi Guérin (City Hall) et illustrée par Eduardo Ocaña (Messiah Complex, Les Carnets de Darwin). Chaque album est indépendant (il s’agit de one shots) et porte sur un évènement ou des personnages méconnus qui ont marqué l’histoire. Après avoir évoqué le destin de Charles III de Bourbon dans un premier tome, c’est celui du fortuné Nicolas Fouquet qui nous est cette fois raconté.

Genre : Humour
Date de sortie : 8 octobre 2014
Auteurs : Lorànt Deutsch, Rémi Guérin (scénario) et Eduardo Ocaña (dessin)
Prix : 11,50 € (56 pages) 

Résumé de l’éditeur :

7 Août 1661 : Nicolas Fouquet donne en l’honneur de Louis XIV une fête somptueuse dans son fabuleux château de Vaux-Le-Vicomte. Dans les jardins dessinés par Le Nôtre, des feux d’artifice explosent au dessus des fontaines et du somptueux buffet préparé par Vatel pour plus de six cents courtisans, avant que Molière ne donne la première représentation de sa nouvelle pièce, Les Fâcheux. Mais ce que Fouquet n’a pas correctement évalué, c’est que Louis XIV, mortifié par la puissance affichée de son Surintendant des finances, ne peut admettre que quiconque en son royaume rayonne plus intensément que lui. Secrètement, le roi a juré la perte de Fouquet et quelques semaines plus tard, c’est D’Artagnan en personne qui arrêtera le trop brillant, sur ordre personnel du monarque bafoué…
Consacré par les lecteurs passionnés d’histoire (1,8 million d’exemplaires vendus pour Métronome), Lorànt Deutsch les invite à revivre en bande dessinée cette fabuleuse et fatale nuit de l’été 1661, avec le concours inspiré du dessinateur Eduardo Ocaña.

Le point sur l’album :

Le scénario de Lorànt Deutsch et Rémi Guérin débute par l’évènement qui fit entrer définitivement ce ministre des finances de Louis XIV dans l’Histoire : une réception somptuaire dans son château de Vaux-Le-Vicomte où il convia le roi. Ce dernier, jaloux de l’étalage de la fortune de son ministre (dont on dit qu’elle était plus importante que celle du royaume de France) partit furieux de cette soirée extraordinaire. Le sort de Fouquet était scellé. Et son château servira de modèle à celui de Versailles. Un récit assez complet et romancé, qui imagine les coulisses de cette fastueuse nuit où tout a basculé pour son hôte. Une Histoire de France qui méritait sa place et qui est dignement représentée dans cette BD.

Le dessin d’Eduardo Ocaña remplit sa part du travail, en livrant de très belles planches où jardins et château sont mis en évidence avec précision. Joli.

En résumé, ce second tome est un épisode des Histoires de France à ne pas manquer !

Résultats concours : Brèves de comptoir, 10 places gagnées

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Sortie le 24 septembre 2014

A l’occasion de la sortie du film Brèves de comptoir, Publik’Art, en collaboration avec Diaphana, vous a offert la possibilité de gagner :

 

5×2 places de ciné pour le film : Brèves de comptoir

 

Vous avez été très nombreux à participer : 3 491 joueurs ! Bravo à tous et merci de cette excellente participation.

 

Les cinq heureux gagnants sont :

Marine Breard, Maryse Dujardin, Francis Bickel et Hélène Braud. Et Noël Beltramin.

 

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement et d’avance on les en remercie vivement.

Très bon film à tous !

Le F.I.S.T. une BD de Terreur Graphique et Jorge Bernstein (Fluide Glacial / Trafik)

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Le F.I.S.T. est une création originale de Terreur Graphique et Jorge Bernstein pour la fameuse collection Trafik, repaire de la génération montante des auteurs les plus barrés de l’écurie Fluide Glacial (dans la même collection : Les caniveaux de la gloire, Vaudevilles).

L’info en + :

Genre : Humour
Date de sortie : 17 septembre 2014
Auteurs : Jorge Bernstein (scénario) et Terreur Graphique (dessin)
Prix : 8 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

Le F.I.S.T., c’est le Front Interministériel pour la Sauvegarde des Traditions.
Bras armé du gouvernement, issu de la quatrième république, il intervient quand la grandeur de la France est mise en cause, quand ses valeurs millénaires sont traînées dans la boue. Bon, le problème est que Dumontier, le boss du FIST, est un imbécile. Ce qui donne lieu à des situations hilarantes, qui ne vont peut-être pas beaucoup plaire à Arnaud Montebourg.

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Le point sur l’album :

Affublé d’un titre qui annonce la couleur, ce qui n’est en fait que le très sérieux Fonds Interministériel pour la Sauvegarde des Traditions est une démonstration déjantée de la folie qui habite ses auteurs, notamment son scénariste (qui nous avait régalés avec La bureautique des sentiments). Ses sketchs ne manquent jamais de piquant et de travers. Une BD qui s’inscrit dans l’esprit no limit de la collection Trafik.

Surtout sous les traits de Terreur Graphique qui bouillonne d’énergie caricaturale sous son trait lui aussi complètement barré.

En résumé, le F.I.S.T. est un ouvrage à ne pas mettre entre toutes les mains…

Vaudevilles, une BD de Nicolas Pinet (Fluide Glacial / Trafik)

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Vaudevilles est une BD humoristique de Nicolas Pinet, de la collection Trafik, repaire de la génération montante des auteurs les plus barrés de l’écurie Fluide Glacial (dans la même collection : Les caniveaux de la gloire). Un album à sktechs fantasques et décalés dont l’univers n’appartient qu’à son auteur.

L’info en + :

Genre : Humour
Date de sortie : 17 septembre 2014
Auteur : Nicolas Pinet(scénario et dessin)
Prix : 8 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

Nicolas Pinet est un nouveau venu dans les pages de Fluide Glacial, et dans le monde de la BD. Ne vous laissez pas tromper par son trait enfantin et ses couleurs naïves.
Ses histoires sont drôles et particulièrement inventives. Pas de personnage récurent chez lui, mais un univers loufoque, imprévisible. Et une écriture imparable, surréaliste et drôlissime, passant sans transition d’un reportage sur les folles fêtes des étudiants en médecine aux aventures d’un gros lourd victime d’un défaut d’élocution. L’univers déjanté de Nicolas Pinet est très prometteur, et nous sommes fiers de publier son premier album.

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Le point sur l’album :

Nicolas Pinet propose pour sa première BD une plongée dans un univers aussi déjanté qu’improbable, sous des traits enfantins trompeurs. Ses petites histoires sont aussi improbables qu’inattendues. L’écriture est au service du loufoque, au risque de perdre le lecteur, qui est parfois bousculé par le style. Mais Pinet va au bout de ses idées et surprend, même si l’on ne rit pas aux éclats.

Avec VaudevillesPinet se démarque d’entrée de jeu par un dessin aux couleurs flashy et un ton plutôt original. Une nouvelle expérience BD.

Universal War Two, tome 2 : une BD de Denis Bajram (Casterman)

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Universal War Two est le second cycle de la série S-F culte de Denis BajramUniversal War One. Un cycle prévu en six tomes dont La terre promise est le deuxième. Un cycle bien parti pour devenir culte à son tour.

L’info en + :

Genre : Science-Fiction
Date de sortie : 24 septembre 2014
Auteurs : Denis Bajram (scénario et dessin)
Prix : 13,50 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

La Première Guerre Universelle a été apocalyptique. L’humanité a failli être anéantie en même temps que la Terre, même si la civilisation de Canaan, fondée par Kalish sur une planète lointaine, s’efforce d’améliorer ce qu’il en reste.
Mais voici qu’un nouveau conflit menace, nourri de bien des mystères : le gigantesque triangle d’obscurité brusquement apparu dans l’espace au voisinage de Mars semble avoir fait disparaître le Soleil, précipitant sur la planète rouge une succession d’éruptions volcaniques géantes et de cataclysmes en tout genre. Les autres planètes du système solaire sont à la même enseigne et tous leurs habitants menacés dans leur survie même. Face à ce danger imminent, la jeune Théa, descendante de Kalish, rapatriée in extremis sur Canaan, tente de convaincre son oncle, l’un des maîtres qui siège au conseil du Sanhédrin, de la renvoyer en urgence sur Mars. Mais c’est son cousin Vidon, qu’elle tient pour une brute incapable d’empathie, qui est choisi pour diriger la flotte de secours. Aucun d’entre eux ne le sait encore, mais Canaan, sous peu, sera de nouveau en guerre. Une guerre totale. Trente ans après les événements relatés dans Universal War One (1998-2006), série SF en six volumes vite devenue une œuvre culte de la bande dessinée, le nouveau cycle narratif de cette immense saga se poursuit, centré sur de nouveaux personnages. Très attendu par un lectorat de fans très motivés, UW2 propose une histoire distincte du premier cycle, qui peut se lire de façon indépendante et comptera elle aussi.

Le point sur l’album :

Après une mise en jambes mesurée dans le premier album d‘UW2Denis Bajram donne un véritable coup de fouet à son récit avec le retour de Kalish. Et avec, de nombreux rebondissements et sauts dans le temps, évidemment. Les piliers de la série semblent ainsi se mettre en place pour augurer le meilleur. Le suspense est grandissant, on frémit d’avance de lire la suite qui devrait être pleine de surprises.

Le dessin inspiré de Bajram fascine quant à lui par ces univers qu’il met en scène. Un ensemble complexe que l’auteur a dompté de son imaginaire débordant, donnant une sensation d’immersion au lecteur. Une magie qui opère à chaque fois.

UW2 poursuit son chemin avec toujours plus de force et de vigueur. Réjouissons-nous car ce n’est pas fini ! Immanquable.

Expérience mort, tome 2 : une BD de Valérie Mangin, Denis Bajram et Jean-Michel Ponzio (Ankama)

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Date de sortie : 12 septembre 2014
Auteurs : Valérie Mangin, Denis Bajram (scénario) et Jean-Michel Ponzio (dessin)
Prix : 13,90 € (56 pages)

Après un premier album convaincant, Expérience mort conclut son aventure avec ce second album intitulé Cimetière Céleste. Un diptyque signé par le couple Valérie Mangin (Alix Senator…) – Denis Bajram (UW1…) ainsi que Jean-Michel Ponzio (Le Complexe du Chimpanzé, Black Lord).

Résumé de l’éditeur :

L’équipe engagée par Mme Fork pour explorer les frontières de la mort continue son voyage à travers le tunnel, à la suite du sarcophage de Matt. Ils ont perdus le contact avec la base qui ne peut que supposer ce qu’il se passe à l’intérieur du vaisseau qui a gelé ! Les révélations se succèdent : illusions de leur subconscient ou confrontation avec l’Au-delà ? La frontière entre vivants et morts s’amenuise tandis que le temps qui passe les rapproche du point de non retour. Suite et fin de l’expérience.

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Voici donc une suite et fin tumultueuse pour cette Expérience quelque peu extrême où les voyageurs de la mort ne sont pas sûr d’en revenir. Dans la droite ligne de l’épisode précédent, le scénario s’emballe pour nous offrir un peu plus de spectaculaire et de rythme. L’histoire est amenée à sa fin avec panache, pour notre plus grand plaisir. Un récit SF aussi sombre que divertissant.

Surtout lorsque l’ensemble est mis en images par le très talentueux Ponzio.

Une série à lire (un coffret comprenant les deux tomes est d’ailleurs paru).

Un homme de goût, tome 1 : une BD de Cha et El Diablo (Ankama)

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Date de sortie : 26 septembre 2014
Auteurs : El Diablo (scénario) et Cha (dessin)
Prix : 13,90 € (64 pages)

Un homme de goût est une nouvelle série noire écrite par El Diablo (Les Lascars, Pizza Roadtrip, Monkey Bizness) et illustrée par Cha (Ma vie est une bande-dessinée, Pizza Roadtrip). Ce premier album débute comme une Mise en bouche quelque peu cannibale et surnaturelle…

Résumé de l’éditeur :

Jamie Colgate, ex-flic en retraite anticipée, a une obsession : remettre la main sur le salopard qui l’a un jour laissée à moitié morte et tué son chien adoré. Mais le dangereux criminel qu’elle traque depuis plus de vingt ans est loin d’être un homme ordinaire. Il assassine depuis si longtemps et avec une telle efficacité que les pires tueurs en série ne peuvent lui être comparés. Quelle justice humaine appliquer à celui qui semble être un monstre sorti d’un placard plutôt qu’un homme ?

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Un homme de goût est servi par un scénario efficace, construit autour de flashbacks à différentes époques afin de mieux nous présenter ce fameux gentleman assoiffé de chair et de sang. On remonte le peu à peu le temps et on comprend au fur et à mesure de l’histoire l’ampleur du phénomène : on a affaire à un ogre des temps modernes, qui a emprunté quelques traits de personnalité à Highlander. Un personnage placé de façon original au coeur d’une enquête d’ex-flic en quête de vengeance. Un pitch assez inédit et surprenant.

Le dessin de Cha est quant à lui percutant, graphiquement assez séduisant. L’illustratrice opère avec finesse en donnant à ses personnages des allures de caricatures, sans forcer le trait.

Ce premier album d’Un homme de goût est de bon augure : on attend le plat principal avec impatience !

Sur le bout de la langue, une pièce de Kathleen Oliver au Ciné XIII

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Après un succès à Avignon cette année, la pièce de Kathleen Oliver se produit au Ciné XII à Paris, à partir du 1er octobre.

Arnaud de Wiltenberg nous dévoile son amour pour la mer.

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QUAND L’OCEAN SE MET EN COLERE

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 Arnaud de Wildenberg expose, du 20 septembre au 10 octobre 2014, à la Galerie HB, à Biarritz.

Publik’Art est parti à la rencontre d’Arnaud de Wildenberg qui expose en ce moment à la Galerie HB. Un artiste pas comme tout le monde.

Arnaud vit à Belle-Ile  et sort en mer presque tous les jours. Alors, la mer, il la connaît par cœur !

C’est sa seconde passion. La première, c’est la photo. Alors, c’est tout naturellement qu’Arnaud décide un jour d’allier son premier métier, reporter-photographe durant vingt ans, à son deuxième métier, moniteur guide de pêche à Belle-Ile en mer.

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Et le résultat est époustouflant : de superbes photos de l’océan. La mer comme on ne la voit que rarement. Avec toute sa force, toute son élégance, son immensité, ses couleurs. Ses dégradés de bleu, de vert, ou même de noir, de blanc… Une vraie palette de peinture…naturelle !

Quand l’océan se met en colère ! Tout un programme que nous propose Arnaud et que nous pouvons voir en ce moment à la Galerie HB, à Biarritz, et ce, jusqu’au 10 octobre.

Quelques photos de l’océan sont en noir et blanc et bien figurez-vous, qu’elles expriment une puissance magistrale. Une beauté à couper le souffle.

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Je ne peux que vous suggérer d’aller faire un tour à l’expo pour vous rendre compte par vous-même de l’œil du photographe.

Arnaud est un artiste qui s’ignore. L’important pour lui est ailleurs : partager avec les autres ses passions, être en permanence à l’écoute de l’autre, et porter un regard bienveillant sur l’Autre autant que sur la Nature.

Très beau programme, qui pourrait servir d’exemple à certains, que nous ne pouvons qu’approuver tout en admirant ses photos !

Pour en savoir plus sur Arnaud, cliquez ici

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