Tom Connan, déjà 110 000 vues de son clip : You didn’t give them a chance !
Alors que Tom Connan vient de sortir son premier single, You Didn’t Give Them a Chance, Publik’Art vous annonce que son premier clip a déjà totalisé, en moins de deux semaines, 110 000 vues ! Un truc de ouf !
De l’art, du grand art chez ce tout jeune musicien qui a plus d’une corde à son arc. Voilà ce que dit Tom de son single : « You Didn’t Give Them a Chance constitue, sur un air pop, une attaque acide contre les discriminations, avec notamment un clin d’œil à la polémique récente sur le burkini. »
Un clip qui dévoile un message humanitaire sous un air musical vraiment top !
Retenez bien son nom, Tom Connan,vous allez en entendre parler dans les prochains jours ! Tom est de la graine des stars ! Nous, on est super fan !
On vous laisse l’écouter, encore et encore, pour notre plus grand plaisir :
Résultats concours : La prunelle de mes yeux, 20 places de ciné gagnées
Vous avez été 2832 participants au concoursLa prunelle de mes yeux. Merci de votre excellente participation. Les 10 heureux gagnants sont les suivants :
Julien Segura, Nicole Itier, Eric Duetthe, Nathalie Bordet, Frédéric Biousse, Nadine Brimbel, Mathilde Jacquet, Alain Schwob, Jeannot Echeverria et Ségolène Drie
N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !
Madame, Bande dessinée de Nancy Pena, La Boite à Bulles
Madame, un chat philosophe et malicieux chez la Boite à Bulles
Depuis le premier tome, le petit chat dénommé Madame fait le bonheur de sa maitresse. Toutes deux échangent de bon coeur tandis que la plus petite des deux prend toute la place. Des historiettes d’une page à la manière de strips verticaux font suivre les aventures désopilantes d’un chat pas en retard d’une idée pour enchainer les bêtises.
De l’humour bon enfant et bien mené
Les 80 pages font sourire de bon coeur devant l’imagination débordante du félin à vivre sa vie de félidé malicieux. S’interrogeant sur le sens de la vie, le chat enchaine les gaffes avec une belle récurrence. Si le premier tome le voyait découvrir l’étendue des possibles page après page, il n’hésite pas à utiliser les technologies modernes pour en savoir plus sur un monde qu’il ignore. L’auteure nage avec aisance dans les eaux d’une désopilante truculence avec des dessins simples et directs. Les récits mènent souvent de l’idée de la gaffe jusqu’à sa découverte par la maitresse en passant par sa réalisation. Un schéma simple et souvent futé, preuve que les bêtes à poils ne doivent absolument pas être prises à la légère.
Les deux premiers tomes se lisent avec beaucoup de plaisir. Légèreté et humour se répètent inlassablement pour un bon moment de détente.
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Toujours en pleine forme pour partager ses réflexions félines et ses expérimentations diaboliques, Madame revient dans un second tome plein d’esprit. Au grand dam de Nancy Peña, l’espiègle minette n’en a pas terminé avec les bêtises. Tour à tour styliste (grunge), paysagiste (cataclysmique) et même lave-vaisselle (turbo et cycle court !), Madame ne compte pas brider ses compétences expériences. Qui a dit que les chats se prélassaient dans l’oisiveté ? Un ouvrage savoureux dans lequel se retrouve tout le talent de Nancy Peña !
Date de parution : novembre 2016 Scénariste(s) : Nancy Pena Dessinateur(s) : Nancy Pena Genre : Humour Editeur : La Boite à Bulles Prix : 13 € (80 pages) Acheter sur : Amazonl BDFugue
Manchester by the Sea, film de Kenneth Lonergan, Copyright Sierra/Affinity et WME
Un Manchester by the Sea excessif dans l’émotion
Manchester by the Sea n’épargne pas les spectateurs en chargeant la barque émotionnelle d’une famille américaine accablée par le destin. Casey Affleck ne dessert par les dents pour survivre à l’adversité avec Michelle Williams et Kyle Chandler sur le même bateau. Dans un déroulé au plus près du réel et parfois à deux doigts de l’improvisation, le film évoque en filigrane ces américains à deux doigts du déclassement social. L’émotion n’est parfois pas loin de virer au pathos le plus larmoyant.
Une histoire américaine
Le réalisateur Kenneth Lonergan n’épargne pas son casting avec une histoire de drames et de survie. La famille Chandler fait face aux deuils à répétition dans un film dramatique comme les américains savent en produire régulièrement. La mise en scène se veut ultra réaliste et le scénario se concentre sur une famille de la classe ouvrière pas épargnée par le sort. Lee Chandler (Casey Affleck) doit s’occuper de son neveu Patrick après la mort de son frère Joe. Les couples ses délitent, la lumière du Massachusetts est crue, les voitures sont cabossées. Une population à deux doigts du white trash est à fleur de peau et les coups de poing pleuvent à la moindre étincelle. L’atmosphère de fin du monde n’abat pourtant pas des personnages bien obligés de survivre. La mer offre un panorama de rédemption et les balades en bateau représentent des respirations dans un quotidien fondé sur l’adversité.
Un Casey Affleck de compétition
Casey Affleck interprète un personnage complexe, volontaire mais désespéré. La mâchoire obstinément serrée, il refuse malgré tout d’abdiquer. Le film révèle petit à petit son histoire de douleurs, faisant comprendre l’origine de sa force morale et de ses fragilités. D’aucuns prédisent à l’acteur un Oscar pour sa prestation. Le film peine pourtant à se défaire d’un pathos par trop présent et surtout quelque peu répétitif. L’empathie initiale pour des personnages meurtris perd peu à peu de son intensité. Le réalisateur insiste sur la nécessité de quitter cette terre abandonnée des dieux pour trouver des cieux plus cléments mais le trait est souvent trop appuyé. A force d’insistance et surtout de longueurs, le film donne envie d’abréger ce calvaire sans issues.
Le cinéma américain aime à dispenser régulièrement de ces films à fleur de peau qui émeuvent et interpellent. Le spectre est large et d’autres films évitent plus soigneusement le piège du trop plein.
MANCHESTER BY THE SEA nous raconte l’histoire des Chandler, une famille de classe ouvrière, du Massachusetts. Après le décès soudain de son frère Joe (Kyle Chandler), Lee (Casey Affleck) est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick (Lucas Hedges). Il se retrouve confronté à un passé tragique qui l’a séparé de sa femme Randi (Michelle Williams) et de la communauté où il est né et a grandi.
Sortie : le 14 décembre 2016 Durée : 2h18 Réalisateur : Kenneth Lonergan Avec : Casey Affleck, Michelle Williams, Kyle Chander Genre : Drame
Brasseur et Les Enfants du Paradis : cinéma et théâtre font bon ménage au Petit St-Martin
Il y a des films dont on pourrait faire des films. Parce que sa réalisation fut une vraie épopée, Les Enfants du Paradis est de ceux-là. A défaut du Septième art, c’est un hommage théâtral qui lui est rendu au théâtre du Petit St-Martin. Brasseur et les Enfants du Paradis est une belle pièce qui esquisse quelques étapes et écueils qui ont jalonné la création du film.
Les enfants du paradis : un chef-d’œuvre dur à terminer
L’entrée en matière de la pièce est délicieuse et légèrement licencieuse. Une nue, diaphane et charnue, prend la pose tandis que Pierre Brasseur la dévore des yeux et la croque. Mais c’est à Arletty qu’il pense amoureusement et à une autre époque…
Alors, bavard et goguenard, il délaisse son tableau pour faire un tour dans son passé. Commence alors un récit passionnant, un monologue à plusieurs voix où Pierre Brasseur va relater, nostalgique, fier et parfois fiévreux, quelques scènes d’antan dont il fut témoin et même acteur. Des scènes d’enfantement de ce fameux film, Les Enfants du Paradis, qui marquât sa carrière.
En remontant le temps, c’est la Seconde Guerre mondiale que Pierre Brasseur fait revivre. En effet, Les Enfants du Paradis a été réalisé sur fond de mort et d’exportations. Mais même sous l’Occupation, l’art doit continuer. Alors, malgré les pénuries d’électricité, les nombreuses interruptions, le rationnement de la pellicule et un tournage rallongé de vingt mois, Marcel Carné l’a fini, et brillamment, ce long-métrage. Une prouesse compte tenu du contexte. Une prouesse suivie d’un succès critique et populaire incontestable à sa sortie. Cerise sur un gâteau déjà bien épais, le film est aujourd’hui classé au patrimoine de l’humanité de l’Unesco. Rien que ça !
All rights reserved
Un seul acteur pour une poignée de grands hommes
Mais revenons à la pièce, à Pierre Brasseur… Sur scène, il se souvient. Il extrait de sa mémoire Marcel Carné, Jacques Prévert, Jean-Louis Barrault mais aussi des juifs clandestins, quelques femmes et un résistant assassiné… Tous, à leur façon, ont collaboré à ce film. Mais le duo génial, la pièce maîtresse de l’œuvre, reste Prévert et Carné, le scénariste et le réalisateur. Si différents et si complémentaires, ils sont le sel de cette pièce, ces deux géants.
Une brochette d’artistes à incarner mais un seul comédien sur scène. Alors, comment faire ? Se glisser dans un personnage puis, à la seconde, dans l’autre pour lui donner la réplique. Les dialogues imaginaires sont rapides, rythmés et pourtant, un brin monotone. Lorsque l’acteur s’extirpe du corps de Prévert pour incarner Carné ou Brasseur, sa voix reste pratiquement la même, ses gestes également, tant que les personnages finissent par se confondre. Mais le metteur en scène, Daniel Colas, s’en doutait d’où des dialogues truffés du nom des personnages pour nous orienter, nous, spectateurs, parfois un peu égarés.
Prévert, Carné, Barrault, Brasseur, on les veut tous sur les planches, que l’acteur se décuple !
C’est dommage parce que le texte est beau et fluide, comme si Daniel Colas avait voulu effleurer le génie de Prévert. Mais Prévert, Carné, Barrault, Brasseur, on les voudrait tous sur les planches, que l’acteur se décuple ! Un corps pour autant de génies c’est trop peu… Trop peu.
De Brasseur en Brasseur
La ressemblance de « l’acteur » – ainsi nommé par goût du suspens depuis le début de l’article – avec Pierre Brasseur est absolument frappante mais pas surprenante : pour jouer Brasseur, ils ont pris un Brasseur ! Dans la famille, nous demandons le petit-fils, Alexandre Brasseur. Et le titre de la pièce s’éclaire de sa subtilité… Brasseur et les Enfants du Paradis, pourquoi n’y précise-t-on pas le prénom de Brasseur ? Parce qu’il y a Pierre mais il y a Alexandre aussi ! Et il est bon Alexandre Brasseur, il a de qui tenir, mais le défi était impossible : interpréter et faire échanger tant d’hommes – et des grands ! – c’est plus que du talent qu’il faut, c’est du génie.
Aidé par le travail de mise en scène de Daniel Colas, il n’était pas loin de réussir. Daniel Colas, en effet, est doué et méticuleux. Et avec lui, les détails ne sont pas anodins. Le porte-cigarette dont se sert le petit-fils ressemble à s’y méprendre à celui utilisé par le grand-père. Et la peinture est une activité à laquelle s’adonnait vraiment Pierre Brasseur. La boisson, le bagout, les femmes… On cerne l’homme mais ce n’est pas Brasseur le héros de la pièce, c’est Les Enfants du Paradis.
Le 21 octobre dernier sortait sous le label PIAS l’album Second Tour de Frère Animal, collectif tournant autour du travail artistique de l’écrivain Arnaud Cathrine et du chanteur-compositeur Florent Marchet. Le premier a déjà plusieurs romans à son actif tandis que le second sort Gargilesse, son premier album, lors de leur première rencontre en 2004. Menant chacun une carrière séparée, les deux amis produisent ensemble en 2008 Frère Animal un premier album-roman éponyme du groupe et contant les péripéties de personnages pris dans la dure réalité du monde du travail et de la « SINOC », entreprise fictive régnant sans partage sur leur petite ville de province.
Une fable contemporaine
Dans Second Tour, Marchet et Cathrine, accompagnés par Valérie Leuillot (du groupe Autour de Lucie), Nicolas Martel (de la formation Las Ondes Marteles) et Bernard Lavilliers (invité spécialement pour l’occasion) nous racontent la suite de cette fable contemporaine qui s’était arrêtée à la fin du premier tome lorsque Thibaut, le personnage principal de l’intrigue et travailleur à la « SINOC », avait mis le feu à l’entreprise.
Sortant de prison, le jeune homme se retrouve confronté à une société en proie à des tensions et des chamboulements ayant permis l’essor d’un parti identitaire, le « Bloc National », qui va lui proposer les repères qu’il a petit à petit perdu. « Ce môme-là, comme d’autres jeunes gens, on ne le regarde pas, on ne veut pas de lui sur le marché du travail, personne ne prend acte qu’il existe. Et donc un parti extrême va se dire qu’il représente une jeune recrue à enrôler » explique Arnaud Cathrine dans un entretien récent donné au journal Le Parisien. « C’est la sortie de prison d’un jeune garçon qui n’arrive pas à se réinsérer dans la société. Comment est-ce que son entourage, son frère, son père, son ex-petite amie vont l’épauler ou pas, le porter ou pas, l’accompagner ou pas ? ».
Le décor planté ressemble fort à notre France d’aujourd’hui, à l’aune des prochaines échéances électorales présidentielles. Mais la toile de fond politique compose avec les autres dimensions de l’album, qui rejoignent les thèmes chers aux albums solo de Florent Marchet : la vie quotidienne au sein d’une petite ville de province, une jeunesse devant trouver sa place, son rôle, son identité, et le rôle de la cellule familiale et des amis, entre proximité et mise à distance, face à cette maturation.
Un spectacle qui se joue à guichet fermé
Album mais aussi et surtout spectacle musical se produisant depuis l’été dernier, Second Tour est parvenu récemment à remplir toutes ses dates à la Philharmonie de Paris. Cependant Frère Animal continuera sa tournée dans de nombreuses villes françaises (voir le lien à la fin de l’article), autant de nouvelles opportunités pour assister à cette jolie performance scénique aux ressorts très actuels.
Second Tour (Pias), second album sorti le 21 octobre 2016 et spectacle musical de Frère Animal en représentation dans plusieurs villes jusqu’en avril 2017. Pour plus d’informations : http://florentmarchet.fr/
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De la petite enfance au troisième âge, Michaël Hirsch suit le parcours d’un personnage qui s’interroge en permanence sur le monde qui l’entoure : Comment trouver sa vocation? L’amour? Le sommeil ? Et dans quel ordre ? Seul en scène, il jongle avec les mots et nous entraîne dans son univers insolite où le rire et la dérision côtoient l’imaginaire et la poésie.
Dates : du 18 janvier au 2 avril 2017 Lieu : Lucernaire (Paris) Metteur en scène : Ivan Calbérac Avec : Michael Hirsch
Nos chroniqueurs sont unanimes : le spectacle de Michael Hirsch est un one man show de qualité et qui vaut le détour. Après avoir été couronné de succès au Off d’Avignon cet été, le jeune humoriste aux talents incontournables revient sur les planches du théâtre du Lucernaire en 2017 ! Pour le plus grand plaisir des spectateurs.
Extrait de la critique 2015 :
Souvenez-vous, c’était il y a un an et demi, nous allions voir Michaël Hirsch aux Déchargeurs. Le jeune comédien nous avait émus avec ses multiples jeux de mots et ses atypiques personnages. Cette année, il est de retour sur les planches du Studio Hébertot, avec une mise en scène finement orchestrée par Ivan Calbérac. Le texte, lui aussi, a pris de l’envergure, et les personnages du caractère.
Un seul en scène qui allie rires, poésie et émotion. Michaël Hirsch manie les mots avec virtuosité et délicatesse.
Michaël Hirsch raconte une histoire, allant de la naïveté de l’enfance à la sagesse d’un vieil homme. Toujours avec son fil rouge : Pourquoi. Pourquoi y a t-il plusieurs religions mais qu’un seul Dieu ? Pourquoi faire quelque chose de ses dix doigts alors qu’on peut en faire autant avec seulement deux ? Pourquoi femme qui rit n’est qu’à moitié dans ton lit ? Il a pour habitude de manier les mots avec virtuosité et délicatesse, il jongle avec les lettres et façonne ainsi un récit mélancolique, une histoire drôle et délicate. On le compare, pertinemment, à Devos et Desproges.
Assassin’s Creed, film de Justin Kurzel , Copyright 2016 Twentieth Century Fox
Assassin’s creed, jeu Vidéo 1, Film 0
Assassin’s Creed est l’adaptation du célèbre jeu vidéo d’Ubisoft vendu à plus de 100 millions d’exemplaires. Le film ressuscite l’univers uchronique et fantaisiste d’une caste d’Assassins bien décidée à empêcher les Templiers de dominer le monde au XVe siècle. Ces Assassins ont-ils disparu au XXie siècle? Non, car des scientifiques inventent l’Animus, une machine capable de faire revivre la mémoire génétique de leurs descendants, les replongeant dans le monde violent de l’inquisition espagnole. La cible du film est clairement délimitée dès les premières minutes: les fanatiques de combats hyper chorégraphiés, de coups de couteau meurtriers et de geysers de sang. Le rythme auquel les massacres sont perpétrés lassera les autres spectateurs perplexes. L’incorporation au casting de grands noms hollywoodiens n’ajoute rien de spécial au film et fait surtout réfléchir au montant des chèques empochés.
Du grand spectacle assumé
Cette histoire d’Assassins revisite la vraie Histoire avec une bonne dose d’invraisemblances. Gravité et logique n’ont plus de sens dans le monde des jeux vidéos. Et comme dans ces prédécesseurs Street Fighter et Transformers déjà portés sur grand écran, les espoirs de scénario construit sont rapidement sacrifiés sur l’autel du grand spectacle. Les presque deux heures de film semblent n’être qu’un immense prétexte à un déferlement de combats sanglants et répétitifs. XVe et XXIe siècle semblent n’être reliés que par ces affrontements incessants ou le héros Cal / Aguilar parle beaucoup moins qu’il n’enfonce ses pointes dans les corps de ses ennemis. Le postulat d’une machine capable de révéler la mémoire génétique des individus est bien mignon et transforme la science en astuce scénaristique capable des pires énormités.
De l’action léchée
Pour qui parvient à les suivre sans piquer du nez, les combats sont chorégraphiés à la perfection. Un Michael Fassbender au mour et au foulin aurait réalisé lui même toutes ses cascades, preuve de sa très grande forme physique car il ne se ménage pas. Les sauts acrobatiques dans le vide précèdent des réceptions millimétrées sans jambe brisée ni fracture ouverte du tibia. Assassin’s Creed pourrait bien faire date dans l’histoire des blockbusters et ravir les aficionados d’action pure. L’acteur révélé au grand public dans Inglorious Basterds continue d’alterner films intimistes et grand spectacle avec une impressionnante récurrence. Le grand écart est audacieux et lui permet de toucher des publics différents avec cette plastique toujours impeccablement entretenue. Face à lui, l’actrice française la plus bankable du monde Marion Cotillard semble bien de plus en plus incontournable. Si ses mimiques et envoutements ne cessent de se répéter, il faut bien s’y habituer car elle s’est incrustée pour longtemps. Jeremy Irons passe une tête et est exemptée de alto arrière.
Assassin’s Creed adapte à la perfection l’esprit paranoïaque et belliqueux du jeu vidéo. Le plaisir coupable est total et les fans de combat ne pourront pas manquer ce film. Sachez où vous mettez les pieds en pénétrant dans la salle car le film est à sens unique.
Grâce à une technologie révolutionnaire qui libère la mémoire génétique, Callum Lynch revit les aventures de son ancêtre Aguilar, dans l’Espagne du XVe siècle. Alors que Callum découvre qu’il est issu d’une mystérieuse société secrète, les Assassins, il va assimiler les compétences dont il aura besoin pour affronter, dans le temps présent, une autre redoutable organisation : l’Ordre des Templiers.
Sortie : le 21 décembre 2016 Durée : 1h56 Réalisateur : Justin Kurzel Avec : Michael Fassbender, Michael Fassbender,Marion Cotillard,Jeremy Irons Genre : Action, Science Fiction
3000 nuits, un film choc inspiré d’une histoire vraie d’une palestinienne
Mai Masri a réalisé ce film, 3000 Nuits, en hommage à une femme palestinienne qui fut emprisonnée dans une prison israélienne où elle enfanta.
Les actrices
Mai Masri, elle-même jeune maman, place la femme au cœur de son film. Toutes les actrices du film sont connues, voire même très connues comme Maisa Abd Elhadi (Layal), en Palestine, ou en Jordanie, mais il y a également des non professionnelles. Le point commun qu’elles ont toutes est d’avoir elles-mêmes vécu la prison, soit en étant emprisonnées, soit en ayant eu de la famille emprisonnée. Layal a été arrêtée et est soupçonnée d’être une terroriste. Elle se retrouve en prison dans des conditions déplorables. C’est alors qu’on découvre qu’elle est enceinte…
La vie en prison israélienne
Bien sûr, le film 3000 Nuits est remarquable. Son scénario est dur, presque insoutenable par moments. Les femmes sont toutes belles, bouleversantes de vérité, aussi bien au niveau de leurs gestes que de leurs regards. Quand on sait que la fiction rejoint, hélas, la réalité, cela nous paraît inconcevable. Les conditions dans lesquelles elles sont maintenues au sein de la prison, sont inhumaines. La maltraitance est aussi bien physique, psychique que physique. A la toute fin du film, la réalisatrice nous donne quelques chiffres d’emprisonnement des femmes palestiniennes en Israël. Aujourd’hui encore, près de 5000 prisonniers palestiniens se trouvent de façon illégale et abusive dans des prisons israéliennes et dans des conditions déplorables. « Près de 30% des palestiniens ont été détenus dans des prisons israéliennes à un moment ou à un autre », dit Mai Masri.
Appel au secours
3000 Nuitsest un cri de détresse lancé au Monde entier sur la situation des Palestiniens emprisonnés. Grâce à Mai Masri, la Palestine trouve sa place dans le Monde et crie haut et fort qu’elle existe ! Du très beau cinéma palestinien dénonciateur de faits très graves relevant du non-respect des Droits de l’Homme.
Nombreux Prix
3000 Nuits représente la Jordanie pour les Oscars 2017, ainsi que la Palestine au Golden Globes 2017. Il a déjà remporté de très nombreux prix à de nombreux festivals.
3000 Nuits était programmé pour le Festival Ciné-Palestine à Argenteuil, en juin 2016, il a été supprimé par la mairie qui en a interdit sa projection (de même que le film La sociologue et l’ourson). Un scandale de plus, et en France en plus… 3000 Nuits est le 1er film de Mai Masri qui sort en France. Souhaitons-lui beaucoup de succès !
Années 80, à la veille des événements de Sabra et Chatila. La révolte gronde dans une prison israélienne, où sont détenues des prisonnières politiques palestiniennes. Layal, une jeune institutrice de Naplouse, vient d’arriver, condamnée à 8 ans de prison pour un attentat dans lequel elle n’est pas impliquée. Elle partage la cellule d’israéliennes condamnées pour droits communs et s’habitue progressivement à l’univers carcéral. Mais Layal découvre qu’elle est enceinte. Envers et contre tous, elle décide de garder l’enfant.
Sortie : le 4 janvier 2016 Durée : 1h43 Réalisateur : Mai Masri Avec : Maisa Abd Elhadi, Nadira Omran, Raida Adon Genre : Drame
Jules Renard, de et avec Catherine Sauval, Théâtre de Poche Montparnasse
L’art de Jules Renard exalté sur la scène du Théâtre de Poche Montparnasse
Jules Renard a marqué l’histoire de la littérature française avec notamment son célébrissime personnage Poil de Carotte resté dans toutes les mémoires. Auteur à cheval sur les XIXe et XXe siècle, il connait un succès retentissant de son vivant. Catherine Sauval déclame extraits et aphorismes pour dresser un portrait sensible et vivant d’un auteur quelque peu oublié mais qui gagnerait à regagner en notoriété
Un bel hommage
Catherine Sauval fait revivre les textes de Jules Renard en variant les tons et les phrasés pour mieux faire ressortir l’émotion sous-jacente. Elle arpente la scène entre un bureau en bois et une chaise devant un tableau bucolique peint. Elle ne fait pas les 100 pas mais imprime un rythme au spectacle pour mieux faire ressortir la magie des textes. La comédienne parle de sagesse ancienne, de manque de confiance en soi, de misanthropie et d’amour de la littérature avec des textes tantôt truculents tantôt mélancoliques, reflets de la complexité de leur auteur. Tout au long de sa courte existence (46 ans!), il a multiplié les textes, d’abord peu reconnus puis le succès l’a rendu plus hardi et plus sûr de lui.
Un personnage central
Catherine Sauval donne toute la place qu’il mérite au plus célèbre de ses personnages Poil de Carotte. Cité dans tous les livres de français de France et de Navarre, l’histoire du garçon roux mal aimé est en partie autobiographique et illustre la profondeur du caractère de son auteur. Des histoires à forte tonalité provinciale alternent avec des aphorismes qui marquent les esprits. Un modéré, c’est un monsieur qui s’occupe modérément des intérêts d’autrui, La femme est un roseau dépensant ou Je sais enfin ce qui distingue l’homme de la bête : ce sont les ennuis d’argent ! ont connu un beau succès dans la salle du Théâtre de Poche Montparnasse.
La pièce fait ressortir Jules Renard de l’oubli et lui redonne une place qu’il gagnerait à conserver dans l’actualité. Avec ses textes pertinents et cocasses, il mêle humour et sérieux à une époque qui galvaude quelque peu les deux…
Dates : 26 décembre et 02 janviers à 19h Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris) Metteur en scène : Catherine Sauval Avec : Catherine Sauval
Baccalauréat, une mise en scène et une direction d’acteurs vertigineuses
Baccalauréat fait honneur à la déjà riche filmographie de Cristian Mungiu. Le réalisateur de la Palme d’Or 2007 4 mois, 3 semaines, 2 jours reste fidèle à son style ultra réaliste dénué de tout effet superficiel. Les acteurs portent une histoire complexe et douloureuse dans un pays miné par la corruption et les passe-droits. L’agression subie par la fille du héros sert de fil rouge à une histoire de combat quotidien et de perpétuelles compromissions.
Un sujet aride mais un résultat puissant
Roméo est un père médecin en délicatesse avec son épouse Magda. Il reporte tous ses espoirs sur sa fille brillante Eliza à qui un riche avenir s’offre à elle. Pour aller étudier à l’étranger et obtenir une bourse, elle doit obtenir une moyenne phénoménale au baccalauréat. Quand elle est victime d’une agression sexuelle peu avant le début des épreuves, Roméo se démène comme il peut pour qu’elle puisse réaliser son destin malgré le traumatisme et une indélicatesse avec son poignet droit. Baccaulauréat raconte l’histoire de parents vivotant dans la Roumanie actuelle et qui ont reporté toute leur ambition dans leur fille unique. Immeubles délabrés, routes non entretenues, chiens errants, le décor est gris et déprimant. Le réalisateur ne cache rien de la décrépitude d’un pays comme laissé à l’abandon. Pourtant Roméo et Magda sont restés en Roumanie après la chute de Ceausescu en 1989 pour participer à la transition entre dictature et démocratie. Il ne leur reste pourtant qu’une intense frustration devant l’échec du processus démocratique à hisser le pays vers le haut. Ce qu’ils font pour leur fille, tout parent le ferait et ils sacrifient leur existence pour donner un sens à leur choix de vie.
Une mise en scène spectaculaire
Le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes n’est pas usurpé. Le réalisateur suit à la culotte ses acteurs sur la route, dans leurs escapades ou dans les immeubles. Le rythme est constant et il est impossible d’en louper une miette tant la caméra hypnotise le spectateur. Les pérégrinations du héros pour faciliter la vie de sa fille ressemblent à un long chemin de croix qu’il n’hésite jamais à entreprendre. Il frappe à toutes les portes allant jusqu’à mettre de côté ses principes moraux. Cet aspect de Baccalauréat fascine car en voulant faire le bien, il va jusqu’à s’attirer des ennuis. Sa logique et ses principes sont battus en brèche et il faudra toute la droiture de sa fille pour le raisonner. Les 2h08 du film ne souffrent d’aucune longueur tant le spectateur rentré dans le film ne parvient plus à en décrocher. Belle performance.
Ce Baccalauréat fascine et c’est une belle performance. Sujet aride, décors miteux et déroulé sans coupure, rien n’est fait pour apporter du brillant au film. Mais le réalisateur n’en a guère besoin tant son art de la direction d’acteurq et de la mise en scène suffisent amplement.
Romeo, médecin dans une petite ville de Transylvanie, a tout mis en œuvre pour que sa fille, Eliza, soit acceptée dans une université anglaise. Il ne reste plus à la jeune fille, très bonne élève, qu’une formalité qui ne devrait pas poser de problème : obtenir son baccalauréat. Mais Eliza se fait agresser et le précieux Sésame semble brutalement hors de portée. Avec lui, c’est toute la vie de Romeo qui est remise en question quand il oublie alors tous les principes qu’il a inculqués à sa fille, entre compromis et compromissions…
Sortie : le 7 décembre 2016 Durée : 2h08 Réalisateur : Cristian Mungiu Avec : Adrian Titieni, Maria Drăguș, Lia Bugnar Genre : Drame
Résultats concours : Ballerina, 20 places de ciné gagnées
Vous avez été 2995 participants au concours Ballerina. Merci de votre excellente participation. Les 10 heureux gagnants de 2 places de ciné sont les suivants :
N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !
Paterson, film de Jim Jarmush, Copyright 2016 Window Frame Films Inc. Photo by Mary Cybulski
Jim Jarmusch fidèle à ses habitudes avec un Paterson langoureux
Paterson est un film de Jim Jarmusch. Cette simple phrase pourrait suffire à résumer sa dernière réalisation. Car film après film, Jim Jasmusch s’obstine à creuser le sillon de son cinéma, envers et contre tout et avec une admirable constance. Epure du style et du scénario, paradoxes savamment distillés et langueur doucereuse composent un cinéma du (faux) vide et de l’action (elliptique).
Des acteurs pris dans la toile Jarmusch
Adam Driver et Golshifteh Farahani jouent deux personnages n’aimant rien de moins que la stricte répétition à l’identique de chacune de leurs journées. Paterson et Laura évoluent sans vraiment évoluer devant la caméra d’un Jim Jarmusch fidèle à lui même. En adaptant à son cinéma le fameux principe aristotélicienNous sommes ce que nous faisons à répétition, il met en exergue une sorte de sagesse antique par delà le carcan rythmé et instantané de notre société moderne. Le film Jarmuschien est un univers en soi aux rares irruptions d’action dans un univers répétitif. Le héros conduit ici son bus, rédige des poésies, va promener son chien et aime son épouse qui elle reproduit toujours les mêmes motifs blanc et noir dans ses oeuvres artistiques. Une constante dans tous les films du réalisateur américain dont le cinéma privilégie la persistance au foisonnement.
Une symbolique de l’analogie
Le héros Paterson vit dans la ville de Paterson depuis son plus jeune âge sans jamais avoir voulu la quitter. Il y croise un nombre impressionnant de jumeaux et jumelles qui amène à se poser la question: lui même n’a-t-il pas un jumeau caché dans la ville? Ne sont-ce donc pas deux personnes différentes qui composent des lignes de poésie et conduisent le même bus chaque jour? Derrière l’impression (trompeuse?) de récurrence se cachent ces infimes évènements qui marquent les esprits. 3 ou 4 actions parcellaires amènent tout leur sel aux 1h58 d’un film qui rebutera toujours autant ses contempteurs et ravira ses admirateurs. Car Paterson n’a pas grande différence avec les précédentes réalisations de Jim Jarmusch, fidèle à lui même envers et contre tout. Certains le taxeront de facilité outrancière, d’autres liront entre les lignes pour admirer sa belle régularité.
Paterson est un film de Jim Jarmusch dans toute sa splendeur. N’attendez ni un film d’action ni une com’rom’. Attendez vous plutôt à des longues balades en bus et à un sens toujours renouvelé de la persistance. Du Jim Jarmusch, envers et contre tout.
Paterson vit à Paterson, New Jersey, cette ville des poètes, de William Carlos Williams à Allen Ginsberg, aujourd’hui en décrépitude. Chauffeur de bus d’une trentaine d’années, il mène une vie réglée aux côtés de Laura, qui multiplie projets et expériences avec enthousiasme et de Marvin, bouledogue anglais. Chaque jour, Paterson écrit des poèmes sur un carnet secret qui ne le quitte pas…
Sortie : le 21 décembre 2016 Durée : 1h58 Réalisateur : Jim Jarmush Avec : Adam Driver, Golshifteh Farahani, Kara Hayward Genre : Drame, Comédie
Mikhail Baryshnikov dans Letter to a Man, mis en scène par Robert Wilson. Crédit : Lucie Jansch
Robert Wilson et Mikhail Baryshnikov pour un duo virtuose
Le grand metteur en scène, Bob Wilson, retrouve l’artiste légendaire Mikhail Baryshnikov autour des cahiers tenus par le danseur et chorégraphe Nijinski, et livre une partition vertigineuse sur un artiste sombrant peu à peu dans la folie.
Celui que Maurice Béjart qualifiait de « clown de Dieu », est resté célèbre pour avoir bouleversé les ballets russes et pour ses œuvres révolutionnaires telles que « L’Après-midi d’un faune » d’après une musique de Debussy ou encore « Le Sacre du printemps » sur une partition de Stravinsky.
Ce journal est un dialogue avec son moi intérieur à propos de la famille, la paternité, le pacifisme, l’agitation créative, et surtout, avec Diaghilev, son mentor et ancien amant. C’est une fenêtre extraordinaire sur une âme torturée et tourmentée, et sa condition d’artiste à la fois riche et révélatrice d’une vérité extrême.
« Se trouverait-il quelqu’un qui, en lisant ces lignes, pourrait ne pas être ému et ne pas ressentir les tourments que j’endure ? ».
En s’appuyant sur ses pensées à la raison vacillante, Bob Wilson compose un univers mental et fantasmagorique à l’abri de son inspiration formaliste fascinante : éclairages monochromes, attitudes hiératiques, plans découpés façon cinéma muet, images immobiles, visage grimé en blanc, aux yeux et à la bouche marqués, gestuelle oscillant entre chorégraphie dadaïste et burlesque.
[…] inspiration formaliste fascinante […]
Les tableaux ultraplastiques à la perfection hypnotique – entre théâtre d’ombre, music hall et poésie pure, en passant par le nô et le cartoon – s’enchaînent et nous plonge dans le monde brisé de Nijinski aussi imprévisible que loufoque, cauchemardesque que burlesque, mélancolique que limpide où par delà la traversée intime, s’interroge l’être face à ses contraires, ses conflits, son enfermement intérieur, sa solitude et sa perdition.
[…] un univers mental et fantasmagorique […]
Le tout accompagné de bruits tonitruants, de silences assourdissants et d’une musique lancinante de cabaret.
Prodigieux d’inventivité, d’intériorité et de vélocité, MikhailBaryshnikov, visage fardé de blanc et ultra maquillé, donne corps à cette confession sans retour. Dans un décor rappelant le surréalisme à la Magritte et sa décomposition, il incarne cet esprit chaviré où sa mémoire nous renvoie au spectacle et à son éternelle illusion.
Dates : du 15 décembre 2016 au 21 janvier 2017 l Lieu : Espace Cardin Théâtre de la Ville (Paris) Metteur en scène : Bob Wilson l Avec : Mikhail Baryshnikov
Personal Shopper, film d’Olivier Assayas, Copyright Les Films du Losange
Personal Shopper, déclaration d’amour d’Olivier Assayas à Kristen Stewart
Personal Shopper marque les retrouvailles entre Olivier Assayas et Kristen Stewart après la réussite Sils Maria et le César, mérité, reçu par l’actrice américaine. Ici, pas de seconde tête d’affiche, l’ex-Bella de Twilight prend toute la place et la caméra du réalisateur ne perd pas une miette des tourments de l’héroïne. Frustrée par son travail d’acheteuse de vêtements pour star et obnubilée par la mort de son frère jumeau, Maureen perd peu à peu pied et compte sur ses talents de médium pour recevoir un signe du défunt. L’ambiance pesante du film et le rythme poussif de l’action déconcertent pourtant plus qu’ils ne fascinent. Les trépidations du scénario ne parviennent que peu à maintenir l’intérêt tant les ficelles paraissent parfois grossières.
Une vraie rencontre actrice/réalisateur
Il y a fort à parier que la collaboration Kristen Stewart / Olivier Assayas n’en soit qu’à ses tout débuts. Clamant haut et fort dans les médias que le cinéma français ose plus que son homologue outre-atlantique, l’actrice prend gout à la langueur nonchalante du réalisateur. En acheteuse personnelle adepte du spiritisme, elle a tout le loisir de vaquer en liberté entre balades en scooter, déambulations à pas comptés et mines soucieuses. Si le Prix de la mise en scène obtenu à Cannes peut d’abord surprendre, il récompense certainement la pesanteur savamment entretenue pendant tout le film. La caméra passe de pièces en pièces et installe une présence inconnue semblant coller au train de l’acheteuse frustrée. Le poids du deuil et son blocage existentiel font le reste.
Une touche de surnaturel
L’héroïne évolue entre un monde des vivants insipide et une fenêtre ouverte sur les esprits. L’action est réduite au minimum et les moments les plus « haletants » sont mâtinés d’esprits frappeurs, bons ou mauvais qui ne cessent de la hanter. A une époque où le surnaturel est devenu un genre hollywoodien en soi avec son nécessaire déluge d’effets spéciaux, ce retour à la sobriété surprend. Et quand Maureen commence à recevoir des SMS provenant d’un émetteur mystérieux, le doute s’installe. Gadget scénaristique ou vraie avance dans l’intrigue, certains se diront que les esprits ne sont pas si bien équipés qu’ils puissent envoyer des messages de l’au-delà. Ce procédé prend peu à peu toute la place dans l’intrigue, diminuant considérablement l’intérêt du spectateur frustré.
Personal Shopper se plait à suivre l’actrice sous toutes les coutures, comme une déclaration d’amour du réalisateur. De là à penser que l’intrigue est secondaire, il n’y a qu’un pas tant l’alchimie peine à s’élever au-dessus de cette relation fusionnelle entre les deux.
Maureen, une jeune américaine à Paris, s’occupe de la garde-robe d’une célébrité.
C’est un travail qu’elle n’aime pas mais elle n’a pas trouvé mieux pour payer son séjour et attendre que se manifeste l’esprit de Lewis, son frère jumeau récemment disparu.
Elle se met alors à recevoir sur son portable d’étranges messages anonymes…
Sortie : le 14 décembre 2016 Durée : 1h50 Réalisateur : Olivier Assayas Avec : Kristen Stewart, Lars Eidinger, Sigrid Bouaziz Genre : Fantastique, Thriller
Tom Connan sort son 1er single et son 1er clip : You didn’t give them a chance
Alors que Tom Connan sort son premier single, You Didn’t Give Them a Chance, Publik’Art vous dévoile son premier clip qui a déjà totalisé en 24h plus de 8000 vues !
De l’art, du grand art chez ce tout jeune musicien qui a plus d’une corde à son arc. Voilà ce que dit Tom de son single : « You Didn’t Give Them a Chance constitue, sur un air pop, une attaque acide contre les discriminations, avec notamment un clin d’œil à la polémique récente sur le burkini. »
Un clip qui dévoile un message humanitaire sous un air musical vraiment top !
Retenez bien son nom, Tom Connan,vous allez en entendre parler dans les prochains jours ! Tom est de la graine des stars ! Nous, on est super fan !
On vous laisse l’écouter, encore et encore, pour notre plus grand plaisir :
La Déconnomie de Jacques Généreux démolit notre système économique et ses penseurs (éd. Seuil)
Nous sommes tous ou presque cons parce que nous ne faisons pas l’effort d’être intelligents. Mauvaise nouvelle : l’intelligence n’est pas un réflexe mais un acte de volonté. Il s’agirait donc d’un effort dont nous aurions perdu l’habitude au profit d’un raisonnement qui ne sert que notre survie. L’esprit critique et la recherche de la vérité n’étant plus des priorités ni éducatives ni quotidiennes, notre système économique défaillant n’est jamais remis en cause, pire, il est applaudi. Ainsi pense l’auteur de « La Déconnomie », un titre des plus explicites associant sans détour l’économie et la connerie ! Bienvenue dans le monde d’aujourd’hui.
Jacques Généreux tacle la pensée dominante
L’auteur de cette attaque contre le système économique en place se nomme Jacques Généreux. Maître de conférences, professeur à Sciences Po, essayiste prolixe, il a l’économie dans la peau depuis plus de trente ans. Dans ses livres et ses discours, il décortique ses travers et les dénonce inlassablement. Son dernier ouvrage en date, « La Déconnomie », ne déroge pas à ce penchant critique puisqu’il s’agit d’un essai corrosif, accusateur et accablant sur le mauvais état de notre économie et de nos économistes d’élite.
Féru de débats et très bon dans l’art de la critique argumentée, Jacques Généreux prend également plaisir a enfoncé le clou de la bêtise de son prochain, bêtise qui serait la cause première de tous nos maux. A la façon de Don Quichotte, il prend les armes (la plume) et s’attaque à son époque, aux imbéciles, à la classe dominante, à quelques prix Nobel et aux néoclassiques sectaires et bornés (c’est-à-dire tous semble-t-il).
La déconnomie ou un système complétement défaillant
Mais qu’est-ce qui va mal exactement ? Jacques Généreux constate que tout, absolument tout, marche de travers. Le système économique actuel serait un outrage à la rationalité et un contresens complet dans lequel on se complait.
Dans les (très) grandes lignes, le libéralisme effréné, nous explique-t-il, est une aberration vécue comme une bénédiction. La dérégulation financière est un cadeau fait aux actionnaires aux dépens du bien commun donc, de tous les autres. Les politiques économiques utilisées pour contrer les crises ont prouvé leur inefficacité depuis presque un siècle mais personne n’ose ou ne trouve utile de chambouler le système. La gauche et la droite : même combat, mêmes erreurs… Nous pourrions énumérer encore longtemps les lacunes du système étant donné que Jacques Généreux tire à boulet rouge sur tous les pans de la « déconnomie ». Il s’indigne, il s’emporte même souvent, traitant ouvertement d’imbéciles une bonne partie des élites. Rien que ça.
Heureusement, ce ne serait pas tout à fait notre faute si nous ne comprenons rien à rien, nous explique-t-il. Notre éducation nous a formé à la compétition et à la consommation et nos biais cognitifs sont immenses, bref, nous ne saurions plus penser autrement que n’importe comment.
Et si Jacques Généreux avait raison ?
Mes penchants économiques ont toujours été libéraux et, de fait, je pensais m’engager dans une lecture qui me déplairait foncièrement, exaspérante, dégoulinante d’humanisme et aberrante d’idéalisme… Mais l’étonnement m’a cueilli.
L’auteur arrive à déstabiliser l’édifice, cela dit assez mal construit, de ma pensée économique grâce à un raisonnement logique, fluide et chiffré. Alors peut-être que demain, je retrouverai ma raison (qui n’est pas forcément la vérité dirait-il) ou peut-être franchirai-je définitivement le Rubicon d’une pensée de gauche. En tout cas, il a réussi ce petit exploit de me faire douter et peut-être parviendra-t-il à troubler la conviction d’autres lecteurs s’engageant dans son livre l’esprit ouvert.
Pour rétablir « l’équilibre général » de cette chronique, venons-en aux défauts. « La Déconnomie » comporte des chapitres plus ou moins accessibles aux néophytes de la science économique. Le chapitre huit notamment sur la théorie économique fera poindre l’ennui chez un lecteur lambda peu au courant des luttes idéologiques entre néoclassiques et keynésiens. Peu au courant mais surtout qui s’en moque !
Plus important, il se veut objectif et, pour ça, il appuie son point de vue sur le bon sens, la science et l’apprentissage des erreurs passées. Mais sa fougue réprobatrice – bien qu’on s’en délecte puisqu’il tape sans détour sur bien du monde – menace de discréditer son argumentation. En effet, il le dit lui-même dans son dernier chapitre, la pensée est guidée par l’émotion et ses sentiments justement sont très fortement antipathiques à l’égard des néoclassiques dont Jean Tirole (qu’il déglingue) entre autres.
En bref
« La Déconnomie » est donc un essai assez lourd et pas toujours facile à assimiler sur l’échec de notre système et de nos politiques économiques. Un essai raisonné et bien construit qui déclenche questionnements et remises en question. Un brûlot savoureux parce que Jacques Généreux ne s’attaque jamais aux plus faibles mais toujours à la classe et à la culture dominantes. Il a du boulot.
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Le nouveau management n’est pas seulement inefficace, il tue des gens. La théorie économique dominante n’est pas simplement discutable, elle est absurde. Et les politiques économiques ne sont pas juste impuissantes à nous sortir des crises… elles nous y enfoncent !
Tout cela est à proprement parler « déconnant », c’est-à-dire à la fois insensé, imbécile, catastrophique et incroyable.
Toutes ces folies sont clairement associées à l’extension du pouvoir de l’argent dans le capitalisme financiarisé. Mais le pouvoir des riches n’explique pas tout. Car les journalistes, experts, universitaires et élus qui soutiennent cette déconnomie ne sont pas tous « au service du capital ». Dès lors, rien n’est plus troublant que l’aisance avec laquelle une large fraction de nos « élites » adhère aveuglément au même fatras d’âneries économiques, et s’enferme dans le déni du désastre engendré par sa propre ignorance.
Diagnostiquer cet effondrement massif de l’entendement pour lui trouver quelque antidote : tel est le but essentiel de ce livre. Un manuel d’éducation citoyenne, lisible par tous, à la fois plein d’humour et de gravité.
Date de parution : le 10 novembre 2016 Auteur : Jacques Généreux Editeur : éditions Seuil Prix : 19.50 € (416 pages) Achetersur : Amazon
Pierre Lemaitre French writer Pierre Lemaitre poses on September 4, 2013 in Paris. AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT
Trois jours et une vie, le dernier roman noir de Pierre Lemaitre (Albin Michel)
Pierre Lemaitre avait reçu le Prix Goncourt pour son fabuleux roman : Au revoir là-haut, en 2013. Cette fois-ci, Pierre Lemaitre nous plonge en France profonde, à Beauval. Normalement il ne se passe rien dans ce petit village, où tout le monde se connaît et s’espionne. Mais les voisins d’Antoine vont d’abord perdre leur chien, de façon terrible et brutale qui va traumatiser Antoine. Ensuite ce sera la disparition de leur fils Rémi, 6 ans, qui va consterner toute la population du village.
L’histoire :
Antoine, une douzaine d’années, est le héros de ce roman. Héros bien malgré lui. C’est un jeune garçon intelligent, très bon élève, qui vit seul avec sa mère. Son père vit en Allemagne et n’a aucun lien avec son fils… Apparemment, tout va bien pour Antoine. Il a sa bande de copains, parmi lesquels figure le fils du maire, même s’il est souvent mis un peu à l’écart.
La façon dont Pierre Lemaitre raconte les évènements est tellement simple, avec un style sans fioritures, qu’on ne peut qu’y adhérer. On se dit que ce n’est pas vrai, que le petit garçon fait un cauchemar. C’est tellement énorme que le lecteur, passif, lit à toute vitesse en se disant que ce n’est pas possible… Antoine va se réveiller et sortir de ce mauvais rêve. Dès le début du roman, l’histoire commence fort ! La tension monte, monte et ne cessera qu’à la dernière page du roman !
Suspens psychologique
Trois jours et une vie est un roman qui vous tient en haleine alors que l’on connaît le coupable dès le début ; le scénario connaît de nombreux rebondissements, soit humains, soit psychologiques, soit naturels, avec les catastrophiques inondations de la tempête de décembre 1999. Tout s’enchevêtre… Tout prend un sens… Un sens souvent absurde, comme la vie peut le devenir parfois. Pierre Lemaitre a le don d’écrire de façon tellement vivante qu’on devient tous le petit Antoine, au fil des pages. Un garçon impulsif, violent, que la vie n’a pas épargné et qui va devenir grand… Un garçon que l’on pourrait qualifier de monstre. Mais l’est-il réellement ? Les relations humaines, amoureuses d’Antoine, devenu adulte, ajoutent une pointe de réalisme et de cynisme à cette histoire terrifiante.
Pierre Lemaitre écrit un roman noir. Cette fois-ci, on connaît le coupable et on attend sa condamnation tout au long du livre. Comme lui. Pas un instant de répit. L’âme humaine est bien complexe et l’homme pas vraiment naturellement bon… Mais la vie se charge de le corriger, voire de le condamner, une vie entière faite de remords…
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir. Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… » P.L. Le nouveau roman de Pierre Lemaitre, Goncourt 2013. Auteur de 6 romans (Robe de mariée, Alex, Sacrifices…), tous couronnés par de nombreux prix littéraires, nationaux et internationaux, Pierre Lemaitre a obtenu en 2013 le prix Goncourt pour Au revoir là-haut, immense succès critique et public.
Date de parution : avril 2016 Auteur : Pierre Lemaitre Editeur : Albin Michel Prix : 19,80 € (240 pages) Achetersur : Amazon
Mileva Einstein, marivaudage, espionnage et relativité générale
La pièce Mileva Einstein imagine un complot fomenté par le Vatican pour empêcher la publication de la théorie qui allait changer la face de l’humanité pour toujours. Un espion dépêché par le Saint-Siège séduit Mileva, épouse libre et combative du lunaire Albert Einstein mais tel est pris qui croyait prendre. Un festival de duplicités et de chausses-trappes agrémente une pièce de théâtre plus légère et frivole que purement historique ou polémique.
Une intrigue fantaisie et comique
Le couple Mileva et Albert Einstein a réellement existé, donnant naissance à deux enfants avant une inéluctable séparation. Cette pièce joue avec la grande histoire pour imaginer une intrigue matinée d’espionnage et de duperies. Alors que le célébrissime scientifique met la dernière main à ses calculs dans le but de publier la révolutionnaire théorie de la Relativité Générale, un évêque scientifique italien vient brouiller la torpeur du couple. L’acteur Arnaud Cermolacce rivalise de persiflages et de flagornerie pour séparer les deux scientifiques, séduire Mileva et enterrer la théorie. Face à lui, la volontaire Aude Kerivel et le nonchalant Marc-Henri Lamande forment un couple atypique qui ne cesse d’égailler les spectateurs. Coups de théâtre et retournements de situation aboutissent à une fantaisie croquignolette et divertissante.
Loin des débat, la légèreté
Le rôle sous estimé joué par Mileva Einstein dans les découvertes de son mari n’est abordé qu’indirectement. Elle est au centre de la pièce, voltigeant entre les assiduités de son amant et l’apparent détachement de son mari. Elle tire pourtant les ficelles et si la pièce ne joue pas (du tout) sur le registre sérieux, elle égaye l’audience d’une ambiance désopilante de doux marivaudage. L’avant première guerre mondiale bruissait des incessants complots des puissances européennes, un Vatican encore marqué par les révélations galiléennes du XVIIe siècle cherchait vraisemblablement à éviter une nouvelle révolution. Le metteur en scène privilégie le décor d’un intérieur bourgeois sans fioritures pour raie revivre une époque où tout semblait possible.
Pas sûr qu’Albert Einstein ne se retourne pas dans sa tombe, mais l’essentiel reste le plaisir de l’audience, visible à en juger par la salve finale d’applaudissements pour saluer une pièce légère et cocasse.
Dates : du 22 novembre au 30 décembre 2016 Lieu : La Reine Blanche (Paris) Metteur en scène : Angelo Corda Avec : Marc-Henri Lamande, Aude Kerivel, Arnaud Cermolacce, Thomas Ganidel
Premier Contact, film de Denis Villeneuve, Copyright 2016 Sony Pictures Releasing GmbH
Un Premier Contact entre SF et romance torturée
Premier Contact est un de ces films à tiroirs qui s’inscrit d’abord dans un genre précis avant de brouiller les pistes et de s’échapper hors de toute référence. D’une trame rappelant au départ le Rencontre du 3e Type de Spielberg avec une apparition extraterrestre qui met le monde en émoi, Denis Villeneuve interroge sur les liens humains dans une grande parabole symboliste. Et comme le film stimule autant la réflexion que l’imagination, il passionne tout du long. Avant sa prochaine et si attendue réalisation avec la suite de Blade Runner, le toujours acclamé réalisateur canadien enthousiasme une fois de plus. Ce Premier Contact envoute et scotche au siège.
Une invasion extra-terrestre entre imagination et réalité
12 vaisseaux extraterrestres apparaissent sur différents points de la planète. Les gouvernements et scientifiques cherchent à rentrer en contact avec leurs occupants mais leurs tentatives ne parviennent pas à révéler les intentions d’entités juchées sur leurs 7 pattes, apparemment dénuées de langage oral et menaçantes pour des pays décidés à se protéger. L’armée américaine recrute Ian le scientifique (Jeremy Renner) et Louise la linguiste (Amy Adams) pour tenter de communiquer et comprendre la raison de leur venue sur terre. Derrière une esthétique SF entre mystère et onirisme, le réalisateur insère des flashbacks, passés ou futurs le doute est permis, sur la vie de la jolie linguiste. Ce que comprend le spectateur dès le départ se floute imperceptiblement au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue.
Une fable philosophique
Denis Villeneuve mélange avec bonheur images vaporeuses et diatribes guerrières jusqu’à faire douter de son intention. Souhaite-t-il stigmatiser les militaires de tous pays va-t-en guerre et bêtement belliqueux ou plutôt déstructurer l’histoire de cette linguiste forte et fragile à la fois? A force de se concentrer sur l’intrigue scientifico-guerrière, le spectateur en oublierait que le réalisateur a déjà commis un Enemy à fortes doses symboliques. Là où Jake Gyllenhaal se battait avec un double mystérieux, l’héroïne semble réinvente sa vie pour lui donner un sens et percer le mystère des relations humaines. Et si plus qu’un film de SF, ce Premier Contact n’était pas avant tout un film d’amour, certes un peu tortueux mais capable de recréer ce qui fonde les sentiments dans la cellule familiale? Certains comme moi n’auront pas vu d’histoire d’amour plus profonde au cinéma depuis Two Lovers…
Premier Contact navigue entre les niveaux de lecture pour un résultat plus que surprenant, envoutant. Un des films de la fin d’année 2016, assurément.
Lorsque de mystérieux vaisseaux venus du fond de l’espace surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d’experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions.
Face à l’énigme que constituent leur présence et leurs messages mystérieux, les réactions dans le monde sont extrêmes et l’humanité se retrouve bientôt au bord d’une guerre absolue. Louise Banks et son équipe n’ont que très peu de temps pour trouver des réponses. Pour les obtenir, la jeune femme va prendre un risque qui pourrait non seulement lui coûter la vie, mais détruire le genre humain…
Sortie : le 7 décembre 2016 Durée : 1h56 Réalisateur : Denis Villeneuve Avec : Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker Genre : Science-Fiction
Hedi, un vent de liberté : un portrait poignant de la Tunisie et de sa jeunesse
Hedi, un vent de liberté est le premier long-métrage que réalise Mohamed Ben Attia. Présenté dans plusieurs festivals, il reçoit un très bon accueil et rafle même des prix. A la Berlinale d’abord où le jury lui décerne le prix du Meilleur Premier Film et l’Ours d’argent du Meilleur Acteur pour la prestation bouleversante de Majd Mastoura. Comme pour confirmer la qualité de l’œuvre, le Festival International du Film Indépendant de Bordeaux (FIFIB) lui offre sa plus belle récompense, le Grand prix du jury. Si le monde du cinéma le salue, qu’en pensera le public ? Rendez-vous en salle le 28 décembre 2016.
Un scénario simple mais très bien pensé
Dans cette période post-printemps arabe, la Tunisie se cherche un chemin via la démocratie. La jeunesse aussi se cherche. Hedi, jeune homme réservé et docile, vit à Kairouan au côté de sa mère. Commercial Peugeot sans enthousiasme et sans aptitude, il fuit la réalité de sa vie en dessinant. Une vie entièrement régentée par sa mère et par les conventions et dont un mariage arrangé constitue la prochaine grande étape. Mais lorsque son patron l’envoie à Madhia, Hedi fait la rencontre de Rim et cette femme libre le séduit et le transforme mais jusqu’où…
Mohamed Ben Attia porte un regard bienveillant néanmoins lucide sur l’état de son pays, de sa jeunesse, de son futur. De tous les pays touchés par le printemps arabe, la Tunisie est le seul à avoir accédé à une démocratie même imparfaite. Mais la transition est difficile, l’économie rame, le chômage oppresse les nouvelles générations de travailleurs… l’émancipation n’est pas évidente. Le réalisateur met habilement en lumière les hésitations du pays en les identifiant à celles d’Hedi. Hedi n’est pas un héros au contraire, il s’est courbé sous le poids des traditions et suit le chemin que sa mère et la société lui désignent. Il a choisi la résignation plutôt que l’émancipation mais brûle en lui un désir d’autre chose. Et lorsque Rim entre dans sa vie, il tente de faire de ses rêves une réalité. Si ce n’est pas une métaphore de la Tunisie…
Copyright Bac Films
Majd Mastoura sublime de sincérité et de fragilité
Joué par Majd Mastoura, Hedi est un personnage d’une sincérité poignante. Habité d’une mélancolie profonde taillée dans sa renonciation à une autre vie que celle qu’on a choisie pour lui, il vit à demi comme pour atténuer les déceptions et les obligations qui jalonnent son existence. Sensible et taiseux, ses traits tristes et pensifs nous dévoilent tout ce qu’il n’avouera jamais. Car son visage, sa démarche, ses intonations nous disent tout de lui grâce à l’excellent travail d’interprétation de Majd Mastoura. Rym Ben Messaoud qui joue sa compagne de plaisir et de liberté, incarne également son personnage avec authenticité, énergie et fragilité.
Hedi, un vent de liberté est un film doux et lent mais pas léger. Profond au contraire, il nous dresse un portrait de la Tunisie et de l’état de sa jeunesse. Un beau film.
Kairouan en Tunisie, peu après le printemps arabe.
Hedi est un jeune homme sage et réservé. Passionné de dessin, il travaille sans enthousiasme comme commercial.
Bien que son pays soit en pleine mutation, il reste soumis aux conventions sociales et laisse sa famille prendre les décisions à sa place. Alors que sa mère prépare activement son mariage, son patron l’envoie à Mahdia à la recherche de nouveaux clients.
Hedi y rencontre Rim, animatrice dans un hôtel local, femme indépendante dont la liberté le séduit.
Pour la première fois, il est tenté de prendre sa vie en main.
Sortie : le 28 décembre 2016 Durée : 1h33 Réalisateur : Mohamed Ben Attia Avec : Majd Mastoura, Rym Ben Messaoud, Sabab Bouzouita Genre : Drame, Romance
Rogue One, a Star Wars story, film de Gareth Edwards, Copyright Jonathan Olley
Rogue One a Star Wars story ou l’univers Star Wars passé à la moulinette Disney
Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine, l’univers Star Wars était une saga légendaire avec ses personnages dignes de héros grecs de l’antiquité, ses mythologies et son méchant charismatique. Disney est passé par là et a fait table rase de l’élément le plus inestimable de la saga: la magie. L’épisode Rogue One a beau se situer entre La Revanche des Siths et Un Nouvel espoir, il reprend les codes bien connus sans ajouter mais en retranchant allègrement. D’un épisode anecdotique, Disney en fait toute une montagne, imaginant une bataille interstellaire autour d’une simple missions secrète. C’est un peu gros…
Des maladresses à foison
L’épisode Rogue One imagine le vol des plans de l’Etoile de la mort par une équipe d’outsiders de la rébellion bien décidés à contrecarrer les plans démoniaques de l’Empire. A leur tête, une intrépide casse cou aux yeux toujours impeccablement maquillés et à la bouche perpétuellement en coeur, Jyn Erso. Mais elle a un secret, son père est le concepteur de la Death Star et celui-ci a inséré une faiblesse fatale dans l’étoile capable de la détruire. Après une première demi-heure de palabres sans fin et une autre demi-heure de discussions, la petite escouade débarque sur une planète ultra protégée pour dérober les plans. Des soldats de la rébellion attifés comme des marines dans un paysage de guerre du Vietnam mènent une action coup de poing qui n’a plus grand chose à voir avec une mission secrète. Le généralissime de la rébellion et Dark Vador himself se mêlent à la partie depuis leurs vaisseaux spatiaux.
Une esthétique de série US
Il est probable que le succès actuel des séries US et leur qualité de plus en plus comparable aux plus grosses productions cinématographiques aient donné des idées aux producteurs. Dark Vador se voit maitre d’un château posé sur un volcan en éruption, rappelant l’ambiance Game of Thrones. Sa discussion avec le super méchant Ben Mendelsohn donne lieu à un pétard mouillé de compétition clôturé par une sempiternelle tentative d’étranglement à distance, déjà vu tant de fois et surprenant comme un canard en plastique flottant dans une baignoire. Dark Vador revient à la toute fin pour mettre un terme à ses 3 minutes 30 d’apparition à l’écran avec une voix pas très heureuse et un impact comparable à celui de Jared Leto en Joker dans Suicide Squad, bien en deçà des attentes donc.
Des explosions et des X-Wing en pagaille
La dernière demi-heure du film voit les X-Wing affronter les Black tie fighters dans une bataille homérique pendant que Jyn Erso et son pote Cassian Andor (tout droit échappé de Dirty Dancing 2) font de l’escalade sur archives pour récupérer les fameux plans. Ben Mendselsohn, révélé aux yeux du grand public dans The Place beyond the Pines, semble bien sous utilisé en Directeur Krennic simplement ambitieux et pas vraiment machiavélique. Il tente de les empêcher et, à ce moment précis, le spectateur attentif remarqua quelque chose d’important. Les Stormtroopers son dézingués au premier coup de laser, même un léger bâton est capable de les envoyer valdinguer. Mais les humains, sans armure, peuvent survivre aux coups de laser, c’est de la magie made in Disney. Comme si ces armures blanches ne servaient absolument à rien. Etrange. Quant à la brutalité tant vantée par les studios, elle est une vue de l’esprit, le film est avant tout un spectacle tout public bien calé au milieu de la route vers le succès commercial. De surprises, il n’y en a guère et il est difficile de s’émouvoir pour le sort de personnages aussi anecdotiques que l’histoire. Où sont l’émotion et la magie?
L’ambiance Mission Suicide a tout pour plaire aux fans. Les grandes batailles, l’apparition même réduite de Vador, l’ajout d’acteurs bankable (Mads Mikkelsen, Forest Whitaker 4 minutes 45 à l’écran avec une tête de Morgan Freeman) et l’ambiance belliqueuse cachent pourtant un scénario maigre comme un clou de destroyer stellaire. SW7 avait brillamment remis la saga sur les rails, ce Rogue One fait craindre pour la suite…
Situé entre les épisodes III et IV de la saga Star Wars, le film nous entraîne aux côtés d’individus ordinaires qui, pour rester fidèles à leurs valeurs, vont tenter l’impossible au péril de leur vie. Ils n’avaient pas prévu de devenir des héros, mais dans une époque de plus en plus sombre, ils vont devoir dérober les plans de l’Étoile de la Mort, l’arme de destruction ultime de l’Empire.
Sortie : le 14 décembre 2016 Durée : 2h14 Réalisateur : Gareth Edwards Avec : Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn Genre : Aventure, Science fiction, Action
Les Fourberies de Molière, Mise en scène de Jean Galabru, Comédie Saint-Michel
Les Fourberies de Molière font la part belle à la langue française
Les Fourberies de Molière voient le célèbre auteur tenter de finir la rédaction du Malade Imaginaire. Mais les personnages imaginaires de ses oeuvres viennent le perturber en rejouant leurs plus célèbres scènes. Mais sont-ils vraiment imaginaires? La pièce est pleine de surprises et Alceste se joint à Bélise et Argan pour tourmenter leur créateur. La langue de Molière est exaltée tandis que ses personnages s’en donnent à coeur joie sur scène.
Un florilège des oeuvres de Molière
Jean Galabru, fils du célèbre acteur Michel Galabru à l’irrésistible accent chantant et récemment disparu, interprète Molière au soir de sa vie. Le célèbre auteur de pièces de théâtres satiriques ne sait pas encore qu’il s’agit de sa dernière oeuvre. Sa santé décline et il croit voir autour de lui ses plus célèbres personnages venir le hanter et rejouer leurs scènes les plus emblématiques. Le Misanthrope, Les Femmes Savantes et Les Précieuses Ridicules se déroulent devant ses yeux avec des interprètes plus vrais que nature. Mais sont-ils des apparitions enfiévrées ou des personnages réels? Les spectateurs se délectent des saynètes drolatiques qui montent en épingle les défauts les plus caricaturaux des contemporains de Molière.
Des acteurs déchainés
La petite troupe resserrée de 5 comédiens autour du metteur en scène Jean Galabru passe de rôles en rôles avec une délectation communicative. Autour de l’auteur désemparé, les acteurs voltigent dans des allers retours incessants entre la scène et les coulisses. Les perruques du XVIIe siècle font écho aux maquillages outranciers et aux tenues typiques de l’époque. La mise en scène sommaire fait la part belle aux textes éternels de Molière. Alexandrins et calembours s’enchainent sans discontinuer dans un spectacle qui soulève l’enthousiasme du public. Rythme inarrêtable et réparties truculentes tiennent en haleine une heure durant dans un spectacle qui exalte la beauté de la langue française.
Molière revit sur la scène de la Comédie Saint-Michel dans un spectacle qui donne le sourire et donne envie de se replonger dans l’oeuvre riche et picaresque d’un des plus grands auteurs de la langue française.
Dates : les mercredis à 19h45
– les dimanches à 18h15 Lieu : Comédie Saint-Michel (Paris) Metteur en scène : Jean Galabru Avec : Jean Galabru, Nadine Capri, Bruno Gouery
Spectacle : Pascal Légitimus Incognitus , à Paris, et son nouveau clip à découvrir
Communiqué de presse :
Alors que Pascal Légitimus joue son spectacle « Légitimus Incognitus » jusqu’au 31 Décembre au Grand Point Virgule (avant de partir en tournée), il nous délivre aujourd’hui un cadeau de Noël en avance…
Comme il a souvent pu le faire avec Les Inconnus, Pascal Légitimus présente un clip humoristique au message fort.
Avec « C’est le rap d’un monde qui dérape », le comédien partage de manière décalée son regard acéré sur notre société. Je t’invite donc à découvrir le clip ici :
Celui-ci annonce une série de nouvelles chansons humoristiques à paraître en 2017.
Présentation :
PASCAL LEGITIMUS [leʒitimys] (actorus comicus incognitus) – n.masc. mais aussi un peu fem.
Virtuose de l’Humour, acteur caméléon, Pascal Légitimus revient avec un spectacle unique et déjanté dans lequel il partage ses délires et son regard acéré sur notre société (l’infidélité, les sexualités, les superstitions, les peurs, les banquiers, les pigeons, les portables… et les insupportables). Il y parle de lui, de nous, des autres, à travers une série de personnages que vous aurez plaisir à découvrir… et, pour certains, à retrouver !
Un spectacle empreint de cet humour unique qui fait l’ADN même des Inconnus !
Legitimus Incognitus, du Jeudi au Samedi, au Grand Point Virgule à Paris.