Accueil Blog Page 206

Pupa Neumann expose : La Madeleine de Gide, à Paris

Pupa Neumann expose :  La Madeleine de Gide, à Paris

Communiqué de presse :

La librairie d’art d’Artcurial présente La Madeleine de Gide, nouvelle exposition de la photographe Pupa Neumann du 15 décembre au 10 janvier 2017 : une série inédite consacrée à une femme peu connue du grand public, Madeleine Gide, cousine et épouse de l’écrivain André Gide.

Qui est cette femme avec qui Gide a passé plus de 40 ans de sa vie, sans même avoir posé une main sur elle ? Quelle sorte de femme accepterait cette situation sans bouleversement ? Était-elle une femme soumise ? Une tordue ? Une idiote ?… ou simplement une femme libre ? De là s’est révélée la série La Madeleine de Gide et le fantasme que Pupa Neumann projetait sur cette femme. Une femme entre un mur et une table, qui attend …
La Madeleine de Gide, nouveau travail de Pupa Neumann est né d’une participation au concours “PHOTO-ROMAN” d’Havas Paris pour Les Rencontres de la photographie d’Arles dont le principe était de mettre en images des mots.
Pupa Neumann a ainsi imagé trois lignes extraites de Si le grain ne meurt d’André Gide : “Ma cousine était très belle et elle le savait. Ses cheveux noirs qu’elle portait en bandeaux faisaient valoir un profil de camée (j’ai revu sa photographie) et une peau éblouissante.

Au lieu d’illustrer simplement le texte, Pupa Neumann a cherché à en savoir davantage sur Madeleine.

Texte de Nathalie Fiszman, extrait de la préface du catalogue de l’exposition

Le personnage de Madeleine Gide avait tout pour séduire Pupa Neumann. J’écris « le personnage », car la vraie Madeleine Gide n’est présente, ici, que par ce qu’elle représente : la pureté poussée à son extrême, associée à de la tristesse ou peut-être un sens aigu du sacrifice.
La vraie Madeleine était la cousine d’André Gide et n’a jamais consommé son mariage avec lui. Il l’aimait d’un amour bien trop pur pour la toucher, réservant cela aux garçons. Si lui dissociait l’amour en pur et impur, qu’en était-il de cette femme qui est restée mariée avec lui, l’a accompagné, l’a protégé, l’a aimé ? Détruisant ainsi sa beauté pour se consacrer aux autres et aux tâches domestiques ? Renonçant à la vie en quelque sorte.
La Madeleine de Pupa Neumann, est toujours très belle. Elle incarne, par son teint pur et ses poses la fragilité et la grâce. Elle est tantôt sexuée, tantôt pas, illustrant ainsi son combat intérieur. On découvre une jeune femme résignée, au teint d’opale, les cheveux lisses, sur d’autres clichés, une effrontée, très sexuelle, en pâmoison, ou tenant un médaillon – religieux ? – entre les dents. Ses bras sont des cygnes, ses cheveux, un indice de son état. Parfois elle crache. Et parfois, elle redevient une petite fille qui joue avec de drôles de hochets. Elle joue, mais elle est figée. Madeleine est une poupée mécanique qui assume son destin. Ses cheveux ne sont plus naturels, et la photographe lui a ajouté des rubans qui ont perdu la légèreté des rubans qui volent au vent quand les petites filles courent. Ceux-là sont lourds, immobiles, et révèlent le poids et l’absence de mouvement.
Finalement, les photos où Madeleine est la plus vivante sont les plus inquiétantes aussi. Pupa Neumann donne à voir une Madeleine sexuelle, peut-être en secret dans ses fantasmes. Une Madeleine en soutien gorge avec un serre tête de petite princesse, qui est aussi une petite fille qui découvre un jouet lapin.
La force de cette série de photos, c’est de nous interroger sur les femmes en général, qui sont bien entendu libres d’être des maîtresses, des femmes qui aiment le sexe ou qui en rêvent, ou des femmes dégoutées, amusées, étonnées et même très sages. Des femmes- enfants, des petites filles très éveillées ou perverses, de drôles de poupées. La Madeleine de Pupa Neumann nous donne certainement un goût de nos propres démons ou en tout cas nous oblige à nous demander quelles sont les femmes qui sommeillent en nous.

Pupa Neumann : http://www.pupaneumann.com/
Artcurial, librairie d’art : 61, Avenue Montaigne – 75008 Paris
Accès : Métro Franklin-Roosevelt Bus : 28, 42, 80, 73, 93
Heures d’ouverture : Du lundi au vendredi de 9h00 à 19h00. Le samedi de 10h30 à 19h La librairie sera ouverte les dimanche 4, 11 et 18 décembre de 10h30 à 19h

Exposition du 15 décembre 2016 au 10 janvier 2017

Vernissage le mercredi 14 décembre de 18h30 à 21h

Artcurial, librairie d’art (61, Avenue Montaigne – 75008 Paris)

Une Maison de Poupée intense et pénétrante au Lucernaire

Une Maison de Poupée
Une Maison de Poupée, Mise en scène de Philippe Person, Lucernaire

Une Maison de Poupée intense et pénétrante au Lucernaire

Le chef d’oeuvre d’Henryk Ibsen Une Maison de Poupée est adapté avec succès sur la scène du Lucernaire par Philippe Person. L’acteur et metteur en scène reprend l’intrigue imaginée à la fin du XIXe siècle pour la transformer en huis clos hitchcockien pesant. Souvent décrite comme une pièce féministe sur une héroïne corsetée par les conventions de son époque et éprise de liberté, cette Maison de Poupée subjugue par l’intensité de son interprétation et la modernité de sa mise en scène.

Une pièce ancrée dans le XIXe siècle

L’auteur norvégien se basa sur un fait divers pour imaginer sa Maison de Poupée en 1879. Nora et Torvald forment un couple bourgeois typique de la fin du XIXe siècle. Heureux parents de 3 marmots, leurs rôles sont clairement et socialement définis. La mère au foyer et le père actif se répartissent les rôles de la manière la plus naturelle du monde. Pourtant l’équilibre va être mis à mal car le couple a traversé une mauvaise passe et Nora a du contracter une dette pour permettre au couple de rester à flot. Quand son mari obtient une promotion et se décide à faire licencier celui qui n’est autre que le bénéficiaire de cette dette, le bateau tangue. Car Nora a menti à son mari sur l’origine de cette mystérieuse somme. La poupée engoncée dans une douce vie de facilité craint de tout perdre. S’étant risquée à sortir de son rôle, elle a attisé les flammes d’un destin contraire.

Une mise en scène moderne et anxyogène

Philippe Person fait monter la tension par petites touches. C’est ce sapin de Noel bien seul à être lumineux sur scène, le transformant imperceptiblement en témoin muet, ce sont ces vitres qui transforment la scène en bocal clos et irrespirable et c’est ce couple aux non-dits meurtriers. Leur bonheur semble monté de toute pièce, façade brinquebalante derrière laquelle se terrent les inimitiés silencieuses. Il la méprise, elle ne le respecte que peu, les fondations du couple sont fragiles et la tempête du chantage finira par faire s’effondrer l’édifice. En plein coeur d’un XIXe siècle traditionaliste, la pièce fit l’effet d’une bombe dont la secousse se fait encore ressentir. En montrant une femme décidée à se libérer du diktat des conventions, Ibsen fit la même chose qu’Ingmar Bergman en 1973 avec son film Scènes de la vie conjugale, à l’origine d’une ribambelle de divorces dans la très corsetée société suédoise.

Des artifices scéniques forts de sens

La scénographie est sommaire. Un sapin, une table, deux chaises, un tapis. L’objectif n’est pas de surcharger la pièce mais de la fluidifier. Et entre chaque scène, ces sont des musiques contemporaines qui se font entendre, aux significations qui ne font aucun doute. Le très ironique Perfect Day de Lou Reed insiste sur l’illusion d’un bonheur précaire. Le dramatique The End des Doors préfigure l’inéluctable fin du couple. Le Foxy Lady à double tranchant de Jimi Hendrix relève les liens finalement illusoires qui relient le couple. Quant aux acteurs, l’intensité de leur jeu est au diapason des intentions de Philippe Person. La brindille Florence Le Corre passe de la Bisounours légère à la femme blessée dans un revirement impressionnant. Le mari Philippe Calvario tente de sauver les meubles mais l’acteur incarne parfaitement la lâcheté d’un mari enfermé dans son système. Quant aux troublions Nathalie Lucas et Philippe Person, ils ne font que défaire ce qui n’attendait qu’une brise hostile pour s’effondrer.

Le public nombreux salue fort justement une prestation théâtrale acclamée qui marquera la fin 2016 et le début 2017. La pièce d’Ibsen fait froid dans le dos et détruit le mur des apparences factices, cette mise en scène lui fait honneur pour une empreinte indélébile dans les esprits!

Dates :  du 7 décembre au 21 janvier 2017 / saison prolongée du mardi au samedi à 21h et dimanche à 19h du mercredi 8 février au dimanche 12 mars 2017
Lieu : Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Philippe Person
Avec : Florence Le Corre, Nathalie Lucas, Philippe Calvario

[TEST] Le ptit Colli, la box littéraire de Collibris qui fait de la lecture un moment privilégié

[vc_text_separator title= »LE PTIT COLLI » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Le Ptit Colli, c’est une box préparée avec amour contenant deux livres au format poche spécialement choisis en fonction de vos goûts, ainsi qu’une sélection de petites surprises à savourer en lisant !

[vc_text_separator title= »INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Abonnement : 18,90 €

Une box : 19,90 €

Note globale obtenue : 4,8/5

[vc_btn title= »VISITEZ LE SITE » color= »primary » align= »center » link= »url:https%3A%2F%2Fwww.leptitcolli.com%2F|title:Le%20Ptit%20Colis|target:%20_blank »][vc_text_separator title= »CONTENU DE LA BOX TESTEE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Très joliment emballée, la box Le Ptit Colli que j’ai reçue contient de quoi affronter l’hiver avec sérénité :

– Wit 1 de Tom Sharpe,
– Chronique d’un rêve enclavé d’Ayerdal (deux livres dont les genres correspondent aux choix que j’avais préalablement indiqués)
– Un crayon de papier
– Des nougats de Montélimar
– Un tour de cou

Le ptit Colli

[vc_text_separator title= »NOTRE AVIS SUR LA BOX » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Nouveau venu dans l’univers déjà très fourni des box littéraires, Le Ptit Colli se démarque de ses grandes sœurs par une grande variété de livres ainsi que par son prix, largement abordable.

Une sélection sur-mesure

Que la box soit à destination d’un ami ou pour votre propre plaisir, son principe reste le même : le site vous invite tout d’abord à renseigner vos goûts littéraires ou ceux de votre ami dans un formulaire préalablement envoyé. Ici, pas d’envoi hasardeux : les livres sont systématiquement sélectionnés en fonction de vos goûts, limitant ainsi au maximum le risque d’insatisfaction. Le questionnaire concerne à la fois les lectures passées ainsi que les envies pour les lectures futures, auxquelles s’ajoute la fameuse dernière question : « Désirez-vous être surpris ? »

Désireux d’explorer de nouveaux territoires littéraires (et, il faut bien le dire, grisé à la perspective d’être surpris), j’opte pour les catégories voyage, rire, anticipation et réalisme. Le site propose également de créer sa propre bibliothèque en ligne afin d’y répertorier les livres déjà reçus et ceux désirés. L’interface est claire, son utilisation fonctionnelle. Le questionnaire retourné, il ne reste plus qu’à attendre la réception de la box dont on m’annonce qu’elle arrivera fin novembre.

Une box soignée et ponctuelle

Tenant parfaitement les délais, la box Le Ptit Colli atterrit devant chez moi dans un emballage très soigné, quelques semaines après avoir renvoyé le questionnaire. Première observation, le « Colli » n’a de petit que de nom : la box est en effet d’une taille plutôt conséquente, bien plus grosse que son homologue la « Kube. » N’y voyons là aucune critique (si ce n’est de devoir repousser les murs au bout d’un an de box) puisque la joie de recevoir un gros colis par la poste ravive bien des joies enfantines.

Le design de la box Le Ptit Colli, particulièrement soigné, n’est pas non plus éloigné de l’univers de l’enfance puisque le fond représente un tableau noir où persistent quelques fausses traces de craies mal effacées. L’identité visuelle est très réussie, là où certaines box (notamment la Kube) manquent cruellement d’originalité et d’audace. Notons enfin l’existence de box à thème (autour de Noël, du fantastique ou encore de la science-fiction) dont le design extérieur vient rappeler l’univers dans lequel se déroulent les romans. Aucun risque d’abîmer la box en l’ouvrant puisqu’un système d’aimant particulièrement bien vu permet de l’ouvrir et la fermer sans problème.

Un sans faute pour le Ptit Colli  

Passons aux choses sérieuses : le contenu ! Une fois la box ouverte, je suis heureux d’y trouver une petite lettre personnalisée me détaillant le contenu de la boite et m’en expliquant le principe. À l’intérieur se trouvent deux marques-pages qui permettent d’y inscrire des citations ou des impressions de lecture. L’idée est encore une fois très bien vue et astucieuse, les marque-pages pouvant ainsi faire office de fiches de lectures. L’équipe du Ptit Colli a décidément pensé à tout puisqu’un crayon de papier à l’effigie de la marque est également fourni.

Du côté des p’tites faims, trois délicieux nougats (qui dans certaines box peuvent être remplacés par des fruits secs) accompagnent le tout. Enfin, un tour de cou permet de rester au chaud pendant la lecture… Décidément, Le Ptit Colli gâte son lecteur et lui donne tous les outils pour faire de la lecture un moment relaxant et unique. Je dois dire que je suis particulièrement satisfait du choix des livres qui m’a été proposé : les deux répondent parfaitement aux critères que j’avais renseignés (SF pour Chroniques d’un rêve enclavé et humoristique pour le premier tome de Wilt), et le tout est joliment emballé par une ficelle à mon nom.

En somme, Le Ptit Colli est une vraie réussite qui parvient à se démarquer des autres box par une grande attention accordée aux détails, ainsi que par une rigoureuse sélection des livres. Avec un rapport qualité/prix plus qu’excellent, Le Ptit Colli s’annonce comme un incontournable du secteur qui, en cette période de fête, trouvera très facilement sa place sous le sapin. Par contre, il faut vraiment que je vous laisse, j’ai de la lecture qui m’attend…

André Sauvé se prend la tête au théâtre des Mathurins

André Sauvé au théâtre des Mathurins André Sauvé se prend la tête au théâtre des Mathurins

Les humoristes ont tendance à user jusqu’à la corde des mêmes thèmes : leur filiation maghrébine ou asiatique, l’incompréhension homme/femme, la passion et la pénétration, les imitations et autres dérivés. Souvent drôles, ces sujets n’en sont pas moins trop souvent brandis.

André Sauvé pense dans tous les sens mais rarement droit

Québecquois, chétif et la touffe frisée, André Sauvé a des obsessions qui tranchent radicalement avec celles de ses confrères. Un retour dans son passé nous apprend que, pendant 10 ans, il a enseigné le Bharata Natyam, une danse classique indienne ; alors on se dit simplement que son discours est à l’image de son parcours : atypique.

André Sauvé philosophe sur scène. Quoi ? N’est-ce pas bafouer l’esprit même d’un one man show que de mélanger l’humour et cette boîte à bâillements qu’est la philosophie ? AU CONTRAIRE, le mariage est désopilant, de quoi vous réconcilier avec la philo pour les débutants en quelques questions existentielles.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’une explication de texte de « L’être et le néant » de Jean-Paul Sartre mais de déclencher quelques petites prises de conscience. Pour cela, le penseur-humoriste s’appuie, à son petit niveau, sur son quotidien. C’est intelligent, ultra-pertinent, limpide et drôle.

« Ce n’est pas un spectacle à fous rire mais plutôt à sourires »

Et quelle habilité. A partir d’un casting pour une publicité de café, il nous parle de conscience et nous captive. A partir d’un amical « profite bien », il traite du présent et se torture l’esprit à en gâcher ses vacances et surtout, à nous faire rire. Il arrive à transformer des situations terriblement anodines en prises de tête comiques. Parce qu’André Sauvé pense trop; il pense d’ailleurs qu’il pense trop. Et puisqu’il a fondé son spectacle là-dessus, il enchaîne les digressions, les explications confuses à dessein et les absurdités. C’est comme si nous nous promenions dans son cerveau mal rangé avec lui.

Étrangement, les premières quinze minutes du spectacle furent comme un flottement dubitatif. A ma voisine, je glisse : « Ce n’est pas drôle », elle me le confirme. Et le spectacle avançant, je finis par céder complétement à cet humour singulier. Comme s’il avait fallu un temps d’adaptation pour que le charme fasse effet.

Ce n’est pas un spectacle à fous rire mais plutôt à sourires. Plaqué sur ses lèvres, une fois venu, il ne nous quitte pas du spectacle. Parce que c’est un humour léger et intelligent, pas besoin de s’esclaffer mais plutôt de le savourer.  On aime.

Dates : du jeudi au samedi jusqu’au 31 décembre
Lieu : Théâtre des Mathurins (Paris)
Avec : André Sauvé

Le théâtre confident et humain de Daria Deflorian & Antonio Tagliarini


Daria Deflorian et Antonio Tagliarini – « Il cielo non è un fondale » © Elizabeth Carecchio

Le théâtre confident et humain de Daria Deflorian & Antonio Tagliarini

Si « le ciel n’est pas une toile de fond », la question du réel et sa représentativité qui est au cœur du spectacle de Daria Deflorian et Antonio Tagliarini, est cependant aux prises avec l’imaginaire et son échappatoire entre le visible et l’invisible, l’intérieur et l’extérieur, la réalité et la fiction.

Ce fil rouge donc aussi intense qu’incertain qui relie la fiction au réel est propice à un décalage poétique et sensible de la parole dont la juste distanciation à l’abri d’une mise en scène conceptuelle et abstraite, explore avec singularité la quête d’humanité dans un monde aride.

« A certains moments, nous vous demanderons de fermer les yeux, annonce Daria Deflorian. Vous voudrez bien le faire s’il vous plaît ? ». Le ton est donné avec cet amusement non dissimulé de renforcer le dialogue entre l’espace de représentation et l’espace extérieur où les spectateurs par cette action complice de quelques secondes, établiront le lien entre l’ici et l’ailleurs.

[…] un décalage poétique et sensible […]

Soit seul, soit à plusieurs, les quatre comédiens à la présence habitée : Daria Deflorian et Antonio Tagliarini, Monica Demuru et Francesco Alberici – habillés en gris ou en noir, sans autre artifice qu’un grand mur mobile anthracite – font exister des histoires concrètes à partir de personnages en situation de fragilité et d’un contexte urbain. Le tout interrogeant notre rapport à l’autre, au monde et donc à soi.

Il est question d’un clochard, d’un vendeur de roses dans un restaurant, de moment de solitude, de chutes, de rencontres et de petits arrangements face à la précarité urbaine.

A la fin du spectacle, des radiateurs en fonte occupent la scène et renvoient dans une belle déclinaison, à une mémoire collective, intime et introspective.

[vc_text_separator title= »INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Dates : du 9 au 18 décembre 2016 (en italien surtitré)  l Lieu Ateliers Berthier (Paris)
Auteurs : Daria Deflorian et Antonio Tagliarini

Logobi New Generation dévoile son clip : Monte en l’air

Logobi New Generation dévoile son clip : Monte en l’air Logobi New Generation dévoile son clip : Monte en l’air

Ce groupe de danseurs et chanteurs a atteint plus de 200 millions de vues sur Youtube.
C’est le groupe phénomène qui a lancé un nouveau mouvement avec ses tubes “Elle danse sexy”, “Sucré salé” ou encore “Gâter le koin”.
Après une tournée de 200 dates à travers la France et l’étranger, 2 premières parties de Booba, des récompenses et nominations multiples dont le « Kora Award » remporté face aux meilleurs artistes africains, le groupe décide de faire une pause.
Ils reviennent aujourd’hui, avec une nouvelle formule, et avec à leur tête le producteur Akad, compositeur et éditeur de Sexion d’Assaut, Mister You, Raï’n’B Fever, Big Ali…
Sous le nom de « Logobi New Génération », leur premier single nous « Monte en l’air » ! L’album “Afro Tape Volume 1” dont la sortie est prévue prochainement, réunira des artistes tels que Vegeta (La Synesia), Sultan, BFG, Le D, Flavel Romero… L’album de cette new génération promet du lourd !

Découvrez le clip de « Monte en l’air » :

Suivez le groupe sur :
Facebook 
Twitter 
Instagram 
Youtube 

M.Pokora : Comme d’habitude pour la sortie de son coffret luxe My Way

M.Pokora : Comme d’habitude pour la sortie de son coffret luxe My Way

Alors que son nouvel album « My Way » est déjà double disque de platine avec plus de 200 000 ventes, M. Pokora dévoile son nouveau single.

Pour faire suite à « Cette Année-Là » et « Belinda », c’est le morceau « Comme d’habitude » qui a été choisi.

Dans le cadre du succès de ce nouveau projet, M. Pokora propose « My Way » en coffret édition limitée luxe le 9 Décembre. Celui-ci comprend : le CD collector 16 titres (dont 2 inédits), le DVD, le disque de platine officiel plus un poster géant !

M.-Pokora---Coffret-'My-Way'-Edition-Limitée-Luxe

[vc_text_separator title= »CLIP » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

M. Pokora en est actuellement à sa 7ème semaine consécutive dans le top 5 des meilleures ventes d’albums avec « My Way », il vient de dévoiler le clip de son 3ème single :

Cigarettes et chocolat chaud, une comédie familiale et tendrement excentrique

Cigarettes et chocolat chaud de Sophie Reine
Copyright 2015 Mandarin Cinema / Alexis COTTIN

Cigarettes et chocolat chaud, une comédie familiale et tendrement excentrique

Sophie reine a déjà reçu un César en 2009 mais du sien on se souvient rarement car les monteurs, même récompensés, sont des travailleurs de l’ombre pour le grand public. Sa statuette saluait la qualité de son montage pour le film Le premier jour du reste de ta vie de Rémi Bezançon.

Cigarettes et chocolat chaud est son premier long-métrage en tant que réalisatrice ; elle le dédie à son père et à sa mère, un clin d’œil certainement au thème du film : la famille. Cette comédie tendrement désobéissante sort en salle le 14 décembre.

Denis Patar (Gustave Kervern), veuf, est père de deux filles, Janis, 13ans, et Mercredi, 9 ans, qu’il élève comme il peut. Cumulant un boulot de jour et un autre de nuit ainsi qu’un manque chronique d’argent l’incitant à resquiller, l’éducation des enfants est un combat permanent. Denis est un père aimant pourtant mais il n’a ni l’autorité, ni les codes ni le temps de bien faire. Et un jour, c’est l’impair de trop, il se retrouve avec une enquêtrice sociale (Camille Cottin) sur le dos. Celle-ci dresse un constat sans appel : les conditions de vie de Janis et Mercredi ne sont pas propices à leur épanouissement. Denis est condamné à un « stage de parentalité » pour enfin devenir un « bon père » s’il ne veut pas perdre la garde de ses enfants…

Cigarettes et chocolat chaud de Sophie Reine
Copyright 2015 Mandarin Cinema / Alexis COTTIN

Les Patar : une famille pas comme les autres

Cigarettes et chocolat chaud est un moment de tendresse. Denis, Janis et Mercredi s’aiment, maladroitement mais inconditionnellement. Porté par cet amour tous azimuts et une belle énergie de vivre des protagonistes, le film est lumineux. Lumineux également par son débordement de couleurs et d’excentricités. La maison des Patar est comme une joyeuse foire où se côtoient pêle-mêle un élevage de lucioles, un cirque éphémère et des pâtes en forme de pénis. C’est sale et désordonné mais réjouissant de vie. D’ailleurs, à l’intérieur du cocon familial, les cris et les accrochages sont courants, de vrais sauvages !

Faire connaissance de la famille Patar, c’est déménager dans un monde un peu plus beau et un peu plus intense le temps d’un film. En fait, Sophie Reine a habilement marié l’authenticité et le spectacle pour nous projeter dans un ailleurs plus tout à fait réel. Un ailleurs où saccager impunément des caisses automatiques pour reprendre leur boulot est possible ! On peut même travailler dans un sex-shop la nuit sous couvert d’être vétérinaire au noir auprès de ses filles. Et comme tout bon faux vétérinaire, on fait des couleurs à ses hamsters ! C’est un monde idéalisé qui montre la vie telle qu’elle pourrait être et non telle qu’elle est. Avec plus de gaité, plus de tendresse et plus de blessures aussi.

Cigarettes et chocolat chaud de Sophie Reine
Copyright 2015 Mandarin Cinema / Alexis COTTIN

Un éloge de la différence plutôt que de la performance

Cigarettes et chocolat chaud est un divertissement sympathique mais il défend aussi une opinion. Le film est là comme pour dire qu’il y en a marre des recettes toutes faites pour une enfance épanouie, que marcher droit parfois eh bien, c’est chiant ! Même s’il y a, bien sûr, quelques compromis à faire avec les principes éducatifs incarnés par une enquêtrice sociale académique et carrée. Alors, si la famille Patar est aussi exubérante et borderline, c’est sans aucun doute pour contraster avec les enfants modèles d’aujourd’hui. Tellement parfaits qu’ils ne mangeront jamais de frites un dimanche matin au le petit-déjeuner. Et c’est dommage nous souffle le film.

Pour interpréter ces personnages touchants, Sophie Reine a misé sur le bon casting. Il y a d’abord Gustave Kervern (Denis Patar) qui campe très bien le père maladroit/ éternel grand enfant. Camille Cottin, quant à elle, a choisi la sobriété en jouant une enquêtrice sociale austère, un bon mouvement pour se détacher de son rôle de « connasse » qui commençait à lui coller à la peau. Et les deux charmants petits monstres Patar, Janis et Mercredi, sont des tourbillons d’énergie.

Et si on ne faisait pas comme tout le monde ? Cigarettes et chocolat chaud est un éloge de la différence plutôt que de la performance. Un joli rêve plein de pitreries et de douceurs, de maladresse et d’amour et toujours d’humour.

 

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]


Cigarettes et chocolat de Sophie ReineDenis Patar est un père aimant mais débordé qui se débat seul avec l’éducation de ses filles, Janis 13 ans et Mercredi 9 ans, deux boulots et une bonne dose de système D. Un soir Denis oublie, une fois de trop, Mercredi à la sortie de l’école. Une enquêtrice sociale passe alors le quotidien de la famille Patar à la loupe et oblige Denis à un « stage de parentalité ». Désormais les Patar vont devoir rentrer dans le rang…

Sortie : le 14 décembre 2016
Durée : 1h38
Réalisateur : Sophie Reine
Avec : Gustave Kervern, Camille Cottin, Héloïse Dugas
Genre : Comédie

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Résultats concours : Papa ou Maman 2, 10 places de ciné gagnées

Papa ou maman 2 film affiche

Résultats concours : Papa ou Maman 2, 10 places de ciné gagnées

Vous avez été 2995 participants au concours Papa ou Maman 2. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants de 2 places de ciné sont les suivants :

Matthieu Bastard, Martine sanz, Marie Chavanel, Lurdes Castelao et Eric Duetthe

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Salt and Fire, faux thriller et vrai conte philosophique

Salt and Fire
Salt and Fire, Film de Werner Herzog

Salt and Fire, faux thriller et vrai conte philosophique

Ceux qui attendront des étincelles de la rencontre entre Werner Herzog et Michael Shannon en seront pour leurs frais. Si le film débute sur le rythme d’un thriller paranoïaque avec la prise d’otage rocambolesque de 3 scientifiques en mission secrète, le ton dévit rapidement vers l’introspection et la remise en cause de l’exploitation humaine. Comment un lac florissant peut-il s’être transformé en désert de sel aride, et quel est l’héritage laissé aux générations futures, voici les vraies questions posées par un film tourné en 16 jours, avec prises de vue improvisées et scénario à l’avenant. Le résultat n’est pas inintéressant même s’il faut parfois s’accrocher pour ne pas décrocher.

Une adaptation plus plus

Werner Herzog a voulu retranscrire l’ambiance apocalyptique de la nouvelle Aral rédigée par le journaliste, critique et écrivain Tom Bissell. Un lac et ses bateaux ont disparu presqu’entièrement après l’édification d’un ambitieux complexe d’irrigation et la déviation des cours d’eau. Privé de l’apport des rivières, le lac a laissé place à un désert de sel. Werner Herzog s’approprie la nouvelle en situant son long-métrage non plus au Kazakhstan mais en Bolivie, à 4000 mètres d’altitude. Un tournage éclair de 16 jours a abouti à un film long et lent, rythmé par les discussions philosophiques entre la scientifique et le kidnappeur. Le syndrôme de Stockholm joue à plein jusqu’à l’abandon en plein désert de la belle. Sa rencontre avec 2 jeunes enfants presqu’aveugles va aider à sa prise de conscience face au drame de l’exploitation humaine.

Un conte philosophique

La plus grande partie du film se passe de rythme et d’intrigue. Peu importe qui sont les personnages, l’important tient dans le focus sur l’aveuglement humain face à la destruction de la nature. Mythes et légendes s’installent langoureusement tandis que le temps devient immobile et trivial face à l’étendue désertique et hypnotique. Ce film est un voyage intérieur qui pourra laisser certains de marbre, une bonne endurance est nécessaire pour ne pas s’assoupir. Mais le jeu en vaut la chandelle, les images sont magnifiques et le film pourrait presqu’être un documentaire informatif sur la voie tracée par l’humanité vers le point de non-retour. Sans remise en cause et examen de conscience, l’humanité pourrait disparaitre, définitivement.

Ce Salt and Fire onirique marque une nouvelle étape dans la filmographie de Werner Herzog. Toujours désireux de se confronter à des conditions extrêmes, il se frotte ici à la destruction de l’écosystème pour une réflexion intéressante même si souvent aussi aride que son désert de sel.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Salt and Fire
Salt and Fire

Une scientifique accuse le responsable d’une grande entreprise d’avoir provoqué un désastre écologique dans le désert de Bolivie. Tourné dans le désert de sel d’Uyuni, le nouveau film de Werner Herzog est un thriller écologique, inspiré d’une nouvelle de Tom Bissell.

Sortie : le 7 décembre 2016
Durée : 1h33
Réalisateur : Werner Herzog
Avec : Michael Shannon, Gael Garcia Bernal, Veronica Ferres
Genre : Thriller

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Figaro se la joue solo en mode one man show au Lucernaire

Figaro
Figaro, Lucernaire, Mise en scène de Thomas Condemine

Figaro se la joue solo en mode one man show au Lucernaire

Ce Figaro J’aurais mieux fait de rester coiffeur voit un acteur incarner les différents membres d’une troupe de théâtre lors des répétitions d’une prochaine mise en scène du Figaro de Beaumarchais. Le metteur en scène espagnol, les acteurs truculents, le héros frondeur, tout ce beau monde part joyeusement en live sous les traits d’un Elie Triffault au four et au moulin.

Un one man show désopilant

Si les répétitions commencent tambour battant, les différents personnages commencent rapidement à se déchirer sur le mode désopilant. Elie Triffault interprète chacun des protagonistes alternativement, ne ménageant pas ses efforts pour dévaler sur scène 1h15 durant. Entre une reprise soul du Wild is the wind de David Bowie et une soirée techno bien arrosée, les répétitions voient l’acteur enchainer les dialogues de tous les personnages de la pièce de Beaumarchais. Localisée dans les Pyrénées, la troupe est isolée et les inimités minent l’ambiance entre James l »acteur english crooner, Suzanne et Anne les deux personnages féminins objets de toutes les attentions, Allan le jeune Figaro et un Martin quelque peu efféminé.

Des intentions et des faiblesse

La pièce peine hélas à passionner tout du long, la faute à un manque de variétés et surtout de réparties. L’acteur seul en scène a beau multiplier les intonations et les accents dans une folle sarabande, l’ajout d’un interlocuteur ne serait pas de trop pour maintenir la cadence. La pièce en est à ses débuts au Lucernaire, l’enchainement des prestations pourrait voir l’acteur monter en régime et combler les quelques manques aperçus dans la pièce.

Reste le souvenir d’un acteur gonflé à bloc et peu avare de ses effets. Figaro est un beau prétexte pour admirer ses talents de comédien.

Dates :  du 30 novembre au 14 janvier 2017
Lieu : Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Thomas Condemine
Avec : Elie Truffault

Michael Lonsdale ressuscite Reiner-Maria Rilke au Théâtre de Poche Montparnasse

Lettres à un jeune poète
Lettres à un jeune poète, Théâtre de Poche Montparnasse, Mise en scène de Pierre FesquetColler ou taper ici votre titre

Michael Lonsdale ressuscite Reiner-Maria Rilke au Théâtre de Poche Montparnasse

Michael Lonsdale lit la correspondance du poète Rainer-Maria Rilke avec un jeune homme hésitant sur la voie à suivre. Entre 1903 et 1904, il creuse le sillon de sa vocation et de la vie harassante de poète avec tous les sacrifices à accepter dans 10 lettres pleines de doutes.

L’acteur de 85 ans est accompagné d’un violoncelliste et d’un lecteur assistant pour faire ressortir toute l’intensité d’un échange épistolaire en forme de confession.

Une émotion palpable 

Michael Lonsdale rend un hommage appuyé à un poète majeur de la première moitié du XXe siècle, à la sensibilité exacerbée et à l’oeuvre éternelle. Plutôt que de réciter certains de ses poèmes les plus connus, les narrateurs se concentrent sur des lettres rédigées dans différents lieux de villégiature. Là où son jeune correspondant attend peut être des conseils, Rainer-Maria Rilke multiplie les avertissements. Dur labeur, patience extrême et doutes omniprésents sont le quotidien de ceux qui se livrent corps et âmes à leur passion. L’auteur ne cache rien des affres existentiels à surmonter pour arriver à publier un texte, par delà les obstacles et les contraintes.

Une mise en scène dépouillée

Assis derrière son bureau, le fragile Michael Lonsdale alterne avec le metteur en scène Pierre Fesquet pour égrener les textes du poète autrichien. Les textes font mouche et les prestations forcent le respect par leur intensité existentielle. Un violoncelliste joue alternativement des extraits des suites pour violoncelle de Bach et semble insister sur une introspection nécessaire pour vivre pleinement la vie de poète. L’heure de récitation passe dans un souffle et l’audience semble hypnotisée par le vieil homme toujours attiré par la scène. Il pourrait profiter sereinement de sa retraite mais une force intérieure le pousse à affronter son public, comme un besoin irrépressible qui soulève l’enthousiasme final du public.

Sensibilité et introspection se mélangent dans un moment de théâtre émouvant et puissant. Le vieux sage Lonsdale exalte le texte du poète, avec sérénité et humilité.

Dates : Lundi 19h et Dimanche à 17h30
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Pierre Fesquet
Avec : Michael Lonsdale, Pierre Fesquet, Fabrice Bihan, Emmanuelle Bertrand

[TEST] Audible.fr ou l’expérience captivante du livre audio

Audible.fr

[TEST] Audible.fr ou l’expérience captivante du livre audio

Nouvelle application en vogue, Audible.fr permet de lire tout en étant actif. Vous partez au boulot en métro, en bus ou en train ? Cette application est faite pour vous ! Vous avez du mal à lire plus de trois lignes, sans vous endormir ou vous adorez que l’on vous raconte des histoires ? Cette application est faite pour vous ! Si vous êtes souvent seul chez vous, vous ne le serez plus avec Audible. Si par malchance vous avez des problèmes de vue et ne pouvez plus lire un livre sans vous arracher les yeux, Audible va vous apporter la lecture sur un plateau d’argent ! Avec ce nouveau service en ligne, vous pouvez bouger et lire en même temps !

Pour cela, il suffit de choisir un titre parmi les 200.000 références proposées par Audible. Ensuite, vous le téléchargez et enfin, vous pouvez le lire dans l’application Audible. Enfin, le lire, pas exactement… l’écouter ! Car vous serez un peu comme au théâtre, il suffira juste d’écouter, souvent, un acteur de théâtre, de la Comédie Française, ou de cinéma, pour vous envoler avec l’auteur dans des histoires extraordinaires !

En attendant Bojangles : une expérience magique 

61ajmpx4qjl-_sl300_ Notre premier livre audio écouté sur Audible.fr fut l’admirable En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut. Non seulement le narrateur, Louis Arène de la Comédie française, a une voix ensorcelante, mais en plus, par moment, il chante. Il nous entraine dans la vie quotidienne de cette famille, racontée par le fils unique. Une vie pas comme tout le monde, des parents pas comme tout le monde. Leur vie est centrée sur leur amour et surtout sur la maman qui aime danser et qui a un comportement qui pose de plus en plus de problèmes. Olivier Bourdeaut a une très jolie plume et sa façon d’aborder la folie est tout simplement sublime (lire notre chronique du livre). Avec la version lue, on savoure quelques passages de la chanson de Nina Simone, Monsieur Bojangles. Le livre audio prend corps, en quelque sorte. Il nous ensorcelle. C’est une approche complètement différente de la lecture où l’on est tellement imprégné par le livre audio, qu’on le lit vite, souvent trop vite, pour en apprécier toutes les figures. A la lecture, on entend les mots, les phrases, les rimes, et on les voit valser ! Je vous garantis un moment magique avec cette écoute exceptionnelle !

Accédez au livre audio En Attendant Bojangles

Vous n’aurez pas ma haine, lu par André Dussollier

41msngjbsl-_sl300_ Le deuxième livre lu ou plutôt écouté par la rédaction est d’un tout autre genre. Cette fois-ci, pas question de s’envoler, le thème est tout autre. C’est le livre audio d’Antoine Leiris, Vous n’aurez pas ma haine, (lire notre chronique du livre) lu par André Dussollier. Sans doute connaissez-vous, ne serait-ce que de nom, ce livre qui a été écrit après les attentats du Bataclan. Antoine Leiris a perdu sa femme qui était au Bataclan ce vendredi noir. Son livre audio est tout simplement bouleversant. On entre dans sa vie, dans sa réalité absolument inimaginable. Dès les premières minutes de son livre audio.

La voix grave d’André Dussollier met une touche réelle de cette situation qu’on aimerait être imaginée, tellement elle est emplie d’horreur. Toujours un ton juste, discret, intime mais grave nous propulse dans les pensées même de l’auteur. Minute après minute. Heure par heure. Jour après jour. Avec amour, poésie, et jamais de colère, de haine. Juste de l’amour, encore de l’amour, plus fort que tout car pour Hélène, « J’étais celui à qui elle avait tout donné, le Roi de son monde ». Plus fort que la mort. Plus fort que la haine. Comme une prière faite à toutes les victimes des attentats. Comme un très bel hommage. Avec tant de dignité et une très belle voix sur une très belle écriture !

Accédez au livre audio Vous n’aurez pas ma haine

Demain est un autre jour : 11 heures d’une lecture captivante

51xnrv49vyl-_sl300_ Le dernier livre audio lu avec Audible.fr pour ce test est celui de Lori Nelson, Demain est un autre jour. Un joli conte empli d’amour et d’humour. Cette fois-ci, c’est une femme, Ingrid Donnadieu, actrice spécialisée dans le doublage, qui nous dévoile le fabuleux livre de Lori. Chapitre après chapitre, on va suivre les aventures de Brett qui vient de perdre sa maman et qui doit découvrir toutes les épreuves préparées par sa maman avant de découvrir son testament. Dix enveloppes laissées à un notaire par sa maman qui représentent dix objectifs à atteindre avant de connaître le fameux testament. On aimerait tous avoir une maman comme celle de Brett. La lecture est longue, 11h, mais si captivante qu’on ne voit pas le temps passer. Ingrid Donnadieu joue avec les différentes tonalités de sa voix pour passer d’un personnage à l’autre ! De très beaux moments de récréation.

Accédez au livre audio Demain est un autre jour

Offre d’essai Audible : 1 livre audio gratuit !

Publik’Art vous laisse le soin de découvrir l’expérience du livre Audio avec Audible.fr et vous invite à nous faire partager vos impressions, en commentaires.

Profitez de l’occasion pour bénéficier de l’offre d’essai Audible : un livre audio gratuit, pendant le premier mois d’un abonnement mensuel. Et si vous n’avez pas aimé l’expérience, vous pouvez vous désabonner, et ce, quand vous le souhaitez. Si au contraire, vous êtes conquis conquis, vous recevrez chaque mois un crédit audio vous permettant de télécharger un livre audio, pour 9,95 euros seulement. Un livre audio qui coûte une petite vingtaine d’euros à la base, est donc moins cher s’il est acheté dans le cadre de l’abonnement 😉

Bénéficiez d’un livre audio gratuit

[TEST] L’excellent casque audio Denon AH-MM400

denon

[vc_text_separator title= »DENON AH-MM400″ color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Avec son modèle AH-MM400, le fabricant japonais Denon a mis les petits plats dans les grands s’adressant aux plus fins mélomanes de la planète. Un modèle dont les finitions reflètent le niveau d’exigence que s’est fixé la marque de hi-fi en déployant un objet aux qualités techniques quasi-irréprochables.

[vc_text_separator title= »INFOS – CARACTERISTIQUES TECHNIQUES » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Prix : 399,99 €
Couleur: Noir, Bois
Couplage auriculaire: Circumaural
Fréquence des écouteurs: 10 – 40000 Hz
Impédance: 32 Ohm
Pliable: Oui
Poids: 310 g
Puissance d’entrée maximale: 1000 mW
Sensibilité du casque: 96 dB
Technologie de connectivité: Avec fil
Type de casque: Binaural

[vc_btn title= »Acheter sur Amazon » color= »primary » align= »center » link= »url:http%3A%2F%2Famzn.to%2F2gIRm9d|title:Denon%20AH-MM400|target:%20_blank »][vc_text_separator title= »Le casque Denon AH-MM400″ color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Denon AH-MM400
Le casque Denon AH-MM400
[vc_text_separator title= »NOTRE AVIS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Les Plus

Le Denon AH-MM400 : un objet raffiné

Avec ses coques en noyer américain fixées à des branches en aluminium, le casque Denon AH-MM400 est aussi agréable à regarder qu’à prendre en main. Il en deviendrait presqu’un objet de raffinement ultime pour tout bon amateur de casque audio. Une élégance qui dégage aussi son impression de robustesse que seul un usage prolongé aurait permis de confirmer.

Pratique et ergonomique

Comme tout casque audio de cette catégorie, le Denon AH-MM400 occupe du volume lorsqu’il est déplié. Mais les articulations qui ont été pensées pour ce modèle permettent de le ranger avec facilité, sans que cela ne dénature ni l’élégance du casque ni sa solidité. Le compromis idéal qui en fait un produit ergonomique en toutes circonstances.

Performant

Quant aux performances de l’appareil, c’est un feu d’artifices permanent qui nous inonde les oreilles, notamment grâce à des basses particulièrement bien ajustées. Un équilibre parfaitement trouvé qui procure de grandes sensations sonores, rondes et généreuses. Ajoutez à cela l’excellente isolation des coussinets et vous basculerez dans un autre monde, quasi-féérique. Difficile après l’avoir testé de se passer de la compagnie d’un tel casque.

Les Moins

Un arc-intrus

Pour des grosses têtes douillettes comme les nôtres (et pas toujours bien remplies), le casque ne se démarque pas particulièrement de ses concurrents pour son confort malgré son poids assez léger (310g). La mousse utilisée pour garnir l’intérieur de l’arc du casque a tendance à se plisser exagérément sous la tension générée par le crâne. C’est peut-être l’intrus de ce design choisi. Un autre matériau aurait pu être choisi et renforcer encore la ligne pourtant harmonieuse de ce Denon.

Mais chercher des points négatifs à ce modèle relève plus du challenge qu’autre chose ! Si vous en avez l’occasion, commandez-le au Père Noël ou offrez-le pour faire (très très) plaisir !

Poitiers Film Festival 2016 : coup de projecteur sur le cinéma de demain

Poitiers Film Festival 2016
Poitiers Film Festival 2016, affiche

Poitiers Film Festival 2016 : coup de projecteur sur le cinéma de demain

Manifestation unique au monde alliant audace et singularité, le Poitiers Film Festival réunit les plus prestigieuses écoles de cinéma autour de la découverte de la fine fleur des réalisateurs de demain. Moins porté sur les rétrospectives de cinéastes déjà institués que sur une mise en lumière de jeunes réalisateurs(-trices) fraichement sorti. e. s de l’école, le Poitiers Film Festival fait bouillonner l’effervescence créative en conjuguant innovation et esprit de découverte : « Ce qu’on recherche ici, c’est un cinéma qui n’a pas (encore) peur des conséquences, qui crée sans entraves et s’autorise tous les coups… Une joyeuse exubérance créative et l’éclosion des talents de demain. »

Pendant plus d’une semaine, avant-premières, projections et débats se succèdent, constituant autant d’occasions et de rencontres stimulantes. Près de 49 films issus de 24 pays et de 34 écoles forment la sélection internationale, tandis qu’un jury composé de professionnels, d’étudiants et de cinéphiles aura pour délicate mission de récompenser les films les plus réussis à l’issue du festival. Révéler les talents de demain, c’est bien le pari du festival poitevin. Car derrière ce réjouissant programme, le Poitiers Film Festival constitue un tremplin facilitant l’entrée dans la vie professionnelle de jeunes réalisateurs français et étrangers. De nombreux dispositifs sont ainsi mis en place afin d’accompagner et de soutenir les réalisateurs émergents dans la construction de leur réseau professionnel et le développement de leurs projets.

Citons notamment les nombreux ateliers autour des questions de production, de droits d’auteur et de marketing, ainsi que le « café des producteurs », où jeunes réalisateurs et producteurs se rencontrent de manière plus informelle. S’adressant à un public constitué à la fois de professionnels et de simples curieux, le festival propose en outre de nombreux évènements gratuits et non moins insolites : mention spéciale pour le « Ciné-Sandwich » qui vous propose, à l’heure du repas, de « déguster » un film autour d’un pique-nique convivial. Ambiance assurée. Les enfants ne sont pas laissés sur la touche puisqu’un « ciné-doudou » gratuit leur est proposé : autour d’une ambiance cosy, les tout-petits ont pu apprécier une sélection de courts métrages spécialement sélectionnés pour eux. De quoi leur inculquer, dès le plus jeune âge, le virus du cinéma…

Ciné-doudou - Aukanek
Ciné-doudou – Aukanek

Emmanuelle Bercot et son film, La Fille de Brest, acclamés en ouverture

C’est par la projection de La Fille de Brest, dernier film de la réalisatrice Emmanuelle Bercot, que s’est ouvert le festival de Poitiers. Ancienne étudiante formée à la FEMIS, Emmanuelle Bercot n’est pas étrangère au festival puisqu’elle y a présenté un de ses premiers courts métrages en 1997 avant d’intégrer le jury au cours de l’édition 2001. Aujourd’hui réalisatrice et actrice reconnue (on lui doit notamment Backstage ainsi que la coréalisation de Polisse avec Maiwenn), Emmanuelle Bercot a fait l’honneur de sa présence en offrant aux spectateurs une œuvre coup de poing, dédié au combat d’Irène Frachon contre le Mediator.

Si le public français est familier de cette triste affaire, le film permet toutefois d’en apprendre plus sur la bataille acharnée qu’a livrée cette jeune femme courageuse contre le deuxième plus gros laboratoire pharmaceutique français. Le film, dont la forme s’inscrit dans la lignée de thrillers politiques comme Les hommes du président ou Erin Brockovich dresse le portrait d’une femme seule et courageuse, brandissant la vérité comme un étendard au nom de tous les malades en danger. Pour Bercot, seule importe la recherche de réalisme et de vérité, les aspirations de la réalisatrice rejoignant ainsi celles de son personnage principal. Les gros plans captent l’émotion des visages : le sourire de Sidse Babett Knudsen, imperturbable même dans les pires déconvenues, reflète l’état d’esprit d’une femme à la force incroyable et à la témérité revigorante. Une œuvre particulièrement revigorante, acclamée par une standing ovation méritée.

Le jeune cinéma danois à l’honneur

Pour sa 39e édition, le festival qui, il y a quelques années encore, s’appelait les rencontres Henri Langlois en hommage au père fondateur de la cinémathèque française, a proposé un focus autour du jeune cinéma danois. La projection de cinq longs métrages a ainsi donné l’occasion de redécouvrir l’esthétique glacée de Valhalla Rising de Nicholas Winding Refn ou la satire truculente du Direktør de Lars von Trier. Ces films, dont la vision sur grand écran provoque un vrai plaisir de spectateur, furent suivis d’une conférence consacrée au Cinéma danois. Animée par Aurore Berger Bjursell, spécialiste du cinéma danois, la conférence a retracé près d’un siècle de cinéma danois, depuis son âge d’or mis à mal par la guerre, jusqu’à son renouveau sous l’impulsion de réalisateurs comme Thomas Vinterberg et Lars von Trier. Cette thématique danoise fut prolongée par la projection d’une série de courts métrages issus de trois prestigieuses écoles du Danemark (Den Danske Filmksole, Super16 et The Animation Workshop). Tour à tour émouvants, drôles et effrayants, ces courts métrages jettent un regard insolite et plein d’empathie sur un monde dont on se demande bien dans quel sens il tourne.

Olmo et la mouette Proposé dans le cadre de ce focus danois, Olmo et la mouette raconte l’odyssée d’un couple de comédiens dont le quotidien va se voir bouleverser par l’arrivée d’un heureux évènement : un bébé. Désormais lié par autre chose qu’une passion commune pour le théâtre, le couple devra jongler entre obligations professionnelles et vie familiale. Au théâtre comme dans la vie, de nouveaux rôles se créent et les masques tombent peu à peu… Réalisé avec finesse par deux jeunes réalisatrices et produit par Tim Robbins (!), Olmo et la mouette est un beau portrait de couple comme on en voit peu, abandonnant les bons sentiments au profit d’une réflexion intime sur la nature des relations humaines. Le dispositif proposé par les réalisatrices fait s’effacer les frontières entre fiction et réalité, créant un délicieux vertige dans lequel on prend plaisir à se laisser porter.

Le couple, bien réel, obéit pourtant aux contraintes de mise en scène des réalisatrices, dont on entend parfois la fois en off : certaines scènes sont reprises en changeant quelques détails, d’autres sont modifiés en accentuant le caractère d’un personnage. Le processus de création artistique avance de pair avec celui de l’enfantement, révélant ainsi le caractère organique et vital de toute création. Dans les rôles principaux, Olivia Corsini et Serge Nicolaï, tous deux absolument remarquables, se touchent, s’aiment, se disputent et s’interrogent. Les discussions, tantôt futiles et tantôt existentielles, s’alternent avec des captations de pièces dans lesquelles leurs problèmes parentaux s’effacent au profit de ceux de leurs avatars théâtraux. Le théâtre devient à la fois la réponse et le prolongement de la vie. De cette fiction documentée ou documentaire menteur, on ressort à la fois ravi et presque gêné d’avoir partagé d’aussi près cette intimité dont on finit par se moquer de savoir si elle est vraie ou fausse, tant elle sonne juste. Et l’envie de quitter sur la pointe des pieds, cette vie de songe…

Lola Créton
Lola Créton

Itinéraire d’une jeune comédienne : Lola Créton

Nouveau rendez-vous inauguré cette année au festival, « Itinéraire » a permis de revenir sur la carrière d’une jeune comédienne, en proposant une rétrospective de sa carrière ainsi qu’une rencontre avec le public. À seulement 22 ans, Lola Créton peut se vanter d’avoir déjà une belle carrière composée d’une dizaine de films, tous dirigés par les plus grands noms du cinéma français indépendant (Olivier Assayas, Catherine Breillat ou encore Mia Hansen-Løve). Accompagnée de la réalisatrice Dominique Cabrera et de la compositrice Béatrice Thiriet, la jeune actrice est venue présenter en avant-première son dernier film : Corniche Kennedy. Adapté d’un roman de Maylis de Kerangal (qui après l’adaptation cinématographique de Réparer les vivants a décidément le vent en poupe), le film met en scène une bande de jeunes marseillais qui domptent la peur en plongeant du haut d’une des corniches de la ville. Un beau jour débarque Suzanne (Lola Créton), jeune bourgeoise scolarisée à Marseille, bien décidée à envoyer valser toutes ses obligations et à plonger, elle aussi, tête la première. Dans ce cadre où la mort rôde, les couples se font et se défont, constamment tiraillés entre le besoin de paraître et la nécessité d’exister. Un drame existentiel qui interroge cette étrange période qu’est l’adolescence, où rien n’est vraiment sérieux et où la mort finit par s’apprivoiser.

Faire briller les étoiles de demain

Qui dit festival de cinéma dit compétition, et c’est autour d’un magnifique palmarès que se sont déroulées les différentes cérémonies de remise de prix. Citons notamment la cérémonie So French qui, à travers une sélection de courts métrages français, a donné la possibilité au public de voter pour son film préféré. Le public pictavien a ainsi salué la créativité et l’émotion de The Short Story of a Fox and a Mouse, véritable petit bijou d’animation qui n’a rien à envier aux productions professionnelles. Outre cette récompense d’une valeur de 500 euros, d’autres réalisateurs se sont vus offrir la possibilité d’un accompagnement professionnel de leurs projets, ainsi qu’une inscription à l’Agence du Court Métrage.

Contrairement à de nombreux festivals cinématographiques, le Poitiers Film Festival ne se complait pas dans l’entre soi, mais offre les clés de la réussite à de jeunes talents dont on risque fort d’entendre bientôt parler. Partage, découverte et transmission sont donc les mots clés de ce festival atypique et nécessaire, dont la notoriété ne cesse de s’amplifier.

Publik’Art adresse un grand merci à toute l’équipe du festival pour son professionnalisme, sa disponibilité et sa gentillesse. Avec un tel festival, la jeune création a décidément de beaux jours devant elle…

Une vie, adaptation très XIXe siècle du chef d’oeuvre de Maupassant

Une vie
Une vie, film de Stéphane Brizé, Copyright Diaphana Distribution

Une vie, adaptation très XIXe siècle du chef d’oeuvre de Maupassant

Une vie prend le parti de l’adaptation littérale à tous points de vue. Absence d’effets visuels, rythme lent (voire long), économie de moyens et coupures temporelles instillent un rythme digne d’un film tourné au XIXe siècle. Ce qui tombe bien, l’ouvrage de Maupassant se situe au coeur d’un monde qui s’éteint, celui de l’aristocratie de province autrefois dominante et en pleine décadence, ce que la première guerre mondiale pas si lointaine finira d’achever. Reste le destin d’une femme au destin contraire que les évènements accablent jusqu’au désespoir. Un film décrié dans les médias pour sa longueur parfois à la limite du soporifique mais qui mérite pourtant une réhabilitation. Car le film joue la carte de l’authenticité et de la profondeur des sentiments.

Un destin de femme

Maupassant brosse le portrait sans concession d’une héritière éduquée sommairement au couvent et mariée trop jeune avec un membre de la même classe sociale, un baron orphelin et en tous points convenable. Ce mariage, au début quelque peu forcé, convient très vite à Jeanne le Perthuis des Vauds avant les révélations sur la duplicité du baron. Car si les aventures extraconjugales des hommes avaient pendant longtemps bénéficié d’une langue de bois généralisée, les temps commençaient à changer. Et la surprotégée héritière réagit au diapason de sa sensibilité à fleur de peau. Sa vie commence à basculer avec une avalanche de drames, tant personnels que financiers. Le film ne la ménage pas, la faisant glisser petit à petit jusqu’à l’aigreur la plus noire.

Un casting haut de gamme

Le film surprend par un choix de mise en scène au classicisme forcené, faisant ressortir de manière éclatante la langueur de toute une époque. Parties de carte, jeux de société, jardinage et activités de plein air remplissent un quotidien indolent où l’ennui prend le pas sur la passion. Pour rendre compte de cette époque charnière de la civilisation occidentale, le réalisateur de l’acclamé La loi du marché fait évoluer un casting 3 étoiles. La jeune Judith Chemla à la croisée des chemins entre Juliette Binoche et Mélanie Laurent évolue avec les veilles gloires Jean-Pierre Darroussin et Yolande Moreau, ainsi qu’avec les jeunes pousses déjà reconnus Finnegan Oldfield et Swann Arlaud. Retenue et sobriété priment dans cette adaptation si fidèle à l’oeuvre du génial écrivain qu’il est difficile de rester insensible. Amateurs de cinéma contemporain, je vous recommande de passer votre chemin. Ce film est d’un classicisme qui concoure à son charme. Le warning est clair mais ne réduit en rien la qualité du film.

Une vie n’a pas convaincu la critique, hypothéquant quelque peu son succès public. A tort, ses qualités sont nombreuses et ce film mérite de s’inscrire dans la longue lignée des adaptations romanesques de qualité.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]


uv Normandie, 1819. A peine sortie du couvent où elle a fait ses études, Jeanne Le Perthuis des Vauds, jeune femme trop protégée et encore pleine des rêves de l’enfance, se marie avec Julien de Lamare. Très vite, il se révèle pingre, brutal et volage. Les illusions de Jeanne commencent alors peu à peu à s’envoler.

Sortie : le 23 novembre 2016
Durée : 1h59
Réalisateur : Stéphane Brizé
Avec : Judith ChemlaJean-Pierre DarroussinYolande Moreau
Genre : Drame

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Intense moment d’émotion devant La femme comme champ de bataille à la Contrescarpe

La Femme comme champ de bataille
La Femme comme champ de bataille, Théâtre de la Contrescarpe, texte de Matei Visniec

Intense moment d’émotion devant La femme comme champ de bataille à la Contrescarpe

Deux femmes affrontent les démons du passé dans une pièce qui bouscule les spectateurs. Le duo d’actrices subjugue avec son intensité autant que son honnêteté. La douleur de l’une contamine les certitudes de la seconde dans une réflexion subtile quant à la fragilité tapie en chacun de nous. La pièce offre une réflexion fascinante sur ce qui construit l’espoir et la volonté de vivre malgré les épreuves.

La douleur de survivre à l’horreur

Dorra est une victime de la guerre en Yougoslavie. Elle est suivie par Kate, une psychologue américaine chargée de l’écouter et de l’arracher à sa prostration. La pièce ouvre une lucarne sur une guerre hyper médiatisée en occident mais loin pourtant d’avoir révélé au grand jour toutes ses zones d’ombre. Pendant que les hommes combattaient, les victimes s’accumulaient de tous côtés, les exactions se multipliaient et les femmes étaient en première ligne. La psychologue d’abord pleine de certitudes bascule dans la tourmente au contact de la victime. La mise en scène sommaire joue sur un rythme graduel et des intermèdes laissant la salle plongée dans le noir. Pendant que les 2 personnages font des bonds temporels, des sons stridents – cris, bruits de moteur, armes rechargées – plongent la salle dans l’expectative et font monter la tension.

Une subtile inversion des rôles

La pièce fonctionne sur un mode surprenant. La psychologue plonge peu à peu dans le doute tandis que la victime se reconstruit en parallèle, comme si la force de l’une changeait de corps pour permettre la remontée à la surface de la seconde. Les descriptions de sévices restent elliptiques, les mots prennent moins de place que les postures et faciès des actrices. Leur jeu prend toute la place et hypnotise tout du long. Le drame de la guerre tourmente les personnages jusqu’à interpeller l’audience. La force nécessaire pour continuer à vivre semble un obstacle insurmontable et pourtant la vie doit bien continuer… Le sentiment final renvoie avant tout aux prestations remarquables d’actrices habitées par leurs rôles. Tant d’implication force le respect de toute l’audience et les applaudissements finaux les saluent fort justement.

Si la pièce est éprouvante et renvoie souvent aux tréfonds de l’âme humaine, elle n’est pas dénuée d’espoirs. L’aube ressurgit toujours après la nuit la plus noire, de quoi méditer longuement sur ce moment de théâtre puissant.

Dates :  du 10 novembre au 29 décembre 2016
Lieu : Théâtre de la Contrescarpe (Paris)
Metteur en scène : Bea Gerzsenyi
Avec : Cécile Durand et Dimitra Kontou

Papa ou maman 2 de Martin Bourboulon : le divorce ne les a pas calmés !

Papa ou maman 2 de Martin Bourboulon
Copyright Tibo & Anouchka / 2016 – CHAPTER 2 – PATHÉ PRODUCTION – M6 FILMS – NEXUS FACTORY – UMEDIA – FARGO FILMS

 

Papa ou maman 2 de Martin Bourboulon : le divorce ne les a pas calmés !

Trois millions de spectateurs, un chiffre dont les réalisateurs rêvent nuit et jour. Un espoir devenu une réalité imprévisible et méritée pour le premier film de Martin Bourboulon, Papa ou maman, une comédie « divortialo-familiale » où tout est permis surtout le pire mais avec humour, toujours. Le film dénotait par son comique singulier, vif, irrévérencieux, politiquement carrément incorrect et même sadique. Trois millions de spectateurs… Evidemment, la tentation d’une suite était grande, il y a cédé ! Deux ans plus tard sort Papa ou maman 2. Scénaristes, réalisateur, acteurs, l’équipe n’a presque pas changé : la recette est-elle toujours aussi bonne ?

Papa ou maman : le retour d’un duo de choc

Vincent (Laurent Lafitte) et Florence (Marina Foïs) ont si bien consommé leur amour qu’il n’en reste plus rien que du fiel et du ressentiment ! Il est grand temps de divorcer. Mais aucun ne voulant sacrifier la liberté qu’ils veulent retrouver en se quittant, ils usent des pires stratagèmes pour se refourguer la garde des enfants. S’ils arrivent finalement à résoudre leur désaccord, ils ne peuvent s’empêcher de faire un quatrième enfant au passage. Décidément, ils ne savent pas ce qu’ils veulent…

Papa ou maman 2 nous transporte deux ans plus tard : Vincent et Florence ont enfin trouvé un équilibre. Chacun sa maison, chacun son chien, chacun son nouveau conjoint… Certes, Jean-Pierre et Jean-Luc, leurs chiens, sont strictement identiques et leurs nouveaux foyers sont nez-à-nez mais tout va bien, non ? Pas tout à fait : la mèche de leur folie va se rallumer, la guerre est de nouveau déclarée !

Toute la force du film réside dans son duo. Chacun est l’élément déclencheur de la folie de l’autre et, ensemble, ils atteignent des sommets d’enfantillages et de « bargeries ». Il faut dire que Vincent et Florence sont les mêmes : égoïstes, irresponsables, puérils et menteurs ; cela ne doit pas être facile de s’avoir en face de soi, de constater ses défauts dans l’autre mais, en même temps, comment s’en passer. Marina Foïs et Laurent Lafitte sont hilarants dans ce rôle de couple décalé comme si l’amitié qui les liait dans la vie avait débordé à l’écran pour créer une belle complicité de jeu. Quant à Béné (Sara Giraudeau) et Edouard (Jonathan Cohen), leurs nouveaux conjoints, ils rajoutent une petite touche d’ingénuité et de fraîcheur très agréable au film.

Papa ou maman 2 - Marina Foïs et Laurent Lafitte
Copyright Tibo & Anouchka / 2016 – CHAPTER 2 – PATHÉ PRODUCTION – M6 FILMS – NEXUS FACTORY – UMEDIA – FARGO FILMS

Une comédie déjantée qui va toujours plus loin

Complétement loufoque avec une bonne dose de comique de situation

Si la situation dans ce deuxième volet a évolué, l’humour est resté le même : complétement loufoque avec une bonne dose de comique de situation et une surenchère vengeresse délirante. C’est ultra-efficace, dans la salle les éclats de rire sont fréquents. Sans se réinventer, cette comédie reste unique en son genre dans le paysage cinématographique français par son style et par son rythme. Mais justement, Martin Bourboulon fait carburer son film à 300 à l’heure au risque d’empêcher toute aération. Du coup, c’est comme si on mangeait une raclette, c’est délicieux mais si, entre deux patates au fromage fondu on ne prend pas le temps d’avaler, ça devient lourd et indigeste. Papa et maman 2 flirte avec ce problème digestif parce que le film hyper-rythmé ne nous autorise aucune pause pour encaisser le nombre phénoménal de vannes débitées à la minute par ces deux énergumènes parentaux.

Par ailleurs, le ressort de la surenchère se grippe par excès : au fur et à mesure des séquences, on perd en crédibilité ce qu’on gagne en folie. Il faut toujours aller plus loin alors, on finit par aller trop loin… Ainsi, la scène finale est une course poursuite déjantée qui fait s’esclaffer mais qui n’a pas beaucoup de sens. La comédie a doucement pris le pas sur la vie.

Finalement, on a envie de fragmenter le film pour le diffuser le soir sur M6 à la place de Scènes de ménage. Le format court semble plus approprié.

Le premier volet de Papa ou maman a notre préférence mais celui-ci est loin d’être décevant ! A voir en salles à partir du 7 décembre.

 

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]


Papa ou maman 2 affiche Deux ans ont passé. Après avoir raté leur séparation, les Leroy semblent parfaitement réussir leur divorce. Mais l’apparition de deux nouveaux amoureux dans la vie de Vincent et de Florence va mettre le feu aux poudres. Le match entre les ex-époux reprend.

Sortie : le 07 décembre 2016
Durée : 1h26
Réalisateur : Martin Bourboulon
Avec : Laurent Lafitte, Marina Foïs, Sara Giraudeau, Jonathan Cohen
Genre : Comédie

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Gotlib, le dessinateur et humoriste est mort à 82 ans

Gotlib

Gotlib, le dessinateur et humoriste est mort à 82 ans

Gotlib était l’une des figures les plus incontournables du monde de la BD humoristique. Il avait créé des personnages cultes comme Gai-Luron. Il est mort ce dimanche 4 décembre à l’âge de 82 ans. Dans les années 70, Marcel Gottlieb avait lancé deux mensuels encore très populaires aujourd’hui : L’Echo des savanes et Fluides Glacial.

Les éditions Dargaud ne manquent pas de préciser que « Les millions de lecteurs ayant appris à rire dans les pages de Rubrique-à-brac, des Dingodossiers ou de Gai-Luron perdent un humoriste fascinant, un dessinateur virtuose, un touche-à-tout iconoclaste et un ami cher qui parvenait à provoquer le rire à la moindre de ses pages« .

Bon vent Maître Gotlib !

Gotlib
Gotlib en 2011

Jiří Kylian ou l’esthète et penseur de la danse de notre époque

Jiri Kylian ou l'esthète et penseur de la danse de notre époque

Jiří Kylián : Bella Figura
© Laurent Philippe – Opéra national de Paris

Jiří Kylian ou l’esthète et penseur de la danse de notre époque

Le maître tchèque Jiří Kylian – dont les chorégraphies font preuve d’un vocabulaire aussi éclectique que personnel, imprimant à la fois une épure, une intériorité, une sensualité et une esthétique formelle – est à l’honneur à l’Opéra Garnier avec trois ballets emblématiques. Une soirée envoûtante.

Une reprise de 1995, « Bella Figura », inscrite au répertoire du ballet de l’Opéra de Paris depuis 2001 qui se joue des codes de la théâtralité entre la fiction de la scène et le réel, ainsi que deux nouvelles entrées : « Tar and Feathers », sur un concerto pour piano de Mozart, ainsi que « Symphony of Psalms », sur la partition d’Igor Stravinsky sont donc au programme.

La première pièce est une ode à la représentation des corps et à la déchirante complexité des rapports humains. Trois couples de solistes y font et défont les différentes figures de leurs relations : de l’attraction à la possession, de la domination au partage réconcilié.

Leurs apparitions sont entrecoupées d’une des plus hypnotiques et énigmatiques scènes d’ensemble, dans laquelle un troublant bataillon de torses nus terminés par de longues jupes rouge sang se livre à une danse d’inspiration rituelle, habitée d’une insolente sensualité.

Sur des musiques de Torelli, Vivaldi ou Pergolèse, les danseurs du ballet s’emparent avec aisance de la chorégraphie et de sa matière composite.

Avec “Tar and Feathers” qui suit dans la programmation s’explore l’insoutenable légèreté de l’être, dans une esthétique entre chien et loup aux prises entre la plume de Mozart et le goudron de la musique dissonante d’un piano monté sur échasses, interprétée par le doigté emporté de Tomoko Mukaiyama.

Cette pièce de 2006 est inspirée par l’ultime poème de Samuel Beckett et se déploie sur les dualités de la vie, entre ombre et lumière, le bien et le mal, la gravité et la légèreté de nos existences.

La soirée se clôt avec « Symphonie de psaumes » un grand classique du chorégraphe créé en 1978 pour le Nederlands Dans Theater.

[…] Une traversée dansante qui en appelle au corps et à l’esprit dans une harmonie totale […]

Des tapis orientaux sont suspendus en fond de scène. Leurs motifs géométriques ont pour le chorégraphe un sens spirituel, voire divin, en accord avec les psaumes d’origine biblique de Stravinsky, écrits à l’origine pour des choeurs d’enfants.

Le ballet fait la part belle aux grands ensembles (16 danseurs) qui occupent sans relâche la scène et célèbre le groupe et l’individu, la force et la faiblesse.

Les figures collectives et très investies alternent avec des duos d’une rare intensité où deux danseurs s’étreignent et se rejoignent dans une célébration spirituelle et triomphante.

Une traversée dansante en trois ballets qui en appelle au corps et à l’esprit dans une harmonie totale.

Dates : du 29 novembre au 31 décembre 2016 l Lieu Palais Garnier (Paris)
Chorégraphe : Jiří Kylian

Rien que nous, un livre étonnant de Kristin Halbrook (Albin Michel)

Kristin Halbrook
Kristin Halbrook © babelio.com

Rien que nous, un livre étonnant de Kristin Halbrook (Albin Michel)

Dans Rien que nous, on découvre l’histoire bouleversante de Will et Zoé, deux adolescents livrés à eux-mêmes, abandonnés par le système. Will a été transporté de foyer en foyer jusqu’à atteindre finalement ses dix-huit ans, et avoir été jeté dehors.

Le scénario

Il décide alors de s’enfuir avec Zoé, sa petite-amie, à qui il rêve d’offrir une vie digne de ce nom. Zoé a quinze ans et vit seule avec son père, alcoolique, depuis la mort de sa mère. Leurs deux avenirs sont compromis et tous deux ont une vie qu’ils n’ont rien fait pour avoir.
Ils s’enfuient alors et commence un road-trip qui les entraîne de mésaventure en mésaventure. L’histoire est écrite à la perfection, l’auteure nous transmet toutes les émotions de ces deux personnages hauts en couleur avec une précision incroyable, si bien qu’on a l’impression de faire partie du voyage.

Les adolescents au coeur du roman

Les personnages créés par Kristin Halbrook, Zoé et Will, attirent instantanément l’empathie et la sympathie du lecteur. Ces deux adolescents n’ont rien fait pour cette vie sans avenir, et ils ne peuvent pas non plus aller chercher la vie qu’ils méritent, tout le monde leur met des bâtons dans les roues. Zoé est mineure, leur fugue apparaît aux yeux du monde comme un enlèvement, un kidnapping. Eux qui rêvaient d’un avenir meilleur se retrouvent en plein cauchemar.

Rien que nous n’est pas juste une romance, c’est un appel au secours pour tous ceux qui, comme Zoé et Will, rêvent simplement d’avoir le droit d’être heureux. D’autres personnages secondaires font partie du roman mais l’histoire est centrée sur Zoé et Will.
On ressort de Rien que nous bouleversé, sans trop savoir quoi en penser. Je m’attendais à lire une petite histoire d’amour sans trop d’émotion, je n’aurais pas pu plus me tromper. Kristin Halbrook m’a bluffée, du début à la fin. J’ai accroché dès la première page pour ne lâcher le roman qu’à la dernière.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Rien que nous, de Kristin Halbrook Zoé, quinze ans, vit seule avec son père depuis la mort de sa mère. Alcoolique et violent, ce dernier est incapable de s’occuper de sa fille. Will, dix-huit ans, rêve d’arracher celle qu’il aime à ce quotidien triste et sans avenir. Une nuit, après s’être battu avec le père de Zoé, Will emmène la jeune fille, et ensemble, ils décident de tout laisser derrière eux. Ils prennent la route, direction Las Vegas, avec un rêve un peu fou : s’y marier et être heureux, simplement. Mais la police est à leurs trousses et Will ne tardera pas à avoir des ennuis. Entre les deux amoureux, la tension monte et ils vont réaliser que les rêves, même les plus doux, doivent avoir une fin…

Date de parution : 2013
Auteur : Kristin Halbrook
Editeur : Albin Michel Jeunesse
Prix : 13,90 € (336 pages)
Acheter sur : Amazon

Swagger donne la parole à la jeunesse française

Swagger
Swagger, film de Olivier Badinet, Copyright Faro / Kidam / Mathematic / Carnibird

Swagger donne la parole à la jeunesse française

Swagger offre une parole inédite à la jeunesse d’une banlieues de Paris stigmatisée dans tous les médias nationaux. Aulnay sous Bois, ses barres HLM, ses habitants chamarrés, ses trafics et ses gros titres. Pourtant des habitants y vivent avec leurs espoirs et leurs rêves. Une dizaine de pré-adolescents entre 11 et 13 ans ont la parole et ravissent avec leurs points de vue à mi-chemin entre l’âge adulte pas si lointain et une enfance qui les retient encore dans ses filets. Difficile de ne pas s’enthousiasmer pour cette parole à la fois libre et dénuée de faux semblants. Car ils sont français et le clament haut et fort.

Une mise en scène entre documentaire et scénarisation

Olivier Badinet ne laisse pas trainer sa caméra impunément, on sent une direction d’acteurs pour faire ressortir toute la complexité de ces jeunes à la fois timides et téméraires. S’ils débutent souvent en s’emmêlant les pinceaux et en hésitant, ils font vite preuve d’à propos. Interrogés sur leurs racines, la religion, leur avenir, l’amour et leur quotidien, ils s’étonnent de l’absence de français de souches dans leur banlieue, inconscients des mouvements de migration historiques du département. Le 9-3 est historiquement une terre prolétaire et c’était des jeunes issus des classes ouvrières et des immigration européennes et maghrébines qui les précédaient. A chaque génération, l’ascension sociale fait remplacer les populations « historiques » par de nouvelles. Ce sont maintenant des familles venues d’Afrique qui sont en majorité. Celles venues pour réaliser les basses oeuvres – nécessaires, rémunérées et fondatrices – entretenir leurs familles et tenter d’offrir le meilleur.

Une jeunesse diverse et dynamique

Le réalisateur ne passe sous silence ni les trafics ni les fréquents échauffourées avec la police. Le groupe de jeunes choisi pour servir de fil rouge au documentaire admet des éléments certainement triés pour leurs avis pertinents sur leur vie. Entre ceux qui se destinent à une carrière d’architecte, de styliste ou de médecin, ces jeunes ont des étoiles dans les yeux. Quelques images éparses montrent des profs impliqués et désireux d’ouvrir ces jeunes si fragiles sur le monde qui les entoure. Le béton a beau être omniprésent, des perruches et des faucons font s’extasier ceux qui lèvent les yeux. Eux-aussi ont le droit, voire le devoir, d’ouvrir leur esprit et de rêver à Paris, à une carrière et à l’amour. L’avenir n’est pas bouché pour ceux qui s’en donnent la peine en s’éloignant des sirènes de l’argent facile, et illégal.

Un documentaire comme une lucarne ouverte sur une partie de la population français trop souvent passée sous silence. Insuffisamment médiatisé, Swagger (les fanfarons en français) bénéficie pourtant de spectateurs nombreux à chaque séance, preuve de l’envie de beaucoup de s’éloigner de l’ostracisme proposé par les médias nationaux. Une bonne manière d’ouvrir son esprit.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]


sw2Swagger nous transporte dans la tête de onze enfants et adolescents aux personnalités surprenantes, qui grandissent au coeur des cités les plus défavorisées de France. Le film nous montre le monde à travers leurs regards singuliers et inattendus, leurs réflexions drôles et percutantes. En déployant une mosaïque de rencontres et en mélangeant les genres, jusqu’à la comédie musicale et la science-fiction, Swagger donne vie aux propos et aux fantasmes de ces enfants d’Aulnay et de Sevran. Car, malgré les difficultés de leur vie, ils ont des rêves et de l’ambition. Et ça, personne ne leur enlèvera.

Sortie : le 16 novembre 2016
Durée : 1h24
Réalisateur : Olivier Badinet

Avec : Aïssatou DiaMariyama DialloAbou Fofana
Genre : Documentaire

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Rocco ou la psychanalyse (forcée?) d’une icône du porno

Rocco
Rocco, film de Thierry Demaizière et Alban Teurlai

Rocco ou la psychanalyse (forcée?) d’une icône du porno

On ne présente plus Rocco Siffredi. Son image d’acteur à la plastique avantageuse et aux performances répétées est sortie du cadre du X pour infiltrer la sphère publique jusque dans les médias traditionnels qui l’ont érigé en icône virile absolue. L’acteur italien polyglotte évoque dans ce documentaire son métier et ses démons, passant de l’un à l’autre sans sas de décompression. Sa parole alterne avec les commentaires de ses proches et des scènes, certes subtilement escamotées, mais qui donnent une idée assez précise de son quotidien. Le déballage intime se veut sans concession mais met finalement mal à l’aise. La frontière entre la confession honnête et le spectacle chorégraphié est difficile à discerner, la faute à une plongée dans l’univers du X qui mélange (complaisamment?) full frontal et psychologie, interrogeant surtout sur la schizophrénie de cet univers.

Un acteur XXL

Des centaines de films, des milliers de partenaires et une fortune confortable ont construit la légende d’un acteur devenu une institution. Rocco Siffredi explique par le détail son obsession du X, n’éludant pas des détails scabreux qui interrogent sur ce qui relèverait presque de la pathologie. Pour durer aussi longtemps dans un milieu connu pour sa dureté,  il a choisi de laisser libre cours à ses pulsions devant la caméra tout en restant un homme amoureux de sa femme et équilibré (?) en dehors des écrans. Tandis qu’il décide de clore en beauté sa carrière avec un dernier film testament, les réalisateurs l’accompagnent de la Californie à la Hongrie en passant par l’Italie et la France pour cerner le mystère Siffredi.

Une psychothérapie pompeuse

Le film ne peut éviter de montrer l’objet du délit, ce membre proéminent à l’origine de sa légende et de sa malédiction. Car l’acteur parle de démons et de malédiction pour expliquer son destin, ne cachant pas sa violence viscérale et sa volonté d’abroger les limites avec ses partenaires. Le documentaire choisit néanmoins d’en montrer le moins possible, n’évitant certes pas l’interdiction au moins de 16 ans mais ne versant que rarement dans le déballage scabreux. Mais il faut bien le reconnaitre, il est avant tout question de films pour adultes, pas de poésie. Donner la parole à un acteur qui enchaine plus les performances physiques que les dialogues d’auteur a quelque chose d’incongru. Comme si à force de ne jamais trop en dire, il se sentait obligé de casser son image. Son cousin réalisateur est roulé dans la gadoue de manière continue et sa femme respecte son besoin d’expression physique insatiable. Est-ce suffisant pour légitimer un documentaire parfois à la limite du supportable avec ces actrices qui déclarent assumer leur indépendance tout en étant livrées au plaisir masculin? Les discussions sur la dialectique maitrise/servitude laissent songeur, interrogeant encore et toujours sur la part de refus psychologique de leur destin.

Le documentaire n’est pas à une contradiction près et aurait pu se contenter d’un déballage verbeux plutôt que plonger si complaisamment dans un univers pas si rose que ça. Sans cacher la croix de son destin d’obsédé sexuel, Rocco évolue entre ombre et lumière pour un moment de vérité qui laisse sceptique.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Rocco
Rocco

Rocco Siffredi est à la pornographie ce que Mike Tyson est à la boxe : une légende vivante. Sa mère aurait voulu qu’il soit curé, il est devenu acteur porno avec sa bénédiction, consacrant sa vie à un seul dieu : le Désir.
En trente ans de métier, Rocco Siffredi aura visité tous les fantasmes de l’âme humaine et se sera prêté à toutes les transgressions. Hardeur au destin exceptionnel, Rocco plonge dans les abîmes de son addiction au sexe et affronte ses démons dans ce documentaire en forme d’introspection. Le moment est aussi venu, pour le monstre sacré du sexe, de raccrocher les gants.
Pour tourner la dernière scène de sa carrière, Rocco a choisi ce documentaire. Une galerie de personnages – famille, amis, partenaires et professionnels du porno – l’accompagne jusqu’à cette sortie de scène spectaculaire.
Des repas de famille à Budapest aux tournages de films pornographiques à Los Angeles, des ruelles italiennes d’Ortona aux villas américaines de la Porn Valley, le film déroule l’histoire d’une vie hantée par le désir et révèle en filigrane les coulisses du X, derrière le scandale et l’apparente obscénité.
À l’heure où la pornographie sort de la clandestinité, envahit le cinéma traditionnel, la mode et l’art contemporain, c’est un univers à part entière, filmé au plus près, qui se dévoile à travers le parcours de Rocco Siffredi.

Sortie : le 30 novembre 2016
Durée : 1h43
Réalisateur : Thierry Demaizière, Alban Teurlai
Avec : Rocco Siffredi, Rozsa TanoGabriele Galetta
Genre : Documentaire

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Génie la folle, ou un cri d’amour d’une fille envers sa mère (Denoël)

Inès Cagnati
Inès Cagnati © rts.ch

Génie la folle, ou un cri d’amour d’une fille envers sa mère (Denoël)

Génie la folle est déjà paru aux Editions Denoël en 1976. Dès sa sortie, il a reçu le Prix des Deux Magots. Il vient d’être réédité par ce même éditeur et ce, pour notre plus grand bonheur ! Inès Cagnati était professeur de lettres et a écrit de nombreux romans et nouvelles. Elle est décédée en 2007.

Histoire

Inès Cagnati avec Génie la folle donne la parole à une petite fille, Marie. L’histoire est très simple : Marie court après sa mère et aimerait tellement lui crier son amour. Mais sa mère semble sourde…
Mais sans vraiment comprendre la situation, Marie comprend qu’elle ne doit pas importuner sa mère. La situation de Marie et de sa mère, Eugénie, dite Génie la folle, est quasi inhumaine. La famille d’Eugénie l’a rejetée le jour où elle a su qu’elle était enceinte. Du coup, Eugénie est partie et se débrouille complètement seule pour élever sa petite fille. Elle fait toutes sortes de travaux des champs, à la ferme, dans les cuisines… Elle s’épuise, son regard est vide, elle ne parle pas ou très peu. Et Marie est en permanence en attente d’un geste de sa mère, d’un mot, d’une parole ou même d’un simple regard… Souvent l’auteur répète les mêmes phrases, les mêmes actions, pour alourdir encore la situation, l’absurdité de la vie d’Eugénie et du coup de celle de sa fille. Si la mère n’aime pas sa fille, on se doute bien du pourquoi, mais ça n’empêche pas la fille d’adorer sa mère et d’être en permanence en quête d’une preuve d’amour ! C’en est bouleversant. A tout moment, la petite Marie craint d’être abandonnée par sa mère. Et en même temps, elle aimerait tellement lui redonner le sourire.

Maternité et amour, pas une évidence

Bien sûr, l’ambiance est lourde, triste, mais l’écriture est d’une telle justesse, d’une telle simplicité qu’elle rend les personnages attachants. La lecture en est souvent bouleversante.
Génie la folle aborde des thèmes tellement durs, mais tellement vrais, que lire ce livre est presque une obligation en ce jour où on parle beaucoup de violences faites aux femmes. D’une part, la femme est au cœur même du récit, la femme maltraitée qui n’a pas droit de se plaindre, et ensuite, Inès Cagnati analyse avec finesse les rapports mère-fille ou plus exactement fille-mère, la mère ayant des grosses souffrances affectives. Beaucoup de non-dits, entre les mots, comme les silences de la mère face à sa fille. On imagine le pourquoi du comment tout au long du livre.

Le malheur rend prisonnier et ce, sur plusieurs générations… Mais le silence domine… Et le malheur s’acharne encore et encore comme si ça ne suffisait jamais… Pas de happy end dans Génie la folle
Un très beau livre, au style répétitif, comme le malheur. Sans échappatoire.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Génie la folleMarie, la petite bâtarde, parle de sa mère.
Sa mère, c’est Génie la Folle, cette fille de bonne famille qui, rejetée, s’est faite domestique agricole. Sa mère, c’est ce mutisme terrible opposé à tout et à tous, à la méchanceté, à la ladrerie, à l’indifférence. C’est le mystère de cette ombre silencieuse que Marie poursuit de son amour passionné et pathétique, que Marie attend sans fin, le soir, rêvant de l’emmener loin, là où de nouveau elle pourra rire.
La petite Marie parle de sa mère . Malgré cette vie semée de malheurs et parce qu’elle a appris à tout transformer en amour, c’est un tableau non seulement intense, fort et poignant, mais d’une beauté presque terrifiante qui consacre le talent de l’auteur du Jour de congé.

Date de parution : octobre 2016
Auteur : Inès Cagnati
Editeur : Denoël
Prix : 15 € (240 pages)
Acheter sur : Amazon

Oppression : Naomi Watts plus terrifiée que jamais (extraits & BA)

Oppression
Oppression – Photo : Naomi Watts

Oppression : Naomi Watts plus terrifiée que jamais (extraits & BA)

Thriller aux accents horrifiques prononcés, Oppression sort au cinéma mercredi 30 novembre et met en scène une veuve qui vit seule dans une grande maison paumée au milieu de nulle part. Pédopsychiatre, elle sombre peu à peu dans la folie, en proie à des hallucinations qui lui font revoir un de ses jeunes patients disparus… La suite, on vous laisse la découvrir dans les vidéos ci-dessous 😉

La bande-annonce laisse présager une bonne dose de paranoïa servie en premier plan par une Naomi Watts terrorisée. Elle donne la réplique à Jacob Tremblay (Room) dans le rôle du petit disparu. A noter les présences au casting de l’excellent Oliver Platt (The Big C) mais aussi de Charlie Heaton (Stranger Things)

Avant d’avoir réalisé Oppression, Farren Blackburn était surtout connu pour avoir signé la réalisation de séries télé dont les plus célèbres sont Doctor Who ou encore Daredevil. Ce premier film au cinéma n’est donc pas non plus l’oeuvre d’un débutant.

Bref, si vous avez peur du noir, n’allez pas voir Oppression !

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

OppressionInterdit aux moins de 12 ans
Depuis le décès de son époux, Mary, pédopsychiatre, vit seule avec son beau-fils dans un chalet isolé de la Nouvelle-Angleterre. À l’approche d’une violente tempête de neige, Tom, l’un de ses jeunes patients, est porté disparu. Mary, tout à coup sujette à des hallucinations et prise de paranoïa, est bien décidée à retrouver le jeune garçon avant qu’il ne disparaisse à jamais.

Date de sortie: le 30 novembre 2016
Durée : 1h30
Réalisateur :  Farren Blackburn
Avec : Naomi Watts, Jacob Tremblay, Oliver Platt

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

[vc_text_separator title= »EXTRAITS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]


A LIRE