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Spectre : le nouveau générique de James Bond signé Sam Smith

Spectre James Bond

James Bond : Spectre en musique ça donne ça !

Après Adèle (Skyfall) c’est au tour de Sam Smith d’explorer l’univers de James Bond pour le vingt-quatrième volet de la saga : Spectre, attendu dans quelques semaines. Le titre, Writing’s on the Wall, vient d’être dévoilé ce matin. Il est d’ores et déjà disponible à l’écoute sur Spotify. Accompagné de violons, le chanteur fait la démonstration de la puissance de sa voix dans un air qu’il décrit lui-même comme « du classique, avec beaucoup de drame et d’orchestre« . A découvrir !

Sortie : le 11 novembre 2015
Durée : inconnue
Réalisateur : Sam Mendes
Avec : Daniel Craig, Léa Seydoux, Monica Bellucci, Christopher Waltz.

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Un message cryptique venu tout droit de son passé pousse Bond à enquêter sur une sinistre organisation. Alors que M affronte une tempête politique pour que les services secrets puissent continuer à opérer, Bond s’échine à révéler la terrible vérité derrière… le Spectre.

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Dealer : bande annonce choc et BO inspirée en livraison expresse !

Dealer film

Dealer, bienvenue à Cocoland !

Premier film de Jean-Luc Herbulot, Dealer est un film choc, « néo-noir » qui met en scène le nihilisme moderne à travers un personnage qui détruit tout autour de lui. Un trafiquant de drogues interprété par Dan Bronchinson, qui est ici acteur, producteur du film mais aussi celui dont la vie a inspiré cette histoire sombre et violente. Un film à découvrir directement dans votre salon dès le mois prochain (sortie digitale). On découvre la bande annonce et un extrait de la BO ci-dessous.

Sortie : le 1er octobre 2015
Durée : 1h15
Réalisateur : Jean-Luc Herbulot
Avec : Dan Bronchinson, Elsa Madeleine, Salem Kali

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Dan (Dan Bronchinson), un trafiquant de drogue à la petite semaine, rêve de partir en Australie avec sa fille afin de devenir pâtissier. Quand son plus fidèle client lui demande en pleine Fashion Week un kilo de cocaïne contre une belle petite somme, il va à l’encontre de ses principes et accepte l’offre. Ce qui semblait un dernier coup facile devient vite une descente aux enfers où Dan devra lutter pour garder sa fille et son ex-femme en vie.

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[vc_custom_heading text= »Extrait de la BO (« Follow the Rabbit« ) : » font_container= »tag:h6|text_align:left|color:%23337ebf » google_fonts= »font_family:Lobster%3Aregular|font_style:400%20regular%3A400%3Anormal »]

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Star Wars VII – Le Réveil de la Force : visite à 360° de la planète Jakku en vidéo !

Star Wars VII - Le Réveil de la Force - Jakku

Star Wars VII – Le Réveil de la Force : visite de la planète Jakku !

Alors qu’on approche à grands pas de la sortie en salle de l’évènement de cette fin d’année, Star Wars VII – Le Réveil de la Force, le compte Facebook du film propose une nouvelle vidéo pour faire un petit tour sur la planète Jakku. Une vision à 360° est proposée. Amusez-vous avec votre souris, c’est vous qui êtes aux commandes !

Sortie : le 16 décembre 2015
Durée : inconnue
Réalisateur : J.J. Abrams
Avec : Daisy Ridley, John Boyega, Oscar Isaac, Adam Driver, Harrison Ford

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Dans une galaxie lointaine, très lointaine, un nouvel épisode de la saga « Star Wars », 30 ans après les événements du « Retour du Jedi ».

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Star Wars: The Force Awakens Immersive 360 Experience

Speed across the Jakku desert from Star Wars: The Force Awakens with this immersive 360 experience created exclusively for Facebook.

Posted by Star Wars on mercredi 23 septembre 2015

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Vidéo : We Are Blood réunit les meilleurs skaters autour du monde

Voici deux jolis teasers qui font la promo du nouveau film de skate du moment, We Are Blood. Avec des grandes figures du milieu comme Paul Rodriguez, le film propose un tour du monde sur grip. Réalisé par les équipes de The Art Of Flight et Pretty Sweet, le film nous fait voyager à Dubai, à Barcelone, aux Etats-Unis ou encore au Brésil dans les meilleures conditions ! Et les idées ne manquent pas pour pousser les limites du skateboard toujours plus loin.

We Are Blood évoque ainsi les blessures de guerre que tous les skaters ont en commun. Et en faisant ce tour du monde, on s’aperçoit combien la langue de ce sport est universelle.

Pour en savoir plus sur le film, rendez-vous sur le site officiel de We are Blood.

Avec : Paul Rodriguez, Tiago Lemos, Chase Webb, Clint Walker, Jordan Maxham, Chris Colbourn, Clive Dixon, Jamie Thomas, Moose De Los Reyes, Theotis Beasley, Sean Malto, Boo Johnson, Omar Salazar, Nick Tucker, Torey Pudwill, Shane Oneill, Nyjah Huston, David Loy, Tommy Fynn, Oscar Meza, Manny Santiago, Rodrigo Petersen, Monica Torres, Lui Elliot, Danny Cerezini, Terry Kennedy, Wilton Souza, Keeland Dadd, Justin Schulte, Billy Davenport, Dane Vaughn, Angel Saucedo, Keelan Dadd, Forrest Edwards, Mikey Taylor, Jordan Grace, Daniel Espinoza, Bastien Salabanzi, Peter Ramondetta, Raymond Reyes, Jake Johnson, Mike Patterson, Jack Fardell, Collin Hale, Taylor Jett, Darren Harper, Tony Karr, Carlos Iqui, Tony Tave, Anthony Pappalardo, Jack Olson, Corey Glick, Dave Bachinsky, Billy Davenport, Daryl Angel, Martin Bernal, Enrique Lorenzo, Mikey Taylor, Brewce Martin, Tim Tice, Brandon Martin, Daniel Lebron, Jesus Fernandez, Jose Noro, Jose Roura, Orlando Acosta, Marcelo Formiga, Tyson Bowerbank, Vinicius Santos, Kenny Hoyle, Corey Duffel, Alex Carolino, Taylor Jett, Norman Woods, João Gabriel, Garret Hill, Kaue Costa, Ethan Mayernick, Martin Bernal, Reemo Pearson, Angel Saucedo, Tyson Bowerbank, Auby Taylor, Karim Nassar, Ryan Townley, Berronte Ramirez, Mike Rodriguez, Jordan De Oliveira, Mike Patterson, Tony Tave, Carlos Iqui, Lizard King, Aiden Campbell, Justin Brock, Mike Patterson, Jack Olson, Mikey Taylor, David Lopez, Adam Hribar, Daryl Angel, Brandon Biebel.

Au revoir là-haut, une BD de Pierre Lemaitre et Christian de Metter (Rue de Sèvres)

Au revoir là-haut

Au revoir là-haut, le prix Goncourt adapté en BD

Très beau roman primé par le prestigieux prix Goncourt en 2013, Au revoir là-haut met en scène deux vétérans de la Première Guerre, qui en porteront les stigmates à jamais. Un superbe récit adapté par son propre auteur, Pierre Lemaitre, en format BD. Un album inspiré illustré avec brio par Christian de Metter (Le sang des Valentines, Shutter Island). Lire la chronique du livre.

Date de parution : le 7 octobre 2015
Auteurs : Pierre Lemaitre (scénario) et Christian de Metter (dessin)
Editeur : Rue de Sèvres
Prix : 22,50 € (176 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

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1919. Au sortir de la guerre, la société française peine à ménager une place aux anciens poilus devenus encombrants, et les trafics les moins glorieux vont bon train. Albert Maillard, modeste comptable qui a sauvé la vie d’Édouard Péricourt, jeune fils de bonne famille, juste avant la fin des combats, tente de les faire vivre de retour à Paris. Édouard, défiguré, refuse de reprendre contact avec les siens et imagine une gigantesque arnaque à la nation pour tenter de se projeter dans une vie nouvelle, ailleurs.

[vc_custom_heading text= »Les planches de l’album : » font_container= »tag:h6|text_align:left|color:%23337ebf » google_fonts= »font_family:Lobster%3Aregular|font_style:400%20regular%3A400%3Anormal »]
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[vc_custom_heading text= »Notre avis sur l’album : » font_container= »tag:h6|text_align:left|color:%23337ebf » google_fonts= »font_family:Lobster%3Aregular|font_style:400%20regular%3A400%3Anormal »]

Sous le sifflement des balles allemandes, Edouard n’a pas hésité une seconde à porter secours à Albert, en difficulté après un tir d’obus. A peine l’avait-il sorti de son trou, qu’Edouard fut touché au visage par un gros calibre qui lui arracha la mâchoire. Albert ne lui doit pas que la vie. Issu d’une famille aisée, Edouard préférera se faire passer pour mort plutôt que la rejoindre défiguré. Albert, comptable de formation, va l’y aider. Le rude retour à la vie civile va les mettre à l’épreuve mais jamais Albert ne laissera tomber son nouvel ami. Ne trouvant pas leur place dans ce monde, ils vont échafauder une arnaque… aux monuments aux morts !

Les auteurs signent avec Au revoir là-haut une adaptation d’une intensité originelle.

Un récit empreint de poésie et de douceur et pourtant si grave. Magnifié par une tension palpable qui semble nous pousser à chaque instant au bord d’un immense précipice, le scénario jouit d’une narration minimaliste, retenue dans la pudeur d’un dessin bavard, particulièrement abouti.

Pierre Lemaitre a su en effet s’effacer au profit de la sensibilité du dessin de Christian de Metter. Un choix judicieux qui permet à cet album de prendre toute sa dimension. Le trait délicat et subtil de l’illustrateur bouleverse par sa puissance et sa sincérité.

Toute l’intention est là. Les auteurs signent avec Au revoir là-haut une adaptation d’une intensité originelle. Un coup de maîtres. Et un coup de coeur.

« Le Faiseur » d’Honoré de Balzac, mise en scène par Emmanuel Demarcy-Mota, à Paris

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© Jean-Louis Fernandez

Théâtre de la Ville – Les Abbesses du 25 septembre au 10 octobre 2015

Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre 
de la Ville, ressuscite une pièce d’Honoré de Balzac, « le Faiseur », écrite en 1848 sous le règne de Louis-Philippe mais furieusement contemporaine. Elle met à l’œuvre Auguste Mercadet (Serge Maggiani), un spéculateur aux abois qui n’en demeure pas moins affairiste, à l’imagination débordante, et vivant continuellement d’expédients. Où l’illusion du gain et son pouvoir spéculatif capables de tourner à vide font allègrement la fortune des uns et la ruine des autres.

Les comédiens sont à l’unisson dans un jeu nerveux et surréaliste où tels des pantins aux prises avec la comédie humaine, ils aspirent à sauver leur peau dans une fuite en avant sans foi ni loi

Dans son essai « Vouloir nous brûle », Barthes analysait très justement ce Faiseur comme « un créateur absolu », un ­alchimiste capable de tirer quelque chose du néant, du vide, c’est-à-dire de la dette. Et de ce vertigineux vaudeville financier, Demarcy-Mota en livre une version endiablée et décalée où sur le titre « Money » des Pink Floyd repris en boucle se scrutent implacablement les affres du bonimenteur, tricheur.

Mercadet est un homme d’affaires ruiné qui s’emploie à rassurer ses créanciers de plus en plus pressants par des conseils financiers aussi trompeurs qu’hasardeux. Pour les faire patienter, il invoque aussi un ancien associé, Godeau (comme l’autre de Samuel Beckett également attendu et qui ne viendra jamais !), parti faire fortune aux Indes et sur le point de revenir pour rembourser ses dettes.

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Et de ce vertigineux vaudeville financier, Demarcy-Mota en livre une version endiablée et décalée où sur le titre « Money » des Pink Floyd repris en boucle se scrutent implacablement les affres du bonimenteur, tricheur.

Alors qu’il est sur le point d’être saisi de tous ses biens et expulsé de son appartement, Mercadet décide de monnayer sa fille Julie, amoureuse d’un homme sans fortune, pour la marier à un riche parti : monsieur de la Brive. Cependant, le prétendant qui cultive deux identités, est encore plus endetté que son futur beau-père. Heureusement, le salut viendra du premier soupirant écarté qui se révèlera richissime grâce à une filiation révélée…

A travers le prisme de ­Mercadet, Balzac décortique avec un ton et une ironie mordante les mœurs affairistes de son époque où règnent la tromperie, le mensonge et la manipulation pour spéculer sur de fausses informations et créer artificiellement de fausses valeurs à l’instar des produits structurés toxiques d’aujourd’hui !.

Lesquelles sont source de fluctuation et de déséquilibre entre les aguerris et les naïfs, les pays pauvres et les pays riches, la dette privée et la dette souveraine, à l’instar du plateau mouvant en chausse-trapes qui tangue à l’abri des coups de semonce des marchés financiers et des ombrages humains collatéraux.

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Les comédiens sont à l’unisson dans un jeu nerveux et surréaliste où tels des pantins aux prises avec la comédie humaine, ils aspirent à sauver leur peau dans une fuite en avant sans foi ni loi.

Serge Maggiani est impressionnant en ce Faiseur désincarné par le pouvoir de l’argent et son irrépressible illusion…

Oscar 2016 : Mustang représentera la France

Mustang, un film de Deniz Gamze Ergüven

Mustang, sélectionné pour représenter la France aux Oscar 2016

Publik’Art avait eu un vrai coup de cœur pour ce film Mustang ! Donc, c’est avec beaucoup de joie que nous vous communiquons l’excellente nouvelle ! Vous pouvez lire la chronique sur Publik’Art : Mustang

Sortie en DVD : le 21 octobre 2015
Durée : 1h37
Avec : Günes Nezihe, Doga Zeynep Doguslu, Elit Iscan…

Synopsis :

C’est le début de l’été.
Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues.
La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger.
Les cinq sœurs, animées par un même désir de liberté, détournent les limites qui leur sont imposées.

Mustang, un film de Deniz Gamze ErgüvenMustang, un film de Deniz Gamze Ergüven

 

Communiqué de presse :

Oscar 2016 : Mustang représentera la France

La commission française a sélectionné le film franco-turc « Mustang » pour représenter la France. Ce dernier devra encore être sélectionné par l’Académie des Oscars pour figurer dans la catégorie du meilleur film étranger.

Mustang, présenté au dernier Festival de Cannes à la Quinzaine des réalisateurs, est l’histoire de cinq sœurs drôles et effrontées à l’âge de la puberté, dans un village du nord de la Turquie. Jugées trop libres, elles sont séquestrées par leur famille, qui décide de les marier de force au plus vite. Défendant avec fougue leur joie de vivre, elles vont faire preuve d’inventivité pour tenter de contourner les interdits, et accepter diversement leur situation

Le film a été sélectionné alors qu’il était en concurrence avec La Belle Saison de Catherine Corsini, Marguerite de Xavier Giannoli, La Loi du marché de Stéphane Brizé et surtout la Palme d’or 2015, Dheepan de Jacques Audiard.

Mustang sera disponible en DVD dès le 21 octobre prochain

Un film à voir absolument !

Les Carnets de Joann Sfar : Je t’aime ma chatte (Delcourt)


Je t'aime ma chatte

Les carnets de Joann Sfar – Je t’aime ma chatte

Après Si Dieu existe, le prolifique Joann Sfar (Donjon, Professeur Bell, Petit Vampire, Vampire, Les Olives noires, Le Chat du rabbin, Pascin ou encore Klezmer) nous livre Je t’aime ma Chatte, deuxième volet de sa trilogie cérébrale couchée sous forme de Carnets.

Date de parution : le 16 septembre 2015
Auteur : Joann Sfar (scénario et dessin)
Editeur : Delcourt
Prix : 16,95 € (224 pages)

Résumé de l’éditeur:

« Je T’aime Ma Chatte, c’est la phrase sur le sweat shirt de Priscilla. Le carnet ne parle pas que de ça, bien entendu. J’essaie de me reconstruire. Bizarrement tout ça prend de plus en plus l’aspect d’un feuilleton romantique alors que ça parle de ma vraie vie. Il y a de moins en moins de politique et on parle d’amour de plus en plus. De vrai amour ou de personnes qui le cherchent sans rien trouver »

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Notre avis sur la BD :

On oublie un peu le ton grave, happé par le choc et la sinistrose qui succédèrent à l’attentat contre Charlie Hebdo, pour recouvrer un peu de légèreté. On retrouve en effet un Joann Sfar qui tente de se reconstruire. Si ce dernier évoque encore beaucoup les questions de sociétés qui le préoccupent, il prend aussi le temps de nous conter, sans s’épargner, son aventure amoureuse. Une romance saisie sur l’instant qui adoucit un peu les moeurs, avec sa dose d’humour et sa grande sensibilité. Joann Sfar semble moins meurtri malgré les cicatrices que la vie lui a réservé, ce qui ne l’empêche pas de réfléchir encore et toujours sur le monde qui nous entoure.

Un récit qui reste sérieux et intelligent mais qui n’est pas d’une grande fluidité. On lit bien des Carnets avec la discontinuité que le cela implique. Le dessin propre à cet auteur reconnu ne se met pas non plus à la portée de tous, souffrant d’un texte envahissant sur des planches en noir et blanc. Un grand bazar parfois difficile à parcourir.

Les carnets de Joann Sfar – Je t’aime ma chatte est à réserver aux lecteurs aguerris en quête de réflexions sociétales et sentimentales. Un peu trop pour nous.

Le Temple du passé, tome 2 : une BD de Hubert et Etienne Le Roux (Ankama)

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Le Temple du passé, tome 2

Le Temple du passé t. 2 : Envol

Adapté d’un roman de Stefan Wul, Le Temple du passé est un huis clos à ciel ouvert qui met en scène deux rescapés d’un naufrage spatial luttant pour quitter la planète inhospitalière sur laquelle ils ont échoué. Sur un scénario adapté par Hubert (Petit – Les ogres-dieux, Le Legs de l’Alchimiste, Les Yeux verts, La Sirène des Pompiers, Bestioles…) et et des illustrations signées Etienne Le Roux (Aménophis IV, Le dernier voyage d’Alexandre de Humbolt), ce second tome conclusif ne déçoit pas.

Date de parution : le 21 août 2015
Auteurs : Hubert (scénario) et Etienne Le Roux (dessin)
Editeur : Ankama
Prix : 14,90 € (64 pages) 

Résumé de l’éditeur:

De tout un équipage, ils ne sont plus que deux… Échoués sur une planète inhospitalière, Jolt et Massir découvrent que leur vaisseau a été happé lors de son crash par une monstrueuse créature marine. Généticien de génie, Jolt lance le pari fou de faire muter la bête pour la contraindre à émerger. Mais si l’expérience fonctionne, que trouveront les deux hommes sur la terre ferme ? Qui captera leur signal de détresse, et quand ?

Le Temple du passé, tome 2

Le point sur l’album :

Après avoir surpris par sa capacité à prendre le contrepied des moeurs et des comportements de son époque (1957), Le Temple du passé opère son lâcher de ballons dans Envol, son second tome. S’amusant avec beaucoup de piquant avec l’attirance hétérosexuelle jugée comme contraire aux bonnes moeurs de cette dimension, le scénario met en scène ces deux hommes isolés de tout, qui vont chercher à se sortir de leur détresse spatiale. Pendant que l’un va faire naitre une nouvelle espèce télépathe redoutable, l’autre va remettre sur pied leur vaisseau. Des rôles bien répartis à l’exception de quelques détails afférents à l’affinité sexuelle.

Le temple du passé n’a pas manqué sa sortie. Un diptyque pertinent et abouti.

Mais l’auteur choisit surtout de mettre l’accent sur cette espèce créée par hasard, qui se nourrit de connaissances assimilées à grande vitesse… Ce qui pourrait bientôt représenter une menace pour nos deux spationautes. Ces derniers leur ont appris quelques rudiments, un peu comme le feu fut transmis à l’homme avant que ce dernier ne brûle la terre entière par les deux pôles.

Le scénario est particulièrement soigné dans son adaptation, méticuleux dans son découpage et sa construction, qui préparent un final réussi.

Les illustrations d’Etienne Le Roux sont réalisées avec finesse grâce à un trait d’une belle précision. La couleur met l’ensemble en valeur grâce à des contrastes assez esthétiques. On aime.

Le temple du passé n’a pas manqué sa sortie. Un diptyque pertinent et abouti.

Rayons pour Sidar, tome 2 : une BD de Valérie Mangin et Emmanuel Civiello (Ankama)

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Rayons pour sidar tome 2

Rayons pour Sidar, t. 2 : Lionel

Ce second tome de Rayons pour Sidar conclut un diptyque de qualité dont le scénario est signé Valérie Mangin (Expérience mort, Alix Senator…), adaptant l’un des chefs-d’oeuvre de Stefan Wul dont les univers ont fait l’objet d’une très belle collection aux éditions Ankama. Dans Lionel, on retrouve également la patte singulière de l’illustrateur Emmanuel Civiello (Korrigans). Pour en savoir plus, lire la chronique du tome 1.

Date de parution : le 21 août 2015
Auteurs : Valérie Mangin (scénario) et Emmanuel Civiello (dessin)
Editeur : Ankama
Prix : 13,90 € (56 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Lorrain est mort. Heureusement, il venait de retrouver Lionel, son double robotique gravement endommagé, mais vivant. Celui-ci affrontera à son tour les dangereuses créatures qui peuplent Sidar pour ramener son maître au dispensaire du Résident où il espère le ressusciter… Du moins si les Xressiens lui en laissent le temps : à peine débarqués, ils massacrent les indigènes et terrorisent les rares Terriens encore présents. Bientôt, il sera trop tard. Et si sauver Lorrain, c’était sauver Sidar ?

Rayons pour sidar tome 2

Notre avis sur l’album :

Reprenant la suite de ce récit fortement imprégné de l’histoire du colonialisme contemporain de Stefan Wul, ce second tome de Rayons pour Sidar met aussi en perspective des sujets classiques de la littérature de science-fiction, tel que le dépassement de l’homme par la machine, qui vient purement et simplement remplacer notre héros de départ mort sur le terrain. L’invasion de Sidar par les Xressiens se traduit par le massacre de toutes les espèces vivant à la surface de la planète Sidar. Mais le robot de Lorrain n’a pas dit son dernier mot et un espoir de sauvetage est encore possible.

(…) une aventure courte et intense (…)

Sans céder au spectaculaire, le récit s’adapte au format BD avec fluidité, privilégiant le temps de l’action. Le cap, fixé clairement par un scénario plutôt carré, est suivi avec un agréable sens de l’intrigue et de la synthèse.

Le dessin d’Emmanuel Civiello marque encore une fois par la puissance et l’identité particulièrement fortes qu’il tire de son inimitable couleur directe. Un style qui ne plaira pas à tout le monde mais qui n’a pas manqué de séduire en ce qui nous concerne.

Rayons pour Sidar est une aventure courte et intense, digne d’un grand récit de science-fiction. Seule ombre au tableau : très ancrée dans le genre, elle ne s’affranchit pas suffisamment de ses codes.

La pop audacieuse de Golf s’annonce en vidéo pour The Best Days Of Our Lifes

Golf - The Best Days Of Our Lifes

Sortie : le 16 octobre 2015
Producteur : Benjamin Lebeau (The Shoes)
Label : Beaucoup Music

Golf – The Best Days Of Our Lifes : l’album medley dans une vidéo qui percute !

Réalisée par Monsieur12, cette vidéo pêchue (voir ci-dessous) fait, en quelques secondes, la démonstration  du potentiel de Golf, trio parisien qui a bien l’intention de nous faire bouger jusqu’au bout de l’hiver. Antoine, Romain et Samuel nous offrent un medley prometteur où l’ambition tutoie l’audace du groupe. Balayant les canevas traditionnels d’un revers de main, ils explorent dans leur album à paraître – The Best Days Of Our Lifes –  la pop, l’électro et le rock de toutes les époques pour en faire quelque chose d’unique. Ne reste plus qu’à monter le son.

Adam Nidzgorski : l’art du lâcher prise s’expose à Cormeilles-en-Parisis

Adam Nidzgorski : l’art du lâcher prise

Peintre autodidacte, cet éducateur sportif à la retraite réinvente l’art brut. Cherchant volontairement une « déconnexion de la pensée », il produit une œuvre dépouillée, parsemée de visages aux formes simples et aux grands yeux mystérieux. A voir jusqu’au 24 octobre à Cormeilles-en-Parisis (95).

A l’image des personnages qu’il peint, son visage rond laisse toute la place à de grands yeux bleus, écarquillés et mobiles, derrière lesquelles on perçoit une vie intérieure palpitante. Adam Nidzgorski est un sensible, dirait-on.
Oui, mais refoulé dans un premier temps. Né d’immigrés polonais dans le quartier ouvrier de Cormeilles-en-Parisis, il ne côtoie ni peinture, ni livres, et il lui est interdit de devenir danseur. S’exprimant d’abord par le corps, il est devenu professeur d’éducation physique, et ne commence à manier un pinceau qu’à 30 ans.

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Sans titre – 2009

Les formes simples qui en surgissent sont incomprises: on lui reproche de dessiner comme un enfant. « On dit parfois de mes dessins qu’il n’y a pas de perspective, pas d’oreilles… mais ce sont des choses qui n’ont pas d’importance pour moi, je n’y fais pas attention. Il faut quelque chose qui m’émeut. » Il poursuit, et se fait exposer très vite, en 1965, en Tunisie, puis en France. Vient ensuite le groupe d’artistes post-68 « Concordance« , qui s’attache à réfléchir sur la place de l’art dans la société. Aujourd’hui à la retraite, il en est encore étonné: « Le processus s’est mis en marche je ne sais trop comment, confie-t-il modestement, et pour moi la peinture est toujours un mystère. »

La gravité de la vie.

Et indéniablement, le mystère plane aussi pour le spectateur. Pas de titre, rarement de décor, des traits réduits au minimum, l’interprétation est ouverte. Cela évoque l’art brut, sa spontanéité et ses émotions. Ces grands yeux ronds au regard effaré ou accusateur semblent, en nous fixant ainsi, nous renvoyer à notre propre étrangeté, à notre condition incomprise d’être humain. « Souvent les gens disent que ce que je fais est triste, mais moi j’y vois plutôt de la gravité, la gravité de la vie, » explique Adam Nidzgorski, d’un air subitement grave lui aussi.
Alors devant l’extérieur qui semble si effrayant, ces figures colorées se protègent, serrent leurs corps maladroits, se rétractant dans l’espace du tableau. Souvent, ils sont deux, une mère et un enfant. « Je crois que c’est un besoin que j’ai eu : j’ai reçu énormément d’amour de ma mère, qui ne savais ni lire ni écrire, mais qui m’a permis de dépasser toutes les difficultés de la vie. je crois que c’est ce que je trouve de plus beau, la relation de la mère à l’enfant.« 

Adam Nidzgorski : l'art du lâcher priseCes personnages obsessionnels se déclinent sur les supports les plus divers, du papier recyclé à l’assemblage de tissus, en passant par le papier d’aluminium et la laine tissée. Un mélange des matières et une déconstruction progressive du sujet qui font que, malgré une continuité évidente, Adam Nidzgorski sait se renouveler. Si bien que l’on rencontre, incarnés par les mêmes figures, aussi bien des farandoles d’allégresse que des idoles religieuses évoquant l’art byzantin.

Quête spirituelle

Déconcertant, le peintre ne se fait que médium d’un message qui le dépasse. « Je n’ai rien derrière la tête, j’ai tout en moi. Mais quand je termine un dessin, je ne sais pas ce qu’il s’est passé. J’ai l’impression que c’est seulement ma main. »
Une déconnexion totale de la pensée, qu’il revendique pour lui-même, car « dans le vide il y a tout« , rappelle-t-il sagement en citant le bouddhisme ; mais aussi pour les autres. « Je veux que le spectateur enlève son masque et regarde mes tableaux avec émotion, sans chercher les codes de l’art. »
Cet homme au sourire animé fait de la peinture son chemin vers le sacré, une façon d’approcher ce « quelque chose que l’on ne connaît pas« . Avec pudeur, Adam Nidzgorski frappe à la porte de la vie, d’une spiritualité, et de la peinture. Pari réussi.

Jusqu’au 24 octobre à la salle Lamazière, Cormeilles-en-Parisis (95), à 20 minutes de Paris depuis la gare Saint Lazare (ligne L).

Marguerite, un film de Xavier Giannoli


Marguerite, un film de Xavier Giannoli

Marguerite, un film de Xavier Giannoli

Xavier Giannoli s’est largement inspiré de la vie de la cantatrice Florence Foster Jenkins pour réaliser son film Marguerite. Mais il revendique le fait que ce ne soit pas un biopic.

Sortie : le 16 septembre 2015
Durée : 2h07
Réalisateur : Xavier Giannoli
Avec : Catherine Frot, André Marcon, Michel Fau

Synopsis :

Le Paris des années 20. Marguerite Dumont est une femme fortunée passionnée de musique et d’opéra. Depuis des années elle chante régulièrement devant son cercle d’habitués. Mais Marguerite chante tragiquement faux et personne ne le lui a jamais dit. Son mari et ses proches l’ont toujours entretenue dans ses illusions. Tout se complique le jour où elle se met en tête de se produire devant un vrai public à l’Opéra.

Marguerite, un film de Xavier Giannoli

Notre avis sur le film :

Le rôle principal et sur lequel repose tout le film de Xavier Giannoli est tenu par Catherine Frot. Rôle superbement joué et qui pourtant ne manquait pas de difficultés. Elle incarne cette femme américaine, dans les années 20, qui a une passion pour la musique, et surtout l’opéra. Marguerite chante devant ses amis qu’elle invite dans son château et prend même des cours pour se préparer à un concert public, son rêve. Le seul véritable problème est qu’elle chante sans cesse, mais qu’elle chante faux. Et personne n’ose lui dire qu’elle chante archi-faux. Elle est très riche et paie très bien toutes les personnes qui l’entourent. Ceci explique cela…

Si le film nous fait rire, il découvre aussi tout un côté assez malsain des personnes de l’entourage de Marguerite. De son majordome à son professeur de chant, en passant par son mari, tous jouent un double jeu face à Marguerite, et à son argent…

Et comme dit Marguerite : « L’argent n’a pas d’importance, l’important c’est d’avoir de l’argent ! ».

Du coup, le film est drôle, on se moque facilement de Marguerite et en même temps, on est plein d’empathie pour elle. On ne peut que la plaindre. Tous les acteurs jouent très juste avec une mention spéciale pour Michel Fau, son « professeur » de chant.

Les décors, les costumes, la musique, tout est soigné. On peut reprocher quelques longueurs, et un peu trop de passages où elle chante faux ! Cela nous casse bien les oreilles. La notion de liberté qui était au centre des sentiments de Marguerite est assez mal ressentie tout au long du film.

Heureusement Catherine Frot est absolument exceptionnelle ! Son jeu est empli de justesse, en-dehors de ses notes fausses (où elle a été doublée par une vraie chanteuse lyrique professionnelle)… Ce film vaut le coup d’être vu, ne serait-ce que pour voir Catherine Frot dans toute sa splendeur !

Heureusement pour Giannoli, son film est sorti avant le biopic sur Florence Foster Jenkins que réalise en ce moment Stephen Frears et qui sera interprété par Meryl Streep et Hugh Grant. Un film qui promet d’être grandiose et qui devrait sortir en 2016.

Don Giovanni de Mozart, mis en scène par Michael Haneke, à l’Opéra de Paris

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Crédits photo © Karina Beltrán / Adagp, Paris 2015

Opéra Bastille du 12 septembre au 18 octobre 2015 – 3h40 avec 1 entracte 

Reprise pour la dernière fois, cette production du cinéaste Michael Haneke, transpose le mythe du héros éponyme séducteur et manipulateur dans le monde de l’entreprise où Don Giovanni prend les traits d’un cadre dirigeant qui tient sa domination non pas de sa naissance aristocratique, mais de sa réussite sociale.

Dans cette vision menaçante et noire de l’œuvre, le rapport de force donne alors toutes les armes à Don Giovanni pour s’affranchir de tous les interdits et manipuler, corps et âmes, des proies asservies par le désir ou l’ascension sociale.

Le rôle titre s’apparente donc ici à celui d’un directeur général d’un grand groupe, et celui de Leporello, d’assistant et jeune directeur. Le Commandeur est le grand patron, Donna Anna une patronne junior et les jeunes Zerlina, Masetto ainsi que leurs amis, les salariés d’une société de nettoyage de l’entreprise.

Enfin, Don Giovanni est tué ici-bas (défénestré par ses victimes devenues bourreaux) et non foudroyé par le divin comme suggéré par le livret.

Imposant son art du clair-obscur et son regard clinique, Haneke scrute sans relâche les ressorts d’un pouvoir prédateur, ô combien dévastateur, où la figure héroïque traque sans fin les murs d’une multinationale transformée en terrain de chasse, sans foi ni loi.

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© Christophe Pelé / OnP

La lumière crépusculaire et le décor glacial de Christophe Kanter installent d’office un climat oppressant dont le seul échappatoire réside dans la baie vitrée du hall d’entrée de la société, renvoyant sur les bureaux illuminés des tours avoisinantes.

Dans cette vision menaçante et noire de l’œuvre, le rapport de force donne alors toutes les armes à Don Giovanni pour s’affranchir de tous les interdits et manipuler, corps et âmes, des proies asservies par le désir ou l’ascension sociale.

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Portée par une direction d’acteurs où le cinéaste excelle par leur déplacement et une appropriation visuelle de l’espace, l’œuvre se charge des silences qu’il aménage entre les airs et les récitatifs, suspendant d’autant son emprise angoissante et sa   portée fantasmagorique.

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La subtilité mozartienne est dirigée d’une main d’esthète par Patrick Lange qui en exprime à la fois toute la brillance et l’excès dans une fluidité parfaite. Arthur Rucinski et Alessio Arduini forment un duo convainquant. A leur coté, Maria Bengtsson est une fervente Donna Anna tandis que Karine Deshayes se montre furieusement habitée en Donna Elvira.

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#Fooding : le Priceless Souper s’invite de nouveau à Paris

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Après le succès de la première « Première séance » – qui avait réuni, en octobre 2014 à la Pagode, deux cents gastrocinéphiles pour déguster Whiplash de Damien Chazelle en savourant les créations du chef-op Daniel Rose (Spring) – c’est au tour de Maïwenn et de David Toutain d’accueillir leurs fans au cinéma Etoile Saint-Germain-des-Prés, le ciné culte de la rue Guillaume-Apollinaire, pour le 7e épisode de la Saison 2. A deux pas du Flore, dans une salle mythique repeignée par Tsé&Tsé en 2010, derrière l’écran de laquelle planque un bar secret… venez déguster quinze jours avant sa sortie nationale le nouveau film de Maïwenn, Mon roi (incarné par Emmanuelle Bercot, prix d’interprétation féminine à Cannes) en présence de la réalisatrice et du chef David Toutain, primé meilleur gastronaute Guide Fooding 2015.

La billetterie du Priceless Souper ouvre le mardi 22 septembre sur le site priceless.com 

Où ? Cinéma Etoile St Germain
Quand ? Mardi 6 octobre (horaire à définir)
Combien ? 25 euros par personne (ouverture des ventes mardi 22 septembre)

Expérience Mort, tome 3 : une BD de Valérie Mangin, Denis Bajram et Jean-Michel Ponzio (Ankama)

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Expérience mort tome 3

Expérience Mort, t. 3 : La Résurrection de la chair

Après un premier diptyque de qualité, Expérience mort ressuscite son aventure pour entamer un second cycle des plus intéressants… Un scénario signé par le couple Valérie Mangin (Alix Senator…) – Denis Bajram (UW1…) et illustré par Jean-Michel Ponzio (Le Complexe du Chimpanzé, Black Lord…).

Date de parution : le 28 août 2015
Auteurs : Valérie Mangin, Denis Bajram (scénario) et Jean-Michel Ponzio (dessin)
Editeur : Ankama
Prix : 13,90 € (48 pages) 

Résumé de l’éditeur:

L’expérience hors limite de la milliardaire Katlyn Fork a détruit la Mort. L’humanité entière est en train de ressusciter. Le passage vers l’Au-delà est resté ouvert dans le ciel, poussant l’équipe de la première expédition à en préparer une nouvelle. Mais la Terre, surpeuplée par les ressuscités, est en train de sombrer dans le chaos. Partout les fanatiques se déchaînent. Certains sont même sûrs que l’Antéchrist est de retour pour conduire cette Apocalypse…

Expérience mort tome 3Le point sur l’album :

Le retour sur terre de nos voyageurs de la mort s’est accompagné du retour à la vie de nombreuses personnes disparues et de l’immortalité du genre humain. Un défi nouveau s’annonce : gérer cette situation qui risque de causer bien des dérèglements. Une idée franchement originale qui aborde la question de la vie éternelle sous ses aspects les plus pratiques et à travers un oeil très pragmatique. La surpopulation, l’extinction des ressources naturelles etc… L’histoire se révèle passionnante, mettant un peu de côté le mysticisme évoqué par le voyage mortuaire du deuxième tome.

L’histoire se révèle passionnante (…)

Le récit, qui prend des allures effrayantes de réalisme, est écrit avec une belle continuité dans les idées, préparant un nouveau voyage dans l’au-delà pour tenter de percer des mystères qui semblent désormais dominer toute l’humanité.

C’est toujours avec plaisir que l’on retrouve le style photographique du dessin de Jean-Michel Ponzio qui offre des planches sombres, où l’inspiration tutoie un réalisme exacerbé admirable.

Ce second cycle d’Expérience Mort a de quoi nous laisser enthousiastes, avec une intrigue qui a très bien évoluée. A suivre !

La Dame Blanche, nouvelle pièce glaçante de Danino et Azzopardi au Théâtre du Palais Royal

La dame blanche

La Dame Blanche
Théâtre du Palais Royal 
Du mercredi au samedi à 21h, samedi 16h30 et dimanche 17h

« Au théâtre, vous n’aviez jamais eu peur… jusqu’à maintenant ». Le teaser de la pièce annonçait déjà sa couleur sombre et ses airs de « Souviens-toi l’été dernier« . Au théâtre du Palais Royal, des démons vêtus de haillons hantent les couloirs. La pièce n’a pas encore commencé que d’étranges femmes au visage rappelant Lord Voldemort effraient les premiers spectateurs. Le rideau se lève, des draps blancs s’envolent sur le sifflement strident du vent.

Résultats concours : La vie en grand, 10 places de ciné gagnées

A l’occasion de la sortie du film La vie en grand, le 16 septembre, Publik’Art, en partenariat avec Gaumont, vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film : La vie en grand

 

Vous avez été très nombreux à participer : 2 785. Un grand bravo à tous !

Les cinq heureux gagnants sont :

Carmen Zamora, Delphine Butzig, Jean Bourquin, Alain Fleurie et Stéphanie Girola.

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement. D’avance on les en remercie vivement !

Très bon film à tous !

Koralovski, tome 2 : une BD Philippe Gauckler (Le Lombard)

Koralovski, tome 2

Koralovski, tome 2 : Dans l’ombre du Monde

Le milliardaire et fugitif Loukos, Koralovski revient Dans l’ombre du Monde pour un deuxième album dense et complexe, toujours réalisé par Philippe Gauckler (Convoi, Prince Lao) en tant qu’auteur complet. Pour en savoir plus, lire notre chronique du tome 1.

Date de parution : le 28 août 2015
Auteur : Philippe Gauckler (scénario et dessin)
Editeur : Le Lombard
Prix : 12,00 € (48 pages)

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À bord du yacht qui les a secourus, Koralovski et ses compagnons se mettent en route pour un laboratoire off-shore appartenant à sa société. Il s’agit du laboratoire qui a mis au point un procédé révolutionnaire permettant d’extraire la totalité d’un gisement de pétrole soi-disant épuisé. Mais à leur arrivée, le lieu est désert…

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Après avoir mis savamment en place ses pions sur l’échiquier, le scénario de Koralovski se densifie dangereusement au bénéfice de longs exposés sur l’industrie pétrolières et ses enjeux géopolitiques. Si bien que le récit se révèle parfois pénible à parcourir et pourrait bien avoir raison de la patience des lecteurs les moins endurants.

[C]e deuxième tome opère un virage qui ne va pas dans le bon sens.

Si l’histoire n’oublie pas d’avancer, c’est donc non sans un certain déséquilibre entre action et explications ; ce que l’on peut déplorer. Ce détail se répercute malheureusement sur l’album tout entier dont il résulte des cases écrasées par des textes trop bavards, dont la lisibilité souffre également d’un découpage beaucoup trop exigu.

On a du mal à apprécier cet épisode à sa juste mesure, tant la concentration d’informations, à la fois textuelles et graphiques, est importante. Un trop plein qui a eu raison de notre lecture.

En conclusion, ce deuxième tome opère un virage qui ne va pas dans le bon sens. C’est dommage, car on voit bien qu’un gros travail a été réalisé dans l’intention de mieux faire. Mais le mieux se confirme comme l’ennemi du bien….

Bayou Bastardise, tome 1 : une Bd de Armand Brard et Neyef (Ankama)

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Bayou Bastardise

Bayou Bastardise, t. 1 : Juke Joint

Véritable immersion dans la Louisiane profonde gangrénée par la misère, Bayou Bastardise met en scène diverses bandes de petites frappes, voleurs ou trafiquants, qui vivent les uns à côté des autres. Un vrai village mal famé qui ne brille pas par la qualité de ses habitants, surtout lorsque ces derniers n’hésitent pas à se faire justice à eux-mêmes. Un récit imaginé par Armand Brard – scénariste publié pour la première fois – et illustré par Neyef (South Central Stories, DoggyBags).

Date de parution : le 28 août 2015
Auteurs : Armand Brard (scénario) et Neyef (dessin)
Editeur : Ankama
Prix : 14,90 € (96 pages) 

Résumé de l’éditeur:

C’est dans la moiteur des marécages de Louisiane que Neyef et Armand Brard vous embarquent. Danse vaudou, catch dans l’arrière-cour, stress post-trauma et labo clando de méthamphétamine : c’est du 8 Mile dans les marais, du Breaking Bad dans le Sud sauvage. Heureusement il y a la musique. Et forcément, il y a les flingues… « Son of a gun, we’ll have big fun ooon the bayou. »

Bayou Bastardise

Le point sur l’album :

Comme un mixe de la culture locale, le scénario de Bayou Bastardise mélange les genres avec un cocktail à base de scènes de catch musclées, de reprises musicales (avec des références hip-hop bien hardcores comme Onyx, s’il vous plait !) de trafic de drogue, d’incantations vaudou et de prêches évangélistes… Sur un ton décalé, rythmé par les coups de sangs de délinquants poussés dans leurs retranchements, le récit explore avec nervosité les bas fonds humides du bayou, infestés par les crocodiles. Si l’ensemble est lisible, la narration souffre parfois de césures trop brusques, sans transition ni liant. Reste que l’idée et la façon de la mettre en oeuvre sont originales et piquent notre curiosité dès le début.

[U]n premier tome solide (…)

Traduisant à merveille l’univers foutraque et déluré de Bayou Bastardise, le dessin de Neyef montre un certain potentiel. Son trait fin est bourré d’adrénaline en se formant et se déformant au gré des mouvements. On apprécie également le travail des couleurs qui restitue assez bien la lumière et l’ambiance de la Louisiane.

Malgré ses petits défauts narratifs, Bayou Bastardise débute avec un premier tome solide, qui pourrait bien nous emmener beaucoup plus loin à l’avenir. Une série à surveiller.

Charles de Gaulle, 1916-1921 : une BD de Jean-Yves Le Naour et Claude Plumail (Grand Angle)

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Charles de Gaulle, 1916-1921

Charles de Gaulle, 1916-1921 : Le Prisonnier

Album ambitieux, Charles de Gaulle, 1916-1921 retrace les débuts du grand Charles, pendant la Première Guerre. Rapidement repéré par sa hiérarchie, il va être envoyé en première ligne avant d’être fait prisonnier, presque dans la foulée. Une BD racontée par Jean-Yves Le Naour (docteur en histoire, auteur des essais L’affaire Malvy et Les soldats de la honte) et illustrée par Claude Plumail (Le Cybertueur, Dédales, Résistances, Les taxis de la Marne).

Date de parution : le 26 août 2015
Auteurs :  Jean-Yves Le Naour (scénario) et Claude Plumail (dessin)
Editeur : Grand Angle
Prix : 13,90 € (48 pages

Résumé de l’éditeur:

Avant d’être le fondateur de la Résistance le 18 juin 1940 et le président de la République en 1958, le général de Gaulle a d’abord été un combattant de la Grande Guerre, un officier plein d’assurance et d’illusions. Fait prisonnier sur le champ de bataille de Verdun en 1916, le capitaine de Gaulle tente à cinq reprises de s’évader des forteresses allemandes.
Revivez le destin de cet homme hors du commun. Inclus : un cahier supplémentaire de 8 pages sur la vie de Charles de Gaulle.

Charles de Gaulle, 1916-1921

Notre avis sur la BD :

S’attachant à une période peu connue de l’histoire de Charles de Gaulle, le scénario proposé par Jean-Yves Le Naour nous fait découvrir le jeune Charles, fait prisonnier par les Allemands. Mais décidé à ne pas laisser faire le destin qu’on voulait lui réserver dans ces geôles, le futur Général n’avait qu’une idée en tête : s’évader. Faire des plans avec ses camarades en captivité et s’évader. Obsédé et poussé par l’envie de prendre une part active à la guerre pour embrasser sa carrière, il n’aura de cesse de s’évader…. malgré les très nombreux échecs suivis de séjours en cachot et de nouvelles tentatives ! On y découvre un homme d’éducation, animé d’une pugnacité sans pareil, qui avait une grande estime de lui-même et qui n’avait surtout pas froid aux yeux.

Bref, un tour d’horizon assez complet pour une période que l’on connaissait mal à son sujet. C’est donc un réel plaisir de découvrir Charles de Gaulle dans un contexte différent de celui auquel nous sommes habitués. Et Jean-Yves Le Naour a un certain talent pour raconter les histoires !

Le dessin de Claude Plumail est pour sa part d’un réalisme assez classique. Son trait ne parait pas suffisamment mis en valeur par l’encrage. On regrette un manque de régularité et de précision dans les courbes, mais les planches n’en demeurent pas moins agréables à parcourir.

Charles de Gaulle, 1916-1921 propose donc un sujet original dont l’intérêt n’est pas démenti par la lecture. Un album savoureux qui met en scène un jeune et fougueux soldat, frustré par son statut de prisonnier.

Drones, tome 1 : une BD de Sylvain Runberg, Louis et Véronique Daviet (Le Lombard)

Drones tome 1

Drones, tome 1

Récit d’anticipation qui imagine les guerres de demain, en 2037, où le terrorisme est combattu à travers le monde à grand renfort de drones, cette nouvelle série bénéficie des talents de son scénariste Sylvain Runberg (Cases blanches, L’Ombre des Shinobis, Konungar, Trahie, Orbital, Infiltrés, Warship Jolly Roger) et de son dessinateur Louis (Les aventures de Tessa, agent intergalactique, Escobar, le Dernier Maya), aidé par Véronique Daviet aux couleurs.

Date de parution : le 21 août 2015
Auteurs : Sylvain Runberg (scénario), Louis (dessin) et Véronique Daviet (couleurs)
Editeur : Le Lombard
Prix : 13,99 € (48 pages)

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Deux femmes, deux ennemies. Louise Fernbach et Yun Shao. La militaire européenne contre la terroriste catholique chinoise. Et depuis que cette dernière a causé la mort de soldats du vieux continent, Louise veut sa peau. A tout prix. Louise ne connaît pas la pitié. Louise est pilote de drone. Pour elle, la guerre est un jeu vidéo auquel elle joue depuis son QG de Stockholm, tandis que Yun Shao affronte un robot. Bienvenue dans la guerre moderne…

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Si le pitch de Drones est relativement simple, l’efficacité avec laquelle Runberg l’a élaboré ne déçoit pas. Il nous emmène en 2037 au coeur d’une base des forces armées européennes, située au Danemark. Là, des pilotes de Drones sont monopolisés pour une mission : l’extermination d’une chinoise, leader d’un mouvement terroriste religieux. Les opérations sur le terrain vont évidemment se compliquer pour le bonheur des lecteurs égoïstes que nous sommes. Nos soldats vont devoir être obligés de passer par la « case psy » pour évaluer les dégâts… Un scénario très basique mais calibré et très bien ordonné pour entretenir un suspens perpétuellement renouvelé dans l’action.

Quant au dessin de Louis, il fait passer une belle énergie à travers un trait fluide et dynamique, assez fin et précis. Un style moderne exacerbé par une coloration très nette, sans bavures.

Récit de genre, ce premier tome de Drones tient ses promesses de champ de bataille futuriste. A suivre.

Le Rêve du Requin – Cycle 2 (t.2), une BD de Matthias Schultheiss (Glénat)

Le Rêve du Requin - Cycle 2 (t.2)

Le Rêve du Requin – Cycle 2 (t.2)

Après un premier cycle réalisé par Schultheiss Matthias en 1986, Le Rêve du requin poursuit ses pérégrinations avec ce second cycle captivant dans un deuxième album toujours aussi explosif et macabre. Le mystique Lambert est de retour après avoir été sauvé par un mystérieux trafiquant… Pour en savoir plus, lire notre chronique du premier tome.

Date de parution : le 2 septembre 2015
Auteur : Schultheiss Matthias (scénario et dessin)
Editeur : Glénat
Prix : 13,90 € (48 pages)

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Rescapé de son voyage en enfer, Lambert est contacté par Lee, un mystérieux personnage qui lui propose un marché : travailler ou mourir. Son organisation contrôle la piraterie internationale et c’est pourquoi Lambert se retrouve à devoir former une flotte de pirates ultra-modernes dans un petit village de pêcheur près de Singapour. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que Lee est également agent au service de la famille royale saoudienne qui cherche en secret à établir un sultanat en Asie du Sud-Est. Prise en étau, la bête en Lambert se réveille. Ceux qui espéraient tirer profit de sa sauvagerie risquent fort de le regretter… Matthias Schultheiss déroule toujours la même puissance narrative, au dessin précis et efficace, dans la suite de sa série phare : épopée baroque et violente dans les eaux troubles de la piraterie moderne.

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Une jambe sauvée mais désormais borgne, Lambert se réveille dans une étrange clinique privée, sauvé par les soins d’une équipe médicale tenue par le sceau du secret interdisant de divulguer qui a bien pu financer ce sauvetage. Un homme en tout cas intéressé par les talents de pirate de Lambert… Une fois ce dernier remis sur pieds, c’est un très gros braquage qui se prépare. Lambert est alors chargé de constituer son équipe et de mettre un bateau en état de marche… mieux équipé qu’un navire de guerre ! Mais les vieux démons du borgne vont ressurgir et le mettre à l’épreuve. Les choses ne vont pas évoluer comme son employeur pouvait l’espérer…

[U]ne série incontournable

Le récit de Schultheiss, habité par les fantômes de Lambert, est d’une implacable violence. Le personnage de Lambert fait froid dans le dos tant il incarne à merveille la fureur d’un homme qui a totalement perdu pied, sans aucun repère. Pourtant, le suspens est habilement entretenu par un fait nouveau : il agit sous la menace d’un homme puissant dont il ignore tout. Et quand la folie vient s’y mêler, on se demande vraiment où ce bain de sang va finir.

Quant au dessin, il dégage une puissance phénoménale. Son trait est mouvant et sa coloration éblouissante, tant dans ses effets de lumière que dans sa structure très complexe. On ne peut qu’être bluffé par ce déchainement graphique.

Bref, le Rêve du requin est une série incontournable que ce deuxième tome ne manque pas d’honorer.

Démons de Lars Norén, mise en scène par Marcial Di Fonzo Bo, à Paris

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© Stéphane Trapier

Théâtre du Rond-Point du 9 septembre au 11 octobre 2015

Lars Norén est un des dramaturges suédois les plus radicaux de la seconde moitié du XXè siècle. Considéré comme le digne successeur de Strindberg ou Bergman, il ne cesse de creuser au cœur des angoisses existentielles et relationnelles pour en décortiquer les ressorts psychologiques et pervertis. Il écrit Démons en 1984, un huis clos décapant sur le couple où le temps d’une soirée, une danse de mort s’exhorte entre les protagonistes dont la mise en scène cinématographique et aiguisée de Marcial Di Fonzo Bo traque sans relâche la spirale démoniaque.

Un théâtre coup de point où l’écho du renoncement se fait sans appel

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Frank (Romain Duris) et Katarina (Marina Foïs) s’aiment mais ne peuvent plus se supporter. « Ou je te tue ou tu me tues, on se sépare ou on continue comme ça. Choisis ! » dit-elle. « Je ne peux pas choisir. Choisis, toi », répond Frank. Ils ne choisiront pas mais inviteront pour la soirée leurs voisins, un jeune couple moins installé qu’eux financièrement et qui vient d’avoir un enfant, pour les contaminer de leur emprise vénéneuse et transgressive.

La mère de Frank vient de mourir et un recueillement se prépare pour le lendemain, une mort qui hante les lieux car les cendres contenues dans un sac plastique ont été ramenées à l’appartement par son fils.

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Jenna (Anaïs Demoustier) et Tomas (Gaspard Ulliel) sont alors les spectateurs, les complices, les victimes pétrifiées ou consentantes, d’un règlement de comptes sans fin, sans espoir, toujours plus incohérent et à l’humour toujours plus noir à mesure que l’alcool imprègne les esprits et que s’affolent les jeux cruels de la provocation et de la séduction, les amenant progressivement à se déchirer eux aussi et à faire exploser leur apparente tranquillité et complicité.

Romain Duris est cet astre noir, inquiétant, à l’attraction/répulsion où s’aimante, résiste, s’abîme une Marina Foïs sexy et intrépide. Face à eux, Gaspard Ulliel, en taiseux absent  traine son indolence avant de devenir vindicatif saisis par ses démons tardifs tandis qu’Anaïs Demoustier campe une âme innocente mais insatisfaite.

L’écriture féroce et incisive de Lars Norén dévoile autant qu’elle ne dissimule. Elle cristallise par delà la crise conjugale les rapports de force entre dominants et dominés avec la place de l’individu au sein du couple, du groupe : son éducation, sa liberté, son libre arbitre ? son dévoiement entre quotidienneté, mensonge, désirs bafoués, frustration et solitude.

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Telle une course poursuite, le texte va crescendo et se charge de la perversité et de l’ambiguïté sous jacente de chacun des personnages qui devient à la fois victime et bourreau.

Pièce très noire donc mais non sans humour où par-delà toutes les transgressions, une vérité humaine se fait jour.

Le dispositif scénique avec son intérieur design sophistiqué, installé sur un plateau qui tourne, s’accorde aux joutes intempestives et auto-destructrices des amants diaboliques ainsi qu’à leurs souffre-douleurs dont les déplacements obéissent à une circulation chorégraphique.

Il se fait le catalyseur, sous différents angles, des humeurs, des peurs, des frustrations, des paroles, des silences, des convenances édictées, bafouées, du jeu de soumissions et de dominations des personnages.

Dans un manège aussi fluide que sensoriel, le jeu s’imprègne efficacement de la progression dramatique et déconstruite de la langue du dramaturge servi par quatre comédiens investis et habités.

Romain Duris est cet astre noir, inquiétant, à l’attraction/répulsion où s’aimante, résiste, s’abîme une Marina Foïs sexy et intrépide. Face à eux, Gaspard Ulliel, en taiseux absent  traine son indolence avant de devenir vindicatif saisi par ses démons tardifs tandis qu’Anaïs Demoustier campe une âme innocente mais insatisfaite.

Un théâtre coup de point où l’écho du renoncement se fait sans appel…

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