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Les Grands Peintres – Goya : une BD de Olivier Bleys et Benjamin Bozonnet (Glénat)

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Les Grands Peintres – Goya

Troisième album de la collection Les Grands Peintres, Goya est aussi le plus sombre. Quoi de plus naturel pour l’homme qui est à l’origine des célèbres et terrifiantes Peintures noires. L’artiste du début du XIXème siècle est dépeint à la fin de sa vie par le scénariste Olivier Bleys (Chambres Noires, Les Grands Peintres – Toulouse-Lautrec) tandis que Benjamin Bozonnet, lui-même peintre, illustre la BD.

Date de parution : le 4 mars 2015
Auteurs : Olivier Bleys (scénario) et Benjamin Bozonnet (dessin)
Editions : Glénat
Prix : 14,50 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

L’espoir nourrit le désespoir. Début 1819, Francisco de Goya, atteint de surdité, emménage dans une nouvelle propriété, la Quinta Del Sordo, en compagnie de l’un de ses modèles, Leocadia Weiss, et de sa fille, Rosario. Au premier abord terrifiée par le vieux peintre et la noirceur de ses tableaux, la jeune fille demeure fascinée par sa capacité à engendrer des univers entiers à la seule force de ses pinceaux. De son côté, Goya s’émerveille de la vitalité de l’enfant qui lui permet de surmonter sa solitude et sa mélancolie. Une véritable complicité s’installe entre ces deux êtres que tout oppose… Mais, peu à peu, Rosario s’étiole, se dessèche. Goya la croit alors atteinte du désespoir qui le ronge. Il s’accuse de l’avoir contaminée. Le tableau Saturne dévorant l’un de ses enfants est peint sous cette influence…

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Le point sur l’album :

Décrit comme un personnage sombre et colérique, Goya est mis en scène alors que la surdité le gagne, à 73 ans. Fraîchement installé dans sa nouvelle propriété, la Quinta del Sordo (près de Madrid), le peintre solitaire broie du noir. Et ce n’est pas la jeune fille de son assistante qui va l’aider à trouver le calme. Souvent perturbé par les irruptions répétées de la jeune fille, Goya tente de se concentrer sur son travail. Provocateur et impulsif, il va recouvrir les murs de sa demeure de noir dans un excès de colère. C’est ainsi que seraient nées les Pinturas negras.

Olivier Bleys met en scène une sorte de tyran, à la fois impatient de tout et très perfectionniste. Un homme qui ne tolère pas d’être dérangé, ce qui peut l’amener à devenir cruel. Mais le récit laisse deviner un peintre sensible sous ces apparences froides, presqu’effrayantes. Le scénario se concentre ainsi sur Goya, son modèle du moment Leocadia Weiss et sa fille. Sans grande romance, il montre comment des oeuvres comme Saturne dévorant un de ses fils sont nées. Et, au final, on n’a pas la sensation de lire une histoire. Il s’agit plutôt d’assister aux pulsions créatrices d’un peintre vieux et aigri. Sans plus.

A l’instar de GoyaBenjamin Bozonnet utilise le noir de mille façon dans son dessin. Son trait crayonné est charbonneux. Les contours sont irréguliers, les décors anecdotiques et la couleur forcément très sombre, joue sur des tonalités froides. Un dessin qui ne créé pas vraiment l’émoi même si l’on sent comme un hommage à Goya.

Avec un scénario monotone et un dessin trop tranché, l’univers de Goya est décidément loin de faire l’unanimité. Voilà qui reste au moins fidèle à l’image qu’on se fait de l’artiste.

Les Grands Peintres – Toulouse-Lautrec : une BD de Olivier Bleys et Yomgui Dumont (Glénat)

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Les Grands Peintres – Toulouse-Lautrec

Henri de Toulouse-Lautrec est un peintre un peu à part. Contrairement à nombre de ses pairs et malgré sa courte vie, il a connu le succès de son vivant. Mort à 36 ans noyé dans l’alcoolisme, il était issu de la haute noblesse française (il était le petit neveu de La Fayette). Ce qui ne l’a pas empêché d’aller s’encanailler à Montmartre, investissant tous les lieux de nuit de la fin du XIXème siècle, dont le Moulin Rouge faisait partie. C’est d’ailleurs en illustrant une lithographie pour ce célèbre cabaret que l’artiste s’est fait connaître. Un album écrit par Olivier Bleys et dessiné par Yomgui Dumont (duo auteur de Chambres Noires) pour la collection Les Grands Peintres aux éditions Glénat.

Date de parution : le 4 mars 2015
Auteurs : Olivier Bleys (scénario) et Yomgui Dumont (dessin)
Editions : Glénat
Prix : 14,90 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

Art, débauche et enlèvements… Bienvenue à Montmartre ! À la fin du XIXe siècle, Montmartre est un quartier interlope. Un quartier où les bourgeoises viennent s’encanailler auprès des voyous et des filles de mauvaise vie ; où les vols et les bagarres sont fréquents, alors que la police des mœurs fait des descentes régulières dans les établissements mal famés. C’est là, dans les salles enfumées des bals, que Toulouse-Lautrec gagne sa réputation de peintre du vice et des bas-fonds… Mais au début de l’année 1895, une sordide affaire secoue le milieu de la nuit montmartroise : des jeunes femmes de bonne famille disparaissent, sans témoins… Très vite, les soupçons se concentrent sur l’entourage de Toulouse-Lautrec, que les mœurs peuvent facilement impliquer dans un rapt. Des individus qui figurent tous sur les tableaux du peintre, où les silhouettes des récentes disparues semblent se dessiner en arrière-plan…

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Le point sur l’album :

Personnage attachant et bon vivant, Toulouse-Lautrec a laissé de nombreux tableaux représentant ses amis, son entourage et les jeunes femmes qui peuplaient ses nuits. Mais l’album met surtout en scène une véritable affaire policière qui secoua la vie montmartraise de l’époque. Une affaire de rapt dans laquelle l’entourage noctambule de Toulouse-Lautrec pourrait bien être suspecté. Le scénario se concentre donc sur cette enquête policière passionnante, où Toulouse-Lautrec nous enivre de ses tableaux bavards et par sa présence sympathique et enthousiasmante.

Découpé avec un sens aiguisé du rythme, le récit de Olivier Bleys nous régale par son sens de la formule recherché, où tourbillonnent suspense et humour. Une atmosphère burlesque qui sied comme un gant à Toulouse-Lautrec.

Le physique du personnage, particulièrement petit, est par ailleurs revisité avec panache par le trait caricatural de Yomgui Dumont. Son dessin original ajoute une touche fantasque et irréelle à l’histoire de Toulouse-Lautrec, comme si elle n’avait été qu’un songe. Comme une simple effluve d’alcool qui s’est évaporée trop vite.

Cet album de Toulouse-Lautrec est sans doute le meilleur de cette collection qui débute. Une vraie surprise à lire.

Les Grands Peintres – Jan van Eyck : une BD de Dimitri Joannidès et Dominique Hé (Glénat)

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Les grands peintres - Jan van Eyck

Jan van Eyck : espion et peintre

Nouvelle collection des éditions GlénatLes Grands Peintres réunit pour chaque album un virtuose de la peinture qui a marqué l’Histoire de l’art. Et pour chaque album, on nous raconte l’histoire qui se cache derrière le tableau… On commence cette belle collection avec Jan van Eyck et le Retable de l’Agneau mystique oeuvre picturale créée par son frère Hubert, décédé avant de l’avoir achevée. Jan van Eyck qui a une vie bien remplie en tant qu’espion du Duc de Bourgogne, va être alors sollicité pour le terminer….

Date de parution : le 4 mars 2015
Auteurs : Dimitri Joannidès (scénario) et Dominique Hé (dessin)
Editions : Glénat
Prix : 14,90 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

Peut-on à la fois être peintre et espion ? Gand, le 14 septembre 1426. Hubert Van Eyck décède prématurément alors qu’il travaillait sur le Retable de l’Agneau mystique, une pièce destinée à l’église Saint-Jean. Ce travail inachevé met son commanditaire, le marchand Joost Vijdt, dans l’embarras. Mais Van Eyck avait un frère, qu’il avait initié à la peinture, et qui pourrait bien être en mesure de terminer l’œuvre… La mort soudaine de son frère pousse Jan Van Eyck, alors au service du duc de Bourgogne comme peintre et émissaire secret, à s’interroger sur le sens de sa propre vie. Il se demande s’il ne ferait pas mieux de retourner à ses pinceaux. Magnanime, son maître l’autorise à terminer le retable, à l’aide d’un nouveau procédé pictural tenu secret, s’il accepte une dernière mission diplomatique pour Constantinople. C’est justement au cours de ce voyage que Jan Van Eyck va trouver l’inspiration et les modèles pour achever l’œuvre de son frère…

Les grands peintres - Jan van Eyck

Le point sur l’album :

Dimitri Joannidès (que l’on retrouvera sur les albums Egon Schiele et Michel-Ange, de la même collection) met en scène Jan van Eyck lorsqu’il était le protégé du duc de Bourgogne, Philippe le Bon. Alors que ce dernier était réticent à l’idée que le secret de la peinture à l’huile puisse être dévoilé, Jan va être invité à l’utiliser pour terminer le polyptyque inachevé son frère décédé. Jan van Eyck va habilement marchander une mission d’espion-diplomate en acceptant d’être envoyé à Constantinople pour le compte du duc. Et c’est durant son périple qu’il trouvera l’inspiration pour parachever le Retable.[pull_quote_left]Captivant.[/pull_quote_left]

A travers un scénario fleuve, on découvre un fin politicien et redoutable négociateur qui aurait très bien pu ne jamais revenir à la peinture. Heureusement, le destin en décida autrement et le Retable fait aujourd’hui partie des joyaux de la peinture flamande.

Costumes d’époque et décors moyen-âgeux sont par ailleurs illustrés par Dominique Hé (Voyages, Secrets Bancaires, Les Jeux du crocodile). Un dessin au trait fin, parfois approximatif mais néanmoins lisible.

Jan van Eyck se révèle être un peintre au parcours atypique et insoupçonné. L’album est donc l’occasion de découvrir l’artiste à son époque. Captivant.

Rwanda, la vie après – Paroles de mères : ce soir sur Arte, en ce jour de la Femme.

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Rwanda, la vie après – Paroles de mères

Prix du Public et Prix Télérama Au FIPA 2015

Rwanda, la vie après – Paroles de mères

Benoît Dervaux et André Versaille ont réalisé ce documentaire sur des femmes Tutsies qui ont été violées en 1994, lors du génocide perpétré par les Hutus. Les Hutus n’avaient qu’un seul but : supprimer tous les Tutsies, tuer tous les hommes et violer toutes les femmes.

Rwanda, la vie après – Paroles de mères : La parole est laissée à six femmes. Bien sûr, on imagine la souffrance que cela a dû engendrer chez elles. Se remémorer ces actes infâmes, cette barbarie qu’elles ont vécu, remettre des mots sur des actes qui ne sont pas humains. Leurs viols, au pluriel, leurs souffrances, leurs cauchemars. Tout cela, elles nous les confient. A visage découvert. Plan fixe de la caméra sur leurs visages fermés où les cicatrisent ne se voient pas mais envahissent leur corps. Elles parlent et ne nous cachent rien. Et nous devons entendre l’irréparable, l’insoutenable. Comme un devoir.

20 ans après. Rien n’est oublié.

Comme si les viols n’étaient pas suffisants, ces femmes racontent les conséquences de ces viols, la découverte de leur grossesse monstrueuse. Et ensuite, cet enfant, qu’il faut assumer. Une femme a même eu des jumeaux… Que dire aux enfants sur leur père ?

A leur tour, les enfants deviennent des preuves vivantes de ces actes barbares.

D’autres femmes se sont révélées porteuses du Sida. En plus d’une grossesse. Comme si cela ne suffisait pas…

Rwanda, la vie après – Paroles de mères : Le film les met au centre et c’est une façon de donner à ces femmes, d’une incroyable dignité, toute leur place, elles qui ont eu l’impression d’avoir été rejetées par tous, même par leur famille. Seule la souffrance était leur quotidien, et le reste toujours vingt ans après.

Nous partons aussi à la rencontre, très brève, de leurs enfants, qui ont aujourd’hui une vingtaine d’années. Paroles très dures entre mère et enfant. Enormément de souffrance. Ces enfants sont aussi les victimes de cet horrible génocide. 20 ans après, rien n’est effacé et rien ne sera jamais effacé. Mais ils ont tous réussi à surmonter leurs souffrances et à croire à nouveau à la Vie, sans jamais perdre leur Foi en Dieu. Alors que la position de l’Eglise, au moment du génocide, fait peur. « Prenez qui vous voulez, mais n’attaquez pas les bâtiments de l’église… », a dit l’évêque.

Les réalisateurs ont bien conscience que ce serait une épreuve terrible pour ces femmes et leurs enfants de reparler du passé alors, leur rencontre fut très brève et le film, Rwanda, la vie après – Paroles de mères fut tourné en vingt jours. La dimension contemporaine du génocide était donné.

Rwanda, la vie après – Paroles de mères veut être un film porteur d’espoir pour toutes les femmes victimes de violence sexuelle, dans le Monde. Les paroles de ces femmes sont fortes de résonnance et sont d’une lucidité et d’une force inouïe. Et nous ne sommes pas près de les oublier. A jamais gravées dans nos mémoires.

Le public lui a octroyé son prix et il a aussi obtenu le Prix Télérama ! Une belle vengeance sur un passé absolument monstrueux.

Arte a acheté le film qui est visionné le 8 mars à 22h30, lors de la Journée de la Femme. Tout un symbole qui va permettre à chaque victime d’être entendue et reconnue. Reconnue comme victime.

Enfin, pourrait-on seulement ajouter…

Rosa, tome 1 : une BD de François Dermaut (Glénat)

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Rosa, tome 1/2 : Le Pari

François Dermaut (Les chemins de Malefosse, Malefosse) signe avec Rosa un diptyque original et passionnant, réalisé d’après un texte de Bernard Ollivier. Rosa est un projet qui a mis du temps à se concrétiser puisque ce dernier aura mis près de dix ans avant d’être couché sur papier par l’écrivain. Et François Dermaut en a fait son chef-d’œuvre.

Date de parution : le 4 mars 2015
Auteur : François Dermaut (scénario et dessin)
Editions : Glénat
Prix : 14,90 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

Le chef d’œuvre de François Dermaut. Dans un hameau Normand au début du XXe siècle, Rosa, mariée par ses parents à Mathieu, veuf et alcoolique de 25 ans son aîné, bientôt atteint de la tuberculose, tient dans la ferme conjugale un bistrot fréquenté par les rustauds du village. Alors que seule la lecture lui permet de s’évader, elle est mêlée à un pari absurde aux enjeux énormes initié par des « hommes » vantards, braillards, émouvants dont certains influents dans la commune. En en édictant les règles, la femme insignifiante qu’elle était hier à leurs yeux éprouvera le plaisir indicible que procure le pouvoir. Rosa découvrira les « hommes », leurs ambitions, leurs faiblesses, leur ignorance, leurs peurs, leurs tares cachées, leur cupidité, leur soif de domination… Elle s’émancipera de sa condition de femme de la fin du XIXe siècle, et s’affranchira du joug de la religion, omniprésente à cette époque.

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Le point sur l’album :

Centrée sur les personnages du récit, l’histoire de Rosa est celle d’une femme qui va tout faire pour tenter de soigner son mari atteint de tuberculose, le mal du XIXème siècle. Dans la ferme familiale, cette dernière tient un petit bistrot où quelques fidèles villageois viennent converser. Là, un pari est lancé entre ces hommes rustres. Qui est-donc le meilleur au lit ? Rosa, sans fortune, y voit l’opportunité de financer une cure au sanatorium pour son époux….[pull_quote_left]Un aboutissement remarquable.[/pull_quote_left]

Le récit orchestre ainsi un défilé de personnalités très hétérogènes, qui se rendent tour à tour chez Rosa. Tout le village se concentre dans son petit bistrot où l’émulation est générale. Rosa se découvre un certain pouvoir sur ces hommes. Comme une véritable pièce de théâtre, François Dermaut met l’accent sur les caractères et les ambitions de ses personnages, qu’il affuble d’un vocabulaire voire d’un langage propre. Une narration riche et soignée, réglée comme du papier à musique. Rosa fait tourner la tête de tout le monde. On se régale des petites indiscrétions et confidences dont elle est témoin.

Armé d’un dessin extrêmement fin et précis, Rosa est aussi une démonstration de force des talents de dessinateur de François Dermaut. Un trait incisif réalisé au feutre avec beaucoup de sensibilité, mis en perspective par la couleur directe aquarelle utilisée. Un vrai coup de coeur graphique.

Rosa débute avec un premier album captivant, qui fascine par sa capacité à explorer l’humain et émerveille par ses qualités narrative et graphique. François Dermaut avait vu juste : Rosa c’est le scénario qu’il lui fallait. Un aboutissement remarquable.

Le Baron fou, tome 1 : une BD de Rodolphe et Michel Faure (Glénat)

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Le Baron fou, tome 1/2

Personnage marquant de la guerre qui opposa l’Armée Rouge à l’Armée Blanche après la révolution russe d’octobre 1917, Roman Von Ungern-Sternberg, tsariste jusqu’à la moelle, était aussi surnommé Le Baron fou. Scénarisé par Rodolphe (Robert Sax, Memphis, Le Baron Fou, Si seulement, Kenya, Assassins…) et illustré par Michel Faure (Dieu, sa fille et l’homme, L’Étalon Noir, L’Île au Trésor, Elsa, le Décalogue, Jésus Marie Joseph, Camargue rouge), ce diptyque accompagne la marche du baron vers Ourga pour rétablir l’Empire mongol tout puissant d’antan. Gare à ceux qui se trouveront sur son chemin…

Date de parution : le 4 mars 2015
Auteurs : Rodolphe (scénario) et Michel Faure (dessin)
Editions : Glénat
Prix : 13,90 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

Rétablir le plus grand Empire de tous les temps ? C’est possible ! 1920, aux frontières de la Mongolie. La guerre entre Rouges et Blancs, bolchéviques et tsaristes, fait rage. Un train blindé est pris d’assaut par une troupe de cavaliers. À son bord, une femme médecin anglaise en quête d’un mari disparu. Tous les passagers sont débarqués et faits prisonniers. À son corps défendant, Élisabeth va ainsi devoir partager la folle aventure de son  » ravisseur « , le baron Roman Von Ungern-Sternberg… Un personnage extraordinaire qui n’a pour ambition rien de moins que de restaurer l’Empire mongol d’antan et se faire proclamer successeur de Gengis Khan. Condamnée à suivre la « division sauvage » de Von Ungern en marche vers Ourga – future Oulan-Bator –, Élisabeth va petit à petit découvrir la véritable personnalité de celui que l’on surnomme le  » Baron fou « . Rodolphe s’associe au dessin élégant de Michel Faure pour nous raconter le destin de ce personnage véridique et hors norme, dernier général tsariste dont la horde de 2000 cavaliers contribuera à former sa légende de « dieu réincarné de la guerre ». Légende qui continuera longtemps de hanter les plaines de Mongolie…

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Le point sur l’album :

Abordant son scénario à travers une femme d’un certain âge qui raconte son passé à sa fille, Rodolphe romance une aventure folle vécue au côté d’un Baron fou. L’histoire d’une jeune épouse partie retrouver son mari, soldat allemand (chirurgien) disparu pendant la guerre. Son chemin croisera très vite celui du baron Roman Von Ungern-Sternberg, qui menait ses hommes d’une main de fer et ne faisait pas de prisonniers. Un personnage cruel et sanguinaire, né pour faire la guerre et auto-proclamé digne successeur de Gengis Khan ! Malgré tout, en sa compagnie, la jeune femme va parvenir à dépasser l’effroi et percer la carapace du Baron fou…[pull_quote_left]Un personnage cruel et sanguinaire, né pour faire la guerre (…)[/pull_quote_left]

Ponctué de quelques batailles et prises de guerres, le scénario est découpé avec soin. Il creuse en profondeur les personnalités et donne du liant à l’histoire, non sans une certaine aisance. Le résultat est là : une narration fleuve et une lecture qui l’est tout autant.

Michel Faure propose quant à lui une touche d’authenticité avec un dessin de la vieille école. Un trait dynamique, brut, non retouché, mis en avant par une couleur directe d’une belle intensité. Un style sans concession, qui ne fera sans doute pas l’unanimité mais qui va plutôt bien à ce Baron fou.

Il nous tarde donc de découvrir ce que nous cache l’épilogue du Baron fou après ce premier album intrigant.

L’Or et la Paille de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy, mise en scène par Jeanne Herry, à Paris (prolongation jusqu’au 15/04/2015

Théâtre du Rond-Point du 4 mars au 5 avril 2015

En 1956, Pierre Barillet et Jean-Pierre Gredy, duo emblématique du théâtre de boulevard, crée L’Or et la Paille avant Folle Amanda, Potiche, ou Fleur de Cactus, rôles indissociables de l’interprétation qu’en ont donné Jacqueline Maillan, Catherine Deneuve et Lauren Bacall.

Et dans cette histoire, pas de morale, pas de victimes mais quelques abuseurs abusés.

Un peu plus de cinquante ans plus tard, Jeanne Herry, comédienne formée au conservatoire et révélée dernièrement en tant que réalisatrice pour son premier film « Elle l’adore », succès public sorti à l’automne dernier, met en scène cette pièce avec un vrai regard. En revisitant les codes du genre à l’abri d’un ton décalé, ludique et poétique, Jeanne Herry en exploite toute la force comique et les enjeux qui renvoient à notre époque non dénuée de cynisme et de superficialité. Une réussite.

Alerte, la mise en scène fait la part belle aux joutes verbales et à la cocasserie du marivaudage sur fond de culte des apparences, d’argent facile et de pertes des valeurs. Dans un décor rajeuni, propice à l’air de jeux  surréaliste et aux dérapages, chacun des protagonistes poursuit ses obsessions et exprime ses frustrations entre les jeunes gens avides de réussite matérielle et les vieux riches prêts à tout pour combler leur solitude affective.

« Donne-moi de l’argent » ! réclame Géraldine à Thierry dès sa première réplique sur le plateau et révélatrice du fil conducteur de la fable où entre amour et argent, leur cœur balance sans foi ni loi !.

Car le couple, oisif, n’a pas d’argent et squatte l’appartement d’un ami où pour financer leurs rêves de grandeur, ils échafaudent un plan machiavélique en séduisant, chacun de leur coté, un riche timide magnat de l’industrie du tuyau et une veuve multimilliardaire, ancienne meneuse de cabaret.

Tandis qu’ils s’affairent à leurs mariages blancs leur permettant de prétendre à la fortune de leurs conjoints, le jour des noces de Thierry avec sa veuve, Géraldine réapparait et lui fait part de ses doutes.

Entre temps, les deux vieux prétendants, victimes de leur stratège, se rencontrent et retombent amoureux car ils s’étaient connus jeunes mais s’étaient manqués sur un malentendu…

Alerte, la mise en scène fait la part belle aux joutes verbales et à la cocasserie du marivaudage sur fond de culte des apparences, d’argent facile et de pertes des valeurs. Dans un décor rajeuni, propice à l’air de jeux  surréaliste et aux dérapages, chacun des protagonistes poursuit ses obsessions et exprime ses frustrations entre les jeunes gens avides de réussite matérielle et les vieux riches prêts à tout pour combler leur solitude affective.

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La distribution est au diapason avec dans le rôle du couple diabolique : Céline Martin-Sisteron et Loïc Riewer au jeu très maîtrisé et rythmé, qui se montrent tour à tour séducteurs et manipulateurs à souhait. Hélène Alexandridis porte à merveille la candeur et la démesure de Cora, cette ancienne chanteuse de music hall devenue richissime grâce à son mariage et dont la scène de reconnaissance avec son double d’infortune Raoul, sur fond d’une chorégraphie chantée “La chicorée frisée”, est un grand moment. Quant à Olivier Broche, l’ex des Deschiens, il incarne un Raoul aussi désopilant que faussement naïf.

Et dans cette histoire, pas de morale, pas de victimes mais quelques abuseurs abusés…

Un cri, un livre de Noëlle Loriot

 Un cri, un livre de Noëlle Loriot

Un cri, un livre de Noëlle Loriot

Noëlle Loriot a écrit Un cri en 1974 et je suis tombée dessus par hasard. Elle a exercé plusieurs métiers, mais ne fut jamais médecin. Or, dans ce livre, elle décrit parfaitement le milieu médical.

Ce livre, Un cri, a été adapté au cinéma : Docteur Françoise Gailland, avec Annie Girardot, en 1976. Un film qui, à l’époque, a eu beaucoup de succès.

Publié aux Editions Grasset en 1974.

Noëlle Loriot était plutôt en avance sur son époque. L’héroïne de son roman est une femme médecin, libérée, loin des conventions de l’époque. Malheureuse en ménage, elle n’hésite pas à prendre un amant. Elle est plus passionnée par son métier que par ses enfants… Et elle ose l’avouer !

Quelque part ce livre est indémodable puisqu’il parle de femme, mais surtout de cancer, de médecins face au cancer et aussi des malades atteints par ce mal. Si la souffrance morale, psychique, physique est la même, on voit que la médecine a bien évolué !

Un cri est un cri d’angoisse extrême face à la maladie qui vous dévore, face à la mort certaine.

Un cri est aussi un miroir de la société des années 70. On constate une fantastique évolution de la société, surtout par rapport à la place de la femme dans la société ! Des jeunes filles se lancent dans des études de médecine, horriblement difficiles et longues, pour finalement être « prisonnières » à la maison avec une ribambelle d’enfants ! Avec une bonne dépression… L’homme est au cœur de toutes situations.

L’avortement n’est pas encore autorisé. La pilule est à peine commercialisée et beaucoup disent que c’est mauvais avec risque de cancer. Quant au plaisir sexuel pour la femme, Noëlle l’aborde, très naturellement. Mais c’est infiniment rare dans la littérature des années 70. Et dans la vie des femmes qui ne s’y autorisent pas de peur de tomber enceinte…

Bien sûr c’est un livre qui a vieilli, comme nous. Mais les rides lui vont bien !

 

Le bal des vampires, d’après le film de Roman Polanski au théâtre Mogador

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Théâtre Mogador
Du mardi au samedi à 20h
Les samedi et dimanche à 15h
www.lebaldesvampires.fr

Exposition I Maison de Balzac : L’Écriture dessinée Rodin, Duchamp, Dotremont chez Balzac

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L’Écriture dessinée
Rodin, Duchamp, Dotremont chez Balzac
13 mars > 21 juin 2015
Commissaire : Dominique Radrizzani
Maison de Balzac
47, rue Raynouard
75016 Paris
Heures d’ouverture
Du mardi au dimanche
de 10h à 18h00
Fermé les lundis et jours fériés

Avec L’écriture dessinée, La Maison de Balzac propose une exploration inédite des expériences plastiques autour de l’écriture initiées par Balzac. Pablo Picasso, Jean Cocteau, Christian Dotremont, Alberto Giacometti, Victor Hugo, Asger Jorn, Auguste Rodin, Pierre Alechinsky, Henri Michaux, Pol Bury…près de 100 oeuvres (peintures, gravures, sculptures ou dessins) illustrent, le long d’un parcours ludique et poétique, l’attraction exercée par l’écrivain sur les plus grands artistes du 19e et 20e siècle.

L’exposition s’intéresse en particulier au mouvement international CoBrA qui accorde à l’écriture et à sa spontanéité une place de premier plan, parce qu’elle exprime le psychisme de l’individu, et donc les sources profondes de la création.

Une réflexion déroutante donc sur les ressorts les plus intimes de la création artistique !

Balzac s’interroge sur l’interaction entre la pensée artistique et le geste. Il parsème ses romans d’éléments graphiques, et ses manuscrits témoignent de la manière dont l’écrit, par sa forme même, stimule l’imagination.

Ces expériences rencontrent un écho chez ses contemporains. Les pages hallucinantes de Théophile Bra, les dessins fantastiques de Victor Hugo, les gravures humoristiques de Grandville, trouvent un développement inattendu une centaine d’années plus tard avec le mouvement CoBrA dont les piliers sont Christian Dotremont et Asger Jorn, un écrivains et un peintre, que leur questionnement sur l’art a naturellement conduits à La Comédie humaine.

Célèbre robe de chambre de Balzac statufiée par Rodin, logogrammes de Christian Dotremont, portraits de Balzac par Picasso, Cocteau ou Giacometti, eaux-fortes de Pierre Alechinsky illustrant Le Traité des excitants modernes de Balzac et autres hiéroglyphes de la pensée ponctuent l’exposition et mettent en relief l’empreinte profonde, fécondante et toute en nuances, de la pensée d’un grand écrivain.

Inferno – les soldats du feu : un film des frères Pang (DVD)

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Inferno, dvd

Inferno – les soldats du feu en DVD

Après nous avoir régalés avec des films cultes comme Bangkok dangerous ou encore The eye du début des années 2000 (on ne parle pas des remakes, hein), Oxide et Danny Pang ressortent leurs vieilles recettes : un film à suspense où les héros se balancent au bout d’une corde… Mais ici, c’est pour échapper aux flammes. Un film à la hollywoodienne qui plonge un immense building dans un brasier incontrôlable, contre lequel les soldats du feu vont devoir se battre.

Sortie : le 10 mars 2015
Avec :  Louis Koo, Ching Wan Lau, Angelica Lee
Prix :  19,99 € (DVD/BR)

Synopsis :

Un building de 50 étages. Une simple négligence. Des milliers de personnes prises au piège par l’incendie le plus dévastateur de la décennie. Seul rempart contre les flammes, une escouade de soldats du feu surentrainée et prête à tout pour intervenir.

Inferno photo

Notre avis sur le film :

C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’on débute la lecture du DVD d’Inferno, les frères Pang ayant su se faire une place parmi les meilleurs réalisateurs de Hong-Kong malgré une parenthèse outre-atlantique (avec l’auto-remake de Bangkok Dangerous) pas franchement convaincante. Et Inferno reflète bien tout cela à la fois. Le film multiplie d’abord habilement les intrigues dans cet immeuble de grande hauteur, qui abrite nombre de personnages au potentiel intéressant du point de vue scénaristique. Assez rapidement, les protagonistes, comme leurs destins vont se rejoindre à mesure que les flammes vont gagner du terrain. Une idée bien pensée, même s’il y a quelques incohérences (notamment la chute dans la cage d’escalier de l’un des héros…). Et cela se sentirait davantage si la réalisation était plus nette.[pull_quote_right][Une] pyrotechnie (…) bancale[/pull_quote_right]

Car de ce côté, il faut avouer une déception qui se résume essentiellement dans les effets-spéciaux, censés faire d’Inferno une superproduction. Si une marche est franchie, il en reste de nombreuses à gravir. La pyrotechnie est bancale, les flammes et la fumée sont la plupart du temps grossièrement numériques… et ça se voit. Ce qui pourrait n’être qu’un détail pour n’importe quel film gêne vraiment dans la crédibilité des évènements lorsqu’il s’agit d’un film autour du feu. Voilà qui gâche un peu la fête et empêche de concrétiser quelques bonnes idées qui ponctuent le scénario.

Inferno profite néanmoins d’une cadence soutenue, qui ne relâche jamais la pression. Pas de temps morts, et c’est tant mieux. La présence de Ching Wan Lau (révélé dans Running out of time) dans l’un des rôles principaux est également un plus. On aime le charisme de l’acteur, qui porte bien la combinaison ignifugée sous ses airs nonchalants.

Si vous aimez les films d’action, Inferno pourrait bien vous plairemais n’attachez pas trop d’importance à la qualité des effets-spéciaux.

Les bonus du DVD : 

Dans les coulisses du film (27 min)

Ttitto Aguerre expose à La Villa Beatrix Enea : Mugak II – Limites, à Anglet (64)

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Ttitto Aguerre : Mugak II – Limites

La Ville d’Anglet accueille le sculpteur TTITTO AGUERRE qui présente une sélection de ses dernières réalisations. Ttitto AGUERRE (Uhart Cize, 1974) présente à Anglet une exposition de sculptures intitulée « Mugak II – Limites ».

Exposition à La Villa Beatrix Enea, à Anglet.

Entrée libre du 7 mars au 4 avril 2015.

Composition de l’exposition : œuvres réalisées sur bois, acier, aluminium, cuivre, albâtre ou papier.

 

Capture d’écran 2015-02-17 à 17.41.18Ttitto Aguerre : Mugak II – Limites

 

Une sculpture très intimiste construite autour de formes géométriques, rigoureuses, volontaires et toniques ; des conversations de matières et de vides qui décalent notre regard à travers des œuvres réalisées sur bois, acier, aluminium, cuivre, albâtre ou papier.

Propos de Ttitto Aguerre recueilli par Anne Benoist Khayat :

Observer les éléments naturels, les matières. Les observer avec insistance. Aller chercher la veine de la matière, appréhender sa vérité et ses limites, et déloger la forme cachée. Chercher pour découvrir, pour se (re)découvrir : on finit toujours par découvrir quelque chose. Découvrir qu’une intention graphique peut s’accorder avec plusieurs matières. Rechercher et travailler plusieurs séries et pièces à la fois. Marcher, puis s’arrêter, puis revenir plus tard et marcher encore. Rechercher non pas ce que l’on voit au premier abord, mais rechercher ce que l’on peut voir à travers la matière, avec un souci du langage simple qui renvoie chacun à sa propre réflexion.

Chaque sculpture résulte d’une série de décisions. Chaque décision façonne le résultat, avec un aspect irréversible dès lors qu’on enlève de la matière ; on ne peut pas revenir en arrière. C’est en ce sens que la sculpture a quelque chose de vertigineux.

Je pratique ce mode singulier d’expression qu’est la sculpture, et j’ai décidé de la mettre en partage. C’est une expérience profonde et complexe, un état particulier de conscience, une mise en situation de grande réceptivité. Sculpter, c’est donner du sens à la forme, à la nature et à l’humain, voir à travers la matière, voir à travers soi, puis voir de manière élargie comme pour sonder les profondeurs de l’humanité.

Dans notre rapport à la nature et au monde, qu’elles soient physiques ou psychiques, les limites sont omniprésentes. On n’en finit pas de rôder autour.

Contraignantes ou pas, mais toujours structurantes, les limites réelles ou selon l’idée qu’on s’en fait, sont à la fois le début et la fin, le possible et l’interdit, protectrices ou aliénantes. Par nature ambigües, à la fois les limites empêchent, parce qu’elles interdisent, mais paradoxalement elles permettent, parce que précisément elles interdisent.

Évidentes ou non, les limites sont en nous, pour l’essentiel d’entre elles.

Ttitto Aguerre, 2014

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Le fîl à la patte de Georges Feydeau, mise en scène par Claudine Gabay, à Paris

Mise en page 1eydeau-Flyer recto et verso

Théâtre de l’Île Saint-Louis-Paul
39 Quai d’Anjou – 75004 Paris
17h30: le 8, 15 mars 2015
21h00: le 5, 6, 7, 10, 11, 12, 13, 14, 17, 18, 19, et 20 mars 2015

Emile Zola, alors critique dramatique, déclare: » Une comédie ne va pas, selon moi, sans une étude plus ou moins poussée des caractères, sans une peinture quelconque d’un milieu réel ».
Le vaudeville était réputé bourgeois, commun, facile ou grossier. Feydeau contribua à lui donner ses titres de noblesse, le vaudeville a gagné en subtilité et complexité, tout en conservant une mécanique du rire inégalable (aux rouages parfaitement huilés). Le Fil à la patte illustre à merveille cet art consommé du vaudeville.

Avec : Julie Vion, Gilberte de Poncheville, Annie Bessières, Amandine Pujos, Julia Sauveur, Mireille Mimoun, Hervé Masnyou, Jean-Louis Besnard, Gregory Tieblin, Michel Milkovitch, Nicolas Navon, Gérard Maarech.

Spartacus et Cassandra, un film documentaire de Ioanis Nuguet

Spartacus et Cassandra

Spartacus et Cassandra, un film de Ioanis Nuguet

D’après Allociné, Ioanis Nuguet a passé 3 ans sur les terrains roms de Seine-saint-Denis. C’est Spartacus qui a demandé au réalisateur de s’intéresser à lui et de lui donner la parole.
Sortie : le 11 février 2015
Durée : 1h20
Avec : Cassandra Dumitru, Spartacus Ursu, Camille Brisson

Synopsis :

Spartacus, jeune Rrom de 13 ans et sa soeur Cassandra, 10 ans sont recueillis dans le chapiteau-squat de Camille, une drôle de fée trapéziste qui prend soin d’eux, leur offre un toit et leur montre le chemin de l’école. Mais le cœur des enfants est déchiré entre l’avenir qui s’offre à eux… Et leurs parents qui vivent encore dans la rue.

Spartacus et Cassandra

Spartacus et Cassandra, un film de Ioanis Nuguet

Spartacus et Cassandra sont frère et sœur. Ils sont Rroms. Et ce documentaire retrace leur vie.

Très simplement, dès la première minute du film, Spartacus nous plonge dans son univers. De sa naissance à aujourd’hui. A 1 an, il marchait, à 2 ans, il mangeait de la terre. A 3 ans, il faisait la manche avec ses parents… On découvre le quotidien de ces enfants, 11 et 13 ans, alors que la justice les a séparés de leurs parents, incapables de les prendre en charge. Ils ont été recueillis par Camille Brisson, sous un chapiteau. Camille n’est pas le centre du film. Elle dit douter de ses capacités d’éducation. Mais sans elle, les enfants ne sont plus. Leurs parents vivent toujours dans la rue, après un échec de vie commune sous le chapiteau.

Spartacus et Cassandra, un film de Ioanis Nuguet

Spartacus et Cassandra, un film de Ioanis Nuguet

On les voit évoluer, s’exprimer. On pourrait penser que tout est bien pour eux puisque cette toute jeune femme, 21 ans, les a pris sous son aile. Quelle belle rencontre ils ont faite ! Avec beaucoup de patience et de bienveillance, et d’amour, Camille les fait avancer, en sécurité, en autorité, simplement. Mais en fait, non, rien n’est simple. Spartacus comme Cassandra souffrent de savoir leurs parents dans la rue, sans manger à leur faim. Avec un père alcoolique qui bat leur mère. Des parents qui réclament leurs enfants car les enfants sont devenus, très vite, les parents de leurs parents.

Ce film pourrait ressembler à un conte. Mais c’est une histoire vraie qui donne à réfléchir. Et qui concerne des enfants, des enfants qui n’ont jamais pu être des enfants. Donc une histoire sacrée. Et bouleversante.

Un film vrai à voir, bien entendu.

Bande annonce du film Spartacus et Cassandra :

Résultats du concours Edilivre : 48h pour écrire.

Les résultats du 1er concours d’écriture francophone sont en ligne. Nos lecteurs ayant été très actifs dans ce concours, nous les en remercions vivement.

Nous vous invitons à découvrir sur ce lien, le classement des 500 premières nouvelles du concours, les 3 lauréats du Jury ainsi que le Prix du Public. Et vous pourrez aussi y découvrir les Nouvelles !

Grand Prix du Jury : Tom d’Emmanuelle Solac

Les 10 nouvelles finalistes ont récolté plus de 1 300 « J’aime » sur Facebook.

A l’année prochaine pour la troisième édition d’Edilivre !

CitizenFour, Oscar 2015 du Meilleur Documentaire.

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Citizenfour-affiche

Citizenfour, un film de Laura Poitras

Dernier volet de sa trilogie sur l’Amérique post 11 septembre, après la dénonciation des excès de la guerre anti-terroriste dans My Country, My Country et une plongée dans la base navale de la baie de Guantánamo, la réalisatrice Laura Poitras s’attaque à la NSA. Documentaire produit par Steven Soderbergh, CitizenFour traite de la surveillance mondiale généralisée. Et nous, Français, comment ne pas se sentir directement concernés, surtout après les événements de Charlie Hebdo ?

Sortie : le 4 mars 2015
Durée : 1h53
Avec :  Edward Snowden, Julian Assange et Jeremy Schaill
​BAFTA 2015 du meilleur documentaire
Oscar 2015 du meilleur documentaire

Synopsis :

En 2013, Edward Snowden révèle des documents secret défense en provenance de la NSA, déclenchant l’un des plus grands séismes politique aux Etats-Unis. Sous le nom le code CITIZENFOUR, il contacte la documentariste américaine Laura Poitras, qui part le rejoindre à Hong Kong et réalise en temps réel Citizenfour,  un document historique unique et un portrait intime d’Edward Snowden

CITIZENFOUR

Du Brésil à la Grande Bretagne, des Etats-Unis à l’Allemagne, de Hong Kong à la Russie, CitizenFour retrace notamment l’histoire d’Edward Snowden.

En janvier 2013, Laura Poitras reçoit pour la première fois un e-mail anonyme signé CitizenFour, le nom de code que s’était donné le lanceur d’alerte. Entre scènes historiques et extraits de journaux télévisés, elle nous livre les dessous de l’affaire, ainsi que la rencontre entre Snowden et les deux journalistes du Guardian qui ont révélé le scoop : Glenn Greewald et Ewen MacAskill.

Lorsque Edward Snowden fuit son pays en juin 2013 avec une gigantesque somme de documents, nous sommes à la veille de l’explosion d’un scandale mondial sur les pratiques de la puissante agence de renseignement américaine. Il se réfugie alors à Hongkong où il rencontre plusieurs journalistes, dont la documentariste Laura Poitras. Elle capte tout de ces quelques jours pendant lesquels Edward Snowden va détailler ses motivations, son histoire et expliquer aux journalistes le contenu des premiers documents.

Des plans de construction de sites de la NSA à la sortie de l’ombre de son personnage capital, Laura Poitras signe un film clair mais anxiogène. Truffé de références juridiques et informatiques, par moment CitizenFour peut vous faire piquer du nez, mais c’est pour mieux vous le mettre dans ce scandale vu de l’intérieur.

Une vérité truffée de paranos, souvent fondées. Vous oscillerez alors entre défense nationale et libertés individuelles, cette liberté, d’ailleurs, qui a remplacé, dans nos sociétés, nos vies privées.

Bande annonce du film CitizenFour 

Une dernière danse, un livre de Victoria Hislop

Une dernière danse, un livre de Victoria Hislop

Une dernière danse, un livre de Victoria Hislop

Victoria Hislop, avec Une dernière danse, nous fait voyager à travers deux jeunes femmes amies. Sonia et Maggie quittent Londres pour passer quelques jours de vacances à Grenade, dans l’espoir de prendre quelques cours de danse et pourquoi pas découvrir le flamenco. Et, comme souvent dans les livres rien n’est le fait du hasard…

Publié aux Editions Les Escales en avril 2014

452 p – 21,90€


4ème couverture du livre de Victoria Hislop, Une dernière danse :
Une dernière danse, un livre de Victoria Hislop

Mon avis sur le livre :

Voilà une auteure que l’on aime bien et qu’on suit de très près. Son dernier livre, Une dernière danse, a retenu toute notre attention. Une fois le livre commencé, impossible de le lâcher ! Un véritable coup de cœur !

On suit donc les amies anglaises qui profitent de leurs vacances en Andalousie.

Au détour des ruelles de Grenade, Sonia entre dans un bar El Barril, et découvre de surprenantes photos. Elle en demande les origines au propriétaire des lieux et c’est ainsi qu’elle va découvrir l’Espagne d’avant Franco, L’Espagne des années 30, et bien sûr les années de Guerre Civile et l’Espagne franquiste. Mais aussi la culture espagnole, avec le flamenco, la tauromachie, l’ambiance qui régnait avant l’arrivée de Franco au pouvoir.

Des détails passionnants liés à la famille Ramirez, surtout à leur fille Mercedes, adorée par ses trois frères. Et une danseuses aux talents incontestable ! Mercedes va avoir un destin inouï.  Oui bien sûr cela concerne une seule famille, mais il y a eu des milliers de famille Ramirez ayant vécu la même tragédie…

On découvre la vie d’une famille à travers son histoire propre mais surtout à travers l’Histoire. Chacun a ses idées, ses idéaux, et ses opinions politiques. Et la tragédie est inévitable. Au cœur de cette famille, de cette ville et hélas, au niveau national. Et aujourd’hui au XXI siècle, les années franquistes ont laissé de nombreuses cicatrices indélébiles à tous les espagnols, qu’ils soient vieux ou jeunes. Transmises de générations en générations, hélas ! Et on comprend pourquoi.

Victoria Hislop a su rendre les détails historiques indispensables et mêler une très belle histoire d’amour au milieu de tant de détresse. Comme elle l’avait aussi merveilleusement fait dans son livre L’île des oubliés. On peut peut-être trouver que Victoria garde le même canevas dans ses livres : séjour touristique d’une jeune anglaise dans un pays étranger où il va découvrir une page de son propre passé familial… Le tout sur une trame historique tout à fait réelle et toujours dramatique…

Toutefois, Une dernière danse est un livre à découvrir sans plus attendre, même si la fin est un peu surréaliste !

« En attendant Godot » de Samuel Beckett, mise en scène par Jean Lambert-wild, Lorenzo Malaguerra et Marcel Bozonnet, à Paris

EN ATTENDANT GODOT

© Tristan Jeanne-Valès

Théâtre de l’Aquarium du 3 au 29 mars 2015
La cartoucherie
route du Champ de Manœuvre
75012 Paris
[pull_quote_center]Une traversée d’une densité rare portée par un supplément d’âme[/pull_quote_center]

 « En attendant Godot » de Samuel Beckett est un texte fondateur mettant en scène la tragédie de l’existence et la déraison du monde dans laquelle l’humanité se perd. Absurdité donc de la condition humaine où attendre Godot c’est espérer que cela va changer alors que cet espoir est vain.
Jean Lambert-wild, directeur de la Comédie de Caen, Marcel Bozonnet, artiste associé, et Lorenzo Malguerra, artiste d’origine suisse, signent la mise en scène de ce chef d’œuvre dont ils réactualisent avec force le propos très actuel à travers le destin des deux vagabonds, Vladimir et Estragon, candidats à un avenir impossible. bda7b4dc647ff623e1fd2e14e1971d3d
 Deux hommes sont seuls au milieu de nulle part à la tombée de la nuit et attendent quelqu’un, Godot. Cet homme providentiel — qui ne viendra jamais — leur a promis qu’il serait au rendez-vous. En l’attendant, les deux amis tentent de trouver des occupations, des « distractions », des diversions pour combler le vide et cette interminable attente. Ils sont à l’affût du moindre divertissement et leur dialogue est traversé de quiproquos, d’incompréhensions, d’insignifiance, de faux espoirs, sans cesse répétés et renouvelés.

Les deux personnages rappellent les couples interdépendants célèbres comme Sganarelle et Don Juan ou Don Quichotte et Sancho Panza ou encore Alex et Zavatta, Laurel et Hardy mais aussi une forme de dualité : le père, le fils, l’esprit, le corps.

EN ATTENDANT GODOT

L’incarnation des deux éclopés par Fargass Assandé et Michel Bohiri, acteurs ivoiriens, qui nous renvoie à tous les laissés pour compte d’aujourd’hui sonne d’une grande justesse. Ils sont magnifiques d’intensité avec cette capacité inouïe à inscrire leur jeu dans une immédiateté et une réalité qui font entendre comme jamais les mots de Beckett et cette humanité confisquée, confrontée à une errance et à une perdition de l’être.

Hérésie d’un monde irréconciliable qui voit se rencontrer nos deux accidentés de la vie et ce couple maître-esclave interprété par Marcel Bozonnet (vibrant) et Jean Lambert-wild (incandescent) où se mettent à jour les rapports de force et la mise en abîme de toutes les détresses humaines, à la fois victimes et bourreaux.

Jean Lambert-wild est un poète de la scène. Les images créées par le co-metteur en scène (le chapeau penseur qui s’éclaire ou encore les chaussures abandonnées qui changent de couleur comme par magie) ainsi que la gestuelle concrète, rythmée des acteurs mobilisent complètement le spectateur, propice à un questionnement en profondeur et universel sur notre époque.

Une traversée d’une densité rare portée par un supplément d’âme…

David Bowie is, une icône glam à la Philharmonie de Paris

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Philharmonie de Paris
221 avenue Jean-Jaurès – 75019 Paris

La Philharmonie de Paris consacre sa première exposition à David Bowie. Présentée au Victoria & Albert Museum de Londres en 2013, celle-ci sillonne la planète avec un succès retentissant.

Après son immense succès londonien, l’exposition David Bowie is est présentée dans une version légèrement remaniée à Paris en mars 2015 pour l’ouverture de la Philharmonie de Paris.

Qu’il s’agisse du glam rock, du funk ou de la soul, du disco ou de l’électro, David Bowie endosse tous les genres avec une longueur d’avance. De Major Tom à Ziggy Stardust, d’Aladdin Sane à Halloween Jack, David Bowie, fasciné par les avant-gardes, s’invente, se métamorphose et exhibe son corps devenu spectacle. Londres, New York, en passant par Berlin : sa géographie musicale anticipe et traverse les évolutions artistiques de notre histoire récente.

C’est cet itinéraire riche et fascinant que l’exposition se propose de retracer. Provenant essentiellement des archives personnelles de David Bowie, les documents visuels ou sonores inédits, photographies et films, costumes, éléments scéniques, manuscrits, dessins et instruments témoignent du parcours hors normes et de l’influence sur la culture populaire d’un artiste unique et « inclassable ». Et font de l’exposition une véritable expérience visuelle et sonore, réalisée en partenariat avec Sennheiser.

Informations et Billetterie en ligne sur davidbowieis.philharmoniedeparis.fr/

Week-end David Bowie
Du 6 au 8 mars
Concerts – Spectacles – Ateliers – Conférences – Visites
Le temps d’un week-end, entrez dans l’univers de David Bowie, icône glam rock. Philippe Decouflé dévoile un spectacle à mi-chemin entre concert et performance, l’Orchestre national d’Île-de-France conjugue les symphonies de Philip Glass à la période berlinoise de Bowie, et Renaud Cojo explore les multiples visages de Ziggy Stardust.

En savoir +

Ninja Turtles, un film de Jonathan Liebesman (DVD)

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Ninja Turtles

Ninja Turtles en DVD… Cowabunga !

Sorties d’un relifting intégral, les Tortues Ninja nous ont offert un petit moment de détente avec cette dernière adaptation cinématographique, sobrement intutlée Ninja Turtles. Un blockbuster musclé réalisé par Jonathan Liebesman (World Invasion : Battle Los Angeles, La Colère des Titans), et produit par un grand nom du cinéma Hollywoodien : Michael Bay (Pearl Harbor, No Pain No Gain, Transformers…). Une sortie DVD qui va faire chauffer votre home-cinema.

Sortie : le 25 février 2015
Durée : 1h42
Avec :  Megan Fox, Will Arnett, William Fichtner
Prix :  19,99 € (DVD/BR)

Synopsis :

Tenez-vous prêts : quatre héros de légende vont bientôt faire parler d’eux à New York… Leonardo, le leader, Michelangelo, le beau gosse, Raphael, le rebelle et Donatello, le cerveau, vont tout faire pour défendre la ville de New York, prise entre les griffes de Shredder. Entre deux dégustations de pizzas (sans anchois, bien sûr) et un entraînement intense aux arts martiaux, prodigué par leur maître Splinter, ils vont accomplir leur destin, aidés par la courageuse reporter, April O’Neil.

Ninja Turtles extrait

Notre avis sur le film :

Reprenant assez sommairement la genèse des tortues mutantes, le film est surtout prétexte à des grosses cascades façon « réalité virtuelle » (un peu comme dans Transformers). Si pour ceux qui connaissent bien la série d’animation des années 90, Ninja Turtles n’apporte rien de nouveau, c’est dans le style d’exécution que le ton change. On admire d’emblée le design de nos héros, qui prennent ici une dimension tout à fait inédite. Une façon très séduisante de revisiter le mythe sans le dénaturer. Un challenge et un équilibre difficile à trouver. Le cas de Shredder est sans doute le meilleur contre-exemple. Pourquoi en avoir fait un robot totalement automatisé ? Petit craquage de l’équipe du film qui est allée un peu trop loin avec ce personnage.[pull_quote_right][D]es scènes d’action à un rythme effréné. [/pull_quote_right]

Avec un scénario très léger, le film parvient à divertir en enchainant les scènes d’action à un rythme effréné. Si bien qu’on peut même se sentir las par moments. Les dialogues où viennent se nicher quelques touches d’humour sont plutôt bien calibrés. Les Ninja Turtles deviennent vite attachantes par leur complémentarité et la dimension plus humaine que leur a donné le réalisateur. Elles sont en effet un peu plus sombres, plus « énervées » que dans la série mère. Un trait de caractère bienvenu et très bien dosé. En dehors du quatuor infernal, les personnages ont du mal à émerger, que ce soit les méchants ou April O’Neil. Megan Fox, qui interprète cette dernière, ne parvient pas à convaincre dans la peau de la blonde à la veste jaune.

Ninja Turtles est donc avant tout un film d’action tout public, qui ne s’adresse pas qu’aux fans des mutantes vertes. Les plus jeunes auront plaisir à découvrir cet univers s’ils ne le connaissent pas déjà. Quant aux autres, c’est surtout le côté visuel du film qui les séduira.

Les bonus du DVD : 

« Réalité digitale »
« Dans ta face ! Les Tortues en 3D »
« J’en ai assez d’être vert »
« Composite évolutif »
« Le rock des tortues »
Fin version longue
Clip « Shell Shocked »
Making of du clip « Shell Shocked »

Noël au Balcon au Café de la Gare, mise en scène par Gilles Dyrek

Affiche Noel au Balcon

Noël au Balcon, au Café de la Gare

Du mercredi au samedi 21h et le dimanche à 15h30

41 rue du temple 75004

Moses Rose, tome 1 : une BD de Patrick Cothias, Patrice Ordas et Christelle Galland (Grand Angle)

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MOSES ROSE

Moses Rose, tome 1 : La Bataille de l’Alamo

Diptyque co-scénarisé par le duo formé par Patrick Cothias et Patrice Ordas (Le Fils de l’Officier, La Rafale, S.O.S. Lusitania...), Moses Rose raconte l’histoire du seul survivant de la bataille de Fort Alamo, accusé à tort d’être un déserteur. C’est en hors-la-loi que l’homme va entamer un long voyage pour retourner sur les ruines de cette bataille et tenter de prouver son innocence. Un récit qui nous fait voyager dans l’Amérique des Comanches, très joliment illustrée par Christelle Galland (Le Fils de l’officier).

Date de parution : le 25 février 2015
Auteurs : Patrick Cothias, Patrice Ordas (scénario),Christelle Galland (dessin) et Morgan Tanco (couleurs)
Editions : Grand Angle
Prix : 13,90 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

La rédemption du seul survivant du massacre de Fort Alamo. Accusé d’avoir été le seul déserteur de la bataille du Fort Alamo, Louis « Moses » Rose espère prouver qu’il a combattu avec ses camarades. Pour échapper à la prison, il n’a d’autre choix que d’aider le shérif Millsaps à retrouver de l’argent et des documents cachés dans les ruines du fort. Mais il s’agit d’un voyage de 900 kilomètres, au travers des contrées hostiles où les Comanches ont repris les armes…

Moses Rose

Le point sur l’album :

Nous sommes en 1836, et la bataille de Fort Alamo s’annonce comme un véritable carnage. Les hommes de James Bowie, en forte infériorité numérique, sont promis à une mort certaine face à leurs assaillants mexicains. Tous périront, exception faite de Louis Rose dit Moses. Ce soldat français qui a longtemps combattu pour l’Empire Napoléonien est alors suspecté de désertion. Faisant quelques années plus tard alliance avec le shérif Millsaps – qui souhaite retrouver des documents précieux sur le lieu de la bataille – Moses Rose va entreprendre avec lui un long voyage à travers la Louisiane, en terre comanches, pour tenter de sortir de l’impasse. Un périple dangereux, surtout lorsque l’on est pourchassé par des chasseurs de prime…[pull_quote_left]un scénario riche et ambitieux[/pull_quote_left]

C’est donc un scénario riche et ambitieux que nous proposent Cothias et Ordas. Toujours fortement ancré dans l’Histoire, celui-ci s’apparente à un vrai road trip entre terre et mer. Un western séduisant malgré un découpage parfois abrupte, qui n’hésite pas à prendre des raccourcis là où on aimerait plus de détails. Les contraintes du format ne se font pas toujours oublier. Le récit reste néanmoins fluide, rythmé par de multiples rebondissements. Agréable à lire.

Le dessin réaliste de Christelle Galland bénéficie d’un trait fin et précis qui orne des planches très détaillées. Un travail généreux et soigné qui donne beaucoup de plaisir. Un véritable atout pour cette série.

Ce premier album de Moses Rose ne manque pas d’arguments. A découvrir.

Folle cuisine, une BD d’Alexis Laumaillé (Grand Angle)

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FOLLE CUISINE

Folle cuisine, une BD d’Alexis Laumaillé

Titre appétissant, couverture flashy pleine de promesses, le nouvel album d’Alexis Laumaillé (Mélissa, La Main du singe) séduit dès le premier coup d’oeil. Folle cuisine est un one shot original, où deux jeunes femmes se lient d’amitié pour se faire une place en cuisine… Mais pas dans n’importe laquelle. Un récit inattendu qui a attisé notre curiosité.

Date de parution : le 25 février 2015
Auteur : Alexis Laumaillé (scénario et dessin)
Editions : Grand Angle
Prix : 19,90 € (92 pages)

Résumé de l’éditeur :

Un thriller gastronomique épicé !Barbara est passionnée de cuisine, mais une maladie rarissime l’empêche de reconnaître les visages. Mathilde, quant à elle, aime faire plaisir à son entourage, quitte à enfreindre la loi. Lorsqu’elles se rencontrent chez leur psy, leur amitié est immédiate et Barbara fera embaucher Mathilde dans son palace pour l’aider à conserver son poste. Mathilde sera les yeux de Barbara et Barbara la conscience de Mathilde…

Folle cuisine planche

Le point sur l’album :

Alors que Barbara, serveuse, souffre de prosopagnosie – maladie qui l’empêche totalement de voir les visages avec distinction – elle va tout faire pour conserver son travail. Faire embaucher Mathilde, rencontrée par hasard dans la salle d’attente de son médecin, pourrait être la solution. Cette dernière va l’aider à reconnaître les clients à servir en salle par quelques stratagèmes. Mais c’est sans compter les problèmes de Mathilde, qui doit elle aussi vivre avec une maladie étrange : l’hypomanie. Cette pathologie la pousse à concrétiser les moindres désirs imaginés chez l’autre. Elle va donc se dépasser, et aller bien au-delà de la frontière du raisonnable.

Commence alors une autre intrigue, celle d’une cuisine hallucinogène à base de drogues. Un trafic mis en place au sein de l’hotel où les deux femmes travaillent…. et elles comptent bien en profiter.[pull_quote_right]Folle cuisine nous laisse un peu sur notre faim.[/pull_quote_right]

Un scénario riche de bonnes idées qui donnent la sensation de se laisser porter par un flux imaginaire où l’inspiration se mêle au réel (notamment à travers la propriétaire de l’hotel, alter-ego de Liliane Bettencourt). Malgré cela, le découpage de l’histoire n’est pas toujours optimal. Nos personnages sont dans l’instantanéité. On ne sait rien de leur passé. Et le récit s’en ressent, ne parvenant pas à atteindre une profondeur suffisante. C’est dommage parce qu’il ne manque pas grand chose.

Côté dessin, l’artiste fait preuve d’ingéniosité lorsqu’il s’agit de mettre la prosopagnosie en image. Une ingénieuse façon de représenter visuellement ce que fait vivre cette maladie. Le défi était de taille. Son trait fin associé à une coloration vive, aux contrastes marqués, fait immanquablement penser à une influence comics. Un style plutôt agréable.

Au final, Folle cuisine nous laisse un peu sur notre faim. L’album ose des choses tout en laissant l’impression de ne pas aller au bout. On demeure diverti là où on pensait être vraiment surpris. Toutes les promesses ne sont donc pas tenues…

Rahan – Les Fantômes du Mont-Bleu, une BD de Jean-François Lécureux et André Chéret (Soleil)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Rahan Les fantômes du mont bleu

Rahan, Les Fantômes du Mont-Bleu

Rahan, le héros le plus populaire de la préhistoire revient avec une aventure inédite : Les Fantômes du Mont-Bleu. Un titre évocateur puisqu’il s’agit de l’endroit même où Rahan a vu son clan anéanti par l’éruption du volcan alors qu’il n’était qu’un jeune garçon. L’album relance ainsi cette série créée il y a plus de quarante ans par Roger Lécureux et André Chéret. Et ce n’est autre que le fils de ce premier qui reprend le flambeau du scénario, en compagnie du dessinateur de toujours de Rahan.

Date de parution : le 4 février 2015
Auteurs : Jean-François Lécureux (scénario) et André Chéret (dessin)
Editions : Soleil
Prix : 14,95 € (64 pages)

Résumé de l’éditeur :

Rahan est de retour pour de nouvelles aventures ! Pour la première fois depuis qu’il a entrepris de partir à la découverte de Ceux qui marchent debout, le Fils de Crao, guidé par son coutelas d’ivoire, voit ses pas le ramener au pied du Mont Bleu. Là-même où périrent jadis tous les siens. Sur les lieux précis où il fit le serment à son père adoptif de respecter à jamais tous ses frères et de partager ses connaissances avec eux. Mais qu’elle n’est pas la surprise de Rahan de constater qu’en son absence, un mystérieux sorcier a détourné ses inventions pour asservir tout un peuple et détruire l’environnement.

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Le point sur l’album :

Guidé par son coutelas d’ivoire, Rahan va donc opérer malgré lui un retour aux sources, aux origines même de la légende de l’esprit aux cheveux-de-feu. Là-bas, il va être capturé par un clan qu’il ne connaît pas. Et pourtant, tous ont entendu parler de lui. Le village semble d’ailleurs concentrer toutes ses inventions, comme si les fruits de son savoir et de son expérience avaient été soigneusement répertoriés et reproduits. Rahan va alors découvrir le revers de tels progrès techniques : des déviances écologiques, politiques et sociales.

C’est donc un récit aux enjeux résolument modernes que propose Jean-François Lécureux. Donnant un écho de notre temps à Rahan, le scénariste insuffle un vent de fraîcheur à cette série vieillissante malgré son succès populaire. Son scénario esquisse une fable à la morale omniprésente, qui prend parfois le pas sur le rythme en pesant sur les dialogues. L’histoire de ce nouvel album s’inscrit dans l’esprit d’une série familiale, qui pourrait régaler les plus jeunes (un peu au détriment d’un public plus adulte).

L’inimitable dessin d’André Chéret procure quant à lui de belles sensations, dont un brin de nostalgie. Son trait n’a pas pris une ride. On aime sa précision et son côté vieille école, exacerbé par la couleur directe utilisée. Longtemps remarqué pour son côté novateur, le dessin de Rahan séduit aujourd’hui pour des raisons inverses.

Respectant donc tous les fondamentaux de la série, Rahan, Les Fantômes du Mont-Bleu se met au goût du jour sans grande révolution. Un album néanmoins agréable lire.

Alexandre Dratwicki à l’Académie Ravel, à Saint Jean de Luz.

Conférence
 

Alexandre Dratwicki

CONFÉRENCE MUSICALE de Alexandre Dratwicki
Auditorium Ravel – Saint-Jean-de-Luz.

La conférence est reportée au mois de juin 2015.
Thème : « Les spécificités du romantisme français »

Conférencier : Alexandre Dratwicki

Entrée : 10 € / 5 €


« Souvent taxé d’éclectique ou de disparate, le romantisme français est né symboliquement en 1830 avec la Symphonie fantastique de Berlioz et le Grand Opéra de Meyerbeer, Auber et Halévy. Pourtant, derrière l’influence de la vocalité italienne et de l’harmonie germanique, de véritables spécificités voient le jour ou prolongent les expériences de l’époque classique : orchestration chatoyante, prédominance du texte ou de l’inspiration littéraire, intérêt pour la mise en scène et le grandiose, etc. «L’Ecole française» romantique dominera le XIXe siècle dans bien des spécialités, à commencer par le violon et le piano, et le Conservatoire de Paris imposera sa marque dans toute l’Europe. Plus encore, deux compositeurs se revendiqueront comme dépositaires du génie français : Wagner et Verdi. »

 

Alexandre Dratwicki

Alexandre Dratwicki

 

Directeur scientifique du Palazzetto Bru Zane (Venise), docteur en musicologie et ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis), Alexandre Dratwicki est spécialiste de la musique française du XIXe siècle. Diplômé du Conservatoire de Paris (esthétique), il a enseigné l’histoire de la musique dans plusieurs universités et a été producteur à Radio France (« La Querelle des Bouffons » et « Sortez les jumelles » en 2006- 2007). Il a notamment publié chez Somogy, Le

Cavalier bleu, Ediciones singulares, Brepols, Vrin et Symétrie. Son ouvrage Un nouveau commerce de la virtuosité (1780-1830) a reçu le prix des Muses 2007 de l’essai. Il a codirigé avec Julia Lu Le Concours du prix de Rome de musique (1803-1968) et a obtenu en 2013 un prix de la Fondation Napoléon pour La Mort d’Abel de Rodolphe Kreutzer.

Académie Maurice Ravel – 8, place Maurice Ravel – 64500 Saint-Jean-de-Luz

Pour en savoir plus : www.academie-ravel.com

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