Accueil Blog Page 282

Amateurs et novices de théâtre, tous sur Aubalcon.fr !

logo au balcon
www.aubalcon.fr

Sur Twitter @aubalconoff
Sur Facebook : /Aubalconofficiel

Dépoussiérer et démocratiser le théâtre : c’est le pari relevé par les créateurs du site internet Aubalcon.fr. Lancé par deux amoureux du théâtre, Pierre et Grégoire, ce site collaboratif innovant et au style moderne propose à tous de devenir un critique de théâtre.

Face d’Ange, tome 1 : une BD de Koldo et Angel Unzueta (Glénat)

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37

Face d'Ange tome 1

Face d’Ange tome 1

Récit fantastique imaginé par le scénariste Koldo et mis en images par l’illustrateur de comics Angel UnzuetaFace d’Ange est un thriller en deux tomes où des esprits viennent hanter une petite fille qui a perdu sa mère, assassinée quelques heures plus tôt. Les deux auteurs avaient déjà réalisé ensemble Chasseurs de reliques.

Date de parution : le 8 avril 2015
Auteurs :  Koldo (Scénario) et Angel Unzueta (Dessin)
Editions : Glénat
Prix : 13,90 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur:

Los Angeles, 1959. Paul Ares reçoit un appel de la police. Son ex-femme, Diane, a été retrouvée assassinée dans une chambre d’hôtel. Il doit à présent prendre en charge sa fille, Callie, qu’il n’a pas revue depuis des années. Vétéran de la guerre de Corée, Paul s’était noyé dans l’alcool, s’éloignant peu à peu de sa famille. Callie ne lui a jamais vraiment pardonné. Mais aujourd’hui, la petite fille n’a pas le choix : elle doit retourner vivre dans la ferme de son père. Alors qu’elle commence à renouer contact avec lui, elle perçoit des phénomènes étranges. Une nuit, elle entrevoit le fantôme de sa mère, qui cherche à lui révéler les circonstances de sa mort… Koldo signe un polar fantastique et émouvant, entre L.A. Confidential et le Sixième Sens, dont l’ambiance fin des années 1950 est parfaitement restituée par le graphisme stylisé et rétro d’Angel Unzueta.

[rev_slider facedange1]

Le point sur l’album :

Débutant son scénario comme une intrigue policière, Koldo met en scène un vétéran de la guerre de Corée alcoolique appelé pour reconnaître le corps de son épouse dont il vivait séparé. Cette dernière a été retrouvée morte dans la chambre d’un hotel. L’occasion pour lui de se ressaisir et de récupérer la garde de sa fille. Seulement, une fois arrivée chez lui, cette Face d’Ange va être victime de visions. Elle va voir sa mère tentant de lui dire quelque chose, tandis que son père ne voit rien mais entend des voix… Un mystère qui introduit une intrigue plutôt intéressante et agréable à suivre.

Cela d’autant plus que le dessin de Angel Unzueta fait de cette atmosphère horrifique un beau prétexte pour montrer toute l’étendue de ses talents d’illustrateur de comics. Une identification forte, dont la ligne reste claire et la coloration infographiée fait le jeu d’effets de lumière omniprésents.

Face d’Ange propose un premier album envoutant avec des fantômes qui ont le sens de la mise en scène. Affaire à suivre…

Semianyki Express, au Théâtre du Rond Point

p183782_1

Théâtre du Rond Point
Jusqu’au 5 juillet
Du mardi au samedi à 21h et le dimanche à 15h
Pour réserver consultez le site du théâtre

Les Semianyki (« la famille ») sont de drôles de personnages embarqués dans une aventure qui semblait prometteuse : un voyage à bord du Semianyki Express, un train tout droit sorti du fin-fond de la Russie.

La promesse est belle : traverser les bords de la Volga et les montagnes enneigées de la Russie d’hier et d’aujourd’hui. Et c’est une troupe russe, issue du Teatr Licedei de Saint-Pétersbourg, qui vous accueille au cœur d’un vieux wagon aux couleurs ocres. La salle est pleine et c’est à guichets fermés que cette troupe tourne depuis quelques années.
De mots dans cette pièce, il n’y en a pas. Tout est mimes et bruitages, les personnages eux, ont le visage teinté de blanc à la manière des chanteurs israéliens les Voca People. Mais à la différence de ces derniers, les Semianyki ne sont ni des chanteurs accomplis ni des danseurs de compétition. Ce sont plutôt des clowns qui enchaînent des gags relevant du déjà-vu, qui font parfois sourire mais peuvent susciter chez certains un sentiment de frustration.

Crédit photo : Giovanni Cittadini Cesi
Crédit photo : Giovanni Cittadini Cesi

Dans une mise en scène aussi minutieuse, au gré de décors aussi poétiques et harmonieux, on aurait espéré un peu plus de poésie, de finesse dans les textes (NDLR : comprenons texte « induit » par certaines scènes :-), puisque c’est en partie du mime !) et les actions des personnages.  Si ces clowns joyeux suscitent les émerveillements et éveillent certains souvenirs d’enfance, ils sont parfois trop dans le « clownesque » pour être crédibles. Quel dommage de ne pas avoir ajouté à ce spectacle une touche de délicatesse et de performance artistique confirmée (une vraie danse, un vrai chant, n’aurait pas été de trop). A mi-chemin entre le spectacle de cirque, la comédie de boulevard et le théâtre de rue, Semianyki Express laisse un peu perplexe.  On y passe un agréable moment, au gré d’un voyage en train somme-toute sympathique, mais on en ressort sans vraiment avoir compris le pourquoi du comment. Il manque peut-être une touche de classicisme à la française dans cette peinture russe déjantée.

L’homme de l’année 1848, une BD de Jean-Pierre Pécau, Benoît Dellac et Morgann Tanco (Delcourt)

Capture d’écran 2014-12-05 à 07.55.50L'homme de l'année 1848

L’homme de l’année 1848 – tome 9

Racontée par Jean-Pierre Pécau (L’Histoire secrète, Jour J, L’Homme de l’année, Paris Maléfices, Le Grand Jeu, Ligne de Front, Wonderball), et illustrée par Benoît Dellac (Missi Dominici, Les Princes d’Ambre, Marie Kingsley : la montagne des dieux), l’histoire de L’homme de l’année 1848 est celle du corsaire Jean Lafitte, qui aurait financé la publication du Manifeste du Parti Communiste de Karl Marx

Date de parution : le 20 mai 2015
Auteurs : Jean-Pierre Pécau (scénario), Benoît Dellac (dessin) et Morgann Tanco (couleurs)
Editions : Delcourt
Prix : 14,95 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

1848. L’Europe s’embrase à l’idée de la démocratie. À Londres, un jeune philosophe du nom de Karl Marx travaille à la rédaction du Manifeste du Parti communiste. Mais comment faire éditer l’ouvrage ? Un homme étrange se présente alors pour payer l’imprimeur. Il dit venir des Amériques, s’appeler Jean Lafitte et être un ancien capitaine corsaire.

[rev_slider lhommedelannee1848]

Le point sur l’album :

Partant d’une hypothèse rejetée par la plupart des historiens selon laquelle Jean Lafitte serait le mystérieux soutien financier qui a permis l’impression du Manifeste de Karl MarxPécau prend quelques libertés avec l’Histoire et nous raconte le destin de ce corsaire de renom. Un scénario ponctué de flasch-backs sur les épisodes clés de la vie de cet aventurier de BaratariaRamené régulièrement à l’année 1848, le lecteur suit le corsaire expérimenté en mission de sauvetage pour récupérer Karl Marx, menacé d’arrestation, et lui faire quitter le territoire français. Une aventure de plus dans la longue vie de ce pirate qui ne dit pas son nom. Un scénario assez agréable à lire, malgré un découpage parfois abrupte entre les époques narratives.

Avec son dessin « à l’ancienne », Benoît Dellac ajoute son cachet à l’entreprise de Jean Lafitte. On voyage à travers les époques grâce au trait convaincant de l’artiste, qui ne manque pas de panache. Sa couleur directe ajoute quant à elle une authenticité bienvenue.

En résumé, ce neuvième album de L’homme de l’année célèbre Jean Lafitte assez flatteusement, à la hauteur de sa légende. A lire.

14-18, tome 3 : une BD de Corbeyran et Etienne Le Roux (Delcourt)

Capture d’écran 2014-12-05 à 07.55.5014-18, tome 3

14-18, t.3 : Le Champ d’honneur (janvier 1915)

Dans 14-18, on suit une bande de huit hommes issus d’un même village de l’hexagone et mobilisés pendant la Grande Guerre. Des compagnons de vie qui se connaissent depuis toujours et se retrouvent à devoir faire face aux horreurs de la guerre. La série qui comptera 10 albums vient de paraître son troisième tome : Le Champ d’honneur (janvier 1915). Lire notre chronique du tome 2

Date de parution : le 13 mai 2015
Auteurs : Corbeyran (scénario), Etienne Le Roux  (dessin) et Jérôme Brizard (couleurs)
Editions : Delcourt
Prix : 14,50 € (48 pages)
De la même série : Lire notre chronique du tome 2

Résumé de l’éditeur :

Janvier 1915. Tandis que les hommes creusent les tranchées, le commandement élabore un plan dans lequel une section doit servir d’appât aux Allemands, une mission-suicide qui incombe au caporal Armand de Bernanceaux et à ses hommes. Avant le départ, deux événements portant sur l’honneur de Maurice et celui de Denis vont mettre en péril la cohésion du groupe d’amis.

[rev_slider 14-18tome3]

Le point sur l’album :

Dans ce troisième album de 14-18, le récit du scénariste Corbeyran (Metronom’, Les Thanatonautes, Shadow Banking, Uchronie[s]) se durcit. La bande d’amis désormais dirigée par l’un des leurs, va être envoyée dans une mission à haut risque les obligeant à se mettre à découvert. La tension monte d’un cran et la guerre n’épargnera personne. On sent la peur traverser l’échine de ces hommes qui ne maitrisent pas leur destin. Sur la vie de camp, les secrets et les langues continuent de se délier et font eux aussi leurs victimes. Une mise en scène dosée avec équilibre alterne ainsi les niveaux d’intrigues, captant toute l’attention du lecteur. C’est bien joué.

Tout comme le dessin d’Etienne Le Roux (Le temple du passé, Le dernier voyage d’Alexandre de Humbolt)très agréable à admirer grâce à son sens du détail. On regrette néanmoins une coloration trop fade, qui manque de peps.

14-18 ne manque pas de séduire grace à un récit passionnant, servi par un dessin de qualité. Une série à suivre avec attention !

Maëster…et boules de gomme, une BD de Maëster (Glénat)

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37

Maëster... et boules de gomme

Maëster…et boules de gomme

Figure emblématique du magazine Fluide Glacial, Maëster (Sœur Marie-Thérèse des Batignolles, Meurtres fatals…) a dernièrement publié Maëster…et boules de gomme, un album qui réunit 12 histoires courtes publiées dans le célèbre magazine dans les années 80, où l’humour de l’auteur martyrise quelques grandes figures de notre enfance : Tintin, Blanche-Neige, Cendrillon… 

Date de parution : le 8 avril 2015
Auteurs :  Maester (Scénario et Dessin)
Editions : Glénat
Prix : 19,50 € (104 pages)

Résumé de l’éditeur:

Dans une série de 12 histoires courtes déjantées, Maëster, en grand amateur de cinéma et de BD, démolit tour à tour Tintin, Blanche-Neige, le mythe du détective privé new-yorkais – affublé d’une houppette, lui aussi –, Cendrillon, les spots pub de lessive et bien plus encore ! Son trait expressif et virtuose – qui n’est pas sans rappeler son maître Gotlib – et sa loufoquerie font passer tous ces classiques de la culture populaire pour des dessins animés de Tex Avery shootés aux acides ; son talent de caricaturiste se permet même de faire intervenir des célébrités telles qu’Humphrey Bogart, Isabelle Adjani ou… lui-même ! Ces planches parues dans Fluide glacial au début des années 1980 laissaient déjà entrevoir chez le jeune Maëster un sens du gag et une maîtrise du verbe bien à lui qui définiront son œuvre pour les années à venir.
Redécouvrez les quelques histoires qui composent Maëster… et boules de gomme dans une nouvelle édition comprenant un cahier bonus de dessins inédits !

[rev_slider maesteretboulesdegomme]

Le point sur l’album :

C’est donc une réédition que s’offre Maëster…et boules de gomme, « enrichie en colorants et additifs divers pour les gourmands d’inédits » ainsi qu’un petit autocollant le signale sur la couverture. Un album qui a le mérite de partager la folie qui habitait déjà les débuts de Maëster, qui a fait ses preuves par son humour décalé, excessif voire simplement barré. Avec des petites histoires plutôt bien calibrées, l’auteur nous propose un petit tour au pays de merveilles… loin d’être innocentes.

Un moment de détente accompagné du dessin noir et blanc de l’artiste, dont le coup de crayon n’a pas son pareil.

Maëster…et boules de gommes est une BD à (re)découvrir. Un incontournable de la BD humoristique.

Apocalypse sur Carson City, tome 5 : une BD de Guillaume Griffon (Akileos)

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37

Apocalypse sur Carson City, tome 5

Apocalypse sur Carson City, tome 5

Ca saigne une fois de plus sur Carson City ! Une pluie de zombies s’abat sur la ville et nos protagonistes… Mais Guillaume Griffon (Billy Wild), auteur complet qui signe cette série culte, ne connaît pas la panne d’inspiration, loin de là. Il livre un nouvel album déluré, explosif et poilant comme jamais. Dans sa grande générosité, il prolonge d’ailleurs l’aventure en prévoyant un final reporté dans un sixième tome. Accrochez vos ceintures !

Date de parution : le 7 mai 2015
Auteur : Guillaume Griffon (scénario et dessin)
Prix : 16 € (112 pages)
Editions : Akileos 

Résumé :

Nevada. C est aujourd’hui Halloween et l’aube s’est levée sur Carson City. Speed, Beverley et le cuistot, qui sont toujours barricadés dans leur chambre d’hôpital et entourés de zombies, sont sur le point de tenter une sortie… aérienne, afin d’échapper à leur enfer. Vingt étages plus bas, le général Matthews et ses sbires vont prendre une décision radicale pour enrayer le fléau qui s’est abattu sur la ville. Quant aux frères Blackwood, ils sont à présent nez à nez avec le shérif Justice… Avant dernier tome de la série culte de Guillaume Griffon, « L’ Apocalypse selon Matthews » en arrive à un point de tension extrême, pour le pire et… le pire.

Le point sur l’album :

Furieux cocktail de ce qui se fait de plus barré dans le genre « film de zombies », Apocalypse sur  Carson City s’enflamme encore plus fort dans ce cinquième épisode, intitulé L’Apocalypse selon Matthews. Un titre prophétique bien trouvé, où nos grosses têtes toutes droit sorties de séries B – remasterisées pour les besoins du tournage – partent totalement en sucette. Un casting outrancier qui se voit amputé de quelques figures phares à grands coups de bazooka, mitraillettes et morsures déchiquetantes… Largement de quoi se délecter à la vue parodique de boyaux qui s’étalent sans pudeur et viennent nous cramer les neurones.

Outre le scénario, dont il faut reconnaître la richesse, on doit encore saluer le travail hors normes de Guillaume Griffon sur le dessin. Un style unique qui foisonne d’idées géniales. Son trait caricatural est d’une précision incroyable. Il dégage une énergie totalement incontrôlable et pourtant tout est parfaitement canalisé, mis en scène, calibré pour assurer le spectacle. Un show à l’américaine bien entendu.

En résumé, si vous cherchez à vous recueillir à travers une lecture spirituelle et raffinée, laissez-vous guider par Apocalypse sur Carson City ! Vous apprendrez ainsi qu’il y a aussi du bon dans d’autres genres de lecture !

Résultats concours : Bharati, 10 places de spectacle gagnées.

A l’occasion du spectacle Bharati, Il était une fois l’Inde, en, tournée dans toute la France, Publik’Art vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places pour le spectacle Bharati, Il était une fois l’Inde, à  Bordeaux, le 4 juin .

 

Vous avez été très nombreux à participer. Un grand bravo à tous !

 

Les 5 heureux gagnants sont :

Vanessa Bibard, Angélique Roques, Caroline Louet, Jean Courtade et Martine Seghetto.

 

Notre partenaire vous contactera pour vous donner toutes les infos !

Très bon spectacle !

La Cité des Chiens, tome 1 : une BD de Yohan Radomski et Jakub Rebelka (Akileos)

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37

La Cité des Chiens, tome 1

La Cité des Chiens, tome 1

Conte fantastique médiéval, La Cité des Chiens est un diptyque réalisé par le scénariste Yohan Radomski (La Danse macabre) et l’illustrateur Jakub Rebelka. Ce premier album nous immerge dans un monde sombre et violent, où la jeune nièce d’un roi cruel et sanguinaire va chercher à s’allier à un peuple d’affranchis pour le faire assassiner.

Date de parution : le 7 mai 2015
Auteurs : Yohan Radomski (scénario) et Jakub Rebelka (dessin)
Prix : 15 € (64 pages)
Editions : Akileos 

Résumé de l’éditeur :

Blanka, nièce de Volas, cruel seigneur de la Cité des Chiens, fait appel à la Confrérie de l’Île des Morts pour que son oncle soit tué et qu’elle puisse vivre son amour avec son cousin Janko. La vengeance prendra un tour inattendu quand les Confrères s’apercevront que Volas et la mère de Blanka sont sous l’influence de l’Ombre, une sorcière noire qu’ils devront combattre.

La Cité des Chiens, tome 1

Le point sur l’album :

Dans ce monde médiéval peuplé de créatures aux pouvoirs obscures, Blanka a soif de vengeance. Son oncle est un tyran qui ne recule devant aucun crime. Un personnage à glacer le sang, merveilleusement mis en scène dans un torrent d’immondices qui fait couler une boue de globules rouges sur le récit de Yohan Radomski. Alternant avec subtilité les flash-backs avec le temps présent, l’auteur propose de découvrir l’histoire de cette famille royale depuis l’accession au pouvoir de ce dictateur qui fait depuis régner la peur. Le récit n’a pas de mal à captiver rapidement le lecteur grâce à la richesse de son univers fantastique, son rythme ciselé et son écriture fleuve.[pull_quote_right]Sensations fortes garanties.[/pull_quote_right]

On est également marqué par le dessin original de Jakub Rebelka, qui dégage beaucoup d’énergie. Son trait irrégulier et puissant installe une atmosphère souvent chargée, renforcée par un graphisme qui l’est tout autant. Les détails sont très nombreux, et la coloration plutôt sombre ne fait que renforcer cette impression. Un dessin très dense, qui fait la différence.

La Cité des Chiens signe un très bon premier album en introduisant un récit épique et violent. Sensations fortes garanties.

L’ombre des femmes, un film de Philippe Garrel

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37

 

L’ombre des femmes, un film de Philippe Garrel

L’ombre des femmes, un film de Philippe Garrel

 

Philippe Garrel centre son film L’ombre des femmes, sur la femme, bien entendu, mais plus précisément sur la relation homme-femme et le désir.

Le film est en noir et blanc et paraît comme décalé dans le temps ou intemporel. Difficile de savoir ce qu’a voulu nous dire le réalisateur.

Sortie le : 27 mai 2015

Durée : 1h13

Avec : Stanislas Merhar, Lena Paugam et Clotilde Courau

Synopsis :

Le film est présenté à Cannes 2015, en ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs.

Pierre et Manon sont pauvres. Ils font des documentaires avec rien et ils vivent en faisant des petits boulots.
Pierre rencontre une jeune stagiaire, Elisabeth, et elle devient sa maîtresse. Mais Pierre ne veut pas quitter Manon pour Elisabeth, il veut garder les deux.

Un jour Elisabeth, la jeune maîtresse de Pierre, découvre que Manon, la femme de Pierre, a un amant. Et elle le dit à Pierre…
Pierre se retourne vers Manon parce que c’est elle qu’il aimait. Et comme il se sent trahi, il implore Manon et délaisse Elisabeth.
Manon, elle, rompt tout de suite avec son amant. On peut supposer que c’est parce qu’elle aime Pierre.

 

 

L’ombre des femmes, un film de Philippe Garrel

L’ombre des femmes, un film de Philippe Garrel

Le film repose sur trois acteurs essentiellement, Stanislas Merhar, Lena Paugam et surtout sur Clotilde Courau qui a un jeu très complexe où elle excelle vraiment.

Pierre et Manon sont très amoureux. Ils vivent pauvrement, à Paris mais ils ont un beau projet commun : la réalisation d’un film documentaire sur la Shoah. En attendant, ils font des petits boulots pour essayer de s’en sortir.

Le quotidien l’emporte assez vite. Sans raison, Pierre va tromper sa femme avec Elisabeth, une jeune femme qui tombe rapidement amoureuse de lui. Mais lui, veut garder sa femme dont il se dit éperdument amoureux, et sa maitresse.

Jusque là, rien que de très banal comme scénario. Puis, comme le dit le synopsis qui raconte vraiment tout le film, Pierre va apprendre que lui aussi est trompé…

Voilà qui va changer la donne. On a l’habitude de l’épouse trompée mais moins celui du mari trompé. L’objectif de Philippe Garrel était de souligner l’importance de la libido aussi bien chez la femme que chez l’homme. Une espèce d’égalité dont on ne parle jamais. Pourquoi la femme n’aurait-elle pas tout simplement envie d’une autre ? Comme une gourmandise bien sucrée…

Le problème est qu’on ne ressent pas cette fameuse libido, cette envie qui vous pousse à l’irréparable. Tout est un peu trop sinistre dans ce film, à l’image de Pierre et rien ne transpire le désir ! Est-ce du fait du noir et blanc ? Des endroits sinistres ? Ou de l’intemporalité du film ? Ou tout simplement parce qu’aujourd’hui on ne parle plus de cette façon-là de l’adultère. Et surtout on ne la vit plus comme ça… L’homme d’aujourd’hui ne ressemble nullement à ce Pierre, beau, amoureux, mais lâche et faible avec un gros problème de communication…

Un film qui sort de l’ordinaire dont les critiques sont en général excellentes et qui a été sélectionné à Cannes comme film d’ouverture à La Quinzaine des Réalisateurs 2015, mais qui ne nous a pas emballés.

L’année du crabe – Globules et raviolis : une BD d’Alice Baguet (Vraoum!)

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37

l'année du crabe

L’année du crabe – Globules et raviolis

« Le cancer n’est pas nécessairement triste et dramatique. Face à la maladie, l’humour est une réaction comme les autres, mais en plus drôle ». Alice Baguet a combattu le cancer à l’âge de 19 ans. Un cancer du sang qui a évidemment changé sa vie. Dans L’année du crabe – Globules et raviolis, elle nous parle de cette « expérience » avec humour en mettant en scène son nouvel ami de l’époque : Jean-Pierre, son fameux cancer.

Date de parution : le 20 mai 2015
Auteur : Alice Baguet (scénario et dessin)
Prix : 15 € (96 pages)
Editions : Vraoum! 

Résumé :

Sur une année, le quotidien d’une jeune fille de 19 ans et de son nouvel ami… un cancer. Comment il entre dans sa vie, comment il en sort, leur relation, leurs liens, son incidence sur la vie et la personnalité de la jeune fille. Et beaucoup de raviolis. Un témoignage autobiographique plein d’humour et d’optimisme sur une maladie dont l’auteur est sortie changée sans avoir eu l’impression de vivre un drame.

l'année du crabe

Le point sur l’album :

Dans son autobiographie, Alice Baguet opte pour un dialogue franc et sincère avec son cancer. Une rétrospective sur la maladie, de sa découverte sous la peau au diagnostic jusqu’à l’annonce de sa rémission. L’année du crabe – Globules et raviolis est comme un carnet de route. Une longue route aux virages foutrement difficiles à négocier. Mais ici, pas de dramaturgie, au contraire. Alice fait de l’auto-dérision et de l’humour sans gravité. Elle livre une vraie leçon de vie avec une énergie et un enthousiasme débordants.[pull_quote_left][U]ne vraie leçon de vie avec une énergie et un enthousiasme débordants.[/pull_quote_left]

On ne peut qu’admirer sa vision de la maladie, son honnêteté, son imaginaire décalé et son goût immodéré pour les raviolis, qui ont composé l’essentiel de ses repas – quand elle pouvait manger – lorsqu’elle était malade.  En couchant ses souvenirs sur papier, l’artiste réalise aussi un bel exercice narratif, en s’employant à utiliser dessin et texte avec créativité, équilibre et fluidité. C’est un vrai bonheur que de lire des planches si bien écrites.

Alice Baguet livre avec L’année du crabe – Globules et raviolis un récit qui fait du bien, que l’on soit ou pas atteint d’un cancer. Une vraie bouffée d’oxygène et d’humanité qui (re)donne le sourire. Une BD à lire !

Roi Ours, une BD de Mobidic (Delcourt)

Roi OursRoi Ours, une BD de Mobidic

Superbe fable imaginée par Mobidic, auteur complet qui signe sa première BD, Roi Ours est un album one shot captivant qui met en scène Xipil, une jeune indienne promise au Roi Ours après avoir été donnée en sacrifice par sa tribu. Une fresque audacieuse, où ombres et lumières jettent leur dévolu sur le destin de Xipil.

Date de parution : le 13 mai 2015
Auteur : Mobidic (scénario et dessin)
Prix : 18,95 € (112 pages)
Editions : Delcourt

Résumé de l’éditeur:

Xipil est une jeune fille de chef promise au sacrifice par son propre père au dieu Caïman. Mais Roi Ours ne voit pas les choses de la même manière, libère la jeune fille et l’emmène avec lui. En agissant ainsi, Roi Ours « vole » son offrande au reptile. C’est à lui que la vie de Xipil revient de droit. Trouver un arrangement sera difficile et Caïman compte bien en tirer le maximum de profit.

Le point sur l’album :

Faisant de Xipil une héroïne au destin ombragé, où vengeance et trahison viennent faire couler le sang, Roi Ours a tout d’un grand conte. Profondément humaniste, Roi Ours est avant tout une aventure sentimentale où une jeune fille se voit sauvée par un ours avant de devoir l’épouser… et peut-être l’aimer au-delà des différences. Mobidic explore avec une grande justesse les traits de l’humanité dans leur imperfection mais aussi dans leur capacité à aimer l’autre. Avec Roi Ours, l’auteur fait preuve d’un grand talent de narratrice.

Elle parvient également à toucher par la force tranquille de son dessin. Son trait appuyé et poétique donne vie à des créatures célestes dans leur plus simple appareil. Un savant effet visuel bercé de simplicité et d’équilibre.

C’est donc conquis par ce Roi Ours que l’on referme l’album. Une histoire digne des plus grands classiques de la littérature. A lire d’urgence !

Sherlock Holmes Society, tome 1 : une BD de Sylvain Cordurié et Stéphane Bervas (Soleil)

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37

Sherlock Holmes Society, tome 1 : L'Affaire Keelodge

Sherlock Holmes Society, t. 1 : L’Affaire Keelodge

Nouvelle série du célèbre détective Sherlock Holmes écrite par Sylvain Cordurié (pour la collection 1800 des éditions Soleil), Sherlock Holmes Society est une tétralogie, dont chaque volume est confié à un dessinateur différent. Ce premier tome, L’Affaire Keelodge, est mis en images par l’illustrateur Stéphane Bervas (2021). Une enquête qui mène Sherlock Holmes dans un village en proie à une épidémie qui a transformé ses habitants en zombies dangereux.

Date de parution : le 6 mai 2015
Auteurs : Sylvain Cordurié (scénario), Stéphane Bervas (dessin) et Jean Bastide (couleurs)
Prix : 14,95 € (56 pages)
Editions : Soleil 

Résumé de l’éditeur:

De 1891 à 1894, Sherlock Holmes s’est fait passer pour mort.
Peu de personnes savaient qu’il avait survécu à son affrontement avec James Moriarty aux chutes de Reichenbach. Pas même le docteur Watson.
Puis, après bien des épreuves, Holmes a mis fin à cette duperie et repris son activité de détective-conseil. Il travaille aux côtés de Scotland Yard pour arrêter un copycat de Jack l’Éventreur quand son frère Mycroft vient solliciter son aide. Keelodge, un village enclavé entre la mer et la côte a été isolé. Personne ne peut en sortir. Mycroft explique que les gens du village sont tous devenus fous, sanguinaires et cannibales. Il a besoin de lui sur le terrain car ce drame découle vraisemblablement d’un acte criminel.
Commence alors l’enquête la plus sombre que Sherlock Holmes ait connu.

Sherlock Holmes Society, tome 1 : L'Affaire Keelodge

Le point sur l’album :

Mettant en scène un Sherlock Holmes froid et cynique, ce premier album de Sherlock Holmes Society nous plonge dans une enquête très sombre et originale, au milieu d’un village de zombies. Recruté par son frère Mycroft, le détective va devoir donner de sa personne pou tenter de percer le mystère. Son escorte va d’ailleurs en payer le prix fort… Un scénario haletant qui surprend en mélangeant les genres avec ingéniosité. Le résultat est là : un récit franchement convaincant.

Le dessin de Stéphane Bervas est quant à lui aussi aussi subtile qu’efficace. Son trait raffiné et naturel apporte beaucoup de fluidité et de crédibilité au récit. Les personnages respire le vrai et l’authentique. Une atmosphère qui séduit.

Sherlock Holmes Society est une série très enthousiasmante, qui ose et va au bout de ses idées dans ce premier album. On ne peut qu’aimer.

The Haunt Of Fear, volume 1 : le comics horrifique de référence (Akileos)

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37

The Haunt Of Fear tome 1

The Haunt Of Fear tome 1

Comics des années 50 faisant partie intégrante de la trilogie formée avec Tales from the Crypt et The Vault of HorrorThe Haunt Of Fear est réédité dans une première anthologie regroupant les sept premiers volumes parus chez EC Comics.

Date de parution : le 21 mai 2015
Auteurs : Jack Davis, Jack Kamen, Harvey Kurtzmann, Mick Harrison, Graham Ingels, Johnny Craig, Wally Wood…
Prix : 27 € (204 pages)
Editions : Akileos 

Résumé de l’éditeur:

The Haunt of Fear était une série d’anthologie d’horreur bi-mensuelle publiée par EC Comics en 1950. Avec Tales from the Crypt et The Vault of Horror (à paraître), il formait un trio d’anthologies d’horreur très populaires populaires.The Haunt of Fear était une série d’anthologie d’horreur bi-mensuelle publiée par EC Comics en 1950. Avec Tales from the Crypt et The Vault of Horror (à paraître), il formait un trio d’anthologies d’horreur très populaires.

Le point sur l’album :

Composé de petites histoires horrifiques délicieusement croustillantes, The Haunt Of Fear nous transporte plus de soixante ans en arrière en compagnie d’auteurs de renom : Jack Davis, Jack Kamen, Harvey Kurtzmann, Mick Harrison, Graham Ingels, Johnny Craig, Wally Wood… Des récits de genre peuplés de sombres créatures assoiffées de sang, pierre angulaire à des intrigues bien ficelées qui n’ont pas grand chose à envier à nos contemporains. The Haunt of Fear est en effet plutôt moderne pour une oeuvre des années 50 !

Surtout dans les dessins en noir et blanc des auteurs, qui font preuve d’un dynamise assez surprenant. On peut dire qu’ils savaient s’y prendre, avec un trait souvent incisif et détaillé.

Livré dans une très belle édition, ce premier volume de The Haunt Of Fear est un peu comme le premier tour d’un train fantôme : on découvre tout en s’amusant. Du fun pour un classique de la BD.

Liliom de Ferenc Molnar, mise en scène par Jean Bellorini, à Paris

liliom_pierre-dolzani_4
photo © Pierre Dolzani

Odéon-Théâtre de l’Europe du 28 mai au 28 juin 2015
Aux Ateliers Berthier – durée 2h

De « Liliom », Ferenc Molnar (1878-1952) indiquait : « c’est une histoire de banlieue de Budapest aussi naïve et primitive que celles qu’ont coutume de raconter les vieilles femmes de Josefstadt ».

[pull_quote_center] Jean Bellorini, à l’abri d’un regard onirique et sensible, réussit une mise en scène enivrante et foisonnante à la fois terrienne et décalée qui colle parfaitement à l’univers paradoxal des protagonistes.[/pull_quote_center]

Des hommes et des femmes entravés socialement et culturellement qui sont à la lisière de la ville, là où les valeurs et les lois n’ont plus cours, là où les institutions n’éduquent et ne protègent plus.

Là pourtant où, si aucune réalisation personnelle n’est tangible, le rêve d’un ailleurs est encore possible.

Un monde en marge et à l’écart donc où la modernité du propos de la pièce n’en est que plus saisissante mais dont l’intrigue ne se réduit pas à son contexte social mais à une exploration des ressorts de cette matière humaine brute, qui dans une communion éphémère, défie à la vie à la mort une existence empêchée.

Et Jean Bellorini, jeune directeur du Théâtre Gérard-Philipe, à l’abri d’un regard onirique et sensible, réussit une mise en scène captivante et foisonnante à la fois terrienne et décalée qui colle parfaitement à l’univers paradoxal des protagonistes.

liliom_pierre-dolzani_3

Liliom, le bonimenteur de fête foraine, est une petite frappe, un frimeur, un charmeur. L’air de ne pas y toucher, il a emballé Julie sur le manège de Madame Muscat, à la gouaille de tenancière de bordel, qui ne l’a pas vu d’un bon œil et l’a donc congédié. Julie, elle, est tombée raide dingue de ce futur chômeur. Avant qu’elle ne soit enceinte et que Liliom ne décide de participer à un casse afin de les mettre à l’abri du besoin. Mais les choses tournent mal car sur le point d’être arrêté et afin d’échapper à la justice, il se suicide.

[pull_quote_right]La scénographie, articulée pour recevoir plusieurs registres du drame au burlesque en passant par l’intime et l’irréel, matérialise avec inventivité et fluidité l’univers singulier et transgressif de la fête foraine. Tandis que la traduction du texte aux accents triviaux mais sur un ton toujours distancié et un chœur musical teinté de mélancolie rendent compte d’une urgence de vivre.[/pull_quote_right]

La pièce bascule alors… dans l’au-delà : un ciel aux airs de commissariat où les anges sont des détectives. Liliom pourra redescendre un jour sur terre pour faire « quelque chose de beau ». Mais aura-t-il les moyens de ce rachat ?.

liliom_pascal-victor_1

photo© Pascal Victor

Et dans ce lieu de foire reconstitué par le metteur en scène qui installe grandeur nature sur le plateau une manège d’auto-tamponneuses s’entrechoquant pour de vrai ainsi qu’une grande roue étoilée, les rêves tournent en rond et le destin se confisque parce que d’emblée limités à une misère intellectuelle, émotionnelle et matérielle.

Pourtant chez ces anti-héros le besoin de ressentir est brûlant mais déconnectés de leurs émotions et de leurs sentiments qu’ils ne peuvent pas formuler, ils en sont réduits à une expression rude et instinctive.

La scénographie, articulée pour recevoir plusieurs registres du drame au burlesque en passant par l’intime et l’irréel, matérialise avec inventivité et fluidité l’univers singulier et transgressif de la fête foraine. Tandis que la traduction du texte aux accents triviaux mais sur un ton toujours distancié et un chœur musical teinté de mélancolie rendent compte d’une urgence de vivre.

Julien Bouanich est un Liliom attachant, à la présence solaire et vibrante tandis que Julie (Clara Mayer) est une femme amoureuse mutine et captive. Quant à Delphine Cottu qui interprète Mme Muscat la responsable du manège, elle est mordante dans un jeu à la fois goguenard et maîtrisé.

Un conte d’aujourd’hui qui nous entraîne dans les méandres d’une destinée espérée mais empêchée.


Les Faux British, une pièce délirante au théâtre Tristan Bernard

LES-FAUX-BRITISH1000px

Théâtre Tristan Bernard
du mardi au samedi à 21h et matinée le samedi à 18h
01.45.22.08.40
http://www.femmesabarbe.com/les-faux-british

Après avoir triomphé en Angleterre, les Faux British, adaptation de la pièce britannique « The play that goes wrong », débarque en France dans la charmante salle du Théâtre Tristan Bernard.  

Ils sont sept amateurs de théâtre, amoureux de l’humour britannique et de la scène, mais tous (ou presque) sont de piètres acteurs accompagnés d’une équipe technique de bras cassés qui vont faire passer aux spectateurs un moment qu’ils ne sont pas prêts d’oublier. Scénario : ces sept pseudo-comédiens décident de mettre en scène un roman de Conan Doyle, lequel décrit une scène de meurtre dans un sombre manoir anglais. Pour leur première représentation, ils ne sont pas au bout de leurs peines. La pièce n’a pas encore commencé que le désastre est déjà en route. Un caméraman, discrètement installé côté « jardin » de la salle, se fait incendier par le metteur en scène. On met quelque temps à comprendre que l’esclandre fait partie du décor (NDLR : on s’est vraiment pris au jeu).

Crédit photo : Emilie Brouchon
Crédit photo : Emilie Brouchon

[quote_box_right]« Les Faux British, c’est comme si Les Branquignols avaient joué dans une enquête de l’Inspecteur Maigret ou si les Monty Python décidaient de monter une pièce d’Agatha Christie »[/quote_box_right] Dans cette pièce, inutile de se rattacher à l’histoire, vous n’allez certainement pas en comprendre un seul mot et ce n’est pas l’important. Les catastrophes s’enchaînent, certains oublient leurs répliques, d’autres font tomber des parties du décor, les derniers se hasardent à prendre des grands airs pour jouer la bourgeoisie anglaise du XIXème siècle. Le langage est soutenu, à l’anglaise, mais exagéré, les mimiques sont caricaturées, les acteurs sont volontairement nuls, et les rires de la salle éclatent naturellement comme devant un bon film. Il n’y a guère que l’inspecteur Carter (Michel Berthier) pour relever le niveau de cette pièce faussement médiocre : désabusé par le comportement et le manque de professionnalisme de ses camarades comédiens, il va jusqu’à réciter leur propre texte à leur place pour tenter de réparer le désastre.

Cette comédie burlesque et séduisante a tout d’un OVNI théâtral : on rit de ce comique de situation absolument improbable, et on compatie avec ses pauvres acteurs qui se croient sous le feu des projecteurs. De temps à autre, les gags sont quelque peu répétitifs. Côté décor, la prouesse technique est assez impressionnante : le décor part en lambeau au gré de l’épopée désastreuse. Qu’à cela ne tienne, on passe un bon (voire très bon) moment hors du temps, surréaliste.

Avec Gwen Aduh, Aurélie de Cazanove, Henri, Costa, Nikko Dogz, Jean-Marie Lecoq, Yann de Monterno, Miren Pradier

Adaptation française : Gwen Aduh et Miren Pradier

Mise en scène : Gwen Aduh

Entre Terre et Mer, tome 2 : une BD de Pascal Bresson et Erwan Le Saëc (Soleil)

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37

Entre Terre et Mer tome 2

Entre Terre et Mer, tome 2

Avec cette nouvelle série de la collection Soleil Celtic – Contes de Bretagne, Pascal Bresson (L’Affaire Seznec, L’affaire Dominici, Jean-Corentin Carré, l’enfant soldat) et Erwan Le Saëc (Les Enragés, Ce qui est à nous) nous invitent dans la vie de marins bretons des années 20. Adaptée de la série télé d’Hervé Baslé Entre Terre et Mer montre ainsi comment la vie de tout un village est suspendue au retour de mer des bateaux de pêche. Là où l’on découvre quelle famille le deuil va frapper.

Date de parution : le 6 mai 2015
Auteurs : Pascal Bresson (scénario), Erwan Le Saëc (dessin) et Axel Gonzalbo (couleurs)
Prix : 14,50 € (48 pages)
Editions : Soleil 

Résumé de l’éditeur:

L’arrivée de Pierre Abgrall, homme de la terre sur la côte bretonne provoque en lui l’émerveillement de voir ces marins dévoués, courageux et leurs femmes sur les berges à les attendre. Parmi elles se trouve Marie, aux charmes qui ne laisse pas Pierre insensible. La jeune femme attend son bien-aimé parti en mer, sur les Grands Bancs de Terre-Neuve, il y a déjà quelques mois. Lorsque le bateau revient, son promis René est mort tragiquement dans les eaux glacées. Marie, prise de chagrin, tente de se suicider.
Pierre se laisse alors prendre et décide de s’engager auprès de ces hommes vaillants et prouver ainsi son amour à Marie en deuil… Même Léa, follement amoureuse de ce dernier, ainsi que sa tante Angèle restées au pays ne parviennent pas à le retenir…
Il découvre la mer, c’est le coup de foudre immédiat, violent et définitif. Formé, par Père Lebreton, le plus ancien des Terre-Neuvas, il s’embarque au mois de mars 1921 à bord de la goélette, rêvant de faire battre le coeur de la pauvre Marie. Avec lui, nous vivons au jour le jour l’existence de ces forçats de la mer qui affrontaient brumes et tempêtes pour nourrir leurs familles…

Entre Terre et Mer, tome 2

 

Le point sur l’album :

Deuxième album d’Entre Terre et Mer, Le Vieux Terre-Neuvas voit notre jeune paysan Pierre quitter sa terre pour devenir peu à peu marin. Un apprentissage qui se fait en douceur, avant de prendre le large. L’album se concentre essentiellement sur les habitants de ce village de pêcheurs, en proie au deuil, à la dépression ou encore à l’angoisse d’un lendemain lui-même endeuillé. Si bien que tous se serrent les coudes, comme une grande famille. On s’identifie sans mal à ces gens qui mènent une vie bien rude. Le scénario est à cet égard servi d’une narration familièrement authentique qui donne une dimension réaliste au récit.

Ce que l’on retrouve d’ailleurs dans le dessin d’Erwan Le Saëc, qui fait preuve d’une belle maîtrise.

En conclusion, Entre Terre et Mer est une belle adaptation BD, qui ne manquera pas de séduire tous les amoureux de la mer.

Gloria Victis, tome 2 : une BD de Juanra Fernandez et Mateo Guerrero (Le Lombard)

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37

Gloria Victis, tome 2

Gloria Victis, tome 2 : Le Prix de la défaite

Nouvelle série d’aventure Antique écrite par Juanra Fernandez (scénariste pour le cinéma, auteur de Pour Elise) et illustrée par Mateo Guerrero (Beast, Turo), Gloria Victis livre un deuxième album impitoyable. Pour en savoir plus, lisez d’abord notre chronique du premier album, Les Fils d’Apollon.

Date de parution : le 30 avril 2015
Auteurs : Juanra Fernandez (scénario), Mateo Guerrero (dessin) et Javi Montes (couleurs)
Prix : 13,99 € (48 pages)
Editions : Le Lombard 

Résumé de l’éditeur:

Douze ans ont passé depuis le jour tragique qui vit le père d’Aelio mourir en pleine course de chars. Et le jeune homme ne s’est promis qu’une seule chose : ne pas connaître le même destin. Mais ce dernier distribue les cartes à sa guise…Qu’il le veuille ou non, Aelio a hérité du don familial pour comprendre et dresser les chevaux. Un talent qui l’emmènera jusqu’au Colisée de Rome. Pour l’honneur de son père. Pour la gloire des vaincus !

[rev_slider gloriavictis2]

Le point sur l’album :

Le Prix de la Défaite voit notre jeune palefrenier Aelio retourner sur la terre qui a vu couler le sang de son père pour la dernière fois… C’est là-bas qu’il va devoir renouer au grand jour avec le don qui lui a été transmis : prendre les rênes pour courir. Le Colisée de Rome lui réserve pourtant un terrible sort, qui le marquera à jamais. Un deuxième album où la poussière des champs de course vient se mêler au sang des victimes qui entourent le jeune prodige Aelio. Un scénario haletant, où gladiateurs et auriges s’allient merveilleusement pour nous servir un récit romanesque et épique.[pull_quote_right][U]n deuxième album spectaculaire[/pull_quote_right]

D’une grande maîtrise, le dessin de Mateo Guerrero est aussi harmonieux que sophistiqué. Son trait anguleux et agile met en scène les courses de char avec finesse et fluidité. On apprécie également le travail joliment nuancé de la coloration de Javi Montes. Le résultat est des plus plaisant.

Gloria Victis transforme l’essai en livrant un deuxième album spectaculaire. A ne pas manquer.

L’Ombre Inca, tome 1 : une BD de Benoit Roels (Delcourt)

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37

l'Ombre Inca tome 1

L’Ombre Inca, tome 1 : L’Offrande

Réalisé par Benoit Roels (Oknam, Bleu lézard, Les Mystères d’Osiris…) en tant qu’auteur complet, L’Ombre Inca, est une invitation paranormale dans l’univers Inca à travers une jeune fille d’aujourd’hui dont le destin semble lié à une jeune inca du même âge, vivant en plein coeur de l’Empire Inca… au XVIème siècle. Un point de départ original pour une immersion totale dans cette civilisation fascinante.

Date de parution : le 22 avril 2015
Auteur : Benoit Roels (scénario et dessin)
Editions : Delcourt
Prix : 14,50 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur:

Léa est une jeune adolescente d’origine péruvienne. Elle vit à Lyon avec sa mère. Elle n’a pas d’amis. Mais depuis un an, elle rêve chaque nuit d’une fille qui lui ressemble, poursuivie par un puma dans la jungle de la cordillère des Andes. Elle est persuadée qu’il s’agit d’une jeune Inca du XVIe siècle dont l’âme errante est entrée dans sa tête. Et si Léa avait trouvé en elle une nouvelle amie ?

[rev_slider ombreinca1]

Le point sur l’album :

Alors que l’histoire débute à Lyon de nos jours, on est vite propulsé dans le XVIème siècle sans comprendre les tenants et aboutissants de ce voyage temporel. Les trois-quarts de ce premier album se passent donc non loin du Machu Picchu, alors que les conquistadors espagnols ont exécuté Atahualpa, l’un des deux héritiers du Sapa Inca Huayna Capac. L’auteur en profite pour nous raconter avec une certaine facilité le contexte historique de son récit péruvien. Là, on suit un jeune messager inca chargé d’aller récupérer une cargaison d’or pour la mettre en sécurité loin des espagnols. Ce dernier va au passage devoir récupérer deux jeunes femmes, filles de son commandant… Mais tout ne va pas se passer comme il l’avait envisagé.[pull_quote_right][L]e contexte historique se révèle passionnant. [/pull_quote_right]

On se laisse volontiers bercer par l’histoire de l’Ombre Inca, racontée avec une belle maîtrise par Benoit Roels. Si l’intrigue principale n’a pas délivré ses secrets, celle développée à travers ces personnages incas se révèle captivante et équilibrée.

Le trait fin, subtile et raffiné de l’auteur offre également son lot de plaisir. Son dessin dégage une certaine délicatesse par sa coloration aquarelle particulièrement réussie.

L’Offrande, premier album de L’Ombre Inca entame un récit tout à fait réussi, dont le contexte historique se révèle passionnant.

Wonderball, tome 2 : une BD de Duval, Pécau et Wilson (Delcourt)

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37

Wonderball, tome 2

Wonderball, tome 2 : Le Fantôme

Nouvelle série policière d’envergure, Wonderball est écrite par des poids lourd de la BD contemporaine avec Fred Duval (Travis, Hauteville House, Jour J, L’Homme de l’année, Carmen Mc Callum) et Jean-Pierre Pécau (L’Histoire secrète, Jour J, L’Homme de l’année, Paris Maléfices, Le Grand Jeu, Ligne de Front) au scénario, accompagnés de Colin Wilson (La jeunesse de Blueberry, Point Blank, Star Wars) au dessin.

Date de parution : le 22 avril 2015
Auteurs : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau – assistés de Fred Blanchard (scénario), Colin Wilson (dessin) et Jean-Paul Fernandez (couleurs)
Editions : Delcourt
Prix : 14,50 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur:

Mis en congés forcés dans l’attente des résultats de l’enquête interne sur la mort du « Chasseur », Wonderball assiste aux funérailles de son ami Bob Archer. C’est là qu’il est approché par un mystérieux individu affirmant connaître les liens entre le Collège Invisible et la mort d’Archer. Ces révélations mèneront Wonderball sur les traces de son passé ainsi qu’à des tombes creusées dans le désert du Nevada.

[rev_slider wonderball2]

Le point sur l’album:

Deuxième album de la série, Le Fantôme met en scène un personnage charismatique qui va changer le cours de l’enquête menée par le célèbre Wonderball. Ce dernier va en effet découvrir qu’il est lié par son enfance oubliée aux alphas. Il en serait lui-même peut-être un. Sa survie aux évènements spectaculaires de l’album laisse en tout cas deviner qu’il doit tenir un rôle important dans les plans du collège invisible… Les scénaristes semblent jubiler à nous emporter dans un engrenage à la mécanique bien huilée, où chaque scène est pesée pour faire basculer le récit en rythme vers de nouvelles découvertesLes surprises s’enchainent en alternance avec de belles scènes d’action et l’apparition de nouveaux personnages qui apportent fraicheur et renouveau. Vraiment bien travaillé. Il n’y à rien à y redire. Wonderball tient toutes ses promesses.[pull_quote_right]Wonderball tient toutes ses promesses.[/pull_quote_right]

C’est également le cas du dessin de l’australien Colin Wilson, signé d’un trait dont l’épaisseur noircit légèrement les planches, sans dénaturer son sens du détail et de la perspective. Un style dont l’influence baigne dans les comics et insuffle beaucoup de caractère et de peps à Wonderball.

Wonderball se démarque par son originalité et sa qualité narrative. Une série policière qui s’annonce comme une valeur sûre pour les années à venir ! Réjouissante !

Icônne by Natoo, le livre qui se prend pour un magazine !

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37

Icônne by Natoo

Icônne by Natoo

Natoo écrit son premier livre et l’intitule : Icônne.

Un livre qui se prend pour un magazine !

Publié aux Editions Privé Michel Laffont

Date de parution : 9 avril 2015

128 pages – 13,95 Euros.

Icônne by Natoo

Depuis quelques mois, voir quelques années, nous assistons à l’émergence de l’humour 2.0. Vous savez ces jeunes que l’on appelle plus communément des « Youtuber ».

Ils se font connaître en postant sur internet des petites vidéos, généralement filmées dans leur salon ou chambre à l’aide d’une petite caméra. Ces vidéos sont des petits sketchs ayant bien souvent comme thème principal le quotidien des jeunes de notre époque. Les plus connus dans cette nouvelle forme d’humour sont : Norman et Cyprien.

Mais dans ce milieu très masculin, une fille se démarque en totalisant plus de deux millions d’abonnés à sa chaîne youtube. Cette fille c’est Nathalie Odzierejko plus connus sous le pseudonyme de Natoo.

C’est depuis 2011, que cette Youtubeuse confirmée s’amuse à mettre en ligne des petites vidéos accompagnées de Kitty sont petit chien. Ses sketchs sont souvent décalés relatant les petits tracas dans la vie d’une jeune fille, le tout étant peuplé de petites licornes.

Pendant neuf mois Natoo va travailler sur un gros projet. Elle aurait pu proposer un one woman show, ou encore devenir actrice dans une comédie. Mais non, c’est en librairie que l’on va la retrouver avec un livre/magazine ..

Ce livre c’est Icônne. Nous sommes ici à mi chemin entre le livre et le magazine. En fait on peut dire que c’est un pastiche humoristique de la presse féminine.

De nombreuses femmes consultent régulièrement cette presse féminine à la recherche des dernières tendances, des tout derniers conseils beauté en imaginant que ce qu’elles vont y trouver est l’absolue vérité.

Dans Icônne, tous les codes des magazines féminins sont repris, que ce soit de la couverture photoshopée au contenu des articles, rien n’est laissé au hasard. Pour vous donner un aperçu voici ce que vous allez trouver à l’intérieur :

 – Beauté : l’épilation au LaserGame
 – Tendance : l’arrière de genou.

Quelle crème choisir pour être au top de l’arrière de genou ? Dois-je oser la genusoplastie ?

– Psycho : le food porn a détruit mon couple !

– Techno : la q-lotte, l’accessoire must-have connecté et culotté !

 – Culture : très attendu, le premier musée du Musée ouvre enfin ses portes à Gif-sur-Yvette

Mais aussi le traditionnel test de personnalités, le tout entrecoupé de photo publicitaires totalement détournés et refaites : « Chianel, la première eau de toilette pour les toilettes ; le dentifrice Marabout, qui rend les dents blanches, protège les gencives, rafraîchit l’haleine, fait revenir l’être aimé, répare les ordinateurs par télépathie et prévient l’apparition du tartre. »

A la lecture de cet ouvrage, on ne peut s’empêcher de rire et de passer un agréable moment.

Natoo nous livre un magazine complètement décalé et drôle, tout en permettant une réelle réflexion sur les diktats imposés par la presse féminine.

La loi du marché, un film de Stéphane Brizé

La loi du marché, un film de Stéphane BrizéLa loi du marché, un film de Stéphane Brizé

Bien sûr, Festival de Cannes oblige, tout le monde se précipite pour aller voir LE film, de Stéphane Brizé, où Vincent Lindon a reçu le prix d’interprétation masculine, La loi du marché. Puisque nous avons la chance qu’il sorte au même moment sur nos écrans !

Sortie le : 19 mai 2015
Durée : 1h33
Avec : Vincent Lindon, Yves Ory, Karine de Mirbeck
Synopsis : À 51 ans, après 20 mois de chômage, Thierry commence un nouveau travail qui le met bientôt face à un dilemme moral. Pour garder son emploi, peut-il tout accepter ?

Si vous allez au cinéma pour vous détendre et oublier vos soucis quotidiens, alors, n’allez pas voir ce film ! Il est tout sauf distrayant. C’est un film sans panache, comme l’acteur principal, d’ailleurs. Oui, bien sûr, Vincent Lindon interprète merveilleusement Thierry, cet homme comme tout le monde. Il pourrait être vous, il pourrait être moi. Un homme ordinaire qui galère dans la vie. Viré d’une boîte où il a travaillé durant vingt ans, il vit le chômage, une formation absurde de grutier… Le réalisateur met en avant le système français absurde qui fait faire des formations alors que la personne ne pourra jamais exercer ce métier. En effet, pour être grutier, il est obligatoire d’avoir été un ouvrier du bâtiment, au sol. A plusieurs reprises dans ce film, le système est mis à mal, au niveau des directeurs d’entreprises qui licencient sans se soucier des employés, au niveau de Pôle Emploi, au niveau de la banque…

Un fichu système que le nôtre ! D’une tristesse absolue ! Et d’une vérité absolue, hélas.

La loi du marché, un film de Stéphane Brizé

Thierry et sa femme, un couple modeste, qui danse mais qui ne parle pas. Et comble de malchance leur enfant est handicapé. Une grosse galère de plus à surmonter…

On ne parle pas ni de malheur ni de bonheur dans ce film, on raconte quelques évènements qui arrivent dans la vie de cet homme de la cinquantaine. On passe d’un événement à l’autre, sans suite… Sans logique… Sans explications.

Puis vient la vie au supermarché. Agent de sécurité. Vie avec les collègues qu’il est chargé d’épier. Métier qu’il a obtenu on ne sait comment… Et là encore, le réalisateur met l’accent sur l’absurdité du système. Des caissières qui se font virer pour rien, pour des points de fidélité ou des coupons de réductions volés. Des licenciements abusifs mais qui doivent certainement exister… L’aberration du système, encore une fois.

Les acteurs ne sont pas professionnels et jouent leur propre rôle. Sauf Vincent Lindon, évidemment ! Bref, vous l’aurez compris, on ne rit pas, on ne pleure pas, on regarde bêtement cet homme et jusqu’où il va aller… Bêtement. Médiocrement.

Très grosse déception ! On aurait tellement aimé que ce soit Trois souvenirs de ma jeunesse qui soit sélectionné et primé !

 

Nowhere Men, tome 1 : un comics de Eric Stephenson et Nate Bellegarde (Delcourt)

Nowhere Men

Nowhere Men – tome 1

Ecrit par Eric Stephenson, le responsable éditorial d’Image Comics qui édite notamment Walking DeadNowhere Men est un comics de SF ambitieux au scénario dense et enchevêtré, mis en images par l’excellent illustrateur Nate Bellegarde (Hector Plasm, Invincible Presents : Atom Eve  Rex Splode, Brit).

Date de parution : le 15 avril 2015
Auteurs : Eric Stephenson (scénario), Nate Bellegarde (dessin), Jordie Bellaire (couleurs)
Editions : Delcourt
Prix : 17,95 € (144 pages)

Résumé de l’éditeur:

Quatre scientifiques surdoués, à l’aube d’avancements majeurs, se sont rassemblés en un groupe de chercheurs, la World Corp, à l’initiative d’un nouvel âge. Ils sont devenus les scientifiques les plus célèbres de leur temps. Ils ont changé le monde et sont aimés de tous pour cela. Pourtant, quelque chose a dérapé. Et lorsque l’objectif est le progrès à tout prix, qui finalement en paye le prix ?

[rev_slider nowheremen1]

Le point sur l’album :

Sobrement intitulé « Un destin pire que la mort », ce premier tome fait l’introduction d’un récit futuriste où une bande de quatre scientifiques partent à la conquête du monde. Une entrée en matière parfois confuse ou pour le moins compliquée à suivre car l’histoire est très morcelée. Le lecteur est téléporté à différentes époques, où les scientifiques apparaissent plus ou moins vieux et où différentes équipes se partagent une intrigue qui a du mal à lier l’ensemble de manière cohérente. Une construction narrative un peu chaotique qui peut en perdre plus d’un.

Mais si cette première accroche paraît très désordonnée, le sens de l’action et du spectaculaire des auteurs retient toute notre attention.

Surtout grâce au dessin de Nate Bellegarde, qui est aussi simple qu’efficace. Un trait plutôt fin et épuré, qui accentue les effets visuels de créatures très imposantes venues jouer les gros bras. Un dessin qui fait vraiment le job et nous ferait presque oublier le récit décousu de Nowhere Men.

Heureusement, le fil de l’histoire se redresse un peu en fin d’album, pour se recouper un peu et nous donner une direction plus nette. Mais il aura fallu attendre un certain temps, c’est dommage. On reste néanmoins curieux de découvrir la suite de Nowhere Men, qu’on attend malgré tout. Avis partagé, donc.

Résultats concours : La loi du marché, 10 places de ciné gagnées.

A l’occasion de la sortie du film La loi du marché, Publik’Art, en collaboration avec cinefriends.com, vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film : La loi du marché


Vous avez été très nombreux à participer : 3 186 ! Bravo à tous !

Les cinq heureux gagnants sont :

Jacqueline Falcon, Ehoussou Kouakou, Paul Gemehl, Jean-Claude Gouillon et M.Becker.

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

Foxcatcher, un film de Bennett Miller (DVD)

Capture d’écran 2015-04-07 à 18.10.37

Foxcatcher

Foxcatcher, disponible en Blu-Ray et DVD

Tiré d’une effroyable histoire vraie, Foxcatcher est le dernier film de Bennett Miller (Truman Capote, Le Stratège). Un long-métrage fascinant qui met en scène le milliardaire philanthrope John du Pont, grand amateur de lutte qui recruta les deux frères Mark et Dave Schultz, lutteurs de renom qui étaient alors champions du monde. Mark deviendra ensuite champion olympique sous le dossard de la team Foxcatcher, avant de sombrer dans l’alcool et la drogue. Quant à son frère, il finira assassiné par son employeur.

Sortie DVD le : 20 mai 2015
Durée : 2h15
Avec : Steve Carell, Channing Tatum, Mark Ruffalo, Sienna Miller, Vanessa Redgrave
Prix: 22,99 € (BR) / 17,99 € (DVD)

Synopsis du film Foxcatcher :

Inspiré d’une histoire vraie, Foxcatcher raconte l’histoire tragique et fascinante de la relation improbable entre un milliardaire excentrique et deux champions de lutte. Lorsque le médaillé d’or olympique Mark Schultz est invité par le riche héritier John du Pont à emménager dans sa magnifique propriété familiale pour aider à mettre en place un camp d’entraînement haut de gamme, dans l’optique des JO de Séoul de 1988, Schultz saute sur l’occasion : il espère pouvoir concentrer toute son attention sur son entraînement et ne plus souffrir d’être constamment éclipsé par son frère, Dave. Obnubilé par d’obscurs besoins, du Pont entend bien profiter de son soutien à Schultz et de son opportunité de « coacher » des lutteurs de réputation mondiale pour obtenir – enfin – le respect de ses pairs et, surtout, de sa mère qui le juge très durement. Flatté d’être l’objet de tant d’attentions de la part de du Pont, et ébloui par l’opulence de son monde, Mark voit chez son bienfaiteur un père de substitution, dont il recherche constamment l’approbation. S’il se montre d’abord encourageant, du Pont, profondément cyclothymique, change d’attitude et pousse Mark à adopter des habitudes malsaines qui risquent de nuire à son entraînement. Le comportement excentrique du milliardaire et son goût pour la manipulation ne tardent pas à entamer la confiance en soi du sportif, déjà fragile. Entretemps, du Pont s’intéresse de plus en plus à Dave, qui dégage une assurance dont manquent lui et Mark, et il est bien conscient qu’il s’agit d’une qualité que même sa fortune ne saurait acheter. Entre la paranoïa croissante de du Pont et son éloignement des deux frères, les trois hommes semblent se précipiter vers une fin tragique que personne n’aurait pu prévoir…

Foxcatcher

Foxcatcher

Mon avis sur le film Foxcatcher :

Magistrale leçon de cinéma, Foxcatcher fait le récit d’une descente aux enfers insoupçonnable pour deux frères champions de lutte. Mark Schultz est le premier à accepter d’aller s’entrainer dans le complexe construit par John du Pont. Il mènera la team Foxcatcher sur le toit du monde en ramenant le titre olympique. Mais son employeur va peu à peu pourrir ce fruit plein de vie et de promesses en s’insinuant dans le quotidien de l’athlète et en viciant son atmosphère, notamment par l’intermédiaire de la drogue et de l’alcool. Une relation malsaine va alors s’installer. Une relation qui mêle fascination, mensonge et autodestruction. [pull_quote_left]Un film puissant et terrifiant[/pull_quote_left]

La caméra de Bennett Miller rend implacablement compte de ce glissement, entretenant une grande tension. L’arrivée de Dave Schultz dans l’équipe, décidé à sortir son frère de ce mauvais pas, ne fera qu’envenimer les choses, jusqu’à l’atrocité de son assassinat. Un abîme cinématographique à glacer le sang.

Cela d’autant plus lorsque les acteurs incarnent leur personnage à la perfection. On découvre un Steve Carell (le milliardaire), habitué aux films comiques, méconnaissable (dans son jeu, sa gestuelle et pas seulement dans son physique remodelé par un maquillage bluffant). Epoustouflant dans la peau d’un psychopathe vraiment terrifiant. Quant à Channing Tatum et Mark Ruffalo qui interprètent les deux frères, ils sont simplement colossaux. Leur implication – et leur souffrance – a été telle qu’ils auraient même pleuré de soulagement lors de la dernière scène d’entrainement.

Foxcatcher est un film puissant et terrifiant. A voir et à revoir.

Bande annonce du film Foxcatcher :

https://www.youtube.com/watch?v=ubrLpG3lzTE

A LIRE