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White Bird, un film de Gregg Araki (DVD)

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White Bird Film

White Bird, un film de Gregg Araki

Réalisé par le méconnu Gregg Araki (Kaboom), White Bird raconte l’histoire d’une adolescente qui grandit sans sa mère, après la disparition soudaine de cette dernière. Un vide qu’elle ne parviendra pas à combler et qui la poussera à chercher à comprendre ce qu’il s’est passé. Un film adapté du roman de Laura kasischke, et nominé au Festival du film de Sundance de 2014.

Sortie : le 17 février 2015
Durée : 1h31
Avec :  Shailene Woodley, Eva Green, Christopher Meloni
Prix :  19,99 € (DVD/BR)

Synopsis :

Kat Connors a 17 ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu’elle découvre au même moment sa sexualité, Kat semble à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l’affecter profondément et l’amener à s’interroger sur elle-même et sur les raisons véritables de la disparition de sa mère…

White Bird Film extrait

Notre avis sur le film :

Sous un pitch séduisant, qui laisse planer le mystère pendant quelques minutes, White Bird nous divertit à travers Kat Connors, ado décomplexée qui vit pleinement sa vie et sa sexualité florissante. Un personnage interprété assez justement par Shailene Woodley (Nos étoiles contraires), jeune et ambitieuse actrice. Elle donne d’ailleurs la réplique à Eva Green (Dark Shadows, Casino Royale)- dans le rôle de la mère alcoolique et dépressive – ainsi qu’au très bon Christopher Meloni (New York Unité Spéciale) dans la peau de son père, qu’elle ne cessera de décrire comme une lavette.

Bref, une petite famille banale que va abandonner une mère malade. Oui, mais voilà, le scénario ne laisse pas d’autres issues que de faire des pronostics. Et manque de chance, on est rarement remis en question. Le film manque du coup d’un quelconque effet de surprise malgré une réalisation générale de bonne qualité. Le coup de grâce est d’ailleurs porté par un final bâclé, qui laisse une très désagréable sensation. Si la première impression est bonne (et dieu sais qu’elle est importante), la conclusion est à l’opposée. Les personnages sont presque vidés de toute substance par une fin moribonde qui nous coupe l’herbe sous le pied.

Malgré la présence d’acteurs plutôt percutants, la réalisation et le découpage de White Bird ne parviennent pas à faire oublier la fragilité du scénario. C’est dommage.

Les bonus du DVD : 

Scènes coupées commentées

La Bête dans la jungle / La Maladie de la mort de Henry James et Marguerite Duras, mise en scène de Célie Pauthe, à Paris

Saison 2014-15  Theatre de la Colline CDN Besançon Franche Comté "la Bête dans la Jungle" de Henry James, adaptation Marguerite Duras mise en scène  Célie Pauthe

© E.Carecchio

La Colline – théâtre national du 26 février au 22 mars 2015

[pull_quote_center]Célie Pauthe fait résonner les deux texte à l’abri d’une mise en scène fine et subtile qui convoque dans son exposition une représentation à distance des méandres du désir pour la Bête dans la jungle, en contrepoint à une approche objective dans la Maladie de l’amour où se défie l’obscur objet du désir[/pull_quote_center]

Quel est le lien entre Henry James et Marguerite Duras ? La bête dans la jungle, immanquablement, cette nouvelle de l’écrivain américain (1843-1916), écrite en 1903, dont l’auteur français a signé en 1962 une adaptation théâtrale où son livre La maladie de la mort opère un effet de miroir en creusant les mêmes thèmes : la difficulté d’aimer, l’effroi du désir, l’expérience de l’inassouvissement, la césure entre le masculin et le féminin, l’intériorité, le manque, la marque indélébile de l’enfance.

Célie Pauthe imagine donc un diptyque théâtral à partir des deux œuvres pour explorer en hors champs puis en plan rapproché deux relations très particulières où se questionnent la quête et la nature profonde du sentiment amoureux. Hypnotique.

Catherine Bertram retrouve John Marcher qu’elle avait rencontré dix ans plus tôt et se souvient du secret qu’il lui avait confié. Il est convaincu qu’un événement susceptible de modifier sa vie se produira un jour et le traque, comme « une bête tapie dans la jungle, prête à bondir ». Ils décident d’attendre ensemble ce destin, mais la bête ne se montre pas.

C’est comme si cette bête dans la jungle était un échappatoire mais dont on redoute la possibilité, cristallisant un empêchement insurmontable.

Car qu’est-ce que cette bête dans la jungle, que cache t’elle ? Un traumatisme d’enfance ? sachant qu’elle a pris toute sa place dans la vie du protagoniste.

[pull_quote_left]Les comédiens John Arnold, Valérie Dréville et Mélodie Richard, habités d’une intériorité saisissante, sont indissociables de ce voyage mental et de son vertige[/pull_quote_left]

Et peu à peu, au cours des années, Catherine commence à avoir l’intuition que peut-être, ce destin que John Marcher attend avec une telle obsession, comme un possible qui doit arriver, est au fond en train de s’accomplir.

Henry James suggère en effet : est-ce que ce n’était tout simplement pas elle, cette femme, le destin que John Marcher n’a pas su saisir ? N’est-elle pas la vie même, l’amour, qui était là, et qu’il n’a pas pu reconnaitre ?.

Lorsque Henry James écrit ce texte, il a déjà une œuvre romanesque importante derrière lui et sur laquelle il s’interroge : la littérature est-elle la vie ? tout en questionnant aussi sur ce qu’est une œuvre : un aboutissement, ou une recherche ?.

Saison 2014-15  Theatre de la Colline CDN Besançon Franche Comté "la Bête dans la Jungle" de Henry James, adaptation Marguerite Duras mise en scène  Célie Pauthe

Avec la Maladie de la mort, on suit le parcours d’un homme qui paie une femme pour venir le rejoindre plusieurs nuits dans une chambre. Le contrat est assez clair : elle lui demande « Vous voulez quoi » ?, et il lui dit « Je veux apprendre à aimer ».

Et, à la fin, alors que l’homme tente désespérément d’interroger la jeune femme sur les dérobades possibles à sa maladie –pourquoi ne peut-il aimer ? Pourquoi ne peut-il être aimé – on est aux prises avec la mémoire se remémorant cet inaccomplissement. Une faille au commencement, un cauchemar d’enfant, une scène originelle dont on ne s’est jamais sauvé, sur laquelle on n’a aucune prise et qui ne cesse de se rejouer.

Les deux textes sont au cœur de ce manque, de cette carence pathologique du coeur, qui prend la forme d’une anesthésie du désir, d’un froid intérieur dont les deux figures masculines – interprétées par John Arnold – sont paradoxalement les victimes et contre lesquels elles luttent, à leur manière, aveuglément, de toutes leurs forces.

Un empêchement d’autant plus émouvant qu’il s’avère proportionnel à la conscience refoulée de la violence du sentiment amoureux, à sa brutalité, à sa démesure, à la dévastation, à la dissolution, à la brûlure, à la peur de la perte de soi auxquels l’amour dans son emportement expose.

Célie Pauthe fait résonner les deux texte à l’abri d’une mise en scène fine et subtile qui convoque dans son exposition une représentation à distance des méandres du désir pour la Bête dans la jungle, en contre point à une approche objective dans la Maladie de l’amour où se défie l’obscur objet du désir avec un lit et un corps féminin offert.

Le décor, aux enfilades de pièces vides et grises d’un château signé Marie La Rocca, installe à merveille l’immobilité des sentiments où se miroitent dans un miroir central des silhouettes empêchées et interdites.

Les comédiens John Arnold, Valérie Dréville et Mélodie Richard, habités d’une intériorité saisissante, sont indissociables de ce voyage mental et de son vertige…

Les Mains Invisibles, une BD de Ville Tietäväinen (Casterman)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Les Mains Invisibles

Les Mains Invisibles, de Ville Tietäväinen

Récit intense sur l’immigration clandestine venant du Maroc pour atteindre l’Espagne, Les Mains Invisibles a été longtemps préparé par son auteur, le finlandais Ville Tietäväinen (Hymyilevä kuu, Des oiseaux, des mers). Ce dernier a en effet réalisé un vrai travail d’investigation qui a duré plus d’un an, entre les deux continents et qui a donné cette fiction saisissante de réalisme.

Date de parution : le 28 janvier 2015
Auteurs : Ville Tietäväinen (scénario et dessin)
Editions : Casterman
Prix : 27 € (224 pages)

Résumé de l’éditeur :

Rachid quitte sa femme, sa fille et son pays, le Maroc, pour « passer» en Espagne. Dans cette Europe fantasmée, il espère trouver un emploi rémunérateur et offrir une vie meilleure à sa famille. Il n’y trouve pourtant que des salaires de misère, une vie précaire, des travaux de force et une clandestinité qui ressemble à de l’esclavage. De désillusions en trahisons, la quête de ce travailleur acharné et idéaliste l’emmène jusqu’à Barcelone, où elle se conclue. Enfin. Les Mains Invisibles racontent le choc entre rêves de richesse et réalité de l’immigration clandestine, mais aussi l’espoir, la force et les déceptions qui poussent ces hommes à avancer, toujours plus loin. L’auteur aura enquêté plus d’un an, passé plusieurs mois en Espagne et au Maroc et fait des dizaines de rencontres pour amasser la matière de cette fiction ultra-réaliste. Un roman dense et noir en bande dessinée qui dit le vrai de notre temps et dont le lecteur ne sort pas indemne.

Les Mains Invisibles

Le point sur l’album :

BD récompensée par le Prix Finlandia, plus grand prix décerné par la Fondation finlandaise pour la culture, Les Mains Invisibles fait le récit d’un jeune père de famille marocain qui quitte femme et enfant dans l’espoir de lendemains meilleurs, en Europe. Souhaitant avant tout subvenir aux besoins des siens, Rachid va mettre le doigt dans un terrible engrenage, qui débute par la traversée clandestine de la mer méditerranée pour l’Espagne. Guidé par l’espoir qui ne le lâchera jamais, il va connaître d’innombrables épreuves.[pull_quote_right](…) profond et puissant.[/pull_quote_right]

Personnalité crédule, son arrivée en Espagne va se faire dans la souffrance d’une désillusion brutale. Seul, sans ses compagnons naufragés, il va se retrouver à travailler au noir dans les plantations. Une existence fantômatique réduite à un dur labeur, sous-payé, qui le renvoie chaque fin de journée à son habitation de fortune, dans le bidonville local. Malgré sa farouche volonté de s’en sortir, son voyage – qui ne va pas s’arrêter là- va l’entrainer un peu plus loin dans la misère… et la folie. Jusqu’à Barcelone.

Un scénario noir et dense, particulièrement bien mis en scène. Le récit de Ville Tietäväinen passionne autant qu’il effraie. Sans doute est-ce dû à sa dimension réaliste très importante (qui le rapproche du docu-BD Clandestino).

Le trait appuyé et la bichromie utilisée donnent au dessin une belle profondeur. Un naturel graphique qui colle parfaitement à l’esprit des Mains Invisibles et offre une narration minimaliste très efficace.

Dénonçant les vicissitudes d’un système hypocrite qui autorise encore l’esclavage, Les Mains Invisibles est un roman graphique profond et puissant. A lire.

Soufi, mon amour, un livre de Elif Shafak

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Soufi, mon amour, un livre de Elif Shafak

Avec Soufi, mon amour, ouvrage romanesque, historique et philosophique, l’écrivaine turque Elif Shafak signe un chef d’œuvre littéraire. Percutant et universel, ce traité sur l’Amour se déploie par tranches de vies, tel un éventail intelligemment organisé, auquel chaque personnage participe à la cadence et au souffle.

Publié aux Editions Phébus en 2010
Publié aux Editions 10/18 en 2011
Auteur : Elif Shafak, oeuvre traduite par Dominique Letellier
Prix : 9,10€ (470 pages) aux Editions 10/18

Résumé de l’éditeur : 

Ella Rubinstein a en apparence tout pour être heureuse : une jolie maison dans le Massachusetts, trois beaux enfants, un chien fidèle. Mais, à l’aube de ses quarante ans, elle se demande si elle n’est pas passée à côté d’elle-même. Les infidélités de son mari ne sont plus un mystère et les cours de cuisine du jeudi ne suffisent pas à exalter sa vie monotone. Décidée à reprendre une activité professionnelle, elle est engagée comme lectrice par un agent littéraire. Sa première mission : rédiger une note sur un manuscrit signé par Aziz Z Zahara. Ce roman, qui retrace la rencontre entre le poète Rûmi et le plus célèbre derviche du monde musulman, Shams de Tabriz, va être une révélation pour Ella. Au fil des pages, elle découvre le soufisme, le refus des conventions et la splendeur de l’amour. Cette histoire se révèle être le miroir de la sienne. Aziz – comme Shams l’a fait pour Rûmi sept siècles auparavant – serait-il venu la libérer ?

 Soufi, mon amour - Elif ShafakSoufi, mon amour, un livre de Elif Shafak

Mon avis sur le livre Soufi, mon amour :

Soufi, mon amour, il s’agit d’un roman dans un roman, qui nous transporte de notre époque au XIIIème siècle, de l’Occident à l’Orient. Il dresse ainsi de multiples jonctions et parallèles avec beaucoup de finesse. Son architecture originale nous permet en effet, au fil des chapitres, de porter les habits de chacun des protagonistes, de vivre leurs émotions et de voir avec leurs yeux. Par le biais de ce prisme ingénieux, « Doux blasphème« , le roman incorporé, nous fait surtout découvrir et explorer les racines du soufisme, sagesse ésotérique de l’Islam née au VIIIème siècle mais déployée vers 1245, à Konya, dans l’actuelle Turquie.

La pureté, la persévérance, la connaissance, le détachement et l’élévation sont les valeurs et les idéaux que la voie soufi conjugue au sein de ses confréries et se charge de prêcher. Pour les apprécier et les comprendre Elif Shafak a choisi de nous relater la bouleversante amitié entre le grand sage et prédicateur Djalâl Al-dîn Rûmî et le derviche errant Shams de Tabriz venu de Perse. Reliés par un amour céleste, admiratifs l’un de l’autre, ils bâtissent un équilibre parfait, spirituel et florissant. A la fois maître et élève de l’autre, chacun puise sa force et son inspiration en cette amitié fusionnelle. Ils approfondissent leur savoir religieux et partent à la quête de la vérité. Shams vient compléter l’âme de Rûmî, l’aide à révéler son talent de poète et le comble par son amour divin. En retour, Rûmî par son savoir et sa sagesse enrichit et apaise l’esprit du derviche rebel. Ils deviennent inséparables et c’est ensemble qu’ils instituent le sema, danse d’extase mystique des derviches tourneurs.[pull_quote_left]Soufi, mon amour, jongle avec les éléments, avec le temps, et révèle une sagesse universelle, inspirante et saisissante (…)[/pull_quote_left]

Mais les disciples et l’entourage de Rûmî jalousent cette union, ne la comprennent pas et veulent y mettre un terme. Pourtant, Shams est tel un caïd de l’ancien temps que l’on voudrait suivre à la trace, inlassablement. Provocateur, charismatique et empreint de liberté, il est semblable à un astre dans le ciel dont la lumière éblouit ceux qu’il croise et même si parfois il dérange le petit monde de Konya, il s’engage à propager l’Amour en enseignant ses 40 règles.

La magie de Soufi, mon amour, comparable à celle des contes des milles et une nuit, réside dans la douceur et le mystère de l’Orient qui émanent de chaque tableau, mais aussi dans la force des épreuves que les personnages traversent. C’est avec un style sobre et métaphorique que l’auteur nous dévoile la science sublime et subtile du soufisme, religion de l’Amour. Magnifiquement écrit et traduit (par Dominique Letellier), Soufi, mon amour, jongle avec les éléments, avec le temps, et révèle une sagesse universelle, inspirante et saisissante qui touche en plein cœur et redonne à la foi tout son sens.

Parmi les 40 règles de Shams décrites dans Soufi, mon amour, en voici 2 :

« Le destin ne signifie pas que ta vie a été strictement prédéterminée. En conséquence, tout laisser au sort et ne pas contribuer activement à la musique de l’univers est un signe de profonde ignorance. Il existe une harmonie parfaite entre notre volonté et l’Ordre de Dieu. Le destin n’est pas un livre qui a été écrit une fois pour toutes. C’est une histoire dont la fin n’est pas décidée, qui peut prendre beaucoup de voies différentes. »

« Ne tente pas de résister aux changements qui s’imposent à toi. Au contraire, laisse la vie continuer en toi. Et ne t’inquiète pas que ta vie soit sens dessus dessous. Comment sais-tu que le sens auquel tu es habitué est meilleur que celui à venir ? »

Soufi, mon amour a été publié en 2009, traduit dans plus de 40 langues et vendus à plus de 750 000 exemplaires. Elle reçoit pour ce roman le Prix ALEF – Mention Spéciale Littérature Etrangère en 2011.

Documentaire sur Jean-Jacques Goldman sur FR3 : Au bout de ses rêves.

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Jean-Jacques Goldman

Jean-Jacques Goldman

Jean-Jacques Goldman est la personnalité préférée des français, selon un sondage IFOP de 2014. Selon Wikipédia, il aurait déjà vendu près de 33 millions d’albums ! C’est pourquoi nous publions ce petit billet d’une de nos internautes qui permettra à beaucoup d’autres de profiter de cette rediffusion sur JJG. Alors, tous à vos tablettes !

Diffusé : le 23 février 2015
Réalisé par : Stéphane Benhamou et Laurent Rousseau
A voir sur France 3 en replay

Pour les fans de JJG bien sûr !!! Je viens de voir un documentaire consacré à ce chanteur que j’adore en replay sur FR3 pour 3 jours encore. Des chansons entrecoupées de quelques (trop) rares interview qu’il a données. A voir pour la nostalgie des années 80 et 90 et pour son sourire qui laisse entrevoir toute sa bonté et sa générosité. (Commentaire qui nous a été envoyé par Joëlle Le Mouel, merci à elle !)

Jean-Jacques Goldman : Je te donne :

Ugly, le film choc d’Anurag Kashyap (disponible en DVD)

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Ugly

Ugly, un film de Anurag Kashyap

Affublé de quatre lettres rouge sang, Ugly annonce la couleur. Ce thriller saisissant est une vraie révélation pour qui, comme nous, ne connaît pas, ou trop peu, le cinéma indien. Réalisé par Anurag Kashyap (Gangs of Wasseypur, No smoking, Bombay Talkies), le film montre l’implosion d’une famille entière suite à l’enlèvement d’une petite fille de dix ans issue d’un premier lit. Une immersion dans un monde glaçant, où le réalisateur nous fait voir ce qu’il y a under the carpet, comme il le dit si bien lui-même. Autant dire que c’est pas beau à voir.

Sortie : le 3 février 2015
Durée : 2h06
Avec : Ronit Roy, Tejaswini Kolhapure, Rahul Bhat
Prix : 19,99 € (DVD)

Synopsis :

Rahul et Shalini, les parents de Kali, 10 ans, sont divorcés. La fillette vit désormais avec sa mère et son beau-père, Shoumik, responsable d’une brigade de la police de Bombai. Un samedi, alors que Kali passe la journée avec son père Rahul, elle disparaît…

Ugly extrait

Notre avis sur le film : 

Ugly est d’abord l’histoire d’un trio qui se déteste : le mari, commissaire qui va diriger l’enquête sur ce terrible enlèvement, son épouse, mère de la petite Kali, ainsi que le père de cette dernière qui en avait la garde le jour de la disparition. L’enquête va d’emblée prendre une tournure ultra violente, avec l’interrogatoire du père et de l’un de ses amis. Le commissaire va en effet commencer par se défouler littéralement sur eux, ce qui attisera une certaine pitié pour le spectateur. Ce flic, droit dans ses bottes, est très ancré dans la société patriarcale indienne. Il est l’homme et il fait en sorte que sa femme reste à la place qu’il lui a choisie.

Un personnage complexe, qui sous ses airs exemplaires se révèle être un véritable dictateur, d’une grande violence (surtout sur un plan psychologique). Mais c’est aussi lui qui mettra tout en oeuvre pour retrouver Kali. Car ses parents, comme ses oncle et tante vont tour à tour endosser le rôle de suspect dans une affaire qui atteint des sommets d’immondice…[pull_quote_right]Un film coup de poing, sale et choquant.[/pull_quote_right]

Laissé dans le flou de cette enquête qui piétine autour de cette lugubre famille, le spectateur s’identifie peu à peu à ce commissaire aux traits obscurs, mais dont la hargne ne quitte jamais. Les péripéties sont nombreuses et nous plongent avec brio dans les méandres d’une société affreusement vicieuse, où la tension souffle d’un vent froid sur une moiteur apparente. De quoi donner des sueurs froides. Car le scénario opère avec une maîtrise sans égale un crescendo dans l’horreur.

Servie par un jeu d’acteurs convaincant, la réalisation met en scène une ville gargantuesque où les habitations s’enchevêtrent presque. Une densité qui pèse beaucoup dans l’atmosphère aux accents claustrophobes de Ugly.

Un film coup de poing, sale et choquant. Peut-être pas représentatif du cinéma indépendant indien, mais sans doute l’un de ses meilleurs ambassadeurs. A ne surtout pas manquer.

Les Bonus DVD : 

Entretien avec le réalisateur, Anurag Kashyap.

Papa ou maman, un film de Martin Bourboulon

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Papa ou maman, de Martin Bourboulon

Martin Bourboulon a voulu faire une comédie drôle avec ce film Papa ou maman . Mais ce n’est pas vraiment drôle, plutôt affligeant. Quel dommage car tout le monde espérait bien rire avec ce film qui a fait beaucoup de pub !

Sortie : le 4 février 2015
Durée : 1h25
Avec : Marina Foïs, Laurent Lafitte

Synopsis :

Florence et Vincent Leroy ont tout réussi. Leurs métiers, leur mariage, leurs enfants. Et aujourd’hui, c’est leur divorce qu’ils veulent réussir. Mais quand ils reçoivent simultanément la promotion dont ils ont toujours rêvée, leur vie de couple vire au cauchemar. Dès lors, plus de quartier, les ex-époux modèles se déclarent la guerre : et ils vont tout faire pour NE PAS avoir la garde des enfants.

Tournage Papa ou Maman

Papa ou maman

Bien sûr la situation est cocasse : les parents se séparent et aucun ne veut la garde des enfants. La situation n’est pas courante puisqu’en principe les parents se déchirent à cause de la garde des enfants. On aurait tendance à trouver que les acteurs en font sans doute un peu trop : Marina Foïs et Laurent Lafitte.[pull_quote_right]Vulgaire et grossier…[/pull_quote_right]

Là, on entre dans un monde où l’égocentrisme règne. Chacun pense à sa carrière… Mais les gags ne sont pas drôles du tout. En plus, le film ne peut pas être vu aux moins de 12 ans, à mon avis. Sinon, ils risquent d’être choqués par le côté très olé olé des adultes, un monde où tout est permis… Vulgaire et grossier…

Quant au jeu des enfants, quel manque de naturel ! L’enfant-roi beaucoup trop caricatural pour être crédible. Mais qui pourra servir d’exemple aux enfants vivant la situation de divorce de leurs parents ! Alors bon courage aux parents !

La fin est aussi stupide que le film !

Regardez la bande annonce, et vous aurez vu le film !

Bande annonce Papa ou maman :

Birdman, le film aux 4 Oscars d’Alejandro González Iñárritu

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Birdman, le film aux 4 Oscars

La carrière de Michael Keaton reste marquée par son rôle de super-héros ténébreux qu’il a incarné par deux fois dans Batman (1989) et sa suite Batman : Le Défi (1992) réalisés par Tim Burton. Suite à ce succès public, l’acteur américain a composé des personnages souvent tordus dans des œuvres estimables comme Fenêtre sur pacifique, L’enjeu ou encore Jackie Brown

Sortie : le 25 février 2015
Durée : 1h59
Avec : Michael Keaton, Zack Galifianakis, Edward Norton, Naomi Watts, Emma Stone
Oscars 2015 : Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleure Photographie, Meilleur Scénario original.

Synopsis :

 À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego. S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir…

Birdman

Mon avis sur le film : 

…Depuis ces derniers films, l’acteur avait un peu délaissé les écrans, et nous revient à 63 ans dans Birdman et dans la peau d’un super-héros. Enfin pas exactement, car le nouveau film de Alejandro González Iñárritu (Babel, 21 Grammes, Amours chiennes) est en réalité un drame psychologique qui tend un miroir à l’acteur qui ne pouvait être que l’unique choix pour le rôle de cet alter ego de lui-même, en tout cas le plus pertinent.

Birdman

Construit à la manière d’un long et unique plan-séquence, le tournage de Birdman ou (la surprenante vertu de l’ignorance) s’est déroulé dans l’ordre chronologique, et chaque segment a été filmé d’une traite, puis assemblé pour donner l’illusion d’un seul et long plan fluide et continu rythmé par la musique du batteur de jazz Antonio Sanchez. Un travail de mise en scène qui a demandé beaucoup de patience aux acteurs, offrant une performance proche de celle du théâtre.[pull_quote_right]Michael Keaton, absolument habité […]. Edward Norton (…) fantastique.[/pull_quote_right]

Ce n’est donc pas un hasard si le film se déroule dans les coulisses d’une scène à Broadway où cette sympathique troupe menée par Riggan Thomson (Michael Keaton), comédien vieillissant hanté par le personnage de super-héros qui a fait de lui une star naguère, et depuis retiré des plateaux d’Hollywood et de la célébrité, tente de redonner un second souffle à sa carrière en montant une pièce tirée d’une nouvelle (« Parlez-moi d’amour« ) de l’écrivain Raymond Carver. Un support dramatique qui entre étrangement en résonance avec sa vie tumultueuse faite d’échecs à répétitions.

Michael Keaton, absolument habité par son rôle et totalement investi dans le personnage de Riggan, apparaît tantôt agaçant, drôle ou bouleversant dans ses rapports avec un entourage à la fois bienveillant et dur envers lui, composé de sa fille Sam (Emma Stone), son ex-femme Sylvia (Amy Ryan), Laura sa maîtresse (Andrea Riseborough) ou Brandon son agent (Zack Galifianakis). Face à lui, Edward Norton (Fight Club) joue le comédien de Broadway Mike Shiner, un quadra excentrique tantôt touchant ou horripilant. Edward Norton est fantastique et trouve dans le personnage de Mike Shiner un de ses meilleurs rôles. Ils donnent la réplique à Lesley, une comédienne sur le retour et qui espère elle aussi que son rôle dans la pièce donnera un second souffle à sa carrière, un personne complexe et ambivalent que Naomi Watts incarne avec délicatesse.

Birdman

Birdman aborde de multiples sujets qui ont pour la plupart des résonances très modernes comme la célébrité et sa perception à l’heure des réseaux sociaux comme Twitter, le temps qui passe et les bons et mauvais choix que l’on fait dans une vie ou une carrière professionnelle, au risque de s’aveugler ou se briser les ailes… Un film (trop ?) riche qui va sans doute récolter quelques récompenses aux Oscars le 22 février prochain (après déjà 9 nominations !), dont le prix du meilleur acteur pour Michael Keaton, et cela sera amplement mérité.

N.B. : cette chronique a été rédigée bien avant la cérémonie des Oscars.

Don Quichotte, livre 1 : une BD Cervantes et Rob Davis (Warum)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Don Quichotte tome 1

Don Quichotte, livre 1

Ah ! Don Quichotte ! Ce mythe littéraire dont on a tous entendus parler est une nouvelle fois adapté en BD. L’œuvre écrite en deux temps (dix ans séparaient alors le premier tome du second) par l’espagnol Miguel de Cervantes (1547-1616) est cette fois revisitée par l’anglais Rob Davis (dessinateur de Judge Dredd). Une adaptation nominée pour deux Eisner Awards en 2014, qui sera publiée en deux tomes, elle aussi.

Date de parution : le 18 février 2015
Auteurs : Rob Davis (scénario et dessin), d’après l’oeuvre de Miguel de Cervantes
Editions : Warum
Prix : 20 € (160 pages)

Résumé de l’éditeur :

Il y a plus de 400 ans, l’espagnol Miguel de Cervantes (1547-1616) envoyait son incorrigible optimiste de héros s’attaquer aux éoliennes. Don Quichotte, l’illustre hidalgo, et son voisin fermier à la prosaïque philosophie, Sancho Panza, sont parmi les figures les plus drôle et les plus populaires de la littérature, s’attaquant au grand pour le tourner en ridicule. Dans cette adaptation du classique Cervantes, Rob Davis utilise un trait moderne et comique, servi par une palette de couleurs narratives pour donner vie au Chevalier errant. Don Quichotte dans sa recherche de l’aventure et des rencontres galantes affrontera de terribles adversaires, comme la logique, les convenances ou la santé mentale. Mais il vaincra toujours !

Don Quichotte tome 1

Le point sur l’album :

Chapitré en dix petites scènes, le récit nous plonge immédiatement dans le monde loufoque de ce vieux Don Quichotte de la Manche. Un nom choisi par ce noble personnage qui a mis toute sa fortune dans l’acquisition de toute la littérature chevaleresque existante à son époque. Perdu dans les pages de ses livres (et ruiné), le vieux monsieur va faire comme un burn-out. C’est alors paré d’un heaume à la visière en carton qu’il va partir à la conquête du monde (et des moulins à vent), persuadé d’être l’émanation d’un preux chevalier. L’occasion d’aller croiser le fer en compagnie de son voisin Sancho Panza

Burlesque, fantasque et amusant, le ton employé va à merveille à ce grand classique, où les styles narratifs se croisent pour donner un mélange croustillant de comique.

Le morcellement de la trame générale par petits épisodes ne fait par ailleurs que parfaire un découpage très propre. Un scénario d’une belle tenue, très respectueux de l’oeuvre paternelle car habité par son esprit.

C’est aussi grâce au trait caricatural de l’auteur, qui s’amuse avec des lignes anguleuses à mettre en scène toute l’incongruité de la légende. Un dessin qui fait le choix du modernisme avec une certaine audace.

En résumé, et sans attendre la parution du second tome, on peut signaler que s’il y a beaucoup d’adaptations de Don Quichotte, il en est une qu’il ne faut pas rater : celle de Rob Davis évidemment.

Résultats concours : Hungry hearts, 20 places de ciné gagnées et 2 affiches dédicacées.

Sortie le 25 février 2015

 

A l’occasion de la sortie du film Hungry hearts, Publik’Art, en collaboration avec BAC Films, vous a offert la possibilité de gagner :

10×2 places de ciné pour le film : Hungry hearts

2 affiches dédicacées

 

Vous avez été très nombreux à participer : 4 031 joueurs. Bravo à tous et merci de votre excellente participation.

 

Les deux heureux gagnants d’une affiche sont :

Angélique Tinois et Quentin Ghekiere

 

Les dix heureux gagnants de deux places de ciné sont :

Sophie Lapouge, Laurence Brodis, Jean Fauquembergue, Thierry Verger, Christophe Herter, Mathieu Klamber, Myriam Skarka, Remy Thierry, Karine Schriffure et patrick Imbert.

Notre partenaire vous enverra vos lots très prochainement et d’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

 

Samba, un film d’Eric Toledano et Olivier Nakache (DVD)

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Samba

Samba, un film d’Eric Toledano et Olivier Nakache

Après le très populaire Intouchables, les réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache (qui ont aussi signé des films comme Tellement proches ou Nos jours heureux) retrouvent leur acteur fétiche Omar Sy, qui donne la réplique à Charlotte Gainsbourg. Un film adapté de Samba pour la France, un roman de Delphine Coulin.

Sortie : le 18 février 2015
Durée : 1h59
Avec :  Omar Sy, Charlotte Gainsbourg, Tahar Rahim, Izïa Higelin
Prix :  14,99 € (DVD/BR)

Synopsis :

Samba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d’obtenir ses papiers, alors qu’elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu’au jour où leurs destins se croisent… Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d’imagination qu’eux ?

Samba

Notre avis sur le film :

On retrouve dans Samba la sensibilité chaleureuse de l’équipe du film d’Intouchables. Evidemment Samba aura du mal à souffrir la comparaison au delà. C’est un film plus délicat, qui aborde une fois encore des sujets graves (les sans-papiers, le burn-out) mais sur un ton légèrement plus sérieux. Un scénario habile et humaniste qui illustre bien les terribles difficultés vécues par ces travailleurs clandestins qui n’ont qu’un rêve : rester sur leur terre d’accueil. Même si pour cela ils doivent travailler dur, en esclave d’une économie parallèle bien connue et pourtant ignorée. Un film ponctué de moments forts, où l’on rit mais aussi où la peur nous surprend.[pull_quote_right]Un scénario habile et humaniste[/pull_quote_right]

Si le destin de Samba est celui du personnage du roman, celui d’Alice a été créé pour le film, afin de mettre en scène un couple à l’écran. Et ça marche. Les deux se lient avec beaucoup de naturel. Un plus qui permet une très belle alchimie entre les deux acteurs principaux. Un ton souvent très juste, qui donne de la crédibilité au film.

Comme son titre ne l’indique pas, Samba est un film plus touchant que drôle. Mais il porte bien la marque et la fraîcheur d’Eric Toledano et Olivier Nakache.

Les bonus du DVD : 

Making of (HD – 45′)
Scènes coupées commentées par les réalisateurs (HD – 10′)
Entrez dans la danse (HD – 3′)
Enregistrement musical de Ludovico Einaudi illustré des photos exclusives du film (HD – 3′)
Bande-annonce (HD)

Robert Sax, tome 1 : une BD de Rodolphe et Louis Alloing (Delcourt)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Robert Sax tome 1

Robert Sax, tome 1 : Nucléon 58

C’est autour d’une nouvelle série policière que le duo Rodolphe (Memphis, Le Baron Fou, Si seulement, Kenya, Assassins…) et Louis Alloing (Marion Duval) se retrouve après avoir réalisé La Marque JacobsRobert Sax est un garagiste dandy des années soixante qui va être mêlé presque malgré lui (il l’aura quand même bien cherché) à une affaire d’espionnage. Nom de code : Nucléon 58. 

Date de parution : le 18 février 2015
Auteurs : Rodolphe (scénario), Louis Alloing (dessin) et Drac (couleurs)
Editions : Delcourt
Prix : 14,95 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

1956. Robert Sax traîne son désarroi dans la ville de Bruxelles. Garagiste malgré lui suite à l’héritage de son père, seul depuis la disparition de sa femme, sa vie se concentre autour de Boon, son meilleur ami libraire. Quand ce dernier se trouve kidnappé par des Roumains à la recherche d’un mystérieux crayon, son quotidien en est profondément bouleversé.

[rev_slider RobertSax1]

Le point sur l’album :

Ce polar s’inscrit dans la plus pure tradition franco-belge, comme un hommage aux meilleures séries qui ont fait sa renommée. Robert Sax ne révolutionne pas le genre en proposant un récit d’espionnage plutôt classique, avec sa partition de péripéties et de rebondissements. Le scénario de Rodolphe s’amuse de différentes ficelles – du kidnapping au petit gadget sorti de la panoplie de l’agent secret – pour composer son histoire. Sans s’attarder sur ses personnages, il parvient à les rendre plutôt attachants en leur donnant un certain charisme. On regrette néanmoins les clichés qui ponctuent la BD, peut-être dus aux années soixante mises en scène. On aurait aimé plus de culot, une histoire un peu moins convenue.[pull_quote_right]Un trait d’une netteté et d’une précision chirurgicale.[/pull_quote_right]

Mais c’est aussi ce côté traditionnel qui séduit dans le dessin de l’école « ligne claire » de Louis Alloing. Un trait d’une netteté et d’une précision chirurgicale. A la fois design et rétro, l’ambiance qu’il installe par ce style tintinophile est particulièrement harmonieuse. Le travail d’un artiste accompli. 

Robert Sax fait des présentations un peu timides dans Nucléon 58. Mais les auteurs suscitent la curiosité par le potentiel déployé. Une série qui pourrait s’imposer dans la longueur.

Gemma Bovery, un film d’Anne Fontaine (DVD)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Gemma Bovery

Gemma Bovery, un film d’Anne Fontaine 

Adapté de la BD éponyme de Posy Simmonds (Tamara Drewe), Gemma Bovery raconte l’histoire d’une jeune femme – Gemma – venue de Londres s’installer dans la campagne française avec son mari Charles. Ils y feront la rencontre de Martin, un voisin interprété par Fabrice Luchini qui va immédiatement faire le rapprochement avec le chef d’oeuvre de Gustave FlaubertMadame Bovary.

Sortie : le 21 janvier 2015
Durée : 1h39
Avec :  Gemma Arterton, Fabrice Luchini, Jason Flemyng
Prix :  19,99 € (DVD/BR)

Synopsis :

Martin est un ex-bobo parisien reconverti plus ou moins volontairement en boulanger d’un village normand. De ses ambitions de jeunesse, il lui reste une forte capacité d’imagination, et une passion toujours vive pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier. On devine son émoi lorsqu’un couple d’Anglais, aux noms étrangement familiers, vient s’installer dans une fermette du voisinage. Non seulement les nouveaux venus s’appellent Gemma et Charles Bovery, mais encore leurs comportements semblent être inspirés par les héros de Flaubert. Pour le créateur qui sommeille en Martin, l’occasion est trop belle de pétrir – outre sa farine quotidienne – le destin de personnages en chair et en os. Mais la jolie Gemma Bovery, elle, n’a pas lu ses classiques, et entend bien vivre sa propre vie…

Gemma Bovery

Notre avis sur le film :

Réalisé par Anne Fontaine, à qui l’on doit notamment Coco avant Chanel ou encore Perfect Mothers, le film est une plongée introspective dans l’imaginaire sentimental de Martin, personnage central qui s’ennuie terriblement dans une vie trop paisible, menée loin de la ville. Ce boulanger va se trouver un hobby : tombé instantanément sous le charme de Gemma Bovery – ne serait-ce que par l’évocation de son nom,  il va orchestrer son remake de Madame Bovary. Un scénario particulièrement bien adapté sur pellicule, et propice aux mises en perspective. Car il s’agit bien d’un film qui se tourne dans la tête de Martin. Une idée originale faite pour le cinéma.

Le découpage comme la réalisation sont par ailleurs d’une efficacité redoutable. Débutant sur un rythme plutôt tranquille, Madame Bovery surprend dans son épilogue, où tout s’accélère. Un film où l’on rit par les errements d’un  Fabrice Luchini en bonne forme, étant lui-même grand amateur de Flaubert. Mais également un film où la tension d’abord sous-jacente vient nous exploser à la figure alors qu’on ne s’y attend pas.

Madame Bovery créé ainsi la surprise et déconcerte par sa capacité à croiser les styles, sous un filigrane à la fois poétique, ironique et dramatique. A voir.

Les bonus du DVD : 

« Sur les pas d’Emma… » (20′)
Teaser et bande-annonce

Les Oscars 2015 : Le palmarès complet.


Oscars

Les Oscars 2015 : Le palmarès complet.

La 87ème édition des Oscars a eut lieu cette nuit. Voilà donc son palmarès dans son intégralité. Publik’Art a eu la chance de voir Birdman en avant-première et en a été subjugué ! Il a été le grand vainqueur avec 4 Oscars ! Quant aux autres grands gagnants, on est ravi de retrouver Whiplash, avec 3 Oscars, excellent film, ainsi que les seconds rôles qu’on a adoré, dans Boyhood et Whiplash ! The Grand Budapest Hotel a eu 4 « petits » Oscars : film français très américanisé, mais avec une très belle musique, de très beaux costumes, il est vrai. On n’est pas étonné que Timbuktu soit reparti bredouille… Pas assez de pub aux USA et pas de rapport avec leur actualité ! On regrette que Mommy ne soit pas récompensé, heureusement il a eu le César du meilleur film étranger ! Pour terminer notre propos, on est ravi que American Sniper n’ait eu qu’un tout petit Oscar !

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Birdman : 4 Oscars 2015.

Le palmarès complet des Oscars 2015 :

Meilleur film :  Birdman, d’Alejandro Inarritu

Meilleur réalisateur : Alejandro Inarritu pour Birdman

Meilleur acteur : Eddie Redmayne pour « Une merveilleuse histoire du temps »

Meilleure actrice : Julianne Moore pour « Stille Alice.

Meilleur acteur second rôle : J.K. Simmons pour Whiplash

Meilleur actrice second rôle : Patricia Arquette pour Boyhood

Meilleur film en langue étrangère : Ida (Pologne)

Meilleur film d’animation : « Les nouveaux héros »

Meilleure photographie : Emmanuel Lubezki, Birdman.

Meilleurs costumes :  The Grand Budapest Hotel

Meilleurs maquillages et coiffures : The Grand Budapest Hotel
Meilleure direction artistique : 
The Grand Budapest Hotel
Meilleur court métrage documentaire : « Crisis Hotline: Veterans Press 1 »
Meilleur court métrage de fiction : « The Phone Call »
Meilleur court métrage d’animation : « Festin »
Meilleur mixage sonore : 
Whiplash
Meilleur montage sonore : « American Sniper »
Meilleurs effets spéciaux : « Interstellar »
Meilleur montage : Tom Cross, 
Whiplash
Meilleur documentaire:
Citizenfour
Meilleure chanson: Glory, « Selma »
Meilleure bande originale: Alexandre Desplat,
The Grand Budapest Hotel
Meilleur scénario original: 
Birdman
Meilleur scénario adapté: « The Imitation Game »

Au monde, opéra de Philippe Boesmans sur un livret de Joël Pommerat, à Paris

2014-15 Opéra Comique "AU MONDE" OPÉRA de Philippe Boesmans sur un livret de Joël Pommerat d’après sa pièce éponyme.

© E.Carecchio

Opéra Comique du 22 au 27 février 2015

Une rencontre au sommet entre un compositeur d’opéra et un écrivain de plateau qui fera date

Depuis plus de quinze ans, Joël Pommerat qui se revendique “écrivain de plateau”, écrit et met en scène. Reconnaissables dès les premières secondes pour l’univers poétique dont elles sont tissées, mêlant intimement le clair-obscur de l’imaginaire (l’inconscient) à la réalité mais aussi les rapports sociaux entre individus, les histoires scéniques de Joël Pommerat s’apparentent à des comtes moraux et immoraux. Où comment le bien et le mal se masquent, se mélangent l’un derrière l’autre, l’un avec l’autre. Et à partir d’un sujet qui semble tout à fait réaliste donc concret, le dramaturge nous entraîne de par son écriture dans une autre réalité, celle de personnages enfermés en eux-mêmes qui rêvent et parlent seuls à travers de longs discours émouvants ou encore entre eux, déterminés par le rôle familial/social dans lequel ils sont enfermés.

Les artistes/chanteurs sont à l’unisson pour interpréter leur personnage de conte initiatique dans un subtil ballet de va-et-vient propre à l’expression nuancées et variées des tessitures entre gravité et radicalité

Avec Au monde (créé en 2004), tout l’art de la mise en scène de Joël Pommerat se trouve là et annonciateur de son histoire de théâtre qui n’est pas seulement de raconter la société ou le politique mais aussi de concrétiser un univers sensible : Plateau dépouillé, utilisation de la lumière (d’où vient-elle et comment éclaire-t-elle ?), quasi- absence de couleurs (des contrastes), mise en valeur du corps de l’interprète dans l’espace scénique mais solitude de ces corps, utilisation du fonds de scène comme unique décor stylisé. On y devine le mystère, la solitude et le possible inaccompli de chacun des personnages. 2014-15 Opéra Comique "AU MONDE" OPÉRA de Philippe Boesmans sur un livret de Joël Pommerat d’après sa pièce éponyme.

De sa rencontre avec Philippe Boesmans, compositeur des superbes Reigen et Yvonne, princesse de Bourgogne, habitué à mettre en musique des grands textes de Shakespeare, Schnitzler ou Strindberg adaptés par le fidèle Luc Bondy, est né l’adaptation au genre lyrique de sa pièce éponyme.

Et le résultat se révèle une réussite totale où les paroles empreintes de mystère permettent à la musique de Boesmans d’imprimer d’une nouvelle résonnance la dramaturgie porteuse de sous-entendus et de non-dits, amplifiant l’écho suggestif.

Elle est portée par un plateau vocal d’exception dirigé d’une main de maître par Patrick Davin à la tête de l’Orchestre philharmonique de Radio France et emmenée par l’éblouissante Patricia Petibon.

2014-15 Opéra Comique "AU MONDE" OPÉRA de Philippe Boesmans sur un livret de Joël Pommerat d’après sa pièce éponyme.

On est ici introduit dans une famille de la grande bourgeoisie industrielle. Un patriarche vieillissant est désireux de passer la main à son fils cadet introverti, soudainement revenu d’une guerre lointaine. Trois soeurs – la similitude avec « Les trois soeurs » de Tchekhov est intentionnelle – se débattent avec leurs traumatismes. L’aînée, enceinte d’on ne sait qui, comme absente, la seconde rêvant d’un « monde qui fera de l’homme la seule valeur » , mais animatrice d’une émission de télévision et enfin la plus jeune, adoptée pour remplacer une enfant mystérieusement disparue.

Les hommes, puissants, en costume-cravate vaquent à leurs affaires et tentent de composer avec les femmes de la famille, entièrement vouées, elles, aux affres de la séduction et de l’amour. Ambitions et jeux de pouvoir, omnipotence de l’aisance, de l’argent, de la sphère masculine, épaississent les ténèbres de ce microcosme glaçant que percent peu à peu une quête obstinée de la vérité chez ces êtres aux personnalités troubles flouées par leurs secrets interdits.

2014-15 Opéra Comique "AU MONDE" OPÉRA de Philippe Boesmans sur un livret de Joël Pommerat d’après sa pièce éponyme.

Dans ce huis-clos en forme de labyrinthe intime où s’aborde des préoccupations du quotidien : comme le travail et la famille, le décor anxiogène cristallise vertigineusement un ballet d’ombres où une barre verticale de lumière blanche presque éblouissante dans la pénombre, constitue la seule ouverture vers le dehors et face à laquelle une des soeurs souvent se cogne et se raccroche.

Les échanges sont ponctués d’angoisses et d’attentes obscures. Les incertitudes de la mémoire, du désir, de l’identité, troublent la limite entre jour et nuit, tandis que çà et là éclatent des faits à demi énigmatiques et nous renvoie à des considérations philosophiques et existentielles. Le frère cadet ne cherche-t-il pas à « faire quelque chose de vrai, quelque chose de profond »? Un peu comme chacun de nous cherche sa place Au monde.

2014-15 Opéra Comique "AU MONDE" OPÉRA de Philippe Boesmans sur un livret de Joël Pommerat d’après sa pièce éponyme.

Mais de même qu’on ne peut, sans doute, se trouver simultanément dans plusieurs pièces de cet appartement aux recoins pour le moins fantastiques, de même on ne saurait fixer de point de vue unique d’où embrasser l’ensemble des positions et des histoires de tous ses occupants. Comme si, où que l’on cherche à se placer, il subsistait toujours un point aveugle. Telle est bien la complexité de cet espace familial et des personnages qui le hantent avec cette part aussi de trivialité, là comme à la surface du monde, à la surface du réel.

Sur le plateau, les actions s’enchaînent parfaitement découpée en brèves séquences entre un clair obscur sidérant et une sophistication fascinante qui constituent la sensibilité esthétique de l’auteur metteur en scène. Où la partition musicale en transfigure l’atmosphère. Comme le fit Debussy sur le Pelléas et Mélisande de Maeterlinck, Philippe Boesmans distille une substance sonore au silence, au noir et à la lumière.

Une expérience sensorielle qui ouvre à une nouvelle dimension de l’œuvre propice à son climat d’étrangeté et de perdition.

Les artistes/chanteurs sont à l’unisson pour interpréter leur personnage de conte initiatique dans un subtil ballet de va-et-vient propre à l’expression nuancées, variées des tessitures entre gravité et radicalité.

Une rencontre au sommet entre un compositeur d’opéra et un écrivain de plateau qui fera date…


L’Enquête, un film de Vincent Gareng

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L’Enquête, un film de Vincent Gareng

Tout le monde a entendu parler de l’histoire Clearstream qui eut réellement lieu entre 2001 et 2003. Evasion fiscale de blanchiment d’argent de cette société. Denis Robert a écrit un livre : Les révélations dont Vincent Gareng s’est largement inspiré.

Sortie : le 11 février 2015

Durée : 1h46

Avec : Gilles Lellouche, Charles Berling, Laurent Capelluto.

Synopsis :

2001. Le journaliste Denis Robert met le feu aux poudres dans le monde de la finance en dénonçant le fonctionnement opaque de la société bancaire Clearstream. Sa quête de vérité pour tenter de révéler « l’Affaire des affaires » va rejoindre celle du juge Renaud Van Ruymbeke, très engagé contre la corruption. Leurs chemins vont les conduire au cœur d’une machination politico-financière baptisée « l’affaire Clearstream » qui va secouer la Vème République.

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L’Enquête, un film de Vincent Gareng

Voilà un film qui veut tout nous expliquer sur cette sombre histoire de Clearstream. Mais à vouloir trop nous en dire, on se sent très vite perdu dans ce monde la finance où tout est tellement louche. Le problème est que si on n’est pas dans le monde de la finance, on décroche vite !

Au final on découvre que tout le monde est trempé dans cette histoire, en passant par les plus grands, Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Chevènement… Que la somme de blanchiment d’argent est astronomique ! Qu’au final, même si il y a eu morts d’hommes de Taïwan, personne n’a été inculpé pour ça. Et que la situation s’est retournée contre ce pauvre journaliste, Denis Robert, interprété parfaitement par Gilles Lellouche, qui, heureusement, n’a pas été condamné mais a bien failli l’être.

Le pire de tout est que ce film a coûté près de 9 millions d’euros.

Film très complexe mais pas évident à suivre !

J’espérais mieux comprendre ce qui s’est réellement passé, mais ce ne fut pas le cas…

Essayez et vous verrez, peut-être serez-vous plus doué que moi !

Bande annonce de L’Enquête, un film de Vincent Gareng :

Juniors, une BD d’Hervé Bourhis et Halfbob (Futuropolis)

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Juniors, d’Hervé Bourhis et Halfbob

Récit noir d’une adolescence désabusée, Juniors met en scène deux amis qui se retrouvent à une fête où leurs univers va tout à coup basculer. L’un va connaître son premier baisé tandis que l’autre va se découvrir trompée. Sur un ton léger – mais pas tant que ça – et amusé, Hervé Bourhis (Le Teckel, La main verte, Appelle-moi Ferdinand) met en scène une jeunesse un peu effrayante, très déconnectée des réalités et pourtant connectée non-stop aux réseaux sociaux. Un univers ébouriffant mais tendre également, qui prend des allures résolument rock sous les traits d’Halfbob (Elmer la peluche qui parle).

Date de parution : le 29 janvier 2015
Auteurs : Hervé Bourhis (scénario) et Halfbob (dessin)
Editions : Futuropolis
Prix : 17 € (88 pages)

Résumé de l’éditeur :

Maxime et Victoire ne pensaient pas qu’ils allaient se retrouver à un moment clé de leur vie en allant à la fête de Chloé. Victoire y découvre son amoureux, Félix, dans le lit d’une autre. Elle le larguera sur Twitter. Maxime, lui, a cru bon de venir à cette fête habillé en nazi. Là, pour la première fois de sa vie, il embrasse une fille, Sarah (une gothique), qui se suicidera quelques jours plus tard dans l’indifférence quasi générale. Après un suicide raté, Victoire et Maxime larguent tout pour un concert des Dinosaur Jr à Paris. Sur la route, ils croiseront des skinheads, une fan de Dean Martin, des flics, un routier sympa, le fantôme de Sarah et peut-être même…l’Amour. La jeune génération occidentale est revue et dessinée par ce duo d’auteurs habitués des tribunes rock en bande dessinée. Bourhis & Halfbob donnent un récit drôle et noir sur les adolescents. Ils s’emparent de ces sujets sensibles et parviennent tout à la fois à nous en amuser tout en soulignant la dérive inquiétante de la jeunesse contemporaine qui ne conçoit la vie et les échanges qu’à travers le prisme des écrans Facebook ou Twitter. Et si les rapports humains n’étaient plus gouvernés que par la Toile des réseaux sociaux, le rock restera le dernier rempart pour sauver l’amour et le monde.

[rev_slider Juniors]

Le point sur l’album :

En imaginant ce couple d’adolescents qui fugue pour aller assister à un concert de Dinosaur Jr à Paris, Hervé Bourhis propose une immersion au pays de l’adolescence d’aujourd’hui, un road movie qui peut parfois donner le vertige par l’insouciance de ces enfants en recherche d’expériences ou de sensations fortes. Un récit qui montre aussi, dans une moindre proportion, la cruauté qui règne entre eux. Comme cette jeune gothique qui se suicide dans l’indifférence la plus totale. L’auteur parvient néanmoins à nous faire sourire et nous attendrir par quelques passages touchants qui nous rappellent qu’il y a du bon chez les ados aussi ! Un scénario habile et sans concession, qui va au bout de ses idées… carrément rock.

C’est également le cas du dessin noir et blanc d’Halfbob qui rappelle l’esprit de la série télé Daria. Un trait fin aux allures caricaturales, qui colle au récit à la perfection.

Drôlement noir et touchant, Juniors est à la fois sobre et trash. Efficace. Rock’n roll.

Koralovski, tome 1 : une BD de Philippe Gauckler (Le Lombard)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Koralovski

Koralovski, tome 1 :L’oligarque

Largement inspiré du parcours de Mikhaïl Khodorkovski, ex-propriétaire russe du groupe pétrolier Loukos, Koralovski raconte l’histoire d’un oligarque déchu, emprisonné pour 14 années après une condamnation pour fraude, évasion fiscale et détournement de matière première stratégique. Une série imaginée par Philippe Gauckler (Convoi, Prince Lao), qui en signe à la fois le scénario et le dessin.

Date de parution : le 27 février 2015
Auteurs : Philippe Gauckler (scénario et dessin), Scarlett Smulkowski (couleurs)
Editions : Le Lombard
Prix : 12 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

Il était l’un des oligarques les plus puissants de Russie, mais son insoumission au pouvoir politique a valu 10 ans de prison à Koralovski. Pragmatique et patient, il ne s’attendait pas à une libération anticipée sous la forme d’une attaque au missile. Evadé malgré lui, il va rapidement comprendre qu’il est au coeur d’une conspiration visant à cacher cette vérité hautement géostratégique : la fin du pétrole est un mythe !

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Le point sur l’album :

Thriller politique, Koralovski est une fiction qui s’appuie sur un scénario solidement ancré dans la réalité. Sous la présidence de Vladimir Khanine, les oligarques russes ont été contraints à l’obéissance la plus totale. Koralovski a bien tenté de s’opposer à sa politique en finançant par exemple des partis de l’opposition, cela n’a fait que précipiter sa chute. Emprisonné, il va pouvoir saisir une opportunité de s’échapper de la forteresse pénitentiaire dans laquelle il se trouve. Et pour cause, cette dernière va disparaître sous un bombardement. Jouant avec les ficelles d’un thriller géopolitique, les services secrets du monde entier (ou presque) sont mis en concurrence dans un récit haletant où vient se mêler un enjeu économique majeur : celui des ressources pétrolières. Selon une théorie minoritaire, dite du pétrole abiotique, ce dernier serait en fait une ressource renouvelable… Et pourtant, ceux qui profitent des mouvements du cours de l’or noir sont de plus en plus riches.

Une intrigue élaborée qui fait dans ce premier album la part belle à l’action, parfois au détriment du développement des personnages. Il faudra sans doute attendre la suite pour s’attacher davantage et découvrir le passé de ce Koralovski quelque peu mystérieux.

Philippe Gauckler propose par ailleurs un dessin réaliste très efficace. Son trait naturel et régulier est joliment mis en valeur par les couleurs de Scarlett Smulkowski. Un style entre tradition et modernisme. On aime.

En conclusion, Koralovski est une série à fort potentiel, qui rencontrera certainement le succès qu’elle mérite, auprès d’un large public.

Le pouvoir des innocents, cycle II, t.3 : une BD de Luc Brunschwig et David Nouhaud (Futuropolis)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Le pouvoir des innocents, cycle II Car l'enfer est ici Tome 3

Le pouvoir des innocents : Car l’enfer est ici (t.3)

Alors que l’ex-soldat Logan vit des jours difficiles en prison, le volet politique du Pouvoir des innocents prend de l’ampleur dans ce troisième album. La série culte créée par Luc Brunschwig (Le sourire du clown, La mémoire dans les poches, Après la guerre, Holmes) et Laurent Hirn (Le Sourire du clown),  et dessinée par David Nouhaud (Maxime Murène), met cette fois en scène l’ascension du démocrate Lou Mac Arthur durant la campagne pour le poste de gouverneur de l’Etat de New York. L’issue du vote pourrait bien avoir des répercussions pour notre héros de guerre (Lire aussi notre chronique des tomes 1 & 2).

Date de parution : le 12 février 2015
Auteurs : Luc Brunschwig (scénario), David Nouhaud (dessin), Laurent Hirn (couleurs, mise en scène et dessins additionnels)
Editions : Futuropolis
Prix : 13 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

Rappel des faits : le 4 novembre 1997, un attentat sanglant fait 508 victimes à New York. Six mois plus tard, la démocrate Jessica Ruppert est élue maire de la ville avec une politique sociale et humaniste. Soupçonné d’être l’auteur de la tuerie, Joshua Logan, ancien membre des forces spéciales, se rend à la police pour faire éclater la vérité…
Quatre millions de voix se déroule dans la continuité immédiate de l’épisode précédent, entre le 7 septembre et le 9 novembre 1999 lors des élections du gouverneur de l’Etat de New York. En lice, la très conservatrice Meredith Bambrick semble avoir pris une avance décisive sur le candidat démocrate Lou Mac Arthur après qu’il s’est officiellement déclaré contre la peine de mort en général et contre l’exécution de Logan, « l’homme le plus détesté de la ville » en particulier. « On peut tuer légalement une personne et s’imaginer avoir réglé le problème qu’elle représentait. On peut aussi la laisser en vie… Recueillir sa parole… Savoir ce qui l’a poussé à ce geste fou… Comprendre quels mouvements haineux couvent au sein de notre ville et peut-être trouver comment apaiser durablement cette fureur. » Mais le Pouvoir des Innocents passe aussi par leur vote et le résultat surprise des élections pourrait bien raviver les braises du chaos d’une ville gangrénée par la violence et la corruption.

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Le point sur l’album :

Centré sur la campagne politique pour le poste de gouverneur de l’Etat de New York, le scénario expose le combat mené contre la conservatrice Meredith Bambrick, qui s’annonce favorite face à un Lou Mac Arthur affaibli depuis ses dernières déclarations. Le candidat a en effet affiché son scepticisme quant à l’utilité sociale de la peine de mort. Mais il n’abandonnera ni son ambition, ni sa ferveur, ni ses idées. Les auteurs mettent en scène le discours de la dernière chance pour Lou Mac Arthur. De l’issue de ces élections dépend le sort de Logan. Un suspense en filigrane qui apporte une tension bienvenue dans un épisode finalement monotone. Heureusement, les quelques longueurs sont effacées par des rebondissements qui devraient avoir leur lot de conséquences pour la suite.[pull_quote_right]Des planches superbes où s’exprime [un] trait fin à la précision éblouissante[/pull_quote_right]

Avec son style graphique avant-gardiste,  David Nouhaud livre des planches superbes où s’exprime son trait fin à la précision éblouissante. Les rassemblements populaires sont notamment illustrés avec un réalisme presque photographiques. Une méticulosité rare qui offre au Pouvoir des innocents un atout de taille.

Ce troisième album semble donc faire office de transition avant une suite sans doute plus explosive. Le suspense est donc au rendez-vous, malgré le ralentissement effectué. L’occasion peut-être d’admirer plus longuement le travail remarquable du dessinateur.

Les larmes amères de Petra von Kant de Rainer Werner Fassbinder, mise en scène par Thierry de Peretti, à Paris

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© Huma Rosentalski

Création du Théâtre de l’Œuvre depuis le 12 février 2015 et pour 60 représentations

L’actrice et réalisatrice Valeria Bruni Tedeschi revient au théâtre, cinq ans après « Rêve d’Automne » mise en scène par Patrice Chéreau, dans « Les larmes amères de Petra von Kant » de Fassbinder dirigée par Thierry de Peretti où sa confrontation à l’univers noir, dévastateur du cinéaste allemand impressionne par une mise en danger envoûtante.

[pull_quote_center]Une pièce où les pulsions de vie et de mort s’entremêlent et se cognent à la douleur d’aimer[/pull_quote_center]

Petra Von Kant, célèbre créatrice de mode est à un moment clé dé sa vie. Après la perte d’un premier mari et la séparation d’avec le second, elle s’interroge sur son existence. Elle cohabite avec Marlene qu’elle se plait à opprimer et qui lui sert d’assistante et de bonne à tout faire.

Tandis qu’elle commente son récent divorce avec son amie Sidonie, survient Karine, une jeune femme d’un milieu social plus modeste qui souhaite faire du mannequinat et dont elle tombe aussitôt amoureuse en lui proposant de défiler pour sa collection et de vivre avec elle.

Sous les yeux de Marlene, spectatrice muette et jalouse intérieurement, la passion de Petra se brûle et se transforme en descente aux enfers.

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Les rapports de forces avec lesquels elle avait voulu rompre en quittant son mari, qui n’avait pas supporté sa réussite, se reconstituent avec Karine, intéressée par le succès et l’argent, ne voulant renoncer ni aux hommes, ni à son marri, dans une forme de dépendance anxiogène.

A travers un huis clos féminin constitué de 7 femmes, Fassbinder orchestre une situation de crise permanente qui décortique au scalpel, entre l’intime et le politique, les relations humaines perverties où se questionne la notion de domination/soumission dans le lien amoureux et sa reproduction dans la sphère sociale, amicale et familiale.

Cette exploration radicale qui est propre à l’univers du dramaturge n’a jamais été aussi percutante et incisive que dans cette pièce où si les arrangements avec la vérité de chacun des protagonistes sont manipulateurs et destructeurs, ils sont aussi animés d’un désir de transgression et de reconstruction.

La mise en scène de Thierry de Peretti joue la carte de l’ultra réalisme en prise frontale avec le mélodrame au ton provocateur qu’il installe dans un décor baroque/bourgeois, transposé dans les années 70, à l’atmosphère grisée et sur fond de playlists en continu qui convoquent l’univers mental de Petra.

Elle rend compte d’une tension diffuse sur fond d’exploitation des sentiments où Petra en maîtresse femme se débat au milieu d’une toile qu’elle a elle-même tissée afin d’immobiliser et de posséder ceux qui se trouvent autour d’elle avant qu’elle en devienne la propre proie.

Dans le rôle-titre, Valeria Bruni Tedeschi, aux intonations rocailleuses, électrise le plateau d’une présence fébrile et sans retenue aux infinies résonnances tandis que sa partenaire (Zoé Schellenberg) se montre calculatrice et arrogante.

Quant à Marlène (la bonne) interprétée par Lolita Chammah, elle est hypnotique, habitée d’une abnégation aussi imprévisible que sourde.

Une pièce où les pulsions de vie et de mort s’entremêlent et se cognent à la douleur d’aimer…

Explicite, Carnet de tournage : une BD d’Olivier Milhaud et Clément C. Fabre (Delcourt)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Explicite, Carnet de tournage

Explicite, Carnet de tournage [Entretien & chronique]

Après avoir joué dans un film, Olivier Milhaud (Le Viandier de Polpette, Agito Cosmos) a décidé d’écrire un scénario autour des notes prises sur le tournage pour tuer l’ennui… Il s’agissait en réalité d’interpréter le rôle d’un inspecteur dans Mangez-moi, un film… pornographique. Avec la complicité du dessinateur Clément C. Fabre (Le Banc de touche), il propose dans Explicite, Carnet de tournage un témoignage à la fois drôle et touchant d’un univers aussi folklorique que particulier. Et comme si cela ne suffisait pas, il répond avec générosité à nos questions dans ce petit billet !

Date de parution : le 11 février 2015
Auteurs : Olivier Milhaud (scénario) et Clément C. Fabre (dessin)
Editions : Delcourt / Mirages
Prix : 16,95 € (128 pages)

Résumé de l’éditeur :

Le défi relevé par Olivier Milhaud : intégrer le tournage d’un film X en tant qu’unique acteur habillé. Séances de porno amateur, concurrence entre les actrices, difficulté de la trentenaire à trouver sa place parmi les jeunettes de vingt ans, dialogues trash version off au petit déjeuner… Autant de scènes de tournage qui donnent vie à ce reportage immersif. Un récit hilarant et original !

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Le point sur l’album :

D’ordinaire scénariste de BD jeunesse, Olivier Milhaud signe avec Explicite, Carnet de tournage une incursion réussie dans un monde résolument plus adulte. En partageant son expérience, l’auteur se fait d’emblée remarqué par son culot et l’originalité de son propos. Une idée qu’il exploite sur un ton décalé en acceptant de se mettre en scène avec beaucoup d’auto-dérision, au beau milieu d’acteurs pornos au tempérament de feu (Liza del Sierra, Phil Hollyday, Coco Charnelle, Katia de Lys, Titof, Rico Simmons, Mike Angelo etc…).

Le récit montre avec tendresse une vraie petite famille, qui compte évidemment ses zones de tensions, ses jalousies d’expériences passées, et ses fortes têtes (surtourt Mike qui est un vrai phénomène). Nul n’est épargné par ce petit tour d’horizon qui décrit dans une ambiance chaleureuse et forcément décontractée, des personnages hauts en couleurs auxquels ont s’attache très vite. La narration fleuve et pudique d’Olivier Milhaud participe à la sensation d’immersion totale. Nous sommes lui. Intimidés par ce petit monde méconnu dont nous sommes les intrus. Mais également amusés par ce quotidien rythmé par les caméras et encadré par l’équipe du film.

Une identification facilitée par le dessin de Clément C. Fabre qui rend très bien compte de l’atmosphère générale du lieu de tournage, dans ce mas du sud de la France. Son trait rond et généreux sait se modeler pour donner de justes expressions. Une belle énergie s’en dégage, renforçant le réalisme de ce récit plein de sincérité et d’humour.

Témoignage courageux et inédit, Explicite, Carnet de tournage ne provoque que par sa capacité à faire rire de ces situations parfaitement incongrues pour celui qui n’a pas l’habitude de vivre sur les lieux d’un tournage. Et encore moins d’un film X, dont voici la bande-annonce (où vous pouvez apercevoir le fameux inspecteur) :

Entretien avec Olivier Milhaud :

P’ART – 1/ Quand vous avez accepté de participer au tournage de Mangez-moi, aviez-vous déjà à l’esprit d’en faire une BD ? John B. Root indique dans sa préface qu’il n’était pas au courant que vous teniez un carnet de tournage… Comment ce projet BD est-il né ?

O.M. – Non, à la base, je n’avais aucune intention d’en faire un récit. J’étais beaucoup plus dans le trip : « je vais jouer la comédie dans un film ». Ce fût en fait lors de ces quelques jours passés sur le tournage où j’ai commencé à prendre des notes. Au début c’était un peu par ennui, car on doit beaucoup patienter sur un plateau ciné, mais assez vite, je me suis dis qu’il y avait peut-être un moyen de faire de cette expérience une histoire.

P’ART – 2/ Vous décrivez votre expérience avec un regard amusé, une pointe d’auto-dérision et un certain franc-parlé. Certains des acteurs que vous avez cotoyés ne sont pas épargnés par leur portrait (ce qui ne les rend que plus attachants). Comment ont-ils réagi en découvrant la BD ? Vous avez eu des retours ?

O.M. – Pour que le récit fonctionne, il était important que le personnage de Roman Roquette, soit « moi » un peu caricaturé, soit le personnage relais avec le lecteur et que l’on ne reste que sur son point de vue, disons « candide »… Et oui, il n’était pas non plus question de faire de l’angélisme sur le milieu du X, il fallait trouver un juste milieu entre bienveillance et vérité.

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Effectivement, certains comédiens ne sont pas épargnés et vous avez raison, à mon sens cela ne les rend que plus attachant, notamment Mike Angelo dont on a chargé le portrait mais toujours avec tendresse.
Je ne sais pas si tout le monde l’a lu, mais pour l’instant je n’ai eu que des retours positifs, déjà, ne serait-ce que par le fait que l’on présente le métier de façon « vrai » même si c’est romancé, je voulais m’attacher à montrer que ce sont des gens tout à fait normaux, avec leurs soucis, etc.
Mais il est vrai que j’attends les retours de Mike et Lisa…

P’ART – 3/ Quelle est l’anecdote ou le souvenir qui vous a le plus marqué dans cette expérience ?

O.M. – Je pense que ça a été l’anniversaire de Jasmine, une des comédiennes, il n’est pas trop mis en avant dans le livre, mais c’était un moment très doux, très familial. Jasmine pleurait et les comédiens venaient lui faire des bisous très tendres. Un chouette moment de partage.

P’ART – 4/ Vous décrivez assez bien le trac, l’appréhension à l’idée de vous retrouver devant les caméras. Mais alors, au final :  satisfait de votre performance d’inspecteur dans Mangez-moi ? 

O.M. – Du tout ! Je n’arrive pas à me regarder, d’autant plus qu’il est évident que je suis un piètre comédien qui « joue ». Ça se voit, ça se sent, tout est exagéré dans mon « jeu »… Quasi grotesque.

Explicite, Carnet de tournage

P’ART – 5/ Vous écrivez d’habitude des BD pour les enfants. Aura-t-on l’occasion de vous retrouver sur d’autres projets pour les plus grands ?

O.M. – Oui, bien sur. J’ai plusieurs projets plus adulte, même si je suis toujours très amoureux des bd jeunesse. Peut-être même selon le succès d’Explicite une suite…

P’ART – 6/ Un mot sur Clément C. Fabre, le dessinateur de la BD : comment s’est-il joint à votre projet ? Quelle a été votre manière de faire fonctionner ce duo ?

O.M. – J’ai rencontré Clément par un concours de circonstance et lorsqu’il m’a montré ses travaux, j’ai immédiatement tilté car, sur ce projet, je cherchais un dessinateur de son genre, avec beaucoup de sensibilité, de pudeur, un style quasi féminin. De plus il a un sens de l’acting très fort. Je lui ai donc parlé de ce projet, bien sur il a cru que j’étais fou et s’attendait à une bd porno, mais lorsqu’il a lu le scénario, il avait l’air plutôt emballé.
Ensuite, mis à part, quelques modifications de ci de là lors de la réalisation proprement dite de l’album, je l’ai laissé totalement libre en lui expliquant : « Maintenant, c’est TA bd, c’est toi le metteur en scène, tu l’as fait comme tu veux, comme tu la sens » et il ne m’a absolument pas déçu, il a fait un travail formidable… À mon sens…

40ème Cérémonie des CESAR 2015 : le palmarès en live.


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40ème Cérémonie des CESAR 2015

Cette année c’est Dany Boon qui est le Président des César et qui nous dévoile ses talents de pianiste, accompagné par Edouard Baer, grand chef d’orchestre de la cérémonie.
Publik’Art, cette année, va mettre un point d’honneur à vous transmettre les résultats en live !

César d’Honneur remis à Sean Penn pour sa célèbre carrière d’acteur commencée à l’âge de 14 ans !

Timbuktu a tout raflé ! Film d’humanité et d’humilité, d’après Abderrahmane Sissako, lui-même.

Palmarès intégral des César :

 

Meilleur espoir féminin : Louane Emera dans le film très réussi La famille Bélier. Très émue Louane, 18 ans, qui sort son premier album Chambre 12 début mars !

Meilleur son : Timbuktu, un film extraordinaire de Abderrahmane Sissako

Meilleure photographie : Sofian El Fani : Timbuktu

Meilleur 1er film : Les combattants de Thomas Cailley

Meilleur second rôle : Reda Kateb : Hippocrate

Meilleure musique originale : Amine Bouhafa : Timbuktu

Meilleur film d’animation : court : Les petits cailloux,  long : Minuscule.

Meilleur espoir masculin : Kévin Azaïs, dans Les combattants.

Meilleurs costumes : Anaïs Romand pour Yves Saint Laurent

Meilleur scénario original : Timbuktu

Meilleurs décors : Thierry Flamand pour La bête et la bête

Meilleur montage : Nadia Ben Rachid pour Timbuktu

Meilleur documentaire : Le sel de la Terre, un film de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado.

Meilleur court métrage : La femme de Rio, de Emma Luchini et Nicolas Rey

Meilleur second rôle féminin : Kristen Stewart dans Sils Maria.

Meilleure réalisation : Abderrahmane Sissako pour Timbuktu

Meilleur film étranger : Mommy, l’excellent film de Xavier Dolan

Meilleur acteur : Pierre Niney dans Yves Saint Laurent

Meilleure adaptation : Volker Schlöndorff et Cyril Gely pour Diplomatie

Meilleure actrice : Adèle Haenel pour Les Combattants

Meilleur film : Timbuktu, un film de Abderrahmane Sissako, plébiscité par Publik’Art depuis sa sortie.

Clôture de la cérémonie à 0:53 !

 

 

 

Les archives de Bernard-Marie Koltès entrent à la Bibliothèque nationale de France

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Les manuscrits des œuvres Bernard-Marie Koltès les plus célèbres, comme Quai Ouest, Roberto Zucco ou La fuite à cheval loin dans la ville, mais également des documents moins connus et plus personnels du dramaturge sont désormais accessibles à tous, constituant de précieuses données pour la recherche théâtrale.
Ces archives viennent ainsi enrichir le patrimoine de la BnF, autour d’un auteur plus que jamais étudié et joué dans les écoles comme sur toutes les scènes du monde.
Ce don a été rendu possible grâce à François Koltès, son frère.

La main de Dieu, tome 3 : une BD de Marc Védrines (Glénat)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50La Main de Dieu - Tome 3

La main de Dieu, t. 3 : l’usurpateur

Avec L’usurpateurMarc Védrines (Phenomenum, Islandia, Attrape-moi, La Saga des Brumes) apporte un point final au parcours incroyable de celui qui aura tenu les rênes du FBI, et des Etats-Unis durant une quarantaine d’années : J. Edgar Hoover. Un triptyque spectaculaire qui s’achève donc sous la présidence de Nixon après celle de JFK. Indéboulonnable, Hoover aura écumé pas moins d’une dizaine de Présidents.

Date de parution : le 18 février 2015
Auteurs : Marc Védrines (scénario et dessin)
Editions : Glénat
Prix : 13,90 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

La saga de l’homme le plus détesté et le plus admiré des États-Unis. Alors qu’il est devenu l’homme le plus puissant des États-Unis, J. Edgar Hoover voit soudain sa souveraineté menacée… Fraichement élu président, le jeune et fringant John Fitzgerald Kennedy espère bien mettre un terme à l’autorité despotique de Hoover, à la tête du FBI depuis près de 40 ans ! Mais ce dernier dispose de suffisamment d’informations compromettantes sur son adversaire pour se couvrir. Un véritable jeu d’échecs s’engage entre la dynastie Kennedy et le président du Bureau. Tout comme Nixon après eux, ils essaieront de se débarrasser de Hoover sans y parvenir. Car on ne licencie pas Dieu…
Issue de deux ans de recherche, sur tous les ouvrages publiés sur le FBI et Hoover, Marc Védrines conclut une œuvre unique en son genre. La Main de Dieu raconte en trois tomes les secrets qui auraient dû ruiner la carrière et la vie de Hoover.

La Main de Dieu - Tome 3

Le point sur l’album :

C’est la fin d’un récit passionnant qui nous livre tous les secrets d’un homme que l’Amérique n’avait pas vu venir. Il ne devait en effet diriger le FBI que par intérim lorsqu’il a été nommé. 40 ans plus tard, Hoover est toujours là. Et pourtant, ce n’est pas les casseroles qui manquent. Passé maître dans l’art de faire chanter les politiques les plus puissants, dont la multitude de Présidents qui se sont succédé au pouvoir pendant sa carrière, Hoover va s’accrocher à son poste en éliminant toutes les menaces. On suit donc le personnage au gré des alliances qu’il fera et défera avec un grand sens du timing, lui permettant d’éviter d’être mêlé aux scandales (il en profitait d’ailleurs même pour en sortir grandi à chaque fois).

Un homme extrêmement puissant, qui ne perdit jamais une bataille en public comme en coulisses. Dans ce troisième tome, l’homme a pris de l’âge et connaît quelques problèmes de santé. Mais il ne compte pas pour autant rendre les armes face à Kennedy ou encore à Nixon. Il va d’ailleurs trouver des moyens radicaux pour se défendre. Décrit comme un personnage sombre qui cachait sa relation homosexuelle entretenue avec son assistant, Hoover glace le sang par sa personnalité : un calculateur, opportuniste et manipulateur. Le scénario de Marc Védrines installe brillamment ce personnage machiavélique dans la durée, en offrant un épilogue assez intense. D’une efficacité indéniable, le découpage du récit fait la part belle aux intrigues politiques et meurtrières en imposant un très bon rythme.

Le style original du dessin de Marc Védrines est un autre atout de taille. Avec une ligne claire, son trait incisif, à la fois fin et robuste, charme par sa modernité et sa capacité à s’approprier les personnages de l’époque. On est en Amérique, mais l’Amérique de Marc Védrines. Et on prend notre pied.

On ne peut que saluer l’excellent travail réalisé par Marc Védrines sur La main de Dieu. Une trilogie passionnante à ne pas manquer.

Résultats concours : Vincent n’a pas d’écailles, 10 places de ciné gagnées.

Sortie au cinéma le 18 février 2015

A l’occasion de la sortie du film Vincent n’a pas d’écaillesPublik’Art, en partenariat avec Le Pacte, vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film : Vincent n’a pas d’écailles

 

Vous avez été très nombreux à participer : 2 731 joueurs !

Bravo à tous et merci de votre participation.

 

Les cinq heureux gagnants sont :

Viviane Dinau, Magali Zettl, Bruce Mollet Linnea, Damien Amiot et Christelle Canal.

 

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

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