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Joseph, un livre de Marie-Hélène Lafon

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Joseph, un livre de Marie-Hélène Lafon

Marie-Hélène Lafon est actuellement enseignante de lettres classiques à Paris. Joseph est son treizième livre. Elle a déjà reçu de nombreux prix littéraires dont le prix Renaudot des lycéens pour Le soir du chien, en 2001.
Publié aux Editions Buchet/Chastel en août 2014
140 p – 13€

Note de l’éditeur :

Joseph est ouvrier agricole dans une ferme du Cantal. Il a bientôt soixante ans. Il connaît les fermes de son pays, et leurs histoires. Il est doux, silencieux. Il a aimé Sylvie, un été, il avait trente ans. Elle n’était pas d’ici et avait beaucoup souffert, avec et par les hommes. Elle pensait se consoler avec lui, mais Joseph a payé pour tous. Sylvie est partie au milieu de l’hiver avec un autre. Joseph s’est mis à boire, comme on tombe dans un trou.

Joseph a un frère, marié, plus beau et entreprenant, qui est allé faire sa vie ailleurs et qui, à la mort du père, a emmené la mère vivre dans sa maison. Joseph reste seul et finira seul. Il est un témoin, un voyeur de la vie des autres.

Joseph est le nouvel opus de Marie-Hélène Lafon. Roman émouvant, traversé en profondeur par une rivière souterraine qui a prénom de femme et de servante : Félicité. Avec talent et humour, Marie-Hélène Lafon rend ici un magnifique hommage à son cher Flaubert…

Marie-Hélène LafonJoseph, un livre de Marie-Hélène Lafon

 

Joseph, titre très court pour un tout petit livre.

Joseph, c’est l’histoire d’un ouvrier agricole. Vie simple. Vie solitaire. Vie triste aurait-on envie d’ajouter. Mais pas si sûr !

Pas vraiment d’histoire dans ce livre. Mais une très jolie écriture qui voudrait sans doute nous mener au cœur de la vie de Joseph, vie bien lointaine de nos vies.

Joseph est humble, travailleur, très bon travailleur. Il fait son travail avec amour a-t-on envie de dire. Mais au quotidien connaît-il l’amour ?

L’auteur nous décrit cette campagne comme si nous ne la connaissions plus. Un monde si éloigné du nôtre… Presque en dehors du temps… Comme le choix du prénom !

Un livre vrai, empli de dignité et de respect. Pas si courant de nos jours…

Le Magicien de Whitechapel, acte 1 : une BD de Benn (Dargaud)

Couverture5Le Magicien de Whitechapel, acte 1 : Jerrold Piccobello

Trilogie de Benn (Monsieur Cauchemar, Elmer et Moi, Mic Mac Adam, Woogee), Le Magicien de Whitechapel entame avec son premier acte, Jerrold Piccobello, le récit de vie de l’un des magiciens les plus réputés de Londres au XIXème siècle. Un voyage dans une enfance aussi magique que difficile.

Date de parution : le 20 février 2015
Auteurs : Benn (scénario et dessin)
Editions : Dargaud
Prix : 15,99 € (64 pages)

Résumé de l’éditeur :

Londres, 1887. Jerrold Piccobello, magicien parmi les plus prestigieux du royaume britannique, se fait une nouvelle fois remballer d’une audition comme un malpropre. Désespéré, l’homme revient sur les lieux de son enfance, là où tout a commencé et où il fera une rencontre pour le moins inattendue…Premier tome du Magicien de Whitechapel, une trilogie qui oscille entre l’aventure humaine et le récit fantastique.

Le point sur l’album :

Benn propose la rétrospective de son personnage magicien. Ce dernier raconte son enfance, comment il est devenu orphelin, élevé par des artistes dans les coursives d’un théâtre londonien. Là-bas, il fera la rencontre de son mentor, un magicien à l’aplomb extraordinaire qui l’éblouit par sa capacité à utiliser ses dons de prestidigitateur en toutes circonstances. Que ce soit pour séduire les femmes, ou pour gagner les plus fortes mises au casino (surtout lorsqu’il s’agit de donner des leçons à de bien mauvais tricheurs). On voyage donc dans cette époque chaleureuse,  à travers une narration teintée de nostalgie car tournée vers l’enfance d’un homme.

Benn donne de belles sensations en nous faisant toucher du doigt (surtout des yeux) par quelques anecdotes l’atmosphère des planches de spectacles de la fin du XIXème siècle. Puis, de manière assez inattendue, le scénario bascule en fin d’album avec l’apparition d’une créature imaginaire… Voilà qui attise la curiosité quant à la suite de la série.

[U]ne pointe de folie généreuse et bienveillante

On doit beaucoup au dessin de l’auteur qui installe vraiment l’ambiance dans le Le Magicien de WhitechapelSon trait fin, à l’aspect griffonné dégage une belle sensibilité, avec une pointe de folie généreuse et bienveillante. Un graphisme lui aussi chaleureux qui participe à la magie de ce conte.

En conclusion, Le Magicien de Whitechapel séduit par son originalité en proposant un moment de détente saupoudré de magie et de nostalgie. On est curieux de voir ce que la suite nous réserve…

Documentaire exceptionnel sur le harcèlement scolaire, sur France 2.

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Souffre-douleurs, ils se manifestent

Ce documentaire sur le harcèlement scolaire fut programmé le 10 février sur France 2, à 22h26. Avec de nombreux témoignages de jeunes victimes, et des parents des victimes, très dignes et très poignants.

Durée : 54 mn.
Tous publics.
Réalisateur : Andrea Rawlins-Gaston, Laurent Follea.
En partenariat avec France Inter et Le Parisien.

sans_titre_12_1Souffre-douleurs, ils se manifestent

 

France 2 se mobilise pour dénoncer le harcèlement scolaire. Si vous n’avez pas pu voir ces documentaires, diffusés à une heure tardive, vous pouvez les voir en replay durant encore 24 jours. Alors, surtout, allez sur Infrarouge !

Il est carrément scandaleux que ce genre d’émission ne passe en début de soirée, heure où les jeunes peuvent regarder la TV avec leurs parents et échanger ensemble sur un sujet aussi fondamental que le harcèlement. Heureusement le replay existe !

Et cela n’illustre nullement ma phrase : France 2 lutte contre le harcèlement …

Tout le monde connaît le harcèlement scolaire. Tout le monde en a entendu parler. Mais sommes-nous bien conscients des conséquences qu’il peut avoir sur les jeunes victimes ?

C’est un désastre. Un véritable désastre. Un cauchemar. Qui, hélas, peut les mener jusqu’au suicide. Ou jusqu’à des actes irréversibles, comme se brûler à l’alcool à bruler.

Plusieurs jeunes ont accepté de témoigner, avec beaucoup de sincérité et de dignité, de leur souffrance. Emeline, Agathe, Lucas, Jacky, Charlène, Jonathan. Et surtout beaucoup de courage.

Quel était leur problème ? Aucun. Il ne se sentait pas différent des autres. Mais ils ont été pris pour cible par leurs camarades d’école, sous les yeux des profs, des pions, du proviseur. Dans l’indifférence générale. Seul l’un d’eux dit avoir trouvé la raison de son harcèlement : il est homosexuel. Un autre est bègue…

Mais que leur regard est beau, profond, empli de sagesse et de pardon. Point de haine. Juste envie de dire : Assez, Stop. La tête haute. Après tant de souffrance vient le temps de la re-naissance.

Et puis, des parents prennent la parole. Ceux dont leur enfant ne peut plus témoigner. Ne supportant plus les mises à mort de leurs camarades, ils se sont suicidés. Le plus souvent en laissant une lettre. Avec les noms des bourreaux.

Bouleversant. Marion, Mattéo. Mattéo, Marion. Ils sont morts pour rien.

Mattéo était roux. Voilà la raison de sa mort. Un magnifique gamin roux !

Marion, rien. Pas de raison. Morte pour rien. Parce qu’elle était la 1ère de sa classe…

matteoSouffre-douleurs, ils se manifestent : Mattéo

Il est temps que l’Etat fasse quelque chose et combatte ce fléau. L’école est devenue un champ de guerre où les plus faibles se font « assassiner » ?

10% des élèves se disent harcelés. Cela fait 1,2 millions d’enfants et adolescents !

Peut-être avons-nous un de nos enfants victime de harcèlement et qui n’en parle pas ?

Les victimes ont toujours honte. D’où le silence. Il faut briser ce silence et défendre nos jeunes.

Moins l’enfant parle de son harcèlement, plus la situation est grave. Les parents ne doivent jamais sous-estimer les dires de leur enfant. Et trouver très rapidement une solution avant que ce ne soit trop tard, quitte à les déscolariser.

C’est pourquoi Publik’Art soutient tous ces jeunes qui sont dans la souffrance et morale, et psychique et physique. Et leurs familles, marquées à vie au fer rouge.

C’est insupportable.

Plus jamais ça.

Extrait du documentaire de Infrarouge sur le harcèlement scolaire : Souffre-douleurs, ils se manifestent.

Ce documentaire est complété par  Le harcèlement scolaire : briser le silence, également visible en replay sur France 2. Dans cette partie on analyse les mesures mises en place dans les écoles et collèges, la loi pour lutter contre le harcèlement scolaire.

La loi du 4 août 2014 redéfinit le terme de harcèlement, comme délit moral, applicable partout. Mais, hélas, pas de pénalisation du harcèlement scolaire.

En France, on a encore beaucoup à faire pour lutter contre le harcèlement.

Boyhood, un film de Richard Linklater (DVD)

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Boyhood, un film de Richard Linklater

Voilà un film qui a mérité toute notre attention ! Il a été tourné sur douze ans, avec les mêmes acteurs, principaux et secondaires. Ce qui est déjà un bel exploit dans le monde du cinéma américain. Lors de la 68e cérémonie des Baftas de 2015, les récompenses du cinéma britannique remises début février au Royal Opera House de Londres, le film a reçu plusieurs prix dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et de la meilleure actrice. Rien que ça.

Sortie : le 18 février 2015
Durée : 2h45
Avec :  Ellar Coltrane, Patricia Arquette, Ethan Hawke

Synopsis :

Chaque année, durant 12 ans, le réalisateur Richard Linklater a réuni les mêmes comédiens pour un film unique sur la famille et le temps qui passe. On y suit le jeune Mason de l’âge de six ans jusqu’ à sa majorité, vivant avec sa sœur et sa mère, séparée de son père. Les déménagements, les amis, les rentrées des classes, les premiers émois, les petits riens et les grandes décisions qui rythment sa jeunesse et le préparent à devenir adulte…

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Notre avis sur le film :

On suit le jeune Mason de l’âge de 6 ans à 18 ans. Le scénario fut écrit au fil des années, collant au plus près de la réalité de la vie de Ellar Coltrane qui interprète le jeune Mason. Pour Richard Linklater, tout ce que ressentait Ellar était pris en compte dans le film. Et c’est le réalisateur qui s’adaptait à Ellar et non l’inverse ! Le scénario fut écrit ainsi au fil des années. Une aventure unique ! Tellement bien retranscrite par tous les acteurs qu’on a l’impression d’avoir affaire aux vrais personnages !

Il en ressort une justesse étonnante dans le rôle de ce jeune américain. A travers-lui, on découvre le style de vie américain, l’ambiance, les mentalités, et aussi l’évolution de la société américaine… Mais on suit surtout le cheminement intérieur de Mason. On découvre sa famille et ses passions (il a réellement eu des parents divorcés, il est réellement passionné d’art et de photos). C’est lui-même qui a réalisé sa fresque dans sa chambre…

Le réalisateur s’est aussi largement inspiré de sa propre vie. Ce n’est pas une auto-biographie, mais c’est un beau mélange de biographie de Linklater et de Ellar Coltrane qui sont en réalité, très proches.

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On a apprécié Patricia Arquette qui interprète le rôle de la mère de Mason. Et Ethan Hawke, le père qui est aussi musicien. Quant à Samantha, la sœur de Mason, c’est la propre fille du réalisateur qui l’interprète, Lorelei Linklater.

Ce n’est pas un film léger, mais au contraire un film qui ressemble à une leçon de philosophie, et d’éducation. Mason pose les questions et ses parents essaient d’y répondre. Non sans mal.

Beaucoup de finesse, d’intelligence, d’intimité, de maturité et de naturel chez Mason font de ce film un petit bijou de vérité. Et une excellente BO.

Mason évolue au fil des années, mais son entourage aussi. Et les questions sur le sens à donner à sa vie se font plus insistantes. Il en ressort une maturité que n’ont pas de nombreux adultes…

La scène finale de la mère qui voit partir son « petit dernier » pour la Fac est tout simplement magistrale. Et tellement vraie !

Si les enfants ont beaucoup changé physiquement tout au long du film, il n’en est rien des adultes ! Même si le temps file à toute vitesse en nous rendant tous nostalgiques…

Un film à voir, quelque soit votre âge ! Il parlera à tous, adolescents ou adultes !

Les bonus du DVD : 

Digibook avec le livret « Le projet Boyhood » (32 pages)
DVD :
Entretien exclusif avec Richard Linklater lors de son passage à Paris (33′)
« Grandir devant les caméras » : making of (10′)
Les coulisses du tournage (20′)

Le Divin : une BD de Boaz Lavie, Tomer et Asaf Hanuka (Dargaud)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Le Divin

Le Divin, de Boaz Lavie, Tomer et Asaf Hanuka

Johnny et Luther Htoo sont deux frères jumeaux connus à la fin des années 1990, pour avoir pris la tête d’un groupe de réfugiés Karen originaires de Birmanie et avoir combattu le pouvoir birman sous le nom d’« armée de Dieu ». Du haut de leur 12 ans, ils avaient pris en otage 500 personnes dans un hôpital thaïlandais durant 24 heures. Une fratrie qui a vu de nombreuses légendes se tisser autour d’elle (on lui prêtait des pouvoirs magiques).

Le Divin s’inspire de ces légendes pour nous emmener dans un récit d’aventure fantastique brillamment réalisé. Une BD signée Boaz Lavie (écrivain, réalisateur, designer et producteur de jeux vidéos),  accompagné des talentueux frères Hanuka (Bipolar) dont le travail est mondialement reconnu (nous avions d’ailleurs chroniqué K.O. à Tel Aviv d’Asaf Hanuka).

Date de parution : le 16 janvier 2015
Auteurs : Boaz Lavie, Tomer et Asaf Hanuka (scénario), Tomer et Asaf Hanuka (dessin)
Editions : Dargaud
Prix : 20,90 € (160 pages)

Résumé de l’éditeur :

Une histoire incroyable d’une guérilla entre gamins, menée par des jumeaux aux pouvoirs divins. Mark, spécialiste américain en explosifs, accepte un job dans un pays d’Asie du Sud-Est pour le compte de la CIA. De l’argent facile. Mais il se retrouve embarqué dans une guérilla improbable et surréaliste entre l’armée locale, aidée par son collègue américain, et une bande de gamins, menée par deux jumeaux appelés « le Divin » à cause de leurs pouvoirs surnaturels. Cette plongée en enfer est basée sur une histoire vraie, celle de la God’s Army, qui se déroula en Thaïlande et en Birmanie. Puissant, dérangeant et émouvant, ce roman graphique nous raconte l’histoire d’une terrible guérrilla entre gamins, menée par des jumeaux aux pouvoirs divins.

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Le point sur l’album :

Né d’une idée à la fois téméraire et originale, le Divin est le récit d’une véritable aventure aussi horrifique qu’onirique. Horrifique, car le scénario nous plonge dans ce que l’être humain a de pire, obligeant des enfants à prendre les armes pour reconquérir leurs terres, volées à leur parents par les occidentaux. Une guerre sans pitié à l’origine de nombreux champs de mines dans ces forêts d’Asie du Sud-Est. Pour tenter de préserver leur « royaume du dragon » qu’ils vénèrent, ils vont prendre en otage un artificier américain. Et c’est à travers lui que l’on va découvrir la puissance du Divin. Le scénario bascule ainsi très vite dans un monde imaginaire où les deux frères font la démonstration de toute l’étendue de leurs pouvoirs.

Une mise en scène spectaculaire se met en place, où le chaos règne en maître. Le Divin semble invincible malgré son apparence innocente. Une duperie qui ne fera pas long feu.[pull_quote_right]il se dégage du Divin une énergie foudroyante. [/pull_quote_right]

Dans les traits des dessinateurs, à la finesse remarquable, les chairs se décomposent comme des dissections en apesanteur alors que l’enfant Divin frôle la rupture d’anévrisme. Comme si Otomo lui-même avait enfanté ce mythe. L’ombre d’Akira, l’enfant roi au pouvoir incontrôlé, semble en effet planer comme celle d’un grand frère prophétique sur ce troublant roman graphique (qui trouve tout de même sa source dans une histoire vraie). Que ce soit les cadrages très élaborés, le découpage parfait ou la magnifique coloration bariolée, il se dégage du Divin une énergie foudroyante.

Vous ne ressortirez certainement pas indemnes du Divin. Un One shot à la qualité exceptionnelle.

Paci, tome 3 : une BD de Vincent Pierrot (Dargaud)


Paci tome 3

Paci, tome 3 : Rwanda

Série noire en trois volumes, Paci se termine avec Rwanda, ultime épisode où l’attachant mais dangereux Pacifique met le milieu à feu et à sang. Signé Vincent Pierrot (Entre Deux, Taïga Rouge, Belleville story), ce triptyque percutant s’impose parmi les meilleurs polars de ces dernières années.

Date de parution : le 9 janvier 2015
Auteurs : Vincent Pierrot (scénario et dessin), Isabelle Merlet (Couleurs)
Editions : Dargaud
Prix : 17,95 € (88 pages)

Résumé de l’éditeur :

Dans Paci, polar noir dont voici le 3e et dernier tome, Vincent Perriot raconte l’histoire de Pacifique dit Paci… Avec Miguy dans sa vie, Paci doit se ranger définitivement. Mais son passé de trafiquant lui colle à la peau. Une seule solution : faire imploser l’empire d’Ashram, son ancien boss. Miguy se doute de quelque chose et lorsqu’elle débarque dans le club où Paci « travaille », ça dérape. La mission dégénère, et s’engage alors une course-poursuite meurtrière. Pour Paci, deux choses comptent : retrouver Miguy et terminer ce qu’il a commencé. Un polar ultra nerveux et dense, salué par la critique. 3e et dernier volet de Paci, un pur polar français contemporain ; une série puissante et enlevée sur le monde de la drogue. De l’énergie à l’état brut !

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Le point sur l’album :

Avec PaciVincent Pierrot propose une plongée dans le milieu du traffic de drogues. Importées de Londres, ces dernières sont débarquées à Calais avant d’être distribuées dans tout l’hexagone sous forme de petits parapluies, comme ceux que l’on trouve plantés sur les cocktails colorés servis dans les bars et discothèques. Bien décidé à rester éloigné de ce milieu, Paci qui sort de prison va tenter de s’en sortir… avant d’échouer et de reprendre sa place au sein du réseau. Une place centrale car Paci dispose d’un carnet d’adresses très étoffé et surtout d’un savoir-faire inégalable. Et les big boss le savent bien. Mais Paci, qui semble toujours désireux d’une autre vie, a un plan pour faire imploser le réseau. Et il le met magistralement en oeuvre dans ce troisième album. [pull_quote_right]On sent l’horreur venir.[/pull_quote_right]

Alors que l’action et le suspense dominent largement Rwanda, le scénario abouti de Vincent Pierrot marque par sa mise en scène percutante. Les personnalités complexes des personnages s’expriment avec pudeur dans une narration minimaliste mais dont l’efficacité est à toute épreuve. Le dialogue est avant tout graphique et nous emmène droit dans les flemmes d’une carcasse de voiture écrasée contre un platane. On sent l’horreur venir. Mais on ne sait pas où elle va frapper la première. Car avec son découpage implacable, l’auteur explore avec brio le carcan dans lequel se trouve notre Paci. Coincé entre deux feux dont il est lui-même à l’origine.

Illustré d’un trait naturel et audacieux, Paci tire parti d’excellents cadrages et d’une belle fluidité dans les scènes d’action. Les couleurs contrastées d’Isabelle Merlet ajoutent une belle énergie à ces planches nerveuses, voire explosives. Un dessin coup de poing qui fait mouche.

En résumé, Vincent Pierrot nous a régalés avec Paci. Un polar à ne surtout pas manquer.

Les Estivants d’après Maxime Gorki, mise en scène de Gérard Desarthe, à la Comédie-Française

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© Cosimo Mirco Magliocca

Comédie-Française du 7 février au 25 mai 2015 – Salle Richelieu

Les auteurs russes sont à l’honneur de la saison théâtrale parisienne. Après « Platonov » et « Ivanov » au Théâtre de la Colline et à l’Odéon, c’est la pièce « Les Estivants » qui se joue au Français.

Dans la mise en scène élégante de Gérard Desarthe qui s’appuie sur la version scénique de Peter Stein et Botho Strauss, le spectacle de la vie s’installe, s’immobilise au milieu des bouleaux, résonne de son vertige existentiel, puis explose sous l’injonction “que faire ?” dans une construction aussi aboutie qu’organique, à l’abri du décor onirique de Lucio Fanti

Passionnante comédie humaine de Maxime Gorki, dans une mise en scène inspirée de Gérard Desarthe, elle interroge, à la veille de la révolution russe, le couple, l’engagement, le rôle des intellectuels et l’émancipation des femmes. Mais là où Tchekhov dépeint un homme empêché qui s’ennuie à mourir, Gorki esquisse une prise de conscience susceptible de changer la donne.

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C’est l’été dans la campagne russe. Comme chaque année, une certaine intelligentsia s’y retrouve : avocats, médecins, ingénieurs, entrepreneurs, des bourgeois à la fortune faite mais récente. Les journées s’étirent de bavardages en salon de musique, de lectures en pique-niques. On boit, on s’amuse, les esprits se relâchent, les couples jouent à s’aimer et à se perdre.

Mais cet ordonnancement est troublé par l’arrivée de l’écrivain Chalimov (parfait Samuel Labarthe) qui entre en conflit avec le médecin Maria Ivovna , une intellectuelle engagée (vibrante Clotilde De Bayser).

Or, leur présence et leur souterraine hostilité vont obliger chacun des protagonistes à se positionner, en questionnant sa place et sa responsabilité dans la société. Car si pour certains, elle est la juste récompense de leurs efforts, pour d’autres elle marque un repli égoïste, un oubli coupable et dangereux du monde qui les entoure.

Le tout étant propice à une fracture de la cohésion du groupe et à l’émergence d’individualités où entre confidences et affrontements apparaissent les idéaux reniés, les amours inassouvis, les lâchetés, les abandons, les déceptions, et les espoirs d’émancipation.

Gorki fait le constat très visionnaire de l’impossibilité d’envisager l’identité collective d’une classe (en l’occurence celle d’un groupe d’intellectuels) tant l’affirmation de la singularité de ses membres est devenue  incontournable à l’expression d’un dessein individuel.

La distribution est à l’unisson (mention spéciale à Sylvia Bergé, éblouissante de candeur et de sensibilité retenue dans le rôle de Warwara, femme de Bassov) où chacun des 15 comédiens parfaitement dirigés, donne corps et âme à ce concentré d’humanité, porteur d’un destin à assumer

Et ce sont les femmes qui initient le changement, revendiquent l’action face à des hommes faibles, lâches, compromis et machistes.

La pièce est une critique féroce de l’intelligentsia russe issue du peuple mais dont la réussite sociale lui a fait oublier ses origines en la rendant sourde, conformiste, passive et fataliste face à un monde qui s’effondre, ébranlé par la désespérance. Elle fait pleinement écho à la déconnexion aujourd’hui des élites qui privilégient une posture au détriment de l’action où les classes populaires ne s’estiment plus représentées, ni entendues.

LES ESTIVANTS (Gerard DESARTHE) 2015

Dans la mise en scène élégante de Gérard Desarthe qui s’appuie sur la version scénique de Peter Stein et Botho Strauss, le spectacle de la vie s’installe, s’immobilise au milieu des bouleaux, résonne de son vertige existentiel, puis explose sous l’injonction “que faire ?” dans une construction aussi aboutie qu’organique, à l’abri d’un décor onirique de Lucio Fanti.

La distribution est à l’unisson (mention spéciale à Sylvia Bergé, éblouissante de candeur et de sensibilité retenue dans le rôle de Warwara, femme de Bassov) où chacun des 15 comédiens parfaitement dirigés, donne corps et âme à ce concentré d’humanité, porteur d’un destin à assumer…

SPRG – Service de Protection des Renseignements Généraux, tome 1 : une BD de Fred Lamour, Pierre Dragon et Alain Gillot (Casterman)

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SPRG – Service de Protection des Renseignements Généraux, tome 1

Pierre Dragon, qui travaille lui-même aux renseignements généraux, retrouve Alain Gillot (duo de scénaristes déjà formé autour d’Une histoire du 36, Quai des Orfèvres) avec SPRG – Service de Protection des Renseignements Généraux, série où chaque album est composé d’une histoire complète et dont le premier d’entre eux est illustré par Fred Lamour (pour qui il s’agit d’une première publication).

Date de parution : le 11 février 2015
Auteurs : Pierre Dragon et Alain Gillot (scénario)et Fred Lamour (dessin)
Editions : Casterman
Prix : 13,50 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

Simon est un flic à poigne, il aime l’adrénaline et les interventions musclées. Il gère une équipe de durs dans laquelle l’amitié et la confiance sont le ciment d’une réelle efficacité sur le terrain. La vie va le rattraper et Simon devient … papa. Fini de faire le gignolo, un gamin c’est des responsabilités et son épouse n’entend pas l’éduquer seule. Alors Simon raccroche et rejoint le plus ‘routinier’ Service de Protection des Renseignements Généraux : des bureaucrates en cravate. La sérénité familiale est à ce prix. Il garde cependant des contacts avec son ancienne équipe, notamment avec Adrien, son partenaire. Sa routine va être mise à mal dans une mission moins banale qu’il n’y parait. Simon et sa nouvelle équipe seront les gardes du corps d’un grand entrepreneur français, engrenage capital d’une négociation commerciale de haut vol. Mais cette négociation irrite de mystérieux opposants qui seront prêt à tout pour empêcher le deal. La mise en danger de ce grand patron va pousser l’équipe dans ses derniers retranchements. Chaque album constitue une histoire complète. Derrière l’enquête, nous suivons la vie d’une équipe avec ses hauts, ses bas, ses moments de joie et de tristesse. Par le scénariste de RG (2 tomes réalisés avec Frederik Peeters chez Bayou Gallimard).

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Le point sur l’album :

Le personnage de Simon, c’est un peu l’alter-égo du scénariste Pierre Dragon, pour qui la paternité a changé les perspectives de carrière et de vie. Simon était dans une équipe de durs dans la DTNA (Direction Nationale de l’Anti-Terrorisme), sur le terrain. Il décide peu après la naissance de son enfant de quitter cette vie pour se « planquer » au SPRG, à la protection de VIP. C’était sans compter sur une première mission plutôt difficile. Avec un regard de l’intérieur, le scénario prend ses aises et se focalise sur toute l’équipe. Leur façon de fonctionner, les rapports qu’ils ont entre eux, qu’ils soient bons ou mauvais. Tout comme les relations parfois tendues entre les agents et les personnes protégées. Une écriture équilibrée et enthousiasmante grâce à de l’action et des rebondissements servis en rythme.

Fred Lamour propose pour sa part un dessin réaliste au trait épaissi, qui charme malgré un léger manque de détails et de précision. Ses cadrages sont propres, tout comme les traits de ses personnages qui portent toujours la juste expression. La coloration est quant à elle un peu grossière, numérisée sans grande nuance.

Ce premier tome de SRPG révèle donc un bon scénario et un dessin agréable malgré quelques défauts qui passeront inaperçus pour les néophytes.

Les merveilles, un film de Alice Rohrwacher

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Les merveilles, un film de Alice Rohrwacher

L’histoire se passe en Italie, en Ombrie exactement. Un endroit magnifique mais perdu avec une ferme au milieu de nul part. Et des abeilles.
Le pays de la réalisatrice Alice Rohrwacher !
Sortie : le 11 février 2015
Durée : 1h51
Avec : Maria Alexandra Lungu, Sam Louwyck, Alba Rohrwacher

Synopsis :

Dans un village en Ombrie, c’est la fin de l’été. Gelsomina vit avec ses parents et ses trois jeunes sœurs, dans une ferme délabrée où ils produisent du miel. Volontairement tenues à distance du monde par leur père, qui en prédit la fin proche et prône un rapport privilégié à la nature, les filles grandissent en marge. Pourtant, les règles strictes qui tiennent la famille ensemble vont être mises à mal par l’arrivée de Martin, un jeune délinquant accueilli dans le cadre d’un programme de réinsertion, et par le tournage du « Village des merveilles », un jeu télévisé qui envahit la région.

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Les merveilles

C’est l’histoire d’une famille qui produit du miel à la ferme. Wolfgang, apiculteur, est le père de quatre filles. L’ainée Gelsomina, qui a une douzaine d’années, aide son père, à la récolte du miel. Elle fait plus qu’aider son père, c’est quasiment le chef de famille.

Wolfgang gère comme il peut ses abeilles, mais il ne peut pas se mettre aux normes. Il semble quelque peu désabusé et démodé. Il travaille rude et en demande beaucoup aux ainées, surtout à Gelso. Pas de vacances pour les filles !

Alors, un jour, Gelsomina décide, seule, de s’inscrire à un concours : un jeu de téléréalité « Le Pays des Merveilles » présenté par Milly qui n’est autre que Monica Belucci ! Elle veut aider sa famille à sortir de la misère. Si elle gagne, ils sont sauvés…

Et puis Martin va arriver dans cette famille qui va se transformer en famille d’accueil. Martin est en réinsertion. Et tout va changer dans la ferme…

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Les merveilles

 

C’est un drôle de film. Pas un film drôle. Un peu décalé. Une sorte de fable où la nature est menacée par l’homme et pourtant admirée. Alors, il vaut mieux rester coucher dehors, en communion avec la nature. Où l’homme est senti comme une menace pour lui-même…

Beaucoup de poésie et de merveilles dans un monde qui n’a rien de riche mais qui est lumineux.

Mais il faut être très bien disposé pour aller voir ce film. Sinon, on le trouvera long et sans intérêt. Voire complètement décalé, hors-temps…

Il est tout de même étonnant que ce film Les merveilles ait remporté le Grand Prix au Festival de Cannes 2014.

Bande annonce du film Les merveilles :

100 maisons – La cité des abeilles : une BD de D. Le Lay, M. Boé et A. Horellou (Delcourt)

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100 maisons – la cité des abeilles

Tirée d’une idée originale de Marion Boé, réalisatrice du documentaire La Cité des Abeilles, 100 maisons s’inspire de l’histoire de ses grands parents qui ont participé à la création d’un quartier entier de Quimper pour lutter contre le mal-logement. Un album co-scénariosé avec Delphine Le Lay  et illustré par Alexis Horellou (ces derniers sont notamment auteurs de la BD Plogoff).

Date de parution : le 4 février 2015
Auteurs : Delphine Le Lay, Marion Boé (scénario), Alexis Horellou (dessin) et Bert (Gris)
Editions : Delcourt
Prix : 14,95 € (144 pages)

Résumé de l’éditeur :

1950. Suite aux immenses dégâts causés par la Seconde Guerre, la crise du logement fait rage. À Quimper, les habitants décident de s’associer pour trouver des solutions. Leur projet : construire leur maison et celles de leurs voisins. Un élan de solidarité qui unit cent familles, malgré l’incertitude de l’aventure et les difficultés financières. Quatre ans plus tard, la Cité des abeilles est née.

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Le point sur l’album :

100 maisons est un titre tout trouvé pour raconter cette histoire vraie où une centaine de foyers ont dû s’unir pour se trouver une habitation décente. Sans logement digne de ce nom, ils décidèrent de créer ces 100 maisons eux-mêmes. Des difficultés de l’association à mettre le projet sur rails aux problèmes liés à sa réalisation, l’histoire de 100 maisons se focalise sur deux familles vivant alors sous le même toit (les deux mères sont soeurs). On nous montre leur quotidien harassant. Au travail hebdomadaire succède celui du chantier. Là-bas, il faut gérer les crises. Celles qui viennent de l’extérieur (avec quelques voyeurs provocateurs) ou encore de l’intérieur (chacun surveille son collègue de chantier et futur voisin pour s’assurer que le travail est fait équitablement). Un challenge de taille relevé brillamment. Une leçon de solidarité qui fait chaud au coeur.

Subtilement mise en image par le dessin noir et blanc d’Alexis Horellou, la BD tire parti d’un trait fin et habile, qui démontre une belle aisance avec les jeux de lumière et ne fait jamais l’économie du détail. Très agréable.

En résumé, 100 maisons est un bel hommage à tous ces gens qui sont parvenus à combattre le mur de difficultés qui se dressait devant eux. Solidaires et travailleurs.

Zombeavers, un film de Jordan Rubin (DVD)

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Date de sortie DVD  : le 17 février 2015
Avec : Rachel Melvin, Cortney Palm, Lexi Atkins, Hutch Dano, Peter Gilroy, Rex Linn…
Durée : 1h27
Prix : 14,99 (DVD) / 14,99 (BRD)

 

Synopsis :

Un groupe d’adolescents, partis pour un week-end de débauche au bord d’une rivière, se retrouve confronté à une horde de castors-zombies affamés. Pour réussir à rester en vie, les jeunes vont devoir affronter ces animaux d’une nouvelle espèce…

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Après avoir vu les requins mis à toutes les sauces (Ghost Shark, Avalanche Sharks, Shark in Venice, Jurassic Shark, Sharknado… ) dans des nanars (revendiqués ou non) plus ou moins Z fait par des sociétés opportunistes à la logique très commerciale, comme The Asylum ou Nu Image, c’est au tour d’un animal d’un tout autre genre de connaître une exploitation et une mutation originale, puisque qu’avec Zombeavers, le réalisateur Jordan Rubin a eu l’idée saugrenue de croiser génétiquement de gentils castors avec de méchants zombies… Et contre lesquels un groupe d’ados décérébrés, et surtout obsédés par le sexe, va devoir lutter à mort, ou plutôt non puisque leur morsure transforme à leur tour les victimes en morts-vivants mi-homme, mi-castor particulièrement agressifs…

 

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Le résumé de Zombeavers tient en une ligne et rempli le cahier des charges de départ habituel, à cela près que le ton ici est franchement à la comédie, voir carrément à la farce puisque s’apparentant à une sorte de pastiche des œuvres du genre, en prenant la forme d’un gros délire gore et sexy avec des dialogues faussement débiles qui font parfois mouches, et des situations toutes plus absurdes les une que les autres, qui n’ont pour but que de proposer un divertissement qui ne vole pas haut certes, mais qui est réalisé avec soin pour une telle production. Première (bonne) surprise, les castors zombies du titre ne sont pas des rongeurs de synthèse mais de véritables créatures en animatronique (sorte de marionnettes perfectionnées) comme au « bon vieux temps » des effets spéciaux, et il faut avouer que ces derniers sont plutôt réussis, bien que provoquant plus le rire que l’effroi…

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L’autre originalité concerne la campagne de promotion de l’éditeur Zylo qui a détourné les affiches des succès US comme Gravity, American Bluff ou Her avec nos chers castors zombies (et même convoquer au sein des images du film un Nicolas Sarkozy qui n’a désormais pas de limites dans l’Art de l’incruste !). A noter que Zombeavers a eu l’honneur d’être sélectionné aux dernières éditions du Festival international du film fantastique de Gérardmer et du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, en se cassant les dents sur une éventuelle récompense, mais il ne faut pas pousser quand même…

12 Septembre, tome 2 : une BD de Roger Seiter et Simone Gabrielli (Glénat)

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12 Septembre, t. 2 : Les deux tours

Entre uchronie et voyage temporel, 12 Septembre propulse un agent de la NSA spécialiste du Moyen-Orient en plein coeur du XVème siècle d’un univers parallèle. Tout cela au lendemain des attaques terroristes du 11 septembre. Un récit écrit par Roger Seiter (FOG, HMS, Special Branch,Trajectoires, Policier qui Rit) et illustré par l’italien Simone Gabrielli (Donjons et Dragons).

Date de parution : le 4 février 2015
Auteurs : Roger Seiter (scénario) et Simone Gabrielli (dessin) et Andres Jose Mossa (Couleurs)
Editions : Glénat
Prix : 14,95 € (64 pages)

Résumé de l’éditeur :

Un espion projeté aux racines d’un conflit séculaire… Duncan Campbell est un agent de la NSA, historien et spécialiste du Moyen-Orient. Sa vie bascule le 6 septembre 2001 : il perd la femme qu’il aime, est trahi par ses supérieurs et se trouve plongé au cœur d’un conflit médiéval dont les livres d’histoire n’ont jamais parlé… Il ne peut compter que sur sa bonne connaissance du monde islamique et de l’Europe du XVe siècle pour tenter d’éviter l’anéantissement de deux civilisations en essayant de trouver le chemin qui mène à la réconciliation et la paix entre les peuples… Une passionnante uchronie à travers laquelle Roger Seiter et Simone Gabrielli reviennent sur les origines d’un conflit qui embrase deux mondes depuis des siècles, pour tenter de comprendre, mais aussi pour rêver la paix.

12 Septembre

Le point sur l’album :

Avec Les deux tours,  Roger Seiter conclut ce diptyque sur le duel tant attendu. Celui de Duncan Campbell et de Mahdi, qui n’est autre que le terroriste échoué avec lui dans ce monde Moyen-âgeux revisité. Un récit à la fois original et cohérent, qui jongle avec l’espace-temps avec une certaine fluidité. On regrette néanmoins que les personnages ne soient pas plus élaborés en profondeur, plus nuancés. On a du mal à s’identifier car l’ampleur du scénario qui met dos à dos deux civilisations entières l’en empêche. Le temps que les pions se mettent en place, il faut déjà passer à l’action. C’est dommage, car en développant un peu, la série avait du potentiel. Il lui aurait fallu un peu plus de tomes, avec des personnages plus charismatiques (et moins caricaturaux).

Avec son trait relativement fin, le dessin de Simone Gabrielli offre des sensations inégales d’une planche à l’autre. On est un peu partagé. C’est peut-être le travail des couleurs (Andres Jose Mossa) qui n’est pas satisfaisant. Ces dernières sont en effet trop infographiées et ne mettent pas suffisamment les détails du dessin en valeur. Un peu dommage même si la qualité de l’ensemble reste bonne.

En conclusion, malgré ses défauts, 12 septembre offre un voyage dépaysant à travers les âges. Ce qui reste plutôt sympa en soi.

Le Syndrome d’Abel, tomes 2 & 3 : une BD de Xavier Dorison et Richard Marazano (Glénat)

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Le Syndrome d’Abel, tomes 2 & 3

Après cinq ans d’attente, Le Syndrome d’Abel dévoile enfin son épilogue avec la parution simultanée des tomes 2 et 3, venant clore ce thriller fantastique signé par deux figures du neuvième art : le scénariste Xavier Dorison et le dessinateur Richard Marazano (L’Expédition, Alcyon, Genetiks, S.A.M, Le Protocole du Pélican, le Monde de Milo).

Date de parution : le 11 février 2015
Auteurs : Xavier Dorison (Scénario) et Richard Marazano (Dessin)
Editions : Glénat
Prix : 14,95 €

Résumé de l’éditeur :

L’histoire d’un homme qui enquête sur sa propre mort. 1983. Abel Weiss est victime d’un grave accident et tombe dans le coma. Il se réveille à des kilomètres du lieu de l’événement. De retour dans sa ville, il découvre que son absence n’a pas duré quelques heures, mais… sept ans. Il est désormais considéré comme mort par toutes les administrations et toute trace de lui, de sa maison, qui a été remplacée par un building, à son compte en banque littéralement volatilisé, a été soigneusement effacée… Comment Abel Weiss a-t-il pu « ressusciter » ? Qui a mené cet étrange complot contre lui ? Pourquoi a-t-on cherché à faire disparaître toute trace de son passé ? Qui a assassiné la seule personne capable de l’identifier ? Recherché par la police, dénué d’identité et de moyens, Abel devra trouver, seul, les réponses aux questions qui le hantent, même si celles-ci ne sont pas de ce monde… Plus de cinq ans après, découvrez enfin la conclusion du Syndrome d’Abel grâce à la sortie simultanée des tomes 2 et 3 ! Vous aurez toutes les réponses aux mystères qui englobent ce thriller urbain fantastique signé Dorison et Marazano, entre X-Files et Le Fugitif.

Le syndrome d'Abel - Tome 2

Extrait du Tome 2

Le point sur les albums :

C’est donc le retour en force d’Abel Weiss qui va tenter l’impensable pour se sortir du guêpier dans lequel on l’a mis. Sujet d’une expérience scientifique à ses dépens, notre héros a perdu sept ans de sa vie. Et ses bourreaux vont encore essayer de pousser l’expérience plus loin : le faire revenir du stade ultime de mort. Une intrigue aux contours mystérieux, sinon mystiques, où se mêlent science-fiction, anticipation et thriller haletant. Car jusqu’au bout, Xavier Dorison orchestre une course-poursuite à plusieurs niveaux : les flics, bons et mauvais, pourchassent Abel qui lui pourchasse ses bourreaux alors que ses bourreaux le pourchassent également. Si bien qu’on peut par instants être un peu confus.

Mais le découpage du scénario tout au long de ces deux albums conclusifs est optimal. L’ambiance est vite en place, et l’on est pris à ce jeu du chat et de la souris. Une écriture maîtrisée. On parle évidemment de Dorison, quoi de plus normal.

De même en ce qui concerne la patte graphique de Marazano, artiste pluridisciplinaire (car également scénariste de talent dans quelques-unes des séries citées ci-dessus) qui nous comble avec son style si original. Un dessin réaliste dont le trait semble presque photographique. On dirait même que le dessinateur lui a insufflé une âme, grâce à ses couleurs à l’énergie ébouriffante.

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Le syndrome d’Abel se termine donc comme il a commencé : sur les chapeaux de roues. Un récit qui plaira sans nul doute à tous les fans du genre (ou des genres).

F U Z E T A remporte le Prix Ricard S.A Live Music 2015.

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Le groupe vannetais F U Z E T A vient de remporter le Prix Ricard S.A Live Music 2015 !

Parmi les 1 143 artistes inscrits au concours, F U Z E T A a su séduire les internautes et le Jury par la justesse et l’intensité de ses harmonies vocales sur un son indie-rock épique !

Le communiqué ci-joint vous dira tout sur leur parcours et d’ici là, découvrez F U Z E T A  à travers la session live du titre Sunset  filmée dernièrement à Rennes par Rod Maurice lors de la finale du Prix :

CP - Annonce lauréat 2015 Prix RLM

Sils Maria, un film d’Olivier Assayas (DVD)

Sils Maria

Sils Maria, un film d’Olivier Assayas  

Présenté au Festival de Cannes de 2014 (6nominations) , le dernier film d’Olivier Assayas nous entraine dans un jeu de miroirs où s’interroge à travers le métier d’actrice la frontière poreuse entre la fiction et la réalité, le temps qui passe et son emprise : brillant.

Date de sortie DVD  : le 7 février 2015
Avec : Juliette Binoche, Kristen Stewart, Chloë Grace Moretz…
Durée : 2h04
Prix : 19,99 (DVD/BRD)

Synopsis :

À dix-huit ans, Maria Enders a connu le succès au théâtre en incarnant Sigrid, jeune fille ambitieuse et au charme trouble qui conduit au suicide une femme plus mûre, Helena. Vingt ans plus tard on lui propose de reprendre cette pièce, mais cette fois de l’autre côté du miroir, dans le rôle d’Helena…

[pull_quote_center]Une écriture puissante et singulière qui s’apparente à l’univers de Bergman ou Fassbinder[/pull_quote_center]

Comédienne, Maria Enders (Juliette Binoche) a connu le succès à 18 ans grâce à une pièce jouée vingt ans plus tôt dans laquelle elle incarnait Sigrid, une jeune fille séductrice et ambitieuse qui poussait au suicide Helena, une chef d’entreprise plus âgée. Vingt ans plus tard, on lui propose de reprendre cette pièce, mais dans le rôle, cette fois moins glorieux, d’Helena. Celui de sa partenaire étant dévolu à une jeune actrice américaine (Chloé Grace Moretz) très en vue et abonnée aux blockbusters insipides.

Accompagnée de son assistante, Valentine (Kristen Stewart), Maria rejoint la maison du dramaturge décédé quelques semaines plus tôt pour répéter dans le petit village montagneux situé en Suisse alémanique.

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Entre séances de travail et ballades dans les montagnes, où Nietzche aimait aussi séjourner révélant dans le relief grandiose un couloir de brume qui dessine la forme d’un serpent fuyant…, se scrute la métamorphose d’une femme/actrice confrontée à sa mue pour aborder et jouer son nouveau personnage.

C’est tout ce cheminement personnel, complexe où les sentiments se confondent entre le jeu et la vie ainsi que cet espace temps rattrapé par l’hyperconnexion au net, la surexpostion et la peopolisation que filment le cinéaste à travers une narration inattendue et en hommage au théâtre.

Juliette Binoche est fascinante dans ce basculement de l’héroïne passant de la première à la deuxième place tandis que Kristen Stewart se révèle d’une intensité troublante. Quant à la jeune Chloë Grace Moretz, elle est d’un naturel vibrant.
Une écriture puissante et singulière qui s’apparente à l’univers de Bergman ou Fassbinder.
Les Bonus DVD : 
– Le Phénomène nuageux de Maloja (court métrage d’Arnold Fanck, 1924)
– Entretien d’Olivier Assayas avec Olivier Père
– Galerie Photos

Le bambou noir, mise en scène de Gaël Rabas et Françoise Dorgambide, à Biarritz.

Le bambou noir

Le bambou noir est une pièce extraite du texte de Tera’ituatini Pambrun, adapté par Nicole Piron. La mise en scène est de Gaël Rabas et Françoise Dorgambide.
Au Théâtre du Versant du 8 au 14 février 2015, à Biarritz.
Durée : 1h30
Avec : Samuel Jego, Safia Hammideche,Teuhi Teina Ronald

Présentation officielle de la pièce :

Le bambou noir, c’est l’histoire de la formation, de l’ascension sociale, de la chute et du bannissement d’un jeune tahitien pétri de révolte et d’idéaux, à la vocation de peintre singulièrement contrariée par l’histoire politique et sociale de son pays. C’est dans la France et la Polynésie des années 70 et 80 que l’auteur nous entraine sur les traces de cet artiste écorché par la vie qui va de certitudes en désillusions au fur et à mesure qu’il entre en contact avec la réalité humaine.

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Le bambou noir

Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun nous a quittés en 2011 alors qu’il n’avait que 58 ans.

Il était anthropologue de formation mais a consacré une grande partie de sa vie à la défense de la culture polynésienne, étant lui-même poète, dramaturge, romancier, essayiste et pamphlétaire et surtout très engagé. Avec Gaël Rabas, Directeur du Théâtre du Versant, il avait commencé un projet artistique autour de la culture Tahitienne. Hélas, sa mort prématurée l’a empêché d’aller plus loin.

Mais ce n’est pas pour autant que Gaël Rabas abandonne ce projet, bien au contraire. Avec l’aide de Nicole Piron, la pièce prend forme à partir des nombreux écrits de Pambrun, en particulier « La natte » et surtout « L’île aux anthropologues ». Le bambou noir prend vie sous d’un très bel hommage rendu à Pambrun.

La pièce Le bambou noir est une totale réussite ! Tout est réuni pour faire de cet hommage une très belle découverte de la culture et de la littérature polynésiennes ! Les trois acteurs sur scène sont formidables. Samuel Jego incarne merveilleusement le révolutionnaire et toujours réactif Pambrun, avec toute la fougue et l’énergie de la jeunesse. Quant à Safia Hammideche, tous les rôles féminins lui sont attribués et en un tour de main, elle s’adapte avec brio à son nouveau personnage, avec beaucoup de grâce et de féminité.

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Le bambou noir

Bien sûr la pièce ne serait pas authentique si Teuhi Teina Ronald n’était là pour les accompagner en musique, en chansons et surtout en tahitien. Un personnage haut en couleurs : Ma’ohi ! Porteur de messages de la culture Ma’Ohi et de la vie de Pambrun.

J’aimerais donner également une mention spéciale à Brigitte Rabas pour la création des marionnettes des oiseaux, absolument incroyables !

Et aussi, bien sûr à Virginie Salane qui a réalisé les magnifiques peintures sur soie, dont la gigantesque toile de fond que l’on admire à la scène finale. Tout simplement époustouflante ! Une très grande artiste Virginie !

Scène finale

Le bambou noir

Une très belle soirée au Théâtre du Versant, toujours aussi accueillant et sympathique, avec une ode au voyage à Papeeete, bien entendu !

A la fin du spectacle, un petit rhum vous sera proposé ainsi que quelques souvenirs de Papeete… Histoire de bien terminer le voyage !

Cette pièce se produit du 8 au 14 février 2015 au Théâtre du Versant. Réservez vos places, c’est indispensable. Chaque soir, le théâtre fait salle comble, et le jeune public est assis par terre pour ne rien louper de cette merveille !

Et en septembre-octobre 2015, la troupe se déplacera au Centre Culturel Tjibaou à Nouméa et au Théâtre de la Maison de la Culture à Papeete dont l’engouement est chaque jour plus intense !

Anne Roumanoff « [Rouge]Manoff » : en tournée aux Etats-Unis.

Anne Roumanoff

ANNE ROUMANOFF « [Rouge]Manoff » :

Anne Roumanoff sera en concert aux Etats-Unis avec son nouveau spectacle : « Aimons-nous les uns les autres », les :

21 Février 2015 – NEW YORK

23 Février 2015 – MIAMI

ANNE ROUMANOFF AUX USA :

Anne Roumanoff porte un regard sans concession sur la société française: Il est question de mariage gay, d’une femme frappée de phobie administrative, d’une américaine qui critique le pessimisme français, d’une conseillère municipale front national, d’une femme qui commande des accessoires coquins sur internet pour relancer sa vie sexuelle, d’une énarque qui tente d’expliquer à des ministres la différence entre un patron et un entrepreneur … Au fil de ses sketchs, Anne Roumanoff nous entraine dans une église pour chanter « Ave, ave, ave Pôle Emploi, on continue à croire en toi », nous fait participer à un goûter d’anniversaire avec des enfants blasés et se moque d’un site internet buzz-people où les journalistes sont tous des stagiaires. Rions donc de tout ce qui va mal plutôt que d’en pleurer.

 

Infos et réservations sur : ICI

 

Avec une avant-première jouée à guichet fermé à l’Olympia et sa retransmission en direct au cinéma en France, en Belgique et en Suisse, le nouveau spectacle d’Anne Roumanoff « Aimons-nous les uns les autres » présage un joli succès. Elle sera sur la scène de l’Alhambra à Paris pour 100 dates exceptionnelles à partir de Juillet 2015 !

Découvrez le sketch  La coach québecoise de Anne Roumanoff :

La pétillante humoriste ne s’arrête pas là pour autant et s’attaquera ce mois-ci au public américain avec une tournée aux Etats-Unis ! Elle y jouera son spectacle « [Rouge]Manoff » :

 

Le 21 Février 2015 à NEW YORK

Le 23 Février 2015 à MIAMI

 

Résultats concours : L’Enquête, 10 places de ciné gagnées.

Sortie le 11 février 2015

Un film de Vincent Garenq avec Gilles Lellouche, Charles Berling, Laurent Capelluto, Florence Loiret Caille.

 

A l’occasion de la sortie du film L’EnquêtePublik’Art, en collaboration avec cinefriends.com, vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film : L’Enquête

 

Vous avez été très nombreux à participer : 4 531 joueurs ! Bravo à tous et merci !

 

Les 5 heureux gagnants sont :

Maryse Bonnardel, Eric Lagache, Emmanuel Paquet, Remi Revillon et Sylvie Falaise.

Notre partenaire vous enverra très prochainement vos places. D’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

Les Nouveaux sauvages, un film de Damián Szifron

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Les Nouveaux sauvages, un film de Damián Szifron

On ressent une impression très bizarre quand on sort de ce film, Les nouveaux sauvages. Beaucoup de violence gratuite, extrêmement violente. Beaucoup de situations poussées à l’extrême où « le pétage de plomb » est de rigueur.

Sortie le : 14 janvier 2015
Durée : 2h02
Avec : Ricardo DarínOscar Martinez, Leonardo Sbaraglia

Synopsis :

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs. L’inégalité, l’injustice et l’exigence auxquelles nous expose le monde où l’on vit provoquent du stress et des dépressions chez beaucoup de gens. Certains craquent. Les Nouveaux sauvages est un film sur eux. Vulnérables face à une réalité qui soudain change et devient imprévisible, les héros des Nouveaux sauvages franchissent l’étroite frontière qui sépare la civilisation de la barbarie. Une trahison amour, le retour d’un passé refoulé, la violence enfermée dans un détail quotidien, sont autant de prétextes qui les entraînent dans un vertige où ils perdent les pédales et éprouve l’indéniable plaisir du pétage de plombs.

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Les Nouveaux sauvages

Dans le film Les Nouveaux sauvages, des sketches, sans rapport les uns avec les autres. Ou le seul point commun est la violence de personnes qui ne seraient nullement sociabilisées. Des sauvages ! ou des monstres.

Dans la salle de ciné, des personnes qui rient de plus en plus fort au fur et à mesure de la violence. Mais pas moi. Je suis accablée devant tant de bêtises, tant d’absurdité, tant de facilité. Et surtout tant de violence absurde. Mais la violence est à l’ordre du jour.

Bref, on sort en ressentant un certain malaise. Les nouveaux sauvages, c’est trop. Too much, comme diraient les jeunes. Trop bête, trop vulgaire, trop facile, trop évident. Bref, TROP !

Et du coup, très décevant malgré les très bonnes critiques ! Ce n’est pas parce que ce sont les frères Almodovar qui l’ont produit que c’est un bon film.

Relatos salvajes, Les nouveaux sauvages, a déjà attiré en Argentine, 450 000 spectateurs… Qu’en sera-t-il en France ?

Vous pouvez lire la chronique de Thierry Carteret, beaucoup plus positive que la mienne  : ICI

Bande annonce du film Les Nouveaux sauvages : 

Les Pirates de Barataria, tome 8 : une BD de Marc Bourgne et Franck Bonnet (Glénat)

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Les Pirates de Barataria, t. 8 : Gaspésie

Les Pirates de Barataria est une fabuleuse série de grande piraterie à l’époque de Napoléon (fin XVIIIème début XIXème) écrite par Marc Bourgne (L’Été 63, Michel Vaillant, Barbe-Rouge, Voyageur) et illustrée par Franck Bonnet (Attila… mon amour, Vell’a, TNO). Le huitième album, intitulé Gaspésie, signe le retour de la belle Artémis Delambre en Louisiane pour trouver la protection des frères Lafitte. Un troisième cycle qui s’annonce encore plus passionnant que les précédents !

Date de parution : le 11 février 2015
Auteurs : Marc Bourgne (Scénario) et Franck Bonnet (Dessin)
Editions : Glénat
Prix : 13,90 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

Embarquez pour un nouveau cycle qui fleure bon la poudre, les embruns et la grande aventure ! Après ses aventures en Égypte, la belle Artémis Delambre croyait pouvoir mener une vie tranquille, recluse dans sa petite masure en Corse. Mais la venue d’un cavalier pourrait bien changer la donne. La missive qu’il apporte, écrite par la main de Napoléon lui-même, enjoint Artémis à se rendre à… Barataria ! L’Empereur français, qui voit bien les États-Unis gagner la guerre qu’ils mènent contre l’Angleterre, estime que la république corsaire des frères Lafitte constitue un lieu sûr pour préparer son retour de l’île d’Elbe. Reste à savoir dans quel état ils vont la retrouver… Emmené par la plume de Marc Bourgne et le pinceau de Franck Bonnet, voici le nouveau cycle de 2 tomes de cette série pirate comme on les aime. Un véritable succès populaire puisque la série entame ici son troisième cycle, avec des ventes globales de plus de 90 000 exemplaires !

Les Pirates de Barataria #08

Le point sur l’album :

On en boude pas notre plaisir lorsqu’un album des Pirates de Barataria paraît. Cette fois, Marc Bourgne en ouvre un nouveau cycle. Celui où Napoléon prépare son retour de l’île d’Elbe. Pour cela, il va avoir besoin de notre héroïne Artémis Delambre et des frères Lafitte. Mais ces derniers sont en mauvaise posture. En effet, plus que jamais, leur Barataria est menacéeen ruine. Et l’on doit cela aux américains, alors que la guerre contre les anglais n’a jamais été aussi tendue. Une poudrière qui promet un album riche en rebondissements. Marc Bourgne ne nous trompe pas sur la marchandise. Ce huitième album nous émerveille une nouvelle fois par la capacité de son scénariste à se renouveler, à faire évoluer ses personnages comme son intrigue. Une orchestration de haute voltige.

C’est aussi la sensation que donne le dessin extraordinaire de Franck Bonnet, qui excelle dans l’art de mettre en mouvement les grandes voiles de ces navires aussi imposant que majestueux. L’artiste semble à l’aise sur tous les continents qu’il met en scène de son trait fin et incisif, fourmillant de détails. Un trésor graphique.

Comment ne pas être totalement fan de cette série après tout ça ? Nous n’avons pas la réponse. On ne peut qu’affirmer une chose : Les Pirates de Barataria sont aussi recommandables que recommandés.

Youth United, tome 1 : une BD Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël et Wuey (Glénat)

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Youth United, t. 1 : Agents de voyage

Nous retrouvons le duo de scénaristes Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël (qui nous avait offert le premier tome de Magnum Photos), sur une série pour les jeunes : Youth United (de la collection Tchô l’aventure ! aux éditions Glénat). Intitulé Agents de voyage, ce premier album nous plonge dans le monde de deux ados inséparables invités à rejoindre une organisation secrète dont l’objet est de venir en aide aux enfants du monde entier. Une série où la science-fiction à son mot à dire à travers d’innombrables gadgets futuristes dessinés par le chinois Wuey (Carles, Wakfu – le théâtre maudit…).

Date de parution : le 11 février 2015
Auteurs : Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël (scénario) et Wuey (dessin)
Editions : Glénat
Prix : 14,95 € (92 pages)

Résumé de l’éditeur :

Leur mission : venir en aide aux enfants du monde entier ! Ryun et Timothée sont deux ados qui débordent d’énergie ! Pendant leur temps libre, ce qu’ils aiment, c’est rendre service aux autres. Une vieille dame qui se fait piquer son sac, un petit qui se fait racketter son portable dans la cour d’école ? Et nos deux acolytes volent à leur secours ! Ce sens de la justice exacerbé couplé à leurs grandes qualités athlétiques intéresse justement « Youth United », une organisation secrète qui dispose de moyens technologiques colossaux pour venir en aide aux enfants défavorisés ou victimes de maltraitance. Après un rapide test, Ryun et Timothée sont recrutés par Ram’, le chef de l’agence. Bardés de gadgets à côté desquels ceux de James Bond ressemblent à des jouets bon marché, ils sont à présent fin prêts pour venir en aide aux enfants de toute la planète ! Avec un formidable sens du rythme et de l’aventure, Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël trouvent le ton juste pour aborder des sujets brulants de l’actualité sans lourdeur : ce premier tome traitera notamment du phénomène des réseaux mafieux qui exploitent les enfants parmi la communauté rom. Une nouvelle série moderne et attachante servie à merveille par le dessin tout en dynamisme d’un jeune prodige chinois : Wuye !

Youth United - Tome 1

Le point sur l’album :

Sur un ton enjoué où l’action joue un rôle de premier plan, les scénaristes ont élaboré une série d’aventure idéale pour les jeunes. Une Bd où ce sont eux les héros mais également où c’est à eux que l’on vient en aide. Un point de vue habile où toutes les identifications sont possibles pour nos enfants. Et les auteurs abordent dans ce premier album le sujet plutôt grave des enfants (de la communauté rom) envoyés dans la rue par la mafia. Ce qui n’empêche pas d’apprécier la lecture, à la fois légère et rythmée.

Les scènes d’action sont en effet nombreuses, pimentant généreusement l’album grâce au dessin résolument fluide et moderne de Wuey. Un style à la croisée de l’animation, du manga et de la BD franco-belge. Un parti pris payant, car mis en couleurs avec talent.

Bref, l’équipe de Youth United semble promise à un bel avenir dans les bibliothèques des plus jeunes !

Parents mais presque… une BD de Margot de Vigan (Vents d’Ouest)

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Parents mais presque… de Margot de Vigan

Petit recueil de gags sur la vie de famille, Parents mais presque… est le deuxième album de Margot de Vigan (Frangines, et c’est comme ça !). Avec fraîcheur et humour, l’auteur nous propose une immersion dans le quotidien d’une famille de deux enfants pré-adolescentes, qui en font voir de toutes les couleurs à leurs parents. Mais de jolies couleurs, hein.

Date de parution : le 11 février 2015
Auteur : Margot de Vigan (scénario et dessin)
Editions : Vents d’Ouest
Prix : 18,50 € (112 pages)

Résumé de l’éditeur :

Le plus beau métier du monde ! Bien des parents vous le diront : quand on a deux filles, les journées ressemblent à un véritable parcours du combattant. Parlez-en à ceux d’Ana et Lou ! Entre l’éducation, le travail, l’école, les caprices, les sorties… ils ne savent plus où donner de la tête ! Eh oui : évoluer en tant que parents dans cette jungle que représente le monde moderne donne parfois le vertige, quel que soit l’amour qu’on porte à ses enfants. Mais comme on dit : le bonheur n’a pas de prix ! Après avoir abordé l’enfance dans Frangines, et c’est comme ça !, Margot de Vigan retrouve ses personnages et scrute, de son dessin sobre et épuré, les rapports familiaux à travers un autre prisme cette fois : celui des parents. Sans leçon ni morale, l’auteur nous livre, avec son regard sensible, ironique, mais toujours bienveillant, la photographie d’une famille d’aujourd’hui dans laquelle bien des lecteurs pourront se retrouver.

Parents, mais presque...

Le point sur l’album :

Sur un scénario composé d’une multitude de petites scènes, Parents mais presque… s’amuse du quotidien d’une famille de notre époque. Avec leurs deux filles, ce couple de parents mène une vie faite de haut et de bas. Avec leurs rêves, et leur réalité. Un humour qui fait souvent sourire, et à travers lequel on se reconnaît forcément à un moment ou à un autre. Bien sûr, on n’évite pas certains clichés, mais dans une moindre mesure.

L’écriture légère de l’auteur est mise en valeur par un dessin très féminin, aux lignes claires qui dégagent simplicité et finesse. L’incrustation d’éléments photographiés est en soi une originalité bienvenue (écrans de téléphones, pot de nutella…). On est également frappé par l’audace remarquable des cadrages qui se superposent sur une même planche. Une jolie façon de dynamiser le dessin. Du beau travail.

Parents mais presque… est un ouvrage tout à fait sympathique et agréable à lire. Une expérience à tenter.

Une histoire américaine, un film de Armel Hostiou

une histoire américaine

En salle le 11 février 2015

Synopsis : Par amour, Vincent a suivi Barbara à New York. Mais elle ne veut plus de lui. Obsédé par l’idée de la reconquérir, il décide d’aller jusqu’au bout…

Dans la ville qui ne dort jamais, Vincent ballade sa tristesse de bar en bar, d’un métro à un autre, la photo de son ex Barbara sur son portable (Kate Moran, vue dans Les Rencontres d’après Minuit), comme un dernier lien l’attachant à elle. Aucun autre but que celui de reconquérir celle qui vit depuis avec quelqu’un d’autre, un brillant médecin new-yorkais.

A l’image des premières images du film, celles d’un New York légèrement tremblotant sous les secousses du téléphérique, la santé mentale de Vincent déclinera peu à peu dans cette ville où il est l’étranger. Aucune ode à New York ici, pourtant très cinégénique, puisque la ville est vue à la hauteur d’un personnage obsessionnel, c’est à dire d’un point de vue restrictif. New York se limite au périmètre entourant Barbara, et les quelques échappées nous ramèneront toujours à elle.

Vincent Macaigne apporte là une variation à ce personnage d’amoureux fou déjà en scène dans le magnifique Tonnerre de Guillaume Brac. Une histoire américaine repose beaucoup sur le magnétisme de cet acteur borderline, clown triste imprévisible dans ses paroles et ses gestes, désormais incontournable dans le jeune cinéma d’auteur français (2 automnes 3 Hivers, La Bataille de Solférino, Tristesse Club, etc.)

Une histoire américaine ne suit aucune trame, va de secousses en stases à l’instar de la psyché de son protagoniste. Le film enchaine les scènes obligées (la confrontation entre Barbara, son compagnon et Vincent) et quelques moments imprévisibles (l’histoire d’amour avortée avec une jeune et jolie Danoise). Rencontrée dans un bar, le vent de fraicheur qu’apporte Sophie (une nuit à Coney Island, une aventure burlesque dans un hippodrome), est rapidement saqué par l’obsession de Vincent revenant au galop, mettant là en lumière la part de cruauté du personnage. Du simple looser, Vincent devient un anti-héros sapant même l’empathie du spectateur.

une histoire américaine
(c) UFO Distribution

 

A la faveur d’une rupture, ellipse rendue signifiante par la perte de poids de Vincent Macaigne (pour les besoins du tournage de Tonnerre justement), le film bascule dans une veine dramatique que l’affiche même ne laisse pas percevoir. Les quelques accents comiques qui subsistaient (une demande en mariage pathétique notamment) s’effacent au profit de la croissance de la folie obsessionnelle du personnage. Resté à New York où il épie son ex, Vincent travaille mécaniquement dans une poissonnerie, Charlot des temps modernes. Sa déchéance sociale, mise en évidence par sa famille venue lui rendre visite, plonge le personnage et le film in extenso dans une tonalité sombre que même les lumières de Broadway n’arrivent pas à raviver.

Des accents mumblecore (pour son esthétisme à l’arrache et le propos intimiste) à une tradition auteuriste française mis en valeur par la persona de Macaigne, Une histoire américaine charme par son aspect bricolé et contemplatif, encloisonnant la folie de Vincent. Plus qu’une histoire d’amour impossible, le film s’offre comme une réflexion sur l’aveuglement et le déni inhérent au sentiment amoureux, poussé ici à l’extrême, mais aussi sur la catégorisation sociale et la norme exigée.

Une histoire américaine, ironie suprême du titre lorsque l’idéal américain « start from scratch » stipule la réussite possible de tout le monde si tant est qu’on s’en donne les moyens. C’est ici l’histoire d’une non-évolution, d’une descente aux enfers et rien de plus.


Une Histoire Américaine d'Armel Hostiou – Bande… par LesBAdeVivalaCinema

Anita Farmine : From Above, son premier album.

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« From Above », premier album d’Anita Farmine

Un visage rond et lumineux, un sourire qui accompagne malicieusement les cuivres, c’est ainsi que l’on découvre Anita Farmine sur son premier clip : « No, no, no ».
Et pourtant, on voudrait lui dire : si, si, si !

Oui, dans toutes les langues, oui à toutes ses influences, oui aux musiciens talentueux qui l’accompagnent sur ce premier album prometteur.
On y retrouve les tambours de Keyvan Chemirani ou encore le batteur polyvalent Roger Biwandu.
Et toujours cette voix douce mais puissance, tantôt jazzy, tantôt langoureusement orientale , Anita Farmine chante en anglais mais aussi en persan.
La richesse des origines métissées de cette auteur, compositrice franco iranienne fait de « From Above » une des belles surprises de ce début d’année.

Aux frontières de la world music, cet album auto-produit est un voyage vitaminé.
Un bol d’air joyeux et ensoleillé, un régal chaleureux à savourer pour oublier l’hiver.

 

No No No de l’album From Above  – Anita Farmine (clip) :

Teaser Anita Farmine – Live à George Sand nov 2014 :

Mathilde Azéma

Moi, Dragon – la saga : une BD de Juan Gimenez (Glénat)

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Moi, Dragon – la saga de Juan Gimenez

Le dessinateur culte de La Caste des Méta-BaronsJuan Gimenez (Mutante, Le Quatrième Pouvoir) s’aventure dans un récit fantastico-médiéval avec Moi, Dragon. Une saga qui s’éloigne du space-opera devenu la marque de fabrique de Gimenez. C’est donc avec curiosité que l’on s’est précipité sur la belle intégrale tout juste parue aux éditions Glénat.

Date de parution : le 4 février 2015
Auteur : Juan Gimenez (scénario et dessin)
Editions : Glénat
Prix : 35,00 € (192 pages)

Résumé de l’éditeur :

Par le fer. Par le feu. Le royaume de Ferona tombera. Alors que l’on s’apprête à fêter dignement l’anniversaire du Roi Belmonth, le château de Rosentall vit ses heures les plus sombres. Une puissante armée de mercenaires menée par une femme mystérieuse et redoutable est en marche. Pire encore : les soubresauts de plus en plus fréquents du volcan Ferona laissent présager que le fléau du ciel en personne, Madragon, est de retour. Au cœur de ce chaos, une troupe de forains itinérants au sein de laquelle un enfant s’apprête à naître pourrait bien faire basculer le destin du royaume… Référence ultime de la bande dessinée de science-fiction, Juan Gimenez est au sommet de son art en s’aventurant dans les contrées magiques de l’heroic fantasy. En respectant à merveille les codes du genre, le dessinateur de La Caste des Métas-Barons livre sur près de 200 pages une grande épopée où s’entremêlent luttes de pouvoir, rivalités familiales, batailles dantesques et créatures fantastiques.

Moi, Dragon

Le point sur l’album :

Dans Moi, DragonJuan Gimenez met de côté l’univers futuriste qui l’a fait connaître mais on sent néanmoins une atmosphère très comparable à ses grandes séries. Le pitch n’a pourtant pas grand chose à voir : un bébé va naître dans une troupe de saltimbanques le jour de l’anniversaire du roi. Nous sommes au XIIIème siècle, le royaume est assiégé par une ancienne prétendante au trône alors qu’un énorme dragon se réveille… Ce dernier semble connecté à la jeune maman et son bébé. Et pour cause, on découvre vite un lien filial. Entre guerres de pouvoir, vengeances et intrigues familiales, le scénario joue une partition sans fausse note, mais sans grande surprise non plus.

Pas de grande révolution. Mais quel n’est pas notre plaisir de retrouver l’univers graphique de l’auteur dans un contexte bien différent de l’accoutumée.  Le dessinateur le détourne habilement pour dessiner ce qu’il fait de mieux : des personnages aux armures imposantes qui s’affrontent furieusement. Une puissance phénoménale se dégage de son trait unique et sa mise en scène. Les globules rouges giclent dans tous les sens, les membres sont tranchés, déchirés, écrasés, déchiquetés, éclatés etc… Les planches de Juan Gimenez n’ont rien perdu de leur superbe.

Avec un scénario classique mais une réalisation spectaculaire propre à Juan Gimenez, Moi, Dragon est une très bonne expérience de lecture, qui n’aura pas de mal à faire sa place dans votre bdthèque.

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