Accueil Blog Page 284

Un homme très recherché, un film d’Anton Corbijn (DVD)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Un homme très recherché

Un homme très recherché, un film d’Anton Corbijn

Ce n’est autre que le très réputé Anton Corbijn (The American, Control) qui a réalisé Un homme très recherché, film qui met en scène les services secrets allemands et américains sur le sol germanique, à Hambourg, alors qu’un immigré d’origine tchétchène a été identifié… C’est alors le début d’une longue filature menée, dans le rôle principal, par feu Philip Seymour Hoffman.

Date de sortie DVD  : le 21 janvier 2015
Avec : Philip Seymour Hoffman, Rachel McAdams, Grigoriy Dobrygin…
Durée : 2h02
Prix : 19,99 (DVD)

Synopsis :

Plus de dix ans après les attentats du 11 Septembre 2001, la ville de Hambourg a du mal à se remettre d’avoir abrité une importante cellule terroriste à l’origine des attaques contre le World Trade Center. Lorsqu’un immigré d’origine russo-tchétchène, ayant subi de terribles sévices, débarque dans la communauté musulmane de Hambourg pour récupérer la fortune mal acquise de son père, les services secrets allemands et américains sont en alerte. Une course contre la montre s’engage alors pour identifier cet homme très recherché : s’agit-il d’une victime ou d’un extrémiste aux intentions destructrices ?

Un homme très recherché

Notre avis sur le film : 

Adapté du roman éponyme britannique de John Le Carré, le film met en lumière le travail des services secrets en Allemagne au lendemain du 11 septembre. Alors qu’un immigré clandestin est repéré, ils vont devoir rapidement enquêter pour l’identifier, recouper d’éventuelles informations tirées des premiers contacts établis par le suspect en Allemagne, et s’en servir à bon escient. Tâche ô combien difficile lorsque tous les services sont en désaccords sur la marche à donner à cet épineux dossier.

Un scénario tout en tension, où l’on a la chance d’admirer l’excellente interprétation de Philip Seymour Hoffman (Un homme très recherché est l’un de ses films posthumes) dans la peau d’un flic qui ne vit que pour sa mission. Avec des acteurs secondaires plutôt bons, le film peut encore compter sur une réalisation méticuleuse et soignée.

Un film passionnant, à l’efficacité redoutable.

Les Bonus DVD : 

Making of
John le Carré à Hambourg

Toute première fois, un film de Noémie Saglio et Maxime Govare

120390

Toute première fois, un film de Noémie Saglio et Maxime Govare

Toute première fois est un film très original qui parle des rapports humains et plus particulièrement de l’homosexualité avec intelligence.

C’est l’histoire de deux hommes, Jérémie, Pio Marmai, et Antoine, Lannick Gautry qui vont bientôt se marier, après dix ans de vie commune.

Sortie le : 28 janvier 2015
Durée : 1h30
Avec : Pio Marmai,Lannick Gautry

 

Synopsis :

Jérémie, 34 ans, émerge dans un appartement inconnu aux côtés d’Adna, une ravissante suédoise aussi drôle qu’attachante. Le début dʼun conte de fées ? Rien nʼest moins sûr car Jérémie est sur le point de se marier… avec Antoine.

300129

Toute première fois reste un film très naturel malgré un sujet difficile. deux hommes vont se marier et se préparent à cette fête.

Mais il se trouve qu’un beau soir, Jérémie, un peu saoul, se retrouve dans le lit d’une jeune et ravissante femme. Et fait l’amour pour la première fois avec une femme !

Les situations sont souvent cocasses, jamais vulgaires. Aucune prise de vue choquante. Beaucoup de pudeur et de sensibilité. Et aussi de tendresse.

Aucun cliché malveillant, beaucoup de respect que ce soit pour les uns ou pour les autres.

Les réalisateurs ont su parfaitement et naturellement intégrer l’homosexualité dans leur film Toute première fois. Sans tabou. Sans geste déplacé. A l’inverse de nos habitudes. Ce n’est pas un coming out, mais le contraire !

Les parents de Jérémie qui ont eu du mal à intégrer son annonce d’homosexualité, ne supportent pas l’annonce de son hétérosexualité !

Les acteurs sont parfaits, surtout le beau Pio Marmai qui porte le film sur ses épaules.

Ce n’est pas LA comédie de l’année, mais c’est un film néanmoins sympa et drôle.

 

Bande annonce du film : Toute première fois

Un loup est un loup, tome 1 : une BD de Makyo et Federico Nardo (Glénat)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Un loup est un loup

Un loup est un loup, tome 1

Adaptée du roman éponyme de Michel FalcoUn Loup est un loup est une BD scénarisée par Makyo (Jérôme K. Jérôme Bloche, Balade au Bout du Monde, Elsa, A.D.N…) et ilustrée par l’italien Federico Nardo (Monster Allergy, Le Vent des Khazars..). Dans la France féodale du XVIIIème siècle naissent des quintuplés, descendance généreuse d’un maître sabotier.

Date de parution : le 4 février 2015
Auteurs : Makyo (scénario) et Federico Nardo (dessin), Antoine Quaresma (Couleurs) d’après le roman de Michel Folco
Editions : Glénat
Prix : 14,95 € (64 pages)

Résumé de l’éditeur :

Une fratrie séparée par le destin. En mars 1763, dans la contrée de Racleterre, Apolline et Clovis Tricotin mettent au monde des quintuplés : Clodomir, Pépin, Dagobert, Clotilde et Charlemagne. Des cinq, c’est Charlemagne, le dernier « sorti », qui est le plus doué et le plus tenace. Il semble même qu’il ait un don pour communiquer avec les animaux. Mais alors que leur père succombe de la rage, la fratrie est frappée par le destin. La vie des quintuplés est brisée alors qu’ils se retrouvent dispersés…
Pierre Makyo et Federico Nardo adaptent le roman Un Loup est un loup ! Les deux auteurs parviennent à restituer l’esprit unique de l’écriture de Michel Folco tout en apportant leur vision personnelle à cette histoire si singulière, mêlant aventure et humour noir dans la France féodale du XVIIIe siècle.

Un loup est un loup

Le point sur l’album :

Sur un ton original souvent teinté d’humour noir,  Makyo s’approprie avec brio l’univers de Michel Folco. Dans ce premier album introductif, c’est surtout le père de la fratrie qui occupe l’espace. Ce dernier connaît quelques épisodes tumultueux. Après avoir vécu l’une des nuits les plus longues de sa vie avec la naissance de ses cinq enfants, il se voit défié en duel par un maître d’armes qui lui réclame réparation avant de se faire mordre par une vache potentiellement enragée… Un album bien emmené, notamment grâce à une narration amusante, au vocabulaire riche et authentique. Ce premier album ne dévoile pas encore grand chose des enfants qui en font la couverture, mais il est une entrée en matière tout à fait divertissante.

Le trait sûr et appuyé de Federico Nardo fait un peu penser au style comics. Ses planches sont chargées d’une multitude d’éléments et détails. La palette de couleurs utilisée par Antoine Quaresma est elle-même assez foncée, ce qui renforce l’impression de densité dans le dessin. S’il ne suscite pas de coup de coeur, il traduit bien l’ambiance Moyen-Âgeuse de la série.

Un loup est un loup n’a pas encore dévoilé son atout (les quintuplés) mais séduit déjà par son originalité. Une curiosité à suivre sans hésiter.

Mommy, un film de Xavier Dolan (DVD)

579120

Voilà un film qui va rester longtemps gravé dans nos mémoires. Un film choc. Un film fort. C’est l’histoire d’une mère, Die, Diana, remarquable Anne Dorval, qui est en difficulté avec son fils atteint de TDAH, soit un « Trouble de déficit de l’attention/hyperactivité ». Die a perdu son mari il y a 3 ans, période à laquelle son fils, Steve a « pété un plomb ».

Date de sortie DVD : le 18 mars 2015
Durée : 2h18
Avec : Anne Dorval, Antoine-Olivier Pilon, Suzanne Clément
Prix : 19,99 (DVD) / 24,99 (BRD)

Synopsis :

Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir.
535485

C’est le jeune et très talentueux Antoine-Olivier Pilon, qui n’a que 17 ans, qui endosse magistralement le rôle excessivement dur de Steve. Il est à la fois touchant, beau, émouvant, et d’une seconde à l’autre, il peut devenir dur, d’une violence inouïe que plus rien n’arrête. Terrorisant.

484062

L’amour d’une mère est-il capable de canaliser cette violence ? L’amour d’une mère intervient-il dans ce comportement de l’ado ? Quel pouvoir a-t-il, cet amour, face à ce typhon qui se déclenche sans aucun signe précurseur, ou infime.

Ces deux acteurs ont déjà joué pour Xavier Dolan. De même que Suzanne Clément qui interprète le rôle de la voisine bègue, Kyla… Dolan a déjà sa troupe d’acteurs, tous québécois. Comme si un lourd passé, intime, les liait. Comme Kyla qui garde son secret pour elle… Sa souffrance, pas de mots pour la décrire… Juste devenir bègue…

481191

Voilà, le film repose sur ces trois acteurs. Grâce à eux, on va rire, pleurer, frissonner, trembler de peur… Vibrer, vivre des émotions intenses. Ressentir au plus profond de nous des émotions enfouies…

Il me semble impossible de parler davantage du film pour ne rien dévoiler et ainsi ne pas lui faire perdre de sa magnificence.

Il faut aller voir Mommy, vivre au rythme de Mommy. Y aller sans rien connaître du film. Se laisser imprégner par cette ambiance très spéciale et tellement vraie. Une histoire qui pourrait être la nôtre, ou celle de notre voisin. Une histoire explosive !

Dolan insiste sur la notion d’espoir. Dans une interview, il aurait dit qu’il a mis beaucoup de lui dans ce film. Il s’est « défoulé ». Lui aussi a été un ado difficile, se faisant rejeter de lycée en lycée… Et aujourd’hui quand on parle de lui, on parle de prodige ! Dolan n’a que 25 ans !

Alors, oui, l’espoir doit dominer et permettre aux parents de tenir le coup et aux enfants de croire en leur « guérison ».

Tout est sublime dans ce film : les couleurs, la musique, même leur façon de parler le français ! Dolan arrive à nous faire rire d’une situation grave. L’auteur fait une très belle déclaration d’amour à toutes les mères et plus sûrement à sa propre mère. Avec des acteurs exceptionnels.

Ce film a reçu le Prix du Jury 2014 au Festival de Cannes. Prix largement mérité !

De l’art à l’état pur. Du très grand art. Un art inoubliable…

Les Bonus DVD :

Entretien audio avec Xavier Dolan (émission « Projection privée » sur France Culture)
Entretien avec Xavier Dolan, Anne Dorval et Suzanne Clément (émission « Rencontres de cinéma » sur Canal+)
Le discours de Xavier Dolan à Cannes
Revue de presse
Bandes-annonces

Vénéneuses, une BD de Thomas Gilbert (Sarbacane)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Vénéneuses

Vénéneuses, de Thomas Gilbert

Avec Vénéneuses, Thomas Gilbert (Oklahoma boy, Bjorn le Morphir) nous emporte dans l’oeil du cyclone adolescent. Deux jeunes lycéennes d’une quinzaine d’années inséparables cherchent à faire leurs premières expériences. D’abord intéressées par la fête et les garçons, l’aventure va assez vite basculer vers des épisodes plus extrêmes. Drogue, auto-destruction, violence, séparation et bien pire encore. Un récit qui va crescendo dans le trash et le violent.

Date de parution : le 4 février 2015
Auteurs : Thomas Gilbert (scénario et dessin)
Editions : Sarbacane
Prix : 22,00 € (160 pages)

Résumé de l’éditeur :

Une chronique adolescente conduite à 100 à l’heure ! VÉNÉNEUSES suit le fulgurant destin de Noor et Domitille, deux lycéennes sensuelles et sauvages. Nos héroïnes veulent vivre à 1 000 à l’heure, avec une force de vie et de mort époustouflante : soirées – trop – arrosées, amours interdites et dangeureuses, fascination pour l’auto-destruction, relations compliquées entre filles… Dans cette cruelle chronique d’une amitié hors normes, le tout jeune Thomas Gilbert explore avec brio les affres de l’adolescence. Il mène son récit tambour battant. Un récit porté par un dessin énergique, survolté et inspiré – acide.

Vénéneuses planche

Le point sur l’album :

Véritable descente aux enfers de deux amies qui se cherchent, Vénéneuses est une BD qui choque autant qu’elle interpelle. Thomas Gilbert propose un récit inspiré, aussi glaçant qu’anxiogène. Difficile de ne pas être remué. L’auteur parvient à prendre le contrôle de la lecture, grâce à une écriture sans concession, puissante et rythmée. Une détermination qui se ressent aussi dans son découpage efficace, qui annonce la couleur dès les premières planches.

Cette force narrative, on la retrouve dans son dessin. Un style original et cohérent, traversé d’une énergie renversante. Ses couleurs éclatantes n’y sont sans doute pas étrangères.

En conclusion, on ne sort pas indemne de Vénéneuses. C’est sans doute l’effet recherché. Vous êtes prévenus !

Tokarev, un film de Paco Cabezas (DVD)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Tokarev, un film de Paco Cabezas (DVD)

Tokarev, un film de Paco Cabezas

Avec son casting hollywoodien, Tokarev est un film d’action mettant en scène un ancien caïd à la vie rangée, dont la fille va être kidnappée. Hanté par ses souvenirs de truands, Paul va tout faire pour la retrouver et se venger. Campé par Nicolas Cage, le personnage principal donne la réplique à d’autres acteurs connus du public comme Danny Glover (acolyte de Mel Gibson dans L’Arme Fatale), ou encore Peter Stormare (Game of thrones).

Date de sortie DVD  : le 7 janvier 2015
Avec : Nicolas Cage, Danny Glover Rachel Nichols, Peter Stormare…
Durée : 1h38
Prix : 19,99 (DVD) / 24,99 (BRD)

Synopsis :

Paul Maguire, désormais père de famille rangé, est rattrapé par son passé d’ancien criminel lorsque sa fille Caitlin est kidnappée. Il réunit alors ses deux anciens partenaires et doit se replonger dans le souvenir de ses erreurs passées pour tenter de retrouver sa fille et les coupables.

Tokarev, un film de Paco Cabezas (DVD)

Notre avis sur le film : 

Réalisé par Paco Cabezas (Les Disparus, Carne de Neon), Tokarev sera suivi d’une seconde collaboration avec Nicolas Cage sur Men with no fear, en 2014. Force est de reconnaître que l’acteur, qui a eu jusqu’aux années 2000 un parcours exemplaire (tout de même oscarisé), a encore aujourd’hui du mal à être au bon endroit au bon moment. Même si avec le film Joe, l’acteur a repris du poil de la bête.

Tokarev est un film un peu à l’image de la filmographie de l’acteur. Un film qui rame un peu sous son aspect faussement commercial. Car on sent bien que le budget reste modeste. Si le scénario est bien ficelé, avec de bonnes idées malgré un rythme en dents de scie, la réalisation pâtit clairement d’un manque de soin. On a l’impression que le montage a été fait à la va-vite. Les scènes d’action sont brouillon, notamment la course-poursuite en voiture particulièrement mauvaise. La bande originale est également décevante, avec des riffs de guitares électriques d’assez mauvais goût. C’est dommage car si le découpage avait été plus élaboré, le film aurait pu nous faire oublier ses défauts.

On sent un petit gâchis face au potentiel de Tokarev. Paco Cabezas n’a pas su profiter de la présence de ces acteurs de marque, qui font le job. Peut-être saura-t-il le faire avec Men with no fear ?

Les Bonus DVD : 

Néant

Ballet de l’Opéra : Nicolas Paul / Pierre Rigal / Edouard Lock / Benjamin Millepied, à Paris

 Repliques002

Opéra National de Paris – Palais Garnier du 3 au 20 février 2015

Avec deux créations et deux reprises, élaborées pour le Ballet de l’Opéra, ce programme met en correspondance les univers de chorégraphes contemporains qui se confrontent, chacun à leur manière, à la virtuosité académique dont ils explorent et revisitent le geste.

La soirée débute avec « Répliques« , sur la musique spatiale de György LigetiNicolas Paul interroge la symbolique du reflet, du double et du miroir à travers une déconstruction du mouvement et sa complexité entre extrême rapidité et immobilité. Le regard scrute la part suspendue du mouvement qui apparait derrière la technique du geste, à l’instar du négatif d’une photo que le développement révèle, et que la scénographie changeante de l’architecte Paul Andreu en arrière-plan accompagne dans son dévoilement pour une traversée sensible et poétique.

Salut /  Pierre Rigal

On poursuit la programmation par l’arrivée de 16 danseurs en costumes noirs et blancs : tutus, vestes et collants pour ”Salut” de Pierre Rigal sur une bande-son d’applaudissements et qui donne à voir une déclinaison de ce fameux geste à l’abri d’une gestuelle géométrique et cadancée.

Accompagné du musicien Joan Cambon, qui a signé plusieurs de ses créations, le chorégraphe entraîne les danseurs dans une œuvre intrépide et audacieuse où se parcourent les sensations de félicité, de peur, de menace, de sursit ou de libération, liées au processus du rituel du salut. Le tout poursuivant une transformation du geste emblématique par une déstructuration progressive jusqu’à sa finitude puis sa renaissance pour un nouvel accomplissement.

B8-yBIGIMAATAXi

S’enchaine ”Together Alone”, de Benjamin Millepied, sur un piano de Philip Glass, qui réunit Aurélie Dupont et Marc Moreau – l’histoire d’un couple qui se rejoint, s’éloigne et se retrouve – pour un duo où se revisite un pas de deux aussi naturel que léger. Où l’écriture ample, sensuelle et fluide de Millepied est un petit miracle.

 Andreauria002

Enfin, « AndréAuria » d’Édouard Lock renouvelle le vocabulaire classique sur une musique cristalline de David Lang où les danseurs chaussés de pointes, support acéré à une polyphonie du corps, défient la vitesse et l’équilibre les poussant à dépasser leurs limites. Les lumières jouent comme des zooms qui focalisent les strates imprimées par la tension des corps. Et dans ce répertoire technique de haut vol, Alice Renavand et Stéphane Bullion irradient la scène d’une dextérité hypnotique.

Magic-Majid : La sardine du cannibale, une BD de Majid Bâ et Pierre Fouillet (Sarbacane)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Magic-Majid

Magic-Majid : La sardine du cannibale

Adapté de La sardine du cannibale, roman de Majid Bâ, Magic-Majid est un one shot réalisé par Pierre Fouillet (La bande des Super). L’occasion de découvrir en images l’histoire vraie de Majid, arrivé de Dakar en France en 2003 pour tenter sa chance. On le suit durant six longues années de galère, celle d’un sans-papiers qui se bat pour survivre.

Date de parution : le 4 février 2015
Auteurs : Pierre Fouillet (scénario et dessin), d’après le roman de Majid Bâ
Editions : Sarbacane
Prix : 22,00 € (128 pages)

Résumé de l’éditeur :

Le récit émouvant du combat d’un sans-papiers. En 2003, Majid quitte Dakar et s’envole pour Paris, un visa de deux mois en poche et des rêves plein la tête. Majid, c’est un battant, on le sent et tout comme lui, c’est sûr, on pense qu’il va réussir et trouver un emploi ! … Las, tout au long de son inéluctable descente aux enfers, on va suivre Majid entre exploitation, faim, travail au noir, coups de blues, chantage et épuisement. Il désespère, se reprend, replonge, et heureusement, de temps en temps, nous fait sourire… Un témoignage puissant, sensible et véridique, le parcours d’un de ces hommes dilués dans la masse, ces « immigrés invisibles » : six ans de l’histoire extraordinaire d’un homme ordinaire. Édifiant et salutaire !

Magic Majid

Le point sur l’album :

Témoignage bouleversant d’une réalité invisible à nos yeux, Magic-Majid est aussi le récit d’un homme qui s’accroche à ses rêves et ne lâche jamais ses objectifs de vue, malgré la descente aux enfers qu’il va vivre et à laquelle on assiste. Au départ, Magic-Majid est quelqu’un d’optimiste, presque débordant d’enthousiasme lorsqu’il va découvrir « son Paris XVIème« . Puis, au fur et à mesure, les besoins vont se faire plus pressants : trouver un travail au noir, un logement, quelqu’un pour encaisser les chèques… Exploité par des patrons peu scrupuleux, qui ne payent qu’un mois sur deux, puis par des marchands de sommeil, Magic-Majid va vite perdre pied. Les problèmes de santé vont s’accumuler : malnutrition, phobies sociales, claustrophobie etc… Autant dire que le récit a de quoi glacer le sang. A chaque instant, Magic-Majid est coincé. Il vit l’enfer d’un sans-papiers.

Des propos bien sombres, mais Magic-Majid ne fera heureusement pas que des mauvaises rencontres. C’est ce qui le sauvera. Le scénario de Pierre Fouillet alterne ainsi espoir et déceptions dans une mise en scène remarquablement efficace, notamment grâce à son découpage. La narration est fleuve et pleine de sincérité. On entendrait presque la voix de Magic-Majid surgir des bulles. L’auteur n’oublie d’ailleurs jamais de nous faire sourire avec un Magic-Majid attachant et profond.

A cela s’ajoute le trait original de l’artiste, qui apporte beaucoup de chaleur par son style graphique. Une approche comparable à un dessin d’animation, simple et efficace.

En conclusion, Magic-Majid : La sardine du cannibale est une histoire aussi belle qu’extraordinaire.

Hope, un film de Boris Lojkine

192032

Hope, un film de Boris Lojkine

Boris Lojkine en réalisant Hope, fait à la fois un documentaire et une fiction. Il s’est énormément documenté sur les migrants, a recueilli de nombreux témoignages, a reconstitué au plus près de la réalité, mais en ajoutant de la fiction pour davantage se rapprocher des personnages, dit-il.

Sortie le : 28 janvier 2015
Durée : 1h31
Avec : Justin Wang, Endurance Newton, Dieudonné Bertrand Balo’o…


Synopsis :

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs. En route vers l’Europe, Hope rencontre Léonard. Elle a besoin d’un protecteur, il n’a pas le coeur de l’abandonner. Dans un monde hostile où chacun doit rester avec les siens, ils vont tenter d’avancer ensemble, et de s’aimer.

Hope

 Hope

Hope est une jeune femme du Niger, merveilleusement interprétée par Endurance Newton et Léonard est un jeune homme du Congo, Justin Wang. Leur seul point commun : fuir leur pays d’origine et aller vers la Terre Promise, c’est à dire, l’Europe.

Tous les acteurs de Hope sont d’anciens migrants, même les deux acteurs principaux qui sont troublants de sincérité et de profonde tristesse. Ils jouent ce qu’ils ont eux-mêmes vécu. Aucun n’a été acteur avant la réalisation de ce film. Impossible de s’en rendre compte en voyant ce film. Au contraire, on est frappé par les expressions du visage, si dures, si fermées, si douloureuses.

On a tous entendu parler de ces migrations qui se font, souvent, au péril de leur vie. Mais on ne connaît pas tous les pays, toutes les étapes qu’ils doivent traverser, leurs étapes dans les ghettos. Partout, ils se font maltraités, volés, violés…Et même tués, parfois. Et tout ça parce qu’ils pensent que l’Europe va les sauver de cette infâme violence, de cette misère extrême. Leur seul but, avancer vers l’Europe.

On découvre la misère la plus crue, la plus terrible, la plus violente, la misère humaine et morale. Beaucoup de passages du film sont à la limite du supportable. De la violence, mais jamais gratuite. Et certainement réelle pour tous les migrants.

Hope

 Hope

Et cela se passe à notre porte. L’Afrique est à 3h d’avion de Paris. Ils traversent le Maroc et combien arrivent jusqu’en Espagne ? Combien meurent en route ? Et une fois en Europe, leur vie ressemble-t-elle un tant soit peu au paradis qu’ils espéraient ?

Si Hope n’apporte aucune réponse, il nous montre qu’être migrant demande un courage immense et ressemble à une véritable croisade. Un migrant n’est pas un homme comme tout le monde mais un homme qui combat chaque jour pour sa survie.

Avec ce film Hope, notre regard envers les migrants sera obligatoirement différent. Un film traumatisant, bouleversant et en même temps très beau. Hope a été sélectionné à la Semaine Internationale de la critique au Festival de Cannes 2014 et a eu le Prix SACD.

A voir absolument.

Vincent Niclo : clip Divino, extrait de l’album Ce Que Je Suis

Vincent Niclo - Divino (Cover Single)

Vincent Niclo

En quelques chiffres, Vincent Niclo c’est plus de 800 000 albums vendus, 70 dates de tournée dont 3 Olympia et 2 Théâtre du Châtelet complets, une présence de guest dans la comédie musicale «La belle et la bête»,…

Sortie de l’album « Ce que je suis » : 8 décembre 2014

 

Vincent Niclo : nouveau clip Divino, extrait de l’album Ce Que Je Suis :

L’album « Ce Que Je Suis » de Vincent Niclo est déjà disque de platine avec plus de 150 000 ventes !

« Cet album est celui de toutes mes envies, mes joies, mes rêves, mes peines, mes douleurs, mes couleurs, mes failles, mes peurs, mes passions, mes choix, mes espoirs, mes doutes, mes secrets. Il est le gardien de tous les chemins qui m’ont menés jusqu’à vous. Cet album est le parcours sans filtre de ma vie. Il est tout simplement… ce que je suis. » Vincent Niclo.

Très personnel, l’album constitue aussi un moyen de rendre hommage aux grandes figures qui ont bercé Vincent. Des pointures comme Serge Lama, Lionel Florence, Pascal Obispo, Romano Musumarra ou Davide Esposito figurent ainsi au générique de Ce que je suis. Vincent Niclo n’en revient pas. « Ils ont accepté de travailler avec moi et je n’en reviens toujours pas. De mon côté, je suis fier de défendre ces titres que j’aime. »

Jeu de Dames, tome 1 : une BD de Toldac et Philan (Grand Angle)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Jeu de Dames

Jeu de Dames, Partie 1

Avant d’être un récit d’espionnage à l’époque de la conquête spatiale, Jeu de Dames entame une première partie tournée vers une histoire d’amour perdue… Un diptyque dont le scénario est écrit par Toldac, auteur de longue date pour le magazine Spirou (également scénariste des Châtiments de l’an mil ou encore d’A.D.N.) et le dessin réalisé par Philan (Tupac).

Date de parution : le 28 janvier 2015
Auteurs : Toldac (scénario) et Philan (dessin)
Editions : Grand Angle
Prix : 13,90 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

Un récit d’espionnage aux origines de l’aventure spatiale. Jeu de dames, c’est une des plus incroyables machinations de l’histoire de la conquête spatiale : juin 1943, l’ingénieur Hugo Ebeling quitte le centre d’essai des fusées allemandes V1 et V2 dirigé par Von Braun. Il rejoint la résistance allemande où il rencontre Eva. Avril 1945, tous deux se jurent fidélité jusqu’à la mort. Mais un obus russe atteint les deux amants. Anéanti par l’annonce de la mort d’Eva, Hugo est récupéré par l’armée américaine. Aux États-Unis, il retrouve Von Braun, affecté à la conquête spatiale. Hugo rencontre alors Lola, le sosie d’Eva en plus jeune, il est bouleversé. Octobre 1957, Spoutnik est lancé, les Russes mènent dans la conquête spatiale. L’équipe de Von Braun revient sur le devant de la scène et le cauchemar commence pour Hugo…

Jeu de Dames

Le point sur l’album :

Notre héros Hugo Ebeling a perdu sa femme Eva en Allemagne, pendant un assaut russe lors de la seconde guerre mondiale. Résistant et ingénieur spécialisé dans l’aérospatiale, Hugo va être récupéré par l’armée américaine et être envoyé aux Etats-Unis poursuivre ses travaux. Là-bas, il va faire la rencontre de Lola, qui ressemble étrangement à Eva.. Un détail qui va vraiment perturber Hugo. Et le scénario va d’ailleurs se focaliser sur la relation étrange qui va s’installer entre eux. Un récit que l’on apprécie surtout pour son intrigue amoureuse plutôt que pour sa capacité à entretenir le suspense autour du thème de l’espionnage et de la conquête spatiale (bien que cela va prendre une ampleur bien différente en fin d’album). L’écriture de Toldac est quant à elle très fluide et bien canalisée. L’auteur ne se laisse pas déborder et montre une belle maîtrise du découpage.

Graphiquement élégant, Jeu de Dames bénéficie du dessin réaliste de Philan, dont le trait assuré fait preuve d’une belle finesse d’exécution. Il est enfin mis en valeur par des couleurs vives et contrastées plutôt appréciables.

En résumé, ce premier album de Jeu de Dames, qui se termine de manière explosive, fait un très bon démarrage. On a hâte de lire la suite.

Bird People, un film de Pascale Ferran (DVD)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Bird People

Bird People, un film de Pascale Ferran

Quand Pascale Ferran (Lady Chatterley) veut faire un film fantastique avec un oiseau, elle n’y va pas avec le dos de la cuillère. Dans Bird People, elle s’associe avec Guillaume Breaud pour l’écriture du scénario. Lui s’est intéressé au personnage de Gary Newman, client d’un hotel, alors qu’elle s’est focalisée sur l’une des femmes de chambres de ce même hotel : Audrey Camuzet. C’est donc un film un peu dichotomique auquel on assiste, avec pour colonne vertébrale cet hotel proche de l’aéroport de Roissy.

Date de sortie DVD  : le 13 octobre 2014
Avec : Josh Charles, Anaïs Demoustier, Roschdy Zem…
Durée : 2h07
Prix : 19,99 (DVD) / 24,99 (BRD)

Synopsis :

En transit dans un hôtel international près de Roissy, un ingénieur en informatique américain, soumis à de très lourdes pressions professionnelles et affectives, décide de changer radicalement le cours de sa vie. Quelques heures plus tard, une jeune femme de chambre de l’hôtel, qui vit dans un entre-deux provisoire, voit son existence basculer à la suite d’un événement surnaturel.

Bird People

Notre avis sur le film : 

Bird People est une originalité. Filmer la vie d’une jeune étudiante qui gagne sa croute en officiant en tant que femme de ménage dans un hotel n’est pas en soi une révolution. La suivre dans les chambres aller à la découverte des univers des clients de l’hotel non plus. C’est l’étape d’après qui trouble. Car bientôt, on va suivre petit oiseau (difficile d’en dire plus sans tout révéler du film)… L’idée de Pascale Ferran est non seulement étrange, mais elle ne bénéficie surtout d’aucune phase de préparation dans le scénario. Elle arrive si subitement que l’on a du mal à y croire.

D’autant plus qu’un autre personnage est mis en scène. Celui d’un client américain de l’hotel qui, arrivé sur Paris, décide de tout plaquer. Boulot, femme et enfants. Le seul lien entre les deux protagonistes est cet hotel, ce qui n’apporte pas grand chose.

Certes, le jeu des acteurs est plutôt bon. Et l’on a même plaisir à y trouver Roschdy Zem (ou encore Camelia Jordana, qui a un petit rôle). Mais le scénario laisse clairement à désirer, malgré une réalisation qui compte quelques aspects intéressants. On soulignera d’ailleurs la jolie façon de filmer cet oiseau. C’est assez inédit et réussi. On regrette néanmoins la voix off de la jeune fille…

Bird People ne laisse pas indifférent, loin de là. Un film totalement non identifié.

Les Bonus DVD : 

Interview de la réalisatrice

Van Helsing contre Jack l’éventreur, tome 2 : une BD de Jacques Lamontagne et Bill Reinhold (Soleil)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50VAN HELSING CONTRE JACK L'EVENTREUR

Van Helsing contre Jack l’éventreur, tome 2/2

Le diptyque du scénariste québécois Jacques Lamontagne (également dessinateur de la série Les Druides,  et scénariste de Yuna, Aspic, détectives de l’étrange et Haven), Van Helsing contre Jack l’éventreur s’achève avec La Belle de Crécy aux mains d’un nouveau dessinateur : Bill Reinhold, auteur américain de comics. Le premier tome, Tu as vu le diable, avait quant à lui été confié à Sinisa Radovic.

Date de parution : le 21 janvier 2015
Auteurs : Jacques Lamontagne (scénario), Bill Reinhold (dessin) et Nadine Thomas (couleurs)
Editions : Soleil (collection 1800)
Prix : 13,95 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

Jack l’Éventreur court toujours, aussi insaisissable que les brumes qui enveloppent les rues de Whitechapel. Tandis que l’inspecteur Abberline subit les foudres de ses supérieurs, Van Helsing est sur les talons du tueur. Mais est-il vraiment le chasseur ou ne serait-il pas plutôt le gibier ?Gibier bien fragile d’ailleurs, car son addiction à la morphine paralyse sa légendaire vivacité d’esprit.
Voyant un fait nouveau relancer l’enquête, Van Helsing redouble d’ardeur afin de démasquer l’assassin. Mais les chemins vers la vérité risquent d’être aussi tortueux que l’esprit malade du célèbre rabatteur de vampires.

VAN HELSING CONTRE JACK L'EVENTREUR

Le point sur l’album :

Quand le plus célèbre chasseur de vampires traque le non moins terrifiant et réputé Jack l’Eventreur, le lecteur est promis à un beau duel. Ces deux figures emblématiques de la littérature londonienne (et pas que) du XIXème siècle vont ainsi s’affronter dans une course-poursuite haletante qui réserve pour cet épilogue une surprise de taille. Jacques Lamontagne relance en effet ingénieusement son scénario dans ce second album très bien rythmé. L’auteur signe ainsi un scénario équilibré pour une enquête bien ficelée.

Le dessin charbonneux de Bill Reinhold vient contraster avec celui plus froid (et numérique) de Sinisa Radovic (tome 1). Un trait appuyé comme on le retrouve dans les vieux comics. Cela donne, certes, un dessin aux détails moins précis, mais tout de même plus chaleureux et naturel.

Van Helsing contre Jack l’éventreur est donc un bon diptyque de plus à ajouter à la collection 1800. A découvrir.

Terra Prime, tome 1 : un comics de Philippe Ogaki (Delcourt)


TERRA PRIME 01 C1 REPRE.indd

Terra Prime, tome 1 : La colonie

Philippe Ogaki est un auteur venu du monde de l’animation. Il fut notamment designer sur le film de Luc Besson Arthur et les Minimoys. Dans la BD depuis une petite dizaine d’années, il est l’auteur d’Azur, mais également dessinateur sur Meteors (scénario de Fred Duval). L’artiste revient en solo avec Terra Prime, une nouvelle série de science-fiction éditée sous format comics (à la française, donc).

Date de parution : le 28 janvier 2015
Auteur : Philippe Ogaki (scénario et dessin)
Editions : Delcourt (collection Néopolis)
Prix : 16,95 € (128 pages)

Résumé de l’éditeur :

Il y a 250 ans, un million d’hommes et de femmes quittaient la Terre pour partir à la recherche d’une nouvelle planète habitable. Trois générations de vie commune dans un vaisseaumonde, cocon inaltérable aux frontières bien dessinées, reconstitution parfaite d’un monde passé, à jamais révolu. Mais comment réagir quand on se retrouve brusquement confronté à l’altérité ?

[rev_slider terraprime1]

Le point sur l’album :

Série d’anticipation, Terra Prime met en scène une population en quête d’une nouvelle planète habitable. Ils sont un million, et cela fait plus de 250 ans qu’ils voyagent dans l’espace, parvenant tant bien que mal à se transmettre de génération en génération (nous en sommes à la troisième) le patrimoine culturel qui a fait ce que sont les Hommes, sur Terre. Puis, un beau jour, le graal va être atteint, même si ce ne sera pas dans les meilleures conditions. Puis, viendra les premiers contacts avec les autochtones….

Un scénario qui fait à bien des égards penser au film Avatar, de James Cameron. Même si cela donne l’impression de « déjà vu », Philippe Ogaki explore un univers futuriste assez riche. Si la mise en scène est fluide, elle est freinée par une narration parfois lourde qui s’embourbe dans des débats métaphysiques pas très bien gérés, en ce qu’ils rendent le récit quelque peu arythmique. C’est un peu dommage.

L’univers graphique de terra Prime est très moderne. Le trait de Philippe Ogaki est plutôt fin et régulier, ce qui lui permet de proposer des planches chargées de détails. Un vrai plus. On regrette néanmoins les effets de lumière qui, utilisés à l’excès, finissent presque par éblouir.

Bref, Terra Prime a encore un peu de  chemin à parcourir avant de finir de nous convaincre. A suivre dans un prochain tome.

Avant d’aller dormir, un film de Rowan Joffé (sortie en DVD)

!cid_3503575662_7067096Date de sortie DVD  : le 4 février 2015
Avec : Nicole Kidman, Colin Firth , Mark Strong
Durée : 1h32
Prix : 19,99 (DVD) / 19,99 (BLU-RAY)

Synopsis : 

Suite à un accident quatorze ans plus tôt, Christine est affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille sans se souvenir de rien, ni même de son identité. Son dernier espoir réside dans son médecin, Ed Nasch, qui lui conseille de tenir un journal vidéo. Elle pourra ainsi enregistrer les informations qu’elle traque et se souvenir peu à peu de son passé, reconstituant progressivement le fil de son existence. Mais très vite, ses rares certitudes vont voler en éclat.

031618.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Mon avis sur le film : 

Après une sortie en salle relativement discrète, Avant d’aller dormir (adaptation du Best-seller de S. J. Watson) arrive dans les bacs le 4 février en dvd et blu-ray. Le long métrage est signé du jeune réalisateur et scénariste Rowan Joffé (Brighton Rock) et est produit par Liza Marshall en collaboration avec Scott Free, la société de production que Ridley Scott a fondé avec son frère, le regretté Tony Scott. L’occasion de retrouver Nicole Kidman dans la peau de Christine, une femme prise dans les méandres d’un trouble d’amnésie psychogène (qui existe réellement) qui l’a voit se réveiller chaque matin avec l’esprit âgé de 27 ans alors qu’elle en a 40… Et prenant conscience devant son miroir du laps de temps perdu et effacé de sa vie.

183484.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Le spectateur est constamment avec Christine, perdue dans un monde et un entourage qu’elle doit apprendre chaque jour à connaître. Comme Ben, son mari incarné par le britannique Colin Firth qui avait déjà donné la réplique à Nicole Kidman dans Les voies du destin (2013). En face de cet époux qu’elle ne connaît pas et à qui elle doit faire confiance, Christine vivra un véritable enfer entre vérités, mensonges, révélations et manipulations de toutes sortes. Son esprit, vide comme une page blanche, tentera de rassembler chaque jour, à la manière d’un puzzle, les pièces manquantes d’une identité perdue. Elle enregistrera à l’aide d’une caméra vidéo toutes les découvertes sur un passé de plus en plus trouble au fur et à mesure que progresse l’intrigue. Le réalisateur adopte le point de vue de l’héroïne, qu’il suit caméra à l’épaule et par moment à hauteur d’enfant (symbole du regard de son fils supposé disparu), la mise en scène de ce thriller psychologique très « hitchcockien » est donc plutôt minimaliste. Pas ou très peu de séquences d’action, le film se concentre sur l’aspect purement mental du personnage de Christine face à un univers qui s’avère pour elle à la fois rassurant, mais surtout terriblement menaçant et où elle ne peut se raccrocher à rien. Le scénario, qui suit fidèlement le roman, est construit sur un jeu de fausses pistes et de révélations inattendues, jusqu’à l’identité même de l’homme qui partage sa vie. Il serait dommage de trop en dire au risque de faire perdre du mystère et du suspense…

265918.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Sans révolutionner le genre, Avant d’aller dormir est un solide thriller qui se suit avec plaisir. L’interprétation remarquable de Nicole Kidman est pour beaucoup dans la réussite du film, et l’intensité de son jeu renvoi à son personnage de Grace dans Les autres (2001), avec la même terreur dans le regard au sein d’un environnement qui lui apparaît hostile et inconnu. Colin Firth en mari à la fois protecteur et inquiétant, est à la hauteur du rôle et distille peu à peu des failles qui ouvrent des abîmes de noirceur et d’effroi dans l’esprit de Christine. Parmi les autres acteurs du film, Mark Strong (Syriana) est également parfait dans le rôle du Docteur Nasch, le psychiatre qui suit Christine et qui n’a pas l’air étranger au drame passé qui a touché sa patiente. Enfin Anne-Marie Duff (The Magdalene Sisters) est convaincante dans le rôle de Claire, la meilleure amie de Christine qui lui fera quelques révélations douloureuses sur son passé.

334183.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

 Avant d’aller dormir se déroule quasi intégralement en huis-clos dans le décor d’une maison ultra-moderne très aseptisée, et appuyé par la photographie de Ben Davis (Les gardiens de la galaxie) jouant sur des tons froid et des changements météorologiques brutaux en fonction du jour et de l’humeur du personnage de Christine, ajoutant de la confusion à la perception de la réalité de son personnage. Au final Avant d’aller dormir s’avère (et sans mauvais jeu de mot) un bon thriller pas soporifique du tout.

Les Bonus DVD : 

– Making of

 

Vidocq, tome 1 : une BD de Richard D. Nolane et Sinisa Banovic (Soleil)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50vidocq tome 1

Vidocq, tome 1 : Le suicidé de Notre-Dame

Ancien bagnard évadé devenu leader de la nouvelle Sûreté, Vidocq est ressuscité avec un premier album efficace écrit par Richard D. Nolane (Zeppelin’s War, 20000 siècles sous les mers, Alchimie, Millénaire, Wunderwaffen) et illustré par le serbe Sinisa Banovic.

Date de parution : le 28 janvier 2015
Auteurs : Richard D. Nolane (scénario), Sinisa Banovic (dessin) et Matteo Vattani (Couleurs)
Editions : Soleil
Prix : 14,50 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

En cet automne 1813, l’Empire de Napoléon vacille, ce qui favorise le crime. À la Préfecture de Police de Paris, au Quai des Orfèvres, une petite révolution a pourtant eu lieu deux ans plus tôt lorsque l’ex-bagnard évadé Vidocq a été nommé à la tête de la toute nouvelle Sûreté, une brigade efficace exclusivement composée de criminels repentis. La Sûreté, et surtout son chef, sont aussi devenus les bêtes noires de certains policiers de la Préfecture, qui, comme l’inspecteur Javert, ne supportent pas les méthodes « borderline » et surtout les résultats de Vidocq, célèbre pour sa mémoire photographique des visages et son spectaculaire talent pour les déguisements. Mais Vidocq, sa notoriété aidant, est vite appelé à démêler des mystères sanglants au-delà des sphères de la pègre. Comme celui du suicide au pistolet en pleine messe à Notre-Dame de Paris d’un colonel baron d’Empire et qui dissimule bien autre chose que la douleur d’un père anéanti par la mort de son fils en Russie.

page5

Le point sur l’album :

La Sûreté est une brigade un peu à part puisqu’elle n’est composée que d’anciens malfrats repentis. Ils sont certes, très mal vus par leurs confrères mais ils ont l’avantage de connaître toutes les ficelles utilisées par ceux qu’ils combattent. Et le plus fort d’entre eux à ce jeu là est bien évidemment le célèbre Vidocq. Ce dernier mène l’enquête sur un colonel qui s’est malheureusement suicidé. Rien de suspect en apparence mais Vidocq sent que quelque chose ne tourne pas rond. Il usera alors de moyens d’investigation pas toujours légaux pour trouver la faille… Le scénariste Richard D. Nolane nous livre un récit original et bien ficelé, mettant en scène un Vidocq que l’on n’a pas l’habitude de voir. Ici, c’est un peu comme l’ancêtre du flic charismatique de série noire, qui joue avec la ligne jaune pour aller au bout de son enquête. On aime cet univers.

D’autant que la ville de Paris de 1813 est superbement illustrée par le dessin généreux de Sinisa Banovic. L’illustrateur nous propose une véritable visite guidée dans les rues de l’époque. Des décors soignés, l’artiste n’étant vraiment pas avare de détails ! Son trait fin et fouillé à la fois, met en scène des personnages aux visages marqués et expressifs et un Vidocq à l’allure imposante et robuste.

En conclusion, Vidocq fait une entrée en matière réussie et convainc par son univers graphique élaboré. A découvrir.

Ivanov d’Anton Tchekhov, mise en scène de Luc Bondy, à Paris

 

1088988_ivanov-le-tchekhov-denfer-de-luc-bondy-a-lodeon-web-tete-0204122026448
 © Thierry Depagne

Odéon – Théâtre de l’Europe du 29 janvier au 1er mars 2015
puis du 8 au 29 avril – 3 h 40 avec entracte

Ivanov, l’un des plus grands succès d’Anton Tchekhov, est une pièce de jeunesse dans laquelle l’architecture et les thèmes tchekhoviens sont présents. On y côtoie déjà la vacuité de l’existence et l’empêchement à se réaliser où Ivanov est la figure centrale, radicale et noire. Où tout l’enjeu dramaturgique se concentre sur cette question : Vivre, comment est-ce possible ? dans une fuite en avant aussi absolue qu’illusoire.

[pull_quote_center]Une mise en scène captivante et éclairante, si naturellement inscrite dans la puissance du texte et de son organique incarnation[/pull_quote_center]

Il a essayé d’agir, il a essayé d’aimer, de recommencer avec une autre femme mais rattrapé par la condition humaine, Ivanov a échoué. Là ou même sa première épouse, une jeune juive, qui a renoncé à ses origines pour le suivre, n’est plus pour lui qu’une ombre appartenant au passé et dont le désamour, l’indifférence face à sa maladie, la consument chaque jour un peu plus.

A trente-cinq ans, c’est donc un homme fini, épuisé par toutes ses tentatives avortées, déçu par sa vie amoureuse et familiale, sans énergie et sans volonté. On pourrait rapprocher Ivanov d’un héros romantique par son indécision, sa difficulté à agir, son aspiration à vivre autre chose, son ennui, et la souffrance que tous ces sentiments font naître. Cependant, pour Tchékhov, il n’est pas un héros romantique, il est simplement un homme ordinaire enfermé dans sa lassitude et son indécision. Il n’y a pas chez Ivanov de complaisance dans la souffrance mais une lucidité extrême qui le paralyse et l’épuise. ivanov_depagne-8

Les ragots, l’inquiétude liée à son état, le fardeau d’une forme d’impuissance le détruisent peu à peu où un fort sentiment de culpabilité l’assaille et qui n’est pas seulement lié au décès d’Anna Pétrovna. Il évoque, en effet, constamment une faute qu’il aurait commise mais dont il ignore tout. Il ne comprend pas ce qui lui arrive, il ne se comprend plus, il est comme étranger à lui-même. Aujourd’hui, nous dirions qu’il souffre de dépression ou de burn-out, ce mal contemporain dont l’emprise face à trop d’urgences contradictoires et d’obstacles insurmontables, anéantit le corps et l’esprit.

[pull_quote_left]Micha Lescot (Ivanov) est vertigineux dans un jeu à la présence insondable où ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, il incarne cet homme complexe, ambigu et accablé, porté par une désespérance abyssale[/pull_quote_left]

ivanov_depagne-11

Et si ce héros négatif, cet anti-héros en proie au doute et au nihilisme, est foncièrement inadapté, déconcertant – traînant sa lassitude au milieu de l’agitation vaine et sans appel des autres personnages livrés à leur vide existentiel – prisonnier de sa lâcheté et de son impuissance face à l’existence, il n’en demeure pas moins foncièrement honnête et impartial dans le dégoût qu’il a de lui-même nous renvoyant à ce qu’il a été et ce qu’il aurait voulu être.

Mais la pièce est aussi l’évocation féroce d’un ordre sociétal en perdition, porteur d’immobilisme, d’enlisement, et animé de sentiments vils où la cohésion du groupe nourrit le drame individuel car si Ivanov porte en lui l’impossibilité d’être seul, il fustige également et sans ménagement l’horreur d’être ensemble.

A travers des personnages secondaires, nous est dépeint une société de petits bourgeois provinciaux décadente et aveuglée par sa bêtise, sa méchanceté, son hypocrisie, sa roublardise, et son antisémitisme que le mise en scène pertinente de Luc Bondy fait cruellement entendre.

Avide d’argent, de plaisirs et de ragots, ils sont tous dépendants les uns des autres, se montrant incapables d’exister par eux-mêmes et de se réaliser individuellement.

Entre comédie et tragédie, l’écriture du dramaturge se révèle fiévreuse, puissante, consumée dans un étirement où se mêle l’amertume, la lâcheté, la lucidité, la mélancolie, la noirceur et la perte.

Le décor saisissant de Richard Peduzzi offre un espace tourné à la fois sur l’extérieur et l’intérieur dont sait jouer Luc Bondy avec des plans serrés et des plans larges très visuels. Le tout mêlant habilement la perdition individuelle – avec notamment cette scène mémorable qui voit Ivanov s’avancer vers le public, toute lumière de la salle rallumée, et le prendre à partie – à celle du groupe et son dépérissement à l’abri de scènes d’anniversaire et de mariage ratées, implacablement vouées à l’échec.

Ivanov-590-photo-Thierry-Depagne

Les 14 comédiens mériteraient tous d’être cités. Micha Lescot (Ivanov) dont on se souvient de son Tartuffe déjà dirigé par Luc Bondy, est vertigineux dans un jeu à la présence insondable où ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, il incarne cet homme complexe, ambigu et accablé, porté par une désespérance abyssale. Sa femme (Marina Hands) a la grâce vibrante de celle qui veut encore y croire. Christiane Cohendy est irrésistible en baronne pingre tandis que Marcel Bozonnet, son mari, excelle dans le rôle de Lebedev à l’ivrognerie amicale et chaleureuse, père de Sacha (Victoire Du Bois) qui donne à son personnage une impulsivité fragile et aux abois. Quant à Yannik Landrein, il compose intensément le docteur Lvov, sûr de ses vérités moralisatrices, en un fanatique prédicateur et Ariel Garcia Valdès se révèle formidable dans l’incarnation du comte Chabelski, vieil aristocrate décadent, cynique et odieux.

Une mise en scène captivante et éclairante, si naturellement inscrite dans la puissance du texte et de son organique incarnation…

La Banque, tome 3 : une BD de Pierre Boisserie, Philippe Guillaume et Malo Kerfriden (Dargaud)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50La Banque tome 3

La Banque, tome 3 : 1857 – 1871 Deuxième Génération

Après un premier cycle des plus réussi, La Banque entame un nouveau diptyque, passant le flambeau à la deuxième génération. Nous sommes entre 1857 et 1871 et Paris est en train d’être entièrement rebâtie par le célèbre baron Haussmann, préfet de la ville. La grande saga financière et familiale a encore de beaux jours devant elle. Les scénaristes Pierre Boisserie (Dantès, Robin des BoisRoma…) et Philippe Guillaume (Dantès) s’associent cette fois au dessinateur Malo Kerfriden (Quaterback, KGB, Trafic, La rage, Otaku Blue), qui relève un challenge de taille en passant après Julien Maffre.

Date de parution : le 30 janvier 2015
Auteurs : Pierre Boisserie, Philippe Guillaume (scénario) et Malo Kerfriden (dessin)
Editions : Dargaud
Prix : 13,99 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

La guerre familiale entre les Saint-Hubert se poursuit, mettant en scène les descendants de ceux qui ont animé les deux premiers épisodes de la série. Le contexte historique est toujours aussi passionnant puisque nous sommes maintenant au Second Empire, avec la reconstruction de Paris par le préfet Hausmann et, bien sûr, les énormes enjeux financiers liés à cette immense opération immobilière… Mêlant fiction et réalité, cette série est passionnante de bout en bout ! Premier volet du dyptique dessiné par Malo Kerfriden de cette chronique d’une saga familiale où l’argent et la finance régissent le monde.

[rev_slider labanquet3]

Le point sur l’album :

Après l’immense coup de coeur suscité par le premier cycle, la parution de ce nouvel album de La Banque est un bel évènement, en ce début d’année. Avec une petite surprise supplémentaire : la découverte du dessin de Malo Kerfriden dans cet univers.

Les scénaristes font une fois encore un excellent travail, donnant un nouveau souffle à leur saga. Le vieux couple fraternel, qui s’affronte désormais par l’intermédiaire des enfants, apprend à passer petit à petit le relais à ces derniers. Avec en toile de fond les enjeux financiers de la restauration de Paris par le Préfet Haussmann, la famille Saint-Hubert continue à se déchirer avec la même énergie destructrice. On assiste à la naissance d’une nouvelle intrigue, propre à cette deuxième génération qui semble prête à aller encore plus loin dans cette course folle. Une course après l’argent, certes, mais surtout celui qui se trouve dans le portefeuille de la famille rivale. Un scénario toujours aussi passionnant et haletant.

Avec une belle continuité, Malo Kerfriden a adopté l’univers de la série avec brio. On retrouve une belle finesse dans le trait, qui met en scène Paris en travaux sous des cadrages intéressants. Un dessin aux lignes claires et modernes, tout comme celui de son prédécesseur.

Au final, ce troisième tome de La Banque fait mouche. Le temps va être bien long en attendant son épilogue…

Un hiver long et rude, un livre de Mary Lawson

9782714456809_1_75
Un hiver long et rude, un livre de Mary Lawson

Mary Lawson est née en Ontario. Après des études en psychologie, à Montréal, elle est partie s’installer en Angleterre. Un hiver long et rude est son troisième roman. Un roman qui décrit aussi bien les paysages sublimes de l’Ontario que les quartiers de Londres. Et pour cause !

Publié aux Editions Belfond le 8 janvier 2015

Traduit de l’anglais par Michèle Valencia

418 p – 21€

 

4ème de couverture :

Canada, Ontario – Londres, 1966-1969.
Rien ne va plus dans la famille Cartwright. Alors qu’Emily s’apprête à donner naissance à son huitième enfant, que Tom, le fils aîné, s’enferme dans la dépression, qu’Edward, le père, cherche dans son bureau une échappatoire au chaos ambiant, Megan, fille unique de la fratrie et mère de substitution de chacun, décide de voler enfin de ses propres ailes. A 21 ans, l’heure est venue pour la jeune fille de tenter l’aventure et de se libérer des siens. Adieu le Grand Nord canadien, bonjour London !
Alors que Megan se cherche dans la Vieille Europe, les Cartwright, eux, tentent de survivre. Qui pour s’occuper des enfants, désormais ? Pour remplir le frigo ? Pour protéger le jeune Adam, 4 ans, et ses frères aînés de la folie douce d’Emily, uniquement tournée vers son nourrisson ? Qui pour sortir Edward de son isolement et l’obliger à prendre ses responsabilités ?
Et si l’heure était venue pour Tom de prendre son rôle de frère aîné en main ? Persuadé d’être responsable du suicide de son meilleur ami, le jeune homme a abandonné ses rêves de carrière en aéronautique pour s’enterrer dans le canapé du salon. Mais les oeillères, les silences et la dépression qui engloutissent un à un les Cartwright peuvent-ils être brisés ? Et si le plus difficile, parfois, était l’espoir ?

eb20030dc13134313736303038323331393730

 

 

Avec Un hiver long et rude, Mary Lawson nous propose un livre qui se lit avec plaisir. Un vrai livre de vacances !

On entre dans l’intimité d’une famille canadienne, une famille comme tout le monde. Une famille qui n’a que la particularité d’être nombreuse, voire très nombreuse. Emily, la mère, attend son 8ème enfant ! Tous des garçons excepté l’ainée : Megan.

On va beaucoup s’attacher à Megan et si bien comprendre sa situation. Etant l’ainée, elle supervise tout, devenant une seconde maman pour ses petits frères. Elle fait tourner la maison. Mais personne ne s’en rend vraiment compte.

Un jour, à 21 ans, elle décide de quitter la maison, poussé par son frère Tom qui a quitté le foyer parental avant elle pour ses études. Mais Megan va partir loin, très loin : Londres. Loin, pour ne pas être tentée de revenir.

Même si sa vie à Londres est bien différente de ce qu’elle s’imaginait, elle s’accroche et peu à peu trouve son équilibre. Et même un certain bonheur, même si…

Mais que deviennent les siens sans elle ? Le petit Adam ? Il n’a que 4 ans et était sans arrêt accrocher aux jupes de Megan.

Son père arrive-t-il à changer d’attitude ou continue-t-il à s’enfermer dans son bureau, pour avoir la paix ?

Et surtout sa mère, comment va-t-elle ? Cette grossesse ne l’a fatigue-t-elle pas trop ?

Et Tom ? Il vient de perdre son meilleur ami, d’une façon terrible, et semble ne pas se relever…

Chaque page du livre Un hiver long et rude révèle sa part de secret, d’une façon fort bien écrite. Avec finesse et psychologie.

On est comme happé par cette famille et cet hiver qui n’en finit pas, tous ensevelis par cette neige. De très belles descriptions des paysages de l’Ontario nous font rêver !

Une bonne dose d’amour, de suspens, de désespoir mais aussi d’espoir fait de ce livre un roman très détendant, tout en étant profond, et qui nous apporte un réel plaisir de lecture.

 

Le Grand Homme, un film de Sarah Leonor (DVD)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50573247

Le Grand homme, disponible en DVD

Réalisé par Sarah Leonor (réalisatrice des films Au voleur, Le Lac et la rivière, L’Arpenteur), Le Grand homme nous raconte l’histoire de deux légionnaires tombés dans une embuscade en Afghanistan alors qu’ils étaient partis en mission non-autorisée. Hamilton s’en sortira de justesse grâce à la bravoure de son co-équipier tchétchène… Au retour à la vie civile, le duo va devoir affronter un nouvel accident, et les rôles vont s’inverser.

Date de sortie DVD  : le 3 février 2015
Avec : Jérémie Renier, Surho Sugaipov, Ramzan Idiev…
Durée : 1h47
Prix : 19,99 (DVD)

Synopsis :

Détachés en Afghanistan pour 6 mois, les légionnaires Markov et Hamilton sont pris en embuscade lors d’une expédition non autorisée par leur hiérarchie. Markov sauve Hamilton, grièvement blessé par des tirs rebelles, mais quitte la Légion sans les honneurs.
De retour à Paris, Hamilton, convalescent, souhaite rester légionnaire, tandis que Markov, désormais civil et sans papiers, tente de s’en sortir avec son fils Khadji. Hamilton prête son identité civile à son ami tchétchène, pour qu’il puisse travailler légalement. Mais un jour, Markov disparaît, laissant Hamilton désorienté et Khadji seul au monde.

Le Grand homme

Notre avis sur le film : 

Avec une réalisation minimaliste, ce premier film en numérique pour Sarah Leonor sonne comme une valse avec la mort. Ces deux co-équipiers entretiennent une relation unique. Ils ne forment qu’un. Et même lorsqu’il s’agit de retourner à la vie civile, ils sont prêts à tous les sacrifices pour épauler l’autre. Seulement voilà, un accident va tout bouleverser. Sur un rythme plutôt lent, le scénario se développe tout doucement mais non sans une certaine efficacité. Les acteurs tchétchènes – non-professionnels – mettent du coeur à l’ouvrage et le travail de Jérémie Renier, que l’on apprécie, donne de la profondeur au personnage et à ses interlocuteurs. Le très jeune Ramzan Idiev livre d’ailleurs une belle performance.

On regrette néanmoins une fin quelque peu brutale, comme si l’on avait coupé au milieu d’une scène. Il en est de même pour le rythme, qui s’il avait été plus haletant aurait mis un peu de piment et de tension dans cette histoire à fort potentiel.

Une petite déception sans doute liée à l’attente suscitée par l’idée originale du pitch.

Les Bonus DVD : 

Néant.

 

Trahie, tome 1 : une BD de Sylvain Runberg et Joan Urgell (Dargaud)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Trahie tome 1

Trahie, tome 1/2 : d’après l’oeuvre de Karin Alvtegen

Adaptation du best-seller suédois de Karin Alvtegen, Trahie est un diptyque scénarisé par Sylvain Runberg (Cases blanches, Orbital, L’Ombre des Shinobis,Konungar) et illustré par Joan Urgell (La Xi Plaie, Dead Life). Un duo qui fonctionne bien, s’appropriant l’univers de ce thriller psychologique, notamment grâce à un découpage original et efficace.

Date de parution : le 30 janvier 2015
Auteurs : Sylvain Runberg (scénario) et Joan Urgell (dessin) adapté du roman de Karin Alvtegen
Editions : Dargaud
Prix : 14,99 € (64 pages)


Résumé de l’éditeur :

Sylvain Runberg et Joan Urgell adaptent avec brio le best-seller Trahie de Karin Alvtegen, la reine du polar suédois. Ce premier tome du diptyque distille les éléments d’un impitoyable thriller psychologique : femme trompée, Eva se sent capable de tout pour se venger de son mari. Mais elle croise sur son chemin Jonas, un psychotique à l’enfance traumatisante, un prédateur bien plus dangereux qu’elle… Impossible de lâcher cet album tant la tension monte au fil des pages !

[rev_slider trahiet1]

Le point sur l’album :

Croisant trois récits et deux époques qui se télescopent en fin d’album, Sylvain Runberg propose une narration au service du suspense. La tension monte doucement mais surement tout au long de ce premier tome joliment ficelé, offrant des perspectives redoutables en fin d’épisode. Un crescendo tout en rythme, qui rend la lecture haletante et interrogative quant à l’intrigue naissante. Un récit monté en épingle, qui devrait offrir un épilogue à glacer le sang dans le prochain album.

Si l’on a parfois du mal à différencier ses personnages, le dessin réaliste de Joan Urgell dégage une certaine froideur qui colle bien au récit. Les jeux de couleurs y jouent pour beaucoup. Le trait fin de l’artiste met en scène des personnages aux visages souvent excentriques, déformés par une expressivité exacerbée. Surtout lorsqu’il s’agit d’exprimer la haine presque viscérale de la déception amoureuse. C’est bien joué.

Trahie profite d’une belle amorce, laissant présager le pire pour nos protagonistes. Une tension à son comble, qui sera – on l’espère – vite soulagée par la parution du second tome.

Guardians, un film de Til Schweiger (sortie en DVD)

guardians

Guardians, un film de Til Schweiger (sortie en DVD)

C’est avec la double casquette de comédien et de réalisateur que Til Schweiger signe Guardians (en français Un témoin pour cible) un sympathique DTV produit dans son pays d’origine, mais pour la première fois distribué hors de l’Allemagne.

Date de sortie DVD  : le 3 février 2015
Avec : Til Schweiger, Luna Schweiger, Moritz Bleibtreu, Karoline Schuch
Durée : 2h12
Prix : 14,99 (DVD)

[vc_custom_heading text= »Synopsis :  » font_container= »tag:h5|text_align:left|color:%231e73be » google_fonts= »font_family:Lobster%3Aregular|font_style:400%20regular%3A400%3Anormal »]

Nina, jeune orpheline, est témoin d’une sanglante scène de crime. Le responsable, Backer, un puissant marchand d’armes, envoie ses hommes de main pour la faire taire. Traquée, l’adolescente est placée sous la protection de Max Fischer, un ancien soldat devenu garde du corps. Max est chargé de veiller à la sécurité de Nina jusqu’au procès, où la jeune fille doit livrer son témoignage. Duo atypique, l’ancien militaire et l’ado farouche sont contraints de faire équipe face à leur impitoyable adversaire…

photo-The-Guardians-Schutzengel-2012-5

[vc_custom_heading text= »Notre avis sur le film :  » font_container= »tag:h5|text_align:left|color:%231e73be » google_fonts= »font_family:Lobster%3Aregular|font_style:400%20regular%3A400%3Anormal »]

L’acteur allemand de 51 ans Til Schweiger a marqué de sa présence en tant que second couteau différents films américains comme Un tueur pour cible (1997), Judas Kiss (1998), Driven (2001), Target (2012), Charlie Countryman (2014) et surtout Inglourious Basterds (2009) de Quentin Tarantino, où il incarnait le sergent Hugo Stiglitz aux côtés de Brad Pitt.

Après déjà plusieurs réalisations à son actif (Keinohrhasen, Kokowääh, Barefoot), il propose avec sa nouvelle réalisation un agréable thriller sentimental qui lorgne vers les productions de Luc Besson comme Léon (1994) ou Le Transporteur (2002). Ici il est question de Max (Til Schweiger), un ancien soldat d’élite, et de Nina (Luna Schweiger), une adolescente orpheline que ce dernier va devoir protéger après que celle-ci a été le témoin involontaire d’un meurtre orchestré par un marchand d’armes mafieux. Le film se concentre donc essentiellement sur la relation qui va se nouer entre les deux personnages venu d’horizons différents, mais qui vont peu à peu apprendre à se connaître et découvrir qu’ils ne sont pas si éloignés l’un de l’autre. A travers leur fuite et leur traque, le spectateur fera la connaissance d’autres personnages qui gravitent autour de Max, comme Rudi, joué par le comédien Moritz Bleibtreu, remarqué en 1998 pour son rôle dans Cours, Lola, Cours, ou Sara, incarnée avec conviction et charme par la comédienne Karoline Schuch. Si l’aspect psychologique est relativement bien traitée, le film souffre de quelques longueurs et baisse de rythme qui nuisent à l’ensemble, la faute à une durée excessive (2h12) pour ce type de production au budget relativement modeste.

photo-The-Guardians-Schutzengel-2012-1

Les personnages sont bien construits et attachants, et ce malgré des dialogues et des scènes pas toujours très crédibles, comme après cette fusillade haletante dans un appartement qui fait office de planque, les deux rescapés traversent un couloir désert et sortent dans une ville nocturne totalement silencieuse, personne n’a donc rien entendu après tout ce boucan ?… Justement là où Guardians s’en sort particulièrement bien, c’est dans les séquences d’actions et particulièrement ses fusillades très nombreuses. Bien que ces passages ne font pas forcément dans l’originalité ou la finesse, leur mise en image est étonnement efficace, et tirent l’ensemble vers le haut dans un beau déchaînement d’action. Ce DTV s’appréciera donc essentiellement par son aspect d’actionner « bourrin » à la Rambo 2, le film y fait d’ailleurs référence en plaçant dans la bouche d’un personnage secondaire une des célèbres répliques de… Rocky.

photo-The-Guardians-Schutzengel-2012-6

Malgré quelques faiblesses scénaristiques, Guardians permet de passer un très bon moment et montre que l’Allemagne arrive à proposer des productions à la hauteur des séries b américaines actuelles, là où la France reste encore à la traîne dans ce domaine.

 Facebook , Twitter  – Pour acheter le DVD, cliquer sur Amazon 

[vc_custom_heading text= »La bande annonce :  » font_container= »tag:h5|text_align:left|color:%231e73be » google_fonts= »font_family:Lobster%3Aregular|font_style:400%20regular%3A400%3Anormal »]

Snow therapy, un film de Ruben Östlund

387631

Snow therapy, un film de Ruben Östlund

Pas besoin de se déplacer en montagne, par les temps qui courent, le cinéma est plus prudent !

Ruben Östlund, suédois, s’est inspiré d’une histoire réelle de deux de ses amis qui ont été menacés par des hommes armés. L’homme a fui laissant sa femme seule face au danger… Il a donc imaginé une situation équivalente, tout autant dramatique, mais dans un tout autre contexte.

Date de sortie : 28 janvier 2015
Durée : 1h58
Avec : Johannes Bah Kuhnke, Lisa Loven…

Synopsis :

Une famille suédoise passe ensemble quelques précieux jours de vacances dans une station de sports d’hiver des Alpes françaises. Le soleil brille et les pistes sont magnifiques mais lors d’un déjeuner dans un restaurant de montagne, une avalanche vient tout bouleverser. Les clients du restaurant sont pris de panique, Ebba, la mère, appelle son mari Tomas à l’aide tout en essayant de protéger leurs enfants, alors que Tomas, lui, a pris la fuite ne pensant qu’à sauver sa peau… Mais le désastre annoncé ne se produit pas, l’avalanche s’est arrêtée juste avant le restaurant, et la réalité reprend son cours au milieu des rires nerveux. Il n’y a aucun dommage visible, et pourtant, l’univers familial est ébranlé. La réaction inattendue de Tomas va les amener à réévaluer leurs rôles et leurs certitudes, un point d’interrogation planant au dessus du père en particulier. Alors que la fin des vacances approche, le mariage de Tomas et d’Ebba est pendu à un fil, et Tomas tente désespérément de reprendre sa place de patriarche de la famille. Snow Therapy est une comédie grinçante sur le rôle de l’homme au sein de la famille moderne.

582627

Snow therapy

L’histoire de Snow therapy commence très fort : Une famille arrive à la montagne, très belle station alpine, les Arcs, enneigée. Et le film se déroule sur cinq jours et chaque jour a son « reportage ».

On les voit vivre, tous les 4 ensemble. Belle famille unie, faisant la sieste tous les 4 sur le même lit. Et se lavant les dents avec énergie !

Le deuxième jour, on les voit attablés à la terrasse, pour déjeuner, en haut des pistes. Vue superbe sur la montagne. Puis, d’un seul coup, une avalanche se déclenche. Avalanche programmée, dit le père, sans risque. Avalanche contrôlée. Mais l’avalanche semble en décider tout autrement et avance furieusement en direction du restaurant. Panique générale, tout le monde hurle, fuit et abandonne tout pour fuir au plus vite et ne pas se retrouver enseveli sous la neige.

La jeune mère, prend vite ses enfants sous le bras, et appelle son mari pour qu’il l’aide. C’est à ce moment-là, qu’elle voit courir à toute vitesse, les abandonnant sur les lieux du drame.

Je ne vous dévoile rien en vous racontant le début du film car vous le verrez dans la bande annonce de Snow therapy.

349443

Par contre, ce qui suit cet « accident », relève d’une analyse très fine des rapports humains et des comportements humains qui ne sont pas toujours en adéquation avec notre conscience.

C’est vraiment très bien fait et chacun peut effectivement se demander quelle aurait été sa propre réaction. Quasi impossible de le savoir, tant que l’on n’a pas été confronté au danger extrême.

Snow therapy, un film qui ressemble à un véritable triller psychologique. D’une finesse et d’une sincérité étonnantes.

Il semblerait que le réalisateur se serait très largement documenté sur des recherches psychologiques et scientifiques portant sur les comportements de l’homme et de la femme face au danger.

Dommage que la fin soit un peu bâclée, à mon goût…

Mais un bon film quand même !

Ce film Snow therapy a reçu au Festival de Cannes 2014, dans la catégorie « un certain regard » le Prix du Jury et pour le moment 10 nominations !

 

Bande annonce de Snow therapy :

Résultats concours : Toute première fois, 10 places de ciné gagnées.

Sortie le 28 janvier 2015

A l’occasion de la sortie du film Toute première fois, Publik’Art, en collaboration avec Gaumont, vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film : Toute première fois

 

Vous avez été très nombreux à participer : 3 407 ! Bravo à tous et merci de cette excellente participation.

 

Les 5 gagnants sont :

Laurence Gallais, Florian faure, Bernard Renou, Jean-Louis Breton et Charlène Brault.

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

Undertaker, tome 1 : une BD de Xavier Dorison et Ralph Meyer (Dargaud)

Undertaker

Undertaker, tome 1 : Mangeur d’or

Western écrit par le célèbre Xavier Dorison et illustré par le très talentueux Ralph Meyer (Berceuses Assassines, Asgard, Ian), Undertaker est le nom d’un certain croque-mort, envoyé dans une ville minière voisine chercher un cadavre. C’est une fois arrivé sur place qu’il découvrira que son commanditaire n’est autre que le futur mort : un ancien mineur qui a fait fortune grâce à un beau filon d’or et qui souhaite en finir.

Date de parution : le 30 janvier 2015
Auteurs : Xavier Dorison (scénario), Ralph Meyer (dessin), Delabie (Couleurs)
Editions : Dargaud
Prix : 13,99 € (64 pages)

Résumé de l’éditeur :

Jonas Crow, croque-mort, doit convoyer le cercueil d’un ancien mineur devenu millionnaire vers le filon qui fit autrefois sa fortune.
Des funérailles qui devraient être tranquilles, à un détail près : avant de décéder, Joe Cusco a avalé son or pour l’emmener avec lui dans l’éternité. Pas de chance, le secret est éventé et provoque la fureur des mineurs d’Anoki City.
Comment laisser enterrer une telle fortune alors que pour survivre, eux suent sang et eau dans les filons ?
Comme le dit Jonas, « la mort ne vient jamais seule »…

[rev_slider undertakert1]

Le point sur l’album :

Avec un sens aigu de la mise en scène, Xavier Dorison nous gâte dans Undertaker, en se ménageant toujours une longueur d’avance sur le lecteur. Une belle façon de nous tenir en haleine dans ce western à l’introduction musclée, tout en tension et en explosivité. Le scénariste joue, plus encore qu’à son habitude, avec l’effet de surprise, qui surgit à chaque scène, toujours au rendez-vous. C’est au fur et à mesure de ce premier album que les informations nous parviennent, au compte-gouttes. Que ce soit sur le personnage principal, Undertaker ou même l’intrigue générale de ce Mangeur d’or. Tout est calibré, rythmé, pensé avec beaucoup d’efficacité. Un western percutant à l’écriture et à l’univers très raffinés.

On doit cela aussi au fabuleux dessin de Ralph Meyer, qui émerveille nos pupilles de son trait fin et délicat, à la redoutable précision. Une maîtrise d’exécution impressionnante. Undertaker est graphiquement proche de la perfection.

Une pointe d’originalité, beaucoup de savoir-faire et ce qu’il faut de panache : Undertaker est bien parti pour s’imposer comme le western de référence.

A LIRE