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Les Indésirables, très beaux portraits de femmes emprisonnées (Flammarion)

Diane Ducret
Diane Ducret

Les Indésirables, très beaux portraits de femmes emprisonnées (Flammarion)

Diane Ducret, comme toujours, s’intéresse aux femmes dans son dernier livre : Les Indésirables ! Des femmes hors-normes. Publik’Art avait déjà été passionné par son livre Femmes de dictateurs (Editeur Perrin). Cette fois-ci, Diane Ducret nous dresse des portraits de femmes emprisonnées, en mai 1940, dans des camps français.

L’histoire méconnue de ces femmes

Si Diane Ducret dit bien que ce n’est pas une histoire vraie, elle écrit que son livre est inspiré de plusieurs histoires qui ont eu vraiment lieu. Il est tout à fait vrai qu’en mai 40, l’Etat français a fait interner toutes les femmes étrangères qui s’étaient exilées en France, de peur du danger éventuel qu’elles représentaient. Des juives, des allemandes, des polonaises… Toutes les femmes qui avaient fui le nazisme, qui étaient célibataires, sans enfants, ont été regroupées, par la police française, au Vélodrome d’hiver avant d’être emprisonnées au camp de Gurs, dans les Pyrénées. Environ cinq mille femmes internées. Ce sont elles les Indésirables, celles qui ont eu le courage de fuir Hitler et de venir se réfugier en France.

Au milieu de l’horreur, une amitié extraordinaire

Lise a trente ans, juive, sans enfant, fiancée à Louis. Et Eva, proche de la quarantaine, est allemande. Mais elle a fui l’Allemagne, sa famille et Hitler. Lise et Eva vont s’aider, dès les premières minutes au Veld’Hiv. Et depuis, leur amitié ne fera que croître malgré les conditions horribles de leur détention. Vivre, survivre et continuer à aimer malgré tout.

La lutte des femmes

Lise et Eva, et toutes les femmes du baraquement 25, vont lutter pour sauvegarder leur féminité. Elles sont nombreuses à ne pas vouloir se laisser-aller, à coûte que coûte rester vivante et rester « femme ». Que ce soit des intellectuelles, des bourgeoises, ou de simples femmes, la solidarité bat son plein ! Ensemble, elles combattent contre le froid, la peur, les bêtes, la saleté, la faim, la maladie, la mort. Dans le même camp, se trouvent des espagnols emprisonnés pour avoir osé combattre Franco. Ces hommes vont d’une certaine façon leur sauver la vie, ne serait-ce qu’en les admirant, qu’en les regardant, à travers les barbelés. Au milieu de nulle part, elles vont faire vivre leur Cabaret bleu !

Une page d’Histoire dévoilée

Diacre Ducret a toujours le don de nous faire partager ce qu’elle sait de notre Histoire. Elle écrit tellement bien que l’on pourrait penser qu’elle a elle-même vécu ces situations dans les moindres détails. On imagine l’immense travail de recherche qu’elle a dû accomplir. Qu’elle soit belle ou atroce, Diacre Ducret nous renvoie à la figure notre Histoire. Dans Les Indésirables, l’Histoire est laide, très laide. Et c’est l’Etat français qui est en cause. Pas uniquement Hitler. Et ce que l’auteur décrit fait froid dans le dos. Une page de l’Histoire que l’on ne connaissait pas…

« Le froid a pris tôt cette année, et même à l’intérieur de la baraque, les lèvres deviennent bleues. On compte cet hiver-là plus de morts à Gurs qu’à Buchenwald. » p.269

Ne pas oublier le passé, jamais. Et en connaître toujours davantage pour mieux appréhender le présent.  Ne pas oublier ces femmes qui ont lutté pour vivre, pour survivre, dans notre pays.

Les Indésirables est un livre à lire absolument. Merci à Diane Ducret de nous faire partager toutes ses connaissances et de nous les transmettre sous forme de roman qui se lit avec passion et qui nous marque à jamais.

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Au début de la Seconde Guerre mondiale, Eva et Lisa, deux amies jugées indésirables, sont internées par l’Etat français dans un camp au beau milieu des Pyrénées. Recréant un cabaret, elles chantent et dansent l’amour et la liberté en allemand, en yiddish et en français. ©Electre 2016

Date de parution : le 1er mars 2017
Auteur : Diane Ducret
Editeur : Flammarion
Prix : 19,90 € (320 pages)
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Les figures de l’ombre au prisme de l’histoire

Les figures de l'ombre
Les figures de l’ombre, film de Theodore Melfi, Copyright 2016 Twentieth Century Fox

Les figures de l’ombre au prisme de l’histoire

Mieux valait tard que jamais! Toujours à l’affiche dans de nombreux cinémas hexagonaux depuis sa sortie sur les écrans le 8 mars dernier, Les figures de l’ombre a connu un beau succès en salle avec plus de 500 000 entrées. Les retardataires ont toujours l’occasion de se rattraper pour découvrir l’histoire vraie de 3 scientifiques afro-américaines au rôle prépondérant dans l’envoi du premier américain dans l’espace. A une époque où la ségrégation traçait une ligne de démarcation indélébile entre noirs et blancs, les 3 génies des sciences ont vaincu les préjugés par la force de leurs caractères et de leurs neurones.

Une histoire vraie

Si Hollywood aime à adapter des histoires vraies pour mettre en lumière des destins exceptionnels, les sciences ne sont pas forcément un domaine souvent mis en valeur. A tort semble-t-il à en juger par l’émotion qui se dégage des Figures de l’ombre. L’étoffe des héros révèle les arcanes de la conquête spatiale du point de vue américain et Un homme d’exception se concentre sur le destin tortueux du mathématicien John Nash atteint de schizophrénie, mais peu de films se focalisent généralement sur les sciences. Les figures de l’ombre tente le pari en y adjoignant une dimension sociale. En présentant le destin de 3 femmes noires scientifiques confrontées aux multiples barrières d’une Amérique ségrégationniste et rétrograde dans les années 60, le film montre leurs forces de caractère pour s’imposer au milieu de scientifiques très majoritairement hommes et blancs. Au sein d’un projet collectif visant à réaliser l’impossible, à savoir mettre un homme sur orbite et le faire revenir sans encombres, elles y trouvent une place que la société leur refuse. Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monae interprètent ces 3 têtes brulées décidées à s’imposer par l’exemple. Parce qu’elles sont aussi douées (voire plus) que beaucoup de leur homologues, elles parviennent à gagner leur place à la NASA.

Du cinéma classique et attachant

Chacune d’elles a ses traits de caractère bien particuliers et parvient à briser les préjugés. Avec la même ressemblance dans cette manière de clouer le bec de leurs interlocuteurs grâce à leurs capacités intellectuelles et le recours à la logique la plus simple. Le réalisateur Théodore Melfi met en exergue avec un didactisme éloquent l’évolution des regards sur celles qui vont contribuer à l’envoi de John Glenn autour de la terre. Bien que formellement assez classique et linéaire, le film monte crescendo tant dans l’intensité que dans l’émotion. Les actrices n’y sont pas pour rien, avec en primes des rôles secondaires tenus par des Kevin Costner, Kirsten Dunst et Mahershala Ali qui ne dépareillent pas. Bien que d’une durée légèrement trop longue (plus de 2 heures!), Les figures de l’ombre entraine l’adhésion d’une salle qui a applaudi le film avec un bel enthousiasme. Surtout que les photos des 3 personnages réels apparaissent à la fin du film pour bien insister sur l’authenticité d’une histoire qui valait bien une adaptation cinématographique! Surtout que les péripéties de l’astronaute sont suivies par une population américaine toute entière vissée devant la télévision, pour un projet collectif qui se révèle par delà les distinctions de genres ou de couleurs.

Les figures de l’ombre révèle des destins hors du commun dans un traitement sobre et truculent à la fois. Difficile de rester de marbre sur des parcours qui ont contribué à faire évoluer la place tant des femmes que des noirs dans les sociétés occidentales!

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Les figures de l'ombre
Les figures de l’ombre

Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn.
Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.

Sortie : le 8 mars 2017
Durée : 2h06
Réalisateur : Theodore Melfi
Avec : Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe
Genre : Drame, Biopic

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De plus belle, une Foresti grave à l’écran

De plus belle F.Foresti
De plus belle F.Foresti © StudioCanal

De plus belle, une Foresti grave à l’écran

Anne-Gaëlle Daval réalise un film sur la femme avec De plus belle. Florence Foresti porte le film sur ses épaules, un film de femme écrit pour les femmes.

Aucune originalité du scénario

Si le scénario ne révèle aucune surprise, il est tout à fait probable. L’histoire est simple. Lucie se pensait guérie d’un cancer du sein. Quoiqu’elle n’ait toujours pas de cheveux, Lucie se sent en forme. Il lui manque juste un mec. Et voilà, que comme par magie, le beau Clovis (Mathieu Kassovitz) s’intéresse à elle. Sans trop savoir pourquoi, il persiste alors que Lucie ne lui laisse aucune chance. Bref, on n’y croit pas du tout à leur histoire…

Un espoir de bien-être pour toutes

L’intérêt du film réside, sans aucun doute, aux leçons de danse de Dalila, interprétée magistralement par Nicole Garcia. Elle redonne l’estime de soi, la confiance en soi aux femmes abîmées par la maladie. De très beaux moments de femmes !

Anne-Gaëlle Daval n’a pas choisi la facilité avec ce thème de cancer du sein. Si Florence Foresti joue merveilleusement bien, on la préfère quand même comme humoriste. La voir triste et malade ne nous plait pas vraiment…
De plus belle, un film émouvant, certes, mais que ne nous marquera pas vraiment. Dommage !

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Lucie est guérie, sa maladie est presque un lointain souvenir. Sa famille la pousse à aller de l’avant, vivre, voir du monde…
C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Clovis, charmant… charmeur… et terriblement arrogant. Intrigué par sa franchise et sa répartie, Clovis va tout faire pour séduire Lucie, qui n’a pourtant aucune envie de se laisser faire.
Au contact de Dalila, prof de danse haute en couleur, Lucie va réapprendre à aimer, à s’aimer, pour devenir enfin la femme qu’elle n’a jamais su être. Pour sa mère, pour sa fille, pour Clovis…

Sortie : le 8 mars 2017
Durée : 1h38
Réalisateur : Anne-Gaëlle Daval
Avec : Florence Foresti, Mathieu Kassovitz, Nicole Garcia
Genre : Comédie Dramatique

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Moi, Daniel Blake de Ken Loach, Palme d’Or 2016, sort en DVD

©Le Pacte

Moi, Daniel Blake de Ken Loach, Palme d’Or 2016, sort en DVD

Le destin du dénommé Daniel Blake vaut bien plus que cette réputation de n’être qu’une Palme d’Or surprise. Il nous avait promis de tout arrêter après le très réussi Jimmy’s Hall, énième coup de caméra sur l’histoire récente de sa Grande-Bretagne à travers l’activisme irlandais, Ken Loach nous revient pourtant plus clairvoyant que jamais. Ce retour à la réalisation, il le doit au retour des Conservateurs à la tête de son pays. Pourfendeur des petites frappes et des « sans-dents » tout au long de sa filmographie, ce nouveau long métrage est un modèle de satyre sociale contemporaine. Loach n’aura pas volé sa deuxième Palme d’Or avec cette photographie sans concession de l’Angleterre d’aujourd’hui.

Comment ne pas être touché et remué au plus profond de soit face au destin de ce quasi-sexagénaire privé de tous ses doigts face à l’incompétence généralisée de l’administration. Comme souvent avec le duo Ken Loach – Paul Laverty, son scénariste attitré, tout se joue dans ces détails d’un quotidien apparemment banal avant que la spirale infernale de la précarité grignote le reste. Dès les premières minutes et ce coup de fil en voix off, tout est mis en place et le restera de manière implacable. Et ce malgré le côté complètement ubuesque de la situation. Daniel Blake fait face à un mur administratif sans nom précis, mais aux multiples visages prêtant le renoncement. Face à ce tourbillon implacable, Loach parsème son chemin d’espoir, de liberté et d’humour. Mais, aussi et surtout, de dignité comme souvent.

Nous sommes tous Daniel Blake

La dignité et l’entraide sont les deux leitmotiv principaux du cinéma de Loach, encore plus ici. On les retrouve dans la rencontre entre Daniel et Katie, jeune mère de famille à la situation encore plus précaire. Les ravages de la crise sont partout dans Moi, Daniel Blake, et Ken Loach pointe régulièrement du doigt avec subtilité le cannibalisme du capitalisme financier, faisant peser le poids de la dette sur les plus vulnérables. Pour l’illustrer, le cinéaste n’y va pas par quatre chemins en multipliant les scènes et répliques chocs, sans pour autant tomber dans la revendication politique ou autre.

Les acteurs quasi-inconnus, Dave Johns et Hayley Squires, livrent une partition très juste sans jouer la carte lacrymale qui serait presque trop évidente. L’incrédulité, la résilience et la bonne humeur qu’ils partagent tout du long est très communicative, vu

©Le Pacte

l’universalité des thèmes abordés. Loach fait de chacun d’entre nous un Daniel Blake en puissance. Et c’est  sans doute pour cela que George Miller et son jury lui a offert cette Palme d’Or.

En bonus : 

Deux bonus qui valent leur pesant de cacahuètes avec notamment deux scènes coupées assez caustiques dont on devine qu’elles ont dû être jugées trop légère pour le rythme du film. Le supplément le plus intéressant est évidemment la quasi-demi heure que nous accorde Ken Loach himself pour décrypter son film. Une interview précieuse du double Palmé cannois où il se permet même l’audace de poursuivre le message à charge de son film contre le système économique actuel.

Publik’Art avait déjà chroniqué ce film au moment de sa sortie sur nos écrans : cliquer ici.

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Daniel Blake vient de subir une attaque cardiaque assez sévère qui l’empêche de reprendre le travail. Catastrophe supplémentaire, sa pension d’invalidité lui est anormalement refusée. La vie de ce quinquagénaire bascule alors dans un non-sens coincé entre absurdité administrative, fossé économique et injustice sociale. Tant bien que mal, Daniel continue son petit bonhomme de chemin dans la dure vie londonienne. 

Sortie DVD : le 1er mars 2017
Durée : 01h41
Réalisateur : Ken Loach
Avec : Dave Johns, Hayley Squires, Brianna Shann, Dylan McKiernan
Genre : Comédie dramatique
Prix : 19,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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The Lost City of Z, un Indiana Jones sans tambour ni trompettes

The Lost City of Z
The Lost City of Z, film de James Gray, Copyright StudioCanal

The Lost City of Z, un Indiana Jones sans tambour ni trompettes

James Gray abandonne les contextes américains contemporains de ses 5 premiers films pour s’intéresser à la vie d’un explorateur anglais du début du XXe siècle. Percival Harrison Fawcett a longtemps sacrifié femme et enfants pour explorer l’Amazonie à la recherche d’une antique cité perdue dénommée Z. Si la reconstitution historique donne la prime à l’authenticité sans effets spéciaux ni scènes d’action épileptiques, le réalisateur s’intéresse à la vie d’un homme tourmenté par des chimères qui le consumeront tout entier. La jungle foisonnante tranche avec la langueur d’un destin par trop inaccompli et rempli de gouffres et de déceptions. James Gray se plonge dans un contexte exotique et aventurier avec un homme avide de reconnaissance. Trop?

La beauté des images 

The Lost City of Z est une métaphore du miroir aux alouettes. Quand le bonheur est à portée de main, l’homme préfère parfois porter son regard beaucoup plus loin pour tenter de trouver autre chose. Le personnage de Percival Fawcett (Charlie Hunnam) est ballotté entre une femme aimante et son désir d’inscrire son nom dans la postérité. L’homme enchaine les voyages jusqu’à l’Amazonie lointaine pour mettre la main sur l’inconnu le plus mystérieux. A une époque où le Machu Picchu est découvert et où les horizons se font de plus en plus proches, il est dévoré par la soif de découverte. James Gray balade sa caméra dans la jungle fourmillante de bêtes sauvages pour capter l’attraction exercée par la nature verte sauvage sur l’esprit des hommes. L’explorateur est accompagné d’un Henry Costin interprété par un Robert Pattinson étonnement sobre avec sa barbe hirsute et son économie de paroles. Les journées de pérégrinations alternent entre joies et déconvenues tandis que les rivalités s’exacerbent avec les autres explorateurs de la société géographique royale d’Angleterre.

Un destin tragique

L’histoire vraie de Fawcett donne la prime à l’homme tiraillé entre l’Angleterre familiale et les territoires lointains. Le personnage est d’une vitalité extraordinaire, passant entre les maladies et les dangers sans trop d’égratignures. La caméra ne le quitte que rarement, captant continuellement un regard habité et exalté qui tranche avec l’inconfort de son statut d’outsider. Mais suivre ses pérégrinations pendant 2h20 laissent penser qu’au moins une demi-heure de trop ont pu se glisser dans le long métrage. Car un récit d’aventures requiert une certaine dose d’exaltation que James Gray ne distille qu’à compte gouttes. Et si les images et la photo donnent une réelle impression d’exactitude et de beauté sauvage, le rythme langoureux voire (trop) lent assomme de temps en temps le spectateur. Difficile de se projeter dans cette aventure sans avoir le sentiment de… et après? 

Bien que revenu des affres créés par un The Immigrant par trop inconsistant, James Gray ne parvient pas encore tout à fait à convaincre. The Lost City of Z ressemble à un exercice de style séduisant mais qui ne marquera pas les esprits.

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The Lost City of Z
The Lost City of Z

L’histoire vraie de Percival Harrison Fawcett, un des plus grands explorateurs du XXe siècle.
Percy Fawcett est un colonel britannique reconnu et un mari aimant. En 1906, alors qu’il s’apprête à devenir père, la Société géographique royale d’Angleterre lui propose de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Sur place, l’homme se prend de passion pour l’exploration et découvre des traces de ce qu’il pense être une cité perdue très ancienne. De retour en Angleterre, Fawcett n’a de cesse de penser à cette mystérieuse civilisation, tiraillé entre son amour pour sa famille et sa soif d’exploration et de gloire…

Sortie : le 15 mars 2017
Durée : 2h21
Réalisateur : James Gray
Avec : Charlie Hunnam, Sienna Miller, Tom Holland
Genre : Aventure

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Les Brumes de Grandville Tome 1, une saga familiale envoûtante (French Pulp Editions)

Gwendoline Finaz de Villaine

Les Brumes de Grandville Tome 1, une saga familiale envoûtante (French Pulp Editions)

Gwendoline Finaz de Villaine nous embarque au début du XX° siècle, juste à la fin de la Première Guerre Mondiale. C’est le début d’une saga familiale pas commune ! Le Tome 1 des Brumes de Grandville, Monotropa Uniflora, débute avec Apollonie au cœur d’un mystère. Publik’Art s’était déjà intéressé au Tome 2 de Gwendoline Finaz de Villaine, Les Folies de Paris . Il nous a paru logique de s’intéresser au Tome 1 pour avoir envie de lire toute la saga…

L’histoire de la famille Grandville

Apollonie, à tout juste dix-huit ans, est engagée dans la très chic famille du château de Grandville comme professeur de piano et de chant pour les jumelles d’une quinzaine d’années, Lisandre et Eugénie. Mais tout est très bizarre dans ce château immense. Apollonie va découvrir le monde domestique, d’une part, mais aussi le monde aristocratique de la famille Montfaucon. Dès le début du livre, elle va surtout être confrontée à un « vrai Hector » et à un « faux Hector », Hector étant le fils de la comtesse de Montfaucon, propriétaire de Grandville. Apollonie perçoit la présence d’Hector, sous forme de voix, la nuit, tel un fantôme. Non seulement elle n’est pas effrayée, mais tombe peu à peu amoureuse de cette voix.

Suspens et révélations

Tout au long de ce tome, Apollonie va de découverte en découverte. Qui est cet Hector qui a vraiment un comportement bizarre ? Si les descriptions sont parfois un peu longues, on s’attache à ce personnage central, Apollonie, qui est pourtant une jeune femme simple, discrète, et sans histoire. Mais ce qui lui arrive est hors du commun et capte toute notre attention. Et tout au long des pages, elle va vivre de sacrées aventures, pas toujours agréables et pas toujours plausibles ! Il est vrai qu’on a envie de sauter quelques pages de descriptions qui n’apportent pas grand-chose à l’histoire, mais c’est sans doute parce qu’on est centré sur cette pauvre Apollonie qui vit de drôles de rencontres. On a hâte d’arriver à la révélation finale qui est à la hauteur du roman !

Publik’Art a aimé cette ambiance de château, de mystères, du début du XX siècle. Il ne reste plus qu’à lire le Tome 2, Les Folies de Paris, suivi du Tome 3, Le Seigneur de Venise, qui vont bientôt paraître aux French Pulp Editions. Cette saga nous offre, assurément, un très bon moment de lecture.

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Depuis 2014, la saga des Brumes de Grandville a su enchanter un immense publique.
Elégance à la française, fantastique et vie de château se mélangent à la perfection dans cette romance teintée de mystère. L’univers de Grandville se déploie ici dans une version revue et augmentée : chaque tome contient des chapitres spéciaux, annonçant les révélations explosives du tome III. La nouvelle Juliette Benzoni ! 1919. Au lendemain de la première guerre mondiale, Apollonie devient professeur de musique. Belle, libre et déterminée, la jeune orpheline découvre la vie au château de Grandville. Elle ne tarde pas à faire la connaissance du fils de la Comtesse, le magnétique et mystérieux Hector, dont la beauté n’a d’égal que le cynisme. Apollonie, encore troublée par cette rencontre, tombe sous le charme indécent d’une voix mystérieuse sortie des ombres…

L’auteur
Gwendoline Finaz de Villaine est habitée des mêmes passions que celles de son personnage principal Apollonie Destrac : auteur-compositeur, elle a elle aussi enflammé les planches des Folies Bergères en tant que chanteuse lyrique. Parsemée d’influences autobiographiques, mélangeant ses expériences
de scène et les rencontres humaines et artistiques qui ont jalonné sa vie, sa saga des Brumes de Grandville rencontre actuellement un succès public considérable.

Les trois tomes de la trilogie sortiront à un mois d’intervalle en Mars, Avril et Juin 2017.

Date de parution : le 15 mars 2017
Auteur : Gwendoline Finaz de Villaine
Editeur : French Pulp Editions
Prix : 18,99 € (341 pages)
Acheter sur : Amazon

Anquetil tout seul enchaine les montées avec virtuosité au Studio Hebertot

Anquetil tout seul
Anquetil tout seul, mise en scène de Roland Guenoun, Studio Hebertot

Anquetil tout seul enchaine les montées avec virtuosité au Studio Hebertot

Le rideau tendu devant la scène accueille les spectateurs avec le portrait de Jacques Anquetil projeté dessus. Derrière lui se cache le comédien Matila Malliarakis juché sur un vélo jaune qu’il ne quittera pratiquement jamais. Il va raconter l’existence rocambolesque d’un cycliste d’exception, déterminé à repousser ses limites pour accumuler les exploits et marquer son époque. Nul besoin d’être un inconditionnel de la bicyclette pour fondre devant une pièce qui fascine grâce à des comédiens habités et la mise en scène singulière de Roland Guenoun. Anquetil tout seul est un vrai choc théâtral qui évoque le sportif et l’homme dans un déroulé fascinant.

Un sportif bigger than life qui divise 

Jacques Anquetil a marqué l’histoire du cyclisme avec ses 5 victoires dans le Tour de France et ses exploits cyclistes retentissants. Son caractère en acier trempé et sa rage de vaincre ont autant marqué les années 50/60 que sa rivalité avec Raymond Poulidor. Sa vie rocambolesque est portée sur les planches du Studio Hebertot pour un récit qui interpelle. L’ouvrage de Paul Fournel relatait cette existence marquée par le caractère de Maitre Jacques. Sa détermination à vaincre la souffrance pour enchainer les coups de pédale autant que les victoires interloquent tant l’homme semblait faire des choix à contre-courant de son temps. Il refusait le recours à tout régime diététique au contraire des sportifs de son époque tout comme l’hypocrisie généralisée autour du dopage. En clamant qu’il se dopait parce que tout le monde se dopait, il assumait son recours aux amphétamines pour avaler des kilomètres que personne n’aurait pu dévaler à cette vitesse grâce à l’eau claire. La pièce se distingue par un rythme haletant qui voit le comédien pédaler à tout vitesse sans jamais une fringale ni une faute d’élocution ni une pointe d’essoufflement. Une vraie performance d’acteur en somme.

L’homme au delà du sportif

Aux côtés de Jacques, tous les acteurs de sa vie interviennent pour des précisions douces amères. Car la vie privée d’Anquetil fut digne d’un roman fleuve. Femme et belles filles se sont succèdé dans la couche du Sultan pour un regard sans ambages sur des moeurs bien particulières, reflet parfait de l’appétit d’ogre du personnage. Clémentine Lebocey interprète les personnages féminins qui gravitent autour du cycliste insatiable. Stéphane Olivie Bisson enchaine les casquettes pour figurer les alliés et opposants d’Anquetil. Car le cycliste divisa, se mettant à dos une bonne partie du public lassé de son arrogance figée et de son statut de commandeur. Poupou, Gem et autres journalistes persifleurs accompagnent le parcours de celui qui se moquait éperdument de son image publique jusqu’à finalement réaliser l’exploit maximo du cyclisme, enchainer 8 étapes de montagne dans le Dauphiné Libéré, le gagner et rallier la course Bordeaux-Paris 8 heures après l’arrivée pour la remporter également. Lumières et musiques accompagnent le récit pour un moment de théâtre éblouissant. On n’avait jamais vu ça sur une scène et la première du samedi 25 mars se passa si bien que l’on imagine mal la pièce se passer encore mieux. Un exploit.

Anquetil tout seul abroge les barrières entre sport et théâtre, présentant une vie si romanesque que sa place sur scène est toute trouvée. Le Studio Hebertot laisse une fois de plus une place plus que méritée à un auteur contemporain pour une pièce destinée à marquer la saison théâtrale parisienne.

Dates :  du 25 mars au 19 avril 2017, s »anches selon les jours à 16h, 17h, 19h
Lieu : Studio Hebertot (Paris)
Metteur en scène : Roland Guenoun
Avec : Matila Malliarakis, Clémentine Lebocey, Stéphane Olivie Bisson

« Trompe-la-Mort », un astre noir gagnant à Garnier

Trompe-la-mort, un astre noir gagnant à Garnier
Laurent Naouri dans Trompe-la-mort, à l’Opéra national de Paris. Phorto : Kurt Van Der Elst /OPNP

« Trompe-la-Mort », un astre noir gagnant à Garnier

Stéphane Lissner et l’Opéra national de Paris inaugurent au Palais Garnier un cycle de commandes lyriques inspirées de la littérature française. Le coup d’envoi revient au compositeur italien Luca Francesconi qui a écrit le livret et la musique de Trompe-la-mort, d’après La Comédie Humaine d’Honoré de Balzac. Une entrée en lice réussie.

L’opéra tourne autour du personnage sulfureux et protéiforme de Vautrin, alias Jacques Collin, alias Carlos Herrera, alias Trompe-la-Mort, figure noire et machiavélique par excellence qui n’a rien perdu de son actualité. Laquelle traverse pas moins de trois romans de La Comédie Humaine : du Père Goriot à Splendeurs et misères des courtisanes en passant par Illusions perdues.

Elle est le fil de rouge de la construction balzacienne qui interroge à travers elle, la question du pouvoir et de la manipulation où duplicité et faux-semblants investissent toutes les sphères de la société.

Vautrin sous l’identité de l’abbé espagnol Carlos Herrera, tombe sur le jeune et beau Lucien de Rubempré qu’il convainc de ne pas se tuer et passe avec lui un pacte faustien : Lucien aura la richesse, le pouvoir, le succès, s’il lui obéit en tout.

Niveaux parallèles

Le pacte identitaire scelle dans une fuite en avant aussi implacable que macabre, les noirs desseins de Trompe-la-Mort et, au delà, la subversion de tout un ordre social et économique.

Sur la plateau, quatre niveaux parallèles scrutent la figure du drame : le premier étant le bal, l’aristocratie, les salons où Lucien essaye de faire carrière ; le deuxième est l’envers du décor avec les machinations ; le troisième est le voyage  initial d’Herrera alias Vautrin et de Lucien en calèche avec la scène initiatique du pacte, qui vient s’insérer tout au long de l’opéra comme un flash-back intermittent, créant une sorte de court-circuit temporel. Enfin, un quatrième niveau, au sous-sol, d’où tout provient inexorablement, force obscure et  transgressive : les sous-sols du théâtre lui-même. La face cachée du monde.

Un vertige d’images

La mise en scène du Belge Guy Cassiers orchestre d’un geste puissant et fragmenté la mise en abyme qui se joue. Où à partir de colonnes vidéo qui montent et descendent, se reproduisent dans un vertige d’images à l’instar d’un kaléidoscope, tantôt les ors des salons de l’Opéra Garnier pour figurer les bals mondains, tantôt les sous-sols du théâtre pour illustrer les manipulations à l’œuvre de Vautrin.

Brillamment dirigée par Susanna Mälkki, la partition tonale de Luca Francesconi se révèle riche et expressive. Cyrille Dubois, Julie Fuchs et Béatrice Uria-Monzon tiennent leur rang sans réserve emmenés par le formidable Laurent Naouri.

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Dates : du 16 mars au 05 avril 2017 l Lieu Palais Garnier (Paris)
Metteur en scène : Guy Cassiers

Condamnée scotche au siège du Théâtre La croisée des chemins

Condamnée
Condamnée, mise en scène de Vincent Marbeau, Théâtre La Croisée des Chemins

Condamnée scotche au siège du Théâtre La croisée des chemins

Adapté du Dernier jour d’un condamné de Victor Hugo, Condamnée fait partager les pensées d’une détenue promise à une imminente peine capitale. Ses pensées les plus intimes déferlent pour un seul en scène déchirant qui interpelle chaque membre de l’audience. Si votre vie devait s’arrêter brutalement dans quelques heures, que regretteriez-vous le plus? L’anonyme condamnée pense à sa fille, à son existence chiche et à l’implacabilité d’une justice aveugle et sans pitié. La comédienne Betty Pelissou subjugue et hypnotise par son implication totale dans une composition déchirante.

Une pesanteur dramatique de chaque instant 

Engoncée dans une couverture rustre et tachée, l’héroïne est enfermée depuis presque 6 semaines dans une cellule en attendant le retour de la cassation. De basse extraction et sans appuis politiques, elle est broyée par la machine judiciaire sans que le public n’apprenne jamais les raisons d’un verdict aussi cruel. La condamnée se pose continuellement des questions comme pour donner un sens à sa vie. Sa plus grande désillusion vient de cette petite fille de 3 ans qu’elle ne reverra plus jamais. Pas de comédie dans ce soliloque qui confronte à l’âme humaine, la comédienne figure le désespoir de celle qui n’aura jamais eu de chance, de la naissance au trépas. Par delà le drame de la peine de mort, la pièce interpelle sur les raisons profondes d’une telle sentence. Pour préparer son ouvrage, Victor Hugo assista à plusieurs exécutions publiques jusqu’à s’indigner de ce que la société se permette de faire sous couvert de justice ce qu’elle reproche à l’accusé d’avoir lui-même fait. Les détails du procès exposent la rapidité de la sentence, comme si elle avait été écrite par avance. Les souffrances de la condamnée pendant 6 semaines de répit illusoire avivent son désespoir. Et quand elle illustre les bruits de la foule excitée d’assister au spectacle de la mort comme des hyènes près d’un cadavre, elle n’y tient plus. La résignation le dispute à la colère et le récit personnel se teinte de résonances sociales.

Une pièce qui débute au Théâtre La Croisée des Chemins et qui pourrait défrayer la chronique. La comédienne est époustouflante de profondeur pour un seul en scène qui glace les sangs.

Dates :  du 30 mars au 5 mai 2017

Lieu : Théâtre La Croisée des Chemins (Paris)
Metteur en scène : Vincent Marbeau
Avec : Betty Pelissou

Pris de court : Virginie Efira n’est pas à toute épreuve

Pris de court d'Emmanuelle Cuau avec Virginie Efira
Copyright Carole Bethuel

Pris de court : Virginie Efira n’est pas à toute épreuve

Pris de court est un drame familial d’Emmanuelle Cuau qui éprouve les liens entre une mère et ses deux fils. Sortie en salles le 29 mars 2017.

Nathalie (Virginie Efira) s’occupe seule de ses deux enfants depuis la mort de son mari. Un déménagement à Paris, un nouveau boulot, une nouvelle vie devraient les remettre sur les rails. Mais lorsque son travail en bijouterie lui glisse entre les doigts et que Paul, son aîné de 15 ans, glisse dans le trafic de drogue, le train(-train) familial déraille… La famille est prise dans un engrenage qu’elle ne contrôle plus.

Une histoire de famille  

Au commencement donc était une famille soudée. Puis, à force d’ennuis et de non-dits, les liens se sont délités. Mais, lorsque les problèmes s’accumulent au point de ne plus pourvoir les affronter seuls, la famille se réunit à nouveau et tente, ensemble, de s’en tirer. « On est plus fort ensemble », c’est bien là le propos du film mais exprimer avec quelques maladresses, des longueurs et tout en banalité.

Les personnages comme leurs liens ont des contours grossièrement flous.Paul est terne alors que son double rôle de fils et de trafiquant amateur devrait le complexifier et décupler son intérêt. L’acteur, Renan Prevot, force d’ailleurs un peu le jeu lorsqu’il campe l’adolescent rebelle. Il faut avouer que l’adolescent qu’il campe n’est pas simple à appréhender. Animé d’une nonchalance et d’un je-m’en-foutisme étonnant, Paul est-il un aventurier vénal ou un simple suiveur ? Ange ou démon ou tout simplement perdu… Probablement les trois mais difficile à savoir. Son personnage est trouble mais étais-ce vraiment l’intention de la réalisatrice… Emmanuelle Cuau semble se contenter de la surface des gens, préférant se concentrer sur l’action.

Film Pris de court d'Emmanuelle Cuau avec Virginie Efira
Copyright Carole Bethuel

Pris de court ou pris par l’ennui

Mais là encore, quelques maladresses. L’action est simple : Paul court après la drogue et sa mère court après lui. Mais les ressorts de l’intrigue, les rebondissements sont souvent trop évidents, aisés à anticiper, privant ainsi le spectateur alléché de tout effet de surprise.

Malgré ces bémols, Pris de court est un drame divertissant, entrainant à pas lents et étrangement lisse. Pour porter ce film, Emmanuelle Cuau ne s’est pas trompée en choisissant Virginie Efira. Actrice à la mode, elle mérite toute l’attention et l’amour qu’on lui porte. Tout lui va, les costumes comiques comme les costumes dramatiques. Mais dans Pris de court, elle est plus forte que son rôle, le costume est trop petit.

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Nathalie est joaillère et vient de s’installer à Paris pour un nouveau travail et une nouvelle vie avec ses deux fils. Mais la direction de la bijouterie change soudainement d’avis et lui annonce que le poste ne sera pas pour elle. Nathalie veut protéger ses enfants et décide de ne rien leur dire. De ce mensonge vont naître d’autres mensonges de part et d’autre. L’engrenage commence…

Sortie : le 29 mars 2017
Durée : 1h25
Réalisateur : Emmanuelle Cuau
Avec : : Virginie Efira, Gilbert Melki, Jean-Baptiste Blanc…
Genre : Drame

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ART PARIS ART FAIR : L’Afrique à l’honneur, 30 mars – 2 avril 2017 – Grand Palais, Paris

ART PARIS ART FAIR : L'Afrique à l'honneur

ART PARIS ART FAIR : L’Afrique à l’honneur, 30 mars – 2 avril 2017 – Grand Palais, Paris

Communiqué de presse

Une foire de découverte au printemps à Paris L’Afrique à l’honneur
Du 30 mars au 2 avril 2017, la 19e édition d’Art Paris Art Fair accueille 139 galeries d’art moderne et contemporain au Grand Palais.
Foire généraliste ouverte à toutes les formes d’expression, Art Paris Art Fair offre un aperçu de l’art d’après-guerre à nos jours, tandis que son approche thématique met l’accent sur la découverte : avec un éclairage sur la création artistique issue du continent africain, les expositions monographiques d’artistes avec Solo Show, la creation émergente avec le secteur Promesses.
La sélection 2017 : un rayonnement international accru et un renforcement des galeries d’art moderne
La sélection 2017 témoigne d’un rayonnement international accru avec 29 pays représentés (contre 22 en 2016). L’exploration des régions de l’Europe constitue l’un des axes de travail prioritaires de la foire avec cette année la venue de galeries de Berlin (GNYP), Barcelone (ADN Galería), Madrid (Galería Juana de Aizpuru, Galeria Alvaro Alcazar), Munïch (Ambacher Contemporary), Rome (Montoro 12), Knokke-Heist (Guy Pieters Gallery) ou Amsterdam (Flatland Gallery), sans compter la présence de 14 galeries issues des régions françaises comme la lilloise Cédric Bacqueville, la bordelaise D.X. Galerie ou la strasbourgeoise J.P. Ritsch-Fisch.
Sur le plan parisien, on note l’arrivée des galeries Natalie Seroussi, Philippe Gravier (avec un solo show spectaculaire de Sou Fujimoto), Sobering, Maubert ou encore Mathias Coullaud.
La présence des galeries d’art moderne est également renforcée avec les premières participations des galeries Frans Jacob (Amsterdam), Michel Descours (Lyon), Galerie Michel Giraud (Paris) et le retour de Die Galerie (Frankfurt).
L’Afrique à l’honneur
Confiée à Marie-Ann Yemsi, consultante culturelle et commissaire d’exposition indépendante, cette invitation offre un éclairage inédit sur les horizons artistiques africains contemporains tout en proposant d’autres perspectives qu’elles s’inscrivent sur ce continent ou rayonnent ailleurs dans le monde.
Réparties dans les différents secteurs de la foire, vingt galeries venues d’Afrique du Sud, d’Angola, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Maroc, du Nigéria, d’Ouganda, du Sénégal, de Tunisie et d’Europe mettent l’accent sur une génération émergente et talentueuse d’artistes originaires du continent africain et des diasporas (Billie Zangewa, Garethy Nyandoro, Mohau Modisakeng, Moffat Takadiwa, Mario Macilau, Bili Bidjocka….)
Un programme d’évènements vient enrichir cette exploration d’un continent en pleine effervescence artistique : au Grand Palais, une programmation de vidéos autour de la thématique de l’identité et du corps intitulée «Les territoires du corps» sera présentée au sein de la foire.

La collection Alicia Koplowitz se dévoile au Musée Jacquemart André

Collection Alicia Koplowitz
Collection Alicia Koplowitz, Musée Jacquemart André

La collection Alicia Koplowitz se dévoile au Musée Jacquemart André

Quand une collection privée de l’ampleur de celle-ci se dévoilé dans toute sa diversité, mélangeant oeuvres classiques, héritage impressionniste et tableaux éblouissants du XXe  siècle, il ne faut pas hésiter à se déplacer. Goya, Rothko et Picasso (pour ne citer qu’eux) se laissent admirer dans un parcours chronologique et thématique qui montrent l’éclectisme de la collectionneuse. Surtout que les toiles illustrent fièrement le talent de leurs concepteurs pour de longues séances de sur place devant les toiles pour bien appréhender l’étendue des palettes techniques et graphiques des maitres.

Une collection maitresse

Alicia Koplowitz a réuni une collection unique au monde via sa fondation privée appelée Grupo Omega Capital. A force de recherches et d’enchères, sa collection laisse pantois et montre le gout de la dame pour des pièces uniques. Surtout que toutes les époques cohabitent pour un parcours pictural qui force l’admiration. 52 oeuvres retracent l’histoire de la peinture dans toute sa profusion. L’école espagnole est d’abord mise à l’honneur avec le fameux Zurbaran et surtout Goya. Le Musée Jacquemart André aime particulièrement cette époque de la peinture et n’hésite pas à le mettre une fois de plus sous les feux des projecteurs. Puis les Impressionnistes se révèlent avec le toujours iconoclaste Toulouse-Lautrec et une pointe de Van Gogh. Et quand arrive l’époque moderne, c’est un éblouissement avec les stars obligées comme Picasso et d’autres peintres plus confidentiels. Puis l’exposition se finit avec un immense Rothko qui s’étale dans toute sa majesté. Le bleu et le jaune ont un effet hypnotique sur la foule et nombreux sont ceux qui ne comptent pas leur temps pour l’admirer à foison.

L’exposition De Zurbaran à Rothko ravira les aficionados de la peinture et illustrera l’art des maitres de la peinture pour susciter des émotions avec quelques touches de bleu (ou de rose).

Dates : Jusqu’au 10 juillet 2017
Lieu : Musée Jacquemart André (Paris)
Entrée : 13,5 €

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Résultats concours : Hawaï, 2 coffrets de 6 DVD gagnés

Résultats concours : Hawaï, 2 coffrets de 6 DVD gagnés

Vous avez été 2876 participants au concours Hawaï. Merci de votre excellente participation. Les 2 heureux gagnants sont les suivants :

Cécile Veillault, Georges Dion

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Tunnel, la bande-annonce enfin dévoilée

Tunnel © VERSION ORIGINALE CONDOR

Tunnel, la bande-annonce enfin dévoilée

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TunnelAlors qu’il rentre retrouver sa famille, un homme est accidentellement enseveli sous un tunnel, au volant de sa voiture. Pendant qu’une opération de sauvetage d’envergure nationale se met en place pour l’en sortir, scrutée et commentée par les médias, les politiques et les citoyens, l’homme joue sa survie avec les maigres moyens à sa disposition. Combien de temps tiendra-t-il ?

Sortie : le 3 mai 2016
Durée : 2h06
Réalisateur : Kim Seong-hun
Avec : Ha Jung-Woo, Doona Bae, Dal-Su Oh
Genre : Drame, Thriller

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Passeport pour l’espoir, un livre politique qui fait du bien (Editions Rabelais)

Grine © www.jylhors.com

Passeport pour l’espoir, un livre politique qui fait du bien (Editions Rabelais)

Grine, l’auteur de ce livre, Passeport pour l’espoir, est issu d’un mariage mixte. Sa mère est d’origine polonaise, catholique pratiquante et son père, d’origine algérienne, est musulman. Sans son livre, Passeport pour l’espoir, Grine nous expose son point de vue sur la société française. Passeport pour l’espoir, Itinéraire d’un Français entre deux mondes.

Sa propre histoire

Grine n’a pas souffert d’être issu de deux cultures, deux religions, totalement opposées. Au contraire, pour lui, cela a été une force. Ses parents ne l’ont jamais obligé à adopter telle ou telle culture, telle ou telle religion. De ce fait, il a l’esprit très ouvert mais sans doute un peu de mal à se situer. Il nous raconte son enfance, son parcours scolaire et ses difficultés pour croire en lui et en ses capacités intellectuelles. Etant sportif de haut niveau en handball, Grine a également réussi, après avoir été médiocre à l’école, un parcours exemplaire. Il reste discret sur sa réussite mais il nous livre sa vision de la France d’aujourd’hui. Certes, il aime ce pays, mais reste très critique quant à certains fonctionnements. S’il félicite les nombreuses possibilités de réorientation des étudiants, il met en avant les problèmes liés à l’école. En fait, Grine dénonce le fait que c’est la société qui exige des fonctions à l’école qui ne devrait pas avoir lieu d’être :

« […] Ce n’est pas tant l’école qui s’est dégradée, que la société qui a évolué. Elle demande à l’école de remplir des fonctions – l’apprentissage de la discipline, par exemple – qui étaient autrefois du ressort de la famille […] Elle demande aussi à l’enseignant de descendre de son piédestal et de prendre en compte ce que lui disent ses élèves. Dans un rapport de quasi-égalité. » p.41

Ensuite, Grine parle du succès ou de la réussite d’une vie. Pour lui, la réussite financière n’est pas un révélateur de bonheur. Il propose de « Réhabiliter le mérite », et de mettre davantage de spiritualité dans nos vies, ce qui donnerait du sens à la vie de chacun.

Son analyse

Ce qui se passe aujourd’hui au niveau politique, écrit-il est comme une pièce de théâtre. Chaque politicien se donne en spectacle et dévoile ses secrets d’alcôve… Evidemment quand Grine a écrit ce livre, il ignorait l’affaire Fillon qui paraissait tout simplement inimaginable !
Mais il écrit tout de même cette conclusion qui s’applique toujours parfaitement à la veille des élections présidentielles :

« Le résultat qu’avait anticipé il y a déjà longtemps un penseur comme Guy Debord, c’est que la politique est devenue un spectacle. On assiste à une primaire, de droite ou de gauche, ou à un face à face télévisé, comme les romains allaient aux jeux du cirque. » p.60

Tout ce qu’écrit Grine est vérifié. Il n’invente rien. Il écrit le malaise que ressent aujourd’hui l’électeur en France. Il formule aussi quelques propositions pour améliorer les postes des politiques. Il faudrait déjà mieux les choisir, les payer davantage pour ne pas avoir de fraude, comme cela se passe si souvent !
Passeport pour l’espoir permet de faire le point sur la situation politique et sociale en France. Le doute en France est de rigueur et la peur également.

[…] Le taux de pessimisme des Français est aussi élevé que celui des Afghans, qui vivent en guerre depuis trente-cinq ans ! » p.74

Peur de l’avenir, peur du chômage, peur des attentats, peur du vide, peur du déclin, peur des religions… Grine conclut ainsi :

« La France est un rêve qui doit se réinventer en permanence. Pour ce faire, deux ingrédients sont indispensables : le respect de la différence, et surtout la réhabilitation de la méritocratie. » p.121

« Tout est possible dans ce vieux pays encore gorgé de richesses. Pour peu qu’on cesse de le dénigrer et de s’apitoyer sur son sort. » p.122

On n’est pas obligé d’adhérer à toutes les idées de Grine, mais il nous apporte un beau témoignage et dans l’ensemble son constat est vraiment plein de bon sens et surtout il nous incite à aller voter !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Grine a grandi dans la banlieue parisienne entre une mère d’origine polonaise, catholique pratiquante, et un père d’origine algérienne, musulman convaincu.
Issu de deux cultures, de deux religions, il nous dit, de façon très concrète, ce qu’il apprécie et ce qu’il comprend moins dans l’une comme dans l’autre.
Il livre sa vision de la France, sa déception devant la classe politique, mais aussi sa foi dans la République et sa confiance dans l’avenir.
Tout passe par l’égalité des chances et le rétablissement de la méritocratie. Son propre exemple en témoigne. Sa carrière de joueur professionnel de handball de haut niveau – il a été champion de France en 3ème division – ne l’a pas empêché d’accumuler les diplômes : Sciences Po, un DESS de droit des affaires et un DEA de droit public. Il est aujourd’hui, à 38 ans, avocat d’affaires dans un grand cabinet parisien.
Un témoignage qui va à l’encontre de bien des idées reçues, sur la banlieue, l’école, les musulmans, et transmet un message d’espoir.

Date de parution : le 20 mars 2017
Auteur : Grine
Editeur : Rabelais
Prix : 12,80 € (122 pages)
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Exposition Pissarro au Musée Marmottan Monet, sur le traces du premier impressionniste

Exposition Pissarro
Exposition Pissarro, Musée Martmottan Monet

Exposition Pissarro au Musée Marmottan Monet, sur le traces du premier impressionniste

Camille Pissarro a traversé le XIXe siècle et côtoyé tous les plus grands artistes du siècle. Ami de Monet, de Cézanne et de Gauguin, précurseur de l’impressionniste et avant gardiste reconnu par le fameux collectionneur Paul Durand-Ruel, Pissarro souffre pourtant d’une position en retrait dans la postérité. Son oeuvre mérite pourtant une redécouverte via une exposition réunissant des musées ou des collections privées venues du monde entier et pas vues depuis longtemps pour certaines dans les contrées parisiennes.

Une empreinte indélébile sur l’impressionnisme

Pour la première fois depuis 36 ans à Paris, une exposition met à l’honneur un des peintres majeurs du XIXe siècle. Seul artiste à avoir été exposé dans chacune des 8 expositions majeures du mouvement, Pissarro a immortalisé Le Havre, Rouen ou Paris dans des compositions à la fois préciser et floutées, comme nimbées d’un brouillard faisant ressortir la chaleur, le gel ou l’humidité, toute une gamme d’impressions ressenties par le corps humain. 75 oeuvres sont disposées dans un parcours à la fois chronologique et thématique. Depuis ses premières oeuvres héritières du XVIIIe siècle, bien ordonnées et propres sur elle, Pissarro a fait évoluer son style pour approfondir ses compositions et les densifier. Ses peintures participent à une évolution picturale qui aboutira à l’art moderne du XXe siècle. Contemporain de Seurat et Signac, il préfigure le pointillisme et s’attachera à signifier sa propre perception de la réalité, loin de l’académisme d’antan.

Un peintre des champs et de la ville

Des paysages bucoliques initiaux, Pissarro a élargi sa palette aux paysages urbains des villes portuaires et de Paris. Sa vision des grands boulevards immortalise une époque avec toujours ce ciel comme une chape de plomb aux dessus des badauds. De son appartement rue Dauphine, il pouvait voir le Pont Neuf et le Louvre, ne se privant pas d’accumuler des variations présentes au nombre dans cette exposition. Peu de visages ou de portraits en pied, Pissarro préférait les scènes vivantes, comme des instantanés au milieu d’actions plus larges. Des commentaires disposés sous les tableaux ou à l’entrée des sections font comprendre une vision du monde qui imprima sa marque sur tout l’impressionnisme.

L’exposition Pissarro au Musée Marmottan Monet ravive la mémoire d’un peintre actuellement moins reconnu que certains de ses contemporains. La visite fait pourtant honneur à son génie et il ne faut pas hésiter à lui rendre visite pour s’en rendre compte!

Dates : Du 23 février au 2 juillet 2017
Lieu : Musée Marmottan Monet
Entrée : 11 €

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Pissarro
Pissarro

Pissarro
Pissarro

 

 

 

 

 

Les Misérables déferlent sur la scène du Lucernaire

Les Misérables
Les Misérables, mise en scène de Manon Montel, Le Lucernaire

Les Misérables déferlent sur la scène du Lucernaire

Le chef d’oeuvre de Victor Hugo est porté à la scène au Lucernaire par 8 comédiens transformistes et passionnés qui interprètent 13 personnages dans un rythme enlevé. Les Misérables est l’ouvrage le plus mondialement connu de la littérature française par la grâce d’une comédie musicale triomphant depuis plus de 30 ans à Broadway. La Compagnie Chouchenko revient au texte et ravive la tragédie hugolienne dans une intrigue qui mêle destin rédempteur du héros, misère sociale des petites gens, fresque historique avec les barricades du XIXe siècle et romance amoureuse. 1h30 suffisent à la troupe pour illustrer la fresque romanesque et généreuse de Victor Hugo.

Une histoire universelle

Le préambule de la Passion selon Saint Mathieu de JS Bach accueille la Compagnie Chouchenko sur la scène du Lucernaire pour placer Les Misérables, comme imaginé par Victor Hugo, sous le double signe de la rédemption et de l’amour fraternel. La troupe s’est fait une spécialité de l’adaptation théâtrale des grands textes classiques. Horace, Le Cid, Roméo et Juliette et Dom Juan sont déjà passés entre leurs mains et c’est maintenant Les Misérables qui s’anime dans une mise en scène volontairement elliptique. Ballots et meubles en bois sont dissémines sur une scène condensée à l’essentiel et parcourue par les comédiens au fur et à mesure d’une intrigue à rebondissements. Quand Mme Thénardier empoigne son accordéon pour commenter l’action, elle arpente les planches pour des observations tour à tour cyniques et insolentes. Le fil rouge reste l’existence cabossée d’un forçat injustement condamné et devenu un notable de province à la faveur d’un évêque charitable. Jean Valjean devient Monsieur Madeleine et dédie sa vie à Cosette, pauvre orpheline devenue une belle jeune femme entreprise par le beau Marius. Rien est oublié de l’ouvrage de Victor Hugo, ni le destin tragique de la pauvre Fantine, ni les barricades de 1832, ni la quête de l’ignoble Javert pour retrouver le fugitif Valjean. Les 1500 pages de l’ouvrage sont resserrées en 1h30 d’un spectacle sans temps morts.

Des performances d’acteurs

La mise en scène privilégie volontairement les comédiens qui multiplient les casquettes dans des incessants va-et-vient. La metteur en scène Manon Montel interprète alternativement Fantine et Gavroche et tous les comédiens se mettent au diapason dans une farandole ininterrompue de conversations et d’anicroches. S’il manque peut être quelques pointes de décor supplémentaires pour concourir à une ampleur plus signifiante (fusils, ustensiles de taverne, froufrous…) et subjuguer plus complètement le spectateur, et si le personnage d’Eponine est curieusement absent, la pièce fait plus qu’honneur  aux intentions de l’auteur. Les drames de la condition humaine au XIXe siècle prennent une résonance particulière à notre époque actuelle où les rumeurs de corruption et d’injustice sociale refont de plus en plus souvent surface. Comme si les mêmes travers ne cessaient de se produire époques après époques, donnant à la pièce une valeur d’universalité susceptible d’engendrer la réflexion sur la duplicité de l’âme humaine.

Retrouver Les Misérables sur la scène du Lucernaire procure un vrai plaisir de théâtre tant l’ouvrage de Victor Hugo mérite d’être constamment redécouvert. Cette adaptation scénique transporte et devrait rencontrer un vrai succès public!

Dates :  du 22 mars au 07 mai, du mardi à samedi à 20h, le dimanche à 18h
Lieu : Le Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Manon Montel
Avec : Dov Cohen, Stéphane Dauch, Anatole de Bodinat, Claire Faurot, Jean-Christophe Frêche, Cécile Genovèse, Manon Montel, Léo Paget, Xavier Girard, François Pérache

Luc Arbogast en concert à l’Olympia le 26 mars 2017 et en tournée dans toute la France

Luc Arbogast, The Voice, attending the 15th Festival of TV Fiction in La Rochelle, western France on September 12, 2013. Photo by Patrick Bernard/ABACAPRESS.COM

Luc Arbogast en concert à l’Olympia, le 26 mars 2017 et en tournée dans toute la France

Luc Arbogast, actuellement en tournée dans toute la France, sera en concert à l’Olympia le 26 mars 2017. Découvrez les coulisses des répétitions de la tournée : ICI

« Metamorphosis – The Conquest Tour » promet d’être grandiose et rempli d’émotion : une création musicale originale tout en préservant l’univers de l’artiste, des décors et habillages de scène en projection vidéo Mapping, une création lumière époustouflante.

Luc Arbogast a été également présent sur le plateau de The Voice (TF1), samedi 18 mars, pour une prestation exceptionnelle.

De ce bidonville jaillit une humanité silencieuse (Editions Cédalion)

Marie Bestault
Marie Bestault

De ce bidonville jaillit une humanité silencieuse (Editions Cédalion)

Marie Bestault est infirmière à la retraite quand elle répond à une petite annonce publiée par Médecins du Monde. En postulant, elle ne sait pas encore qu’elle va participer à une extraordinaire aventure humaine. Pendant un mois, elle vit auprès des migrants venus du monde entier pour apporter une aide que les pouvoirs publics peinent ou refusent de dispenser. Elle livre un témoignage éclairant sur les préjugés trop facilement dispensés par les médias au sujet de populations démunies, par pur réflexe sensationnaliste et dans le but de faire de l’audimat. Sans se douter de l’impact incalculable sur les populations des raccourcis qui déguisent une réalité avant tout faite de souffrance.

Une réalité toute nue

Enfants, célibataires ou familles venus d’Asie ou d’Afrique se sont installés pendant de longues années dans un bidonville géant situé à proximité de Calais. Les médias l’ont surnommé arbitrairement Jungle de Calais dans un grand et irrésistible élan de déshumanisation. Car ce sont bien des êtres humains qui sont évoqués dans l’ouvrage de Marie Bestault et non pas des animaux. Des containers pour les plus chanceux et des tentes pour les autres abritaient une foule grossissant à vue d’oeil, sans soutien logistique ou psychologique de la part du gouvernement. Les indispensables soutiens, ce sont les organisations humanitaires et tous ces bénévoles qui l’ont fourni pour ne pas abandonner leurs semblables à la misère la plus crasse dans un des pays les plus industrialisés du monde. Marie Bestault s’est mêlée à la foule des volontaires dans un mouvement humanitaire qui a apporté réconfort et espoir à ceux qui attendaient pendant des semaines voire des mois un hypothétique passage au Royaume-Uni.

Des vies cabossées, blessées, meurtries s’étalent au fil des pages dans des descriptions souvent à la limite du tolérable

Si Marie Bestault ne peut s’empêcher de commenter amèrement le comportement d’institutions incapables de trouver les situations adéquates à un challenge humain extraordinaire, elle se concentre surtout sur ces dizaines de destins singuliers. Des vies cabossées, blessées, meurtries s’étalent au fil des pages dans des descriptions souvent à la limite du tolérable. Elle a écouté son coeur pour ne pas laisser ceux que de trop nombreuses autres personnes stigmatisent par peur de l’inconnu. La lecture de cet ouvrage permet d’accéder à une réalité toute autre que ce que nous avons l’habitude de lire ou de voir. Pour un constat accablant: il ne faudrait pas grand chose pour loger ces populations déplacées dans des bâtiments vides et disponibles, avec une prise en charge minimale des tous les maux et bobos qui les caractérisent.

L’ouvrage se lit d’une traite et contribue à la prise de conscience de ce que beaucoup ne peuvent ou ne veulent voir. Le témoignage de Marie Bestault n’utilise pas de dialectique d’énarque et ses mots simples et chaleureux vont droit au coeur. Elle parle le langage de la vérité et pour cela, la lecture de son ouvrage devient plus que nécessaire.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Je suis dans la vie une «petite bonne femme de quatre sous», incognito, à la retraite après de longues années de travail en tant qu’infirmière hospitalière et libérale.
Les pages que vous allez lire sont un simple témoignage, rien d’autre.
Un partage d’un mois vécu dans la jungle de Calais, dans mon pays : La France.
Suite à une annonce de ‘Médecins Du Monde’ sur internet demandant une infirmière en
urgence, j’ai postulé et, malgré mes années, j’ai été choisie pour vivre une très belle
expérience humaine.
Malgré les différences de couleur de peau, de langues, des liens se tissent, des prises en
conscience germent, des regards naissent sur les différences, des idées éclosent, des actes se posent.
L’humanité silencieuse est là, façonnée par des hommes, des femmes, des enfants.
Que ce livre soit un révélateur de ce que chacun a fait, peut créer ou imaginer.

Date de parution :  février 2017
Auteur : Marie Bestault
Editeur : Editions Cédalion
Prix : 6 € (108 pages)
Acheter sur : Disponible chez l’éditeur

Monsieur & Madame Adelman, de l’amour durant 45 ans

Monsieur & Madame Adelman
Monsieur & Madame Adelman © Les Films Du Kiosque – Christophe Brachet

Monsieur & Madame Adelman, de l’amour durant 45 ans

Nicolas Bedos a réalisé son premier film de façon sublime avec sa compagne, Doria Tillier. Ils sont tous les deux les acteurs de ce film qu’ils ont plus ou moins écrit ensemble. Nicolas Bedos avoue avoir puisé dans ses souvenirs d’enfance pour écrire ce film et dans sa relation avec sa compagne.

Le scénario original et palpitant

Si ce Monsieur & Madame Adelman est une pure réussite c’est sans aucun doute parce qu’il respire le bonheur. L’amour l’illumine du début à la fin. Rien n’est banal, rien n’est commun. Tout est sublimé par l’amour de Victor et Sarah. Le film dure 2h, ce qui peut sembler long. Mais en fait, il n’en est rien. On ne voit pas le temps passer. On suit l’histoire de cet amour fou, mais bien réel. A la fois intime et romanesque. Léger et grave. Avec des hauts et aussi beaucoup de bas. Un amour qui traverse les décennies, non sans douleurs, non sans épreuves. 45 ans défilent sous nos yeux avec les acteurs qui évoluent au fil du temps. Extraordinaire travail de maquillage. L’histoire commence dans les années 70, début d’émancipation pour la femme. Victor est écrivain et Sarah prépare un doctorat en lettres classiques. Monsieur écrit et Madame corrige… Sarah qu’elle soit jeune ou plus âgée, est divine. On tombe amoureux d’elle dès le début ! Sa façon de vouloir à tout prix cet homme, Victor, est pulsionnelle et nous emballe. Et ce sera ainsi tout le long du film. Pas de demi-mesure avec Doria Tillier !

Un film à voir absolument

Si Nicolas Bedos parle merveilleusement bien de l’amour, il n’occulte pas d’autres thèmes graves comme : la fidélité ou plutôt l’infidélité, les enfants, la gauche caviar, la littérature, le féminisme, la psychanalyse… Beaucoup de caricatures, mais dans le fond, c’est un bon portrait de la jeunesse des années 70. On peut retrouver le côté littéraire intellectuel de Woody Allen, avec la parenthèse sur la judéité. Mais ce n’est pas du Woody Allen !

Les acteurs

Tous les acteurs sont au top ! Quel casting ! Ils prennent 45 ans en 2h et sont tout autant plausibles ! Denis Podalydès en tant que psy est parfait comme l’excellent Pierre Arditi, le grand patriarche de la famille.
Certains seront choqués que Bedos joue avec sa compagne à l’écran mais il le fait avec brio et finalement, c’est elle qui remporte tous les suffrages. C’est elle l’héroïne du film ! Bref, certaines critiques sont désobligeantes à l’égard de Nicolas Bedos, Publik’art a vraiment apprécié ce film et vous le recommande ! Vous passerez un très agréable moment avec de très bons acteurs !

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Monsieur & Madame AdelmanComment Sarah et Victor ont-ils fait pour se supporter pendant plus de 45 ans ? Qui était vraiment cette femme énigmatique vivant dans l’ombre de son mari ?
Amour et ambition, trahisons et secrets nourrissent cette odyssée d’un couple hors du commun, traversant avec nous petite et grande histoire du dernier siècle.

Sortie : le 8 mars 2017
Durée : 2h
Réalisateur : Nicolas Bedos
Avec : Doria Tillier, Nicolas Bedos, Denis Podalydès
Genre : Comédie dramatique

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Résultats concours : King Kong, 2 blu-ray gagnés

KING KONG

Résultats concours : King Kong, 2 blu-ray gagnés

Vous avez été 3219 participants au concours King Kong. Merci de votre excellente participation. Les 2 heureux gagnants sont les suivants :

Micheline Hirondart et Yvette Rouquet

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Le Déni d’Anna au Lucernaire, du théâtre grinçant sur le mode tragi-comique

Le Déni d'Anna
Le Déni d’Anna, mise en scène d’Isabelle Janbrau, Le Lucernaire

Le Déni d’Anna au Lucernaire, du théâtre grinçant sur le mode tragi-comique

Après Ici il n’y a pas de pourquoi et Marie-Antoinette, la comédie dramatique ultra-réaliste et crissante Le Déni d’Anna débute sur la scène du Lucernaire. La disparition de la mère de famille Anna suite à une longue maladie suscite des réactions disparates chez les membres survivants de la tribu. A travers les années, les blocages persistent et occasionnent malentendus et maladresses entre le père de famille, ses deux rejetons devenus grands et la belle mère grincheuse. La pesanteur du sujet est contrebalancée par un petit théâtre de la vie illustré par des scénettes drolatiques qui mettent en relief le malaise ambiant et les tentatives pour le combler.

Une famille soudée dans le déni

Dès le départ de la pièce, une ombre semble roder au dessus des personnages. Anna reste invisible alors que cette mère de famille atteinte d’une pathologie irréversible ne cesse de hanter les discussions. Son mari François (Benjamin Egner) se démène pour préserver leurs enfants Diane (Sandra Parra) et Matthieu (Matthias Guallarano) en s’affairant dans les tâches élémentaires du quotidien avec une énergie qui interpelle. Le décor de la pièce s’anime de lits d’enfants, d’une table de cuisine et des éléments les plus basiques pour signifier le registre le plus banal. La belle-mère (Cécile Magnet) et l’oncle Antonio (Thibaut Wacksman) complètent bien vite le tableau d’une famille démunie face au drame. Il n’y a pas de bonne manière de faire face au deuil et le désarroi des adultes est palpable via leur incapacité à mettre des mots sur l’intolérable. Même pénible, l’évocation de la situation apporterait un apaisement qui manque cruellement à des personnages qui mettent sous le tapis la mémoire de la disparue. Les manies et tocs remplissent les trous créés par l’absence, suscitant les rires du public devant l’accumulation de maladresses.

Comment faire face à l’intolérable

Les expressions corporelles et les cheveux grisonnants figurent le temps qui passe. Les deux enfants deviennent des adultes qui décident de prendre les choses en main pour perpétuer le souvenir de leur mère trop tôt disparue. Les intermèdes entre les scènes voient deux musiciens égrener des notes mélancoliques à la basse (Daniel Jea) et à la batterie pour montrer l’omniprésence de la disparue et l’absence de repos. Les tentatives vaines pour remplir le quotidien des détails les plus futiles ne guérissent pas la blessure et les comédiens adultes interprètent parfaitement des personnages perdus et désemparés. Le Déni d’Anna séduit par la simplicité pertinente de sa mise en scène et les attitudes compassées d’êtres qui ne savent pas comment faire face à la situation. Impossible de leur en vouloir, le deuil est une affaire hautement personnelle et les enfants qui grandissent apportent une tentative de réponse qui bousculera le petit monde. Au delà du contexte particulier, la pièce interroge sur la notion même de déni dans toutes les strates de la vie et nul doute que de nombreux spectateurs se poseront la question de leur propre attitude face au monde qui avance, portant la question sur un terrain beaucoup plus large.

Le Déni d’Anna interpelle l’audience par l’acuité du sujet annoncé. Les 1h40 du spectacle accumulent les situations tendues et les bévues avec une belle récurrence pour un moment  de théâtre tragi-comique à découvrir au Lucernaire.

Dates :  à partir du 15 mars 2017, du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 19h
Lieu : Le Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Isabelle Jeanbrau
Avec : Benjamin Egner, Karine Huguenin ou Sandra Parra, Matthias Guallarano, Thibaut Wacksmann, Cécile Magnet, France Cartigny ou Bertrand Noel ou Maxime Aubry

Un compositeur ressuscité dans Erik Satie ou l’inconnu d’Arcueil au Théâtre du Crève Coeur

Erik Satie ou l'inconnu d'Accueil
Erik Satie ou l’inconnu d’Accueil, mise en scène de Céline Sorin, Théâtre du Crève Coeur

Un compositeur ressuscité dans Erik Satie ou l’inconnu d’Arcueil au Théâtre du Crève Coeur

Erik Satie restera pour l’éternité le compositeur des universellement célèbres Gymnopédies n°1. Ce morceau de piano surprenant ne cesse d’être réinterprété et utilisé dans tous les médias du monde. Publicité, musique de films, concert, on les entend partout. Pourtant Erik Satie fut bien plus que cela. La pièce jouée au Théâtre du Crève Coeur à proximité de Genève propose d’aller à la rencontre d’un homme plus iconoclaste qu’il n’y parait. Erik Satie au crépuscule de son existence fait le point sur ses joies et ses peines au contact de son double plus jeune de 25 ans. Leur discussion fait apparaitre les blessures enfouies et la profonde déception d’une vie passée dans l’ombre de contemporains plus reconnus. Humour et tristesse composent ce moment de théâtre éclairant et inventif.

Une vie de dénuement 

Erik Satie vécut la majeure partie de son existence en ermite solitaire dans sa maison  d’Arcueil sans jamais y avoir laisser entrer quiconque. Il y accumulait cols de chemise, parapluies et courriers non ouverts à côté d’un piano sur lequel il composait ses oeuvres. A une époque qui vit Ravel et Debussy devenir des parangons universellement acclamés, Erik Satie ne parvint jamais à atteindre la même renommée, du moins de de son vivant. Cet constat amer enveloppe l’ensemble de la pièce d’une mélancolie percée de pointes d’humour acéré. Car le personnage usait des jeux de mots et des calembours avec un art consommé de l’à-propos. Entre le jeune freluquet (Yannick Rosset) et le maitre au soir de sa vie (Samir Dib), les points communs pullulent, évidemment, mais la naïveté de la jeunesse s’abime sur l’amertume du vieux compositeur fatigué. Malgré ses oeuvres et ses travaux, notamment aux côtés de Picasso et l’amitié compliquée avec Debussy et Ravel, l’alcool sera souvent son seul réconfort, avec pour prix une cirrhose du foie qui lui fut fatale.

Un humour féroce

Prises de bec et éclats de rire émaillent une discussion qui a tout de l’allocution testamentaire. N’ayant que peu d’amis avec qui disserter, qui de mieux qu’avec lui même peut-il discuter du bilan de son existence? Le comédien Samir Dib se met régulièrement au piano pour interpréter quelques pièces de choix tirées d’une oeuvre éternelle. Les Gnossiennes retentissent pour ponctuer les étapes clés d’échanges hargneux et belliqueux. Erik Satie en veut à tout le monde et au premier chef à lui même. Il n’aurait pas fallu grand chose pour lui faire côtoyer le grand monde et les coteries les plus prestigieuses. Si son choix de vie solitaire semble le satisfaire, la metteur en scène Céline Sorin accumule les indices pour faire apparaitre l’acrimonie de l’homme, l’obligation pour lui de faire au mieux et de se jeter à corps perdus dans des manies de vieux garçon.

Eric Satie fut un vrai personnage de théâtre et cette pièce en montre les facettes les plus surprenantes. Chacun en gardera une réplique marquante comme cette idée truculente d’épitaphe: Faute de revenus, il partit. De quoi rire sous cape pendant de longues heures et recommander cette pièce jouée dans une toute petite salle chaleureuse et intimiste!

Dates :  du 14 mars au 9 avril 2017, Mardi à samedi à 20h, dimanche à 18h
Lieu : Théâtre du Crève Coeur (Genève)
Metteur en scène : Céline Sorin
Avec : Samir Dib, Yannick Rosset

L’Aventure, nouvel album de Da Silva, invitation au voyage

L’Aventure, nouvel album de Da Silva« L’Aventure », nouvel album de Da Silva, invitation au voyage

« L’aventure » est le sixième album de Da Silva, mélodiste hors pair que l’on prend plaisir à écouter depuis le temps de « L’indécision », tube de son premier album « Décembre en été » paru il y a maintenant une douzaine d’années déjà.

De cette indécision, Da Silva semble s’en être quelque peu détaché, au niveau musical du moins. Ce dernier album est en effet un échantillon parfait et complètement assumé du répertoire actuel du chanteur. Depuis ses compositions récentes, l’artiste excelle en effet dans le registre pop et les arrangements vibrants, autour de paroles peignant les griffures des sentiments amoureux et autres douleurs existentielles. Cet accompagnement musical plus punchy accompagnait déjà l’artiste dans ses pérégrinations autour de « Villa Rosa », son dernier album jusqu’ici. Et c’est une nouvelle fois le cas dans « L’aventure », même si des titres à la sobriété efficace tels que « Il y a » ou « La réputation » rappellent ses premières compositions plus épurées.
Mais le temps a bien coulé, et cette « Aventure » avec un grand « A » que nous présente aujourd’hui l’artiste semble être l’escapade de la maturité, tant ce dernier album nous parait écrit pour laisser une trace vive et essentielle de sa musique. Il est en effet frappant de voir à quel point les chansons de Da Silva nous donnent maintenant une impression de mouvement, souvent d’ailleurs renforcée ici et là par des orchestrations faites de cuivres et de cordes. Il est agréable de constater que l’auteur-compositeur ne s’interdit plus rien, musicalement comme dans son écriture. Il ne se prive pas d’aborder des histoires variées et de peindre des personnages divers. Mais le thème amoureux est toujours présent, incorrigible, même quand ce-dernier passe à travers le prisme de la métaphore tennistique et de l’idole rebelle John McEnroe, à la recherche de cette « vie parfaite sans faute et sans blessure » finalement impossible à atteindre. Cette diversité de décors et de personnes permet à l’artiste de ne jamais nous parler d’amour de la même manière, mais la trouble reste pour autant la même.
Dès les premières ambiances de « La seule personne », premier titre de l’album, nous sommes saisis par la résonance de la voix et la diction des paroles, qui nous rappelle quelque peu la voix saisissante d’un certain Daniel Darc, poète maudit. « Je me fous de l’incendie, je fais feu de tout bois. Je me moque de ce que l’on dit, la seule personne que j’aime c’est toi » énonce le chanteur. Angoisse autour d’une pulsion amoureuse meurtrière, cette première piste donne le ton et nous resterons dans cette ambiance passionnelle parfois sombre mais souvent exaltante.
Un parti pris du risque permanent, du départ à l’aube sans savoir où l’on pourra contempler le crépuscule. Da Silva est bien nomade et ne se cache pas de nous le faire savoir dans le titre phare de l’album. Face à « cette vie qui s’affale », « cette routine à l’assurance lamentable », il « préfère l’Aventure ». Et ces paroles font alors écho au processus de création de l’artiste qui a écrit sur la route, entre Paris, Bretagne d’adoption et Portugal d’origine.
Vagabonder pour mieux mettre de côté ses angoisses et ses obsessions, bouger pour vivre, pour tenter d’atteindre cet « été permanent », telle est l’invitation au voyage que nous propose cette « Aventure », belle retranscription des récits d’un explorateur libéré.

« L’aventure », nouvel album de Da Silva (label Pias) disponible le 24 mars
En concert le 23 novembre au Trianon à Paris, pour consulter les autres dates : http://www.infoconcert.com/artiste/da-silva-30609/concerts.html

Un Tennessee Williams sous haute tension, magistralement rendu par Stéphane Braunschweig

Un Tennessee Williams sous haute tension, magistralement rendu par Stéphane Braunschweig
Soudain l’été dernier photo © Élizabeth Carecchio

Un Tennessee Williams sous haute tension, magistralement rendu par Stéphane Braunschweig

Stéphane Braunschweig s’attaque pour la première fois à l’univers sombre et sulfureux de Tennessee Williams qui met en scène des personnages, torturés par leurs pulsions, et terriblement seuls face à leurs tourments. Soudain l’été dernier est une plongée au cœur des passions enfouies, des mensonges qui s’infiltrent entre les âmes, des non-dits qui aveuglent et des refoulements qui pervertissent.

Braunschweig orchestre d’une main de maître, à l’abri d’une scénographie saisissante et pièce cardinale du spectacle dont il signe aussi  la conception,  cette vérité difficile à advenir où les enjeux hantent chacun des protagonistes.

Sebastien est mort mystérieusement sur une plage, l’été dernier. Sa cousine Catherine, qui l’accompagnait et a assisté à cet événement, est devenue folle. Sa mère Violet Venable, riche bourgeoise attachée à ses valeurs et à sa réputation, fait venir le docteur Cukrowicz, neurochirurgien : elle tente de le convaincre qu’une lobotomie rendrait la raison à sa nièce.

Un récit sous haute tension

Le plateau s’ouvre sur un jardin-jungle aux lianes tentaculaires et aux couleurs violentes, espace mental par excellence, et réceptacle de toutes les visions, tensions, digressions, hallucinations qui alimentent les circonstances de la mort de Sébastien.

Où les désirs interdits, la prédation, la transgression se disputent aux aveux les plus crus, aux sentiments les plus délétères, aux actes les plus barbares.

La pièce est hantée par cette mort sacrificielle où entre le portrait idéalisé d’un fils par une mère domoniatrice, enfermée dans un processus de dénégation, et le récit de Catherine, seule témoin du drame de « l’été dernier », se fait jour le destin d’ un homme en crise mais aussi prédateur.

La fable aux accents métaphoriques qui se joue de l’allégorie de la folie est poursuive par le thème de la dévoration.

Plantes carnivores, oiseaux de proie dévorant les bébés-tortues aux Îles Galapagos, mère surprotectrice, quasi-amante de son fils : dévorante ou encore des enfants affamés qui dévoreront le protagoniste transformant le bourreau en victime dans un rapport de domination inversé.

Tentation dévoratrice donc des rapports de force chez Tennessee Williams où entre haine et amour, se dévore toujours quelque chose de l’autre.

Une interprétation de haut vol

Ce thriller psychologique à la tension permanente est emmené par deux comédiennes d’exception. Luce Mouchel dont la stature souveraine scelle parfaitement l’aveuglement de cette mère abusive tandis que Marie Rémond porte de tout son être révolté, cette parole étouffée et interdite. La suite de la distribution est au diapason avec Jean-Baptiste Anoumon, parfait en médecin arbitre pragmatique et Océane Cairaty, qui impose naturellement  sa présence en gouvernante terrifiée par Mrs Venable.

Dates : du 10 mars au 14 avril 2017 l Lieu Odéon – Théâtre de l’Europe (Paris)
Metteur en scène : Stéphane Braunschweig

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